Interview: LEVARA

Interview LEVARA : entretien avec Jules Galli (chant). Propos recueillis par Skype le 18 mai 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Tu es en Californie, il est, quoi ? 9 heures du matin chez toi ?

Jules GALLI : Il est 9 heures du matin, oui… J’ai un café bien fort pour rester éveillé et attaquer cette journée de promo.

 

Metal-Eyes : Si je comprends bien, c’est moi qui dois te réveiller pour les interviews qui vont suivre…

Jules GALLI : C’est ça, tu es ma « opening song of the show » !

 

Metal-Eyes : Le kick-off, donc… Commençons par ceci : Levara est composé d’un Français, d’un Anglais et d’un Américain. Comment avez-vous fait pour vous retrouver et former un groupe ?

Jules GALLI : On a fait ça d’une façon très naturelle et organique : on est tous allés à Los Angeles pour poursuivre nos rêves de devenir musiciens… Moi, j’y suis arrivé quand j’ai eu 19 ans, j’ai déménagé de Miami à Los Angeles où je ne connaissais personne. J’ai développé un network, comme on dit, je sortais, j’allais jouer dans les clubs, ce qui m’a permis de me former. J’ai aussi rencontré Trev (ndMp : Lukather, le fils de Steve, guitariste de Toto, lui aussi à la guitare) quelques fois. On s’est suivis sur les réseaux sociaux. Lui et Josh (ndMP : Devine, batterie) étaient amis et colocataires. Ils voulaient faire du rock vraiment à se lâcher en studio, ce qu’ils ne pouvaient pas faire dans leurs projets respectifs, plus radio pop… Ils se sont dit, juste pour nous éclater, qu’ils allaient faire une chanson en studio. Ils ont fait juste un instrumental, ils avaient besoin d’un chanteur, d’une chanson et Trev, qui me suivait sur Instagram, m’a proposé de le faire. Il m’a envoyé l’instrumental. A l’époque, je en faisais pas de rock, j’étais plus RnB, pop, funk, mais les premières mesures étaient tellement… « épiques », au-dessus de ce que je faisais… Il y avait quelque chose de si cool, si frais que j’ai écrit une chanson dessus, je leur ai envoyée, ça leur a plu et on s’est retrouvés en studio. C’est là la première fois que j’ai rencontré Josh et vraiment fait connaissance avec Trev. Au départ, c’est vraiment une chanson…

 

Metal-Eyes : Qui a été le déclencheur de Levara… Avant que nous ne parlions de la musique du groupe, quelle est la signification du nom du groupe ?

Jules GALLI : Au départ, il n’y en a pas. Sa signification, c’est la musique qu’on fait. On voulait créer quelque chose d’original pour des raisons diverses… Tous les noms de groupes ont déjà été choisi, donc c’est difficile. En lisant un nom comme Levara, tu ne te dis pas que ça veut dire quoique ce soit. C’est ouvert à chacun…

 

Metal-Eyes : Tu es français d’origine (il confirme). Tu sais donc qu’en France il y a un langage spécial qu’on appelle le verlan. En verlan, Levara, ça donne « Ravale » …

Jules GALLI (rires) : Oui, woaw, c’est… classe, hein !

 

Metal-Eyes : Oui, ça dépend du sens dans lequel on le prend, et il est encore trop tôt pour toi, donc évitons certaines considérations ! Comment décrirais-tu la musique de Levara pour quelqu’un qui va vous découvrir ?

Jules GALLI : Waow… ok, alors, ça c’est des questions, je ne suis pas très bon, surtout quand il s’agit de ma propre musique… Je vais essayer : c’est du rock « anthémique », mélodieux, très grandiose, « larger than life » et à la limite de la pop. Ce n’est pas du hard rock, c’est très mélodieux et captivant. Une fois que tu écoutes une chanson, tu t’en souviendras. C’est une musique de stade, on joue vraiment, c’est très musical. C’est écrit et joué par des musiciens.

 

Metal-Eyes : Tu mets un peu de côté l’aspect pop pour plus parler rock. Ce que j’ai écouté pourtant me donne plus l’impression que c’est du pop rock plus que du rock pop, très accessible et dansant. Je trouve même ça assez… sucré, acidulé comme la guitare rose de Trev.

Jules GALLI (rires) : Oui ! Il y a des couleurs vives dans la musique. Quand on a commencé avec le concept de Chameleon, je disais que quand je ferme les yeux, j’aimerai distinguer des couleurs vertes, bleu vif pour cette chanson. On avait beaucoup de rouge, de rose, du violet, du jaune… il y a toujours un effet de couleurs qui va avec nos chansons. On a suivi ça avec les visuels, comme tu le disais, le rose de la guitare de Trev…

 

Metal-Eyes : Vous avez d’ailleurs enregistré plusieurs vidéos pour cet album. Il y en a deux, Automatic et Ever enough qui sont tournées en entrepôt. Vous les avez tournées à la suite l’une et l’autre, même s’il y a des différences ?

Jules GALLI : Automatic, c’était la première vidéo. Je crois que c’est la seule que nous étions censés faire au départ…

 

Metal-Eyes : Il y en a cinq !

Jules GALLI : Oui, il y en a cinq ! Parce que on a changé de stratégie à cause de la pandémie. Nos tournées ont été repoussées, on a dû trouver un moyen pour continuer de faire monter la sauce, de partager avec les gens. Aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit, tout est visuel. Une fois que le label a vu la vidéo, ils ont bien aimé et se sont dit que ce serait bien d’en faire plusieurs, comme ils ont décidé de faire plus de single. On a repoussé l’album, on a fait plus de singles. C’est génial que Mascot ait donné plus de budget pour ces vidéos. Comme tu l’as dit, il y en a 5 en tout. On a commencé avec Automatic, ensuite on en a fait trois en une semaine : Heaven knows, Chameleon, Ever enough et Ordinary… non, on en a fait quatre en dix jours ! Au départ on devait faire une lyric video pour Heaven knows mais on s’est tellement éclatés qu’on a décidé de faire une vraie vidéo. On a pu partager un peu ce qu’il se passe dans notre tête. Et se présenter au monde visuellement, c’est important, je trouve…

 

Metal-Eyes : Tu viens de le rappeler : vous êtes signés par Mascot. Comment s’est fait ce deal ? D’habitude, ils sont plus rock que ce que vous proposez (il approuve). Ou du moins, vous êtes un peu plus pop que ce qu’ils ont dans leur répertoire…

Jules GALLI : Oui, absolument… Je pense qu’on est une petite « anomalie » positive pour Mascot. On est plus pop que d’autres groupes qu’ils ont. En fait, quand on était en tournée en Europe avec Toto, on a eu un concert avec Foreigner et ils nous ont demandé de faire un « opening » acoustique. On n’avait jamais fait ça, jamais donné un concert acoustique. On a dû louer des instruments pour ce concert et on a été amené dans les loges… Trev s’échauffait en faisant des gammes, ce qui a généré Automatic. On a posé le téléphone et c’est la chanson qui a lancé ce nouveau chapitre musical. Quand on est rentrés à LA, on voulait vraiment créer un album, quelques chansons en utilisant le studio… Jusque-là, ce qu’on faisait c’était plus « live », rock, direct. C’est cette chanson qui a captivé Mascot. Notre manager l’a partagée avec plusieurs labels, et Mascot a vraiment aimé Automatic. C’est ce qui a déclenché toutes les autres chansons qu’on allait ensuite faire pour l’album en partenariat avec Mascot.

 

Metal-Eyes : Tu viens de parler de tournée avec Toto… Tu te doutes bien qu’il y a deux sujets qui vont revenir de manière très régulières dans les interviews : d’une part Trev qui se trouve être le « fils de » … A quel point son père, Steve Lukather, le guitariste de Toto vous a-t-il apporté sa contribution, son oreille, ses conseils sur vos créations ? Ou vous a-t-il complètement laissé faire ?

Jules GALLI : Il nous a laissés faire musicalement. On lui doit, à lui ainsi qu’à Toto, beaucoup de… mon français est un peu rouillé.

 

Metal-Eyes : Mon anglais est bon, tu peux changer si tu veux…

Jules GALLI (en anglais) : On leur doit beaucoup de gratitude et de reconnaissance, car sans eux, nous n’aurions pas rencontré notre manager, Steve Kharris, et c’est grâce à ça que nous avons eu l’a possibilité de jouer devant des milliers de personnes, de créer Automatic et de trouver ce deal avec Mascot. Notre carrière s’est vraiment développée par le biais de Steve et Toto. (Il reprend en français) Musicalement, par contre, on est vraiment indépendants.

 

Metal-Eyes : Trev a grandi dans un environnement baigné de musique. Mais toi, d’où vient ta culture musicale ?

Jules GALLI : Elle vient de France… Je suis de Lyon, elle a commencé à l’école où on avait des chorales. Notre prof a vu que je chantais un peu ce que je voulais à chaque fois, que je faisais mon truc à moi et elle m’a dit « Tu maies bien chanter, toi, hein ? J’ai des classes privées à la maison, tu devrais en parler à tes parents ». C’est là que j’ai commencé, à 7 ans je crois. Elle m’a appris à chanter pour de vrai, du classique d’abord. J’ai pu ensuite auditionner pour le conservatoire de Lyon, j’y suis resté quelques années. Au départ, c’était très classique, ensuite j’ai eu mes écoutes personnelles. Après, j’ai déménagé aux Etats-Unis et c’est là que j’ai commencé à écrire des chansons. A ce niveau, j’ai fait ma propre éducation, avec pleine de gens différents de collaborations, et depuis maintenant douze ans j’écris des chansons. Après, j’ai déménagé à Los Angeles et c’est là que j’ai donné le plus de concerts possible, dans tous les coins pourris de LA… J’ai juste continué à bosser, bosser, bosser… Et je suis là maintenant.

 

Metal-Eyes : Tu disais que vous avez profité de la crise sanitaire pour enregistrer les vidéos. L’album, lui, il était prêt avant le débit de la pandémie ?  

Jules GALLI : Oui, on a attendu pendant un moment. On a été très chanceux au niveau du temps : je crois que notre dernier jour de mixage était le premier jour du confinement à Los Angeles. On a fait six semaines en studio plus deux semaines de mixage, de retouches finales… Avant, on avait passé un mois et demi, deux mois à répéter et à enregistrer nos démos sur Pro-Tools avec notre batteur, Josh. On était vraiment prêts quand on est arrivés en studio et on a pu se lancer directement. En studio, on a écrit quatre nouveaux titres, c’est tout…

 

Metal-Eyes :  Donc la pandémie a impacté la sortie et ce qui en découle, promo etc… Vous êtes trois dans le groupe, toi, le chanteur, Trev à la guitare et Josh à la batterie. Il y a d’autres musiciens qui interviennent sur l’album ? J’ai parfois l’impression d’entendre des claviers, il y a de la basse…

Jules GALLI : On avait un bassiste à l’époque… Sam Porcaro, qui était avec nous depuis le début. Il est resté trois, quatre ans, il était en studio avec nous.

 

Metal-Eyes : Porcaro, un autre fils de ?

Jules GALLI : Oui, un autre « fils de ». Donc l’album a été enregistré à quatre, chant guitare basse batterie. Il n’y a pas de clavier, plutôt des guitares qui ont été synthétisées. On a voulu utilisé que les instruments qu’on avait.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous allez devoir recruter un bassiste pour les tournées à venir. La situation, d’ailleurs, elle se débloque un peu en Californie et aux USA ?

Jules GALLI : Oui, ça commence à se rouvrir pour certains évènements, mais c’est encore chaud. Ce n’est pas le Texas ou la Floride. Aux USA, c’est différent d’Etat en Etat, certains ont tout rouvert, sans port de masque, d’autres, comme la Californie, sont plus stricts à ce niveau. Maintenant, avec les vaccins, ça s’améliore petit à petit.

 

Metal-Eyes : Deuxième sujet auquel tu n’échapperas pas : votre batteur. C’est un ancien de One Direction, un boys band. Vous ne craignez pas trop d’être raillés à ce sujet, un groupe de rock qui travaille avec un ancien batteur de boys band monté de toutes pièces ?

Jules GALLI : Ben, disons qu’il faut juste écouter Josh jouer de la batterie et les gens arrêteront d’aboyer à ce niveau-là. Parce que c’est juste un des meilleurs batteurs au monde au niveau rock. Il est sensationnel, et être batteur au sein d’un des plus grands groupes des années 2000, c’est pas si mal…

 

Metal-Eyes : « Plus grand », je ne sais pas, plus « populaire », sans doute…

Jules GALLI : C’est ça, voilà. Après, c’est de la musique. Je ne suis pas un rocker « only rock ». Oui, c’est de la musique jeune, de la pop… mais c’est un super musicien. Je pense que c’est une perte d’énergie, à la fin du compte, ce n’est que de la musique, et en début de carrière, il a fait un super job…

 

Metal-Eyes : En plus de ça, il a joué devant des foules gigantesques, dans des lieux mythiques et il a développé une expérience qu’il peut partager avec vous, un professionnalisme qu’il peut aussi vous transmettre.

Jules GALLI : Il y a ça aussi, tu as entièrement raison, oui. Il n’était batteur que pour les tournées, il ne faisait pas partie du groupe qui enregistrait des chansons bubble-gum. Non, il était là pour le live, il jouait, vraiment ! J’ai beaucoup de respect à ce niveau-là et si certains ne veulent pas écouter notre musique à cause de ça, c’est leur problème.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de votre album pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Levara, ce serait lequel ?

Jules GALLI : C’est difficile… Je dirai… Une des chansons dont je suis le plus fier et qui en dit beaucoup, ce serait Chameleon. Je ne sais pas si c’est le son définitif de Levara, mais en tant que songwritter, je trouve que c’est une des chansons les plus émouvantes et qui en dit e plus, sans en dire trop. C’est une des chansons qui en dit le plus, au niveau des paroles, du message, de l’énergie, aussi. C’est une chanson qui a besoin de la participation d’une foule, d’une audience… Après, il y a aussi Automatic

 

Metal-Eyes : Non, non, on a dit « une », pas deux !

Jules GALLI : OK, ok… Donc pour toi, c’est pas Automatic ?

 

Metal-Eyes : Si, pourquoi pas ? Elle a des touches des années 80, une belle variété de rythmes, mais c’est moi qui pose les questions, pas toi !

Jules GALLI (il explose de rire) : D’accord, vas-y !

