MAGICAL HEART: Heartsonic

Allemagne, Heavy rock (Fastball, 2022)

Ils auront dû patienter, nos voisins teutons, avant de sortir cet album. Les Allemands de Magical Heart ont en effet sorti leur premier album, Another wonderland, en 2018 et ont eu la bonne idée de teaser leur public en publiant, en 2020, deux singles prometteurs de l’album à venir. Sauf que… 2020 a vu nombre de projets avortés, repoussés sin die. Magical Heart a sagement préféré attendre la fin de la crise sanitaire et plus pour enfin sortir ce Heartsonic, second album puissant et mélodique. Dès Bad habits, le groupe séduit avec son hard rock mélodique, puissant, entraînant, la voix de son guitariste/chanteur, Christian Urner, y est pour beaucoup. Rugueuse, profonde, elle correspond parfaitement à ce type de hard rock. Il y a chez Magical Heart un amour évident des années 80, celles de ce heavy qui osait explorer des horizons variés, allant du hard FM au heavy racé tout en proposant un son résolument moderne. Le groupe varie les plaisirs et alterne intelligemment les tempi, passant du rapide Heartsonic à la power ballad My own way – peut-être le titre le moins marquant de cet album-  avant de revenir à du heavy mélodique et poétique (Waiting for so long) puis de retrouver les chemins du heavy rentre dedans et déterminé avec Daydream. On retrouve tout au long de Heartsonic des références à Bon Jovi ou Giant, parmi d’autres (Free of pain, Raise, Take your time) sans évoquer le visuel, très réussi, clin d’œil évident aux compatriotes de Helloween période Keeper. Au travers de ces onze titres, Heartsonic réunit tous les ingrédients pour séduire un public amateur de jolies et puissantes mélodies, toujours joyeuses et entrainantes. A découvrir et à soutenir sans hésiter!

WINTER: Fire rider

Allemagne, AOR (Wintergothic records, 2022)

J’ai récemment découvert Winter via son album Looking Back qui proposait des réenregistrements de certains titres de ses publications précédentes. L’artiste s’y montre profondément attiré, amoureux et inspiré par le rock FM/AOR des années 80 et revient aujourd’hui avec Fire Rider, un CD comprenant 16 titres taillés dans le même moule 80’s (on ne parle pas de la pochette, clin d’œil évident au héros Marvel, Ghost Rider, j’adore!). On passe de chansons entrainantes et taillées pour faire bouger à d’autres plus rentre dedans qui bénéficient toutes de ce chant doux et bienveillant. Winter propose un rock dynamique aux riffs et soli efficaces, teintés de claviers qui évoquent cette new wave dansante. Il ne cache jamais son amour de cette décennie révolue, et le clame clairement sur Child of the 80’s. Ce Fire Rider séduira sans aucun doute les amoureux de ce hard FM, ce pop rock aux mélodies léchées qu’on écoute partout.

FLYING CIRCUS: Seasons 25

Allemagne, Prog (Fastball, 2022)

certains artistes et musiciens savent célébrer certains évènements de manière originale. En 1997, les Allemands de Flying Circus publiaient leur premier album, Seasons. 2022-1997= 25, pas la peine d’aller d’aller plus loin pour trouver un raison valable de faire quelque chose. Alors, ce quelque chose, c’est quoi? plutôt que de proposer une simple version augmentée de titres rares ou inédits, Flying Circus a simplement choisi de réenregistrer l’intégralité de son album et de le réintituler Seasons 25. Mais pas que, puisqu’une version originale remasterisée accompagne ce nouveau disque. Débutant avec un Footprints in the sand dont les claviers évoquent Jon Lord (Deep Purple), le groupe explore des horizons autant rock qu’hispano ou orientaux. Les influences sont variées, allant de Deep Purple à Cat Stevens ou encore Pink Floyd, Fleetwood Mac ou encore Grateful Dead tout en imposant son identité musicale. Les 12 titres du quintette sont aussi mélodiques – aux influences, force du violon, quelque peu symphonique – que dynamiques. la chaleureuse voix de Michael Dorp est accompagnée des guitares envoutantes de Michael Rick. Avec des chansons allant de 3’30 à 10′, Flying Circus ne vise pas les radios. Mais là où cet album est encore plus intéressant, c’est à l’écoute de la version d’origine remasterisée. On se rend compte – parce que rares sont les amateurs du groupe en France, reconnaissons-le – que Flying Circus ne s’est pas contenté de réenregistrer son album. Le groupe a vraiment retravaillé ses chansons, leur apportant de nouvelles couleurs, de nouvelles idées sans jamais les dénaturer. un album double en quelque sorte qui permet aussi de faire le constat de l’évolution du groupe. Une jolie découverte, un quart de siècle plus tard…

