Ayron JONES live à Paris le 19 octobre 2023

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New Morning, La Cigale, Longchamps, et ce soir l’Élysée Montmartre… Sans compter les autres concerts qu’il a pu donner en France depuis la réouverture des frontières… C’est dire si, chez nous Ayron JONES a le vent en poupe – notre pays est d’ailleurs son second marché, après les USA. La première fois que j’ai discuté avec lui, pour la promo de son précédent album en 2019, le jeune prodige américain de Seattle me disait n’avoir encore jamais joué à l’étranger. Depuis, en tout cas en France, il se rattrape. Sans pour autant être omni présent, et pourtant, on circule facilement ce soir dans cet Élysée Montmartre qui est aux trois quarts rempli. Les quelques 900 personnes présentes vont toutefois en profiter pleinement.

Those Damn Crows live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Those Damn Crows ouvre le bal. Le quatuor propose un heavy rock racé qui fait rapidement mouche. Le vocaliste Shane Greenhall, comme ses compagnons d’ailleurs, se montre rapidement à l’aise avec le public, communiquant aisément. Il présente d’ailleurs rapidement le groupe nous permettant de découvrir que la formation est galloise.

Those Damn Crows live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Il annonce que Those Damn Crows a récemment sorti un album (leur troisième, Inhale/exhale) qui s’est classé n°3 au Royaume-Uni. « Mais il est allé nulle part en France… f**k all!« , déclare-t-il, ce qui fait bien marrer le public, très réceptif. Le chanteur s’installe alors derrière ses claviers pour interpréter Blink of an eye, ballade qui se fait plus rock. C’est le moment calme puisque suit une autre power ballad qui voit Shane s’emparer d’une guitare.

Those Damn Crows live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Go get it marque le retour aux affaires sérieuses. Speed et énervé, le titre se termine avec un appel du chanteur, un très familier « Scream for me Paris« . Le set se termine avec Rock n roll ain’t dead, titre rock aux accents poppy qui permettent au public de reprendre facilement des oh oh oh et de perdre de vue Shane qui descend de scène et traverse tout le parterre de l’Élysée Montmartre pour trouver refuge au balcon d’où il domine le public. Pour une première visite, elle est plutôt réussie. De l’énergie, du rock du sentiment… tous les ingrédients que l’on attend d’un groupe pour s’amuser. A suivre.

Those Damn Crows live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Pendant le changement de plateaux, un petit tour au merch s’impose. Mais il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Deux modèles de casquettes et trois T-shirts, dont un exclusif pour la France avec le nom d’Aron Jones en Bleu blanc rouge, mais un simple recto… De plus, le règlement ne se fait qu’en espèces… Ceux qui n’ont pas de cash sur eux ne peuvent que faire demi tour – toute sortie étant définitive – ce qui représente sans doute un manque à gagner pour le groupe…

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

A peine les musiciens arrivent-ils sur scène que le public se fait connaitre. Et voici que Mister Jones attrape sa guitare mais… Il s’approche du micro et annonce « on prévoit des choses, mais il y a toujours un truc qui va de travers… Je ne trouve pas ma lanière de guitare… » Bob Lovelace, son bassiste pile électrique en profite pour jeter quelques médiators au public. L’incident résolu, le concert peut commencer. Les premiers accords de Boys from the puget sound marquent le début des… non, pas des hostilités mais des problèmes de son… Quelque chose ne va pas et tracasse Ayron dont les retours ne fonctionnent apparemment pas comme il le souhaite. Dès la fin du titre, il se penche sur son pédalier, sous le regard attentif de ses complices et se relève pour lancer Emily.

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

On two feet I stand est le premier extrait de son nouvel album, Chronicles of the kid que le public présent semble déjà avoir adopté, rapidement suivi d’une autre nouveauté, le dynamique « Filthy ». Casquette et chapeau vissés sur la tête (l’enfer pour voir les yeux des musiciens, encore plus difficile pour le photographier…), le quatuor se montre rapidement en forme, dont un Bob Lovelace intenable, véritable anguille qui se glisse partout et prend des poses improbables. Le nouveau guitariste, Patrick Rieflin, en réalité remplaçant de Matthew Jaquette, indisponible, n’est pas en reste bien qu’ayant une attitude plus sobre et concentrée.