 

Metal-Eyes : Pourrais-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Jules GALLI : Ecoute, je te dirais ça la prochaine fois, là, je n’ai rien en tête… Ça me prendra peut-être un peu de temps… en trouver une à 9 heures du mat’… Ma devise, ça a toujours été la passion, d’avoir un impact positif sur les gens qui écoutent…

 

Metal-Eyes : C’est déjà une bonne chose, « amusons-nous et ayons un impact positif ». Une toute dernière chose, Jules : tous les disques qui sont derrière toi, c’est ta déco ?

Jules GALLI : On en a plein… Tous ceux qui sont derrière moi (NdMP : on distingue aussi bien les BO de Hair, de Saturday night fever que Bruce Springsteen, Fleetwood Mac…) Tous les vinyles, ils sont kaput, les pochettes, on les a achetées au départ juste parce qu’on aimait bien les visuels, mais on a plein de vinyles intacts. Un de mes préférés, c’est Born in the USA de Springsteen… Mais on a plein de CD ici, on a un studio tout analogique. J’habite avec plein d’artistes, j’adore où j’habite, c’est très créatif et très bohème… « bohemian paradise » !

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL : entretien avec Leigh Kakatay (chant). Propos recueillis par Zoom le 10 mai 2021

Pop Evil by ASHLEY OSBORN

Magie de la technologie, Skype, Zoom et autres plateformes nous permettent de nous entretenir à travers la planète plus aisément que jamais. En attendant de pouvoir nous retrouver en face à face, depuis plus d’un an maintenant, nous nous sommes réinventés et avons modifié nos manières de mener un entretien. « Clic », on allume la caméra et on peut avoir un semblant de face à face. Il est 11 heures du matin dans le Michigan d’où Leigh Kakatay, le fondateur et chanteur de Pop Evil assure la promotion du nouvel album du groupe. Pourtant… surprise ! J’allume ma caméra et lui m’annonce encore être en pyjama… Ça commence bien… Tu en fais souvent toi des promos imprévues encore en pyjama ? Allez, c’est parti pour un simple phoner. Mais agréable avec un bavard de chez bavard…

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Leigh, comment te portes-tu ?

Leigh KAKATAY : Je vais très bien ! C’est une période assez excitante, les shows commencent à être reprogrammés… Il semble que nous retournions vers quelque chose de plus normal… Et ça me va très bien.

 

Metal-Eyes : Versatile, votre nouvel album, suit l’auto-nommé Pop Evil paru en 2018. Quand avez-vous débuté l’écriture de ce disque ?

Leigh KAKATAY : Je crois que nous avons commencé début 2019 à enregistrer quelques démos. Jusqu’au produit fini qui sort maintenant il s’est passé pas mal de temps…

 

Metal-Eyes : Haley, votre batteuse, est Anglaise. Elle vit en Angleterre ?

Leigh KAKATAY : Oui, elle vit là-bas.

 

Metal-Eyes : Alors comment avez-vous travaillé pour cet album ? Il y a des moyens techniques qui le permettent aujourd’hui, mais la période ne se prête pas vraiment au voyages, depuis plus d’un an.

Leigh KAKATAY : C’est vrai, répéter est toujours un défi… Avant le Covid, nous avons pu le faire. Mais elle est si perfectionniste, même sur le back catalog de Pop Evil, elle veut que tout soit parfait. Elle répète et s’entraîne beaucoup. C’est avant tout du travail, mais quand ça matche avec quelqu’un, peu importe d’où vient cette personne. OK, les répètes sont délicates, mais on y arrive. Elle vient ici pour un bon moment afin de répéter, ensuite, nous partons en tournée. Nous voulions quelqu’un qui puisse jouer ces morceaux, qui soit un peu différent. Avant, c’était vraiment un club de gars du Michigan… Quand notre précédent batteur est parti, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de différent. Nous l’avons trouvée à Londres, et ça l’a fait. C’est notre second album avec elle, elle fait maintenant entièrement partie du groupe.

 

Metal-Eyes : C’est son second album avec vous. Comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre Pop Evil et Versatile ?

Leigh KAKATAY : D’abord, je dirai qu’il est pus organique. Il y a cinq personnes dans le groupe et autant d’influences. Comme avec n’importe quel groupe, tu nous mets tous dans un studio, dans un esprit de répétition et voilà ce qui en ressort. Du point de vue « Pop Evil », nous avons repoussé nos limites. Nous faisons des meet and greet, là nous étions plus dans une approche « tête à tête », demandant à nos fans ce qu’ils attendent de nous. Il y a eu plus de demande de heavy et d’utilisation de guitare acoustique, et même des demande d’album entièrement acoustique. Des demandes opposées mais c’est cool… Avec cet album, nous avons voulu concentrer toute cette énergie que l’on retrouve sur les autres disques. Quand nous enregistrons des démos, nous y trouvons de l’énergie et ça nous plaît. Un jour, tu trouves un producteur qui ne connait peut-être pas ton groupe, et qui te demande de tout réenregistrer, de casser cette énergie. C’est quelque chose que je n’aime vraiment pas – l’expérience des albums passés. Nous avons voulu corriger cela et transformer cette énergie pour la scène. C’est une chose dont nous parlons toujours au sein du groupe : les concerts. Comment nous améliorer encore en concert, faire de notre expérience de tournées quelque chose d’encore plus excitant pour nos fans. Avec Versatile, nous savions que nous voulions quelque chose de différent. Cette énergie des démos… Quand tu es emballé par une démo, tu sais que c’est le résultat que tu veux obtenir. Et que nous enregistrions ici, dans le Michigan, ou à LA, c’est là-dessus que nous voulions nous concentrer. Nous ne voulions pas qu’un producteur entre et casse tout cela. Pour ma voix, nous avons enregistrer deux ou trois prises, nous avons pris de mes précédentes sessions aussi. Initialement, le chant est la partie la plus excitante pour moi, je n’intellectualise pas trop, je prends les choses comme elles viennent, je laisse ma voix aller là où les mélodies l’emportent. La plupart des prises de chant que tu entends proviennent des premières prises. Il n’y aurait sans doute pas la même sensation d’urgence dans mon chant s’il avait fallu faire plus de prises…

 

Metal-Eyes : Tu as dit que vous vouliez pousser vos limites mais aussi que les fans vous demandent des choses opposées. Vous vous appelez Pop Evil, tout est dit dans votre nom… De ce que j’ai pu entendre de votre nouvel album, il y a des passages très heavy et agressifs, d’autres plus pop. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Leigh KAKATAY : L’album est similaire aux hauts et aux bas de la vie… Je ne suis pas toujours en colère, ni toujours heureux… Il y a beaucoup d’entre deux. Nous jouons avec les émotions. Nous ne sommes pas le genre de groupe à toujours jouer la même chose. Il y a des tonnes de choses qui nous influencent. C’est pareil pour chacun des membres du groupe. Et puis, nous avons grandi, nous avons des familles, nous écoutons plein de musiques différentes ce qui a un gros impact sur nous. La musique du Michigan particulièrement. Si tu comprends, outre-Atlantique, les origines de la musique du Michigan, tu sais qu’il s’agit d’un marché test – comme tout le mid-West en réalité – pour la musique. Il se passe beaucoup de choses ici. Nous avons grandi sans beaucoup d’argent et sans réelles opportunités de faire des choses, avant tout parce qu’il fait froid six ou sept mois dans l’année… Tout ce que nous avions à faire en grandissant, c’était d’aller en concerts. Chaque fois que quelqu’un venait en ville, nous allions le voir live, il n’y avait rien d’autre à faire ! Ça nous a permis de regarder les groupes. Nous avons été très influencés par de nombreux groupes des années 90… Des groupes très mélodiques, groovy, mais on écoutait aussi des choses plus heavy, Metallica, ou d’autres plus metalcore. Quand nous avons monté ce groupe, la question était de savoir comment nous pouvions intégrer toutes ces influences, comment faire ressortir tout ce spectre d’influences et donner des concerts différents de ce à quoi le public est habitué.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses, là… Si tu devais résumer, et jouer ton rôle de vendeur, que dirais-tu pour me convaincre de courir acheter cet album à sa sortie ?

Leigh KAKATAY : Eh bien, je te dirais que c’est un album plein d’énergie, plein de groove. Si tu veux de la musique puissante sur laquelle tu puisses chanter, alors cet album est fait pour toi ! Et si tu es déjà fan de Pop Evil, alors, il s’agit là du meilleur album de Pop Evil

 

Metal-Eyes : Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un titre de Versatile pour m’expliquer ce qu’est Pop Evil aujourd’hui, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Leigh KAKATAY : Sans hésiter, je choisirai Breathe again. Cette pandémie nous a vraiment tous mis à genoux et rappelé ce qui est important dans la vie : faire ce qu’on aime. En ce qui nous concerne, écouter de la musique, découvrir de nouveaux groupes, continuer d’aimer les groupes que nous aimons… Simplement réapprendre à respirer de nouveau et ç a, c’est la camaraderie et fréquenter des gens. Aller à des concerts avec des gens que tu ne connais pas, découvrir des gens qui, eux aussi, aiment Pop Evil. Espérons que nous puissions nous retrouver, faire ce que nous aimons : aller en concerts, s’amuser…

 

Metal-Eyes : L’album débute avec Let the chaos reign. Y a-t-il un message particulier derrière ce titre ou est-ce lié à la pandémie ?

Leigh KAKATAY : En fait, il a été écrit avant la pandémie. Let the chaos reign fait référence à nos concerts : quand tu y viens, c’est un mosh-pit, un chaos contrôlé. Pop Evil est un croisé du metal, nous n’aimons pas le monde de la pop, c’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Au début des 90’s, le rock perdait beaucoup de terrain, remplacé par la pop… Pour moi, Pop Evil était une sorte de leitmotiv qui me poussait à me lever le matin, à faire partie d’un groupe de rock pour lutter contre la pop… Je crois que ce nom nous a beaucoup aidé à trouver notre place, et à ne jamais prendre « non » comme une réponse. Le rock est très vivant, c’est une évidence ! Tu as assisté à un festival en Europe, alors tu sais de quoi je parle !

 

Metal-Eyes : Breathe again, comme tu l’as dit, semble avoir été plus inspirée par la pandémie que par la mort de George Floyd, par exemple…

Leigh KAKATAY : En fait, tout l’album a été écrit avant la pandémie. Mais c’est assez dingue de voir à quel point tout peut aujourd’hui avoir un sens différent, maintenant que nous vivons cette pandémie.

 

Metal-Eyes : De quoi traitent tes paroles ?

Leigh KAKATAY : J’aime transmettre des messages positifs. C’est quelque chose de commun au groupe. Aider une personne, le faire quand nous sommes en tournée, loin de nos familles et amis. Si nous parvenons à rendre une situation plus vivable pour quelqu’un à travers notre musique, c’est clairement une réussite.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que tu ne souhaites pas aborder avec Pop Evil, des sujets que tu préfères éviter ?

Leigh KAKATAY : Je ne crois pas… Je suis toujours prêt à écrire si quelque chose de positif peut en ressortir. Nous essayons d’aider. Avec la pandémie et toutes les controverses actuelles, ça va être intéressant de voir ce nous allons pouvoir en tirer. Les sujets de la pandémie vont impacter beaucoup de monde, y compris les membres du groupe. Haley a été confinée en Grande Bretagne, j’ai à peine vu les autres membres du groupe…Nous ne nous sommes pas retrouvés depuis… janvier 2020 ! Ça va vraiment être intéressant de ressentir ces émotions quand nous allons nous retrouver pour écrire… Pour le moment, nous voulons simplement retrouver la scène.

 

Metal-Eyes : Il sera aussi intéressant de voir quelle sera votre énergie scénique une fois que vous rejouerez live (il approuve). Tu as justement dit que la situation s’améliore aux USA…

Leigh KAKATAY : Oui, je veux voir les choses positivement. Notre Etat a été gravement affecté par la pandémie, mais tout semble redevenir normal, les gens ressortent… J’espère retrouver une vie normale, comme tout le monde. Nous avons des dates bookées à partir de juillet, une tournée avec Shinedown. Des dates uniquement aux USA, des festivals. C’est un bon début.

 

Metal-Eyes : Quels souvenirs gardent-tu de votre dernier concert parisien, au Trabendo ?

Leigh KAKATAY : Je me souviens de beaucoup d’énergie. J’étais, pendant notre dernière tournée en France, super malade, j’avais une bronchite carabinée et il fallait que nous fassions avec ! Je me souviens de cette énergie, du public qui chantait les paroles avec nous. Notre public croît en France, c’est une bonne chose. Il nous a fallu du temps pour venir en Europe : nous étions coincés par un contrat discographique et il nous a fallu nous en tirer après le second album. Notre label actuel, eOne, est venu à notre secours, il a fallu négocier notre sortie. Nous n’avions pas les moyens financiers de venir en Europe à nos débuts, il nous a donc fallu du temps pour venir. Je suis très reconnaissant de cette croissance en Europe, nos fans y sont extraordinaires. Et la France nous a si bien accueillis que nous sommes impatients d’y revenir. Ce qui se fera vraisemblablement avec le nouvel album. L’Europe est terre de rock et nous sommes honorés d’y apporter notre petite touche.

 

Metal-Eyes : C’est intéressant de constater que de ton côté, américain, tu considères l’Europe comme un marché important alors que pour les Européens, le marché à conquérir, c’est les USA…

Leigh KAKATAY : Etant issu d’un groupe américain, nous voyons en effet l’Europe comme une terre de rock. Il y a une passion pour le rock et pour le metal différente de ce qu’il y a aux USA. Aux Etats Unis, il y a de plus grandes foules, de plus grands… tout est plus grand, mais ça peut ne pas être une bonne chose parce qu’il y a tellement « plus ». Les fans, avant la pandémie, avaient tendance à prendre les choses pour acquises : « oh, on ira voir ce groupe la prochaine fois qu’il passe » … J’ai l’impression que les Européens apportent vraiment leur soutien aux groupes qu’ils vont voir, ils comprennent les implications, financières ou autres, et je crois qu’ils ont plus de sympathie et de passion pour les groupes américains qu’ils soutiennent. Si nous donnons 3 ou 4 concerts en France, le public sera présent. C’est pareil en Allemagne, en Angleterre et partout en Europe. Je pense que la passion des Européens pour le rock et le metal est vécue différemment, et j’aime vraiment cela. Nous devions venir l’été dernier, pour la saison des festivals, mais le Covid a frappé et ça a ruiné pas mal d’opportunités de voir le groupe grandir outre-Atlantique. Je ne pense pas que nous puissions revenir avant 2022, à cause des restrictions de voyage… Personne ne sait vraiment ce qu’il en sera. Si nous pouvons venir avant 2022, tant mieux ! Il n’y a pas de meilleur endroit pour moi que les festivals en Europe !

