CYADO: Horizon

France, Metal (Ep, M&O music, 2023)

Démarrant sur des sonorités SF – on se croirait dans un vaisseau spatial en perdition – Dawn of decline sombre rapidement dans un metal ultra speedé au hurlement puisé dans un black metal en souffrance. Le « chant » se fait par la suite plus guttural avant que Cyado (difficile de trouver ce nom de groupe sur la pochette… je croyais qu’il s’agissait de Horizon…) ne calme quelque peu son propos avec un Empty path plus… « consensuel ». Les touches indus et électro, la voix off qui revient régulièrement continuent d’évoquer cet univers SF tout au long de ce disque qui recèle finalement quelques petites trouvailles sonores sympathiques (dont un Exode qui parle de lui même). Une fois passés le cap du « chant » et de la speederie souvent difficile à suivre pour le néophyte ou non amateur du genre. Bref, un Ep pour public averti ou en quête de sensations fortes. Pas mon truc, mais je garde cependant le coté SF qui reste très cinématique.

 

REDSPHERE: Regnum lupus

France, Death/Thrash (EP, M&O music, 2023)

Redsphere n’est pas une nouveauté sur la scène metal française, mais le groupe issu de nouvelle Calédonie doit encore se frayer un chemin en métropole. Déjà auteur de deux albums, Facts en 2017 et Immrotal voids en 2019, le groupe revient avec Regnum lupus, un court Ep de 4 titres forgé dans un death thrash direct et sans concession. Ou presque. Car, mis à part le « chant » typique au genre, hurlé et rageur, Redsphere nous propose 4 titres aux influences variées. Alors, oui, ça tabasse sec, les blast beats et la double grosse caisse sont légion, mais il y a plus. Princes (memento mori) et A new order, premier et dernier titres, sont clairement d’inspiration thrash à la Exodus ou Death Angel, A vicious century défonce tout sur son passage tandis que War and lies a quelques influences presque symphoniques apportant une touche plus légère à l’ensemble. Alors, hormis ce qui pour moi n’est pas du chant, le reste entraine et casse des cervicales comme il faut.

THE KASH FLOWZ: Would it be impossible?

Belgique, Hard rock (M&O, 2023)

Si tu es amateur de punk rock US, alors jette une oreille à The Kash Flowz qui, avec Could it be impossible? nous propose un album 100% fun et inspiré du hard pop et punky à la The Offspring ou Blink 182. Bien que chanté dans un anglais pas toujours facile à comprendre, les Belges se montrent ici souvent irrévérencieux dans leurs textes, sexy et provocateurs à souhaits, souvent décalés ( ce « she’s got more mustach than me »!) L’ensemble des 10 titres taillés sur mesure pour une jeunesse ado – sans que cela ne soit péjoratif, nous sommes tous passé par ce stade de découverte – est fun et rythmé, doté d’une production irréprochable et l’esprit très US rend l’ensemble très attractif. Bref, si The Kash Flowz ne réinvente nullement la machine à courber les bananes, il nous propose un album plein d’humour (de l’humour belge, évidemment!), entrainant et qui se laisse plus que facilement écouter.

PROJECT: The awakening

France, Metal (Blue lagoon records, 2023)

Troisième album pour les Frenchies de Project qui nous proposent avec The awakening un disque de metal progressif au démarrage tellement épileptique que l’on peut se demander quelle est l’intention du groupe. Heureusement, Down and dirty remet les choses au clair: un ensemble simple, rock n roll et direct. C’est chantant, entrainant et l’ensemble ne souffre que d’un air de légèrement « dépassé ». Cependant, le trio s’éclate et son propos, qui puise autant dans le rock 60’s que dans le hard de Deep Purple des 70’s ou le heavy 80’s. Fidèle au genre, Project varie ses – et nos – plaisirs avec 10 morceaux enlevés et entrainants, des guitares shreddées, un chant efficace et des ballades , un cocktail que les amateurs de classic hard rock apprécieront à sa juste valeur. Formé dans le courant des 90’s, il serait peut-être temps que le groupe dépasse le simple statut de Proje(c)t et qu’il s’offre une vraie projection (ouais, deux d’affilée, je suis en forme en ce début d’année!) vers un plus vaste public, car les amateurs de ce genre de heavy rock, il y en a.

