Interview: HAMMERFALL

Rencontre avec Joacim Cans (chant) et Pontus Norgren (guitare) (HAMMERFALL). Propos recueillis à Paris, le 6 septembre 2016

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Metal-Eyes : Selon vous, Hammerfall en 2016, c’est quoi ?

Joacim : Ouh… Je pense que nous sommes en réalité plus forts que jamais. (r)Evolution était une vrai claque, même pour nous, et revenir avec autant de…hargne, tant d’énergie. Nous avons conservé cette énergie et l’avons retranscrite sur ce nouvel album, et je crois que c’est ce que nous sommes. C’est ici et maintenant. Nous sommes une bande de jeunes hommes en pleine forme, voilà ce que nous sommes.

Pontus : Pour moi, c’est pareil. Nous avons trouvé une recette pour conserver cette énergie. Comme l’a dit Joacim, après le break, nous avons trouvé ce rythme, et cette formule, pour renforcer cette énergie, éviter de retomber dans les vieilles habitudes, et ce genre de choses. Faire un pas en avant.

Metal-Eyes : Ce break était donc nécessaire pour la survie de Hammerfall ?

Joacim : Plus qu’on ne pourrait jamais l’imaginer…

Metal-Eyes : Dans deux ans, Hammerfall célèbrera son quart de siècle, Joacim, tu fais partie du groupe depuis maintenant 20 ans. Pouvais-tu imaginer toujours faire partie de Hammerfall il y a 20 ans ?

Joacim : Non… En fait, ce n’est pas évident… J’essaie de vivre une année à la fois. Quand nous avons publié le second album (Legacy of kings en 1998) je me suis rendu compte que quelque chose de spécial se passait. J’ai pris, dès lors, les choses un album à la fois. Je ne pense pas qu’on s’attendait à être à ce niveau, en tout cas. Que Hammerfall soit toujours présent, oui, mais continuer de tourner à travers le monde, pour des gens qui nous aiment vraiment… Nous avons su nous distinguer, faire évoluer ce genre, c’est ce que nous sommes. Je suis toujours aussi fier d’être présent après 20 ans !

Metal-Eyes : Dans quel sens vous distinguez vous?

Joacim : Nous faisons la musique que les gens veulent entendre. Notre dernière tournée est celle qui a rencontré le plus de succès. Aujourd’hui, il y a déjà beaucoup de places vendues pour notre tournée à venir… Les gens ont envie de vois Hammerfall.

Metal-Eyes : A ce sujet, il n’y a pas de date prévue en France. J’imagine que d’autres concerts vont être ajoutés ?

En choeur : Oui !

Joacim : Le Stade de France n’était pas libre… (rires) On veut garder un certain niveau, et ce n’est pas toujours facile. On a une grosse production, un camion… Et dans certaines salles, on ne peut rien utiliser. C’est très frustrant, tant pour nous que pour les fans. Il vaut mieux qu’ils se déplacent, pas trop loin, parfois. On cherche une salle de bonne taille à Paris. Il reste une date libre sur le planning, pour Paris.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous les deux, l’évolution de Hammerfall entre (r)Evolution et Built to last ? Le break fut nécessaire, vous êtes revenus avec énergie, cependant, il y a une évolution entre ces albums.

Joacim : C’est comme un bon champagne (rires)! Nous avons mûri pendant deux ans, maintenant nous sommes devenus vintage (rires des deux) !

Metal-Eyes : Bon, au revoir alors!

Joacim : Non, sérieusement…Je pense que… C’est difficile à décrire. On vieilli et plus on vieilli, mieux on sait ce que l’on souhaite faire et obtenir. Je pense que nous avons simplement développé… La formule que nous avions développée sur (r)Evolution, nous l’avons reprise et poussée plus loin. Disons à tous les niveaux : la composition, les différents producteurs impliqué… Qui fait quoi, à quel moment, qui s’occupe de la batterie, de la guitare, du chant ? Qui s’occupe du mixage ? Et, aussi, le fait que nous ayons changé de label nous a donné une nouvelle énergie. Nous avons besoin d’un label qui croit que Hammerfall est encore un groupe d’avenir. La différence principale, c’est qu’aujourd’hui nous savons ce que nous voulons faire pour le reste de nos vies en tant que musiciens.

Metal-Eyes : Au sein de Hammerfall ? J’imagine que cette « recette » dont vous parlez ne serait pas utilisée au sein d’un autre projet.

