LOCO MUERTE: Los clasicos de Loco

France, Hardcore/crossover (M&O, 2023)

Ay, caramba! Los amigos, soy Loco Muerte, entiende? « Caramba », c’est la seule chose hispanique que je retiendrai tellement il y a de folie, d’énergie et de bonne humeur contagieuses dans ce Los clasicos de Locos, nouvelle déflagration des Parisiens de Loco Muerte qui revisitent certains de leurs « classiques »  principalement issus de leurs deux premiers opus Maquina de guerra (7 morceaux) en 2011 et Traicion bendicion (3 titres) en 2013. Rien cependant du dernier – La brigada de los muertos paru en 2018 – mais qu’importe! A l’écoute de ces 11 cartouches qui te pètent à la gueule, impossible de ne pas faire de lien avec le gang de Venice, Suicidal Tendencies, et son rejeton Infectious Groove (on s’en serait doutés rien qu’au bandana…) Si l’album débute avec un nouveau titre – La vida loca – les autres morceaux sont tous aussi explosifs qu’enjoués. Loco Muerte nous concocte un hardcore/crossover des plus efficaces, certes, mais surtout digne des plus grands noms du genre. C’est simple, il y a, tout au long de Los clasicos de Loco une rage et une envie de vivre communicatives. Il est simplement impossible de en pas se laisser entrainer dans ces rondes pogotées qu’on appelle des circle pits qu’on imagine volontiers animer des concerts. Une dinguerie parfaitement contrôlée en somme, un défouloir bienvenu et bienveillant comme seule les meilleurs savent nous en offrir. on en redemande! Et je me demande vraiment si la Hellstage résistera au passage de ces doux dingues le 16 juin prochain? Ca qui est sûr, c’est que ça va groover grave!

STORM ORCHESTRA: What a time to be alive

France, rock (Autoproduction, 2023)

Quelle époque pour être en vie, quelle belle ou drôle d’idée, en effet! Sans cela, il eût été plus que difficile de découvrir ce premier album de Storm Orchestra, groupe bien de chez nous né de la rencontre du chanteur guitariste Maxime Goudard et du bassiste Adrien Richard dont les chemins se croisent au coeur d’une école de son. 2020 voit paraitre un premier Ep avant que le trio (rejoint quelques temps plus tôt par le batteur Loïc Fouquet) ne retourne en studio fin 2021 pour nous proposer aujourd’hui cette pépite nommé What a time to be alive, composé de 11 titres qui parlent autant de l’amour et de la fin du monde. Le groupe propose une variété musicale rafraichissante qui puise autant chez Muse que Royal Blood, pour les influences les plus évidentes. L’ensemble est chantant, simplement entrainant, les guitares se faisant aussi douces que parfois brutales, tout comme le chant, aussi tendre qu’il peut être déterminé. Storm Orchestra parvient à proposer des titres entrainants et fédérateurs sans jamais tomber dans le travers de la recherche de mélodie facile. C’est là la grande force du trio qui, tout au long de ces onze morceaux, nous démontre la variété de ses influences, pop, rock, alternatives tout à la fois, le tout chanté dans un anglais parfaitement maitrisé. La production donne sa juste place à chaque instrument. Il en résulte un album de rock qui s’écoute sans temps mort. On ne le répètera jamais assez: la France regorge de talents et Storm Orchestra est de ceux là. Alors, amateurs de rock, foncez les découvrir!

DROPDEAD CHAOS: Underneath the sound

France, Metal (At(h)ome, 2023)

Né en pleine crise sanitaire, en 2020, donc, pour ceux qui ont la mémoire courte ou défaillante… – Dropdead Chaos est un collectif dont les membres sont issus de formations aussi diverses que Trepalium, les Tambours du Bronx, Smash Hit Combo, Betraying The Martyrs ou encore Black Bomb Ä. Du lourd et du direct, donc, mais aussi des influences variées qui vont du hardcore/post hardcore à l’électro en passant par des sonorités tribales, certaines hip hop et d’autres purement heavy avec un trait d’union: le groove du punk festif made in USA. Avec son premier album, Dropdead Chaos se place directement dans la cour des grands. Underneath the sound – et son illustration qui m’évoque le superbe roman de John Grisham, L’allée des sycomores – est un condensé de puissance, d’efficacité et de rage sur fond sonore invitant à faire la fête. Car, oui, si l’énergie et le beat sont omni présents, si Renato se permet d’exploser ses cordes vocales, si les rythmiques de Jacou (passé de la batterie à la basse, semble-t-il), si… bref, tout ici est réuni pour proposer une variété qui se fait rapidement bien plus qu’attirante. On retrouve même ci-et-là quelques traces de Red Hot Chilli Peppers qui aurait fornicoté avec Linkin Park. Dropdead Chaos nous offre un premier album simplement brillant. Varié, puissant, différent et unique à la fois, un de ces albums qui n’hésite pas à lier hip hop et metal, rage et beat, des univers finalement pas si éloignés. Et quand on parvient à ce résultat, l’excellence n’est jamais loin.

