Interview: SLAVES OF IMPERIUM

Interview SLAVES OF IMPERIUM. Entretien avec Matthew Barry (guitare lead) le 13 mai 2024

Comme c’est la première fois que nous parlons, commençons par la question la plus originale, décalée et rock’n’roll qui soit : Slaves Of Imperium c’est quoi, c’est qui, vous venez d’où ? Ça a été monté quand et pourquoi ?

Ah ouais… C’est une grosse question (rires) !

Je t’ai posé toutes les questions de l’interview en une seule !

C’est bien. Alors… Slaves Of Imperium s’est formé en 2019 à partir de deux autres groupes de la scène bretonne. On était tous dans d’autres groupes avant et on s’est rencontrés sur les scènes locales. On avait la volonté de créer quelque chose qui nous correspondait plus que ce qu’on faisait.

Vous étiez dans quels groupes tous ?

J’étais dans un groupe de reprises hard rock, Backstage, on tournait sur les scènes du Morbihan principalement. Cédric (Sébastian, chant), David (Péné, guitare rythmique) et Kristen (Gachet, batterie) étaient dans un groupe de metal symphonique, Inimorality. C’était sympa, mais ça ne nous convenait plus. On a monté Slaves Of Imperium ensemble pour subvenir aux besoins créatifs de chacun. Malheureusement… on a choisi le meilleur moment pour former un groupe, juste au début du Covid. Les concerts, c’était mort, donc on en a profité pour composer. Le premier album est sorti en 2022, le nouveau, New waves of cynicism est sorti le 15 mars. Il était déjà composé, un tiers ou à moitié, avant la sortie du premier album.

J’imagine que vous avez aussi pu tirer profit de cette situation afin d’avancer sur la cohésion du groupe et la composition…

Oui, ne serait-ce que d’apprendre à se connaitre musicalement. Au départ, les compos étaient basiques, histoire d’apprendre à jouer ensemble. Mais par la suite, une fois qu’on se connait un peu mieux, on compose des choses qui nous correspondent un peu mieux.

Le groupe a naturellement dû évoluer (il confirme). Quand j’écoute l’album, ça n’a rien à voir avec les styles dont tu parlais avec vos anciens groupes. Comment décrirais-tu la musique de Slaves Of Imperium à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

C’est une musique qui est composée et mise au service de l’émotion qu’on veut véhiculer, avec des thèmes, des textes qu’on veut mettre en avant. On n’a pas de style… Enfin, si, il y a une base qui est plutôt death/thrash metal, du fait de nos influences respectives. Moi, j’écoute plutôt du thrash ou du death, Raphaël (Fournier, basse) écoute du black et du prog, on a tous nos influences… Pour autant, on ne cherche pas à rester dans un style spécifique, ce qui sort, c’est naturel.

Quels sont les thèmes « littéraires » que vous abordez ?

On a une influence qui est assez littéraire en effet. Notre chanteur, quand on lui demande quelles sont ses influences en musique, il va citer des écrivains… Les deux albums sont une suite logique, en fait : dans le premier album, on analyse les émotions de l’être humain, et on les décortique. Dans le second, on va encore plus loin et on regarde ce qu’il se passe dans notre cercle familial, privé. Et on se rend compte qu’il y a des horreurs abominables qui se passent parfois juste en bas de chez soi… et personne n’en parle, on ne s’en rend pas compte. On fait le lien avec ces deux albums entre l’humain et ce qui peut lui arriver de pire.

Le premier album c’était Observe. Analyze. Sanitize. qui est sorti il y a maintenant deux ans. Comment analyserais-tu l’évolution, humaine et musicale, du groupe entre ces deux albums ?

L’évolution humaine est logique : on commence à composer alors qu’on ne se connait pas… On se connaissait un peu, mais pas au niveau d’aujourd’hui. Plus on travaille ensemble, plus on sait ce qu’il faut faire pour que ça corresponde à chacun, et que ça intègre les envies créatives de chacun. Musicalement… Le premier album est, on peut dire, plutôt simple dans son approche. Justement parce qu’on ne se connaissait pas suffisamment. On avait un thème, des morceaux qui était composés un peu chacun de son côté. J’en avais composé avant même de monter ce groupe, Cédric aussi. On a mélangé tout ça comme on a pu. New waves of cynicism a été composé ensemble, avec l’expérience de chacun.

Donc c’est de ce côté qu’il faut chercher l’évolution, chacun ayant pris part à la composition et ayant pu donner son avis.

Exactement. Du coup, le résultat est beaucoup plus varié, contrasté, dynamique… lourd et sombre, aussi. C’est vrai que le premier album avait une base thrash bien présente, tandis que là, on n’hésite pas à briser les codes de notre genre pour mettre la musique au service de l’émotion qu’on veut véhiculer. Si on estime que le morceau, les paroles seraient mieux mis en avant avec une orchestration ou des arrangements autres que ce qu’on retrouve de manière classique, on le fait. C’est là-dessus qu’on a évolué. D’une part, c’est ce qui nous fait plaisir, et d’autre part, c’est ce qui rend notre musique intéressante, donc on va continuer dans ce sens. On n’a pas encore composé de morceaux pour un troisième album, mais on a déjà le thème, les textes sont quasiment terminés, on a des bouts de riffs… On ne va pas tarder à se mettre au travail et on ira encore plus dans ce sens, ne pas hésiter à incorporer d’autres influences, d’autres style que simplement du thrash et du death metal.

Avec quelques touches de black aussi, notamment dans le chant qui peut être très agressif…

Tout à fait, c’est un peu la patte de Raphaël, notre bassiste. C’est ce qu’il aime, le black !

Tu parlais du fait de constater ce qui peut se passer sur nos paliers. Au-delà de l’évolution musicale, tu peux envisager que vous puissiez pousser votre analyse de notre société actuelle encore plus loin ?

Justement, c’est ce qu’on cherche à faire. Je pense qu’à chaque fois qu’on avancera, on ira un petit peu plus loin à ce niveau. Le concept du troisième album est dans cette veine, on va chercher à aller plus profondément encore. On n’apporte pas des réponses, on est que des êtres humains, on s’interroge… Après chacun est libre d’interpréter les choses à sa manière. Quand on trouve un thème intéressant, on veut simplement le pointer du doigt, le montrer… « hé, oh… il se passe ça ».

Vous voulez montrer ce qu’il se passe. Etes-vous, individuellement, engagé dans des actions, les uns et les autres ?

Non, on ne peut pas dire qu’on soit engagés. On entend des histoires qui nous choquent… Les thèmes qu’on aborde, ce n’est pas des choses qu’on a forcément vécues individuellement, mais ce sont des histoires qu’on entend et qui nous font mal… Je ne sais plus quelle était l’idée de départ mais on se rend compte, avec le temps, que quand on compose la musique, c’est l’émotion qu’on ressent quand on apprend ce qui peut arriver près de chez nous qui est traduite, c’est le carburant de notre musique. Elle sort grâce à ça.

Il y a sur l’album un titre en français, Sarmat. Quelle était votre volonté en incluant ce morceau ?

Au départ, quand on a commencé à composer, notre chanteur a écrit directement en anglais. Ce n’est pas sa langue natale, mais tous les titres du premier album ont été composés de cette façon. Il s’est rendu compte par la suite que le fait d’écrire d’abord en français et qu’on traduise tous ensemble ensuite ouvrait beaucoup plus de portes au niveau du vocabulaire. Quand on a écrit Sarmat et qu’on l’a lu, on s’est dit que ça sonnait super bien en français. C’est une traduction qui aurait pu se faire, mais on aurait perdu quelque choses… Donc, on l’a laissé en français, et pourquoi pas, d’ailleurs ? On est un groupe français, alors, qu’est-ce qui nous empêche de le faire ? On souhaite quand même rester principalement en anglais car ça ouvre plus de portes à l’international. On restera là-dessus mais pourquoi pas, sur les prochains albums, avoir un ou deux morceaux en français. Il y en a déjà un qui est prévu parce que le thème le demande…

Ce qui signifie que Slaves Of Imperium a aussi des ambitions internationales (il confirme). Un groupe de rock, c’est aussi la scène, quels sont vos projets pour défendre cet album ?

Là, on vient tout juste de rentrer d’une tournée européenne, qui correspondait à la date de sortie de l’album. Le prochain objectif est de défendre l’album en France. Mais, entre la production de l’album, sa sortie et la tournée européenne, on n’a pas vraiment eu le temps de se projeter sur la fin d’année. On vient de rentrer, on se pose et on va organiser quelque chose en France pour la fin d’année, début d’année prochaine.

Vous revenez de tournée. Vous avez tourné où et avec qui ?

On l’a organisée seuls, cette tournée, on n’a pas accompagné d’autres groupe en tant que première partie. On a joué avec des groupes locaux : on est partis de Paris, on est ensuite allés à Berlin, Prague, Cracovie, on a fait trois dates en Roumanie, on a fait la Slovaquie, la Slovénie, l’Italie… tout ça en 15 jours trois semaines… On a fait, je crois, onze concerts d’affilée !

Vous avez bien bougé !

Oui, oui. On n’avait jamais fait autant de concerts d’affilée. On a commencé un peu fort !

C’était un autre rythme…

Exactement ! C’était très enrichissant d’un point de vue « musicien » mais aussi d’un point de vue humain. Ça nous apprend à travailler le live de manière beaucoup plus efficace : se mettre en place, faire les balances, monter et ramasser le matériel… C’est un bon entrainement pour la suite.

Et j’imagine que d’un point de vue humain ça permet de découvrir certaines qualités ou non qualités des uns et des autres…

Absolument, ça permet déjà de savoir si on se supporte dans un même véhicule, les uns sur les autres pendant trois semaines (rires) !

Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de New waves of cynicism pour expliquer à quelqu’un ce qu’est l’esprit de Slaves Of Imperium, ce serait lequel ?

Waow, compliqué ! Un seul titre ? C’est compliqué parce que nos morceaux sont assez variés… Je ne sais pas s’il y en a un qui nous représente suffisamment… Après, on a fait un choix sur l’album, mettre Parasites en premier, parce que c’est un morceau qui rentre dans le lard tout de suite et qui reste assez riche en matière de composition. Oui, pour faire découvrir mon groupe à quelqu’un qui ne nous connait pas je pense que je dirai Parasites, mais, vraiment, la question est difficile…

Vous démarrez depuis quelques années avec ce groupe. On sait pertinemment qu’en France, un groupe de rock ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos activités dans vos autres vies ?

On a tous nos boulots : je suis mécanicien, Raphaël est architecte, Kristen était boulanger mais il est en train de se réorienter, david est chauffeur poids lourds, et Cédric est responsable de ligne dans une usine agro-alimentaire.

Tu disais au début de notre entretien que vous ne vous connaissiez pas quand vous avez monté le groupe. Qu’est-ce qui fait que, à un moment donné, vous avez décidé de vous retrouver, de vous réunir autour de cette nouvelle entité ?

Pour être tout à fait honnête, c’est…

L’argent !

Ouais, carrément, oui ! Tout à fait (rires) ! Au départ, c’était vraiment parce que la scène dans notre localité était limitée, et on n’avait pas la possibilité de chercher d’autres personnes avec qui monter un groupe. Il n’y a pas 50.000 personnes dans notre coin qui voulaient faire de la musique… dès lors que tu rencontre quelqu’un qui est sur la même longueur d’ondes que toi, t’es obligé de tenter quelque chose. Pas sûr que tu aies une autre possibilité de le faire après… Coup de chance, on s’est rendu compte qu’on est vraiment tous sur la même longueur d’ondes, et on a de la chance de se trouver là !

C’est un peu un choix par défaut…

Je ne dirai pas « par défaut », même si je comprends ce que tu veux dire… Musicalement on savait qu’on allait pouvoir faire quelque chose. Humainement, c’est vrai qu’on ne se connaissait pas plus que ça, et… Oui, quelque part, c’est un peu « par défaut », comme tu dis, parce qu’on n’est pas très nombreux dans notre bled…

Si tu devais penser à une devise pour Slaves Of Imperium, ce serait quoi ?

(Rires) C’est compliqué encore comme question ! Je pense que chacun répondrait différemment…

Ça tombe bien, c’est à toi que je pose cette question !

Attends, il faut que je réfléchisse là… Une devise ? Vraiment dur… Si je devais être dans la déconne, je dirais « Live fast and die drunk », mais là, on n’est pas dans la déconne… (NdMP : en même temps, les gars ont fait produire des bières à leur nom)

Quoique, quelque part, c’est assez cynique…

Oui, c’est vrai, mais c’est un délire entre nous. Ce n’est pas ce que j’aurai répondu…

Tu as encore un peu de temps pour y réfléchir alors… Parlons de la pochette de l’album : elle présente deux personnages, un squelette habillé en costume, une autre personne, assez féminine et musculeuse, qui tient un couteau… Il y a une forme de dualité entre la confrontation de la mort et de la vie, la mort éclairée et la vie dans le côté sombre, la mort qui semble assez pacifique et la vie très menaçante avec son couteau dans le dos…

C’est intéressant d’écouter ta description… Il y a beaucoup de détails qui laissent libre court à chacun de se faire son interprétation. Pour ma part, ce serait une explication plus simple : cette image, pour moi, représente parfaitement le cynisme. Le fait d’avoir cette poignée de main et d’avoir un couteau dan s le dos… On sert la main à quelqu’un mais dans le dos, il y ale cynisme, le manque de confiance, la méfiance qui est là. C’est une image qui représente pour moi parfaitement le titre. Maintenant, il y a pas mal de détails, cette pochette est assez riche à ce niveau-là.

Interview découverte: RIVIERA PARADISE

Interview RIVIERA PARADISE ; Entretien avec Julien Giraud (Batterie) le 29 avril 2024

Comme c’est la première fois que nous échangeons, commençons par la plus originale des questions qui soit : Riviera Paradise, c’est quoi, quelle est son histoire ?

Riviera Paradise, c’est 4 musiciens qui font du rock, qui se sont rencontrés…alors, il y a eu plusieurs changements de line up : au départ, nous étions un trio, le bassiste et moi avec un autre guitariste. On a commencé à jouer ensemble sur un répertoire de reprises pour apprendre à nous connaitre. Comme ça fusionnait bien, on a commencé à vouloir faire nos propres compositions et pour cela, on voulait intégrer un chanteur qui prenne vraiment la place de chanteur/frontman. On a rencontré Kourros qui a intégré le groupe et avec qui on a commencé à composer.

J’imagine qu’il s’agit du Kourros qui était auparavant chanteur de Incry…

Tout à fait. C’est bien tombé parce que, à ce moment-là, Incry s’était arrêté, et lui étant disponible et à la recherche d’un nouveau projet, on ne se connaissait pas, mais par nos contacts, il a entendu parler de nous. On s’est rencontré et avons décidé de voir ce qu’on pouvait faire ensemble. Tout de suite, ça a collé… On a quand même donné un concert où on faisait des reprises, on lui a proposé de venir chanter avec nous, il a kiffé et rapidement on est partis dans l’idée de travailler des compositions ensemble.

Ready for more est votre premier album…

Oui, on vient de le sortir au mois de mars, le 22. C’est un album de compositions originales. Quelques années avant, Robin Lapalut est arrivé au poste de guitariste, et ça nous a donné une orientation beaucoup plus rock. Jusque-là, on faisait du blues, du metal, du blues rock… Là, on a une orientation rock.

« Orientation rock »… Comment décrirais-tu la musique de Riviera Paradise à quelqu’un qui ne vous connait pas, pour lui donner envie de vous écouter ?

Eh bien, euh…

Parfait, merci, ça me va !

(Rires) Je dirai qu’on a un univers à nous, qui nous est propre, qui vient de plusieurs influences, des influences qu’on n’a pas choisi de suivre. On s’est laissé influencer par différents styles de musique et différents groupes que chaque membre du groupe écoute. On a fusionné tout ça pour créer des titres aux accents rock US. Il peut y avoir sur cet album plusieurs styles qu’on peut retrouver, il y a des ballades, des morceaux au tempo rapide qui flirtent avec le metal, il y a du groove, du blues, du rock sudiste… On a fusionné tout ça sans chercher à copier, et ça donne une musique sincère qui vient de nous. Ça a été plutôt naturel dans l’aspect création, et ça donne un truc… On dit rock au sens large parce qu’il n’y a pas d’étiquette précise. C’est notre style à nous… Ce n’est pas non plus révolutionnaire…

Quand on écoute l’album, on n’a pas l’impression que vous cherchiez à inventer quoi que ce soit, on écoute plus un groupe qui cherche simplement à se faire plaisir…

Exactement, on cherche à se faire plaisir, de faire de la musique qui nous plait, et on espère qu’elle va plaire à d’autres personnes…

C’est album qui comporte 10 titres. Vous abordez des thèmes particuliers ou, là aussi, c’est ce qu’on trouve traditionnellement dans le rock ?