Joacim : Au sein de Hamerfall, oui. Hammerfall, c’est Hammerfall. Oskar a formé ce groupe en 1993, je suis arrivé en 1996 et nous avons en quelques sortes tout redémarré. Nous l’avons fait parce que nous adorons le heavy metal. On nous demande souvent « pourquoi ne jouez-vous pas la musique que le public veut entendre ? » Eh bien, parce que nous jouons la musique que nous aimons. A mon avis, c’est ça, cette recette, celle du succès.

Metal-Eyes :Une nouvelle fois, le titre de l’album sonne comme un message, « Hammerfall n’est pas près de disparaitre ».

Joacim : Oui, mais pas que… L’album est constitué de 10 chansons solides, 10 chansons qui ne seront pas oubliées de si tôt. Cet album, je l’espère, est là pour rester, et on s’en souviendra après la disparition du groupe. Hammerfall a pour principe de se battre pour le metal et rien d’autre. Cela aussi est fait pour durer. Ça fait 20 ans que ça dure.

Metal-Eyes : Comme je vous l’ai dit avant de débuter cette interview, je n’ai pas encore eu le temps de vraiment écouter Built to last. Que pouvez-vous me dire pour me convaincre de l’acheter ?

Joacim : Dans ce cas, normalement, tu sais ce qu’est Hammerfall. Mais si tu n’as jamais écouté le groupe auparavant, alors, voici : il s’agit de pur heavy metal, avec des mélodies, de l’émotion. Si tu veux des chansons accrocheuse, des mélodies entraînantes, de solos de guitares bien exécutés, du gros son, alors tu devrais écouter Hammerfall. Nous sommes un de ces groupes qui étaient présents au milieu des années 90 pour ouvrir les portes à une nouvelle vague de… à la « nouvelle vague de la nouvelle vague du heavy metal » pour ainsi dire !

Pontus : Hammerfall a toujours fait la même chose, a publié son premier album taillé dans le roc, et ce fut comme une déclaration : du metal avec des mélodies.

Metal-Eyes : Il y a en effet des chansons qui sont taillées pour la scène et écrites pour faire participer le public.

Joacim : Oui, le premier single qui sort en septembre, Hammer high, est selon moi un titre très efficace. Quand le public écoutera cette batterie au début puis la mélodie, les fans vont devenir dingues !

Metal-Eyes : Si vous ne deviez retenir qu’un titre de ce nouvel album pour décrire ce qu’est Hammerfall aujourd’hui, quel serait-il?

Joacim : Encore une question difficile… Nous avons publié cette lyric video il y a quelques semaines, pour Sacred vow. Je pense que ce morceau possède l’énergie, la variété, les chœurs, le chant haut perché, je pense que cela résume plutôt bien ce que nous sommes aujourd’hui.

Metal-Eyes : Pontus, ton avis?

Pontus : Je suis d’accord, parce que cela donne une bonne idée de ce qui arrive. De ce que les fans vont découvrir, bientôt.

Joacim : oui, Sacred vow représente bien le groupe.

Metal-Eyes : PArlons de vos concerts: il y a toujours un spectacle avec Hammerfall, prévoyiez vous quelque chose de spécial ? Pour votre passage au Stade de France ?

Joacim : (rires) Nous devons rester simples… Comme tu l’as dit, nous avons toujours quelque chose de particulier, de théâtral. Quand nous avons commencé à tourner, en tête d’affiche, nous utilisions de la pyrotechnie, ce que personne, à l’époque, ne faisait. Maintenant, tout le monde es’en sert, alors on s’est dit « trouvons autre chose ». Alors, bien sûr, nous défendons un nouvel album, nous allons inclure de nouveaux titres, et c’est une bonne chose pour de nombreuses personnes. Il y a toujours une nouvelle génération de fan qui assiste à nos concerts, des gens qui voient Hammerfall pour la première fois. Nous devons simplement leur montrer ce qu’est Hammerfall : de l’énergie, et nous invitons les fans à participer, à faire partie du spectacle, ce qui est, je pense nécessaire. Car ils nous donnent quelque chose, et nous leur rendons, ça nous booste tous. C’est un échange. Si tu ne comprends pas le concept, sans doute devrais-tu plus participer, t’investir…

Metal-Eyes : Qui dessine vos costumes? Et comment décidez-vous de ce que vous porterez sur scène ?

