FURYA:Eternal fight

France, Metal (M&O, 2025)

Furya n’est pas vraiment ce qu’on peu appeler un nouveau venu sur la scène metal épique à chant féminin. Voici maintenant plus de 15 ans que le groupe existe et a depuis ses débuts publié quelques Ep. Le groupe revient avec Eternal fight, un album plein de promesses, mais… Si la voix de Marjorie Bevon est parfaitement soutenue par les guitares puissantes de Paul Via et Benoit Trévise, si l’ensemble est très bien produit, si les rythmiques concoctées par le bassiste Nick Dawson et le batteur Johann Brassac, si les 9 morceaux sont puissants et très bien ficelés, on navigue malheureusement trop souvent sur des eaux trop bien connues du power metal/metal symphonique. Certes, on se laisse entrainer par ce metal épique, ces riffs puissants et ce martèlement qui fait headbanguer, mais je n’ai jamais de réelle surprise. Bien fait, bien produit, ce Eternal fight reste une jolie promesse qui ne révolutionne en rien le genre. Est-ce ce que cherche Furya? Le plaisir de jouer est là, et c’est bien là le principal.

SABATON: Legends

Suède, Heavy/Power metal (Better Noise Music, 2025)

Après avoir exploré de long en large la Grande guerre avec le cycle The great war (2019) et A war to end all wars (2022) – auxquels on peut également ajouter The symphony to end all wars (2022) qui les a peut être inspirés pour la première partie de leur nouvelle tournée mondiale – les Suédois de Sabaton ont décidé de se renouveler en allant explorer d’autres horizons, tant historiques que musicaux, d’ailleurs. Car si on retrouve la marque de fabrique du groupe, à savoir des drames et tragédies sur fond musical épique et joyeux, Sabaton réussit aussi à surprendre le fan lambda. Des claviers plus présents un peu partout, des ambiances proches de la culture des pays des dites légendes peuvent, de prime abord, surprendre, étonner, et pourtant la formule fonctionne. Cette impression première est-elle également le fait que, pour la première fois, tous les membres du groupe ont participé à la composition de l’album? C’est très possible. Avec Legends, Sabaton traite de personnages toujours liés à la guerre et à la stratégie sans se centrer, comme il l’a fait dans le passé, sur une époque précise. Là, on parle aussi bien des templiers (Templars) que de Napoléon (I, emperor), Jules César (Crossing the Rubicon), Jeanne d’Arc (Maid of steel) ou Ghengis Khan (Hordes of Khan), et d’autres – il suffit de plonger son regard sur l’illustration de cet album pour comprendre quels en sont les sujets. Mais ne parler que de légendes connues de tous ne suffit pas aux Suédois qui explorent également la vie d’autres personnages moins réputés. On reconnait aisément la patte musicale de la formation qui, au gré de riffs enjoués et entrainants, d’ambiances variées allant de la lourdeur hivernale ou encore de rythmiques martiales comme une marche au pas, tout en se renouvelant. L’ensemble, s’il ne déconcerte pas plus qu’il ne surprend, a tout pour satisfaire les fans les plus anciens et séduire toute une nouvelle génération. Ajoutons à cela les promesses de shows à venir lors des futurs concerts (en France, pour rappel, Sabaton sera le 28 novembre à l’Accor Arena de Paris, le 29 novembre à la LDLC Arena de Lyon et reviendra en plein air le 5 juin au Heavy Week End de Nancy et le 17 juin aux arènes de Nîmes), des concerts qui s’annoncent une nouvelle fois hauts en couleurs.

LADY AHNABEL: La bionique

France, Power metal (M&O, 2025)

Le power speed metal a encore de beaux jours devant lui! Made in France ou pas… Ne serait-ce le chant souvent trop haut perché et qui reste ici incompréhensible (ce grand mal que nombre de groupes français cherchent à combler…) – je ne sais même pas quelle langue est utilisée jusqu’à Jeux d’enfants, moment de pause qui arrive assez tôt dans ce disque. On pourra porter un attention particulière à La bionique, nouvel album de Lady Ahnabel qui démarre avec des ambiances de fête foraine pour foncer ensuite dans le tas avec une impressionnante maitrise instrumentale. Musicalement, La bionique se pose là et fait sans doute aucun le job. Une ambition musicale comme on en voudrait plus en France, certes, mais je ne parviens cependant pas à franchir le cap de ce chant trop haut et agressif pour moi. Chacun pourra cependant apprécier en fonction de ses goûts.

