HELLFEST XV part 2: 23 au 26 juin 2022

Ce report est dédié à la mémoire de notre amie photographe Carine Mancuso (« la fée verte photographie ») qui nous a quittés le 16 juillet dernier après un long combat contre le cancer. RIP

Certains sont restés sur place entre les deux week ends, d’autres non et reviennent pour cette seconde partie de quatre jours. La météo annoncée est moins clémente, la température a chuté, certes, et les jours qui viennent vont s’avérer tout aussi compliqués à cause de la pluie qui, dès le vendredi, transforme le terrain solide en une surface boueuse et glissante… Une seconde partie qu’on aurait très bien pu nommer « beyond madness ».

Plus de photos se trouvent dans la galerie Hellfest part 2

Jeudi 23 juin

Le jeudi, pour les amateurs de metal « traditionnel », est la journée idéale. Le gratin qui défile dès 15h30 sur les main stages est impressionnant. Pour moi, c’est simple, je n’en décolle pas – ou presque – de la journée…

On débute avec un peu de merch tout en écoutant Phil Campbell and the Bastard Sons. Une setlist faite pour séduire les fans de Motörhead, un set sans grande prise de risque ce qui, quand on connait la (petite) discographie du combo, est un peu dommage car on dirait que le Gallois se complait à ne plus jouer que dans un tribute band – ce qui ne fut pourtant pas le cas en avril dernier lors de la tournée française. Mais on est au Hellfest et ce soir, les cendres de Lemmy doivent être déposées au pied de sa statue, alors, ce concert serait-il un dernier hommage ?

Tyler Bryant & the Shakedown se fraie un chemin sur la route des grands. Le rock vintage, ou comme le désignent certains « classic rock », chaleureux et entrainant du gang fait mouche. Il n’y a simplement ici rien à redire, c’est direct et classe. On ne peut qu’espérer voir ce groupe grandir encore plus et plus vite.

Thunder… Voici quelques temps que je les attends en terres clissonnaises. Là aussi, les Anglais proposent un rock entrainant, efficace et qui a depuis longtemps fait ses preuves, et ses dernières productions sont simplement irréprochables. Mais la prestation de Thunder est simple et sans surprise. Les classiques (trois extraits du premier album : Higher ground, Back street symphony et Dirty love) défilent aux côtés de titres plus récents – de futurs classiques du groupe – mais il manque peut-être un peu de folie à ce set au demeurant plus que sympathique mais certainement trop court.

Les New-Yorkais de The Last Internationale sont sans doute la surprise du jour. La chanteuse à la voix suave et puissante et au look brillant fait le show. Dans l’incapacité de se poser, elle arpente cette énorme scène et va chercher le public. L’esprit évoque celui de Blues Pills (tiens… le groupe sera présent ici même le lendemain…) par l’énergie dégagée et l’esprit musical festif bien que moins « disco ». Une bien belle découverte de ce début de seconde partie, un groupe à suivre de près.

On se retrouve devant la MS pour célébrer un UFO au visage vieillissant et au line up presque entièrement réinventé (on ne compte plus le nombre de musiciens passés dans ce groupe mythique…) Alors viendrait-on plus célébrer l’irremplaçable Phil Mogg et son compagnon de route Paul Raymond ? Oui, et le set se révèle bien trop court. Sept petits titres (ok, il y a les grands classiques Rock bottom, Lights out et Doctor, doctor) c’est peu, mais on devra s’en contenter. Une jolie prestation d’un groupe de légende.

On file du côté de Steve Vai, ex guitariste de Whistesnake (qui, tiens donc, passe à côté juste après…) qui se donne à fond avec ses classiques instrumentaux. Il le sait, un set basé uniquement sur la guitare peut lasser rapidement les non musiciens, surtout si le gratteux joue la démonstration. Mais Vai n’est pas de ceux-là, jouant avec ses musiciens et le public, grimaçant et ayant l’air surpris tout au long du set. On n’est pas que dans la démonstration, on est aussi dans le visuel fun et pas sérieux. Un beau et bon concert.

Son ancien boss, David Coverdale, déboule avec son Whitesnake que je n’ai pas vu depuis… pfiou… Et si la pêche est là, le constat est malheureusement sans équivoque : le chanteur a vraiment perdu sa voix, incapable de tenir longtemps une note sans le soutien de ses musiciens qui prennent dès que possible le relais. Coverdale est tout sourire, heureux d’être là, et, avant de démarrer l’incalculable nombre de « fuck » dans ses interventions – il est plus aisé de compter ses « here’s a song for ya ! » immortalisé depuis Live…in the heart of the city – il s’amuse du fait de la présence de Vai sur la scène d’à côté… « Once a snake, always a snake… » annonce-t-il avec un large sourire bienveillant – et présente sa bassiste, Tanya O’Callaghan, la première femme membre su Snake. Et la bassiste déménage et se donne du plaisir au côté du guitariste Joel Hoekstra. Un show plein de couleurs et de classiques qui se termine avec la venue de – « Once a Snake, always a snake » – Steve Vai (non ? quelle surprise !) sur le final Still of the night. Une voix à la ramasse mais un concert au top.

Un gros rideau masque la scène, le public se masse devant pour accueillir, enfin – ça fait depuis 2013 qu’on ne les a pas vus à Clisson – les citrouilles allemandes de Helloween. Même si l’évènement n’est plus aussi attendu qu’il y a trois ans, les Pumkins United telle qu’on les appelle depuis le retour au bercail de Kiske et Hansen, sont là pour marquer de nouveaux points d’autant plus après avoir publié un album aussi bon que leur dernier éponyme. La recette fonctionne ici toujours aussi bien, entre trio de guitares, duos/trios ou presque de chant, le groupe propose une setlist de classiques imparables (Eagle fly free, Dr Stein, Future world, I want out…) et semble uni comme jamais. Une superbe prestation de bout en bout d’un groupe au meilleur de sa forme.

La soirée est allemande puisque la tête d’affiche n’est autre que les fidèles Scorpions qui, à l’origine, devaient clore cette seconde partie du Hellfest. Mais la venue de vous savez qui a aussi poussé Barbaud et son équipe à penser à cette quatrième journée. Meine et sa bande ont accepté de clore cette journée du jeudi et c’est tant mieux. Car même si le chanteur semble parfois en mode diesel – lent à démarrer – le groupe trouve rapidement sa vitesse de croisière. Avec Scorpions, on sait exactement ce qu’on va avoir : un chanteur qui distribue l’équivalent de la forêt amazonienne en baguettes, un break de ballades intemporelles (avec un Wind of Change revisité en hommage à l’Ukraine) et une large place laissée au nouvel album (avec, de mémoire, au moins cinq titres extraits de Rock believer), un show son et lumières rodé et d’une efficacité sans pareille, une guitare qui fume… Oui, les anciens savent exactement quoi faire pour satisfaire leur public et c’est tant mieux, car Scorpions se donne toujours avec autant de bonheur et sait satisfaire son public. Un très beau show qui vient presque conclure cette première journée par un duo avec l’ami Campbell (sur Rock you like a hurricane).

La soirée se conclue par un pèlerinage vers la statue de Lemmy après un hommage à l’issue du concert de Scorpions. L’équipe du Hellfest accompagnée de Phil Campbell et Mikkey Dee a déposé une partie des cendres de Lemmy Kilmister au pied de sa statue dominant la Warzone. Un hommage aussi émouvant que la présentation de la première statue il y a quelques années.

Vendredi 24 juin

Etonnante journée que ce vendredi. Il ne pleut pas encore mais il vaut mieux prévoir de quoi se couvrir. J’arrive sur place pour découvrir Fauxx sur la MS. Derrière la batterie, mais… oui, c’est bien lui, Job, le batteur de Tagada Jones. Ok, le gaillard va passer le week end sur place et, nous ne le savons pas encore, en sera un des héros. Nous y reviendrons. Pour l’heure – la demi-heure, plus précisément – le public découvre un groupe rock direct et rentre dedans, et l’amuse gueule de la journée est appétissant. A suivre.

Disconnected avait ouvert pour Judas Priest à Paris en 2019. Une première grosse scène, mais rien de comparable avec ce HF. Les musiciens sont au taquet, qui hurlant sa rage, qui n’épargnant pas sa guitare, tous allant chercher le public qui répond présent. Disconnected est une vraie machine et on ne peut qu’espérer voir le groupe grandir et trouver son public au niveau international.

Quelques interviews sont programmées cet après midi, et je rate pas mal de choses sur la MS1. Mais sur la scène voisine, en revanche, il y en a pour tous les goûts et toutes les humeurs. Crisix revient au Hellfest pour la troisième fois (sans compter sa participation à la récente tournée Warm-up). Après Altar en 2017, on retrouve les Espagnols invités l’an dernier pour le HF from home. La fidélité paye et c’est aujourd’hui, même un peu tôt, sur une mainstage qu’on les retrouve. Oui, mais… Le chanteur, Julian, débute le concert par un speech : leur batteur a été testé positif au covid et ne peut donc jouer… « On fait quoi ? on annule ou on demande à des amis un coup de main ? » Solution numéro 2, Job – oui, le même qu’on a déjà vu ce matin – a pris le temps d’apprendre quelques titres et se dirige, acclamé, derrière la batterie. Et Crisix lance les hostilités avec puissance et bonne humeur. Job se retire sous les hourras après deux titres et les thrashers fous reprennent leurs habitudes, permutant les rôles sous forme de quatuor. Sourire, bonne humeur et sérieux sont de mises, le public est mis à contribution dès l’arrivée, derrière les futs, de Paul, batteur habituel de Gama Bomb. La sécurité voit le duo de guitaristes, Albert et BB foncer vers le public et s’y enfoncer. Le duo se fraye un chemin au centre de la fosse qui entame un circle pit rituel et joyeux sous le regard hilare de Julian qui a perdu de vue ses compagnons. Qui, naturellement, reviennent terminer ce concert de folie en fendant la foule avant de remonter sur scène, heureux. Sans doute mon concert préféré de l’ensemble de cette édition. Crisix marque incontestablement encore des points.

