Interview: SILENCE OF THE ABYSS

Interview SILENCE OF THE ABYSS : entretien avec David (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 29 avril 2020

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Metal-Eyes : C’est la première fois que nous nous parlons, alors peux-tu commencer par me raconter l’histoire du groupe ?

David : Diane et moi, on est en couple depuis 14 ans. On est tous les deux fans de metal et on fait beaucoup de musique. Ça fait plus de 20 ans que je suis dans le monde de la musique, mais pas dans le metal. Diane, pareil. Un jour, on s’est dit qu’il faudrait aussi penser à se faire plaisir. C’est bien, l’alimentaire, mais on n’a jamais fait notre musique préférée. Etienne a eu, en 2017, l’envie de monter un groupe de metal. J’avais un élève qui chantait plutôt pas mal et je lui ai demandé s’il voulait faire un essai avec nous. On a fait des reprises de Motörhead et dans la foulée, on a commencé à composer et on a sorti notre premier Ep en 2018.

 

Metal-Eyes : Quelle est l’origine du nom du groupe ?

David : Alors… Là, il y a plusieurs choses… On voulait le mot abysse parce qu’on est proche de la mer et qu’on ne peut pas s’empêcher de la voir tout le temps…

 

Metal-Eyes : Vous n’êtes pas proche de la mer, vous êtes entourés par la mer ! Vous êtes Corses, c’est pour ça que la mer a décidé de vous entourer…

David : C’est ça, surement pour qu’on ne fasse pas de conneries (rires) ! Non, je déconne !

 

Metal-Eyes : Oui, moi aussi. Pour une fois qu’on peut déconner avec un Corse sans risquer de se prendre une bombe…

David : Tu as raison, il faut en profiter ! Je déconne encore !

 

Metal-Eyes : C’est surtout parce qu’on est très loin et confinés… Je ne dirais pas ça en face, tu t’en doutes! 

David : Attention à après le déconfinage (rires)! Un jour, on a pris une feuille et chacun a dit son mot. On a dit énormément de conneries, jusqu’au jour où quelqu’un a dit « Silence », on a joué avec les deux mot, Silence Of The Abyss est sorti, on a kiffé alors c’est resté.

 

Metal-Eyes : Comment définirais tu la musique de Silence Of The Abyss pour quelqu’un qui ne vous connais pas ?

David : C’est compliqué parce qu’on a déjà du mal à nous placer dans une catégorie… On a entendu plein de trucs, post thrash, death progressif… On ne s’y retrouve pas parce qu’on a beaucoup d’influences, et on essaie de créer des harmonies qui nous appartienne. On cherche des harmonies, des accords très enrichis, qui parfois nous posent des problèmes pour poser des mélodies dessus. Le truc qu’on avait trouvé, on dirait qu’on fait du metal tout court ou du metal méditerranéen. Quand on dit ça les gens nous disent que ça représente bien ce que l’on fait…

 

Metal-Eyes : Oui, ça me parle aussi.

David : On joue là-dessus, on se rapproche de ces deux styles. En plus, avec cet album, on s’est lâchés, on est partis dans tous les sens, en le faisant le plus sincèrement possible. Et en nous amusant, aussi. Jouer de la musique c’est « jouer », ce n’est pas que travailler. Des fois, il y a des gens qui me disent « là, là, ça ressemble à du Machine Head ! » J’ai jamais écouté Machine Head de ma vie, c’est un truc de fous !

 

Metal-Eyes : J’aime bien le terme de « metal méditerranéen dans la mesure où vous avez une musique assez explosive – pour des Corses, ce n’est pas étonnant.

David : C’est tout à fait normal, même (rires)!

 

Metal-Eyes : Je pense que ça va être dur cette interview (rires)! Quand j’ai écouté votre album, j’y ai trouvé des influences thash, metal, metal moderne, aussi, mais c’est un peu fourre-tout comme terme. J’ai aussi senti quelques influences orientales.

David : Oui, ça… On est en Méditerranée, c’est quelque chose qui nous appartient depuis qu’on est nés. Presque tout le monde ici est né avec une guitare dans les mains. Il y a la culture corse, les chants…

 

Metal-Eyes : Il y a aussi une culture latine, hispanique…

David : Oui, on aime beaucoup ces choses-là, la musique cubaine aussi. On adore les instruments acoustiques, tout ce qui est percussion, aussi. Si on peut l’intégrer à Silence, on le fait. Ça fait partie de nous !

 

Metal-Eyes : Il n’y a pas de limite à votre musique. Si ça vous parle, vous le mettrez dedans.

David : C’est ça. Si demain on a le plus gros riff du monde mais qu’on ne le ressent pas, on le jette. Tant qu’on respecte ce qu’on fait, qu’on le ressent…

 

Metal-Eyes : D’autant plus que les deux tiers du groupe sont en couple, alors ça permet d’éviter les engueulades à la maison !

David : C’est ça ! Parce qu’on s’est bien défoulés ailleurs aussi !

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution de SOTA entre votre Ep, il y a deux ans, et votre album, Unease and unfairness ?

David : Il y a beaucoup plus de maturité sur l’album. On a beaucoup bossé entre les deux, et la maturité qui s’est dégagée a été très rapide. Les encouragements des chroniques, les compliments qu’on a reçus, je pense que nous ça nous a motivés pour bosser, bosser et trouver encore plus cette harmonie qu’on cherche depuis longtemps. Que ce soit assez original. En plus, maintenant qu’il y a Jean-Bernard, le nouveau chanteur, ça fait 15 ans qu’on le connait. Ce trio, ça fait un peu vie de famille…

 

Metal-Eyes : Votre pochette est aussi pleine d’influences : on y voit une réinterprétation de l’homme de Vitruve de de Vinci, de la science-fiction avec cette femme qui porte un masque à gaz, sa position évoque aussi la religion chrétienne avec la crucifixion. En plus, vous ne pouviez pas l’envisager, mais il y a cette boule verte qui ressemble à un virus, même s’il n’a pas la même couleur que le Covid… Vous avez voulu exprimer quoi ?

David : C’est assez incroyable, on l’a sorti le 13 mars et juste après il y a eu ce Covid… On a laissé ça à Kahinienn graphix. Quand il nous a demandé ce qu’on voulait, il nous a demandé les thèmes de nos chansons. Maltraitance animale, nihilisme, post-apocalyptique. On lui a envoyé les maquettes de chansons, il a écouté et nous a dit ce que ça lui évoquait. On a trouvé ça super, ce qu’il nous a dit collait vraiment.

 

Metal-Eyes : Ça colle aussi avec le titre : Mal-être et injustice

David : C’est exactement ça, et cette pochette évoque tous les thèmes qu’on aborde dans l’album.

 

Metal-Eyes : Quels sont les thèmes que vous abordez, justement ?

David : Ah… Ça dépend de qui écrit les textes, s c’est JB ou Diane. JB est prof de philo, alors ça peut partir loin (rires). Si j’ai vu un reportage qui m’a touché, je vais écrire la musique, eux, c’est pareil. Sur cet album, il y a la maltraitance animale, surtout, et humaine. Avant le virus, on sentait que les choses étaient en train de changer. Si c’est pas maintenant, ce sera dans 20 ou 30 ans, mais quelque chose change, d’où l’optique post apocalyptique. Ce qu’on essaie de faire, que ce soit dans la musique ou dans le textes, c’est de toujours laisser une lueur d’espoir.

 

Metal-Eyes : Metallica a une influence particulière pour vous ?

David : Pff… Oui, je crois que Metallica, ça m’a toujours suivi en musique. Énormément, oui ! Ca ne m’a jamais quitté, Metallica.

 

Metal-Eyes : Ça se sent particulièrement sur Lunar…

David : Oui, c’est fou, je n’y ai même pas pensé ! Lunar a été créé très simplement : il y a un fou qui a mis le feu, ici, chez nous et ça a cramé je ne sais pas combien de milliers d’hectares, ça a tué je ne sais pas combien de milliers d’animaux. On avait ça sous les yeux parce que la maison est très proche. On avait la haine, et de suite, les accords qui sont tombés ont été la base de Lunar. C’est un titre qu’on a fait en un jour ou deux ! La batterie a été tracée en… une demi journée, tellement on avait la haine.

 

Metal-Eyes : C’est un instrumental : pourquoi avez-vous décidé de clore ce disque avec un instrumental.

David : On l’a senti comme ça, il n’y a ni pourquoi, ni comment. On ne sentait pas de voix dessus – on a quand même essayé quelques chœurs par ci par là, mais… Il y a des morceaux qui doivent être que instrumental. Il est chargé quand même, et c’est compliqué de mettre des voix dessus.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Unease and unfairness pour expliquer ce qu’est Silence Of The Abyss, ce serait lequel ?  

David : C’est très compliqué… C’est un album qui part dans tous les sens et chaque chanson nous évoque quelque chose. C’est un album où chacun a la sienne…

 

Metal-Eyes : Et toi, si tu rencontres quelqu’un demain – bon, tu n’as pas le droit de rencontrer quelqu’un demain, tu es sensé être chez toi – mais à l’avenir, tu veux faire comprendre à cette personne ce qu’est votre musique avec un seul titre, tu lui ferais écouter lequel ?

David : Ah, c’est compliqué… Allez, Nothing at all, parce que c’est le plus représentatif de ce qu’on fait : il y a beaucoup de choses dedans, du lourd, on speed à la fin, il y a des harmonies. Mais je ne suis pas sûr du tout de ce que je dis !

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise Silence Of The Abyss en 2020 ?

David : Ah… « toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort », une connerie comme ça ! Si on est motivés, qu’on voit que les gens kiffent et qu’on a de bons retours, c’est une devise qui pourrait nous aller.

 

Metal-Eyes : Donc on passe des abysses, des profondeurs, à des sommets beaucoup plus élevés ?

David : Oui, pourquoi pas ? Bien sûr !

 

Metal-Eyes : Est-ce que vous profitez de ce temps de confinement pour préparer la suite ?

David : C’est ce qu’on s’est dit au départ, on a la chance d’avoir la batterie à la maison, d’être confinés Diane et moi. Donc, c’est super. On a cette chance énorme de pouvoir travailler. Mais bizarrement… moi, le confinement, ça m’a coupé les jambes. En créativité, ça m’a ruiné. Je n’avais même pas envie de prendre une guitare, c’est quelque chose qui ne m’est jamais arrivé. Ça a duré 3 semaines, un mois où j’avais envie de rien. Là c’est reparti, on travaille sur deux nouveaux titres qu’on a commencé à maquetter. L’envie était dure à retrouver… Diane, pas du tout, elle le vit comme un rêve absolu, le confinement, elle trouve ça super génial (rires) ! Là, on répète le show pour plus tard, on profite de ce temps pour mettre en place les choses pour après. On est sur différentes idées de nouvelles chansons…

Interview: HAUMEA

Interview HAUMEA : entretien avec Seb (batterie). Propos recueillis par téléphone, le 13 avril 2020

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Metal-Eyes : On n’a pas dû te poser beaucoup la question aujourd’hui, alors pour commencer, peux-tu raconter l’histoire d’Hauméa ?

Seb : L’histoire d’Hauméa ? On ne me l’a pas demandé aujourd’hui, en effet (rires)… Hauméa, c’est la réunion de 4 musiciens qui ont des parcours complètement différents sur la scène musicale : il y en a qui viennent du metal extrême, d’autre du rock français. On a monté un combo pour essayer de mixer tout ça, te le résultat, c’est 2 Ep, dont le dernier, Leaving vient de sortir.

 

Metal-Eyes : Vous êtes originaires d’Alençon. Le groupe s’est formé quand ?

Seb : Tout début 2018.

 

Metal-Eyes : Vous avez tous joué dans d’autres groupes avant de former Hauméa : quels étaient vos formations précédentes ?

Seb : Andy, le guitariste, était dans Erider (?), un groupe de deathcore, Lea était avec un groupe extrême qui s’appelait Rotting Face, qui a pas mal tourné, 3 ou 4 fois en Europe, ce qui n’est pas négligeable… Moi, j’étais avec Nobody’s Straight, un groupe de Hardcore et Nico, le chanteur était avec Lady Morose.