SABATON: de retour en France en fin d’année!

Après avoir proposé une version de sa tournée The war to end all wars au cinéma, nos farouches guerriers de Sabaton annoncent une nouvelle tournée européenne dont deux dates en France. On le sentait venir, la formation suédoise prenant une ampleur chaque année plus importante. Ainsi, après deux Zénith parisiens (2020 et 2023), Sabaton investira rien moins que l’Accor Arena de Paris le 28 novembre prochain avant de faire plier la LDLC Arena de Lyon le lendemain dans le cadre d’une tournée intitulée The legendary orchestra performing Sabaton. Rien que l’affiche donne déjà envie d’y être. En amuse bouche, découvrez la vidéo monumentale du single Templars. On quitte la grande guerre pour faire un nouveau saut dans le temps, et c’est tant mieux!

A noter que sabaton a récemment signé avec le label Better Noise Music qui propose de précommander une version limitée à 1.000 exemplaires du single.

GREEN LABYRINTH: Sequences

Suisse, Power prog (Fastball music, 2023)

Green Labyrinth existe depuis déjà 2008. Après avoir sorti un premier album en 2014 – Shadow of my past – la formation subit quelques changements de personnel et revient aujourd’hui avec Sequences, son nouvel effort composé de 9 chansons. Lorgnant du côté du metal progressif tant par la longueur de certains titres (2 seulement sont sous les 6′) et ses constructions parfois à tiroirs, puisant certains aspects épiques dans le power metal, Green Labyrinth nous propose un album à la production léchée et soignée. Seulement… Rapidement l’impression qu’il y a trop de tout s’installe: le chant de Sereina Schoepfer, trop opératique, les instrumentations de david Vollenweider (guitare) et Tom Hiebaum (claviers) techniques et alambiquées, et la rythmique de Stephan Kaufmann (basse – apparemment un homonyme de l’ex-batteur d’Accept) et Maetthu Daetwyler (batterie) puissante mais trop varié ne parviennent pas à capter mon attention. Et malheureusement, à vouloir trop bien faire, le combo nous noie dans trop de démonstration, trop de complication et de complexité là où épurer, simplifier les plans de guitares, le chant ou la rythmique  permettrait d’aller à l’essentiel avec efficacité. Je lâche au bout de 3 morceaux. Dommage…

KRYSAOR: Foreword

France, Power metal (M&O music, 2023)

Quand on nomme son premier album Foreword – « préface » – c’est qu’on a bien l’intention d’ajouter d’autres chapitres à son histoire. Et dès les premières mesures de Celestial sanctuary, qui introduit ce disque, il est clair que Krysaor veut impressionner. Le groupe a été fondé par le batteur Arnaud Carnielli qui s’est adjoint les services de Christophe Laurent à la guitare, Jules Brosset à la basse et Varenfel aux claviers. Des noms encore peu connus mais qui devraient sortir de l’ornière avec ce disque superbement produit sur lequel on retrouve au chant l’arme (pas si) secrète dégainée par Arnaud, Gus Monsanto, ex-Adagio et Revolution Renaissance entre autres. Le groupe propose un heavy metal très inspiré dans ses lignes de guitare par un Iron Maiden très actuel, ainsi que par toute la vague du power allemand, ultra rythmé et efficace, celle du metal symphonique grandiose et, parfois, grandiloquent, ainsi que par le metal épique qui fleure bon l’heroic fatansy. Krysaor ne se lance cependant pas tête baissée dans les morceaux longs… Seuls trois d’entre eux dépassent les 6′ ce qui, dans le genre, reste parfaitement raisonnable. On sent tout au long de ces quelques 40′ que totalise Foreword une envie de donner le maximum. Oui, la production est soignée et généreuse, les compos efficaces et les mélodies finement pensées accompagnées d’une rythmique entrainante et puissante. Avec cette première carte de visite, Krysaor perpétue un genre qui n’a pas encore dit son dernier mot.

