GREYWIND: Afterthoughts

greywind-2016Rock, Irlande (Spinefarm/Search and Destroy, 2017)

Les groupes irlandais, en général, j’aime bien. De U2 à The Cranberries, en passant, naturellement (évidemment!) par Thin Lizzy, et Greywind se positionne quelque part entre. Une chanteuse, parfois douce, parfois furieuse, qui se met en avant sans empiéter sur le travail de ses comparses, le groupe dispense tout au long de ce Afterthoughts, son premier album à paraître le 27 janvier 2017, une belle énergie mêlée à de la pop tout au long de ces 10 chansons. Oui, pop, mais pas soupe: l’impertinence du punk n’est jamais loin – et souvent présente dans le chant teigneux de la miss. Elle sait aussi se faire partiellement douce et/ou mystérieuse. En explorant les différents aspects de la condition et de l’âme humaines, Greywind visites divers univers sonores, rendant l’ensemble à la fois intrigant, attrayant et… inquiétant.  Les titres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes (Safe haven, Desolate, In autumn, Wander…). Pour un premier essai, malgré quelques faiblesses guère surprenantes à ce niveau de carrière, Greywind a tout pour marquer quelques points auprès d’un public varié. A suivre.

Note: 7,5/10

MOTHER’S CAKE: No rhyme, no reason

mothers-cake-2017Rock, Autriche (Membrane, 2017)

Parfois inspiré par le côté aérien de Pink Floyd (Big girls), à d’autres moments revisitant Hendrix (Street Ja man), Mother’s Cake se positionne sur la scène rock en clamant haut, fort et clair, son amour du rock bien fait, et au delà. Car on touche aussi bien à l’univers psychédélique que rock, funk que progressif tout au long de ce No rhyme, no reason, son troisième album.  Mother’s Cake ne s’impose de barrières que celles qu’ils entend ne pas franchir, et elles semblent peu nombreuses. Peu importe l’époque, le trio autrichien est aussi moderne que fondu de vintage. Si l’on peu regretter ne pas comprendre l’anglais du chanteur Yves Krisner, on appréciera en revanche la variété des genres présents au sein de ces 10 chansons. Le groupe explore et teste, comme cet étrange passage au milieu du déjà mentionné Street Ja man (z’ont fumé quoi???) qui en dit long sur la maturité des musiciens. Il est une faiblesse, cependant: des longueurs lors des passages les plus allumés. Dans un monde où tout va très – trop – vite, on a le sentiment, parfois, de se perdre en route. Mais le travail et la volonté sont là. Il n’est guère étonnant de découvrir que sur ses deux réalisations précédentes (Creation’s fines en 2012 et Love the filth en 2015) on trouve de prestigieux participants, comme Ikey Owens, ex-claviériste de The Mars Volta, autre influence, ou Jack White. Un troisième album est souvent décisif dans une carrière – sans doute une vérité moins évidente de nos jours, mais quand même – et ce No rhyme no reason pourrait permettre une meilleure exposition publique à Mother’s Cake. C’est en tout cas tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

Note : 7,5/10

 

STARSET: Vessels

starset-2016Pop Rock  (Spinefarm/Razor & Tie, 2017)

On prend les paris? Starset pourrait frapper fort, très fort, même, avec ce Vessels. Mais pas dans la sphère metal. Qu’est-ce qui a donc bien pu chatouiller l’échine de Spinefarm pour signer ce groupe américain, originaire de l’Ohio, plus pop qu’autre chose, je me pose la question. Car c’est bien de pop rock qu’il s’agit. Oh, bien fait, du chant correct, mielleux et doux avec, parfois, quelques accents extrêmes, genre « on est des bad boys », des sonorités electro, et des mélodies, parfois dégoulinantes et qui, souvent, visent les radios, des mélodies, en résumé qui vont plaire aux jeunes filles pré pubères, voire pubères. Un peu d’énergie sur les refrains, de la mélodies partout, des voix qui passent partout… Rien de neuf et tout pour plaire. Top 50 visé, pas forcément assuré.

 

Note: 5/10

BY’CE: Reset to zero

by-ce-2016Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

By’Ce? Ni Beyonce, ni Brice de Nice, mais visiblement – audiblement, serait plus juste – un amoureux de la six cordes. Ça fuse en tous sens, le morceau éponyme, qui ouvre ce disque de 8 chansons, frappe vite et fort, à un détail près: le chant. Non! Ce n’est pas du chant… C’est une voix qui croit chanter… Merde, comment gâcher ces compositions au demeurant originale par une torture vocale. Vous savez ce qu’on reproches aux critiques? Ce dont on les accuse le plus souvent, c’est de n’écouter que les premières secondes d’un morceau pour se faire une idée. Pour le coup, je confirme que c’est ce que je fais avec ce disque… By’Ce sait pourtant varier les tempos, comme sur cet intriquant et varié Reality splinters, sur le doux et reposant instrumental Serenity  ou ce You must hang on aux relents Pink Floyd meets Gary Moore, l’explosif Self control… mais ce gars qui pleure ou qui souffre, je ne sais, gâche tout. Je retenterai l’écoute avec un vrai chanteur, quelqu’un formé pour. Chacun son boulot après tout.