Joacim : (à Pontus) Comment choisis-tu, toi ?

Pontus : Moi, un string en cuir ! (rires) avec des piques !

Joacim : à l’intérieur !

Pontus : On travaille avec plusieurs designers. Bien sûr, nous avons des idées, chacun de nous ; Je travaille, Joacim aussi, avec un gars de Malmö, en Suède, qui nous aide à finaliser nos idées. A la base, les idées viennent de nous, plus ou moins. Même s’il s’agit de cuir. Nos costumes de scène sont individuels, mais partent d’une idée, plusieurs que l’on met en commun.

Metal-Eyes : Toujours, j’imagine, dans l’esprit visuel de ce qu’est Hammerfall?

Joacim : Oui, nous avons besoin de… On ne pourrait pas monter sur scène n’importe comment.

Metal-Eyes : Vous ne pourriez pas monter sur scène en string…

Joacim : Sous nos pantalons en cuir, oui! On doit trouver ce qui correspond à l’image de Hammerfall. Plus tu vieillis, plus délicat tu deviens… Je ne peux pas ressembler à quelqu’un qui va au carnaval !

Metal-Eyes : Certains l’ont fait…

Joacim : Et beaucoup se sont plantés… Dans le groupe, nous avons des personnalités très différentes. Oskar aime porter du cuir, des chaines et ce genre de choses, et ça marche pour lui. Si je portais ça, j’aurai l’air ridicule, parce que je suis un peu plus… disons bien habillé, version metal.

Metal-Eyes : Conventionnel, donc?

Joacim : Oui, c’est ça.

Metal-Eyes : Hammerfall dispose désormais de 10 albums dans lesquels choisir ses morceaux. Comment décidez-vous de votre setlist ?

Joacim : Autour d’un verre de champagne et de gants de boxe !

Metal-Eyes : Et celui qui gagne…

Joacim : Impose aux autres!

Metal-Eyes : J’imagine que pour votre plaisir, il faut renouveller les chansons, certaines doivent être jouées, parce que le public les attends. Comment choisissez vous les autres ?

Joacim : Parfois, tu dois faire des sacrifices. Pour moi, on se pose la question : allons-nous faire une tournée « greatest hits » ? Chaque tournée est un « greatest hits tour », car nous jouons au moins une chanson de chaque album, ou deux. Evidemment, nous mettons en avant le dernier album, avec deux chansons au début du concert, pour ensuite explorer les morceaux plus anciens, et le concert termine avec cette explosion de hits – si on a des hits…J’aime aussi surprendre le public comme sur la dernière tournée ou nous avons joué This enemy is necessary qui est un de nos gros succès. Elle a été jouée en seconde position, ce qui a fait délirer les gens. Maintenant, avec 10 albums, nous devons retirer quelques chansons, mais on doit rendre les gens contents, nous devons trouver de la satisfaction…

Pontus : et garder assez d’énergie sur l’ensemble du concert.

Joacim : Les gens doivent être surpris.

Metal-Eyes : Techniquement, y a-t-il des chansons que tu ne peux plus interpréter ? Et, pour tous les deux, y a-t-il des chansons que vous voudriez ne plus jouer car vous vous en lassez ?

Joacim : Je ne suis lassé d’aucune chanson. On a joué Hearts of fire tant de fois, mais, à chaque fois que nous la jouons, les fans deviennent dingues. Et cette réaction, ils chantent, dansent, c’est pour ça que nous avons écrit cette chanson. Et nous en sommes fiers !  Bien sûr, il y en a qui sont plus compliquées à interpréter live, comme celles avec un chant très haut. Elles pourraient me faire du mal vocalement, mais…

Metal-Eyes : Tu peux encore toutes les chanter aujourd’hui, donc ?

Joacim : Oui… Peut-être pas Sacred vow, en fait

Metal-Eyes : Pontus, ça fait moins longtemps que tu es dans le groupe, y a-il des chansons, auxquelles tu n’as pas participé, par exemple, que tu voudrais ne plus interpreter?

Pontus : Ca n’a pas d’importance… Je suis arrive dans le groupe en 2009, et, si je regarde les anciens titres… Il y en a tant! Et je ne crois pas que nous ayons tout interprété.