 

POWER PALADIN: With the magic of the windfyre steel

Power metal (Atomic Fire, 2022)

Celui-là, il a glissé entre mes doigts… Sorti en début d’année, ce premier album de Power Paladin, sobrement intitulé With the magic of the windfyre steel, ravive les souvenirs pas si anciens d’un power metal épique et racé; Ne nous fions pas aux apparences de cette pochette dessinée par des gamins (et cette signature à la Power rangers meet Pokemon…), mais quand même: on est, oui, en plein visuel de romans d’heroic fantasy. On aurait attendu une autre imagerie d’un groupe islandais, mais si personne ne casse les codes… Musicalement, Power Paladin vient se poser en digne concurrent de DragonForce: le groupe joue vite et super proprement, mitonnant des mélodies directes et entraînantes. Et le monde de Tolkien n’est pas le seul visité, le groupe puisant dans des univers aussi variés que celui des hobbits ou de Dark Crystal, morceau sur lequel intervient Oskar Runarsson (ainsi que sur Rigtheous fury). Jamais sombre, toujours positif – ça fait plaisir de voir une photo de groupe où tous les musiciens sourient – délivre une musique efficace sans pour autant réinventer le genre. Une très belle carte de visite qui si elle est scéniquement accompagnée d’un visuel aussi attirant verra Power Palladin se placer parmi les grands du genre. C’est tout le mal que je leur souhaite.

MANIGANCE: Le bal des ombres

France, Power metal (Verycords, 2022)

C’est peu dire que le retour de Manigance aux affaires est attendu par les fans des Palois. Le groupe fondé et mené par le guitariste François Merle doit aujourd’hui relever un triple défi. Son dernier album en date, Machine nation, fut plus que remarqué lors de sa sortie en 2018 mais, juste avant une jolie tournée en Europe, le groupe annonce le départ de son chanteur historique, Didier Delsaux, un des derniers survivants de ce qui naguère était une bande de potes. Le choix de son remplaçant fut bientôt annoncé: enter Carine Pinto en cette même année 2018 qui assure la tournée. Elle n’est pas une inconnue, elle est même créditée en photos pour l’album Mémoires… live. Mais surtout, elle avait déjà prêté sa voix à Manigance sur Face contre terre, duo avec Didier figurant en bonne place sur l’album précédent. Même si le groupe connait déjà ses capacités, c’est quand même un pari osé qui s’avère bientôt payant, la dame imposant, concert après concert sa puissance vocale et son charisme auprès des plus fervents fans. Puis voilà… Bruno Ramos, le second et indispensable guitariste et complice du sieur Merle depuis Ange ou démon en 2002, décide de quitter le navire pour aller rejoindre un Sortilège de retour afin de seconder Zouille dans sa quête de stabilité de groupe. Si remplacer Didier était déjà difficile, trouver un successeur à Bruno le fut au moins autant. Mais loin de se démonter, François Merle annonce bientôt avoir porté son choix sur un certain Lionel Vizerie, ex-Muren. Alors que la machine se remet en route, la crise sanitaire arrive… Le temps serait-il ainsi venu de penser à préparer, enregistrer et proposer un nouvel album histoire de démontrer à tous que Manigance est loin d’avoir dit son dernier mot? Oui, c’est un très grand défi – d’autant que Jean Lahargue (claviers) a aussi décidé de quitter le groupe et ne sera pas remplacé – doublé de grandes attentes auquel est confronté aujourd’hui Manigance: démontrer que la flamme est encore présente et vivace et que les « nouveaux » venus ont bien leur place au sein de ce fleuron de la métallurgie française qui, c’est là un détail, a très légèrement modifié son logo.