 

Metal-Eyes : Quels ont été les retours sur votre premier Ep ?

Seb : Les chroniques disaient en vouloir encore, alors on a poursuivi (rires). On a eu beaucoup de bonnes chroniques disant que c’était prometteur. Le second vient de sortir, on a déjà des éloges à son sujet, et ça, c’est plus que gratifiant.

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi ce nom d’Hauméa qui est celui d’une planète naine ? Est-ce parce que vous aussi vous gravitez autour d’une certaine sphère musicale ?

Seb : C’est un peu le délire, oui. Il y a deux idées derrières : Hauméa, c’est une musique un peu solaire, spatiale. On part dans différents univers. Mais Hauméa, c’est aussi la déesse de la fertilité dans la mythologie hawaïenne. Et à l’époque où on s’est formés, on était 4 musiciens sans groupe, et le fait de nous trouver était comme une renaissance pour nous. Il y a une double signification derrière le nom d’Hauméa.

 

Metal-Eyes : Il y a pourtant un lien évident avec la planète puisque vous avez gravé son numéro – 136108 – sur la première barre du H…

Seb : Cette planète a été repérée dans l’Orne je ne sais plus en quelle année, mais c’est pour ça qu’il y a le nombre 61 dans son intitulé.

 

Metal-Eyes : Rien à voir, donc, avec le fait que vous soyez amateurs d’astronomie ?

Seb : Pas du tout. Sinon, on n’aurait pas choisi une planète qui a une forme d’œuf (rires) !

 

Metal-Eyes : Et on en parle juste au moment de Pâques… Autre chose : c’est un peu provocateur en ce moment de publier un disque qui s’appelle Leaving en cette période de confinement…

Seb : Rien n’est prémédité. Après, quand on pense à ce qui se passe actuellement, je trouve ça excellent, la main sur la pochette est tendue, la personne veut sortir… C’est en totale contradiction avec ce qu’il se passe en ce moment.

 

Metal-Eyes : Comment définirais-tu la musique d’Hauméa pour quelqu’un qui ne la connait pas et souhaite la découvrir ?

Seb : Je dirai que c’est du rock metal, avec beaucoup d’émotion, de rage aussi. Une musique assez cadencée et lourde à la fois.

 

Metal-Eyes : Les deux premiers termes qui me soient venus à l’esprit en écoutant le disque c’est Hardcore et punk. Ça correspond à vos influences ?

Seb : Oui, on peut dire ça… C’était le milieu musical dans lequel j’évoluais avant. Notre bassiste vient du grindcore, notre guitariste, du detah, deathcore, moi, du hardcore et le chanteur vient de la chanson française. On reste tous fans de Deftones, Faith No More, Gojira. Mais aussi The Cure… On écoute tellement de choses qu’on essaie de mixer le tout.

 

Metal-Eyes : Vous ne vous imposez pas de limites j’imagine…

Seb : Chez Hauméa, il n’y a pas de limite. Notre guitariste arrive avec un riff, si ça matche, c’est adopté. On pose les textes, on fait des arrangements, et si ça matche encore, alors on le pose sur une galette.

 

Metal-Eyes : Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos textes ?

Seb : On parle principalement de sentiments, le côté émotionnel, le mal qu’on peut ressentir en soi, les addictions, à l’alcool, à la drogue. Ça peut être du vécu personnel, il y a aussi du constat écologique et humain. On aborde plusieurs thèmes sans pour autant faire de prosélytisme politique. C’est pas du tout notre fer de lance. On préfère se concentrer sur le vécu.

 

Metal-Eyes : Sur des expériences individuelles ?

Seb : Pour beaucoup, oui. Soit vécu en direct, soit interposé. Certains morceaux traitent de ce qui a pu arriver à un d’entre nous, un de nos proches. Ce sont des marqueurs d’inspiration.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que vous préférez ne pas aborder, qui n’ont, aujourd’hui, pas leur place dans Hauméa ?

Seb : La politique, ça ne nous intéresse pas. On en parle entre nous, mais on n’est pas là pour faire de la politique, on ne veut pas avoir d’étiquette politique. On pointe du doigt l’humain en tant que tel, pas un parti politique ou un gouvernement en particulier. Ça, on n’en a rien à cirer !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Leaving pour décrire ce qu’est Hauméa aujourd’hui, ce serait lequel et pourquoi ?

Seb : Celui qui nous représente le mieux ? Je dirais Breathe, celui qui a fait l’objet d’un clip. C’est celui sur lequel l’empreinte d’Hauméa est la plus palpable : il y a de l’émotion, de la puissance, de la rage, aussi. Et c’est vraiment tout l’univers d’Hauméa.

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi ce format de disque, un peu plus long qu’un Ep mais plus court qu’un album ?

Seb : Le travail d’un album est très long. C’est pas qu’on est fainéants, loin de là, mais à la suite d’Unborn, on voulait avoir une activité assez régulière, et le format Ep/lp se prête relativement bien avant de se concentrer sur la préparation d’un album. Le format Ep nous permet d’avoir une continuité dans cette dynamique de promotion avant la sortie d’un album. Pour le démarchage, aussi, au niveau de l’orga de festivals ou même des Fnac : eux-mêmes disent préférer avoir des Ep. Et pouvoir sortir quelque chose plus régulièrement montre qu’on a envie de continuer.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution musicale d’Hauméa entre vos de disques ?

Seb : Elle a été plus marquée sur les textes puisqu’on fait valoir le chant en français. C’est le chant qui a principalement évolué même si on a muri musicalement, bien sûr, mais c’est principalement au niveau des textes où on mélange l’anglais et le français. Le français est une langue poétique, c’est notre langue maternelle, et elle est plus à même de créer une métaphore que l’anglais. L’anglais est réservé pour les grosses parties avec les punchlines. On est parvenu à faire ce mélange des deux langues, ce que peu de groupes osent mettre en place.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Hauméa ?

Seb : Oh, la question piège…

 

Metal-Eyes : Non, pâs piège, différente, c’est tout. Celle-là, tu ne peux pas dire qu’on te la pose tous les jours !

Seb : Oh, non… Là, tu m’as coupé l’herbe sous le pied… « De l’émotion, si tu en veux, avec Hauméa, tu l’auras »

 

Interview: ONE LIFE ALL IN

Interview ONE LIFE ALL IN: entretien avec Clem (guitare). Propos recueillis par téléphone, le 24 avril 2020

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Metal-Eyes : Peux-tu commencer par raconter l’histoire du groupe qui est né de votre rencontre avec Don Fosse, chanteur de Spudmonsters, et qui a participé à un titre de ton groupe, Seekers Of The Truth en 2015 ? Vous l’avez par la suite sollicité pour participer à ce nouveau projet qu’est One Life All In.

Clem : Exactement. Au tout début, Franck et moi jouions avec Seekers Of The Truth. On a fait une date avec les Spudmonsters, l’ancien groupe de Don, sur Lyon en 2014. Ca s’est très bien passé, on a un peu échangé durant la soirée et quelques jours plus tard, Franck l’a recroisé au Hellfest puisque les Spudmonsters y jouaient aussi. Ils ont passé pas mal de temps ensemble, Don et lui, et tout s’est super bien passé. Quand on a enregistré l’album de Seekers, on voulait faire un morceau avec un featuring et on a tout de suite pensé à Don qui a accepté d’enregistrer un titre avec nous. Il l’a fait à distance, de chez lui à Cleveland, nous a tout envoyé et nous, on a remis ça au studio à Lyon. On a gardé contact, continué d’échanger. Pour moi, ça en restait là, mais pas dans la tête de Franck qui avait des morceaux en tête. On était encore avec Seekers à l’époque et il m’a demandé de lui donner un coup de main avec l’ordinateur. Il avait les idées mais il ne savait pas forcément faire. Au début, je pensais que c’était des morceaux pour Seekers, mais un peu plus tard, il m’a dit que c’était pour un autre projet, sans trop savoir qui il y aurait comme batteur, comme chanteur mais il m’a demandé de continuer de l’aider à enregistrer.

 

Metal-Eyes : A la base, c’est donc vous deux, Franco et toi ?

Clem : A la base, oui. Quand on a fini d’enregistrer les 6 premiers morceaux, on a demandé à Don si ça l’interssait de chanter dessus. On lui a envoyé les démos, ça lui a plu, il a enregistré son chant sur les 6 titres et nous les a renvoyés. On était super contents.

 

Metal-Eyes : C’est donc ce qui a donné votre premier Ep, The A7 session ?

Clem : Oui, c’est ça. On a ensuite demandé à Kevin (Foley, ex Benighted) s’il voulait nous rejoindre, il a accepté, est rentré en studio et a très rapidement enregistré la batterie. Don est venu en France pour enregistrer ses parties en studio. On a profité des quelques jours de sa présence pour enregistrer un clip.

 

Metal-Eyes : Comment avez-vous fait la connaissance de Kevin ?

Clem : Il assiste à beaucoup de concert, et on se croise régulièrement. Là, c’est Franck qui a pris contact avec lui, par l’intermédiaire d’un autre ami commun. C’est arrivé à un moment où Kevin avait envie de faire autre chose que du metal extrême. Il a joué dans beaucoup de groupes, dont le plus gros est Sepultura. Dernièrement, il a joué avec Lofofora, Black Bomb A et il y en aura certainement d’autres !

 

Metal-Eyes : C’est le syndrome du batteur d’aller taper un peu partout ! Comment définirais-tu la musique de One Life All In, sachant que sur votre bio vous vous définissez déjà comme un groupe de hardcore positif. Vous entendez quoi par là ?

Clem : Je la définirais de punk hardcore, et « positif » par rapport à l’attitude et surtout aux paroles. On n’est pas du genre à dire qu’on est les meilleurs, les plus tatoués… Ce n’est pas notre nature…

 

Metal-Eyes : Vous n’êtes pas un groupe grande gueule, quoi…

Clem : Non, c’est pas notre genre, humainement, et ce n’est pas ce qu’on veut faire de notre musique, assez ouverte. Et on essaie d’avoir une attitude qui va avec notre caractère.

 

Metal-Eyes : C’est quelque chose qu’on retrouve au sein de ton précédent groupe, Seekers of The Truth, qui avait un discours très positif…

Clem : Oui. Oui, c’est quelque chose d’important. Surtout dans le style de hardcore qu’on voit maintenant, qui est beatdown, très revendicatif…

 

Metal-Eyes : Justement : il y a des thèmes que vous privilégiez dans vos paroles ?

Clem : Pas vraiment. C’est Don qui écrit les paroles, il y a beaucoup d’expériences personnelles. Il y a quelque chose qui ressort beaucoup de ses paroles, c’est quelqu’un de très positif, qui essaie toujours de voir le bon côté des choses, même quand il y a quelque chose de négatif au premier abord, il cherche à en tirer quelque chose de positif. Ce qui nous apporte beaucoup, nous pousse à tenter des choses. De toutes façons, si on n’essaie pas on ne saura jamais…

 

Metal-Eyes : Et y a-il des choses que vous préférez ne pas aborder, qui ne font pas partie de votre univers ?

Clem : Je dirais tout ce qui est négatif, politique. Musicalement, ce n’est pas un aspect qu’on aborde. On a des convictions, mais on n’en parle pas.

 

Metal-Eyes : Vous évitez tout ce qui peut être clivant pour vous concentrer sur les aspects positifs de la vie.

Clem : Oui, c’est mon ressenti. Don te dirait peut-être autre chose, il a pris le parti d’écrire des paroles plus personnelles, ce qui n’était pas le cas avec les Spudmonsters, où il pointait du doigt des choses comme la pauvreté. Je pense qu’il est peut-être dans une période de sa vie où il a besoin d’exprimer des choses plus personnelles.

 

Metal-Eyes : Vous continuez de travailler à distance, j’imagine ?

Clem : Oui, même si on a modifié certaines choses : on lui envoie la musique et lui peut corriger des passages, les raccourcir, modifier une mélodie qui ne l’accroche pas trop, qui prend trop de place. On compose de notre côté, on envoie, on modifie, déplace, enlève certains arrangements…

 

Metal-Eyes : Est-il possible que Don vous envoie des lignes de chants et que vous travaillez la musique ensuite ?

