ADX: Étranges visions

France, Heavy metal (Ultim records, 2021)

« Bonjour Phil! ADX revient avec un nouvel album de 10 nouveaux titres que personne dans le monde n’a encore jamais entendu!

-Ah, ah! Alors la base des titres a déjà été écoutée « par la terre entière » comme tu le dis, mais c’était l’opportunité, depuis 30 ans, de sortir la version française de l’album » 

Eh oui, si Etranges visions est le nouvel album d’ADX, il ‘na rien de véritablement neuf puisqu’il s’agit des réenregistrements de Weird visions, le seul album que Phil, Dog, Deuch, Betov et Marquis ont enregistré en anglais en 1990. C’est la formation actuelle (les immuables chanteur et batteur accompagnés des guitaristes Niklaus et Neo et du bassiste Julien) qui a réenregistré ces 10 pistes avec des textes français. Et plus: « La base des morceaux est identique mais certains, riffs, certains solos différents, une ligne de chant forcément différentes avec un chant français adapté pour les morceaux. » Sorti au moment de la chute du mur de Berlin, les textes alors envisagés ont légèrement évolués, notamment pour mieux coller à ces nouvelles versions. Qu’on pu apporter les deux « nouveaux » guitaristes qui ne figuraient pas sur l’enregistrement original? « Ils ont gardé les memes bases mais ont adapté les phrasés. Il se sont très bien entendus pour partager les solos et approter chacun leur patte, remodeler le tout, apporter certaines rythmiques qui n’y étaient pas ». L’album a été enregistré chez l’incontournable Francis Caste, une nouvelle fois. « C’est le troisième qu’on enregistre avec lui. Ce qu’il a apporté? C’est une dynamique au niveau du son, un mixage avec un son actuel et, il y a un tel engouement musical chez lui, il a su faire ressortir certaines choses qu’il n’y avait pas avant. »  Autre incontournable en France, c’est l’illustrateur Stan W. Deker qui a retravaillé la pochette originelle tout en en conservant l’esprit. « On lui a demandé de mettre sa patte et on voulait la guillotine, qui ne figure pas sur la première version. Il a modernisé cette pochette en conservant les détails et l’esprit ». Une nouvelle fois, ADX est passé par le financement participatif. Je rappelle à Phil que ce fut déjà le cas pour Bestial qui, comme le groupe l’avait expliqué lors de notre rencontre à Châteauroux en février 2020, était déjà prêt, le financement devant alors servir à offrir plus aux « financeurs ». Est-ce également le cas? « Là, ça a été fait pendant, on a lancé le financement participatif en cours d’enregistrement. L’avantage, c’est que c’est réconfortant de savoir qu’il y a des gens qui nous soutiennent, qui nous accompagnent. Et tout le monde y gagne, on sait que le produit sort dans de bonnes conditions. Les paquets sont en cours de préparation, chacun va le recevoir avec ce pour quoi il a participé. » Je demande à Phil si l’album sera signé par chacun des membres. « Oui, oui, bien sûr, c’est un minimum. D’ailleurs, on ne va leur envoyer que ça! ah, ah! » Trois instrumentaux figurent sur Etranges Visions accompagnés de 7 chansons dont on distinguera Sacrifiés pour la cause et Terre de colère sur lesquelles, aux côtés de Julien, intervient Deuch, le bassiste originel. Marquis, décédé, ne pouvant naturellement pas poser sa patte, reste à savoir si Betov a été invité. « On l’a contacté, mais il était occupé, il n’a pas pu se libérer ».  Le chant en anglais est-il définitivement mis au rebut? « Il y a une époque, on s’est posé la question – anglais ou français – et on s’est vite aperçu que les seuls que le chant en français dérangeaient, c’étaient les journaliste français. Là, on a donné des concerts au Japon, en Allemagne, on a même joué pour la première fois en Suède pour Bestial, et le chant français ne gêne personne. Maintenant, on ne se pose plus la question… » Si ADX se bonifie avec le temps et si on retrouve l’esprit musical des dinosaures de la scène metal française, pour Phil, Génération perdue  est représentatif de ce qu’est le groupe aujourd’hui. Ce qui, naturellement, n’ôte rien à la puissance du reste de l’album. Dog reste une machine de guerre rythmique qui tient la baraque, Julien renforçant cette structure pour la blinder tandis que Niklaus et Neo apportent technique, vélocité précision et un brin de folie rendant ces titres particulièrement actuels. Et Phil… Une voix identifiable qui se bonifie avec le temps. Etranges visions s’inscrit parfaitement dans la continuité des productions d’ADX. Une devise pour terminer? « Une devise? « Tant qu’on peut le faire, on le fait! » Ca fait un peu bourrin, mais on n’est peu de choses, alors on y va ». Mot de la fin qui confirme que nous pouvons, devons, profiter de ce qu’ADX peut nous offrir, et ça relève du meilleur!

Propos de Phil (chant) recueillis par téléphone le 29 octobre 2021

ORKHYS: A way

France, Metal symphonique (Autoproduction, 2021)

A peine un an après nous avoir présenté les fruits de son travail via un Ep, Awakening, les frenchies d’Orkhys reviennent avec un premier album, A way. En deux mots, soit « un chemin ». Jean-Yves, le batteur de la formation à la harpe – belle manière de se distinguer, nous présente ce nouvel effort qui confirme les espoirs placés en son groupe. Huit titres composent ce petit album composé en plein confinement entre deux concerts (« on a eu la chance de pouvoir en donner« ). Le line up a évolué avec l’ajout de Henri, second guitariste, « ce qui va nous permettre de pouvoir faire sur scène ce que nous ne pouvions faire avant. sans compter que ses influences, plutôt thrash death vont se ressentir sur les prochaines compos. C’est quelqu’un avec qui, en plus, le courant passe très bien« . L’album propose des titres assez variés « dans la continuité de ce qu’on a proposé sur l’Ep tout en étant beaucoup plus riches« . On le sait désormais, la harpe est un élément qui distingue Orkhys, apportant une touche de cordes et un esprit celtique inhabituel. Plus encore, chaque morceau propose une ambiance particulière, du morceau éponyme, calme, qui introduit le disque à des passages plus speedés (A brand new world, The devil and the impudent), Blood ties réunissant au travers de ses 10′ un condensé de tout ce que le groupe peut proposer. Démarrant de manière légère et bucolique, le morceau monte en puissance, le chant n’arrivant qu’au bout de 4′. « Je pense que c’est en effet celui qui représente le mieux ce qu’on a voulu faire… Il y a du heavy, du pagan, du black, du death, des passages blastés… Et au niveau du texte, c’est un morceau très très violent » Les observateurs remarqueront que les deux disques commencent par la lettre A, mais le groupe a aussi voulu une continuité dans l’artwork. Et si les trois premier titres commencent aussi par un A, « c’est plus le fruit du hasard. on se penche sur les ambiances, et les morceaux, l’un à la suite de l’autre sont reliés« . démarrant avec le morceau éponyme, intro instrumentale, A way continue de manière plus speedée et brutale (A brand new world). Le groupe a varié les plaisirs et cherché « à mettre tout ce qu’on ne trouve pas chez les autres. Notre idée, c’est de faire la musique qu’on aimerait bien qu’on nous propose. Quand on compose, on voudrait bien que ça marque les gens, qu’ils vibrent. » On remarquera aussi cette reprise de The clansman revisité avec brio. Pourquoi cette reprise? « Il y a Brice qui est un grand fan de Maiden, et une chanteuse qui a craqué quand elle a vu le groupe sur scène. On a voulu le reprendre à notre sauce, avec de la cornemuse, de la harpe. Je trouve que ça fonctionne plutôt bien ». Le chant de Lorène est d’ailleurs ici plus grave et plus profond, plus fluide et passe partout, et lorsque je précise à Yves que je préfère cette manière de chanter au reste plus aigu – trop aigu pour moi, si haut que je le trouve agressif – il  me précise que « Lorène va en effet travailler cette voix plus grave, c’est une piste qu’on explore ces temps-ci, une piste qu’on a commencé à envisager« . Orkhys teste, ose et réussit à surprendre avec des titres variés et conclue avec The devil from a brand new world qui, s’il mélange deux titres de l’album se base sur les orchestrations de ces mêmes titres, sans chant, sans bases, simplement parce que ces arrangements fonctionnent. Original et bienvenu, Orkhys progresse. A way est à découvrir et Orkhys est à soutenir.

Propos recueillis le 22 octobre 2021 par téléphone.

Interview: EXHORTED

Interview EXHORTED – Entretien avec Yves (chant). Propos recueillis par téléphone le 15 octobre 2021

Metal-Eyes : Je ne connais aucun de vos dix albums précédents (il se marre), par conséquent, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Yves : En fait, c’est le premier album… C’est un nouveau projet qu’on a monté il y a trois ans, juste avant le Covid. C’est un projet qu’on a monté à deux, d’où la pochette, l’illustration. On a pris le processus à l’inverse : on s’est dit qu’on était deux, qu’on avait ce qu’il faut pout au moins enregistrer une bonne démo, ce qu’on a fait et le reste a suivi. On a composé à deux, et ensuite, on s’est lancé dans les autres étapes avec Lionel. Eduardo est arrivé après. C’est Kevin, de Benighted, qui s’est occupé des batteries. Eduardo est arrivé après, mais c’est un membre à part entière du groupe, et c’est lui qui va assurer le live.

 

Metal-Eyes : Sur l’album, il est fait mention de 3 membres, chant, basse et batterie. Pourtant, sur ce disque, il y a quelques guitares, pas trop (il se marre de nouveau), qui s’en est chargé ?

Yves : Un guitariste de session. Pour le moment, le line-up n’est pas complet, on est en cours de recrutement. On se donne encore un mois pour trouver le bon.

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique d’Exhorted à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Yves : On inclut différents styles, mais, puisqu’il faut une étiquette, on est death metal. C’est du death, avec des influences diverses. Maintenant, quand on a composé, on l’a fait de manière totalement libre, en nous demandant simplement ce qu’on aime, ce qu’(on voudrait faire. On n’a pas vraiment réfléchi au style…

 

Metal-Eyes : Je trouve que, aussi bien dans le visuel que dans la musique, c’est aussi très hardcore…

Yves : Ah, oui ? intéressant ! Je pense que chacun peut avoir une perception différente du style. L’important, c’est que ça tape du pied et que ça secoue la tête !