Note: 5/10

THE RED BARONS: Together

the-red-baronsRock, France (Autoproduction, 2016)

Douceur, guitare légère et aérienne… Voici comment débute le morceau éponyme de ce Ep de The Red Barons. Puis arrive la voix langoureuse et amoureuse d’Oriane, avant que la chanson ne se fasse plus enjouée, dansante. Livio, à la guitare, aime les grands du genre, d’Angus à Blackmore,  BB King et autres… Le chant, malgré un anglais peu compréhensible, est à la fois puissant et doux, évoquant par instant la folie douce d’une Baby Jean (Mother’s Finest) apportant une couleur particulière à l’ensemble, somme toute classique. Mais bien fait. The Red Barons, en 6 titres, visite, entraîne et nous entraîne da&ns divers univers musicaux. no futur, très rock, est suivi d’un surprenant Brunch à la basse groovy et aux relents orientaux. Top. Réduire la musique de The Red Barons à du simple hard rock, ou de la world, ou du folk metal ou, ou ou… serait injuste. Après tout, le Baron Rouge, aviateur, en a visité du pays. Il est naturel pour un groupe de faire de même en reprenant ce patronyme. Together est une jolie carte de visite, un apéritif qui donne envie d’en connaître d’avantage sur cette formation prometteuse, qui bénéficierait d’une meilleure mise en son et d’une identité plus affirmée. Ce qui viendra à n’en pas douter.

Note: 7,5/10

BLINDING SPARKS: Renaissance insipide deluxe edition

blinding-sparks-2016Rock, France (Season of Mist, 2016)

Etrange double CD que ce Renaissance insipide – Deluxe edition. Au départ, il s’agit du premier Ep des Français de Blinding Sparks qui ont décidé de le ressortir agrémenté d’un disque bonus, BS Soldiers 1. Choix étrange car l’Ep contient 5 chansons tandis que le disque bonus est composé de 9 titres et 1 vidéo. Les choix de chacun ne sont pas toujours évidents. Musicalement, Blinding Sparks m’est tout aussi étrange. Renaissance et Insipide, les deux premiers morceaux sont à la fois doux et rock, romantiques et mélancoliques. Le chant est particulièrement dérangeant, souvent à la limite du faux et de l’inintéressant, n’apportant rien à cet ensemble décousu. « Heureusement »,  on retrouve également les versions instrumentales en fin de disque. La complainte de Jack, en revanche, m’éveille et m’émerveille. Monté comme une véritable pièce théâtrale d’un style déjanté, Blinding Sparks parvient enfin à titiller les esprits. Le chant n’est plus faux, il est simplement décalé et déjanté. La chanson se transforme en un univers digne de L’étrange de Noël de Mr Jack, le film d’animation de Tim Burton. Le second CD, Soldiers, évoque une certaine chanson française que je n’ai jamais su apprécier… Le chant « torturé »de Jérémy Conrad me gêne car il ne me semble jamais juste. Ni sur la déclaration Sandra, ni sur L’avocat, ou le plus punk Un jour je signerai, speedé et impertinent… En revanche, le dynamique et enjoué I regret my life me plait. Note: c’est un instrumental. Musicalement, le groupe se tient, alternant rock, punk, blues, bref, offrant une jolie variété. Vocalement, Blinding Sparks s’adresse à un public dont je ne fais pas partie. Un peu de folie, soit, de la rage, oui. Du chant aussi. Ce que je ne trouve pas ici. Dommage. Sans doute le groupe élargirait-il ses possibilité avec un vrai vocaliste, car Jérémy se révèle un guitariste fin et inspiré (X.X).

Note: 6,5/10

Titre que je retiens: La complainte de Jack

OUR BLOND COVERS: Die and retry

our-blond-covers-2016Rock, France (autoproduction, 2016)

