EYES WIDE SHOT: Back from hell

eyes-wide-shot-eaMetal, France (Autoproduction, 2016)

Agressif, puissant et globalement bien écrit, ce Back from hell à la pochette très colorée a été écrit sous le soleil de Californie nous explique le dossier de presse. Bon, d’accord, mais ça change quoi? Les 10 titres proposés forment un ensemble compact et puissant. Globalement bien écrit, souvent chantant, Eyes Wide Shot nous propose une variété de rythmes et d’ambiances sur fond de rock direct. My Redemption se démarque par ses côtés hypnotiques et cassant, par exemple. pourtant, au fil de l’écoute, quelque chose semble manquer. l’impression que Eyes Wide Shot passe à côté de quelque chose – du principal – m’envahit; sans doute trop réfléchi par instants; Car en se concentrant sur plus de simplicité, les français auraient sans doute pu se démarquer de la masse des groupes néo metal / metal alternatif. il y a de la matière, de la couleur pourtant tout au long des A glimpse of me, Back from hell  ou Under the knife. Et il ne fait guère de doute qu’en se recentrant sur un propos plus direct Eyes Wide Shot pourrait toucher un plus vaste public. A suivre.

Note: 7/10

Titre que je retiens: My redemption

WOLVE: Lazare

wolve-lazareRock, France (Ep – Autoproduction, 2016)

Wolve, le nom idéal pour un groupe aux dents longues, au son tranchant et saignant, pourrait-on croire. Le trio s’est formé en 2014 et a déjà publié un premier album, Sleepwalker, remarqué par certains médias. Les franciliens reviennent aujourd’hui avec Lazare, un Ep 4 titres de 18′ qui propose de découvrir différentes facettes de la formation. Car Wolve peut se faire autant romantique et mélancolique sur le long et alambiqué, intrigant et accessible, Lazare, ou le délicat Porcelain que rageur sur l’expéditif Inferno (moins d’une minute!) qui pourrait servir d’introduction au Far, morceau qui démarre calmeent avant de monter en puissance et prendre un virage psychédélique et – logique – hypnotique. Quatre titres, c’est peu. S’il s’agit d’un amuse bouche en prévision d’un album, alors c’est réussi: on a envie d’en connaitre plus.

Note: 8/10

Titre que je retiens: Far

GRAND MEDIA BLACKOUT

grand-media-blackout-2016Hard rock, France (Autoproduction , 2016)

Charlie Fabert a su dignement s’entourer pour la réalisation de ce premier album de Grand Media Blackout, que vous me permettrez d’appeler simplement GMB. Outre lui à la guitare, on retrouve Gus Monsanto au chant, qui s’est notamment fait connaitre au sein d’Adagio ou de Revolution Rennaissance. La basse est quant à elle tenue par Philippe Dandrimont et la batterie assurée par Guillaume Pihet. Le quatuor nous propose un hard rock très 70’s, proche du sudiste qui dès le morceau introductif, You can’t quit rock’n’roll, délivre un message clair. C’est direct, la voix puissante prend parfois des intonations de dandy et sait entraîner l’auditeur dans son sillage. Les rythmes varient, maintenant ainsi l’attention, GMB évitant de lasser l’auditeur. Drugs and pills est mid tempo, Time for revelation plus down tempo flirtant avec le blues, Never come back home plus rock, Downward slope très bluesy fait place à The black flask, morceau en deux partie – d’abord un instrumental démonstratif d’une guitare au top devenant une chanson bluesy, rock et rapide. I’m back est un titre purement hard rock et Holy grail, un blues lent vient conclure cet album. S’il est varié, ce premier essai n’invente rien, et ce n’est pas le but à vrai dire. L’album pourrait être scindé en deux fois 5 titres aux rythmes différents, ce qui peut parfois être redondant même si la seconde partie est plus hard que blues. Malgré de belles échappées de guitare, l’impression de déjà entendu altère légèrement le plaisir du début. Un bel essai avec quelques inégalités dans les compositions qui auraient sans doute mérité plus de cohérence. Mais dans l’ensemble, ce premier essai est plein de belle promesses.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: The black flask (parties 1 et 2)

