THUNDER live à Paris (La Maroquinerie le 25 avril 2017)

Etrange soirée… depuis son retour discographique avec un doublé plus que réussi (Wonder days et le récent Rip it up) Thunder ne joue « que » à la Maroquinerie, une salle certes sympathique et chaleureuse mais, à mon goût, trop petite pour une formation de cette envergure. Mais bon, Thunder et la France, c’est compliqué, contrairement à son Angleterre natale. Alors que la salle annonce l’ouverture des portes à 19h, personne ne sait encore qui sera la première partie. Puis, Facebook annonce l’ouverture à 19h30. C’est un tout petit peu après que le public investit la salle souterraine pour y découvrir la batterie de Harry james, flanquée du dessin de couverture de Rip It Up. Bon, pas de première partie semble-t-il… 20h30, effectivement, le batteur prend place derrièrer son kit, Chris Childs (basse) et Ben Matthews (guitare, claviers) s’installent sur scène avant que n’arrivent Luke Morley et Danny Bowles (guitare et chant), les deux meneurs incontestables du gang.

Logiquement, Thunder tire sa première salve avec No one gets out of here alive, le titre introductif de son dernier album qui fait bouger le public avec une belle efficacité. La salle n’est certes pas complète mais est emplie de fans et amateurs de rock simple et direct, celui que propose Thunder depuis ses débuts en 1989. D’ailleurs, son premier album, Backstreet symphony, 1990) est largement plébiscité avec pas moins de 5 extraits : Backstreet symphony sur lequel Danny fait chanter le public, une première de nombreuses participations, Higher ground avec une ambiance de feu, Don’t wait for me, Love walked in et l’indispensable Dirty love. C’est dire l’impact, et l’importance, de ce disque bientôt quarantenaire qui n’a pas pris une ride ou presque!

Bien sûr, le dernier album est largement représenté avec également 5 titres (No one, déjà cité, Enemy inside, Right from the start, In another life et Rip it up), presque autant que Wonder days (Resurrection day, The thing I want, Wonder days et Serpentine). Les quelque 300 spectateurs présents en profitent jusqu’au bout, chose aisée pour un concert qui se termine avant 22h15 mais après un Dirty love et un Danny très taquin.

 

En alternant titres foncièrement rock et ballades (un peu trop, peut-être?), Thunder nous a offert un concert simple – la configuration de la salle ne prête pas aux excentricités – mais particulièrement chaleureux et familial. Une très belle soirée, en somme.

Merci à Veryshow d’avoir rendu ce report possible.

ANCIENT ASCENDANT: Raise the torch

Black/Death mélodique, Royaume Uni (Spinefarm, 2017)

Passez outre vos a priori, Ancient Ascendant a de quoi vous en convaincre! présenté comme un groupe puisant son inspiration au coeur du death et du black metal avait tout pour ne pas trouver sa place ici. Mais, grâce à un e saine curiosité, ce Raise the torch trouve son chemin vers la platine. Et… Après une intro aux sonorités religieuses et sacrées, Our way envoie ses riff forgés dans le plus pur metal, celui des Judas Priest et Metallica. Oui, mais… arrivent rapidement les growls typiques du death et les hurlements du black qui peuvent effrayer. D’autres ont cependant déjà démontrer pouvoir allier ces styles a priori incompatibles avec brio. Les guitares sont ici claires, les riffs acérés, la section rythmique se révèle très efficace. Si, vocalement, Ancient Ascendant s’adresse à un public plus réceptif que moi, musicalement, les Anglais réussissent leur pari et passent franchissent, avec ce troisième album, un nouveau cap.   Un album déterminé, brutal et mélodique à la fois.

THE ONE HUNDRED: Chaos + bliss

the one hundred 2017Metal extrême, Royaume-Uni (Spinefarm, 2017)
A priori, ce disque n’est pas fait pour moi… Dreamcatcher est explosif, le chant criard, hurlé… mais, va savoir pourquoi, je pousse un peu plus loin et là, surprise : The One Hundred intègre à son metalcore des sonorités electro qui virent au chant rapé. Avec ce Chaos+Bliss, le premier album des Anglais, The One Hundred est déterminé à faire parler de lui. En passant du metal extrême à des tempi plus calmes et autres influences rap et/ou electro, ces 12 chansons sont une invitation à la syncope. Âmes sensibles, s’abstenir. Les autres, invitez-vous dans des univers aussi bizarres que dérangeants. Un album intrigant.