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Supercharged voit Ayron s’imposer – et imposer sa musculature – au public avant de s’adresser à lui: « Comment ça va? Moi, ça va, c’est bon d’être de retour dans sa maison loin de sa maison. J’adore Paris! » et attaque le calme Take me home repris à la fin en chœur par le public seulement accompagné du rythme de la grosse caisse de l’imposant nouveau batteur Malachi Johnson, tandis qu’Ayron s’éloigne du micro pour chanter avec la foule. La puissance de cette voix qui résonne jusqu’au fond de la salle!

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

My America le voit d’ailleurs hurler sa rage à s’en arracher les cordes vocales avant de revenir, après The title et Strawman à un peu de douceur avec My love remains, ballade pour ses parents qu’il n’a jamais vraiment connus. Elle est là, la grande force d’Ayron Jones qui ne se cantonne pas à un seul genre musical mais propose du rock sous toutes ses formes, alliant le funk au metal en passant par le blues, la soul ou le grunge. Et le temps passe vite, très vite.

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Baptized in muddy waters, Free, l’énervé Blood in the water précèdent le feu d’artifices Take me away, titre qui débute calmement avant de monter en puissance et devenir carrément explosif sur la fin. Le public présent accompagne Ayron et ses musiciens avec ferveur tandis que ces derniers quittent la scène avant de revenir pour un unique rappel.

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Malgré les difficultés de départ, Ayron Jones, le groupe, a ce soir donné un concert rock « à l’ancienne », direct et sans fioritures. le public quitte l’Élysée Montmartre tout sourires, avec la certitude d’avoir assisté à un moment rare. Petit à petit, l’Américain creuse le sillon et nous attendons avec impatience son retour en France en 2024. Très belle soirée!

Ayron JONES live@Paris, Elysée Montmartre, 19oct23

Merci à Olivier Garnier et Gérard Drouot Productions d’avoir rendu ce report possible.

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HEAVY WATER: Dreams of yesterday

Angleterre, Heavy rock (Silver lining, 2023)

Biff Byford a trouvé la fontaine de jouvence… Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ni le poids des ans, ni le manque d’inspiration. Là où d’autres préfèrent placer les groupes de leurs enfants en première partie de leurs propres formations, le mythique chanteur de Saxon fait le choix, depuis la crise sanitaire tout au moins, de collaborer avec son fils Seb. Pas pour le mettre en avant, non, mais bien pour créer ensemble une œuvre permettant à deux générations de travailler sur des influences parfois communes et souvent très éloignées. Biff Byford revient donc aujourd’hui présenter le second album de Heavy Water, ledit projet mené conjointement avec Seb Byford, par ailleurs également fondateur de Naked Six (Lost art of conversation, en 2020). Sur le premier album du « duo », Red city brick (2021), on avait pu découvrir une famille qui testait diverses choses pour se retrouver musicalement, et cela fut une belle occupation en pleine période de pandémie. Avec Dreams of yesterday, le duo continue d’explorer les envies et influences musicales de chacun, et la palette est variée. Du nostalgique morceau titre qui ouvre l’album avec une envie de retourner en 1965 au grunge qui a vu Seb grandir, le duo père/fils se fait plaisir en explorant une musique à la fois puissante, entrainante, vintage, directe ou parfois plus douce, se partageant le chant au gré des titres. L’énergie est bien présente, Biff particulièrement en voix – tel un bon vin, elle se bonifie avec le temps – reprend la basse qu’il a toujours affectionnée tandis que Seb, en plus d’un chant puissant et différent de celui de son père, se charge des guitares. OK, Heavy Water ne révolutionne pas le rock, mais est-ce là l’objectif de la famille Byford? Non, bien sûr, et le plaisir est ici tellement présent qu’il en devient joliment contagieux. Il y a dans ce disque une vraie complicité familiale et ça, c’est somme toute assez rare.