GOROD: The orb

France, Death technique (Autoproduction, 2023)

L’amateur de death brutal passera son chemin, celui de technique jettera volontiers une oreille sur The orb, la nouvelle déflagration des frenchies de Gorod. Loin d’en être à leur premier essai, les Bordelais nous proposent un nouvel album pas seulement brutal ou technique. Oui, Gorod on les connait pour leur virulence et leurs prestations explosives – une valeur sure de la scène hexagonale. Gorod nous propose ici des moments plus introspectifs (le morceau éponyme) qui se lient à d’autres, plus fréquents, aussi brutaux que techniques. Loin des standards du genre, Gorod se distingue par des structures qu’on pourrait parfois rapprocher d’une certaine complexité du jazz (Megadeth a prouvé que les genres sont loin d’être incompatibles), d’un prog brutal en y mêlant quelques touches qui se rapprochent d’une forme de psychédélisme (pas forcément) hypnotique. The orb, après deux titres directs et simplement « dans ta face » varie son propos et, au bout du compte, intrigue, attire et interpelle. Un album puissant et riche même si pas toujours facile d’accès. Qu’on aime ou pas, c’est bien là ce qu’on demande à un groupe, non?

TINY VOICES: Erosion

France, Heavy/Punk (UPR, 2023)

Ca débute avec une voix rugueuse et une guitare. Un peu de dépit, voire de colère contenue dans ce chant plaintif, avant de taper dans le tas… Ainsi commence Erosion, le premier album des Angevins de Tiny Voices, avant de s’enfoncer dans un punk grungy qui libère sa colère. Il y a, tout au long de cet album, autant de rage que de soif de vivre, un peu à la manière de ce que nous proposaient des formations comme The Shoulders, The Clash, ou plus récemment, les formations de « punk » celtique (Dropkick Murpys, Flogging Molly…), et des guitares qui, sans aucune hésitation, rappellent The Cure. L’énergie développée ici ne peut laisser de marbre tant le propos musical invite et incite à chanter à s’en casser la voix, à pogoter ou simplement sauter de droite et de gauche. C’est direct, brut, parfois un peu hors de contrôle et bordélique (Should I? Should have) mais ça reste toujours fun. On retrouve aussi ces airs qui, bien que hurlés avec rage, donnent envie d’être chantés en chœur et en communion avec Tiny Voices. Dix titres explosifs forment ce premier album à l’énergie débordante et communicative. A découvrir d’urgence et consommer avec délectation!

WAKAN TANKA: Heat

France, Rock psyché/allumé (stoner, quoi!) (Autoproduction, 2023)

Après un premier EP paru en 2019 (River) et une tournée dont une première partie de Shaka Ponk (un hasard si chaque groupe s’écrit avec des K?) Wakan Tanka revient avec ce Heat chaleureux, allumé, emprunt de psychédélisme et d’esprit 70’s. Quelque peu remanié entre ces deux productions avec l’arrivée de Nicolas Caumont aux claviers et Alexis Godefroy à la basse, le groupe mené par le chanteur guitariste Erwan Ducornoy et le batteur Christophe Vidal Caro nous propose 5 morceaux aussi variés qu’hypnotiques qui nous replongent au cœur de la fin des 60’s/début des 70’s, époque qui vit outre-Atlantique la naissance du mouvement hippie et des musique électrifiées contestataires. Il y a, tout au long des The sun, Dance of death, Windwalkers et Circles de la souffrance et de la mélancolie, des volutes de fumée d’herbe bleue, des fonds de bière tiède, de l’amour aussi, tout cela mélangé et donnant un résultat qui sonne comme si Janis Joplin avait rencontré Black Sabbath. Une jolie réussite, en somme, qui se conclue avec All the shades, tout aussi stoner mais un stoner acoustique. Il y a un goût de « reviens-y » qui semble évident. A quand l’album?

