Interview: DEAD TREE SEEDS

Interview DEAD TREE SEEDS : entretien avec Alex (batterie) et Aurélien (guitare). Propos recueillis par téléphone le 24 juin 2021

Ils sont Français, ils aiment le thrash et ils viennent de sortir leur second album, le remarquable Push the button. Il est désormais temps de faire plus ample connaissance avec ces furieux au metal rageur et plus que prometteur.

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Metal-Eyes : D’après ce que je sais, Dead Tree Seeds a été fondé sur les bases de Triakhantos. Quand le groupe a-t-il été formé exactement ?

Alex : Dead Tree Seeds existe depuis fin 2009/début 2010. J’avais en effet une autre formation de Thrash qui a splitté, Triakhantos. Il y avait un guitariste, Nico, qui est resté et les autres ont dit qu’ils arrêtaient. Le triacanthos, c’est un arbre févier d’Amérique. Nico a dit « Nous, on est les graines de l’arbre mort », voilà comment est venu le nom du groupe.

Metal-Eyes : Voilà donc les origines du nom… Les graines d’un arbre mort ne servent pas à grand-chose même si on peut encore espérer y trouver un peu de vie… Vous avez sorti un premier album en 2013, Seeds of thrash, et ensuite il y a eu pas mal de changements de line-up.

Alex : Voilà, comme pour pas mal de groupes, en fait. Il n’y a pas de tensions, c’est juste la vie qui l’a voulu, des obligations personnelles pour les uns, professionnelles pour d’autres, mais, là, on a trouvé une stabilité.

Metal-Eyes : Aurélien est arrivé à la guitare en 2014 (il confirme), Francesco, le chanteur, en 2018, François à la guitare en 2019 et Sidi à la basse est arrivé… je ne sais pas quand…

Aurélien : Il est arrivé en 2015, quelques mois après moi.

Metal-Eyes : Donc ce line-up est stable depuis 2019. Espérons qu’il le reste !

Alex : Ecoute, ce qui intéressant, je me dis qu’il a déjà passé le Covid, c’est déjà une bonne chose ! Il y a des groupes qui ont splitté à cause de ça…

Metal-Eyes : Vous venez de sortir Push the button, votre second album. Quel a été, justement, m’impact du Covid sur sa préparation, son enregistrement ?

Aurélien : L’album est fini depuis 2017, en fait. Il était enregistré, prêt… Il ne manquait que le chant, mais on voulait aller de l’avant. Comme tout était composé, on a décidé d’enregistrer fin 2017 : guitares, basse et batterie, et le temps de trouver un chanteur – Francesco est arrivé fin 2018 – il a enregistré le chant à l’été 2019 et le temps de faire le mixage et le reste, le Covid est arrivé. Mais ça n’a pas impacté l’enregistrement.

Metal-Eyes : Ca n’a donc que retardé la sortie de l’album ?

Alex : Oui, notre label, Music-Records, nous a fait repousser la sortie de quelques mois, et c’était finalement une bonne chose. Il y beaucoup de sorties en ce moment, donc, quelque part, ça ne change pas grand choses, la date de sortie. Ce qui fait la différence, c’est la promotion avec Replica promotion.

Metal-Eyes : Moi qui ne vous connais pas du tout, comment décririez-vous votre musique ? Que pourriez-vous me dire pour me séduire et me pousser à écouter ce que vous faites ?

Aurélien : C’est un mélange de pas mal de groupes… On est tous fans de thrash des années 80, celui de la Bay Area – Testament, Slayer, Metallica, Exodus et tous ces trucs-là… Oui, du thrash old school avec une production actuelle. Clairement, si tu aimes le thrash, c’est fait pour toi.

Alex : Moi, pour te séduire, je te dirais que je t’aime beaucoup mais que si tu es fan de ces groupes, alors tu écoutes Dead Tree Seeds et c’est le carton.

Metal-Eyes : Sur ce second album, toutes ces références sont évidentes : les rythmiques de plomb à la Slayer, ce chant enragé à la Exodus, cependant, je note quelques approches plus modernes notamment avec un chant qui s’approche parfois du death.

Aurélien : Totalement… Frank Vortex, notre chanteur, module pas mal sa voix, il y met quelques growls et ça apporte une touche différente.

Alex : Et ce n’est pas voulu, on propose les morceaux comme ça vient, au feeling.

Metal-Eyes : J’ai l’impression que les thèmes principaux que vous abordez sont liés aux monstres, à l’heroic fantasy, à la mythologie…

Alex : C’est le chanteur qui s’occupe des paroles. C’est vrai que Fangs of the white wolves est assez fantasy, après il y a des choses un peu plus engagées, comme Push the button qui dénonce la politique. Il y a plusieurs choses, mais on reste dans la veine thrash metal, politique, sociétal…

Aurélien : Enemies of Rome est aussi politique, ça parle de tout ce qui est oppression, entraves à la liberté.

Metal-Eyes : Parlons justement un peu de la pochette : on y voit un personnage assez trumpiste dominé par une sorte de Vic Rattlehead, ainsi que des enfants qui portent tous un masque à gaz. On est en plein dans notre époque…

Alex : Ouais, on avait vu arriver le truc, on est des précurseurs (rires) ! On n’a pas fait exprès…

Aurélien : En fait, c’est notre chanteur qui a vu un discours de Trump qui disait « si j’appuie sur un bouton, je détruis tout », ce qui a inspiré directement le morceau. Du coup, on a choisi ce thème pour titre de l’album et pour l’illustrer. En effet, il y a cet homme qui ressemble à Trump qui contrôle le bouton nucléaire et derrière, la représentation de tous les lobbies, ceux de la finance, du gouvernement… et ça abouti à cette guerre nucléaire, ce décor apocalyptique, radioactif…

Metal-Eyes : Alex, comment analyses-tu l’évolution du groupe entre les deux albums ? Le line-up a complètement changé…

Alex : Oui, du premier il ne reste plus que moi. Du coup, l’évolution était obligatoire parce que les morceaux étaient composés par d’autres personnes. Et ça se ressent… Je dirai que Push the button il y a plus de maturité, les morceaux sont plus approfondis et surtout plus techniques. Mais il y a toujours le côté thrash qui est présent.

Metal-Eyes : Si l’un et l’autre vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Push the button pour expliquer ce qu’est Dead Tree Seeds, ce serait lequel et pour quelle raison ?

Alex : Oh là, dur comme question ! Je pense que Push the button est celui qui nous représente le mieux, en fait.

Metal-Eyes : Il le résume de quelle manière ?

Alex : En termes de puissance, de speed, de groove, de parties lentes…

Aurélien : en matière de solos, aussi… Il y a tout dans ce morceau, il représente bien ce que l’on fait.

Metal-Eyes : L’album débute avec une intro hispanisante avant de rentrer dans le vif du sujet : thrash, thrash, thrash. Vous envisagez de vous calmer à un moment, de proposer quelque chose de plus soft ?

Aurélien : Non, c’est juste que, quand j’ai composé ce morceau hispanisant, je n’ai gardé que l’intro. J’aime bien les groupes qui proposent une intro instrumentale pour un album. Je trouve ça sympa, le côté « guitare acoustique », ça me fait penser au Battery de Metallica. Je trouve ça sympa en ouverture d’un album, un petit instrumental.

Alex : Quand on compose, on ne calcule pas, on fait comme ça vient, au feeling du moment. Le troisième album qui est entièrement composé, il y a une intro aussi. On ne cherche pas à savoir si on va se calmer ou pas, on le fait vraiment au feeling.

Aurélien : Il y a l’interlude au milieu, aussi, mais c’est pas tout à fait pareil. C’est juste pour avoir une petite pause au milieu de l’album.

Metal-Eyes : Un groupe comme le vôtre, j’imagine que c’est aussi taillé pour la scène. Maintenant que la situation semble s’améliorer, les concerts vont-ils reprendre ?

Aurélien : On n’a rien de concret pour le moment, on ne nous a rien proposé. Il y a des dates de 2020 qui ont été annulées et qui vont certainement être reportées, mais pour le moment, rien… Je pense que les gens attendent que l’été passe pour évaluer la situation sanitaire.

Alex : On espère aussi qu’avec la promotion qu’on fait aujourd’hui ça va attirer des gens… Il est efficace Roger !

Metal-Eyes : Non, non, il fait n’importe quoi !

Alex : Oui, oui, j’ai remarqué, c’est mal organisé (rires) ! On a commencé à 9h, on était sur place, première interview à 10h et depuis on n’arrête pas…

Aurélien : On a à peine eu le temps d’aller manger (rires) !

Metal-Eyes : Vous proposez votre album en différentes versions et différentes packages. Par quel biais je dois passer si je veux un album dédicacé ?

Alex : Tu peux le commander directement sur Music-Records, mais si tu le veux dédicacé, le mieux, c’est de passer par la page Facebook du groupe (https://www.facebook.com/DeadTreeSeedsThrash), là on a même en stock des photos dédicacées.

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Dead Tree Seeds ?

Alex (sans hésiter) : Ah, ben on en a une, c’est Thrash ‘til death

Metal-Eyes : Oh, facile, ça a déjà été fait, mais bon, je l’accepte ! Vous avez quelque chose à ajouter avant de nous quitter ?

Alex : Oui, on a un Ep qui sortira le 11 février 2022 avec 3 titres du premier album entièrement refaits, plus un nouveau titre qu’on ne trouvera nulle part ailleurs.

Metal-Eyes : Vous avez un troisième album qui est prêt et un Ep qui va sortir en février. L’album est prévu pour quand ?

Aurélien : Le troisième album ? Les morceaux sont composés mais il faut qu’on bosse dessus. D’abord la sortie de l’Ep, ensuite… chaque chose en son temps

Alex : Et ça va dépendre de plusieurs facteurs : est-ce qu’on sera sur le même label, ça dépendra aussi des finances pour l’enregistrement, de plein de choses en fait.

Metal-Eyes : Donc ce sera l’objet d’une prochaine interview !

Alex : Ben voilà, merveilleux !

Interview: HEVIUS

Interview HEVIUS : entretien avec Julien Ferrier (chant, guitare). Propos recueillis par Skype le 22 juin 2021

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Metal-Eyes : Hevius a été formé en 1995 en région parisienne, vous avez sorti un premier album, Derrière la lumière, en 2005, et l’an dernier, en 2020, vous avez publié Millénaire.

Julien : Exactement.

 

Metal-Eyes : C’est quoi, le groupe exactement ?

Julien (il rit): Ah, merde, on m’avait jamais posé cette question… Attends, je ne suis pas prêt (rires) ! C’est quoi l’histoire ? L’histoire c’est celle d’un groupe qui a commencé au lycée, comme beaucoup de groupes, et qui ne s’est jamais arrêté. Au final, en 15/20 ans, les gens viennent, partent, on grandi tous. Surtout, on a eu plusieurs époques, parce qu’au début, on ne faisait pas de metal, on faisait des reprises punk, The Offspring…

 

Metal-Eyes : Ouais, punk US…

Julien : Oui, punk californien. Très vite, on est passé à autre chose, on a fait des reprises metal mais à un moment, on s’est dit : des reprises, c’est sympa, mais là, il va falloir autre chose ». A partir du moment où on a composé notre premier titre, on n’a plus fait de reprises. Et en 2005, on avait un line up plutôt stable, on a sorti Derrière la lumière qu’on a complètement autoproduit – ça s’entend quand tu l’écoutes… Ça s’entend d’autant plus qu’à l’époque, c’est le chanteur qui s’est chargé du mixage, et il n’avait pas la moindre notion du mixage (rires). On a tout appris sur le tas, on a tout fait nous-mêmes, pareil pour la pochette. La seule chose qu’on n’ait pas fait nous-mêmes, c’est le pressage, mais là, ça ne dépendait pas de nous ! Après 2005, les choses ont un peu bougé : le chanteur est parti, le clavier aussi et là on s’est dits que ça allait être un peu compliqué de trouver quelqu’un. Finalement ça s’est faits, le guitariste aussi et, ce qu’il se passe au final, quand tu changes de personnel, c’est que les goûts ne sont pas forcément les mêmes. Il y a des morceaux qu’on a laissé tomber, d’autres qu’on a ajoutés, Olivier (Olivier Louis-Servais), avec sa façon de jouer de la guitare a aussi un peu changé la donne… Flo (Florian Altairac) avec ses claviers, pareil… Donc on a tout refait. Et l’album Millénaire, même s’il est sorti en 2020, on a mis du temps à le faire.

 

Metal-Eyes : On va en reparler. Le line-up actuel date de quand ?

Julien : Oh, punaise, moi et les dates… J’ai envie de te dire 2013, le dernier arrivé étant Hugo à la basse, Olivier est arrivé avant lui à la guitare… Je l’ai recruté à la source : vendeur de guitares (rires) !

 

Metal-Eyes : Entre les deux albums, l’un autoproduit, l’autre… un peu autoproduit aussi, il y a eu pas mal de mouvements de personnel. C’est dû à quoi tous ces changements ? Obligations familiales, boulot, le manque de visibilité sur l’environnement de la musique ?

Julien : Non, ça, ça n’a jamais été un problème parce qu’on n’a jamais eu comme objectif de défoncer le marché. Avant tout, c’est le plaisir de jouer. En 2005/2008, chacun devait s’affirmer dans sa vie professionnelle ou familiale et c’est comme ça que David, le chanteur, qui est parti – aussi pour des raisons musicales, ce qu’on faisait lui plaisait un peu moins. Fabio, c’était pour d’autres raisons parce qu’il commençait à avoir beaucoup de groupes, beaucoup de choses et il avait besoin de temps pour sa vie professionnelle. On était dans une période où chacun avait besoin de se stabiliser un peu. Du coup, l’avantage, c’est que les gens qu’on a trouvé étaient déjà stabilisés. Le bassiste est parti parce qu’il a déménagé et il habitait un peu trop loin, donc il a préféré arrêter.

 

Metal-Eyes : Tu parles de plaisir, c’est ce que j’ai écrit dans la chro de l’album. Vous cherchez quoi dans la musique ? Seulement du plaisir ou un peu plus ? Parce qu’avec un album tous les 15 ans…

Julien : Ouais, ça fait beaucoup, hein (rires) ! On est déjà sur la composition du prochain, un peu différent. L’objectif, c’est de faire un nouvel album plus rapidement que ça, quand même !

 

Metal-Eyes : Objectif 2034 ?

Julien : 33 (il rit). Non, je ne donne pas de date, on risque de me la ressortir après, ça la fout mal ! Notre objectif c’est de jouer… Ce qui est très frustrant, parce que cet album, on n’a pas pu le défendre sur scène. Il est sorti en plein confinement… On est vraiment un groupe de scène, et ça ne s’est pas fait. Nous faire connaitre partout dans le monde, pourquoi pas ? Mais, déjà, en chantant en français, on se ferme quelques portes. Un peu de frilosité ? Je ne sais pas, mais c’est limité.

 

Metal-Eyes : On peut, comme ADX et d’autres groupes français l’ont fait, vous dire d’aller vous faire voir chez les Grecs (il rit). Ils aiment bien le metal chanté en français…

Julien : Oui, pourquoi pas…

 

Metal-Eyes : Votre actualité, un an après la sortie de Millénaire, c’est une nouvelle vidéo, Hevius et versa, une reprise…

Julien : On a un tout petit peu plus d’actualité en ce moment avec ce clip vidéo. C’était un peu pour fêter l’anniversaire de l’album, un peu en retard. On a commencé le clip à la date anniversaire ! C’est un des morceaux bonus de l’album qui est une reprise de Vice et versa des Inconnus. Ce morceau, il a juste été taillé pour le metal, tu peux te demander pourquoi, à la base, il n’a pas été fait en version heavy metal… C’est un morceau qui est pile poil dans notre cœur de cible : les gens qui ont apprécié les années 90 et qui apprécient ce que l’on fait. Ce morceau, dans notre tranche d’âge, tout le monde le connait, et c’est un gros délire de le reprendre. Au début, on voulait un clip un peu différent, on voulait plus se rapprocher du clip d’origine pour faire un gros clin d’œil, mais on ne pouvait pas sortir. Donc, on a acheté un fond vert et on a essayé de faire la même chose…

 

Metal-Eyes : Tu parles des années 90, mais vous êtes très influencés aussi par les années 80… Quand j’écoute vos albums, j’entends beaucoup de Maiden, de Priest. du power metal à la Helloween aussi, mais beaucoup des 80’s. Vos influences, c’est quoi ?