Photo de la semaine: CONSCIENCE

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Le PMFF IV, passé de la locomotive au Divan du Monde, a réuni, outre ADX, une affiche variée. Fidèle à l’esprit de « reformations pour l’occasion », le public a ainsi pu retrouver Dygitals, gros espoir de la seconde moitié des 80’s, et Conscience, dans une configuration légèrement modifiée. La salle se remplit petit à petit et, forcément, arrive un moment où les photographes choisissent soit de scotcher l’avant scène soit de tenter de trouver un spot pour pouvoir shooter au mieux. Je décide donc de monter au balcon afin de pouvoir immortaliser Matthieu Gerbin dont le visage se trouve, malheureusement, pile dans le faisceau du projecteur qui envoi la signature de chaque groupe en fond de scène. Ouverture max de mon objectif 55-200 (F/4,5 ), vitesse déclenchée automatiquement avec une sensibilité à 1600 iso… Le rendu n’est pas des meilleurs, mais j’aime les aspects verdoyants de l’ensemble. Et Conscience sera de retour au PMFF VI, sur la grande scène – Ultim Stage – le samedi 7 janvier 2017. Soyez-y, le groupe est rare en concert!

ARKAN: Kelem

arkan_kelemFolk metal, France (Overpowered, 2016)

Hilal, en 2008, puis, plus encore Salam, en 2011 avaient présenté Arkan comme un groupe de death folklorique, un groupe multiculturel qui place l’esprit oriental en acteur majeur de son esprit musical. J’ai raté Sofia (2014) et depuis, Sarah Layssace a quitté le groupe, remplacée par Manuel Munoz pour ce nouvel album, Kelem. Limiter Arkan à l’univers du death est réducteur. Car, si la musique est imprégnée de cet esprit extrême, Arkan explore et diversifie son propos, notamment en allant chercher du côté des racines orientales de ses musiciens. Alors bien sûr, on pense à Myrath, autre groupe de metal typé, ou, bien sûr, à Orphaned Land. Mais chacune de ces formations se distingue des autres par une approche différente et personnelel. Arkan est, de loin, le plus rugueux des trois, à l’opposé des tonalités popisantes de Myrath. Le chant clair est largement présent et les growls, qui n’apparaissent qu’une fois le premier morceau terminé, ne dénaturent pas l’esprit général. Bien que foncièrement metal, aucun titre, cependant, ne semble se détacher du lot, et si les compositions sont efficaces, aucune en particulier ne m’émerveille. C’est la grosse faiblesse de cet album, plaisant sans être transcendant.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Kelem

FLAYED: XI million

flayed-xi-millionHard Rock, France (Kaotoxin, 2016)

Monster man, en 2015, démontrait la détermination rock n rollesque des Français de Flayed. Le groupe revient aujourd’hui avec XI million, un Ep 5 titres d’une puissance à nulle autre pareille. Chacune des chansons est une déflagration bienfaisante, une claque rafraîchissante. Porté par la voix rauque et puissante de Renato, ce disque ne peut laisser indifférent, ne peut que séduire, plaire, par sa puissance et sa simplicité. Pas de place pour les fioritures ici, on parle de Rock, bordel! Flayed passe un cap, franchi un seuil et s’impose – en seulement cinq trop courts morceaux – comme un des plus importants challengers de la scène hexagonale actuelle. Eh! Le slogan du groupe – Rock or die – ne dit-il pas tout? Le groupe assume pleinement ses influences, parfaitement digéréesd’ailleurs, que sont AC/DC (les guitares y sont pour quelque chose), Deep Purple (un constant hommage à Jon Lord et son orgue Hammond, dirait-on), voire même Saxon (la basse de Fortunate son, reprise de Credence Clearwater Revival, fait penser à Dallas 1pm). Foncez, foncez vous dis-je. Flayed mérite toute notre attention car on ne peut lui faire aucun reproche. Certains ne s’y sont pas trompés en les accueillant en première partie de leurs concerts. On attend maintenant de retrouver le sextet sur scène, justement. Rock on!

