ERIC GALES: The bookends

Blues, USA (Provogue, 2019) – sorti le 8 mars 2019

Pour les amateurs, Eric Gales est tout sauf un inconnu. Ce guitariste américain qui sévit depuis toujours publie, avec The bookends, son 18ème album depuis 1991, que ce soit en solo ou en formation variées, avec notamment Doug Pinnick. Il a également à son compte un incalculable nombre de collaborations. The bookends débute avec un triptyque que Gales aurait pu reproduire tout au long des 10 chansons de l’album: instrumental, blues et du blues funky et groovy. Mais non, il s’amuse avec tout, des sons beatbox, de la guitare aérienne, de la ballade, avant de revenir vers le blues qui se joue dans les bars enfumés (il y en a encore?) ou d’autres choses plus foncièrement rock, toujours avec sa voix chaleureuse et très mélodieuse. Jamais Eric Gales ne se répète sur cet album sinon magistral en tout cas entraînant et vivant.

Gary HOEY: Neon highway blues

Blues, USA (Provogue, 2019) – Sorti le 15 mars 2019

Il y a bientôt trois ans, Gary Hoey revenait avec un Dust and bones de superbe facture (Cf. la chro). Neon highway blues, son nouvel opus, transpire toujours autant de ce blues qui le tient tant à coeur et s’éloigne des grosses influences sudistes d’alors. Pour se concentrer sur les tripes, les guitares qui pleurent. Sa voix, toujours aussi chaleureuse, nous emporte dans les tréfonds du sud des USA. Un voyage sonore qui se fait les yeux fermés. L’amour est ici la première des préoccupations de Gary, puisque pas moins de 7 titres y font référence d’une manière ou d’une autre. Et chacun a sa propre identité. Le très enjoué Your kind of love suit un Mercy of love plus langoureux. Bottleneck et batterie qui frappe au rythme cardiaque sont de mise. Les invités (Eric Gales, Josh Smith, Ian Hoey, Lance Lopez) apporte chacun une couleur supplémentaire. Impossible encore une fois de ne pas se trémousser au son de ces invitations à bouger. Essayez pour voir avec Still believe in love et ses accents 60’s… On note ici et là quelques influences de Gary Moore (Almost heaven, superbe instrumental). Une nouvelle belle réussite.

NINE SHRINES: Retribution therapy

Metal, USA (Mascot, 2019) – sortie le 26 avril 2019

Formé en 2014 dans l’Ohio sur les cendres d’Attack! Attack!, Nine Shrines débarque aujourd’hui avec Retribution Therapy, un premier album brutal et chantant. Heavy, thrash, proche souvent du metalcore aussi, les 12 titres sont directs et sans concession. La batterie propose de jolies cavalcades pas évidentes à suivre, comme sur le morceau titres, tandis que les guitares hurlent leur souffrance. NS se cache parfois derrière un faux calme, comme avec les parties aériennes de Chain reaction (dont la partie narrée rappelle un certain énorme hit de Metallica). La force de cet album réside en ce que Nine Shrines parvient à allier avec une remarquable efficacité des rythmes brutaux et des mélodies vocales impeccables. Un contraste qui se retrouve tout au long de l’album, avec des passages parfois teintée de claviers, évoquant d’autres temps (Happy happy), d’électro aussi. Il y a sur Retribution therapy suffisamment de matière pour satisfaire un large panel d’amateurs de décibels. Chacun pourra y trouver son compte.

Reese WYNANS and friends: Sweet release

USA, Blues (Provogue, 2019) – Sorti le 1er mars 2019

Douce sortie… Reese Wynans, ce nom vous est peut-être étranger. Ce claviériste américain, né en 1947, s’est distingué par sa participation au milieu des 70’s à Captain Beyond, et plus encore celle, plus longue et fructueuse, avec Double Trouble, groupe de rock sudiste aux influences country. Depuis, il n’a jamais eu de cesse de composer, d’enregistrer, de collaborer. Il revient aujourd’hui avec Sweet realease, un album qu’il a enregistré avec… plein d’amis. Le résultat est à la hauteur des espérances, car le bonhomme, le blues, il le vit, il l’a dans la peau. Imaginez un peu: un liste d’invités longue comme un générique de film, avec, dans le désordre, Warren Haynes, Sam Moore, Jack Pearson, Kenny Wayne Shepperd et j’en passe… Chacun des 13 morceaux transpire cet amour du blues, de la soul et de la country, des USA et de ses immenses décors de far west. Dès Crossfire, l’esprit des Blues Brothers plane, rapidement suivi de cet esprit gospel qu’on pourrait retrouver au cours d’une messe dans le sud des USA. Du blues, du feeling, de l’amour… C’est tout ce que contient cet album enjoué et entraînant. Amoureux du genre, ne passez pas à côté!

