Interview: WITHIN TEMPTATION

Interview WITHIN TEMPTATION. Entretien avec Rudd Jolie (guitare) et Martin  Spierenburg (claviers). Propos recueillis à Pantin le 15 novembre 2018

Initialement prévue le 14 décembre 2018, ce n’est qu’à l’issue de cette interview que nous apprenons que la date de sortie de Resist était repoussée au 1er février 2019. Cela ne change rien au plaisir de cette interview avec des musiciens qui en présenteront quelques extraits le lendemain, au Zénith de Paris.

 

Metal-Eyes : 4 ans après sa sortie, quel regard portez-vous sur Hydra, votre précédent album ?

Rudd : Je l’aime encore beaucoup, vraiment. En fait, lorsque The reckoning est sorti, le nouveau single, j’ai lu certains commentaires de gens qui disaient… J’ai lu beaucoup de choses négatives au sujet de Hydra, de nombreux fans qui semblaient ne pas l’apprécier, mais il reste un album encore très fun, parce que très orienté guitares. Et d’un point de vue purement égocentré, c’est toujours plus fun pour un guitariste quand un album est orienté guitares, soyons réalistes ! Toute cette période était plaisante, la tournée, tout…

Martin : Pour moi, c’est pareil…

Metal-Eyes : En tant que guitariste ? D’accord… (rire général)

Martin : Oui ! Mais en tant que claviériste, c’est pareil, en fait ! Ce fut un travail très intéressant à fournir, et il y a des choses incroyables. Par exemple, notre collaboration avec Exhibit, ce qui est assez inhabituel quand tu réalises à un album metal. Il y a eut des choses vraiment intéressantes que j’aime encore beaucoup.

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous l’évolution de Within Temptation entre Hydra et ce nouvel album, Resist, qui sort dans quelques jours ?

Rudd : C’est encore assez différent. Et c’est ce que nous cherchons à faire, proposer un album qui soit différent du précédent. J’ai toujours tendance à dire que nous ne sommes pas AC/DC, sans leur manquer  de respect parce que c’est ce qu’ils font, que je les adore et que c’est ce que leurs fans attendent. Personne ne peut  dire que ça n’a pas marché pour eux, ils ont pas mal de succès (rires). Nous sommes le genre de groupe qui aime tenter différentes choses, et par conséquent, tous nos albums sont différents. Ce nouvel album est peut-être un peu moins orienté guitares, bien que Stefan et moi avons approché l’enregistrement différemment : des guitares à 8 cordes, une accordée plus bas, des sons un peu moins agressifs. Des choses un peu inhabituelles pour cet instrument. C’est ma contribution en tant que guitariste dans l’évolution du groupe. Je ne compose pas, donc je ne peux parler de l’évolution musicale, mais du jeu et des arrangements de guitares. (A Martin) : je ne sais pas ce que tu en penses…

Martin : Je pense que faire un disque différent à chaque fois est la base, une règle pour des musiciens, ceux de Within Temptation, afin d’évoluer. C’est une des raisons qui font que notre groupe continue d’exister. Parce que, musicalement, nous avons un très large spectre, si je puis m’exprimer ainsi. Nous nous intéressons à plein de genres musicaux différents. Je suis sûr que le groupe existerait encore si nous faisions depuis 20 ans la même chose, mais… on s’ennuierait ! Je pense que nous avons besoin de cette variété pour continuer de tourner, de nous amuser. C’est aussi un moyen, quand on sort des écrans radars et que nous faisons notre truc, de revenir, de retrouver de l’inspiration, de l’énergie.

Metal-Eyes : Ce qui se produit avec vous tous les 4 ans environ, comme un cycle…

Martin : Oui, absolument. Autrement, je pense que le groupe ne serait plus là.

Rudd : Ou alors, nous aurions perdu certains membres…

Metal-Eyes : J’ai écouté une partie de Resist qui n’est pas encore sorti. Alors que pourriez-vous en dire afin que les fans se précipitent pour l’acheter à sa sortie ?

Rudd : C’est un nouveau chapitre de Within Temptation. Je crois que c’est la chose la plus importante car, bien sûr, il y a de nouvelles choses musicalement, mais c’est toujours le cas. Donc, oui, c’est un nouveau chapitre.

Martin : Et je pense que c’est un album 50/50, en tout cas pour moi. Je peux toujours y penser objectivement, car il est encore assez neuf à mes yeux. Je crois que 5 chansons sont plus dans l’esprit de « l’ancien » Within Temptation, avec une approche un peu plus heavy, et les 5 autres sont plus fraiches…

Metal-Eyes : Poppy ?

Martin : Oui, « poppy »… J’ai toujours quelques appréhensions à utiliser ce mot dans la communauté metal, mais je pense que cela plaira à un large groupe de nouveau auditeurs, une large foule.

Metal-Eyes : Il semble que les textes restent proches de l’actualité. Certains titres parlent d’eux-mêmes, comme Endless war ou Mad world, mais il reste également une large place à l’optimisme, au positivisme. De quoi traite cet album ?