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: XI million

Interview: FLAYED

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Entretien avec Renato (chant) et Charly (basse). Propos recueillis à Paris le 25 novembre 2016

 

Metal-Eyes : C’est la première fois que nous nous rencontrons, alors commençons par une question classique, traditionnelle : racontez nous l’histoire du groupe qui, si mes informations sont bonnes, s’est formé en 2013…  

Renato : Exactement ; c’est un groupe qui a 3 ans et déjà 3 CD – bientôt 4. Un groupe formé de 6 personnes et, effectivement, en 3 ans, on a sorti 3 albums : Symphony for the Flayed et Monster man, deux albums, et XI million, le nouvel Ep dont nous allons parler ensemble, tout de suite…

Metal-Eyes : Peut-être… ou pas, on verra…

Renato : Ou pas. On a aussi 250 dates au compteur, une petite tournée québécoise, et une bonne tournée française.

Metal-Eyes : Donc vous avez vu pas mal de salles, tourné avec des grands comme Scorpions… Puisque nous en parlons, quelle est votre plus belle expérience à ce jour?

Tous deux : Ben, ça!

Charly : Première partie de Scorpions au festival Guitare en Scène… Accueil de fous, et le personnel compose de passionnés, qui ne sont pas là pour le côté pécuniaire de la chose et des conditions vraiment excellentes, du monde, de bonnes réactions du public et un accueil comme on a rarement vu.

Metal-Eyes : Pareil pour toi, Renato?

Renato : Pareil, oui. Le meilleur souvenir, ça reste l’ouverture de ce concert de Scorpions. Une des plus grosses scènes qu’on ait faites, avec un accueil de dingue et une réaction du public ouf… Après ce festival, il y a beaucoup de gens qui reviennent nous voir en concert parce qu’ils nous y ont vus. Et il y en a qui se tapent des bornes de dingues pour venir nous voir, depuis ce festival ! Oui, c’est certainement le meilleur coup qu’on a joué ces trois dernières années.

Metal-Eyes : Parlons maintenant de XI million, puisque c’est quand même pour ça que vous êtes là…

Renato : Tu es sûr du coup ?

Metal-Eyes : Oui, oui ! Allons-y ! D’abord, pourquoi avez-vous choisi ce format du Ep?

Renato : On a choisi ça parce que, après avoir sorti 2 albums totalement autoproduits – on avait une promo via Klonosphère, et une distribution via Season of mist – on a décroché un deal avec un label, Kaotoxin, et c’était une manière de tester le label et de faire plaisir aux fans tout en gardant ce calendrier d’une sortie par an. C’est un Ep où on s’est vraiment fait plaisir, on tâche de faire plaisir aux fans, comme avec cette reprise de Fortunate son (Creedence Clearwater Revival) en plein milieu. C’est exactement la transition entre deux albums, puisqu’il y a deux titres issus des sessions de Monster man, qu’on ne pouvait pas mettre sur le CD pour des soucis de timing – ces deux titres ne passaient pas sur une édition vinyle, et il y a deux titres qui sont issus des compositions du prochain album, qui n’y figureront pas mais qui datent de la même période. Voilà pourquoi on a sorti un Ep, qui est totalement transitif.

Metal-Eyes : Et qui vous permet de rester en contact avec le public… Comment vous organisez-vous dans le travail de composition ?