Note 7/10

DEEP PURPLE: InFinite

deep purple 2017 Royaume-Uni, Hard rock (e.a.r. music, 2017)

Eh, si ce InFinite doit être le chant du cygne de Deep Purple, alors soit! Mais quand un groupe cinquantenaire affiche une telle forme, il est dommage de penser qu’il entame sa dernière tournée cette année. Rassurons nous, il ne s’agit que de tournée, Pruple ne parle pas de mettre un terme à un concert de temps à autres, ni même ne parle de dernier album! D’ailleurs, le titre lui-même est en contradiction avec l’idée de fin: Infinite…  Plus en forme que jamais, Deep Purple nous offre quelques surprises : malgré l’arthrite qui le paralyse de plus en plus, Steve Morse est plus imaginatif que jamais. Sans doute la maladie qui le handicape l’oblige-t-elle à travailler la guitare d’une autre façon? La guitare, sans être omni présente, apporte une dimension sans pareille à l’ensemble (Time for Bedlam, Birds of prey, Johnny’s band…). Don Ayrey, qui ne parvient pas, en concert, à faire oublier Jon Lord, offre des moments mémorables avec ses claviers (All I got is you). La voix de Gillan, si elle ne peut certes monter autant qu’il y a quelque décennies (mais quelle rage il s’en dégage sur All I got is you!), est partout magnifique. Et, enfin, on le sous estime souvent, mais le rôle de Roger Glover dans le groove de la section rythmique est ici immense, et la complicité avec l’exemplaire Ian Paice sans équivoque. La variété de styles apporte une fraîcheur à l’ensemble (ah, ce The surprising au titre si bien choisi, clin d’œil, en partie, à Jeff Buckley et/ou Pink Floyd, et ses instants fantomatiques rappellent également Vincent Price qui figurait sur l’album précédent), et évoque le Purple des années 70, celui du retour de 84 autant que ce dernier « mark » du groupe, qui propose sans doute son meilleur ouvrage depuis l’arrivée de Morse. InFinite se déguste et l’on s’en délecte sans modération. Pourtant, une surprise moins bonne est à relever: pourquoi une formation aussi assise que Deep Purple a-t-elle fait le choix de conclure ce qui pourrait être son dernier album avec une reprise des Doors? Va savoir… Reste que, comme Gillan le chante si bien sur le morceau d’ouverture, parce qu’avant ce ne sera pas possible (pour moi): « see you in hell »(fest)!

Note: 9,5/10

INGLORIOUS: II

INGLORIOUS II 2017Hard rock, Royaume-Uni (Frontiers, 2017)

Déjà auteur d’un premier album, les Anglais d’Inglorious vont sans nul doute, espérons le en tous cas!, faire parler d’eux avec ce nouvel album, sobrement intitulé, à l’ancienne, II. Composé de 12 chansons, le groupe propose un hard rock vintage qui fleure bon les grands du genre, de Deep Purple à The Who, en passant par le hard bluesy de Whitesnake. La voix de Nathan James est à la fois puissante et chaleureuse, plus proche d’un Samy Hagar, voire d’un Ronnie james Dio que d’un Robert Plant, et semble passer dans tous les registres du hard rock mélodique. Les compositions font la part belles aux guitares, exploratrices et traditionnelles qui jamais ne s’imposent ou friment. Comme l’explique  Colin Parkinson, le bassiste, dans l’interview récemment publiée, Inglorious propose une musique mélodique, agressive et groovy, trois adjectifs parfaitement choisi. Tous les ingrédients sont ici réunis, qu’il s’agisse des titres généralement rock ou des ballades (Making me pay, Faraway). L’album d’un groupe qu’on espère véritablement voir grandir! A découvrir au Hellfest 2017, vendredi matin, mainstage 2 impérativement.

Note: 8,5/10

Interview: INGLORIOUS

Entretien Inglorious. Rencontre avec Colin Parkinson (basse). Propos recueillis à Paris le 14 mars 2017

Inglorious 140317

 

Metal-Eyes : Inglorious a été formé en 2014 au Royaume Uni, vous avez publié deux albums, en 2016 et celui qui arrive en 2017. C’est tout ce que je sais à votre sujet. Puisque c’est notre première rencontre, peux-tu me raconter l’histoire d’Inglorious

Colin Parkinson : Nathan (James, chant) travaillait avec une équipe de compositeurs et un producteur. Il a écrit un superbe album de rock progressif, très épique, et il avait besoin d’un groupe pour l’enregistrer. Andreas (Eriksson, guitare), qui est de nouveau dans le groupe, travaillait auparavant avec Nathan. Andreas lui a dit que son cousin, Colin – moi – était bassiste, et son pote Philip (Beaver, batterie) joue de la batterie. Je vivais à Copenhague, j’ai sauté dans l’avion pour l’audition et Inglorious est ainsi né. L’album n’a pas été remarqué, et le résultat n’a pas été à la hauteur de ce que souhaitait Nathan. On a écrit d’autres chansons, pour le premier album, les avons enregistrées, avons tourné tout l’an passé et… nous voici de retour.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui, comme moi, découvre votre musique ?