C’est ce qu’on trouve habituellement. On n’est pas un groupe de punk, engagé, révolutionnaire… On parle de mecs qui font du rock, il peut y avoir des histoires d’amour, de rockers… C’est toujours tourné de manière positive. L’album a été créé post-Covid, donc il y avait une volonté de notre part d’aller vers quelque chose de positif, pas d’aller vers quelque chose de triste et sombre. On joue avec le côté mélancolique, mais ce n’est pas sombre. C’est entrainant, et positif.

Il y a des thèmes qui, selon toi, n’ont pas leur place au sein de Riviera Paradise ?

Ah, oui ! On ne parlera jamais de politique, on ne cherchera pas à tacler qui que ce soit… On n’a pas envie de rentrer dans ce jeu-là, de dénoncer des choses… Après, chacun peut se faire sa propre interprétation de nos textes. Pour nous, c’est d’abord la musique, trouver des lignes de chant qui collent à la musique, mélodique, après on colle des mots sans chercher de double sens ou de choses trop compliquées.

Comment avez-vous procédé pour la composition et l’écriture de cet album ?

Très simplement : il suffisait qu’on se voie dans notre local de répétitions, dans lequel on enregistrait tout, en permanence. On était branchés comme dans un home studio mais avec des vrais instruments et des micros partout. On a créé les idées ensemble, pendant ces répétitions. Bien sûr, l’étincelle venait souvent d’un riff de guitare – Robin arrive avec une idée qu’il a travaillé la veille, moi je pose un rythme de batterie, Florent, sa basse. Après on propose d’autres idées, des changements de tempo, des accords différents. Mais en fait, tout s’est fait dans notre studio, assez simplement. Il suffisait de jouer ensemble pour créer la musique, et ça a été assez rapide. On mettait une journée pour créer un titre.

Donc ça a été assez instinctif et organique…

Exactement.

Si tu devais ne retenir qu’un seul des dix titres de l’album pour convaincre quelqu’un d’écouter l’album, lui faire comprendre que Riviera Paradise, c’est ça, ce serait lequel ? Pas forcément ton préféré, mais celui qui vous représente le plus.

Ce n’est pas évident, parce qu’il y a des morceaux qui viennent de plusieurs horizons… Je dirais Free yourself at last, parce que ça évoque la liberté, l’énergie, la mélodie… Ce n’est pas forcément le premier single de l’album, mais je pense que ça représente bien qui on est.

Vous êtes originaires d’où ?

De Seine et Marne.

Alors pourquoi ce nom de Riviera Paradise ? Parce que la Seine et Marne, ça n’a pas grand-chose à voir avec la Riviera, la Côte d’Azur…

C’est vrai, c’est vrai… Au début, on faisait des reprises, on s’est amusés à jouer du Stevie Ray Vaughan et le titre Riviera Paradise nous a marqués. Riviera Paradise, ça évoque la France, la French Riviera, et c’est un mot international. On a trouvé ça plutôt positif, qui évoque le soleil. On cherchait un nom qui ne soit pas français, mais pas trop anglais non plus… On voulait trouver une passerelle entre tout ça et c’est Riviera Paradise qui est sorti.

Le nom touche l’international, vous chantez en anglais… J’imagine qu’il y a une volonté de séduire au-delà de nos frontières ? Une ambition de vous exporter ? Comment vous y prenez-vous ?

On compte voyager, aller jouer en Allemagne, par exemple. On s’est aperçu, depuis qu’on a partagé notre album sur les plateformes numérique – c’est génial aujourd’hui, ça… Ça permet d’être écoutés dans le monde entier – on s’est aperçus qu’en Allemagne il y a beaucoup d’écoutes. L’Allemagne nous intéresse, on sait qu’il y a du public qui écoute du rock, friand de nouveautés… L’Angleterre aussi… On essaie de passer dans les médias internationaux pour voir s’il y a un intérêt, si ça mord… Après on verra si on peut se déplacer pour aller jouer à l’international. Oui, on en a envie !

Quels sont vos métiers dans vos autres vies ? Un groupe de rock qui sort son premier album ne vit pas de sa musique…

En fait, on est tous les 4 musiciens. On vit de la musique et des cours de musique. On donne tous des cours et on joue dans différents groupes, différents styles.

Alors, Kourros (chant) ?

Kourros est dans l’ensemble rock, rock français, il lui arrive de jouer en duo dans des café-concert avec un guitariste. Et à côté, il est prof de chant.

Florent (Gaya, basse) ?

Florent ne donne pas de cours, il est essentiellement musicien. Il peut être amené à faire jazz, de la chanson française, de la musique électronique, du rock, de la pop…

Toi, Julien (Giraud, batterie) ?

Alors, ça va te surprendre, je joue de la musique irlandaise. Je joue avec Celtic Sailors, je joue aussi dans des groupes de variété, je fais de mariages et d’autres groupes de rock qui chantent en français.

Et Robin (Lapalut, guitare) ?

Et Robin, il fait aussi de l’évènementiel, des mariages et des soirées privées et il a aussi d’autres groupes de metal.

En gros, il y a une belle variété des genres que vous pratiquez, et quand on mélange tout ça, le résultat est plus riche…

C’est ça. Ce qui nous ramène tous à Riviera Paradise, notre bébé, le projet qui nous tient à cœur et qu’on essaye de développer. Comme tu le disais, on ne gagne pas d’argent avec mais on veut le développer parce qu’il exprime sincèrement nos influences, sans se poser de questions. Dans les autres groupes, on est un peu des caméléons, on travaille nos instruments, on sait jouer. On prend du plaisir à jouer tous ces styles, mais c’est dans Riviera Paradise qu’on joue ce qu’on a au fond de nous.

Si tu devais penser à une devise pour Riviera Paradise, ce serait quoi ?

Ben… Ready for more ! Comme le titre de l’album, qui est autant pour les gens qui nous découvrent que pour nous, dans le sens où on est prêts à défendre cet album sur scène, et aller plus loin, partager tout ça avec les auditeurs.

Le titre de l’album est en effet direct, et sous-entend « attendez-vous à beaucoup plus » !

Exactement, ce n’est qu’un début !

Un groupe de rock, c’est aussi la scène. Comment comptez vous défendre et présenter Ready for more sur les routes ?

On va le défendre sur scène en jouant le plus possible en France et à l’étranger. On a des concerts de prévus, mais l’agenda peine à se remplir… Etant indépendants, on a passé beaucoup de temps à préparer et finaliser cet album. Maintenant, on rentre dans la phase de promotion. Il faut d’abord faire connaitre notre album. On a quelques concerts de prévus : le 242 mai à Soisson, le 8 juin à Coulommiers, et quelques autres dates pendant l’été. Mais d’abord, on a besoin de faire écouter notre musique pour que les gens se déplacent aux concerts. Ce qu’on voudrait, c’est que les gens viennent pour nous voir, et pour qu’ils viennent, il faut qu’ils nous aient déjà entendus.

As-tu quelque chose à ajouter pour terminer cet entretien ?

Déjà je tiens à te remercier et j’espère que cette interview et ta chronique donneront envie aux gens d’écouter cet album. Et j’espère un jour venir jouer au Dropkick à Orléans. On est en train de voir si c’est possible.

Interview: NIGHTMARE

Interview NIGHTMARE. Entretien avec Yves CAMPION (basse) le 25 avril 2004

Yves, pour rappel, parce qu’on ne va pas revenir sur l’histoire de Nightmare : le groupe s’est formé en 1979 à Grenoble, a connu plusieurs line-ups et publie aujourd’hui son 12ème album studio, Encrypted. Cependant, revenons un peu en arrière : votre précédent album, Aeternam, est sorti en 2020. Une année qui évoque certains souvenirs pas toujours très agréables. Vous avez subi la crise sanitaire de plein fouet avec ce disque…

Tout à fait… On l’a même enregistré, pour tout te dire, en plein confinement. On se débrouillait pour rejoindre le studio. On sortait avec des autorisations…

En plus, vous n’habitez pas tous au même endroit, ça ne devait pas être facile de vous retrouver.

Avec Magie, ça pouvait se faire, mais… il fallait magouiller pour sortir de chez nous !

I’m just a rock’n’roll rebel ! (Il rit). Est-ce que cette période de crise sanitaire vous a permis, comme ce fut le cas pour de très nombreux autres musiciens et autres professionnels, de vous réinventer dans le cadre des enregistrements, avez-vous développé l’utilisation des outils que l’informatique moderne nous offre pour travailler à distance ?

On en a discuté un moment… Certains ont fait du stream, ont fait des concerts à distance… Nous, on n’était pas trop partants pour faire ça, on était vraiment sur l’album. On avait moins de stress en ce qui concerne la sortie, même si la maison de disques avait une date prévue… Il y avait une tournée prévue, elle était actée, mais il a fallu reporter les dates plusieurs fois. C’est une période où on n’avait pas trop de visibilité, mais d’un autre côté, on avait peut-être plus de temps pour travailler sur l’album, et être moins dans le stress de la deadline avec une date précise où il faut rendre les masters. On avait des deadlines, mais c’était plus souple.

Maintenant, 4 ans après, Encrypted sort. Il y a encore eu un changement de vocaliste. Vous avez quelques difficultés à vous stabiliser avec un ou une vocaliste. Maggie, un album, Madie, un album, et là, c’est le premier album de Barbara…

Tout à fait… Malheureusement…

C’est quoi, Yves Campion dictateur en chef ?

(Rires) Si c’était Yves Campion dictateur en chef, il n’y en a pas 4 autres qui m’auraient suivi ! Il faut être honnêtes, quand une personne s’en va, ou qui est virée, si ça se passe bien, en général, les autres ne sont pas d’accord… Ce n’est pas ce qu’on souhaite. On ne recrute pas quelqu’un pour se dire que ce n’est pas le bon… Maintenant, les choses se sont passées comme ça, on a toujours eu la chance de… « rebondir » de rester dans l’ascendant. Barbara, elle a été dans le bain dès le départ. On a joué au Full metal week end, à Majorque, au départ, on devait jouer 30’ et au final, on a joué 75’ ! On apprend ça 15 jours avant, elle a foncé dans le tas, elle a bossé comme une dingue et elle y est allée…

Elle n’avait pas vraiment le choix, non plus !

Oh, si, elle aurait pu nous dire que c’était trop tôt, aussi…

Oui, mais elle est jeune, il y a le côté « défi » de la prestation…

Oui, c’est exactement ça, elle l’a pris comme un défi.

Comment avez-vous sélectionné Barbara ? Combien de personnes avez-vous auditionnées et qu’est-ce qui a fait la différence ?

Comme on avait des dates, ça a été très compliqué. Matt connaissait quelqu’un, et sur les réseaux sociaux, ça va assez vite… On l’a contactée, on a discuté et… On n’avait pas 36 choix, on a joué, et ça s’est super bien passé, naturellement. Avec un peu de stress, quand même, parce qu’on n’avait qu’une personne. Il y a aussi une question d’implication, Barbara s’est tout de suite entièrement impliquée…

C’est votre troisième chanteuse. Est-ce qu’à un moment vous vous êtes dit que vous pouviez aussi revenir à un chanteur ?

C’est un challenge. On avait tenté à l’époque quand Joe et David sont partis en 2015. On a fait un pari, notre maison de disques nous a soutenus – « allez-y, faites un coup avec une chanteuse » – et avec Magalie, le public a suivi. Quand elle est partie, le label nous a dit de rester avec une chanteuse ; Forcément, deux chanteuses c’est deux identités différentes mais on a choisi de relever le défi et de garder ce cap.

Qu’apporte Barbara de plus que Maddie ? Dans votre bio, il est écrit qu’elle « transcende Nightmare amenant le groupe dans une autre dimension ».

Sans changer totalement d’identité, elle a un truc en plus : elle growle. Même dans les anciennes versions de Nightmare il y en a un peu, sur Genetic disorder on était parti sur des territoires extrêmes, des terrains qui n’étaient pas tout à fait les nôtres. Il y avait aussi Frank qui faisait des riffs beaucoup plus thrash… Alors, avoir une chanteuse qui growle vraiment bien nous a poussé à explorer ce panel. Sans vouloir dénaturer le groupe, non plus. Je pense qu’on a voulu réaliser un album très ambitieux d’un point de vue technique, et c’est pour ça qu’on a voulu explorer le chant…

Justement, tu parles de ce côté exploratoire. Comment, en dehors de l’arrivée de Barbara, analyses-tu l’évolution de Nightmare entre Aeternam et Encrypted ?

Beaucoup plus riche… Aeternam est un super album, mais là, je pense qu’on est dans un album beaucoup plus riche en termes de compositions. Là on est allé beaucoup plus loin. Sur le morceau Encrypted, par exemple, il y a un passage qui touche à Ihshan, dans les orchestrations, avec de la double, du blast. On a ouvert encore un peu plus le champ des possibles. On a utilisé le chant de Barbara sur des titres rapides, un peu à la Arch Enemy… Il y a des choses qu’on n’avait pas forcément testées avant… On explore sans dénaturer le groupe. Il y a d’ailleurs des morceaux très heavy metal old school, comme Wake the night, un peu à la Black Sabbath, mais ça reste du Nightmare. On a simplement poussé la direction artistique dans des zones un peu plus…vastes. Il y a des longues parties musicales, aussi… Matt, qui a composé une bonne partie de l’labum, est partie dans cette direction.

Tu parles de ces musiciens qui, aujourd’hui, forment depuis des années le noyau dur de Nightmare (il approuve). Quelle a été l’apport de Barbara ? Elle a eu son mot à dire ?

Même plus que ça, elle à même travaillé sur la direction artistique… C’est elle qui a lancé l’idée Encrypted, elle a écrit beaucoup de textes… Je travaille toujours beaucoup le chant, et on a essayé des choses, on a cherché à voir où ça brillait le plus, et, franchement, ça a été une étroite collaboration, un vrai travail d’équipe. Quand elle a écrit des textes, elle les a faits, et les a interprétés. Elle s’est vraiment appropriée ce qu’elle a écrit.

Elle a pris les choses à bras-le-corps… Quels sont les thèmes abordés sur Encrypted ?

Alors… Le thème général, parce qu’il n’y a pas de concept avec des morceaux liés… Chaque morceau est connecté à ce concept, lié au mot « Encrypted » : on a tous des vestiges du passé qui peuvent écrire l’histoire du futur. Tout est écrit. La fin de l’espèce humaine, le passage dans l’au-delà… Ce que le monde vit aujourd’hui, quoi !

Et il y a des thèmes qui, selon, vous, n’ont pas leur place dans Nightmare ?

On a toujours été, sauf un peu au début… On n’est pas Mass Hysteria ou No One, on n’est pas du tout un groupe politique. On est plus dans le mystique, la transcendance, dans l’ésotérisme. Il y a un groupe que je vénère depuis des années et qui continue de m’inspirer, c’est Crimson Glory. Ils ont sorti un chef-d’œuvre en 1987 et c’est toujours d’actualité. Transcendence est toujours un de mes albums de chevet…

Si tu devais ne retenir qu’un titre de Encrypted pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Nightmare aujourd’hui, ce serait lequel ?

Je dirais qu’on a fait un bon choix avec le premier single, Saviours of the damned, c’est un titre rapide, au niveau de la ligne de chant, il est top, il monte crescendo. C’est un titre ultra catchy, du début à la fin. Je ne sais pas comment les gens le perçoivent et je suis curieux de le savoir…

Vous avez déjà annoncé quelques concerts sur votre site, et il y en a un qui me surprend : l’album sort au mois de juin et vous faites votre release party le… 17 octobre…

Alors, merci d’aborder le sujet ! Je voulais en parler, tu as bien fait de lancer le sujet ! C’est un concert qu’on veut historique et qui me tient vraiment à cœur : c’est le concert des 40 ans de l’album Waiting for the twilight qui était sortit en octobre 84. Tu vois la relation ? Et comme on s’est rabibochés avec Jo et David, on veut célébrer ça. On va présenter le nouvel album mais il y aura aussi le line up originel, avec les anciens, tous ceux qui ont participé à cet album. On va faire un double set, un best of, avec l’ancien et le nouveau Nightmare. On invite tout le monde à venir parce que ça va être ultra culte. Ça se passera chez nous, à Grenoble, à L’Illiade, une salle qu’on aime bien, qui a un super son. Tout ce que je peux dire aux gens qui n’ont pas encore leur billet, c’est : faites vite, les places partent très vite !