Julien : Je ne fais pas la différence entre les années 80 et 90…

 

Metal-Eyes : Tu devrais pourtant, il y a eu Nirvana et toute la vague grunge…

Julien : Clairement, quand tu parles des influences Maiden, c’est évident, les plans à deux guitares et ces trucs-là. On ne le renie pas, c’est des choses qu’on adore et on nous le dit souvent. Ça nous fait juste plaisir… J’adore aussi des groupes comme Beast In Black ou Battle Beast… Bon, c’est la même chose, deux groupes en un, mais c’est un son moderne totalement issu des années 80. On est aussi influencés par les groupes du début des années 2000, Sonata Arctica, Stratovarius – même si ça remonte un peu plus…On reste dans le power metal, à fond.

 

Metal-Eyes : Si tu devais décrire votre musique pour votre auditoire qui ne vous connait pas encore, tu dirais quoi ?

Julien : Quand on a sorti Derrière la lumière, on nous a dit « les mecs, vous faites pas du metal »… Ben, quand même, si un peu… On avait trouvé un terme pour ça, à l’époque : on fait du metal assez mélodique, pas trop bourrin, et on avait appelé ça du « gate metal », la porte vers le metal

 

Metal-Eyes : J’ai cru que tu avais dit « gay metal » ! En même temps, pourquoi pas, ça peu être très bien aussi !

Julien (rires) : On vend des tapettes à mouche ! Merde, j’en ai pas là, mais on en vend ! Comment on pourrait le définir aujourd’hui ? Heavy power metal avec du chant en français. Le chant en français a une particularité qui ne laisse pas indifférent en général, parce qu’on écoute le texte, plus qu’en anglais, donc là, on ne peut pas déconner, on ne peut pas faire semblant sinon, très vite, tu deviens ridicule, ou tu n’assumes pas ce que tu fais. J’attache énormément d’importance aux textes.

 

Metal-Eyes : Tu dis « on écoute beaucoup le texte » et que tu y attaches « énormément d’importance ». Vous traitez de quoi dans vos chansons ?

Julien : Alors, clairement, je ne fais pas du texte à message, je reste dans le metal… Le premier album était plutôt onirique, le rêve… Millénaire a des textes qui peuvent paraître un peu plus guerriers, mais au final…

 

Metal-Eyes : Manowar ?

Julien : Alors… on n’en est pas encore aux dragons ou aux guerriers, et je n’y tiens pas spécialement, pour tout te dire. C’est le genre de choses que j’évite d’aborder, on tombe vite dans le kitch et je ne sais pas si j’assumerai. Il faudrait essayer mais on verra. On nous a dit une fois que nos textes sont super sombres, ils parlent de la guerre, de la mort. Mais si tu lis les textes jusqu’au bout, tu verras que c’est toujours teinté d’espoir. J’aime beaucoup travailler sur les contrastes : le bien/le mal, la lumière/les ténèbres… Ça peut paraître un peu bateau mais j’essaie de le faire avec un maximum d’imagerie pour que ça reste sympa à lire ou à écouter.

 

Metal-Eyes : « Imagerie », alors parlons un instant de la pochette de l’album : on voit un oiseau selon moi percé de deux flèches, un oiseau qui pourrait évoquer l’image d’un phénix. Le phénix est un oiseau qui renaît de ses cendres, Hevius a sorti son premier album il y a plus de quinze ans, quinze ans entre ses deux albums… Est-ce un signe disant que vous renaissez de vos cendres ?

Julien : Oui et non. Oui, parce que on ne peut pas nier le fait qu’on a mis du temps avant de sortir ce second album. Tu auras remarqué le nom de l’album qui évoque le fait qu’on ait mis autant de temps. Quand on a pensé au nom de l’album, on s’est dit qu’avec un titre comme Millénaire, on allait se faire tailler, mais on a décidé de jouer dessus. Le phénix n’est pas arrivé tout de suite, ce n’était pas l’idée première. Je pense qu’on a fait les choses à l’envers : on s’est demandés comment on allait appeler cet album, on a pensé que le morceau Millénaire est un bon morceau et on l’a retenu comme titre. Et comme ce morceau parle d’un phénix, l’idée est née comme ça. Finalement, ça boucle bien la boucle avec le fait que le groupe a beaucoup évolué et qu’on ait mis du temps à le faire, cet album.

 

Metal-Eyes : « Bouclé la boucle » ne signifie pas que ce soit la fin du groupe… Ce serait dommage de faire une interview si c’est la fin…

Julien : Non, non (rires)

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Millénaire qui vous représente aujourd’hui, un titre que tu me ferais écouter en me disant « voilà, c’est ça, ce que nous sommes », ce serait lequel ?

Julien : Pas forcément mon préféré, alors… Attend, il faut que je regarde quels morceaux il y a sur cet album (note : je présente l’album à la caméra pour qu’il puisse se souvenir des titres) La vache, c’est dur d’en choisir un…

 

Metal-Eyes : uU titre, pas deux… Un titre que tu ferais écouter à mon épouse qui est juste à côté (note : on entend un gros « non ! je ne suis pas à côté ! »)

Julien : Sympa la réaction (rire général) ! Je dirai Millénaire parce que c’est un titre qui envoi et il y a une partie au milieu un peu Happy metal, et ça représente bien Hevius.

 

Metal-Eyes : Ca veut dire que les autres, ils n’envoient pas ?

Julien : Oh, lui ! J’ai dit que celui-là, non seulement il envoie, mais comme les autres…

 

Metal-Eyes : Tu n’as pas dit « non seulement »… Si tu devais penser à une devise pour Hevius, ce serait quoi ?

Julien : Il y a une phrase qui revient souvent en répète, parce qu’on passe peu de temps à répéter en répète, on dit beaucoup de bêtises…

 

Metal-Eyes : C’est peut être pour ça, la production du premier album…

Julien : C’est possible (rires). En général, quand il y en a un qui dit une connerie, on dit « c’est nul, j’adore ! » Et cette phrase, elle pourrait être celle qui nous représente.

 

Metal-Eyes : Donc je peux le dire au sujet de votre album: C’est nul, j’adore! Tu parlais tout à l’heure du fait de penser à votre prochain album. Il va ressembler à quoi ? Vous évoluez vers d’autres choses ?

Julien : On a déjà composé deux morceaux, et le leitmotiv, c’est de rester dans le style tout en proposant quelque chose de différent. A chaque moment du morceau, on se demande si c’est quelque chose qu’on a déjà fait. On essaie de proposer des morceaux de rupture ou de vraies ruptures dans les morceaux pour éviter de proposer un Millénaire bis.

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : on se retrouve pour une prochaine interview… dans 14 ans ?

Julien (rires) : Ah, la provoc’, je ne suis pas habitué, moi !

 

Metal-Eyes : Demande à ton agent de t’organiser plus d’interviews ! As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

Julien : Si les gens peuvent acheter directement l’album physique…

 

Metal-Eyes : Directement chez-vous, via Season of Mist ?

Julien : Oh… à partir du moment où ils l’ont dans les mains, moi, ça me va ! Reprenons : achetez l’album physique, on y a mis tellement de cœur ! Et le livret, il y a quelques surprises, ce serait dommage de passer à côté !

 

Metal-Eyes : Ça provoque une autre question : vous y avez « mis tellement de cœur »… mais y avez-vous mis de couilles ?

Julien : Euh, littéralement ou ???

 

Metal-Eyes : Y en a qui ont essayé…

Julien : Je crois qu’on y a mis une ou deux choses que je n’ai jamais vues dans un autre livret.

 

Interview: PRIMAL AGE

Interview PRIMAL AGE : entretien avec Benoit (guitare). Propos recueillis par téléphone le 7 juin 2021

Metal-Eyes : Benoit, Primal Age, en 2021, c’est quoi ?

Benoit : Déjà, en 2021, Primal Age c’est un groupe qui est toujours là, qui n’a pas succombé à la pandémie. C’est la sortie d’un nouvel album. C’est surtout les précurseurs du metal hardcore en France, un groupe qui a apporté le mix entre ces deux genres…

 

Metal-Eyes : Mais ça c’était hier. Tu viens de le dire, votre nouvel album sort ce mois-ci. Il s’appelle Masked enemy, ce qui se traduit par Ennemi masqué. Il sort un an après le début de la pandémie. Question quelque peu évidente : s’agit-il d’un hasard, d’une coïncidence une y a-t-il une volonté de votre part de l’intituler ainsi ?

Benoit : C’est un pur hasard… Il faut savoir que la composition a démarré il y a 3 ou 4 ans, que les textes et les titres ont été trouvé en amont. On nous le dit à chaque fois, mais, non, c’est un pur hasard…

 

Metal-Eyes : En même temps, vous parlez d’un ennemi masqué alors qu’aujourd’hui, c’est nous qui sommes masqués… Quels thèmes abordez-vous sur cet album ?

Benoit : Comme depuis les débuts du groupe : on aborde les thèmes de l’écologie, de la cause animale, de la politique, tout ce dont on a pu parler sur les albums précédents, on reste sur ces thèmes.

 

Metal-Eyes : Vous abordez également le thème du végétarisme (il confirme), ce qui est assez contradictoire avec le nom du groupe qui signifie « âge primaire ». Nos ancêtres étaient assez peu végétariens ou végétariens…

Benoit (il rit) : C’est sûr… Il y a 3 végé/végan dans le groupe, ce n’est pas moi qui pourrait le mieux t’en parler…

 

Metal-Eyes : Alors tu leur diras que le nom n’est pas cohérent par rapport à l’histoire du groupe. Tu es arrivé en 2015 avec Flo, le batteur. Tu as enregistré A silent wound et The light to purify avant celui-ci.

Benoit : Exact. Sur A silent wound, c’est Sylvain des Seekers of the truth, un ami de longue date, qui nous a dépannés sur la tournée japonaise – il a pris la place de Yohann à la guitare sur la tournée japonaise et m’a remplacé sur la tournée brésilienne.

 

Metal-Eyes : Comment me vendrais-tu Masked ennemy ?

Benoit : Je pourrais te dire que c’est un bon mix de tous les genre metal edge hard core à l’ancienne, qu’on a pu retravailler pour le moderniser, avec un bon gros son de Guillaume Doussaud au mixage et Alan Douches au mastering. On a beaucoup de retours médias positif et on attend avec impatience les retours des personnes qui ont précommandé l’album. Pour nous, c’est certainement le meilleur album produit par Primal Age ?

 

Metal-Eyes : Le meilleur album, de quel point de vue ? Compositions, production, efficacité… ?

Benoit : A tout point de vue !

 

Metal-Eyes : OK, on va faire simple, alors…

Benoit : On va faire simple et efficace ! Il y unanimité là-dessus.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Primal Age entre The light to purify et Maked enemy, toi qui a justement participé aux deux ?

Benoit : Beaucoup de modernité due aux nouvelles technologies qui ont pu arriver, dans mon cas, en ce qui concerne les amplis de guitare, mais aussi dans les micros, les techniques d’enregistrement… On s’est un peu servis de tous ce qu’on aime en matière d’effets par exemple. Je pense que notre arrivée, à Flo et moi, ça a aussi apporté un coup de « refresh » aux composition. Mais le groupe continue avec la même rage.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de ce nouvel album pour expliquer ce qu’est le groupe aujourd’hui, ce serait lequel ?

Benoit : Euh… Je vais te dire I warn you, mon titre préféré. Pour le côté bien pêchu de certains riffs, mais aussi pour le côté très technique de certains sons. Il y a aussi le côté un peu punk, c’est un peu un mix de plusieurs genres, mais que du meilleur.

 

Metal-Eyes : ça veut dire que les autres sont moins bons.

Benoit : Ah, non ! Non, ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit (rire) ! Je vais me faire taper sur les doigts après ! C’est sur ce titre-là, qu’on répète toujours en studio, que j’ai vraiment envie de sortir de mes gonds !

 

Metal-Eyes : Ça fait 6 ans que tu es dans ce groupe qui s’est formé en 1993. Comment décrirais-tu la musique de Primal Age à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Benoit : Je dirais que c’est avant tout une musique de passionnés, une musique qui transmet… Je compare ça à un défouloir, pour certains c’est le sport, nous c’est la musique. Les retours que nous avons, c’est que les gens nous disent qu’on sent qu’on vit la musique quand on la joue, c’est sincère. Même entre nous, on a beau être de plusieurs générations, on est en osmose, tous ensemble sur un même bateau. Une déferlante de rage, mais de rage positive.

 

 Metal-Eyes : Depuis sa formation, Primal Age a donné 700 concerts, a tourné au Japon, au Brésil, au Mexique, a joué en festivals mais au regard de l’ancienneté du groupe, ça fait un nombre de concerts trop peu nombreux pour que le nom de Primal Age s’impregne dans l’esprit des gens (Il approuve). Que manque-t-il à Primal Age pour passer à l’étape supérieur ?

Benoit : Ça, c’est une bonne question ! Je vais te donner mon avis : pour moi, ce serait la communication et augmenter notre présence sur scène, plus de dates, de festivals. On n’est pas un groupe professionnel, on a tous un boulot, on doit s’adapter… Peut-être que le manque de communication via les médias ou les réseaux sociaux, pas assez fait depuis le début, a freiné certaines choses. On essaye de se rattraper. Depuis que je suis arrivé dans le groupe, j’ai proposé de gérer les médias. Je suis le plus jeune du groupe – je vais avoir 24 ans – je pense connaitre un peu mieux que Didier ou Dimitri le fonctionnement des réseaux. Pour l’instant, ça porte ses fruits, même si on ne pourra jamais rattraper le temps perdu.

 

Metal-Eyes : Ce que je constate aussi c’est que, malgré un gros trou dans votre parcours, vous semblez avoir trouvé un rythme dans la sortie de vos productions avec une nouveauté tous les deux ans environ. Sans doute, en effet, que le nom du groupe s’ancrerait plus avec la communication dont tu parles.

Benoit : Oui, c’est sûr.

 

Metal-Eyes : Ce qui pourrait être un message, comme d’autres le font, c’est de repartir de zéro avec un album auto nommé.

Benoit : Oui, c’est vrai, toute idée est bonne à prendre, je n’y avais pas pensé…

 

Metal-Eyes : Si tu devais envisager une devise pour Primal Age, quelle serai-elle ?

Benoit : Mmmmhhhh…. Alors là… tu me poses une colle, terrible… J’y réfléchis, je vais te dire dans un instant…

 

Metal-Eyes : On va y revenir. Parlons de l’illustration de ce nouvel album : il s’intitule Ennemi masqué, nous voyons un cadavre dont les yeux sont bandés – on aperçoit aussi un troisième œil – et au-dessus de lui, une créature cornue qui a une capuche qui lui couvre la tête. Lequel des deux est le véritable ennemi ?

Benoit : Ça … c’est à chacun de l’imaginer après écoute de l’album… C’est Greg, de Visual Injuries, qui travaille avec nous depuis 2015. Il fait notamment des designs pour le Hellfest et il connait très bien le groupe. On lui donnait des directives, on lui demandait quelques modifications, mais pour cet album, on lui a laissé carte blanche. On lui a envoyé les textes, les sons, il nous a fait un premier envoi et ça a été du one-shot. Il nous a dit qu’il s’était senti vachement inspiré. Quand tu lis les paroles, que tu écoutes certains sons, tu fais tout de suite le lien avec certains détails.

 

Metal-Eyes : Cet album a été finalisé en pleine période de pandémie. Comment avez-vous procédé pour son enregistrement ? Vous avez modifié vos habitudes ?

