CHARGE: Ain’t the one

Rock, France (Autoproduction, 2019)

Charge! un nom qui claque comme un ordre d’attaque et qui prend tout son sens à l’écoute de ces 9 cartouches enfoncées dans ce chargeur rouge sang. Et à l’écoute de la décharge d’énergie que nous offre le quatuor, ce nom sonne mieux que le Chargez! ordonné en français comme une obsession par un capitaine Stark immuablement assis sur son cheval, non? Ain’t the one est le second album que nous proposent les Parisien de Charge. Composé, donc, de 9 titres, le groupe puise son inspiration autant dans le rock cru que dans le métal avec une sérieuse dose d’irrévérence punk. Démarrant sur des rythmes groovy avec Out of my life et une basse bien mise en avant avant une que n’entrent en scène des guitares incisives, on sent Charge déterminé à exprimer sa rage, aidé en sa quête par Francis Caste. C’est, d’entrée, puissant et entraînant. A peine l’auditeur a-il le temps de recharger ses accus que Red journey l’emporte pour ne plus le lâcher. Car jamais Charge ne faiblit. Le chant impertinent et narquois se marie parfaitement aux riffs simples, du genre de ceux qui vont droit au but sans fioriture. Le chargement qui suit, du morceau titre (et ses guitares aériennes mêlées à quelques inspirations orientales) à Burning slowly around me, en passant par le faux calme The game that’s made for me ou l’explosif et chantant High life, est blindé de références, de ces moments qui éveillent la mémoire. En évoquant leurs mentors – un jeu de piste que je vous laisse découvrir – les 4 maintiennent l’attention et suscitent curiosité et intérêt. Incontestablement, nous n’avons pas affaire ici à une charge héroïque mais à une découverte bien plus que simplement prometteuse.

DRAGON’S DAUGHTER: Tits on fire

France, rock (Ep, Autoproduction, 2019)

La fille du dragon, forcément, pour les amateurs, ça évoque la série Game of thones. Sauf que dans sa version française, on dit « mère des dragons ». Mais, non, il s’agit d’un trio féminin dont Tits on fire, le premier Ep, a été produit par un certain Yarol Poupaud, découvert au cours des 90’s grâce à sa particpation au sein de FFF. Dragon’s Daughter nous propose ici Tits on fire, un ep 6 titres d’un rock simple et direct, quelque peu impertinent, flirtant souvent avec le punk, tant dans le ton généralement narquois que dans la franchise directe des paroles « dans ta gueule » (Rocket pussy – clin d’œil aux Pussy Riot? – Who the fuck). Dénuées d’effets, les guitares sont efficaces et sensibles ( la ballade Learn it). On notera que le chant anglais est parfaitement compréhensible, même si, dans sa globalité, il manque de hargne et d’irrévérence. Pour finir,Dragon’s Daughter s’offre même une reprise de Gainsbourg avec La chanson de Prévert. Un ensemble plus que sympa, joyeux, sensible et prometteur d’un avenir certain. A suivre.

PARAD1GM

France, Metal (Autoproduction, 2019) – Sortie le8 mars 2019

Parlez d’un « super-groupe » à la française! Parad1gm, formé en 2015, réuni sous le commandement de Farès (chant), AlukardX (guitares) et Julien (batterie), tous 3 ex-membres de Spirited, Matthieu, ex-Conscience aus claviers et un certain Betov, roi de la 6 cordes (ou7) au sein du fleuron incontournable ADX qui prend ici la charge de la basse. Et le résultat est à la hauteur des promesses: du metal progressif teinté d’électro et d’indus. L’esprit de Rammstein plane au dessus de l’ovni Qalbik, celui de Pink Floyd au dessus de From the other side. La presque noirceur de Burried, augmentée par les touches électro  évoque également le côté sombre d’un Paradise Lost des grands jours. Les envolées de guitares , les rythmiques déterminées, les ambiances à la fois aériennes et mélancoliques, le chant rageur et profond fond de ce disque une découverte plus qu’agréable. Un groupe à découvrir, suivre et soutenir.