PAERISH/ You’re in both dreams (and you’re scared)

France, Rock (Side one dummy records, 2023)

Formé en 2015 à Paris, Paerish propose au travers de ses deux premiers albums – Semi finalistes en 2016 et Fixed it all en 2021 – un rock aussi aérien qu’énergique. Le groupe puise son inspirations aussi bien dans le grunge que le rock dit alternatif. Après un changement de line up en 2022 – Loïc Fouquet, batteur, rejoint le chanteur guitariste Mathias Court, le guitariste Frédéric Wah et le bassiste Martin Dupras – Paerish revient avec un troisième album, You’re in both dreams (and you’re scared). Démarrant sur une touche assez légère et aérienne (Sequoia dont le riff d’ouverture m’évoque un Antisocial remanié), Paerish monte les potards dès Daydreaming, féroce et rentre dedans. La situe est à l’avenant, le groupe exprimant ses angoisses avec une force toute à la fois tranquille et déterminée. Il y a de la dualité et des contradictions tout au long de ce disque, sombre et lumineux, entrainant et oppressant. La douceur du chant s’oppose à la rage des guitares, les mélodies qu’on se surprend à siffloter se frottent à une rythmique directe et parfois syncopée. Des contradictions qui collent parfaitement avec le titre de l’album – les amateurs de David Lynch auront d’ailleurs fait le lien avec son film Mulholand drive – et l’opposition/complicité naturelle entre le poisson clown et l’anémone de la pochette. Si aucun titre ne se détache comme un single potentiel, c’est parce que c’est un album complet et se surprises – le jazzy The luck you had et ses cuivres discrets – que Paerish nous invite à découvrir.

OGIVES: La mémoire des orages

Belgique, Rock/prog (Autoproduction, 2023)

Projet aussi surprenant qu’intrigant, Ogives est une formation composée de 9 musiciens formés à l’école du classique et qui proposent, avec La mémoire des orages, une approche musicale surprenante. Si on est aujourd’hui habitués au mélange de metal et de musique classique, qu’elle soit opératique ou symphonique, Ogives évolue sur le terrain de la musique de chambre, douce, contemplative parfois, mélancolique aussi, et ajoute des touches électro et plus rock. L’esthétisme musical est de mise, le groupe cherchant à créer des ambiances variées dans des univers sonores aussi légers qu’attirants. Parfois cérémonieux – cette résonnance de cloches au démarrage de l’album invite à entrer dans un lieu saint – souvent poétique dans le texte et son expression, La mémoire des orages interpelle et ne laisse pas indifférent.

THE WEALTHY HOBOS: Ticking twelve

France, rock (Autoproduction, 2023)

The Weealthy Hobos – en français, les clochards riches – est un groupe français qui a vu le jour au début des années 2010. Après un album, Everybody needs some change en 2014, et un Ep, Piece of chic en 2017, le groupe disparait, aidé récemment par une certaine crise sanitaire. Mais l’appel du blues et de la soul est plus fort et Sacha Burtin (chant, guitares, harmonica) et Antoine « Slim terrorizer » Gomila (batterie, percussions) décident de remettre le couvert sous la forme d’un duo qui s’adjoint les services de nombreux musiciens avec qui ils enregistrent un nouvel album, Ticking twelve. « Twelve » comme, entre autre, les douze titres de ce nouvel album qui transpire le blues, la soul, le funk et le hard rock vintage de tous ses pores. Dès l’introductif Trick me like a girl, nos clochards nous invitent à la table du fond d’un vieux bar enfumé, aux cendriers qui débordent de mégots (de clopes ou de joints, va savoir…) et qui puent la cendre froide, une table qui poissent sous les verres de whisky et les bocks de bière tiède. La voix rauque et grave de Sacha Burtin a été passée au papier de verre et apporte ces touces plus que chaleureuses à l’ensemble des titres – quand bien même je ne comprenne guère ses paroles en anglais, mais cette fois, qu’importe!. The Wealthy Hobos ne se posent pas la question d’une étiquette ou d’un genre musical, bien au contraire. Le duo puise son inspiration autant du côté de James Brown que de David Bowie ou Black Sabbath ou un jeune AC/DC. Les choeurs et les cuivres rappellent les plus grandes heures de la Motown, la gravité du chant et la saturation des guitares replongent l’auditeur au coeur des 70’s aussi flamboyante que psychédéliques. Ticking twelve est un album de pur revival avec une véritable identité sonore. Car si ces clodos aiment clairement ce rock old school, ils y apportent avec finesse et détermination leur personnalité propre et leur touche personnelle, fiasant de ce nouvel album un pur et simple moment de plaisir.