 

Metal-Eyes : A mon avis, jusqu’à casser des nuques !

Yves (il explose de rire) : C’est ce qui se dit sur les réseaux sociaux, en ce moment, « casser des nuques » !

 

Metal-Eyes : Qu’avez-vous voul mettre dans cet album ?

Yves : Laisse-moi te dire : nous, on est des vrais fans de metal. On a voulu mettre ce qu’on aime, mais pas n’importe comment, pas dans un patchwork, non. On a voulu créer des atmosphères et des ambiances. On a mis des blast beats et des choses plus lourdes, on a mis ce qu’on aime, mais surtout, on les a équilibrées. Tu ne m’as pas encore posé la question, mais on l’a composé pendant la période Covid en nous demandant comment, pendant cette période pas drôle, on pouvait aller vers du positif.

 

Metal-Eyes : Je ne t’ai pas posé la question, mais en fait, je n’allais pas le faire, je n’y avais même pas pensé… Mais c’est bien, tu apportes la réponse. D’ailleurs, si tu veux, tu peux faire les questions et les réponses, c’est ton album !

Yves (rires) : C’est mieux si ça vient de toi !

 

Metal-Eyes : Il y a 9 titres sur cet album. Si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est Exhorted à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Yves : Oh, dur… J’adore les 9 titres. Chacun a un rôle à jouer…

 

Metal-Eyes : Je le comprends, mais tu dois inciter quelqu’un à aller plus loin. Un titre, tu lui dis : « écoute-ça, c’est ce qu’on fait ». Lequel ?

Yves (il réfléchit) : Ecoute, j’opterai pour Haunted house. C’est un peu un mix de tout ce qu’on a voulu mettre sur cet album, les atmosphères, les ambiances, on a voulu les faire cohabiter de manière naturelle. Même si Haunted house a un démarrage ultra bourrin, il est représentatif de ce qu’on fait, même s’il manque un peu de ce côté death mélo qu’on retrouve quand même. Ouais, ouais, Haunted house !

 

Metal-Eyes : Je trouve que, comme tu le disais, il n’y a pas que des parties speed et brutales, il y a des ambiances variées, lourdes et plus calmes, qui permettent aussi de respirer un peu.

Yves : Absolument. Il faut ça. On voulait faire cohabiter ces ambiances qui ouvrent sur d’autres choses, ça a fait partie de notre manière de travailler. Le Covid, tout ce temps qu’on avait à notre disposition pour composer, ça nous a drôlement aidés ! On a pu tester un tas de choses.

 

Metal-Eyes : Vous avez donc pu optimiser cette période compliquée pour tester et choisir ce qui finirait sur l’album.

Yves : Tout à fait, c’est complètement ça. On a fait les choses à l’envers, et ça a surpris des gens : on a travaillé avec un guitariste de sessions, un batteur de sessions, aujourd’hui on a un batteur, et le guitariste c’est pour bientôt. On a su utiliser la situation qui existait à ce moment-là…

 

Metal-Eyes : Vous parlez de quoi dans vos textes ?

Yves : De la vie… j’écris sur ce que je ressens, l’amitié, Haunted house parle des gens qui se barricadent derrière des murs infranchissables, God is mine, comme son nom l’indique, dénonce les côtés malfaisants de la religion, You’re my world est un morceau que j’ai écrit pour nos enfants… C’est un morceau que je voulais mettre sur l’album parce que quand on devient papa on n’est plus le même homme. Tous les thèmes qu’on aborde, c’est du quotidien.

 

Metal-Eyes : Y at-il des thèmes que vous souhaitez ne pas aborder, qui n’ont pas leur place au sein d’Exhorted ?

Yves : Non… non, je ne vois pas. L’intolérance n’a pas sa place, mais on estime que si tout le monde était un peu plus heureux, on aurait une société qui serait un peu plus heureuse…

 

Metal-Eyes : C’est une belle philosophie un peu utopiste…

Yves : Je suis d’accord. C’est un peu ce que je pensais quand j’avais 20 ans : « oh, dit, ce sera super dans 20 ou 30 ans ! On aura dégagé ça, ce sera plus pareil » et on se rend compte que c’est toujours là et c’est pas cool…

 

Metal-Eyes : Donc tu fais partie de ces personnes qui, comme moi, pensent que Les resto du cœur c’est quelque chose qui ne devrait plus exister ?

Yves : On est bien d’accord. Ça me fait mal au cœur de voir que les choses empirent…Pour revenir à ta question, on peu aborder tous les sujets. Je m’interdis de dire que je n’aborderai pas ça ou ça…

 

Metal-Eyes : Donc tu pourrais même aborder Donjons et dragons…

Yves (rires) : Oui, ce serait possible dans un prochain morceau : l’apport de Game of thrones, de ce que j’aime dans les TV shows, oui, pourquoi pas !

 

Metal-Eyes : Peux-tu penser à une devise qui serait représentative d’Exhorted ?

Yves : Euh… Puissant, généreux. On joue de la musique puissante et on veut tout donner sur scène. Mais une devise ???

 

Metal-Eyes : On peut garder les deux mots et dire « puissance et générosité ».

Yves : Puissance et générosité, voilà, on garde ça !

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : qui sont ces vieux bâtards qui ne meurent jamais ?

Yves : C’est le titre de l’album. En fait, c’est un titre à deux niveaux : c’était pour marquer le retour des deux vieux que nous sommes, qui ont eu des expériences musicales antérieures. Pour marquer notre « retour aux affaires ». Et aussi pour marquer le fait que beaucoup de belles personnes, de bonnes personnes partent trop tôt, contrairement à certaines saloperies qui restent trop longtemps.

TOWARD THE THRONE: Vowed to decline

Metal, France (Metal East, 2021)

Les Alsaciens de Toward the throne viennent de sortir leur premier album, Vowed to decline. Formé en 2012, le groupe, tout d’abord death mélodique, évolue et muri pour se définir « parce qu’il faut bien mettre une étiquette, comme death mélo. Mais en fait, nos goûts ont évolué et on peu mettre du death, ou à d’autres moments, du black. Aujourd’hui on propose une musique qui est assez éclectique sur un seul album« , comme l’explique le guitariste du quartet, Jérémy Binsinger. Et en effet, même si cet album reste dans une veine extrême, on y trouve une variété de tempi, des chœurs, des moments plus aériens ou léger. Composé de 11 titres, l’album ne speede pas systématiquement et se révèle très varié, voire cinématique. « On ne s’est pas demandé ce qu’on voulait faire, on était dans ce move à ce moment là. Et six mois après, on est plus dans un trip Sceptic Flesh, ou plus orchestral« . même si c’est « une question hyper difficile  » que de savoir quel titre est le plus représentatif de ce que fait TTT, parce que le groupe « a pensé album global et que chaque morceau a ses spécificités » un titre comme The sorrow est d’ailleurs assez représentatif de cet esprit qui laisse venir les choses. Contrairement à d’autres formations, Toward The Throne n’a pas été affecté par la pandémie, sauf en ce qui concerne les concerts: « comme pour d’autres, les groupes qui n’ont pas pu tourner pendant deux ans veulent tourner maintenant et il y a encore de salles soit qui ont fermé soit qui sont encore frileuses« . Mais donnant des concerts avant le confinement, le groupe a pu finaliser ses compositions avant d’enregistrer ce premier méfait – sur le « label Metal East fondé par Laurent, membre de Deficiency » – qui évoque, tant dans le nom du groupe que dans l’illustration de la couverture -signée « Costin Chioreanu, qui a notamment travaillé avec Ghost, mais le choix de l’artiste a été hyper difficile » – l’univers de l’heroic fantasy – un certain Game of thrones en tête. Cependant, selon le guitariste, « il n’y a aucun rapport. On a cette volonté de laisser l’imagination de chacun faire son travail. Le nom du groupe, c’est une métaphore pour exprimer ce vers quoi on se dirige. Le trône reste le but que chacun a. On laisse cette part d’abstrait pour que chacun se fasse son idée« .  Alors justement, certains morceaux font des incursions dans le monde cinématographique, alors, quel est le rapport de TTT avec le monde du cinéma? « On n’est pas tous des passionnés de cinéma, mais on essaye de créer, au delà d’une chanson, une atmosphère, une ambiance générale. Je pense que tu n’as pas tord de penser que certains passages pourraient servir au cinéma« . Mais ce n’est pas prémédité. Les deux compositeurs principaux du groupe, Jérémy et Gauthier ressel (chant et basse), proposent généralement des « morceaux composés à 80% et les proposent au groupe. Parfois, il y a des choses qui ne passent as, mais la base est toujours là, les ambiances, l’idée générale. Ensuite, chacun apporte sa touche en fonction de ses compétences« . Lorsqu’on lui demande quelle pourrait être la devise de Toward The Throne, la réponse est simple: « c’est une question intéressante qu’on ne m’a jamais posée. je dirais « que chacun se laisse porter par la musique »… Que chacun se laisse emmener là où il a envie d’aller. Certaines personnes nous ont dit que ce n’est pas un album qu’on écoute dans la voiture parce qu’il faut se concentrer dessus, d’autres au contraire, se laissent simplement porter. C’est le ressenti de chacun« . Ce premier album, malgré un chant enragé difficilement compréhensible » a tout pour plaire aux fans de metal extême, du death mélodique au black. Une jolie première claque qui, contrairement à son titre, présente un groupe assez peu voué au déclin.

Les propos de Jérémy ont été recueillis le 1er Octobre grâce à Roger Wessier (Replica promotion)

Interview: ROBERT JON AND THE WRECK

Interview ROBERT JON & THE WRECK – Entretien avec Steve Maggiora (claviers). Propos recueillis par téléphone le 13 septembre 2021

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Metal-Eyes : Comment s’est déroulé votre voyage vers l’Europe ? Vous avez dû subir une quarantaine pour pouvoir entrer ?

Steve : Non, les conditions ont tellement changé au cours de l’été. Ça a été assez facile, en fait, en termes de voyage. Nous nous sommes occupés de nos papiers. Il n’y avait pas trop de monde à bord de l’avion, ce qui a rendu le passage aux frontières plus aisé. On est arrivés le 26 août.

Metal-Eyes : RJTW vient de sortir un nouvel album au début du mois, Shine a light on me brother. Que peux-tu nous en dire qui me convainque de courir l’acheter ?