Colin Parkinson : Pff… C’est, je dirais, du rock mélodique classique, avec une approche très moderne. Nous sommes très influencés par des groupes comme Deep Purple, Whitesnake, ce rock anglais bluesy… Nous enregistrons live, ce qui donne cette touche classique. Et je rajouterais  que les gens qui viennent en concert obtiennent ce qu’ils sont venus chercher.

Metal-Eyes : Quelle a été ton éducation musicale ? Y avait-il beaucoup de musique chez toi ?

Colin Parkinson : Oui, oui ! Mon père était bassiste – je suis bassiste de la cinquième génération dans ma famille ! J’ai grandi entouré de musique, celle de la Motown, du blues du côté de mon père – il jouait dans n groupe de blues, typé Chicago blues, Johnny Winter, Muddy Waters et ce genre de choses… J’ai rencontré Phil, le batteur, quand nous avions 13 ans. On a monté un groupe qui  a été signé, nous étions très jeunes ! Quelques années plus tard, on a fait un autre groupe, qui a aussi été signé mais qui n’a pas marché. Et me voici ! En tant que musicien, j’ai fait de nombreuses sessions, dans le pop music.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a fait choisir la basse, le fait que ce soit déjà dans la famille ?

Colin Parkinson : Non, en fait, mon père l’a mise de côté pendant plusieurs années. Je ne savais même pas qu’il en jouait vraiment… Il a fait de la déco un jour, à tiré l’armoire et elle était là, dans un coin. Je l’ai attrapée, j’ai joué un peu Another one bites the dust (Queen) et je suis tombé amoureux de l’instrument. Mon père m’a montré quelques petits trucs, mais j’ai vraiment appris à l’oreille, principalement.

Metal-Eyes : De quoi parlent vos chansons ? Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez ^pas aborder, par exemple ?

Colin Parkinson : Oh… C’est plus une question pour Nathan, qui écrit toutes les paroles. En gros, il observe beaucoup, il raconte des choses qui lui sont arrivées… Il y a une chanson sur le nouvel album, Far away,  qui parle de son grand-père qui, malheureusement, est très malade. Ce n’est pas une ballade mais une chanson vraiment très puissante. Des expériences personnelles, principalement…

Metal-Eyes : Et y a-t-il des choses que le groupe, toi inclus, ne souhaite pas aborder ?

Colin Parkinson : Sans doute la politique. Ça ne rimerait à rien de vouloir faire des plans à la Bono… On aime distraire les gens, écrire des chansons auxquelles les gens peuvent s’identifier.

Metal-Eyes : Quels groupes ont été tes principales influences ?

Colin Parkinson : En ce qui me concerne, j’adore Aerosmith, Mr Big, Bon Jovi, Whitesnake, j’adore les guitares de Steve Vai dans Whitesnake… Il y a aussi King’s X, un des groupes les plus sous-estimés. Les classiques comme The Who ou The Beatles, naturellement !

Metal-Eyes :Et quels sont tes bassistes préférés ?

Colin Parkinson : Il y en a quelques-uns, mais dans le rock, je dirais avant tout Billy Sheehan, de Mr Big, qui est extraordinaire. On a ouvert pour eux, c’était superbe !

Metal-Eyes : À ce sujet, vous allez inaugurer le Hellfest l’été prochain. D’abord, comment se prépare-t-on pour un tel événement ?

Colin Parkinson : Nous répétons pendant une semaine complète. Nous ne sommes pas de ces groupes qui se retrouvent toutes les semaines pour répéter, on est très intenses, on se donne à fond. On bloque une semaine et on fait tout durant cette semaine. Ça semble être le mieux pour nous : on compose, on répète… Parfois, quand tu n’a pas de date limite, tu peux t’égarer… En gros, on répètera une semaine avant de partir sur les festivals, en Espagne, le Hellfest, le Copenhell, le Grasspop…

Metal-Eyes :À quoi pouvons-nous nous attendre à un show comme le Hellfest ?