JORDAN RUDESS: Wired for madness

Prog, USA (Music theories, 2019) – Sortie le 19 avril

Si Jordan Rudess est un des membres incontournables de Dream Theater, l’écouter en solo est une belle expérience. Car le claviériste laisse libre cours à ses délires et ses explorations musicales. Il nous propose aujourd’hui Wired for madness qui, dès le premier morceau – Wired for madness part 1 – le voit nous présenter tout son univers. Et celui-ci est étendu, allant de l’électro au metal progressif en passant par les années folles et le jazz. Tout est d’ailleurs dit sur la pochette: de la technologie futuriste et du rêve dans un univers coloré. Jordan Rudess surprend dès ce premier titre de plus de 11′, morceau qu’on croirait instrumental mais qui voit le chant n’apparaître qu’au bout de 9’30… Un long morceau tellement travaillé que le temps passe vite. Tant mieux, car la seconde partie du morceau titre, qui évoque le monde de Fritz Lang ayant flirté avec Pink Floyd, entre autres, dépasse les 20′. A la fois doux et rugueux, ce morceau explore encore d’autres horizons sonores. L’univers du cinéma – aventure autant que déjanté – n’est jamais très loin. La suite est composée de titres plus courts (4’10 à 6’03), permettant à l’auditeur de souffler un peu. Si les Off the ground (qui évoque par instants Ghost) et Just for today, légers et aériens,  Perpetual shine, un ovni prog mais parfois presque disco et souvent déjantées, Just can’t win très crooner et bluesy, l’ensemble est aussi varié, curieux que séduisant, intriguant ou surprenant.Chaque invité – dont James La Brie et John Petrucci (de Dream Theater), Vinnie Moore ou Joe Bonamassa – a son espace d’expression et en profite autant que possible. Les amateurs de sensations fortes en seront pour leurs frais, les esprits curieux et ouverts risquent fort de tomber sous le charme de cet album hors normes et hors du temps. Wired for madness est un album superbe qui porte bien son nom.

Mark MORTON: Anesthetics

Metal, USA (WPP records, 2019)

Mark Morton nous en a parlé de cet album solo, Anesthetics (cf. l’interview de Mark), composé de titres qui ne rentrent pas dans le carcan de son groupe, Lamb Of God. L’écoute de ces 10 morceaux confirme en effet que le bûcheron sait aussi avoir d’autres facettes, et en nombre. Si sa dextérité guitaristique est mise en avant dès le très heavy Cross off, chanté par Chester Benington (Linkin Park),  Sworn apart se fait plus mélodique et chantant, titre sur lequel on reconnait aisément Jacoby Shaddix (Papa Roach). La première surprise vient avec le très doux et bluesy Axis chanté par Mark Lanegan (Screaming Trees, Mad Season, Queens Of The Stone Age…) au timbre si particulier, entre grave et rauque, et Myles Kennedy (Alter Bridge, Slash). Mark Morton se permet même un solo très sudiste à la ZZ Top des 70’s. Forcément, cela donne envie d’aller plus loin. La lecture des crédits indique que l’on va retrouver un peu d’énergie: Chuck Billy (Testament) s’empare du micro sur The never, speed et agressif. On retrouve Myles Kennedy avec un Self defiance plus mélodique et orienté hard rock. Blur, qui n’a rien à voir avec le groupe du même nom, voit l’arrivée du moins notoire Mark Morales, chanteur de Sons of Texas dont le dernier album a fat l’objet d’une chronique ici même, est un morceau plus sombre, aux relents stoner avec quelques influences sudistes.  L’intervention de Joss Todd (Buckcherry) marque un autre retour presque thrash avec le bien nommé Back from the dead, rapide et déterminé. La seconde surprise arrive avec la ballade blues/soul Reveal chantée par Naeemiah Maddox. Une pause qui monte en rage et en puissance avant que Mark Morton ne s’exprime enfin vocalement (en compagnie de Mark Morales) sur Imaginary days, titre puissant, hard rock et déterminé à souhait avec sa mélodie presque orientale. L’album se conclut avec  The truth is dead, titre qui démarre avec douceur, permettant d’entendre Alyssa White-Gulz sous un autre jour, plus doux et mélancolique. Cependant, le morceau s’envole et devient très trhash avec l’intervention brutale de Randy Blythe, complice de Mark au sein de Lamb Of God. Pour résumer, il est difficile d’extraire un seul morceau de cet album varié qui s’adresse à tout amateur de metal multi facettes, et chacun y trouvera son compte. Une belle réussite.