Il y a quelque mois, nous découvrions Our Blond Covers par le biais de son premier effort, The lost side of the world (chroniqué ici même). Quelques mois à peine, là où la plupart des groupes mettent deux ans à sortir un nouvel album! Rien que pour cet effort « à l’ancienne » OBC mérite toute notre attention et nos félicitations. Maintenant, qu’en est-il musicalement? Le groupe évolue dans un registre rock 90’s dans lequel se glissent quelques influences new wave. OBC propose une variété de genres, alternant entre morceaux mid tempo ou lents et chansons plus hard, rapides et directes.  Le morceau titre, qui introduit cet album, est à la fois léger tout en proposant un refrain dynamique et chantant. Il est suivi d’un Maniac plus rentre dedans, plus hard, au chant rageur, tandis que Left away without a trace se rapproche de la ballade romantique US. Deaf tones mixe lourdeur et lenteur – sans que l’on puisse parler de doom, loin s’en faut! Artificial est syncopé et hypnotique avec ses parties répétitives, tandis que Something wrong tape à l’opposé avec ses aspirations plus jazzy. Enfin, Voices, s’il évoque ouvertement AC/DC au démarrage se fait rapidement simple et direct, allant à l’essentiel. Malgré cette variété qui peut en dérouter certains – prétextant que le groupe ne sait pas quel style choisir? – Our Blond Covers semble savoir où se diriger: vers un public large et varié, malgré un chant anglais difficilement compréhensible (bien que le phrasé soit agréable). Si l’on excepte un livret absolument inutile (seule la page 4 sert pour les crédits, le reste n’est même pas du remplissage), on appréciera justement cette variété et ces vocaux qui ratissent large. Il y en a pour tous les goûts. C’est, finalement, à la fois la force et la faiblesse de ce disque.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Artificial

TOMY LOBO: Golden birds

tomy-lobo-2016Rock, France (Autoproduction, 2016)

En 1988, lors de sa sortie, le premier album de Kingdom Come fut immédiatement comparé à Led Zeppelin. Son chanteur, Lenny Wolf, pouvait clamer n’avoir jamais entendu parler de ce groupe, personne ne le croyait. Tomy Lobo peut-il aujourd’hui clamer haut et fort que la pochette de New Horizon de The Answer lui est inconnue? on peut en douter tant les similitudes contraires sont nombreuses. Je vous laisse juger par vous même. Car le propos est ici musical. Golden birds est un Ep de 6 chansons inspirées tant par la new wave (Viperine au chant doux et écorché, ou Night prism, alliant new wave et rap) que par un romantisme torturé (It starts with fire) ou plus léger et aérien (Golden birds). Erase it all est, au milieu du disque, plus proche des années 80, tandis que le groupe s’approche de l’esprit gospel sur Light all blue. Nous avons donc droit à une jolie variété qui cependant mériterait plus de profondeur et, malheureusement et encore, souffre d’un accent anglais difficilement compréhensible rendant l’écoute peu attractive. L’ensemble ne parvient pas à me faire vibrer hormi le morceau titre et Light all blue. Rien d’étonnant, donc, à lire que le groupe « est une désorganisation autogérée ».

Note: 6,5/10

Titre que je retiens: Golden birds

CHANVRE: Valkyrie mécanique

chanvre-2016Rock, France (EP – Autoproduction, 2016)

Après une courte introduction à la guitare – celle, pourrait-on croire – d’un débutant qui développe sa maitrise, Détritus town nous propose une première facette, rythmée et quelque peu furieuse, de Chanvre. Car le groupe francilien nous montre, au travers de 5 titres, ses différentes aspirations et inspirations musicales. Le chant, grave et profond sur ce titre devient parlé, puis mélancolique. Si Le mothership évoque ouvertement le Gorillaz qui interprétait Clint Eastwood, Sour kryp est, à mes oreilles, la révélation. Car, oui, en cinq trop courtes chansons, Chanvre parvient à envouter l’auditeur que je suis. Si le phrasé me rappelle souvent je ne sais plus quel groupe français des 90’s (ça, c’est de l’argument, hein?), l’ensemble de ce Ep est entraînant, voire envoûtant. Rock, pop, énervé, ce Valkyrie mécanique (nom d’une pièce mécanique, semble-t-il) est plus qu’une belle promesse. Maintenant, objectif album!

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Sour krypt

LEAVING PASSENGER: When it’s done

leaving-passenger_2016Rock, France (Autoproduction, 2016)

Scream démarre avec de grosse guitares, un riff pêchu et gras. Puis Leaving Passenger recentre son propos en jouant sur les rythmes et ambiances. Déterminé, le groupe l’est sans aucun doute. Le chant est parfois mélancolique, ou plutôt romantique. Jamais rageur, jamais trop doux non plus. Les mélodies sont efficaces sans pour autant trouver le riff qui permettrait à Leaving Passenger de se démarquer des autres groupes du genre. I don’t care propose un temps de répit, plus aérien avant un moment plus léger avec Better place, puis un retour à l’énergie pure du rock, avec le quelque peu étrange Lies on the floor. Bien fait et varié, ce When it’s done, s’il se laisse facilement écouter d’une traite, ne parvient cependant pas à trouver « le » truc qui le transformerait en une expérience auditive à part. Il y a de belles mélodies mais rien qui (m’)accroche dès la première écoute.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Running back to me