Joacim : Il y a encore des chansons qui n’ont pas été jouées live…

Metal-Eyes : Ca pourrait constituer une belle surprise pour le public…

Joacim : Oui, ça pourrait l’être. On en a parlé récemment, d’ailleurs…

Pontus : Jouer des morceaux que personne ne veut entendre !

Joacim : Exactement (rires) !

Metal-Eyes : Sans doute le public apprécierait-il de les entendre live aussi.

Pontus : Nous pourrions jouer n’importe quelle chanson live, aujourd’hui, sans probleme mais, comme nous l’vons dit, trouver une setlist signifie trouver le bon rythme, le bon équilibre. On ous reprochera toujours de n’avoir pas joué telle chanson, on nous demandera pourquoi telle autre n’a pas été jouée, et c’est normal : nous avons désormais presque… 120 chansons ! Le truc c’est de trouver… Je crois que nous avons surpris le public la dernière fois en jouant un medley, ce que nous n’avions jamais fait avant. Extraire de très bonnes parties de chansons que nous n’aurions pas le temps de jouer en entier…

Joacim : Et là, il s’agissait principalement d’un medley de riffs de guitars, sans chant, et le public, malgré tout, est devenenu dingue.

Pontus : Et ils ont pug outer des chansons impossible à jouer, ells durent 6, 7 minutes et ça bouffe trop  de temps. Il y a des obligations, un timing, et ce genre de choses. On verra ce que nous ferons pour la prochaine tournée. Peut-être ferons  quelque chose de similaire…

Joacim : Au moins, nous devons montrer que nous osons tenter quelque chose de neuf, live. On n’a pas besoin d’ajouter de la pyrotechnie, des explosions de gaz, il y a d’autres moyens d’innover pour un spectacle.

Metal-Eyes : Quand vous n’êtes pas en tournée, comment aimez-vous occupier votre temps?

Joacim :Boire du champagne, beaucoup de champagne! (rires)

Metal-Eyes : Celui-ci est ton champagne, c’est ça? (je désigne sa pinte de bière)

Pontus : (rires) Oui, c’est mon champagne!

Joacim : Un très mauvais champagne…. Je cours beaucoup, j’essaie de courir trois fois par sempaine pour rester en forme. J’ai vu mes amis, à l’age de 45 ans, grossir, vraiment… Avoir des problèmes  cardiaques, de cholestérol… ; J’ai décidé de m’assagir et de prendre soin de moi. Mais : j’adore le champagne et c’est devenu un nouveau hobby.

Metal-Eyes : (à Pontus, toujours en désignant sa bière) Et toi, comme le dissent les Américains, tu pourrais dire “Older, Budweiser”…

Pontus : Excatement, exactement. (rires)

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu faire?

Pontus : Je suis un dingue de technologie, je m’occupe beaucoup de musique: je produis beaucoup, j’ai mon proper studio, je fais beaucoup d’enregistrements live en accompagnant d’autres groupes. Je suis dans le business tout le temps quand je suis  off. Lorsque je suis à la maison, je travaille avec des entreprises spécialisées dans le son…

Metal-Eyes : Une dernière chose: y-a-t-il des endroits dans Paris où vous aimez passer un peu de temps quand vous avez un peu de repos?

Joacim : On n’a jamais de pause quand on vient à Paris, malheureusement. J’aime marcher dans Paris, flaner, c’est une ville faite pour marcher. A chaque fois que je veux aller aux catacombes, c’est fermé ! Mais c’est un lieu que je veux vraiment visiter. J’aime marcher le long de la Seine, observer, c’est… superbe.

Pontus : Oui, Paris est une ville faite pour la marche, c’est vrai. On a vu Montmartre, mais n’avons jamais visité…

Joacim : Ah, si, j’adore les terrasses d’angles de Paris, c’est genial!

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les rend si particulières?

Joacim : Parce que ça n’existe pas en Suède! Tous les bars, petits restaurants avec ces terrasses en angles, ou même, ces tables intérieures qui te permettent d’observer deux côtés… On n’a pas ça en Suède. C’est limité, « non, non, non … »

Metal-Eyes : Merci à tous les deux. Avez-vous une dernière chose à dire pour nos lecteurs ?

Joacim : J’espère que vous aimerez le nouvel album. Dans le cas contraire…. « Shit happens ! » (rires). Non, comme je l’ai dit, nous sommes encore jeunes d’esprits et…

Pontus : … avons la chance de pouvoir continuer de faire ce que nous faisons.