 

Metal-Eyes : Tu constates aussi la différence de réactions entre les fans européens et d’autres ?

Leigh KAKATAY : Les fans français, anglais et allemands nous ont toujours super bien accueillis, avec passion. C’est sans doute parce qu’ils connaissent bien notre musique… Je compare toujours avec les groupes américains où nous avons toujours tournés, deux fois par an depui 2007. J’ai l’impression qu’ici c’est « montre-moi ce que tu sais faire » tandis qu’en Europe c’est « donne-moi ce que tu as » !

 

Metal-Eyes : J’aime cette façon de voir les choses !

Leigh KAKATAY : Tu sais, nous n’avons pas rencontré le succès rapidement aux USA, nous avons tourné dans des circuits… LA première fois que nous sommes allés en Australie, les salles étaient blindées… Notre premier concert à Paris, je me souviens d’avoir rencontré des journalistes qui m’ont averti : « ne le prend pas mal, mais le public parisien est très exigeant ». Ça m’a un peu foutu la trouille, je me disais que le concert allait être très difficile mais ça a été tout le contraire…

 

Metal-Eyes : Le public parisien a cette réputation : si le public ne t’apprécie pas, tu le sauras vite, autant que s’il t’apprécie… Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, Sting a entamé sa nouvelle tournée par une semaine à Paris, déclarant que si ça ne marchait pas ici, il n’allait pas plus loin…

Leigh KAKATAY (il rit) : J’adore, vraiment ! Mais c’est vrai. La France en général est comme ça. J’ai toujours appris le Français à l’école. Du côté de ma mère, ma famille est canadienne, ils parlent tous français. J’étais le fainéant de la famille, mon français était pitoyable, un peu comme un touriste ! Je pouvais le comprendre, mais… J’ai toujours fantasmé « j’ai envie d’aller à Paris, visiter la France ». Et maintenant que j’ai eu l’occasion de venir y jouer, il y a beaucoup de choses que j’aime dans ce pays : la culture, les gens, les paysages… Quand tu es en tournée, il y a toujours ces paysages qui résonnent en toi, te frappent, et la France en fait partie.

 

Metal-Eyes : Nous arrivons à la fin de notre interview, alors quelle pourriat être la devise de Pop Evil ?

Leigh KAKATAY : Positivité, mon ami ! Tu sais, on a commencé il y a quelques temps, et nous voyons maintenant des gamins venir avec leurs parents. On a pu tourner avec des groupes légendaires comme Judas Priest, Poison et d’autres et tous disent la même chose : « nos fans ont grandi avec nous et ils élèvent leurs enfants avec nous ». Cela a toujours fait écho en moi. Que les groupes avec lesquels j’ai grandi disent cela…  Nous avons toujours voulu avoir du succès et avoir des fans à travers la planète… Mais notre véritable ambition, c’est simplement de pouvoir apporter quelque chose aux fans, partout dans le monde… Nous avons déjà tant voyagé à travers le monde, nous avons déjà eu tant de succès… Il faut mettre les choses en perspective : pourquoi tu voyages aussi loin, pourquoi tu passes autant de temps loin des tiens… Et quand tu vois les gens venir en famille, le gamin sur les épaules de son père, horns up en train de hurler, de chanter toutes les paroles, là, ça te donne un sourire intérieur, si large et profond que ça me rappelle moi, sur les épaules de mon père à un concert de Lynnyrd Skynnyrd chantant Freebird… C’est si spécial… Quand ta musique franchit les époques, que tu peux l’écouter avec tes enfants, c’est très cool…

 

Metal-Eyes : Une dernière chose, et c’est uniquement ta faute puisque tu l’as évoqué tout à l’heure (il rit) : quelle serait ta conclusion en français

Leigh KAKATAY : Ah, man… (En français) : Je voudrais jouer un concert – ou des concerts – en France.

 

 

Interview: Ayron JONES

Interview Ayron JONES (chant, guitare). Propos recueillis par Skype le 6 mai 2021

 

Il y a de bonnes surprises, parfois. Ayron Jones en fait incontestablement partie. A l’heure de notre apéro, lui, en direct Skype de Seattle, en est encore au café. Son premier album, Child of the state, qui parait le 21 mai, est une pépite aux références multiples. Un panel musical varié qui puise aussi bien dans le rock, le grunge, le funk. Metal Eyes a échangé sur de nombreux sujets avec ce jeune et talentueux musiciens aussi charmant que bavard. Une belle découverte musicale et humaine.

Photo promo

Metal-Eyes : Commençons par ceci : qui est Ayron Jones ?

Ayron JONES : Je ne suis qu’un gamin de Seattle qui, un jour, a pris une guitare et appris à en jouer ! Si on parle de mon passé, il n’y a aucune raison pour que je sois ici aujourd’hui, mais la guitare est devenue ma passion, mon amour… La musique et la guitare ont trouvé une place très spéciale dans ma vie, alors… voilà en gros qui je suis…

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a amené à attraper une guitare ?

Ayron JONES : Le hasard, mec, c’est arrivé comme ça ! Il se trouve que, à 13 ans, j’étais chez un ami qui avait une guitare, je l’ai prise et le reste… c’est de l’histoire ! Ça m’a semblé si naturel, je jouais dès que possible…

 

Metal-Eyes : « Le reste c’est de l’histoire » … Pourtant, tu vas sortir ton premier album, Child of the state…

Ayron JONES : Mon premier album important, oui…

 

Metal-Eyes : Donc l’histoire ne fait que commencer…

Ayron JONES : Absolument, oui…

 

Metal-Eyes : Nous ne connaissons pas en France, alors comment décrirais-tu ta musique à quelqu’un qui ne te connais pas ?

Ayron JONES : Je dirais Michael Jackson rencontre des guitaristes comme Jimi Hendrix et Kurt Cobain (il rit) !

 

Metal-Eyes : La description que j’ai notée est : Michael Jackson rencontre Prince, Rage Against The Machine et une part de la scène grunge des 90’s (il sourit largement).

Ayron JONES : Tu vois, on y est, toi et moi, on se rejoint ! C’est une très bonne description ! Je suis un enfant des 90’s et tous ces genres musicaux existaient au même moment. Tu rajoutes du hip-hop, du rock… Je suis redevable à tous ces styles musicaux !

 

Metal-Eyes : Les articles de presse que j’ai pu lire te comparent à la scène grunge. Comment l’expliques-tu, à quel point en es-tu proche, hormis le fait que tu sois aussi originaire de Seattle ?

Ayron JONES : Je suis très proche de la scène grunge, j’y suis très impliqué, notamment par le biais de mon association. J’ai travaillé avec de nombreux artistes de cette scène, je suis très impliqué localement.

 

Metal-Eyes : Tu as parlé de Jimi Hendrix… Non seulement était-il un guitariste gaucher, ce que tu n’es pas (rires), mais il était aussi Américain. Il a surtout révolutionné le monde de la guitare. Que considères-tu être ta touche personnelle de guitare ?

Ayron JONES : Oh, je dois beaucoup à Jimi, c’est évident, nous sommes issus du même quartier, tu sais, je côtoie sa famille qui m’encourage beaucoup. Ma touche personnelle ? je ne sais pas si j’ai assez de recul pour le dire… Mmhh… Je crois que je suis plus sur le fil que Jimi – et il l’était déjà énormément. Je n’ai pas vraiment grandi avec le grunge, mais je pense apporter ma touche à ce style, avec un peu plus de punk…Cependant, le jeu des accords, ce qu’il a développé, son jeu m’a particulièrement inspiré.

 

Metal-Eyes : Tu parles de bruit dans ta musique. La première chanson de ton album, Boys from the Pudget town, est très noisy, très agressive. Le reste de l’album est quant à lui très diversifié. Qu’as-tu voulu mettre dans cet album ? Il y a de la colère, de la douceur…

Ayron JONES : Oui… J’ai voulu mettre du contraste dans ma musique, différentes dynamiques. Pour moi, cet album représente le chemin que j’ai parcouru à la recherche de mon identité. On se cherche tout le temps… La vie que j’ai vécue a alimenté cet album avec toutes ces émotions. Parfois il y a de la colère, parfois de l’amour, parfois d’autres sentiments… J’ai simplement voulu mettre toutes mes émotions dans ce disque.

 

Metal-Eyes : Et tu te situes où émotionnellement en ce moment, en pleine pandémie ?

Ayron JONES : Je me sens bien en ce moment ! Mon premier album est sur le point de sortir, et je suis impatient de pouvoir de nouveau jouer pour le public, ce que je ne peux pas faire en ce moment.

 

Metal-Eyes : La pandémie a-t-elle eu une influence sur l’enregistrement ou la conception de cet album ? C’est désormais une question classique…

Ayron JONES : Elle a certainement eu un impact… Ne serait-ce que par le fait que toute ma concentration, mon énergie étaient centrées sur l’enregistrement, sans distraction possible. En d’autres circonstance, ç’aurait été « oh, je dois enregistrer ça maintenant, j’ai ce concert à tel endroit… » Mais non, tout ce que j’avais, c’était cet album sur lequel focaliser mon attention. La pandémie m’a permis de vraiment e concentrer sur cet album, et je lui suis redevable de cela !

 

Metal-Eyes : Parlons un peu de musique. Même si Mercy débute par les mots « see my brothers falling » (vois mes frères tomber), je peux imaginer que George Floyd est dans tes pensées…

Ayron JONES : Oh, oui, toujours !

 

Metal-Eyes : Mais pas seulement : tu parles aussi d’armes à feu et d’artillerie lourde. De quoi parles-tu plus précisément dans tes paroles.

Ayron JONES : Je suis un grand fan de mots… Comme je te le disais, j’ai grandi dans les années 90, avec le hip-hop, une époque dorée pour les paroles. J’ai toujours voulu proposer des textes qui amènent à réfléchir, plutôt que de tout livrer directement. Parfois c’est le cas, sur les chansons plus lentes. Mais sur Mercy, je voulais dire les choses telles que je les ressentais, dire ma vérité dans ma situation, faire en sorte de t’amener dans mon histoire, ma situation. Toutes ces paroles m’ont permis de m’exprimer, d’exprimer mon ras-le-bol de voir, chaque matin, quelqu’un comme moi battu ou tué, de vois des gens déshumanisés par l’autorité.

 

Metal-Eyes : D’un autre côté, y a-t-il des sujets que tu ne souhaites pas aborder aujourd’hui ?

Ayron JONES : je ne crois pas, non. J’ai atteint ce moment de ma vie où je me rends compte que même les gens de mon entourage ne me connaissent pas si bien. Ce disque est vraiment un moyen de m’ouvrir aux autres, pas de me cacher derrière une guitare, de me livrer et de raconter mon histoire. J’ai envie d’être comme un livre ouvert pour les gens… Donner la vraie image de qui je suis.

 

Metal-Eyes : Nous avons tous les deux dit qu’il y a du Michael Jackson dans ta musique et tu sonnes vraiment comme lui sur un morceau comme Take me away (il approuve). Ce que j’ai également noté, sur Supercharged, ton chant et ta guitare sonnent comme un autre chanteur noir : Lenny Kravitz.

Ayron JONES : Oui, oui… C’est marrant que tu dises ça parce que ce n’est pas volontaire. Ce qui est intéressant avec la musique c’est que tu avances dans la vie, et les choses bougent aussi. Un jour, on m’a demandé quel était le premier riff de guitare que j’ai appris. J’ai répondu Fly away, de Lenny Kravitz. Alors oui, Lenny Kravitz a fait partie de ma vie, m’accompagné depuis mon adolescence. J’ai écouté et analysé son travail, jusqu’à maintenant. Franchement, je me mentirais et je mentirais à tout le monde si je disais que Lenny Kravitz n’est pas une influence. Il est sans doute une des plus importantes influences de ma vie !

 

Metal-Eyes : Tu te rends compte que si je cite toutes ces références, c’est dans le seul but de te faire comprendre que j’ai écouté ta musique…

Ayron JONES : Ouais, mec, et je t’en remercie, c’est cool…

 

Metal-Eyes : J’ai dit « écouté », hein, je n’ai pas dit que je l’ai apprécié… (il explose de rire) Et naturellement, avec le décalage horaire, tu prends ton café, et pour moi, c’est l’heure de…

Ayron JONES : Ouais, c’est l’heure d’un whisky !

 

Metal-Eyes : Non, non, j’ai arrêté le whisky… J’y reviendrai mais pas tout de suite.

Ayron JONES : Oh… non, si tu arrêtes ces trucs, il ne faut pas y revenir…

 

Metal-Eyes : Ah, non, rien à voir, c’est juste qu’il faut que je diminue le sucre dans mon sang si je veux éviter le diabète. Un verre de vin, ça ira !

Ayron JONES : Ah, oui, ok…

 

Metal-Eyes : Revenons à ta musique si tu veux bien !

Ayron JONES : Oui, oui, ok !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Child of this state pour expliquer ce que tu fais, laquelle serait-ce ?

Ayron JONES : Je pense… Mince, c’est compliqué, ça… Ah, shoot… Je dirai soit Take me away, soit My love remains, une des deux. Je penche plus pour Take me away qui résume en quelques sortes tout ce que j’ai accompli en musique jusqu’à présent. Tous ces éléments qui se mêlent et c’est toujours du rock.

 

Metal-Eyes : OK. Et si tu devais penser à une devise, laquelle serait-ce ?