Colin Parkinson : Beaucoup d’énergie ! Sans frime, du gros jeu aussi : on a joué dans tant de formations différentes qu’on sait exactement quoi faire live. On adore, et on ne peut rien faire sans le public. Ensuite, il y a une tournée prévue vers octobre. L’album doit sortir en juin, juillet, je crois que le mois d’août sera assez calme, donc on reprendra vers septembre ou octobre. En Europe, au Royaume Uni.

Metal-Eyes : Dans des lieux plus petits, naturellement.

Colin Parkinson : oui, un peu plus petit en Europe qu’en Angleterre, mais on a bien tournée en support l’an dernier et je pense qu’on peut jouer dans des salles de 100/200 places. Ce que j’adore, je m’y sens plus à l’aise.

Metal-Eyes : un an seulement sépare vos deux albums, ce qui, aujourd’hui, est assez uinhabituel, les groupes prenant deux ou trois ans pour travailler. J’imagine qu’il y a une volonté d’imposer Inglorious sur le marché.

Colin Parkinson : oui, mais on veut srtir le plus de choses possibles. Nous sommes des compositeurs assez prolifiques… J’écris beaucoup, Nathan écrit ses mélodies très vites aussi et on souhaite en sortir le plus possible pour nos fans. Comme ça, on peut continuer de tourner, avoir un plus grand choix dans notre catalogue. Et c’est un esprit un peu old school aussi : à l’époque, les groupes sortaient un album par an, parfois plus… Mais nous sommes très objectifs sur ce que l’on sort. Il y a eu environ 25 chansons écrites pour chacun des disques…

Metal-Eyes : Donc votre nouvel album n’est pas constitué de vos anciennes compos, celles écrites avant le premier CD ?

Colin Parkinson : non… Il y a une chanson, No good for you, qui était destinée au premier album mais nous n’avons pas réussi à vraiment en capturer l’essence. On a changé la tonalité, l’avons rendue plus agressive pour qu’elle trouve place sur le second disque.

Metal-Eyes : Alors, comme il s’agit de nouveau matériel, comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums?

Colin Parkinson : Maintenant, nous avons Andreas qui compose aussi, ce qui n’était pas le cas pour le premier album puisqu’il est arrivé deux semaines avant l’enregistrement. Maintenant, il arrive avec ses idées, il est très « Nashville blues » et ce genre de choses. Je pense qu’une partie de notre évolution vient de là. Mais nous avons aussi mûri en tant que compositeurs, nous savons quel son nous voulons. Tout était neuf sur le premier album… Notre marché aussi et on adore écrire et jouer, donc les choses viennent assez facilement. Mais aussi monter sur scène, voir ce qui fonctionne ou pas, ce que les radios diffusent… Nous sommes conscients de ça mais n’écrivons pas pour ça. Nous écrivons ce que nous aimons.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de cet album pour expliquer ce qu’est Inglorious, quelle serait-elle?

Colin Parkinson : (il réfléchit) Je pense que chacun de nous répondrait différemment… Sans doute Read all about it, peut être parce que j’ai composé la base de ce titre… J’aime… Elle est simplement entraînante, chantante, la voix de Nathan est puissante. Et elle est agressive, aussi, c’est une chanson agressive et mélodique, et c’est ce que nous sommes en réalité. Agressive, mélodique et… groovy. Un peu comme Deep Purple, que j’adore, qui a ce groove extraordinaire.

Metal-Eyes : Quand tu n’es pas en train de jouer, comment occupes-tu ton temps? Quels sont tes hobbies ?

Colin Parkinson : J’adore aller à la salle de sport et m’entretenir – même si ça n’en a pas l’air aujourd’hui (NdMP : il porte un T shirt élimé et troué, un peu crado…), j’adore aussi me promener dans la nature, méditer et ce genre de choses, ce qui m’aide à garder l’esprit clair quand les choses sont un peu dingues. Pour le reste, gagner de l’argent et payer mes factures…

Metal-Eyes : Comme nous tous, mais ce n’est pas un hobby !

Colin Parkinson : Oui, c’est vrai (rires)! Jouer au foot, au cricket, voir des amis…

Metal-Eyes : Quand vous êtes en promo comme aujourd’hui, parvenez-vous à visiter les lieux où vous vous trouvez?

Colin Parkinson : On essaye. Aujourd’hui, par exemple, notre planning est booké de 14h30 à 20h30. Ensuite, nous essaieront de sortir et prendre un verre ou deux, un peu de vin et un bon diner – Mmh, j’adore la nourriture parisienne ! – une barquette de frites…

Metal-Eyes : Revenons quelques instants à votre album : comment avez-vous décroché ce deal avec Frontiers ?