A peine publié, voici ce nouvel album, Le bal des ombres, décortiqué de bout en bout. Clairement, les fans du groupe s’y retrouveront totalement. Après une intro – Odysée –  épique au chant monacal, Manigance attaque avec un Sang froid explicite. Il faut attendre une bonne minute avant que n’intervienne une Carine à la voix puissante et mélodieuse qui met les choses au poin(g)t: « Aujourd’hui notre relation s’achève« , « Mon châtiment viendra » ou « Je tue de sang froid« , une belle manière de clamer son arrivée dans le groupe, non? Le titre puissant et gras mêle des guitares véloces et précises dans un power metal d’entrée efficace. Tout au long des 12 titres, Manigance lie son heavy typique à d’autres influences. Un break hispanisant ici (Dans vos outrances), des relents presque thrash là (Arrêt de mort) ou là encore une ballade aérienne et douce (Aux portes de l’oubli). Si la ligne de chant de Haute trahison me hérisse – ce titre reste bien le seul à me faire cet effet – Carine s’impose comme le meilleur choix que le groupe pouvait faire. Sa puissance et son entrain font plaisir à entendre. Et puis ce duo guitaristique, cette complicité entre François Merle et Lionel Vizerie est telle qu’on la croirait décennale. Quelle détermination sur Huis clos, quelle puissance speed sur Envers et contre tout, quelle nervosité épileptique sur L’ombre du combat! Le groupe au complet (pour rappel, Stéphane Lacoude à la basse et Patrick Soria à la batterie) fait des merveilles sur Eternité ou le morceau titre, Le bal des ombres, aux mélodies entrainantes et chantantes et aux refrains qui te rentrent immédiatement en tête.  Ce Manigance nouvelle formule fait des étincelles et ce (seulement) huitième album studio est une pure merveille dotée d’un son à la fois typique du groupe et résolument moderne. Déjà un classique à n’en pas douter! Les fans attendent désormais impatiemment de retrouver tout ce petit monde sur scène, notamment la date parisienne en ouverture de… Sortilège qui laisse espérer une jolie fête.

HOPES OF FREEDOM : Light, fire and iron

France, Metal épique (2021)

Nous avions rencontré les Rouennais de Hopes of Freedom en avril 2016 pour parler de leur second album, Burning Skyfall. Il aura fallu pas moins de 5 ans au groupe pour proposer une suite, Light, fire and iron, parue en fin d’année dernière. Pour un jeune groupe, 5 ans, c’est une éternité. le chanteur guitariste Lucas s’en explique: « Le covid a rajouté presque une année, mais on est toujours un peu long… Il y avait déjà presque 4 ans entre nos deux premiers albums. Pourquoi? Je ne pourrais même pas te l’expliquer… Il y a beaucoup de choses dans ces morceaux et il nous faut du temps en préparation, en répétition. L’album devait en réalité sortir en 2020, puis en 2021 et ensuite on s’est dit qu’on arrêtait de repousser… » Un groupe évolue aussi avec le temps. Pour le coup « il y a eu deux changements de line up: Thibault a été remplacé à la guitare par Charles – qui a enregistré l’album – puis a été lui-même remplacé par Grégoire Maille qui est guitariste dans un groupe de folk mais très fan de power. Il arrive à un moment qui nous donne une belle bouffée d’air frais« . Du temps a passé alors comment le groupe analyse-t-il son évolution entre ce nouvel album, Light, fire & iron et son prédécesseur? Loris estime que ce nouvel album « est un condensé des deux premiers: il contient les riffs joyeux du premier et la puissance et le côté plus rentre-dedans du second ». Lucas confirme: « On s’est vraiment posé la question de comment conclure cette trilogie. Le but était de garder certains thèmes mais en allant plus loin. On a 9 choriste cette fois au lieu de 4, 3 invités au lieu de 2… Il y a eu beaucoup de débrouille, on a réussi à convaincre pas mal de personnes de participer« . Clément également abonde en ce sens ajoutant que « dans les orchestrations, il y a plus de choses qu’on ne trouvait pas avant ou qui n’avait pas forcément leur place« . En effet, on retrouve sur ce nouvel album les ingrédients qui font Hopes Of Freedom: un esprit heroic fantasy, du power metal enjoué mais avec plus de luminosité. Là encore, Lucas confirme avoir eu « envie de plus de lumière, même si quelques morceaux pouvaient être assez sombres. Mais on a eu envie de revenir à quelque chose de plus léger, dansant, fun« . Il s’agit donc de la fin d’une trilogie. La suite est-elle déjà envisagée? Pas encore, selon Loris qui pose la question « est-ce qu’on va continuer dans cette voie là? Aucune idée… Pour le moment, on fait vivre ce nouvel album et on va le défendre sur scène« . Au delà des évolutions musicales, le groupe a également visuellement changé. Si Lucas est désormais très chevelu et barbu, vestimentairement « on a travaillé avec une costumière qui nous a fait des costumes sur mesure. Si on avait eu mes moyens, on aurait pu faire des décors mais pas encore. » Car oui, la musique de HOF est très visuelle, l’auditeur pouvant aisément créer un univers cinématographique avec cette bande son. Mais HOF n’a pas encore les moyens financiers ou logistique de pouvoir s’offrir des décors de scène. Pour s’en convaincre, « il suffit de l’écouter sur les plateformes. Spotify, Deezer… L’écouter, c’est l’adopter!« . Lucas continue en précisant que « on a vraiment le côté power metal qui va chercher le côté mélodique avec des sonorités folk entrainantes. On a rajouté toute une imagerie celtique avec de la cornemuse et d’autres choses. Pour nous, ce sont deux univers qui se marient très bien. On voit cet album comme la BO de n’importe quel jeu de rôles, bouquin ou film de cet univers« . Pas faux, j’ai même parfois l’impression d’écouter un groupe qui a su rester, dans le bon sens du terme, naïf, garder son esprit d’enfant dans cette musique joyeuse. Mais cette fois, contrairement au démarrage bucolique et léger de Burning Skyfall, ce nouvel album va droit au but avec une prise à la gorge dès les premières salves de Lost humanity. Une batterie qui tabasse, une rythmique enlevée avant un retour à des temps plus calmes. Quel titre serait selon chacun le plus représentatif de ce qu’est aujourd’hui Hopes Of Freedom? Lucas n’a aucune hésitation: « pour moi, ce serait Light, fire & iron. C’est le morceau le plus long, 15′. un morceau long permet de prendre le temps de raconter des choses, d’expliquer tout. Il y a aussi des rappels aux autres albums. » Pour Clément, « ce serait le premier morceaux, Lost humanity. J’aime bien ce principe de mettre le CD et que ça rentre dans la tête directement. » Joris, lui, opte pour « The heroes line. C’est un morceau joyeux, qui reprend un peu la formule de The call, avec les aspects folks, orchestrations… » Hopes Of Freedom nous propose donc un album riche, enjoué et complet qui s’adresse à un public plus large que les simples fans de Powerwolf ou Freedom Call. 10 titres qui viennent conclurent une trilogie lumineuse et efficace. Alors, avec un espacement de 4 puis 5 ans… rendez-vous en 2027 pour la suite?