Ayron JONES : Une devise ? Oh, mec, « ne sois pas un trouduc » (rires), ce serait ça ma devise ! C’est une des choses que j’ai apprises dans la vie : tout le monde dans sa vie a des opportunités. Certains les saisissent, d’autres non. Mais c’est autre chose de maintenir des relations tout en voulant réussir sa vie. La devise que je me suis toujours appliquée c’est d’être gentil, généreux et vrai envers les autres, ceux qui m’accompagnent. Ils sont tes pairs, tes égaux, alors maintenons de bonnes relations, c’est tout…

 

Metal-Eyes : « Ne sois pas un trouduc » peut être une devise personnelle ou plus générale, mais ça s’applique également à la politique (il approuve). Comment analyses-tu le changement entre 2020 et 2021 ? Suis mon regard…

Ayron JONES : Mince… Tu as des questions profondes, j’aime ça, mec ! Je ne vois pas tant de changement pour le moment. J’ai vu des petits pas, mais rien de vraiment palpable pour le moment, pas d’un point de vue politique, en tout cas. J’attends, nous attendons tous de voir un vrai changement…

 

Metal-Eyes : Mais ça ne fait que 5 mois que Biden est en poste…

Ayron JONES : Oui, c’est vrai, c’est vrai, il reste du temps. L’histoire de George Floyd… Le flic qui l’a tué vient de perdre le procès, mais il pourrait échapper à la prison. Et il pourrait faire appel, le système est ainsi fait. Même s’il y a des progrès pour condamner ces personnes qui commettent des crimes contre l’humanité (Note : ce n’est pas tout à fiat la définition officielle, mais je vois ce qu’il veut dire), il leur est impossible de vraiment décrocher, changer. Cet officier de police et ceux qui pensent comme lui vont continuer de commettre ces actes. J’apprécie les avancées, mais il reste tant à faire…

 

Metal-Eyes : De notre point de vue, ici en France, ce n’est pas que la police qui doit changer, c’est la population toute entière qui doit apprendre à voir les choses différemment.

Ayron JONES : Oui, absolument. Je suis entièrement d’accord.

 

Metal-Eyes : Il y a également une ballade sur cet album, My love remains. Pour qui ton amour demeure-il ?

Ayron JONES : Pour qui ? Mec, tu me poses de ces questions ! J’adore ça… Je ne sais pas si beaucoup de gens se rendent compte à quel point ton enfance détermine les relations que tu peux avoir ensuite. Que ce soit avec toi-même, avec tes parents, tes amis… Que se passe-t-il pour quelqu’un qui n’a pas eu de parents, qui n’a pas reçu de repères parentaux ? My love remains traite de ça, de la tristesse que j’ai ressentie de n’avoir pas reçu cet amour, cette relation qui m’a manquée. Cette chanson parle de cet amour que j’ai pour ma mère, pour mon père, qui sont des personnes que je n’ai jamais vraiment connues. Je continue de m’accrocher à cet amour même si je ne sais pas trop quoi en faire…

 

Metal-Eyes : Et c’est une réponse profonde et intense également…

Ayron JONES : Merci, mec !

 

Metal-Eyes : Culturellement, quelle est la situation actuellement aux USA ?

Ayron JONES : Culturellement ? Ça va, ça vient… Certains endroits commencent à rouvrir, mais pas partout. Les Etats-Unis, c’est un pays qui est vraiment divisé en 4 : nord, sud, est et ouest… Les Etats du sud de la guerre de sécession, ceux du nord de cette même période, et ils continuent plus ou moins d’agir de la même manière politiquement. En gros, les Etats du sud se dresseront contre toute mesure : ils ont déjà tout réouvert, « on s’en fout de vos consignes » … la côte ouest est plus raisonnable et respectueuse des règles pendant la pandémie… Bref, il y a de tout partout ! Mais je pense que les choses vont redevenir normales : les cinémas commencent à accueillir des groupes de personnes sur réservation… On va s’en sortir, à un moment ou un autre…

 

Metal-Eyes : Tu as des concerts prévus ?

Ayron JONES : Oui, j’ai quelques dates prévues en juin, une tournée en automne… Les choses se planifient petit à petit.

 

Metal-Eyes : Tu as déjà joué à l’étranger ?

Ayron JONES : Non, je n’ai pas joué à l’étranger. J’ai joué au frisbee à l’étranger, mais pas de musique (rires), mais j’en ai envie. J’en ai rêvé toute ma vie, principalement en Angleterre, en Europe, là où Jimi Hendrix a joué, Eric Clapton… J’ai toujours voulu jouer en Europe et voir la réaction des gens là-bas.

 

Metal-Eyes : L’album sort le 21 mai. Que dirais-tu aux gens, à part « je te collerai mon poing dans la figure » (rires) pour les convaincre d’aller acheter ton album ?

Ayron JONES : Ah, mec, c’est une question difficile ! J’en sais rien… « fume-ça et va acheter mon album » ! (rires)

 

Metal-Eyes : Et si je ne fume pas ?

Ayron JONES : Et si tu ne fumes pas (rires) ? Ok, alors… Que dirai-je ? Qu’avec la pandémie, il y a de nouvelles personnes qui sont en train de créer de nouveaux sons, et je suis l’une d’elles : nouveau son, nouveau mode de vie, et cet album en est l’introduction. Alors, donnez lui une chance et allez l’écouter !

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter, Ayron ?

Ayron JONES : Rien de particulier, j’espère que les gens en France vont prendre le temps d’écouter et de découvrir ma musique, et j’espère vraiment venir jouer pour vous dès que possible et que nous puissions tous nous rencontrer. Merci pour cet échange, et… profites de ton verre de vin !

Interview: CROWN

Interview CROWN : entretien avec Steph et David. Propos recueillis au téléphone le 6 avril 2021

 

 

Metal-Eyes : J’imagine qu’en pleine promo on vous pose souvent le même genre de questions, alors commençons par quelque chose d’original pour faire de cette interview un moment agréable : le dernier album de Crown remonte à 2015. Que s’est-il passé entre temps ?

David : Ecoute, moi, je suis ingé son live, donc je tourne pas mal à l’étranger, jusqu’à ce que le Covid arrive… J’ai tourné avec Alcest, The Ocean et plus récemment avec Abbath, donc j’ai tourné un peu partout. Le processus a donc pris son temps, j’ai commencé à écrire les démos en… 2018. David a un studio, et trouver du temps pour nous retrouver, travailler… ce n’était pas évident.

Steph : Et puis on a fini il y a un an et demi. Ça a été repoussé à cause du Covid. Ça a été moins long que ce qu’il n’y parait.

 

Metal-Eyes : Le Covid a repossé la sortie de ce nouvel album qui arrive le 16 avril. Y a-t-il eu un autre type d’impact que de simplement retarder sa sortie.

Steph : On avait une tournée prévue qui a été repoussée trois fois, comme l’album. Mais il n’y a pas eu trop d’impact, ça nous a permis de bien bosser sur la sortie de l’album, sur sa promo.

David : Pelagic, le label, avait une exigence, d’avoir le temps de faire de la promo avant de le sortir. Donc on l’a fini dans le speed et c’est rigolo : on a fini dans le speed pour, finalement, devoir repousser sa sortie, mais ça, ce n’était pas prévisible…

 

Metal-Eyes : C’est le quatrième album de Crown. Comemnt est-ce que l’un et l’autre, le premier avec une oreille formatrice du… on ne peut même pas parler de « groupe dans votre cas »… – du concept Crown, et l’autre avec une oreille extérieure, celle d’un ingénieur du son, analyse l’évolution de Crown entre Natron (2015) et The end of all things ?

David : Moi, en tant que mixeur et producteur de l’album d’avant où je suis intervenu sur le tard et celui-là où je joue des guitares, claviers et travaillé sur les arrangements… je dirai que ce qui figure sur le dernier était déjà là sur le précédent mais de manière un peu plus discrète. C’est surtout le côté chanté, c’est ce que j’ai dit à Steph, de pousser dans cette voie, de pousser ce côté chanté et surtout de prendre ces voix très mélodiques, claires, un peu crooner… Que ça devienne un peu plus un truc qu’on puisse exploiter. Je crois que Steph, de son côté, il avait aussi cette envie…

 

Metal-Eyes : Attends, David, il est avec toi, laisse le parler, laisse le donner son avis

David : Ok, vas-y Steph (rires)

Steph : C’est venu naturellement. Je n’ai jamais vraiment eu envie à chaque album de faire quelque chose de différent… euh, pardon, de faire quelque chose d’identique (ils se marrent)

David : Voilà pourquoi je ne voulais pas le laisser parler…

 

Metal-Eyes : Là, il va falloir qu’on en parle… Ceci dit, il y en a qui se débrouillent très bien à faire des albums identiques…

Steph : C’est vrai, mais moi, c’est pas mon truc, je m’ennuie rapidement. A la base, je voulais faire quelque chose de plus agressif, mais j’ai commencé à écrire et c’est venu comme ça, naturellement, sans me dire « maintenant, il faut que ce soit comme ça ». J’ai laissé venir ce que j’avais en tête, les émotions, et… voilà !

 

Metal-Eyes : Pour moi, ce que je retiens de l’album c’est que c’est un ensemble assez sombre, rythmé, électro, inquiétant… Qu’avez-vous voulu mettre dans ce nouvel album ?

Steph : C’est par rapport à tout ce qui peut se passer dans le monde, d’un point de vue politique, économique, écologique, du point de vue des relations humaines… On en est arrivés à un point de non-retour. La musique de Crown a toujours été très sombre, aussi. J’ai toujours été attiré par le côté obscur. C’est une vision assez apocalyptique du monde et de ce qui me touche particulièrement. Il y a beaucoup de choses qui me révoltent et j’essaie de faire passer ça dans un côté mélodique, J’aime que chacun puisse se faire une interprétation particulière, de la musique ou des textes… Il y a un peu de lumière, une sorte de dualité entre ténèbres et lumière…

 

Metal-Eyes : Je vois plus le côté « ténèbres », qui arrive d’ailleurs dès la pochette avec ce roi des échecs qui se désagrège, qui part en poussière. Vous avez voulu exprimer quoi avec cette pièce d’échecs ?

David : C’est Max Loréo qui a fait le design de l’album. L’artwork était déjà prêt en 2018, ce qui est un peu étrange. C’est une référence au roi du film d’Ingmar Bergman, le septième sceau, où c’est un jeu d’échecs…

 

Metal-Eyes : Contre la mort. Qui gagne…

David : Voilà, et c’est un concept par rapport à la fin du monde. La mort n’existe plus, il n’y a plus que le néant.

 

Metal-Eyes : Tu parles de références cinématographiques… Quelles sont vos sources d’inspirations et de distractions à l’un et à l’autre ?

Steph : Moi, j’aime beaucoup le cinéma, je regarde … pas … beaucoup de séries…

David : Beaucoup ou pas beaucoup ?

Steph : Beaucoup, je regarde beaucoup de séries…

 

Metal-Eyes : Vous n’allez pas vous engueuler en direct les gars…

Steph : Ah, ah ! si ! Je suis un gros fan de David Lynch. En ce moment, je suis en train de regarder une série exceptionnelle qui s’appelle Six feet under qui parle d’une famille de croque-morts, et ça illustre très bien ce qu’il se passe en ce moment dans les relations humaines, les difficultés à sortir du monde environnant. C’est assez… authentique.

David : Moi, je suis producteur, c’est mon job de tous les jours… Je fais ça tellement, que quand je me mets devant un truc, en général, au bout de dix minutes, je dors ! Je te dis pas comment c’est sexy pour ma chérie… J’ai dû faire 450 albums et, à mon avis, la production, c’est une grande part de psychothérapie. En termes de découverte de l’humain, de ses fantasmes et de ses envies, il y a beaucoup de choses… C’est pas mal non plus ! C’est concret que virtuel… A part ça, je n’ai pas beaucoup de hobbies.

 

Metal-Eyes : Quel est le dernier film devant lequel tu t’es endormi ?

David (rires) : Très bonne question ! Ecoute, je m’endors pas toujours… Le dernier truc devant lequel je ne me suis PAS endormi, c’est Sea speracy, un truc sur la mer, sur la pêche intensive. Je ne suis pas très écolo, mais je me suis pris un tarte… C’est impressionnant, et ça va très bien avec The end of all things, parce que quand tu as fini, tu te dis « gauche ça va pas, droite, ça va pas non plus… Blanc, ça va pas, et noir non plus… bon, on fait quoi alors… ? »

 

Metal-Eyes : De quoi traitent vos paroles, quels thèmes abordes-tu ?

Steph : Alors là, on rentre dans un côté assez abstrait parce que quand j’écris des textes, je n’ai pas vraiment de thème particulier…

 

Metal-Eyes : OK, merci. Salut, alors ! (rire général)

Steph : Non, c’est plus des espèces de tableaux qui m’apparaissent. Ensuite, ça va rejoindre, se mêler à tout ce que je disais avant par rapport aux relations humaines. Ça peut être la détresse, la domination… C’est difficile d’en parler. Les gens se font leur propre interprétation.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses que tu préfères ne pas aborder, qui n’ont pas leur place dans Crown ?

Steph : Euh… Je n’ai pas envie de parler de politique, c’est le genre de truc qui ne m’intéresse pas, mais sinon… Non, je ne me donne pas vraiment de barrière… C’est une bonne question…

David : Ouais, c’est une bonne question ! C’est peut-être même la meilleure question de la journée, franchement ! (ndMP : frime, frime ! yeah, saute partout dans la chambre…)

Steph : En fait, je n’ai envie de rien m’interdire… Depuis que j’ai commencé, je tourne autour des mêmes choses, le monde post apocalyptique…

David : Quand j’étais gamin, je regardais Mad Max 2 en boucle. Et gamin, 9 ou 10 ans, je te jure, je me disais « vivement l’apocalypse, ça va être trop bien : on va être habillés en cuir, on aura des dreads, on roulera dans le désert sur des motos ou dans des bagnoles d’enfer » (Steph est mort de rire) Et franchement, aujourd’hui, on y est quasiment et je me demande si j’ai vraiment envie de le vivre (voir note précédente). Il y a un autre truc que je voudrai ajouter : l’interprétation que les gens peuvent avoir des textes est bien plus intéressante que ce à quoi tu penses quand tu les écris.

 

Metal-Eyes : En parlant de gens, vous avez travaillé avec une invité, Karine Parks d’Arabrot. Elle intervient sur Utopia, le dernier titre. Comment avez-vous pris contact avec elle ?