Rudd : Alors, tout d’abord, que ce soit clair : nous n’avons pas pris part à l’écriture des textes. C’est en général Sharon et Robert qui s’en chargent. Mais je pense que ce qui est sympa avec les textes, c’est qu’il y a souvent différentes interprétations possibles. Chacun peut y voir un message différent. Bien sûr, il y a certaines choses qui sont claires, mais… Tu sais, personnellement, je ne m’informe pas : je ne lis pas les journaux, je ne regarde pas la télé, je fais en sorte de rester aussi éloigné des infos que possible, parce qu’aujourd’hui, la manière dont sont présentées les infos rendent les choses très tristes… Tout est fait pour attirer l’auditeur, le lecteur, et les choses sont plus « sensationnelles » qu’humaines. Il y a 3 ou 4 ans, en prenant mon petit-déjeuner, je me suis rendu-compte, avant de terminé que je me sentait déjà déprimé, même si le mot est un peu fort, de toute cette merde qui nous entoure. Tu sais, c’est terrible qu’il y ait un tsunami quelque part, mais je ne peux rien y faire. Peut-être donner de l’argent, qui ne fini de toute façon pas là où il devrait se trouver… Un crash d’avion… Je ne peux rien y faire, même si c’est terrible. Je me sens simplement mal toute la journée, alors… Fuck it !

Metal-Eyes : Tu parles-là d’accidents, nous pourrions aussi évoquer les actes humains, les guerres, l’économie, la violence…

Rudd : C’est vrai… C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je ne peux rien y faire… Je m’intéresse à la politique au moment des élections, parce que je sais qu’à ce moment je peux m’exprimer. Autrement, je ne veux rien savoir. Parfois, je me sens vraiment stupide quand j’entends les autres parler de ceci et cela. « Hein ? Non, j’en sais rien. De quoi tu parles ? » (rires) Mais au moins, j’ai fait un vrai travail sur moi.

Martin : Nous réalisons de pus en plus que les médias sont comme une loupe : ils ont accès aux informations et ils décident où placer la loupe, quoi nous dire… Un crash d’avion ou un millier de personnes tuées en Afrique, qu’est-ce qui est le plus important ? Quelles sont les vraies informations ?

Metal-Eyes : Ils ont le pouvoir de…

Rudd : Oui, de me faire savoir ce qu’ils veulent, et de me cacher le reste. Je déteste ça de plus en plus !

Metal-Eyes : Il semble que sur The reckoning il y ait des trompettes, il y a des inspiration amérindiennes sur Firelight. Y a-t-il une signification particulière ? Car les trompettes peuvent être interprétées comme celles de l’Archange Gabriel, l’apocalypse, tandis que l’inspiration indienne apporte beaucoup de lumière…

Rudd : Oh ! Je n’avais pas pensé à ça ! Une approche très intéressante…

Martin : Oui, mais je ne pense pas que ce fut l’idée au départ, cette approche.

Rudd : La chanson Firelight est en fait un reste du projet solo de Sharon, mais ne convenait pas à son album. En revanche, je trouve qu’elle colle parfaitement à Resist

Metal-Eyes : Vous allez de nouveau jouer au Zénith demain soir (le 11 novembre 2018). L’album n’est pas encore sorti, mais vous allez le présenter au public. Combien de chansons allez-vous en jouer ?

Rudd : 5.

Metal-Eyes : Vous allez les tester, voire en changer, en fonction des réactions du public ?

Martin : Non, elles font partie de la setlist régulière.

Rudd : On en a répétées 6, mais une, je ne sais plus pourquoi, a été mise de côté. Sur Firelight, nous avons un invité, qui vit en Belgique. Alors nous la jouerons probablement là-bas exclusivement. Mais les 5 autres font partie du set.

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’une chanson de Resist pour exprimer ce qu’est aujourd’hui Within Temptation, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Martin : Pour moi, ce serait The reckoning, pour la puissance qu’à toujours développé Within Temptation. Elle est puissante mais aussi plus directe, il y a moins de choses, elle va droit au but.

Rudd : Je suis d’accord, et c’est le titre d’ouverture. C’est une chanson très heavy, ce qui est dû aux guitares très graves. Un morceau explosif qui, en plus, fonctionne super bien sur scène.

Martin : Et ce rythme de batterie : simple et direct. Quelque chose de très simple mais les gens savent ce qu’ils vont avoir. C’est une chanson puissante, avec la voix de Sharon… C’est une bonne représentation de cet album et de ce qu’est aujourd’hui Within Temptation.

Metal-Eyes : Vous avez-joué à Paris à plusieurs reprises. Quel est votre salle préférée ? Vious avez joué à La Locomotive, Le Zénith, l’Elysée Montmartre, et aussi en ouverture d’Iron Maiden au Parc des Princes

Les deux : ah, oui, oui, oui !

Metal-Eyes : Des lieux différents, avec différentes capacités. Lequel a vos faveurs ?

Rudd : Je préfère le Zénith. Je trouve que ce type de salle, 6.000 personnes, est parfait pour nous. Nous pouvons offrir un gros show, très visuel, et pour le public, ce n’est pas trop gros. Si on joue dans un stade et que tu es assis au fond, tu vois ce petites figurines… (rires)

Metal-Eyes : Ou tu regardes les écrans…

Rudd : Oui, aussi, mais dans ce cas, reste chez toi, et regarde un DVD…

Martin : Je me souviens au Parc des Princes, j’ai eu le sentiment, alors que nous étions sur scène, que les gens à l’autre bout étaient ailleurs, à une fête foraine… Qu’ils s’intéressaient à autre chose que ce qu’il se passait sur scène. Comme un festival. Une salle de 6.000 personnes conserve cette intimité avec le public. Tu construis quelque chose avec les gens. Maintenant, je crois que ma salle préférée a été La Locomotive, petite, mais surtout parce que c’était la première fois, très excitant ! Première tournée en France, avec un bus qui avait fait le Paris-Dakar, que nous avons pu louer pour pas grand-chose. C’était super ! C’était la minute « retour dans le passé » !

Metal-Eyes : Un peu de nostalgie…

Rudd : Qu’en est-il de l’Elysée Montmartre ? Il a été détruit dans un incendie ?