Steve : C’est un album que tu vas vouloir réécouter. Il est fun, il t’embarque dans un voyage avec du blues, du rythm n blues, de la soul, du rock tout au long de 10 chansons emballées dans un joli paquet. Il est fantastique, je te le garanti.

Metal-Eyes : Comme c’était déjà le cas avec votre album précédent, donc ?

Steve : Merci, merci ! Nous sommes très fiers de chacun de ces disques.

Metal-Eyes : Un point commun à chacun de ces disques : vous évoquez la lumière. Que vous fait la lumière ?

Steve : Je crois que ces deux dernières années ont été très sombres. Nous voulons, dans nos compositions, embrasser ce qui arrive, être vrais dans ce que nous écrivons, au travers de nos expériences, mais en laissant de la place à l’espoir. Il y a de la lumière même pendant les moments sombres. Les deux dernières années ont été dures pour tout le monde, et nous avons ressenti le besoin de nous exprimer à travers ce qui est devenu Shine a light on me brother.

Metal-Eyes : Vous avez changé votre manière de composer avec le Covid ?

Steve : Oui, au début. On a tout fait à distance au début, et nous avons ensuite décidé de respecter les mesures sanitaires pour pouvoir nous remettre au travail. Mais en gros, on a continué de travailler comme avant : on teste des choses, on voit ce qui fonctionne ou pas, on tente d’autres choses… pour celui-ci, tout le monde dans le groupe a pu proposer ses idées, intervenir, et c’était très agréable de pouvoir compter sur les autres membres pour construire ensemble. Chicago est une des chansons que j’ai proposées, et si tu écoutes la maquette et la version finale, c’est le jour et la nuit. C’est vraiment un effort collaboratif.

Metal-Eyes : Last light on the highway est sorti en mai 2020, il y a un an et demi. J’imagine qu’il a été écrit avant la pandémie (Il confirme) tandis que ce nouvel album a été écrit pendant la pandémie. En dehors de ce fait, comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums?

Steve : Nous avons pu composer plus ensemble, avec ce line-up. Quand tu travailles pour la première fois avec des gens, tu découvres les forces de chacun, qui arrive avec quel type d’idées, qui propose, suggère. Je crois que nous avons continué de suivre cette trajectoire. Autrement, je crois qu’il n’y a pas tant de différences, ce sont juste d’autres circonstances. Ce n’était pas évident de trouver l’inspiration avec le Covid, mais on a pu travailler et avancer.

Metal-Eyes : Vous êtes en Europe non seulement pour promouvoir votre album mais également pour le présenter live. Vous étiez censés jouer au Raismesfest qui a été annulé. Comment vous êtes-vous occupés ?

Steve : Nous sommes allés participer à une émission de radio avec Georges Lang, c’était super fun ! C’est la première fois que j’ai eu l’opportunité d’écouter notre album sur une super grosse sono (il rit), et Georges est super. Ce fut un honneur de pouvoir discuter avec lui pendant une heure…

Metal-Eyes : Vous aviez donc un plan B, mais avez-vous eu le temps de visiter Paris un peu ?

Steve : Pas cette fois-ci, non. Nous sommes arrivés d’Allemagne hier, en voiture, ce fut une route assez longue. Le temps d’arriver à l’hôtel, de filer à la radio… Aujourd’hui, nous sommes en promo… Nous n’avons pas autant de temps que nous le souhaiterions pour jouer les touristes, mais, bon… c’est le métier… Nous sommes avant tout ici pour promouvoir notre nouvel album. La dernière fois que nous étions ici, nous avons pu marcher le long de la Seine et vois quelques sites de cette superbe ville.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Shine a light on me brother pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est RJTW, ce serait laquelle ?

Steve : Mmh… Je choisirais sans doute le morceau titre, Shine a light on me brother. Elle contient un peu de tout ce que nous faisons, le rythme est enlevé, on parle de passer du bon temps, d’être ensemble, il y a de belles harmonies, ce que nous aimons vraiment. Les filles qui font les chœurs sont fabuleuses, les cuivres, la guitares… Le groove est top, oui, c’est celle que je retiens.

Metal-Eyes : Quels groupes du revival rock sudiste recommanderais-tu ?

Steve : Markus King est fabuleux… Rival Sons, aussi, évidemment. Qui d’autre ? Bien sûr, Blackberry Smoke est incontournable !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise du groupe en 2021 ?

Steve : C’est une bonne question… Je dirai « continue d’avancer », tout simplement !

Interview: 6:33

Interview 6:33 – Entretien avec Flo « Rorschach » (chant). Propos recueillis par téléphone le 8 octobre 2021

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Metal-Eyes : Nous nous étions rencontrés lors de votre passage en ouverture des locaux de Wild Dawn en 2016 à la salle Eiffel d’Orléans. Votre précédent album remonte à 2015. Que s’est-il passé depuis ?

Rorschach : Il s’est passé deux-trois enfants qui sont arrivés, Nico a aussi déménagé, il a monté son studio, cela plus un confinement, plus une musique assez complexe à composer et à enregistrer… Voilà, ça passe finalement assez vite… On a décidé de se lancer dans la compo fin 2017. Après Deadly scenes, on s’est concentrés sur le live et en 2017 on s’est mis sur les premiers morceaux. Après ça, comme je te le disais, j’ai eu mes enfants, Nico aussi, et on ne peut pas se retrouver à faire autant de musique… On ne s’est, en plus, pas mis de barrière de temps, on voulait aller au bout de ce processus complexe. C’est vrai que sur la fin, le confinement n’a pas arrangé les choses, mais voilà…

 

Metal-Eyes : Que peux-tu nous dire de ce nouvel album, Feary tales for strange lullabies ?

Rorschach : C’est un album qui est dans la continuité de ce que nous avions commencé à créer sur l’album précédent. C’est le troisième album auquel je collabore avec 6:33. Sur The stench from the swelling, il y avait Arno Strobl qui faisait l’intérim entre le premier chanteur et mon arrivée, je n’ai écrit que deux morceaux sur The stench, et c’est pour ça, je pense, qu’on a rapidement voulu écrire plus, Nico et moi et Deadly scenes est né assez vite. Sur cet album, il y a déjà les prémices d’une ville, d’un univers parallèle et on a continué dans ce délire, on a créé cette mégalopole qu’on a appelé The dome. On a monté un nouveau concept, on a raconté l’histoire de ce jeune homme qui monte de sa province et qui veut devenir une star de la musique, essayer, en tout cas. Il va rencontrer des personnages hauts en couleurs. Ça me fait un peu penser à Sin city, avec une histoire et des spin off, des personnages qui forment l’histoire. On a écrit cet album dans cet esprit-là, avec des images et un son très années 80/90 parce qu’est ce qui nous a construits en tant que personnes et en tant qu’artistes. Toute cette pop culture vec laquelle on a grandi, on a voulu la retransmettre à notre manière.

 

Metal-Eyes : C’est ce qui est écrit sur le CD : « un jeune homme en quête de gloire et son voyage initiatique dans le monde du show-biz » : est-ce que c’est autobiographique ?

Rorschach : Complètement ! C’est moi qui écris les textes. Moi aussi, je suis monté de ma province de Haute Savoie, d’un village qui s’appelle Chamonix où la musique n’était pas un sport national. Je suis allé faire une école de musique à Nancy avant de venir à Paris. Oui, c’est autobiographique, mais en même temps les thèmes que j’ai voulu aborder sont aussi différents, même s’il y en a que j’avais à cœur d’exprimer, comme les femmes, ou un groupe de transsexuels qui deviennent des super-héros la nuit pour venger la veuve et l’orphelin… Il y a des thèmes qu’on voulait aborder et qu’on traite de manière un peu parallèle… On raconte des histoires, quoi !

 

Metal-Eyes : sur fond de musique assez indescriptible, ce qui est un peu votre marque de fabrique. Alors, justement, comment décrirais-tu la musique de 6:33 à quelqu’un qui ne vous connais pas pour l’inciter à vous découvrir ?

Rorschach : Ah, c’est toute la question ! Le terme que j’aime bien en ce moment, c’est fun et prog : il y a une base prog avec des trucs qui partent assez loin, mais toujours sur fond joyeux. Il y en a d’autres qui vont appeler ça du nawak metal, une sorte de metal un peu fourre-tout, mais c’est difficile de donner un terme.

 

Metal-Eyes : Et comment analyserais-tu l’évolution de 6:33 entre Deadly scenes et Feary tales ?

Rorschach : On se découvrais vraiment, Nico et moi, avec Deadly scenes, là on se connait mieux, au niveau de la composition. On a affiné tout ça et je pense que la patte du groupe se définit de mieux en mieux, un peu plus léchée, directe aussi. L’album commence avec Wacky world qui entre directement dans le sujet, il n’y a plus de morceau fleuve de 12’ comme on avait avant, donc plus direct, okus accessible tout en étant aussi chargé en information et en… bordel.

 

Metal-Eyes : Je confirme, les deux termes ! C’est aussi ce qui fait que vous maintenez l’auditeur en éveil. C’est aussi très cartoonesque à la Looney tunes… Il ne faut chercher ni le sérieux ni le ridicule, mais il ne faut pas non plus en avoir peur.

Rorschach : C’est exactement ça, le Looney tunes sont dans Whacky world avec du Tim Burton, du Sin City.

 

Metal-Eyes : Le titre de l’album se termine par « : the dome ». Ça évoque la possibilité d’une suite…

Rorschach : Oui, il y aura une suite. Il y aura bientôt les paroles sur internet, utiles parce qu’on comprend mieux ce qu’il se passe, et, en effet, il y aura une suite, un second album qui clôturera l’histoire. Je ne peux pas t’en dire beaucoup plus car on sort à peine de celui-là et on ne s’est pas encore penchés sur la suite. On ne s’est pas encore penché sur le ragga ou le reggae, mais je ne pense pas non plus…

 

Metal-Eyes :  En même temps, vous êtes spécialisés dans les mélanges de genres, alors si ça matche et que ça vous plait…

Rorschach : Exactement, tant que ça nous parle, on y va.

 

Metal-Eyes : Musicalement, les gens qui vous connaissent savent que vous proposez une musique barrée, ceux qui vous ont vus sur scène savent que votre spectacle est très visuel. Vous portiez des masques avec un côté Watchmen, zombie, Anonymous… c’est toujours le cas ?