Benoit : Oh, oui… Oui. Comme je te le disais, la composition a commencé il y a 3 ou 4 ans On avait encore Mehdi à la batterie, on a repris le tout premier batteur avec qui on a tourné mais quand on a commencé à penser nouvelles compositions, il nous a expliqué qu’avec son changement de travail, ça allait être compliqué. On a retrouvé un batteur, Toki de The Arrs (Note : Vincent Bertuit), qui a fait une tournée avec nous. Mais arrivés à la composition, on n’était pas sur la même longueur d’ondes. Là, on a cherché une solution, on a envoyé quelques sons à notre pote, Rudy, d’Explicit Silence, en lui demandant si ça lui parlait. Il nous a envoyé un premier son et ça l’a fait direct. On lui a proposé d’enregistrer l’album avec nous et ça nous a enlevé une grosse épine du pied. Tout ce qui est compositions, Dimitri, le bassiste, avait écrit une bonne moitié de l’album. Quand il a un son e n ête, il l’a en entier – chant, basse, guitare – et Flo a su s’imprégner de l’univers de Primal Age et il a composé l’autre partie des sons.

 

Metal-Eyes : La situation sanitaire semble commencer à s’améliorer : est-ce que vous avez commencé à ré-envisager des dates ?

Benoit : Oui, absolument. Notre tour manager a commencé à en caler quelques-unes. Si tout se passe bien, on devrait faire notre rentrée scénique en octobre. Après, je ne peux pas encore parler des projets de 2022, mais tout commence à se décanter. Ça commence à sentir bon.

 

Interview: BLIND CHANNEL

Une quinzaine d’années après la victoire d’un groupe monstrueux, la Finlande envoie une nouvelle salve métallique la représenter sur les planches de l’Eurovision. En arrivant 6ème, Blind Channel s’est joliment fait remarquer et a pu avancer de très belle manière ses pions sur l’échiquier mondial. C’est donc avec un réel plaisir que Metal Eyes a pu s’entretenir avec Niko, un des deux chanteurs au cours d’une interview plus que sympathique. Une très jolie découverte!

Interview BLIND CHANNEL : entretien avec Niko (chant). Propos recueillis par Skype le 10 juin 2021

Metal-Eyes : Niko, tout d’abord, Blind Channel, c’est quoi ?

Niko : Blind Channel est un groupe de metal qui a vu le jour en Finlande en 2013. Nous décrivons notre musique comme de la pop violente (« Violent pop »)

 

Metal-Eyes : Ce qui est le titre de votre dernier album…

Niko : Oui, c’est son titre.

 

Metal-Eyes : Vous vous êtes donc formés en 2013… Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui ne connais pas le groupe, au-delà de simplement Violent Pop ?

Niko : C’est là qu’est justement née l’idée de pop violente : nous avions plusieurs démos de prêtes que nous devions envoyer à des radios locales. « Nu metal » nous paraissait trop ancien, démodé, « rock alternatif » nous semble être la manière la plus ennuyeuse de décrire ta musique, tu ne sais pas quoi en dire… Nous voulions quelque chose de court et catchy. C’est alors que j’ai suggéré cette idée de Violent pop, ce qui est le moyen le plus court de nous décrire. C’est du rock direct avec une touche mainstream. Nous sommes clairement un groupe de rock, mais nous aimons tout ce qui est mainstream : nous adorons la pop, le rock, le rap, le hip hop, l’électro. Si nous aimons une chanson à la radio, nous avons envie de faire la même chose en y apportant une touche de rock. Nous sommes un groupe de 6 musiciens, chacun apporte sa touche, nous mélangeons tout et nous voyons ce qui en ressort. Voilà ce qu’est la pop violent.

 

Metal-Eyes : Violent pop est sorti en 2020, c’est votre troisième album. Avant, vous avez publié Revolutions en 2016, trois ans après la formation du groupe, puis Blood brothers en 2018. C’est un bon rythme que de sortir un album tous les deux ans ?

Niko : Oui, c’est bien.

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de Blind Channel entre Blood brothers et Violent pop ?

Niko : Notre premier album, Revolutions, c’était la découverte, la première fois que nous enregistrions un disque. Tu peux entendre que c’est assez sauvage, sans retenue… Il y a certaines de mes chansons préférées, et on entend bien l’orientation musicale. Blood brothers, nous avions un peu plus d’expérience. Les paroles étaient plus personnelles, plus osées. Après cet album, nous avons écrit beaucoup de chansons et avions le sentiment que ce concept de pop violente avait atteint ce que nous recherchions. Nous avons donc appelé cet album ainsi, et si quelqu’un nous demande « mais c’est quoi cette idée de pop violente », on peut lui tendre l’album et lui dire d’écouter.

 

Metal-Eyes : Donc, l’évolution entre les deux derniers albums, c’est la réelle définition de votre identité musicale de pop violent.

Niko : Oui, définitivement. Et, aussi, nous étions assez jeunes lorsque nous avons enregistré les deux premiers albums, et entre Blood brothers et Violent pop, il s’est passé beaucoup de choses, nous avons eu des moments sombres. Nous avions la vingtaine, et il se passe de choses pas toujours drôles à cet âge. J’écris les paroles, et j’ai abordé des choses très personnelles. Je vivais des moments sombres, et c’est là que j’ai pu composer. « Putain, ouais, c’est Violent pop tout ça ! » Nous voulions écrire de chansons vraiment catchy… Beaucoup de choses nous sont arrivées depuis…

 

Metal-Eyes : Nous ne vous connaissons pas vraiment en France (il confirme). Comment vous êtes-vous rencontrés et réunis, tous les 6 ?

Niko : Nous fréquentions la même école de musique dans le nord de la Finlande. Je savais qui était ces gars, mais je ne les fréquentais pas. C’était des rockers, moi, un rappeur. Les gars jouaient dans des groupes, tournaient dans des bars en Finlande, leurs groupes se sont séparés… Ils voulaient former un nouveau groupe. Et il y a eu cette fête où nous étions tous, ils m’ont dit monter un groupe mais ne voulaient pas être un simple groupe de rock. Ils voulaient faire quelque chose de frais, neuf. Ils savaient que j’évoluais dans le rap et ont pensé que je pouvais apporter quelque chose de neuf. Je me suis dit : « pourquoi pas ? », on s’est retrouvé au local de répétition et là, tout s’est mis en place tout seul. C’était génial, ça sonnait nouveau. Nous avons commencé à composer. Alexis, le dernier arrivé, le 6ème membre, est un de nos vieux amis qui a une réputation en tant que DJ ici, en Finlande. Il est assez connu. Il est tombé amoureux de notre musique et, il y a environ un an, il nous a dit : « de toutes façons, je suis coincé ici, pourquoi ne pas m’intégrer au groupe ? » Il est officiellement le sixième membre et nous avons enfin le sentiment que Blind Channel est au complet.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Violent pop pour expliquer à quelqu’un ce qu’est votre musique, laquelle serait-ce ?

Niko : De Violent pop ? Sans hésiter, ce serait Over my dead body. C’était le premier single, et une des premières chansons que nous avons composées pour cet album et celle qui nous a permis de nous faire un nom.

 

Metal-Eyes : Es-tu fatigué de parler du concours Eurovision ou pas encore ?

Niko : Eh bien… (il agite la main et rigole). Allez, on peut parler de l’Eurovision si tu le souhaites.

 

Metal-Eyes : Certains vous ont découverts lors de votre passage à l’Eurovision. Comment un groupe comme Blind Channel se retrouve-t-il impliqué dans un tel concours ?

Niko : Ben, on ne savait pas quoi faire d’autre (rire général). Nous avons sorti Violent pop, avions une grosse tournée européenne prévue et, soudain, tout a été annulé…Nous savons tous pourquoi. Nous étions dans notre local et nous nous sommes dit que nous avions construit quelque chose pendant 7 ans, et n’avions aucune envie d’attendre. Notre guitariste nous a dit : « les gars… On devrait aller à l’Eurovision ». La plupart d’entre nous lui a dit que nous sommes un groupe de rock, que nous n’avons rien à faire là-bas…et on a commencé à y réfléchir : « et pourquoi pas, ça pourrait être top ! » Nous connaissions l’Eurovision, mais aucun de nous ne l’avait jamais regardé. Il fallait que nous y allions pour savoir ce que c’était. Et c’était une super fête, une des plus belles expériences de ma vie ! Je pourrais en parler quand je serai un vieil homme. Et ça a propulsé notre carrière : maintenant, l’Europe entière connait Blind Channel. Même si nous étions sceptiques au départ, je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver cette année.

 

Metal-Eyes : Je peux l’imaginer. Te rends-tu compte que depuis la création de l’Eurovision en 1961, la Finlande a presque toujours été représentée mais que seuls 12 groupes ou artistes ont fini dans les 10 premiers du classement. Parmi eux, seuls 2 viennent du rock/metal : vous cette année et Lordi qui est arrivé premier en 2006. Tu crois que le concours Eurovision devrait plus se tourner vers le rock que la variété ?

Niko : Absolument, regarde qui a gagé : Maneskin, un groupe rock. C’est la meilleure chose qui puisse arriver : qu’un groupe de rock gagne ce concours, et que nous soyons parmi les 10 premiers ! Les gens ont besoin de rock ! Ce n’est pas que le rock, peu importe le genre : une bonne chanson est une bonne chanson, que ce soit du jazz, de la musique classique, de l’électro… C’est avant tout un concours de pop, avec de bonnes chansons. Mais s’il y avait un spectre plus large, une plus grande représentativité des genres… Une chanson pop et une autre et une autre encore… ça devient vite lassant. Tu ne peux pas regarder ça pendant deux heures !

 

Metal-Eyes : En 2006, lorsque Lordi est rentré en Finlande, ils ont été accueillis en héros. Comment s’est passé votre retour ?

Niko : C’était très cool… un peu comme des héros aussi, bien que nous ne soyons partis que 48 heures. Mais nous étions saouls de fatigue ! A part cela, je crois que les gens étaient très contents de notre position. Un moment historique pour la Finlande qui n’a pas tant de top 10 que ça. Les gens étaient sceptiques au départ « ces gars ne vont jamais y arriver, l’Eurovision n’est pas faite pour ce genre de groupe… » ! On était content de pouvoir leur prouver le contraire. Oui, l’accueil a été assez héroïque, mais je ne m’en souviens pas tant que ça. C’était fun !

 

Metal-Eyes : Vous êtes arrivés 6èmes. Il y a 6 membres dans le groupe. Que ce serait-il passé si tu t’étais débarrassé des 5 autres membres ?

Niko : Oh, mon dieu, je n’y avais pas pensé sous cet angle… Merde, je sais que j’aurais dû le faire en solo (rires) !

 

Metal-Eyes : Le concours Eurovision a permis à Blind Channel de grossir et de toucher un plus vaste public à travers les stations de streaming ou les ventes en lignes. Comment allez-vous gérer votre image à l’issue de ce concours ?

Niko : Eh, bien… nous allons proposer de la nouvelle musique, et surtout un nouvel album. Pendant l’Eurovision, nous avons signé un gros contrat de disque, alors nous devons enregistrer un super album qui sortira l’année prochaine. Nous n’allons pas nous arrêter là. Comme je l’ai dit, l’Eurovision n’a jamais été un rêve, mais ça représente une étape dans notre carrière, un peu décalée, mais nous n’avions rien d’autre à faire. Maintenant, nous sommes vraiment reconnaissants envers tout ce que l’Eurovision a pu nous apporter, nous avons plus de followers, de fans. Mais le travail continue, notre rêve était de tourner à travers le monde avec notre musique. C’est toujours notre but. L’Eurovision fait que les attentes du public sont importantes, et c’est une bonne chose, on a faim, et on va prouver aux gens ce dont nous sommes capables !

 

Metal-Eyes : Tu disais que tout avait été annulé en 2020 alors que vous aviez une grosse tournée prévue. Où deviez-vous vous produire ?

Niko : Nous devions jouer partout en Europe. Nous étions en pleine tournée qui a commencée en janvier. Nous étions en train de tourner quand nous avons commencé à entendre parler de ce truc, « le coronavirus ». On se demandait « Mais de quoi ils parlent ? » et alors que nous faisions route vers la Finlande, il semble que toutes les frontières fermaient les unes après les autres juste derrière nous ! Là, nous avons pris conscience que ce coronavirus était réel. On pensait que ça n’arriverait jamais en Finlande, non, c’est trop loin la Finlande (rires). Nous nous préparions à la sortie de l’album avec un gros concert en tête d’affiche quand nous avons reçu cet appel nous annonçant que ce concert était annulé… On s’est sentis vraiment mal… Nous recommençons à prévoir de tourner, doucement.

 

Metal-Eyes : Tu nous a dit que tu viens du rap, mais quelles sont tes influences en matière de rock ?

Niko : Linkin Park, c’est le point commun à tous les membres du groupe. Notre amour pour Linkin Park est ce qui nous a réunis à cette fête. Je n’aimais pas les mecs qui écoutent du rock, ils n’aimaient pas les mes qui écoutent du rap et un jour, quelqu’un nous a conseillé d’couter Linkin Park. Ça nous a tous mis d’accord ! Maintenant, j’aime beaucoup Bring Me The Horizon, ils sont extra. Sur la scène pop, j’aime beaucoup Pauls Malone (ndMP : pas sûr de l’orthographe…), j’aime beaucoup depuis quelques années. Il ne fait pas que du rap, il mixe beaucoup de choses et j’aime vraiment le résultat. Plus jeune, j’écoutais Eminem, le king of rap…

 

Metal-Eyes : La Finlande figure déjà sur la carte du rock avec quelques groupes mondialement célèbres. Comment comptez-vous faire pour monter sur le podium ?

Niko : Simplement en cherchant à faire toujours mieux, repousser les barrières. Si tu te contentes de ce que tu as fait, ça ne sert à rien : va plus loin, donne-toi des défis et relève-les ! Tu as donné un super concert ? Le prochain doit être meilleur encore. Tu as écrit une bonne chanson ? Fais mieux encore ! Nous sommes nos premiers critiques. Ce n’est pas une compétition avec d’autres groupes, c’est une compétition avec nous-mêmes. Nous voulons simplement faire toujours mieux. Jusqu’à présent ça fonctionne, et nous allons continuer ainsi. Peut-être un jour en récolterons-nous les fruits. Tu sais, nous venons d’une petite ville de Finlande, et toute notre carrière a été rythmée par l’industrie de la musique, des maisons de disques, des représentants… Personne ne croyait que quoi que ce soit de bon puisse venir de Finlande… On leur dit d’aller se faire foutre et de nous regarder…

 

Metal-Eyes : Quelle est alors ta définitions d’une « bonne » chanson et d’un « bon » concert ?

Niko : Une bonne chanson, c’est celle dont tu ne te lasses pas, que tu as envie d’écouter encore et encore. Peu importe le genre… Un bon concert… Nous sommes un groupe de scène, il faut nous voir live. Nous bougeons tout le temps, nous voulons vraiment avoir un show marquant, avec de la pyrotechnie, des explosions, que le public se demande ce qu’il se passe… Qu’il ait quelque chose à voir et écouter.

 

Metal-Eyes : Une chanson comme Dark side (présentée à l’Eurovision), pourrait-elle devenir un hymne à reprendre live, en chœur ?

Niko : Beaucoup de gens le disent, je ne sais pas, je suis trop proche de cette chanson (rires) !

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle pourrait être la devise de Blind Channel ?

Niko : Nous avons une devise, mais c’est en finnois… En anglais, ça donnerait quelque chose comme « mets-toi au boulot ! »

 

Metal-Eyes : Ce qui va de pair avec votre esprit de dépassement. As-tu quelque chose à rajouter pour le public français ?

Niko : Disons… Merci pour votre soutien, et si vous ne nous connaissez pas encore, allez découvrir notre musique et rejoignez la « violent pop revolution ».

Interview: LEVARA

Interview LEVARA : entretien avec Jules Galli (chant). Propos recueillis par Skype le 18 mai 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Tu es en Californie, il est, quoi ? 9 heures du matin chez toi ?