Metal-Eyes : Oui, et il a réouvert il y a environ deux ans.

Rudd : Dans le même esprit ?

Metal-Eyes : Le même, la même architecture, rénovée, et le tout plus blanc et propre.

Rudd : J’ai parlé du Zénith, mais l’Elysée Montmartre est très chouette aussi. On y a joué, quoi ? 2 ou 3 fois, je crois…

Metal-Eyes : Maintenant, quel est l’endroit du monde où vous n’avez pas aimé joué, où vous ne retourneriez pour rien au monde ?

Rudd : Avec Within Temptation ou peu importe le groupe ?

Metal-Eyes : Peu importe, mais là où même avec une formation telle que la votre vous diriez « non ! » même si on vous payait…

Rudd : Alors… Je joue parfois avec un groupe acoustique Tribute à Iron Maiden qui s’appelle Maiden United, un de mes autres projets. J’ai joué dans un endroit qui s’appelle De Virlichte Geest à Roeselvare, en Belgique (NdMP : il le prononce avec un accent incompréhensible, je le regarde avec des yeux ronds…)

Metal-Eyes : OK, pourquoi j’ai posé cette question ? (rire général)

Rudd : Ah, ah ! Je te l’écrirais après ! Il y avait des fuites dans les loges, des trous dans les murs, il nous a fallu mettre un chauffage électrique… C’était pourri, sale, une vraie merde ! Tu sais, on ne peut pas faire grand-chose pour de vieux endroits, mais un endroit sale peut être nettoyé, tu vois… Il aurait suffit de deux ou trois personnes et d’un après-midi pour rendre cet endroit bien mieux, mais ils n’ont rien fait. Et je pense que c’est un vrai manque de respect. Jamais plus je n’y mettrais les pieds, jamais…

Martin : Avec Within Temptation, il y a eut un festival, je ne sais plus lequel, il n’y avait pas de loges pour les artistes. On a dû se changer derrière les arbres…

Rudd : Quoi ? J’étais là ?

Martin : Oui, je crois que tu étais là… Même Sharon, je me souviens de Robert qui tenait une grande serviette devant elle. Pas de loges ! Et la nourriture… On nous a remis des coupons pour la nourriture et on n’a eut droit qu’à du pain blanc ! Pas de boisson, rien du tout…

Rudd : Je crois que je m’en souviens, oui…

Metal-Eyes : Vous avez parlé de festival, y a t-il déjà des festivals prévus pour 2019 ?

Rudd : Oui, certains. On aura la tête d’affiche du Grasspop, il y a Wacken qui a été confirmé. On travaille sur quelques autres mais, honnêtement, je ne suis pas certains de ceux qui ont été confirmé. Il y en a mais certains n’ont pas encore été annoncés, alors nous ne pouvons rien en dire…

Metal-Eyes : J’aurai essayé…

Rudd : Mais c’est raté ! (rire général)

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Within Temptation pour 2019

Martin (sans hésiter) : Resist !

Rudd : Oui, « resist ! »

Metal-Eyes : Facile, c’est le titre de votre nouvel album…

Rudd : Euh… On approche de l’hiver, et je cite toujours Frank Zappa : « regarde où vont les huskies », où se trouve la neige… Mais ça ne fait aucun sens non plus (rires) !

Martin : C’est une question difficile…

Metal-Eyes : J’aime bien poser des questions difficiles…

Rudd : Et tu te débrouilles bien ! « Aime ton voisin » ? Non… Je reste avec Resist !

Metal-Eyes : On en reparlera une prochaine fois alors. Terminons avec ceci : quelle a été, jusqu’à présent, la meilleure question qu’on vous a posée, la plus étonnante ?

Rudd : « Quelle pourrait être la devise de Within Temptation » ! (rires)

Metal-Eyes : Tu sais quoi ? Mes prochaines interviews, je vais inverser ces questions !

Rudd : Non, sérieusement, j’ai bien aimé ta vision des trompettes de l’archange Gabriel. Ce n’est comme ça que je voyais les choses… Peut être que c’est ce que Daniel, le producteur avait en tête… Ou c’est toi qui y a pensé dans les arrangements ?

Martin : Je ne sais plus… Je fais tellement attention aux détails, je ne sais plus forcément qui a eu quelle idée. Peut être que j’ai posé ces trompettes, je ne sais plus.

Rudd : Pareil avec les guitares, on rajoute des choses, mais je ne sais plus…

Metal-Eyes : Il s’agit de toute façon d’un effort collectif.

Rudd : Absolument, nous faisons les choses ensemble.

Metal-Eyes : Merci à tous les deux pour cette interview, et bonne chance pour votre show de demain. Vous savez comment vous allez occuper votre soirée ?

Rudd : Peut-être que je vais faire un tour… On est où dans Paris ?

Metal-Eyes : Paris est juste de l’autre côté du pont. On voit le Zénith d’ici…

Rudd : Ah oui ? (Je lui montre par la fenêtre) On n’est même pas dans Paris ? Ben… Je crois que je vais rester ici et récupérer un peu de sommeil, alors…

Martin : Moi aussi, je n’ai pas bien dormi la nuit dernière, alors, un peu de repos fera du bien. En plus, il a fallu qu’on se lève au milieu de la nuit pour le contrôle de passeport en Angleterre… un bon dîner à l’hôtel et une bonne nuit !