Blues Pills prend la suite. Les Suédois proposent une musique toujours festive et entrainante et, même si l’on peut s’étonner des choix vestimentaires de leur chanteuse, l’énergie et la bonne humeur sont communicatives.

De son côté, Danko Jones, pas revenu au HF depuis 2013, fonce dans le tas sans se prendre la tête. Son rock punkisant et burné fait sauter et se trémousser le public. Et, en bon râleur rebelle, le voilà qui s’en prend à « ces putains de photographes… Ils restent 3 chansons, et après, ils font quoi ? Ils restent dans le public ? Non, ils se barrent… C’est pas comme vous qui êtes là ! » Euh, oui, Danko, certains restent et assistent aux concerts, mais rappelle-toi aussi que, parfois, les photographes sont dirigés vers la sortie même s’ils souhaitent rester… Heureusement que tu nous offres des moments simplement fun et débridés, un rock pas prise de tête et direct !

Avec DragonForce, on sait qu’on va avoir droit à un show aussi visuel que technique et quelque peu « frime ». Ceux qui ont assisté à la dernière tournée du groupe retrouvent, en version XXL, un décor de jeux vidéo avec des consoles qui servent de promontoires géants et, naturellement, un dragon en fond de scène. Annoncée en remplacement, la bassiste Alicia Vigil est toujours présente et la complicité avec les autres musiciens, Herman Li et Sam Totman en tête, est réelle. Une place permanente pour elle ? Le groupe est enjoué, alternant entre alignement de notes et tempi plus calmes, toujours avec bonne humeur. La promesse d’un bon moment est tenue.

On passe à des choses plus « sérieuses » avec le retour des Allemands de Kreator – OK, il y a désormais notre Fred Leclerc – ex… DragonForce – national à la basse et les regards se tournent naturellement vers lui. Mille Petrozza est en forme, sérieux et hargneux. Les nouveaux titres de Hate über alles passent superbement ‘exercice de la scène. La pyro est de sortie pour un show tout feu tout flamme. Fred Leclerc impose sa présence avec une énergie sans pareille et Kreator donne  simplement un concert impeccable de bout en bout.

La pluie continue de battre son plein lorsqu’Alice Cooper. On ne le sait pas encore, mais Nita Strauss, la guitariste – une des guitaristes, ils sont 3 – qui accompagnent le Coop depuis quelques années annoncera bientôt son départ du groupe. Mais en attendant, là encore, avec Alice Cooper, on sait à quoi s’attendre : du spectacle théâtral et totalement visuel, des billets qui volent, une décapitation en public et une résurrection. Tout est là, le maitre de cérémonie inquiétant comme toujours, et les classiques défilent. Un grand moment du festival qui, pour moi vient clore la journée. Trop de pluie et le froid auront eu raison de moi et comme je ne suis pas un grand amateur de Nine Inch Nails, même si la venue de Trent Reznor est un évènement, un peu de repos est prioritaire.

 

Samedi 25 juin

Il pleut… pas envie de me lever ou d’affronter cette météo qui tape sur les nerfs… Je rate la prestation d’Existance avec quelques regrets, mais le froid, la pluie et la fatigue commencent à avoir le dessus. Pas question cependant de rater tous les groupes français, d’autant que Manigance ne va pas tarder. Au moment de partir, il se remet à pleuvoir… Pas envie de bouger… Pourtant, j’y vais et arrive à temps pour découvrir un terrain plus que boueux (ce n’est qu’un début) et assister à la fin de la prestation du groupe de François Merle. Le Bal des ombres, dernier album du combo, mérite d’être présenté au public dans ces conditions. Et le groupe a visiblement du plaisir à se trouver là, sa première fois au Hellfest. La prestation se conclue par un duo avec Julian Izard, guitariste/chanteur d’Existance. Une belle prestation qui réchauffe un peu l’ambiance.

Ceux qui y étaient se souviennent encore de ce show explosif de Michael Monroe en 2019 à Paris. Armé d’un nouvel album, l’ex-chanteur de Hanoi Rocks attire aujourd’hui une foule conséquente et propose un show tout aussi explosif, simplement rock, direct et enjoué. Il n’hésite pas à aller au contact du public – OK, sans jamais, comme d’autres, franchir les barrières – et se permet encore d’impressionner en faisant le grand écart. Le show est visuellement et musicalement sans failles, et le bougre marque encore ici des points. Last train to Tokyo ? ce serait plutôt First train to Hellfest ! On espère bien le revoir en aussi grande forme.

GloryHammer c’est tout aussi visuel et dans un autre registre. La mise en scène, les costume, les bagarres, tout est ici second (voire douzième) degré. Fun de bout en bout mais franchement pas exceptionnel, on vient voir GloryHammer pour son coté volontairement kitsch. Et on passe un bon moment. Nul doute que les enfants présents ont dû adorer ça !

Changement radical de registre avec Ayron Jones, la nouvelle sensation rock américaine. Un premier album remarqué, une première série de dates en France, une belle place à l’affiche de ce Hellfest – sous un peu de soleil, svp ! – et, à venir, la première partie française des Rolling Stones… S’il y a un concert à voir, c’est sans doute celui-ci, et si c’est le nom du guitariste chanteur qui est à l’affiche, les musiciens qui l’accompagnent sont tout aussi exceptionnels, bassiste et guitariste n’hésitant jamais à prendre la pose et se faire remarquer. Un concert qui souffre sans doute d’un léger manque de confiance mais qui place Ayron Jones, le groupe, parmi les gros espoirs de demain. A suivre de très près !

Je rate Nightmare pour je ne sais plus quelle raison (sans doute une interview) et revient devant la MS pour découvrir un autre black américain, également guitariste chanteur, Gary Clarke Jr. Ce dernier évolue dans un style radicalement différent. Son blues n’a rien d’extrême mais est superbement interprété et fait du bien à ce moment de la journée. Etonnant choix pour le festival des musiques extrêmes mais, après tout, le blues est à l’origine aussi du hard et du metal, et le Hellfest a toujours montré son ouverture d’esprit. Une belle découverte.

J’ai craqué pour le dernier album de Sorcerer alors je file découvrir ce que ça donne sous Temple. Sobre, doom, et efficace, le groupe propose un concert simple et concentré. Pas mémorable pour autant sauf pour la lourdeur de son propos.

On se prépare pour accueillir devant les MS un Epica très attendu. La scène, dominée de part et d’autre par deux gigantesques serpents de fer, est lumineuse. Simone Simons et Mark Jensen sont toujours aussi complices sur scène, les flammes toujours aussi nombreuses, mais j’ai l’impression de voir un groupe en mode automatique. Oui, le show est impressionnant et carré, mais en dehors de certains détails visuels, j’ai l’impression d’assister à une redite efficace mais sans surprise.

Passer de la flamboyance d’Epica à la sobriété de Myles Kennedy and company… Peut-être attendais-je trop de ce concert mais voici le meneur d’Alter Bridge et chanteur plus qu’occasionnel de Slash pour un « seul en scène » ou presque. Il est accompagné de sa « Company » mais il y a peu d’effort dans ce concert. J’ai même l’impression que l’ensemble manque d’envie… 9 titres pourtant connus mais peu de pêche. Une déception…

Après une courte pause méritée, il est temps de retourner voir Airbourne pour son second passage de la semaine. Mais le terrain est déjà tellement envahi qu’il est difficile voire impossible de circuler. La setlist est rallongée – tous les titre de la semaines précédente sont là – et les Australiens n’ont aucune difficulté à mettre le feu même si, on le sait, tous les regards sont portés sur Joel O’Keefe, pile électrique inusable.

Nightwish et le Nellfest, c’est une longue histoire. Nightwish au Hellfest et moi, c’en est une autre. Jamais encore je n’ai pu les photographier et, de nouveau, impossible d’approcher… Le show est pourtant léché, soigné mais assister de si loin à ce type de concert est dommage. Alors à la moitié je décide de filer sous Temple pour assister à une bonne du set de Kadavar dans une très grande forme, tenant son public dans la paume de sa main. Impressionnant de bout en bout, le trio déploie une divine énergie transformant ce concert en grand messe rock’n’roll. Kadavar, dont on retrouve le batteur en tenue de scène au bar VIP dès la fin du concert, vient de nous donner une claque, et ça fait du bien !

La venue de Guns’n’Roses à Clisson est plus qu’un évènement. Même si le nom figurait à l’affiche du fest en 2012, ce n’était guère plus que Axl Rose interprétant avec ses musiciens d’alors le répertoire de GNR. Là, ce n’est pas tout à fait le Guns des grands jours mais celui alignant Axl, Slash et Duff, et ça, c’est déjà bien. Si visuellement le show reste intense, grâce, notamment, à une animation très vive en écrans de fond de scène, certains des musiciens ne sont pas forcément à leur place, offrant une prestation quelque peu entendue. Mais surtout, Axl semble en fin de course vocale. Le chanteur à la voix fut un temps en or, semble ne plus avoir le contrôle de ses cordes vocales et manque clairement de puissance. Et puis, aussi, ces guitares souvent imprécises, ces notes qui craquent… A ce niveau, on peut se poser des questions. Ok, on aura vu les Guns. Mais on en retiendra quoi ?