Colin Parkinson : C’est grace à notre management. Ils ont contacté les gens de Frontiers qui sont venus assister à notre showcase – ce qu’ils ne font habituellement pas mais ils voulaient vraiment nous signer. Ils nous ont proposé un deal après notre soundcheck. On a dit oui. Ils sont si passionnés ! Serafino, Mario deux des gars de Frontiers, croient tant en nous…Tu sais, ebaucoup de labels ont un gigantesque rooster, mais eux s’impliquent vraiment auprès de groupes avec lesquels ils travaillent. Ils ont été incroyables.

Metal-Eyes : Une dernière chose : la couverture de l’album, même si elle est totalement différente dans la composition et les couleurs, me rappelle celle du premier album de Thunder, Back street symphony…

Colin Parkinson : Oui, d’autres m’en ont fait la remarque ! Mais ça n’avait rien d’intentionnel. On a travaillé avec un gars qui s’appelle Paul Tippett, qui s’occupe de nos jaquettes. Pour tout dire, je ne suis pas un fan de Thunder, et je n’y ai pas fait attention. Mais j’adore cette couverture.

Metal-Eyes : Merci beaucoup… Je vous verrais au Hellfest, et en attendant, bonne chance avec cet album !

Colin Parkinson : Cool, merci beaucoup

THE RAVEN AGE: Darkness will rise

THE-RAVEN-AGE_Darkness-Will-RiseMetal, Royaume uni (BMG, 2017)

Si The Raven Age va faire parler de lui, c’est, déjà, parce que cette jeune formation a intensivement tourné en ouverture, entre autres, d’Iron Maiden, avec un simple Ep à son actif, mais également parce que l’un de ses guitaristes n’est autre que le (l’un des) fils de Steve Harris, George. Rien de surprenant que papa prenne ses ouailles sous son aile, Maiden l’a fait plus d’une fois (Lauren Harris, sur deux tournées, et le Rise To Remain d’Austin Dickinson). Simplement, maintenant qu’un album est là, il semblerait judicieux d’oublier le « fils de » afin de mieux se centrer sur la musique. Tirant son nom d’une légende populaire disant que les ténèbres s’abattront sur Londres lorsque les corbeaux de la Tour de Londres disparaîtront, le quintette nous offre 13 chansons taillées dans le metal passe partout. Le chant est harmonieux et puissant, tandis que les mélodies se font rapidement chantantes et entraînantes. La production est, dans l’ensemble correcte, et l’on sent, malgré quelques lignes qui évoquent « le groupe de papa », que The Raven Age veut créer son identité sonore. Une identité puisée au sein des influences évidentes que sont, par exemple, Killswitch Engaged ou Avenged Sevenfold, génération oblige. Simplement, malgré une évidente bonne volonté et un savoir faire indéniable, le groupe ne parvient guère à maintenir l’attention. Dès The merciful one, je commence à décrocher. C’est plaisant mais il manque une raison d’accrocher, chose qui, à n’en pas douter, sera corrigé à l’avenir car on a envie de chantonner et de bouger. Et si BMG parie sur The Raven Age, ce n’est pas seulement pour des raisons filiales. Peut-on imaginer…

Note: 7,5/10

Interview: AS LIONS

Entretien As Lions. Rencontre avec Austin Dickinson (chant) et Connor O’Keefe (guitare, piano). Propos recueillis à Paris le 16 février 2017

AS LIONS

 

Metal-Eyes : Tous deux faisiez auparavant partie de Rise To Remain qui s’est séparé en 2015. Trois de ses membres – vous deux et Will – avez décidé de continuer en formant As lions. Lorsque vous avez décidé de fonder ce groupe, quelles étaient vos intentions et vision de As Lions ?

Austin Dickinson : Nous voulions faire la musique qui nous ressemble plus, en tant que personnes. Pas tant en tant que simples compositeurs, ce qui nous excitait vraiment c’est cette position de compositeurs et d’auditeur. Ce que nous écrivions à l’époque… La moitié correspondait à l’album de Rise To Remain que nous devions enregistrer, mais l’autre moitiéne ne convenait pas du tout. C’est devenu la base de As Lions. Nous voulions créer quelque chose qui soit, selon nous, plus dynamique, plus intéressant pour nous et qui soit plus en rapport avec les raisons qui font que nous adorons faire de la musique. Un groupe contemporain avec des influences classiques, la musique que nous adorons et avec laquelle on a grandi. Nous voulions nous l’approprier, y apporter notre touche, créer notre propre son et évoluer en tant que compositeurs, aussi.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous votre musique à quelaqu’un qui vous découvrirait aujourd’hui?