LES LULLIES: Mauvaise foi

France, Rock (Slovensly records, 2023)

Formé à Montpellier en 2016, Les Lullies est un quatuor qui pratique un rock plus qu’energique et énervé. Après avoir publié deux premiers Ep en 2017, rapidement épuisés (les Ep, pas le groupe!), 2018 voit la naissance d’un premier album. Ces publications permettent à Les Lullies de tourner et donner des concerts un peu partout – en France, en Europe bien sûr, mais également outre Atlantique où le groupe joue aux USA et au Canada. Mauvaise foi, leur second album, nous proposent un rock sauvage, direct et teinté de boogie. Un rock de sales gosses qui n’ont qu’une envie: s’éclater et faire du barouf! Dès les premières mesures du morceau titre, ainsi que tout au long de Pas de regrets qui lui succède, on trouve des influences françaises (Téléphone, Starshooter et toute la vague indé 80’s) et internationales (Status Quo, The Who, Slade ainsi qu’un certain esprit John Lee Hooker, voire même Phil Spector ou Marc Bolan et la vague glam sur la reprise When you walked in the room). Les guitares tricotent des riffs brutaux mais entrainants (Soirée standard) et invoque aussi le punk anglais avec une certaine forme d’irrévérence. Le groupe varient les plaisirs en offrant quelques moments plus… « calmes » (Ce que je veux, Ville musée) et ne cherche jamais l’esbroufe lui préférant largement la sincérité de la simplicité, et le clame haut et fort – Zéro ambition, mais c’est un peu dommage au regard du potentiel. Si la production reste simple, le son est clair et, là encore, va droit au but comme savaient le faire si bien les anciens. Sans ambition particulière, Les Lullies pourraient bien voir leur Mauvaise foi les mener loin.

SO FLOYD live à Orléans: la galerie

Retrouvez ici le live report du concert d’Orléans

Retrouvez ici le live report du concert d’Orléans

SO FLOYD live à Orléans (le Zénith, 14 mai 2023)

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Alors que Roger Waters est en pleine tournée d’adieux, So Floyd, le tribute français à Pink Floyd, investit les Zéniths de France avec bonheur. Les dates s’accumulent pour rendre hommage à l’un des plus prestigieux groupes de rock progressif de tous les temps. Ce 14 mai, la troupe investit la salle orléanaise pour le dernier concert de cette première partie de tournée. Un peu moins de 4.000 spectateurs se sont donnés rendez-vous pour assister à un show tout simplement exceptionnel.

18h, un dimanche… C’est tôt pour débuter un concert, mais la salle se remplit tranquillement. C’est pourtant précisément à cette heure là que monte sur scène le duo Jühne qui nous offre une demi-heure d’un rock soft et tendre. Lui – Jühne – aux claviers et au chant et son complice, Laurent, à la guitare et au chœurs savent concocter ses airs bienveillants et rassurants.

Juhne, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Certes, ce n’est pas le genre de musique qui donne envie de pogoter, mais étant donnée la configuration de la salle qui accueille une grande majorité de quinquas et sexagénaires – il y a heureusement des plus jeunes en nombre, seuls ou en famille – le public est assis, attentif et rapidement réceptifs à ces douces mélodies, Jühne venant même le taquiner en fin de set pour le faire chanter, sans avoir besoin de trop insister!

Juhne, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Jühne séduit et joue aussi son rôle de chauffeur de salle, surtout en fin de concert où il insiste bien sur « ce que vous allez voir ensuite, avec So Floyd ». Il invite aussi le public à venir à la rencontre des musiciens après le concert de So Floyd. Une très jolie découverte à suivre de près.