Walter TROUT: Survivor blues

Blues rock, USA (Provogue, 2018) – sorti le 25 janvier 2019

Quel plaisir de retrouver Walter Trout pour un nouvel album studio. Survivor blues débute avec Me, my guitar and the blues planant qui met en avant un musicien à fleur de peau. Totalement bluesy, évoquant par instant le regretté Gary Moore dans son jeu, Trout semble indiquer la voie qui va suivre. Pourtant, non, car dès Be careful how you vote, il se fait plus rock et direct, légèrement engagé aussi. On aurait sans doute apprécié un peu plus de prise de risque das les paroles assez répétitives et convenues (« Attention pour qui tu votes à chaque élection car celui que tu choisis pourrais bien te laisser tomber », on a lu mieux, non?) Mais peu importe au final, car Trout a la guitare qui démange et fait tout pour se soulager, passant d’une énergie à une autre avec un chant soul et sensible. on apprécie le duo avec Sugaray Rayford, autre bluesman américain à la voix en or (Woman don’t lie).  Tout au long de cet album Trout alterne blues, rock et soul, émotion et énergie. Please love me, Red sun, It takes time sont un coup de pied aux fesses, tandis que Nature’s disappearing, Something inside of me ou Out of bad luck sonnent plus comme une douce et tendre caresse. Voila donc un album qu’on écoute avec un réel plaisir, tendrement enlacés au coin du feu.

BADFLOWER: OK, I’m sick

USA, Rock (Big machine, 2019)

Badflower serait-il « the next big thing »? A l’écoute de son premier album, OK, I’m sick, on serait tenté de lui souhaiter. Car le groupe formé à Los Angeles se démarque avec un rock énergique et très varié. Puissant et rugueux au démarrage avec X Ana X, cet album se tourne rapidement vers la mélodie presque pop (The Jester), avant de plonger dans une douceur aérienne sur le titre Ghost qui fait des ravages sur le net. Alors, oui, on reconnaîtra aisément les influences de ce heavy américain taillé sur mesure pour séduire les radios, mélange de rock mélodique et de grunge, parfois allumé et spacial (24) ou pesant (Heroin, Cry) et on remarquera également une certaine irrévérence verbale (avec moult versions de « fuck » placées ci et là). Le chant est clair tout en reflétant une certaine tristesse, sans tomber dans la mélancolie et sait se faire rageur (écoutez ce contraste sur We’re in love…), émouvant ou directif.  Surtout, on apprécie cette diversité des rythmes, cette recherche d’une variété qui maintient l’auditeur en éveil. En ratissant large, OK, I’m sick présente tous les atouts pour placer Badflower parmi les espoirs sur lesquels il faudra garder une oreille.

