HELLFEST FROM HOME revient!

Nouveau report oblige, le Hellfest a décidé de nous proposer une édition 2021 depuis la maison.

Du 17 au 20 juin, Hellfest From Hom permettra à tout un chacun d’assister à des concerts inédits, filmés sur le site du festival quelle que soit la scène. Nous pourrons ainsi assister à des prestations de groupes aussi variés que Jinjer, Shaârghot, E,fiserum, Tagada Jones, Crisix, Laura Cox, No One  Is Innocent, Black Bomb Ä (sur les mainstages) ou 7Weeks, Hangman’s Chair, Loudblast, Karras, Horskh, The Great Old Ones et d’autres sur ALtar, Temple, Valley et Warzone.

Mais ce n’est pas tout! Le Hellfest est une expérience complète et peu importe que cette année se passe depuis notre salon, l’expérience e doit rester unique. Ainsi, nous retrouverons des archives Arte concerts, des conseils culinaires avec Hell’s food et Hell’s drink , un documentaire inédit (Kingdom of muscadet) ainsi qu’une visite interactive du festival.

Pour couronner le tout, un merch exclusif vous est également proposé sur le Hellfest shop!

Toutes les infos sur le site du Hellfest

 

Interview: POP EVIL

Interview POP EVIL : entretien avec Leigh Kakatay (chant). Propos recueillis par Zoom le 10 mai 2021

Pop Evil by ASHLEY OSBORN

Magie de la technologie, Skype, Zoom et autres plateformes nous permettent de nous entretenir à travers la planète plus aisément que jamais. En attendant de pouvoir nous retrouver en face à face, depuis plus d’un an maintenant, nous nous sommes réinventés et avons modifié nos manières de mener un entretien. « Clic », on allume la caméra et on peut avoir un semblant de face à face. Il est 11 heures du matin dans le Michigan d’où Leigh Kakatay, le fondateur et chanteur de Pop Evil assure la promotion du nouvel album du groupe. Pourtant… surprise ! J’allume ma caméra et lui m’annonce encore être en pyjama… Ça commence bien… Tu en fais souvent toi des promos imprévues encore en pyjama ? Allez, c’est parti pour un simple phoner. Mais agréable avec un bavard de chez bavard…

 

Metal-Eyes : Tout d’abord, Leigh, comment te portes-tu ?

Leigh KAKATAY : Je vais très bien ! C’est une période assez excitante, les shows commencent à être reprogrammés… Il semble que nous retournions vers quelque chose de plus normal… Et ça me va très bien.

 

Metal-Eyes : Versatile, votre nouvel album, suit l’auto-nommé Pop Evil paru en 2018. Quand avez-vous débuté l’écriture de ce disque ?

Leigh KAKATAY : Je crois que nous avons commencé début 2019 à enregistrer quelques démos. Jusqu’au produit fini qui sort maintenant il s’est passé pas mal de temps…

 

Metal-Eyes : Haley, votre batteuse, est Anglaise. Elle vit en Angleterre ?

Leigh KAKATAY : Oui, elle vit là-bas.

 

Metal-Eyes : Alors comment avez-vous travaillé pour cet album ? Il y a des moyens techniques qui le permettent aujourd’hui, mais la période ne se prête pas vraiment au voyages, depuis plus d’un an.

Leigh KAKATAY : C’est vrai, répéter est toujours un défi… Avant le Covid, nous avons pu le faire. Mais elle est si perfectionniste, même sur le back catalog de Pop Evil, elle veut que tout soit parfait. Elle répète et s’entraîne beaucoup. C’est avant tout du travail, mais quand ça matche avec quelqu’un, peu importe d’où vient cette personne. OK, les répètes sont délicates, mais on y arrive. Elle vient ici pour un bon moment afin de répéter, ensuite, nous partons en tournée. Nous voulions quelqu’un qui puisse jouer ces morceaux, qui soit un peu différent. Avant, c’était vraiment un club de gars du Michigan… Quand notre précédent batteur est parti, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire de différent. Nous l’avons trouvée à Londres, et ça l’a fait. C’est notre second album avec elle, elle fait maintenant entièrement partie du groupe.

 

Metal-Eyes : C’est son second album avec vous. Comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre Pop Evil et Versatile ?

Leigh KAKATAY : D’abord, je dirai qu’il est pus organique. Il y a cinq personnes dans le groupe et autant d’influences. Comme avec n’importe quel groupe, tu nous mets tous dans un studio, dans un esprit de répétition et voilà ce qui en ressort. Du point de vue « Pop Evil », nous avons repoussé nos limites. Nous faisons des meet and greet, là nous étions plus dans une approche « tête à tête », demandant à nos fans ce qu’ils attendent de nous. Il y a eu plus de demande de heavy et d’utilisation de guitare acoustique, et même des demande d’album entièrement acoustique. Des demandes opposées mais c’est cool… Avec cet album, nous avons voulu concentrer toute cette énergie que l’on retrouve sur les autres disques. Quand nous enregistrons des démos, nous y trouvons de l’énergie et ça nous plaît. Un jour, tu trouves un producteur qui ne connait peut-être pas ton groupe, et qui te demande de tout réenregistrer, de casser cette énergie. C’est quelque chose que je n’aime vraiment pas – l’expérience des albums passés. Nous avons voulu corriger cela et transformer cette énergie pour la scène. C’est une chose dont nous parlons toujours au sein du groupe : les concerts. Comment nous améliorer encore en concert, faire de notre expérience de tournées quelque chose d’encore plus excitant pour nos fans. Avec Versatile, nous savions que nous voulions quelque chose de différent. Cette énergie des démos… Quand tu es emballé par une démo, tu sais que c’est le résultat que tu veux obtenir. Et que nous enregistrions ici, dans le Michigan, ou à LA, c’est là-dessus que nous voulions nous concentrer. Nous ne voulions pas qu’un producteur entre et casse tout cela. Pour ma voix, nous avons enregistrer deux ou trois prises, nous avons pris de mes précédentes sessions aussi. Initialement, le chant est la partie la plus excitante pour moi, je n’intellectualise pas trop, je prends les choses comme elles viennent, je laisse ma voix aller là où les mélodies l’emportent. La plupart des prises de chant que tu entends proviennent des premières prises. Il n’y aurait sans doute pas la même sensation d’urgence dans mon chant s’il avait fallu faire plus de prises…

 

Metal-Eyes : Tu as dit que vous vouliez pousser vos limites mais aussi que les fans vous demandent des choses opposées. Vous vous appelez Pop Evil, tout est dit dans votre nom… De ce que j’ai pu entendre de votre nouvel album, il y a des passages très heavy et agressifs, d’autres plus pop. Qu’avez-vous mis dans cet album ?