Clem : Ça pourrait arriver. Ça ne s’est pas encore produit mais, on en avait parlé, c’est quelque chose que j’aimerai bien faire : pouvoir composer un morceau en fonction d’une mélodie de chant.

 

Metal-Eyes : Eh bien voilà un projet pour le troisième CD !

Clem : Voilà !

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe, One Life All In ?

Clem : C’est un peu le… « carpe diem ». Faire en sorte de faire plein de choses et être bien avec ce que l’on fait. Remplir sa vie avec les meilleurs éléments possibles.

 

Metal-Eyes : Votre esprit est positif. Votre nouveau disque s’appelle Letter of forgiveness – Lettre de pardon. Vous voulez pardonner quoi et à qui ?

Clem : C’est un titre que Don a écrit… Il en parlerait mieux que moi, mais je vais tenter : il a fait certaines choses dans sa vie dont il n’est pas fier, il a des regrets, des remords. Il a eu besoin d’écrire ce titre pour lui, pour accepter de n’avoir pas fait les bons choix aux bons moments. « Excusez-moi pour le mal que j’ai pu faire, parce que j’en ai fait », c’est son message…

 

Metal-Eyes :  Tu peux parler un peu de la pochette aussi ? Une princesse un peu tribale avec cette couronne de fleurs et de fer…

Clem : Moi, ce que j’aime, c’est le côté un peu ambivalent : un visage un peu fermé, qui contraste beaucoup avec les fleurs du dessus…

 

Metal-Eyes : Elle a un regard très mélancolique, je trouve…

Clem : En plus, oui, exactement. Une courrone et des fleurs, c’est pas quelque chose qu’on trouve souvent, en tout cas, pas dans mon esprit, et j’aime bien ce paradoxe. Au départ, c’est une illustration qu’a faite Dave Pickel, un tatoueur américain ami de Don. Don avait ce visuel dans un coin, dans son ordinateur, je sais pas où mais il l’avait ! Il nous l’a proposé, on a dit OK, il a demandé à Dave si on pouvait l’utiliser, et il a accepté mais a demandé à retoucher, peaufiner certaines choses. La pochette du CD, c’est lui, le reste de l’artwork, c’est Sylvain, de Seekers, qui est aussi graphiste. Je trouve cette pochette, le contraste qu’il peut y avoir avec l’imagerie habituelle du hardcore. Ça va bien avec notre esprit et ce qu’on veut transmettre.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi ce contraste avec votre premier CD sur lequel il n’y avait que le nom. Comment analyses-tu l’évolution de One Life All In entre vos deux disques ?

Clem : On pourrait presque croire qu’il s’agit de deux groupes différents… Sur le premier, les morceaux étaient assez basiques, directs, sans fioritures. Pour le second, on a beaucoup travaillé les mélodies, on a ajouté une seconde guitare qui apporte pas mal de choses. Au niveau de la structure des morceaux, on sort du schéma couplet-refrain. Au niveau des sonorités on a ajouté des choses un peu plus punk, sur certains morceaux, on s’est même amusés à changer de tonalités, ce que je n’avais jamais fait avec les autres groupes, avant.

 

Metal-Eyes : Vous vous connaissez mieux aussi, vous avez plus de repères communs (il acquièsce). Il y a un mot qui ressort quand j’écoute Letter of forgiveness, c’est que je le trouve plus tribal. Es-tu d’accord avec ce terme ?

Clem : Tu entends quoi par tribal ?

 

Metal-Eyes : Dans les rythmiques, surtout, que je trouve assez sèches, parfois martiales…

Clem : D’accord, ce n’est pas forcément faux.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Letter of forgiveness pour présenter à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est One Life All In, ce serait lequel ?

Clem : Je pense que ce serait 83rd dream, la reprise de The Cult. Je pense qu’elle reprend tout l’esprit du groupe. Une intro assez épurée, puis une partie un peu plus mélodique, une autre assez rentre dedans, et une fin assez metal, à la Lamb Of God. Oui, c’est un morceau qui reprend tout ce qu’on aime.

 

Metal-Eyes : Pour terminer : quelle pourrait être la devise de One Life All In, sans parler de confinement, Bien sûr !

Clem : Il y a une chose qu’on se dit souvent avec Franck : « on continue la mission ». On va continuer, l’album qui est en préparation, alors on continue et on se fait plaisir.

 

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter ?

Clem : Oui, je voudrai en profiter pour vous remercier, vous, webzines, de partager cette passion, en rédigeant des chroniques, en faisant des interviews. En relayant l’information et en faisant vivre la musique. Je pense aussi, surtout en ce moment, aux magazines qui vivent des moments difficiles et qu’il faut soutenir, surtout en ce moment, comme les organisateurs de concerts… C’est important aussi de se déplacer à un concert, local ou pas, c’est ce qui fait vivre la scène, toute la scène. D’acheter des CD, des T Shirts, c’est aussi ça qui fait vivre les groupes.

 

Interview: STONE OF A BITCH

Interview Stone Of A Bitch : entretien avec Alice (chant) et Ludwig (instruments). Propos recueillis par téléphone, le 7 avril 2020.

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Metal-Eyes : Stone Of A Bitch, j’ai connaissance de deux albums, mais pas de votre histoire. Pouvez-vous commencer par me la raconter ?

Alice : Le groupe vient du sud-est de la France, du côté de Nice. On s’est rencontrés sur un festival de musique auquel je participais avec un groupe de reprises. Ludwig faisait partie du comité d’organisation et s’occupait de beaucoup de choses et entre autre de musique. Ensuite, on a eu l’idée de monter un projet. C’est la naissance de Stone Of A Bitch, entre fin 2016 et début 2017.

Ludwig : Ça, c’est la genèse. Après ça, assez rapidement, on a commencé en acoustique avant de nous orienter vers l’électrique. Rapidement, on a confirmé qu’on voulait conserver le format de duo. Rapidement, on s’est retrouvés avec pas mal de chansons qu’on a packagé sous la forme d’un premier album en 2017. Un album tout noir avec nous dessus…

 

Metal-Eyes : Un album avec une tête de mort qui enlace une jolie nana assez 60’s… Cet album, je l’avais un peu égratigné à cause de l’accent anglais plus que de la musique. Comment définiriez vous la musique de Stone Of A Bitch pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Ludwig : On la qualifie de rock électro percussif. Parce qu’on est clairement dans un univers rock au niveau des sonorités, mais on veut aussi expliquer que tout le coté percussions de cet album est issu de machines, de séquenceurs. « Rock électopercussif », ça englobe assez bien notre méthode de fabrication.

Alice : Je confirme. On s’est nous-mêmes collé cette étiquette parce que, au contraire de certains groupes qui annoncent « duo » sur leur album et qui, une fois sur scène, se retrouver à 3, 4, 5 voire parfois plus, nous, on s’est lancés le défi de réaliser à deux le son que tu entends sur album.

 

Metal-Eyes : Ça veut dire qu’il y a des machines qui interviennent et que certaines personnes pourraient éventuellement remettre en doute le côté live…

Alice : Alors… oui, à partir du moment où ils voient des machines ils peuvent penser que c’est du pré enregistré. Mais j’utilise des samplers, des séquenceurs, des synthés, mais c’est moi qui reste aux commandes de la rythmique et de tout ce qui est fond sonore.

 

Metal-Eyes : Vous venez de sortir un second album, IntimAlicious. Comment analyseriez-vous, l’un et l’autre, l’évolution de Stone Of A Bitch entre ces deux disques ?

Alice : Déjà, IntimAlicious, c’est un voyage dans l’intimité d’Alice. Avec cet Ep, on s’est focalisés sur le personnage d’Alice, les menaces qui pèsent sur elle, et sur sa manière de les appréhender et d’y faire face. Ça s’est ressenti, évidemment dans notre musique, avec des sonorités, des mélodies plus sombres.

Ludwig : D’un point de vue technique, musical, entre ces deux disques il y a aussi eu la tournée qui a beaucoup influencé sur la partie dont on a travaillé cet album, qui a changé le format des nouveaux titres. C’est-à-dire qu’on les a vraiment travaillés pour la scène en termes de tempo, de rythmiques, de riffs. Ça a forcément eu un impact sur la façon dont on l’a construit, sur les nouvelles structures, les nouvelles sonorités. Et je pense qu’il y a aussi un effet, c’est qu’on voulait montrer qu’on construits aussi ces sons sur scène. Ça, ça veut dire aussi passer par des machines, et qui dit machines, dit ajouter des couches de sons qui ne laissent pas d’ambiguïté sur le fait qu’on travaille avec des machines. On introduit donc du nouveau matériel sur ce second disque, la méthode a évolué, les machines, on les emporte sur scène et on interagit beaucoup plus.

Alice : Il y a plus de liberté d’expression, de construction en live avec le nouveau format qu’avec l’ancien.

Ludwig : ça se prête plus au jam, aux échanges… On peut faire durer ; il y a des passages, si ça se passe bien sur scène avec le public, on peut les faire tourner. On fait plaisir, à nous et au public.

Alice : On se laisse cette liberté d’improviser, en fait

 

Metal-Eyes : Je vois d’autres choses aussi avec cet album, un parallèle – ou plutôt un perpendicularisme – avec votre premier disque : vous passez du noir à des couleurs plus claires, de jour, d’un duo sur la pochette à quelqu’un seul sur la plage (c’était avant le confinement…) Sur le premier, on te, voit, Alice, fumant une cigarette, et là, tu es entourée de crabes. Un rapport avec le cancer, l’évolution d’une certaine forme de maladie ?

Alice : On peut y voir ça, bien sûr, on peut y voir ce qu’on veut… Les crabes représentent toute forme de menace, pas seulement la maladie. Des menaces environnementales, venant d’horizons et d’univers différents. Alice, elle est là, au milieu de tout ça et on n’arrive pas trop à savoir si elle a conscience ou pas de ce qui se passe autour d’elle. Comment elle va faire face à tout ça, le vivre ? Est-ce qu’elle va l’encaisser et l’enfermer au fond d’elle, l’extérioriser en se battant bec et ongles, avec une certaine forme de colère…

Ludwig : Je crois qu’au fil de notre parcours de conscientisation, chacun franchit, à un moment, une étape, et réalise qu’on n’est que le maillon d’une chaine. On peut parler d’un éco-système, peut-être, mais il y a aussi cette idée que son innocence est menacée.

 

Metal-Eyes : C’est ce qu’on retrouve aussi au travers des textes, cette idée de menace…

Ludwig : Absolument. Et, d’une certaine manière, la pochette du premier album voulait aussi dire ça. Qui est la menace pour l’autre ?

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi le format Ep, alors que le premier était un album ?

Ludwig : L’Ep c’est un super format pour pouvoir explorer « en vertical » la palette sonore. Moins de titres, mais plus de recherche…

Alice : Peut-être aussi plus de mouvement au sein même d’un titre.

 

Metal-Eyes : Il y a effectivement une belle variété au travers de ces cinq titres. Et, Alice, là où je t’avais égratignée au niveau du chant en anglais, j’ai été très agréablement surpris par l’évolution de l’anglais qui est beaucoup plus fluide et passe-partout.

Alice : Ah, c’est donc toi qui m’avait démontée (rires) ?

 

Metal-Eyes : C’est agréable de constater cette évolution. Après tout, si vous choisissez de chanter en anglais, ce n’est pas pour vous contenter du marché francophone, c’est aussi pour aller voir ce qu’il se passe à l’étranger…

Alice : C’est ta critique qui m’a motivée à reprendre mon anglais ! Rassure-moi, tu ne m’égratignes pas sur autre chose, cette fois ? (rires)

 

Metal-Eyes : Non, non, vous verrez. C’est aussi pour ça que je préférais faire cette interview au téléphone, pour éviter les coups ! (rire général)

Ludwig : On a quand même ton adresse !

 

Metal-Eyes : Pour l’un et l’autre, quel est le titre d’IntimAlicious qui représente aujourd’hui le mieux Stone Of A Bitch, celui que vous présenteriez à quelqu’un en lui disant « voilà, ce qu’on fait, c’est ça » ?