HEMESATH: So schön

Metal indus, Allemagne (Echozone, 2022)

Hemesath est un groupe allemand déjà auteur d’un album, Für euch. Le quintette revient aujourd’hui avec ce So schön aux sonorités à la fois électro, indus, heavy et soft. Si l’on ajoute à la musique le chant allemand, il semble impossible d’éviter la comparaison avec Rammstein; C’est en effet compliqué mais Hemesath s’en distingue notamment par un chant et des ambiances moins foncièrement martiales que ses illustres ainés. Les 9 titres de cet album veulent entrainer l’auditeur dans des univers « gothiques lumineux », quelque peu décadent et chantant sans toutefois réussir à ou oser franchir un cap. L’ensemble est d’une écoute agréable, certes, mais quelque chose manque pour que So schön rentre véritablement en tête. La production répond pourtant aux codes du genre, et je me dis qu’un peu plus de hargne dans le chant ferait la différence. Il reste cependant un album agréable et passe partout.

 

 

HELLOWEEN et Existance live à l’Olympia: la galerie

Retrouvez ici le live report du concert

WINTER: Looking back

Allemagne, Hard rock (Wintergothic, 2022)

Voici un étonnant projet… Winter est un groupe allemand qui, en 2021, à l’occasion de l’enregistrement de son album Pale Horse, a décidé de satisfaire la demande de fans ne parvenant pas à trouver les anciennes productions du groupe – Kaleidoscope of dreams (1995), Heartbreak road (2009), The flyer (2016) et We wear black (2019). Ainsi, Winter se décida à non pas remixer mais réenregistrer certains de ses titres emblématiques passés. Ne vous fiez pas à cette pochette qui ressemble à une affreuse imitation sans intérêt et ratée d’un album de Richard Marx et plongez vous dans la musique du combo. Looking back existe en deux versions: le vinyle paru au printemps dernier et son pendant CD enrichi de 4 titres. Les fans se rueront sur ce dernier limité à 300 exemplaires numérotés à la main. Musicalement, Winter s’éloigne du rock gothique qu’il affectionne pour proposer un album très orienté AOR/soft rock avec tout ce que cela comporte de mélodies accrocheuses, d’influences US (We believe in rock, On the run) et country (Heartbreak road), de ballade (Take it slow). C’est dans l’ensemble réussi même si on apprécierait parfois un chant plus agressif et accrocheur. Reste que les amateurs de belles mélodies apprécieront ce disque posé, chantant et bienveillant. Mais où se le procurer? Pas une indication de site web ou réseau social ne figure sur ce CD, et avec un nom comme Winter, on imagine la difficulté de la tâche – sauf la version vinyle encore dispo sur le site du grand fleuve.

RAMMSTEIN: Zeit

Allemagne, Metal indus (Universal, 2022)

Ils nous surprendront toujours, les Allemands de Rammstein… Après avoir pris le temps d’une décennie entre leurs deux précédents albums pour accoucher d’un disque (que certains appellent aujourd’hui « L’allumette ») haut en couleurs et hyper efficace, les voici qui reviennent à peine deux ans plus tard avec ce Zeit. Entre temps, Till Lindemann et Richard Z. Krupse ont, chacun de leur côté, publié des disques – F & M en 2019 pour le premier sous son nom, The persistence of memory pour le second avec son groupe Emigrate en 2021. Hyperactifs les gars de Rammstein? Peut-être un peu trop pourrait-on croire. A l’écoute de Zeit, on peut en effet s’interroger car les Allemands donnent ici l’impression soit d’avoir composé03 à la va-vite soit d’utiliser des chutes des sessions de l’album précédent. On retrouve le son martial de Rammstein mais, clairement, au delà des deux premier titres (Armee der Tristen  et le calme  et léger Zeit et ses guitares quelque peu « western ») le réchauffé commence à bruler rapidement. Till s’amuse même avec un vocoder sur Lügen pour un résultat moyen, l’ensemble donnant l’impression d’un groupe qui tourne en rond. Attention: Zeit n’est pas un mauvais album, c’est du Rammstein pur jus, seulement un cran (gros) en deçà de ce que l’on pouvait espérer. Heureusement que Rammstein c’est aussi du visuel car là, rien à dire. Zeit ou l’usure du temps qui passe?

ENLIGHTENMENT: Strange stars

Allemagne, Rock (Autoproduction, 2022)

Inconnu jusqu’à présent, je découvre Enlightenment, un quatuor rock allemand qui porte très bien son nom. Avec Strange stars, le groupe propose un rock varié, puissant qui sonne à la fois moderne et vintage. Normal, les accents parfois un peu psyché font mouche grace à des guitares inventives, des arrangements mêlant avec bonheur mélodies chantantes et rage puissante (Spines). Joyeuse comme ce Bojando, quelque peu hypnotique comme ce Freakshow instrumental, la formation ne se répète jamais maintenant l’attention de l’auditeur tout au long des 9 titres (plus intro et outro) et démontre savoir exactement où il va, alternant entre rock moderne et sonorités 70’s, prog ou psychédéliques. Un album au potentiel énorme à découvrir sans hésiter.

