WISEWOLF: In void

France, Metal (M&O, 2022)

Wisewolf a été formé à Lyon et a publié un premier Ep en 2019. Les 5 reviennent avec In void, un voyage au cœur du metal moderne composé de 7 titres. Wisewolf est ici accompagné d’un nouveau chanteur. Mais… oh, rage, oh, désespoir! Une voix claire, puissante et déterminée qui, malheureusement, chante dans un anglais ‘patate dans la bouche’. C’est simplement incompréhensible et c’en devient rapidement difficilement écoutable pour tout auditeur un tant soit peu anglophone. Ce… « détail » linguistique mis à part, on ne peut nier les qualités évidentes de la musique, énergique, puissante, menée par des guitares et une rythmiques entrainantes et originales qui lorgnent du côté du metal moderne. Mais bon… je ne parviens simplement pas à passer le cap de ce chant qui ferait plus qu’entièrement le job s’il était dans la langue de Molière, Corneille, Hugo, Zola, Werber ou même Djian…

NHIMALIA: Rules of the game

France, Rock (M&O, 2022)

Dans le marasme actuel, écouter un EP comme ce Rules of the game fait du bien. Nhimalia, l’auteur de ces 5 titres, nous propose un rock à la fois énervé et calme, puissant et relaxant. La voix alterne entre chant narquois et rassurant proposant sur chacun des morceaux des ambiances entrainantes et joyeuses. Démarrant avec Don’t cry, un morceau énergique qui fait office de menu: au programme, des guitares claires, enjouées et entraînantes, un chant anglais déterminé et une rythmique solide. Les guitares trépidantes sur le morceau titre évoquent aussi bien AC/DC qu’Iron Maiden (écouter ce final, vous comprendrez) en moins hard. Leave me and pray se fait doux et  presque tendre, avant que And you’re dancing, le titre le plus long, ne s’oriente vers un peu de mélancolie avec ses accents hispanos. Help me clôt cette carte de visite en introduisant piano et cordes pour un morceau tendre et presque triste. Nhimalia montre avec cet Ep un groupe multifacettes qui s’adresse de fait à un public varié. Une jolie introduction qu’on espère voir rapidement suivie d’un album complet.

MONNEKYN: Ape home

France, metal (M&O, 2022)

Peu d’infos circulent sur Monnekÿn, visiblement une jeune formation française qui propose un metal varié, puisant autant dans le metalcore que dans des ambiances plus aériennes et légères. Avec un titre d’album comme Ape home, « la demeure des singes », on imagine volontiers des clins d’œil à l’œuvre de Pierre Boule, l’incontournable Planète des singes. Et il semble bien que Monnekÿn s’en soit bien inspiré tant les références textuelles et sonores sont nombreuses. La plupart des titres mêlent passages aériens à d’autres plus virulents et agressifs et, malin, le chant clair d’un côté est agréable tandis que celui rageur, plus inquiétant, évoque immanquablement des grognements de nos cousins grands singes. On ne peut que remarquer le travail sur les diverses ambiances, parfois processionnaires, à d’autres moments plus sauvages ou encore spatiales. Les influences du groupe semblent à chercher du coté de ce metalcore d’actualité ou du rap metal (Samian nation), et l’ombre de Korn ou RATM planent par instants (Ego trip, Release the tribe). L’émotion est vive sur cette répétition de « Get away from my home » sur Harambe avant que la batterie ne claque telle des coup de fusil exécutant nos cousins… Même si ce n’est pas mon style de prédilection, cet album saura satisfaire les amateurs du genre sans aucun doute possible.

COLOSSE: Origin

France, Metal (M&O, 2022)

Fondé en 2018, Colosse nous offre aujourd’hui son premier album, Origin, composé de 9 chanson pour un total de 41 minutes. Puisant son inspiration du côté de ce rock direct et sans fioriture, un peu grunge, un peu punk, souvent festif, le quatuor va à l’essentiel sauf dans ses passages plus progressifs qui rappelle Hypno5e par exemple – certains évoquent parmi les influences un certain Metallica, mais je ne les retrouve pas… Alternant les tempi et les ambiances, le groupe cherche à installer diverses ambiances et évite ainsi de se répéter et de lasser. Mais voilà, rapidement s’impose le fait que le groupe est français et que ça s’entend au chant anglais, difficilement compréhensible. C’est la grande faiblesse de cet album qui, par ailleurs, même si dans son ensemble  j’y reste peu sensible et réceptif, cherche à interpeller musicalement et qui saura séduire un public amateur du genre.