Juhne, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Bine qu’en configuration réduite, c’est une salle bien remplie qui accueille So Floyd. Si j’avais déjà pu assister à un concert d’un autre tribute au Floyd ici même il y a un peu plus d’un an, c’est ce soir l’occasion de pouvoir constater de visu ce qui peut différencier ce type de formation. Tant du point de vue de la setlist – les groupes se contentent-ils seulement des grands classiques ou osent-ils la prise de risque – que scéniquement – une répétition des visuels classiques de Pink Floyd ou tentative d’originalité? Mais ce soir, c’est de la tête et des épaules que So Floyd arrive en première place.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Ce soir, clairement, il y a du show, de la lumière, de la mise en scène. Le concert débute par l’arrivée discrète des 11 musiciens qui semettent en place alors que l’écran circulaire projette des images de la désolation de notre planète. Entre fonte des glaces polaires, incendies, guerre… l’engagement du Floyd est toujours d’une triste actualité.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Le public, principalement des connaisseurs du Floyd, apprécie d’entrée Sorrow et il ne lui faudra que deux ou trois titres pour être à fond dans ce show. Si So Floyd a vu sa réputation croitre aussi rapidement, c’est bien parce que les 11 musiciens mettent les petits plats dans les grands. Le son est puissant et clair à la fois et les lumières majestueuses. Si Gabriel Locane, l’un des chanteurs, ne communique que peu avec le public (quelques « ça va Orléans? »), il se met en scène et varie les costumes au gré des chansons.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Si, naturellement, les quatre albums majeurs du Floyd sont à l’honneur – Dark side of the moon (1973) qui célèbre cette année son cinquantième anniversaire avec 5 extraits, l’incontournable The Wall (1979), aujourd’hui encore l’album le plus vendu des 70’s, avec 6 extraits, Wish you were here (1975) avec 3 reprises et Animals (1977 qui se voit honoré avec 1 morceau – So Floyd nous offre aussi quelques extraits moins connus du grand public, comme Have a cigar ou Pigs on the wing.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Le chant partagé entre Gabriel et Jean-Philippe Hann, qui forme avec Alain Perez une exceptionnelle paire de guitaristes, rend vraiment hommage au Floyd des origines. Mais surtout, au delà de simplement faire honneur à Pink Floyd par des interprétations rien moins que parfaites, la troupe apporte sa personnalité et sa touche personnelle, notamment par le biais de costumes, décors et éclairages parfaitement en accord avec l’esprit originel qui font vraiment le show.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Le public est déjà conquis lorsque retentissent les tintements de pièces de la caisse enregistreuse annonciateurs de Money. La clameur lance une série de classiques (Shine on you crazy diamond, In the flesh, Hey you…) mais n’a cependant rien de commun avec celle qui accueille les trois parties de The wall qui voient, naturellement, le public reprendre en choeur et avec force voix les parties originellement chantées par des enfants) alors que Gabriel trône derrière son pupitre de dictateur.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Un show grandiose qui se conclue avec Comfortably numb qui voit une boule à facette descendre du plafond du Zénith et s’ouvrir en libérant des fumées. puis le groupe au complet, accompagné de Jühne, vient saluer le public, Gabriel (moment exceptionnel, le groupe ne s’exprimant que rarement comme nombre de tribute bands) présentant tour à tour chacun des musiciens – tous  trépignant de satisfaction – remerciant l’équipe technique – 40 personnes qu’il ne parvient pas à citer de peur d’en oublier – avant de rappeler, ou simplement d’expliquer , que ce soir, c’est le dernier concert de la tournée qui reprendra en novembre. C’est donc un groupe satisfait du travail accompli qui invite le public à venir échanger, prendre des photos, discuter dans les travées du Zénith avant de rentrer.

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

So Floyd nous a ce soir offert un concert d’une exceptionnelle qualité et il serait plus que regrettable de ne pas aller les soutenir sur les dates déjà annoncées à partir du mois de novembre prochain. Si jamais un tribute band ne remplacera le groupe d’origine, il n’en demeure pas moins vrai que ces formations sont à la musique contemporaine ce que l’opéra ou le théâtre sont aux grands classiques de la musique, de la tragédie, de la comédie ou du drame: ils perpétuent un héritage dont on ne saurait autrement profiter. Après tout, je n’entendrais jamais Mozart, Wagner ou Beethoven interpréter leurs œuvres, alors, rendons hommage à ceux qui rendent hommage. Vraiment une superbe et plus que mémorable soirée!

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

SO FLOYD, Zénith d’Orléans, 14 mai 2023

Merci à Myriam Astruc d’avoir rendu ce report possible.