Dimanche 26 juin

Voiture en panne… Le temps que le dépanneur arrive, je rate avec regrets la prestation de MolyBaron, pourtant un de mes objectifs. Et visiblement, j’ai vraiment raté quelque chose, d’autant plus que le temps semble vouloir se faire un peu plus clément…

Novelists. Certains parlent de génie dans leur musique, perso, je n’ai pas compris grand-chose. Et puis arriver sur scène en tenue aussi banale, pardon, mais le visuel joue beaucoup aussi pour un groupe. Aujourd’hui, plus d’une formation arrivera ainsi, sans marqueur visuel. Sans doute devrais-je prendre le temps de me pencher plus sur la musique de Novelists car là, je ne suis simplement pas interpelé.

Eux, on en parle à tous les étages de ces ovnis néo-zélandais d’Alien Weaponry. Une intro sous forme de Haka – cette danse rituelle popularisée mondialement par les All-Blacks – et c’est parti pour un thrash tribal qui, là encore, me laisse froid.  Franchement, c’est ça l’avenir du thrash, du metal ? peut-être suis-je trop vieux, qui sait ? Ou peut-être ce septième jour me voit-il simplement trop fatigué pour être vraiment réceptif. Visuellement, cependant, ça le fait, le trio parvient à occuper la scène et sait aller chercher le public.

Angelus Apatrida avait déjà foulé une main stage il y a quelques années, en 2014, et c’est un plaisir de retrouver les thrashers espagnols qui doivent ressentir une certaine satisfaction à jouer sur la scène que fouleront ce soir les Mets. Pas de chi-chNi, ici, Angelus Apatrida envoie la sauce et va chercher le public pour le prendre à la gorge et ne plus le lâcher. Un concert puissant de bout en bout.

Headcharger fait partie de ces groupes mystérieux… Absent musicalement pendant quelques années, les voici qui réapparaissent avec un nouvel album de belle facture et rapidement remarqué. Alors autant dire qu’on les attend un peu sur scène. Mais là encore, Sébastien Pierre et sa bande débarquent en tenue de ville, sans aucun artifice (est-ce dû à l’impossibilité de tendre une sorte de décor à cause de la scène des Mets ?) et visuellement, les Caennais donnent l’impression de ne tabler que sur leur musique. Mais est-ce suffisant, ici, en festival, à cette heure de la journée ? Sans doute pas… Dommage, vraiment.

D’autant plus avec ce qui arrive sur la MS 2 : Tagada Jones a préparé sa venue, et comme me le dira Job plus tard en off, « s’il y a des gens qui râlent parce qu’on joue sur une Main et pas sur la warzone, c’est qu’ils n’ont rien compris. Notre place, là sur la mainstage, elle prouve que quand on bosse et qu’on s’accroche, on peut y arriver. Et on ira plus loin, tu verras ! ». Oui, cette venue est préparée, avec un décor de bidons qui s’enflamment plus qu’à leur tour dès A feu et à sang qui assoit le public, déjà à fond derrière les Rennais. Niko va le chercher, ce public, l’invective et l’invite à s’amuser. Ça bouge, ça saute, et ça exulte. Et la participation des Bidons de l’an fer en grand final, avec toujours autant de flammes et de chaleur, fini de mettre le feu à ce concert. Tagada Jones est maintenant, trente ans après ses débuts, dans la cour des grands du rock français. C’est mérité. Que du bonheur !

Pour quelle raison ai-je raté le retour d’Ugly Kid Joe ? Je n’en sais fichtre rien… Je n’ai même pas le souvenir d’avoir entendu l’indispensable Everything about you… Je reviens en revanche pour le nouveau show d’Avatar venu défendre Hunter gatherer. Ce groupe se réinvente à chaque nouvel album, et réinvente son show à chaque nouvelle tournée. Alors, oui, ici, un décor sobre voit le groupe évoluer en plein jour. Johannes Eckestrom, le chanteur dingo, le Joker de service, tombe rapidement la veste mais se délecte régulièrement d’un breuvage qu’il boit depuis un bidon d’essence. Peu d’esbrouffe, du visuel et de nouveau un show de folie. A revoir en salle sans aucun doute.

La suite des évènements m’empêchera de tout suivre : l’espace presse fermant ce soir, il est temps de démonter et ranger l’expo photos, de filer à la voiture ranger le tout avant de revenir. Je rate, sans grands regrets, Bring Me The horizon et, avec plus de regrets, Black Label Society, n’assistant, de loin qu’à la fin du show. Je file cependant voir Pentagram pour trouver un groupe particulièrement en forme et un Bobby Liebling d’humeur joyeuse. Un show doom à la fois sérieux et détendu d’un groupe rare en France qui, ce soir, se fait plaisir et nous fait plaisir.

 

Une dernière grosse déflagration sous altar avec une visite qux furieux de napalm Death. Un groupe toujours aussi engagé et explosif qui offre une grosse prestation sur fond de discours anti arme et pacifique. Si ça pouvait porter ses fruits…

Ok, on le sait, circuler devant les Main est quasi impossible depuis 17 heures. Alors s’approcher pour assister au show de Sabaton est très compliqué (je ne vous propose même pas de photos, devinez pourquoi…)  c’est donc de loin que j’assiste à ce concert d’un des groupes les plus fédérateurs de notre époque qui, lui aussi, sait se renouveler à chaque tournée. Joackim Broden rappelle le lien unique qui existe entre Sabaton et le Hellfest, rappelant que Sabaton sera toujours présent si l’orga l’invite. « C’est sans doute le meilleur festival du monde, et on sera toujours là pour le Hellfest » annonce-t-il. Ce n’est pas démago, c’est simplement vrai et pas uniquement parce que 2019. Le groupe donne un concert sans surprise mais toujours aussi efficace, alignant une bonne heure durant une collection de titres fédérateurs (Sweedish pagans, Carolus Rex, Great war, The red baron…)

Pendant ce temps, un chant aigu sort de Temple. Mince… J’ai failli oublier Merciful Fate. Même si je n’ai jamais aimé le chant de King Diamond, impossible de ne pas assister à une partie de ce show. Le chanteur revêt un masque le temps des premières chanson – une tête de bouc cornu – arpentant une scène inquiétante. Mais voilà, alors que jusque là il suffisait de patienter, les photographes se voient refuser l’accès au pit au bout de 3 chansons… Reste à assister à un spectacle carré avant de retourner prendre position pour ceux que pas loin de 70.000 personnes sont venues voir.

It’s a long way to the top (if you want to rock n roll) (AC/DC) annonce la venue des Mets. Les images de Le bon, la brute et le truand et l’indissociable BO d’Enio Morricone The ecstasy of gold voient le public s’impatienter et exploser dès les premières notes d’un Whiplash qui met les choses au clair. Ce soir, pour la première venue au Hellfest de Metallica, c’est un défilé de classiques auquel le public à droit. Creeping death, superbe, Enter sandman et la première intervention de James Hetfield – « maintenant que ça c’est fait, on va vous jouer quoi ? ». Simple, Les Mets visitent leurs principaux albums et prennent même quelques risques en explorant le mal aimé – et sous estimé aussi – St Anger avec Dirty windows. Les artifices sont moins nombreux que ce à quoi on pouvait s’attendre (explosions et flammes pour annoncer Harvester of sorrow) et les écrans cubiques servent d’animation sympathique. Mais… trop éloigné de la scène pour vraiment profiter de ce show autrement que par écrans interposés, et rincé, je n’assiste pas à la fin du concert. Ni au feu d’artifices qui attire nombre de clissonnais qui prennent place autour du site, derrière les mains et sur les ponts. On aura vu, de loin, Metallica

Cette édition monumentale aura tenue toutes ses promesses : de la folie, de la démesure, oui, mais… Deux week end à ce rythme, c’est trop. Usant, éreintant même au point que le plaisir s’estompe avec le temps tant la fatigue prend sa place. Certes, la météo, suffocante le premier week end, pluvieuse et presque froide le suivant, n’a pas arrangé les choses, ni même ce Covid qui a trouvé un terrain de jeu sans pareil, mais au final, que retiens-je ? un superbe premier week-end, un jeudi dantesque pour les amoureux de metal « classique », et une suite et fin de second week end assez brouillons. On parle de plus de 60.000 personnes pour le concert de Guns, pas loin de 70.000 pour Metallica ? C’est simple, l’accès aux main stages était bloqué… Impossible d’avancer, de circuler, de tenter de faire quelques photos tant la foule était compacte. Et même si avec des setlists sublimes, voir ces grosses têtes d’affiche sur des écrans, ben… bof en fait. Il y a quelques années le Hellfest avait annoncé avoir atteint sa capacité maximale, il l’a largement dépassée ces deux derniers jours et ça retire beaucoup de plaisir. Mais des points positifs, il y en a, plein aussi : un Crisix impérial, des valeurs sûres chez les anciens, même si sans grande surprise (Judas Priest, majestueux, Scorpions, impeccable), une organisation sans faille, une équipe « accueil » au top comme toujours, des agents de sécurité « on se demande parfois où ils sont allés les chercher » mais sympa aussi, bref, tout ce qui fait que le Hellfest reste unique en son genre. Et à peine rentré, les paris sur la 16ème sont lancés (pour moi, les grosses têtes d’affiche seront Def Leppard, Iron Maiden et Rammstein, on en reparlera dans quelques semaines).