Jules GALLI : Il est 9 heures du matin, oui… J’ai un café bien fort pour rester éveillé et attaquer cette journée de promo.

 

Metal-Eyes : Si je comprends bien, c’est moi qui dois te réveiller pour les interviews qui vont suivre…

Jules GALLI : C’est ça, tu es ma « opening song of the show » !

 

Metal-Eyes : Le kick-off, donc… Commençons par ceci : Levara est composé d’un Français, d’un Anglais et d’un Américain. Comment avez-vous fait pour vous retrouver et former un groupe ?

Jules GALLI : On a fait ça d’une façon très naturelle et organique : on est tous allés à Los Angeles pour poursuivre nos rêves de devenir musiciens… Moi, j’y suis arrivé quand j’ai eu 19 ans, j’ai déménagé de Miami à Los Angeles où je ne connaissais personne. J’ai développé un network, comme on dit, je sortais, j’allais jouer dans les clubs, ce qui m’a permis de me former. J’ai aussi rencontré Trev (ndMp : Lukather, le fils de Steve, guitariste de Toto, lui aussi à la guitare) quelques fois. On s’est suivis sur les réseaux sociaux. Lui et Josh (ndMP : Devine, batterie) étaient amis et colocataires. Ils voulaient faire du rock vraiment à se lâcher en studio, ce qu’ils ne pouvaient pas faire dans leurs projets respectifs, plus radio pop… Ils se sont dit, juste pour nous éclater, qu’ils allaient faire une chanson en studio. Ils ont fait juste un instrumental, ils avaient besoin d’un chanteur, d’une chanson et Trev, qui me suivait sur Instagram, m’a proposé de le faire. Il m’a envoyé l’instrumental. A l’époque, je en faisais pas de rock, j’étais plus RnB, pop, funk, mais les premières mesures étaient tellement… « épiques », au-dessus de ce que je faisais… Il y avait quelque chose de si cool, si frais que j’ai écrit une chanson dessus, je leur ai envoyée, ça leur a plu et on s’est retrouvés en studio. C’est là la première fois que j’ai rencontré Josh et vraiment fait connaissance avec Trev. Au départ, c’est vraiment une chanson…

 

Metal-Eyes : Qui a été le déclencheur de Levara… Avant que nous ne parlions de la musique du groupe, quelle est la signification du nom du groupe ?

Jules GALLI : Au départ, il n’y en a pas. Sa signification, c’est la musique qu’on fait. On voulait créer quelque chose d’original pour des raisons diverses… Tous les noms de groupes ont déjà été choisi, donc c’est difficile. En lisant un nom comme Levara, tu ne te dis pas que ça veut dire quoique ce soit. C’est ouvert à chacun…

 

Metal-Eyes : Tu es français d’origine (il confirme). Tu sais donc qu’en France il y a un langage spécial qu’on appelle le verlan. En verlan, Levara, ça donne « Ravale » …

Jules GALLI (rires) : Oui, woaw, c’est… classe, hein !

 

Metal-Eyes : Oui, ça dépend du sens dans lequel on le prend, et il est encore trop tôt pour toi, donc évitons certaines considérations ! Comment décrirais-tu la musique de Levara pour quelqu’un qui va vous découvrir ?

Jules GALLI : Waow… ok, alors, ça c’est des questions, je ne suis pas très bon, surtout quand il s’agit de ma propre musique… Je vais essayer : c’est du rock « anthémique », mélodieux, très grandiose, « larger than life » et à la limite de la pop. Ce n’est pas du hard rock, c’est très mélodieux et captivant. Une fois que tu écoutes une chanson, tu t’en souviendras. C’est une musique de stade, on joue vraiment, c’est très musical. C’est écrit et joué par des musiciens.

 

Metal-Eyes : Tu mets un peu de côté l’aspect pop pour plus parler rock. Ce que j’ai écouté pourtant me donne plus l’impression que c’est du pop rock plus que du rock pop, très accessible et dansant. Je trouve même ça assez… sucré, acidulé comme la guitare rose de Trev.

Jules GALLI (rires) : Oui ! Il y a des couleurs vives dans la musique. Quand on a commencé avec le concept de Chameleon, je disais que quand je ferme les yeux, j’aimerai distinguer des couleurs vertes, bleu vif pour cette chanson. On avait beaucoup de rouge, de rose, du violet, du jaune… il y a toujours un effet de couleurs qui va avec nos chansons. On a suivi ça avec les visuels, comme tu le disais, le rose de la guitare de Trev…

 

Metal-Eyes : Vous avez d’ailleurs enregistré plusieurs vidéos pour cet album. Il y en a deux, Automatic et Ever enough qui sont tournées en entrepôt. Vous les avez tournées à la suite l’une et l’autre, même s’il y a des différences ?

Jules GALLI : Automatic, c’était la première vidéo. Je crois que c’est la seule que nous étions censés faire au départ…

 

Metal-Eyes : Il y en a cinq !

Jules GALLI : Oui, il y en a cinq ! Parce que on a changé de stratégie à cause de la pandémie. Nos tournées ont été repoussées, on a dû trouver un moyen pour continuer de faire monter la sauce, de partager avec les gens. Aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit, tout est visuel. Une fois que le label a vu la vidéo, ils ont bien aimé et se sont dit que ce serait bien d’en faire plusieurs, comme ils ont décidé de faire plus de single. On a repoussé l’album, on a fait plus de singles. C’est génial que Mascot ait donné plus de budget pour ces vidéos. Comme tu l’as dit, il y en a 5 en tout. On a commencé avec Automatic, ensuite on en a fait trois en une semaine : Heaven knows, Chameleon, Ever enough et Ordinary… non, on en a fait quatre en dix jours ! Au départ on devait faire une lyric video pour Heaven knows mais on s’est tellement éclatés qu’on a décidé de faire une vraie vidéo. On a pu partager un peu ce qu’il se passe dans notre tête. Et se présenter au monde visuellement, c’est important, je trouve…

 

Metal-Eyes : Tu viens de le rappeler : vous êtes signés par Mascot. Comment s’est fait ce deal ? D’habitude, ils sont plus rock que ce que vous proposez (il approuve). Ou du moins, vous êtes un peu plus pop que ce qu’ils ont dans leur répertoire…

Jules GALLI : Oui, absolument… Je pense qu’on est une petite « anomalie » positive pour Mascot. On est plus pop que d’autres groupes qu’ils ont. En fait, quand on était en tournée en Europe avec Toto, on a eu un concert avec Foreigner et ils nous ont demandé de faire un « opening » acoustique. On n’avait jamais fait ça, jamais donné un concert acoustique. On a dû louer des instruments pour ce concert et on a été amené dans les loges… Trev s’échauffait en faisant des gammes, ce qui a généré Automatic. On a posé le téléphone et c’est la chanson qui a lancé ce nouveau chapitre musical. Quand on est rentrés à LA, on voulait vraiment créer un album, quelques chansons en utilisant le studio… Jusque-là, ce qu’on faisait c’était plus « live », rock, direct. C’est cette chanson qui a captivé Mascot. Notre manager l’a partagée avec plusieurs labels, et Mascot a vraiment aimé Automatic. C’est ce qui a déclenché toutes les autres chansons qu’on allait ensuite faire pour l’album en partenariat avec Mascot.

 

Metal-Eyes : Tu viens de parler de tournée avec Toto… Tu te doutes bien qu’il y a deux sujets qui vont revenir de manière très régulières dans les interviews : d’une part Trev qui se trouve être le « fils de » … A quel point son père, Steve Lukather, le guitariste de Toto vous a-t-il apporté sa contribution, son oreille, ses conseils sur vos créations ? Ou vous a-t-il complètement laissé faire ?

Jules GALLI : Il nous a laissés faire musicalement. On lui doit, à lui ainsi qu’à Toto, beaucoup de… mon français est un peu rouillé.

 

Metal-Eyes : Mon anglais est bon, tu peux changer si tu veux…

Jules GALLI (en anglais) : On leur doit beaucoup de gratitude et de reconnaissance, car sans eux, nous n’aurions pas rencontré notre manager, Steve Kharris, et c’est grâce à ça que nous avons eu l’a possibilité de jouer devant des milliers de personnes, de créer Automatic et de trouver ce deal avec Mascot. Notre carrière s’est vraiment développée par le biais de Steve et Toto. (Il reprend en français) Musicalement, par contre, on est vraiment indépendants.

 

Metal-Eyes : Trev a grandi dans un environnement baigné de musique. Mais toi, d’où vient ta culture musicale ?

Jules GALLI : Elle vient de France… Je suis de Lyon, elle a commencé à l’école où on avait des chorales. Notre prof a vu que je chantais un peu ce que je voulais à chaque fois, que je faisais mon truc à moi et elle m’a dit « Tu maies bien chanter, toi, hein ? J’ai des classes privées à la maison, tu devrais en parler à tes parents ». C’est là que j’ai commencé, à 7 ans je crois. Elle m’a appris à chanter pour de vrai, du classique d’abord. J’ai pu ensuite auditionner pour le conservatoire de Lyon, j’y suis resté quelques années. Au départ, c’était très classique, ensuite j’ai eu mes écoutes personnelles. Après, j’ai déménagé aux Etats-Unis et c’est là que j’ai commencé à écrire des chansons. A ce niveau, j’ai fait ma propre éducation, avec pleine de gens différents de collaborations, et depuis maintenant douze ans j’écris des chansons. Après, j’ai déménagé à Los Angeles et c’est là que j’ai donné le plus de concerts possible, dans tous les coins pourris de LA… J’ai juste continué à bosser, bosser, bosser… Et je suis là maintenant.

 

Metal-Eyes : Tu disais que vous avez profité de la crise sanitaire pour enregistrer les vidéos. L’album, lui, il était prêt avant le débit de la pandémie ?  

Jules GALLI : Oui, on a attendu pendant un moment. On a été très chanceux au niveau du temps : je crois que notre dernier jour de mixage était le premier jour du confinement à Los Angeles. On a fait six semaines en studio plus deux semaines de mixage, de retouches finales… Avant, on avait passé un mois et demi, deux mois à répéter et à enregistrer nos démos sur Pro-Tools avec notre batteur, Josh. On était vraiment prêts quand on est arrivés en studio et on a pu se lancer directement. En studio, on a écrit quatre nouveaux titres, c’est tout…

 

Metal-Eyes :  Donc la pandémie a impacté la sortie et ce qui en découle, promo etc… Vous êtes trois dans le groupe, toi, le chanteur, Trev à la guitare et Josh à la batterie. Il y a d’autres musiciens qui interviennent sur l’album ? J’ai parfois l’impression d’entendre des claviers, il y a de la basse…

Jules GALLI : On avait un bassiste à l’époque… Sam Porcaro, qui était avec nous depuis le début. Il est resté trois, quatre ans, il était en studio avec nous.

 

Metal-Eyes : Porcaro, un autre fils de ?

Jules GALLI : Oui, un autre « fils de ». Donc l’album a été enregistré à quatre, chant guitare basse batterie. Il n’y a pas de clavier, plutôt des guitares qui ont été synthétisées. On a voulu utilisé que les instruments qu’on avait.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous allez devoir recruter un bassiste pour les tournées à venir. La situation, d’ailleurs, elle se débloque un peu en Californie et aux USA ?

Jules GALLI : Oui, ça commence à se rouvrir pour certains évènements, mais c’est encore chaud. Ce n’est pas le Texas ou la Floride. Aux USA, c’est différent d’Etat en Etat, certains ont tout rouvert, sans port de masque, d’autres, comme la Californie, sont plus stricts à ce niveau. Maintenant, avec les vaccins, ça s’améliore petit à petit.

 

Metal-Eyes : Deuxième sujet auquel tu n’échapperas pas : votre batteur. C’est un ancien de One Direction, un boys band. Vous ne craignez pas trop d’être raillés à ce sujet, un groupe de rock qui travaille avec un ancien batteur de boys band monté de toutes pièces ?

Jules GALLI : Ben, disons qu’il faut juste écouter Josh jouer de la batterie et les gens arrêteront d’aboyer à ce niveau-là. Parce que c’est juste un des meilleurs batteurs au monde au niveau rock. Il est sensationnel, et être batteur au sein d’un des plus grands groupes des années 2000, c’est pas si mal…

 

Metal-Eyes : « Plus grand », je ne sais pas, plus « populaire », sans doute…

Jules GALLI : C’est ça, voilà. Après, c’est de la musique. Je ne suis pas un rocker « only rock ». Oui, c’est de la musique jeune, de la pop… mais c’est un super musicien. Je pense que c’est une perte d’énergie, à la fin du compte, ce n’est que de la musique, et en début de carrière, il a fait un super job…

 

Metal-Eyes : En plus de ça, il a joué devant des foules gigantesques, dans des lieux mythiques et il a développé une expérience qu’il peut partager avec vous, un professionnalisme qu’il peut aussi vous transmettre.

Jules GALLI : Il y a ça aussi, tu as entièrement raison, oui. Il n’était batteur que pour les tournées, il ne faisait pas partie du groupe qui enregistrait des chansons bubble-gum. Non, il était là pour le live, il jouait, vraiment ! J’ai beaucoup de respect à ce niveau-là et si certains ne veulent pas écouter notre musique à cause de ça, c’est leur problème.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de votre album pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Levara, ce serait lequel ?

Jules GALLI : C’est difficile… Je dirai… Une des chansons dont je suis le plus fier et qui en dit beaucoup, ce serait Chameleon. Je ne sais pas si c’est le son définitif de Levara, mais en tant que songwritter, je trouve que c’est une des chansons les plus émouvantes et qui en dit e plus, sans en dire trop. C’est une des chansons qui en dit le plus, au niveau des paroles, du message, de l’énergie, aussi. C’est une chanson qui a besoin de la participation d’une foule, d’une audience… Après, il y a aussi Automatic

 

Metal-Eyes : Non, non, on a dit « une », pas deux !

Jules GALLI : OK, ok… Donc pour toi, c’est pas Automatic ?

 

Metal-Eyes : Si, pourquoi pas ? Elle a des touches des années 80, une belle variété de rythmes, mais c’est moi qui pose les questions, pas toi !

Jules GALLI (il explose de rire) : D’accord, vas-y !

 

Metal-Eyes : Pourrais-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Jules GALLI : Ecoute, je te dirais ça la prochaine fois, là, je n’ai rien en tête… Ça me prendra peut-être un peu de temps… en trouver une à 9 heures du mat’… Ma devise, ça a toujours été la passion, d’avoir un impact positif sur les gens qui écoutent…

 

Metal-Eyes : C’est déjà une bonne chose, « amusons-nous et ayons un impact positif ». Une toute dernière chose, Jules : tous les disques qui sont derrière toi, c’est ta déco ?

Jules GALLI : On en a plein… Tous ceux qui sont derrière moi (NdMP : on distingue aussi bien les BO de Hair, de Saturday night fever que Bruce Springsteen, Fleetwood Mac…) Tous les vinyles, ils sont kaput, les pochettes, on les a achetées au départ juste parce qu’on aimait bien les visuels, mais on a plein de vinyles intacts. Un de mes préférés, c’est Born in the USA de Springsteen… Mais on a plein de CD ici, on a un studio tout analogique. J’habite avec plein d’artistes, j’adore où j’habite, c’est très créatif et très bohème… « bohemian paradise » !

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL : entretien avec Leigh Kakatay (chant). Propos recueillis par Zoom le 10 mai 2021

Pop Evil by ASHLEY OSBORN

Magie de la technologie, Skype, Zoom et autres plateformes nous permettent de nous entretenir à travers la planète plus aisément que jamais. En attendant de pouvoir nous retrouver en face à face, depuis plus d’un an maintenant, nous nous sommes réinventés et avons modifié nos manières de mener un entretien. « Clic », on allume la caméra et on peut avoir un semblant de face à face. Il est 11 heures du matin dans le Michigan d’où Leigh Kakatay, le fondateur et chanteur de Pop Evil assure la promotion du nouvel album du groupe. Pourtant… surprise ! J’allume ma caméra et lui m’annonce encore être en pyjama… Ça commence bien… Tu en fais souvent toi des promos imprévues encore en pyjama ? Allez, c’est parti pour un simple phoner. Mais agréable avec un bavard de chez bavard…

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Leigh, comment te portes-tu ?