Un tel évènement sous-entend de garder des traces, donc il y aura un album live à suivre ?

On y travaille, c’est en discussion. Il y a bien sûr, toujours, le label dans la boucle. On y tient vraiment, tous, parce que ce n’est pas quelque chose qu’on pourra faire deux fois…

Et puis, il y a aussi le fait que réunir autant de personnes, ça ne se fait pas comme ça, il faut tenir compte des agendas de chacun…

Exactement. Et puis, avec Jo et david, on s’est retrouvés, que ça fait partie de notre vie… Avec Jo, on s’est simplement dit qu’il nous reste peut-être moins de temps à vivre que le temps qu’on a passé ensemble (rires). Ce serait quand même stupide de ne pas laisser une trace de ce type de moment. Dans une relation, il y a toujours des beaux moments et des choses moins belles… Alors rappelons nous des choses belles, on ne sait pas si on sera encore là demain. Dans 10 ans, on ne sait pas où on sera. Le fait qu’on se soit retrouvés avec David et Jo, c’est quelque chose qui me rend zen. Chacun a ses groupes, j’ai joué avec eux, c’est des super mecs. Il n’y a plus d’animosité, on est vraiment heureux de le faire.

Il y a aussi le retour de la Firemaster convention les 25 et 26 octobre à Châteauroux…

Oui, on y sera le 26 octobre, le jour de mon anniversaire !

Alors je viendrai le fêter avec toi ! il y a une belle affiche ce week end là, avec Tagada Jones, vous…

Oui, ça va être une belle date, aussi !

Quelle pourrait être la devise de Nightmare aujourd’hui ?

Pourquoi pas Encrypted ? Parce que tout est écrit… Et il y a aussi le karma. Après, on est croyant ou pas, mais souvent, quand on est négatif, on provoque le négatif et inversement.

Pour conclure, on le sait : dans le rock et dans le metal, très rares sont ceux qui vivent de leur musique. Quelles sont vos activités respectives dans vos autres vies, hors Nightmare ?

J’ai toujours été dans la musique puisque j’ai un magazine – Metallian – et une boite de prod. Frank travaille dans une usine qui fait des impressions de je sais pas quoi, Barbara est intermittente, Matt fait des petits boulots et Niels travaille chez un agent… Oui, on a tous un travail alimentaire à côté, bien sûr.

As-tu quelque chose à ajouter avant que nous ne terminions ?

Je pousse vraiment les gens à venir à ce concert d’octobre, même s’il y a des bornes à faire. Il y a toutes les infos sur le site et les réseaux, c’est assez facile à trouver et ça va être un concert ultra historique, il faut venir !

Interview: DEAD TREE SEEDS

Interview DEAD TREE SEEDS. Entretien avec Sidi (basse) le 17 avril 2024

Metal Eyes : La dernière fois que j’ai pu échanger avec Alex et Aurélien, c’était en 2021 pour la sortie de l’album Push the button en 2021. Depuis, vous avez sorti un Ep, Back to the seeds en 2022. Que s’est-il passé depuis ? Il y a eu d’autres sorties ou je n’ai rien raté ?

Sidi : Non, tu n’as rien raté du tout ! On a fait pas mal de concert, on a eu un nouveau chanteur, Franck Le Hard qui a remplacé Fanck Vortex et…

Il faut s’appeler Franck pour être chanteur chez vous ?

Apparemment, oui (rires) ! C’est le grand hasard qui a fait que… Après le départ de Franck Vortex, qui est parti revivre en Italie, et ne pouvait plus continuer, on a trouvé son remplaçant, Franck Le Hard, assez rapidement…

Il vient d’où, tu peux nous le présenter ?

Il a un gros passif dans le metal, il travaille avec plusieurs groupes. Il vient du Nord, d’Amiens, et on s’est rencontrés par le biais de Geoffroy Lebon, le guitariste de No Return qui est aussi du coin. On est proches, et quand il a su qu’on cherchait un chanteur, il est allé voir Franck pour lui dire qu’il connaissait un groupe qui cherchait quelqu’un… Il nous a fait la même chose : « il correspond exactement à vos attentes, il faut le rencontrer… » Alexandre, le batteur, l’a appelé, la communication entre eux s’est super bien passée et on l’a rencontré. Il a auditionné et… Geoffroy avait parfaitement raison, il correspondait parfaitement à nos attentes !

Puisqu’on parle de ce gros changement de line-up, qu’apporte-t-il de plus, de différent ? Quelles sont les différences entre Franck et Franck ?

J’irai même plus loin que ça : Franck Le Hard est à mi-chemin entre notre premier chanteur, Alban, qui avait un timbre de voix spécifique, et Franck Vortex. Lui, il fait le lien entre ces deux chanteurs. Son timbre se rapproche de chacun sur certaines parties spécifiques.

Il rentre donc parfaitement dans l’esprit thrash de Dead Tree Seeds. Il y a un nouvel album qui sort, quand on regarde l’évolution du groupe, le premier album est sorti en 2013, le second en 2020 et le nouveau en 2024. Le temps se resserre entre deux albums quand même…

(Rires) oui ! C’est le line-up qui est beaucoup plus stable. On a eu le temps, les guitaristes, le batteur et moi de composer, on a donné des concerts, et l’arrivée de Franck a aussi accéléré les choses. On avait prévu de sortir l’album à cette période.

On en avait en effet parlé avec Alex et Aurélien en 2021, ils m’avaient dit que l’album était prêt mais qu’il manquait quelques petites choses. J’imagine que Franck est arrivé après…

Oui, les morceaux étaient composés dans leur totalité, il restait quelques arrangements et quand Franck est arrivé, il avait pas mal de choses à apprendre – on avait des concerts à assurer – et il fallait aussi qu’il écrive des textes pour l’album qu’on devait finaliser au mois d’août pour une sortie maintenant. Donc il avait un temps très réduit pour écrire et enregistrer.

Sur les albums précédents, vous abordiez certains thèmes historiques. Quels sont les thèmes abordés sur Toxic thoughts ? On peut s’en faire une idée avec la pochette…

On est surtout axés sur les pensées toxiques que les hommes peuvent apporter par leur esprit malsain, dans tous les sens du terme. Toxic thoughts, pensées toxiques, peut même faire référence à une personne dont les pensées sont tellement négatives qu’il peut avoir un effet destructeur sur lui-même… C’est plus un aspect psychologique. Ça s’est fait de façon assez naturelle en voyant ce qu’il se passe autour de nous.

C’est un album qui ne tourne qu’autour de ces pensées toxiques ou vous abordez d’autres thèmes ?

C’est principalement au sujet de ces pensées humaines.

On peut parler de concept album ou pas ?

Ben, euh… Les retours qu’on a vont plus dans ce sens, en effet. Je ne peux pas le nier, mais ça n’a pas été un moteur de composition, c’est venu naturellement. On a procédé de la même manière que pour Push the button : on a composé, on a écouté le morceau, et au fil de l’eau, le morceau se finalise, le chanteur pose sa patte…

« Le chanteur a posé sa patte ». Il y a bien sûr le changement de chanteur, mais comment décrirais-tu l’évolution de Dead Tree Seeds entre Push the button et Toxic thoughts ?

Je pense que cet album est beaucoup plus abouti. Déjà, pour Push the button, on a voulu progresser au niveau du son, des compositions, on a essayé de faire les choses de manière un peu plus professionnelle. Le travail de composition était important, ainsi que le son. C’est pour ça qu’on est passés par un studio qui puisse nous offrir un gros son. Le changement de label également est important, parce qu’on voulait une meilleure visibilité. On était vraiment content de Music-records qui correspondait bien à ce qu’on cherchait à l’époque, maintenant, pour cet album, on voulait quelque chose de plus gros, avoir accès à plus de choses.

Pour défendre ce nouvel album, il y a des concerts prévus dont tu peux parler ?

Alors, on va le présenter (NdMP : la date étant passée, 19 avril, il faut lire « on l’a présenté ») le jour de la sortie au DemonFest à Outarville, on a fait Nantes, et, ça vient d’être annoncé, on sera au Off du Hellfest, et on a quelques dates qui vont arriver en septembre/octobre avec No Return.

Parlons un peu de musique : comment peux-tu me convaincre de filer acheter l’album à sa sortie ?

Alors… Si tu kiffes Megadeth, Testament, Kreator, Warbringer et toute cette grosse vague de thrash, ancienne ou nouvelle, alors tu vas adorer notre album ! On est vraiment dans cette optique thrash, on a accentué les morceaux et on joue beaucoup plus vite qu’avant.

Et si tu devais ne retenir qu’un seul titre de cet album qui permettrait à quelqu’un de comprendre ce qu’est aujourd’hui Dead Tree Seeds ?

Je ne vais pas te donner un titre, je vais t’en donner deux…

Non, un seul me suffit, c’est bien ma question !

(Rires) Alors Pure hate. C’est un titre direct, intense, plutôt bien construit avec une super rythmique, un solo qui est plutôt pas mal et la voix de Franck met tout le monde d’accord. Et c’est le premier titre de l’album qui fait aussi l’objet d’un clip, sorti le même jour que l’album.

On le sait pertinemment : un groupe de rock français, qui plus est de metal, vit très rarement de sa musique. Quelles sont vos activités dans vos autres vies, en dehors du groupe ?

Moi, je suis co-gérant d’une boite de nettoyage et de sécurité, ça me prend pas mal de temps… François est professeur des écoles, Aurélien est maitre-nageur, Alexandre travaille pour la mairie de Mantes la Jolie et Franck travaille au Carter studios du côté d’Amiens, lui est vraiment dans la musique. Donc des univers professionnels complètement différents.

Pour conclure, quelle pourrait être la devise de Dead Tree Seeds ?

Là comme ça ? Je ne sais pas, tu me poses une colle… « faire de la musique et partager en live »… C’est ce qui me motive, donner des concerts et aller voir le public, présenter nos morceaux et partager du bon temps avec les gens.

Souhaites-tu ajouter quelque chose avant que nous nous quittions ?

Oui : sur cet album, il y a une petite partie inédite, sur le morceau Compondium. C’est un morceau instrumental qu’on a axé sur des solos, et sur ce titre, on a des potes qui sont venus faire un solo. Tu retrouveras vraiment l’ambiance et une diversité de solos sur ce titre.

Interview: SORTILEGE

Interview SORTILEGE. Entretien avec Christian « Zouille » Augustin (chant) et Olivier Spitzer (guitare). Propos recueillis au Crick Fest 3 de Cléry Saint André (45) le 13 avril 2024

Depuis le retour de Sortilège, avec tous les changements qu’il y a eu, il y a un engouement réel, une explosion d’intérêt pour Sortilège. Comment le vivez-vous ?

Zouille : « L’explosion », elle vient déjà du fait que le line-up a changé, et je pense que c’est bon pour le groupe. Le fait qu’on se trouve maintenant dans un groupe où il y a une vraie cohésion, une vraie fraternité et une bonne ambiance… ça change tout. A partir de là, on est tous dans le même bateau et on veut tous aller là où on voudrait aller, ensemble. On a aussi eu un peu de chance : il y a des gens qui nous ont vus, se sont occupés de nous, et on a aussi beaucoup, beaucoup travaillé. Et ça donne le résultat que tu vas entendre ce soir, ou que tu as déjà entendu. Il y a une nette différence entre les concerts qu’on faisait il y a un an et maintenant.

Olivier : La cohérence et la cohésion.

Pour toi, Zouille, c’est un peu le line-up de rêves ?

Zouille : Oui, oui, c’est la dream team pour moi ! J’ai beau faire tous les rapprochements avec les line-ups… Même le line-up de reprise qui était un peu brinquebalant…

Dans quel sens ?

Zouille : C’est-à-dire que la « reprise » s’est faite avec des gens que j’avais laissés il y a 35 ans. Il y avait déjà des problèmes et on se retrouve, 35 ou 40 ans après avec les mêmes problèmes ! On ne s’entendait pas à l’époque pour X raison, il y avait une sorte de jalousie, et surtout, ils ont des melons comme ça… Moi, des gens comme ça, ça ne m’intéresse pas. Je préfère les gens simples avec qui tu peux discuter, échanger, sans qu’il y ait une engueulade au bout de trois minutes.

Ce qui est dommage, surtout au regard de ce qu’est Sortilège par rapport au metal français aujourd’hui…

Zouille : Oui, c’est dommage, mais je pense qu’il fallait en passer par là pour avoir le résultat d’aujourd’hui.

Et pour toi, Olivier, est-ce que ce line-up de Sortilège est un peu celui dont tu aurais pu rêver avec Stators dans les années 80 ?

Olivier : Non, parce que chaque situation est unique. Ce line-up, il correspond à ce qu’il faut. Dans Stators, j’avais d’autres problèmes, c’est pas la peine d’en parler, c’est trop vieux… Mais, comme je le disais, c’est une histoire de cohésion. Il ne faut pas forcément les meilleurs joueurs pour faire la meilleure équipe, mais on prend ceux qui s’entendent le mieux et qui vont être les plus cohérents ensemble. Comme dans le sport.

Ce qu’on constate dans cet engouement, ce sont des concerts et des publications : Vauréal en janvier 2023, un autre en janvier dernier, je crois, Apocalypso en 2023, un live qui retrace le premier Vauréal, un autre limité qui vient de sortir hier… Vous n’avez pas peur d’inonder le marché avec toutes ces nouveautés ?

Olivier : Non, parce qu’il y a une demande ! On nous a demandé de sortir les morceaux supplémentaires du premier live qui manquaient et qui avaient été coupés pour des raisons d’image. Il fallait enlever 5 morceaux. Mais comme on avait bossé de manière globale sur le répertoire de Vauréal, il restait ces 5 morceaux qu’on a pu sortir avec le vinyle.

Donc ces nouveaux titres sont ceux qui manquent au concert du 27 janvier 2023…

Zouille : avec ceux du Hellfest.

Olivier : C’est-à-dire que les morceaux qui ne sont pas sur le CD ont été joués au Hellfest : D’ailleurs, Délire d’un fou et Marchand d’homme, par exemple – je ne me souviens plus des cinq… On les avait mis sur le DVD du Hellfest (NdMP : aucune idée de ce qu’est ce DVD, si quelqu’un peut m’éclairer…), mais pas sur le CD de Vauréal. Donc ce 33 tours, ce sont ces morceaux de Vauréal, plus un enregistré au Hellfest. Ce disque, il est limité à 1000 exemplaires, uniquement pour les fans. C’est la première fois qu’on sort quelque chose que pour les fans, d’ailleurs…

Il y a un autre concert dont je voudrais qu’on parle, c’est celui du Bataclan en octobre dernier… Comment avez-vous vécu ce concert ? Je m’explique : j’ai l’impression que l’affiche a été inversée et qu’il y a eu une erreur de communication (ils approuvent). Les fans présents semblaient être venus plus pour Stratovarius que pour Sortilège. Or, Sortilège était en tête d’affiche et, du balcon, je pouvais voir une désertion du public. Vous vous en rendiez compte, vous, depuis la scène ?