Interview: DANKO JONES

Interview DANKO JONES : entretien avec JC Calabrese (basse). Propos recueillis par Skype le 20 août 2021

Alors que Power trio, le nouvel album des Canadiens de Danko Jones, c’est un JC Calabrese, bassiste du combo en pleine forme qui nous dit tout de la conception de ce disque et de bien plus encore. Interview joviale et détendue à l’image du bonhomme.

Danko Jones 2021 by Dustin Rabin

Metal-Eyes : Comment vas-tu aujourd’hui, JC ?

JC : Oh, je vais bien, merci de le demander ! Et merci de prendre le temps de parler de notre nouvel album, Power trio.

 

Metal-Eyes : Que je viens juste de recevoir aujourd’hui.

JC : Fantastique ! Tu peux me le montrer, je n’ai pas encore vu le produit fini, je n’ai vu que les maquettes… (Je lui montre le CD) Oh, ça donne bien.

 

Metal-Eyes : Je n’ai pas encore eu le temps de l’écouter entièrement, comme tu l’imagines. Juste avant, que donne la situation sanitaire au Canada ?

JC : Je crois que la majeure partie de la population, nous devons être 65% de la population, a reçu la double dose du vaccin. Le gouvernement impose que les travailleurs sociaux, ceux qui sont au contact des gens, qui travaillent dans le médical soient vaccinés. La situation semble meilleure que l’an dernier même s’il y a encore beaucoup d’hésitation au sujet du vaccin, comme partout. Mais au final, si ce vaccin ne nous tue pas, nous risquons de mourir d’une maladie contre laquelle il existe un vaccin. On peut s’en protéger de ce virus, on ne devrait même pas en débattre… Il y a beaucoup de discussions, de doutes à ce sujet, et c’est en grande partie dû à nos voisins (Il pointe le doigt vers le sud) Les USA… Il y a sans aucun doute de la désinformation venant de chez eux.

 

Metal-Eyes : Il y a les mêmes hésitations aussi ici, en France… Comment as-tu occupé ton temps pendant cette étrange période ?

JC : Honnêtement, ça fait plus de 25 ans que nous avons formé ce groupe, et j’ai été sur les routes depuis 20 bonnes années, sans avoir de routine, me trouvant à des endroits différents, me nourrissant à des heures variées… Et tout d’un coup, je me retrouve à dormir dans mon propre lit, me nourrir à des heures régulières au quotidien… J’ai pu lire des livres qui s’entassaient depuis des années, et ça fait un certain temps que je souhaite me remettre à courir – autant comme sport que comme passe-temps. Je m’y suis remis il y a 18 mois maintenant, et je m’y tiens. J’ai pu tirer le meilleur parti de cette situation – et nous n’aurons jamais plus autant de temps pour nous, je pense… Le principal, c’est de savoir en tirer profit et de garder son esprit occupé. Quand ton esprit pense à ce que tu ne peux pas faire, tu ne fais pas ce que tu pourrais faire. C’est un peu ce qui nous a poussés à faire cet album. J’ai incité les gars à faire cet album – « on a tellement de temps, faisons-le, maintenant ». J’ai suggéré que nous travaillons par email, tenter de travailler avec ces nouveaux procédés. Danko était hésitant au départ et ça a finalement fonctionné !

 

Metal-Eyes : Il y a tant de gens qui ont été forcés de travailler à distance qu’il n’est pas étonnant que des groupes aient fait de même. Ceci répond à une de mes questions qui portait sur le processus de création pour ce nouvel album.

JC : En gros, il y avait tant d’incertitudes avec cette pandémie – on ne savait pas si nous pourrions nous retrouver dans une même pièce, si oui, y aurait-il une distanciation obligatoire… bref, on ne pouvait pas se retrouver te travailler « à l’ancienne ». J’ai donc proposé aux autres de travailler par email, envoyé une interface à Danko pour qu’il puisse connecter sa guitare à son ordi, enregistrer ses idées, me les envoyer pour que je les arrange, les fasse parvenir à Rich (Knox, le batteur). Il recevait les bases de guitare et de basse, un morceau au clic sur lequel il pouvait ajouter sa batterie avant de me les renvoyer pour que je les arrange. Une fois fait, nous mettions le titre de côté pour y revenir plus tard et passions à autre chose. On a procédé de la même manière pour un paquet de chanson et avons trouvé notre rythme à travailler ainsi. A un certain moment, certaines restrictions ont été levées et nous avons pu nous retrouver avant d’entrer en studio afin de jouer pour la première fois des chansons que nous avions composées via internet. Le plus surprenant, c’est qu’elles sonnaient comme si nous les jouions depuis des années, sans doute parce que nous avons bénéficié de tant de temps pour les travailler, les répéter… Et, tu sais, quand tu enregistre avec trois personnes qui font beaucoup de bruit et un gars qui hurle, tu n’entends pas la même chose que si tu enregistres tes parties de basse tranquillement au calme. Nous avons été philosophes, avons tiré le meilleur de ces outils et de la situation. Ça nous a permis de faire de super bonnes démos qui ont servi de base à l’album. Un bon process. Quand tu retires la scène à un groupe qui ne fait que ça depuis des années, c’est un grand recul, mais tu ne peux pas te centrer sur ce qui n’est plus, ce que tu n’as pas. Tu dois te concentrer sur ce qui est là, ce que tu peux faire. C’est ce qui nous a permis de réaliser cet album.

 

Metal-Eyes : Donc si je te comprends bien, vous étiez déjà, avant de vous retrouver en studio, très satisfaits de vos démos ?

JC : Oui, elles ont été enregistrées pendant la pandémie. Nous avons été forcés de le faire au mieux…

 

Metal-Eyes : Ce qui sous entends qu’Eric Ratz, le producteur, n’a pas eu tant de travail que ça…

JC (rires) : Non, c’était assez marrant en fait : Eric a fait une ou deux suggestions mais en ce qui concerne les arrangements des chansons, tout était quasiment en place. Eric a donc pu bénéficier d’un peu plus de temps pour se concentrer sur les éléments sonores et dynamiques qu’il voulait obtenir pour la guitare, la basse, la batterie. Une paire supplémentaire d’oreilles est toujours la bienvenue. Nous sommes assez expérimentés en tant que musiciens, nous savions où nous voulions aller.

 

Metal-Eyes : Un son typique de Danko Jones, d’ailleurs. Il y a onze titres sur Power trio et tu viens de nous en expliquer la conception. Certains de ces morceaux sont très catchy, très rock n roll, d’autres, comme Ship of lies, très jumpy. Qu’avez-vous mis dans cet album qui a été composé chacun de son côté ?

JC :  Ship of lies, par exemple, c’est un de mes titres. Je voulais écrire une chanson avec ce rythme, un peu comme ton rythme cardiaque quand tu cours, 120 bpm. Je me suis rendu compte, avec d’autres chansons, que le public réagit vraiment bien à ce type de rythme, c’est donc ce que j’ai recherché. Je me demande toujours comment le public va réagir à telle ou telle chanson, et quand j’ai composé celle-là, je visualisais le public dansant, sautant, le sourire aux lèvres. Tu ne peux pas te planter avec ça ! (Rires)

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de Danko Jones, le groupe, entre cet album et le précédent, A rock supreme ?

JC : Tu sais, pour A rock supreme, nous avons été amenés à travailler avec un de mes producteurs préférés, Garth Richardson. Garth a une telle culture… Il est issu de ce monde, son père était un grand producteur. Ce qu’il nous a apporté… sa vision, et quand tu travailles avec quelqu’un comme lui, tout déteint sur toi. Tu apprends toujours de ce type de personnes, des manières de faire un disque. Et de toute évidence, pour Power trio, nous avons dû apprendre à travailler dans de nouvelles circonstances – ne pas nous voir, ne pas nous retrouver dans une même pièce. Nous avons dû faire avec. Tu sais, la musique devrait toujours être fun, quelque chose que tu adores faire, et si tu gardes ça en tête, tu peux réaliser de beaux albums.

 

Metal-Eyes : Donc la différence principale, c’est la manière dont vous les avez réalisés…

JC : Absolument.

 

Metal-Eyes : Il y a une autre grande différence : aussi bien Wild cat que A rock supreme avaient des pochettes très colorées. Celle-ci, que tu viens de découvrir, est particulièrement sobre…

JC : Tu parles de la pochette ? Cette fois, nous avons travaillé avec un designer allemand. Il a apporté cette rigueur allemande. Pour Wildcat, c’était quelqu’un de Barcelone, et tu peux voir ce côté plus « poppy », tandis que A rock supreme, c’est un artiste suédois. Ils apportent chacun leur touche. Là, c’est pareil, et on a dit « fonce ! ». Et tu sais quoi ? Les silouhettes des photos ont été faites par un photographe français… Manu, tu connais ? Un photographe de Paris. Au fil des années, il est devenu un de mes très bons amis, entre les concerts qu’il a photographiés et nos rencontres… Parce que nous nous sommes retrouvés dans une pièces pour un shooting, j’ai suggéré d’utiliser des silhouettes. C’est intemporel et passe partout. J’ai demandé à Manu si c’était possible et il l’a fait. Les photos ont été prises à Paris…

 

Metal-Eyes : ‘Allemagne, le Canada, la France… C’est un album international…

JC (il sourit) : Oui, c’est un album international !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Power trio pour expliquer ce qu’est Danko Jones aujourd’hui, ce serait laquelle, et pourquoi ?

