DOWNLOAD FESTIVAL PARIS – 2ème partie

Cette seconde journée est, de loin, la plus orientée metal, et aussi, la plus chargée et fréquentée. Cela se ressent dès notre arrivée, la densité du public n’ayant rien de commun avec celui de la veille. Ce samedi, les spectateurs sont de sortie. Tous les âges se côtoient, et la circulation est moins aisée. Il ne fait guère de doute que la tête d’affiche du jour, System Of A Down, attire beaucoup de monde, mais pas que. Une journée riche sous un soleil de plomb.

Samedi                                                                                                        

Black Foxxes ouvre le bal sur la Main 2 et délivre un set rock enjoué mais statique. Les musiciens ne semblent pas tout à fait à l’aise mais parviennent à délivrer quelques décharges sympathiques. Une agréable mise en bouche.

BLACK FOXXES

Far From Alaska m’est inconnu. C’est donc par curiosité que je me rends devant la Main 1 pour découvrir un groupe composé d’une chanteuse au look hippie accompagnée d’une claviériste qui se dandine en mini short , d’un guitariste filiforme et d’autres musiciens qui, ensemble, balancent un groove dansant et aussi haut en couleurs que le T-shirt de la chanteuse, au peps et au sourire communicatifs. Une très belle surprise qui, effectivement, est très éloignée de l’Alaska puisqu’originaire du Brésil. Sa musique sent le soleil et la diversité d’influences est plus qu’agréable.

FAR FROM ALASKA

Dès l’arrivée sur scène de Dez Fafara, le message est clair : ça va castagner ! Devil Driver ne fait en effet pas dans la demi-mesure et défonce tout. Le sourire narquois du chanteur en dit long sur sa satisfaction à voir le public slammer. Son regard, d’ailleurs, met le public au défi, et ce dernier ne se fait pas prier. Un set efficace, brutal qui est la première grosse baffe du festival.

DEVIL DRIVER

Attendu comme le messie, Alter Bridge réuni une foule immense face à la Main 1. Le groupe n’ayant pas pris la peine de revenir après l’annulation de la date prévue en début d’année au Zénith, l’attention est naturellement énorme et le public se masse devant la scène. Il est 16h, le soleil frappe fort, mais n’empêche pas cette foule de se démener au son des Come To life, Cry of Achilles ou Metalingus. Un grand moment, et une grande satisfaction pour tous.

ALTER BRIDGE

Les Suédois de Blues Pills semblent de plus en plus séduire le public hexagonal. Tant mieux, bien que le show repose quasi intégralement sur les épaules de la chanteuse Elin Larsson, véritable source d’énergie incapable de rester immobile. Contrairement à son complice guitariste, Dorian Sorriaux dont l’immobilisme est, quant à lui, est simplement pénible. Heureusement, le blues teinté de psyché du groupe fait le job, le public y est d’ailleurs réceptif, confirmant la position de gros espoir de Blues Pills.

BLUES PILLS

Epica également est attendu. Après le coup de maitre des Bataves  qui ont rempli le Zénith en début d’année, on n’est guère surpris de la densité de la foule. Sans Surprise, c’est, à peu de choses près, le même show qui est proposé : de la pyro en veux-tu en voilà (merci les gars de la sécu d’avoir demandé aux photographes d’avancer ! Que calor devant !), un clavier sur roulettes… Seuls les lights pyramide ne sont pas de la partie. La rousse Simone Simmons connait son job, et reste froide et cordiale à la fois, contrairement au duo de guitaristes toujours aussi souriants et efficaces, dont un Mark Jansen très communicatif. Un bon set, mais un set sans surprise.

EPICA

Autre scène, autre style : les taciturnes Anglais de Paradise Lost offrent un set dynamique une heure durant. La nouvelle coupe de Greg McIntosh surpend : les cheveux courts et décolorés accentuent la pâleur de son visage. Son treillis, aussi, dénote à côté des tenues noires de rigueur de ses comparses. Paradise Lost revisite ses grands tubes, se concentre naturellement sur son dernier opus tout en offrant de belles pépites d’époque, et le public semble simplement ravi. Les gars sont en forme, et c’est tant mieux. Maintenant, voir Paradise Lost évoluer en plein jour, c’est aussi un peu étrange…

PARADISE LOST

Grosse sensation à prévoir : la foule se masse devant la scène que vont bientôt envahir les Américains de Five Finger Death Punch. Démarrant sur les chapeaux de roues avec son plus gros hit à ce jour en France (Lift me up), le groupe prend la pause, et défonce tout. Mais… La tension retombe vite à cause du manque de communication d’Ivan avec le public. En effet, entre chaque chanson, les musiciens règlent leurs instruments de longues secondes durant, et, sans un mot, la pression retombe. C’est bien le seul point négatif de ce show pourtant puissant et haut en couleurs.

FIVE FINGER DEATH PUNCH

Je rate, presque malheureusement, le show de Slayer… « Presque » parce que les Américains semblent parcourir les festivals estivaux annuellement. Cachetonner, quoi. Alors, bon, une année sans ne me manquera guère, même si j’aurais bien voulu me faire un petit Angel of death ou un Dead skin mask

Reste, pour aujourd’hui, LA (grosse) tête d’affiche. Dernier album paru en 2005, pas d’actualité prévue… System Of A Down est sans aucun doute possible le groupe le plus attendu de ce festival. Alors, on peut s’attendre à du tout ou rien. Ce soir, SOAD offre tout. Point, barre. Une setlist impeccable, variée, puissante et mélodique, un Serge Tankian très en voix et un groupe dans une forme éblouissante. Sans parler d’un jeu de lumières sans pareil. Une longue, très longue attente mais un groupe qui offre une des plus belles prestations de tout le festival.  Un samedi au top à tous points de vue.

BLUES PILLS: Lady in gold

blues pills 2016Suède, Hard rock (Nuclear Blast, 2016)

On en parle depuis quelque temps de ce Blues Pills, formation suédoise de hard rock un peu psyché et totalement inspirée par le rock des 70’s. Je ne découvre qu’aujourd’hui ce Lady in gold, le dernier album du groupe, paru à la fin de l’été 2016. Dès le départ, le charme de la voix grave de Elin Larsson fait son effet. Profonde, envoûtante, elle attire et séduit dès le morceau éponyme. Et dès ce premier titre un premier constat – pourquoi ne suis-je pas surpris? Origines, quand tu nous tiens – sur les influences. Oui, les années 70 sont omniprésentes sans qu’une once de nostalgie n’affecte l’ensemble. Blues Pills est parvenu à moderniser son son tout en conservant cet esprit un peu déjanté et défoncé – ce qui explique peut être une des seules faiblesses de ce disque, un anglais difficilement compréhensible. Mais surtout, les lignes de chant et les chœurs, sur les deux ou trois premiers morceaux, évoquent les compatriotes roi du disco, l’incontournable et inoubliable Abba, tout autant qu’elles s’inspirent sur l’ensemble de ce CD de la puissance soul d’une Aretha Franklin. La ballade I felt a chance, tout en sensiblité avec une simple voix et des claviers flirte avec la puissance d’un Rejection et ses « I’m running » haletants. Et l’on s’émerveille à l’écoute du solo sur Elements and things… C’est sans doute ce qui fait une des forces de Blues Pills, ne pas se contenter du rock mais aller puiser ailleurs et allier le tout dans un ensemble aussi hypnotique qu’entraînant. Un joli mélange qui émaille l’ensemble des 10 chansons de ce disque. Un joli moment de plaisir à partager.

Note: 8/10