Entretien Skype avec Loris (basse), Lucas (chant et guitare) et Clément (batterie), le 21 janvier 2022

SINS OF SHADOWS: The master’s way

Power metal, France (Autoproduction, 2020)

Une pochette attirante, que n’aurait certainement pas renié le Grateful Dead. Un nom de groupe si petit – Sins Of Shadows dont le nom est emprunté à un titre des Américains de Symphony X – que je l’ai confondu avec le titre de l’album – The master’s way. Et puis ces premiers riffs comme pompés sur un classique de Megadeth. Ok pourquoi pas, tant qu’il ne s’agit que d’introduire son propos en interpellant l’auditeur. Seulement… Oui, déjà, « seulement »: dès le morceau titre qui ouvre l’album, le son est d’un autre âge… Comment, aujourd’hui, sauf si c’est volontaire, une formation peut-elle proposer un CD qui sonne comme une démo des 80’s enregistrée sur un 4 pistes dans un garage? Forcément, l’équilibre sonore n’y est pas (est-ce un hasard si l’acronyme est SOS?).  Et je me dis que l’écoute va être compliquée… Pourtant, maintenant que le négatif est cité, musicalement, il y a de l’envie et de la matière, même si Sins Of Shadows ne réinvente pas la machine à courber les bananes. Les rythmiques enlevées – double es-tu là? – le chant féminin clair et les guitares rageuses laissent entrevoir des compositions qui puisent autant dans le power que dans le metal symphonique. SOS Les ambiances peuvent être aussi sombres (Not in my world) que rythmées (A man in the crowd) ou speedées (Today’s the day et ses riffs à la Maiden – peut-être un peu trop, même…). L’instrumental The mountain montre un visage plus progressif du combo, confirmant au passage la variété de ses sources d’inspirations. Si musicalement Sins Of Shadows est très moderne et actuel, il sera difficile de passer outre l’écueil de la production. Une erreur à ne pas commettre à l’avenir en confiant cette tâche à quelqu’un dont c’est le travail. C’est d’autant plus dommage qu’il y a de la matière.