Beth HART: Live at the Royal Albert Hall

Blues / soul, USA (Provogue, 2018) – sorti le 30 novembre 2018

Comme son ami Joe Bonamassa, Beth Hart est un bourreau de travail. On se demande quand elle arrête de jouer, de tourner, et de publier des albums. Ce Live at the Royal Albert Hall est un double qui n’a rien de commun avec son précédent live (Front and center – Live from New York city) également paru l’an dernier. 2 live en moins d’un an, il faut pouvoir le justifier… Ici, Beth nous colle le frisson dès le morceau introductif, As long as I have a song, chanté a capella avant d’annoncer que ce soir, sa mère (dont elle parlera tout au long du concert) est dans la salle avec un enthousiasme et un amour non feints, tout comme lorsqu’elle évoque sa défunte sœur en présentant Sister heroin. Le blues électrique arrive juste après avec un For my friends explosif. La dame chauffe le public, l’invite à se lever et à bouger, interagit en permanence… Beth Hart est sur scène comme un poisson dans l’eau. Les décibels et le rythme en plus. Je ne rentrerai pas dans le détail de sa performance qui reste simplement bluffante, impressionnante. Quelle énergie! Et quelle voix! Blues à souhait, parfois miaulante et surprenante, Beth Hart parvient à surprendre à chaque instant. Les 23 chansons de ce double album filent à belle allure, entraînant dans leur sillage le public, et l’auditeur n’ayant pas assisté à ce concert donné dans la célèbre salle londonienne le 4 mai 2018. Concert pour lequel Beth Hart (chant, piano, guitare et basse acoustique) était entourée de Jon Nichols (guitare) Bob Marinelli (basse) et Bill Ransom (batterie et percussion), compagnons qu’elle présente au fur et à mesure de ce show, plus rock et blues, moins jazzy aussi, que le précédent live. Même si cet album est sorti en fin d’année dernière, il est toujours temps de le découvrir et de, simplement, prendre une nouvelle leçon de blues live… Imparable!

Interview: JOHN DIVA AND THE ROCKETS OF LOVE

Entretien avec John Diva (chant). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris, le 11 mars 2019

Metal-Eyes : John, comment se passe cette journée promo à Paris ?

John Diva : Superbement bien. Tu sais, je suis arrivé hier de Berlin, après 3 jours de fête non stop. Mon avion est arrivé hier avec 2 heures de retard à cause d’un orage, mais je me suis levé ce matin, pris mon café au lait (en français), ai été récupéré par une Mercedes noire, suis arrivé ici et ai eu de très intéressantes conversations avec des gens sympa. J’ai maintenant la certitude que le rock vit encore en France.

Metal-Eyes : Commençons avec cette première question : qui est John Diva ?

John Diva : John Diva est un gars qui a grandi au son du rock, avec un cœur qui bat au rythme du hard rock, grâce à une mère très branchée heavy. Elle a tout fait pour que je trouve mon chemin, que je devienne quelqu’un. Entre temps, je me suis égaré comme toute personne qui tente de grandir et veut devenir une rock star.

Metal-Eyes : OK. Et tu as grandi en Allemagne, c’est bien cela ?

John Diva : Non, aux USA. A San Diego.

Metal-Eyes : Donc John Diva and the Rockets of Love est un groupe américain.

John Diva : Oui.

Metal-Eyes : Mais il y a eu beaucoup d’activité en Allemagne. Explique-moi un peu…

John Diva : C’est parce que les gens du Wacken se sont très tôt épris de nous et ils nous ont accueillis pour la première fois à l’affiche du festival en 2013, puis à nouveau en 2015 et 2018. Entre temps, ils nous ont faits venir sur de plus petits événements, le Metal Cruise, le Metal Mountain, un festival où on skie quelque part dans les Alpes, Metal… Je ne sais plus, à Palma de Majorque. On a été assez en contact avec la scène metal allemande, qui est très active. On a été un peu comme des paons : cet univers est assez sombre, et nous, on est plutôt rose, vert, on apporte de la couleur au programme.

Metal-Eyes : Nous allons parler de la couleur, justement. Tu as dit que tu as été élevé par une mère amatrice de metal. Il semble que tu as été élevé au son du hair metal . Quelle a été ton éducation musicale ?

John Diva : Mon éducation musicale ? Principalement le son de Californie, fin des années 70 et années 80.

Metal-Eyes : Ce qui exclut donc Bon Jovi qui vient du New Jersey…

John Diva : En effet, mais incontestablement Diamond Dave et Van Halen, par exemple (Note de MP : il y a pourtant de fortes influences du Bon Jovi des débuts, tant musicalement que vocalement…) C’est un groupe auquel je me réfère facilement.

Metal-Eyes : Great White ? Ratt ?