 

PUPPY: The goat

Hard rock, Royaume-Uni (Spinefarm, 2019) – sortie le 29 janvier

C’est sympa de débuter l’année avec un album aussi cool que The goat de Puppy. Déjà, porter pour patronyme le nom de « chiot » c’est tout mignon, en plus proposer une pochette rose, ça pose l’ambiance. Ok, celle-ci est agrémentée de bougies noires et d’un crane parmi d’autres objets, mais c’est cool. Tout autant que le contenu musical qui pioche autant dans le heavy traditionnel, lourd, gras et saturé de Black Sabbath, que dans celui plus moderne et chantant d’un Ghost, par exemple, en passant par une certaine idée du psychédélisme des 70’s. Les 44 minutes que durent ces 12 morceaux passent à une vitesse folle, Puppy nous entraînant avec une déconcertante facilité dans son univers. D’accord, Black hole, And so I burn, Bathe in blood ne réinventent pas la machine à courber les bananes mais il y a tant de plaisirs simples qu’on ne peut s’empêcher de trépigner, de chantonner et de suivre le mouvement. The goat est un vrai bon moment qui, si ça continue, annonce une belle année bien rock et roots. Bravo!

VOLBEAT: Let’s boogie!

Hard rock, Danemark (Vertigo, 2019) – sorti le 14 décembre 2018

Ça, c’est le cadeau de fin d’année que les fans de Michael Poulsen attendaient avec impatience! Non content de donner un des plus gros shows que le Danemark ait connu, ou plutôt « le plus gros show jamais donné à domicile par un groupe danois » (48.250 spectateurs, dans un pays de moins de 6 millions d’habitants!), Volbeat nous offre Let’s boogie! (Live from Telia Parken), un luxueux double album live bourré de classiques du groupe et bien plus encore! Jugez-en sur pièce: 26 chansons, des invités en-veux-tu (parmi lesquels on notera la présence de Mille Petrozza, Johan Olsen, Danko Jones ou encore le compatriote Lars Ulrich). Je ne peux, pour le moment, que vous présenter la version CD de ce concert. Énorme, de bout en bout. Le son est énorme, la setlist au poil, les interventions parfaites… Volbeat nous présente là une machine parfaitement bien huilé, un monstre d’efficacité aux compositions puissantes, entraînantes et populaires, dans le meilleur sens du terme. Poulsen est à l’aise, et s’amuse. « A partir de maintenant, je vais passer à l’anglais. Parce que tous les Danois parlent anglais. Mais personne d’autre ne parle danois »; tu parles! Il est chez lui, et mélange les langues, ce qui apporte un charme supplémentaire. On aimerait voir les images du public lorsque le guitariste chanteur lance, à la fin de Fallen « qui sera le meilleur crowdsurfer ce soir? Il gagne une guitare Volbeat… Je crois que nous avons un gagnant! »Ou, plein d’émotion en introduction de Goodbye forever, avec frisson garanti en bout de course… De la tendresse aussi, lorsqu’il parle de son bébé né 3 mois avant, pour introduire For Evygt. Un peu provocateur aussi envers la famille royale lorsqu’il accueille pour 2 chansons, Lars Ulrich, « le véritable prince du Danemark ». La famille princière assistait-elle au show? Ce double live est simplement un témoignage indispensable, une superbe réussite d’un groupe unique dont on n’attend que 2 choses: un nouvel album – un nouveau morceau prometteur, The everlasting, est présenté – et un passage sérieux dans l’hexagone… Reste à voir ce concert en image pour profiter de toute la pyrotechnie qu’on entend. Merci, tout simplement.

HIGH ON FIRE: Electric messiah

Heavy metal, USA (SPV, 2018)

Rugueux, sale, franc du collier… Electric messiah, le nouvel album des Américains de High On Fire, frappe fort. La voix enfumée de Matt Pike fait de ce huitième album (eh, oui! le groupe s’est formé à Oakland, en Californie, en 1998) un condensé de lourdeur et de brutalité contenues. Proche de ‘esprit enfumé et stoner, les 9 titres de ce disques entraînent l’auditeur dans un univers électrique et presque oppressant. « Presque » parce que l’envie de taper du pied est omni présente. C’est la grande force des Spew from the earth, Sanctionned annihilation et autres God of the godless (réfléchissons un instant au sens profond de ce titre, voulez-vous?). Direct et brutal, cet album, sorti en octobre 2018, ne fera pas passer High On Fire au statut de valeur sure, mais le confirme parmi les challengers les plus sérieux et déterminés du genre qu’on espère vraiment voire franchir un pallier. Metal up!

TORQUE

Thrash, USA (Mascot, 2019réédition de l’album de 1996)

Initialement formé en 1994 par Phil Demmel, ex-Vio-lence et Machine Head, qui se lance dans ce projet crade, direct, engagé et enragé nommé Torque. Phil, pour la première fois, s’attribue le mérite du chant lead, sale comme savaient le faire les premiers punk anglais: il éructe et dégueule son propos plus qu’il n’y cherche de la finesse. En cela, on retrouve des traces des Pistols qui ont aussi influencé Pantera. Musicalement, le thrash de la Bay area de Slayer, Exodus et Metallica est omni-présent. Les guitares de Ray Vegas charcutent, la basse de Deen Dell et la batterie de Mark Hernandez pilonnent sans répit et l’ensemble de ces 11 morceaux sont simplement sans pitié. A l’image de cette pochette, inquiétante, oppressante et répressive, rien, de H.L.S. à Breed, en passant par Nothing, Dead you lay ou Forgotten ne laisse de répit, pas même le lourd et oppressant Shhoter. Mascot ressort cet unique album en CD ainsi que dans une version vinyle rouge limitée à 1.000 exemplaires. Brutal et sanglant!

