STINKY: Solace

France, Hardcore (M-Theory Audio, 2025)

Une couronne d’épines en guise d’illustration… C’est tout un symbole qui illustre Solace, le nouvel album des Nantais de Stinky. Après un remaniement interne – « exit » Claire, enter Clair Larrieu-Maillard au chant, Enzo Bussolino et Clément Rambaud aux guitares, Maxime Cuypers à la basse et Paul Saltet à la batterie – Stinky nous propose un album brut et varié tout à la fois. Le punk des origines cède la place à un hardcore plus sophistiqué et nuancé. La brutalité est toujours de mise, mais l’ensemble donne toujours envie de taper du pied. Signe d’un réel intérêt pour le groupe, deux invités de marque viennent prêter main forte au puant: Lou Koller de Sick Of It All pose sa rage sur Grass Snakes et Andrew Newfield de Comeback Kid sur Under care. Si l’esprit hardcore est toujours présent, on notera également l’introduction de touches électro et d’une accessibilité « tout public » plus grande et surtout assumée. Sans se renier le moins du monde, Stinky démontre tout au long de Solace avoir envie d’évoluer tout en continuant de vouloir en découdre. Un album puissant.

ATLAS ASHES: New world

Suisse, Death mélodique (2525, M&O)

Atlas Ahes a vu le jour en Suisse au sortir de la crise sanitaire, en 2022. Il faut peu de temps au groupe pour proposer un premier Ep (Dead end, en 2023) avant de s’atteler à la composition de son premier album. New world parait au début de l’année 2025 et propose un death metal mélodique, qui se rapproche même parfois d’ambiances progressives. Si Arch Enemy est une référence évidente le chant enragé de Chloé Eigenman y est pour beaucoup – impossible de ne pas faire le lien avec l’autre géant de la scène nordique qu’est Amon Amarth. Les nombreuses touches de heavy metal vintage (on parle ici des classiques inspirations que sont Priest ou Maiden) et quelques structures à la Dream Thater apportent cette touche mélodique nécessaire pour pallier à la simple brutalité du death metal. Les guitares de Nicolas Gendreau et Nathan Storni offrent de réels bons moments, entrainants à souhait et parfaitement soutenus par une rythmique déterminée et rentre dedans (la batterie de Yann Baumberger et la basse du dernier arrivé, Lorick). Si on ne pourra que reprocher à New world de ne pas offrir de titre immédiatement mémorisable, on se doit de relever l’excellence des compositions mises en valeur par une production riche et généreuse. Un très beau début plus que prometteur.

DEATH STRUCTURE: Le déni

France, Death technique (M&O, 2025)

Alors en pleine crise sanitaire, les Français de Death Structure publiaient en 2021 Paroxysm, leur premier album présentant un death metal plus technique que simplement brutal. Ils reviennent aujourd’hui avec Le déni pour confirmer les envies de vaincre du combo. Avec un tel patronyme, inutile de s’attendre à beaucoup de finesse. Et pourtant… Si je ne suis toujours pas du tout sensible à la rage vocale du genre, certains passages, comme sur Made for nothing, tendent vers un peu plus de « tendresse » avec un chant de presque crooner, grave et suave à la fois. A d’autres moments, Death Structure flirte avec des structures progressives et se rapproche par instants également d’un metal plus aérien – un air alourdi par mère nature, c’est évident. Même si le combo fonce avec une rythmique qui martèle des tempi aussi écrasants qu’une série de bombardements en règles, certains moments laissent entrevoir une éclaircie et une lueur de « douceur ». C’est direct mais plus varié qu’on ne le croirait de prime abord.

LIQUID BEAR: Second life

France, Rock progressif (Autoproduction, 2025)

Belle et étonnante surprise que ce premier album de Liquid Bear. Depuis 2018, année de sa formation, le groupe français a déjà acquis une certaine expérience et a publié deux Ep (Unwind en 2018 et Heavy grounds en 2021) avant de proposer aujourd’hui son premier album, Second life. Tout au long des neuf morceaux de cet album, Liquid Bear construit un univers sonore varié, quelque peu acidulé, souvent envoûtant, et parvient à mélanger des styles d’apparence opposés, comme le morceau titre qui, par ses riffs aussi lourds que légers et aériens, évoque tout autant Black Sabbath que Pink Floyd. Le quatuor sait, ose même, explorer une multitude d’univers sonores et parvient à entrainer l’auditeur avec lui au travers d’un rock très progressif, imaginatif et entrainant. Parfois incantatoire, à d’autres moments légèrement mélancolique, à d’autres instants simplement enjoué, toujours plus proche du rock que du metal, Liquid Bear, avec ce premier album, se pose comme un challenger très sérieux à découvrir d’urgence.