Charly : Alors la compo, c’est tout géré par Julien, le guitariste soliste qui nous connait très bien. Ça fait une quinzaine d’années qu’on se connait tous et c’est la première fois qu’on pouvait se réunir sur un projet particulier. On sait comment il bosse, très bien et très vite, il sait exactement comment on joue individuellement donc on lui laisse vraiment carte blanche de ce côté-là ce qui nous permet d’avoir un gros gain de temps par rapport au format traditionnel de travail en groupe. Ça ne sert à rien de tergiverser pendant des heures, on sait très bien que ce qu’il va nous proposer sera musicalement juste et que ça collera au jeu individuel de chacun. On gagne vraiment beaucoup de temps grâce à ça.

Metal-Eyes : Au niveau des textes, c’est également lui qui s’en charge ?

Renato : Non… Il s’occupe de la batterie, la basse et les guitares. Ensuite, quand on est ensemble, tout est retouchable. Ensuite je pose des lignes de chant et des textes, et l’orgue vient se poser pour sceller le tout. Il écrit tout, mais rien n’empêche de retoucher.

Metal-Eyes : Il y a une structure qui est montée, les grandes lignes de son projet

Charly : Les grandes lignes sont posées. L’intérêt justement de se connaitre, c’est d’avoir la liberté de s’approprier les choses même si rien n’est fixe. Tout le monde est au courant, personne n’est mis de côté, c’est d’un commun accord qu’on fonctionne comme ça.

Renato : Ce n’est pas du tout une politique tyrannique.

Metal-Eyes : Vos influences… Elles sont claires : du gros rock, du rock des années 70. Quand j’écoute XI Million, j’entends du AC/DC, du Deep Purple, même, sur l’introduction à la basse de la reprise, j’ai l’impression d’entendre le Dallas 1p.m. de Saxon. C’est assez varié, y a-t-il des choses particulières qui vous réunissent ?

Charly : On a tous ces groupes-là, tous les groupes rock des années 60/70 en bagage commun. Après, on vient tous de scènes différentes : la moitié vient de la scène metal, l’autre moitié, un peu plus rock traditionnel. On est parvenus à mixer les deux, on s’est rejoints sur s’est classiques-là mais on ne voulait pas faire de copier-coller ou se forcer sur une ligne. On ne s’est pas posé la question… On s’est rendus compte que le rock, il fallait en sortir parce que ça fait partie de nous, et derrière, on avait qu’à équilibrer la chose entre la modernité de la production et du rendu et la digestion des influences. C’est toujours une question difficile, « Pourquoi » et « d’où vous venez »…

Metal-Eyes : Alors je la transforme : quelle est votre éducation musicale à tous les deux ?

Renato : Personnellement, je viens du metal, c’est apr ça que j’ai commencé. En fait, on a un groupe avec Charly qui s’appelle God Damn, et on fait du stoner, typé Down, Pantera et toute la scène de la Nouvelle Orléans dans laquelle j’ai beaucoup puisé avant de découvrir tous les classiques rock. J’ai d’abord découvert le metal, avant de découvrir le classic rock, ce qui a débouché sur Flayed. Charly, c’est l’inverse.

Charly : Moi, j’ai une culture musicale classique rock des années 60/70, et il y a le « classique gamin » : tu attaques le piano et au final tu dégages tout ça quand tu es ado. Donc de mon côté c’est rock 60’s, classique et jazz, et vers l’âge de 13 ans, j’ai découvert le metal, extrême, j’ai trouvé ça cool. Après, les années ont fait qu’on a mis le pied dans la scène metal, avec God Damn, justement, et on en revient toujours un peu à ce qui reste plaisant le plus longtemps possible. On avait tous ça en bagage commun, des classiques que tu mets en soirée et que tout le monde aime, et ça permet d’écrémer pas mal de mauvais choix, je pense.

Metal-Eyes : Et l’éducation musicale pure, vous avez pris des cours, reçu un enseignement musical particulier? Il y avait déjà de la musique chez vous ?