Ludwig : J’opterai pour A-Twin

Alice : Oh, non ! Quel copieur celui-là !

Ludwig : On a un bon consensus, c’est bien, on ne fera qu’un titre…

Alice : La prochaine fois, on se concertera, il n’y aura qu’une chanson…

 

Metal-Eyes : Mais les raisons ne sont sans doute pas les mêmes…

Ludwig : Tu as raison. Pour moi, A-Twin est très représentatif de notre travail actuel. Il y a tout ce que j’aime, mais surtout, il y a une bonne symbiose entre ce qu’on veut faire passer, les thèmes, et le fit avec les instruments. C’est un morceau long – j’adore ce genre de choses un peu progressives – répétitif à la fin, lancinant, on peut vraiment improviser en changeant les textures du son à la fin. On a du groove avec du refrain, de gros riffs que j’adore faire à la guitare, c’est très agréable à jouer. Je ne sais pas si tu es guitariste, mais…

 

Metal-Eyes : Pour tout te dire, je ne joue que d’un instrument… Du pipeau

Alice (elle explose de rire) : Moi aussi !

Ludwig : J’espère qu’Alice a des raisons différentes…

Alice : Oui, mes raisons sont différentes. C’est le morceau que je présenterai, pas musicalement, mais au niveau des textes, parce que c’est la quête de l’identité jumelle qu’on a tous au fond de nous. Ce morceau me touche particulièrement, je lem suis beaucoup investie sur la construction, de la structure, de la disposition des sons… C’est le morceau que je peux écouter en boucle et ressentir toujours la même émotion, les mêmes frissons. Et le texte est très représentatif.

 

Metal-Eyes : Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Stone Of A Bitch en 2020 ?

Ludwig : Notre devise ? Et en 2020… Ouais, ouais, ouais… Je dirais bien « who’s your bitch ? ». Parce que c’est sous forme d’une question, donc la personne qui la lie va réfléchir, mais aussi parce que ça résume notre projet, et ça questionne la personne sur son environnement et sur qui elle est. Qu’est-ce qui te menace, qu’est-ce qui peut freiner ton évolution…

Alice : « You can be your own bitch », en réponse… On a chacun de nous une part sombre, une espèce de bitch qui nous tire vers le bas, mais on peut être tirer de la lumière de cette façon.

 

Interview: DREADFUL HIPPIES

Interview DREADFUL HIPPIES : entretien avec Nico (chant) et Stéphane (basse). Propos recueillis à Paris, le 4 mars 2020

Metal-Eyes : Dreadful Hippies est né en 2015, a sorti un Ep en 2016 et vient de publier Rover, son premier album. Mais l’histoire du groupe, c’est quoi ?

Nico : Dreadful Hippies est un groupe qui est né avec le guitariste, Eric Lorsey, et moi-même, et une bassiste qui n’est plus dans la formation, Tara. C’était l’idée de recréer un projet dont la base était de faire un rock simple. Ensuite, il a évolué. Il a évolué en Heavy Rock Simple et Efficace (il rit)

 

Metal-Eyes : Donc vous êtes les inventeurs du courant HRSE, qui est comme tu l’as précisé, un style à part entière. Ça va les chevilles ?

Nico : Ouais, ça va très bien. Parce que c’est vraiment simple et efficace, (il se marre) on a produit ce qu’on a créé, donc ça va.

 

Metal-Eyes : Le côté « simple », vous n’avez pas peur que ce soit un peu trop réducteur ?

Nico : L’idée c’est que c’est un peu un piège, parce que c’est pas si simple que ça !

 

Metal-Eyes : Alors vas-y ! Explique-nous !

Nico : Le côté simple du HRSE, ou en tout cas de la musique de Dreadful Hippies c’est la structure des morceaux. On est presque que sur du couplet-refrain-couplet-interlude- couplet-refrain-outro. C’est ça, le côté « simple ».  Mais dans les compositions, c’est beaucoup plus recherché.

 

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous l’un et l’autre, la musique de Dreadful Hippies pour quelqu’un qui ne vous connais pas ? En dehors de Heavy Rock Simple et Efficace…

Stéphane : On a été cherché des sonorités assez rock des années 90. C’est surtout ça. En cherchant à… être simples et efficaces surtout (rires) ! Tu m’as tendu la perche…

Nico : Oh, ça va être dur… très très dur comme interview ! Alors, je confirme effectivement cette recherche de son, l’idée c’était d’apporter cette touche qui nous tient à cœur dans le rock, au sens large du terme. On a travaillé là-dessus pour arriver au son qui est le nôtre aujourd’hui.

 

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences respectives ?  

Nico : Moi, des influences très variées. Mon père était guitariste, il jouait dans un groupe de blues à l’époque sur Marseille. Mais on a toujours été éclectiques à la maison, mes origines antillaises. Donc la musique créole, du jazz, du reggae, du jazz, du classique… On a toujours tout écouté, c’est ce qui me définit dans mon approche musicale.

Stéphane : Dans mes projets, j’aime bien travailler différentes choses : dans la chanson, avec Dreadful Hippies, beaucoup plus metal rock, et c’est pareil pour la musique que j’écoute, peu importe le style.

 

Metal-Eyes : Le plus important, c’est que vous preniez votre pied…

Nico : Et que les gens prennent leur pied aussi.

Stéphane : Il faut que ça marche dans les deux sens. J’ai pas de style favori… j’écoute beaucoup de metal plus jeune, après j’ai découvert le jazz, et d’autres choses

Nico : Ah, si, je suis fan d’opéra aussi !

 

Metal-Eyes : Vous avez donc sorti un Ep en 2016, et vous revenez aujourd’hui avec Rover, un album. Qu’a-t-il de particulier ? Vendez-le moi…

Nico : En fait, Rover c’est la continuité du Ep, qui s’appelle Burn it, qui définissait le style. On tentait de voir quel type de musique on voulait faire. Quand on a commencé à donner des concerts et qu’on a vu que les gens accrochaient, on s’est dit qu’on allait rester dans ce style. Rover est sorti en gardant les mêmes ingrédients et le même esprit que l’Ep.

Stéphane : Moi j’y vois un truc assez énergique qui est lié aux répétitions et aux concerts qu’on a pu donner. Quand j’écoute l’album, c’est le côté énergique qui ressort.

 

Metal-Eyes : Vous l’avez enregistré comment cet album ? En conditions live ou vous avez profité à plein des outils technologiques à votre disposition ?

Nico : Pour la production même de l’album, on a fait ça en studio, piste par piste. Une fois qu’on a eu toute les pistes, on a tenté de faire un produit de qualité. L’album a été co-produit avec Izakar, l’ancien guitariste de Dagoba et actuel Blazing War Machine. Il a son propre studio. Il est ingé son de formation. Pour le mastering, on a travaillé avec un studio de Montpelier.

 

Metal-Eyes : Votre mascotte, c’est quoi ?

Nico : C’est un monstre. Un vagabond, « rover » en anglais. Ce vagabond cherche à se libérer de ses fardeaux. C’est l’image de sa chute, de la chute de tout le poids qu’il porte. L’un monte et l’autre tombe…

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un thème de prédilection dans ce que vous chantez ?

Nico : Comme dans l’Ep, l’approche d’écriture c’est le voyage onirique de ce vagabond. C’était déjà le cas dans le Ep, même s’il ne sortait pas dans le nom du disque. L’idée, c’était d’avoir ce héros que l’on suit dans des aventures humaines, à travers d’émotions, par rapport à son environnement : de l’introspection, mais aussi par rapport à son environnement extérieur. Le but, c’est qu’on puisse tous se retrouver dans les textes. On a tous traversé des épreuves, amoureuses, sociales, conflictuelles, même politiques puisqu’il y a des morceaux qui sont assez engagés, et de se dire qu’il faut avancer dans la vie. D’où l’idée de la montagne. Que je perde tout ce poids et que je me libère.

 

Metal-Eyes : Quels thèmes politiques abordez-vous ? Quand on regarde les temps troubles partout dans le monde…

Nico : Ce qui est bizarre, c’est qu’entre l’écriture des deux disques, un an ou deux, ce sont toujours des sujets abordés et d’actualité : des politiques sociales en démocratie, en occident où on est censés être en démocratie mais on n’y est pas vraiment. Elle existe, mais elle est très limitée. Ces textes-là disent que, nous, on est tout petits mais que tous ensemble on peut être plus grands. The other 99, c’est l’idée du 1% qui a tout et 99% qui triment. Nous, les 99%, si on est tous ensemble, on peut vous faire plier.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il au contraire des thèmes que vous ne souhaitez pas aborder ?

Nico : Pas du tout, il n’y a pas de tabous.

Stéphane : Au niveau des textes…

Nico : Ah, pardon ! Des thèmes musicaux ? Je croyais que tu parlais de questions ! (il éclate de rire). Maintenant, les thèmes abordés dans le hip hop moderne ne nous intéressent pas du tout… Bling-bling, l’argent et tout ça, non… Ce qui est bien avec notre projet, c’est la simplicité, le fait de prendre du plaisir. Si on prend le morceau Dreadful Hippies, c’est juste une communion, tous ensemble. On est juste des hippies lamentables, on est là, libres et on partage ensemble.

 

Metal-Eyes : Justement, votre album est très festif, très rock. Qu’avez-vous voulu mettre dans cet album ? Quelle en était la ligne directrice ?

Nico : C’était ça : avoir une structure de morceaux simple, essayer d’y apporter toutes les essences, les sonorités qui nous plaisent dans ces styles musicaux. Il y a des morceaux bien stoner, ou d’autres très planants avec une rythmique qui nous permet d’être bercés, des choses plus brutes, et des choses au milieu, un peu plus expérimentales.

Stéphane : Je pense que, vous trois, en écrivant les morceaux, vous avez voulu vous faire plaisir avec des rythmiques, des chorus… Basse-batterie, c’est un peu plus basique, dans le sens où c’est pas forcément facile à jouer, mais ça ne part pas dans tous les sens. Eric va s’éclater un peu plus à la guitare.

Nico : Ce que tu pointes est vrai, car avec Eric, on a un projet annexe, de rock progressif à la King Crimson. Là on parle de structures compliquées, de rythmiques changeantes en permanence. Peut-être, effectivement que quand on s’est dit qu’il fallait qu’on ait un projet rock, simple… et efficace, notre but était d’arriver à s’éclater tout en étant efficace…

 

Metal-Eyes : Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un titre de Rover pour expliquer ce qu’est Dreadful Hippies à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel, et pour quelle raison ?

Nico : Dreadful hippies. Au-delà du nom qui est venu naturellement, c’est ces ingrédients d’énergie et de… C’est une ligne droite : de la première seconde à la dernière, tu sais où tu vas et tu ne quittes pas la route.

Stéphane : Un morceau comme Untitled, aussi, qui est à l’opposé. Il y a du groove… C’est difficile de définir l’album avec un seul morceau…

Nico : Faites-vous votre propre idée en écoutant l’album !

Stéphane : C’est vrai que le plus représentatif serait Dreadful Hippies, mais il ne représente pas non plus tout l’album.

Nico : C’est vrai que c’est celui-là qu’on fait en général écouter en premier aux amoureux du rock. Ceux qui aiment un peu moins le rock, on leur fait écouter Untitled.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Dreadfull Hippies en 2020 ?

Nico : Euh… Se faire plaisir, sachant que je connais beaucoup de groupes depuis longtemps qui ont des hauts et des bas. On en a eu, on en aura, mais c’est important de garder cette énergie commune pour avancer.

Stéphane : Laisse-moi réfléchir… En 2020 ? « Dreadful Hippies sur la route », ça peut le faire ?

 

Metal-Eyes : ça peut (note : quoique, avec le recul, le confinement ayant commencé moins de deux semaines après cette interiew…) Il n’y en a pas un qui ait dit « HRSE forever », mais bon… (ils explosent de rire)

Nico : Non, ça, on a les T-shirts !