Leigh KAKATAY : L’album est similaire aux hauts et aux bas de la vie… Je ne suis pas toujours en colère, ni toujours heureux… Il y a beaucoup d’entre deux. Nous jouons avec les émotions. Nous ne sommes pas le genre de groupe à toujours jouer la même chose. Il y a des tonnes de choses qui nous influencent. C’est pareil pour chacun des membres du groupe. Et puis, nous avons grandi, nous avons des familles, nous écoutons plein de musiques différentes ce qui a un gros impact sur nous. La musique du Michigan particulièrement. Si tu comprends, outre-Atlantique, les origines de la musique du Michigan, tu sais qu’il s’agit d’un marché test – comme tout le mid-West en réalité – pour la musique. Il se passe beaucoup de choses ici. Nous avons grandi sans beaucoup d’argent et sans réelles opportunités de faire des choses, avant tout parce qu’il fait froid six ou sept mois dans l’année… Tout ce que nous avions à faire en grandissant, c’était d’aller en concerts. Chaque fois que quelqu’un venait en ville, nous allions le voir live, il n’y avait rien d’autre à faire ! Ça nous a permis de regarder les groupes. Nous avons été très influencés par de nombreux groupes des années 90… Des groupes très mélodiques, groovy, mais on écoutait aussi des choses plus heavy, Metallica, ou d’autres plus metalcore. Quand nous avons monté ce groupe, la question était de savoir comment nous pouvions intégrer toutes ces influences, comment faire ressortir tout ce spectre d’influences et donner des concerts différents de ce à quoi le public est habitué.

 

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de choses, là… Si tu devais résumer, et jouer ton rôle de vendeur, que dirais-tu pour me convaincre de courir acheter cet album à sa sortie ?

Leigh KAKATAY : Eh bien, je te dirais que c’est un album plein d’énergie, plein de groove. Si tu veux de la musique puissante sur laquelle tu puisses chanter, alors cet album est fait pour toi ! Et si tu es déjà fan de Pop Evil, alors, il s’agit là du meilleur album de Pop Evil

 

Metal-Eyes : Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un titre de Versatile pour m’expliquer ce qu’est Pop Evil aujourd’hui, laquelle serait-ce et pour quelle raison ?

Leigh KAKATAY : Sans hésiter, je choisirai Breathe again. Cette pandémie nous a vraiment tous mis à genoux et rappelé ce qui est important dans la vie : faire ce qu’on aime. En ce qui nous concerne, écouter de la musique, découvrir de nouveaux groupes, continuer d’aimer les groupes que nous aimons… Simplement réapprendre à respirer de nouveau et ç a, c’est la camaraderie et fréquenter des gens. Aller à des concerts avec des gens que tu ne connais pas, découvrir des gens qui, eux aussi, aiment Pop Evil. Espérons que nous puissions nous retrouver, faire ce que nous aimons : aller en concerts, s’amuser…

 

Metal-Eyes : L’album débute avec Let the chaos reign. Y a-t-il un message particulier derrière ce titre ou est-ce lié à la pandémie ?

Leigh KAKATAY : En fait, il a été écrit avant la pandémie. Let the chaos reign fait référence à nos concerts : quand tu y viens, c’est un mosh-pit, un chaos contrôlé. Pop Evil est un croisé du metal, nous n’aimons pas le monde de la pop, c’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Au début des 90’s, le rock perdait beaucoup de terrain, remplacé par la pop… Pour moi, Pop Evil était une sorte de leitmotiv qui me poussait à me lever le matin, à faire partie d’un groupe de rock pour lutter contre la pop… Je crois que ce nom nous a beaucoup aidé à trouver notre place, et à ne jamais prendre « non » comme une réponse. Le rock est très vivant, c’est une évidence ! Tu as assisté à un festival en Europe, alors tu sais de quoi je parle !

 

Metal-Eyes : Breathe again, comme tu l’as dit, semble avoir été plus inspirée par la pandémie que par la mort de George Floyd, par exemple…

Leigh KAKATAY : En fait, tout l’album a été écrit avant la pandémie. Mais c’est assez dingue de voir à quel point tout peut aujourd’hui avoir un sens différent, maintenant que nous vivons cette pandémie.

 

Metal-Eyes : De quoi traitent tes paroles ?

Leigh KAKATAY : J’aime transmettre des messages positifs. C’est quelque chose de commun au groupe. Aider une personne, le faire quand nous sommes en tournée, loin de nos familles et amis. Si nous parvenons à rendre une situation plus vivable pour quelqu’un à travers notre musique, c’est clairement une réussite.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que tu ne souhaites pas aborder avec Pop Evil, des sujets que tu préfères éviter ?

Leigh KAKATAY : Je ne crois pas… Je suis toujours prêt à écrire si quelque chose de positif peut en ressortir. Nous essayons d’aider. Avec la pandémie et toutes les controverses actuelles, ça va être intéressant de voir ce nous allons pouvoir en tirer. Les sujets de la pandémie vont impacter beaucoup de monde, y compris les membres du groupe. Haley a été confinée en Grande Bretagne, j’ai à peine vu les autres membres du groupe…Nous ne nous sommes pas retrouvés depuis… janvier 2020 ! Ça va vraiment être intéressant de ressentir ces émotions quand nous allons nous retrouver pour écrire… Pour le moment, nous voulons simplement retrouver la scène.

 

Metal-Eyes : Il sera aussi intéressant de voir quelle sera votre énergie scénique une fois que vous rejouerez live (il approuve). Tu as justement dit que la situation s’améliore aux USA…

Leigh KAKATAY : Oui, je veux voir les choses positivement. Notre Etat a été gravement affecté par la pandémie, mais tout semble redevenir normal, les gens ressortent… J’espère retrouver une vie normale, comme tout le monde. Nous avons des dates bookées à partir de juillet, une tournée avec Shinedown. Des dates uniquement aux USA, des festivals. C’est un bon début.

 

Metal-Eyes : Quels souvenirs gardent-tu de votre dernier concert parisien, au Trabendo ?

Leigh KAKATAY : Je me souviens de beaucoup d’énergie. J’étais, pendant notre dernière tournée en France, super malade, j’avais une bronchite carabinée et il fallait que nous fassions avec ! Je me souviens de cette énergie, du public qui chantait les paroles avec nous. Notre public croît en France, c’est une bonne chose. Il nous a fallu du temps pour venir en Europe : nous étions coincés par un contrat discographique et il nous a fallu nous en tirer après le second album. Notre label actuel, eOne, est venu à notre secours, il a fallu négocier notre sortie. Nous n’avions pas les moyens financiers de venir en Europe à nos débuts, il nous a donc fallu du temps pour venir. Je suis très reconnaissant de cette croissance en Europe, nos fans y sont extraordinaires. Et la France nous a si bien accueillis que nous sommes impatients d’y revenir. Ce qui se fera vraisemblablement avec le nouvel album. L’Europe est terre de rock et nous sommes honorés d’y apporter notre petite touche.