Leigh KAKATAY : Je vais très bien ! C’est une période assez excitante, les shows commencent à être reprogrammés… Il semble que nous retournions vers quelque chose de plus normal… Et ça me va très bien.

 

Metal-Eyes : Versatile, votre nouvel album, suit l’auto-nommé Pop Evil paru en 2018. Quand avez-vous débuté l’écriture de ce disque ?

Leigh KAKATAY : Je crois que nous avons commencé début 2019 à enregistrer quelques démos. Jusqu’au produit fini qui sort maintenant il s’est passé pas mal de temps…

 

Metal-Eyes : Haley, votre batteuse, est Anglaise. Elle vit en Angleterre ?

Leigh KAKATAY : Oui, elle vit là-bas.

 

Metal-Eyes : Alors comment avez-vous travaillé pour cet album ? Il y a des moyens techniques qui le permettent aujourd’hui, mais la période ne se prête pas vraiment au voyages, depuis plus d’un an.

Leigh KAKATAY : C’est vrai, répéter est toujours un défi… Avant le Covid, nous avons pu le faire. Mais elle est si perfectionniste, même sur le back catalog de Pop Evil, elle veut que tout soit parfait. Elle répète et s’entraîne beaucoup. C’est avant tout du travail, mais quand ça matche avec quelqu’un, peu importe d’où vient cette personne. OK, les répètes sont délicates, mais on y arrive. Elle vient ici pour un bon moment afin de répéter, ensuite, nous partons en tournée. Nous voulions quelqu’un qui puisse jouer ces morceaux, qui soit un peu différent. Avant, c’était vraiment un club de gars du Michigan… Quand notre précédent batteur est parti, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de différent. Nous l’avons trouvée à Londres, et ça l’a fait. C’est notre second album avec elle, elle fait maintenant entièrement partie du groupe.

 

Metal-Eyes : C’est son second album avec vous. Comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre Pop Evil et Versatile ?

Leigh KAKATAY : D’abord, je dirai qu’il est pus organique. Il y a cinq personnes dans le groupe et autant d’influences. Comme avec n’importe quel groupe, tu nous mets tous dans un studio, dans un esprit de répétition et voilà ce qui en ressort. Du point de vue « Pop Evil », nous avons repoussé nos limites. Nous faisons des meet and greet, là nous étions plus dans une approche « tête à tête », demandant à nos fans ce qu’ils attendent de nous. Il y a eu plus de demande de heavy et d’utilisation de guitare acoustique, et même des demande d’album entièrement acoustique. Des demandes opposées mais c’est cool… Avec cet album, nous avons voulu concentrer toute cette énergie que l’on retrouve sur les autres disques. Quand nous enregistrons des démos, nous y trouvons de l’énergie et ça nous plaît. Un jour, tu trouves un producteur qui ne connait peut-être pas ton groupe, et qui te demande de tout réenregistrer, de casser cette énergie. C’est quelque chose que je n’aime vraiment pas – l’expérience des albums passés. Nous avons voulu corriger cela et transformer cette énergie pour la scène. C’est une chose dont nous parlons toujours au sein du groupe : les concerts. Comment nous améliorer encore en concert, faire de notre expérience de tournées quelque chose d’encore plus excitant pour nos fans. Avec Versatile, nous savions que nous voulions quelque chose de différent. Cette énergie des démos… Quand tu es emballé par une démo, tu sais que c’est le résultat que tu veux obtenir. Et que nous enregistrions ici, dans le Michigan, ou à LA, c’est là-dessus que nous voulions nous concentrer. Nous ne voulions pas qu’un producteur entre et casse tout cela. Pour ma voix, nous avons enregistrer deux ou trois prises, nous avons pris de mes précédentes sessions aussi. Initialement, le chant est la partie la plus excitante pour moi, je n’intellectualise pas trop, je prends les choses comme elles viennent, je laisse ma voix aller là où les mélodies l’emportent. La plupart des prises de chant que tu entends proviennent des premières prises. Il n’y aurait sans doute pas la même sensation d’urgence dans mon chant s’il avait fallu faire plus de prises…

 

Metal-Eyes : Tu as dit que vous vouliez pousser vos limites mais aussi que les fans vous demandent des choses opposées. Vous vous appelez Pop Evil, tout est dit dans votre nom… De ce que j’ai pu entendre de votre nouvel album, il y a des passages très heavy et agressifs, d’autres plus pop. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Leigh KAKATAY : L’album est similaire aux hauts et aux bas de la vie… Je ne suis pas toujours en colère, ni toujours heureux… Il y a beaucoup d’entre deux. Nous jouons avec les émotions. Nous ne sommes pas le genre de groupe à toujours jouer la même chose. Il y a des tonnes de choses qui nous influencent. C’est pareil pour chacun des membres du groupe. Et puis, nous avons grandi, nous avons des familles, nous écoutons plein de musiques différentes ce qui a un gros impact sur nous. La musique du Michigan particulièrement. Si tu comprends, outre-Atlantique, les origines de la musique du Michigan, tu sais qu’il s’agit d’un marché test – comme tout le mid-West en réalité – pour la musique. Il se passe beaucoup de choses ici. Nous avons grandi sans beaucoup d’argent et sans réelles opportunités de faire des choses, avant tout parce qu’il fait froid six ou sept mois dans l’année… Tout ce que nous avions à faire en grandissant, c’était d’aller en concerts. Chaque fois que quelqu’un venait en ville, nous allions le voir live, il n’y avait rien d’autre à faire ! Ça nous a permis de regarder les groupes. Nous avons été très influencés par de nombreux groupes des années 90… Des groupes très mélodiques, groovy, mais on écoutait aussi des choses plus heavy, Metallica, ou d’autres plus metalcore. Quand nous avons monté ce groupe, la question était de savoir comment nous pouvions intégrer toutes ces influences, comment faire ressortir tout ce spectre d’influences et donner des concerts différents de ce à quoi le public est habitué.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses, là… Si tu devais résumer, et jouer ton rôle de vendeur, que dirais-tu pour me convaincre de courir acheter cet album à sa sortie ?

Leigh KAKATAY : Eh bien, je te dirais que c’est un album plein d’énergie, plein de groove. Si tu veux de la musique puissante sur laquelle tu puisses chanter, alors cet album est fait pour toi ! Et si tu es déjà fan de Pop Evil, alors, il s’agit là du meilleur album de Pop Evil

 

Metal-Eyes : Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un titre de Versatile pour m’expliquer ce qu’est Pop Evil aujourd’hui, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Leigh KAKATAY : Sans hésiter, je choisirai Breathe again. Cette pandémie nous a vraiment tous mis à genoux et rappelé ce qui est important dans la vie : faire ce qu’on aime. En ce qui nous concerne, écouter de la musique, découvrir de nouveaux groupes, continuer d’aimer les groupes que nous aimons… Simplement réapprendre à respirer de nouveau et ç a, c’est la camaraderie et fréquenter des gens. Aller à des concerts avec des gens que tu ne connais pas, découvrir des gens qui, eux aussi, aiment Pop Evil. Espérons que nous puissions nous retrouver, faire ce que nous aimons : aller en concerts, s’amuser…

 

Metal-Eyes : L’album débute avec Let the chaos reign. Y a-t-il un message particulier derrière ce titre ou est-ce lié à la pandémie ?

Leigh KAKATAY : En fait, il a été écrit avant la pandémie. Let the chaos reign fait référence à nos concerts : quand tu y viens, c’est un mosh-pit, un chaos contrôlé. Pop Evil est un croisé du metal, nous n’aimons pas le monde de la pop, c’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Au début des 90’s, le rock perdait beaucoup de terrain, remplacé par la pop… Pour moi, Pop Evil était une sorte de leitmotiv qui me poussait à me lever le matin, à faire partie d’un groupe de rock pour lutter contre la pop… Je crois que ce nom nous a beaucoup aidé à trouver notre place, et à ne jamais prendre « non » comme une réponse. Le rock est très vivant, c’est une évidence ! Tu as assisté à un festival en Europe, alors tu sais de quoi je parle !

 

Metal-Eyes : Breathe again, comme tu l’as dit, semble avoir été plus inspirée par la pandémie que par la mort de George Floyd, par exemple…

Leigh KAKATAY : En fait, tout l’album a été écrit avant la pandémie. Mais c’est assez dingue de voir à quel point tout peut aujourd’hui avoir un sens différent, maintenant que nous vivons cette pandémie.

 

Metal-Eyes : De quoi traitent tes paroles ?

Leigh KAKATAY : J’aime transmettre des messages positifs. C’est quelque chose de commun au groupe. Aider une personne, le faire quand nous sommes en tournée, loin de nos familles et amis. Si nous parvenons à rendre une situation plus vivable pour quelqu’un à travers notre musique, c’est clairement une réussite.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que tu ne souhaites pas aborder avec Pop Evil, des sujets que tu préfères éviter ?

Leigh KAKATAY : Je ne crois pas… Je suis toujours prêt à écrire si quelque chose de positif peut en ressortir. Nous essayons d’aider. Avec la pandémie et toutes les controverses actuelles, ça va être intéressant de voir ce nous allons pouvoir en tirer. Les sujets de la pandémie vont impacter beaucoup de monde, y compris les membres du groupe. Haley a été confinée en Grande Bretagne, j’ai à peine vu les autres membres du groupe…Nous ne nous sommes pas retrouvés depuis… janvier 2020 ! Ça va vraiment être intéressant de ressentir ces émotions quand nous allons nous retrouver pour écrire… Pour le moment, nous voulons simplement retrouver la scène.

 

Metal-Eyes : Il sera aussi intéressant de voir quelle sera votre énergie scénique une fois que vous rejouerez live (il approuve). Tu as justement dit que la situation s’améliore aux USA…

Leigh KAKATAY : Oui, je veux voir les choses positivement. Notre Etat a été gravement affecté par la pandémie, mais tout semble redevenir normal, les gens ressortent… J’espère retrouver une vie normale, comme tout le monde. Nous avons des dates bookées à partir de juillet, une tournée avec Shinedown. Des dates uniquement aux USA, des festivals. C’est un bon début.

 

Metal-Eyes : Quels souvenirs gardent-tu de votre dernier concert parisien, au Trabendo ?

Leigh KAKATAY : Je me souviens de beaucoup d’énergie. J’étais, pendant notre dernière tournée en France, super malade, j’avais une bronchite carabinée et il fallait que nous fassions avec ! Je me souviens de cette énergie, du public qui chantait les paroles avec nous. Notre public croît en France, c’est une bonne chose. Il nous a fallu du temps pour venir en Europe : nous étions coincés par un contrat discographique et il nous a fallu nous en tirer après le second album. Notre label actuel, eOne, est venu à notre secours, il a fallu négocier notre sortie. Nous n’avions pas les moyens financiers de venir en Europe à nos débuts, il nous a donc fallu du temps pour venir. Je suis très reconnaissant de cette croissance en Europe, nos fans y sont extraordinaires. Et la France nous a si bien accueillis que nous sommes impatients d’y revenir. Ce qui se fera vraisemblablement avec le nouvel album. L’Europe est terre de rock et nous sommes honorés d’y apporter notre petite touche.

 

Metal-Eyes : C’est intéressant de constater que de ton côté, américain, tu considères l’Europe comme un marché important alors que pour les Européens, le marché à conquérir, c’est les USA…

Leigh KAKATAY : Etant issu d’un groupe américain, nous voyons en effet l’Europe comme une terre de rock. Il y a une passion pour le rock et pour le metal différente de ce qu’il y a aux USA. Aux Etats Unis, il y a de plus grandes foules, de plus grands… tout est plus grand, mais ça peut ne pas être une bonne chose parce qu’il y a tellement « plus ». Les fans, avant la pandémie, avaient tendance à prendre les choses pour acquises : « oh, on ira voir ce groupe la prochaine fois qu’il passe » … J’ai l’impression que les Européens apportent vraiment leur soutien aux groupes qu’ils vont voir, ils comprennent les implications, financières ou autres, et je crois qu’ils ont plus de sympathie et de passion pour les groupes américains qu’ils soutiennent. Si nous donnons 3 ou 4 concerts en France, le public sera présent. C’est pareil en Allemagne, en Angleterre et partout en Europe. Je pense que la passion des Européens pour le rock et le metal est vécue différemment, et j’aime vraiment cela. Nous devions venir l’été dernier, pour la saison des festivals, mais le Covid a frappé et ça a ruiné pas mal d’opportunités de voir le groupe grandir outre-Atlantique. Je ne pense pas que nous puissions revenir avant 2022, à cause des restrictions de voyage… Personne ne sait vraiment ce qu’il en sera. Si nous pouvons venir avant 2022, tant mieux ! Il n’y a pas de meilleur endroit pour moi que les festivals en Europe !

 

Metal-Eyes : Tu constates aussi la différence de réactions entre les fans européens et d’autres ?

Leigh KAKATAY : Les fans français, anglais et allemands nous ont toujours super bien accueillis, avec passion. C’est sans doute parce qu’ils connaissent bien notre musique… Je compare toujours avec les groupes américains où nous avons toujours tournés, deux fois par an depui 2007. J’ai l’impression qu’ici c’est « montre-moi ce que tu sais faire » tandis qu’en Europe c’est « donne-moi ce que tu as » !

 

Metal-Eyes : J’aime cette façon de voir les choses !

Leigh KAKATAY : Tu sais, nous n’avons pas rencontré le succès rapidement aux USA, nous avons tourné dans des circuits… LA première fois que nous sommes allés en Australie, les salles étaient blindées… Notre premier concert à Paris, je me souviens d’avoir rencontré des journalistes qui m’ont averti : « ne le prend pas mal, mais le public parisien est très exigeant ». Ça m’a un peu foutu la trouille, je me disais que le concert allait être très difficile mais ça a été tout le contraire…

 

Metal-Eyes : Le public parisien a cette réputation : si le public ne t’apprécie pas, tu le sauras vite, autant que s’il t’apprécie… Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, Sting a entamé sa nouvelle tournée par une semaine à Paris, déclarant que si ça ne marchait pas ici, il n’allait pas plus loin…

Leigh KAKATAY (il rit) : J’adore, vraiment ! Mais c’est vrai. La France en général est comme ça. J’ai toujours appris le Français à l’école. Du côté de ma mère, ma famille est canadienne, ils parlent tous français. J’étais le fainéant de la famille, mon français était pitoyable, un peu comme un touriste ! Je pouvais le comprendre, mais… J’ai toujours fantasmé « j’ai envie d’aller à Paris, visiter la France ». Et maintenant que j’ai eu l’occasion de venir y jouer, il y a beaucoup de choses que j’aime dans ce pays : la culture, les gens, les paysages… Quand tu es en tournée, il y a toujours ces paysages qui résonnent en toi, te frappent, et la France en fait partie.

 

Metal-Eyes : Nous arrivons à la fin de notre interview, alors quelle pourriat être la devise de Pop Evil ?