Rorschach : On a tombé les masques. Il y a plein de raisons, mais surtout, ça nous coupait du public sur scène, ça mettait une sorte de barrière entre nous qui commençait à nous peser. Et il y a eu le Covid, on porte tous des masques, ça a joué aussi. Le line-up a changé un peu et on s’est orienté vers quelque chose de plus… authentique, plus dans l’esprit de groupe – on a un batteur maintenant…

 

Metal-Eyes : Mais vous gardez le même esprit ? J’ai ressorti le report de votre concert d’Orléans et à un moment, tu dis au public « Maintenant qu’on se connait un peu mieux, voici une chanson d’amour. Parce qu’on vous aime et que… on a envie de baiser ! » C’est toujours le même esprit ?

Rorschach : Grave ! L’amour et l’envie de baiser, c’est toujours là (rires) !

 

Metal-Eyes : ce n’est pas que lié à la personnalité un peu schizo de Rorschach ?

Rorschach : Non, les masque faisaient partie du show, on était des super-héros un peu chelous, un peu à la Watchmen. Ce qu’on a créé sur The dome, c’est une esthétique assez visuelle.

 

Metal-Eyes : Alors aujourd’hui, à quoi faut-il s’attendre sur scène ?

Rorschach : On garde l’écran sur scène, mais on s’adapte un peu. Avec des couleurs 80’s, 90’s, des boules à facettes, des néons qui claquent… Au niveau des fringues, on a développé quelque chose d’assez… universitaire. Au niveau du dôme, on a quelque chose avec des casquettes, un logo 6:33…

 

Metal-Eyes : On retrouve ces influences 80’s et 90’s, et la pochette m’évoque même Blade runner…

Rorschach : Ouais, génial ! C’est exactement ça, un mélange de Blade Runner, Metropolis, du Gotham de Tim Burton avec une ambiance pesante un peu à la Ghost in the shell. On voit bien que cette ville est énorme.

 

Metal-Eyes : Et ce personnage, même s’il est plus imposant que les autres, on le sent perdu face à l’immensité de ce dôme devant lui…

Rorschach : C’est ça, l’immensité de la ville de cette mégalopole écrasante. Je suis ravi que ça te parle, c’est exactement ça.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de cet album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est le groupe aujourd’hui, ce serait lequel ?

Rorschach : Oh, la, la ! La vache… c’est pas simple de répondre à ça… J’ai envie de te dire Rabbit in the hat, parce qu’il y a un peu de tout dans ce morceau. Il y a un bon tempo au début et ensuite ça part dans l’aérien, il y a beaucoup d’émotion dedans. Si tu demandes à Nico, il te répondra autre chose…

 

Metal-Eyes : Pour le moment, on laisse Nico de côté, c’est avec toi que je parle

Rorschach : Ah, ah ! Oui, alors Rabbit in the hat !

 

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, si tu devais penser à une devise pour 6:33, ce serait quoi?

Rorschach : Ah… « Ne vous prenez pas au sérieux mais faites-le sérieusement ».

 

Metal-Eyes : Ok, ça me parle, on garde ! Merci pour cet échange, j’espère vous retrouver bientôt sur scène !

Rorschach : Merci à toi, pour ton temps, merci d’apprécier l’album aussi. Ca fait du bien d’avoir ce type de retour de votre part à tous.

 

 

Interview: LITTLE CEASAR

Interview LITTLE CEASAR : entretien avec Ron Young (chant). Propos recueillis au téléphone le 9 septembre 2021

Metal-Eyes : Ron, pour te dire la vérité, je n’ai absolument pas eu le temps d’écouter votre nouvel album. Mais… il n’y a pas de nouvel album !

Ron Young : Il n’y a pas de nouvel album ! le plus récent date de 2018. Si nous avions eu cette conversation plus tôt, nous aurions pu avoir l’impression d’une sortie plus récente (rires). Mais malheureusement, tout s’est ligué pour transformer les choses en un vrai bordel. Nous tentons de reprendre où nous en étions, jouer dans des villes comme Paris où nous n’avons jamais joué, et continuer de réfléchir à un nouvel album, sortir une vidéo. Mais nous sommes un groupe quelque peu différent en ce sens que nous ne sortons pas nos albums sur un label pour le travailler 8, 10 semaines très intensément pour mieux l’oublier ensuite, on balance encore plein d’argent au groupe pour retourner en studio, composer, enregistrer… Nous faisons les choses à notre rythme, comme nous les sentons. Il y a plein de groupes aujourd’hui qui refusent d’enregistrer un nouvel album parce que ça leur cout trop cher et que personne ne les écoute. Ca me parait un peu manquer de respect, jouer de la musique pour de mauvaises raisons. Mais nous, ça nous démange d’y retourner, de pouvoir rejouer, maintenant que nous nous sentons un peu plus protégés, et que nous avons envie de retrouver notre créativité. Ressortir et nous rappeler pourquoi nous faisons les choses, et pour qui nous les faisons, dissiper le brouillard de l’an dernier, retrouver de cette magie qui se produit lorsque tout le monde se retrouve pour soutenir la musique live. C’est vrai, c’est magique…

 

Metal-Eyes : Puisque tu parles de musique, vous étiez censés lancer votre tournée européenne au Raismesfest qui a été annulé.

Ron Young : Oui. Nous avons toujours su que ce concert était « avec des si », parce qu’il y a tant de bureaucratie, de protocoles, des règles sanitaires que c’était très compliqué pour eux de tout mettre en œuvre logistiquement pour que le festival se tienne. C’est une des raisons pour lesquelles un grand nombre de groupes étirent leurs tournées. Nous avons la chance d’être « une unité commando » (rires). Nous pouvons jouer dans un club et passer sous les radars. Ce n’est pas comme jouer dans une salle plus grande qui a plus de liens avec les politiques et les autorités, qui attirent plus de regards, les règles peuvent changer, tout le monde doit avoir un pass sanitaire ou être testé sinon la salle peut être fermée, la licence retirée. La plupart des lieux où nous jouons n’ont pas ces contraintes. On joue underground, dans des petites salles, on ne voyage pas avec d’autres personnes qui pourraient être testées positives. Il y a une sorte de bénéfice à être les premiers à retrouver la route après la pandémie, et c’est ce que nous faisons. Un autre concert a été annulé en Belgique, à cause d’inondations. Des inondations qui sont le résultat du non changement climatique, c’est ce que disent certains de mes compatriotes… Certains Américains voudraient nous faire croire qu’il n’y a pas de changement climatique, et que cette pandémie n’existe pas.

 

Metal-Eyes : Donc, pour eux ce ne sont encore que des « Fake news »

Ron Young : Exactement. « Ne croyez pas ce que vous voyez, croyez ce que nous disons… » Donc, un des clubs où nous devions jouer a été très endommagé par ces inondations et ne pouvait pas être remis en état avant notre passage. En dehors de cette date et du festival, toutes les autres sont maintenues. Et tu sais quoi ? On prend les choses comme elles viennent, un jour à la fois. On verra ce qu’il se passe.

 

Metal-Eyes : C’est votre première fois en France ?

Ron Young : Non, on a déjà joué dans le Nord, à Arras et… je ne sais plus, mais on n’a jamais joué à Paris. Jamais ! Nous sommes si impatients, c’est une de ces choses qui résultent de coïncidences qui nous ont empêché de le faire, mais là, nous avons vraiment insisté pour qu’on nous trouve un endroit où jouer. Ce qui se fait, nous jouons aux Etoiles.

 

Metal-Eyes : Une salle sympa, avec une petite scène…

Ron Young : C’est ce qu’on aime, le contact direct avec le public. Il parait que c’est un lieu sympa, ce qui compte ‘est la qualité du lieux, l’intérêt du public. Ne jamais avoir joué à Paris, c’est criminel !

 

Metal-Eyes : Justement, Little Ceasar sur scène, c’est quoi ?

Ron Young : Little Ceasar sur scène, c’est un groupe honnête, reconnaissant, émotif et puissant. Nous avons conscience de la magie qui peut s’opérer entre le public et le groupe, sa spontanéité, et nous souhaitons traduire cette reconnaissance car c’est grâce aux gens qui viennent chaque soir nous voir que nous existons. Pas le contraire. Avoir la possibilité de faire ce que nous adorons faire, entre personnes qui s’adorent, c’est unique. Après le concert, nous venons rencontrer le public et remercier chacun. Comment ça va fonctionner avec le Covid, je ne sais pas. Je pense qu’il va y avoir des arrangements. Mais c’est important pour nous que les gens sachent que nous leur sommes reconnaissants. Nous sommes des fans de musique avant d’être des musiciens. Nous sommes sincères, sur scène, simples, il n’y a pas de fumée, on ne tend pas le micro au public pour qu’il chante – parce que « je ne suis plus capable de chanter des notes aussi hautes » – pour flatter mon ego ou gonfler mon portefeuille… Il n’y a rien de tout ça. C’est un voyage musical.

 

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous êtes « un groupe de gars qui adorent le faire ensemble ». bien sûr nous ne parlons pas ici de sexe…

Ron Young : Mais si, d’une certaine manière ça l’est ! (rires) Du sexe aural – a u r a l, pas l’autre !

 

Metal-Eyes : Si je comprends bien, tous les 5, vous regardez dans la même direction ?

Ron Young : Tout le temps, oui. Et le champ de vision est large. Nous n’inventons rien, nous nous faisons plaisir. Nous avons grandi avec les mêmes repères musicaux et nous cherchons simplement à être Little Ceasar. Lorsque nous composons une chanson, nous voulons être respectueux envers les gens que nous admirons. Ce titre a des airs d’AC/DC ? C’est juste parce que nous sommes des fans d’AC/DC… On ne va pas chercher à dire le contraire.

 

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Tu nous a dit à quoi nous attendre avec Little Ceasar sur scène, mais toi, comment imagines-tu le public parisien ?

