Interview: RAVENS CREW

Interview RAVENS CREW. Entretien avec Paul Belleville (guitare) et Sébastien Lecul (basse), le 28 octobre 2025

C’est la première fois que nous échangeons, alors commençons par ceci : quelle est l’histoire de Ravens Crew ?

Seb : Je ne sais pas si c’est une bonne idée que j’en parle, je suis le dernier arrivé…

Paul : C’est pas faux… Moi, je suis le plus jeune, j’ai 28 ans et je suis dans le groupe depuis déjà quelques années, mais je ne suis pas membre fondateur.  C’est Chris (Christophe Cogez) qui a fondé le groupe en 2015, et j’ai rejoint le groupe en… je sais plus, je m’emmêle les pinceaux (rires) ! Donc, Chris a fondé le groupe avec le batteur Frédéric (Sammadet). On a eu un premier chanteur qui a décidé d’arrêter le projet et Arnaud est arrivé. C’est avec son arrivée que le projet a vraiment commencé à tourner, avec une setlist qui était très axée covers. Notre ancien bassiste a décidé de quitter le groupe pour se concentrer sur son métier et Seb nous a rejoints.

En 2022, vous avez publié votre premier Ep, Memoriae, et vous aujourd’hui, vous revenez avec un nouvel Ep, Demain c’est loin. Comment analysez-vous l’évolution du groupe entre ces deux disques.

Seb : Je n’ai pas été impliqué dans la composition des morceaux de Memoriae. Je suis arrivé à la sortie de l’Ep. Il était en train d’être pressé. Je l’ai représenté mais pas composé, et je crois (il s’adresse à Paul), que c’est là, en plein covid, que vous avez pris un tournant « compos » où chacun a écrit…

Paul : Exactement…

Seb : Je les écoute parfois raconter leurs histoires (rires). Il y a eu ce changement avec mon arrivée à la basse, il y a eu beaucoup de concerts aussi. On s’est ensuite mis à recomposer, avec une autre approche. Quand il y a un membre qui change, ça apporte d’autres choses. Je pense qu’on a réussi à se trouver.

Paul : Je trouve que Demain c’est loin est beaucoup plus éclectique que Memoriae, on a beaucoup plus de styles musicaux et chantés qui sont balayés. Memoriae a ce côté plus « jeune » dans la composition parce qu’on n’a pas forcément pris beaucoup de risque, tandis que pour Demain c’est loin, on a osé des choses, il y a des morceaux qui sont plus calmes, d’autres plus énervés.

Il y a un peu plus de prise de risques et d’exploration.

Seb : C’est ça. En fait, la première mouture est toujours un peu plus complexe parce que, déjà, il faut composer des morceaux avec un groupe dont c’est la première fois qu’il se plie à l’exercice, garder les meilleurs morceaux, les plus représentatifs et aboutis. Et par la suite, on sait où on va, ce qu’on peut se permettre et ce que les gens attendent de nous. Quand on compose, on ne se perd pas, il faut que ça reste personnel, mais il y a des choses qu’on sait qu’on ne peut pas mettre… Et là, ça allait beaucoup plus vite, on se torturait moins l’esprit et on arrivait beaucoup plus facilement à se dire que telle idée n’était pas bonne ou là, c’est le bon filon, on peut y aller !

Les morceaux, justement : ils sont principalement composés par une personne ou c’est un travail commun ?

Paul : Alors, c’est d’abord un travail de maquettage de ma part. Je m’enferme pendant plusieurs jours, plusieurs semaines et j’enregistre des idées. Dès qu’on a une répète et que je peux apporter mes maquettes, on se fait une écoute globale et c’est là que l’équipe me dit si les morceaux leur plaisent ou pas. Je dois avouer que Arnaud a une part plus intéressante que les autres parce que c’est lui qui va écrire et poser le texte en fonction de la musique…

Quelles sont vos influences à tous ? En écoutant votre Ep, on sent une variété de goûts…

Seb : Oui, c’est assez large… Arnaud est influencé par le hip-hop en général, Chris est plus influencé par le classic rock, AC/DC, Toto, Fred a des influences très fusion, il est fan de No Means No. Moi, j’ai grandi avec du Primus, du fusion, Mike Patton, et, à côté de ça, je pense qu’on se retrouve tous sur des Rage Against The Machine, Korn, Lofofora, Mass Hysteria, des groupes qu’on a tous écouté à un moment ou un autre… En ce qui concerne Lofo, on est tous assez admiratifs de la façon d’écrire de Reuno. C’est le genre de groupe qui nous rassemble.