Leigh KAKATAY : Positivité, mon ami ! Tu sais, on a commencé il y a quelques temps, et nous voyons maintenant des gamins venir avec leurs parents. On a pu tourner avec des groupes légendaires comme Judas Priest, Poison et d’autres et tous disent la même chose : « nos fans ont grandi avec nous et ils élèvent leurs enfants avec nous ». Cela a toujours fait écho en moi. Que les groupes avec lesquels j’ai grandi disent cela…  Nous avons toujours voulu avoir du succès et avoir des fans à travers la planète… Mais notre véritable ambition, c’est simplement de pouvoir apporter quelque chose aux fans, partout dans le monde… Nous avons déjà tant voyagé à travers le monde, nous avons déjà eu tant de succès… Il faut mettre les choses en perspective : pourquoi tu voyages aussi loin, pourquoi tu passes autant de temps loin des tiens… Et quand tu vois les gens venir en famille, le gamin sur les épaules de son père, horns up en train de hurler, de chanter toutes les paroles, là, ça te donne un sourire intérieur, si large et profond que ça me rappelle moi, sur les épaules de mon père à un concert de Lynnyrd Skynnyrd chantant Freebird… C’est si spécial… Quand ta musique franchit les époques, que tu peux l’écouter avec tes enfants, c’est très cool…

 

Metal-Eyes : Une dernière chose, et c’est uniquement ta faute puisque tu l’as évoqué tout à l’heure (il rit) : quelle serait ta conclusion en français

Leigh KAKATAY : Ah, man… (En français) : Je voudrais jouer un concert – ou des concerts – en France.

 

 

Interview: Ayron JONES

Interview Ayron JONES (chant, guitare). Propos recueillis par Skype le 6 mai 2021

 

Il y a de bonnes surprises, parfois. Ayron Jones en fait incontestablement partie. A l’heure de notre apéro, lui, en direct Skype de Seattle, en est encore au café. Son premier album, Child of the state, qui parait le 21 mai, est une pépite aux références multiples. Un panel musical varié qui puise aussi bien dans le rock, le grunge, le funk. Metal Eyes a échangé sur de nombreux sujets avec ce jeune et talentueux musiciens aussi charmant que bavard. Une belle découverte musicale et humaine.

Photo promo

Metal-Eyes : Commençons par ceci : qui est Ayron Jones ?

Ayron JONES : Je ne suis qu’un gamin de Seattle qui, un jour, a pris une guitare et appris à en jouer ! Si on parle de mon passé, il n’y a aucune raison pour que je sois ici aujourd’hui, mais la guitare est devenue ma passion, mon amour… La musique et la guitare ont trouvé une place très spéciale dans ma vie, alors… voilà en gros qui je suis…

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a amené à attraper une guitare ?

Ayron JONES : Le hasard, mec, c’est arrivé comme ça ! Il se trouve que, à 13 ans, j’étais chez un ami qui avait une guitare, je l’ai prise et le reste… c’est de l’histoire ! Ça m’a semblé si naturel, je jouais dès que possible…

 

Metal-Eyes : « Le reste c’est de l’histoire » … Pourtant, tu vas sortir ton premier album, Child of the state…

Ayron JONES : Mon premier album important, oui…

 

Metal-Eyes : Donc l’histoire ne fait que commencer…

Ayron JONES : Absolument, oui…

 

Metal-Eyes : Nous ne connaissons pas en France, alors comment décrirais-tu ta musique à quelqu’un qui ne te connais pas ?

Ayron JONES : Je dirais Michael Jackson rencontre des guitaristes comme Jimi Hendrix et Kurt Cobain (il rit) !

 

Metal-Eyes : La description que j’ai notée est : Michael Jackson rencontre Prince, Rage Against The Machine et une part de la scène grunge des 90’s (il sourit largement).

Ayron JONES : Tu vois, on y est, toi et moi, on se rejoint ! C’est une très bonne description ! Je suis un enfant des 90’s et tous ces genres musicaux existaient au même moment. Tu rajoutes du hip-hop, du rock… Je suis redevable à tous ces styles musicaux !

 

Metal-Eyes : Les articles de presse que j’ai pu lire te comparent à la scène grunge. Comment l’expliques-tu, à quel point en es-tu proche, hormis le fait que tu sois aussi originaire de Seattle ?

Ayron JONES : Je suis très proche de la scène grunge, j’y suis très impliqué, notamment par le biais de mon association. J’ai travaillé avec de nombreux artistes de cette scène, je suis très impliqué localement.

 

Metal-Eyes : Tu as parlé de Jimi Hendrix… Non seulement était-il un guitariste gaucher, ce que tu n’es pas (rires), mais il était aussi Américain. Il a surtout révolutionné le monde de la guitare. Que considères-tu être ta touche personnelle de guitare ?

Ayron JONES : Oh, je dois beaucoup à Jimi, c’est évident, nous sommes issus du même quartier, tu sais, je côtoie sa famille qui m’encourage beaucoup. Ma touche personnelle ? je ne sais pas si j’ai assez de recul pour le dire… Mmhh… Je crois que je suis plus sur le fil que Jimi – et il l’était déjà énormément. Je n’ai pas vraiment grandi avec le grunge, mais je pense apporter ma touche à ce style, avec un peu plus de punk…Cependant, le jeu des accords, ce qu’il a développé, son jeu m’a particulièrement inspiré.

 

Metal-Eyes : Tu parles de bruit dans ta musique. La première chanson de ton album, Boys from the Pudget town, est très noisy, très agressive. Le reste de l’album est quant à lui très diversifié. Qu’as-tu voulu mettre dans cet album ? Il y a de la colère, de la douceur…

Ayron JONES : Oui… J’ai voulu mettre du contraste dans ma musique, différentes dynamiques. Pour moi, cet album représente le chemin que j’ai parcouru à la recherche de mon identité. On se cherche tout le temps… La vie que j’ai vécue a alimenté cet album avec toutes ces émotions. Parfois il y a de la colère, parfois de l’amour, parfois d’autres sentiments… J’ai simplement voulu mettre toutes mes émotions dans ce disque.

 

Metal-Eyes : Et tu te situes où émotionnellement en ce moment, en pleine pandémie ?

Ayron JONES : Je me sens bien en ce moment ! Mon premier album est sur le point de sortir, et je suis impatient de pouvoir de nouveau jouer pour le public, ce que je ne peux pas faire en ce moment.

 

Metal-Eyes : La pandémie a-t-elle eu une influence sur l’enregistrement ou la conception de cet album ? C’est désormais une question classique…

Ayron JONES : Elle a certainement eu un impact… Ne serait-ce que par le fait que toute ma concentration, mon énergie étaient centrées sur l’enregistrement, sans distraction possible. En d’autres circonstance, ç’aurait été « oh, je dois enregistrer ça maintenant, j’ai ce concert à tel endroit… » Mais non, tout ce que j’avais, c’était cet album sur lequel focaliser mon attention. La pandémie m’a permis de vraiment e concentrer sur cet album, et je lui suis redevable de cela !

 

Metal-Eyes : Parlons un peu de musique. Même si Mercy débute par les mots « see my brothers falling » (vois mes frères tomber), je peux imaginer que George Floyd est dans tes pensées…

Ayron JONES : Oh, oui, toujours !

 

Metal-Eyes : Mais pas seulement : tu parles aussi d’armes à feu et d’artillerie lourde. De quoi parles-tu plus précisément dans tes paroles.

Ayron JONES : Je suis un grand fan de mots… Comme je te le disais, j’ai grandi dans les années 90, avec le hip-hop, une époque dorée pour les paroles. J’ai toujours voulu proposer des textes qui amènent à réfléchir, plutôt que de tout livrer directement. Parfois c’est le cas, sur les chansons plus lentes. Mais sur Mercy, je voulais dire les choses telles que je les ressentais, dire ma vérité dans ma situation, faire en sorte de t’amener dans mon histoire, ma situation. Toutes ces paroles m’ont permis de m’exprimer, d’exprimer mon ras-le-bol de voir, chaque matin, quelqu’un comme moi battu ou tué, de vois des gens déshumanisés par l’autorité.

 

Metal-Eyes : D’un autre côté, y a-t-il des sujets que tu ne souhaites pas aborder aujourd’hui ?

Ayron JONES : je ne crois pas, non. J’ai atteint ce moment de ma vie où je me rends compte que même les gens de mon entourage ne me connaissent pas si bien. Ce disque est vraiment un moyen de m’ouvrir aux autres, pas de me cacher derrière une guitare, de me livrer et de raconter mon histoire. J’ai envie d’être comme un livre ouvert pour les gens… Donner la vraie image de qui je suis.

 

Metal-Eyes : Nous avons tous les deux dit qu’il y a du Michael Jackson dans ta musique et tu sonnes vraiment comme lui sur un morceau comme Take me away (il approuve). Ce que j’ai également noté, sur Supercharged, ton chant et ta guitare sonnent comme un autre chanteur noir : Lenny Kravitz.

Ayron JONES : Oui, oui… C’est marrant que tu dises ça parce que ce n’est pas volontaire. Ce qui est intéressant avec la musique c’est que tu avances dans la vie, et les choses bougent aussi. Un jour, on m’a demandé quel était le premier riff de guitare que j’ai appris. J’ai répondu Fly away, de Lenny Kravitz. Alors oui, Lenny Kravitz a fait partie de ma vie, m’accompagné depuis mon adolescence. J’ai écouté et analysé son travail, jusqu’à maintenant. Franchement, je me mentirais et je mentirais à tout le monde si je disais que Lenny Kravitz n’est pas une influence. Il est sans doute une des plus importantes influences de ma vie !

 

Metal-Eyes : Tu te rends compte que si je cite toutes ces références, c’est dans le seul but de te faire comprendre que j’ai écouté ta musique…

Ayron JONES : Ouais, mec, et je t’en remercie, c’est cool…

 

Metal-Eyes : J’ai dit « écouté », hein, je n’ai pas dit que je l’ai apprécié… (il explose de rire) Et naturellement, avec le décalage horaire, tu prends ton café, et pour moi, c’est l’heure de…

Ayron JONES : Ouais, c’est l’heure d’un whisky !

 

Metal-Eyes : Non, non, j’ai arrêté le whisky… J’y reviendrai mais pas tout de suite.

Ayron JONES : Oh… non, si tu arrêtes ces trucs, il ne faut pas y revenir…

 

Metal-Eyes : Ah, non, rien à voir, c’est juste qu’il faut que je diminue le sucre dans mon sang si je veux éviter le diabète. Un verre de vin, ça ira !

Ayron JONES : Ah, oui, ok…

 

Metal-Eyes : Revenons à ta musique si tu veux bien !

Ayron JONES : Oui, oui, ok !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Child of this state pour expliquer ce que tu fais, laquelle serait-ce ?

Ayron JONES : Je pense… Mince, c’est compliqué, ça… Ah, shoot… Je dirai soit Take me away, soit My love remains, une des deux. Je penche plus pour Take me away qui résume en quelques sortes tout ce que j’ai accompli en musique jusqu’à présent. Tous ces éléments qui se mêlent et c’est toujours du rock.

 

Metal-Eyes : OK. Et si tu devais penser à une devise, laquelle serait-ce ?

Ayron JONES : Une devise ? Oh, mec, « ne sois pas un trouduc » (rires), ce serait ça ma devise ! C’est une des choses que j’ai apprises dans la vie : tout le monde dans sa vie a des opportunités. Certains les saisissent, d’autres non. Mais c’est autre chose de maintenir des relations tout en voulant réussir sa vie. La devise que je me suis toujours appliquée c’est d’être gentil, généreux et vrai envers les autres, ceux qui m’accompagnent. Ils sont tes pairs, tes égaux, alors maintenons de bonnes relations, c’est tout…

 

Metal-Eyes : « Ne sois pas un trouduc » peut être une devise personnelle ou plus générale, mais ça s’applique également à la politique (il approuve). Comment analyses-tu le changement entre 2020 et 2021 ? Suis mon regard…

Ayron JONES : Mince… Tu as des questions profondes, j’aime ça, mec ! Je ne vois pas tant de changement pour le moment. J’ai vu des petits pas, mais rien de vraiment palpable pour le moment, pas d’un point de vue politique, en tout cas. J’attends, nous attendons tous de voir un vrai changement…

 

Metal-Eyes : Mais ça ne fait que 5 mois que Biden est en poste…

Ayron JONES : Oui, c’est vrai, c’est vrai, il reste du temps. L’histoire de George Floyd… Le flic qui l’a tué vient de perdre le procès, mais il pourrait échapper à la prison. Et il pourrait faire appel, le système est ainsi fait. Même s’il y a des progrès pour condamner ces personnes qui commettent des crimes contre l’humanité (Note : ce n’est pas tout à fiat la définition officielle, mais je vois ce qu’il veut dire), il leur est impossible de vraiment décrocher, changer. Cet officier de police et ceux qui pensent comme lui vont continuer de commettre ces actes. J’apprécie les avancées, mais il reste tant à faire…

 

Metal-Eyes : De notre point de vue, ici en France, ce n’est pas que la police qui doit changer, c’est la population toute entière qui doit apprendre à voir les choses différemment.

Ayron JONES : Oui, absolument. Je suis entièrement d’accord.

 

Metal-Eyes : Il y a également une ballade sur cet album, My love remains. Pour qui ton amour demeure-il ?

Ayron JONES : Pour qui ? Mec, tu me poses de ces questions ! J’adore ça… Je ne sais pas si beaucoup de gens se rendent compte à quel point ton enfance détermine les relations que tu peux avoir ensuite. Que ce soit avec toi-même, avec tes parents, tes amis… Que se passe-t-il pour quelqu’un qui n’a pas eu de parents, qui n’a pas reçu de repères parentaux ? My love remains traite de ça, de la tristesse que j’ai ressentie de n’avoir pas reçu cet amour, cette relation qui m’a manquée. Cette chanson parle de cet amour que j’ai pour ma mère, pour mon père, qui sont des personnes que je n’ai jamais vraiment connues. Je continue de m’accrocher à cet amour même si je ne sais pas trop quoi en faire…

 

Metal-Eyes : Et c’est une réponse profonde et intense également…

Ayron JONES : Merci, mec !

 

Metal-Eyes : Culturellement, quelle est la situation actuellement aux USA ?

Ayron JONES : Culturellement ? Ça va, ça vient… Certains endroits commencent à rouvrir, mais pas partout. Les Etats-Unis, c’est un pays qui est vraiment divisé en 4 : nord, sud, est et ouest… Les Etats du sud de la guerre de sécession, ceux du nord de cette même période, et ils continuent plus ou moins d’agir de la même manière politiquement. En gros, les Etats du sud se dresseront contre toute mesure : ils ont déjà tout réouvert, « on s’en fout de vos consignes » … la côte ouest est plus raisonnable et respectueuse des règles pendant la pandémie… Bref, il y a de tout partout ! Mais je pense que les choses vont redevenir normales : les cinémas commencent à accueillir des groupes de personnes sur réservation… On va s’en sortir, à un moment ou un autre…

 

Metal-Eyes : Tu as des concerts prévus ?

Ayron JONES : Oui, j’ai quelques dates prévues en juin, une tournée en automne… Les choses se planifient petit à petit.

 

Metal-Eyes : Tu as déjà joué à l’étranger ?

Ayron JONES : Non, je n’ai pas joué à l’étranger. J’ai joué au frisbee à l’étranger, mais pas de musique (rires), mais j’en ai envie. J’en ai rêvé toute ma vie, principalement en Angleterre, en Europe, là où Jimi Hendrix a joué, Eric Clapton… J’ai toujours voulu jouer en Europe et voir la réaction des gens là-bas.

 

Metal-Eyes : L’album sort le 21 mai. Que dirais-tu aux gens, à part « je te collerai mon poing dans la figure » (rires) pour les convaincre d’aller acheter ton album ?

Ayron JONES : Ah, mec, c’est une question difficile ! J’en sais rien… « fume-ça et va acheter mon album » ! (rires)

 

Metal-Eyes : Et si je ne fume pas ?

Ayron JONES : Et si tu ne fumes pas (rires) ? Ok, alors… Que dirai-je ? Qu’avec la pandémie, il y a de nouvelles personnes qui sont en train de créer de nouveaux sons, et je suis l’une d’elles : nouveau son, nouveau mode de vie, et cet album en est l’introduction. Alors, donnez lui une chance et allez l’écouter !

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter, Ayron ?

Ayron JONES : Rien de particulier, j’espère que les gens en France vont prendre le temps d’écouter et de découvrir ma musique, et j’espère vraiment venir jouer pour vous dès que possible et que nous puissions tous nous rencontrer. Merci pour cet échange, et… profites de ton verre de vin !