JC : Mmhh… Je choisirai I want out, la première de l’album. C’est une sorte de déclaration d’intentions, elle est puissante et on sait ce qu’on va écouter. Et elle compense quelque peu cette impression que nous avons trous eue, disant « je veux sortir », « Laissez moi sortir, j’en ai marre de cette situation ». C’est un morceau fun à écouter au volant, ça te donne envie d’accélérer. C’est un peu ce qu’est Danko Jones, on n’est pas des penseurs…

 

Metal-Eyes : Tu parles de sortir, de concerts. Avez-vous des plans actuellement, de concert ou de tournée ?

JC : Pour le moment, on a eu de la chance, on a pu donenr quelques concerts ici, au Canada. Je dois reconnaitre avoir été impressionné par la gestion de ces concerts, aussi bien pour nous qui donnons les concerts que pour les spectateurs. Après avoir vu ça, j’ai le sentiment que nous suivons la bonne voie. Partout dans le monde on sait que nous avons besoin de cet aspect social dans nos vies, il faut retrouver cette liberté. Ils ont finalement rouvert quelques terrasses ici, à Toronto, et quand tu vois les gens discuter de tout, de rien, de foot, ça fait plaisir. Ce sont ces petites choses qui nous manquent et que nous oublions. Que nous ne voulons pas oublier. Alors, pour les concerts, nous en avons donnés une poignée et il semble que nous tournions au Canada en décembre. Si tout va bien, nous devrions venir faire une tournée des clubs en Europe en mai, avec une date à Paris le 28 mai. Je ne sais plus où.

 

Metal-Eyes : Si je te parle de Catherine Deneuve ou d’Irène Jacob…

JC : Ah, ce sont mes actrices françaises préférées (il rit). J’ai encore le poster de Belle de jour en bas ! J’ai des sketches des Parapluies de Cherbourg… J’ai adoré Irène Jacob dans Trois couleurs, rouge, j’ai trouvé ce film fantastique. Tu as touché mon point sensible lorsque j’étais plus jeune ! Irène Jacob et Catherine Deneuve.

 

Metal-Eyes :Et puisque nous parlons de la France et de l’impossibilité actuelle de voyager, lorsque nous pourrons de nouveau nous déplacer librement, quel est l’endroit du monde où tu voudrais te rendre en priorité ?

JC : Avant tout, je veux rentrer chez moi, en Calabre, voir ma mère. Ce sera ma priorité, ensuite, j’ai tellement d’amis en Europe que je voudrais prendre le temps de les voir.

 

Metal-Eyes : Revenons un peu à la musique : comment décrirais-tu cet album pour inciter quelu’un à l’acheter ?

JC : C’est un album plein d’énergie positive, direct et sans fioriture, avec des chansons catchy qui te feront ne penser à rien.

 

Metal-Eyes : Une dernière question :quelle pourrait être la devise de Danko Jones aujourd’hui ?

JC : « Persiste, peu importe ce que les gens te disent ». Si tu crois en ce que tu fais, ne baisse pas les bras. Si nous avions écouté les gens il y a quelques années, nous n’aurions pas continué en tant que groupe. Si tu fais ce que tu aimes, si tu vis ta passion… Ce n’est pas un hobbie, un passe-temps, la musique, c’est ma vie ! L’argent est secondaire, ça ne t’enrichit pas. Ce qui t’enrichit, c’est de partager tes expériences avec autrui…

 

Metal-Eyes : Ce qui te rend riche, c’est aussi Knox… (Note : en anglais ça donne « What makes you rick is knocks », jeu de mot avec le nom du batteur, Rich Knox)

JC :  Ah, ah ! excellent. Je vais devoir l’utiliser !

 

Metal-Eyes : C’est son quatrième album avec le groupe, plus un live. Il y a une constance, une stabilité au sein de Danko Jones depuis une dizaine d’années. J’imagine que vous vous sentez de nouveau « un groupe » ?

JC : Oh, clairement, oui ! Quand il y a cette stabilité, il y a… certaines nuances dans nos façons de jouer qui se sont mises en place. Parfois, quand tu joues avec une nouvelle personne, tu dois trouver des marques. Maintenant, c’est en place.

 

Metal-Eyes : Ce qui l’a sans doute aidé dans son jeu pour ce nouvel album, il savait déjà où aller.

JC : Oui, lorsque l’occasion a frappé, il a cogné (En anglais : « When the opportunity knocked, he knocked ») pardon… un autre jeu de mots…

 

Metal-Eyes : On pourrait même le dire au présent « when the opportunity knocks, Rich Knox »…

JC : oui, excellent !

 

Metal-Eyes : JC, avant que nous ne nous quittions, as-tu quelque chose à ajouter au sujet de ce nouvel album ?

JC : C’était quoi ? la double vie de Véronique, c’est un autre film avec Irène Jacob. Un film fantastique. Je fouillais mes DVD l’autre jour, et je suis retombé dessus.

 

Metal-Eyes : A part Irène Jacob, tu souhaites ajouter autre chose ?

JC : Je suis très jaloux du Paris Saint germain ! L’équipe est extraordinaire cette année, et Messi qui vient d’arriver !

 

Metal-Eyes : Mais Messi ne joue pas ce soir à Brest…

JC : T’en fais pas, il est là. Et ce gardien ! Fantastique… (il explose une nouvelle fois de rire)

 

 

DANKO JONES: Power trio

Canada, heavy rock (Mate in Germany, 2021) – sortie le 27 août

Première grosse sortie de cette rentrée, Power trio, le nouvel album de Danko Jones est une belle source de jovialité rock’n’roll direct et sans fioriture. On retrouve tout au long des 11 morceaux des Canadiens ce qui fait la force et l’identité du trio: pas de prise de tête, des chansons simples, courtes et efficaces. Covid oblige, le groupe a ajusté ses méthodes de travail comme nous l’explique le bassiste JC Calabrese au cours de sa longue interview: comme de nombreux autres, au lieu de se retrouver, les compos se sont écrites et enregistrées à distance, chacun travaillant ses parties, les envoyant aux autres et corrigeant par la suite. Le résultat en est tout simplement superbement plaisant. Power trio, c’est du rock comme on l’aime. Un vrai cadeau de rentrée. Pas besoin d’en ajouter d’avantage, il est désormais temps de retrouver le chemin des scènes.

Interview: DANKO JONES

Entretien avec Danko Jones (chant, guitare). Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra de Paris, le 4 mars 2019

Il est bavard, le Danko… Tellement que nous décidons, l’ami Erwan du webzine WarmTV (www.wearerockmetal.fr) et moi, de mener cette interview ensemble. Un exercice toujours plaisant et parfois surprenant. C’est qu’il en a de ces idées de questions tordues, Erwan! Non, non, ne vous ruez pas sur la fin de cette interview. Prenez le temps de savourer…

Metal-Eyes : Tout d’abord, Danko, comment vas-tu et comment se passe cette journée promo ?

Danko Jones : Bien, très bien, et la journée promo se passe très bien aussi. J’ai commencé ici, à Paris ce matin. Je suis arrivé de Toronto hier. Je vais à Stockholm ce soir, je continuerais demain à Milan, puis à Berlin …

Metal-Eyes : Une vraie tournée promo, donc, pour ton nouvel album. Mais commençons par ceci : quel regard portes-tu, deux ans après, sur ton album précédent, Wild cat ?

Danko Jones : Je suis très satisfait de tout ce qui est arrivé avec cet album : avant que l’album ne sorte, lorsque nous avons quitté le studio et que nous jouions ces morceaux sur scène, l’année s’est écoulée, l’an passé s’est écoulé, et j’en suis toujours très heureux. Je suis très heureux que nous ayons fait ce disque.

WarmTV : Aujourd’hui, nous sommes ici pour parler du nouvel album, A rock supreme qui sortira le 26 avril. Vous avez déjà sorti 3 singles pour ce disque. Quant tu as commencé dans la musique, c’était déjà comme ça pour la promotion ?

Danko Jones : Ce n’était même pas la même chose pour Wild Cat… On n’avait sorti qu’un single pour annoncer l’album. Là, c’est le premier album pour lequel nous avons bénéficié de temps. On a sorti We’re crazy… je ne sais plus, l’été dernier, je crois. Burn in hell est sorti en décembre ou janvier, au moment des fêtes, et maintenant Dance dance dance. Et il y a une vidéo pour chacun de ces titres, aussi, ce que nous ne faisions pas avant. Mais aujourd’hui, c’est tellement facile de sortir une vidéo, tel que nous le faisons. Nous n’y figurons pas : les gens nous filment en concert et assemblent le tout. Pour We’re crazy et Burn in hell. Dance dance dance est plus une « video officielle », dirigée par Amir Chandin qui a dirigé… sans doute toutes les vidéo d’hélicoptère que tu as pu voir, les Cardigans, quelques vidéos de Ghost, et nous adorons son travail. Et on le connait depuis plus de 15 ans. On s’est revus il y a quelques temps lors d’un meeting hélico, on est sortis le soir, on a discuté… Maintenant que nous avons repris contact, on lui a proposé. On l’a laissé choisir le concept, nous à Toronto, lui à Stockholm. Nous savions qu’il nous proposerait une super idée de vidéo qui nous emballerait et nous sommes ravis du résultat. Amir, bien qu’il se soit tourné vers le long métrage, continue de faire des vidéos musicales de temps à autre. Nous devions travailler avec lui il y a des années, mais nos plannings ne le permettaient pas. C’est un protégé de Jonas Akerlund qui a fait des vidéos pour… de Madonna à Metallica, en passant, je crois, par Lady Gaga, et il a fait le film Lords of chaos…

Metal-Eyes : Puisque nous parlons d’image, une des choses que le public remarquera certainement est l’illustration de ce nouvel album, très comics, ce qui est assez inhabituel dan sl’esprit Danko Jones…

Danko Jones : Ce qui est surtout inhabituel c’est qu’elle est très chargée. Nos autres albums bénéficient généralement d’une image très expressive, puissante. Nous adorons les premières illustrations, Ulf Lunden a réalisé cette pochette, il a fait les 2 dernières de Graveyard, et on adore son travail. Quand on l’a contacté, il avait déjà une esquisse de cette image d’une fille dans sa chambre. Fan de rock. Je ne sais même pas s’il s’agissait d’une fille ou d’une simple silhouette. On a bien aimé l’idée de cette rockeuse. Il y a plein de filles qui aiment le rock, mais on ne les met jamais en avant, alors c’était sympa à faire. Il y a beaucoup plus de détails que sur nos anciennes pochettes, avec plein de références à nos anciennes pochettes. Il y aune Gibson SG, des images… On en est très contents.