Comment décririez vous votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Seb : Je ne sais pas… En général on dit que c’est du rock à tendance metal avec des textes en français… C’est pas évident d’expliquer ce genre de chose, je ne sais pas pour toi, Paulo…

Paul : C’était plus facile pour Memoriae, mais là, l’Ep est plus éclectique. Ce n’est pas vraiment du metal, mais c’est un peu plus costaud que du rock, avec des textes en français et en anglais – il y en a un peu dans certaines des compos, mais ça reste des parenthèses. On n’a pas les codes du metal, notamment la voix qui a plus une diction hip hop sur certains passages. Ca reste de la fusion sur certains titres.

Si vous deviez maintenant ne retenir qu’un titre de Demain c’est loin pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est aujourd’hui Ravens Crew, ce serait lequel ?

Seb : J’hésite entre God bless America et Génération pardonGénération pardon, je ne suis pas objectif… Je crois que c’est le dernier morceau qu’on a composé, le plus récent, et, du coup, il prend une tournure que j’aime bien. Je trouve qu’il est bien lourd. Je prends pas mal de plaisir sur ce morceau où je fais les chœurs. Je ne sais pas si je suis objectif, mais je pense que ce serait celui-là. Ce ne serait pas forcément le choix le plus stratégique parce que le morceau pour lequel les retours sont dingues et qui fait mouche à chaque fois, c’est God bless America, peut être plus accessible.

Paul : Pour moi, ce serait God bless America parce que Génération pardon ne fait pas l’unanimité au sein du groupe, contrairement à God bless.

Seb : La réponse de Paul est bien mieux que la mienne !

J’ai bien compris, Paul, que tu arrives avec la plupart des compos et qu’Arnaud se charge des textes. Avez-vous, vous, les instrumentistes, votre mot à dire en ce qui concerne les textes ?

Seb : Oui. Dès qu’un morceau est structuré. Arnaud va d’abord chercher une structure vocale, un chant à placer, et dès qu’il a un texte d’écrit, il nous le propose. On peut avoir des choses à dire dessus, même si généralement on est plutôt d’accord. Quand on discute, c’est plus sur le fait de rajouter un couplet qu’autre chose ou Arnaud qui nous demande plus de place et on rajoute un pont ou un couplet…

Je n’ai pas les paroles sous les yeux mais j’ai l’impression qu’il y a une forme d’engagement. Y-a-t-il des thèmes que vous n’aborderez pas parce qu’ils n’ont pas leur place au sein de Ravens Crew ?

Seb : Ah, c’est marrant comme question ! On nous la pose plus dans l’autre sens d’habitude ! Je ne sais pas s’il y a des sujets qu’on n’aborderait pas, c’est la première fois que quelqu’un nous pose cette question. Je pense qu’on se permettrait d’aborder tous les sujets qui nous semblent pertinent et qui sont validés par le groupe.

Paul : Et il y en a peut-être qu’on n’aborderait pas parce qu’on ne les a pas en tête !

Seb : On touche des sujets qui peuvent, pour certains, être sensibles. Quand on parle d’éducation, de société, d’écologie, ce sont des thèmes, des facettes assez intimes de l’opinion de chacun. On ne donne pas de leçon, mais on dresse des constats.

Un groupe de rock, ça ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités professionnelles ?

Seb : Moi, je suis responsable logistique dans un groupement d’intérêt public.

Logistique en transport ou dans l’orga interne ?