Joacim : Mais jamais sans les fans !

Interview: SABATON

Rencontre avec Joakim BRODEN (chant). Propos recueillis à 23 juin 2016, à Paris

Sabaton 230616

Metal-Eyes : Merci de recevoir Metal Eyes. Avant de commencer, et je suis certain qu’on t’a déjà demandé cela à plusieurs reprises, tu dois me donner tes impressions concernant votre dernier concert parisien ;

Joakim : Oh, le premier mot qui me vienne à l’esprit est « mouillé ». Très très mouillé ! Mais je dois sincèrement remercier toutes les personnes qui étaient présentes, je ne sais pas s’il n’y avait que des Français ou pas, mais j’étais vraiment impressionné. Juste avant notre show, l’enfer s’est déchaîné, comme on dit. Il pleuvait tant… On a joué en tête d’affiche au Sweeden rock la veille, un gros événement, pour nous, la tête d’affiche du samedi, là où, d’habitude, on trouve Aerosmith et Kiss, tu vois ? C’était un jour particulier: il y avait une grève. Les  pilotes d’Air France et de SAS étaient en grève, nos vols sont annulés. Alors nous voilà, on dort 2 heures et demie, prenons un vol pour Copenhague, puis Francfort, où notre avion est retardé parce qu’il y avait 150 supporters irlandais qui hurlaient. On arrive à Paris… Je crois que nous sommes arrivés sur le site du festival deux heures avant le show. Le vent commence à emporter le Backdrop, la pluie se met à tomber… Dingue. Je suis monté sur scène, on nous a demandé de repousser le matériel pour qu’il ne soit pas abîmé, ce que nous avons refusé. En festival, le public est déjà si éloigné… deux micros sont morts, un moniteur, à cause de la pluie, le micro de Thobbes a dû être changé 3 fois, mais je m’en foutais… Honnêtement, je ne peux que dire que même dans les pires des circonstances, le public du Download a été bien meilleur que celui du Sweeden rock alors qu’il faisait un temps radieux. Merci, vraiment. Je pensais que ce concert serait désastreux et en réalité, c’est un de ces moments dont je me souviendrais très longtemps !

Metal-Eyes : Moi aussi. J’étais avec les photographes et nous n’avons pas tenu plus d’une chanson ! On est tous allé mettre notre matériel à l’abri. Et revenus pour voir le concert quand même ! Parlons de votre album, The last stand. Il s’agit de votre neuvième album studio qui sortira le 16 août. C’est le second album, avec Heroes, avec ce line-up. Est-ce que les membres les plus récents du groupe ont pris une part plus importante dans la composition de ce disque ?

Joakim : Oui, je pense même que c’est la première fois, dans l’histoire de Sabaton, que tous les membres ont été impliqués, d’une manière ou d’une autre. Musicalement ou textuellement, ce qui me plait. Sur Heroes, Thobbe a composé une chanson avec moi, et j’en ai fait une autre avec Hannes. Pour The last stand, tout le monde a participé, même si Pär et moi avons écrit la plupart des textes. Nous sommes les geeks de l’histoire, je crois (rires).

Metal-Eyes : Ça, on le sait ! Sur Heroes, vous traitiez principalement de personnages inconnus qui ont été héroïques. De quoi parlez-vous cette fois ?

Joakim : C’est un album différent… Normalement, nous traitons des guerres contemporaines. Sauf pour Carolus Rex, bien sûr, qui traitait de l’empire suédois. Là, nous avons diversifié les choses, musicalement et dans les paroles. Nous avons composé sur les spartes, 400 ans avant Jésus Christ. Puis nous nous rendons en Asie, en Afrique pour terminer en Afghanistan, avec la guerre entre les soviétiques et les Afghans, en 1988. Nous avons bougé d’un point de vue géographique et temporel. Nous avons trouvé intéressant le fait que ce qui relie ces gens, c’est la dernière bataille. Rien de neuf, en réalité, les choses ne font que se répéter. Les gens me demandent souvent ce que je pense du monde actuel. Rien n’a vraiment changé, n’est-ce pas ? on a l’impression que c’est nouveau et spécial parce que nous vivons cette époque, mais en réalité, je ne crois pas. La seule chose que l’on puisse apprendre de l’Histoire, c’est que l’être humain n’apprend rien de l’Histoire.