EDENYA: Another place

France, Rock (M&O, 2023)

Commencer, ou presque commencer, cette année avec la douceur des paysages musicaux bucoliques de Edenya, quoi de mieux? Le groupe nous propose de découvrir Another place, un album composé de 10 titres aussi apaisants qu’aériens, légers et parfois mélancoliques. Romantique? Certes, mais pas que cela tant la formation explore des univers variés, folkloriques, celtiques, mélangeant aussi colère et complainte. Inside your walls, par exemple, ressemble à un règlement de comptes d’après une relation difficile avec un harceleur et la montée en puissance du titre évoque la saine colère libératoire d’une femme anciennement battue. La variété des instruments – voix et guitare, bien sûr, mais également cordes, piano… – transforme ce disque en un voyage doux et bienveillant, un voyage aux limites du rock, du prog et du folk. Un album reposant.

WISEWOLF: In void

France, Metal (M&O, 2022)

Wisewolf a été formé à Lyon et a publié un premier Ep en 2019. Les 5 reviennent avec In void, un voyage au cœur du metal moderne composé de 7 titres. Wisewolf est ici accompagné d’un nouveau chanteur. Mais… oh, rage, oh, désespoir! Une voix claire, puissante et déterminée qui, malheureusement, chante dans un anglais ‘patate dans la bouche’. C’est simplement incompréhensible et c’en devient rapidement difficilement écoutable pour tout auditeur un tant soit peu anglophone. Ce… « détail » linguistique mis à part, on ne peut nier les qualités évidentes de la musique, énergique, puissante, menée par des guitares et une rythmiques entrainantes et originales qui lorgnent du côté du metal moderne. Mais bon… je ne parviens simplement pas à passer le cap de ce chant qui ferait plus qu’entièrement le job s’il était dans la langue de Molière, Corneille, Hugo, Zola, Werber ou même Djian…

NHIMALIA: Rules of the game

France, Rock (M&O, 2022)

Dans le marasme actuel, écouter un EP comme ce Rules of the game fait du bien. Nhimalia, l’auteur de ces 5 titres, nous propose un rock à la fois énervé et calme, puissant et relaxant. La voix alterne entre chant narquois et rassurant proposant sur chacun des morceaux des ambiances entrainantes et joyeuses. Démarrant avec Don’t cry, un morceau énergique qui fait office de menu: au programme, des guitares claires, enjouées et entraînantes, un chant anglais déterminé et une rythmique solide. Les guitares trépidantes sur le morceau titre évoquent aussi bien AC/DC qu’Iron Maiden (écouter ce final, vous comprendrez) en moins hard. Leave me and pray se fait doux et  presque tendre, avant que And you’re dancing, le titre le plus long, ne s’oriente vers un peu de mélancolie avec ses accents hispanos. Help me clôt cette carte de visite en introduisant piano et cordes pour un morceau tendre et presque triste. Nhimalia montre avec cet Ep un groupe multifacettes qui s’adresse de fait à un public varié. Une jolie introduction qu’on espère voir rapidement suivie d’un album complet.