WarmTV : Il s’agit de votre 12ème album.

Danko Jones : 12ème en tout, 9ème album studio. Il y a 3 autres albums qui sont des sortes de compilations de morceaux inédits, démos, faces B, versions alternatives, ce genre de compilation. I’m alive and on fire est une compil de faces B et de titres inédits, B-sides parle de lui-même. Et Garage rock, des démos de 4 titres que nous n’avons jamais sortis mais que nous avons joués live. Je les ai retrouvés sur une cassette, dans une boite chez mes parents : nous les avons digitalisés, et transformés en disque il y a bientôt 4 ans. Alors, oui, tu as raison, il s’agit de 12ème album de morceaux originaux, mais seulement le 9ème en studio.

WarmTV : Tu as commencé en chantant ton amour du rock et des femmes, et aujourd’hui, tu continues de chanter ton amour du rock et des femmes. Backstage…

Metal-Eyes : et du sexe, à l’arrière d’une voiture !

Danko Jones (rire) : Oui, ça, ce n’est que sur une chanson !

WarmTV : Où trouves-tu cette énergie, plus de 20 ans après ?

Danko Jones : Les gens croient souvent que c’est simpliste et facile, mais en réalité, c’est un vrai défi quand tu t’imposes des choses et que tu ne travailles que sur trois accords, trois thèmes. C’est en gros ce que je m’impose depuis 20 ans.

Metal-Eyes : Te défier toi-même ?

Danko Jones : Oui, et c’est un vrai défi de trouver comment, une nouvelle fois, chanter au sujet de cette fille. Ou trouver une nouvelle manière de chanter au sujet du rock, ce que j’aime, comme I gotta rock, ou ici I’m in a band. Ce n’est pas quelque chose de délibéré mais je peux m’y référer aujourd’hui. Je suis certains qu’il y a une autre chanson qui traite du rock… C’est un thème auquel nous nous sommes ouverts ces dernières années, avant cela, nous étions un jeune groupe et ne voulions parler que de filles et de sexe. Maintenant que nous avons passé tant d’années dans un groupe, c’est devenu un sujet au sujet duquel chanter parce que : a/ il n’y a plus beaucoup de gens qui le font, et c’est une sorte de mémo disant qu’il ne reste pas tant de groupes, c’est donc devenu un sujet de discussions, ou plutôt de chansons, et ça ne me gène pas de le faire, ce qui sera encore le cas sans doute sur le prochain album. Mais il faut que le titre de la chanson soit bon. Le titre oriente la chanson sur son thème, il faut que ce soit assez anthémique, représentatif de la chanson.

Metal-Eyes : Qu’en est-il justement du titre de l’album, A rock supreme ?

Danko Jones : En fait, aucune des chansons de l’album de semblait pouvoir convenir pour représenter le disque. I’m in a band est un super titre de chanson, mais s’il devait être celui de l’album, il n’inclue pas Rich et John. Or, nous sommes un groupe. Ca a été difficile, on a beaucoup réfléchi à un titre, chacun a fait des propositions, et ça nous a tellement fatigué et un jour, c’était en France, lors de notre dernière tournée, nous n’avions toujours pas de titre. Fin novembre, début décembre… L’album avait été remis, l’artwork était prêt, et  Ulf avait placé A rock supreme comme dernier… détail. Rich a un jour lancé dans les loges « Pourquoi pas  A rock supreme ? », qui est un dérivé de A love supreme de Coltrane, que nous adorons tous, on a tous les 3 cet album. Le seul problème qu’on avait c’est qu’il s’agit d’un tel album légendaire, qu’on ne peut y toucher. C’est presque un sacrilège de ne serait-ce que le paraphraser. Et là, ça a été le déclencheur, j’ai dit « alors bordel, on devrait le faire, tout de suite ! »  J’aime vraiment cette idée, le côté un peu sacrilège. Ce n’est pas le même genre que le notre, alors personne ne peut vraiment nous accuser de plagiat. On n’appelle pas ce disque « Sgt Peter’s lonely hearts club band ». On est sorti de notre élément, et ça reste un disque qu’on adore. Ce n’est pas la première fois qu’on le fait, alors c’est presque une tradition pour nous d’intituler nos albums d’après des disques de jazz : Fire music a été directement inspiré du disque d’Archie Shepp (album de jazz de 1964). On parlait du titre de ce disque et je pestais « merde ! J’aurai voulu que nous inventions ce titre, Fire music. » C’est un de mes titres d’album préférés de tous temps. Et Shepp l’a trouvé, du jazz ! JC a suggéré de le prendre, genre, « on ne nous dira rien ». On l’a fait, et je pensais qu’on allait faire un million d’interviews pendant lesquelles on nous parlerait d’Archie Shepp, mais pas une seule question ! (rire) Ce n’est que maintenant, alors que nous nous sommes inspiré d’un album de Coltrane, que je commence à parler de Shepp, mais on ne l’a jamais fait pendant toute la durée de promo de Fire music, ou après, avec Wild cat, et maintenant, on me pose des questions au sujet de A rock supreme… Je crois que les gens croient qu’il y a un message caché derrière le titre de l’album, dans les textes, mais il n’y en a pas. Rien de profond ne se trouve dans les textes, tout reste assez direct et cru.

Metal-Eyes : J’ai une dernière question et je te laisse conclure, Erwan : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de A rock supreme pour expliquer ce qu’est Danko Jones, le groupe, à quelqu’un qui ne vous connait pas, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Danko Jones : JC séquence chaque album maintenant. Pour celui-ci, il a fait plusieurs tracklisting. Je crois qu’il n’y en a qu’un qui ne débutait pas avec I’m in a band. Je lui ai dit « allez, mec ! ça doit être I’m in a band ! » Ce titre est simple et direct, et c’est une vraie bonne déclaration d’ouverture. Quand je l’ai réécouté, une fois terminé, tout me représente, personnellement : les paroles parlent de moi – elles sont à la première personne. Maintenant que tout est fini, je crois qu’il s’agit de ce qui se rapproche le plus d’un hymne personnel auquel j’ai participé. Il y a certaines chansons que nous avons pu écrire qui font partie de mes favorites, mais celle-ci, je l’aime vraiment, elle me représente entièrement, le solo de guitare est sans doute mon solo préféré – je n’en fais pas beaucoup parce que je ne suis pas très bon dans cet exercice.

WarmTV : Tu étais en France en décembre pour 2 shows. Tu as sans doute entendu parler des Gilets jaunes que tu as vus en décembre, et qui sont encore là aujourd’hui. Quelle est ton opinion à ce sujet ?

Danko Jones : Oh, waow, ça n’a plus rien à voir avec la musique. Tu sais, je viens du Canada, et vous n’êtes peut-être pas au courant, mais ce mouvement a été récupéré au Canada. Par un groupe d’extrême droite, contre les immigrants et tout. Je ne crois pas que les Gilets Jaunes en France soit d’extrême droite (…) A la base, c’est la classe populaire,ai-je tort ? A la base, je soutiens les revendications. Je crois qu’il ne s’agit plus d’un secret : je suis plus à gauche qu’autre chose. J’ai grandi dans une famille très à gauche, mais je n’aime pas vraiment en parler. Ça devient brumeux, parce qu’au Canada, les Gilets Jaunes, à Alberta, sont racistes, contre les immigrants, les indigènes… Ca devient vraiment compliqué, maintenant : Gilet Jaune signifie différentes choses pour différentes personnes (…) Je ne peux pas dire que je suis pour ou contre en étant enregistré, parce que ce phénomène s’est développé au-delà de la France, dans mon pays. Ils ont récupéré le nom et transformé le reste. Ils tentent de se dissocier, au Canada, des autres mouvements racistes. Tous ces gens… C’est dingue, ils avaient ce truc contre les pipelines, contre les indigènes, contre l’écologie, ils se sont réunis à Ottawa… Quelle que soit ma réponse à ta question, elle sera interprétée de la mauvaise manière, parce qu’il s’agit de deux choses différentes… Tapes sur internet « Gilets Jaunes, Alberta », tu auras toutes les infos. Et ajoute le mot « raciste »…

Metal-Eyes : Je pense que nous allons conclure sur ces paroles…En tout cas, merci beaucoup, j’espère qu’on sera bientôt amenés à te retrouver sur scène. Il y a 2 shows prévus en France, j’espère qu’il y en aura plus à venir.

Danko Jones : Oui, il y en aura d’autres, puisque nous prévoyons une tournée des grandes villes en France et en Europe.

