THE WIGGAR OVERDOSE: Bwesh

Fusion, France (Autoproduction)

Les gars viennent de New York sous Bois. Autant dire la banlieue parisienne qui a grandi au son du rap enragé US et des grosses guitares. Et, malins, The Wiggar Overdose risquent fort de profiter de l’effet Prophets of Rage pour se faire un nom. Le chant en français et en anglais est hargneux et agressif, limite punk, les rythmes concoctés rapent et frappent. On appréciera les textes à la fois directs et réfléchis, ainsi que les références à l’univers du funk de James Brown, par exemple. Plein d’arguments qui, sans surprise, ont su séduire Francis Caste, qui a joyeusement mis en son ce Bwesh, Ep 5 titres franchement réussis. Une curiosité qui sonne comme une jolie promesse. Vivement la suite et la scène!

ALTAVILLA: The conquest of gravity

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Voilà un album singulier, original s’il en est, qui se laisse écouter avec une déconcertante facilité, exception faite d’un chant anglais à chier car incompréhensible. Ce premier album des Français d’AltavillaThe conquest of gravity navigue quelque part entre  le jazz, lerock 70’s, la new wave, l’électro, le rock 80’s, toujours en gardant cet esprit simplement rock qu’on retrouve chez Blur ou Metronomy. Les intonations vocales sont à la fois légères et mélancoliques, évoquent  par instants The Cure tandis que les guitares légères, aériennes, trépidantes ou sautillantes échangent intelligemment avec les claviers, bavards sans être gonflants. Les 12 chansons explorent, ratissent, innovent sans inventer, et donnent simplement envie d’avancer et d’écouter.

ONIRIK ILLUSION: The 13th hour

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2017)

Belle jaquette, beau livret, un groupe paritaire (3 hommes et 3 femmes le composent) qui travaille son image autant que sa musique. Ça commence plutôt bien. Après un prélude nous entraînant dans cette rue qu’illustre la pochette, Onirik Illusion, formé en 2006, entre dans le vif du sujet: The 13th hour est un condensé de metal symphonique qui évoque – naturellement – Nightwish, Evanscence, Lacuna Coil ou Within Temptation, avec ses grosses guitares, son chant lyrique qui rencontre la rage de growls, auxquels le groupe ajoute la mélancolie des violons et la douceur des marteaux du piano ou les bruitages d’ambiance. On retrouve aussi des traces des premières amours des fondateurs, Theater of Tragedy pour ne citer que les plus connues. Mais… Malgré le vrai et remarquable travail de composition, ce The 13th hour arrive peut être au mauvais moment, car, sans être dépassé, le genre n’est plus tout à fait d’actualité. Reste que cet album, sans révolutionner le genre, est plus qu’agréable et se laisse aisément écouter et place Onirik Illusion dans le peloton de tête des formations hexagonales du genre, et rien que pour ça, il mérite notre attention.

FABULAE DRAMATIS: Solar time fables

Metal, France (Autoproduction, 2017)

Premièrement, le doute m’assaille: pourquoi avoir écrit clairement le nom du groupe sous sa signature figurant sur la pochette de ce premier disque? C’est un peu comme quelqu’un qui porte bretelle et ceinture, un manque de confiance en soi? N’empêche, elle me parle cette illustration, alors glissons ce CD et écoutons. D’abord, des doubles grosses caisses, puis des growls. On n’est pourtant pas dans l’univers du black ou du death, ni tout à fait dans celui du metal symphonique. Et pourtant, Fabulae Dramatis s’en approche, tout en restant ancré dans un heavy metal sans concessions. Un  mélange de trois ou quatre voix rend la chose intéressante, alors j’avance. L’intro complètement décalée de Stone me fait penser que quelque chose va se passer. En réalité, oui, mais… la prod m’agresse, j’entends une sorte de fourre-tout jusqu’à l’arrivée du chant lyrique qui, pour le coup m’agresse plus encore,  et me stresse… Je zappe… Heresy introduit un monde enfantin avant de sombrer dans un rock enlevé mais, encore, ce chant lyrique féminin me stresse… Je n’arrive pas à aller plus loin, et c’est dommage car musicalement, ce  Solar time fables me semble varié, travaillé et réfléchi. Seulement, je n’ai jamais aimé les voix suraiguës… Et malgré la légèreté aérienne des guitares de Sati (fire II) qui parfois évoquent Metallica, avant que le groupe n’appuie sur l’accélérateur, je décroche… Pas ma came du tout…