 

Metal-Eyes : C’est intéressant de constater que de ton côté, américain, tu considères l’Europe comme un marché important alors que pour les Européens, le marché à conquérir, c’est les USA…

Leigh KAKATAY : Etant issu d’un groupe américain, nous voyons en effet l’Europe comme une terre de rock. Il y a une passion pour le rock et pour le metal différente de ce qu’il y a aux USA. Aux Etats Unis, il y a de plus grandes foules, de plus grands… tout est plus grand, mais ça peut ne pas être une bonne chose parce qu’il y a tellement « plus ». Les fans, avant la pandémie, avaient tendance à prendre les choses pour acquises : « oh, on ira voir ce groupe la prochaine fois qu’il passe » … J’ai l’impression que les Européens apportent vraiment leur soutien aux groupes qu’ils vont voir, ils comprennent les implications, financières ou autres, et je crois qu’ils ont plus de sympathie et de passion pour les groupes américains qu’ils soutiennent. Si nous donnons 3 ou 4 concerts en France, le public sera présent. C’est pareil en Allemagne, en Angleterre et partout en Europe. Je pense que la passion des Européens pour le rock et le metal est vécue différemment, et j’aime vraiment cela. Nous devions venir l’été dernier, pour la saison des festivals, mais le Covid a frappé et ça a ruiné pas mal d’opportunités de voir le groupe grandir outre-Atlantique. Je ne pense pas que nous puissions revenir avant 2022, à cause des restrictions de voyage… Personne ne sait vraiment ce qu’il en sera. Si nous pouvons venir avant 2022, tant mieux ! Il n’y a pas de meilleur endroit pour moi que les festivals en Europe !

 

Metal-Eyes : Tu constates aussi la différence de réactions entre les fans européens et d’autres ?

Leigh KAKATAY : Les fans français, anglais et allemands nous ont toujours super bien accueillis, avec passion. C’est sans doute parce qu’ils connaissent bien notre musique… Je compare toujours avec les groupes américains où nous avons toujours tournés, deux fois par an depui 2007. J’ai l’impression qu’ici c’est « montre-moi ce que tu sais faire » tandis qu’en Europe c’est « donne-moi ce que tu as » !

 

Metal-Eyes : J’aime cette façon de voir les choses !

Leigh KAKATAY : Tu sais, nous n’avons pas rencontré le succès rapidement aux USA, nous avons tourné dans des circuits… LA première fois que nous sommes allés en Australie, les salles étaient blindées… Notre premier concert à Paris, je me souviens d’avoir rencontré des journalistes qui m’ont averti : « ne le prend pas mal, mais le public parisien est très exigeant ». Ça m’a un peu foutu la trouille, je me disais que le concert allait être très difficile mais ça a été tout le contraire…

 

Metal-Eyes : Le public parisien a cette réputation : si le public ne t’apprécie pas, tu le sauras vite, autant que s’il t’apprécie… Je me souviens, il y a une vingtaine d’années, Sting a entamé sa nouvelle tournée par une semaine à Paris, déclarant que si ça ne marchait pas ici, il n’allait pas plus loin…

Leigh KAKATAY (il rit) : J’adore, vraiment ! Mais c’est vrai. La France en général est comme ça. J’ai toujours appris le Français à l’école. Du côté de ma mère, ma famille est canadienne, ils parlent tous français. J’étais le fainéant de la famille, mon français était pitoyable, un peu comme un touriste ! Je pouvais le comprendre, mais… J’ai toujours fantasmé « j’ai envie d’aller à Paris, visiter la France ». Et maintenant que j’ai eu l’occasion de venir y jouer, il y a beaucoup de choses que j’aime dans ce pays : la culture, les gens, les paysages… Quand tu es en tournée, il y a toujours ces paysages qui résonnent en toi, te frappent, et la France en fait partie.

 

Metal-Eyes : Nous arrivons à la fin de notre interview, alors quelle pourriat être la devise de Pop Evil ?

Leigh KAKATAY : Positivité, mon ami ! Tu sais, on a commencé il y a quelques temps, et nous voyons maintenant des gamins venir avec leurs parents. On a pu tourner avec des groupes légendaires comme Judas Priest, Poison et d’autres et tous disent la même chose : « nos fans ont grandi avec nous et ils élèvent leurs enfants avec nous ». Cela a toujours fait écho en moi. Que les groupes avec lesquels j’ai grandi disent cela…  Nous avons toujours voulu avoir du succès et avoir des fans à travers la planète… Mais notre véritable ambition, c’est simplement de pouvoir apporter quelque chose aux fans, partout dans le monde… Nous avons déjà tant voyagé à travers le monde, nous avons déjà eu tant de succès… Il faut mettre les choses en perspective : pourquoi tu voyages aussi loin, pourquoi tu passes autant de temps loin des tiens… Et quand tu vois les gens venir en famille, le gamin sur les épaules de son père, horns up en train de hurler, de chanter toutes les paroles, là, ça te donne un sourire intérieur, si large et profond que ça me rappelle moi, sur les épaules de mon père à un concert de Lynnyrd Skynnyrd chantant Freebird… C’est si spécial… Quand ta musique franchit les époques, que tu peux l’écouter avec tes enfants, c’est très cool…

 

Metal-Eyes : Une dernière chose, et c’est uniquement ta faute puisque tu l’as évoqué tout à l’heure (il rit) : quelle serait ta conclusion en français

Leigh KAKATAY : Ah, man… (En français) : Je voudrais jouer un concert – ou des concerts – en France.

 

 

Interview: CROWN

Interview CROWN : entretien avec Steph et David. Propos recueillis au téléphone le 6 avril 2021

 

 

Metal-Eyes : J’imagine qu’en pleine promo on vous pose souvent le même genre de questions, alors commençons par quelque chose d’original pour faire de cette interview un moment agréable : le dernier album de Crown remonte à 2015. Que s’est-il passé entre temps ?

David : Ecoute, moi, je suis ingé son live, donc je tourne pas mal à l’étranger, jusqu’à ce que le Covid arrive… J’ai tourné avec Alcest, The Ocean et plus récemment avec Abbath, donc j’ai tourné un peu partout. Le processus a donc pris son temps, j’ai commencé à écrire les démos en… 2018. David a un studio, et trouver du temps pour nous retrouver, travailler… ce n’était pas évident.

Steph : Et puis on a fini il y a un an et demi. Ça a été repoussé à cause du Covid. Ça a été moins long que ce qu’il n’y parait.