Seb : Tu sais, le gars qui a toutes les clés, les passe-partout et qui vérifie que tout fonctionne, qui prend les rendez-vous pour réparer la chaudière… Fred, à la batterie, il est technicien dans un théâtre. Ce qui explique aussi que, cette année, il n’a pas fait un seul concert avec nous. Il a été remplacé par Johann parce que, chaque fois, il devait bosser. Johann a fait un travail de fou, il fait partie du crew mais pas du groupe et il a assuré comme un dingue ! Chris travaille dans une banque, Arnaud est éducateur sportif, et Paul…

Paul : Moi, je ne fais que de la musique, je me fais filmer pour des tournages autour de la pédagogie et je fais du studio. Tout ce qui me permet de gagner ma vie avec la musique.

Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Ravens Crew ?

Seb : Oh, putain…

Paul : Un pour tous et tous pour un !

Oui, mais vous êtes cinq !

Paul : Mais il y avait Albert, le cinquième mousquetaire (rires) !

DARKROSE: What’s next ?

France, Hard rock électro (M&O/Dnbrecords05, 2025)

Formé au lycée en 2022, DarkRose marche sur les terres d’un rock teinté d’électro. Le chant de Maya, quelque peu torturé et souvent séducteur, est mis en avant par la guitare à la fois rageuse et virevoltante de Liloue. La rythmique, souvent hypnotique, composée de Nora à la basse et Adrien à la batterie, est soutenue par les claviers de Manfred. Composé de 10 morceaux, What’s next, le premier album du combo transpire à la fois de l’envie de se distinguer et de cette jeunesse à la fois farouche, parfois explosive, et un peu naïve. Et ça commence bien avec le morceau titre, entrainant et enjoué. Seulement, sans doute est-ce une question de génération, peu de choses m’accrochent ou me retiennent. Rien d’évident ne rentre dans mon esprit. Si l’on se méfie des épines de la rose, DarkRose n’a selon moi de piquant que le nom. Oui, il y a de l’envie, mais il manque cette touche extérieure, ce regard et cette oreille d’un producteur qui pourrait apporter ce petit truc en plus. Pour résumer, un disque sympathique, pas mémorable pour autant. Un prof noterai « peut mieux faire ».

MAUDITS: In situ

Metal instrumental (ou presque…), France (Klonosphèrer, 2025)

Un an à peine après un Précipice qualifié ici même de vertigineux, Maudits revient avec un nouvel album, In situ. Composé de 7 morceaux aux durées variées (le morceau titre, intimiste et d’une douceur exemplaire, ne dure que 2’31, trois autres dépassent les 8′ – dont Précipice part III qui, avec ses sonorités orientales et sa mélancolie contagieuse, culmine à 9’17). Devenu quatuor (Olivier Dubuc aux guitares, Erwan Lombard à la basse, Christophe Hiegel à la batterie et Raphaël Verguin aujourd’hui au violoncelle), la formation explore de nombreux horizons, offrant une palette de sonorités dense et variée. A lui seul, Fall over est une quête de sonorités aussi aériennes que lourdes. In situ se distingue également de la discographie en proposant deux titres non instrumentaux: Mayline Gautier, empruntée pour l’occasion à Lün, prête sa voix sur Roads, reprise de Portishead tandis que Olivier Lacroix, échappé de Erlen Meyer et Novembre, apporte sa rage sur Carré d’as. Deux morceaux chantés qui ne reflètent sans doute pas une nouvelle orientation du groupe qui, tout au long de cet album, peint de sublimes tableaux sonores et nous entraine avec lui dans une forme de quête intérieure passant de l’ombre à la lumière, de la mélancolie à la joie contenue sans jamais se prendre la tête. Superbe.