NEWTT: The white noise of ignorance

France, Rockcore/Neo Metal (M&O, 2025)

Fondé à Toulouse en 2020, NewTT propose un rock énervé et varié. Si tout au long de ce premier album, The white noise of ignorance, on trouve des influences neo metal, il est indéniable que le groupe qui se dit influencé par Everytime I Die ou Paramore soit également plus que séduit par Rage Against The Machine dans sa meilleure période. Le chant de Maëliss Wilga est varié, aussi enragé souvent qu’il peut être doux et attentionné. Les guitares de Lionel Lavergne cisaillent et taillent dans le vif, rapides, nerveuses et déterminées, accompagnées dans leur quête d’efficacité, brute plus que brutale, par une rythmique lourde et puissante (Murray Lord à la basse et Matthieu Danesin à la batterie). NewTT nous propose un album varié et intense et parvient, grâce à des changements de styles parfois inattendus, à interpeler et surprendre, rendant la pilule qui illustre sa pochette assez facile à avaler. Un groupe très prometteur

I.S.I.8: The convolution anchor

France, stoner/électro (M&O, 2025)

Formé en 2021 à Clermont-Ferrand, I.S.I.8 déboule avec The convolution anchor, un premier album qui mélange l’électro indus de Nine Inch Nails ou Rammstein à un esprit plus rock déjanté et alternatif. Si la voix grave et profonde fait le job, l’accent anglais est, à quelques rares exceptions près, à chier (et je reste poli…) et gâche le résultat final. Les riffs sont quant à eux entrainants et donnent envie, malgré une production parfois trop faible pour le genre, de taper du pied et de secouer la tête. Il y a chez les Clermontois de la volonté et de l’envie, mais il semble urgent de travailler cet accent pour pouvoir espérer séduire les pays anglophones. Car musicalement, il y a de la matière à travailler. Allez, comme je l’ai si souvent lu: « peut mieux faire, doit persévérer »

https://youtu.be/twTVN8Cl3KE

TUNGS10: Chronicles of the living

France, Indus (Indus, 2025)

A ma connaissance, les Français de Tungs10 n’ont rien publié depuis The lost manuscript, album paru en 2019. Six années ou presque se sont donc écoulées, dont un passage au travers d’une crise sanitaire qui, elle commence à dater et ne peut donc plus être une excuse valable. On pourrait aisément imaginer que ce temps puisse avoir été mis à profit pour concocter un album puissant et efficace. La pochette, premier contact avec Chronicles of the living, donne une première bonne impression. Simple et élégante, elle donne enviie d’explorer cet album. Sans surprise, Tungs10 continue sur la voie du metal industriel avec des riffs épileptiques et saccadés. Cependant, plus personne ne sera surpris par le mélange de voix claire, douce et plus brutale de Madeleine Kowalczyk et de son compère guitariste Cédric Andreolli, tous deux soutenus par une rythmique quelque peu déjantée (Sébastien Morvan à la basse et Charles Peureux à la batterie) et les guitares déterminées de Pierre-Yves Jaouen. Seulement, voilà: la production souffre d’un manque de rondeurs et d’ampleur donnant une impression de « trop vite fait »… Dommage, vraiment.

BOMBER: Cages and windows

France, Thrash (Autoproduction, 2025)