 

RESTLESS: la webradio fait sa rentrée!

Il y a des nouvelles qui font du bien, et la rentrée radiophonique de RSTLSS, webradio tenue par des passionnés (et aussi amis que j’embrasse), en fait partie. C’est la raison pour laquelle Metal-Eyes reproduit intégralement le communiqué récemment reçu. Maintenant, connectez-vous, il y en pour tous les goûts!

 

La webradio RSTLSS fait sa rentrée et met les bouchées doubles !
Les fêtes sont passées, il est l’heure pour RSTLSS de vous souhaiter la bonne année et de reprendre du service !
Toujours plus de contenu pour les fans d’Alternative Rock pour cette rentrée avec : l’arrivée de Marie et de ses interviews, Sacha qui confirme sa place de dénicheur de talents Rock français et un tout nouveau site web à venir pour accéder à nos podcasts.
Découvrez vite le programme de nos émissions pour la rentrée :
SACHA : tous les Mercredis de 13h à 14h
Ses découvertes françaises teintées d’une écriture pleine d’humour.
DIG THAT GROOVE BABY – tous les Mercredis de 22h à 23h
L’homme le plus sexy du rock expose et débat la folie du rock : du classique et de l’indé, du génie et de la folie.
PIERRE : du Mardi au Vendredi de 17h à 19h
News, nouveautés et conneries au programme !
LA PARENTHÈSE by Bea, Noam ou Autist’Reading : tous les Vendredis à 23h
Un animateur, un thème, totale liberté : Bea et les sons d’Afrique, Noam et l’électro, Autist’Reading et le mélange à la perfection de tous ses kifs.
THE ROCK SHOW by Mike Rock : tous les Samedis à 22h
Tu danses, tu t’éclates, tu kiffes, tu te lâches !
LE LIVE RSTLSS : tous les Dimanches à 10h
Un live tout en douceur (ou non) pour se remettre des émotions de la veille.
UNDER THE INFLUENCE : tous les Dimanches à 16h
De l’émotion, du rock et des anecdotes du chanteur d’Electric Pyramid.
PINK INSIDE by Marie : tous les Dimanches de 18h à 20h
Marie rentre au fond des choses avec des interviews, des découvertes et des licornes princesses.

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HELLIXXIR: A dull light around

Trash/Black Metal, France (Music records, 2018)

Quel étrange parcours que celui d’Hellixxir… Formé à Grenoble en 2001, le groupe propose d’abord un heavy metal tendance extrême avec un premier album, War within en 2007, avant que le sort ne vienne frapper sa trajectoire en enlevant son bassiste chanteur, Camille Marquet en 2011. Le groupe lui rend un superbe hommage en terminant tant bien que mal Corrupted Harmony qui parait cette même année. Le groupe flirte alors ouvertement avec les ambiances sombres et extrêmes et dégote un nouveau chanteur – hurleur serait plus approprié, en la personne d’Alexandre qui amène Hellixxir aux limites du black metal. A dull light around, qui présente aujourd’hui les capacité vocales du nouveau venu (ainsi que celels de Baptiste, qui tient la basse) est un disque étonnant qui présente aussi bien certains morceaux live chantés par Alexandre – brutaux – et d’autres live ou studio chantés par Camille ou d’autres vocalistes (Arnaud Loubry, Julien Turnoud). Ces 10 titres s’étalent sur une période allant de 2003 à 2017, et l’on ne peut que constater l’évolution. Annonciateur d’un nouvel album studio, le trio d’ouverture – Blood writings, XXX et Birth of the evil – donnent clairement le ton: Hellixxir n’est plus un groupe de Heavy thrash, mais bien un nouveau venu sur la scène Black metal, et son avenir se situe dans ces trois morceaux. A suivre pour les amateurs du genre, le autres, dont je fais partie, se contenteront de headbanger au gré des autres titres de ce disque mi-compilation historique, mi-présentation d’une nouvelle facette. A suivre très prochainement!

EMBRYONIC CELLS: Horizon

France, Black metal mélodique (Apathia, 2018)

Certains le savent: je n’ai jamais été amateur de Black metal. Loin de moi, donc, l’idée de prétendre connaître Embryonic Cells qui, pourtant, sort son quatrième album. Mais le thème de ce disque me touche. Et devrait tous nous toucher, nous émouvoir. Horizon traite de tous ces « migrants » – qui naguère étaient nommés, venant d’autres terres mais vivant les mêmes drames, des « boat people ». Pas que je sois pour ou contre, mais ne vivons nous pas une époque d’une effroyable inhumanité qui pousse certains à fuir et tenter de connaitre un semblant d’espoir ailleurs? Et si les rôles étaient inversés? Alors toute action visant à dénoncer l’horreur de la fuite de ses terres, de sa patrie, de ses racines mérite d’être soutenue. Et c’est ce que fait Embryonic Cells, sur fond de 8 titres à la fois violents et mélodiques. Le chant mis à part – typique du Black et, parfois, du Death – cet album propose des ambiances ici lourdes et oppressantes (To horizon), là plus légères et mélancolique (le break de Carved in my skin, l’intro de Horizon…) . Chaque instrument est parfaitement utilisé et mis en avant pour un résultat réussi. Je ne parlerai pas de référence ou d’influence – j’en laisse le soin aux spécialistes du genre – mais nombre de passages incitent au headbanging (Never let you fall, To horizon). Embryonic Cells signe ici une oeuvre variée, sérieuse et remarquable (et cette pochette, lourde de sens…). On retrouvera avec une curiosité non feinte le groupe au Hellfest 2019 sous Altar le dimanche 23 juin à 10h30. Mais avant… Cette chronique est publiée en ce 2 janvier 2019 comme un voeu, celui que notre monde redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être: humain.