Ron Young : Je n’en sais rien du tout…Nous avons joué dans des endroits tout petit, la sono est un peu suspecte, on en parle à notre manager, lui faisant part de nos doutes – « tu es sûr, ça craint rien ? » – et il nous répond que ç ava être la soirée la plus fun de la tournée. Ben ouais, c’est ça ! On monte sur scène, et il y a ce public qui est prêt à tout donner, qui est chaud, spontané, sans freins, et on oublie tout, pas de retour, trois spots mais on se souvient de ce concert. Alors, on n’a pas d’attentes particulière quand on monte sur scène, c’est notre boulot que d’obtenir un retour du public. J’ai grandi à Los Angeles et j’ai vu des groupes, vraiment, qui se demandaient pourquoi le public ne réagissait pas… Ils ne sont venus là que pour avoir un semblant de vie rock star, mais faire bouger le public ? Ce qu’ils voulaient c’étaient les filles, la dévotion des fans, et ils ont fait de cette vie un stéréotype… Mais, mec, si tu n’as pas de réaction du public, c’est parce que vous craignez ! Vous devriez retourner à votre local de répète et vous poser les bonnes questions.

 

Metal-Eyes : J’espère en tout cas que le public sera en nombre suffisant…

Ron Young : On vit une drôle d’époque. Les gens font attention, et 1/ les gens n’ont pas encore repris entièrement confiance et 2/ notre public est dans la tranche d’âge où les chiffres du Covid ne sont pas bons (rires) ! Mais on jouera pour 20 personnes de la même manière que pour 200.

 

Metal-Eyes : Quel pourrait être la devise de Little Ceasar ?

Ron Young : Ouh, waow ! (…) « On n’aurait pas pu le faire sans vous ». Ça inclus tout le monde, toi, le gars qui nous organise ces interviews (Olivier Garnier et Roger Wessier de Replica promotion), le proprio de ce bar… C’est une immense chaine où chacun joue un rôle.

Interview: PAT O’MAY

Interview PAT O’MAY  (Guitares, chant, composition…). Propos recueillis par Skype le 10 septembre 2021

 

Discuter avec Pat O’May, c’est toujours l’assurance de passer un bon moment. Tout y passe, de la musique à la politique en passant par le cinéma et… les chupa chupps. Mieux encore : c’est l’occasion de découvrir un moyen de gagner une guitare d’ici la fin du mois de septembre. A découvrir au cours de l’interview qui suit.

Pat O’May – photo promo

 

Metal-Eyes : Pat, pour commencer, je suis MP avec le webzine Metal Eyes…

Pat O’May : Génial !

 

Metal-Eyes : Oui, tu ne peux rien dire d’autre…

Pat O’May : C’est ce que je dis à tous les journalistes que je rencontre : « tu es bien meilleur que celui d’avant toi… »

 

Metal-Eyes : Eh, bien, merci. Cette interview est donc terminée, ça a été un plaisir…

Pat O’May : Merci, au revoir… (rires)

 

Metal-Eyes : On s’était rencontrés il y a 6 ans pour la promotion de Behind the pics. Avant que nous ne parlions du nouvel album, pourquoi un laps de temps aussi long entre ces deux productions ?

Pat O’May : Plein de choses… Il y a eu un album après Behind the pics qui était une commande de la maison de disques avec laquelle je travaillais à l’époque et qui ‘m’avait demandé d’écrire des arrangements symphoniques pour des morceaux traditionnels bretons. C’était l’album Celtia symphonia, et après, j’ai fait mon album anniversaire pour les 23 ans. C’était un double live. Tu vois qu’il y a eu pas mal de choses, et pour préparer ce concert-là, il a fallu du temps. Ensuite, il y a eu la tournée pour cet album live qui nous a amenés un peu partout et à chaque concert, j’invitais un copain à venir jammer, et ensuite, je partais pour faire cet album Welcome to a new world que j’ai écrit en novembre/décembre 2019 et janvier 2020. Il aurait dû sortir en septembre de l’an dernier en fait…

 

Metal-Eyes : Ben…que s’est-il passé dis ?

Pat O’May : Ecoute, j’ai dû… un restant de Chupa Chupps avec un virus de merde dedans et voilà (rires).

 

Metal-Eyes : Comme beaucoup d’autres, il a été victime de la crise sanitaire. C’est la première fois que tu écris un concept album (il confirme). Comment t’est venue cette idée, et de quoi traite-t-il ?

Pat O’May : A travers mon travail, j’essaie de proposer un voyage aux gens. L’idée c’est de faire voyager, et là, je me suis dit que ce serait cool de faire voyager les gens sur une heure. Quand tu fais ça en musique, ça s’appelle un concept album. Je suis allé m’isoler comme je fais d’habitude pour pouvoir écrire, être vraiment centré sur ce que je suis en train de faire. J’ai écrit ce premier morceau, I shall never surrender, et je me suis dit « ce serait bien que tous les morceaux soient liés par un sound design, un espèce de nappe. J’avais ma guitare, j’ai gratté un truc comme ça et ça a donné naissance à Grinch. Tout l’album a été construit comme un fil d’Ariane : la fin de Grinch m’a inspiré le suivant et ça a continué comme ça. L’ordre des morceaux que tu entends sur l’album est exactement l’ordre dans lequel j’ai écrit les titres.

 

Metal-Eyes : C’est quelque part un hasard si I shall never surrender qui ouvre cet album et In this town sont les deux morceaux les plus longs de l’album, ce n’est pas réfléchi ?

Pat O’May : Ah non, pas du tout. Je suis très spectateur de l’inspiration qui m’arrive. Je ne cherche pas à contrôler, pas dans ce genre d’écriture. Je laisse les choses m’arriver, je les exploite, ou non si j’estime que ce n’est pas la bonne inspiration. A ce moment, je l’écarte tout de suite, je ne cherche pas à la creuser. C’est un peu comme quand tu rencontres quelqu’un, tu sens vite s’il va y avoir des atomes crochus ou pas. Je savais que je voulais faire voyager les gens mais je n’avais pas encore l’idée du concept. Le concept est arrivé sur le quatrième titre : j’étais en train de le composer, je fais une pause et je commence à bricoler une pochette. Je regarde, je fouille sur internet et je trouve une photo comme ça, sur fond vert, un peu espace et je me dis c’est ça. Je fais une image arrêtée de ça, je continue de fouiller et je trouve ce bonhomme et je flash dessus. Je l’intègre dans Photoshop et ça donne la pochette que tu connais. Le concept est né comme ça : le mec n’a pas de visage, mais… pourquoi il n’a pas de visage ? Tout est parti de là.

 

Metal-Eyes : D’où le nom de No Face et la recherche de son histoire…

Pat O’May : C’est ça, exactement. Après, j’ai commencé à construire l’histoire avec des réflexions personnelles que je me tiens depuis longtemps. Avec le Covid, il y a une résonnance particulière à ce que j’ai écrit, parce que ce personnage de No Face se demande pourquoi il est comme ça, s’il est né comme ça ou s’il l’est devenu. Bien sûr, c’est la seconde réponse, il est devenu comme ça. Tout vient de sa gestion de la peur, la peur de lui-même, des autres et finalement il construit un univers qui lui semble confortable mais qui, en fin de compte, l’enferme dans un autisme total. Il n’a plus envie d’aller voir ce qu’il se passe à l’extérieur.

 

Metal-Eyes : Il s’auto isole… Dans les couleurs comme dans le look de ce No Face, et dans l’histoire de ce monde parallèle, il y a beaucoup d’évocation de Matrix.

Pat O’May : Complètement. Et ça aussi, ce n’est pas voulu, c’est arrivé comme ça. On est un peu à la croisée des chemins entre Tommy et Matrix.

 

Metal-Eyes : En même temps, le look que vous adoptez tous les trois sur la photo arrière, il y a un peu de Men In Black…

Pat O’May : Ah, aussi ? (Rires) C’est vrai…

 

Metal-Eyes : Puisqu’on parle de détails, il y a une chose que je trouve plaisante : la présentation qu’on trouve sur la pochette est en anglais, et c’est traduit en français.

Pat O’May : Bien sûr…

 

Metal-Eyes : Bien sûr… Ce qui me surprend c’est que vous avez traduit « Hi » par « Hello » en français…

Pat O’May (il marque une pause) : … Ah, oui, ouais… t’en fais pas (rires). Tu l’aurais traduit comment ?

 

Metal-Eyes : Ben, par « Bonjour », « Salut » … Un truc français, quoi !

Pat O’May (rires) : c’est vrai !

 

Metal-Eyes : Sur tes productions précédentes, il y avait pas mal d’invités. Tu as convié du monde ici ?

Pat O’May : J’ai juste demandé à Loïc Bléjean de faire la petite intro de cornemuse irlandaise (uileann pipes). C’est le seul invité qu’il y a. C’est un truc que je m’étais dit : comme j’ai fait beaucoup d’album avec beaucoup d’invités, j’ai voulu en faire un avec seulement le groupe. Avant l’écriture, c’est parti dessus. Jaime tellement l’énergie du groupe sur scène que j’ai voulu retrouver ça sur album : un album direct, trio, basique.

 

Metal-Eyes : C’est certainement aussi plus simple d’interpréter ces titres bruts sur scène que de se retrouver avec un orchestre celtique tout entier…

Pat O’May : C’est sûr !

 

Metal-Eyes : Et ça fait des économies au niveau des chambre d’hôtel.

Pat O’May (rires) : C’est certain, mais encore plus au niveau du bar !

 

Metal-Eyes : Au-delà du fait que ce soit ton premier concept album, comment analyses-tu ton évolution musicale entre Behind the pics, ton dernier album studio hors commande et ce nouveau, Welcome to a new world.

Pat O’May : J’ai comme le sentiment de m’être plus libéré sur cet album. D’avoir laissé plus d’espace à la liberté, mais c’est plus à toi de me le dire. C’est toujours difficile de parler de son travail sans être redondant, mais, oui, j’ai laissé plus voguer l’inspiration, la contrôler moins – c’est ma marotte de tout contrôler – mais j’ai laissé plus aller les choses.

 

Metal-Eyes : Ca rejoint ce que tu disais au début, si ça ne te convenait pas, tu mettais de côté. Le titre en lui-même, on en parle beaucoup en ce moment : ce nouveau monde, ça a un rapport avec ce « grand remplacement » ou le « great reset » chers à certains ?