Charly : Mes deux parents sont musiciens, mon père était pro à une époque, j’ai attaqué le piano à 5 ans. Tu n’as pas le choix, tu es dans un moule, le solfège avec. Derrière, ça permet de vraiment gagner du temps, quand tu veux faire ce qui t’intéresse. Avec le recul, tu te dis que c’était vraiment une bonne chose. Tu ne vois pas le rapport au début, mais au final, tu gagnes du temps par rapport aux collègues.

Renato : Je n’ai pas du tout été élevé dans une famille qui écoutait de la musique ou en faisait. Mon père est un peu accordéoniste, ça n’aide pas (rires), et ma mère n’est pas du tout là-dedans… C’est plutôt mes amis qui ont fait mon éducation musicale. Je suis arrivé au lycée, j’ai commencé à gratter un peu, j’ai intégré un groupe – Charly était dedans d’ailleurs, donc ça fait depuis ma naissance musicale que je joue avec cet homme-là – donc ce sont mes amis qui ont forgé mon identité musicale. Autodidacte complet, total !

Metal-Eyes : Comment expliqueriez-vous à quelqu’un qui ne connait pas le groupe ce qu’est Flayed?

Renato : C’est un groupe de hard rock typique avec un son modern des années 2000. C’est-à-dire qu’on pioche dans toutes ces influences des années 70, avec l’orgue Hammond en tête, mais on a tellement bouffé de metal ces 20 dernières années qu’on est toujours au fait de ce qui se fait. J’écoute beaucoup de groupes français et j’adore aller découvrir ce qui se fait, en dehors des mastodontes, bien sûr. On pioche dans tout ça pour faire en sorte que Flayed ne soit pas du tout has-been et que ce soit écoutable par le plus grand nombre.

Metal-Eyes : Donc vintage avec des tonalités modernes. Comment définiriez-vous l’évolution de Flayed entre Monster man et XI million, qui, pour moi, est assez flagrante.

Charly : Uh, uh… Je pense que tout ce qui est axé sur XI million et ce qui va suivre sur a nouvelle galette… La part de la musique est plus importante. On est sur un rendu de sensations pour le public et une satisfaction d’exécution de morceaux don’t on se dit, à la base, “ouh, ça, ça risqué d’être coton… » et arriver, au final, à les faire d’une manière efficace.

Renato : Et ils paraissent simples, à l’écoute. C’est quelque chose qui revient souvent. Alors qu’en fait, on se casse le cul comme pas possible !

Metal-Eyes : Vous sentez vous-même l’évolution entre ces deux disques ?

Renato : Oui, depuis le tout premier en fait. Comme il n’y a qu’un compositeur principal, on a pris au début ce qu’il y a dans son back catalog et on s’est tous posés dessus ; Donc, au début, c’est son album, à lui. Ensuite, il a commencé à composer pour nous. On se connait tous depuis 15 ans mais on n’avait jamais bossé ensemble. Donc, à partir du moment où on a travaillé ensemble, il s’est mis à écrire pour chaque personnalité du groupe. Alors, effectivement, l’évolution elle est là : c’est que ce mec écrit pour nous.

Metal-Eyes : L’impression que j’ai, c’est que XI million est beaucoup plus rentre dedans que monster man : on a quelque chose de beaucoup plus compact, puissant. S’il n’y avait qu’un morceau de XI million que vous deviez retenir, l’un et l’autre, pour définir ce qu’est Flayed aujourd’hui, ce serait lequel ?

Charly : XI million, tout simplement…

Renato : Oui, on est d’accord là-dessus…

Charly : C’est le plus complet, il y a un gros refrain qui tranche beaucoup, accessible au plus grand nombre, il y a de la mise en place avec des croche-pattes un peu partout…

Metal-Eyes : C’est sympa, ça, sur scène, les croche-pattes !

Renato : Oui, et on s’en fait littéralement (rires)!