Quand on choisi pour patronyme Bomber, impossible pour l’amateur de ne pas penser à Motörhead. La promesse est belle tant le groupe de Lemmy a eu – et a encore – une influence déterminante dans l’univers du metal. Le groupe fut formé à Lille en 2013 et a déjà proposé un premier album, Sommation, en 2018. En 2023, alors en plein enregistrement de son nouvel album, Bomber voit Hugo Belval, son bassiste d’alors, quitter le projet. Il est rapidement remplacé par Léo Vuylsteker qui rejoint ainsi le guitariste/chanteur (« hurleur enragé » même) Jürgen Wattiez, le guitariste Vianney d’Alessandro et le batteur Romain Iricio. C’est ce line-up qui finalise l’enregistrement et nous propose aujourd’hui l’explosif Cages and windows. Alors, on passera sur l’anglais à ch..r pour mieux se concentrer sur le propos musical qui lui cartonne sévèrement! Autant influencé par le thrash de la Bay Area des incontournables Slayer/Metallica/Exodus que celui plus moderne et destructeur de Nuclear Assault ou Sepultura ou que par le hardcore new-yokais de Cro-Mags ou Agnostic Front, le quatuor nous propose 11 titres aussi directs qu’efficace. Oh, cette batterie à la « Dave Lombardo meets Phil Taylor« , oh, ces riffs tranchants à la « Kirk Hammett visits Kerry King« ! Et que dire de cette saine et libératrice brutalité qui sait également puiser un peu de calme reposant auprès des géants du heavy metal 80’s, Motörhead ou Priest en tête. Bomber parvient à mixer l’ensemble de ses influences pour offrir un résultat d’une redoutable et explosive efficacité. « Somme heads are gonna roll », chantait Halford? Des nuques vont aussi se briser ! Cages and windows est sans conteste la première grosse claque de cette année 2025.

RED GORDON: Nothing less than everything

France, Metalcore (Autoproduction, 2024)

Un titre qui sonne comme celui d’un album de Motörhead, ça donne envie d’en savoir plus, non? Après une intro sous forme de message d’erreur (404.exe), Red Gordon entre dans le vif du sujet avec un Useless screamé et puissant. Ceux qui comme moi préfèrent le chant au hurlement s’interrogeront quant à la suite mais voilà… Tout au long de Nothing less than everything, les Français de Red Gordon sèment des petites graines en explorant divers horizons. Entre un Inner repeat au riff répétitif aussi obsessionnel qu’efficace et un Suffer claim tout aussi heavy que malsain, le groupe nous montre diverses facettes de ses inspirations musicales. Volontairement ou non, Quizzical mind évoque parfois, en effet, un Motörhead quelque peu (euphémisme?) énervé et nous prend à contre-pied avec Like a virus qui démarre tranquillement avant de monter en rage et en puissance. Le chant sait aussi varier les plaisirs, alternant entre calme et tempête, chant clair et hurlé. Si l’ensemble reste ancré dans cet esprit metalcore moderne, Red Gordon sait aussi explorer d’autres sonorités apportant curiosité et intérêt à son album. A suivre…

HEAVY WEEK END: de nouveaux noms et mise en vente des pass 1 et 3 jours

Après avoir annoncé les trois têtes d’affiches (Powerwolf, Dream Theater et Slipknot) du prochain Heavy Week End de Nancy – les 6, 7 et 8 juin au Zénith lorrain – Gérard Drouot Production vient de dévoiler 3 nouveaux noms, et pas des moindres: Saxon, Europe et Mass Hysteria viendront donc se joindre à la fête! Ne manquent plus que les premiers groupes à annoncer, mais reconnaissons-le, cette affiche est déjà des plus alléchantes!

Les pass 3 jours sont mis en vente dès aujourd’hui, 13 novembre, à partir de 13h. GDP a revu sa politique une peu hasardeuse de l’an dernier en proposant des tarifs mieux adaptés. Avec seulement 2 catégorie, chacun devrait pouvoir y trouver son compte.

D’un côté, il est proposé un pass « standard  » 3 jours au tarif de 185€ permettant d’avoir une place en gradins supérieurs ou sur les côtés avec visibilité réduite. Il est également proposé des tarifs groupe, le « pass friends » (3 personnes minimum) à 155€ et un tarif « jeune »(moins de 30 ans)/ »étudiant »/ »fosse  » à 135€.

Les pass « premium »/catégorie or donnent accès à une place en gradins bas (hors carré VIP) au tarif de 275€ (premium et VIP au même tarif).

Les places sont disponibles dès à présent ici – et c’est bientôt Noël, alors pas d’hésitation:

www.heavyweekend.liveGérard Drouot ProductionsNancy Open AirLabel LN

Les pass un jour sont désormais en vente. Là encore, quatre tarifs: trois en « placement libre assis/debout – Étudiant/Moins de 30 ans (52€), Friends (3 spectateurs minimum, 63 €), Standard (74€) – et Premium (carré or, 107€).