IRON MAIDEN: Infinite dreams

Biographie visuelle (Thames & Hudson, 2025)

Alors qu’Iron Maiden a célébré en cette année 2025 un demi siècle d’activité avec une petite mais monstrueuse tournée (Run for your lives tour), le groupe fondé par Steve Harris en 1975 n’en reste pas là. Au-delà d’une nouvelle tournée annoncée pour 2026 (dont deux dates en France, le 22 juin à l’Arena de Paris La Défense et le 28 du même mois au Groupama stadium de Lyon), cet anniversaire est également célébré avec la publication de Iron Maiden: Infinite dreams, un pavé de plus de 2,5 kilos qui nous propose un voyage à travers le temps.

Des débuts de la vierge de fer à la dernière tournée en date, cet ouvrage, bourré jusqu’à la gueules d’illustrations et de memorabilia, retrace disque par disque, tournée après tournée, les différentes étapes de la carrière exemplaire de la formation londonienne.

Au travers de 352 pages, le fan peut ainsi retrouver des documents déjà connus mais surtout découvrir des raretés qu’on n’aurait pas imaginer voir ou lire un jour. Steve Harris nous présente ainsi certains de ses agendas annotés remontant aux années… 70! Chaque membre du groupe raconte également ses souvenirs, époque par époque.

Le fan ultime pourra/devra de son côté envisager de se faire soigner de sa collectionnite aiguë en découvrant le nombre incalculable d’articles officiels édité par la multinationale Iron Maiden. Entre T-shirts, tour programs, éditions diverses de sa production discographique et autre goodies c’est un musée qu’il faudrait ouvrir.

La version originale éditée par Thames & Hudson est proposée dans des versions normale ou numéroté avec fourreau reprenant le visuel de la dernière tournée. Une version française, publiée par les éditions Chêne, est également disponible. Un cadeau de noël parfait qui pourra rejoindre les autres ouvrages incontournables consacrés à Iron Maiden en attendant de retrouver les 6 sur scène en juin prochain.

Infinite dreams, version française – Éditions du Chêne

VOLBEAT Live à Paris (le 2 novembre 2025 au Zénith, avec Witch Fever et Bush)

Comme il y a trois ans, c’est une affiche à trois groupes que nous propose ce soir les Danois de Volbeat. Comme il y a trois ans, aussi, c’est un Zénith en petite configuration qui accueille environ 4.000 spectateurs. Choisir le dernier jour des congés scolaires français, avec reprise le lendemain, donc des parents occupés ailleurs, n’est pas forcément le meilleur choix mais les présents savent pour quoi ils viennent.

Witch Fever @Paris Le Zenith

A 19h, c’est le quatuor anglais Witch Fever qui déboule. Si chacune des musicienne a son look – Amy Walpole (chant) en bas résille et culotte camouflage, Alisha Yarwood (guitare) en costume (ou presque) cravate, Alex Thompson (basse) en longue robe de soirée et Annabelle Joyce (batterie) en simple jean/t-shirt, chacune joue son rôle qui séductrice et communicante, Une autre plus en retrait et concentrée… Un look à l’image, aussi, de la musique pourrait-on dire. Formé en 2021, Witch Fever propose un rock étrange, parfois doom, par instants langoureux, à d’autres moments un peu psyché ou encore simplement noisy…

Witch Fever @Paris Le Zenith

On s’y perd un peu, mais elles vivent pleinement leur trip. La complicité entre Amy et Alex est réelle, les deux se retrouvant fréquemment sur l’avancée de scène, où la chanteuse, toujours souriante, explose ou séduit même si son discours est un peu mou…. Seule la guitariste reste un peu trop en retrait et concentrée sur son instrument.

Witch Fever @Paris Le Zenith

Le public encore épars est attentif. Lorsque Amy explique la position du groupe concernant le conflit israelo-palestinien, elle rappelle aussi qu’elles ne « tolèrent pas l’antisémitisme. On veut seulement une Palestine libre ». Le set continue avec un morceau beaucoup plus lent, proche d’une heavy ballad avant de conclure avec plus de dynamisme; Un set sympathique d’une demi heure qui voit les filles quitter la scène après un rapide « thank-you ».