AEPHANEMER: Prokopton

France, Death symphonique (Autoproduction, 2019)

Tiendrions nous enfin le Amon Amarth français? A l’écoute de Prokopton, le nouvel album des Toulousains de Aephanemer, tout pourrait le laisser croire:  les mélodies sont d’une efficacité sans faille, le chant, entre death et black, est déterminé, la section rythmique bombarde un ensemble réhaussé de claviers qui trouvent aisément leur place. Du morceau titre qui ouvre cet album, à If I should die, en passant par l’instrumental At eternity’s gate, tout est fait pour entraîner l’auditeur dans une jolie séance de non stop headbanging! On se demande où Marion Bascoul, la chanteuse guitariste (Aephanemer est un groupe mixte paritaire, mais on s’en fout!) trouve cette voix hargneuse et virile. Qui plus est, quand elle chante en voix claire, sur Dissonance within, quel plaisir d’entendre  un accent anglais correct! L’ensemble fait penser à toute la scène nordique et mélodique, des déjà mentionnés Amon Amarth ou In Flames aux plus mélodiques mais incontournables Nightwish. Snowblind, notons le, n’a rien à voir avec Black Sabbath, bien plus extrême. Aephanemer est ma découverte de ce début d’année et il est plus que temps que nous prenions conscience que la scène française regorge de (grands) talents.  Superbe claque!

 

ALMA ENCRIADA: Alien

France, Rock (Autoproduction, 2018)

Voici un Ep assez surprenant. Agréable, aussi. Alma Encriada est un groupe de rock sans prétention – dans le bon sens du terme – formé en 2006. A la limite du rock, du stoner et du psyché, le groupe puise ses influence tout autant chez Queens Of The Stone Age que Muse. Cette palette de couleur s’exprime tout au long de Alien au travers de 6 morceaux aussi variés que séduisants. Le très groovy et funky morceau éponyme cède la place à Coward, rock direct très 70’s. Friend or foe file du coté soft et bluesy avant que Alma Encriada n’explore le psychédélisme au travers de Death in the doorway. Toujours rock, Settle down précède un Angel’s down aux sonorités à la U2. Bien produit, avec un anglais très correct, ce disque mérite une attention particulière. A suivre…

 

VISAVIS: War machine

Hard rock, France (Autoproduction, 2018)

C’était il y a un peu plus de 30 ans… Visavis se formait à Tulle en 1985 et se fait connaitre jusqu’à pouvoir sortir, en 1993, son premier album, La cage, suivi de So special en 1995. Le groupe se sépare et revient « par hasard » en 2013 lors d’une soirée privée. Comme souvent, il  n’en faut pas moins pour remettre le couvert. Visavis revient aujourd’hui avec War machine, un album taillé dans le rock le plus dur et le plus pur. Direct, enjoué et dansant. Dès le morceau d’ouverture, Hey Jack, le ton est donné: 2 riffs, 3 accords franc, une voix éraillée, sans finesse mais avec une vraie conviction. La suite pioche dans le metal et le hard traditionnels, celui des années 80 (Black holes, Give the boys a chance), ainsi que dans le punk anglais des 70’s Don’t turn around. Quelques moments speed, d’autres plus aériens, une rythmique solide, une véritable envie de s’amuser et de passer du bon temps… C’est ainsi qu’on pourrait résumer cet album qui donne envie de bouger. La soi disant ballade Mine tonight et son harmonica mélancolique monte en puissance. Sound soldiers évoque période dorée du metal français, So special ressemblant à une reprise new wave/punk version metalisée. Si From L.A me laisse de marbre, la conclusion Rough boy – aucun rapport avec ZZ Top – tape de nouveau dans le rock un peu crade. Franchement, même si Visavis ne propose rien de foncièrement original ou novateur, on ne boude pas son plaisir à l’écoute de ce disque simplement heavy rock, sale et biéreux. Fun.

DEAD BONES BUNNY: What’s up rock?

Rock, France (Autoproduction, 2018)

Oh la claque! Du rockabilly ultra puissant, grrovy et dansant, un esprit à la Stray Cats (pour des lapins, c’est original…) déjanté sur fond de chant rageur… C’est le programme que nous propose Dead Bones Bunny sur son album What’s up rock?, véritable source de fraicheur et moment de bonheur à partager sans modération. Dès Team Bunny, le ton est donné: on navigue entre le rock des années 50/60 et le metal de Slayer ou Motörhead. Lemmy d’ailleurs s’était acoquiné de Brian Setzer au sein de Headcat, non? Eh bien l’esprit est le même tout au long de ces 12 morceaux qui mélangent guitares, batterie et contrebasse. Malgré quelques approximations entre chant et chœurs , cet album fait énormément de bien. L’esprit « team » ou « famille » qui transpire se confirme à la lecture des crédits, puisque non seulement les musiciens remercient, mais également l’équipe scénique (danse, lumières, décors, photographe). C’est frais, ça bouge, c’est à la fois rugueux et entraînant… Ce What’s up rock? ne laisse pas de place à l’ennui, c’est une évidence… A écouter d’une traite et à ne pas rater!