John Diva : Oui, aussi, toute cette génération. Poison, Cinderella. Egalement des groupes anglais, comme Def Leppard, Whitesnake.

Metal-Eyes : Whitesnake… à partir de 1987 j’imagine ?

John Diva : Oui, oui. J’étais aussi fan de Deep Purple. Mon père m’a laissé plein de disques de Deep Purple dont j’ai été fan jusqu’en 1981 ou 1982. J’étais fan de Coverdale et je l’ai suivi jusqu’à ce qu’il explose, avec Steve Vai. Toute cette scène a été importante à mes yeux, et à ceux de mes amis, The Rockets of Love. C’est avec cette musique que nous avons grandis. C’est ce qui a créé nos goûts musicaux.

Metal-Eyes : Ta mère, fan de rock, a-t-elle vraiment dit que le rock est mort (Note : en référence au titre de l’album : Mama said rock is dead)

John Diva : Tu sais, c’est un de ces jours où quelque chose l’avait frustrée, je en sais pas quoi. Moi, je sortais, ma guitare sous le bras, et elle m’a dit « Johnny, ne perd pas ton temps avec le rock. Il est mort selon moi »

Metal-Eyes : C’était quand ? Dans les années 90, à l’explosion du grunge ?

John Diva : Oui, j’avais… 14 ans. J’ai oublié cet épisode pendant longtemps, mais en écrivant ce disque, ça m’est revenu. Ecrire, c’est un voyage en toi, c’est un peu comme une thérapie, spécialement avec le glam rock qui a été important et qui a disparu pendant longtemps. Alors les choses ont changé, on cherchait un titre pour l’album, et, je crois que c’était Lee et Snake (tous deux présents mais ne participants pas à cette interview) qui m’ont dit « tu dis ce truc, dans Rock n roll heaven : Mama said rock is dead ». Plus on a utilisé ce titre, plus c’est devenu un mantra : je voulais prouver à ma mère qu’elle avait tort, et me prouver aussi que j’avais tort : plus tu t’investis, plus tu perds la foi.

Metal-Eyes : Or il te faut trouver la force de continuer quelque part, positiver…

John Diva : Oui, tu as tout à fait raison. C’est, je crois, ce que nous avons fait avec ce groupe, en live, et nous avons développé une certaine réputation en tant que groupe de scène. Après quelques années, on s’est dit que nous pouvions réaliser un nouveau disque, écrire de nouvelles chansons. Tu ne peux pas réinventer le rock, mais tu peux contribuer, en faire partie en écrivant de nouvelles chansons, en créant de nouveaux spectacles, et c’est ce que nous avons fait ces deux dernières années.

Metal-Eyes : On ne peut pas éviter de faire une comparaison avec Steel Panther. Mais c’est principalement dan le look glam, plus que dans la musique. Comment décrirais-tu ce qui vous différencie ? Vous semblez un peu plus sérieux…

John Diva : Exact. Tu sais, Steel Panther est un bon groupe, ils ont réussi à créer une vitrine pour le glam, qui renoue avec le succès. En même temps, ils font partie de ces groupes qui parodie un genre, en rient, ce qui est complètement cool, mais ce n’est pas notre façon de voir les choses. Notre message est de n’exclure personne, d’accueillir toute personne qui veut s’habiller, devenir dingue, qui pourrait avoir honte de son look, mais si tu viens chez nous, tu te fringues comme tu veux, tu peux être un paon et tu seras bienvenu !

Metal-Eyes (lui montrant la photo du livret de l’album) : et tu peux te balader dans un pyjama blanc en compagnie de tes potes habillés normalement !

John Diva : (il rit) oui, tu peux ! C’est une communauté, ça n’a rien à voir avec le sexe mais avec l’amour, celui qu’on partage, donner les uns aux autres assez de force pour délirer, devenir celui que tu as toujours voulu être. Ce qui n’est pas facile, de nos jours…

Metal-Eyes : De quoi traitent vos textes ?