Witch Fever @Paris Le Zenith
Bush @Paris Le Zenith

Avec Bush, on passe clairement dans une autre catégorie. Je découvre le groupe ce soir et, clairement, la musique des Anglais me semble inclassable tant le quatuor mange à de nombreux rateliers. Leur rock, toujours dansant et jovial, puise autant dans la musique hispanique que dans le grunge, alterne entre rythmes latinos et riff rageur.

Bush @Paris Le Zenith

Le groupe anglais formé en 1992 vient ce soir défendre son nouvel opus, I beat loneliness. Charismatique en diable, Gavin Rossdale, chanteur/guitariste fondateur de Bush, saute et danse dans une forme de transe communicative.

Bush @Paris Le Zenith

Sous son chapeau – qu’il quittera au deux tiers du set – le guitariste Chris Traynor semble simplement heureux d’être là, tout sourire et concentré. Il n’hésite jamais à aller chercher le public, rejoignant Gavin sur l’avancée pour faire face à la foule au plus près, et echanger quelques pas de danse avec le chanteur, désormais débarrassé de sa chemise.

Bush @Paris Le Zenith

Bush nous offre une belle version electrifié de Come together (The Beatles) avant que Gavin ne demande à chacun d’allumer la torche de son téléphone. Cette lumière l’accompagne sur un magnifique gospel chanté avec une voix qui évoque Johnny Clegg.

Bush @Paris Le Zenith

Ce concert ultra festif se termine avec Gavin qui interpelle en français le public le remerciant et annonçant le dernier morceau. Puis il saute les crash pour traverser le public, serrer des pognes, faire des câlins tant dans la fosse que dans les gradins du Zénith sous les yeux ébahis du public, aux anges. J’aperçois même un peu plus loin dans les gradins Fred Duquesnes (Mass Hysteria) et sa copine excitée comme une gamine et qui décide de suivre Gavin à son retour dans la fosse. Des instants simples que le public n’oubliera pas pour conclure ce set haut en couleurs.

Bush @Paris Le Zenith
Volbeat @Paris Le Zenith

Une voile cubique est dressée devant la scène permettant au staff de fignoler les derniers arrangements. C’est avec quelques minutes d’avance que le Zénith est replongé dans le noir et que résonne les premières notes de The devils bleeding crown. En dégainant 3 classiques d’affilée (Lola Montez suivi d’un premier discours plein de bonne humeur introduisant Sad man’s tongue), Volbeat se met le public dans la poche.

Volbeat @Paris Le Zenith

Naturellement, les yeux se tournent vers le « nouveau » venu, Flemming C. Lund, remplaçant de Rob Caggiano, et si le gaillard n’a pas l’aura de son prédécesseur, il fait le job à merveille et s’impose petit à petit tout au long du concert.

Volbeat @Paris Le Zenith

Le light show, agrémenté de quelques fumigènes, est splendide, et on sent Michael Poulsen très en forme. Il faut rappeler que cette date parisienne est une des dernières de la tournée et que le groupe est plus que rôdé. La communication est facile, la complicité entre les musiciens réelle, chacun arpentant la scène en tout sens, Poulsen utilisant chaque micro disponible étant ainsi visible par tous les spectateurs. On pourra commenter la tenue de Kaspar Boye Larsen (basse), un bob vissé sur la tête, mais lui aussi est partout, haranguant la foule autant que faire se peut.

Volbeat @Paris Le Zenith

Le nouvel album, God of angels trust est mis à l’honneur avec 4 titres. Demonic depression est rapidement interprété suivi plus tard de In the barn of the goat giving birth to Satan spawn in a dying world of doom dont le seul titre fait rire tout le monde (Poulsen ajoutant même qu’on « n’a pas le temps pour ça, vous devez aller travailler demain« , précisant au passage que Volbeat ne soutien aucune forme de religion, « religion is crap, believe me!« ) suivi de By a monster’s hand, futur classique des setlists.

Volbeat @Paris Le Zenith

Après Heaven nor hell, le chanteur lance le concours de crowdsurfers accompagné de The devil rages on. Seulement 3 surfers jouent le jeu, rapidement raccompagnés vers la fosse par la sécu. Sur le break, un écho bizarre, retentit, sans doute volontaire, mais bizarre et dérangeant.