David : Je m’occupais du son sur la dernière tournée de The Ocean, et en général, soit tu fais le son pour un groupe, soit pour tous les groupes de la tournée. Là, c’était le cas et il y avait Arabrot dans le lot. Je les avais vus à Colmar, mais Karine n’était pas encore là. Je les ai vus plus tard en duo avec son mari et sa voix m’a mis sur le cul, elle a un registre énorme. On avait un morceau qui était en chantier, et je me souviens que Robin, son mari, m’a suggéré de lui demander. Je lui ai fait écouter l’album, elle m’a dit que c’était vachement sombre… Je lui ai fait écouter un morceau, ça lui a plu et je lui ai proposé de le faire. Elle a dit oui… Un ou deux mois après, elle nous a envoyé une maquette avec ses voix, c’était assez pop, et ça a été un challenge de le faire…

 

Metal-Eyes : Même si vous naviguez dans des univers musicaux différents, Arabrot a aussi des aspects sombre. On pourrait même dire que certains aspects doom vous lient.

Steph : Oui, c’est cohérent, totalement.

David : Son texte est aussi sombre que les tiens, c’est vrai. Et puis, dans tes lignes de chant – tu vois, je parle à Steph en même temps… – il y a ce truc un petit peu lumineux. C’est très beau, et ce qu’a fait Karine, c’est très beau aussi, avec des tessitures différentes, mais ce n’est pas si éloigné.

 

Metal-Eyes : En même temsp, je trouve que votre album, s’il est sombre, possède aussi un côté… pas lumineux mais presque joyeux, sautillant, dansant…

Steph : Waow… on ne me l’avait pas dit encore ça !

David : Je dirais qu’il y a… dansant, oui, mais peut-être plus lumineux quand même, pour rendre l’ensemble plus accessible, plus émotionnel on va dire.

 

Metal-Eyes : Si, pour expliquer ce qu’est Crown aujourd’hui, ne retenir qu’un seul titre de l’album, ce serait lequel et pour quelle raison ?

Steph : Je dirais, le premier titre, Violence, ou Illumination…

David : T’en as pris deux, là !

Steph : Oui, je sais… C’est dur. C’est une bonne question aussi…

David : Je dirais que c’est les deux qui résument…

 

Metal-Eyes : Oui, mais tu viens de lui dire que ça en fait deux ! A la limite, vous en prenez une chacun et ça fera l’affaire…

David : Oui, c’est ce que j’allais proposer. Il en aurait dit une, j’aurai choisi l’autre, mais il a cité les deux ! Je suis baisé… On est assez fiers de tout ce qu’on a fait, mais ce n’est pas un hasard si on met ces deux là un peu plus en avant, ils résument assez bien le disque.

Steph : C’est vrai que j’ai une préférence pour Violence…

 

Metal-Eyes : Oui, pour quelle raison ?

Steph : Alors là (rires) ! Quand je l’écoute, ça me fait ressentir beaucoup de chose.

David : Le texte est assez personnel aussi. Quand tu dis « be part of my violence », à chaque fois, je me dis « waow, j’aurai bien voulu l’écrire cette phrase »… Comme articulation de couple, c’est pas mal (Steph se marre), c’est comme ça que je le vois ! Tu dis ça à ta meuf, mon vieux, t’as intérêt à courir vite après (rire général) !

 

Metal-Eyes : Si vous deviez penser à une devise pour Crown, ce serait quoi ?

David : Je veux bien commencer : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Steph : Ecoute, je suis totalement d’accord !

David : Ah, non, il t’en faut une aussi ! Non, je pense que ça s’applique assez bien à ce qu’on a voulu faire… On a envie de se renouveler, de prendre des risques, d’aller plus loin. Là, c’est plus artistique.

Steph : Je dirais « sortir de sa zone de confort », parce que c’est important de prendre des risques.

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : vous avez signé avec Pelagic qui grandit et signe un certain nombre de compatriotes. Qu’est-ce que ça vous apporte que vous n’aviez pas avant ?

Steph : Avec Candlelight, la communication n’était pas au top. Pelagic, ils sont totalement passionnés, et j’ai une totale confiance en eux et à ce qu’ils proposent : les vinyles, il y a de super beaux objets. Et ils ont un catalogue qui montre bien à quel point ils s’investissent.

David : Et en terme de travail de promo, ils sont efficaces : l’ensemble des vinyles a été vendu le premier jour !  

 

Metal-Eyes : Lequel des deux a la barbe la plus longue, pour qu’on puisse vous repérer ?

Steph :

David : Moi, David, c’est moi qui ai la plus longue barbe. C’est pas la seule chose que j’ai de plus long (rires). Non, c’est pas vrai, je tiens à préciser que ce n’est pas vrai (rires) !

 

Metal-Eyes : Je te rassure, je ne viendrai pas vérifier ! En plus, tu es à plus de 30 km, donc pas possible ! J’espère qu’on pourra bientôt vous retrouver en live et que votre album trouvera son public.

Steph : Merci à toi, c’était cool.

David : Oui, c’était fun !

Interview: TETRARCH

Interview TETRARCH : entretien avec Josh (chant, guitare). Propos recueillis par Zoom le 26 mars 2021

 

Metal-Eyes : Josh, Tetrarch m’est inconnu alors, pour commencer de manière originale, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Josh : Absolument ! Diamond, notre guitariste, et moi nous sommes rencontrés en 5ème, à l’âge de 12 ou 13 ans. On a grandi en écoutant le même genre de musique, on a découvert de la musique plus heavy ensemble. Nous fréquentions une école privée de taille moyenne à Atlanta, et elle a découvert que nous jammions avec un copains batteur. Elle a voulu nous rejoindre, et elle s’est emparée d’une guitare. Bêtement, j’ai dit à mon ami que je ne voulais pas d’une fille dans le groupe… Elle était bien sûr dévastée par mon choix et mon pote m’a convaincu de l’écouter. A peine a-t-elle joué une note que je savais que je voulais jouer avec elle : il y avait la bonne alchimie, le bon feeling, beaucoup de fun… Nous avons commencé sous le nom de Tetrarch, au lycée. Elle et moi n’avons fait partie que d’un groupe, celui-ci, et on a tout fait : jouer dans les clubs d’Atlanta, dormir chez les gens à même le sol, organisé nos propres tournées…

 

Metal-Eyes : Tetrach a vu le jour quand ?

Josh : Je crois que nous avons donné notre premier concert sous ce nom en 2007…

 

Metal-Eyes : Donc il y a presque 15 ans. Unstable est votre second album, exact ?

Josh : Oui. Freak était le premier, nous avons publié quelques Ep et ce genre de choses avant mais Freak est notre vrai premier, sorti en 2017, et Unstable sortira le 30 avril.

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a pris autant de temps entre ces deux albums ? 4 ans, pour un jeune groupe, c’est quand même assez long…

Josh : Oui… Une fois que nous avons terminé l’enregistrement de Freak… Ça a été un peu comme notre point de départ, passer du statut de groupe local à celui de groupe connu à travers le pays, et chercher à attirer l’attention des Européens. Alors nous avons beaucoup tourné, pendant environ deux ans à donner le plus de concerts possibles, jouer en festivals et faire vivre cet album autant que possible. Nous aurions pu sortir Unstable il y a un an, mais la pandémie en a visiblement décidé autrement. Elle est arrivée juste après la fin de l’enregistrement. Il nous a fallu pas loin d’un an et demi pour pouvoir enfin le sortir et espérer pouvoir reprendre la route.

 

Metal-Eyes : Vous allez pouvoir retourner ?

Josh : Il semblerait que oui, en tout cas aux USA. Ça devrait pouvoir se faire dans le courant de l’été, à l’automne. On ne sait pas à quoi ça va ressembler, un nombre de spectateurs limité, le respect des distanciations sociales, que les personnes soient vaccinées… mais nous devrions pouvoir retourner vers une sorte de normalité petit à petit…

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique de Tetrarch à quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Josh : Je dirai que notre musique est très accessible, nous sommes un groupe de hard rock/metal. Les amateurs de musique très heavy trouveront de quoi les satisfaire, mais nous ne sommes pas trop heavy, et les fans de mélodies trouveront de quoi les accrocher aussi. Nous sommes une sorte de pont entre les groupes des années 2000, Limp Bizkit, Slipknot, Korn…

 

Metal-Eyes : Tiens donc, Korn… Tu portes quoi comme T-shirt, justement ?

Josh (rires) : oui, mon t-shirt et ma casquette, c’est Korn. Très confortable !

 

Metal-Eyes : Que me dirais-tu pour me convaincre de courir acheter Unstable à sa sortie ?

Josh : Je crois que cet album est très diversifié, qu’il propose les parties les plus fortes et puissante de ce qu’est Tetrarch. Il y a des chansons très heavy et d’autres très accrocheuses. Les gens qui ont écouté nos premiers singles peuvent penser savoir à quoi s’attendre mais seront soufflées par la variété des titres.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour décrire ce qu’est le groupe aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Josh : Je pense que I’m not right regroupe tous les éléments qui font le groupe.

 

Metal-Eyes : Vous êtes présentés comme le futur groupe méga star. Comment devrais-je me sentir de parler à une future rock star ?

Josh (il sourit) : On s’en fout, juste comme on se parle là ! J’ai simplement plaisir à faire ces interviews. Depuis que nous avons débuté, nous voulons devenir le plus gros groupe de hard/metal dans le monde. Ce rêve n’a jamais cessé, et nous l’entretiendrons jusqu’à ce que nous puissions atteindre cet objectif.

 

Metal-Eyes : Rêvre de devenir le « next big thing » du rock signifie aussi rêver de mettre sur pied un gros show, comme Kiss, Iron Maiden, Metallica, Slipknot (il approuve). A quoi devons-nous nous attendre live, lorsque nous aurons la possibilité de vous voir sur scène ?

Josh : Vous verrez un vrai groupe, authentique, qui se donne à fond. Nous sommes des musiciens et des entertainers, nous allons chercher le public, on le chope par les burnes. Nous voulons avoir cette connexion avec le public, l’amener avec nous dans notre monde.

 

Metal-Eyes : Comment as-tu occupé ton temps pendant cette période de pandémie et d’isolement ? Peux-tu conseiller la lecture d’un livre, par exemple ?

Josh : Comment je me suis occupé ? J’ai beaucoup joué au golf…

 

Metal-Eyes : Avec Alice Cooper ?

Josh : J’adorerai jouer avec lui, il en fait beaucoup ! J’ai beaucoup joué au golf, ce qui permet de prendre l’air tout en maintenant certaines distances, et rester stable psychologiquement…

 

Metal-Eyes : Pas unstable !

Josh (rires) : Oui, ne pas devenir Unstable, ouais !

 

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Une fois que la situation sera débloquée, en dehors des USA, où pensez-vous tourner ?

Josh : Partout et dans le plus de lieux possible ! Nous sommes très heureux à l’idée de pouvoir enfin venir en Europe, et nous sommes soutenus par le label Napalm Records qui est super efficace en Europe.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un endroit où tu rêverais de jouer ? Un rêve de gosse ?

Josh : Franchement ? Un lieu où je ne suis jamais allé et qui m’attire vraiment, c’est la France. Je connais plein de gens ici qui’ m’en disent énormément de bien, que c’est un très beau pays.

 

Metal-Eyes : Peux-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Josh : Je dirais… « Keep pushing », tout simplement. Parce que ces deux mots, c’est ce que nous avons toujours fait, sans laisser qui ou quoi que ce soit nous arrêter, depuis que nous sommes petits. Nous avons toujours fait en sorte de contrôler les choses, même les négatives, en les utilisant pour encore mieux avancer. Nous évitons toujours de laisser les choses difficiles nous plomber le moral parce que, ensuite, il y a du positif. Même si c’est parfois compliqué.

 

Metal-Eyes : Avec qui avez-vous déjà tourné ?

Josh : On a tourné avec Devil Driver, 36 Crazyfists, Katy Hill, Butcher babies, on a joué dans d’énormes festivals aux USA, avec des têtes d’affiche comme Guns’n’roses, Def Leppard, Korn… On a pu donner de très gros shows, et on a envie de remettre ça ! Autant que possible…

 

Interview: EVANESCENCE

Interview EVANSCENCE : entretien avec Troy McLawhorn (guitare). Propos recueillis par Zoom le 9 mars 2021

Metal-Eyes : Evanescence va, devrais-je dire « enfin » ?, publier un nouvel album le 26 mars, c’est exact ?

Troy (il rit) : oui, ça fait longtemps. On a été occupés, même si je sais que pour beaucoup de gens on peut avoir donné l’impression de ne rien foutre ! Mais tu sais, on a nos familles, on a fait la tournée Synthetis, nous ne sommes pas restés sans rien faire. Oui, c’est le premier album de nouvelle compos rock que nous enregistrons depuis 2012…

 

Metal-Eyes : Justement, Synthetis est sorti en 2017, mais il ne s’agit pas d’un véritable album d’Evanescence, en tout cas, pas avec du nouveau matériel. Il s’agissait plus de revisiter d’anciennes chansons du groupe. Le dernier véritable album, Evanescence, remonte à bientôt 10 ans. Qu’est-ce qui vous a amenés à créer ces nouvelles chansons et enregistrer ce nouvel album ?

Troy : On parlait beaucoup d’un futur album pendant la tournée Synthetis, nous écoutions beaucoup de musique, nous avons vraiment eu beaucoup de plaisir à faire cette tournée, qui nous a donné l’occasion de faire vraiment connaissance, de nous positionner, faire le point sur là où nous en sommes musicalement, ce que nous souhaitons faire pour le prochain album. Les idées du nouvel album sont nées pendant cette tournée. Nous sommes un groupe, nous sommes toujours prêts à proposer de nouvelles idées. Le truc, c’est que Amy ne veut pas « balancer » un nouvel album tous les ans, il est nécessaire qu’elle se sente inspirée…

 

Metal-Eyes : Oui, mais ce truc (je lui montre The bitter truth) n’est que le quatrième album du groupe…

Troy : Je sais, je sais, mais ce n’est pas toujours facile de créer quelque chose de neuf. Je la comprends, je comprends sa façon de voir les choses.

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a ravivé la flamme, quel a été le détonateur pour la réalisation de cet album ?

Troy : le détonateur (il rit) ? J’en sais rien… Je crois que sur la tournée Synthetis, on s’est bien amusés, mais, pour moi, c’était dur. Nous avons tous fait un pas en arrière pour que l’orchestre soit mis en avant. Il n’y avait pas cette même montée d’adrénaline que sur une tournée normale. J’étais assis sur un tabouret, il n’y avait aucun retour sur scène, je ne jouais pas le rôle traditionnel d’un guitariste rock, j’étais plus dans l’esprit d’un claviériste à créer une atmosphère… Pour moi, le détonateur a été cette tournée : quand elle a pris fin, j’étais super prêt à me retrouver avec les autres et à jouer super fort !