John Diva : Principalement, on parle d’amour, de romance, de te réinventer en amour. L’amour est sans doute le meilleur moyen de se réinventer : tu peux très bien te balader sur un boulevard parisien, croiser une superbe fille et une minute après, tu la perds de vue. Mais pendant une minute, tu as été amoureux. Je suis un grand romantique, et tant que tu es là dedans, c’est dans ton pouvoir masculin, mais ça peut te quitter. Le réalisme de l’amour est si puissant que, selon moi, il y a beaucoup de choses à écrire à son sujet. C’est mon message : soyons positifs les uns avec les autres.

Metal-Eyes : Ce positivisme est partout puisque tu chante qu’il n’y a pas de place pour le rock en enfer. D’habitude, on dit le contraire…

John Diva : Tu sais, il doit y avoir une de ces fêtes en enfer, mais j’imagine aussi que c’est blindé de monde, en ce moment… Moi, je préfère les bons hôtels, avec de grandes piscines dans lesquelles je peux me baigner seul… Alors j’imagine un grand endroit accueillant où on puisse aussi jouer du rock le paradis du rock. J’imagine que David Bowie s’y trouve, et d’autres aussi.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une seule chanson de ton album pour expliquer à quelqu’un qui ne connait pas John Diva And The Rockets Of Love ce que vous êtes, ce serait laquelle, et pourquoi ?

John Diva : Evidemment, si tu veux nous comprendre, il faut voir l’image dans son ensemble… Nous avons choisi Lolita comme premier single parce qu’elle décrit ce que nous visons : passer du bon temps, avec amour, la Californie ensoleillée, du rock. Vivre, et apprécier la vie. Une journée sur la plage, avec les copains, deux ou trois bières, commencer à te sentir bien alors que le soleil couchant apporte une superbe lumière…

Metal-Eyes : Devrions nous nous attendre à vous voir live, en France et en Europe ?

John Diva : Vous devriez, et c’est la raison de notre présence : nous avons eu de très bons retours de France, mais nous n’avons pu y jouer. Olivier (Garnier), qui nous a fait venir, est en contact depuis quelque temps avec notre management, et il y a une possibilité de faire venir le groupe en France, sur des festivals et autres, et, espérons-le, pouvoir organiser une tournée.

Metal-Eyes : A quoi doit-on s’attendre lors d’un concert du groupe ?

John Diva : Beaucoup d’énergie, et, si tu t’ennuies, si tu en as marre de ta garde robe, de ta vie, de Netflix, de tes addictions internet et que tu veux sortir le vendredi soir pour rencontrer des gens qui te ressemblent ou quoi sont ton opposé, alors, unissons-nous et créons un lien fort pendant deux heures.

Metal-Eyes : Tu as répondu à des questions toute la journée. Jusqu’à présent, quelle a été la meilleure question, la plus surprenante, qui t’a été posée ?

John Diva : J’ai une très mauvaise mémoire, tu sais… Il y a eu ces deux femmes, qui se nomme The 80’s babies. Elles sont venues avec des cartes, qu’elles ont retournées sur la table et il fallait que j’en choisisse. Au dos, il y avait une question. J’ai trouvé que c’est une bonne idée. Il y a une question « De quoi te souviens-tu des années 80 ? » J’ai répondu que je n’en sais rien, j’étais bourré !

Metal-Eyes : Tu étais trop jeune pour être bourré !

John Diva : Ouais, c’est ce que ma mère disait aussi (rires)

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de John Diva And The Rockets Of Love en 2019 ?

John Diva (il réfléchit) : Prouvons à nos mères qu’elles ont tort. Faisons en sorte de devenir ce que nous avons toujours voulu être.

Metal-Eyes : Attends, il faut éclaircir un point : ce gars (je désigne le barbu stylé) est Lee. Celui-ci (le plus grand) est Snake, exact ? Alors comment se fait-il que ce soit Lee qui soit habillé avec ce qui ressemble à de la peau de serpent ? (John explose de rire) En tout cas, merci beaucoup, et j’espère que nous aurons bientôt l’occasion de vous voir sur scène. Profitez de votre séjour ici, à Paris.

John Diva : Merci beaucoup, et n’hésitez pas à venir nous rejoindre sur facebook – facebook.com/johndivarocks – on a plein de choses à partager

Snake : Aa fait (il me montre la pointe de ses bottes) : ça c’est de la vraie peau de serpent, pas comme ses fringues (il désigne Lee)…