Pat O’May (il se gausse) : Pu***… Zemmour, sors de ce corps ! (rires)

 

Metal-Eyes : Oh, il n’y a pas que lui…

Pat O’May : Oh, non, il y en a un paquet, ils sont légions…

 

Metal-Eyes : Tu confirmes donc que c’est bien en lien…

Pat O’May : Je… Je te confirme que ça n’a rien à voir (rires). En fait, ce nom, je l’avais trouvé dès le début de l’écriture, dès le mois de novembre 2019, et c’est vrai (son ton s’est mué en « très sérieux ») que ça a un écho particulier avec ce plan promo qu’on a monté depuis un an et demi en créant un Covid mondial. Ça nous a couté une blinde, mais bon (rire général)

 

Metal-Eyes : Donc nous connaissons aujourd’hui les origines du…

Pat O’May : … du Covid : c’est moi ! (rires) Je vais monter une entreprise de décovidage (rires)

 

Metal-Eyes : Bon, restons-en à ta guitare…

Pat O’May : Oui, il vaut mieux !

 

Metal-Eyes : Revenons-en à l’album : tu t’éloignes beaucoup de tes influences celtiques (il confirme). Comment définirais-tu la musique qu’il y a sur Welcome to a new world à quelqu’un qui ne connait pas encore ta musique ?

Pat O’May : C’est assez difficile à résumer en un mot…

 

Metal-Eyes : Tu peux faire une phrase aussi…

Pat O’May : Hein ? C’est vrai ?

 

Metal-Eyes : Même plusieurs si tu veux !

Pat O’May : Ah woaw, génial ! (re rires) Je crois que c’est un mélange de pas mal d’influences : du classic rock, du neo rock prog… je ne me pose pas de limites… Je crois que la seule limite que je m’imposerai en musique c’est de ne jamais écrire un morceau de reggae ou de rap, mais le reste…

 

Metal-Eyes : Si ça s’intègre, pourquoi pas ?

Pat O’May : Qui sait ?

 

Metal-Eyes : Il y a plusieurs surprises sur cet album. Commençons par celle que l’on trouve sur I shall never surrender qui commence par une intro parlé, la présentation de No Face, une intro celte aussi et soudain, surprise, à 4’25…

Pat O’May : Eh ouais…

 

Metal-Eyes : Le discours de Churchill. Il est mondialement connu aujourd’hui, c’est pas un peu risqué d’aller sur ce terrain-là, même si le discours fait partie du domaine public ?

Pat O’May : Non. D’une part, c’est du domaine public, mais je trouvais que ce discours est vraiment en phase avec ce qu’il se passe dans la tête de No Face. C’est quelque chose de complètement intemporel. Il y a d’ailleurs d’autres références à cette période dans l’album. Il y a Radio Londres à un moment, « Un ami viendra ce soir », et d’autres choses. Oui, ça me semblait intéressant. Il y a même un morceau où tu retrouves des mots de Trump, de Thatcher, Mussolinni, Goebells… C’est le moment où No Face se rend compte qu’il s’est vraiment fait bouffer par le discours ambiant. J’ai même cherché, à un moment, et je en déconne pas, une phrase de Zemmour qui s’intègrerait là-dedans. Vraiment, je trouve qu’il a vraiment sa place là-dedans, mais je n’ai rien trouvé avec la bonne tonalité, ça ne marchait pas.

 

Metal-Eyes : Donc, s’il y a un « matrix 2 »…

Pat O’May : Oui ! (il explose de rire)

 

Metal-Eyes : De ce que j’ai pu écouter de Welcome to a new world, j’y trouve du celtique – on ne se refait pas – du hard rock, de la mélodie, je pense à un morceau comme Anything I want avec la basse de Christophe Babin très en avant, très groovy…

Pat O’May : Alors là, je suis content que tu parles de ce titre-là ! Tu sais, je fais des maquettes très abouties. C’est pas un disque, mais ce n’en est pas loin… Sur ce titre là, la ligne de basse que tu entends, c’est Christophe qui l’a créée. Il n’a pas repris la ligne de basse que j’ai faite, il a amené ça et je l’ai trouvée d’une beauté, c’est prenant, c’est magnifique.

 

Metal-Eyes : Je trouve ce morceau entraînant et trépidant. A cette basse, s’ajoute ta guitare, ton toucher que je trouve très aérien sur ce morceau qui va venir rencontrer le titre suivant avec un esprit très western…

Pat O’May : Absolument. Sur le morceau qui suit, il y a un côté très Police sur le riff de basse…

 

Metal-Eyes : C’est un album qui s’écoute très facilement et qui est très varié.

Pat O’May : Je pense que c’est probablement l’album le plus facile à écouter de ma discographie.

 

Metal-Eyes : Si tu devais n’en retenir qu’un morceau pour définir ce que tu es musicalement, ce serait lequel ?

Pat O’May : Euh… In this town. Le dernier. Parce qu’il passe par tout un tas de choses, notamment au niveau des solos, un est très aérien, l’autre se barre dans des trucs que je n’avais jamais faits avant, limite jazzy. Une première partie cool, et ça monte avant de redescendre… J’ai vraiment cherché une dynamique.

 

Metal-Eyes : Malgré la période, y a-t-il des projets de scène ?

Pat O’May : Bien sûr. Le concert de sortie de l’album sera au Café de la Danse à Paris le 22 septembre. On a préparé une scénographie avec de la vidéo et plein de surprises dedans. On joue l’intégralité de l’album et ensuite un tout petit rappel d’une quarantaine de minute des anciens morceaux. Et en plus, c’est une info que je te donne, on va faire gagner une guitare Vola aux personnes qui seront présentes au concert. J’ai signé avec cette marque de guitare, et ils nous offrent cette grosse guitare, à 2.000 euros. Le mec, il se sera peut-être emmerdé au concert, mais il n’aura pas perdu sa journée (rires) !

 

Metal-Eyes : Et comme ce n’est pas une super grande salle… Tu sais quelles seront les conditions d’accueil, d’ailleurs ?

Pat O’May : Pass sanitaire, et demi-jauge. Donc 250 personnes.

 

Metal-Eyes : Donc ça double les chances de gagner la guitare…

Pat O’May : De fait, oui.

 

Metal-Eyes : Pour terminer : quelle pourrait être la devise de Pat O’May en 2021 ?

Pat O’May : La devise de Pat O’May en 2021 ? (Note : c’est ce qu’on appelle de l’écholalie, non ?) Je n’avais pas pensé à ça… C’est bien. Mon maitre mot, c’est « l’ouverture ». Ma musique n’est que le reflet de la personne que je suis dans la vie. Aller voir les gens, discuter, c’est important, ne pas rester enfermé dans ses certitudes. C’est ça qu’il faut pêter, c’est ce qui fait chier le monde.

 

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter ?

Pat O’May : Alors si tu viens… Plutôt que des sucettes, viens avec du saumon bio… (rires)

 

Metal-Eyes : Du saumon bio d’Orléans, on peut en trouver, mais on n’a plus le droit de le pêcher…

Pat O’May : Pas grave, il y en a du très bon de Chine !

 

Metal-Eyes : Bio, OK, mais ce ne sera pas écolo…

Pat O’May : Ah, c’est vrai, je n’avais pas pensé à ça (rires) ! ça n’a rien à voir…

 

Metal-Eyes : Je te souhaite plein de bonne choses avec ce nouvel album que je trouve différent de ce que tu fais et très novateur.

Pat O’May : Eh bien, ça me fait très plaisir de te l’entendre dire. C’est cool.

 

Metal-Eyes : Tu sais ce qu’on dit ? « Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute… » (il se marre). Merci, au revoir et bonne fin de journée…

Pat O’May : Ah, ah, ah ! A bientôôôôt… Merci, c’était cool !

 

 

Interview: DANKO JONES

Interview DANKO JONES : entretien avec JC Calabrese (basse). Propos recueillis par Skype le 20 août 2021

Alors que Power trio, le nouvel album des Canadiens de Danko Jones, c’est un JC Calabrese, bassiste du combo en pleine forme qui nous dit tout de la conception de ce disque et de bien plus encore. Interview joviale et détendue à l’image du bonhomme.

Danko Jones 2021 by Dustin Rabin

Metal-Eyes : Comment vas-tu aujourd’hui, JC ?

JC : Oh, je vais bien, merci de le demander ! Et merci de prendre le temps de parler de notre nouvel album, Power trio.

 

Metal-Eyes : Que je viens juste de recevoir aujourd’hui.

JC : Fantastique ! Tu peux me le montrer, je n’ai pas encore vu le produit fini, je n’ai vu que les maquettes… (Je lui montre le CD) Oh, ça donne bien.

 

Metal-Eyes : Je n’ai pas encore eu le temps de l’écouter entièrement, comme tu l’imagines. Juste avant, que donne la situation sanitaire au Canada ?

JC : Je crois que la majeure partie de la population, nous devons être 65% de la population, a reçu la double dose du vaccin. Le gouvernement impose que les travailleurs sociaux, ceux qui sont au contact des gens, qui travaillent dans le médical soient vaccinés. La situation semble meilleure que l’an dernier même s’il y a encore beaucoup d’hésitation au sujet du vaccin, comme partout. Mais au final, si ce vaccin ne nous tue pas, nous risquons de mourir d’une maladie contre laquelle il existe un vaccin. On peut s’en protéger de ce virus, on ne devrait même pas en débattre… Il y a beaucoup de discussions, de doutes à ce sujet, et c’est en grande partie dû à nos voisins (Il pointe le doigt vers le sud) Les USA… Il y a sans aucun doute de la désinformation venant de chez eux.

 

Metal-Eyes : Il y a les mêmes hésitations aussi ici, en France… Comment as-tu occupé ton temps pendant cette étrange période ?

JC : Honnêtement, ça fait plus de 25 ans que nous avons formé ce groupe, et j’ai été sur les routes depuis 20 bonnes années, sans avoir de routine, me trouvant à des endroits différents, me nourrissant à des heures variées… Et tout d’un coup, je me retrouve à dormir dans mon propre lit, me nourrir à des heures régulières au quotidien… J’ai pu lire des livres qui s’entassaient depuis des années, et ça fait un certain temps que je souhaite me remettre à courir – autant comme sport que comme passe-temps. Je m’y suis remis il y a 18 mois maintenant, et je m’y tiens. J’ai pu tirer le meilleur parti de cette situation – et nous n’aurons jamais plus autant de temps pour nous, je pense… Le principal, c’est de savoir en tirer profit et de garder son esprit occupé. Quand ton esprit pense à ce que tu ne peux pas faire, tu ne fais pas ce que tu pourrais faire. C’est un peu ce qui nous a poussés à faire cet album. J’ai incité les gars à faire cet album – « on a tellement de temps, faisons-le, maintenant ». J’ai suggéré que nous travaillons par email, tenter de travailler avec ces nouveaux procédés. Danko était hésitant au départ et ça a finalement fonctionné !