MONNEKYN: Ape home

France, metal (M&O, 2022)

Peu d’infos circulent sur Monnekÿn, visiblement une jeune formation française qui propose un metal varié, puisant autant dans le metalcore que dans des ambiances plus aériennes et légères. Avec un titre d’album comme Ape home, « la demeure des singes », on imagine volontiers des clins d’œil à l’œuvre de Pierre Boule, l’incontournable Planète des singes. Et il semble bien que Monnekÿn s’en soit bien inspiré tant les références textuelles et sonores sont nombreuses. La plupart des titres mêlent passages aériens à d’autres plus virulents et agressifs et, malin, le chant clair d’un côté est agréable tandis que celui rageur, plus inquiétant, évoque immanquablement des grognements de nos cousins grands singes. On ne peut que remarquer le travail sur les diverses ambiances, parfois processionnaires, à d’autres moments plus sauvages ou encore spatiales. Les influences du groupe semblent à chercher du coté de ce metalcore d’actualité ou du rap metal (Samian nation), et l’ombre de Korn ou RATM planent par instants (Ego trip, Release the tribe). L’émotion est vive sur cette répétition de « Get away from my home » sur Harambe avant que la batterie ne claque telle des coup de fusil exécutant nos cousins… Même si ce n’est pas mon style de prédilection, cet album saura satisfaire les amateurs du genre sans aucun doute possible.

COLOSSE: Origin

France, Metal (M&O, 2022)

Fondé en 2018, Colosse nous offre aujourd’hui son premier album, Origin, composé de 9 chanson pour un total de 41 minutes. Puisant son inspiration du côté de ce rock direct et sans fioriture, un peu grunge, un peu punk, souvent festif, le quatuor va à l’essentiel sauf dans ses passages plus progressifs qui rappelle Hypno5e par exemple – certains évoquent parmi les influences un certain Metallica, mais je ne les retrouve pas… Alternant les tempi et les ambiances, le groupe cherche à installer diverses ambiances et évite ainsi de se répéter et de lasser. Mais voilà, rapidement s’impose le fait que le groupe est français et que ça s’entend au chant anglais, difficilement compréhensible. C’est la grande faiblesse de cet album qui, par ailleurs, même si dans son ensemble  j’y reste peu sensible et réceptif, cherche à interpeller musicalement et qui saura séduire un public amateur du genre.

BAD KINGZ: Take me into your kingdom

France/UK, Hard rock (M&O music, 2022)

Accrochez-vous les amis! Bad Kingz – avec un Z en guise de pluriel – déboule avec son premier album, Take me into your kingdom qui sort le 21 octobre. Si la pochette évoque le rock psyché, le contenu est une déclaration d’amour au hard rock vintage, varié, entrainant, généreux et foutrement efficace. Formé en 2021, Bad Kingz est un trio composé du guitariste Chris Savourey et du bassiste Alex qui se sont adjoint les services du chanteur Tomas, un anglais pure souche, et ça s’entend! L’introductif They came here to stay, sans doute le plus psyché/stoner du lot – sonne comme une déclaration d’intentions. Le « They » aurait très bien pu être un « We » tant le message est clair, message qui se confirme au gré de titres qui varient entre 3 et 4 minutes. Le groupe va droit au but sans fioriture et clame son amour pour le hard rock de Led Zeppelin – ces guitares graveleuse et ce chant (un effort sera cependant apprécié sur l’anglais, mais quelle voix!) – le rock groovy de Thin Lizzy ou encore celui devenu blues de Gary Moore -celui-là même qui a composé un certain Led clones… Bad Kingz sait varier ses plaisirs, proposant des titres rock (le morceau éponyme, Fire all I need, It’s a long way down),  aussi bien que proposant des moments plus intimistes (I’m seing blue, très… bluesy!, Friend, superbe), modernes (The mirror à l’intro très satrianesque et au reste très rentre dedans). L’album se termine avec Horizon de hoce, un instrumental qui m’a immédiatement projeté en concert, un titre que j’imagine volontiers joué en premier avant l’arrivée du chanteur. Avec ce premier album, Bad Kingz pourrait bien voir son royaume commencer à exister. Ce n’est pas à nous de vous conduire au notre, Messieurs, mais bien à vous de nous y accueillir. Reste à transformer ce premier essai