Tous deux : Oui, oui, oui…

Zouille : C’était pas énorme, non plus (NdMP : les bacons pleins se sont quand même retrouvés à moitié vides…) Le vrai problème, ça a été la communication : on n’est pas passés en tête d’affiche. On avait chacun le même temps de jeu. Pour tout te dire, Stratovarius, qui jouait avant nous, a eu des problèmes techniques. Ils ont commencé à jouer plus tard que prévu et ils ont raccourci leur setlist pour qu’on puisse commencer à l’heure. Les mecs, c’est des pros. Ce qui était convenu, c’est ça ; il y avait trois groupes, et, voilà, on a joué en dernier. Je ne sais pas si ça a été tiré au sort ou comment ça a été choisi…

Olivier : Non, non, ça a tété une volonté de la production de nous faire jouer en dernier. Ça devait attirer le public de Sortilège sur une date parisienne unique en 2023, et clairement, il y avait besoin d’un troisième groupe, comme nous, pour remplir le Bataclan. J’imagine que si Stratovarius et Sonata Arctica avait pu le faire sans nous, il l’aurait fait, sans nous, comme ils l’ont fait sur le reste de la tournée européenne. Il y avait peut-être un peu trop d’ambition sur la capacité du Bataclan, mais ça nous arrangeait bien puisqu’on n’aurait pas pu remplir le Bataclan seuls. Donc là, ça arrangeait tous les groupes puisque la salle était pleine, mais certains dans le public n’ont pas compris puisqu’il y a eu un problème de communication…

La disposition sur l’affiche était assez perturbante, aussi…

Zouille : Tout à fait, et on l’a dit… « Pourquoi nous mettre là ? On devait jouer en premier, on se retrouve en dernier… » Ça n’a jamais été clair, et même à la fin, on nous a dit qu’on jouait en dernier…

Même le chanteur de Stratovarius semblait confus quand il a dit vouloir jouer un peu plus longtemps « mais il y a un autre groupe après nous » …

Olivier : On va dire que c’était un bon compromis pour chacun des groupes, avec quelques insatisfaits, dont Sonata et Stratovarius qui, soyons clairs, n’en avaient rien à faire de Sortilège. C’est pas forcément le même public. On peut comprendre que certaines personnes du public aient été déçues. Déçues et énervées…

Ce soir, vous êtes en tête d’affiche. Qu’est-ce qui vous a amenés à signer pour cette date presque au milieu de nulle part ? Orléans n’est pas loin, mais il n’y a pas de transport autre que la voiture pour venir ici…

Zouille : C’est l’organisateur (NdMP: Chris, guitariste de Prisma et président de l’association Crick For Zik)… Il est fan de Sortilège, il voulait absolument nous avoir et on a simplement discuté, et on a dit OK. Pourtant, pour nous, ce n’est pas une date « énorme », mais on voulait le faire parce qu’on a besoin de jouer – on ne joue pas si souvent que ça – et ils sont si sympas qu’on ne pouvait que le faire.

Olivier : Ce n’est pas loin de chez nous en plus, c’est cool. Après, on joue chaque date avec autant de sérieux, en fonction de la capacité, du temps de jeu, de la taille de la salle – on rapporte plus ou moins d’effets spéciaux. Le décor de scène du Bataclan, on ne peut pas l’avoir aujourd’hui ! Tout est raisonnablement réfléchi mais chaque concert est fondamental.

En parlant de scène, on ne peut que remarquer qu’il y a aussi un vrai travail sur le look. Jusqu’il y a deux ans, vous aviez un look cuir très metal, là ça évolue, un peu dans l’esprit de la video de Vampire…

Zouille : Dandy vampire, oui. C’est dû au clip de Vampire, et puisqu’on a fait un clip avec un costume particulier, je me suis dit « pourquoi pas le reproduire sur scène ». Tout le monde m’a dit qu’il était super, classieux, que ça fait moins metalleux, alors je l’ai fait et ça m’a plu. Maintenant, on va essayer d’aller plus loin. Tu verras ce soir, j’ai toujours ma chemise à jabots…

J’espère bien le voir ce soir, je ne vais pas partir juste après l’interview ! Donc vous allez sortir de ce look tout cuir qu’on a pu remarquer, un peu comme pour Judas Priest, d’ailleurs. Puisque nous parlons de concerts, il y en a quelques-uns de prévus jusqu’à la date du Heavy Week End de Nancy. Vous avez été super excités de l’annoncer… J’ai l’impression que ça a été une sorte de libération pour vous…

Olivier : Oui, ça faisait un bout de temps qu’on savait qu’on allait le faire et que, effectivement, il fallait le feu vert pour l’annoncer. Les têtes d’affiches avaient été annoncées… Pour nous, c’est vraiment l’évènement de l’année 2024. Si quelque chose d’autre arrive, tant mieux, mais pour le moment, c’est « Ze concert » !

On parle de votre passage ? Vous n’auriez pas préféré jouer le dimanche, le même jour que Judas Priest, qui correspond un peu plus à votre style ?

Zouille : Si, bien sûr, ça correspond plus à notre musique, mais on n’a pas eu le choix… On ne peut pas dire non. Quand on te propose une telle date…

Olivier : Au début, c’était prévu comme ça, on devait jouer le même jour. Mais je crois que c’est le planning de Ayron Jones qui n’était pas dispo qui a fait qu’on a dû switcher les dates.

Zouille : A un moment, ils avaient même annoncé Europe, qui s’est désisté… ça a chamboulé complètement leur planning ce qui fait qu’on se retrouve le samedi…

Avec Pretty Maids, Megadeth et Deep Purple, ce qiu fait une belle journée, variée et éclectique (Tous deux approuvent). Toujours au sujet des concerts, vos prochaines dates sont des samedis. On le sait pertinemment, il est très difficile pour un groupe, qui plus est de rock ou de metal, de vivre de sa musique en France. Quels sont vos métiers à tous les 5 dans vos autres vies ?

Olivier : Je suis consultant en informatique de gestion. Clément est prof de batterie à Fontainebleau, Bruno est gestionnaire d’un site de cinéma à Tarbes et Sébastien fait du montage vidéo, de la prestation post video.

Zouille : Et moi, je suis coach sportif… à la retraite. Depuis un an et demi.

Donc tu profites à plein de cette retraite pour Sortilège. Parlons maintenant de musique puisque Apocalypso est sorti il y a quelques mois. Les retours ont été dans l’ensemble très bons. C’est le premier album de compositions originales puisque Phoenix était un mix entre des reprises d’anciens morceaux de Sortilège et deux nouveaux titres. Comment avez-vous abordé la composition de cet album ?

Zouille : Ça a été à la fois simple et compliqué… Déjà, il nous a fallu 18 mois pour le pondre, et on a pris des risques. Parce qu’on se demandait si le public allait bien accepter ces morceaux qui sont plus durs, comme Attila ou La parade des centaures, des morceaux plus rugueux… A côté, on a aussi donné au public du Sortilège parce qu’on fait ce genre de musique. Mais on était assez confiants.

Olivier : Et on a pris beaucoup de temps pour les maquettes et prémaquettes, on a eu beaucoup de soutien de Mehdi El Jai de la maison de disques qui nous a amenés à bien cerner le répertoire qui allait faire la continuité. C’est un mélange de ce travail d’équipe qui fait que le résultat a été apprécié.

Zouille, au niveau des textes, tu n’as pas eu trop de difficulté à renouer avec cet esprit « heroic fantasy » ?

Zouille : Non, c’’est venu tout de suite, dès que je m’y suis mis. Même au niveau de la voix, j’ai eu l’expérience de Phoenix et des 18 mois de studio, ça m’a permis de fortifier ma voix et de pouvoir chanter pratiquement le répertoire que je voulais.

Concernant les compositions, vous avez procédé comment ?

Zouille : 90% des morceaux sont réalisés par Olivier, et moi, je mets des textes et une mélodie dessus.

Olivier, tu avais des consignes, des idées ?

Olivier : J’avais plein d’idées, oui, j’avais 12 milliards d’idées !

Il a fallu faire le tri, là-dedans !

Olivier (désignant Zouille) : C’est ce qu’il fait. C’est lui qui décide si tel morceau va fonctionner ou pas. Et puis, il y a les laissés pour compte… Ce n’est pas parce qu’on croit que ça va marcher que ça marche… Pour Apocalypso, je crois qu’on a une dizaine de ratages. Ou d’évités, d’évincés, on va dire…

Zouille : Et puis, il y a les « commandes ». J’ai demandé des trucs à Olivier, je lui ai demandé un doom, parce que j’adore ça. J’aime beaucoup un groupe qui s’appelle Sorcerer, que tu connais peut-être, et je suis fan de doom. C’est comme ça qu’est né Apocalypso. J’aime bien aussi les morceaux qui pêchent, Attila et La parodie des centaures, un peu « hardcore »…

Je n’entends pas la même chose avec hardcore…

Olivier : Des mélodies metal avec l’identité Sortilège…

Zouille : Dans le prochain album, il y aura des surprises comme ça, avec des mélodies et du chant puissant. Je ne pourrais pas faire de growls, par exemple, je ne sais pas faire, c’est une technique particulière, et, pour moi, il n’y a pas de mélodie. J’ai besoin d’avoir une mélodie, besoin qu’on comprenne les textes. On raconte des histoires, il faut que les gens comprennent, qu’ils rêvent…

Olivier : Ce qui n’empêche pas d’écouter des groupes comme Messhugah, d’entendre un riff de batterie et de dire que j’ai envie d’un morceau avec ce type de batterie…

Un groupe de rock, c’est aussi la scène. Olivier, tu parlais tout à l’heure de ratage, c’est aussi « le piège » de la scène : y a-t-il des morceaux que vous allez moins jouer sur scène, ou les retirer, parce que vous vous êtes aperçu que la réaction du public n’était pas là ?

Zouille : Oui, on va moins jouer Apocalypso, par exemple. Quand tu l’écoutes, c’est un morceau extraordinaire, mais sur scène, il est moins efficace. Paradoxalement, on avait un peu évincé Derrière les portes de Babylone, on pensait qu’il n’allait pas fonctionner, mais les gens nous l’ont demandé et il marche mieux, et, sur scène, on s’éclate davantage avec un morceau comme ça. A Vauréal, on avait joué Apocalypso, au Bataclan, on a joué Derrière les portes de Babylone… On avait joué la ballade d’Apocalypso, mais on la met de côté pour l’instant parce que les gens nous demandent Délire d’un fou

C’est difficile de faire sans Délire d’un fou… (Grand silence, Zouille et Olivier sont interpelés par le chant de Poy qui fait ses balances et vocalises sur scène) Revenons… Si vous deviez, chacun, ne retenir qu’un seul titre d’Apocalypso pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Sortilège aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Olivier : Poséidon, je pense… Il est rapide, compact et efficace. Il y a tout ce qu’il faut dedans, un riff qui va bien, une rythmique, un texte top…

Zouille : C’est difficile, il y en a plusieurs… Pour moi, le morceau le plus aboutit, c’est Apocalypso. Celui qui a demandé le plus d’arrangements, qui est le plus fantasmagorique. J’aime aussi beaucoup Vampire

Mais si tu devais n’en retenir qu’un seul, un qui soit représentatif de l’esprit de Sortilège aujourd’hui…

Zouille : Ahhhh ! Le sacre du sorcier. Parce que c’est du vrai Sortilège : il y a de la speederie, du chant, de la mélodie, des « ohohoh » qui collent au groupe, et c’est un morceau fédérateur ! Quand on l’a fait au départ, les gens ont été surpris. Mehdi nous a dit : « il est particulier ce morceau, mais il faut le faire, ça va plaire ». Il nous a beaucoup aidé dans l’élaboration des morceaux, la suppression ou l’éviction d’autres… Il nous a beaucoup aidés, vraiment.

Quelle pourrait être la devise de Sortilège aujourd’hui ?

Zouille : On pourrait dire « n’abandonne jamais ». Sinon, on ne serait pas là aujourd’hui…

Tu parlais tout à l’heure d’un futur album. 18 mois aujourd’hui, c’est rapide, alors, il est prévu pour quand ?

Zouille : 2025. On ne peut pas dire quand, mais 2025 c’est l’échéance.

Une idée du nombre de titres ?

Olivier : On ne sait pas… On en a une vingtaine de prêts

Zouille : Presque maquettés, il ne reste qu’à trouver les textes…

Avez-vous quelque chose à rajouter pour conclure notre entretien ?

Zouille : Je veux juste remercier les fans qui font, pour certains, des kilomètres pour venir nous voir… il y a ce soir un gars qui vient de Marseille, on voit des gens qui nous suivent partout… Je ne sais pas quoi dire, c’est… trop mignon, c’est des gens qui nous aiment vraiment beaucoup, alors on les fait rentrer plus tôt pour passer du temps ensemble.

Olivier : On peut aussi parler de la soirée spéciale qui est organisée le 24 mai à Levallois Perret. Une soirée spéciale « fans », un concert gratuit. Il faut juste s’inscrire via le numéro de téléphone qu’il y a sur notre Facebook (https://www.facebook.com/SortilegeWithZouille). On prévoit quelque chose de spécial pour que ce soit un concert différent. Trois petits points…

Zouille : Il y a une double raison, aussi : c’est un concert qui est organisé par notre ancien manager, Frank, qui est aujourd’hui gérant de cette salle, et qui va terminer sa carrière. Il veut boucler la boucle avec Sortilège. C’est grâce à lui qu’on a pu faire ce qu’on a fait, les premières parties de Def Leppard, de Viva, Balard… C’est lui l’instigateur de tout ça, on n’aurait pas fait tout ça sans lui, et on ne serait sûrement pas là aujourd’hui non plus ! Donc, on lui rend hommage avec ce concert. Il y aura d’autres surprises…

Merci à Sabrina Cohen-Aielllo (Verygroup) et Marc pour l’organisation de cette interview.

Interview: BLACKRAIN

Interview BLACKRAIN – Entretien avec Math (basse) le 1er mars 2024

Math, commençons avec ceci : Untamed, votre précédent album, n’apparait pas sur votre site web. Il y a une raison particulière ?

Déjà, le site web est bloqué de puis quelques jours (rires)… Mais l’album Untamed n’y est pas ?

Quand on va sur la discographie du groupe, le dernier album en date est Dying breed.

C’est que j’ai oublié de le mettre à jour… En fait, il y a de moins en moins de trafic sur les sites web, c’est de plus en plus les réseaux sociaux qui fonctionnent, donc on n’a pas fait attention à ça. Mais le site est en train d’être refait.

Parlons maintenant de l’actualité, celle qui remonte à il y a un an puisque vous avez récupéré dans l’équipe un certain Franky Costanza, arrivé en janvier 2023. C’est une belle prise, mais on le connait plus dans un registre plus brutal avec Dagoba, mais aussi avec Les Tambours du Bronx. Qu’est-ce qui a fait que vous l’avez retenu et qu’apporte-t-il de plus à Blackrain ?

La première chose c’est qu’on communique depuis une bonne dizaine d’années. Il y a dix ans, il nous avait déjà proposé de venir dans Blackrain. On savait que ce style qu’on joue c’est aussi son style de prédilection. C’est un grand fan de Mötley Crüe. A l’époque, il était dans Dagoba et il n’avait pas de temps pour un autre projet. Là, je l’ai contacté parce que je savais qu’il connaissait beaucoup de batteurs. Je lui ai demandé s’il en connaissait un qui serait intéressé, parce que notre batteur partait pour des raisons personnelles et familiales et qu’il ne pouvait pas rester. Il me dit « ben moi, ça me botte ! » C’est la personne parfaite parce qu’il n’y a pas mieux que lui. Dès la première répèt’, on a commencé à travailler ensemble et ça a tout de suite fonctionné, on s’est tout de suite super bien entendus, on a l’impression de se connaitre depuis toujours ! C’est un peu inespéré de trouver quelqu’un comme ça parce que sur le moment on a eu peur : on perd notre batteur, on avait des doutes… Mais, non. Ce qu’il apporte de nouveau, c’est sa frappe assez typique, c’est un gros cogneur. En plus, ce qui est génial, c’est qu’il a un studio de batterie chez lui et il peut enregistrer en direct les piste de batterie dès qu’on est en train de travailler. Des pistes de batterie qui vont aller directement au mixage, et ça, c’est super pratique parce qu’on est tous à des distances super importantes. Swan, notre chanteur, habite en Suède… Là, Franky peut directement enregistrer et nous envoyer les pistes, on en parle après… C’est super pratique ! On a pu très rapidement enregistrer des tonnes de chansons. D’où l’album qui vient et celui qui va suivre. On en parlera peut-être.

Puisque tu en parles, votre nouvel album s’intitule Hot rock time machine. Trois mots : vends-le-moi.

C’est simplement les chansons qu’on a le plus utilisé sur scène, qui ont vraiment fonctionné, qui n’étaient plus disponibles sur les plateformes de streaming parce qu’on n’avait plus les droits – ils appartiennent à notre ancien producteur – et on a réenregistré ça avec le son actuel, mixé par Hannes Brown, le chanteur de Kissin’ Dynamite. C’est le son qu’on a sur Untamed, celui qu’on a toujours recherché et qu’on aurait voulu avoir sur les chansons à l’époque.

Comment avez-vous fait connaissance ?