THANATEROS: On fragile wings

Metal, Allemagne (Echozone, 2022)

Formé en 1999 à Berlin, Thanateros a enregistré 4 album sans parvenir à réellement se démarquer avant de disparaitre entre 2009 et 2019, année de la sortie de Insomnia. Maintenant, je n’ai encore jamais écouté le groupe et je reconnais que ce On fragile wings est une très agréable surprise. Si Thanateros est décrit comme un groupe de folk metal, l’étiquette est par trop limitative. Car les influences du combo, qui a accueilli un nouveau batteur en la personne de Markus Felber qui semble apporter un regain d’énergie au combo, sont vastes. Le reste du groupe, outre le chanteur Ben Richter, se compose du guitariste Chris Lang, du bassiste Chrys Ryll et du violoniste Christof Uhlman. Dès Kyballion (time to fly), intro dark et tribale, on se retrouve en terrain familier, chaleureux, germanique et nordique. Car tout au long de ces 12 titres, Thanateros, avec sa touche personnelle, évoque le côté rigoureux de la musique de Rammstein et les aspects plus grandiloquents et symphonique de celle de Nightwish. Produit par Simon Rippin, On fragile wings bénéficie d’un son puissant et valorisant. La voix grave, rugueuse et profonde de Ben est également secondée par celle lumineuse de Johanna Krins (Arctic Relief, Delva) sur deux titres, le premier extrait Coven of the drowned, très enjoué, et Solitude, superbe pièce. Les aspects folk sont, eux, du fait du violon qui évoque l’Irlande et ses verts paysages. En variant les thèmes et rythmes de ses compositions, Thanateros parvient à ne jamais se répéter, gardant aisément tout e l’attentions de l’auditeur, l’entrainant avec le groupe tel Kaa hypnotisant Mowgli. Une belle réussite qui mérite qu’on s’intéresse de plus près à Thanateros. Le groupe demande une seconde chance? Offrons la lui, d’autant plus que le groupe se voit comme un phénix et le clame sur Burn (« We will rise from the ashes, We will rise« ).

SCORPIONS: Rock believer

Allemagne, Hard rock (Vertigo, 2022)

Elle est loin, désormais, l’idée de prendre une retraite méritée! Après une tournée d’adieux et un retour aux affaires discographique avec le réussi Return to forever en 2015. Et depuis, Scorpions ne cesse d’arpenter les plus grandes scènes du monde, en concerts ou en festival avec une envie jamais démentie. L’arrivée à la batterie de Mikkey Dee en 2016 en remplacement de James Kottak a également redonné un coup de boost aux Allemands qui reviennent aujourd’hui avec Rock believer, un album composé de 11 titres pleins de références à un glorieux passé. Sans jamais se reposer sur ce dernier ni tomber dans une nostalgie passéiste, les clins d’œil sonnent comme un hommage à cet héritage musical et visuel, à commencer par cette pochette qui évoque inversement, dans ses couleurs et son personnage, celle de Blackout en 1982. L’album démarre avec l’accidentellement humoristiquement décalé Gas in the tank (un réservoir plein au moment où le litre d’essence atteint partout des sommets) évoque dès le départ, tout en devenant rapidement un des ces morceaux festifs, idéale entrée en matière live, rapidement très Can’t live without you du dit Blackout. Un album majeur qui est également évoqué au travers de Seventh sun au tempo lent et lourd à la China white. Explorant son passé avec le morceau éponyme – un mid tempo « retour sur une vie » sans nostalgie – Scorpions nous rappelle aussi Is there anybody there (Lovedrive, 1979) avec Shining of your soul et ses accents reggae. Les Allemands savent aussi se faire plus explosifs avec des titres comme Roots in my boots, Hot and cold ou When I lay my bones to rest plus orientés heavy que hard – sans doute l’influence du blond batteur? On en retiendra cependant ces paroles évocatrices et révélatrices de l’état d’esprit des arthropodes : « Ready for the Scorpions dance, We’re rocking out for days no limit anyways« . Et comme à la fin des 70’/début 80’s, Rock believer se conclue avec When you know (where you come from) ballade pour guitare et voix qui se place dans le sillon des When the smoke is going down, Holiday ou Born to touch your feelings bien plus que Still loving you ou Wind of change. Avec Rock believer, Scorpions démontre avoir encore la foi et affiche une forme exemplaire. Vivement la scène, dont un nouveau Hellfest!