Metal-Eyes : Au-delà des textes, comment décrirais-tu l’évolution musicale de Sabaton?

Joakim : Notre musique incorpore plus de variations que d’habitude. Rien de dingue, mais il y a certaines choses qui se démarquent. Par exemple, nous avons inclus de la cornemuse, de l’orgue Hammond, une rencontre entre Sabaton et Deep Purple, quelque chose comme ça… Et nous jouons un titre en majeur, pas en mineur, ce que nous n’avions jamais fait avant. Il y a un morceau sur lequel les chœurs sont plus grands que jamais, un autre sur lequel les guitares sont… « anonymes », elles disparaissent et réapparaissent, il n’y a pas de batterie sur ce titre. Ce que l’on croit être une batterie est en réalité une mitrailleuse de 50 mm, la caisse claire est un pistolet de 9 mm, et la charleston, une baïonnette… Cette chanson traite de la première guerre mondiale. Il y a quelques petits trucs à découvrir. Les gens qui ont écouté l’album le décrivent comme un grand 8 : il y a des chansons qui sont typiques de Sabaton, mais tu ne sais pas quand elles arrivent. J’espère que ça maintiendra l’intérêt de l’auditeur.

Metal-Eyes : J’imagine qu’il y a une volonté de vous renouveler. Cependant, dirais-tu que les nouveaux membres de Sabaton ont contribué à ce renouveau ?

Joakim : en partie, oui. Je pense que c’est valable pour nous tous. Quand nous avons fait Heroes, il nous fallait nous prouver, ainsi qu’à notre public, que Sabaton était toujours Sabaton. Nous nous sommes forcé à rester dans un certain schéma, pas dans le mauvais sens, naturellement. Heroes a démontré que nous sommes nous-même. Maintenant, nous avons aussi pu nous libérer. Musicalement, j’entends que Hennes est plus libre en tant que batteur, qu’il peut développer son identité, son style, pareil à la guitare. On reconnait facilement Thobbe, qui a une approche plus bluesy, plus rock, tandis que Chris a cette technique explosive. Ils peuvent donc se libérer, et s’épanouir en tant que musiciens, et ne pas être seulement se limiter à un format Sabaton.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The last stand pour décrire ce qu’est Sabaton aujourd’hui, ce serait laquelle ?

Joakim : Oh, oh… question piège !

Metal-Eyes : J’en ai quelques-unes…

Joakim : C’est bien, je n’ai pas à répondre aux mêmes questions tout le temps, merci ! Sabaton aujourd’hui ???Peut-être Winged hussards, parce que tu peux entendre des éléments typiques de Sabaton ainsi que de nouvelles choses, qui nous font grandir. Il y a 5 mélodies différentes qui s’entremêlent, et tout ça se marie parfaitement. Chris joue un super solo de guitare, on y développe de nouvelles techniques, des choses que nous n’aurions pu faire sans les nouveaux membres.

Metal-Eyes : Vous allez tourner début 2017, avec Accept en première partie. Comment avez-vous monté cette affiche ?

Joakim : Ils nous ont accueillis sur leur tournée américaine en 2011. Nous avons eu la chance d’ouvrir pour eux – je pense qu’en Amérique, nous continuerions d’ouvrir pour Accept. Et nous avons toujours parlé de retourner ensemble. D’un point de vue personnel, j’adore ces gars, et musicalement, il n’y pas beaucoup de groupes de cette époque – Iron Maiden, Scorpions – qui continuent de proposer de bons albums. C’est dommage que les gens ne veuillent pas écouter les derniers Scorpions, d’ailleurs. Mais il y a peu de groupes de cette période qui continuent d’offrir de la bonne musique et de bons shows. Je crois que c’est cool de tourner avec Accept. Ça fait drôle de se dire qu’ils font la première partie du groupe qui a ouvert pour eux. Intellectuellement, je comprends la raison. En Europe, nous sommes gros en termes de ventes. Émotionnellement, c’est plus compliqué à accepter parce que j’ai grandi avec Balls to the wall et Metal heart. Mais je pense que tout le monde en sortira gagnant, car ils donnent de bons concerts. Ça va nous mettre la pression et nous devrons travailler plus encore. Tout le monde sera gagnant. Nous allons devenir meilleur, eux aussi et le public sera gâté.