Interview: CROWN

Interview CROWN : entretien avec Steph et David. Propos recueillis au téléphone le 6 avril 2021

 

 

Metal-Eyes : J’imagine qu’en pleine promo on vous pose souvent le même genre de questions, alors commençons par quelque chose d’original pour faire de cette interview un moment agréable : le dernier album de Crown remonte à 2015. Que s’est-il passé entre temps ?

David : Ecoute, moi, je suis ingé son live, donc je tourne pas mal à l’étranger, jusqu’à ce que le Covid arrive… J’ai tourné avec Alcest, The Ocean et plus récemment avec Abbath, donc j’ai tourné un peu partout. Le processus a donc pris son temps, j’ai commencé à écrire les démos en… 2018. David a un studio, et trouver du temps pour nous retrouver, travailler… ce n’était pas évident.

Steph : Et puis on a fini il y a un an et demi. Ça a été repoussé à cause du Covid. Ça a été moins long que ce qu’il n’y parait.

 

Metal-Eyes : Le Covid a repossé la sortie de ce nouvel album qui arrive le 16 avril. Y a-t-il eu un autre type d’impact que de simplement retarder sa sortie.

Steph : On avait une tournée prévue qui a été repoussée trois fois, comme l’album. Mais il n’y a pas eu trop d’impact, ça nous a permis de bien bosser sur la sortie de l’album, sur sa promo.

David : Pelagic, le label, avait une exigence, d’avoir le temps de faire de la promo avant de le sortir. Donc on l’a fini dans le speed et c’est rigolo : on a fini dans le speed pour, finalement, devoir repousser sa sortie, mais ça, ce n’était pas prévisible…

 

Metal-Eyes : C’est le quatrième album de Crown. Comemnt est-ce que l’un et l’autre, le premier avec une oreille formatrice du… on ne peut même pas parler de « groupe dans votre cas »… – du concept Crown, et l’autre avec une oreille extérieure, celle d’un ingénieur du son, analyse l’évolution de Crown entre Natron (2015) et The end of all things ?

David : Moi, en tant que mixeur et producteur de l’album d’avant où je suis intervenu sur le tard et celui-là où je joue des guitares, claviers et travaillé sur les arrangements… je dirai que ce qui figure sur le dernier était déjà là sur le précédent mais de manière un peu plus discrète. C’est surtout le côté chanté, c’est ce que j’ai dit à Steph, de pousser dans cette voie, de pousser ce côté chanté et surtout de prendre ces voix très mélodiques, claires, un peu crooner… Que ça devienne un peu plus un truc qu’on puisse exploiter. Je crois que Steph, de son côté, il avait aussi cette envie…

 

Metal-Eyes : Attends, David, il est avec toi, laisse le parler, laisse le donner son avis

David : Ok, vas-y Steph (rires)

Steph : C’est venu naturellement. Je n’ai jamais vraiment eu envie à chaque album de faire quelque chose de différent… euh, pardon, de faire quelque chose d’identique (ils se marrent)

David : Voilà pourquoi je ne voulais pas le laisser parler…

 

Metal-Eyes : Là, il va falloir qu’on en parle… Ceci dit, il y en a qui se débrouillent très bien à faire des albums identiques…

Steph : C’est vrai, mais moi, c’est pas mon truc, je m’ennuie rapidement. A la base, je voulais faire quelque chose de plus agressif, mais j’ai commencé à écrire et c’est venu comme ça, naturellement, sans me dire « maintenant, il faut que ce soit comme ça ». J’ai laissé venir ce que j’avais en tête, les émotions, et… voilà !

 

Metal-Eyes : Pour moi, ce que je retiens de l’album c’est que c’est un ensemble assez sombre, rythmé, électro, inquiétant… Qu’avez-vous voulu mettre dans ce nouvel album ?

Steph : C’est par rapport à tout ce qui peut se passer dans le monde, d’un point de vue politique, économique, écologique, du point de vue des relations humaines… On en est arrivés à un point de non-retour. La musique de Crown a toujours été très sombre, aussi. J’ai toujours été attiré par le côté obscur. C’est une vision assez apocalyptique du monde et de ce qui me touche particulièrement. Il y a beaucoup de choses qui me révoltent et j’essaie de faire passer ça dans un côté mélodique, J’aime que chacun puisse se faire une interprétation particulière, de la musique ou des textes… Il y a un peu de lumière, une sorte de dualité entre ténèbres et lumière…

 

Metal-Eyes : Je vois plus le côté « ténèbres », qui arrive d’ailleurs dès la pochette avec ce roi des échecs qui se désagrège, qui part en poussière. Vous avez voulu exprimer quoi avec cette pièce d’échecs ?

David : C’est Max Loréo qui a fait le design de l’album. L’artwork était déjà prêt en 2018, ce qui est un peu étrange. C’est une référence au roi du film d’Ingmar Bergman, le septième sceau, où c’est un jeu d’échecs…

 

Metal-Eyes : Contre la mort. Qui gagne…

David : Voilà, et c’est un concept par rapport à la fin du monde. La mort n’existe plus, il n’y a plus que le néant.

 

Metal-Eyes : Tu parles de références cinématographiques… Quelles sont vos sources d’inspirations et de distractions à l’un et à l’autre ?

Steph : Moi, j’aime beaucoup le cinéma, je regarde … pas … beaucoup de séries…

David : Beaucoup ou pas beaucoup ?

Steph : Beaucoup, je regarde beaucoup de séries…

 

Metal-Eyes : Vous n’allez pas vous engueuler en direct les gars…

Steph : Ah, ah ! si ! Je suis un gros fan de David Lynch. En ce moment, je suis en train de regarder une série exceptionnelle qui s’appelle Six feet under qui parle d’une famille de croque-morts, et ça illustre très bien ce qu’il se passe en ce moment dans les relations humaines, les difficultés à sortir du monde environnant. C’est assez… authentique.

David : Moi, je suis producteur, c’est mon job de tous les jours… Je fais ça tellement, que quand je me mets devant un truc, en général, au bout de dix minutes, je dors ! Je te dis pas comment c’est sexy pour ma chérie… J’ai dû faire 450 albums et, à mon avis, la production, c’est une grande part de psychothérapie. En termes de découverte de l’humain, de ses fantasmes et de ses envies, il y a beaucoup de choses… C’est pas mal non plus ! C’est concret que virtuel… A part ça, je n’ai pas beaucoup de hobbies.

 

Metal-Eyes : Quel est le dernier film devant lequel tu t’es endormi ?

David (rires) : Très bonne question ! Ecoute, je m’endors pas toujours… Le dernier truc devant lequel je ne me suis PAS endormi, c’est Sea speracy, un truc sur la mer, sur la pêche intensive. Je ne suis pas très écolo, mais je me suis pris un tarte… C’est impressionnant, et ça va très bien avec The end of all things, parce que quand tu as fini, tu te dis « gauche ça va pas, droite, ça va pas non plus… Blanc, ça va pas, et noir non plus… bon, on fait quoi alors… ? »

 

Metal-Eyes : De quoi traitent vos paroles, quels thèmes abordes-tu ?

Steph : Alors là, on rentre dans un côté assez abstrait parce que quand j’écris des textes, je n’ai pas vraiment de thème particulier…

 

Metal-Eyes : OK, merci. Salut, alors ! (rire général)

Steph : Non, c’est plus des espèces de tableaux qui m’apparaissent. Ensuite, ça va rejoindre, se mêler à tout ce que je disais avant par rapport aux relations humaines. Ça peut être la détresse, la domination… C’est difficile d’en parler. Les gens se font leur propre interprétation.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses que tu préfères ne pas aborder, qui n’ont pas leur place dans Crown ?

Steph : Euh… Je n’ai pas envie de parler de politique, c’est le genre de truc qui ne m’intéresse pas, mais sinon… Non, je ne me donne pas vraiment de barrière… C’est une bonne question…

David : Ouais, c’est une bonne question ! C’est peut-être même la meilleure question de la journée, franchement ! (ndMP : frime, frime ! yeah, saute partout dans la chambre…)

Steph : En fait, je n’ai envie de rien m’interdire… Depuis que j’ai commencé, je tourne autour des mêmes choses, le monde post apocalyptique…

David : Quand j’étais gamin, je regardais Mad Max 2 en boucle. Et gamin, 9 ou 10 ans, je te jure, je me disais « vivement l’apocalypse, ça va être trop bien : on va être habillés en cuir, on aura des dreads, on roulera dans le désert sur des motos ou dans des bagnoles d’enfer » (Steph est mort de rire) Et franchement, aujourd’hui, on y est quasiment et je me demande si j’ai vraiment envie de le vivre (voir note précédente). Il y a un autre truc que je voudrai ajouter : l’interprétation que les gens peuvent avoir des textes est bien plus intéressante que ce à quoi tu penses quand tu les écris.

 

Metal-Eyes : En parlant de gens, vous avez travaillé avec une invité, Karine Parks d’Arabrot. Elle intervient sur Utopia, le dernier titre. Comment avez-vous pris contact avec elle ?

David : Je m’occupais du son sur la dernière tournée de The Ocean, et en général, soit tu fais le son pour un groupe, soit pour tous les groupes de la tournée. Là, c’était le cas et il y avait Arabrot dans le lot. Je les avais vus à Colmar, mais Karine n’était pas encore là. Je les ai vus plus tard en duo avec son mari et sa voix m’a mis sur le cul, elle a un registre énorme. On avait un morceau qui était en chantier, et je me souviens que Robin, son mari, m’a suggéré de lui demander. Je lui ai fait écouter l’album, elle m’a dit que c’était vachement sombre… Je lui ai fait écouter un morceau, ça lui a plu et je lui ai proposé de le faire. Elle a dit oui… Un ou deux mois après, elle nous a envoyé une maquette avec ses voix, c’était assez pop, et ça a été un challenge de le faire…

 

Metal-Eyes : Même si vous naviguez dans des univers musicaux différents, Arabrot a aussi des aspects sombre. On pourrait même dire que certains aspects doom vous lient.

Steph : Oui, c’est cohérent, totalement.

David : Son texte est aussi sombre que les tiens, c’est vrai. Et puis, dans tes lignes de chant – tu vois, je parle à Steph en même temps… – il y a ce truc un petit peu lumineux. C’est très beau, et ce qu’a fait Karine, c’est très beau aussi, avec des tessitures différentes, mais ce n’est pas si éloigné.

 

Metal-Eyes : En même temsp, je trouve que votre album, s’il est sombre, possède aussi un côté… pas lumineux mais presque joyeux, sautillant, dansant…

Steph : Waow… on ne me l’avait pas dit encore ça !

David : Je dirais qu’il y a… dansant, oui, mais peut-être plus lumineux quand même, pour rendre l’ensemble plus accessible, plus émotionnel on va dire.

 

Metal-Eyes : Si, pour expliquer ce qu’est Crown aujourd’hui, ne retenir qu’un seul titre de l’album, ce serait lequel et pour quelle raison ?

Steph : Je dirais, le premier titre, Violence, ou Illumination…

David : T’en as pris deux, là !

Steph : Oui, je sais… C’est dur. C’est une bonne question aussi…

David : Je dirais que c’est les deux qui résument…

 

Metal-Eyes : Oui, mais tu viens de lui dire que ça en fait deux ! A la limite, vous en prenez une chacun et ça fera l’affaire…

David : Oui, c’est ce que j’allais proposer. Il en aurait dit une, j’aurai choisi l’autre, mais il a cité les deux ! Je suis baisé… On est assez fiers de tout ce qu’on a fait, mais ce n’est pas un hasard si on met ces deux là un peu plus en avant, ils résument assez bien le disque.

Steph : C’est vrai que j’ai une préférence pour Violence…

 

Metal-Eyes : Oui, pour quelle raison ?

Steph : Alors là (rires) ! Quand je l’écoute, ça me fait ressentir beaucoup de chose.

David : Le texte est assez personnel aussi. Quand tu dis « be part of my violence », à chaque fois, je me dis « waow, j’aurai bien voulu l’écrire cette phrase »… Comme articulation de couple, c’est pas mal (Steph se marre), c’est comme ça que je le vois ! Tu dis ça à ta meuf, mon vieux, t’as intérêt à courir vite après (rire général) !

 

Metal-Eyes : Si vous deviez penser à une devise pour Crown, ce serait quoi ?

David : Je veux bien commencer : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Steph : Ecoute, je suis totalement d’accord !

David : Ah, non, il t’en faut une aussi ! Non, je pense que ça s’applique assez bien à ce qu’on a voulu faire… On a envie de se renouveler, de prendre des risques, d’aller plus loin. Là, c’est plus artistique.

Steph : Je dirais « sortir de sa zone de confort », parce que c’est important de prendre des risques.

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : vous avez signé avec Pelagic qui grandit et signe un certain nombre de compatriotes. Qu’est-ce que ça vous apporte que vous n’aviez pas avant ?

Steph : Avec Candlelight, la communication n’était pas au top. Pelagic, ils sont totalement passionnés, et j’ai une totale confiance en eux et à ce qu’ils proposent : les vinyles, il y a de super beaux objets. Et ils ont un catalogue qui montre bien à quel point ils s’investissent.

David : Et en terme de travail de promo, ils sont efficaces : l’ensemble des vinyles a été vendu le premier jour !  

 

Metal-Eyes : Lequel des deux a la barbe la plus longue, pour qu’on puisse vous repérer ?

Steph :

David : Moi, David, c’est moi qui ai la plus longue barbe. C’est pas la seule chose que j’ai de plus long (rires). Non, c’est pas vrai, je tiens à préciser que ce n’est pas vrai (rires) !

 

Metal-Eyes : Je te rassure, je ne viendrai pas vérifier ! En plus, tu es à plus de 30 km, donc pas possible ! J’espère qu’on pourra bientôt vous retrouver en live et que votre album trouvera son public.

Steph : Merci à toi, c’était cool.

David : Oui, c’était fun !

Interview: TETRARCH

Interview TETRARCH : entretien avec Josh (chant, guitare). Propos recueillis par Zoom le 26 mars 2021

 

Metal-Eyes : Josh, Tetrarch m’est inconnu alors, pour commencer de manière originale, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Josh : Absolument ! Diamond, notre guitariste, et moi nous sommes rencontrés en 5ème, à l’âge de 12 ou 13 ans. On a grandi en écoutant le même genre de musique, on a découvert de la musique plus heavy ensemble. Nous fréquentions une école privée de taille moyenne à Atlanta, et elle a découvert que nous jammions avec un copains batteur. Elle a voulu nous rejoindre, et elle s’est emparée d’une guitare. Bêtement, j’ai dit à mon ami que je ne voulais pas d’une fille dans le groupe… Elle était bien sûr dévastée par mon choix et mon pote m’a convaincu de l’écouter. A peine a-t-elle joué une note que je savais que je voulais jouer avec elle : il y avait la bonne alchimie, le bon feeling, beaucoup de fun… Nous avons commencé sous le nom de Tetrarch, au lycée. Elle et moi n’avons fait partie que d’un groupe, celui-ci, et on a tout fait : jouer dans les clubs d’Atlanta, dormir chez les gens à même le sol, organisé nos propres tournées…

 

Metal-Eyes : Tetrach a vu le jour quand ?

Josh : Je crois que nous avons donné notre premier concert sous ce nom en 2007…

 

Metal-Eyes : Donc il y a presque 15 ans. Unstable est votre second album, exact ?

Josh : Oui. Freak était le premier, nous avons publié quelques Ep et ce genre de choses avant mais Freak est notre vrai premier, sorti en 2017, et Unstable sortira le 30 avril.

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a pris autant de temps entre ces deux albums ? 4 ans, pour un jeune groupe, c’est quand même assez long…

Josh : Oui… Une fois que nous avons terminé l’enregistrement de Freak… Ça a été un peu comme notre point de départ, passer du statut de groupe local à celui de groupe connu à travers le pays, et chercher à attirer l’attention des Européens. Alors nous avons beaucoup tourné, pendant environ deux ans à donner le plus de concerts possibles, jouer en festivals et faire vivre cet album autant que possible. Nous aurions pu sortir Unstable il y a un an, mais la pandémie en a visiblement décidé autrement. Elle est arrivée juste après la fin de l’enregistrement. Il nous a fallu pas loin d’un an et demi pour pouvoir enfin le sortir et espérer pouvoir reprendre la route.