BAD KINGZ: Take me into your kingdom

France/UK, Hard rock (M&O music, 2022)

Accrochez-vous les amis! Bad Kingz – avec un Z en guise de pluriel – déboule avec son premier album, Take me into your kingdom qui sort le 21 octobre. Si la pochette évoque le rock psyché, le contenu est une déclaration d’amour au hard rock vintage, varié, entrainant, généreux et foutrement efficace. Formé en 2021, Bad Kingz est un trio composé du guitariste Chris Savourey et du bassiste Alex qui se sont adjoint les services du chanteur Tomas, un anglais pure souche, et ça s’entend! L’introductif They came here to stay, sans doute le plus psyché/stoner du lot – sonne comme une déclaration d’intentions. Le « They » aurait très bien pu être un « We » tant le message est clair, message qui se confirme au gré de titres qui varient entre 3 et 4 minutes. Le groupe va droit au but sans fioriture et clame son amour pour le hard rock de Led Zeppelin – ces guitares graveleuse et ce chant (un effort sera cependant apprécié sur l’anglais, mais quelle voix!) – le rock groovy de Thin Lizzy ou encore celui devenu blues de Gary Moore -celui-là même qui a composé un certain Led clones… Bad Kingz sait varier ses plaisirs, proposant des titres rock (le morceau éponyme, Fire all I need, It’s a long way down),  aussi bien que proposant des moments plus intimistes (I’m seing blue, très… bluesy!, Friend, superbe), modernes (The mirror à l’intro très satrianesque et au reste très rentre dedans). L’album se termine avec Horizon de hoce, un instrumental qui m’a immédiatement projeté en concert, un titre que j’imagine volontiers joué en premier avant l’arrivée du chanteur. Avec ce premier album, Bad Kingz pourrait bien voir son royaume commencer à exister. Ce n’est pas à nous de vous conduire au notre, Messieurs, mais bien à vous de nous y accueillir. Reste à transformer ce premier essai

SPHERES: Helios

France, metal progressif (M&O music, 2022)

Rappelez-vous: en 2019 Spheres publiait Iono, un premier album prometteur proposant un metal progressif et burné. Le groupe revient aujourd’hui avec Helios, tout aussi progressif et burné. Mais… Crevons l’abcès maintenant: je ne comprends rien ou presque au chant anglais de Jonathan Lino qui alterne entre voix gutturale et claire. Je repose la question: à moins de gueuler sa rage tout le temps, comment un groupe français peut-il séduire les marchés anglophones en n’étant pas compréhensible? C’est l’écueil principal de cet album par ailleurs fouillé et varié. Les tempi changent au gré des humeurs et besoins, les thèmes sont à la fois intemporels (Spiritual journey et sa video SF super soignée) ou plus actuels (Pandemia, et l’originalité de comparer la crise sanitaire au naufrage du Titanic, aux zombies et autres…, S.C.S et le rappel du Big brother de 1984 d’Orwell) allant jusqu’à la SF (Running man, issu du roman du même nom de King/Bachman, semble-t-il). Les morceaux ne se limitent pas au classique radiophonique de 3 ou 4′, allant du court instrumental éponyme (1’10) au très long et varié Pandemia et ses 11’13. Il y a de quoi en faire des breaks, de quoi placer des soli aériens et des rythmes speedés au possible, il y a de quoi hurler sa colère et clamer sa tendresse. En dehors du détail mentionné plus haut, avec Helios, Spheres propose un album riche, varié, intrigant parfois, étonnant souvent.

TONIC BREED: Fuel the fire

Norvège, Thrash (Ep, M&O, 2022)