Interview: YANN ARMELLINO & EL BUTCHO

Interview Yann ARMELLINO & El BUTCHO. Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 11 décembre 2018

Metal-Eyes : Commençons par faire un rapide retour sur le passé : Better way est sorti il y a maintenant deux ans. Quel regard portes-tu avec du recul sur ce premier album ?

Yann Armellino : Ouh là… ça c’est une question qu’on ne m’avait pas encore posée… Il faut que je réfléchisse un peu… Quel regard ? Better way, c’était le début d’un truc avec Butcho. La genèse de cet album, les compositions, ça s’est fait d’une manière différente, parce que j’avais déjà pas mal d’idées. Je les ai envoyées à Butcho, il a posé ses voix dessus. Il y avait moins d’échanges, moins d’affinités, alors qu’avec ce nouvel album, on a beaucoup plus échangé et travaillé ensemble. Ça, déjà, c’est la grosse différence. Après, le regard que j’en ai c’est surtout que ça nous a permis de faire quelques dates sympathiques, des showcases, et continuer à faire des choses un peu différentes. De sortir un peu de ce carcan de guitariste.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous revenez avec 17. Est-ce que le titre a un rapport avec l’adolecence et les nombreux « teenage » qu’on peut entendre sur le premier titre, Mr Wish ?(Après ré-écoute du titre et lecture des textes, Butcho ne chante que « tonight, tonight »…)

Yann Armellino : Non. Alors, non, pas du tout.

Metal-Eyes : Alors quel est le mystère qu’il cache ? J’ai lu quelque part que c’est en rapport avec le nombre d’albums que vous avez enregistrés…

Yann Armellino : Oui, c’est ça ! En fait, il n’y avait pas un titre générique qu’on pouvait extraire pour appeler cet album. D’habitude, c’est plus facile. Better way, c’était plus facile, c’était le premier titre et on l’a tout de suite vu comme tel. On a eu l’idée, ou plutôt, je crois, j’ai eu l’idée. J’ai demandé à Butcho combien d’albums il avait fait, et moi aussi. On n’a compté Better way qu’une fois, sinon on l’aurait appelé 18 (rires). Je trouvais ça rigolo.

Metal-Eyes : Ca évoque aussi les hard américain des 80’s qui parlait beaucoup de jeunesse, et de jeunes filles. Comme Winger avec son titre, Seventeen. Tu nous as dit que vous aviez plus travaillé ensemble. Musicalement, comment analyses-tu votre évolution entre ces deux disques ?

Yann Armellino : J’ai pas pour habitude d’analyser et de regarder trop dans le rétro… Je vais u  peu où le vent me porte. Difficile de répondre à ça… Il y a des choses… Tout est perfectible, mais a un moment, il faut figer les choses, sinon…

Metal-Eyes : Avez-vous changé votre méthode de travail. La dernière fois que nous avions parlé, vous disiez avoir travaillé à distance, échangé des fichiers. Vous avez modifié les choses ?

Yann Armellino : Oui, là on s’est beaucoup plus vus. On a fait des séances de travail ensemble. Du coup, vu qu’on a beaucoup plus composé ensemble, j’espère que ça se ressent. Là, ça peut marquer une vraie évolution, parce qu’il y a plus de travail en commun, plus d’échanges, d’idées, un jeu de ping pong. Suite à ces séances de travail, j’avais un refrain, un couplet, et je me débrouillais pour en faire un titre. C’est vrai que c’est quelque chose qu’on ne faisait pas sur le premier album. Il y a des idées qui sont parties en studio de répétitions, un riff… Et puis Butcho a cette capacité à très vite poser des mélodies sur un riff… Tu sais, il est assez étonnant là-dessus. C’est le roi des mash up : tu lui demandes de faire Hot fot teacher de Van Halen sur Beat it de Michael Jackson, il te le fait. Ça vient comme ça, en fait, c’est assez naturel. Du coup, ça facilite le fait de pouvoir composer ensemble.

Metal-Eyes : Une question qui peut vous concerner tous les deux : au niveau des textes, y a-t-il des thèmes que vous souhaitez aborder, et d’autres que vous préférez éviter ?

Yann Armellino : Alors, là… Ben le voilà qui arrive, ça tombe bien. Il va pouvoir répondre. On parlait de tes textes !

Metal-Eyes : Je vais, juste avant,  revenir un peu en arrière et te poser la question précédente : comment analyses-tu l’évolution de votre collaboration entre vos deux albums ? 

El Butcho : … J’ai aucun mot pour ça ! (il rit) Non, l’évolution elle est vraiment cool, c’est un vrai partage. C’est une émulation entre lui et moi, ses riffs de guitare m’inspirent, je fais un truc par-dessus, un couplet, il enchaine…

Metal-Eyes : Yann me disait aussi que vous avez beaucoup plus travaillé ensemble.

Yann Armellino : Je disais aussi que tu poses des mélodies et des textes très rapidement quand je balance u  riff. Ce qui est très agréable pour un musicien.

El Butcho : Ce qui est important, c’est la ligne de chant. Dès que la ligne de chant est prête, c’est bon. Après, je m’occupe du texte à part, dans mon coin, mais il faut que je sois d’accord avec Yann sur la ligne de chant. Souvent, ça commence par le refrain.

Metal-Eyes : Au niveau des textes, j’ai l’impression qu’il y a deux lignes directrices…

El Butcho : Oui, lesquelles ?