 

Metal-Eyes : Vous allez pouvoir retourner ?

Josh : Il semblerait que oui, en tout cas aux USA. Ça devrait pouvoir se faire dans le courant de l’été, à l’automne. On ne sait pas à quoi ça va ressembler, un nombre de spectateurs limité, le respect des distanciations sociales, que les personnes soient vaccinées… mais nous devrions pouvoir retourner vers une sorte de normalité petit à petit…

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique de Tetrarch à quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Josh : Je dirai que notre musique est très accessible, nous sommes un groupe de hard rock/metal. Les amateurs de musique très heavy trouveront de quoi les satisfaire, mais nous ne sommes pas trop heavy, et les fans de mélodies trouveront de quoi les accrocher aussi. Nous sommes une sorte de pont entre les groupes des années 2000, Limp Bizkit, Slipknot, Korn…

 

Metal-Eyes : Tiens donc, Korn… Tu portes quoi comme T-shirt, justement ?

Josh (rires) : oui, mon t-shirt et ma casquette, c’est Korn. Très confortable !

 

Metal-Eyes : Que me dirais-tu pour me convaincre de courir acheter Unstable à sa sortie ?

Josh : Je crois que cet album est très diversifié, qu’il propose les parties les plus fortes et puissante de ce qu’est Tetrarch. Il y a des chansons très heavy et d’autres très accrocheuses. Les gens qui ont écouté nos premiers singles peuvent penser savoir à quoi s’attendre mais seront soufflées par la variété des titres.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour décrire ce qu’est le groupe aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Josh : Je pense que I’m not right regroupe tous les éléments qui font le groupe.

 

Metal-Eyes : Vous êtes présentés comme le futur groupe méga star. Comment devrais-je me sentir de parler à une future rock star ?

Josh (il sourit) : On s’en fout, juste comme on se parle là ! J’ai simplement plaisir à faire ces interviews. Depuis que nous avons débuté, nous voulons devenir le plus gros groupe de hard/metal dans le monde. Ce rêve n’a jamais cessé, et nous l’entretiendrons jusqu’à ce que nous puissions atteindre cet objectif.

 

Metal-Eyes : Rêvre de devenir le « next big thing » du rock signifie aussi rêver de mettre sur pied un gros show, comme Kiss, Iron Maiden, Metallica, Slipknot (il approuve). A quoi devons-nous nous attendre live, lorsque nous aurons la possibilité de vous voir sur scène ?

Josh : Vous verrez un vrai groupe, authentique, qui se donne à fond. Nous sommes des musiciens et des entertainers, nous allons chercher le public, on le chope par les burnes. Nous voulons avoir cette connexion avec le public, l’amener avec nous dans notre monde.

 

Metal-Eyes : Comment as-tu occupé ton temps pendant cette période de pandémie et d’isolement ? Peux-tu conseiller la lecture d’un livre, par exemple ?

Josh : Comment je me suis occupé ? J’ai beaucoup joué au golf…

 

Metal-Eyes : Avec Alice Cooper ?

Josh : J’adorerai jouer avec lui, il en fait beaucoup ! J’ai beaucoup joué au golf, ce qui permet de prendre l’air tout en maintenant certaines distances, et rester stable psychologiquement…

 

Metal-Eyes : Pas unstable !

Josh (rires) : Oui, ne pas devenir Unstable, ouais !

 

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Une fois que la situation sera débloquée, en dehors des USA, où pensez-vous tourner ?

Josh : Partout et dans le plus de lieux possible ! Nous sommes très heureux à l’idée de pouvoir enfin venir en Europe, et nous sommes soutenus par le label Napalm Records qui est super efficace en Europe.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un endroit où tu rêverais de jouer ? Un rêve de gosse ?

Josh : Franchement ? Un lieu où je ne suis jamais allé et qui m’attire vraiment, c’est la France. Je connais plein de gens ici qui’ m’en disent énormément de bien, que c’est un très beau pays.

 

Metal-Eyes : Peux-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Josh : Je dirais… « Keep pushing », tout simplement. Parce que ces deux mots, c’est ce que nous avons toujours fait, sans laisser qui ou quoi que ce soit nous arrêter, depuis que nous sommes petits. Nous avons toujours fait en sorte de contrôler les choses, même les négatives, en les utilisant pour encore mieux avancer. Nous évitons toujours de laisser les choses difficiles nous plomber le moral parce que, ensuite, il y a du positif. Même si c’est parfois compliqué.

 

Metal-Eyes : Avec qui avez-vous déjà tourné ?

Josh : On a tourné avec Devil Driver, 36 Crazyfists, Katy Hill, Butcher babies, on a joué dans d’énormes festivals aux USA, avec des têtes d’affiche comme Guns’n’roses, Def Leppard, Korn… On a pu donner de très gros shows, et on a envie de remettre ça ! Autant que possible…

 

Interview: EVANESCENCE

Interview EVANSCENCE : entretien avec Troy McLawhorn (guitare). Propos recueillis par Zoom le 9 mars 2021

Metal-Eyes : Evanescence va, devrais-je dire « enfin » ?, publier un nouvel album le 26 mars, c’est exact ?

Troy (il rit) : oui, ça fait longtemps. On a été occupés, même si je sais que pour beaucoup de gens on peut avoir donné l’impression de ne rien foutre ! Mais tu sais, on a nos familles, on a fait la tournée Synthetis, nous ne sommes pas restés sans rien faire. Oui, c’est le premier album de nouvelle compos rock que nous enregistrons depuis 2012…

 

Metal-Eyes : Justement, Synthetis est sorti en 2017, mais il ne s’agit pas d’un véritable album d’Evanescence, en tout cas, pas avec du nouveau matériel. Il s’agissait plus de revisiter d’anciennes chansons du groupe. Le dernier véritable album, Evanescence, remonte à bientôt 10 ans. Qu’est-ce qui vous a amenés à créer ces nouvelles chansons et enregistrer ce nouvel album ?

Troy : On parlait beaucoup d’un futur album pendant la tournée Synthetis, nous écoutions beaucoup de musique, nous avons vraiment eu beaucoup de plaisir à faire cette tournée, qui nous a donné l’occasion de faire vraiment connaissance, de nous positionner, faire le point sur là où nous en sommes musicalement, ce que nous souhaitons faire pour le prochain album. Les idées du nouvel album sont nées pendant cette tournée. Nous sommes un groupe, nous sommes toujours prêts à proposer de nouvelles idées. Le truc, c’est que Amy ne veut pas « balancer » un nouvel album tous les ans, il est nécessaire qu’elle se sente inspirée…

 

Metal-Eyes : Oui, mais ce truc (je lui montre The bitter truth) n’est que le quatrième album du groupe…

Troy : Je sais, je sais, mais ce n’est pas toujours facile de créer quelque chose de neuf. Je la comprends, je comprends sa façon de voir les choses.

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a ravivé la flamme, quel a été le détonateur pour la réalisation de cet album ?

Troy : le détonateur (il rit) ? J’en sais rien… Je crois que sur la tournée Synthetis, on s’est bien amusés, mais, pour moi, c’était dur. Nous avons tous fait un pas en arrière pour que l’orchestre soit mis en avant. Il n’y avait pas cette même montée d’adrénaline que sur une tournée normale. J’étais assis sur un tabouret, il n’y avait aucun retour sur scène, je ne jouais pas le rôle traditionnel d’un guitariste rock, j’étais plus dans l’esprit d’un claviériste à créer une atmosphère… Pour moi, le détonateur a été cette tournée : quand elle a pris fin, j’étais super prêt à me retrouver avec les autres et à jouer super fort !

 

Metal-Eyes : Dirais-tu que tu as ressenti de la frustration au cours de cette dernière tournée ?

Troy : Non, je ne me suis pas senti frustré. La tournée a été très fun, il y avait plein de choses intéressantes que je n’aurais pas vécues autrement, j’ai rencontré tous ces super musiciens qui n’ont répété qu’une ou deux chansons avec nous avant de jouer tout un concert en lisant simplement un bout de papier ! Je trouve ça dément, je suis incapable de faire un truc pareil, je ne suis pas ce genre de musicien ! Plus jeune, je voulais aller dans une école de guitare, mais je me suis retrouvé avec ce groupe de gars plus âgés qui avaient déjà joué dans des groupes, qui avaient déjà tourné et qui m’ont demandé de les rejoindre dès que j’ai terminé le lycée. Mon école, c’était ça : partir en tournée, je n’ai aucune formation de guitare, je n’y connais rien en théorie musicale, et jouer en clubs, était une sacrée expérience à mes yeux.

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous compisé ce nouveau matériel ?

Troy : Il n’y a pas eu de plan général… Notre première réunion de travail a eu lieu entre deux concerts, avant un show au Canada. Amy a suggéré qu’on ne rentre pas, qu’on se loue un truc au Canada, qu’on s’y retrouve entre nous. Ça a été un super point de départ. Nous avons tous aimé ce moment, on a tous posé notre matériel et échangé nos idées, ensemble. On a commencé en 2018, je crois.

 

Metal-Eyes : Je pense à cette période : il y a des paroles assez sombres, des choses personnelles, comme une sorte d’engagement politique avec Use my voice. J’imagine que Trump a eu une influence puisqu’il était déjà en place à la Maison Blanche. Dirais-tu que tout cela a influencé l’écriture d’Amy ainsi que votre approche de la composition ? 

Troy : Oui, je pense que cela nous a influencés. C’était une période compliquée pour notre pays, et une grande partie de l’album a été écrite pendant le confinement. La pandémie nous a vraiment touchés. Je ne vais parler que pour moi, mais je pense que les autres te diraient la même chose : la vie normale a pris fin, et j’ai eu le sentiment que l’univers s’est effondré. Sur quelle planète je me retrouve ? Je ne peux même pas bouger de chez moi ! Et je ne voulais aller nulle part parce que je ne voulais rien rapporter à la maison. Mes beaux-parents ont emménagé près de chez nous juste avant la pandémie. Nous voulions aussi les protéger, ne pas le rendre malades. Je pense que tout un chacun ressent une forme de dépression en ces temps bizarres. Oui, je pense que cela a influencé les paroles d’Amy et notre musique : les chansons les plus heavy transmette une forme d’agressivité, ce qui nous a permis d’évacuer une certaine frustration, aussi.

 

Metal-Eyes : Quand j’écoute cet album, il y a naturellement un son typique d’Evanescence, la voix d’Amy très reconnaissable, mais il y a aussi des sonorités orientales, des moments particulièrement joyeux, d’autres plus sombres. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Troy : On n’a pas voulu nous mettre dans une boit e en écrivant ce que nous avons déjà fait. Amy a apporté quelques idées, des choses que je n’aurais pas forcément écrites, des choses plus orientés « claviers » … J’essaie de me souvenir du titre de la chanson (note : je lui montre le verso de ma copie de l’album. Il le voit et se marre). Ouais ! Je devrais avoir une copie de l’album avec moi, ça m’éviterait ce genre de trucs ! Je n’arrive pas à lire… (Je lui lis les titres) Oui, Yeah right ! C’est une chanson très différente pour nous, mais le truc cool à son sujet – Amy est une très grande fan de Michael Jackson – c’est que son groove, ses claviers évoquent l’univers de Mickael Jackson. Elle était marrante à jouer, et c’était fun d’ajouter des guitares agressives dessus !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de ce nouvel album pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Evanescence aujourd’hui, la quelle serait-ce et pour quelle raison ?

Troy : Oh, waoh… je peux te rappeler plus tard (rires) ? Laquelle représente Evanescence ? Je pense que Better without you est un bon exemple qui montre où nous en sommes tout en restant assez traditionnelle de ce que nous faisons. Même si Use my voice est tout aussi représentative.

 

Metal-Eyes : Une seule. Tu sais compter : une, pas deux !

Troy (rires) : Oui, mais c’est impossible. Comme me demander quel est mon guitariste préféré… Toutes ces chansons font partie de ce que nous sommes… nous les aimons toutes.

 

Metal-Eyes : Ton premier choix était Better without you, c’est ce que je retiendrais. Vous êtes aussi un groupe de scène, vous étiez censés tourner depuis quelque temps avec Within Temptation – pas en première partie mais en tant que co-têtes d’affiche (il approuve). Cette tournée a une nouvelle fois été repoussée. Est-elle encore d’actualité, personne ne sachant exactement de quoi demain est fait ?

Troy : Je crois que oui. Nous sommes sur le départ et nous sommes prêts. Il y a un programme, mais on ne sait pas quand nous pourrons partir. Au départ, on pensait partir l’été dernier, puis ça a été repoussé, à cause de la pandémie, au mois de septembre… puis en septembre 2021… Qui sait ?

 

Metal-Eyes : Les deux groupes sont menés par une femme, vos publics ne sont pas forcément les mêmes. Comment en êtes-vous arrivés à monter ce projet ensemble ?

Troy : Je ne sais pas vraiment… Je crois que ce sont les chanteuses. On a donné un concert ensemble à un festival, je ne sais plus trop quand, il y avait Alice Cooper, Dee Snider… Je ne crois pas qu’elles s’étaient déjà rencontrées, mais il est possible que ce soit le déclencheur.

 

Metal-Eyes : Comme nous l’avons dit Evanescence n’a publié que 4 albums et tu ne fais partie du groupe que depuis 2007. Comment occupes-tu ton temps avec aussi peu d’activité, même si de temps en temps le groupe part en tournée ?

Troy : C’est pas évident… Au départ, lorsque j’ai rejoint le groupe, ce n’était que dans le but de remplacer le guitariste et terminer la tournée. C’est tout ce que le groupe attendait de moi, et j’ai accepté. Nous avons appris à nous connaitre et à la fin de la tournée, Amy m’a dit « je pense que le prochain album n’est pas pour demain, mais lorsque le moment sera venu, tu seras le bienvenu ». Je savais qu’après cette tournée il y aurait 3 ou 4 années sans rien. Entre temps, j’ai joué avec Seether pendant 3 ans, entre 2007 et 2011. Et nous avons fait cet album, et ce que j’apprécie vraiment avec The bitter truth, c’est que j’y ai participé de A à Z, j’ai pris part à la composition de chaque morceau. Sur l’album précédent, je ne suis arrivé qu’à la fin du processus, j’étais avec Seether. Et puis, j’avais aussi une place dans un groupe tribute à Aerosmith, Pandora’s Box, avec qui nous avons donné pas mal de concerts dans des clubs, des casinos, etc… C’était sympa, ça m’a ramené à ma période de clubs : tu t’amuses, tu peux sortir, jouer de la musique… Il y a moins de pression, ce n’est pas ta musique, tu n’es là que pour jouer de la musique et offrir du bon temps aux gens. Je suis un grand fan d’Aerosmith et je joue toutes les parties de Brad Whitford. La pandémie a tué tout ça… On devait jouer deux fois par mois sur des croisières, mais tout a été annulé.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Evanescence en 2021 ?

Troy : Notre devise ? Ah… Je pense que ça pourrait être : « Utilise ta voix », ou « Fais toi entendre », tout simplement.

 

Metal-Eyes : Ce qui fait sens… As-tu une dernière chose à ajouter ?

Troy : J’espère simplement que nos fans, et ceux qui ne sont pas fans, seront de la partie. Malgré la situation, nous portons toujours le drapeau, et nous allons retrouver nos fans dès que possible.

 

Metal-Eyes : A ce sujet, n’avez-vous jamais envisagé de jouer au Hellfest ?

Troy : Je crois que nous en avons parlé, oui. C’était prévu il y a quelques années, je crois que Slayer était à l’affiche. Mais c’était à l’époque de Synthetis mais je n’en suis pas sûr. Maintenant, on attend que les choses s’éclaircissent pour pouvoir repartir sur la route…