Metal-Eyes : Votre tournée s’intitule The last tour, mais j’imagine que c’est lié au titre de l’album et que vous ne prenez pas votre retraite…

Joakim : Non, pas du tout, même s’il y a un côté blague avec ce Last tour : si nous voulons avoir la plus longue tournée d’adieu, autant commencer maintenant ! Status Quo a fait sa tournée d’adieux en 1984…

Metal-Eyes :J’y ai assisté. Et je les ai revus un certain nombre de fois après ça…

Joakim : Alors si nous voulons remporter le titre de plus longue tournée d’adieux, c’est maintenant. Si on se projette dans 34 ans, non… Je ne crois pas qu’on tiendra aussi longtemps. Ils vont gagner ! Mais on peut se projeter dans 20 ans et se dire qu’on aura tenu deux décennies !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à l’Olympia. Tu connais déjà les lieux ?

Joakim : Oui, de réputation, je n’y suis jamais allé. J’aime ces endroits qui ont une histoire, tous ces groupes qui y ont joué. C’est toujours sympa de jouer dans ces salles. Il en reste quelques-unes , à Stockholm il a cette salle avec une photo de Jimi Hendrix, en France, il semble qu’il en reste quelques-unes, en Angleterre aussi, du côté de Cambridge…Mais il n’en reste pas tant que ça.

Metal-Eyes : Lorsque tu viens à Paris, y a t-il un endroit où tu aimes te rendre avant ou après un concert ?

Joakim : En fait, il y a plusieurs endroits que j’aimerai visiter. Mais je n’ai pas eu le temps de le faire. Nous venons pour le travail, on fait des interviews, on monte dans un taxi… Je me souviens de la première fois que nous sommes venus. Le problème, quand tu débute, c’est que tu bois tant que tu ne te souviens plus de ce que tu as vu…C’est étrange, je suis allé à Londres une dizaine de fois, sans rien voir… j’ai vu la tour Eiffel à Paris, quand j’étais plus jeune, en vacances avec mes parents. Mais je n’ai toujours pas visité Notre-Dame, le Louvre, le musée des Invalides… C’est un des endroits que je veux vraiment visiter. J’imagine qu’il doit y avoir des choses intéressantes de l’époque napoléonienne que tu ne peux voir ailleurs. Des musées militaires, tu peux me croire, nous en avons visité beaucoup ! Mais j’adorerai visiter celui des Invalides. Je pense revenir, à titre privé, dans le courant de l’année prochaine, avec mon épouse qui n’est jamais venue ici. Je n’aime pas la circulation dans cette ville, c’est une vraie merde ! De la bonne nourriture et du bon vin, oui. Mais je viendrai quand nous n’aurons pas de concerts, pas de promo, et pouvoir simplement en profiter !

 

ROYAL REPUBLIC: Weekend man

royal-republic-2016Rock, Suède (?, 2016)

J’ai découvert Royal Republic alors que le groupe ouvrait pour The Offspring à Paris en 2011. J’ai depuis suivi les aventures musicales de ce groupe qui s’amuse avec sa musique. Quatre ans séparent Save The Nation (2012) et ce troisième album, généralement un pivot dans la carrière d’un groupe, Weekend man. Quatre ans de travail, certes, mais également de repos, nécessaire, le groupe ayant tourné de manière particulièrement intensive depuis ses débuts pour se faire connaitre. Lire la suite

Interview: ROYAL REPUBLIC

Rencontre avec Adam Grahn (chant) et Hannes Irengard (guitare). Propos recueillis à Paris, le 18 mai 2016

C’est dans le cadre feutré des salons d’un hôtel parisien que deux des principaux acteurs de Royal Republic nous ont reçus pour parler de leur nouvel album, le superbe Weekend Man. Fun, détente et bavardage, cette rencontre est à l’image du rock enjoué des Suédois.

Royal Republic 180516 - Copie Lire la suite

DUST BOWL JOKIES

dust-bowl-jokies-2016Suède, Hard Rock (Rodeostar records, 2016)

Le groove de Royal Republic, les chœurs d’AC/DC le chant hargneux de Crucified Barbara, des guitares joyeuses et quelque peu sleaze, du blues et du Blues Brothers sous acides… Vous voyez le tableau? C’est un album pêchu et joyeux que nous proposent – tiens, pas étonnant d’ailleurs qu’ils viennent de là – Lire la suite