Charly : C’est ce truc qui fait qu’on a l’impression d’avoir des choses plus intéressantes à jouer, avec des prises de risqué, et, aussi, une musicalité plus importante sur les refrains, plus abordables, disons. Avec le son qui est géré pour aussi, avoir un spectre plus large, entre les moments « calmes » et ceux avec du gros rendu. La suite sera, je pense, axée dans ces couleurs-là, avec ces énergies : des tempos assez appuyés, une grosse base de rock, mais pas que…

Renato : Des couplets qui groovent et des refrains qui se retiennent.

Metal-Eyes : Alors « Des couplets qui groovent et des refrains qui se retiennent » ça donne quoi sur scène?

Renato : On ne peut pas le juger, on n’est pas objectifs… En tout cas, les retours qu’on a, publics et pro, c’est que, généralement, sur scène c’est comme sur le CD, voire mieux parce qu’il y a l’énergie live. On bouge beaucoup, on est hyperactifs, comme la musique. on suit la musique et, sur scène, ça se ressent. Ce qui fait plaisir, c’est qu’à chaque fois, les mecs nous disent que ça joue comme sur le CD. Tu sors de là et tu te dis que le boulot est fait, on a rempli le contrat.

Metal-Eyes : Vous avez 250 concerts à votre actif, vous prévoyez de tourner bientôt, ou vous préférez attendre la sortie de l’album ?

Renato : Non, on ne va pas attendre! On vient de finir une partie de tournée, en France avec nos collègues québécois, les Tramps. On a encore deux dates en décembre, dont le Kaotoxin fest avec beaucoup de groupes du label, et une date à Reims, le week end du 10 décembre, et après on arrête tout pour se concentrer sur la fin de l’écriture de l’album. Il nous manque quelques titres… On a encore écouté quelques rushes du troisième album, il est presque prêt mais pas tout à fait, donc on se donne 2-3 mois pour garnir le truc et rendre un produit impeccable. On va retourner jouer printemps puis sur les festivals cet été, puis jusqu’à la sortie de cet album à la fin de l’année.

Metal-Eyes : Comment vous vous organisez dans le travail? Vous travaillez à distance et mélangez les fichiers, ou vous vous retrouvez en studio?

Charly : Tout est enregistré au même endroit. Ensuite, on a tenté de se retrouver tous ensemble en studio, seulement les agendas font que c’est compliqué – pendant qu’il y en a un qui bosse, les autres perdent de la thune. On a quand même un studio à disposition, chose rare pour un groupe. L’intérêt de savoir à l’avance c’est de pouvoir avoir un calendrier de sorties. On sait que tous les ans, à cette période-là, on va caller des sessions de studio, et tout ne se fait pas dans les mêmes créneaux parce que, au niveau du calendrier, c’est chaud. Mais sur une période de 2 à 3 mois, tout se fait.

Renato : Donc on va commencer cet été avec la batterie et enquiller pour que, fin août, on ait l’album complet.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui, aujourd’hui, vous différencie du reste de la scène hard rock française?

Renato : Je pense que, aujourd’hui, il n’y a personne qui fait ça en France: du hard rock dans ce goût-là, avec cette modernité et, surtout, cet orgue Hammond… Personne ne s’en sert aujourd’hui en France, très peu en tout cas…

Metal-Eyes : Surtout que c’est un monstre à déplacer…

Renato : Ouais, ben on eut te le dire, surtout en tournée! (rires) Quand il faut le sortir et le rentrer tous les soirs, la cabine Leslie est bienvenue, c’est clair ! Je pense que c’est un élément qui joue dans la balance, y a pas grand monde qui veuille le sortir du camion tous les soirs, cet orgue Hammond, et qui l’adapte à la musique et le mette aussi fort que les guitares. Que ce ne soit pas une petite nappe derrière qui lie le tout. C’est une troisième guitare, avec les soli qui vont.

Metal-Eyes : C’est là où, sans que ce soit du plagiat, on a parfois l’impression d’entendre du Deep Purple.