 

Metal-Eyes : Le Covid a repossé la sortie de ce nouvel album qui arrive le 16 avril. Y a-t-il eu un autre type d’impact que de simplement retarder sa sortie.

Steph : On avait une tournée prévue qui a été repoussée trois fois, comme l’album. Mais il n’y a pas eu trop d’impact, ça nous a permis de bien bosser sur la sortie de l’album, sur sa promo.

David : Pelagic, le label, avait une exigence, d’avoir le temps de faire de la promo avant de le sortir. Donc on l’a fini dans le speed et c’est rigolo : on a fini dans le speed pour, finalement, devoir repousser sa sortie, mais ça, ce n’était pas prévisible…

 

Metal-Eyes : C’est le quatrième album de Crown. Comemnt est-ce que l’un et l’autre, le premier avec une oreille formatrice du… on ne peut même pas parler de « groupe dans votre cas »… – du concept Crown, et l’autre avec une oreille extérieure, celle d’un ingénieur du son, analyse l’évolution de Crown entre Natron (2015) et The end of all things ?

David : Moi, en tant que mixeur et producteur de l’album d’avant où je suis intervenu sur le tard et celui-là où je joue des guitares, claviers et travaillé sur les arrangements… je dirai que ce qui figure sur le dernier était déjà là sur le précédent mais de manière un peu plus discrète. C’est surtout le côté chanté, c’est ce que j’ai dit à Steph, de pousser dans cette voie, de pousser ce côté chanté et surtout de prendre ces voix très mélodiques, claires, un peu crooner… Que ça devienne un peu plus un truc qu’on puisse exploiter. Je crois que Steph, de son côté, il avait aussi cette envie…

 

Metal-Eyes : Attends, David, il est avec toi, laisse le parler, laisse le donner son avis

David : Ok, vas-y Steph (rires)

Steph : C’est venu naturellement. Je n’ai jamais vraiment eu envie à chaque album de faire quelque chose de différent… euh, pardon, de faire quelque chose d’identique (ils se marrent)

David : Voilà pourquoi je ne voulais pas le laisser parler…

 

Metal-Eyes : Là, il va falloir qu’on en parle… Ceci dit, il y en a qui se débrouillent très bien à faire des albums identiques…

Steph : C’est vrai, mais moi, c’est pas mon truc, je m’ennuie rapidement. A la base, je voulais faire quelque chose de plus agressif, mais j’ai commencé à écrire et c’est venu comme ça, naturellement, sans me dire « maintenant, il faut que ce soit comme ça ». J’ai laissé venir ce que j’avais en tête, les émotions, et… voilà !

 

Metal-Eyes : Pour moi, ce que je retiens de l’album c’est que c’est un ensemble assez sombre, rythmé, électro, inquiétant… Qu’avez-vous voulu mettre dans ce nouvel album ?

Steph : C’est par rapport à tout ce qui peut se passer dans le monde, d’un point de vue politique, économique, écologique, du point de vue des relations humaines… On en est arrivés à un point de non-retour. La musique de Crown a toujours été très sombre, aussi. J’ai toujours été attiré par le côté obscur. C’est une vision assez apocalyptique du monde et de ce qui me touche particulièrement. Il y a beaucoup de choses qui me révoltent et j’essaie de faire passer ça dans un côté mélodique, J’aime que chacun puisse se faire une interprétation particulière, de la musique ou des textes… Il y a un peu de lumière, une sorte de dualité entre ténèbres et lumière…

 

Metal-Eyes : Je vois plus le côté « ténèbres », qui arrive d’ailleurs dès la pochette avec ce roi des échecs qui se désagrège, qui part en poussière. Vous avez voulu exprimer quoi avec cette pièce d’échecs ?

David : C’est Max Loréo qui a fait le design de l’album. L’artwork était déjà prêt en 2018, ce qui est un peu étrange. C’est une référence au roi du film d’Ingmar Bergman, le septième sceau, où c’est un jeu d’échecs…

 

Metal-Eyes : Contre la mort. Qui gagne…

David : Voilà, et c’est un concept par rapport à la fin du monde. La mort n’existe plus, il n’y a plus que le néant.

 

Metal-Eyes : Tu parles de références cinématographiques… Quelles sont vos sources d’inspirations et de distractions à l’un et à l’autre ?

Steph : Moi, j’aime beaucoup le cinéma, je regarde … pas … beaucoup de séries…

David : Beaucoup ou pas beaucoup ?

Steph : Beaucoup, je regarde beaucoup de séries…

 

Metal-Eyes : Vous n’allez pas vous engueuler en direct les gars…

Steph : Ah, ah ! si ! Je suis un gros fan de David Lynch. En ce moment, je suis en train de regarder une série exceptionnelle qui s’appelle Six feet under qui parle d’une famille de croque-morts, et ça illustre très bien ce qu’il se passe en ce moment dans les relations humaines, les difficultés à sortir du monde environnant. C’est assez… authentique.

David : Moi, je suis producteur, c’est mon job de tous les jours… Je fais ça tellement, que quand je me mets devant un truc, en général, au bout de dix minutes, je dors ! Je te dis pas comment c’est sexy pour ma chérie… J’ai dû faire 450 albums et, à mon avis, la production, c’est une grande part de psychothérapie. En termes de découverte de l’humain, de ses fantasmes et de ses envies, il y a beaucoup de choses… C’est pas mal non plus ! C’est concret que virtuel… A part ça, je n’ai pas beaucoup de hobbies.

 

Metal-Eyes : Quel est le dernier film devant lequel tu t’es endormi ?

David (rires) : Très bonne question ! Ecoute, je m’endors pas toujours… Le dernier truc devant lequel je ne me suis PAS endormi, c’est Sea speracy, un truc sur la mer, sur la pêche intensive. Je ne suis pas très écolo, mais je me suis pris un tarte… C’est impressionnant, et ça va très bien avec The end of all things, parce que quand tu as fini, tu te dis « gauche ça va pas, droite, ça va pas non plus… Blanc, ça va pas, et noir non plus… bon, on fait quoi alors… ? »

 

Metal-Eyes : De quoi traitent vos paroles, quels thèmes abordes-tu ?

Steph : Alors là, on rentre dans un côté assez abstrait parce que quand j’écris des textes, je n’ai pas vraiment de thème particulier…

 

Metal-Eyes : OK, merci. Salut, alors ! (rire général)

Steph : Non, c’est plus des espèces de tableaux qui m’apparaissent. Ensuite, ça va rejoindre, se mêler à tout ce que je disais avant par rapport aux relations humaines. Ça peut être la détresse, la domination… C’est difficile d’en parler. Les gens se font leur propre interprétation.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses que tu préfères ne pas aborder, qui n’ont pas leur place dans Crown ?