Metal-Eyes : Une, personnelle, avec de l’introspection, beaucoup de sentiment, de sentimentalisme, d’amour aussi, et l’autre qui pose un regard sur notre monde, un regard un peu dépité.

El Butcho : Ben, ça se voit que tu as analysé mes textes, c’est exactement ça. Introspection, voyage interne et une invitation au voyage aussi, de liberté aussi, comme dans le titre Under my skin. C’est pour ça qu’on a fait la lyrics video où tu ne vois que des routes. C’est vraiment l’esprit voyage, à travers les Etats-Unis ou ailleurs, parce que c’est une musique qui se prête à ce genre de truc. Tu mets ça dans ta Chevrolet et tu fonces…

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes que tu souhaites ne pas aborder ?

El Butcho : Oui, tout ce qui est politique. Je garde ça pour moi, c’est des choses qui n’interessent personne, on s’en fout…

Metal-Eyes * : Est-ce qu’il y a des choses que tu ne sais pas écrire ?

Yann Armellino : En fait c’est pas ça. C’est la musique qui m’inspire, et pas la politique.

Metal-Eyes *: Tu t’inspires de ton expérience, d’accord, mais est-ce que tu pourrais aussi parler de la nature, de rencontres de voyages. Des choses autres que ton expérience ?

El Butcho : Bien sûr, et je l’ai fait sur le premier album : je racontais des histoires pas personnelles. Celui-ci est plus personnel.

Metal-Eyes : Ce que j’ai apprécié sur le disque, c’est ce mariage entre les guitares très aériennes à la « guitariste instrumental » avec ce chant typé hard rock 80’s. Avez-vous décidé d’une manière de composer spécifique ou de vous laisser inspirer par ce qui arrive ?

Yann Armellino : On a décidé en fait de rien du tout ! On ne se dit pas qu’on va composer à la manière de untel ou untel, on n’a pas de cahier des charges défini.

Metal-Eyes : Donc si ça vous plait à tous les deux, hop, ça part !

El Butcho : Oui, et c’est pour ça que c’était bien qu’on se retrouve toi et moi, guitare acoustique, voix. C’est primordial.

Metal-Eyes : Et vous avez eu un mot à dire l’un et l’autre au sujet de votre travail respectif ou êtes-vous plutôt d’accord ?

Yann Armellino : On est souvent d’accord, et quand on ne l’est pas, on se le dit.

El Butcho : On a changé quelques petites choses parce que moi, j’étais pas content avec ça…

Yann Armellino : Il y a pas mal de titres qui ne se sont pas retrouvés sur l’album parce que…

El Butcho : …avec du recul on s’est dit qu’on n’aimait pas

Metal-Eyes : Un processus assez naturel, finalement. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un titre de 17 pour expliquer ce que vous êtes aujourd’hui, ce serait lequel ?

El Butcho : Moi, c’est le deuxième, Love ain’t easy to tame. Parce qu’il y a le côté nouveau, le côté sauvage, le côté liberté…

Yann Armellino : Moi aussi. Et il y a le côté blues, aussi. J’aime beaucoup ce titre.

El Butcho : Je pense que ça va être la transition, s’il y a un troisième album, entre celui-ci et le troisième.

Metal-Eyes : Pourquoi n’y en aurait-il pas ?

Yann Armellino : On verra… Déjà, en 2019, on va essayer de faire vivre celui-là et après, on verra.

Metal-Eyes : Un album, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets de ce côté ?

El Butcho : Sur scène… Malheureusement, ce n’est pas nous qui décidons. Si on s’écoutait, on donnerait des concerts tous les jours, voire deux ou trois… Mais ce sont les programmateurs des salles en France qui décident. C’est très difficile pour des groupes comme nous, en développement d’être programmés. Parce que les gens veulent la sécurité, des salles remplies, des artistes confirmés. Ils ne veulent plus du tout de groupes en développement…

Metal-Eyes : Il y a un risque financier derrière…

Yann Armellino : En même temps, il ne faut pas perdre de vue que c’est notre métier, on ne fait que de la musique…

El Butcho : Ouais, mais là, si je suis programmateur, je dis « OK, c’est bien, c’est votre métier, cool… Mais vous allez me remplir ma salle ou pas ? »  Alors on fait comment ?

Metal-Eyes : Donc, c’est les programmateurs qu’il faut séduire.

El Butcho : Pas qu’eux : le public aussi…

Metal-Eyes : Vous visez des salles de quelle capacité ?

El Butcho : Je dirai entre 200 et 400…

Yann Armellino : Oui, à peu près…

El Butcho : Même pas, pour l’instant…150 à 300. Mais ce n’est pas que les programmateurs, c’est le public aussi. Là… c’est un peu plus difficile. Les gens se réservent pour des gros évènements, de gros festivals…

Yann Armellino : C’est aussi lié au prix des places. Nous on n’a pas des tarifs chers, mais…

El Butcho : Mais même si on faisait des places à 2 €, je ne sais pas si les gens se déplaceraient. Tant que tu n’as pas un nom…

Yann Armellino : Quand les gens dépensent 80 ou 100 balles pour aller voir X ou Y à Bercy ou au Stade de France, ils y vont à 2 ou à 3. Taxi, repas, c’est une soirée à 500 balles alors après, ils ne vont pas dépenser, même si c’est un ticket à 15 €. Ils ne vont pas en faire des dizaines dans l’année.

Metal-Eyes : Même si on se trouve beaucoup plus près des musiciens, mais on connait le débat…

El Butcho : Et on ne va pas en faire une histoire, les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent. On ne va pas les forcer.