LACRIMA

France, Rock (M&O, 2023)

Avec ses guitares aériennes, son chant suave et profond, Lacrima débarque avec un premier Ep de 6 titres qui naviguent entre rock et metal. A juste titre, le dossier de presse indique « for fans of Lacuna Coil, Evanescence, Delain », bref que des groupe à chant féminin. C’est un peu limitatif, mais réaliste. Si la recherche de la mélodie est là, accompagnée parfois d’influences orientales (Dark wedding), si la cohésion entre les musiciens est réelle, j’ai rapidement l’impression que quelque chose manque. Les compos sont réussies, sérieuses, intrigantes, certes mais… L’image qui me vient en tête est celle d’un cavalier bridant sa monture là où il faudrait tout lâcher – ce que le groupe tente sur Fallen angel mais reprend vite ce contrôle… Je ressens un groupe appliqué, concentré qui n’ose pas aller plus loin. Si on ajoute à cela un anglais difficilement compréhensible, on est face à un groupe au potentiel réel mais qui mériterait sans doute une vraie prise de risques pour que ce premier essai soit une vraie carte de visite.

ASTRAYED PLACE: Edge of the mist

France, Metal (M&O music, 2023)

Ca démarre sur une intro aérienne, aux tonalités « écolos », comme un message à la planète. Inert city continue avec douceur et bienveillance, introduisant un doux chant, calme et posé avant de monter en puissance. Deux voix se mèlent – masculine et féminine – avant que la rage ne se glisse dans cet ensemble attirant. Le chant guttural est contrebalancé par celui plus maternel et des guitares à la fois légères et déterminées. Rapidement, Astrayed Place fait preuve d’une variété musicale qui le place dans la catégorie un peu fourre-tout de metal moderne. En mélangeant ses influences progressives, thrash et death, douces et extrêmes, en passant du calme à la tempête sur fond d’alternance entre riffs efficaces et rythmiques rentre dedans, le groupe s’adresse à un vaste public. Une faiblesse réside cependant dans un chant pas toujours juste et qui peut donner l’impression de manquer de puissance (Slaughter the ants m’irrite quelque peu) face aux déflagrations et à la brutalité directe de certains titres. Mais quand la rage est là, ce défaut est rapidement mis de côté (Death blossom) dès que le groupe se lance dans ces échappées belles où la vélocité se dispute l’explosivité rythmique. Les breaks qui font s’agiter les crinières sont judicieusement placés permettant de moments de respiration bienvenus. Astrayed Place pourrait bien se faire un nom sur la scène du metal extrême. Un groupe à suivre.

LES ACTEURS DANS L’OMBRE : Angie – NRV Promotion

Metal Eyes a décidé de se pencher sur certains acteurs de l’ombre. Ou plutôt, les acteurs dans l’ombre. Dans l’ombre des artistes qu’ils mettent en avant. Dans l’ombre volontairement, donc, mais qui pourtant, jouent un rôle primordial. Car si on connait les musiciens qui nous font rêver, leurs managers ou certains géants de l’organisation de concerts ou de festivals, et encore…, d’autres restent plus discrets, se mettant entièrement au service de ceux qu’ils représentent. Il en va ainsi des agents qui prennent sous leur aile nombre d’artistes. Et là, tout le monde est sur le même pied d’égalité car la notoriété d’un artiste ne se fait pas sans travail. Les seuls réseaux sociaux ne suffisent pas, un réseau relationnel adapté est plus que nécessaire. Nombreux sont les groupes à envoyer liens et/ou CD sans savoir exactement à qui il s’adressent, sans savoir exactement sur quel créneau tel média intervient ou pas? Un bon agent, un bon représentant saura quoi envoyer à qui  et inversement, se tissant un réseau de fidèles chroniqueurs, de relais d’information, tissant une toile solide. C’est ce qu’il se passe avec Angie, fondatrice de NRV promotion qui, du haut de son même pas quart de siècle, nous raconte son parcours. Une première d’une, espérons le, longue série.

J’ai reçu un premier album de NRV promo fin 2021, mais nous n’avons jusqu’ici jamais eu l’opportunité de nous rencontrer ou d’échanger. Alors, commençons par ceci : Angie, peux-tu te présenter : qui est-tu et quel est ton parcours ?