Steph : Euh… Je n’ai pas envie de parler de politique, c’est le genre de truc qui ne m’intéresse pas, mais sinon… Non, je ne me donne pas vraiment de barrière… C’est une bonne question…

David : Ouais, c’est une bonne question ! C’est peut-être même la meilleure question de la journée, franchement ! (ndMP : frime, frime ! yeah, saute partout dans la chambre…)

Steph : En fait, je n’ai envie de rien m’interdire… Depuis que j’ai commencé, je tourne autour des mêmes choses, le monde post apocalyptique…

David : Quand j’étais gamin, je regardais Mad Max 2 en boucle. Et gamin, 9 ou 10 ans, je te jure, je me disais « vivement l’apocalypse, ça va être trop bien : on va être habillés en cuir, on aura des dreads, on roulera dans le désert sur des motos ou dans des bagnoles d’enfer » (Steph est mort de rire) Et franchement, aujourd’hui, on y est quasiment et je me demande si j’ai vraiment envie de le vivre (voir note précédente). Il y a un autre truc que je voudrai ajouter : l’interprétation que les gens peuvent avoir des textes est bien plus intéressante que ce à quoi tu penses quand tu les écris.

 

Metal-Eyes : En parlant de gens, vous avez travaillé avec une invité, Karine Parks d’Arabrot. Elle intervient sur Utopia, le dernier titre. Comment avez-vous pris contact avec elle ?

David : Je m’occupais du son sur la dernière tournée de The Ocean, et en général, soit tu fais le son pour un groupe, soit pour tous les groupes de la tournée. Là, c’était le cas et il y avait Arabrot dans le lot. Je les avais vus à Colmar, mais Karine n’était pas encore là. Je les ai vus plus tard en duo avec son mari et sa voix m’a mis sur le cul, elle a un registre énorme. On avait un morceau qui était en chantier, et je me souviens que Robin, son mari, m’a suggéré de lui demander. Je lui ai fait écouter l’album, elle m’a dit que c’était vachement sombre… Je lui ai fait écouter un morceau, ça lui a plu et je lui ai proposé de le faire. Elle a dit oui… Un ou deux mois après, elle nous a envoyé une maquette avec ses voix, c’était assez pop, et ça a été un challenge de le faire…

 

Metal-Eyes : Même si vous naviguez dans des univers musicaux différents, Arabrot a aussi des aspects sombre. On pourrait même dire que certains aspects doom vous lient.

Steph : Oui, c’est cohérent, totalement.

David : Son texte est aussi sombre que les tiens, c’est vrai. Et puis, dans tes lignes de chant – tu vois, je parle à Steph en même temps… – il y a ce truc un petit peu lumineux. C’est très beau, et ce qu’a fait Karine, c’est très beau aussi, avec des tessitures différentes, mais ce n’est pas si éloigné.

 

Metal-Eyes : En même temsp, je trouve que votre album, s’il est sombre, possède aussi un côté… pas lumineux mais presque joyeux, sautillant, dansant…

Steph : Waow… on ne me l’avait pas dit encore ça !

David : Je dirais qu’il y a… dansant, oui, mais peut-être plus lumineux quand même, pour rendre l’ensemble plus accessible, plus émotionnel on va dire.

 

Metal-Eyes : Si, pour expliquer ce qu’est Crown aujourd’hui, ne retenir qu’un seul titre de l’album, ce serait lequel et pour quelle raison ?

Steph : Je dirais, le premier titre, Violence, ou Illumination…

David : T’en as pris deux, là !

Steph : Oui, je sais… C’est dur. C’est une bonne question aussi…

David : Je dirais que c’est les deux qui résument…

 

Metal-Eyes : Oui, mais tu viens de lui dire que ça en fait deux ! A la limite, vous en prenez une chacun et ça fera l’affaire…

David : Oui, c’est ce que j’allais proposer. Il en aurait dit une, j’aurai choisi l’autre, mais il a cité les deux ! Je suis baisé… On est assez fiers de tout ce qu’on a fait, mais ce n’est pas un hasard si on met ces deux là un peu plus en avant, ils résument assez bien le disque.

Steph : C’est vrai que j’ai une préférence pour Violence…

 

Metal-Eyes : Oui, pour quelle raison ?

Steph : Alors là (rires) ! Quand je l’écoute, ça me fait ressentir beaucoup de chose.

David : Le texte est assez personnel aussi. Quand tu dis « be part of my violence », à chaque fois, je me dis « waow, j’aurai bien voulu l’écrire cette phrase »… Comme articulation de couple, c’est pas mal (Steph se marre), c’est comme ça que je le vois ! Tu dis ça à ta meuf, mon vieux, t’as intérêt à courir vite après (rire général) !

 

Metal-Eyes : Si vous deviez penser à une devise pour Crown, ce serait quoi ?

David : Je veux bien commencer : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Steph : Ecoute, je suis totalement d’accord !

David : Ah, non, il t’en faut une aussi ! Non, je pense que ça s’applique assez bien à ce qu’on a voulu faire… On a envie de se renouveler, de prendre des risques, d’aller plus loin. Là, c’est plus artistique.

Steph : Je dirais « sortir de sa zone de confort », parce que c’est important de prendre des risques.

 

Metal-Eyes : Une dernière chose : vous avez signé avec Pelagic qui grandit et signe un certain nombre de compatriotes. Qu’est-ce que ça vous apporte que vous n’aviez pas avant ?

Steph : Avec Candlelight, la communication n’était pas au top. Pelagic, ils sont totalement passionnés, et j’ai une totale confiance en eux et à ce qu’ils proposent : les vinyles, il y a de super beaux objets. Et ils ont un catalogue qui montre bien à quel point ils s’investissent.

David : Et en terme de travail de promo, ils sont efficaces : l’ensemble des vinyles a été vendu le premier jour !  

 

Metal-Eyes : Lequel des deux a la barbe la plus longue, pour qu’on puisse vous repérer ?

Steph :

David : Moi, David, c’est moi qui ai la plus longue barbe. C’est pas la seule chose que j’ai de plus long (rires). Non, c’est pas vrai, je tiens à préciser que ce n’est pas vrai (rires) !

 

Metal-Eyes : Je te rassure, je ne viendrai pas vérifier ! En plus, tu es à plus de 30 km, donc pas possible ! J’espère qu’on pourra bientôt vous retrouver en live et que votre album trouvera son public.

Steph : Merci à toi, c’était cool.

David : Oui, c’était fun !