 

Metal-Eyes : Il y a tant de gens qui ont été forcés de travailler à distance qu’il n’est pas étonnant que des groupes aient fait de même. Ceci répond à une de mes questions qui portait sur le processus de création pour ce nouvel album.

JC : En gros, il y avait tant d’incertitudes avec cette pandémie – on ne savait pas si nous pourrions nous retrouver dans une même pièce, si oui, y aurait-il une distanciation obligatoire… bref, on ne pouvait pas se retrouver te travailler « à l’ancienne ». J’ai donc proposé aux autres de travailler par email, envoyé une interface à Danko pour qu’il puisse connecter sa guitare à son ordi, enregistrer ses idées, me les envoyer pour que je les arrange, les fasse parvenir à Rich (Knox, le batteur). Il recevait les bases de guitare et de basse, un morceau au clic sur lequel il pouvait ajouter sa batterie avant de me les renvoyer pour que je les arrange. Une fois fait, nous mettions le titre de côté pour y revenir plus tard et passions à autre chose. On a procédé de la même manière pour un paquet de chanson et avons trouvé notre rythme à travailler ainsi. A un certain moment, certaines restrictions ont été levées et nous avons pu nous retrouver avant d’entrer en studio afin de jouer pour la première fois des chansons que nous avions composées via internet. Le plus surprenant, c’est qu’elles sonnaient comme si nous les jouions depuis des années, sans doute parce que nous avons bénéficié de tant de temps pour les travailler, les répéter… Et, tu sais, quand tu enregistre avec trois personnes qui font beaucoup de bruit et un gars qui hurle, tu n’entends pas la même chose que si tu enregistres tes parties de basse tranquillement au calme. Nous avons été philosophes, avons tiré le meilleur de ces outils et de la situation. Ça nous a permis de faire de super bonnes démos qui ont servi de base à l’album. Un bon process. Quand tu retires la scène à un groupe qui ne fait que ça depuis des années, c’est un grand recul, mais tu ne peux pas te centrer sur ce qui n’est plus, ce que tu n’as pas. Tu dois te concentrer sur ce qui est là, ce que tu peux faire. C’est ce qui nous a permis de réaliser cet album.

 

Metal-Eyes : Donc si je te comprends bien, vous étiez déjà, avant de vous retrouver en studio, très satisfaits de vos démos ?

JC : Oui, elles ont été enregistrées pendant la pandémie. Nous avons été forcés de le faire au mieux…

 

Metal-Eyes : Ce qui sous entends qu’Eric Ratz, le producteur, n’a pas eu tant de travail que ça…

JC (rires) : Non, c’était assez marrant en fait : Eric a fait une ou deux suggestions mais en ce qui concerne les arrangements des chansons, tout était quasiment en place. Eric a donc pu bénéficier d’un peu plus de temps pour se concentrer sur les éléments sonores et dynamiques qu’il voulait obtenir pour la guitare, la basse, la batterie. Une paire supplémentaire d’oreilles est toujours la bienvenue. Nous sommes assez expérimentés en tant que musiciens, nous savions où nous voulions aller.

 

Metal-Eyes : Un son typique de Danko Jones, d’ailleurs. Il y a onze titres sur Power trio et tu viens de nous en expliquer la conception. Certains de ces morceaux sont très catchy, très rock n roll, d’autres, comme Ship of lies, très jumpy. Qu’avez-vous mis dans cet album qui a été composé chacun de son côté ?

JC :  Ship of lies, par exemple, c’est un de mes titres. Je voulais écrire une chanson avec ce rythme, un peu comme ton rythme cardiaque quand tu cours, 120 bpm. Je me suis rendu compte, avec d’autres chansons, que le public réagit vraiment bien à ce type de rythme, c’est donc ce que j’ai recherché. Je me demande toujours comment le public va réagir à telle ou telle chanson, et quand j’ai composé celle-là, je visualisais le public dansant, sautant, le sourire aux lèvres. Tu ne peux pas te planter avec ça ! (Rires)

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Danko Jones, le groupe, entre cet album et le précédent, A rock supreme ?

JC : Tu sais, pour A rock supreme, nous avons été amenés à travailler avec un de mes producteurs préférés, Garth Richardson. Garth a une telle culture… Il est issu de ce monde, son père était un grand producteur. Ce qu’il nous a apporté… sa vision, et quand tu travailles avec quelqu’un comme lui, tout déteint sur toi. Tu apprends toujours de ce type de personnes, des manières de faire un disque. Et de toute évidence, pour Power trio, nous avons dû apprendre à travailler dans de nouvelles circonstances – ne pas nous voir, ne pas nous retrouver dans une même pièce. Nous avons dû faire avec. Tu sais, la musique devrait toujours être fun, quelque chose que tu adores faire, et si tu gardes ça en tête, tu peux réaliser de beaux albums.

 

Metal-Eyes : Donc la différence principale, c’est la manière dont vous les avez réalisés…

JC : Absolument.

 

Metal-Eyes : Il y a une autre grande différence : aussi bien Wild cat que A rock supreme avaient des pochettes très colorées. Celle-ci, que tu viens de découvrir, est particulièrement sobre…

JC : Tu parles de la pochette ? Cette fois, nous avons travaillé avec un designer allemand. Il a apporté cette rigueur allemande. Pour Wildcat, c’était quelqu’un de Barcelone, et tu peux voir ce côté plus « poppy », tandis que A rock supreme, c’est un artiste suédois. Ils apportent chacun leur touche. Là, c’est pareil, et on a dit « fonce ! ». Et tu sais quoi ? Les silouhettes des photos ont été faites par un photographe français… Manu, tu connais ? Un photographe de Paris. Au fil des années, il est devenu un de mes très bons amis, entre les concerts qu’il a photographiés et nos rencontres… Parce que nous nous sommes retrouvés dans une pièces pour un shooting, j’ai suggéré d’utiliser des silhouettes. C’est intemporel et passe partout. J’ai demandé à Manu si c’était possible et il l’a fait. Les photos ont été prises à Paris…

 

Metal-Eyes : ‘Allemagne, le Canada, la France… C’est un album international…

JC (il sourit) : Oui, c’est un album international !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Power trio pour expliquer ce qu’est Danko Jones aujourd’hui, ce serait laquelle, et pourquoi ?

JC : Mmhh… Je choisirai I want out, la première de l’album. C’est une sorte de déclaration d’intentions, elle est puissante et on sait ce qu’on va écouter. Et elle compense quelque peu cette impression que nous avons trous eue, disant « je veux sortir », « Laissez moi sortir, j’en ai marre de cette situation ». C’est un morceau fun à écouter au volant, ça te donne envie d’accélérer. C’est un peu ce qu’est Danko Jones, on n’est pas des penseurs…

 

Metal-Eyes : Tu parles de sortir, de concerts. Avez-vous des plans actuellement, de concert ou de tournée ?

JC : Pour le moment, on a eu de la chance, on a pu donenr quelques concerts ici, au Canada. Je dois reconnaitre avoir été impressionné par la gestion de ces concerts, aussi bien pour nous qui donnons les concerts que pour les spectateurs. Après avoir vu ça, j’ai le sentiment que nous suivons la bonne voie. Partout dans le monde on sait que nous avons besoin de cet aspect social dans nos vies, il faut retrouver cette liberté. Ils ont finalement rouvert quelques terrasses ici, à Toronto, et quand tu vois les gens discuter de tout, de rien, de foot, ça fait plaisir. Ce sont ces petites choses qui nous manquent et que nous oublions. Que nous ne voulons pas oublier. Alors, pour les concerts, nous en avons donnés une poignée et il semble que nous tournions au Canada en décembre. Si tout va bien, nous devrions venir faire une tournée des clubs en Europe en mai, avec une date à Paris le 28 mai. Je ne sais plus où.

 

Metal-Eyes : Si je te parle de Catherine Deneuve ou d’Irène Jacob…

JC : Ah, ce sont mes actrices françaises préférées (il rit). J’ai encore le poster de Belle de jour en bas ! J’ai des sketches des Parapluies de Cherbourg… J’ai adoré Irène Jacob dans Trois couleurs, rouge, j’ai trouvé ce film fantastique. Tu as touché mon point sensible lorsque j’étais plus jeune ! Irène Jacob et Catherine Deneuve.

 

Metal-Eyes :Et puisque nous parlons de la France et de l’impossibilité actuelle de voyager, lorsque nous pourrons de nouveau nous déplacer librement, quel est l’endroit du monde où tu voudrais te rendre en priorité ?

JC : Avant tout, je veux rentrer chez moi, en Calabre, voir ma mère. Ce sera ma priorité, ensuite, j’ai tellement d’amis en Europe que je voudrais prendre le temps de les voir.

 

Metal-Eyes : Revenons un peu à la musique : comment décrirais-tu cet album pour inciter quelu’un à l’acheter ?

JC : C’est un album plein d’énergie positive, direct et sans fioriture, avec des chansons catchy qui te feront ne penser à rien.

 

Metal-Eyes : Une dernière question :quelle pourrait être la devise de Danko Jones aujourd’hui ?

JC : « Persiste, peu importe ce que les gens te disent ». Si tu crois en ce que tu fais, ne baisse pas les bras. Si nous avions écouté les gens il y a quelques années, nous n’aurions pas continué en tant que groupe. Si tu fais ce que tu aimes, si tu vis ta passion… Ce n’est pas un hobbie, un passe-temps, la musique, c’est ma vie ! L’argent est secondaire, ça ne t’enrichit pas. Ce qui t’enrichit, c’est de partager tes expériences avec autrui…

 

Metal-Eyes : Ce qui te rend riche, c’est aussi Knox… (Note : en anglais ça donne « What makes you rick is knocks », jeu de mot avec le nom du batteur, Rich Knox)

JC :  Ah, ah ! excellent. Je vais devoir l’utiliser !

 

Metal-Eyes : C’est son quatrième album avec le groupe, plus un live. Il y a une constance, une stabilité au sein de Danko Jones depuis une dizaine d’années. J’imagine que vous vous sentez de nouveau « un groupe » ?

JC : Oh, clairement, oui ! Quand il y a cette stabilité, il y a… certaines nuances dans nos façons de jouer qui se sont mises en place. Parfois, quand tu joues avec une nouvelle personne, tu dois trouver des marques. Maintenant, c’est en place.