Hello ! Je suis Angela Dufin (Angie), j’ai 24 ans et je suis manageuse et attachée de presse pour des groupes de rock / metal en développement. Le nom de ma structure que j’ai créée en 2019 est NRV Promotion. Au départ, je suis musicienne (batteuse principalement mais j’ai aussi fait du chant, du piano, de la guitare…). Je ne me voyais pas vraiment en faire mon métier, et je me suis dirigée vers une école de commerce après le BAC pour faire de la finance… et j’ai vite déguerpi car je n’y ai pas trouvé ma place ! Je me suis donc renseignée sur les métiers qui existait autour de la musique (ce à quoi je n’avais jamais pensé avant, autre que le métier de musicien) et j’ai compris que la communication pouvait me mener à plusieurs métiers dans ce secteur, j’ai donc fait un BTS Com’. C’était vraiment top, j’ai appris beaucoup là-bas et j’ai pu faire mon premier stage en tant qu’attachée de presse dans la musique. En parallèle, j’étais aussi bénévoles dans une association de concerts dans le 92, je m’occupais de la com’ et j’ai rencontré de nombreux groupes aussi par ce biais qui ont commencé à me demander de m’occuper d’eux. Et ça a commencé comme ça. J’ai créé NRV à la fin de mon BTS, en développant ensuite mon activité en parallèle de la suite de mes études à la FAC. J’avais un groupe qui s’appelait SLURP aussi à cette période et donc qui me prenait aussi du temps, on faisait beaucoup de choses ! J’ai terminé mes études l’an dernier avec un master spécialisé dans les industries culturelles, que j’ai conclu avec un dernier stage chez PIAS, en tant qu’attachée de presse également. Aujourd’hui je vis entièrement d’NRV Promotion, et je fais toujours un peu de musique à côté pour le plaisir !

 Combien de personnes composent-elles l’équipe ?

Je suis toute seule.

Quelle est la vocation première de NRV ?

Je veux accompagner des groupes à se développer, à franchir des étapes. Ayant déjà été plusieurs fois à leur place, je trouve essentiel d’avoir parfois quelqu’un d’extérieur au groupe pour s’occuper des choses que l’on a envie de déléguer en tant que musicien, ou bien trancher sur certains choix … En promo, c’est différent. Je suis là vraiment pour défendre un album pour qu’on en parle et pour aider le groupe à gagner en crédibilité ! J’ai aussi cette envie hyper forte de valoriser la scène française et soutenir le rock ici. On a vraiment de supers groupes ici, et je veux contribuer à faire connaître cette scène et l’aider à perdurer et si possible s’exporter également.

Et sa stratégie ? Comment touches-tu et sélectionnes-tu les groupes ? Vas-tu les démarcher ou est-ce eux qui te contactent ?

Ce qui est important pour moi c’est de garder une cohérence dans les esthétiques musicales et de continuer à faire ce qui me plaît. Essayer aussi de fédérer la scène de l’intérieur, entre les groupes, pour créer des liens et s’entraider. J’ai eu plutôt de la chance car la plupart des groupes avec qui je travaille aujourd’hui’ sont venus me chercher en entendant parler de ce que je faisais. Ça se fait vite via le bouche à oreille, les réseaux sociaux etc… Pour le management, je fonctionne vraiment au coup de cœur. Il faut que la musique me touche aux tripes au point que j’ai envie de remuer ciel et terre pour faire connaitre un groupe et bien sûr, il y a l’humain. Il y a des groupes que j’ai rencontré et j’ai su instantanément que ça allait fonctionner. Pour la promo, pareil j’écoute l’album et s’il me plaît et que le planning colle avec le mien je vais dire oui, sinon je vais passer mon tour ! C’est dur de défendre un projet pour lequel on n’a pas eu de coup de cœur soi-même. Ça m’est arrivé aussi d’aller vers des groupes moi-même, après un concert que j’ai aimé par exemple, mais ça reste plus rare.

 Concernant les médias, même question : comment les « sélectionnes »-tu ? Plus particulièrement, comment as-tu connu Metal-Eyes et qu’est-ce qui t’a donné envie de m’envoyer un premier CD, puis de continuer ?