Connor O’Keefe : Je dirais qu’elle est très “cinématique”, ça sonne grand et, très certainement, très mélodique

Austin Dickinson : Exactement. C’est dynamique, je… ça sonne comme du cinéma. Tu sais, nous voulons créer de la musique qui pourrait (il rit) conclure le plus épique des films de la planète, ou quelque chose qui puisse susciter l’imaginaire. Nous voulons que tu puisses explorer des univers inattendus. On essaie d’apporter quelque chose de différent à table. C’est la partie excitante : explorer de nouvelles choses, trouver un moyen de créer… des putains de nouveaux sons ! (rires)

Metal-Eyes : A l’époque de Rise to Remain, le groupe a beaucoup tourné à travers le monde, entre autres avec Iron Maiden. Comment des musiciens jeunes et «inexpérimentés » vivent-ils ce genre d’expérience ? Qu’est-ce que ça vous a apporté en tant que musiciens ?

Austin Dickinson : On n’a fait qu’une tournée avec Iron Maiden.

Metal-Eyes : Mais sur des scènes gigantesques…

Austin Dickinson : Oui, et je crois que cette tournée a beaucoup fait parler du groupe. On a aussi tourné avec Funeral For A Friend, Trivium, in Flammes… Beaucoup de groupes différents, ainsi que des festivals. L’Europe a très bien accueilli Rise To Remain et nous avons, j’ai doré tourner : le sens de la communauté, être dans le même bateau, il n’y a rien de comparable. Je crois que ce que ça m’a apporté, c’est que ça m’a aidé à forgé mon instinct sur la manière de tourner, d’écrire, pour ce type d’audiences, très bruyante souvent, et j’adore ça ! Tout le monde a son opinion, c’est évident, mais tout le monde ne parvient pas à sortir du « J’aime beaucoup ce que vous faites » ou « j’adore ton groupe ! » Mais j’apprécie et j’accueille cela avec plaisir parce que ça reste exceptionnel. Les fans m’ont permis d’apprendre à les comprendre et ce que la musique représente pour eux. C’est pour ça, en partie, que je suis ici, dans ce boulot. Je suis avant tout un fan de metal, et tu ne peux pas oublier d’où tu viens.ni que tu es partie de quelque chose de plus grand que ton groupe.

Connor O’Keefe : Pareil…

Metal-Eyes : ok, merci (rire général)

Connor O’Keefe : Avec As Lions, on vient de tourner avec Shinedown et Five Finger Death Punch, donc on redécouvre ces choses avec eux. On expérimente des choses avec eux, en adaptons, nous en approprions et en laissons de côté…

Metal-Eyes : Dites m’en plus au sujet du nom du groupe, As Lions. C’est connu, les lions rugissent beaucoup, ils ont pour habitudes de laisser leur femelles chasser pour eux, éduquer leurs petits – quand ils ne les tuent pas. C’est ce que vous êtes : apresseux et de nature violente ?

Austin Dickinson : Nous sommes exactement cela: bouffer nos petits…

Connor O’Keefe : … Laisser les filles aller chercher la bouffe…

Austin Dickinson : Nous sommes paresseux et des trous du cul à l’égo surdimensionné. Tu peux entendre tout ça dans notre musique (il explose de rire) ! Non… Le nom ? Nous voulions nous démarquer d’un genre : si nous n’étions qu’un groupe de rock, nous serions The Lions ou si nous étions un putain de groupe de death metal, nous serions Sceptic Lions ou un truc du genre (rires) … Nous voulions nous démarquer d’un genre spécifique, passer pour un groupe de rock, de metal, un peut tout, sans qu’on puisse avoir une idée préconçue. Aussi, les lions sont assez symboliques, contrairement à des animaux… « fonctionnels ». Ils sont symboliques de bruit et de fierté. Ça nous ressemble, on pourrait dire, écrire des choses comme ça !

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre musique. La première qui m’a marqué, c’est ton chant qui est loin, très loin de ce que tu faisais avec Rise To Remain. Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir ce type de chant plutôt que le chant metalcore ?