 

 

Interview: PORN

Interview PORN: entretien avec Philippe alias Mr Strangler (chant). Propos recueillis au Black Dog à Paris, le 4 mars 2020 – Interview réalisée en commun avec Pierre Arnaud du webzine Seigneurs Du Metal (questions marquées d’un *)

Metal-Eyes * : Cet album conclue la trilogie de Mr Strangler. La trilogie est terminée ; n’es-tu pas un peu triste d’arriver à la fin ?

Philippe : Un peu triste, et content, parce que, du coup, je regarde le taff qui a été fait et je suis content d’avoir réussi à mener à terme cette trilogie qu’on a bouclée en 3 ans. Il y a toujours un peu de tristesse à se séparer d’un personnage, qui nous a aussi beaucoup apporté puisque beaucoup de choses se sont passées dans Porn grâce à cette trilogie. Mais c’est aussi bien d’en finir et pouvoir passer à autre chose, ne pas être esclaves, asservis à ce personnage et être obligés de rester dans le truc pour pouvoir continuer. Moi, je suis super content de cette trilogie, on boucle ces trois albums et on passe à autre chose.

 

Metal-Eyes : Justement, je m’adresse au chanteur, pas à Mr Strangler : on arrive effectivement à la fin d’une trilogie, mais… Il se fait prendre comment ce psychopathe ?

Philippe : Euh… Eh, bien, ça, on le découvre dans le clip à venir. Quand on suit les clips, on voit qu’il est déjà plus ou moins emprisonné – dans les derniers, notamment Some happy moments où il discute avec une psychiatre –  mais il s’avère qu’il réussit à s’évader. Dans le dernier clip, il se fait attraper – c’est un clip un peu plus d’action – et on le voit après être amené à la chaise électrique. Il y a une scène avec un assaut de police venu pour l’arrêter

 

Metal-Eyes * : Dans cet album, il est en prison ?

Philippe : Oui, il est en prison, ou il s’apprête à y aller. Mais, en gros, l’idée c’était : il est en prison, il s’évade et il se fait rattraper à la fin. Mais la thématique principale, c’est l’enfermement.

 

Metal-Eyes * : Ce que j’ai trouvé intéressant et intriguant dans l’album c’est que, alors qu’il est en prison et condamné à mort, il va se faire exécuter. Il se fait exécuter ou pas ?

Philippe : Il est exécuté.

 

Metal-Eyes : Il y a la chaise électrique sur la pochette qui est explicite…

Philippe : Et dans le clip, il finit sur cette chaise électrique. C’est exactement la même.

 

Metal-Eyes * : Musicalement, je trouve l’album moins sombre que les deux précédent alors qu’il attend la mort. Je trouve l’album très mélancolique.

Philippe : L’idée, c’était de créer une ambiance où il se montre à la fois apaisé, résigne, par ce que quand on est en prison, ben… il faut l’accepter, sinon tu vas passer un mauvais moment… Pour que ça se passe bien en prison, il faut l’accepter. Il y a ce côté « résignation » où il accepte la chose, ce côté mélancolique, parce qu’il sait qu’il va faire face à sa mort imminente puisqu’il va passer à la chaise électrique, et il y a ce petit soubresaut d’espoir, comme dans Lovely day, ou beaucoup plus sombre comme Love winter hope où, là, il est au bout du bout. Mais, oui, en effet, il est un peu plus mélancolique. On voulait un truc un peu plus éthéré, un peu plus soyeux, comme s’il était à l’article de la mort et finalement, comme s’il ne l’était plus… Il y a un peu de ça.

 

Metal-Eyes : Musicalement, on trouve effectivement différentes ambiances, ce qu’on ne trouve pas visuellement puisque les pochettes de chacun des actes sont dans des tons similaires, marron. Il y a une vraie continuité également…

Philippe : Oui, idem dans les artworks des singles qui sont tous très sombres. Par exemple, le single de A lovely day, alors que le titre est plutôt joyeux, l’artwork c’est un chiotte tout pourrave, pour Some happy moments, on a des menottes ensanglantées attachées à un radiateur… On reste dans quelque chose de très sombre parce que c’est la fin, mais on a travaillé sur des sonorités un peu différentes des précédents albums, on a incorporé de la guitare acoustique aussi, ce qui crée un truc un peu plus éthéré. Mais les thématiques restent globalement plus sombres…

 

Metal-Eyes * : D’ailleurs, musicalement – et je sais que tu adores la new wave – il est encore plus new wave, je trouve. 

Philippe : Au final, oui, mais pas tant dans la composition, où il est plus rock. Il y a ce côté un peu plus… oui, new wave que sur les autres…

 

Metal-Eyes : Lorsque nous nous étions rencontrés il y a un an, tu définissais The ogre inside comme un album « sombre », le second volet, The darkest of human desires, comme plus « exalté ». Comment définirais-tu ce dernier acte ?

Philippe : Un peu comme on a dit là : plus éthéré, plus mélancolique. Peut-être aussi un peu plus rock. J’écoutais beaucoup à ce moment l), quand on était en phase de fin de composition, de mixage, j’écoutais beaucoup Pink Floyd, Wish you were here et The wall. Pour moi, le dernier album est assez particulier et j’ai un peu de mal à le définir…

 

Metal-Eyes : Je voudrais revenir sur un symbole que l’on trouve sur cet album que sont les clés. J’en dénombre 8, or, il y a plus de 10 titres… Ont-elles un rapport avec son internement ?

Philippe : C’est surtout David qui nous avait lancés là-dessus, et j’ai trouvé ça intéressant : la symblique de l’enfermement, la clé, c’est l’ouverture des portes, la fermeture des portes. Et comme on est sur sa fin, sa mort imminente, il y a la clé de l’éternité. Il n’y a pas de symbolique particulière, juste ce rapport à l’enfermement, au fait de fermer la serrure derrière cet homme.

 

Metal-Eyes : Et donc de fermer la trilogie… Je termine avec la symbolique : avec cette trilogie, le logo de Porn a changé. Est-il amené à évoluer encore à la suite ?

Philippe : Je pense qu’il va changer. On est en train de travailler dessus. C’est une volonté sur la suite… On a une cohérence graphique sur cet album, on va tout rééditer sur un seul, un triple album pour lequel on a ce logo, mais on pense à le changer. Si on avait un label, il nous dirait de ne pas le Je trouve que c’est cohérent, ça montre qu’on passe à autre chose. Même si, dans la suite, il y a un peu de Strangler… Il n’a pas dit son dernier mot, même si ce n’est pas le personnage principal. Quelqu’un d’autre va prendre sa place, mais il y aura toujours un peu de Mister Stangler, on lui doit bien ça !

 

Metal-Eyes * : Et l’album, au niveau du son, en dehors du côté new wave dont je parlais… Il a été produit à Los Angeles, c’est ça ? Je trouve qu’il a un son très américain.

Philippe : Oui. Du coup, quand on a fait le choix de Brian Lucey, surtout quand il a accepté… Avant, on avait travaillé avec Tom Baker, qui est très ancré dans les années 2000. A la fin des années 90, il a fait tous les Marylin Manson, Nine Inch Nails, Ministry… Il a beaucoup de talent, il peut faire tout et n’importe quoi, mais l’avantage de Lucey, c’est que c’est quelqu’un qui est vraiment de son époque. Il a fait les deux dernier Manson, le Meliora de Ghost, le dernier Royal Blood. C’était intéressant de se tourner vers lui pour savoir ce qu’il pourrait faire de notre musique avec une approche totalement contemporaine. On a eu la chance que Brian Lucey ait le temps, qu’il accepte de travailler avec nous. D’entrée ça s’est passé super bien, ça a été vraiment cool, et un plaisir de travailler avec lui !

 

Metal-Eyes * : Je trouve le son de l’album nickel, impressionnant. C’est lui qui a apporté ce truc aussi majestueux ?

Philippe : Non, il a surtout finalisé. C’est moi qui ai mixé en grande partie et il a apporté la touche finale. Je pense que c’est aussi dû au fait qu’on a fait 3 albums en 3 ans, que on a tout enregistré avec le même matériel, ce qui fait une trentaine de morceaux. Donc, à moins d’être le dernier des abrutis, tu t’améliores toujours un peu. Et c’est là aussi que j’ai beaucoup appris en me demandant « mais comment faisaient tous ces groupes de l’époque pour sortir un album tous les ans ? » Le fait d’avoir enregistré tous ces morceaux nous a permis de faire des progrès. Je trouve que mes enregistrements de voix sont meilleurs sur cet album que sur le précédent, on a fait des progrès sur les guitares, même sur la composition, sur les arrangements… C’est comme quand tu fais du sport, que tu t’entraînes beaucoup : tu vas avoir de meilleurs résultats que si tu t’entraînes une fois par semaine. Je pense que c’est dû à ça et au fait d’avoir travaillé avec le même matériel. Quand tu changes de matériel trop souvent, tu redémarres à zéro sans t’en rendre compte. Tu penses que tu as emmagasiné de l’expérience, mais tu perds beaucoup de temps à redécouvrir le matériel, comment ça fonctionne… Comme avec un appareil photo, que tu fasses 500 ou 5000 photos avec le même appareil, jà la fin tu auras progressé. Je pense que ça y fait beaucoup : avoir travaillé sur un espace de temps court, bossé autant de morceaux, d’avoir mixé ces 30 morceaux là, d’avoir travaillé ce premier album seul de A à Z – on a bossé avec un tout petit studio de mastering à Lyon, après on passe avec Tom Baker… C’est de l’expérience, on n’a pas fait les mêmes erreurs qu’avec le premier. C’est pas parfait, loin de là, mais c’est ce qui nous a permis de gagner en expérience sur cet album…

 

Metal-Eyes : Je voudrais qu’on parle un peu de toi, maintenant, si tu le permets…

Philippe : C’est un beau sujet (il rit)…

 

Metal-Eyes : Oui, c’est un beau sujet. Enfin « beau », c’est un jugement de valeurs… Tu as travaillé pendant de nombreuses années avec ce personnage de Mr Strangler que tu incarnes. Vivre avec ce personnage doit laisser des traces. Alors qui est Philippe Deschemins aujourd’hui ?

Philippe : Je ne sais pas… Je dirais que… quand j’étais plus jeune, je lisais des interviews d’acteurs et je pensais qu’ils se la racontaient quand ils disaient « je me suis mis un peu trop dans le personnage, il a pris le dessus » etc, et en fait, sur The darkest of human desires, ça m’a un peu pris, j’étais à fond dans les trucs de tueurs en série, j’ai revu plein d’interview, relu plein de choses sur le sujet, et j’étais vraiment pris dans le truc. Plus que sur le dernier album où j’ai pris plus de distance. Pour répondre à ta question, je n’ai jamais été Mr Stranler, c’est une partie moi, évidemment, puisqu’on se nourrit toujours un peu de soi pour créer un personnage. Mais aussi, ce que j’ai essayé de faire, et je crois que le petit succès que nous avons avec ce personnage et cette trilogie c’est que… les gens s’approprient un peu ce personnage, ils le trouvent intéressant, parce qu’il leur rappelle un peu d’eux. Dans tous les romans, les BD qui fonctionnent bien, il y a une proximité, on trouve une proximité avec le personnage. Je pense que c’est ce qui fait que cette aventure musicale sur 3 albums a un peu de succès. Maintenant, je suis assez éloigné de Strangler mais je lui dois beaucoup. On n’a pas encore abordé la chose, mais il nous a ouvert beaucoup de portes. Qui s’ouvrent encore aujourd’hui, avec l’arrivée de ce nouvel opus, avec les nouvelles collaborations avec d’autres artistes, d’autres grands groupes, ce qu’on n’aurait pas pu faire sans Strangler. L’album va sortir, juste après, il y aura toute une série de remix qui vont sortir, qu’on a fait faire par des gars comme Orgy, Combichrist, Mindness Self Indulgence, plein de grands groupes avec qui on a pu bosser… Strangler nous a apporté ça dans une certaine mesure. On a déjà commencé ç travailler sur l’après trilogie.

 

Metal-Eyes : Juste pour finir là-dessus, l’an dernier tu me disais qu’il pouvait y avoir d’autres projets pour continuer de faire vivre Mr Strangler dont une adaptation en BD. C’est toujours d’actualité ?