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THE SOUND COMET: Soundcheck

France, Rock (M&O music)

Avec son premier Ep, Soundcheck, le quintette français The Sound Comet propose 5 titres à la fois légers et puissants, influencés autant par le rock alternatif que le progressif. La formation semble puiser son inspiration au cœur des toutes les époques du rock, de la fin des 60’s à nos jours. On y trouve en effet des aspirations floydiennes et presque psychédéliques (When I’m gone), d’autres plus éthérées et post new wave (A moth to flame), voire grungy et punkisante (Jelly Roger, quel fine piraterie dans ce jeu de mots, j’adore!). La douceur est aussi de mise avec la semi ballade très US sounding Meaner & uglier ainsi que l’hypnotisme  d’un riff répétitif et envoûtant qui vient, avec Same wolf, clore cetet très jolie carte de visite. The Sound Comet nous offre 5 facettes de ses capacités et aspirations sonores qui donnent tout leur sens au titre de cet Ep. Plus qu’un simple soundcheck, ce disque est une belle introduction à un univers musical qu’on devine riche et très prometteur. Rock, certes, et surtout simplement juste.

ORPHEUM BLACK: Release party à St Jean Le Blanc (45) le 4 mai 2023 avec Jekyll Wood et Esprit d’Escalier

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Le Festival O’Tempo qui se tient tous les ans à Saint Jean de Braye a décliné son offre et propose désormais « Les concerts by O’Tempo ». C’est dans ce cadre que l’équipe O’Tempo et VVMS, qui produit l’évènement, accueille ce 4 mai 2023 les locaux d’Orpheum Black qui présentent à leur public Outer Space, leur nouvel album qui ne sort que le lendemain.

La région orléanaise est pleine de ces salles de spectacles plus que respectables tant dans leur capacités que les conditions d’accueil, d’accessibilité, de stationnement et des scènes que les groupes peuvent vraiment investir. L’espace Montission, que je découvre ce soir, est de celles-là: une capacité de 1000 places, une scène haute, large et profonde, des éclairages variés, nombreux, un accueil chaleureux, un espace bar et merch – on ne regrettera que le fait qu’aucune nourriture autre que barre chocolatée et chips ne soit proposée au public.

Si les préventes affichent un peu moins de 200 places, la salle finira plus que correctement remplie avec quelques 300 entrées payantes, un chiffre plus que satisfaisant pour un plateau sans véritable « grand nom » même si certains des membres d’Orpheum Black ont déjà une jolie réputation derrière eux.

Jekyll Wood St Jean le Blanc 4 mai 2023

A 20h, le public découvre Jekyll Wood, un homme pas orchestre mais musicien touche à tout. Seul avec sa guitare (ses guitares) derrière son micro, il sélectionne ses samples sur la machine qui l’accompagne, proposant un pop rock varié et très enjoué. Derrière lui, 5 mannequins dont les têtes ont été remplacées par des éclairages forment un décor des plus originaux.

Jekyll Wood St Jean le Blanc 4 mai 2023

Le public encore épars est rapidement invité – dès la fin du premier morceau – à se rapprocher et à participer, à taper dans les mains au rythme des lumières et des beats. Le gaillard est à l’aise, et développe un indéniable capital sympathie autant par sa simplicité que par la variété des chansons proposées. tout au plus pourrait-on reprocher de parfois ne plus savoir ce qu’il joue vraiment mais le résultat est là. Jekyll Wood propose une musique accessible, enjouée et un visuel original et marquant.

Jekyll Wood St Jean le Blanc 4 mai 2023

 

Esprit d’Escalier St Jean le Blanc 4 mai 2023

C’est vers 21h que monte sur scène Esprit d’Escalier. Concentré, le groupe des « guitaristes sans têtes » comme j’ai envie de les appeler (cf les photos des instruments) propose un heavy progressif pas toujours facile d’accès mais varié et très travaillé. Les structures complexes se disputent d’autres passages plus grand public ou plus thrashisant. On pense à Opeth ou, plus récemment, Haken, parmi d’autres. Le chant clair est puissant et l’ensemble du groupe, bien que toujours appliqué, entraine une bonne partie du public avec lui.

Esprit d’Escalier St Jean le Blanc 4 mai 2023

La mise en son et en lumières de l’ensemble ajoute à ces effets d’ambiances recherchés par ce type de musique, Esprit d’Escalier – un nom qui mérite explication… – offrant des titres longs et à tiroirs. Un « incident » vient cependant marquer le show, le batteur, dans son empressement ou simplement parce que mal calé, voit s’effondre sur le côté une de ses cymbales – heureusement en fin de titre. Mais ça ne le perturbe guère Un groupe qui s’apprivoise certainement en plusieurs étapes et écoutes et qui mérite qu’on se penche dessus. A suivre, sans aucun doute.