Yann ARMELLINO & El BUTCHO : 17

Hard rock, France (Autoproduction, 2018)

Il y a deux ans, nous découvrions le duo étonnant qu’avaient décidé de composer le guitariste Yann Armellino & El Butcho, le chanteur heavy glam de Showtime, et accessoirement ex-Watcha. Ils reviennent aujourd’hui avec 17, un album composé et enregistré ensemble, et le résultat s’en ressent. Le duo se fait simplement plaisir. Mr Wish, le morceau d’ouverture, donne le ton: la guitare typée « rock instrumental » de Yann trouve en la voix de Butcho un chant un parfait allié. Bien que clairement influencé par le hard rock des années 80, cette collection de 10 chanson + un instrumental entraîne l’auditeur sur les vastes routes américaines sur fond d’inspiration évidentes: hair metal – Mötley Crüe et Van Halen en tête, AC/DC, Satriani… Alors on pourra reprocher un manque d’inventivité, mais est-ce ce que l’on cherche? Si les morceaux sont d’une apparente facilité, une écoute approfondie fait ressortir des guitares moins évidentes que de prime abord. Butcho chante la vie et l’amour, pose un regard introspectif sur ses sentiments et un autre plus inquiet sur l’évolution de notre monde. On retrouve tous les ingrédients qui ont fait de genre ce qu’il est devenu: une voix puissante, des mélodies imparables (exception faite de Drawn in my fears, qui me semble un peu trop « vite fait »), deux ballades, et, surtout, du rock. Tout pour passer un bon moment. On attend maintenant que le groupe tourne afin de retrouver ces deux très sympathiques musiciens en live.

EXCEPT ONE: Fallen

Death mélodique, France (Autoproduction, 2018)

Bon, allez… Je n’aime pas ce type de chant. Ça gueule, je n’y trouve pas de finesse ni de variation. Puissant, mais ce n’est définitivement pas mon truc. Ça n’engage que moi, alors, passons à la musique de Except One qui, elle, est forgé dans un metal puissant, direct et brutal. Les guitares  de ce Fallen proposent des riffs entraînants, explorant différents aspects metalliques, du léger et très clair au rapide et précis comme un scalpel. La batterie est franche, et impose un tapage de pied et headbanging de conséquence. Petite touche sympatique à noter dans les crédit « Drum: Naty ». Euh, au singulier? Drum = tambour, or il semble bien qu’il s’agisse ici de plusieurs tambours… Donc « drums » serait plus approprié… Passons. On sent Expect one inspiré par les grands noms du metal, du heavy au thrash, en passant par le death et le black. De Maiden à Machine Head, en passant par Cradle of Filth et consorts. Qu’on sort, en fait… Encore une fois, si j’accroche musicalement, les hurlements m’empêchent d’aller, d’une traite, au bout. Il reste un album à découvrir, sans doute, que les amateurs sauront apprécier.

FOREST IN BLOOD: Pirates

Thrash/Hardcore, France (Autoproduction, 2018)

Forest In Blood est un groupe parisien formé en 1998 qui nous revient aujourd’hui avec Pirates, son… second album! Dans sa bio, le groupe note s’être formé l’année où l’équipe de France de foot devint championne du monde. Nous ne pourrons que remarquer que ce second album arrive alors que la France a remporté sa seconde étoile… Y a t-il un lien de cause à effet? Rien n’est moins sûr tant les goûts musicaux de nos joueurs sont à l’opposé de ce que nous propose Forest in Blood qui puise son inspiration dans le thrash de Slayer ou de Metallica (certains éclairs rouge sang de la pochette ressemblent à s’y méprendre au M des Horsemen…) et dans le hardcore d’un Hatebreed débridé. Les rythmiques sont d’une réelles efficacité, de celle qui fait taper du pied, et si je dois relever un défaut, c’est la redondance des guitares. Les riffs, à quelques exceptions près, semblent se répéter, parfois (écoutez les intros de My dues et Black parrot) même être identiques. Pourtant, ça marche, et le chant enragé provenant de la gorge profonde de Eric Florentin accompagne avec une brutalité défouloir les guitares rageuses de Barthélémy Vaudon et Hervé Marguet. La section rythmique, jamais en reste est à l’avenant (la basse vrombissante de Pierre Acedo soutient la batterie guerrière de Cédric Sénéchal). Heureusement, FIB nous offre également quelques intermèdes plus légers bien que pas forcément indispensable. Qui s’étonnera dès lors de lire que la production est signée de l’incontournable Francis Caste, un des meilleurs producteurs metal de son temps? Pirates est un de ces albums qui risque fort de prendre toute sa mesure sur scène. A bon entendeur…