Je cible les médias en fonction des groupes et de leurs styles. Au fil du temps, je commence à connaître aussi les goûts des différents journalistes pour savoir ce qui leur plaira ou non (même si on a quand même souvent des surprises !). Je t’avoue ne plus me souvenir de comment j’ai découvert Metal Eyes car ça commence à faire un bout de temps mais il y a eu une grosse partie « dénichage » de médias dans notre métier, surtout au début pour construire notre base de données. Sur internet d’un webzine à un autre, les recommandations sont plutôt bien faites et ça nous aide à trouver de nouveaux médias ! Quand c’est le cas, je leur écris et présente ce que je fais puis j’envoie des CDs en fonction si je vois qu’on me le demande. Ensuite, on continue en fonction de l’implication / les retours des médias. Avec Metal Eyes, ce qui est cool c’est que tu as chroniqué quasiment tous les CDs que je t’ai envoyés il me semble donc que forcément je ne m’arrête pas ! 😉

 J’imagine que NRV, pour une visibilité maximale, est présent sur les réseaux sociaux. Où peut-on s’informer au sujet de NRV et te contacter ?

Oui bien sûr ! Sur Facebook, Instagram et Linkedkin également au nom d’NRV Promotion. Pour me contacter, par mail : angie.nrvpromotion@gmail.com avec une demande précise, liens d’écoute, planning, bio etc …

 Que recherche un groupe qui signe avec NRV, que lui proposes-tu comme accompagnement ?

Ça va dépendre des groupes, ils ont plus ou moins des besoins différents auxquels je vais m’adapter. Je propose deux types d’accompagnement : le management et les relations presses. Par contre, je m’occupe aussi de la RP des groupes dont je fais le management !

Les RP consistent à promouvoir une sortie (single, clip, ep ou album ou une tournée) auprès des médias adaptés sur une période donnée. Je travaille toujours en amont de la sortie d’un disque évidemment

Le management c’est vraiment un accompagnement global qui consiste à développer le groupe par tous les moyens possibles : définir une stratégie / un planning, démarchage pro (pour trouver d’autres partenaires type tourneurs, labels etc), gestion avec des échanges avec des prestataires, la communication (réseaux sociaux, pub digitale, création de contenus type photos/ vidéos /bannières promo …), rechercher des dispositifs d’accompagnements / financements … C’est hyper vaste ! Je suis là à toutes les étapes du projet.

Comme je n’ai plus de places en management, il m’arrive maintenant de faire des séances de conseil d’1h en visio avec d’autres groupes qui cherchent des réponses, conseils en stratégie / communication / planning etc… Ce sont des séances ponctuelles et je ne m’engage pas en dehors de celles-ci.

Je propose aussi depuis peu, avec un partenaire réalisateur (Rolling Ferret Films, Simon Dagallier), la production / réalisation de clips et de live session. C’est une autre branche d’NRV, on a fait des clips pour Liquid Bear, Howard, Kugelblitz …

Quels sont tes concurrents (et néanmoins certainement amis) sur ce marché ?

C’est dur de parler de « concurrents », haha ! Je vois plus ça comme des confrères / collègues ! Je pense à Yann Landry et Eloa Mionzé avec qui je m’occupe en ce moment de la promo du Motocultor. Ou encore à Elodie Briffard, Floriane Fontaine, Clément Duboscq.

Qu’est-ce qui te distingue de ces amis concurrents ?

Chacun a ses propres goûts musicaux surtout puis aussi le réseau peut différer selon les attachés de presse. Certains sont plus « généralistes », d’autres plus « niche », ou les deux ou encore certains d’entre nous ne s’occupent que de la France, d’autres de l’Europe. Evidemment, comme on est tous indépendants, chacun a aussi sa manière de travailler et de voir les choses, j’imagine !

 Sans indiscrétion, financièrement, combien un groupe doit-il débourser pour ces services ?

Pour la promo d’un EP-album, il faut compter à partir de 1500-1700€, puis ça va varier en fonction du nombre de singles, du style du groupe (ciblage niche ou généraliste). Pour un single/clip, autour de 350€.

Par quel biais peut-on entrer en contact avec NRV promo ?

angie.nrvpromotion@gmail.com

Parmi les albums que tu m’as envoyés depuis deux ans, il y a une nette tendance au classic rock/ hard rock, ou rock vintage (Grandma’s Ashes, Red Cloud, Sweet Needles…) Est-ce un critère de sélection et y a-t-il des genres musicaux ou des groupes avec lesquels tu ne voudrais pas/pourrais pas travailler ?