En tournée. On a discuté, on lui demandé qui produisait leurs albums et il nous a dit que c’est lui. Ben… c’est le son qu’on recherche depuis toujours, et il nous a proposer de mixer pour nous, tout simplement… On était en tournée dans le tour bus, on a discuté, voilà tout. Il a fait cet album et il fera certainement le suivant.

Où a été enregistré Hot rock time machine ?

Dans plusieurs endroits, on a tout fait à distance. On a chacun notre studio, et on s’envoie les bandes. Swan coordonne tout ça et qui a la main sur le final avant d’envoyer le tout à Hannes. Ça circule : Marseille, Haute Savoie, Suède, Allemagne… et ça revient.

A une époque vous étiez installé à Paris. Tu viens de dire Haute Savoie, d’où BlackRain est originaire. Ça veut dire que plus personne ne vit sur Paris ?

Non, il n’y a plus personne à Paris. Max et moi on est retournés en Haute Savoie, Swan s’est marié et s’est installé en Suède, et maintenant, Franky vient de Marseille.

Est-ce que Franky a eu son mot à dire sur ces compositions ?

Il a fait quelques commentaires sur les lignes. Parfois, quand tu apportes quelque chose, ça amène à modifier d’autres parties. C’est toujours un dialogue : on t’envoie une maquette, tu ajoutes quelque chose qui va donner une autre idée… Il y a un jonglage et à un moment, on arrive à la chanson finale. C’est un dialogue entre quatre musiciens avec un chef d’orchestre, Swan.

Donc chacun a son mot à dire.

Bien sûr, mais même, parfois, s’il y en a un qui dit que la chanson ne lui plait pas, on arrête. Il y a un matériel assez gigantesque : quand on regarde le nombre de chansons qui sont écrites, enregistrées et le nombre qu’on sort réellement… Je dirai qu’on en sort une sur trois, à peu près. Parfois, il y a des chansons qui reviennent, qu’on réécoute, qu’on avait abandonnées, et on les retravaille des années plus tard (rires).

Comment analyserais-tu l’évolution de BlackRain entre Untamed et ce nouvel album, en dehors de l’arrivée de Franky ?

Là, c’est un peu difficile parce que c’est un nouvel album d’anciennes chansons. Entièrement réarrangées, revues comme on le ferait aujourd’hui avec le recul, l’expérience qu’on a eu de différents studios, avec les ratés… On a toujours été à la recherche du son – ça a été long, mais je crois que là, on est bien – et à la recherche de LA chanson. Le fait que ces chansons ne soient plus disponibles sur les plateformes de streaming alors que certains fans nous les réclament, on se dit qu’on peut leur donner une seconde vie. Plein de gens vont les découvrir sans même se rendre compte que c’étaient des vieux titres…

Puisque tu parle d’anciens titres que les gens vont redécouvrir, si tu devais n’en retenir qu’un seul de Hot rock time machine pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas « voilà ce que nous sommes aujourd’hui », ce serait lequel ?

Je dirais que c’est Revolution, le titre qu’on vient de sortir… C’est quelque chose qu’on avait en tête depuis longtemps, qu’on n’avait pas fait comme on le souhaitait. Quand on a discuté avec des attachés de presse, le label, tout a assez rapidement convergé vers ce titre. Les chœurs, les solos de guitare, la batterie qui tabasse… Et là, il y a le côté cow-boy qu’on n’avait jamais fait. Ça va prendre son sens avec le clip. Il y a le sifflement à la Enio Morricone.

Si aujourd’hui tu devais réenregistrer un des précédents albums de BlackRain avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Ce serait Lethal dose of…, c’est un peu ce qu’on a fait, d’ailleurs. On n’a pas tout fait parce qu’il y avait beaucoup de morceaux dessus, mais oui, c’est un peu ce qu’on a fait là. En plus, avant même d’arriver à Paris, on avait enregistré cet album qu’on a essayé de mixer avec un producteur américain (Beau Hill) mais ça n’avait rien donné. C’est la raison pour laquelle on avait travaillé avec ce producteur sur Paris, mais le résultat n’était pas non plus ce qu’on espérait. Là, on a eu cette opportunité de pouvoir le réenregistrer, on nous l’a proposée, et on l’a saisie…

Au début de notre entretien, tu parlais d’un autre album qui va suivre…

Oui, en fait, cet album s’est intercalé avec le suivant. On nous a proposé d’enregistrer Hot rock time machine, ça a été très rapide, et on était déjà en train d’enregistrer le suivant. Il y a une partie qui est déjà mixée, donc on va enchainer. Tu vas réentendre parler de nous rapidement…

Il est prévu pour quand ?

On ne sait pas encore. Le temps de discuter avec les labels, de tout mettre en place, de choisir la pochette… ça prend toujours un peu de temps.

Tu viens de parler de la pochette : il y a maintenant un point commun entre celles des trois derniers albums puisqu’il y a des… zombies, des morts-vivants. Ils sont au nombre de 4, vous êtes quatre. Il y a une envie d’avoir ces mascottes ?

Il faut trouver un visuel, et on a trouvé notre dessinateur, on a de la chance ! Quand tu as un dessinateur, que ça colle, que tu es content du résultat, ben… tu continues avec lui ! Le single, c’est avec les mêmes personnages qu’on décline. On n’est pas les premiers à le faire bien sûr. Il s’appelle Muji, il vit aux Philippines. On l’a découvert par internet, et on aime bien son style. On lui a proposé d’envoyer des exemples de squelettes et on était très content de ce qu’il nous proposait.

Là encore, j’imagine que vous communiquez par internet ?

De plus en plus, oui. On travaille avec des gens qui sont à l’autre bout du monde, c’est marrant. On a commencé à travailler à distance depuis qu’on a quitté Paris. On se retrouve pour les concerts.

Ce qui permet de garder une certaine autonomie, de vous éloigner et vous ressourcer pour mieux vous retrouver ensuite sur les routes…

On a vécu pas mal d’années ensemble, dans le même appartement. C’est sympa un temps mais après… Chacun a sa vie et c’est très bien. On est d’autant plus contents de se retrouver. C’est pour ça que ça dure !

Vous avez chacun vos vies, et in sait qu’aujourd’hui, un groupe de rock, d’autant plus en France, vit très difficilement de sa musique. Quelles sont vos métiers dans vos autres vies ?

Une partie du groupe est musicien. Franky, il est dans Les Tambours Du Bronx, donc quand tu mélange les deux, le planning est chargé. Max, notre guitariste, a aussi ses activités solos, donc il ne fait que de la musique. Swan, il suffit de faire quelques recherches pour savoir qu’il est aussi tatoueur, il a son studio de tatouage en Suède, et moi, je suis peut-être le profil le plus atypique, et encore…, je suis prof de maths à la fac.

Quelle pourrait être aujourd’hui la devise de BlackRain ?

Ah, ben ça a toujours été la même : le rock et la fête ! On a envie en concert que les gens soient heureux, repartent avec la banane. C’est vrai aussi que dans BlackRain, il y a black, noir. Parce que notre musique a aussi un côté sombre qui reflète le monde, mais un côté sombre à la fois mélancolique et festif. Nous, on aime bien se retrouver autour d’une bonne bière, d’une bouteille ou deux, ou trois… Passer du bon temps avec la famille, sortir… La vie, quoi !

Quels sont vos projets de concerts pour soutenir cet album :

Il y a déjà une date très importante à retenir : le 7 avril à la Maroquinerie de Paris. C’est la première fois qu’on produit nous-même une date. On est entièrement indépendant là-dessus, et elle se vend bien. La plus grosse date qu’on va faire, ce sera à Lyon, au Plane R Fest. Il va y avoir plusieurs autres festivals, les dates vont suivre, en France, avec de bonnes salles. Ça monte un peu en gamme au niveau des salles.

Que souhaites-tu rajouter pour conclure cet entretien ?

On vient de tourner deux clips qui vont bientôt sortir : un pour Revolution, et l’autre qui nous tient à cœur, sur Nobody but you, qui était la ballade de It begins. On avait tourné ce clip il y a dix ans, c’est à ce moment qu’on s’est engueulés avec notre producteur qui a gardé les bandes. C’est moi qui réalise les clips, et à cette époque, c’était un truc énorme, avec une équipe de vingt personnes… Là, dix ans après, on le fait ! On vient de le tourner hier, en plus. Il sortira le 22 mars.

Interview BLOOMING DISCORD

BLOOMING DISCORD (Photo promo)

Interview BLOOMING DISCORD. Entretien avec Sam (guitare) et Vincent (guitare rythmique) le 26 février 2024

Je découvre le groupe avec ce premier album, donc commençons avec la traditionnelle question : quelle est l’histoire de Blooming Discord ?

Vincent : L’histoire du groupe ? C’est bien que tu en parles avec nous parce que nous sommes un peu à l’origine de ça. Le groupe a débuté en 2015. Alors, on part de quoi, là ?…

Sam : A l’époque, j’avais un groupe de rock. On faisait des reprises et ça ne me suffisait pas. Je voulais faire quelque chose qui ressemblait plus à ce que j’écoutais, ce qui me faisait rêver quand j’avais 14 ans, Bullet For My Valentine, ce genre de groupes. Un soir, je vais à un anniversaire avec ma guitare et quand j’arrive, Vincent, que je ne connaissais absolument pas, était là et il avait aussi sa guitare. Il jouait toutes les musiques que je kiffais… Depuis, c’est l’amour fou !

Vincent : On a passé la soirée à jouer les musiques de nos répertoire communs. Ca a super bien matché musicalement. L’anecdote, c’est qu’on a passé toute la soirée ensemble, elle se termine, tout le monde s’en va. A l’époque, je dormais sur place. Sam part, puis revient parce qu’il avait oublié sa veste (NdMP : après « l’amour fou » mentionné précédemment, ça commence à ressembler au coup de la panne cette histoire, non ?). Là, il me dit que c’était cool, qu’il a passé une bonne soirée, me dit « je monterais bien un groupe ». Moi aussi, j’en avais envie. On s’est promis de se contacter à la fin de l’été, on avait tous les deux des choses à faire. A la fin de l’été, on s’est retrouvés, on a commencé à répéter tous les dimanches avec notre batteur de l’époque. A partir de là, on a créé le groupe, on a recruté un bassiste… plusieurs bassistes avant de rencontrer Antho. Lui, était à Paris à l’époque, il venait en vacances à Marseilels, d’où il est originaire. Il ne vient pas du tout du metal, à la base, il fait de la tektonik (rires es 2). Il est DJ, aucune connaissance dans le metal.

Sam : D’ailleurs, il n’aimait pas ça, il avait des a prioris sur le metal à la base… On lui a fait écouter nos groupes fétiches et il s’est rendu compte que, en fait, c’était vraiment lui ! Il ne jouait pas du tout de basse à l’époque. Il nous a dit : « les gars, attendez moi, je finis mes études à Paris, et dans 3 moi, je reviens et je veux être votre bassiste ! » On lui a dit qu’on n’avait pas le temps d’attendre, on a vu plusieurs autres personnes et, au final, le temps est passé, et il est revenu… Ce qui était assez frappant quand on s’est rencontrés, Vincent et moi, c’est que lui vient de la musique classique, moi, du rock, et un DJ qui arrive. Les trois se retrouvent et font du metal (rires) !

Oui, maintenant, les mélanges de genres, la fusion, elle donne souvent les résultats qu’on connait…

Sam : Exactement. Blooming n’est pas forcément dans les clous du metal, dans ce qui « est à la mode » aujourd’hui…

Avant de parler de la musique de Blooming Discord, j’ai vu sur un site internet qu’en 2015 vous aviez un autre look que sur les actuelles photos, et d’autres noms de scène. On parle bien du même groupe ?

Sam : Oui, ça a bien évolué aussi ! A l’origine, il y avait une sorte de concept album. L’idée était de sortir un album, pas 2 Ep. Pour des raisons logistiques, d’apprentissage, aussi, on a décidé de scinder les choses : avoir une première expérience en studio pour apprendre, puis une autre pour progresser. On s’est rendu compte que s’était bien d’avoir fait comme ça parce que ça nous a permis de faire ce premier album avec un peu plus de qualité. L’esthétique à la base était très tournée vers nos influences, il y avait un concept, une histoire… Entre temps, on a grandi, on s’est détachés de nos bases, de la dissonance… On a décidé de se recentrer sur quelque chose de plus essentiel. Juste faire de la musique pour kiffer avec le public.

Vincent : Pour bien comprendre, à part Sam qui avait déjà une expérience avec des groupes de reprises, les autres, c’était vraiment notre première expérience. Le groupe s’est formé en 2015 et il y a eu beaucoup de temps d’apprentissage du travail de groupe, de la définition de la direction artistique… A la base, on disait « on aime la dissonance, Tim Burton et on veut créer quelque chose d’assez théâtral ». Ça a beaucoup évolué pendant ces années d’apprentissage. Finalement, ces 2 Ep qu’on a sortis ont été l’aboutissement de tout ce travail de quelques années. Savoir quelle était notre choix artistique. C’est pour ça que notre premier album sort 8 ans après. Il nous a fallu du temps pour apprendre. Toutes les erreurs d’un groupe, on est tombés dedans…

C’est aussi comme ça qu’on apprend et qu’on grandi. Quelles sont vos principales influences aux uns et aux autres ?

Vincent : Ça évolue aussi avec le temps ! En ce moment, je suis assez branché par While She Sleeps, Bring Me The Horizon, il y a beaucoup d’influence de ce qu’on écoutait dans les années 2000, Slipknot, Korn, Steel Panther aussi (rires).

Steel Panther, je l’entends moins !

Sam : A la base, dans le groupe, on est tous, individuellement et profondément amoureux de chaque artiste qui peut transmettre quelque chose à sa manière. Que ce soit dans l’interprétation, dans la sincérité de son discours ou juste avec un concept particulier. C’est pour ça qu’il a dit Steel Panther, mais ça peut même être Queen, Michael Jackson, Elvis… Dès qu’il se passe quelque chose, on a envie de retranscrire cette sensation qu’on a pu éprouver en écoutant, en voyant des artistes en live. C’est ça qui nous anime. C’est une démarche d’authenticité, retranscrire ce qu’on aime chez ces artistes-là. Je pense que tu as pu le voir sur cet album, ce qui nous unis, la musique qui nous fait rêver, c’est celle des années 90/2000. Il y a quelque chose de grunge dans cet album, presque comme si on était nostalgiques de ces années-là, du Grunge, du metalcore. On a voulu reprendre tout ça en se disant qu’on avait envie de rendre hommage à tout ça tout en y ajoutant une touche de modernité.

Rendre hommage à la musique des années 90/2000… Si vous deviez décrire votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas, que diriez-vous ?

Vincent : J’aime bien définir le groupe comme jouant du rock metal. Le mot metal vient après. Il y a vraiment cet esprit rock dans ce qu’on fait. Je pense que quelqu’un qui n’écoute pas de metal peut apprécier. Ça peut être une porte d’entrée d’écouter ce qu’on fait parce que notre musique est assez ouverte. On a du mal à nous définir dans un style, même si en ce moment il y a une tendance très metalcore… C’est un milieu qui a des codes très précis, et nous, on se trouve un peu entre deux. Il y a des choses metalcore, mais en même temps, notre metal est plutôt gentil… C’est pour ça que je dis que c’est une porte d’entrée, les gens qui découvrent ça peuvent se dire qu’en fait, le metal c’est aussi ça…

Ce que j’ai noté en écoutant l’album c’est une variété dans les morceaux. Il y en a qui sont bruts de décoffrage, d’autres plus soft – j’ai noté que Idolies est un titre « tendre » même si derrière il y a des guitares très heavy. Vous ne vous contentez pas de ne faire que du metalcore. Il y a une variété d’influences que vous intégrez dans votre musique.

Vincent : Exactement, et c’est la force d’un album : avec un produit « complet », on peut montrer toutes les facettes de nos influences. C’est très bien d’avoir un morceau très « brut de décoffrage » comme tu disais, mais Blooming Discord, ce n’est pas que ça. C’est bien d’avoir aussi un titre comme Unlive, beaucoup plus… On va sortir les briquets pendant le concert ! Il y a des moments plus émotionnels, tristes ou nostalgiques. On essaie vraiment de faire ressortir toutes nos influences.