 

Metal-Eyes : Dirais-tu que tu as ressenti de la frustration au cours de cette dernière tournée ?

Troy : Non, je ne me suis pas senti frustré. La tournée a été très fun, il y avait plein de choses intéressantes que je n’aurais pas vécues autrement, j’ai rencontré tous ces super musiciens qui n’ont répété qu’une ou deux chansons avec nous avant de jouer tout un concert en lisant simplement un bout de papier ! Je trouve ça dément, je suis incapable de faire un truc pareil, je ne suis pas ce genre de musicien ! Plus jeune, je voulais aller dans une école de guitare, mais je me suis retrouvé avec ce groupe de gars plus âgés qui avaient déjà joué dans des groupes, qui avaient déjà tourné et qui m’ont demandé de les rejoindre dès que j’ai terminé le lycée. Mon école, c’était ça : partir en tournée, je n’ai aucune formation de guitare, je n’y connais rien en théorie musicale, et jouer en clubs, était une sacrée expérience à mes yeux.

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous compisé ce nouveau matériel ?

Troy : Il n’y a pas eu de plan général… Notre première réunion de travail a eu lieu entre deux concerts, avant un show au Canada. Amy a suggéré qu’on ne rentre pas, qu’on se loue un truc au Canada, qu’on s’y retrouve entre nous. Ça a été un super point de départ. Nous avons tous aimé ce moment, on a tous posé notre matériel et échangé nos idées, ensemble. On a commencé en 2018, je crois.

 

Metal-Eyes : Je pense à cette période : il y a des paroles assez sombres, des choses personnelles, comme une sorte d’engagement politique avec Use my voice. J’imagine que Trump a eu une influence puisqu’il était déjà en place à la Maison Blanche. Dirais-tu que tout cela a influencé l’écriture d’Amy ainsi que votre approche de la composition ? 

Troy : Oui, je pense que cela nous a influencés. C’était une période compliquée pour notre pays, et une grande partie de l’album a été écrite pendant le confinement. La pandémie nous a vraiment touchés. Je ne vais parler que pour moi, mais je pense que les autres te diraient la même chose : la vie normale a pris fin, et j’ai eu le sentiment que l’univers s’est effondré. Sur quelle planète je me retrouve ? Je ne peux même pas bouger de chez moi ! Et je ne voulais aller nulle part parce que je ne voulais rien rapporter à la maison. Mes beaux-parents ont emménagé près de chez nous juste avant la pandémie. Nous voulions aussi les protéger, ne pas le rendre malades. Je pense que tout un chacun ressent une forme de dépression en ces temps bizarres. Oui, je pense que cela a influencé les paroles d’Amy et notre musique : les chansons les plus heavy transmette une forme d’agressivité, ce qui nous a permis d’évacuer une certaine frustration, aussi.

 

Metal-Eyes : Quand j’écoute cet album, il y a naturellement un son typique d’Evanescence, la voix d’Amy très reconnaissable, mais il y a aussi des sonorités orientales, des moments particulièrement joyeux, d’autres plus sombres. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Troy : On n’a pas voulu nous mettre dans une boit e en écrivant ce que nous avons déjà fait. Amy a apporté quelques idées, des choses que je n’aurais pas forcément écrites, des choses plus orientés « claviers » … J’essaie de me souvenir du titre de la chanson (note : je lui montre le verso de ma copie de l’album. Il le voit et se marre). Ouais ! Je devrais avoir une copie de l’album avec moi, ça m’éviterait ce genre de trucs ! Je n’arrive pas à lire… (Je lui lis les titres) Oui, Yeah right ! C’est une chanson très différente pour nous, mais le truc cool à son sujet – Amy est une très grande fan de Michael Jackson – c’est que son groove, ses claviers évoquent l’univers de Mickael Jackson. Elle était marrante à jouer, et c’était fun d’ajouter des guitares agressives dessus !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de ce nouvel album pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Evanescence aujourd’hui, la quelle serait-ce et pour quelle raison ?

Troy : Oh, waoh… je peux te rappeler plus tard (rires) ? Laquelle représente Evanescence ? Je pense que Better without you est un bon exemple qui montre où nous en sommes tout en restant assez traditionnelle de ce que nous faisons. Même si Use my voice est tout aussi représentative.

 

Metal-Eyes : Une seule. Tu sais compter : une, pas deux !

Troy (rires) : Oui, mais c’est impossible. Comme me demander quel est mon guitariste préféré… Toutes ces chansons font partie de ce que nous sommes… nous les aimons toutes.

 

Metal-Eyes : Ton premier choix était Better without you, c’est ce que je retiendrais. Vous êtes aussi un groupe de scène, vous étiez censés tourner depuis quelque temps avec Within Temptation – pas en première partie mais en tant que co-têtes d’affiche (il approuve). Cette tournée a une nouvelle fois été repoussée. Est-elle encore d’actualité, personne ne sachant exactement de quoi demain est fait ?

Troy : Je crois que oui. Nous sommes sur le départ et nous sommes prêts. Il y a un programme, mais on ne sait pas quand nous pourrons partir. Au départ, on pensait partir l’été dernier, puis ça a été repoussé, à cause de la pandémie, au mois de septembre… puis en septembre 2021… Qui sait ?

 

Metal-Eyes : Les deux groupes sont menés par une femme, vos publics ne sont pas forcément les mêmes. Comment en êtes-vous arrivés à monter ce projet ensemble ?

Troy : Je ne sais pas vraiment… Je crois que ce sont les chanteuses. On a donné un concert ensemble à un festival, je ne sais plus trop quand, il y avait Alice Cooper, Dee Snider… Je ne crois pas qu’elles s’étaient déjà rencontrées, mais il est possible que ce soit le déclencheur.

 

Metal-Eyes : Comme nous l’avons dit Evanescence n’a publié que 4 albums et tu ne fais partie du groupe que depuis 2007. Comment occupes-tu ton temps avec aussi peu d’activité, même si de temps en temps le groupe part en tournée ?

Troy : C’est pas évident… Au départ, lorsque j’ai rejoint le groupe, ce n’était que dans le but de remplacer le guitariste et terminer la tournée. C’est tout ce que le groupe attendait de moi, et j’ai accepté. Nous avons appris à nous connaitre et à la fin de la tournée, Amy m’a dit « je pense que le prochain album n’est pas pour demain, mais lorsque le moment sera venu, tu seras le bienvenu ». Je savais qu’après cette tournée il y aurait 3 ou 4 années sans rien. Entre temps, j’ai joué avec Seether pendant 3 ans, entre 2007 et 2011. Et nous avons fait cet album, et ce que j’apprécie vraiment avec The bitter truth, c’est que j’y ai participé de A à Z, j’ai pris part à la composition de chaque morceau. Sur l’album précédent, je ne suis arrivé qu’à la fin du processus, j’étais avec Seether. Et puis, j’avais aussi une place dans un groupe tribute à Aerosmith, Pandora’s Box, avec qui nous avons donné pas mal de concerts dans des clubs, des casinos, etc… C’était sympa, ça m’a ramené à ma période de clubs : tu t’amuses, tu peux sortir, jouer de la musique… Il y a moins de pression, ce n’est pas ta musique, tu n’es là que pour jouer de la musique et offrir du bon temps aux gens. Je suis un grand fan d’Aerosmith et je joue toutes les parties de Brad Whitford. La pandémie a tué tout ça… On devait jouer deux fois par mois sur des croisières, mais tout a été annulé.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Evanescence en 2021 ?

Troy : Notre devise ? Ah… Je pense que ça pourrait être : « Utilise ta voix », ou « Fais toi entendre », tout simplement.

 

Metal-Eyes : Ce qui fait sens… As-tu une dernière chose à ajouter ?

Troy : J’espère simplement que nos fans, et ceux qui ne sont pas fans, seront de la partie. Malgré la situation, nous portons toujours le drapeau, et nous allons retrouver nos fans dès que possible.

 

Metal-Eyes : A ce sujet, n’avez-vous jamais envisagé de jouer au Hellfest ?

Troy : Je crois que nous en avons parlé, oui. C’était prévu il y a quelques années, je crois que Slayer était à l’affiche. Mais c’était à l’époque de Synthetis mais je n’en suis pas sûr. Maintenant, on attend que les choses s’éclaircissent pour pouvoir repartir sur la route…

 

Interview: WHEEL

Interview Wheel : entretien avec James Lascelles (chant). Propos recueillis par Skype le 18 février 2021

Photo promo

 

Metal-Eyes : Simplement pour commencer de manière originale puisque c’est la première fois que nous parlons, quelle est l’histoire de Wheel ?

James : « Commencer de manière originale » ? Ah, ah ! Brillant, j’aime ça ! J’ai commencé la musique il y a longtemps, quand j’étais gamin, et j’ai commencé la guitare vers 18 ans. Je suis allé à l’université pour apprendre la musique, et j’ai joué dans plein de projets, dans des groupes de jazz, en solo, dans un projet Doo Wap avec un Finlandais. Notre premier Ep en tant que Wheel est d’ailleurs constitué de titres de cette époque, rien à voir avec ce que Wheel est aujourd’hui. Je suis arrivé au stade où j’ai failli tout arrêter, j’avais mon boulot, j’étais complètement fauché, l’avenir n’était pas radieux… Alors j’ai fini par me trouver ici, en Finlande, à jouer avec des potes locaux. On jouait de la pop. Ce n’est pas mon style, mais je me disais « si je joue de la musique, pourquoi pas ? ». Artistiquement, ce n’était pas très inspirant. Je l’ai fait jusqu’à ce que je sente qu’il était temps de partir et j’ai fondé Wheel. Nous avons trouvé une alchimie, la direction musicale que nous voulions suivre. Artistiquement, parfois, c’est compliqué, mais il y a tant de satisfaction à faire quelque chose que tu veux…

 

Metal-Eyes : Tu dates les débuts de Wheel à quand ?

James : Aux alentours de 2015. Mars 2015.

 

Metal-Eyes : Depuis, vous avez sorti un album, Moving backwards en 2019, c’est bien ça ?

James : Oui, et deux Ep auparavant.

 

Metal-Eyes : L’album, Resident human, débute avec Dissipating, un choix risqué puisque la chanson dure 12’. Elle démarre calmement avant de monter en puissance poru retrouver un certain calme. Avez-vous mis tout ce qui fait Wheel dans cette première chanson ?

James : Ce n’était pas vraiment volontaire, mais sans doute, oui… Il s’agit plus d’un voyage, si tu veux, l’exploration qui se produit lors de la création. Comme tu le dis, 12’, c’est long pour un morceau de musique. Mais il y a une vraie variété, ce calme, et ce riff énorme qui arrive au milieu… Mais, l’ambiance générale nous plaisait. Nous ne voulions pas faire quelque chose de trop complexe – la complexité, ça craint… Nous avons pensé aux harmonies, les changements de clé, même le refrain n’est pas vraiment un refrain puisqu’il n’est présent qu’une fois. Nous avons simplement trouvé intéressant de voir comment nous pouvions produire un tel titre, qui contraste avec le premier album.

 

Metal-Eyes : Je n’ai pas écouté le premier album, donc c’est ma découverte de Wheel. Quels sont les groupes qui vous influencent ? J’en ai un en tête…

James : Vraiment ? Personne n’avoue jamais ce genre de chose (rires). Avant tout, Alice In Chains, Radiohead, Messugah, pour cet album, sans doute Katatonia avec qui nous avons tourné en 2019… Je crois qu’ils ont influencé mon chant. Mais j’écoute tant de styles différents, du hip-hop, du rock, du jazz… Je crois qu’il faut savoir en prendre partout.

 

Metal-Eyes : En continuant l’écoute avec Movement et Ascend, les deux chansons suivantes, j’entends beaucoup Soen. Vous êtes familiers avec ce groupe ?

James : Oui, on a tourné deux fois avec eux, ce sont de bons amis, et, à ce sujet, leur nouvel album Imperial est très bon, si ça intéresse quelqu’un ! Honnêtement, je suis étonné que tu évoques Soen… Sur Movement, nous avons voulu mixer diverses choses, ce n’est pas un titre fondamentalement metal, mais il est bourré de rage…

 

Metal-Eyes : Votre musique reste très influencée par le prog…

James : Absolument… Sur Movement, il y a une batterie très jazzy, la formation de notre batteur, et je crois que, principalement sur les morceaux les plus courts, nous avons voulu répondre aux attentes des auditeurs. Mais nous aimons aussi nous éloigner de ça pour tenter de surprendre et voir où ça nous mène.

 

Metal-Eyes : Le titre de l’album, Resident human fait-il référence aux jeu et films Resident Evil ?

James : D’une certaine manière, oui…Il s’agit plus de faire ressortir l’humanité de chacun, que chacun participe enfin à la vie de tous. C’est quelque chose de particulièrement nécessaire, surtout depuis l’an dernier où chacun regardait par sa fenêtre pour voir ce qu’il se passait. Aussi bien logiquement que cosmiquement, nous n’avons pas le contrôle au-delà de ce que nous choisissons. C’est assez effrayant parce que nous ne pouvons rien y changer…

 

Metal-Eyes : Tu parles de l’an dernier – j’entends « pandémie ». Quel impact la pandémie a-t-elle eu sur l’enregistrement de l’album ?

James : Elle a eu un impact sur absolument tout, de l’enregistrement à l’écriture des textes. Je crois que tout est lié. Quelques temps après le confinement en Finlande, notre guitariste s’est retrouvé coincé chez lui, dans l’impossibilité de venir en studio. On a enregistré la basse et la batterie, on a dû prendre des décisions très rapidement pour gagner du temps. C’est assez thérapeutique d’enregistrer un album en cette période, mais il faut pouvoir le faire. En plus, il y a eu plein de frustration, nous devions tourner, avec Messugah et d’autres, tout a été annulé, Apocalyptica… Au moins, l’enregistrement m’a permis de décompresser. On se sent si désarmé par cette situation…

 

Metal-Eyes : J’ai prononcé le mot de Prog tout à l’heure, mais comment définirais-tu la musique de Wheel à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout ?

James : Nous avons un spectre très large. Tu peux appeler ça du prog, ça me va, parce que, après tout, c’est la définition même du mot progressif, tenter des choses. C’est ce que nous faisons, mais j’ai le sentiment que le prog est devenu un genre à part entière avec ses sous-genres. Donc oui, nous sommes absolument un groupe progressif, mais tout réside vraiment dans l’humeur et les ambiances que nous construisons. Un groupe comme Karnivool cherche à travailler ses structures, les ambiances, et c’est ce que nous visons aussi.