 

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C’est dans le cadre feutré du salon d’un hôtel parisien que Danko Jones, le musicien, reçoit les médias pour parler de Wild Cat, le nouvel album de Danko Jones, le groupe. Le musicien est calme, doux même, mais surtout déterminé. Et parlez-lui de sujet qui fâchent, il devient intarissable. Interview fleuve à lire jusqu’au bout!

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Metal-Eyes : Merci Danko de recevoir Metal Eyes. Tu es à Paris pour la promotion de Wild Cat, votre huitième album studio. Tout d’abord, nous sommes toujours en janvier, bonne année, et, donc, quels sont les souhaits, résolutions et attentes de Danko Jones en 2017 ?

Danko Jones : Eh bien, nous avons un nouvel album qui arrive, Wild Cat, donc nous allons consacrer beaucoup de temps à le promouvoir – ça va nous prendre presque toute l’année. C’est la première chose, nous allons tourner et le promouvoir, principalement. D’un autre côté, il y a des projets annexes sur lesquels nous travaillons JC et moi, dont un magazine appelé Iron Magazine, avec deux membres de Circle, en Finlande. C’est un groupe qui existe depuis… 25 ans, qui sort constamment des albums. Nous avons collaboré l’an dernier et un Ep de 4 titres va paraître le mois prochain (février). J’ai aussi enregistré avec Lebby Walker et, j’espère, ce single sortira cette année. Il y a Mike Mc Creedy de Mark Lanegan de Screaming Trees, Duff McKagan des Guns, et ils ont fait appel à plusieurs chanteurs. J’ai interprété deux chansons. Et je suis en train de monter une anthologie de mes écrits pour différents magazines que j’espère publier d’ici cet été. J’ai pas mal de personnes qui y collaborent, pour des illustrations, dont certains de mes dessinateurs de comics préférés, Larry Fleener, Gary Dumm…

Metal-Eyes : J’allais te demander plus tard comment tu t’occupes entre deux albums de Danko Jones, mais tu viens de répondre…

Danko Jones : En fait, j’ai un podcast que j’alimente toutes les deux semaines. Ça fait 5 ans maintenant, pour un total de 143 épisodes.

Metal-Eyes : Revenons au groupe : Danko Jones en 2017, c’est quoi ?

Danko Jones : La même chose que ce que nous avons toujours été : un groupe de rock, qui publie des albums et tournons. En espérant que le public apprécie les disques.

Metal-Eyes : Il devrait apprécier celui-ci. JC (basse) et toi travaillez ensemble depuis maintenat 20 ans. Comment décrirais-tu la relation qui vous uni tous les deux ?

Danko Jones : Comme tu l’as dit, nous nous connaissons depuis si longtemps… Ça fait 21 ans qu’on travaille ensemble. Tu vis et tu apprends à travailler avec l’autre, surtout dans une relation aussi confidente. Ce qui fait que notre relation perdure est le respect mutuel, le fait de permettre à l’autre de faire ce qu’il fait. Il est très bon dans certaines choses, et je suis très bon dans d’autres et on a confiance l’un et l’autre dans nos domaines respectifs. Je pense que cela permet d’entretenir une vraie bonne relation. Le message est simplement « ne sois pas un trou du cul » Sois simplement cool avec tout le monde et les choses se feront d’elles même. Tu sais, la relation que j’ai avec JC est la même avec Rich (batterie) et avec notre équipe. Traitez les gens avec respect… C’est souvent difficile à faire dans l’industrie musicale, qui est bourrée de faux semblants, de bravades, d’égo et… L’égo est, je crois, ce qui entraine beaucoup de gens dans ce business. Ou le manque d’égo…

Metal-Eyes : Le groupe publie un album tous les deux ans, environs. Vous restez occupé entre temps. Comment est né Wild Cat ?

Danko Jones : Un peu comme Fire Music, de manière naturelle et relax. On a commencé le travail il y a un an, environ et, je ne sais plus, fin avril ou début mai nous avions presque tout écrit, démo enregistré et pré produit… Il y a eu les festivals d’été qui nous ont permis de passer l’été en festivals et à ces enregistrements de se reposer et s’ancrer en nous. A la fin de l’été, on s’est dit qu’il nous fallait deux ou trois chansons de plus, que celle-ci n’était pas assez puissante, celle-là devait être remplacée. Alors, nous avons enregistré trois nouvelles chansons, deux ont fini sur l’album et en septembre nous étions en studio pour l’enregistrement. Même si ça parait très rapide, ça s’est fait en douceur. Tu sais, quand tu fais les choses dans le confort et tranquillement, sans la pression de date butoir ou de délai… on atteint de bons résultats. Prends le temps de respirer… Nous avions le luxe du temps pour nous, pour cet album et le précédent. Avant, ce n’était pas le cas. Le  deadline arrivait très vite, et nous n’avions que peu de temps pour composer, enregistrer… Maintenant, nous pourrions nous imposer une limite, mais, grâce au succès de Fire Music, et la manière dont nous avons réalisé ce disque, nous n’allons rien changer ! Et c’est moins de pression. On avait une putain de pression sur les épaules, qui veut vire comme ça ? La tournée est assez stressante, tu sais qu’elle arrive, alors pourquoi en rajouter ? Quand quelque chose va vire longtemps, pourquoi ajouter de la pression ? Moins tu te mets de pression, plus facilement tu atteins de bons résultats.

Metal-Eyes : j’ai pu écouter Wild Cat qui, selon mes premières impressions, mélange diverses influences; On retrouve du Green Day sur I gotta rock, Ramones sur Going out tonight, Thin Lizzy sur You are my woman, et je peux même entendre du Jimi Hendrix sur Revolution. Cela te semble-t-il correct, et qu’avez-vous mis d’autre dans cet album ?

Danko Jones : La majeure partie est correcte. Green Day ne fait pas partie de nos références (rires). I gotta rock est simplement un morceau de rock traditionnel, je n’entends pas ce soit disant punk… Mais, si tu l’entends, soit ! Ce n’est pas un groupe… Ils sont bons, mais je n’écoute pas ce groupe, pas assez pour qu’ils m’influencent. Pour le reste… You are my woman est définitivement un clin d’oeil à Thin Lizzy, tout comme Going out tonight fait référence aux Misfits, c’est évident. Des chansons comme Wild Cat font référence à Van Halen – Hot for teacher, Fools, Top Jimmy. Let’s start dancing mélange Van Halen et Bad Brains… Oui, parfois il y a de nouvelles influences mais rien de vraiment neuf, en réalité. On n’a jamais eu de chanson qui sonne entièrement comme du Van Halen, on n’a même jamais composé dans cet esprit ! C’est nouveau pour nous, et tout est fait sous couvert de « Rock n Roll »…

Metal-Eyes : Au niveau des textes, tu parles de Rock n Roll, sur scène, sur la banquette arrière d’une voiture, s’amuser, faire l’amour à l’arrière d’une voiture. Il n’y a rien de très neuf ou ai-je raté quelque chose ?

Danko Jones : Le rock est sans doute le seul genre musical qui puisse faire référence à lui-même, c’est devenu une sorte de tradition. Avec des chansons comme I gotta rock, ça fait sens. Le metal ne peut pas le faire sans être vu comme un paria, le jazz ne le fait pas, le rap non plus… En termes de paroles et de thématiques, oui, ça traite toujours d’amour, de sexe, de filles, de femmes, de relations… Je ne sais pas quoi d’autre chanter avec ces riffs-là. En tere de politique ou de prise de conscience sociale ? Ce ne sont pas des riffs fait pour cela, ils ne se marient pas avec ces thèmes. Je crois aussi que l’idée d’écrire des chansons sur le même thème, encore et encore, avec le même type de musique fait qu’on décrédibilise ce type musical. Mais je pense qu’il y a aussi une forme d’art à réarranger en permanence les trois mêmes accords avec les mêmes thèmes. Les groupes qui veulent toujours avancer et utilisent des termes comme « progression » et « aller de l’avant » ou « être plus mature » feront tout ce qui est en leur pouvoir pour atteindre cet objectif. Vu de l’extérieur, ça semble très artistique, très créatif. Mais, à mes yeux, ce n’est qu’une illusion, d’écrire de la sorte, alors que c’est bien plus difficile artistiquement de te confiner et voir comment tu peux tirer quelque chose… pas de neuf, mais de différent, plus frais d’un thème récurrent. Je crois qu’on fait beaucoup trop attention à ces choses… Les gens me disent toujours qu’on sort le même album, que je parle toujours de femmes… Oui, mais je l’ai fait de 100 manières différentes ces 20 derniers années, et je n’arrêterais pas ! Je crois que s’il y a une forme d’art qui ne reçoit pas l’attention mérité, c’est ça. Je pense que c’est parce que les gens se braquent sur la présentation du thème… Tu parles de femmes, de rock… Ce ne sont pas des sujets « sérieux », et les gens pensent que ce n’est rien de plus que… boire de la bière et s’écorcher les genoux avec une musique de faible intérêt. Mais je ne vois pas les choses ainsi, surtout en travaillant encore et encore les arrangements de ce sujet. C’est très satisfaisant d’écrire une chanson dans cette tradition mais de manière différente. Wild cat n’a rien à voir avec Sound of love, totalement différente de Love travel ou First date… Elles sonnent toutes différemment bien que traitant du même thème. C’est ce qui fait de cet art quelque chose d’amusant et de créatif. Les gens ne s’en rendent pas toujours compte. D’un autre côté, pourquoi le feraient-ils ? Nous nous présentons comme un groupe léger, de fêtards… Mais quand tu t’intéresses au making of, à ce qui se passe en coulisses, tu ne peux nier qu’il y a une forme d’art, sans conteste.