Philippe : Oui, on avait commencé à bosser dessus, mais le dessinateur avec lequel on travaillait était un peu overbooké, donc on a laissé tomber pour le moment. C’est quelque chose que je voulais vraiment faire, et qu’on va faire… Strangler a encore beaucoup de choses à dire, ce sera soit sous la forme d’un comic book, ou d’un roman, d’une série de romans, ou de courtes nouvelles. J’aimerai bien aussi une série TV, il y a du potentiel pour ça…. Je pense qu’il aura de l’avenir, je pense aussi, en toute modestie, que cette trilogie fera date et qu’elle va vivre d’elle-même. On se rend compte avec le recul qu’on a réussi à faire quelque chose qui n’est pas commun, avec ses qualités et ses défauts. Mais qui interpelle et qui intéresse les gens. Je pense que ce truc aura sa propre vie. C’est un peu comme les enfants, tu acceptes qu’ils suivent leur propre chemin. Et il va apparaitre dans la suite ! Déjà, on va lui sortir son album de remixes qui sera là tout de suite après l’album. Ça s’appellera Mr Strangler’s last words, remixés par ces groupes que j’écoutais quand j’étais gamin. Jamais je n’aurais pensé que des membres de Nine Inch Nails pourraient me dire que ce que je fais est excellent et qu4on travaillerait ensemble sur des morceaux de Porn !

 

Metal-Eyes : Tu t’es aussi un peu extirpé de cette fascination pour les serial killers, tu connais tout de leurs vies, de leur univers. Tu ne l’as plus, cette fascination – enfin, « fascination », je ne sais pas si c’est le mot ?

Philippe : J’avais toujours trouvé ça intéressant parce que ce sont des marginaux par essence. Il n’y a pas plus marginal que ça. Même s’ils sont dans le monde, ils sont dans un « ailleurs ». J’ai beaucoup découvert, souvent, ce sont des pauvres types pas très intéressants, en réalité. Hormis quand on fait des Mr Strangler ou Hannibal Lecter, le plus souvent ce sont des personnages pas intéressants, miséreux et qui s’adonnent à des pratiques… Pas très cool. Tuer des gens, c’est pas très cool… pour les gens que tu tues… J’aime bien trouver quelqu’un qui est un peu plus « marrant », comme Richard Ramirez, qui assume jusqu’au bout. Il y a ceux, plus méprisable qui s’excusent pour manipuler les gens… Je ne l’ai pas eue beaucoup, cette fascination, j’étais surtout intéressé par les mécanismes et l’acceptation de soi quand on est un tueur ou un violeur en série. Parce que pour certains, le meurtre était plus… « accessoire », ils étaient plus intéressés par le viol, le fait de tuer la personne n’était pas la motivation première. Dans la suite, il y aura cette dimension de tueur, mais plus de tueur de masse et de secte plutôt que de tueur en série à proprement parler.

 

Metal-Eyes * : Justement, maintenant, la suite, tu as envie de faire quelque chose de complètement différent ?

Philippe : La suite traitera des marginalités. On part sur deux albums, je ne pense pas qu’on en fera trois. Je suis encore en train de travailler sur l’histoire pour la consolider. On est sur le thème de la marginalité autour d’un personnage un peu mystérieux qui est à la tête d’un genre de cirque caravane, et qui accueille des gens au sein de ce cirque itinérant, qui fait un peu office de secte. Ça questionne sur les marginalités, le fait de sortir des sociétés de consommation, comment les gens peuvent avoir envie d’être en dehors de la société. Alors je leur trouve des noms. Le titre de l’album est trouvé, les compositions pratiquement terminées et là, on entame les sessions d’enregistrement avec Chris Brena qui bosse sur le mix. Ce n’est pas moi qui mixerais cette fois, c’est lui. A la base, on voulait sortir du trip indus, donc les morceaux sont un peu plus rock, plus pop peut-être, et lui apporte une touche un peu rock indus, un peu plus dure dans les sonorités. C’est assez marrant, je ne pensais pas qu’on arriverait à ça, mais en fait, ça se passe bien, il est cool. On a fait un test sur un morceau, ça sonne super bien, il est adorable, donc il se charge de l’album qui sera prêt en juillet.

 

Metal-Eyes : Celui-ci fait partie d’une trilogie, donc d’un ensemble. Cependant, si tu devais ne retenir qu’un morceau de No monsters in God’s eyes pour définir ce qu’est Porn aujourd’hui, ce serait lequel ?

Philippe : Putain, c’est très difficile ça ! J’aurai tendance à te dire… soit Lovely day soit Dead in every eyes, parce que je trouve qu’il y a un peu de tout dans ces morceaux-là. Soit Love winter hope

 

Metal-Eyes : Là ça fait trois, je t’en ai demandé un seul !

Philippe : Dead in every eyes alors !

 

Metal-Eyes : C’est ce morceau que tu ferais écouter à quelqu’un en lui disant « tiens, écoute, c’est ce qu’on fait » ?

Philippe (il réfléchit longuement) : Non, ce serait plus Love winter hope alors, il y a de tout, un refrain… Alors que Dead, il n’y a pas de refrain.

 

Metal-Eyes : Love winter hope qui est aussi assez mélancolique…

Philippe : Oui, oui. C’est une composante qu’on retrouve dans toutes les trilogies quand même….

 

Metal-Eyes * : La mélancolie, elle est super forte, cet album est moins dur que les deux précédents. Il y a chez Porn un côté très metal, là, il n’y est presque pas

Philippe : Je pense que, même si beaucoup de gens ne le voient pas, la plus grande influence qu’il y a dans cette album c’est le Pink Floyd de Wish you were here, Dark side of the moon et The wall. Il y a des morceaux extrêmement mélancoliques dans Pink Floyd, mais ce n’est pas ce que les gens retiennent… Pourtant il y a des morceaux… Gilmour, quand il chante, c’est pas trop guilleret… Je pense que l’ombre de Pink Floyd plane sur ces albums.

 

Metal-Eyes * : Tu cites beaucoup Pink Floyd, mais la new wave aussi reste une influence…

Philippe : Oui, bien sûr. The Cure, ça a été l’une de mes plus grandes influences. Mais j’ai tellement écouté que, moi, ça me parait évident, je les cite moins. La patte de Cure a toujours été là, et sera toujours là. Et peut-être que la suite sonnera encore plus The Cure, parce que j’ai travaillé sur des mélanges acoustiques et des distorsions comme on trouve sur l’album The wish de The Cure. Je ne sais pas pourquoi, j’ai du mal à décrire cet album. J’ai beaucoup galéré sur le mix mais, au final, c’est sans doute le plus réussi, techniquement.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Porn en 2020 ?

Philippe : Euh… de profiter, de profiter au maximum parce que la vie, ce n’est qu’un aller simple, et le temps passe vite. Comme dans le morceau Time, de Pink Floyd. Oui, « profitez, et prenez le temps de prendre conscience de tous les instants ».

 

 

 

Interview: SCARLEAN

Scarlean / Photo promo

 

Interview SCARLEAN : entretien avec Alex (chant). Propos recueillis par téléphone, le 27 mars 2020.

 

Metal-Eyes : Pour commencer Alex, comment se passe ton confinement ?

Alex : Bien… Comme tout le monde. On voudrait sortir un peu plus, mais, bon…

 

Metal-Eyes : Pour commencer, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Alex : On peut dater les débuts du groupe vers 2012. Geo nous a rejoints et c’est à partir de là qu’on a vraiment commencé à trouver notre son. On a enregistré un premier album, Ghost, en 2016, en autoproduction, et fait quelques scènes. Puis le line-up a changé, puisque Olivier nous a rejoints à la basse et Fabien à la batterie. Entre temps, on a rejoint Mystyk prod et on a pu ressortir Ghost en 2018 qui a été distribué par Season Of Mist, ce qui nous a donné une autre exposition.

 

Metal-Eyes : Ça a changé quoi pour vous ?

Alex : Déjà, le soutien d’un label. Avoir un label, ça change beaucoup de choses. Déjà, on a eu une exposition plus importante. Et puis la distribution par Season Of Mist, ça signifie que l’album se trouve sur tout le territoire, dans les FNAC, à l’étranger aussi. Nous, seuls, on ne peut pas faire ça ! Ensuite, comme je te disais, Olivier et Fabien nous ont rejoints en 2018, on a composé assez rapidement et enregistré le nouvel album en 2019.

 

Metal-Eyes : Cette nouvelle section rythmique, ça apporte quoi de plus à Scarlean ?

Alex : Ça apporte beaucoup ! On est sur la même longueur d’indes, même si on a des goûts différents. Ils sont tous les deux arrivés avec leurs idées, leurs envies, on s’est très bien entendus à tout point de vue rapidement. Et là, avec Soulmates, je crois que nous avons vraiment trouvé notre voie. Mais note que Fabien n’a pas enregistré la batterie sur cet album, c’est Eric Lebailly, qui a été le batteur d’Adagio, qui s’en est chargé. Ce qui a permis à Fabien de se concentrer sur l’enregistrement, d’apporter son oreille à l’ensemble.

 

Metal-Eyes : Ce qui répond à ma question suivante, en fait. C’est cet apport de la section rythmique qui constitue la plus importante évolution entre vos deux albums…

Alex : Oui, c’est évident. L’apport de Fabien et d’Olivier a été plus qu’important. On s’entend vraiment bien et les influences musicales de chacun trouvent leur place dans Scarlean.

 

Metal-Eyes : Ce qui signifie que chacun a son mot à dire dans le processus d’enregistrement ?

Alex : Oui, tout le monde participe. Tu peux trouver des traces de metal, de hip-hop ; de trip-hop, de hardcore… Si ça fonctionne, c’est bon. Tu sais, j’écoute de tout, à partir du moment où la musique que j’écoute me parle, si elle me touche, ça me va. Et quand on compose, c’est pareil. On a pu mettre un peu de toutes les influences de chacun, et je pense que nous irons encore plus loin sur le prochain album !

 

Metal-Eyes : Justement, parlons un peu de Soulmates. Tout semble en opposition sur ce disque, de la pochette – fille / homme, jeune / adulte, naturelle / maquillé, faible / fort, habillée / nu – au titre – âmes sœurs qui se tournent le dos… Qu’elles étaient vos intentions avec ce disque ?

Alex : Tu as mis le doigt dessus : nous avons voulu travailler la dualité sous tous ces aspects que tu as cités. Aussi bien dans les contradictions que dans les oppositions. Le visuel est important et on y a vraiment réfléchi.

 

Metal-Eyes : Vos influences respectives ont dû aussi nourrir cette dualité ? Comment ça s’est traduit dans le cadre de la composition de l’album ?

Alex : Complètement. Comme on est tous assez ouverts musicalement, chaque chose différente a créé beaucoup d’engouement. Quand Olivier est arrivé avec ses parties de basses slappées, très groove, on s’est regardés, on a dit « woaw, trop bien ! On va pouvoir mettre ça en avant, faire quelque chose avec ! » Michel est arrivé avec des parties de guitare un peu… différentes, innovantes, des arythmies, des choses comme ça. Quand on a maquetté, pareil… Du coup, toutes les influences, on les a digérées, on les appréciées tout au long du process de composition. Du coup, on n’a pas vraiment senti les différences. On a plus pris ça comme une richesse globale, on s’est dit que ça sortait un peu du cadre. Mais, nous, on n’a pas de cadre, on fait de la musique comme on la veut, comme on l’entend. Tant qu’elle sonne à nos oreilles, on ne se pose pas de questions. C’est pas parce qu’on fait du metal qu’on ne peut pas intégrer des choses comme le hip-hop, par exemple. Il y a des choses très bien dans le hip-hop…

 

Metal-Eyes : Et c’est quelque chose qui s’est déjà fait. Comme tu le disais, j’imagine que vous, déjà, vous devez vous faire plaisir, que votre musique doit vous parler, et ensuite, si elle touche d’autres personnes, c’est du bonus.