CYLEW: Mot3l

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Cylew fait partie de ces groupes qui apportent une véritable crédibilité au rock français chanté en anglais, trop souvent décrié chez nos voisins anglo-saxons en premier lieu. Tout est pensé pour faire mouche. Le titre de cet album: Mot3l. Avec un 3 en guise de E comme « 3ème album » ou « 3 membres du groupe ». Cylew a déjà publié deux albums, Not so sleeping not so beauty en 2008 et Black lace prophecy en 2012. Mot3l nous offre une variété de tons, entre rock déterminé et ballade romantique, avec quelques escapades du côté de la cold wave, de la soul et du rock US version LA. Rien que de très normal quand on sait que la chanteuse franco américaine, Lady Cylew, a grandi dans la cité des anges. Ce qui explique aussi cette diction anglaise sans reproche. La simplicité reste maitresse de l’oeuvre, et, comme tout acte simple, ce qui en ressort, c’est l’efficacité, le plaisir de donner et d’écouter. C’est tendre, rock, lumineux, envoûtant. Bref, on se (je me) laisse tomber sous le charme de ces instants sobres (Western sky, Sun), soul (Like a flare), simples et moqueurs (Take it all) qui égrainent cet album tout en finesse et détermination suave et veloutée.

Convaincus? Alors, pour ceux qui le pourront, rendez vous au Dr Feelgood des Halles (rue Quincampoix, à Paris) pour la realease party qui se tiendra le 15 décembre.

STONE OF A BITCH

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Oh, les gars, heureusement que musicalement Stone of a Bitch m’interpelle parce que le chant anglais en ferait rire plus d’un! Non, sérieusement: si on vise l’international (c’est bien pour ça qu’un groupe français chante en anglais, non?), autant se donner les moyens de ne pas se faire lapider sur la maîtrise de la langue de Shakespeare, je pense… D’autant plus que la voix de Chris Go est plus que sympathique. Cela dit, les 10 titres de ce premier album éponyme sont taillés dans un rock direct, teinté de punk, parfois un brin mélancolique. Romantisme quant tu nous tiens… Ajoutez à cela une belle dose de groove et d’impertinence, une variété de rythmes et vous aurez une petite idée de ce que vise SOAB. On notera également un livret sobre regorgeant de jolies illustrations. Un effort, et ça le fait.

Z: No loose behaviour

Hard rock, Belgique (Autoproduction, 2017)

Allez savoir pourquoi, mais Z se prononce Z-Band… Après, on va se demander pour quelle raison nos voisins belges font l’objet de moqueries… N’empêche, Z vaut le détour: le hard rock proposé par les 4 sur No loose behaviour est plein de ce feeling et de ce groove qui sont la marque des grands. Pas de chichi, la formation ne cherche qu’à faire bouger les popotins et agiter les nuques en cadences. Si l’anglais de Mr Woody au chant n’est pas toujours aisément compréhensible, ses montées dans les aigus et sa puissance font plaisir à entendre. Et là encore, le gaillard n’en fait jamais trop. Hard rock, stoner, empreint de cette efficacité 70’s, ce premier album fait mouche. Le son est gras à souhait, les mélodies entêtantes, et l’esprit est généralement old school sans être nostalgique. Z aime le bon gros rock, ça s’entend et ça décrasse. Les mecs ont la frite. Et celle-là, même si on la leur a fait 1000 fois le coup, je ne peux la laisser passer.