Austin Dickinson : Je pense que quand tu changes d’orientation, de chemin, il est important de te poser quelques questions. La première, ça a été : « hurler. Est-ce une part fondamentale de mon identité, selon moi ? Non, pas vraiment. » Quand ta technique est assez bonne pour limiter les dégâts, c’est bien, mais tu ne peux faire ça pendant 50 ans, et je ne le veux pas ! Est-ce une partie de mon identité ? Pas forcément. Est-ce ce en quoi je crois ? Pas nécessairement. Est-ce que je souhaite tenter de nouvelles choses ? Absolument ! Est-ce que je souhaite m’améliorer en tant qu’auteur ? Putain, oui ! J’ai tenté d’avancer, et je crois qu’il y a beaucoup plus d’émotions que tu peux travailler, et je crois aussi que, avec le hurlement, on passe à côté de beaucoup de choses. Tu ne touches pas autant les gens avec le hurlement. Et, avec cet album et les suivants, j’ai vraiment envie d’être le plus proche possible de l’auditeur. Comme si j’étais juste à côté. Tu sais, le contenu et les paroles de nos chansons ne seraient pas là si ce n’était important à nos yeux. J’adore avoir ce type de connexion avec les gens. Je ne dis pas que je ne hurlerai plus jamais, je pense seulement que j’en ai fait le tour et je voulais vraiment démarquer ce chant entre Rise To Remain et As Lions.

Metal-Eyes : Et ce nouveau chant a-t-il affecté ta façon de jouer ?

Connor O’Keefe : Au sein de Rise To Remain, je jouais de la basse. Mais aussi du piano. Nous avons simplement pu baisser le ton et adapter, à la guitare acoustique et au piano, le musique au chant. En ce qui concerne la guitare, nous voulions simplement qu’elle soit énorme, pleine de riff et qu’elle puisse crée une ambiance. C’était une adaptation assez facile. Même assez naturelle, dirais-je.

Metal-Eyes : Nous vivons dans une époque égoïste, qui est le titre de votre album qui reflète assez bien ce dont nous pouvons être les témoins. Quels sont les thèmes que vous avez abordés et y a-t-il des sujets que vous ne souhaitez pas traiter avec As Lions ?

Austin Dickinson : Je voulais vraiment parler de la consommation, de l’image, de ces obsessions personnelles que nous avons aujourd’hui. Je ne pourrais pas en parler si je n’en étais pas coupable moi-même. Je crois que ce n’est que partie de notre existence dans le cadre de nos sociétés modernes. J’ai aussi l’impression que nous nous sentons obligés de nous présenter tels que nous ne sommes pas. Que nous avons besoin de remplir le moindre espace de silence ou de temps libre avec ces choses qui nous marquent. Et cela efface l’individualité, qui devrait être célébrée, je pense. Nous sommes tous des individualités. En même temps, je vois beaucoup de gens qui ne sont pas égoïste. A toute action correspond une réaction… Peut-être que c’est moi qui me fait l’écho de ce qui se passe dans le vrai monde, mais je vois beaucoup de personnes qui se battent pour des causes, s’élèvent contre la bigoterie, le racisme, l’homophobie, je vois beaucoup de gens qui se bougent pour éradiquer ça, et c’est vraiment magnifique ! Parallèlement on a vu tous ces phénomènes croitre, tout ces préjudices sont égoïstes. C’est un monde qui change et els gens réagissent. Comme cet album qui est trrès réactionnaire. La musique, en tant que telle, est unificatrice, c’est un langage universel. Il est important pour moi d’aborder ces thèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Et si nou s pouvons permettre à 2 personnes de s’unir, ou à 20.000, nous le considèreront comme une réussite. Maintenant, il n’y a pas de thèmes que je ne voudrais aborder. Plus je traite de sujets, plus je suis épanoui ! (rires)

Metal-Eyes : Si vous ne deviez retenir, chacun d’entre vous, qu’une chanson de Selfish age pour expliquer ce qu’est As Lions, laquelle serait-ce ?

Connor O’Keefe : White flags, je pense…

Austin Dickinson : White flags, oui. Je pense qu’elle contient tout, même si ce n’est pas ma préférée, qui serait plutôt World on fire. Mais White flags a un peu de tout ce que nous faisons.

Metal-Eyes : Austin, quand tu as décidé de travailler dans l’industrie de la musique, as-tu reçu des conseils particuliers de la part de ton père qui a une longue expérience dans ce domaine ? Des conseils sur quoi faire ou pas ?

Austin Dickinson : Quand j’ai commencé, on allait donner un concert et plein de gens du business étaient présent. Il m’a attrapé par les épaules, m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit que je devais m’assurer que tous les verrous étaient bien fermés en quittant la maison. C’est tout ! (rires)

Metal-Eyes : Et toi, t’a-t-il conseillé, Connor ?