Alex : Complètement ! L’idée, c’est de faire de la musique avant tout pour nous. On prend ça comme un exutoire, donc c’est avant tout un plaisir. Ensuite, on ne cherche pas à rentrer dans les cases, donc on ne cherche pas à savoir ce qui marche en ce moment pour imiter. On a tous des familles, un travail, on ne vit pas de la musique, donc on n’a aucun intérêt à chercher à en vivre. Nous, ce qu’on veut, c’est que ça reste toujours un plaisir, qu’à aucun moment on ne soit restreints par des obligations de… je sais pas, de tour manager qui te dit qu’il faut aller jouer là-bas, dans une salle pourrave. On veut garder notre liberté, notre individualité musicale. Si ça plait aux gens, et c’est un peu le cas en ce moment, c’est super, parce que ça nous permet de creuser un peu plus cet univers, d’aller un peu plus loin, de nous faire plaisir sur scène, parce que, l’aboutissement, c’est la scène.

 

Metal-Eyes : Justement, un groupe de rock c’est aussi la scène. En ce moment c’est un peu compromis partout, mais j’imagine que dès que possible vous allez tourner. Vous cherchez à tourner où, et dans quel type de salles ?

Alex : Nous, ce qu’on essaie de faire, c’est de jouer dans des conditions… Déjà, on ne joue pas dans les bars. J’adore les lieux avec des jauges à 2-300 personnes parce que je trouve que ça reste à taille humaine. Tu arrives à avoir une vraie complicité avec le public, et j’aime beaucoup ça. Après, on a fait des scènes à 1000-15000 personnes, et c’est intéressant parce qu’on joue sur une grande scène, où on peut vraiment s’exprimer. Globalement, je pense que notre musique est faite pour des grandes scènes, parce qu’on a besoin de lumières et d’autres choses pour mettre en valeur notre musique. Donc ce qu’on vise aujourd’hui, c’est des premières parties dans de belles salles et des festivals. C’est vraiment notre objectif aujourd’hui.

 

Metal-Eyes : Je crois que, malheureusement, les festivals, ce sera pour l’année prochaine…  

Alex : C’est aussi ce qu’on se dit, mais c’est pas grave. On continue de chercher à nous développer, à nous placer sur certaines choses. On est sur le tremplin de la MetalHead Convention à Paris, sur le Motocultor, aussi, où on est sélectionnés en finalistes.

 

Metal-Eyes : Celui-là, c’est au mois d’aout, ce qui laisse encore un peu de temps.

Alex : Voilà, et si c’est reporté, c’est pas grave, on aura au moins été là, on aura entendu parlé de nous, on aura existé à un endroit où on n’aurait pas imaginé exister… La MetalHead convention, on est assez bien placés : ça fait deux semaines qu’ils rentrent des résultats où on est dans les sélections. Ils ont une sélection de 5 genres, et ils nous ont classés dans la sélection « Djent/Prog » (rires). On est toujours dans le flow donc on va aller au bout.

 

Metal-Eyes : Il y a un autre sujet dont on doit parler, ou plutôt une personne puisqu’il s’agit de quelqu’un qui se nomme Annecke qui chante avec toi sur votre version réarrangée mais tout à fait reconnaissable de Wonderful life. Comme s’est fait cette collaboration ?

Alex : On avait décidé de faire une reprise. On a choisi Wonderful life qu’on a maquetté, et en fin de maquette, on a lancé ça en rigolant. Ça fait 25 ans que je suis fan d’Annecke, que je suis depuis son premier album, et je lance, comme ça « eh ! on pourrait faire un featuring ! Demain, j’appelle Annecke ! » Le lendemain, j’étais au téléphone avec Michel, mon guitariste et je lui dis que j’ai envie de le faire, que je vais voir si je peux trouver un mail… On sait jamais, ça pourrait le faire. De là, j’ai envoyé un mail à Stricly creative, qui est tenu par Rob Snijders, son mari qui est aussi l’ancien batteur de The Gathering et de Celestial Season. J’ai envoyé la maquette, en lui expliquant que je souhaitais faire un featuring avec Annecke… J’ai envoyé ça un peu comme une bouteille à la mer, et quelques heures après, j’ai reçu un mail me disant qu’elle adore la chanson originale et qu’elle adore notre proposition d’adaptation, donc… « on y va » ! J’ai relu le mail 30 fois (rires) en me diants que je m’étais planté quelque part, que c’était un pote qui me faisait une blague, mais non, c’e=était bien ça. A partir de là, on est entrés en studio, on a fait notre enregistrement, on lui a envoyé les bandes, elle a enregistré chez elle et 5 jours après on avait les bandes chez nous, avec sa voix posée sur le morceau. Je m’en rappelle parce qu’on était tous dans le studio et quand on a lancé la bande, il y avait un silence… d’écoute. A la fin, on s’est tous regardés en se disant « on a Annecke sur l’album ! » (rires). On est super contents de ce qu’elle a fait.

 

Metal-Eyes : En fait, ça s’est fait de la manière la plus simple qui soit. Qui ne tente rien n’a rien, vous avez osé, vous avez obtenu.

Alex : Exactement. Avant d’envoyer, j’y croyais un peu : on avait un projet qui tenait la route, une chanson pas trop mal, assez sympa. J’y croyais… On était super content, et du coup, sur le prochain album, on espère faire une autre collaboration avec quelqu’un d’autre. On a quelques idées… Le rêve absolu, serait de faire quelque chose avec Lisa Gerrard de Dead Can Dance, ce serait dingue !

 

Metal-Eyes : Pour le moment, il faut faire vivre Soulmates. Alors si tu devais ne retenir qu’un seul titre de l’album pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Scarlean, ce serait lequel ?

Alex : Pour moi, ce serait Perfect demon qui est le morceau le plus progressif de l’album, qui part de quelque chose de très suave, très doux et qui, progressivement, monte vers quelque chose de beaucoup plus violent et qui finit en apothéose sur quelque chose de presque black metal, avec un côté très orchestré, une batterie à la double pédale, des guitares en accords inversés, typique du black metal. Parce que, aussi, je trouve que le texte commence avec un couplet pour continuer avec quelque chose qui dit l’opposé du premier et je trouve qu’il rassemble pas mal de facettes : un solo, des parties metal qui rentrent dedans, des parties plus douces, plus doom. Il y a un mélange d’influences dans ce morceau qui est vraiment conséquent et qui nous ressemble le plus, je pense. Il y a un autre titre que j’adore, c’est The smell of the blood, le tout dernier, parce que en plus, il y a une chanteuse qui n’est autre que ma femme, et ça apporte autre chose, d’encore plus personnel.

 

Metal-Eyes : Si tu devais imaginer une devise pour Scarlean en 2020 – quelque chose que vous pourriez mettre sur votre prochain album – ce serait quoi ?

Alex : Une devise ? Notre devise, pour celui-là, c’était… euh … C’était quoi d’ailleurs (rires) ? Ah, oui ! C’était Puissant-Emotionnel-Original, donc la devise en 2020 ce serait « Plus puissant, plus émotionnel et plus original » ! On va creuser l’univers et creuser encore plus ces aspects.

 

Metal-Eyes :  Ca me parrait être une bonne devise.

Alex : Ouais, allez, on valide ! (rires)

 

Metal-Eyes : As-tu d’autres choses à rajouter, Alex ?

Alex : Avec le climat actuel, j’ai envie de dire « restez chez vous, ne faites pas els cons ». Il faut rester optimiste, ce ne sera que mieux quand on pourra enfin se réunir dans les salles de concerts. J’espère que ça fera réagir les gens et qu’ils se déplaceront encore plus pour la scène locale. J’en profite aussi pour remercier tous les webzines et les radios qui parlent de gens comme nous, car sans ça, on n’est pas grand-chose. Et remercier notre fan-base qui grandit de plus en plus. On est toujours étonnés par certains retours. On a récemment fait une édition vinyle de Soulmates par le crowdfunding et on a halluciné de voir qu’il yavait autant de personnes qui adhéraient au projet. On espère que ça va continuer comme ça et qu’on va faire de belles choses en 2020, 2021 et après.

 

Interview: VULCAIN à la Firemaster convention

Interview VULCAIN : rencontre avec Daniel Puzio (chant et guitare) et Vincent Puzio (basse). Propos recueillis lors de la première Firemaster convention, à Châteauroux, le 22 février 2020

 

Après avoir commencé cette interview dans la loge de Vulcain, Loaded Gun monte sur scène et balance la sauce… nous empêchant d’aller plus loin. Daniel, Vincent et moi décidons de nous réfugier dans le van du groupe où se déroule une interview express que je vous livre aujourd’hui. Même s’ils ne sont pas les plus gais lurons de la terre, retrouver les frangins Puzio est toujours un plaisir, alors ne le boudons pas !

 

Metal-Eyes : Ça fait un bout de temps qu’on ne s’est pas vus, alors première chose : comment allez-vous tous les deux ?

Daniel : Ça va très bien… On est toujours sur la route, alors ça va vraiment.

 

Metal-Eyes : Voici bientôt 18 mois que Vinyle, votre dernier album, est sorti. Quelque part, c’est un retour aux sources. Comme se porte-t-il ?

Daniel : Les retours que l’on a c’est qu’apparemment, il a plu…

 

Metal-Eyes : « Il a plu », donc il ne plaît plus ? (rire général)

Daniel : Si, si, il plait ! On a bien tourné avec. Tout se passe comme prévu, le public est réceptif

Vincent : On a un bon accueil du public un peu partout.

 

Metal-Eyes : Ce disque a bien vécu, alors comment analysez-vous l’évolution de Vulcain entre vos deux derniers albums, V8, qui marquait votre retour aux affaires discographiques et Vinyle ?

Daniel : Peut-être qu’avec Vinyle on est allés un peu plus loin au niveau du travail, on s’est un peu plus penchés sur les compos pour faire en sorte de mieux satisfaire tout le monde…

 

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Daniel : Comme tu as dit, c’est un peu un retour aux sources… Ce n’est pas comme ça qu’on l’envisageait, mais on est contents que les gens le prennent comme ça. On a tout fait pour revenir pas à nos origines mais à ce que sait faire Vulcain.

 

Metal-Eyes : Rien qu’avec le titre de l’album, il est clair que vous n’allez pas taper dans le trop moderne.

Vincent : Non, ce serait pas nous…

 

Metal-Eyes : Si l’un et l’autre vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Vinyle pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Vulcain en 2020, ce serait lequel ?

Daniel : Je dirais le premier titre, Vinyle, parce qu’il redonne bien l’énergie que déploie le groupe. Ce n’est pas un titre trop speed, mais on sent qu’il y a de l’énergie, de l’agressivité dedans. Ça débouche sur plein d’autres titres de cet album.

Vincent : Je suis d’accord, c’est aussi pour ça qu’on l’a choisi pour ouvrir l’album. Et pour le clip…

 

Metal-Eyes : Il y a un morceau qui est assez représentatif aussi, c’est Backline music. Ça me rappelle un endroit vers Pigalle où on peut acheter du matériel de musique, qui est dirigé par un certain bassiste, d’un certain Vulcain…

Vincent : Comme par hasard (rires) ! Le magasin fait partie de nous, tu sais…

 

Metal-Eyes : C’était quoi l’idée de ce morceau, justement ?

Daniel : Oh, tu sais, il fait partie de l’histoire du groupe, ce magasin. C’est un petit hommage…

 

Metal-Eyes : Donc ce n’était pas pour attirer du monde. D’ailleurs, Vincent, tu as eu des visites à la suite de ça ?

Vincent : Non, non, je ne crois pas…Ça n’a pas influencé le chiffre d’affaires.

Daniel : Pas mal de ces compos ont été faites dans le magasin, justement.

 

Metal-Eyes : Lesquelles n’on pas été faites au magasin, alors ?

Daniel : Je ne sais plus lesquelles… Mais j’y suis moins qu’avant, maintenant que j’ai quitté Paris. Quand j’étais à Paris, on se retrouvait le soir, et on travaillait 3 ou 4 heures les titres….

 

Metal-Eyes : C’est un bon endroit aussi pour tester du matériel et différentes choses.