Metal-Eyes : Maintenant que vous vous connaissez mieux, que vous travaillez ensemble depuis quelques temps, on peut vous considérer comme un groupe à part entière. Alors, quelle pourrait être la devise de votre groupe ?

El Butcho : Mmhh… Euh… Never give up ! N’abandonnez pas.

Yann Armellino : Je signe. Ça me va !

Metal-Eyes : Vous êtes tous deux fans de guitare, de rock des années 70/80. Etes-vous allés voir Bohemian rhaps…

El Butcho : Bien sûr ! J’ai adoré. 2 fois ! 2 fois en une semaine !

Metal-Eyes : Et tu en as pensé quoi ?

El Butcho : Franchement, j’avoue : je ne connaissais pas trop Queen. J’y suis allé en tant que novice. Je connaissais comme tout le monde, We will rock you, We are the champions, et je me suis pris une grosse claque.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?

El Butcho : Tout ! Je ne connaissais pas son histoire. Les puristes doivent dire qu’il y a des erreurs, moi, je ne connais pas Queen…

Yann Armellino : A priori, il y a quand même des erreurs chronologiques…

El Butcho : Mais moi, j’ai rêvé pendant le film. 2 fois ! Ce que j’ai adoré, c’est le live à Wembley, au Live Aid. Du coup, en rentrant, je suis allé chercher ça sur internet, et le Live Aid, c’est le même. C’est la même chose !

Metal-Eyes : Oui, les images du groupe ont été ajoutées à celles originales du public…

El Butcho : Non ! (…) ça a été mis en…

Metal-Eyes : Oui, c’est un montage, avec les images d’origine.

El Butcho : Mais comment ils ont fait pour avoir cette qualité ? Image de ouf !

Metal-Eyes : On fait des choses magiques aujourd’hui…

El Butcho : Attends… je suis naïf ou quoi, là ?

Metal-Eyes : Oui ! (rire général)

El Butcho : Je pensais qu’ils avaient tout reconstitué au Live Aid…

Metal-Eyes : Va le voir une troisième fois : tu vois bien que ça a été monté.

El Butcho : Non mais, même si en 85 il y avait la vidéo, la qualité n’était pas pareille, c’est pas possible ! A l’époque, il n’y avait pas ça en caméra ! Ils ont reconstitué… Et là, vous dites que c’est des vraies images d’archives… C’est pas possible… A mon avis, ils ont reconstitué tout le Live Aid, avec les gens et tout, quoi…

Metal-Eyes : Pourquoi j’ai posé la question… Yann, tu l’as vu ?

Yann Armellino : Non. Pas d’avis, et je n’ai pas forcément envie d’aller le voir. Je ne suis pas très client des biopics, des nécros… Je le verrai peut-être, mais pas là.

El Butcho : L’acteur, il est génial ! J’en ai découvert un autre qui chante comme lui, Marc Martel. Tape ce nom sur internet…

Metal-Eyes : Je suis sûr que le premier qui sortira, c’est Charles Martel…Ceci dit, je te rejoins, j’ai aussi adoré. J’ai été bluffé, même si, en effet, le puristes disent qu’il y a des erreurs chronologiques. Une dernière chose : vous avez passé la journée en promo. Il y a encore quelques interviews à venir, mais, pour le moment, quelle a été la meilleure question qu’on vous ait posé, la plus surprenante, étonnante…

El Butcho : … Il n’y en a pas eu. Je n’ai pas été étonné.

Yann Armellino : Si, ta première, peut être…

El Butcho : C’était laquelle ?

Metal-Eyes : C’était : quel est le regard que vous portez aujourd’hui sur Better way, sorti il y a deux ans.

Yann Armellino : Regarder dans le rétro, c’est pas mon truc.

El Butcho : Ouais… Sur le moment, c’était bien. Maintenant, on passe à autre chose.

* Questions posées par Soniata

Merci à Roger Wessier et au Hard rock café d’avoir rendu un grand nombre d’interviews de 2018 tout autant possibles que sympathiques!

VISAVIS: War machine

Hard rock, France (Autoproduction, 2018)

C’était il y a un peu plus de 30 ans… Visavis se formait à Tulle en 1985 et se fait connaitre jusqu’à pouvoir sortir, en 1993, son premier album, La cage, suivi de So special en 1995. Le groupe se sépare et revient « par hasard » en 2013 lors d’une soirée privée. Comme souvent, il  n’en faut pas moins pour remettre le couvert. Visavis revient aujourd’hui avec War machine, un album taillé dans le rock le plus dur et le plus pur. Direct, enjoué et dansant. Dès le morceau d’ouverture, Hey Jack, le ton est donné: 2 riffs, 3 accords franc, une voix éraillée, sans finesse mais avec une vraie conviction. La suite pioche dans le metal et le hard traditionnels, celui des années 80 (Black holes, Give the boys a chance), ainsi que dans le punk anglais des 70’s Don’t turn around. Quelques moments speed, d’autres plus aériens, une rythmique solide, une véritable envie de s’amuser et de passer du bon temps… C’est ainsi qu’on pourrait résumer cet album qui donne envie de bouger. La soi disant ballade Mine tonight et son harmonica mélancolique monte en puissance. Sound soldiers évoque période dorée du metal français, So special ressemblant à une reprise new wave/punk version metalisée. Si From L.A me laisse de marbre, la conclusion Rough boy – aucun rapport avec ZZ Top – tape de nouveau dans le rock un peu crade. Franchement, même si Visavis ne propose rien de foncièrement original ou novateur, on ne boude pas son plaisir à l’écoute de ce disque simplement heavy rock, sale et biéreux. Fun.