Interview: TETRARCH

Interview TETRARCH : entretien avec Josh (chant, guitare). Propos recueillis par Zoom le 26 mars 2021

 

Metal-Eyes : Josh, Tetrarch m’est inconnu alors, pour commencer de manière originale, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Josh : Absolument ! Diamond, notre guitariste, et moi nous sommes rencontrés en 5ème, à l’âge de 12 ou 13 ans. On a grandi en écoutant le même genre de musique, on a découvert de la musique plus heavy ensemble. Nous fréquentions une école privée de taille moyenne à Atlanta, et elle a découvert que nous jammions avec un copains batteur. Elle a voulu nous rejoindre, et elle s’est emparée d’une guitare. Bêtement, j’ai dit à mon ami que je ne voulais pas d’une fille dans le groupe… Elle était bien sûr dévastée par mon choix et mon pote m’a convaincu de l’écouter. A peine a-t-elle joué une note que je savais que je voulais jouer avec elle : il y avait la bonne alchimie, le bon feeling, beaucoup de fun… Nous avons commencé sous le nom de Tetrarch, au lycée. Elle et moi n’avons fait partie que d’un groupe, celui-ci, et on a tout fait : jouer dans les clubs d’Atlanta, dormir chez les gens à même le sol, organisé nos propres tournées…

 

Metal-Eyes : Tetrach a vu le jour quand ?

Josh : Je crois que nous avons donné notre premier concert sous ce nom en 2007…

 

Metal-Eyes : Donc il y a presque 15 ans. Unstable est votre second album, exact ?

Josh : Oui. Freak était le premier, nous avons publié quelques Ep et ce genre de choses avant mais Freak est notre vrai premier, sorti en 2017, et Unstable sortira le 30 avril.

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a pris autant de temps entre ces deux albums ? 4 ans, pour un jeune groupe, c’est quand même assez long…

Josh : Oui… Une fois que nous avons terminé l’enregistrement de Freak… Ça a été un peu comme notre point de départ, passer du statut de groupe local à celui de groupe connu à travers le pays, et chercher à attirer l’attention des Européens. Alors nous avons beaucoup tourné, pendant environ deux ans à donner le plus de concerts possibles, jouer en festivals et faire vivre cet album autant que possible. Nous aurions pu sortir Unstable il y a un an, mais la pandémie en a visiblement décidé autrement. Elle est arrivée juste après la fin de l’enregistrement. Il nous a fallu pas loin d’un an et demi pour pouvoir enfin le sortir et espérer pouvoir reprendre la route.

 

Metal-Eyes : Vous allez pouvoir retourner ?

Josh : Il semblerait que oui, en tout cas aux USA. Ça devrait pouvoir se faire dans le courant de l’été, à l’automne. On ne sait pas à quoi ça va ressembler, un nombre de spectateurs limité, le respect des distanciations sociales, que les personnes soient vaccinées… mais nous devrions pouvoir retourner vers une sorte de normalité petit à petit…

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique de Tetrarch à quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Josh : Je dirai que notre musique est très accessible, nous sommes un groupe de hard rock/metal. Les amateurs de musique très heavy trouveront de quoi les satisfaire, mais nous ne sommes pas trop heavy, et les fans de mélodies trouveront de quoi les accrocher aussi. Nous sommes une sorte de pont entre les groupes des années 2000, Limp Bizkit, Slipknot, Korn…

 

Metal-Eyes : Tiens donc, Korn… Tu portes quoi comme T-shirt, justement ?

Josh (rires) : oui, mon t-shirt et ma casquette, c’est Korn. Très confortable !

 

Metal-Eyes : Que me dirais-tu pour me convaincre de courir acheter Unstable à sa sortie ?

Josh : Je crois que cet album est très diversifié, qu’il propose les parties les plus fortes et puissante de ce qu’est Tetrarch. Il y a des chansons très heavy et d’autres très accrocheuses. Les gens qui ont écouté nos premiers singles peuvent penser savoir à quoi s’attendre mais seront soufflées par la variété des titres.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour décrire ce qu’est le groupe aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Josh : Je pense que I’m not right regroupe tous les éléments qui font le groupe.

 

Metal-Eyes : Vous êtes présentés comme le futur groupe méga star. Comment devrais-je me sentir de parler à une future rock star ?

Josh (il sourit) : On s’en fout, juste comme on se parle là ! J’ai simplement plaisir à faire ces interviews. Depuis que nous avons débuté, nous voulons devenir le plus gros groupe de hard/metal dans le monde. Ce rêve n’a jamais cessé, et nous l’entretiendrons jusqu’à ce que nous puissions atteindre cet objectif.

 

Metal-Eyes : Rêvre de devenir le « next big thing » du rock signifie aussi rêver de mettre sur pied un gros show, comme Kiss, Iron Maiden, Metallica, Slipknot (il approuve). A quoi devons-nous nous attendre live, lorsque nous aurons la possibilité de vous voir sur scène ?

Josh : Vous verrez un vrai groupe, authentique, qui se donne à fond. Nous sommes des musiciens et des entertainers, nous allons chercher le public, on le chope par les burnes. Nous voulons avoir cette connexion avec le public, l’amener avec nous dans notre monde.

 

Metal-Eyes : Comment as-tu occupé ton temps pendant cette période de pandémie et d’isolement ? Peux-tu conseiller la lecture d’un livre, par exemple ?

Josh : Comment je me suis occupé ? J’ai beaucoup joué au golf…

 

Metal-Eyes : Avec Alice Cooper ?

Josh : J’adorerai jouer avec lui, il en fait beaucoup ! J’ai beaucoup joué au golf, ce qui permet de prendre l’air tout en maintenant certaines distances, et rester stable psychologiquement…

 

Metal-Eyes : Pas unstable !

Josh (rires) : Oui, ne pas devenir Unstable, ouais !

 

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Une fois que la situation sera débloquée, en dehors des USA, où pensez-vous tourner ?

Josh : Partout et dans le plus de lieux possible ! Nous sommes très heureux à l’idée de pouvoir enfin venir en Europe, et nous sommes soutenus par le label Napalm Records qui est super efficace en Europe.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un endroit où tu rêverais de jouer ? Un rêve de gosse ?

Josh : Franchement ? Un lieu où je ne suis jamais allé et qui m’attire vraiment, c’est la France. Je connais plein de gens ici qui’ m’en disent énormément de bien, que c’est un très beau pays.

 

Metal-Eyes : Peux-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Josh : Je dirais… « Keep pushing », tout simplement. Parce que ces deux mots, c’est ce que nous avons toujours fait, sans laisser qui ou quoi que ce soit nous arrêter, depuis que nous sommes petits. Nous avons toujours fait en sorte de contrôler les choses, même les négatives, en les utilisant pour encore mieux avancer. Nous évitons toujours de laisser les choses difficiles nous plomber le moral parce que, ensuite, il y a du positif. Même si c’est parfois compliqué.

 

Metal-Eyes : Avec qui avez-vous déjà tourné ?