 

Metal-Eyes : Et les ambiances que vous développez vont du calme à la tempête, un peu comme des montagnes russes. Elle se terminent même avec Old earth, qui clôt cet album avec un simple piano. Qu’est-ce qui vous a poussés à conclure de cette manière ?

James : Aki, le bassiste, et moi étions en studio et nous tentions divers track listings. Il y avait ce piano, et j’ai joué. Nous nous sommes alors dit que ce serait sympa d’amener le public vers cette fin plus calme. Le studio a ce plafond cathédrale, très haut, le bâtiment date des années 20, je crois. Je crois que c’est une belle suite au morceau précédent, Resident human.

 

Metal-Eyes : Le titre lui-même fait-il allusion au monde d’avant, celui d’il y a un peu plus d’un an, avant la pandémie ?

James : Je n’y avais pas songé… C’est une excellente façon de voir les choses aussi. C’est ce que j’aime avec la musique, nous avons tous nos interprétations de différentes choses, c’est très cool. En fait, la chanson parle d’une Terre qui n’existe plus, et, comme tu le dis, c’est une façon, romantique, de parler du passé.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de cet album pour décrire ce qu’est Wheel aujourd’hui, ce serait laquelle ?

James : Oh, c’est une question vraiment très difficile…

 

Metal-Eyes : Merci !

James (rires) : Je préfère ça à des questions méchantes… C’est très difficile de n’en choisir qu’une, mais si je devais le faire, je retiendrai Dissipating, simplement parce qu’elle a toutes ces ambiances. Il y a tous ce que nous faisons. Elle est longue et propose beaucoup de choses.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait-être la devise de Wheel en 2021 ?

James : Attends… J’essaie de penser à quelque chose qui implique les autres membres, pas que moi… (il réfléchit très longuement)

 

Metal-Eyes : Je reviens dans 5 minutes…

James : Oui (rires)… Je tiens un truc : je crois que lorsque nous avons démarré ce groupe, les gens ne croyais pas en nous, en notre capacité à vivre de la musique. C’est incroyable ce que tu peux réaliser quand tu y crois, quand tu prends du plaisir. Je me sens si privilégié de pouvoir faire ce que nous faisons, que tant de monde s’intéresse à notre musique. Nous ne prenons rien pour acquis, alors, je pense que la meilleure devise serait « Merci » (rires).

 

Interview: SAXON

Interview Saxon : entretien avec Paul Quinn (guitare). Propos recueillis par téléphone le 3 février 2021

Bien qu’ayant eu plusieurs occasions de le croiser et d’échanger quelques mots avec lui, c’est la première fois que je mène une interview de Paul Quinn, guitariste fondateur de Saxon. Discret et réservé, si le gaillard peut passer pour timide ou peu sur de lui, il n’en reste pas moins une des plus fines gâchettes du milieu, dune courtoisie sans pareille. Un vrai plaisir que d’échanger avec lui à l’occasion de la sortie du premier album de reprises de Saxon, Inspirations.

Paul Quinn à Paris, le Trianon, le 14 nov 2016

Metal-Eyes : Paul, le but de ton appel, c’est de parler du nouvel album de Saxon, Inspirations, c’est bien ça ?

Paul Quinn : Oui, c’est le plan… Mais on peut parler d’autre chose si tu veux (rires). Maintenant, je vais profiter de l’occasion pour parler de notre album de reprises aussi…

 

Metal-Eyes : Et c’est la première fois que vous sortez un album uniquement de covers. Qu’est-ce qui vous a poussés à l’enregistrer.

Paul Quinn : Nous avons préféré repousser notre prochain album jusqu’à ce que nous soyons de nouveau en tournée. Il y a eu une pause pendant le confinement qui nous a permis de nous retrouver ensemble pour travailler. Nous avons maintenu les distances, l’hôtel était sain, donc nous avons pu nous sentir à l’aise et réaliser cet album de reprises. Ce sont des chansons que nous connaissons depuis longtemps, mais que nous n’avions jamais enregistrées. Il y en a même que nous n’avions jamais jouées ensemble !  See my friends, par exemple…

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous choisi les chansons qui allaient figurer sur cet album ?

Paul Quinn : Ça n’a pas été trop compliqué : nous en avons chacun choisi 3, des chansons qui reflètent nos caractères. Une quinzaine, donc… Si certaines ne s’intègraient pas à notre style, alors, nous les mettions de côté. Pourquoi s’embêter à les enregistrer ? Il se trouve que la plupart des chansons proposées ont été retenues.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il eu des propositions communes dans cette liste ?

Paul Quinn : Oui ! Les Beatles et les Rolling Stones, des groupes avec lesquels nous avons grandis, que nous regardions à la télé. En réalité, nous replongeons dans les 70’s, période à laquelle nous étions aussi influencés par des groupes comme AC/DC ou Toto…

 

Metal-Eyes : D’ailleurs, Toto est un choix assez surprenant.

Paul Quinn : Certains membres du groupe aiment beaucoup ce groupe. En fait, Doug est un grand fan de Steve Lukather, et le rythme de cette chanson, si tu écoutes bien, nous a beaucoup influencés sur And the bands played on.

 

Metal-Eyes : Ce que je remarque aussi, c’est que Saxon reste fidèle à son son, et a rendu ces titres très metal, principalement au niveau des guitares. C’est l’esprit que vous recherchiez en reprenant ces titres ?

Paul Quinn : Oui, le fait que ce style soit devenu le nôtre a influencé ces interprétations. Mais si ces groupes n’avaient pas existés, Saxon ne serait pas là (rires). Led Zeppelin fait partie de notre ADN.

 

Metal-Eyes : Sur la reprise de Evil Woman – une reprise popularisée par Black Sabbath – Biff ressemble vraiment à Ozyy dans son chant…

Paul Quinn (il rit) : La première version que nous avons connue était celles de Black Sabbath, mais l’originale était interprétée par Crow, un groupe de Minneapolis. Nous voulions une version à la Sabbath.

 

Metal-Eyes : En tant que guitariste, lequel des musiciens des groupes repris t’at-il le plus influené ?

Paul Quinn : De cet album ? Il n’y a aucune reprise d’Eric Clapton, donc je ne peux pas le citer (rires). The Kinks ont vraiment eu une grosse influence… Le riff de You really got me… les gens croyaient que c’était Jimmy Page qui jouait, c’était très agressif pour l’époque… Ritchie Blackmore a aussi été une grande influence. Mais Page a vraiment influencé mon jeu en solo. Il est celui qui m’a donné autant envie de jouer en acoustique qu’en électrique. Très formateur pour le jeu aux doigts.

 

Metal-Eyes : Qu’as-tu apporter comme particularité avec ton jeu de guitare à chacun de ces titres ?

Paul Quinn : Mmh… Je pense que mon style est… il y a un mot français pour désigner ça… Ah, je ne m’en souviens plus… J’ai été avec une dame à moitié hollandaise, à moitié française, basque en fait. Ah, quel est le mot français ?

 

Metal-Eyes : Quel est le mot anglais ?

Paul Quinn : Ce serait une expression : relax mais sûr de soi. C’est comme ça que j’aime jouer, je ne suis pas du genre à en faire trop, à chercher à rajouter des subdivisions dans les mesures. Je prends ce que j’aime, il sera très rare que tu m’entendes me presser.

 

Metal-Eyes : Tu peux être agressif, rapide, mais en effet, je ne t’ai jamais vu de presser, si sur ta guitare, si sur scène où tu es tranquille…

Paul Quinn : Bien, je réussis (rires) ! Mais ça dépend, je peux me mettre en rogne si le son n’est pas bon, par exemple, et balancer des trucs…

 

Metal-Eyes : Je préfère ne pas être là à ce moment (il rit) … Vos derniers albums studio ont été produits par Andy Sneap. Vous avez de nouveau fait appel à lui ?

Paul Quinn : Oui. Il est très méticuleux mais il sait quand il y a du groove ou pas.

 

Metal-Eyes : J’imagine que vous avez confiance en son oreille et en ses propositions ou commentaires.

Paul Quinn : C’est la chose principale, oui. Il avait déjà vu Saxon dans les 80’s, donc il sait d’où nous venons. Et nous savons aussi d’où il vient – de quelque part dans le Derby, ha, ha ! C’est le genre de personne qui s’entend à merveille avec les guitaristes – lui-même est guitariste (il remplace depuis plus de deux ans Glenn Tipton au sein de Judas Priest) – et il connait bien les chanteurs aussi.

 

Metal-Eyes : Vous avez laissé certaines chansons de côté, des chansons que vous aviez au départ retenues mais que vous avez décidé de ne pas inclure à Inspirations ?

Paul Quinn : Non, non. Nous les avions testées en répétition pour voir ce qu’elles donnaient.

 

Metal-Eyes : Combien de temps a duré l’enregistrement ?

Paul Quinn : Je crois… 17 jours en tout.

 

Metal-Eyes : Rapide…

Paul Quinn : Oui, comme au bon vieux temps.

 

Metal-Eyes : Sauf qu’au bon vieux temps, des groupes comme Saxon pouvaient sortir deux albums par an, maintenant, c’est un album tous les deux ans… Alors, quid du prochain album studio de Saxon ?

Paul Quinn : C’est la prochaine étape. Il n’est pas encore terminé. On a le chant et les solos de guitare, mais pas le reste. Nous y travaillons et nous y remettrons lorsque nous pourrons de nouveau tourner.

 

Metal-Eyes : Puisque tu abordes le sujet, tu es un des membres fondateurs de Saxon, tu as toujours fait partie de ce groupe et, par conséquent, tu as participé à chacune des tournées. Vous êtes souvent passés à Paris où vous avez joué dans divers endroits : Bataclan, Trianon, Zénith, Locomotive, Elysée Montmartre, et aussi au Pavillon Baltard. Quelle salle t’a particulièrement marquée ?

Paul Quinn : Hum… L’histoire récente du Bataclan est affreuse… Nous y avons joué avant les attentats, et après. La personne qui s’occupait de notre merch a été tuée ce jour-là… C’est une des salles que je préfère, avec l’Elysée Montmartre.

 

Metal-Eyes : Inspirations sortira donc le 20 mars sur le label Silver lining. As-tu quelque chose à rajouter avant que nous ne terminions ?

Paul Quinn : Je pense que le public va apprécier. Nous avons toujours eu un public fidèle en France, ailleurs aussi, mais nous avons toujours passé de bons moments dans les pays francophones, entre autre parce que nous avions signé avec les disques Carrère, un label français. Je crois que ça a attisé la curiosité des gens – un groupe anglais sur un label français ? Ça a aidé, je pense, à construire notre image internationale, et nous en sommes très reconnaissants.

 

Metal-Eyes : Mettons que nous sommes aussi heureux et reconnaissants que vous soyez encore là et en bonne santé !

Paul Quinn : Nous aussi (rires) ! Merci pour tout, et on se verra lors de la prochaine tournée. A bientôt ! (en français)

 

Interview: MASON HILL

Interview Mason Hill : entretien avec Scott Taylor (chant). Propos recueillis par Skype le 2 février 2021

 

Mason Hill? Un nom à retenir… Voilà un jeune groupe écossais plus que prometteur. Le premier album, Against the wall qui vient de paraître, propose un heavy rock qui puise autant dans les sonorités « classic » que moderne. Impossible de ne pas discuter un peu avec Scott, bon vivant à l’accent… costaud comme sa vision musicale. Un groupe à suivre de très près.

Metal-Eyes : Mason Hill sort son premier album le 5 mars. Que peux-tu nous dire de l’histoire du groupe ?

Scott Taylor : Mason Hill a commencé comme un groupe de potes à l’école. James (Bird, guitare) et moi sommes à l’origine du groupe. On s’est rencontrés en Ecosse, où nous avons grandi, je jouais de la guitare et j’ai commencé à chanter vers 16-17 ans. Il n’y avait pas d’autre chanteur, les autres musiciens, en gros, ce n’était que des guitaristes… On a commencé à monter des groupes, on est allés assez loin avec l’un d’entre eux. Nous avons eu l’occasion de nous rendre à Londres, ce qui nous a donné quelques opportunités. On ne se rendait pas compte à quel point c’était bon, cette adrénaline. En rentrant en Ecosse, nous avons commencé à chercher le line up pour Mason Hill, pour en arriver au groupe d’aujourd’hui. Marc Montgomery est arrivé en second guitariste, ce qui m’a permis de ne me concentrer que sur le chant. Ça a depuis été un grand huit d’émotions, de concerts, de fun !

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique de Mason Hill à quelqu’un qui ne connais pas votre musique ? Et pour tout te dire, je fais partie de ces gens… Je n’ai pas eu le temps d’écouter une seule note de ce que vous faites !

Scott Taylor (il rit) : Ok, ok, je vois… Alors, nous sommes un groupe de rock moderne qui rencontre le rock classique. Je dis ça parce que nous avons tellement d’influences dans ce groupe, ça va du classic rock et le rock moderne. On adore expérimenter, trouver des sons actuels, mais on adore le rock plus traditionnel aussi, avec des solos et ces trucs-là. On essaie juste d’être nous-mêmes plutôt que d’imiter ce que d’autres groupes font…

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences principales ?

Scott Taylor : Il y en a un certain nombre, prioritairement les groupes avec lesquels nous avons grandi – Alter Bridge, Black Stone Cherry, Nickelback – et ce son des 80’s – la section rythmique adore Metallica. Ce qui est étrange, c’est que notre bassiste adore le hip-hop et nous essayons d’intégrer ce type de rythme aussi…

 

Metal-Eyes : Votre album s’intitule Against the wall. C’est ce que vous ressentez aujourd’hui, d’être le dos au mur ?

Scott Taylor : Pas aujourd’hui, non. L’album est la représentation de tout notre travail depuis 6 ans, avec des hauts et des bas, des moments de notre vie où nous ne savions ni où nous étions, ni où nous voulions aller… Nous en avons tiré cette détermination, pour et grâce à nos fans, et quoiqu’il arrive, nous savons où nous voulons aller ! Aussi loin que nous le pourrons et voici l’album du commencement.

 

Metal-Eyes : La pandémie a impacté le processus d’enregistrement ?