Esprit d’Escalier St Jean le Blanc 4 mai 2023

 

Orpheum Black – Outer Space release party – Saint Jean le Blanc, 4 mai 2023

Le nombre de photographes présent est clairement inhabituel pour un groupe de cette envergure. Clairement, il se trame quelque chose.  Si la salle est loin d’être pleine, la scène attire tout de suite mon regard. Côté jardin se trouve une violoncelliste et, derrière elle, sur une estrade, un groupe de 5 choristes. Ce sont donc pas moins de 11 personnes qui, ce soir, vont partager les planches. Sans aucun doute, Orpheum Black a souhaité mettre les petits plats dans les grands pour célébrer la sortie de ce nouvel album, Outer space.

Orpheum Black – Outer Space release party – Saint Jean le Blanc, 4 mai 2023

Deux jours de résidence à Tours auront-ils suffit à répéter ce show que, visiblement, le groupe veut marquant? J’ai vu Greg et Romain dans le passé à de nombreuses reprises, jamais je ne les cependant vus aussi concentrés. J’ai déjà vu, également, Orpheum Black, et le visuel est de plus en plus travaillé. Melody, la chanteuse/claviériste complice vocale de Greg, apporte son regard unique et, si elle porte toujours sa veste unique et indescriptible, c’est par obligation car, ce soir, elle aurait dû en changer et être toute de noir vêtue. Ce sera pour la prochaine fois…

Orpheum Black – Outer Space release party – Saint Jean le Blanc, 4 mai 2023

Le concert que donne ce soir Orpheum Black est simplement exemplaire de bout en bout. Bien sûr, le public découvrant les morceaux est plus attentif et curieux, clamant sa satisfaction et son approbation à la fin de chaque titre. Outer space est ce soir représenté par 6 extraits (Heartbeat, Innerworld, Firefly, Deep blue, The one et, sans doute celui qui est amené à clore chacune des futures prestations du groupe, My tribe, qui a tout d’un hymne fédérateur, tant musicalement que textuellement). Sequels est bien évidement aussi de la partie avec Strangest dream (aucun rapport avec Maiden…), Together and alone, Head on fire et The black tandis que Act 1, son tout premier Ep est rappelé par Midnight. Toute la courte discographie du groupe est ainsi passée en revue.

Orpheum Black – Outer Space release party – Saint Jean le Blanc, 4 mai 2023

Rien ne semble laissé au hasard ce soir, bien que tout se fasse naturellement. Romain est toujours aussi envouté par sa guitare, presque en transe même, Melody est habitée par un personnage multi facette et même parfois inquiétant, Greg communique aisément, comme toujours, avec le public, expliquant son émotion, invitant, incitant à participer, présentant aussi ses complices – Nathan à la basse, Alexis, dernier arrivé, à la batterie, la violoncelliste, Florence, et les choristes. Des plateformes sont placées de chaque côté de la scène, ainsi qu’une avancée dans le pit (oui, il y a un pit!), plateformes qu’investissent régulièrement chacun des musiciens, allant ainsi cherche le public. Les lumières aussi sont dignes des grandes formations, variées et colorées, jouant en alternance avec diverses ambiances.

Orpheum Black – Outer Space release party – Saint Jean le Blanc, 4 mai 2023

Un peu plus d’une heure d’un concert qui se rapproche plus d’un show, d’un vrai spectacle, se clot avec My tribe avant que le groupe ne quitte la scène. Incontestablement, ce soir, on a sans doute assisté à la naissance d’un futur grand. Le prog made in France a de beaux jours devant lui et Orpheum Black (ainsi que Esprit d’Escalier, d’ailleurs) fait partie de ces belles promesses sur lesquelles les labels devraient se pencher. On ne peut que saluer le travail et les efforts de cette formation. En un mot: Bravo. Ce fut une très belle soirée!

Orpheum Black – Outer Space release party – Saint Jean le Blanc, 4 mai 2023

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Merci à Charlotte Hardy (VVMS prod) d’avoir rendu ce report possible et à Elodie Jouault (Aria promo) pour l’interview avec Romain