Connor O’Keefe : Pas vraiment. C’est un homme vraiment charmant !

Austin Dickinson : Il est simplement mon père, c’est tout !

Connor O’Keefe :

Metal-Eyes : Mais tu es plus grand que lui!

Austin Dickinson : Je suis le plus grand de la famille, oui, mais je ne suis pas vraiment grand! On est une famille de hobbits ! (rires)

Metal-Eyes : Une dernière chose: vous suivez ce que fait George Harris avec son propre groupe, The Raven Age ?

Austin Dickinson : Oui, oui, nous avons grandis ensemble, n’avons jamais été très éloignés. Je sais qu’il était sur la tournée The Book Of Souls, avec The Raven Age. Leur batteur, Jay, en fait…

Connor O’Keefe : Je le connais depuis très longtemps. On a joué dans plusieurs groupes ensemble et il nous a même dépannés avec Rise To Remain sur quelques concerts…

Austin Dickinson : Oui, il nous a vraiment aidés, il a balancé la sauce, c’était génial !

Connor O’Keefe : Il joue depuis tellement longtemps, je l’ai vraiment vu progresser.

Austin Dickinson : C’est vraiment le batteur qu’il faut pour The Raven Age !

Metal-Eyes : Merci à vous deux, et j’espère vous voir bientôt sur scène !

Austin Dickinson : Merci à toi de nous avoir reçus!

AS LIONS

CHROME MOLLY: Hoodoo voodoo

chrome molly 2017Hard Rock, Royaume-Uni (Verycords, 2017)

Que s’est-il passé le 3 novembre 1982? A quoi correspond cette date indiqué sur la pochette de Hoodoo voodoo, nouvel album des Anglais de Chrome Molly? 1982, c’est déjà presque la fin de la NWOBHM dont le groupe se réclame. Bon, c’est assez facile tant on a tout mis et son contraire dans non pas ce style musical mais ce mouvement réunissant plusieurs styles musicaux. Ce n’est pas la date de formation du groupe, celui-ci ayant vu le jour en 1984… Passons, le mystère sera un jour levé. En tout cas, la formation rend ici hommage à cette période magique avec un album taillé dans ce metal mélodique, heavy et traditionnel, hérité des exploits des pères fondateurs du hard rock. Tout sonne comme cette période bénie, des titres (In the begining, Pillars of creation (Albion), Now that those days have gone, voire Indestructible) au contenu musical: des riffs tranchants sur fond de textes in memoriam. Prenez, justement, ceux de Pillars of creation (Albion) qui sont un véritable jeu de pistes, démarrant avec un simple « it all began with British steel » avant de lister tous ces groupes qui inspirent encore aujourd’hui tant de musiciens. Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath? Motorhead, Saxon, Iron Maiden? Thin Lizzy et tant d’autres sont ici l’objet de nombreuses attentions. Et d’intentions, bonnes dans l’ensemble. Car voilà, je déplore un chant par trop approximatif ainsi que, malgré la modernité un esprit un peu too much. C’est volontairement que Chrome Molly se lance dans cette course au passé, c’est bien fait et plaisant à écouter. Seulement, je préfère les originaux…

Note: 7,5/10

Sortie le 27 janvier 2017

THUNDER: Rip it up

thunder 2017Hard rock, Royaume-Uni (Verycords, 2017)

Bien que resté en retrait pendant 7 ans, Thunder est revenu plus en forme que jamais avec le majestueux Wonder days, album qui a remis le groupe anglais sur les rails du succès. Deux ans plus tard, les voici de nouveau en affaire avec Rip it up. Thunder n’a jamais prétendu réinventer le rock, et c’est sans doute là sa plus grande force: une authenticité sans prétention qui transforme de simples riffs en des chansons d’une sublime efficacité. Les compositions de Luke Morley puisent dans ce rock et ce blues qui ne peuvent laisser insensible, chaque chanson magnifié par, d’une part, une complicité évidente entre les musiciens et, d’autre part, le chant unique et envoûtant de Danny Bowles, très, très en voix . Même si l’album débute avec un No one gets out alive et de sombres paroles (« I’m not gonna live forever »), le disque est positif et brillant d’optimisme et de joie de vivre. Comment ne pas se dandiner au son des She likes the cocaine (on parlait de « rails » plus haut…), The enemy inside et ses faux airs de Black velvet ou le morceau éponyme? Thunder nous apporte une saine dose de rock tendance hard, avec son lot habituel de ballades. Onze titres qu’on écoute sans se lasser.

Note: 8,5/10

Sortie le 10 février 2017