Je n’ai trouvé de traces que d’un seul Tonic Breed, groupe de thrash formé en Norvège sous forme de quatuor, auteur de 2 albums avant de se séparer en 2019.Patrick K. Svedsen remonte son projet seul et publie aujourd’hui un Ep 4 titres, Fuel the fire, ultra pêchu et bourré d’invités. C’est simple, les amateurs de thrash old school – besoin de citer des noms? on va chercher du côté d’Exodus, Testament, OverKill, Slayer ou Metallica – trouveront leur dose de puissance et d’efficacité. C’est heureux d’ailleurs, car en s’adjoignant les services (passagers) de Dirk Verbeuren et Bernt Jansen (Megadeth et Wig Wam) sur le morceau titre, de Bjorn Strid (Soilwork) et, sans doute moins connu mais bigrement efficace, Martin Skriubakken (batteur de Endezzmai) sur No rocks on the scotch et Olivier Palotai de Kamelot sur H.E. Antagonist, il ne pouvait en être autrement. Ca speede et ça cartonne dans diverses tonalités d’une efficacité sans pareille. Blood Moon, qui clôt cet ensemble beaucoup trop court, est sans doute le titre le plus prog et le moins thrash de l’ensemble, montrant une facette moins agressive et quelque peu plus « passe partout » du projet. Fuel the fire est, espérons-le, un amuse gueule anonciateur d’un album qu’on attend avec impatience. Une vraie réussite!

MOTION WAVE: Father & child

France, Hard rock (EP, M&O music, 2022)

En guise de carte de visite, les Français de Motion Wave nous proposent un Ep de 5 titres taillés dans un hard rock aux relents sudistes et souvent teinté de gospel. L’ensemble de ce Father & child est chaleureux, très, le chant, profond et grave, apportant cette touche particulière. Empty bottle puise dans ce blues presque mélancolique des bayous de Louisiane tant et si bien qu’il pourrait s’intituler « empty bottle blues », on s’y retrouverait quand même. Failing system est plus grave mais tout aussi classic hard rock. Redemption replonge dans ce blues mélancolique qui fait mouche. Quand on sait que Fred Dusquesne est derrière la console, rien d’étonnant à ce que le résultat soit au top. Un album pour bientôt, ce serait une très bonne idée, non?

NOTHING BUT REAL: lost in the world

France, Metal (M&O music, 2021)

Un riff rock et entrainant introduit ce Lost in the world, second album des Français de Nothing But Real, déjà auteur d’un premier essai éponyme paru en 2020. Une arrivée sur Terre qui va explorer ses divers horizons musicaux. Le groupe propose avant tout un mélange de rock traditionnel (est-ce volontaire? On entend même des guitare à la Qu’on me laisse le temps d’Océan en intro de Snake eyes, un morceau soft qui monte moins en puissance cependant – il y a plein de références au rock des 80’s et après), de fusion, d’alternatif, dans esprit souvent jazzy, prog et légèrement heavy qui laisse de la place à chaque instrument. Mais voilà, je ne peux que déplorer de ne pas comprendre un mot (ou très peu, si peu, « m’enfin!« …) du chant anglais, chant pourtant agréable et puissant.  Le groove est toujours présent, la formation aime d’ailleurs présenter sa musique comme « du rock alternatifs avec des mangas ». Tout un programme qui passe donc de la douceur à l’énervement tribal (Untold), alliant rock et électro sans hésiter (Scars and burden) et dont certains visuels laissent entrevoir une certaine attirance pour le monde de Hollywood Undead. Cet album a tout de visuel, d’ailleurs, de la pochette aux paroles, puisqu’il raconte l’histoire de Sakar qui débarque sur Terre et croit arriver dans un monde amical. Que nenni, et il va aller de découvertes en déceptions… Lost in this world est un album entrainant et joyeux, qui s’écoute tranquillement sans jamais se ou nous prendre la tête.

BREATH FROM THE VOID

France, Metalcore (M&O, 2022)

Formé en 2020, Breath From The Void déboule aujourd’hui avec un premier Ep – presque un album en réalité – éponyme. Proposant 7 chansons, le groupe navigue entre groove metal et metalcore. Après une intro soft (Immersion), le groupe crache sa rage avec un Discomfort bien nommé. Une rage et une énergie qui se révèlent tout au long de ce premier essai. Dès lors, le ton est donné. Les cinq ont grandi et ont été éduqué au son des Gojira, Lamb of God ou, dans un autre registre, Hypno5e. BFTV cherche à varier les ambiances et les plaisirs (cette intro sabbathienne et doom et cette ambiance presque mélancolique de Ocean eyes valent le détour), alternant entre chant clair puissant et colère peu contenue. Loin de bourriner à tout va, Breath Frolm The Void sait faire respirer son propos. Les guitares qui charcutent et cisaillent cherchent également une forme de mélodie en se faisant par instant plus aériennes tandis que des rythmes répétitifs et quelque peu hypnotiques parsèment ce premier essai qui s’adresse clairement aux amateurs de puissance, vélocité et breakdowns mêlées à une certaine recherche de mélodies.