Volbeat @Paris Le Zenith

Puis arrive le temps calme, avec Time will heal, dernier extrait du dernier album mais sans doute, aussi, le moment le plus faible du concert. Tant pis, on repart sur les chapeaux de roues avec une série de classiques: Black rose précède Seal the deal et For Evigt, toujours empli d’émotion.

Volbeat @Paris Le Zenith

Puis, sans quitter la scène, sans rappel, Poulsen et sa bande concluent cette superbe et festive soirée avec les incontournables Still counting et A warrior’s call/pool of booze, booze, booza. Un peu plus d’une heure et demie d’un concert haut en couleurs offert par un groupe au meilleur de sa forme. très belle soirée. On espère ne pas avoir à attendre de nouveau trois ans avant de retrouver Volbeat en salle.

Volbeat @Paris Le Zenith

Merci à Gérard Drout Productions et Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

FLYING CIRCUS: The eternal moment

Allemagne, Prog (Fastball music, 2025)

Nous avions découvert Flying Circus avec Seasons 25, réenregistrement de leur album paru un quart de siècle pus tôt. Aujourd’hui, les progueux allemands reviennent avec The eternal moment qui, hasard ou pas, permet de célébrer le 35ème anniversaire de la formation. Au travers de 9 titres, Flying Circus interpelle et invite au voyage. Dès l’introductif A talk with the dead, on sait qu’on navigue sur les terres étranges d’un rock progressif qui puise autant dans le genre typé des 70’s que du plus contemporain, allant ainsi de Jethro Tull à Dream Theater, en passant par un jeune Deep Purple, voire Kansas ou encore Fleetwood Mac. La particularité ici provient plus d’instruments inhabituels dans le rock (de la mandoline au violon électrique – quelle beauté que ce mariage guitare/violon sur And you rest) que des constructions souvent alambiquées qu’on retrouve un peu partout. Le chant de Michael Dorp est à l’image de la musique, à la fois torturé et empli d’émotion. Les guitares de Mickael Rück sont aussi variées que les territoires explorés. La rythmique du bassiste (et violoniste) Roger Weitz et du batteur Ande Roderigo est aussi jazzy que directe, soutien complet à des univers musicaux aérés par les claviers de Rüdiger Blömmer (également au violon). On notera également des incursions dans des musiques folkloriques et traditionnelles, occidentales aussi bien qu’orientales. The eternal moment fait partie de ces albums qu’on écoute et qu’on décortique, ceux dont il faut plusieurs écoutes avant de se les approprier totalement. Une œuvre à part entière qui séduira tous les amateurs du genre.

LES HOMMES CRABES: Galak 51

France, Rock (Autoproduction, 2025)

Avec un patronyme pareil – Les Hommes Crabes – on peut s’attendre à un délire musical invitant à la relâche totale. Formé en 2020 en région nantaise alors que le monde était à l’arrêt, Bat (chant et basse), Alx (guitare) et Flo, tous trois ex-membres de Bigsure, chacun ayant flirté avec d’autres formations, décident de s’unir au sein de ce trio rock qui brasse diverses influences, allant du fuzz au metal, passant par la fusion, le disco même, avec un esprit de liberté sans pareil. Galak 51, leur premier album au nom doux comme une tablette de chocolat trempé dans une légendaire boisson anisée, le tout embarqué à bord d’un vaisseau spatial mythologique (références pour les plus expérimentés d’entre nous?), propose sept titres qui font ici remuer le popotin, là agiter les crinières. Une variété d’univers sonores chère à des formations comme Red Hot Chili Peppers, Primus, voire Foo Fighters. Pas les moindres des références, même si on peut reprocher un chant anglais version Mr Patatdanlabouch. Ceci mis à part, Galak 51 est empli de groove, de feeling, de ces moments qui ne laissent pas indifférent. Garage dans l’esprit, rock dans l’âme, foncièrement libre, Les Hommes Crabes pourraient bien marcher droit rapidement.