Josh : On a tourné avec Devil Driver, 36 Crazyfists, Katy Hill, Butcher babies, on a joué dans d’énormes festivals aux USA, avec des têtes d’affiche comme Guns’n’roses, Def Leppard, Korn… On a pu donner de très gros shows, et on a envie de remettre ça ! Autant que possible…

 

JUNON: The shadows lengthen

France, Metal rugueux (Ep – Autoproduction, 2021)

Nouveau venu sur la scène du metal rugueux, Junon? Que nenni! Car le quintette est né des cendres d’un General Lee dont le post hardcore avait été suffisamment exploré. Revenant sous le nom de la déesse protectrice de la Rome antique, Junon propose un metal rugueux au chant aussi torturé que mélodique, aussi puissant que mélancolique. Au travers de The shadows lengthen, un Ep 4 titres – dont Carcosa qui a déjà été publié sous forme de single fin 2021 – le groupe explore une variétés d’horizons musicaux, alternant entre fureur explosive, guitares incisives, rythmiques en béton tout en proposant des moments plus calmes. Junon ne cherche jamais à réinventer le style, simplement il l’interprète avec force et conviction. Une carte de visite rageuse et efficace.

Interview: JIRFYIA

Interview Jirfiya : entretien avec Pascal (basse). Propos recueillis par téléphone le 6 janvier 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Jirfiya a sorti un second Ep il y a quelques mois, mais c’est la première fois que nous parlons. Peux-tu, demande très originale, tu en conviendras, raconter l’histoire du groupe ?

Pascal : Jirfiya est né il n’y a pas très longtemps. Ça fait environ 3 ans que nous nous sommes réunis. Jérôme et moi avions un autre groupe, Born From Lie, avec qui on a sorti 3 albums. Il ne voulait plus être seul à chanter. On a cherché, et trouvé Ingrid. Quand on l’a auditionnée, il y a eu la conjonction de plusieurs événements, le batteur déménageait, n’avait plus trop de temps pour le groupe… On a décidé avec Jérôme de faire un autre groupe et, avec l’arrivée d’Ingrid, Jirfiya est né.

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe ?

Pascal : C’est le nom d’une météorite martienne qui s’est écrasée en Lybie, dans la ville de Jrfiya, sans le i ce qui rend la prononciation encore plus difficile. On a donc rajouté une voyelle, et on aimait bien le nom oriental qui colle bien avec nos mélodies orientales.

 

Metal-Eyes : Le premier Ep est sorti il y a un peu plus d’un an. Quels retours avez-vous eus ?

Pascal : Les chroniques étaient très bonnes, mais je ne sais pas si on a pu faire une promo complète… On n’a pu donner qu’un concert avant de devoir arrêter.

 

Metal-Eyes : La situation sanitaire vous a-t-elle permis d’accélérer la réalisation de ce nouvel Ep, Still waiting ?

Pascal : Ça aurait pu, mais Jérôme, quand il s’y met, il s’y met… Il est intermittent du spectacle, donc parfois, il y a des périodes, en hiver, il ne travaille pas. Il compose et nous sort des morceaux pendant ce temps. Parole et musique, c’est principalement lui. Donc la situation sanitaire n’a pas vraiment joué. Il a simplement du temps…

 

Metal-Eyes : C’est une volonté de votre part que de sortir des Ep plutôt qu’un album avec 10 ou 11 titres ?

Pascal : Là, ça s’est fait un peu comme ça… Jérôme avait 6 morceaux. Les titres bonus viennent de Born From Lie, des titres qu’on voulait réadapter et rejouer. On en a donc profité, ce qui donne presque un album.

 

Metal-Eyes : Quelles différences fais-tu entre ces deux versions Born From Lie ?

Pascal : Ça change beaucoup avec la voix d’Ingrid. Mais on a tout réenregistré, on n’a pas pris les bandes son de l’album. Le son est plus puissant, on ne les avait pas fait mixer par Andrew G, elles sont beaucoup plus puissantes comme version.

 

Metal-Eyes : Comment analyses-tu l’évolution du groupe entre ces deux Ep, Wait for dawn et Still waiting ?

Pascal : Ah, très bonne question ! Je ne me suis pas posé cette question, mais je pense qu’il y a une évolution naturelle. C’est surtout au niveau de la voix d’Ingrid, parce que, musicalement, on retrouve notre patte, notre style. Ingrid a vraiment évolué entre ces deux disques. Pour le premier, ça ne faisait pas longtemps qu’on travaillait ensemble, tandis que là… Sur certains morceaux, elle est devenue plus agressive et plus douce aussi.

 

Metal-Eyes : Les influences orientales, elles viennent d’où ? Bon, tu vas me dire « d’orient »… (rires)

Pascal : On aime bien ces mélodies, dans le metal il y en a beaucoup aussi. Ça fait partie de nos influences.

 

Metal-Eyes : C’est Jérôme qui est à l’origine des compositions, mais est-ce que vous avez aussi votre mot à dire ?

Pascal : Oh, oui ! Mais comme ce qu’il nous propose est déjà presque bien…

 

Metal-Eyes : J’aime bien le « presque bien »…

Pascal : Oui, c’est « presque une blague » (rires). On discute toujours, mais les morceaux sont pratiquement finis, il est doué pour ça.

 

Metal-Eyes : Andew G avait déjà travaillé avec vous pour le premier Ep. Que vous apporte-t-il de plus qui n’existerait pas sans son oreille ?

Pascal : C’est surtout sa finition, son mixage, son mastering. Et c’est un batteur. Les ingénieurs du son / batteurs, c’est ce qui donne de la puissance à l’enregistrement.

 

Metal-Eyes : Wait for dawn, Still waiting… Vous avez déjà une idée du titre du prochain ?

Pascal : On attend encore et encore (rires) ! Oui, c’était un clin d’œil et les paroles sont assez d’actualité. Mais là, je pense qu’on va arrêter d’attendre… On va faire des paroles sur les chats, ça fonctionne bien sur Facebook (rires) !

 

Metal-Eyes : Justement, vos paroles abordent quoi ?

Pascal : Beaucoup d’actualité brûlante, bon, pas du Covid, ça n’existait pas encore… Mais tout ce qui est international, la dérive des multinationales qui polluent, des problèmes plus intimes, sur le pouvoir des sectes sur l’esprit humain…

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes qui n’ont pas lieu d’être dans Jirfiya ?

Pascal : Non, on n’aborde pas ça de cette manière… Jérôme parle de ce dont il veut parler. On ne fait pas de paroles à la… merde, je ne sais plus, ils sont marrant…

 

Metal-Eyes : Ultra Vomit ?