Scott Taylor : Oui, clairement. Le groupe a enregistré la plupart des instruments juste avant le Covid, mais il restait les voix à faire. Je devais les enregistrer en mars 2020, au moment du confinement américain. Et je me trouvais à New York à ce moment là. C’était une sensation étrange, deux des semaines les plus surprenantes de ma vie, je dois le reconnaitre. Ça a eu un impact sur nous, et sur la sortie de l’album. Nous pensions que ça durerait6 mois, 9 mois, donc nous pensions être prêts pour mars 2021. Mais quand on s’est rendus compte de ce qu’il se passait… On aurait pu retarder encore la sortie de l’album, mais les gars ont insisté. Ca fait si longtemps qu’n attend…

 

Metal-Eyes : D’ailleurs, en parlant de la pandémie : la bio sur votre site web précise que votre bassiste, Ward, a étudié la microbiologie et la virologie. Il aurait pu être utile à plus de monde s’il avait poussé plus loin ses études…

Scott Taylor (rires) : Je sais, je sais ! Il a étudié à l’université mais, voilà, c’est ce qu’il se passe avec les musiciens : combien y en a-t-il qui auraient pu avoir une vie stable ? Mais ils préfèrent arrêter pour se lancer dans l’aventure du rock.

 

Metal-Eyes : C’est comme toi : tu t’es entrainé des années avec pour objectif de devenir champion olympique de natation. Ça n’aurait pas été plus simple d’atteindre cet objectif que de se lancer dans une carrière de musiciens de rock à succès ?

Scott Taylor (rires) : C’était un rêve de gosse, oui, mais j’étais trop jeune pour me rendre compte de la réalité des choses. Je devais avoir 13 ou 14 ans. Tu fais partie d’une équipe et tu progresses. C’était bizarre d’être avec des gens qui se projettent 8 ans plus tard… J’en suis arrivé au stade où ce n’était plus un plaisir. J’ai appris ceci de la vie : si je n’ai pas de plaisir, je peux faire les choses, je me forcerai à les faire, mais quand quelque chose te botte, comme me tenir face à un public et chanter pendant 45’, je serai stupide de ne pas foncer !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Against the wall pour définir ce qu’est votre groupe, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Scott Taylor : Je pense, si je devais ne choisir qu’une chansons… que ce serait Broken son. Parce que le voyage qu’a connu cette chanson est le plus long que nos titres aient connu… J’ai écrit cette chanson avec John quand on avait 16 ans, je crois, il y a très longtemps, j’ai 27 ans maintenant. Elle a tant changé, elle a reçu tant de contributions de chacun, je crois que c’est le titre qui a vraiment reçu la contribution de chaque personne du groupe. Le truc avec cet album c’est qu’on a commencé à l’écrire vers 16 ans, et tout le monde ne faisait pas encore partie du groupe… Mais cette chanson, nous y avons tous participé, elle symbolise vraiment où nous pouvons aller ensemble lorsque chacun apporte sa patte.

 

Metal-Eyes : C’est votre premier album. Comment avez-vous procédé ? Vous êtes-vous retrouvé en studio, avez-vous plutôt utilisé les moyens numériques qu’offre la technologie actuelle ?

Scott Taylor : Nous avons pu travailler en studio à Glasgow, et avons travaillé avec Duncan Cameron. J’ai pu enregistré les voix à New York, mais, perso, je préfère pouvoir être en présence d’autres personnes, passer du bon temps ensemble. Duncan a fait un travail fabuleux, je suis vraiment content de ce qu’il nous a apporté.

 

Metal-Eyes : Justement, que vous a apporté le fait de travailler avec un producteur ?

Scott Taylor : Plein de choses ! J’étais un chanteur amateur un peu naïf… J’ai appris sur le tas, simplement en ouvrant ma bouche et en laissant les sons sortir. Là, j’ai pu apprendre la discipline, le contrôle de mon souffle, prendre conscience que je n’étais pas dans le bon ton… J’ai beaucoup appris de ce point de vue et ça change la vie !

 

Metal-Eyes : Against the wall sortira en divers formats, dont une version de vinyles en couleurs, 5 couleurs, plus précisément…

Scott Taylor : Oui. Quand on a commencé à en parler avec notre management, ils nous on montré plusieurs options. Nous les aurions voulues pour nous, donc on a tout pris. Ces versions couleur, je les mettrais volontiers au mur, elles sont trop cool ! Et c’est la concrétisation de ce voyage de 5 ou 7 ans, aussi, alors pourquoi se limiter.

 

Metal-Eyes : Et si tu les exposes au mur, elles seront vraiment « contre le mur » !

Scott Taylor : Exactement (rires) !

 

Metal-Eyes : D’où vient le nom du groupe ?

Scott Taylor : Ben… du fait que nous avions besoin d’un nom… Nous avions un nom avec un groupe de lycée, mais il ne collait pas… Je feuilletais un magazine, et, en gros, il y avait, sur une page un article au sujet d’un certain Docteur Mason – je ne sais absolument pas de quoi il parlait… – et de l’autre côté un article sur les collines d’Ecosse. Ça m’a frappé, j’ai trouvé que l’union des deux sonnait bien – Mason Hill. J’en ai parlé à James, et il a approuvé

 

Metal-Eyes : Ça sonne aussi comme un lieu de bataille, une victoire militaire…

Scott Taylor : Oui, aussi… Des gens m’ont dit que ça évoquait un nom de vin – tu veux un verre de Mason Hill ? – et je crois qu’il existe en Ecosse une colline de ce nom. Il y a plein de visions différentes. Et je pense que quand Queen a décidé de s’appeler Queen, ça ressemblait à une bonne idée. Mais leur musique devait être aussi classe que leur nom, ce n’est pas comme AC/DC, plus simple et direct…

 

Metal-Eyes : Que pourrait être la devise de Mason Hill ?

Scott Taylor : Depuis deux ans, je m’applique une devise qui pourrait coller au groupe : faire des efforts et partager pour atteindre nos objectifs. Je pense que nous comprenons tous à quel point il est difficile de réussir dans ce milieu. Nous avons tous la vingtaine, si nous faisons les choses, c’est maintenant, qu’avons-nous à perdre ? On y va, on fonce. On a peut-être le dos au mur, mais si on ne fait rien, rien ne changera.

 

Metal-Eyes : Et vous devez être les artisans de votre avenir…

Scott Taylor : Exactement, si nous ne faisons rien, personne ne le fera pour nous.

 

Metal-Eyes : Vous ne pouvez pas pour l’heure envisager de tourner. Comment allez-vous utiliser le temps qui vient ? Allez-vous en profiter pour composer et proposer une suite rapide à ce premier album ?

Scott Taylor : Absolument ! J’ai d’ailleurs quelques idées à travailler pour proposer de nouvelles choses cette année, les autres aussi, d’ailleurs. Nous sommes ouverts à beaucoup de choses, travailler pour proposer un nouvel Ep, un nouvel album… Nous n’en avons pas encore vraiment parlé mais je pense que nous allons simplement proposer du nouveau matériel, pourquoi pas ?

 

 

Interview: SLEAZYZ

Interview Sleazyz : entretien avec Speed (batterie). Propos recueillis par téléphone le 29 janvier 2021

Metal-Eyes : Votre album March of the dead est sorti en octobre dernier. Première question : pourquoi en faire la promo aussi tard ?

Speed : Ben, la crise sanitaire n’a pas facilité les choses, tu as pu le constater. Il y a un an jour pour jour, nous étions encore en studio, Âme du temple, à Troyes…

 

Metal-Eyes : A Troyes ? Mais vous êtes quatre…

Speed : C’est ça (rires) ! On est de Troyes, mais nous sommes 4 et l’album a été enregistré en 5 jours (rires). Joli coup, hein ! Vu que ce sont des morceaux relativement court, l’album ne dure que 33 minutes. Tu as pu l’écouter ?

 

Metal-Eyes : Oui, la chronique est déjà parue, ça a été une très agréable surprise.

Speed : C’est vrai, je l’ai vue en plus ta chronique. Pour nous, ce qu’on recherche, c’est que ça dégomme, que ça envoi, et l’esprit, c’est aussi de trouver des refrains qu’on va pouvoir retenir, dans un esprit un peu festif.

 

Metal-Eyes : Un peu festif et aussi un peu shock rock. D’autant plus que Marche of teh dead est sorti juste à la période de Halloween.

Speed : Oui, même si cet album aurait dû sortir plus tôt. Mais avec le Covid, on a repoussé, encore et encore, il devait sortir au mois de novembre, on devait même, grâce à la ville de Troyes et La Maison du Boulanger en faire la promo à la Chapelle Argens, une très bonne salle de concert, mais c’est aussi repoussé, pour l’instant au mois d’avril.

 

Metal-Eyes : Revenons cependant sur l’histoire du groupe que je découvre avec ce nouvel album. Peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Speed : Alors, Sleazyz est un groupe d’horror metal qui a été créé en 2003 par Fred, le chanteur bassiste, à Saint Ouen, en région parisienne. Il y a eu deux albums single auto produits faits à cette période. En 2017, 2018, Fred est venu s’installer à Troyes et a reformé le groupe avec un nouveau line-up. Il y a donc Fred, l’auteur compositeur principal des morceaux, chanteur et bassiste du groupe, David « Ripper » à la guitare lead, « Pandemonium » Rodriguez, Illiana, aussi compositrice et arrangeuse, à la guitare rythmique et au chœurs, et moi à la batterie. Le premier album, une démo 12 titres, a été enregistré en 2014, et en 2016, Funhouse arrive, avant la reformation en région troyenne et l’enregistrement de March of the dead et 10 nouveaux morceaux.

 

Metal-Eyes : 10 nouveaux morceaux qui correspondent bien au nom du groupe, des morceaux assez glam rock aussi, mais pas que…

Speed : On a plein de monde autour de nous qui nous « au final, vous jouez du rock n roll ». Mais c’est la base, le rock ! Fred est fasciné par tout ce qui est horreur, films d’horreur des années 50 à 80. Sur scène, on a aussi toujours des montages de films de ces périodes-là. C’est super, parce que dans le public, les gens se font des petits quizz, c’est à qui reconnait tel ou tel extrait.

 

Metal-Eyes : Assez fun aussi, donc. J’allais te demander à quoi ressemble un concert de Sleazyz, mais tu viens d’en faire un rapide descriptif…

Speed : Oh, un concert de Sleazyz, tu as vu des photos, il y a du maquillage, un look, et le montage video avec, quand on le peut, sur des scènes un peu plus grandes, un visuel toujours en lien avec cet univers de l’horreur.

 

Metal-Eyes : Rock n roll, influences de film d’horreur… Mais si tu devais décrire votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout, que lui dirais-tu ?

Speed : Oh, d’abord notre musique elle reste basée sur les influences que nous avons tous les quatre. On écoute du rock, du metal, du glam et aussi du speed et du thrash.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’un seul morceau de March of the dead pour inciter la personne à écouter ce que vous faites, ce serait lequel ?

Speed : Pour l’inciter ? Je l’invite à regarder notre dernier clip, le morceau qui s’appelle Devil talking in my head. Je pense que ça retranscrit tout ce que je viens de te dire : ça commence avec un metal assez lourd, avec des saccades, un solo de guitare bien speed, il y a du groove, tout ça dans le même morceau. C’est assez représentatif de l’ambiance de Sleazyz. Même si, comme tu l’as écrit dans ta chronique, il y a des morceaux un peu plus glam, d’autres carrément punk ou indus. Mais en allant toujours droit au but. Ce qu’on cherche, c’est que le lendemain d’un concert, que quelqu’un se réveille en ayant toujours un ou deux refrains en tête.

 

Metal-Eyes : Ben ça, en ce moment, ce n’est pas gagné… Une question sur la pochette : à quoi correspondent les dates qui figurent sur le cercueil, au verso ?

Speed : Ah, alors là, c’est une bonne question ! Je ne pourrais pas te répondre… Je n’ai pas l’album devant moi….

 

Metal-Eyes : 1959, 1945, 1959 et 1968.

Speed : Je n’en ai aucune idée. Il faudra demander à Fred… C’est vrai que je n’avais pas tout décris sur cette pochette.

 

Metal-Eyes : Avais-tu eu l’opportunité d’écouter ce que faisait la première mouture de Sleazyz ?

Speed : Oui, reprenant certains de ces morceaux, j’ai écouté, et ça reste dans l’esprit de ce que fait Sleazyz.

 

Metal-Eyes : Alors comment pourrais-tu décrire l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums ? Il y a eu un changement radical de line-up, mais en dehors de ça ?

Speed : Quand je suis arrivé dans le groupe, il y avait déjà 6 morceaux de composés par Fred. Les arrangements finaux se font aussi en studio, mais j’espère que pour le prochain on pourra apporter un peu plus notre patte. Mais c’est vrai que depuis un an et demi, tout se passe toujours super bien, il y a une vraie symbiose entre nous. On est toujours un peu comme des gamins, et jusqu’à présent, je traverse ce groupe avec une impression assez virevoltante, et j’ai joué dans maints et maints groupes…

 

Metal-Eyes : Vous avez travaillé avec un producteur, l’album a un gros son. Il est sorti en fin d’année dernière, alors, quels sont les premiers retours ?

Speed : Toutes les chroniques qu’on a reçues vont au-delà de ce qu’on pouvait espérer… « du son direct qui rentre dedans », « Fun, fear et rock n roll », des choses comme ça. Je pense que tout a été très positif. Le problème, c’est que la distribution de l’album c’est… AUJOURD’HUI ! Sur toutes les plateformes streaming…

 

Metal-Eyes : Avec tous ces retours encourageants, avez-vous envie d’enfoncer le clou et de ne pas faire attendre le public trop longtemps avant un nouvel album ?

Speed : C’est assez difficile de se voir en ce moment. Mais on commence à composer, on a quelques bribes de titres qui prennent forme.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sleazys ?

Speed (il rit) : comme dit le morceau Sleazyz qui figure sur un autre album : « One, two, fuck you ! »

 

Metal-Eyes : Soyons clairs : « One, two », comme « un deux », ou « Want to » comme « je veux » ?

Speed : Non, non, « un deux », « One two » ! En plus, sur scène, le morceau marche bien sur scène, le public réagit facilement et le reprend direct. En plus, avec la période qu’on vit, on est en plein dedans.

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter pour terminer ?

Speed : Je vais me répéter, mais « fun, fear, and rock n roll ».