C’est vrai qu’au fil des années, j’ai eu l’occasion d’affiner l’esthétique des groupes avec lesquels je travaille. J’aime rester dans ce registre car c’est la musique que j’écoute principalement mais je ne suis pas fermée. J’aime aussi beaucoup le garage / surf rock comme GURL que j’accompagne également ou encore Cheap Teen. J’accompagne aussi Sierra qui fait de la synthwave et qui est vraiment intéressant à travailler car ça parle autant aux médias électro que metal ! Globalement j’aime tout ce qui touche au rock et au metal, particulièrement le stoner/doom/ psych -prog rock, le rock alternatif, le blues rock, le garage … Par contre, tout ce qui est rap ou hip hop / pop / variété etc ., je ne pourrais pas le travailler car ce n’est pas le même réseau de médias.

 Tu viens également de signer ton premier groupe étranger, les Italiens de L’Ira Del Baccano. Comment cela s’est-il fait ? As-tu une démarche commerciale à l’international ?

« Signer », pas vraiment car c’est en promo donc une prestation auprès de leur label Subsound Records. D’habitude c’est Floriane Fontaine qui travaille avec ce label mais comme elle ne pouvait pas le faire cette fois-ci, elle a redirigé le label vers moi. Ça faisait longtemps que je n’avais pas travailler sur une promo Europe, d’habitude je préfère me concentrer sur les médias français. Comme je suis seule, ça fait une charge de travail conséquente supplémentaire de faire les médias européens également. Mais ici comme c’est un groupe de niche, instrumental doom, il y avait moins de cibles donc c’était faisable ! Et ça m’a fait super plaisir de le faire

 Quelles sont tes grandes fiertés jusqu’à aujourd’hui dans ce métier ?

Cette année je m’occupe de la promo du Motocultor ! Sinon, de manière générale ma fierté c’est les groupes dont je m’occupe qui me la font : par exemple les Grandma’s Ashes qui font une Maroquinerie en avril et qui cassent tout avec leur premier album et des dates qui pleuvent, Howard qui a rempli le Backstage à Paris en janvier pour sa release party, Decasia qui joue au Hellfest cette année … je ne vais pas tous les citer car il y a eu beaucoup de réussite cette année pour chacun des groupes mais c’est ce genre de choses qui me rendent vraiment fière du chemin qu’on a parcouru ensemble. Ensuite, bien évidemment, avoir de plus en plus de groupes qui me contacte pour leur promo notamment certains qui ont fait leur petit bonhomme de chemin comme Dirty Deep ou Les Lullies, ça me fait super plaisir !

 Enfin, question que je pose à tous les groupes avec lesquels je m’entretiens : quelle pourrait être – ou quelle est – la devise de NRV ?

Franchement je sais pas trop, aha! Je n’y ai jamais réfléchi … Je vais plutôt parler de valeurs comme la persévérance, la passion et la motivation 🙂

 Les derniers mots sont pour toi si tu as quelque chose à rajouter.

Merci beaucoup de t’être intéressé de si près à NRV et mon parcours, ça m’a fait plaisir de répondre à tes questions ! Ainsi que pour toutes les chroniques des albums que j’ai pu t’envoyer !

Slurp – Terrasse du Trabendo – 2020

APEX ORIGIN: Beyond a lifetime

France, Prog (Autoproduction, 2023)

Quel dommage… ce chant mélodique gâché par un mix le mettant au second plan et dans un anglais quasi incompréhensible… Dommage car la voix est puissante et atteint des notes haut perchées. Et puis, la lecture du track listing au dos de la pochette est très prometteuse d’un esprit romanesque et inventif, la pochette dépliée mélangeant fantastique et navigation maritime période « gallions majestueux ». Clairement, ce Beyond a lifetime donne envie de se plonger dans l’univers d’Apex Origin. Un album écrit comme une pièce de théâtre ou un opéra en 5 actes précédés d’une Ouverture et conclus par un Final. Les influences du groupes sont à chercher aussi bien du côté des géniteurs du hard rock – Led Zeppelin – dans les fulgurances guitaristiques et bluesy, et des géants du metal progressif – Dream Theater – dans la puissance recherchée et la technique musicale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si on trouve deux morceaux intitulés Blue Dream (et ses clins d’œil à Satriani) et Blue Zep… Si l’on met ce chant de côté, on ne peut qu’admirer le sens de la composition à la fois complexe et passe partout, dans un esprit démonstratif de technique sans être pour autant donneur de leçons. Apex Origin propose également un titre chanté en français – La haine reine II – qui sonne plus pop rock que profondément progressif. L’album qui dure pas loin d’une heure s’écoute d’une traite. On tient sans doute ici – à un détail près – un futur grand du genre.