Metal-Eyes : Justement, aujourd’hui, tu te considères plus comme un musicien ou un artiste ?

Danko Jones : Oh, mon dieu, non, je déteste ce mot d’artiste ! Même le fait d’utiliser l’expression « il y a une forme d’art à faire ça » me gêne… Les personnes qui se croient artistes se sont sans doute masturbé le cerveau. Je trouve ça vraiment prétentieux et je n’ai pas de temps pour ça. Qui que ce soit qui se dit « artiste » devant moi… généralement, je me renferme… (rires) Je n’y fais pas attention ; Je ne suis qu’un gars dans un groupe de rock.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de Danko Jones, le groupe, entre Foire music et Wild cat ?

Danko Jones : C’est une continuité de Fire music. Pas une seconde partie, mais bien une continuation dans le sens où nous avons utilisé les mêmes studios, avons travaillé avec le même producteur. Ce qui est, vraiment, la première fois que nous faisons cela dans notre carrière : enregistrer des disques avec la même équipe. Depuis Born a lion et de disque en disque, il y avait toujours une chose qui changeait. Le line up, le studio, le producteur, l’un de ces éléments, deux ou tous changeait. D’une certaine manière, c’est sans doute parce que mes oreilles sont faites à ce groupe, je peux sentir le changement venir. C’est une bonne chose.Je ne regrette rien de ce que nous avons fait auparavant mais j’ai l’impression que nous tenons quelque chose. Et je pars du principe qui dit « pourquoi réparer quelque chose qui n’est pas cassé ? ». Une fois que nous avons compris les marqueurs de Fire music et les avons réalignés pour Wild cat, eh bien, pourquoi en changer ? Rich… Enregistrer avec Rich, qui est dans le groupe depuis 4 ans… Ça a été tellement plaisant d’enregistrer avec lui, de travailler avec lui ces 4 dernières années, ça ne va pas changer… C’était plaisant avec Eric, et il avait un tel son… pourquoi parier sur quelqu’un que nous ne connaissons pas… C’est un rocker, nous savons comment chacun travaille… pourquoi changer cela ? Eric a tendance à travailler dans certains studios parce qu’il les connaît, il sait quel son il obtiendra et où. Nous avons procédé de la même manière pour Fire music et Wild cat.

Metal-Eyes : Pourrait-on dire que l’évolution du groupe réside dans sa stabilité, alors ?

Danko Jones : Oui, tu as raison. Même si Fire music était plus « colérique », il n’y a pas de revanche ici. Toutes les chansons de Wild cat sont énergique, elles rockent et… expliquent bien ce que nous sommes en tant que groupe. On ne cherche rien. Avec Fire music, nous sortions d’une situation très tumultueuse avec le  line up précédent. Oui, il y a des résidus de cette expérience sur Fire music. Mais depuis, nous avons rencontré notre plus gros succès commercial, et il n’y a pas de colère. Les albums sont un reflet de ce que nous sommes à un moment précis.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Wild cat pour expliquer ce qu’est Danko Jones à quelqu’un qui ne vous connais pas, ce serait quelle chanson ?

Danko Jones : Sans doute Wild cat. J’étais si content quand nous avons choisi d’en faire le titre de l’album, parce qu’il y a tant d’éléments dans cette chanson. Autrement, My little rock n roll qui est aussi une de mes préférés de l’album. Je choisirais l’une de ces deux-là, mais plus le morceau titre.

Metal-Eyes : Il y a quelques concerts prévus en mars, et j’imagine que d’autres dates vont être annncées à la sortie de l’album.

Danko Jones : Sans doute, oui… Pour l’instant, on y travaille. Bien sûr, chaque semaine des festivals sont annoncés, ce qui va nous occuper de juin à août, mai est en cours… On travaille sur l’automne… Généralement, on commence avec une tournée d’échauffement de deux ou trois semaines avant de revenir jusqu’en automne. Je suis à peu près certain que nous reviendrons à l’automne prochain en France pour quelques concerts avant de rentrer et revenir…

Metal-Eyes: On connait le musicien, mais on connait moins Danko Jones, l’homme. Quels sont tes passe-temps ?

Danko Jones : Mes passe-temps ? eh bien, je fais mon podcast. Je ne le fais pas pour l’argent ou comme un boulot. Je n’ai pas de délais, je réponds à moi-même, j’invite les gens que je veux inviter… ca m’occupe toutes les deux semaines, et il y a de quoi. C’est exigeant, mais je ne pense pas que ça prenne le pas sur le groupe. Je connais d’autres personnes qui sont dans des groupes et publient deux ^podcasts par semaine. Même un seul, c’est beaucoup. Deux en une semaine ? ça peut être cool ; je vais prendre un mois de repos une fois l’album sorti et l’utiliserai pour préparer des podcatss en nombre, ce qui me permettra de pouvoir tenir jusqu’à la période des festivals cet été. C’est un hobby. J’écris aussi. Des articles pour des magazines. Ils me laissent écrire ce que je veux et je le ^prend comme un exercice d’écriture la plupart du temps. C’est fun. Je n’ai pas de hobbies comme le tennis ou collectionner ceci ou cela… Si, je collectionne des disques, on peut considérer ça comme un hobby. Il m’arrive d’organiser des voyages pour ça, parfois. Mais je l’ai toujours fait. Je considère mon podcast comme mon hobby principal.

Metal-Eyes : Terminons avec une question sérieuse : il y a quelque jours, votre voisin a investi la maison Blanche d’un nouvel occupant. Il n’a pas seulement décidé de construire un mur à la frontière mexicaine, j’ai aussi entendu dire qu’il envisageait d’en construire un à la frontière canadienne…

Danko Jones : Oh, j’espère qu’il va le faire (rires) Qu’il construise son putain de mur… Il ne… il ne veut pas construire un mur au Canada, d’où tu tiens ça ?

Metal-Eyes : Ce sont des musiciens canadiens qu’i m’en ont parlé…

Danko Jones : Non, non, non, ils ne savent pas de quoi ils parlent ! Quels musiciens canadiens t’ont dit ça ?

Metal-Eyes : Pas de nom !

Danko Jones : Ok, j’appelle ça de la désinformation, ou de la manipulation de faits.

Metal-Eyes : Comment considères-tu ce qu’il se passe aujourd’hui aux USA ?

Danko Jones : Ah… c’est une blague. Donald Trump est un porc fasciste. J’ai peur de le dire, mais ça devient, à la minute, de plus en plus une nation fasciste. Je suis Canadien, je pense que je suis en sûreté, mais qui sait ? Quand la plus grande puissance du monde devient fasciste, qui est en sécurité ? Je te dirais cela : il n’y a pas de mur prévu entre les USA et le Canada ! Quel que soit le musicien qui t’a dit ça, il doit vraiment avoir la tête dans le cul… S’il plaisantait, c’est une chose, mais s’il est sérieux… Il y a une réalité de construction entre les USA et le Mexique, oui. Mais ça ne va pas se produire. Ça ne peut pas se produire. Si ça se fait, ce ne sera que temporaire. Tout ça n’est fait que pour nous distraire. Et c’est là-dessus que, je pense, nous devons tous nous concentrer : de quoi cherche-t-il à nous distraire ? Avec ses tweets démentiels que personne sain d’esprit n’oserai dire ? Pourquoi dit-il ces choses ahurissantes ? Je n’ai ni les moyens ni les moyens intellectuels pour comprendre quelle est la cause de ce s choses. Mais, j’en suis persuadé : il ne s’agit que de détourner notre attention. De quoi ? Ses investissements, ses conflits d’intérêts ? Il a annulé son rendez-vous sur les conflits d’intérêts pour rencontrer Kanye West… Il n’a toujours pas expliqué ses réformes sur les impôts. Je suis Canadien, mais ses décisions vont directement nous affecter, en tant qyue Canadiens…

Metal-Eyes : Et les Europpéens aussi…

Danko Jones : Oui, oui , d’un point de vue global et économique ! Ses positions sur le changement climatique – « ça n’existe pas » – ça va affecter l’avenir de l’humanité ! Ils sont déjà en train d’envisager de quitter les accords de Paris. Cela va affecter la planète entière. Il démembre le NAFTA, les accords de libre-échange nord-américains… Cela va affecter des personnes que je connais, des familles entières. Ce ne sont pas des choses que je lis dans les journaux, ce sont des personnes que je peux nommer qui vont se trouver au chômage. J’ai tweeté au sujet de Donald Trump et je suis choqué lorsque des Américains n’ont pour seule réponse : « en quoi cela t’intéresse-t-il ? tu es Canadiens ? Tu devrais même ne pas t’y intéresser ! Comment cela te touche-t-il, tu es Canadien ! Ne te mêle pas de notre politique… » et je me dis : mais les gars, vous ne vous rendez même pas compte, vous vivez dans une telle bulle que vous ne réalisez pas à quel point cela va vous toucher. Un niveau d’ignorance mêlé à encore plus d’ignorance… C’est tellement facile de détourner l’attention que c’en est parfois difficile de s’en rendre compte. Pourquoi balance-t-il des tweets sur un spectacle de Broadway, Ok, mais ce n’est qu’un putain de spectacle à Broadway, que vise-t-il, bordel !  Et là, tu réalises que le système éducatif aux USA est juste… déplorable. C’est pire que tout.. Mais bon…

Metal-Eyes : en tout cas, merci Danko pour cet échange et bonne chance avec la sortie de Wild Cat, qui paraît le 3 mars prochain.

 Merci à Roger Wessier pour l’organisation de cette rencontre.