 

Metal-Eyes : Ce qui l’a sans doute aidé dans son jeu pour ce nouvel album, il savait déjà où aller.

JC : Oui, lorsque l’occasion a frappé, il a cogné (En anglais : « When the opportunity knocked, he knocked ») pardon… un autre jeu de mots…

 

Metal-Eyes : On pourrait même le dire au présent « when the opportunity knocks, Rich Knox »…

JC : oui, excellent !

 

Metal-Eyes : JC, avant que nous ne nous quittions, as-tu quelque chose à ajouter au sujet de ce nouvel album ?

JC : C’était quoi ? la double vie de Véronique, c’est un autre film avec Irène Jacob. Un film fantastique. Je fouillais mes DVD l’autre jour, et je suis retombé dessus.

 

Metal-Eyes : A part Irène Jacob, tu souhaites ajouter autre chose ?

JC : Je suis très jaloux du Paris Saint germain ! L’équipe est extraordinaire cette année, et Messi qui vient d’arriver !

 

Metal-Eyes : Mais Messi ne joue pas ce soir à Brest…

JC : T’en fais pas, il est là. Et ce gardien ! Fantastique… (il explose une nouvelle fois de rire)

 

 

Interview: WELCOME-X

Interview WELCOME-X : entretien avec Sam Kün (chant). Propos recueillis par téléphone le 5 juillet 2021

Photo promo

Metal-Eyes : On s’est rencontrés la première fois au Hard Rock cafe en janvier 2019 pour la sortie du premier album que j’avais qualifié de « barré » (il rit). Qu’avez-vous fait depuis, avant Covid ? Il s’est passé une bonne année entre la sortie du premier album et l’arrivée de la pandémie…

Sam : On avait commencé à le défendre sur scène, on a eu quelques dates, des festivals, mais on a été arrêtés en plein élan par l’arrivée du Covid… On a continué à écrire. Cet album s’appelle Vol. 2 parce qu’il est dans la continuité du premier. En fait, les morceaux étaient déjà pensés, et certains étaient même déjà écrit au moment de la sortie du premier album. La plupart des morceaux étaient composés avant le confinement. Covid free, si tu veux (rires) ! Pas un album de confinement. On a juste eu à aller en studio. Le processus n’a pas été impacté par le Covid.

 

Metal-Eyes : Si on prend un peu d’avance, ça sous-entend que votre prochain album ne s’appellera pas forcément Vol. 3…

Sam (il rit) : Alors, je vais te dire… On a composé plusieurs morceaux dont un qui n’apparait ni sur le Vol. 1 ni sur le Vol.2 et qui est dans la continuité. Donc il apparaitra forcément sur le volume 3…

 

Metal-Eyes : Vous avez 7 titres plus un instrumental. On retrouve la même folie que sur le premier. On ne peut pas parler de fusion, les choses sont assez distinctes, et comme tu l’as dit, c’est dans la continuité du premier album. Qu’avez-vous mis dans ce nouveau disque et comment se distingue-t-il du premier album ?

Sam : Déjà, il y a une personne qui est venu enregistrer cet album, Martin Antiphon (Note de MP : analysez l’étymologie de ce nom – « Contre le son » –  Un merveilleux non-sens, sinon un oxymore, pour quelqu’un chargé de la réalisation sonore et du mixage) qui s’est chargé de la prise de son de tous les instruments, qui a tout mixé, donc c’est une oreille extérieure à nous. Il a mis sa patte sur l’album, et c’est déjà beaucoup. Il y a aussi le fait qu’il y ait un nouveau batteur, Julien Charlet. Après, l’album a été enregistré presque en conditions live – les instruments ont été enregistrés ensemble, moi j’ai enregistré mes voix juste après – on était tous les 5 en studio pendant 6 jours. Voilà les différences par rapport au premier et, en plus, on était tellement contents de pouvoir se retrouver, tous, en studio, que tu sens peut-être une sorte d’explosion…

 

Metal-Eyes : La différence principale c’est donc d’avoir travaillé avec une oreilel extérieure et un nouveau membre ?

Sam : Tout à fait.

 

Metal-Eyes : Il y a la même variété que ce que l’on trouvait sur le premier album sans que ce soit une redite. Il y a quelques moments qui me marquent comme la partie introductive de Thalacyne blues, très courte avec des intonations qui évoquent à la fois AC/DC et du doom, une rage vocale sur Inevitable collapse. Qu’avez-vous voulu mettre dans cet album ?

Sam : Il est construit en trois parties, en fait. Une première partie très rentre dedans avec les deux premiers titres, et cette respiration au milieu avec Everesting light prelude, Sent of Sakura et Everesting light part II, qui sont en fait un même morceau, un peu plus aérien, et une troisième partie plus brut et mélodique, assez années 90 qui se termine par un instrumental.

 

Metal-Eyes : Vous avez aussi, sur les photos promo, développé un look assez terreux…

Sam : Ben écoute… C’est comme ça qu’on est tous les jours (il explose de rire) !

 

Metal-Eyes : Le livret aussi est assez riche, même s’il est petit. Qui en est à l’origine ?

Sam : C’est Paul, Paul Emagalaï. Il avait déjà travaillé avec nous sur le premier album. On a cette pochette un peu sobre… La première était très brute, métal, là le bleu fait penser au lit d’une rivière, il y a des éléments qu’on aime beaucoup, et l’intérieur tu découvres ce qui illustre les morceaux. On a fonctionné de la même manière : il venait nous voir en répète, on lui fournissait les morceaux et il nous a proposé ces croquis. Il a tout fait à la main, avant de numériser et de coloriser.

 

Metal-Eyes : Et ça colle bien à l’esprit visuel que vous développez depuis le début. Puisqu’on parle du visuel, il y a une dédicace au dos du CD « à James ». De qui s’agit-il ?

Sam : Il s’agit de James Mac Gaw qui a été guitariste de Magma pendant très longtemps, avec qui Philippe (Bussonnet, basse) a beaucoup travaillé. C’est un de ses amis d’enfance. James était là depuis les débuts de Welcome-X, il nous a toujours soutenus, est venu nous voir en répète. Il aurait dû participer au deuxième album mais sa maladie a été diagnostiquée et il nous a quittés. C’est un peu un autre membre à part entière de Welcome-X même s’il n’a jamais joué avec nous. Je conseille à tout le monde d’aller écouter James Mac Gaw, que ce soit avec One Shot ou avec Magma, il a toujours été fantastique.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses sur votre album. Comme tu l’as expliqué, il y a trois parties distinctes. Ces ambiances, vous en parlez entre vous ?

Sam : On n’en parle pas du tout… Philippe s’occupe des compositions, je m’occupe des paroles et chacun apporte sa patte ensuite, mais il y a un ressenti naturel qui se fait sur scène. S’il y a quelque chose qui ne passe pas, on mettra le morceau à la trappe. Philippe connait par cœur le jeu de guitare de Joe et de Tom, donc il leur propose des parties de guitare qui leur correspondent. On se connait tellement par cœur, on aime tellement jouer ensemble que les choses viennent naturellement. C’est du ressenti.

 

Metal-Eyes : Est-ce qu’on peut considérer, comme nous en avions parlé pour le premier album, que ça se fait dans un esprit de jam continuelle ?

Sam : Oui, d’une certaine façon, mais… Il y a le côté improvisation sans improvisation. Bizarrement, c’est étrange, mais tout est écrit… C’est un peu paradoxal d’avoir ce côté ressenti de liberté et d’improvisation, mais c’est aussi comme ça qu’a été conçu le groupe. On s’est connus en jammant. Joe, le guitariste, est un bluesman, c’est ancré, c’est en lui…

 

Metal-Eyes : Un chose que j’ai remarquée : sur le premier album, pas un titre ne durait moins de 6’. Là, la moitié des morceaux n’atteint pas les 5’. Vous avez voulu le pied ? Il y a ce temps calme au milieu avec des titres de 3’ environ…

Sam : En fait, comme je te le disais, ces trois morceaux n’en font qu’un, que nous avons découpé sur l’album pour une question pratique. Mais sur scène, tu retrouveras Sent of Sakura et Everesting part II en un seul et même morceau.

 

Metal-Eyes : Finalement, il ne reste que 5 titres plus un instrumental…

Sam (il rit) : voilà ! Un instrumental qui a été composé par Tom (Thomas Coeuriot), qui est notre titre d’intro sur scène.

 

Metal-Eyes : Parlons en un peu : cet instrumental, 32GE, est très sabbathien, très doom, je trouev (il confirme). Il y a cette lourdeur indéniable qui correspond aussi à votre esprit. Mais 32GE, c’est quoi ?

Sam : Ah ! Alors, c’est comme ça qu’il l’a appelé au départ, ce qui était provisoire, mais c’est resté comme ça. 32GE, c’est le symbole chimique du germanium, qui est un composant qu’on retrouve dans les pédales de fuzz, pédales qu’on retrouve et qui a servi à faire ce morceau-là. On a décidé de garder ce titre parce qu’on voulait avoir cette résonnance de guitare, avec ce riff qu’on entend au départ et qu’on retrouve à la fin. Pour nous, c’est quelque chose de très organique, donc on a gardé ce côté « élément ».

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de ce Vol 2 pour expliquer ce qu’est Welcome-X aujourd’hui à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Sam : Ah, c’est difficile… Pour quelqu’un qui ne nous connait pas ? Je dirais Thylacine blues parce que c’est sans doute celui dans lequel tu retrouves tous les éléments, ou alors ça pourrait être…

 

Metal-Eyes : Non, non, un seul, Sam ! Ne jouez pas l’enfant, un seul titre !

Sam (il se marre) : Ok, je ne joue pas … Ce sera Thylacine blues, alors.

 

Metal-Eyes : Ce n’est sans doute pas pour rien qu’il est placé en début d’album… Une dernière chose : quelle pourrait être la devise de Welcome-X aujourd’hui ?

Sam : Notre devise ? C’est toujours « bienvenue dans l’inconnu, bienvenu à tout le monde ». On ne se met pas de barrière, alors ne vous en mettez pas non plus, soyez curieux, entrez et écoutez. Ce n’est pas du jazz, du rock, ce n’est pas avant-gardiste, c’est ouvert à tout le monde. On n’a pas de route prédéfinie, on prend celle qu’on veut, alors, faites la même chose.