Sam : Au-delà de ça, c’est aussi dans la personnalité de chaque membre du groupe, tant dans les influences que dans ce qu’il peut se passer pendant le processus d’écriture. Par exemple, tout le monde a des hauts et des bas dans la vie. Unlive, c’est un moment qui pouvait être difficile dans la vie du bassiste – c’est lui qui l’a écrit. Sur le moment, on n’a pas forcément compris mais on s’est dit que si c’était important pour lui d’écrire cette musique. A la base on se disait que la musique était très belle et ensuite, on a tous traversé des moments difficiles et on a tous chialé sur cette musique. Elle est forte et elle signifie quelque chose pour nous.

Qui sont les musiciens qui composent aujourd’hui Blooming Discord ? Je suis allé vérifier votre site internet et il n’y a rien concernant votre ou line-up sur votre bio…

Sam : Disons que nous sommes dans un collectif où chaque personne apporte quelque chose. Ça part vraiment de la personnalité de chacun.

Vincent : On avait un premier batteur, Sébastien Papillon, qui a quitté le groupe après le premier Ep, et on l’a remplacé par Sébastien Lanthelme, donc on a gardé le « Seb » (rires). C’est quelqu’un qui est arrivé après la fondation du groupe, avec qui on s’entend super bien. C’est comme une famille. Quand on recrute – on a eu des phases de recrutement au début et au milieu quand on cherchait un nouveau batteur – on avait besoin des compétences et du côté technique, mais on avait aussi énormément besoin du côté relationnel, « famille ». Avant de recruter Seb, on a eu plusieurs batteurs qui avaient le côté technique mais avec qui ça ne matchait pas… On ne s’entendait pas suffisamment pour continuer dans le bon sens. Quand on a rencontré Seb, ça a collé directement, amicalement ou au niveau des compétences. Ca fait maintenant trois ans qu’il est avec nous. Il y a donc Seb à la batterie, Sam, guitariste soliste et fondateur du groupe, moi-même, fondateur également et guitariste rythmique, Anthony Scavenger, le fameux bassiste qui voulait rentrer dans le groupe et qui a acheté une basse pour ça, et Karim, alias Cage, le chanteur qui est entré dans le groupe aux tous débuts.

Parlons un peu de Karim, justement. Je suis très exigeant sur le chant anglais. Vous avez fait le choix de chanter en anglais et, pour une fois, j’ai la très agréable surprise d’écouter quelqu’un dont l’anglais est parfaitement compréhensible.

Sam : Alors… Karim il parle toutes les langues du monde (rires) ! Il est « multilingue », il parle français, arabe, italien, espagnol, c’est un don qu’il a… Il est trop fort !

Mais son anglais, il le travaille d’une manière particulière ?

Sam : Il a vécu une grosse partie de sa vie en Egypte et il me semble que l’anglais, là-bas, est assez parlé. Et il a beaucoup voyagé, aussi.

Vincent : Il faut aussi savoir que Karim est également champion du monde d’orthographe en français ! A 8 ans ! On crèche chez sa sœur à Paris qui nous a confirmé que c’est vrai. Bon, il n’avait pas 8 ans, elle nous a dit qu’il avait 13 ou 14 ans, il a été dans un concours d’orthographe, un concours mondial. C’est une compétition où il n’ya avait que des vieux, et c’est lui, à 14 ans, qui a gagné et devenu champion du monde d’orthographe. Voilà… Il a un côté littéraire très poussé et son don de pouvoir parler plusieurs langues doit venir de là.

Et c’est très agréable de pouvoir enfin écouter un groupe français dont le chant anglais est passe partout. Je pars du principe que si tu décides de chanter en anglais c’est que tu envisages de pouvoir exporter ton groupe hors de frontières francophones. Vous le féliciterez de ma part ! Maintenant, j’ai aussi l’impression qu’il y a parfois deux chanteurs : du chant clair, du chant guttural beaucoup plus brutal… C’est lui qui s’occupe de tout le chant ?

Vincent : En studio, oui, à 98%. Il y a quelques parties qui sont chantées soit par Sam soit par nous en clair. Les back, en live, ce n’est pas lui qui les fait, normal, mais en studio, c’est lui, oui.

Si l’un et l’autre vous deviez ne retenir qu’un seul titre de Memories from the future pour décrire à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Blooming Discord aujourd’hui, ce serait lequel ? Pas le meilleur, pas votre préféré, vous avez trois minutes pour convaincre avec un titre…

Sam : S’il y a trois minutes pour convaincre, disons qu’avec Latch tu auras une bonne idée. Il y a cette volonté d’être une porte d’entrée vers le metal

Vincent : Il y a ce côté festif…

Sam : Festif et fédérateur, il y a du chant clair, du chant saturé, il ya de l’énergie. Je dirais Latch. Après, personnellement…

Ce n’est pas ma question (rire général) ! Tu as dit Latch, ça me va. Vous êtes tous les deux d’accords, sur ce titre ?

Sam : Oui, après, personnellement je pense qu’on est aussi tous les deux d’accord (rires) !

 Mais ce n’est pas ma question, je m’en fous de ça ! Vous m’avez parlé de 2 Ep ; j’ai trouvé Bramble and bones, mais pas le second, comment s’appelle-t-il ?

Sam : A la base, ça devait n’être qu’un album comme on l’a dit, qui s’est transformé en 2 Ep : le premier Bramble and bones, et le second Chamble and stones.

Le titre de l’album, Memories from the future, est assez dystopique. Vous traitez de thèmes particuliers ?

Sam : Ce qu’on aime bien, c’est ne pas donner de réponses aux sujets qu’on traite. Il y a un côté très philosophique… C’est Karim qui écrit la plupart des textes. On ajoute des petites choses de temps en temps, mais c’est principalement lui qui s’occupe de tout. Il faut savoir que Karim, c’est une âme…

Vincent : Torturée.

Sam : Voilà, torturée, qui, comme on le disait tout à l’heure est très orienté littérature. On aime ce côté-là de Karim qui aime poser beaucoup de questions sans apporter de réponses…

Vincent : Au-delà de ça, Karim a un côté très mystérieux, on ne le connait vraiment que quand on écoute et qu’on lit les paroles. Les paroles de cet album sont profondément introspectives. Il parle vraiment de choses qui lui sont propre et on peut en interpréter pas mal de choses sur, par exemple, des pulsions émotionnelles, qui sont contrastées. Le fait de s’avouer qu’on aime des choses, par exemple « tu ne te souviens pas de moi mais je me souviens de toi » (« you don’t remembrer me but I remember you »), ça ne s’adresse pas à quelqu’un en particulier, ça s’adresse à lui-même… Il ya beaucoup de contrastes dans Blooming Discord. Rien que dans le nom, déjà : Blooming, c’est la floraison, Discord, la discorde, le chaos. D’un point de vue instrumental aussi, il y a beaucoup de montées, de tensions, de détentes…

Y a-t-il des sujets que vous estimez, aujourd’hui, ne pas avoir leur place dans Blooming Discord ?

Sam : Politiquement… On est un groupe qui parle des difficultés de la vie, de la difficulté de gérer ses émotions, certaines situations. On n’a pas forcément envie de s’engager politiquement. Non pas qu’on n’a pas envie de prendre de risques, c’est juste que ce n’est pas le but aujourd’hui…

Si vous deviez penser à une devise pour Blooming Discord, ce serait quoi ?

Sam : Lanister paye toujours ses dettes (rires) ! Non… On peut prendre une seconde ? Ce serait « faire la fête et niquer des mères » (rires des deux ».

Vincent : En fait, on a la volonté de vouloir unifier les gens dans la fête…

Donc il y en a un qui est plus foncièrement rock n roll et l’autre qui cherche à rattraper le coup (les deux se marrent) ! Vous avez quelque chose à ajouter pour clore cet entretien.

Sam : Simplement que les gens qui vont lire cette interview aillent écouter Blooming Discord, qu’ils soient novices ou pas dans le metal. Il ne faut as penser que ça ne va pas vous plaire, chacun peut se reconnaitre dans pas mal de chanson. Et on est chauds pour venir faire la fête avec eux.

Quels sont justement vos projets de concerts ?

Vincent : On a quelques concerts de prévus : il y en a un le 23 mars à Avignon, à l’Aquabar, en compagnie de Scarlean et d’autres invités. On a fait notre release party le 7 février, sold out sur préventes et il y a beaucoup de gens qui n’ont pas pu rentrer… Du coup, on a réussi à trouver une date « de secours » pour ceux qui voudraient venir, ce sera le 29 mars au Jazz road de Mirabeau, à côté de Marseille, ensuite, le 31 mai pour un tremplin pour le Metaldays (NdMp : en Slovénie) de 2025.Quatre groupes vont jouer, l’un des quatre sera sélectionné par un jury pour aller jouer au Metaldays en 2025. On a aussi nos premières dates européennes : une à Milanet une à Bologne, en Italie, les 3 et 4 mai. On prépare ensuite une tournée pour l’automne 2025. On voudrait traverser la France en ligne droite, on ferait Marseille, Lyon, Paris, Lille, Bruxelles…

C’est pas tout à fait une ligne droite…

Vincent :… Quasiment (rires) ! on aimerait bien sortir un peu plus, aller en Allemagne…

Merci à tous les deux, j’espère pouvoir vous voir sur cette tournée si vous passez par Orléans

Sam : Avec plaisir ! On y a joué il n’y a pas très longtemps, c’est une très belle ville. On a été épatés par la beauté de la ville et on a envie de revenir !

SIDILARSEN au Rock In Rebrech 13: entretien avec l’orga

Entretien avec Arno T. WALDEN, organisateur du festival Rock In Rebrech. Propos recueillis le 3 février 2024.

Les 25 et 26 mai prochains se tiendra la nouvelle édition du festival Rock In Rebrech. La petite commune voisine d’Orléans accueillera pour l’occasion un plateau 100% français avec la présence des locaux de La Jarry, la venue des Princesses Leya et une très belle tête d’affiche avec les Toulousains de Sidilarsen. Arno nous explique tout de cette 13ème édition – et plus encore… Visitez dès à présent le site pour obtenir vos billets: Rock In Rebrech 13 ou avec le lien Helloasso

Arno T. Walden – Rock In Rebrech

Pour commencer, Arno T. Walden… Qui es-tu ?

(Rires) Je suis un musicien qui a fait ses premières armes sur le secteur d’Orléans. Ensuite, je suis allé à Paris, j’ai suivi des formations dans une école de chant, je suis parti en Angleterre, j’ai pas mal voyagé, en fait, avant de revenir m’installer dans la région. A une époque, j’étais intermittent mais après j’ai cessé. Et j’ai remis le pied à l’étrier parce que ça me manquait… Quand j’ai repris la musique, d’abord pour me distraire, puis, de fil en aiguille, il y a des gars qui m’ont fait me reconnecter. A l’époque, c’était un peu plus long parce qu’il n’y avait pas internet… J’ai fait un album avec un premier groupe, ensuite je suis parti sur un projet plus perso sous mon nom, j’ai fait deux albums, j’ai monté les Troopers (NdMP : The Iron Troopers, tribute band à Iron Maiden, qui sera en concert à Rebréchien le 20 avril prochain). Là, dernièrement, j’ai rejoint Trafic Jam (groupe fondé par Valentin Labani). Je suis musicien professionnel, et depuis quelques temps, je fais aussi du chant classique.

J’ai cru comprendre qu’à un moment tu travaillais aussi pour la municipalité…

J’étais élu. Comme tout bon citoyen, tu peux faire partie du Conseil municipal. J’ai trouvé ça intéressant, et je faisais partie de l’équipe, on a remporté le mandat précédent et j’ai été délégué à la culture. Déjà, avant, en tant que bénévole, je m’occupais du Rock in Rebrech. Là, en étant à la mairie, j’étais encore plus impliqué.

Peux-tu nous parler de l’histoire du Rock In Rebrech ? Ce n’est pas la première édition…

Ouh là ! Non, c’est la 13ème édition ! En tout, ça fait 15 ans que le festival existe, avec deux années d’interruption…

Lesquelles ? Je ne vois pas de quoi tu parles…

(Rires) Wasted years… On va éviter de parler de ces mauvais souvenirs… Comment est né le Rock In Rebrech ? Il y a 15 ans, un élu la mairie, Ludovic Langlais, est venu me dire qu’il avait envie de monter un… ce n’étais pas un festival, un tremplin rock sur Rebrechien. Il savait que j’étais musicien, et il voulait que j’utilise mon réseau pour développer son projet. En tant que musicien, ça m’intéresse de voir comment tout ça se passe de l’autre côté de la scène. Mon réseau, il était déjà essentiellement rock, hard rock, metal, donc l’identité « esthétique » du tremplin était toute trouvée. Je n’allais pas faire venir des groupes de reggae ou de pop, ce n’était pas mon domaine. Je ne connais personne là-dedans… On fait une première édition à la salle polyvalente, ça se passe super bien. On remet le couvert l’année suivante, sous la formule « tremplin ». J’étais un peu… frileux, parce que je n’aime pas vraiment cette idée de « compétition » en musique, dans l’art. En sport, OK, mais faire un « concours de musique », c’est tellement subjectif, ça dépend des envies de chacun… Donc, la seconde année, on le refait, mais ça merdouille. Notamment au niveau des votes du public, on n’était pas organisés, certains ont voté 72 fois… Troisième année, on remet le couvert et je suggère de faire venir une tête d’affiche pour rameuter du monde. Mon idée, c’était aussi de promouvoir mon style de musique auprès des gens. Déjà en France, le metal n’est pas très médiatisé, alors en ruralité, on n’imagine même pas ! Je me suis un peu posé comme « pasteur du metal » (rires). On est quand même assez bizarres, nous les métalleux : on a envie que tout le monde connaisse mais en même temps, on veut garder ça pour nous (rires).

On le voit avec les grands festivals. Beaucoup de personnes disent que « c’était mieux avant quand il n’y avait que 2.000 personnes ». Oui, mais derrière, il y a aussi une ambition !

Une ambition, une économie… On n’est jamais contents. Mais c’est un peu les Français… Donc, on fait venir Satan Jokers. Et là… C’est un peu le binz dans l’organisation, on arrivait à la fin du mandat, il commence à y avoir des tensions au sein de l’équipe municipale – je n’étais pas au fait de tous ces aspects-là à l’époque. Je fais venir Satan jokers, mais je jouais aussi. Donc, j’avais une double casquette. Au final, ça se passe super bien et c’est à ce moment qu’il y a la rupture avec le tremplin rock. L’année suivante, je fais partie de l’équipe municipale qui est élue. On remet le Rock In Rebrech sur la table de travail et j’impose en quelques sortes le Rock In Rebrech. On continue avec nos têtes d’affiche, il y a eu Elmer Food Beat, carton phénoménal. On a fait ça dans la salle polyvalente qui peut accueillir, je crois, 300 personnes. Là, on était largement au-delà (rires) !

Donc, il y a eu trois années de tremplin puis la volonté de transformer l’évènement en festival avec une vraie tête d’affiche. A l’époque le festival était gratuit.

Oui, il n’y a que l’an dernier où il soit devenu payant. Mais on va en reparler… Avant, il a toujours rencontré du succès, on a reçu, de beaux noms…

J’ai noté Cock Robin, Vulcain, Chris Slade Timeline, Marco Mendoza (NdMP : respectivement ex-batteur notamment d’AC/DC et ex-bassiste de Whitesnake, The Dead Daisies et d’autres). Comment te débrouilles-tu pour entrer en contact avec gens-là et les convaincre de venir à Rebréchien. Parce que Rebréchien, ce n’est pas Orléans, c’est rural…

On est d’accord ; il y a trois axes fondamentaux : d’abord, en tant que musicien, je connais beaucoup de programmateurs, de boites de booking… j’ai des amis que je contacte, à qui je pose des questions. Je réseaute beaucoup, en direct… Ensuite, comment convaincre les artistes de venir ? il y a le passif : quand ils voient les photos, entendent le bouche-à-oreille… la réputation les convainc. Et le truc « bassement mercantile », l’argent : un artiste a besoin de se nourrir. On lui propose un tarif, il est d’accord, il vient. Ils sont dans cette démarche de promotion, de « capter » des gens qu’ils ne toucheraient pas autrement…

J’imagine que pour des gens comme ceux que nous avons cités, des fines gâchettes reconnues, les tarifs ne sont pas les mêmes. Pour un festival gratuit, comment trouvez-vous les finances ?