Renato : Exactement, et c’est le but recherché. Mais notre organiste est, bien évidemment, fan de Jon Lord comme jamais ! (rires)

Metal-Eyes : Tu me dirais le contraire, je ne te croirais pas. Tout comme vous devez avoir un guitariste un peu fan d’AC/DC…

Les deux : Ah, complètement, oui!

Renato : Tu as très bien saisi les personnages!

LEAVING PASSENGER: When it’s done

leaving-passenger_2016Rock, France (Autoproduction, 2016)

Scream démarre avec de grosse guitares, un riff pêchu et gras. Puis Leaving Passenger recentre son propos en jouant sur les rythmes et ambiances. Déterminé, le groupe l’est sans aucun doute. Le chant est parfois mélancolique, ou plutôt romantique. Jamais rageur, jamais trop doux non plus. Les mélodies sont efficaces sans pour autant trouver le riff qui permettrait à Leaving Passenger de se démarquer des autres groupes du genre. I don’t care propose un temps de répit, plus aérien avant un moment plus léger avec Better place, puis un retour à l’énergie pure du rock, avec le quelque peu étrange Lies on the floor. Bien fait et varié, ce When it’s done, s’il se laisse facilement écouter d’une traite, ne parvient cependant pas à trouver « le » truc qui le transformerait en une expérience auditive à part. Il y a de belles mélodies mais rien qui (m’)accroche dès la première écoute.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Running back to me

LOST OPERA: Hidden sides

lost-opera-2016Heavy metal, France (Dowweet, 2016)

Alchemy of quintessence, le premier album de Lost Opera paru en 2011, me laissait perplexe: à mes oreilles, le chant hurlé venait dénaturer un esprit musical progressif, recherché et élaboré. Cinq ans plus tard, le groupe revient avec un nouvel opus composé de 12 chansons forgées dans ce metal puissant, qui se veut envoûtant et entraînant. Musicalement aboutit, Hidden sides pourrait être prometteur, vocalement aussi, par la plus grande place accordée au chant clair en alternance avec d’autres tessitures. Oui, la construction, l’architecture de cet album pourraient « le faire ». Seulement, de nouveau, le chant en anglais n’est pas à la hauteur de mes attentes.Oh, l’alternance de chant clair et guttural pourrait faire illusion, mais l’ensemble est gâché par un accent qui décrédibilise le tout. Les participations extérieures, si elles sont agréables (Lucia Ferrera d’Akentra, Pascale Gronnier) n’apporte guère plus à cet ensemble instable. La priorité aujourd’hui est de travailler cet anglais qui ne saura passer les frontières.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Betrayal

SCORES: The gate to leave

scores-2016Hard rock, France (Auto production, 2016)

Voici exactement le genre de disque qui me met dans l’embarras… Scores est un groupe français, auteur d’un Ep, On the road, paru en 2014, qui lui permet de tourner avec Sticky Boys, Headcharger ou encore les Anglais de Desolation Angels. Emplis d’une légitime confiance, les cinq proposent aujourd’hui The gate to leave, nouvel Ep 4 titres bourré de rockn’roll. Typé 70’s, empreint de Led Zeppelin ou d’AC/DC, les guitares, le groove et les rythmes sont efficaces, rentre dedans et, simplement roots. Les premières secondes de Good night émerveillent et font taper du pied. Les trois autres titres (Leave me now, très rock, et deux titres plus lents, proches de la ballade, What about your dreams et That’s the girl) sont tout aussi prometteurs. Mais… Passés les premiers accords, Benjamin Blot-André prend le micro. Et là, tout fout le camp. Le « chant » est plat, sans aucun trémolo, sans relief, sans âme. Une platitude linéaire doublée d’un anglais incompréhensible qui gâchent absolument tout. Je n’ai pas réussi à aller au bout d’un seul morceau tellement je trouve cette voix pénible… Bref, voici un groupe musicalement prometteur qui, selon moi, ne pourrait trouver une voie qu’avec une autre voix…

Note: 4/10

Titre que je retiens: aucun