Pascal : Oui, Ultra Vomit, c’est rigolo ! Eux, la parodie, c’est leur truc et ils le font super bien. Nous, on ne pourrait pas, on est trop sérieux (rires) !

 

Metal-Eyes : Bon, ben, je vais éviter de te demander de raconter une blague (il rit) … En dehors des reprises de Still Waiting, si tu devais ne retenir qu’un seul titre qui voit représentatif de ce que vous faites, ce serait lequel ?

Pascal : Alors là… Tu poses une question comme ça à un Normand, je peux pas faire de choix (rires) !

 

Metal-Eyes : On ne m’a pas dit que tu étais Normand, j’aurai refusé…

Pascal : The hill of shame, peut-être ? Mais c’est vraiment parce que je l’adore, et puis pour les paroles qui me touchent. Entre la violence et la douceur, ça représente bien le contraste de tout ce que l’on peut faire en musique.

 

Metal-Eyes : Pour conclure, peux-tu imaginer une devise pour Jirfyia ? En dehors de still waiting, bien sûr…

Pascal : Je pense à… « engagé et confiant », c’est un peu nous.

ARABROT: Norwegian gothic

Norvège, Metal (Pelagic, 2020)

Seize titre d’un metal torturé et atmosphérique… Tout est dit dans le titre de ce Norwegian gothic, neuvième album des norvégiens d’Arabrot. Les ambiances développées nous enfoncent inlassablement dans un gouffre sombre et froid. Le groupe n’hésite pas à emprunter aux Doors, à Black Sabbath, à la New ou la Cold wave  et parvient à instaurer une ambiance aussi malsaine que rythmée. Bien que bénéficiant d’une production moderne, l’ensemble évoque, tant dans ce chant torturé que dans ses guitares d’apparence simples, les années 80/90. Pourtant, au milieu de cette noirceur et de ce chant mélancolique se dégagent une ambiance chantante voire dansante (celle où, dans une longue complainte silencieuse, on se roule contre les murs …) qui interpelle. Si l’univers d’Arabrot frôle parfois le doom, si l’ensemble peut devoir s’écouter en plusieurs fois, Norwegian gothic n’en reste pas moins un album étonnant et attirant.

PSYKUP: Hello karma!

France, Metal barré (Les amis de l’autruche, 2021)

Amateur de metal déjanté joué en chemises à fleurs, les barjots de Psykup, deux ans après leur Live in Bikini, sont de retour avec Hello karma!. Avec ses 12 titres, le groupe propose un metal furieux, décallé et souvent irrévérencieux. La sauvagerie dont fait preuve Psykup est toute contrôlée, alternant entre fureur et temps calmes, hurlements et chant presque langoureux, voire même taquin. Difficile de tout suivre sereinement d’une traite, mais, ça, le groupe nous y a habitués, non? Hello karma! s’adresse à un public averti et pourrait même choquer quelques uns. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil aux titres, explicites et qui ne passeraient pas aux USA: Masturbation failed, Get laid, Lucifer is sleeping… Mais non, Psykup ne parle pas de sexe ou de religion. Le quatuor désire au contraire pointer du doigt certaines dérives de nos sociétés modernes, malades et malsaines. Si vous avez le cœur bien accroché, jetez vous dans cette furieuse spirale infernale et ces nouvelles déflagrations que nous balance à la gueule un Psykup en pleine forme! Franchement, Psykup, c’est des barjots… Ça démonte le boulot des pompes funèbres en déboîtant le lit de ma grand mère, ses pauvres rhumatismes avec. Un karma déjanté, quoi!

SNAP BORDER: Icons

France, Metal (Autoproduction, 2021)

Avec son album paru en 2016, Snap Border m’avait agréablement surpris. Depuis, silence radio jusqu’à l’arrivée de ce rappel: Icons, un Ep 5 titres forgé entre metal moderne et traditionnel. La recherche du refrain qui fait tilt est constante, les guitares, rugueuse, ne sont jamais trop agressives. Le rythme enlevé et varié et le chant qui mixe mélodie et rage. Dancing with the sharks, qui ouvre ce disque, semble en tout point être un message destiné à la profession. Newsfeed icons propose des sonorités très actuelles et variées – on passe de la syncope à la douceur avant reprise de vitesse. Ok, mais une question surgit: je retiens quoi? Les Nancéens semblent ne pas trouver le truc qui les feraient se lâcher vraiment, se distinguer d’une scène parfois trop répétitive et entendue. Il manque ce je ne sais quoi qui fait la différence… Puis, l’intro de Evil-tions vient répondre à la question avec son intro légère et aérienne, on tient quelque chose. Le titre monte en puissance sans jamais vraiment lâcher la bride. La puissance contenue est tout en retenu apportant un vrai plus à l’ensemble. Losing side reprend de la puissance avec une rythmique enlevée et entraînante qui ne peut laisser de marbre, avant que Endscape ne viennent clore le disque avec ses airs faciles à chanter – hurlement mis à part – et ses guitares nerveuses et efficaices. Alors

GNÔ: Stereofish

France, Hard progressif (Millenium, 2020)

Franchement, terminer l’année avec ce Stereofish, cinquième opus des compatriotes de Gnô, ben, ça fait un bien fou! Si j’ai découvert avec bonheur le trio dingo avec le déjanté Cannibal tango (2011), si j’ai été quelque peu déconcerté par le suivant, Crass palace (2014), j’ai raté le dernier, Sick princess (2016). Depuis, le génial guitariste Christophe Gaudin a quitté le trio qui, de fait, a dû chercher un six-cordiste au moins aussi barré et talentueux pour le remplacer. Si l’on peut imaginer que la tâche ne fut pas des plus aisées, quel bonheur d’entendre un résultat si enjoué et entraînant! Inutile de passer par quatre chemins, l’arrivée de Djul Lacharme aux côtés de Gabriel Vegh (chant et basse) et Peter Puke (batterie) est, comme le démontre de bout en bout ce Stereofish – dont la seule faute de goût est cette improbable illustration de couverture genre patchwork informatique de débutant – toute l’étendue de son talent. Dès l’introductif Calvary way, le ton est donné: avec ses quelques relents ska, le titre, imparable est très festif et chantant. Never give up passe au niveau supérieur de dance attitude, il est simplement impossible de ne pas se dandiner. Le ton change légèrement avec Stereofish et son riff discret à la War machine (Kiss) tandis que Into the void se fait plus lourd et spatial, un titre tout en lenteur basée sur la rythmique de la basse. Tout au long des Gnô’s New Orbit, Animals ou autre Our worlds collide, Gnô, tout en restant technique mais se faisant sans doute plus « accessible » ou moins dingo (quoique…), varie en permanence les plaisirs et surprend à chaque instant. Un océan de fraîcheur à ne manquer sous aucun prétexte.