Séance de rattrapage: FURY ROAD

France, Rock (M&O, 2025)

Tu aimes les grosses bagnoles qui volent, les séries B des années 80 type Starsky et Hutch ou Sherif, fais moi peur? Tu aimes aussi les guitares simples aux riffs efficaces, la bottleneck, un peu de country? Alors le premier album de Fury Road est fait pour toi! Pas la peine de se prendre la tête ici, les mélodies sont accrocheuses et le paroles souvent assez limitées (« Welcome to Fury road » répété à l’envi sur le morceau titre, tout comme « Jimmy, what can I do?« , sur Jimmy, « Charly’s gone to heaven » sur Charly… pas forcément besoin de prompteur pour s’en souvenir…) On parle ici de bagnoles, d’amitié, de musique. Les 9 titres présentent chacun des inspirations différentes qui vont des Stones aux Grateful Dead et toute la période post hippy américaine, passant par des influences plus modernes, Jack White n’étant jamais loin. L’ensemble est fun et se laisse écouter sans prise de tête. Sans jamais chercher à se démarquer, Fury Road nous propose un premier album des plus sympathiques qui nous entraine sur les highways d’outre-Atlantique.

GRANDMA’S ASHES: Bruxism

France, Rock (Verycords, 2025)

Deux ans après This too shall pass, leur premier album paru en 2023 qui proposait un rock heavy aux influences stoner, après, aussi, s’être confrontées à diverses scènes françaises et européennes, les parisiennes de Grandma’s Ashes ont trouvé refuge chez Verycords et sortent aujourd’hui Bruxism. L’album propose une dizaine de titres d’un rock moins lourd, ou différemment, et sans doute plus bigarré que précédemment. Il faut certes un peu plus de temps pour s’approprier ces nouvelles compositions, des compos qui reflètent une certaine forme d’angoisse en cherchant à atténuer la violence de la vie quotidienne. On retrouve tout au long Empty house, Flesh cage et autres Neutral life, neutral death des traces de grunge, de new/cold wave et ce chant modulé, tout en délicate souffrance d’Eva Hägen (chant et basse), soutenue par la guitare, à la fois fine et rageuse, de Myriam El Moumni et la batterie d’Edith Seguier. Les filles ont des choses à dire et les défendent sur scène avec une tournée entamée le 4 octobre, qui prendra fin le 28 mars à L’Élysée Montmartre de Paris.

ICELAND: Legacy

France, Thrash (Autoproduction, 2025)

Il y un peu plus de deux ans, nous avions pu (re) découvrir Iceland, groupe de thrash parisien qui avait eu la bonne idée de réenregistrer son unique album dont la sortie originelle remontait à… 1995. L’accueil reçu par chacune de ces version fut tel que Iceland remet aujourd’hui le couvert avec Legacy. Les membres originaux, Phil (chant et guitare), Ziak (guitare) et Bernard (basse), s’adjoignent les services d’Antoine (batterie) et de Stoblaz (claviers) et nous proposent un trop court Ep de 6 titres. Court, certes, mais ça dépote sévèrement! Tout, du morceau titre au bien nommé Psychotic mind est une invitation brutale (obligation forcée?) à headbanguer et taper du pied. Impossible de ne pas se laisser prendre par la rugosité old school de Soul eater ou Escape – tiens, ca me rappelle un certain Metallica. Pas étonnant qu’on retrouve partout des riffs gras à la Mets, des rythmiques explosives et des ambiances franches du collier qui évoquent cet incontournable esprit né dans la Bay area au début des années 80 avec un son très moderne, généreux en diable. Il n’y a ici pas un instant de répit, mais un regard sur notre société, tant d’un point de vue écologique (en passant par la pochette) qu’humain (God’s world) ou politique (Bad power). Vous l’aurez compris, les amateurs de thrash et d’énergie peuvent sauter les yeux fermer sur Legacy, un, je l’espère, futur classique du genre – en tout cas, français.