Je t’explique en deux temps : premier temps, c’est « l’époque mairie ». A cette époque-là, c’est organisé par la mairie. Il y a une enveloppe globale pour gérer la mairie, et à l’intérieur, un budget pour la culture, entre autres. Sur mon mandat, il avait été choisi de prioriser le festival qui était l’évenement culturel de l’année pour la commune. Il y avait d’autres postes un peu moins couteux, comme des cérémonies. On globalisait tout ça. Le Rock In Rebrech étant gratuit, beaucoup de gens venaient et on se rattrapaient sur la buvette et la restauration. Il y avait aussi un partenariat avec Super U, V and B, des entreprises qui faisaient un peu de mécénat. S’il y avait un déficit, la mairie faisait un jeu de chiffre. Tous les ans, il y avait une compensation de déficit. Naturellement, quand tu fais des entrées gratuites, tu ne peux pas espérer entrer dans tes fonds… De toute façon, la culture n’a pas vocation à être excédentaire. La culture fonctionne aussi avec tous les à-côtés, il faut le comprendre. La culture, la santé, l’éducation… ce ne sont pas des secteurs pour gagner de l’argent. Ils sont là pour apporter de la cohésion dans un peuple, de la matière grise, générer des richesses par ailleurs. Si on prend l’exemple du Hellfest : si le festival s’arrête demain, ce sont tous les Clissonnais qui vont faire la gueule. Parce que le festival permet aux restaurants, aux hôtels, aux Air BnB, aux commerces de faire leur chiffre d’affaires pour l’année. C’est grâce à la culture, il faut vraiment avoir cette vision un peu plus large que le seul concert. Le maire de l’époque avait cette vision. Il avait bien compris cet intérêt de fédérer. Et on parle de Rebréchien ! Ça ne choquait personne, ce déficit. Six ans plus tard, le maire en place – il avait cumulé trois mandats et voulait passer à autre chose, ce que je comprends – se retire. Changement de municipalité, je décide de ne pas me représenter sur une liste. Traffic jam commence à décoller, on est signés sur un gros label, Rockshots records, et je me dis que je n’aurais jamais le temps… Entre ma formation de chant lyrique, les cours de chant que je donne, les Troopers, Trafic jam… « comment je vais faire ? » Je n’aime pas m’engager à la légère, donc j’arrête la mairie. Mais le nouveau conseil me demande de reprendre le Rock In Rebrech, avec l’asso dont je fais partie, No Mad Musik. La nouvelle municipalité a commencé juste avant le covid. L’an dernier, c’était la seconde édition avec eux. La libération arrive, en 2022 on fait venir Marco Mendoza. On a fait un vrai carton, je crois qu’on a eu 3.000 personnes ! Enorme !

Vous avez déplacé le festival en extérieur il y a quelques années. C’est une autre capacité que la salle polyvalente. Vous pouvez accueillir combien de personnes ?

J’ai envie de te dire que c’est presque illimité. Il y a un terrain de foot et tout un espace vert autour de la salle polyvalente. C’est là qu’on installe la scène. Je pense qu’on pourrait accueillir facilement 10.000 personnes. Après, c’est Rebréchien qui aurait des difficultés pour stocker les bagnoles (rires) ! Donc, après cette date avec Marco Mendoza, on s’est dit « c’est bon, c’est parti ! » En plus, on commence à attirer des stars internationales ! Classe. On bosse sur une autre édition, on attire des noms comme Krashkarma, Jelusick… là, on a quelque chose d’intéressant qui commence à se construire. En décembre 2022, je me fais pirater tous mes réseaux : mon compte Facebook, Instagram, mail, le site internet… tout ça pète. Impossibilité de retourner sur les anciens comptes – je suis banni… Je n’arrive à joindre personne, la panique totale… En janvier je crée un nouveau compte, je repars de zéro…

J’ai comme le sentiment que tu vas nous parler de la communication qui a foiré… On en vient donc à cette édition de l’an dernier, 2023, qui a été une grosse déception avec peu de monde…

Voilà… En plus, on a mis un moment à réagir. Tous les comptes connexes, et j’en assume la responsabilité, tous ces comptes, les Troopers, le festival, etc, tout était relié à mon compte sans autre administrateur. Donc tout ça… Terminé ! On aurait dû avoir un autre administrateur, et là, on aurait pu récupérer les comptes. En février, mon ancien partenaire son m’appelle en me disant qu’il n’a pas les reins assez solides pour assurer le son sur deux journées de festival. J’appelle des pros, je vois les montants… On a déjà signé les contrats avec les artistes, on ne peut plus faire machine arrière… Donc là, on devait faire payer les entrées, pas d’autre possibilité. On a fait 3.000 personnes l’année d’avant, faire payer les entrées, même si on ne fait rentrer que 2.000 personnes – là, on était dans nos délires – on fait les calculs, la buvette… L’objectif c’est d’être à zéro… En mars, on enclenche la com physique. Je contacte mon imprimeur qui m’annonce avoir mis la clé sous la porte… Il me donne un contact, un tuyau crevé, j’appelle partout… On fini par trouver quelqu’un en avril. Tu imagines ? En avril ! Le festival il est un mois après ! On n’a pas une affiche, pas de com’ sur internet et là… Coup de grâce : j’apprends qu’il y a un concert qui est organisé, un concert gratuit, à Saint Lié la Forêt, le même jour, avec des food trucks, qu’il y a autre chose un peu plus loin… je n’ai pas eu le temps de rentrer en contact avec eux, mais je suis prêt à parier que tout ça est dû au fait que nous n’ayons pas eu le temps de communiquer. Ils n’ont pas fait exprès d’organiser ça le même jour que nous, ils ne le savaient tout simplement pas ! Avant que ça ne commence, j’étais persuadé que ça allait être la merde. Les gens qui gueulent parce que c’est payant… 8€, quoi ! Comment c’est possible d’avoir ce genre de mentalité aujourd’hui ? Mais quand tu y réfléchis, ça a été gratuit pendant 11 ans, la musique, c’est gratuit – tu as un abonnement à 4€ et tu as tout à portée de main…

Aujourd’hui, on le voit : les groupes, c’est la scène et le merchandising qui les font vivre. Le guitariste de Black Stone Cherry disait il y a peu que la scène, c’est la seule chose que le public ne peut pas pirater ! Tu veux voir un groupe en vrai, tu dois y aller…

Je trouve ça bien. La scène, c’est l’endroit où doit être un musicien.

L’an dernier, il y a eu cette grosse découverte : Krashkarma. Ceux qui ne sont pas venus ou qui ont fait demi-tour peuvent le regretter…

Ah, oui ! Krashkarma, j’ai des nouvelles d’eux très régulièrement, ça faisait un moment que j’avais un œil sur eux. Qu’ils puissent faire cette musique à deux, c’est incroyable ! Je les ai découverts grâce au manager de Trafic Jam. C’est un malin, lui, il déniche des talents…

Ça veut dire que Trafic Jam c’est un groupe talentueux ?

(Rires) Je ne peux pas le dire ! Mais, bon… Mais chez Rock World, sa boite, il va y avoir des trucs intéressants. Jelusick, Krashkarma, tout ça, c’est lui ! Marco Mendoza aussi…

Là, on a toute l’histoire du Rock In Rebrech, dont l’an dernier avec la défection non seulement du public, mais également, le second jour, celle de 50% des food trucks…

Ouais, alors ça… Ils sont là pour faire du business, d’accord, mais ils ont signé un contrat. Tu l’honores, le contrat que tu signes. Je suis musicien, je signe un contrat avec une salle, qu’il y ait 10 ou 10.000 personnes, je joue. Il m’est aussi arrivé de jouer dans des endroits, de festivals ou autre, où il n’y avait pas assez de monde, et je n’ai pas été payé… Tu sais, il y avait un des food trucks, il était tenu par un gars qui venait du monde du cirque. Il me disait « je vous comprends. Parfois, on allait dans un village, on faisait 4.000 personnes, le lendemain, on s’installait ailleurs et il y avait 10 personnes. On donnait quand même notre spectacle. » C’est le jeu… Quand tu acceptes de faire partie d’un évènement, tu en fais partie s’il gagne, mais aussi s’il perd. C’est trop facile de dire « j’accepte d’en faire partie s’ils gagnent » ! On est tous embarqués dans la même aventure. Là, ce qu’il s’est passé, c’était très, très limite. Les food trucks, c’est fini ! Il n’y en aura plus un seul sur le festival. On va faire comme avant : du bénévolat, on va mettre les friteuses, les barbecues, et c’est reparti ! Ce n’est même pas la peine de penser à un food truck ! Non… Le V and B, oui, c’est notre partenaire historique et je les remercie, ils sont incroyables. Le patron des enseignes de Chécy, Ingré et Olivet, Richard Facen, est devenu un ami depuis. V and B est une chaine qui a été lancée dans les années 2000. Leur concept, c’est de vendre de l’alcool, vin et bière, et ils font un peu pub, lieu de détente « afterwork ». Tu peux aller boire un pot jusqu’à 20h, après ils ferment.

Dans un premier temps, lors de la soirée soutien au Rock in Rebrech, tu as annoncé les trois groupes du 25 mai : La Jarry, une formation locale, les Princesses Leya, un groupe humoristique – très sérieux en même temps parce que pour atteindre ce niveau d’humour, il faut y aller – et les Toulousains de Sidilarsen (qui viennent d’annoncer la sortie le 19 avril de leur huitième album Que la lumière soit). Tu as par la suite annoncé que le festival continuerait le 26 mai. Les deux jours seront en extérieur ?

Oui, tout se passera dehors. En fait, ça va ressembler exactement à ce que tu as vu l’année dernière…

Avec plus de monde…

Ben, oui. J’espère bien ! Le samedi, ce sera la journée des « spécialistes », ou des « pros » avec les groupes que tu as cités. Le lendemain, je suis en train de monter la programmation, on va proposer une « scène découvertes » avec des groupes locaux, des gens du coin qui veulent monter sur scène. Je ne peux pas le faire le samedi, j’ai vu comment ça se passe : tout le temps, les gens arrivent vers 18 heures, 19 heures. Faire venir des groupes à 16 heures pour les balances – la tête d’affiche sait sa balance avant les premiers groupes – c’est toute une organisation. Alors faire venir la tête d’affiche le matin pour la mise en place et pour que des groupes locaux jouent devant peu de monde, ça n’a pas de sens. Du coup, on fait le samedi avec les « têtes d’affiche », on va proposer une solution de camping avec vestiaires, douches, des gites… tout ce qu’il faut. Le lendemain, dimanche, ce sera un esprit scène ouverte avec entrée gratuite.

Donc le 25 sera payant. Tu as une idée des tarifs ?

Les préventes sont à 18 euros, ce sera plus cher – environ 20 euros – sur place le samedi (les préventes sont disponibles sur le site du festival: Rock In Rebrech 13 ou avec le lien Helloasso). On fait plus cher, oui. Cependant, j’ai regardé tous les festivals qui accueillent Sidilarsen cette année, le moins cher est à 17 euros. Partout où ils vont, c’est ce tarif. Et puis, j’écoutais il y a quelques jour un économiste qui disait – ça a résonné en moi – « ce qui est gratuit n’a pas de valeur ». Ce qui signifie que, aux yeux des gens, comme c’est gratuit, ce n’est pas respectable. Mais si tu payes, tu y donnes de la valeur… (NdMp: signalons également que l’achat d’un billet en prévente donne également droit à une boisson gratuite)

Tu ne veux pas faire la bière gratuite ?

(Rires) Ça, il faut voir avec Richard !

On est donc bien sur 2 journées, la première payante, avec pour objectif d’amortir, et la seconde, gratuite.

Exactement. Le dimanche, on laisse à disposition les barbecues, les gens pourront même faire leurs propres grillades. En revanche, la buvette reste payante.

Puisque tu parles de restauration : aujourd’hui, nous sommes dans une époque très écoresponsable. Vous allez fonctionner avec le système ecocup, des couverts et emballages recyclables ou bio dégradables ?

Alors, les couverts, je reconnais que je n’y ai pas encore pensé mais on va tendre vers le plus propre possible. Depuis quelques années, chaque année, on voit les choses évoluer. Au début, on ramassait des déchets de tous types, maintenant, le rangement se fait en une journée. Le soir, c’est nickel. Les écocup, ça a vraiment changé beaucoup de choses. Pousser plus loin, maintenant, c’est logique.

Parlons maintenant de la campagne de communication. Autant l’an dernier, vous avez pris une douche froide, là, elle a déjà commencé. Il y a des flyers et des affiches qui circulent. Quid des affichages, annonces presses, médias ?

Déjà il va y avoir une annonce dans Rock Hard, dans quelques jours on va au Hellfest corner à Paris pour essayer de monter avec eux un partenariat. Je voudrais pouvoir faire un « event » avec des places à gagner. On a aussi fait faire un logo qui représente Baphomet… Il va y avoir une campagne d’affichage, j’ai été interviewé sur France Bleu, et on passe par la Fédération des musiques métalliques qui existe depuis 2 ans. Pascal Guegue travaille avec des institutionnels, l’Adami, la Sacem… Il cherche à promouvoir le metal en France, c’est un peu le pèlerin du metal, il va partout… Maintenant, je crois que j’ai fait le tour… On s’est pris un râteau l’an dernier, ça ne nous empêche pas d’aller de l’avant. On a pu récupérer un peu avec la soirée de soutien mais on continue. Et on a une super affiche.

Je vais découvrir live les deux premiers groupes, cependant, Sidilarsen, je les ai vus à plusieurs reprises, et à chaque fois, c’est une claque. On passe un super moment. Leur musique est aussi metal qu’électro, et ça dépote ! En même temps, on revient à une affiche 100% française, ce qui doit, j’imagine générer des coûts un peu moins importants…

J’aime beaucoup leur côté crossover. Maintenant, pour les coûts, oui, même si, au début, j’ai contacté Rage tour et quand ils m’ont annoncé les tarifs de Mass Hysteria, j’ai dit non, ce n’est pas pour nous. Ils m’ont dit qu’ils avaient aussi Sidilarsen, qui fête ses 20 ans et sort un nouvel album. Ouh… là, oui, ça m’intéresse ! Je leur ai proposé de prendre deux groupes, « est-ce que vous me faites un prix ? »… Bref, les négociations mercantiles ! Donc, on aura aussi Princesses Leya, un groupe humoristique moins « crado » qu’Ultra Vomit. Moins caricatural… J’aime pas qu’on se moque de mes jouets en plus… C’est comme quand, pour résumer le Hellfest, tous les ans, Quotidien qui ne montre que des culs… C’est pas ça le Hellfest, c’est du spectacle, de la musique, une ambiance ! Si tu n’as vu que ça… Fais ton boulot de journaliste quoi !

As-tu quelque chose à rajouter concernant le Rock In Rebrech ?

Je crois que nous avons fait le tour, il y a déjà beaucoup de choses. Merci beaucoup !

Pour obtenir vos billets: Rock In Rebrech 13 ou avec le lien Helloasso

Interview: ROLLYWOODLAND

Interview Rollywoodland. Entretien avec Rolly Wood (chant, basse) le 19 février 2024

Nous éviterons les détails du démarrage de cette interview totalement dans l’esprit de ce que le trio propose avec son nouvel album, Dark fate for judgement day, donc décalé et fun. Il y a des dossiers qu’on ne dévoile pas… Sauf si… Mais pas aujourd’hui. En plus, j’ai pas les images. Discutons, plutôt!

Rollywoodland

Le premier album de Rollywoodland est sorti il y a 12 ans. Que s’est-il donc passé depuis ? Ne me fait pas le coup de « la crise sanitaire » !

Ça en fait partie, mais pas que ça (rires). Disons qu’on a commencé à bosser sur cet album en 2013 et au moment où on allait commencer à enregistrer, ben… on s’est séparés. On a eu un break entre 2015 et 2018. On a retravaillé sur cet album, ensuite, il y a eu (il rit)… la crise sanitaire…

Il m’a fait le coup !

En fait, on habite assez loin les uns des autres, donc on ne pouvait pas se voir et ça a ralenti les choses…

Alors, justement, revenons en arrière. C’est la première fois qu’on discute, alors peux-tu me raconter l’histoire de Rollywoodland ?