Vincent : Oui, et pas que…

 

Metal-Eyes : Il y a un autre titre qui me marque, beaucoup plus engagé, qui est très proche de la triste actualité : c’est L’arnaque…

Daniel : Ouai… C’est un hommage au 13 novembre, au Bataclan. Je voulais faire un titre fort dessus, mais je ne voulais pas que le mot « terrorisme » et des trucs comme ça apparaissent. Je parle plus de religion que de terrorisme. C’était pour marquer ce drame, il n’y a pas d’autre mot, mon hommage au Bataclan.

 

Metal-Eyes : C’est plus pour dénoncer la religion dans son ensemble, aussi.

Daniel : En plus, oui. Et le fait qu’on y ait joué avec Motörhead, on voit bien ce qui a pu se passer. Quand tu ne connais pas la salle… Les escaliers qui montent backstage, des gens en panique là-dedans, ça devait être l’horreur…

 

Metal-Eyes : Avec des issues que d’un seul côté, cette salle était un piège à lapin… Mais on continue et on avance… Alors, en 2020, quelle pourrait être la devise de Vulcain ?

Daniel (il réfléchissent tous deux) : Là, tu nous demande un truc…

Vincent : Une devise ???

Daniel : « En 2020, on reste dans le bain ! » (rire général)

 

Metal-Eyes : Vincent, une autre idée ?

Vincent : Euh, non, dans le bain, ça me va bien…

 

 

Metal-Eyes : Ah, c’est dommage, mon épouse n’est pas là ! Pourtant, ça la concerne directement : ce soir, avec Trust, Vulcain devient le groupe français qu’elle aura vu le plus souvent…

Daniel : C’est cool, c’est sympa et flatteur.

 

Metal-Eyes : Ça ne fait que deux fois, je précise (rires).

Daniel : Deux fois, ah, bon… (il rit)

Vincent : Mais c’est cool quand même !

 

Metal-Eyes : Ce soir, vous jouez à la Firemaster convention. Doit-on s’attendre à quelque chose de particulier ? La dernière fois que je vous ai vus, vous fêtiez le 35 ans de Rock’n’roll secours, ce n’est plus le cas aujourd’hui…

Daniel : Non, ce soir on va faire un panaché de Rock’n’roll secours, de Desperados, on a des titres de Vinyle, aussi. Un morceau de V8 et un de Transition, et on joue aussi Le soviet suprême de Big brother

Vincent : Mais en même temps, on ne joue pas longtemps, une heure dix, alors on ne peut pas tout jouer non plus.

 

Metal-Eyes : Merci encore, je vous retrouve tout à l’heure sur scène.

Tous deux : Avec plaisir !

 

 

 

 

 

 

Interview: CARCARIASS

Interview Carcariass : rencontre avec Raphaël Couturier (basse). Propos recueillis au Black Dog à Paris, le 12 février 2020 2020

Metal-Eyes : Raphaël, commençons par les nouvelles du moment puisque Carcariass a recruté un . Que peux-tu nous dire de plus pour expliquer ce choix ?

Raphaël : Pascal Lanquetin compose tous les morceaux, et sur scène, on a toujours joué à joué. On s’est dit que, maintenant qu’il y a un nouveau chanteur, une guitare supplémentaire ne serait pas de trop. On a donc proposé à Bob de venir jouer avec nous.

 

Metal-Eyes : Présente nous Bob, justement.

Raphaël : Alors, Bob… Pourquoi Bob ? Parce qu’il joue dans un autre groupe dans lequel joue aussi Pascal, Mindwarp, en Suisse.

 

Metal-Eyes : Bob, c’est son vrai nom ?

Raphaël : C’est son nom de scène. Il n’a pas de vrai nom…

 

Metal-Eyes : Dommage, la vie est dure parfois…

Raphaël (rire) : Non, c’est lui, je sais pas… Ca fait un certain temps qu’il joue avec Pascal, mais c’est à peu près tout ce que je peux t’en dire, je ne connais pas bien son background…

 

Metal-Eyes : Carcariass a été absent pendant une dizaine d’années, depuis X-tinction…

Raphaël : Alors, non, c’est faux ! On a été absents de fin 2005 à 2016, mais entre temps on a enregistré, en 2008, l’album X-tinction. On ne jouait plus en live, du moins pas ensemble parce qu’on vit tous à des endroits différents, mais on jouait chacun chez nous. On a sorti l’album, et on fait un clip.Là, on a repris en 2016, le temps de faire l’album, on a fait quelque concerts, le temps de se demander si on veut jouer ensemble ou pas – la réponse, c’est oui. Entre le moment où on compose et celui où on enregistre et on sort l’album, il se passe un peu de temps…

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a motivé votre retour, justement ?

Raphaël : L’argent (rires) ! Il y a différentes choses qui ont fait qu’on a dû arrêter, le boulot, nos situations familiales. En 2016, Pascal a rejoué avec Bertrand dans Mindwarp, pas longtemps mais assez pour qu’il se dise avoir envie de remonter Carcariass. Ils m’ont demandé, on a essayé et on a vu qu’on était tous motivés. Il y a un contexte qui faisait qu’on avait envie de rejoué et qu’on en est encore capables.

 

Metal-Eyes : C’était le bon moment, donc ?

Raphaël : C’était le bon moment. On jouait tous de la musique à côté, mais jouer ensemble, c’ets bien plus intéressant.

 

Metal-Eyes : Vous revenez aujourd’hui avec cet album, Planet chaos qui va plus loin que le simple death metal pour lequel on vous connait, ou, plutôt, auquel vous êtes affiliés. Que peux-tu nous dire sur la conception, les origines de ce disque ?

Raphaël : Il y a des morceaux qui remontent à longtemps, que Pascal avait enregistrés dans son coin et quand on s’est revus, on s’est dit que ce serait bien d’enregistrer quelque chose. Lui, il avait déjà préparé des morceaux. Lui, il compose, nous, on est là pour jouer les méchants et lui dire ce qu’on aime et ce qu’on trouve moins bien. Il n’est pas content(il sourit) mais c’est le processus qui fait qu’il accepte des critiques, parfois pas facilement, mais ça fini par arriver.

 

Metal-Eyes : Et j’imagine qu’elles sont faites dans l’intérêt du groupe…

Raphaël : Bien sûr. Après nos différentes discussions de ce genre, on aboutit à quelque chose qui plait à tout le monde. Donc au départ, il compose dans son coin, ensuite, il nous fait écouter et on lui donne notre avis. Après, il faut enregistrer une maquette, on rajoute a batterie. Après on travaille la basse et enfin, on regarde s’il y a de la place pour le chant. Comme toujours, il y a des morceaux sans chant parce qu’on se rend compte que ce n’est pas intéressant ou qu’on n’a pas envie d’en mettre. Pour cet album, on voulait changer aussi le chant : moi, je suis capable de chanter d’une certaine manière mais pas autrement et c’est pour ça qu’on a demandé à Jérôme Thomas qui est avec Disorder Of Science de faire des essais avec nous. Ils ont été concluant, il est capable de chanter en chant clair et de bien plus moduler sa voix, ce dont je ne suis pas capable. Je connais mes limites, aussi. On lui a dit qu’on trouvait ça super, et on lui a confié tout le chant de l’album. Et il sera là pour la suite aussi.

 

Metal-Eyes : La plus grande différence entre Planet chaos et vos albums précédents réside-t-elle dans le chant ? Il y a une variation qui est marquante…

Raphaël : Oui et non… Il y a d’autres variations : Pascal a ajouté des synthés à certains endroits, ce que, clairement, on ne faisait pas avant. La manière de composer, aussi, il a pris beaucoup plus de temps pour que ce soit plus propre. Mais, effectivement, les grosses différences c’est le chant et le synthé, surtout pour les intros. On a plus de morceaux et on a plus pris notre temps. Au final, ça donne ça.

 

Metal-Eyes : Ça donne un résultat assez sombre, à l’image de la pochette, et en même temps…  pas atmosphérique mais plutôt spatial. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour ce nouvel album ?

Raphaël : Eh bien, voilà, justement : une fois qu’on a réfléchi à la musique, on voulait une ambiance qui soit SF. Tous les titres ne sont pas, Letter from the trenches parle des Poilus de la première guerre mondiale, mais on voulait qu’il y ait une certaine thématique. Pour l’écriture des paroles et des messages, on voulait quelque chose qui soit du Carcariass, pas forcément très joyeux parce qu’on fait de la musique qui est comme ça. Après, on a envie que ça nous plaise. Le but, c’est de faire la musique qui nous plaise, et tant mieux si ça plait à d’autres.

 

Metal-Eyes : Au sujet des etxtes : le titre de l’album est assez explicite, surtout quand on regarde le monde dans lequel on vit, tu viens de citer Letter from the trehnches qui par de la grande guerre, qui est également une période de grand chaos. Y a-t-il des thèmes de prédilections et, au contrairs des sujets que vous n’aborderez jamais ?

Raphaël : On fait du metal, on ne va pas parler de… je veux dire que, dans le metal, il y a quand même certains types, des stéreotypes, même, au niveau des paroles. On n’est pas un groupe qui veut faire passer des messages politique, religieux ou je ne sais quoi, donc, ça, on ne fera jamais. Après, on reste assez classique, on ne va pas dire qu’on est originaux par rapport aux paroles.Je trouve que ce qui est original dans Carcariass, c’est la musique. La guitare y est pour quelque chose. Si tu es guitariste, tu reconnais vite la touche de Pascal Lanquetin. Il est capable de faire des choses variées, mais il a son phrasé, une manière de composer qui lui est propre, son identité.

Metal-Eyes : En 15 ans, il y a beaucoup de choses qui ont changé dans la musique. Comment analyserais-tu l’évolution de Carcariass entre vos deux derniers albums, chant mis à part ?

Raphaël : Avant, on disait qu’on ne mettrait jamais de synthés, mais ça c’était avant. On en met sur certaines intros parce que ça apporte quelque chose de plus. Avant on se définissait comme un groupe de death metal, maintenant, est-ce qu’on en fait encore ou pas ? On s’en fout, on fiat la musique qui nous plait.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Planet chaos pour présenter à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Carcariass aujourd’hui, ce serait lequel ?

Raphaël : Eh bien, je choisirai Letter from the trenches. On a mis des morceaux en ligne, il y en a quatre avec des vidéos et c’est celui qui a le plus plu. Au final, il représente bien Carcariass. Ce n’est peut-être pas le meilleur morceau mais il est très représentatif. Il y a du chant, il est plus enjoué.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être en 2020 la devise de Carcariass ?

Raphaël : Pas facile… Qu’est-ce qu’on a envie de faire en 2020 ? Des concerts…

 

Metal-Eyes : On va en parler. Je te demande la devise qui pourrait être la vôtre…

Raphaël : Carcariass est de retour… Je sais pas comment répondre à ça. « Carcariass est toujours là », la preuve.

 

Metal-Eyes : « Toujours là », ça me va. Tu viens d’en parler, un album, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets ?

Raphaël : Ce qu’on aime bien faire ces temps-ci, c’est des festivals, parce que, dans les festivals, il y a du monde, plus que dans une tournée. Et une tournée, ça demande plus d’organisation : maintenant on est cinq, il faut qu’on soit tous dispo.

 

Metal-Eyes : Deux membres de plus, pratiquement 50% de plus, ça signifie aussi au moins une chambre d’hôtel de plus, de la logistique supplémentaire

Raphaël : Voilà, plus de contraintes aussi quand on veut répéter… Des festivals, alors. Il y aura le Lyon Fest en juin et d’autres qui sont en cours, mais rien n’est encore arrêté donc il faut s’informer en direct sur le site du groupe. On ne vit pas de la musique, donc on étudie les propositions, on vérifie si ça colle ou pas, en fonction aussi des contraintes de chacun, et on accepte. Ou pas.

Interview: DEMONS & WIZARDS

Interview DEMONS & WIZARDS : rencontre avec Hansi Kürsch (chant). Propos recueillis à l’Alba Opéra à Paris, le 16 janvier 2020

Il est bavard, le Hansi Kürsch. Passionné, calme, plein de choses à dire après le retour scénique remarqué de Demons & Wizards alors en plein milieu de l’enregistrement du troisième album sobrement intitulé… III. Un album qui aura nécessité une gestation de pas loin de 15 ans. De quoi demander des explications… Lire la suite