site web: www.z-bandofficial.com 

DREAMCATCHER: Blood on the snow

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

Si vous aviez accroché à Emerging from the shadows, le premier album du groupe paru en 2012, vous avez sans doute cru Dreamcatcher disparu depuis belle lurette… Sauf que Chris Garrel, son chanteur, fondateur et unique membre d’origine a plutôt la passion chevillée au corps. La passion du metal en général (et de Maiden en particulier) et de son groupe, son bébé. Et s’il a pris son temps pour écrire et composer, avec la participation de Geoffroy Lacarrière, ce second album, Blood on the snow, c’est pour y mettre tout ce qu’il avait en lui. Si Blood on the snow, le morceau titre, traite d’un des massacres subis, au même titre que Dreamcatcher qui clôt le disque, par les indiens d’Amérique, les thèmes des chansons sont variés. On passe ainsi d’histoires vraie à d’autres inspirées par l’univers fantastique (The Werewolf, Curse of the vampires..) ou d’actualité (Mother earth, dont on regrettera seulement quelques paroles trop faciles et qui est également lié aux indiens d’Amérique) sur fond musical déterminé et puissant. Bien sûr, on retrouve des traces des géants du genre, Iron Maiden (un peu partout) ou Scorpions (Curse of the vampires), voire Metallica/Slayer, mais Dreamcatcher s’efforce d’ajouter sa propre touche, mélangeant heavy pur jus, parfois limite thrash, et prog. Ainsi, les ambiances inquiétantes sur le pont de The werewolf – et son chant black en fond – ou les cavalcades guitaristiques de Dark is my soul sont particulièrement réussies. Le mix final d’Alex Wursthorn est, comme à son habitude, efficace. Dreamcatcher doit maintenant passer à la vitesse supérieure en s’attaquant sérieusement à la scène. Mais ça, c’est une autre histoire…

STOLEN MEMORIES: Paradox

Progressif, France (Autoproduction, 2017)

Ils en ont perdu deux en cours de route… Stolen Memories, pour son troisième opus, se fait trio. Évoluant toujours dans un heavy progressif, les Français nous proposent avec Paradox 10 titres réfléchis et ambiancés. Si le rythme est souvent enlevé, si les influences jazzy et manouches sont aussi présentes que le rock, si l’ensemble se laisse aisément écouter, Stolen Memories (zavez remarqué les initiales? SM…) s’éparpille quelque peu en voulant explorer divers espaces et horizons musicaux. Baptiste Brun connait parfaitement son propos guitaristique, et le démontre avec aisance et brio. Et si le prog s’adresse souvent à une « élite » musicienne, les sonorités ici concoctées sont d’une approche généralement facile. ce qui rend, en revanche, certains passages plus difficiles, c’est l’accumulation de pistes rendant le sujet complexe. Stolen Memories nous tricote des chansons qui nécessitent souvent plus d’une écoute avant que l’on puisse véritablement se les approprier. Pas toujours facile, ce Paradox aime à jouer avec les couleurs et les sons, ambiances et rythmes. Interview à suivre.

MOLY BARON

Heavy rock, France/Irlande (Autoproduction, 2017)

Me voilà dans l’embarras, car voici pile le type d’album pour lequel je ne sais par où commencer. A chaque écoute je craque un peu plus, à chaque fois, je me dis « mince, ça me rappelle… Ah! quoi??? » Étonnamment, le seul groupe que j’ai mentionné sont les Espagnols de Heroes del Silencio… C’est sans aucun doute une des grandes forces de ce premier album: avoir su transformer d’évidentes influences en personnalité propre. Formé par le guitariste Gary Kelly, Irlandais depuis des années installé à Paris qui s’est entouré de jeunes musiciens français, Moly Baron propose un rock heavy, dont les racines sont ancrées dans le metal autant que dans le rock des années 80 ou le grunge des 90’s. Superbement produit, par Gary himself, cet album propose 10 chansons enlevées et envoûtantes qui entraînent l’auditeur dans un univers à la fois familier et nouveau, aussi lumineux souvent que parfois sombre. Les thèmes abordés sont inspirés de l’actualité (le très judicieux Fear is a better business than love ou The apocalypse shop) ou se font plus personnels (Dance, et ses rythmes de boites de nuit, Let’s die together). La rage est toujours présente et monte en puissance au grès des morceaux, tels Incognito. Une superbe réussite, un groupe à suivre de très, très près dont vous découvrirez les secrets dans une prochaine interview.