A la base, c’était un projet solo que j’avais en tête en 2010 qui a débouché sur l’album Appetite for seduction qui est sorti en 2012. Il y a ensuite eu un changement de line-up et, ensuite, j’ai repris avec Ben Dog, le batteur d’un groupe que j’avais avant. On a commencé à bosser sur cet album et très rapidement on a eu 14 titres prêts. On a commencé à enregistrer la batterie et la basse en 2015. On a eu ce break dont je te parlais, on a recommencé à travailler dessus en 2018. Entre temps, il y a eu famille et bébés, donc tout était un peu en suspend sans être aux oubliettes…

Donc ce n’était pas la priorité non plus…

C’est ça, malheureusement. Si ça ne tenait qu’à moi, cet album serait sorti en 2015. La vie de groupe fait que parfois tu ne fais pas les choses quand tu veux, ou comme tu le veux. Ça nous a menés en 2020… J’ai réenregistré tout le chant chez moi pendant le Covid, les guitares de Yo Godon ont été enregistrées chez le guitariste entre 2020 et 2022. Entre temps, on a enregistré tous les instruments annexes, comme les shime, les percussions, les synthés… Ça faisait beaucoup de choses sur un album qui dure presque une heure, et, quand tu pars un peu de rien, ça fait beaucoup de travail ! Mener à terme un tel projet, c’est énormément d’investissement personnel et ça peut vite prendre du temps quand tu n’as pas de deadline. C’est un peu notre Chinese democracy, mais bien de chez nous (rires) !

D’où le groupe est-il originaire ?

On est en Rhône-Alpes. J’habite à côté de Genève, le batteur vit à Lyon et notre guitariste est en Savoie. On se retrouve à un point central pour répéter ;

Comment décrirais-tu la musique de Rollywoodland à quelqu’un qui ne vous connais pas ?

C’est du hard rock, tout simplement. Avec des influences diverses, Maiden, Mötley, Scorpions, Priest, Offspring, Kiss, beaucoup…

Donc on est bien ancrés dans les années 80.

Tout à fait. C’est un peu l’époque où j’ai découvert le monde. Ce qui sort, ce n’est pas réfléchi, c’est naturel et un processus spontané. On arrive à avoir des morceaux mid-tempo, des ballades, des titres plus rapides et au final, ça rejoint cette époque.

Il y a une touche supplémentaire : un côté humoristique, un peu décalé, mais pas un humour trash à la Ultra Vomit. Plutôt du détournement de références, comme les deux titres de vos albums – inutile de citer les références, je pense ! La pochette de ce dernier album, on sait tout de suite à quoi ça fait référence, on glisse le CD, le premier titre est limpide – le thème d’un fimm que tout le monde connait (il rit)… Il y a plein de références plus ou moins humoristique. Il y a une volonté de marquer les esprits ?

En même temps, on est sérieux dans notre démarche ! Pour moi, ce n’est pas qu’humoristique, c’est la vraie vie, les vrais films… C’est ce que je regarde et que j’aime. Je pense que l’autodérision est dans le sérieux de la situation. Pour moi, ça va au-delà de l’humour. Je l’annonce clairement, c’est ce que j’aime et ce qui fait foi pour moi. Ce sont de vrais hommages !

C’est pour ça que je parle autant d’humour que de référence, il y a un esprit bon enfant comme le hard rock des 80’s à la fois bon enfant et festif.

Souvent, en marchant dans la rue, j’ai une mélodie qui me vient à l’esprit, je siffle et ça me ramène à une scène d’un film, un moment de bravoure d’un héros… Du coup, je me mets naturellement à écrire un titre comme First blood, last cut en pensant à Rambo.

Dans ce cas, qu’est-ce qui t’a inspiré No dog shit (on the sidewalk) ?

Là c’est clairement une chanson engagée ! C’est le mal français, toutes ces merdes de chien qu’on ne ramasse pas ! Et il y en a marre.

J’imagine bien ce qui t’a inspiré dans la rue en marchant, alors !

Ah, putain ! tu sais, quand tu rentres de voyage et que tu essaies de slalomer entre toutes ces crottes avec ta valise, tu calcules l’espace en espérant que les roulettes vont passer entre et la valise au-dessus… Derrière, il y en a plein d’autres…. Marre, quoi (rires) ! Après, il y a d’autres morceaux engagés : Heaven for paradise ressemble à une ballade américaine, mais, en fait, c’est une chanson anti Jihad. Je l’ai écrite en octobre 2011, juste après les premiers attentats contre Charlie Hebdo. A l’époque, j’étais loin de me douter de ce qui allait se passer par la suite. Derrière le côté enfantin et doux du morceau, il y a des paroles qui sont très violentes.

Sachant que le Jihad, la « guerre sainte », c’est avant tout le combat intérieur mené pour lutter contre ses propres démons…

Ouais, moi, c’est clairement contre eux, contre tous ces mecs… Ce qui est fou, c’est de penser que ce titre date de bien avant tout ce qui allait suivre. Il y a aussi d’autres morceaux plus introspectifs comme Militaerritory, We all come from outerspace ou Love me, des thèmes plus personnels, des chansons d’amour, sur la place de l’humain dans le règne animal. Une façon un peu pudique pour moi de me dévoiler. C’est plus facile pour moi de chanter dans une autre langue parce que mon message sera moins compris par les gens de mon entourage.

Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de dark fate for judgement day pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Rollywoodland aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Je pense que ce serait Nunchaku, parce que c’est un morceau qui a un côté heavy, de bonnes parties instrumentales et qu’il reste facilement dans la tête. C’est pour ça qu’on l’a choisi en premier extrait. C’est un morceau assez court qui peut s’adresser à tout le monde. Même si aujourd’hui, je ne peux plus l’écouter (rires) !

Tu parlais de Rambo, mais il y a une autre référence évidente, et c’est un copain de Stallone, c’est JCVD…

Oui ! En fait, c’est tout con : c’est un morceau que Ben, notre batteur, a composé, et, un jour, j’étais en randonnée en montagne, je réfléchissais aux lignes de chant, aux paroles. Et le nombre de syllabes du refrain correspondait au nombre de syllabes de Jean-Claude Van Damme. Ça m’est apparu comme une évidence ! j’en ai parlé aux autres, ils étaient d’accord, du coup, j’ai écrit ce titre sur lui.

Vous lui avez fait écouter ?

Pas encore. C’est prévu, je réfléchi juste au meilleur moyen de procéder pour que ça ne tombe pas aux oubliettes… Je pense que c’est quelqu’un de très sollicité, donc je réfléchis à la meilleure manière de le faire… J’aimerai beaucoup tourner un clip avec lui, aussi, ce serait génial !

Ce serait un bon coup de marketing pour vous ! Un groupe c’est aussi la scène. Quels sont vos projets pour défendre cet album ?

On travaille dessus, on démarche pas mal. Après, ça demande beaucoup de temps et d’énergie pour faire bien les chose. Je pense qu’on va se tourner vers une boite de prod pour travailler ça pour nous. C’est très énergivore. Et je pense que quand tu passes trop de temps à faire ce genre de choses, tu t’éloignes de la musique… Si j’avais tout mon temps pour nous manager, je le ferais avec plaisir, mais je dois aussi gagner ma vie !

Justement, quels sont vos métiers respectifs dans vos autres vies ?

Ben travaille chez Enedis, Yo est ingénieur informatique à Genève où je travaille aussi, je suis conducteur de train pour les Chemins de Fer Fédéraux. En gros, la SNCF suisse…

Mais qui fonctionne plus souvent !

Oh, oui, nous on carbure ! Il y a des trains tout le temps !

J’ai bien circulé avec les trains suisses lorsque je travaillais pour Swissair. Les formations se passaient à Genève ou à Zurich, et je circulais souvent en train entre ces villes.

Ah ! J’habite dans le pays de Gex, pas loin de l’aéroport. Entre Ferney et Gex.

Revenons à vous. Quelle pourrait aujourd’hui être la devise de Rollywoodland ?

Ah, putain… Je sais pas, je dirais « fun rock ». « Rock and fun »

Est-ce que je garde le « putain » ?

Ouais, tu le gardes aussi (rires) !

Comment se traduit ce Rock and fun sur scène ?

Je pense qu’on dégage une énergie assez positive. Dans les vidéos que je peux voir – je n’aime pas trop regarder des vidéos de nous sur scène mais, bon… – globalement c’est ce qui ressort. On cherche à retranscrire l’énergie de l’album sur scène.

C’est pourtant un bon exercice pour corriger ses erreurs.

Oui, mais c’est tout un processus. C’est pas facile de se voir ou de s’écouter chanter. Maintenant, j’ai un peu franchi le cap, mais je n’aime pas ça.

Mais ça te permet de préparer l’avenir…

Oui, on devrait rentrer en studio en fin d’année, on a déjà assez de matériel pour le futur album. Une bonne partie des titres tourne déjà, donc j’espère qu’on aura quelque en fin d’année prochaine. J’ai déjà deux albums d’avance dans ma tête !

On en reparlera plus tard, alors ! As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

Non, je ne sais jamais quoi répondre à ça… Si, que les gens achètent l’album, vraiment ! S’ils ne l’achètent pas, ils vont passer une journée de merde (rires) ! Ne pas l’écouter, ne pas l’acheter, c’est forcément perdre son temps. C’est le seul conseil que je puisse donner, un conseil avisé, hein ! Je l’ai déjà, donc je sais de quoi je parle…

Interview: AGUELENNA

Interview AGUELENNA. Entretien le 2 février 2024 avec Marc (batterie)

Marc, commençons par une question originale : je découvre Aguelenna, alors peux-tu simplement me présenter le groupe, son histoire ?

Je vais essayer d’être synthétique parce que c’est une longue histoire… Aguelenna est un groupe qui est né en 2007, en Seine et Marne. C’est un groupe de rock. On se définit comme jouant du power rock mélodique. Le groupe a connu diverses formes, il y a eu 3 line-up différents plus la forme actuelle. Il y a Rico (guitare) et Marie (chant), les fondateurs du groupe, et moi, je suis arrivé en 2015 à la batterie. Quand je suis arrivé, on a décidé de prendre un tournant nettement plus rock. On a réalisé un premier Ep qui est sorti en 2018. Dans la foulée, on a embrayé sur un album. On avait déjà travaillé quelques titres et on a travaillé ce premier album entre 2018 et 2019, on a fait toutes les maquettes. On a commencé à enregistrer la batterie en 2020, on a même terminé, et le Covid est arrivé… Ça a mis un coup d’arrêt à la production du disque. Je ne comprends pas pourquoi, c’était pas grand-chose… Ca a duré 5 ou 6 mois pendant lesquels on a pas pu faire grand-chose. On a repris la production du disque fin 2020, ça s’est poursuivi sur 2021 et on a terminé en 2022 pour arriver au mixage en 2023.

Vous l’avez donc enregistré sur la durée…

Oui, on a pris notre temps. On s’est dit que ça ne servait à rien de courir. Et le covid a aussi changé la façon de voir les choses. On a eu envie de prendre le temps de faire les choses bien.

Quelque part, ce n’est pas plus mal car tous ceux qui étaient déjà dans ce business de la musique ont eu le même coup de frein, et ont dû repousser leurs publications ; Donc repousser la sortie d’un album pour qu’il ne soit pas noyé dans la masse pouvait être stratégiquement intéressant…

C’était peut-être un mal pour un bien, effectivement. Maintenant, on était déjà prêts, on avait tout maquetté, on avait poussé la prod au maximum de ce qu’on voulait et on savait exactement ce qu’il fallait enregistrer. Les seules choses qui soient restées en suspens, c’est venu bien plus tard : tous les arrangements additionnels, les synthés, les FX qui sont venus se greffer. On l’a fait à la fin, c’était un peu la cerise sur le gâteau. On a aussi pris le temps de réfléchir à ses arrangements, ça a pris entre 6 et 8 mois.

Tu as dit que Aguelenna est un groupe de rock mélodique. C’est un terme assez vaste. Comment définirais-tu votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

C’est du power rock chanté en français. C’est important, les textes sont en français, même si on est plus sur une couleur musicale américaine qu’anglaise.

Quel type d’influence américaine ?

On se rapproche plus de groupes comme Foo Fighters, Paramore, Nirvana…

Un rock un peu plus grungy que power metal, donc.

On ne se définit pas comme un groupe de metal, en fait. Power oui, parce que c’est énergique, et ça se voit sur scène. On dégage une vraie énergie sur scène. On a beau faire du rock en français, on développe l’énergie du rock américain. Maintenant on aime aussi des groupes comme Aston Villa, Dolly… J’ai tendance à dire qu’on fait de la chanson. On travaille beaucoup nos textes, d’ailleurs…

Ils traitent de quoi vos textes, justement ?

On parle de sujets qui nous touchent, qui sont des sujets qui gravitent autour de nous : des sujets sociétaux, la maladie d’Alzheimer, on parle de racisme, de violences faites aux femmes. Des sujets variés. On traite aussi de la dyslexie… Des sujets qui touchent les gens.

Y a-t-il au contraire des sujets que vous n’abordez pas parce que vous pensez qu’ils n’ont pas leur place dans Aguelenna ?

Non, on ne se met pas de limite. C’est Marie qui pose ces thématiques, donc ça dépend d’elle. Pendant un temps, on s’est demandé si on parlait de politique, si on entrait dans une veine « engagée », même si là on touche du doigt 2 ou 3 sujets politiques.

Parle nous un peu de cet album qui sort aujourd’hui : vend le moi pour m’inciter à filer l’acheter…

L’atout majeur de ce disque c’est qu’il n’y a pas deux titres qui se ressemblent. Il y en a 10 en tout. Ce qu’on voulait, c’est avoir une sorte d’album photos, comme on a à la maison, un instantané de ce qu’on était. Chaque titre a sa couleur et son univers. Et je trouve que ça colle bien avec les différents thèmes abordés. Le fait de chanter en français permet aussi un accès plus facile à ce qu’on raconte. Le fait de travailler en français permet de pouvoir écrire des textes à tiroirs, ce qu’on adore, et permet un effet poétique. On a voulu faire en sorte que les gens qui écoutent puissent aussi avoir leur propre interprétation des textes. Certains sont plus abordables, d’autres ont des sens plus cachés…

Ce n’est pas frontal, donc, ce qui signifierait imposer votre vision aux gens. Là, chacun peut se faire sa propre interprétation…

Exactement, et c’est tout le contraire de ce qu’on est ! Notre fonctionnement en interne… personne n’impose rien, on est toujours dans le dialogue, dans la discussion. Il faut que ça ait du sens de porter des textes de cette façon, que chacun puisse penser ce qu’il veut.

Vous n’êtes que 3 dans le groupe, ce qui fait aussi penser à tous ces power trios…

Oui, en effet. On était 4 jusqu’à 2023, mais la vie de groupe fait que notre bassiste n’est plus là. D’ù l’énergie qu’on donne sur scène, il faut qu’on donne autant que à 4. On n’a pas l’intention pour le moment de reprendre un bassiste, on est bien à 3…Ça laisse plus de place sur scène. Ce qui laisse sous-entendre que la basse est samplée, ce qui est le cas. Mais il y a une vraie basse sur scène, mais pas avec un vrai bassiste…

Et ça coute moins cher en frais d’hôtel, aussi…

Il y a de ça, oui (rires). Le contexte économique fait que… Mais on est 4 sur la route, il y a aussi notre ingé son.

Tu me disais que ton métier c’est la musique. Quelles sont vos métiers à chacun en dehors du groupe ?

Je suis musicien de métier, je ne fais que ça. J’accompagne des projets et des artistes en studio et sur scène. Marie, elle, a longtemps travaillé dans un centre aéré et, pour avoir plus de temps pour le groupe, elle a pris un poste dans une entreprise qui fait des composants pour l’aérospatiale. Rico, lui, est technicien de maintenance à la Poste.

Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de votre album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Aguelenna, ce serait lequel ?

J’ai envie de te dire Pink punk, le premier single qu’on a sorti en octobre. Je crois que c’est le morceau qui résume le mieux ce qu’on est. On est dans une forme de synthèse de l’ensemble des titres et c’est un titre fédérateur. Et le sujet évoqué peut parler à tout le monde puisqu’on parle des personnes qui nous influencent au quotidien. Musicalement, il dégage une énergie, avec des mélodies ultra efficaces…

Maintenant, pour terminer, si tu devais penser à une devise pour Aguelenna, ce serait quoi ?

Waow… Pas mal… J’ai envie de dire « l’humanisme au travail ». L’humanisme parce qu’on est foncièrement, je pense, très humain. Si ça fonctionne bien entre nous 3, c’est aussi parce qu’on a des rapports très bienveillants entre nous et envers les autres. Aussi, parce qu’on est de sacrés bosseurs, donc on veut rester humain au travail.