Interview: Ayron JONES

Interview Ayron JONES (chant, guitare). Propos recueillis par Skype le 6 mai 2021

 

Il y a de bonnes surprises, parfois. Ayron Jones en fait incontestablement partie. A l’heure de notre apéro, lui, en direct Skype de Seattle, en est encore au café. Son premier album, Child of the state, qui parait le 21 mai, est une pépite aux références multiples. Un panel musical varié qui puise aussi bien dans le rock, le grunge, le funk. Metal Eyes a échangé sur de nombreux sujets avec ce jeune et talentueux musiciens aussi charmant que bavard. Une belle découverte musicale et humaine.

Photo promo

Metal-Eyes : Commençons par ceci : qui est Ayron Jones ?

Ayron JONES : Je ne suis qu’un gamin de Seattle qui, un jour, a pris une guitare et appris à en jouer ! Si on parle de mon passé, il n’y a aucune raison pour que je sois ici aujourd’hui, mais la guitare est devenue ma passion, mon amour… La musique et la guitare ont trouvé une place très spéciale dans ma vie, alors… voilà en gros qui je suis…

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a amené à attraper une guitare ?

Ayron JONES : Le hasard, mec, c’est arrivé comme ça ! Il se trouve que, à 13 ans, j’étais chez un ami qui avait une guitare, je l’ai prise et le reste… c’est de l’histoire ! Ça m’a semblé si naturel, je jouais dès que possible…

 

Metal-Eyes : « Le reste c’est de l’histoire » … Pourtant, tu vas sortir ton premier album, Child of the state…

Ayron JONES : Mon premier album important, oui…

 

Metal-Eyes : Donc l’histoire ne fait que commencer…

Ayron JONES : Absolument, oui…

 

Metal-Eyes : Nous ne connaissons pas en France, alors comment décrirais-tu ta musique à quelqu’un qui ne te connais pas ?

Ayron JONES : Je dirais Michael Jackson rencontre des guitaristes comme Jimi Hendrix et Kurt Cobain (il rit) !

 

Metal-Eyes : La description que j’ai notée est : Michael Jackson rencontre Prince, Rage Against The Machine et une part de la scène grunge des 90’s (il sourit largement).

Ayron JONES : Tu vois, on y est, toi et moi, on se rejoint ! C’est une très bonne description ! Je suis un enfant des 90’s et tous ces genres musicaux existaient au même moment. Tu rajoutes du hip-hop, du rock… Je suis redevable à tous ces styles musicaux !

 

Metal-Eyes : Les articles de presse que j’ai pu lire te comparent à la scène grunge. Comment l’expliques-tu, à quel point en es-tu proche, hormis le fait que tu sois aussi originaire de Seattle ?

Ayron JONES : Je suis très proche de la scène grunge, j’y suis très impliqué, notamment par le biais de mon association. J’ai travaillé avec de nombreux artistes de cette scène, je suis très impliqué localement.

 

Metal-Eyes : Tu as parlé de Jimi Hendrix… Non seulement était-il un guitariste gaucher, ce que tu n’es pas (rires), mais il était aussi Américain. Il a surtout révolutionné le monde de la guitare. Que considères-tu être ta touche personnelle de guitare ?

Ayron JONES : Oh, je dois beaucoup à Jimi, c’est évident, nous sommes issus du même quartier, tu sais, je côtoie sa famille qui m’encourage beaucoup. Ma touche personnelle ? je ne sais pas si j’ai assez de recul pour le dire… Mmhh… Je crois que je suis plus sur le fil que Jimi – et il l’était déjà énormément. Je n’ai pas vraiment grandi avec le grunge, mais je pense apporter ma touche à ce style, avec un peu plus de punk…Cependant, le jeu des accords, ce qu’il a développé, son jeu m’a particulièrement inspiré.

 

Metal-Eyes : Tu parles de bruit dans ta musique. La première chanson de ton album, Boys from the Pudget town, est très noisy, très agressive. Le reste de l’album est quant à lui très diversifié. Qu’as-tu voulu mettre dans cet album ? Il y a de la colère, de la douceur…

Ayron JONES : Oui… J’ai voulu mettre du contraste dans ma musique, différentes dynamiques. Pour moi, cet album représente le chemin que j’ai parcouru à la recherche de mon identité. On se cherche tout le temps… La vie que j’ai vécue a alimenté cet album avec toutes ces émotions. Parfois il y a de la colère, parfois de l’amour, parfois d’autres sentiments… J’ai simplement voulu mettre toutes mes émotions dans ce disque.

 

Metal-Eyes : Et tu te situes où émotionnellement en ce moment, en pleine pandémie ?

Ayron JONES : Je me sens bien en ce moment ! Mon premier album est sur le point de sortir, et je suis impatient de pouvoir de nouveau jouer pour le public, ce que je ne peux pas faire en ce moment.

 

Metal-Eyes : La pandémie a-t-elle eu une influence sur l’enregistrement ou la conception de cet album ? C’est désormais une question classique…

Ayron JONES : Elle a certainement eu un impact… Ne serait-ce que par le fait que toute ma concentration, mon énergie étaient centrées sur l’enregistrement, sans distraction possible. En d’autres circonstance, ç’aurait été « oh, je dois enregistrer ça maintenant, j’ai ce concert à tel endroit… » Mais non, tout ce que j’avais, c’était cet album sur lequel focaliser mon attention. La pandémie m’a permis de vraiment e concentrer sur cet album, et je lui suis redevable de cela !

 

Metal-Eyes : Parlons un peu de musique. Même si Mercy débute par les mots « see my brothers falling » (vois mes frères tomber), je peux imaginer que George Floyd est dans tes pensées…

Ayron JONES : Oh, oui, toujours !

 

Metal-Eyes : Mais pas seulement : tu parles aussi d’armes à feu et d’artillerie lourde. De quoi parles-tu plus précisément dans tes paroles.

Ayron JONES : Je suis un grand fan de mots… Comme je te le disais, j’ai grandi dans les années 90, avec le hip-hop, une époque dorée pour les paroles. J’ai toujours voulu proposer des textes qui amènent à réfléchir, plutôt que de tout livrer directement. Parfois c’est le cas, sur les chansons plus lentes. Mais sur Mercy, je voulais dire les choses telles que je les ressentais, dire ma vérité dans ma situation, faire en sorte de t’amener dans mon histoire, ma situation. Toutes ces paroles m’ont permis de m’exprimer, d’exprimer mon ras-le-bol de voir, chaque matin, quelqu’un comme moi battu ou tué, de vois des gens déshumanisés par l’autorité.

 

Metal-Eyes : D’un autre côté, y a-t-il des sujets que tu ne souhaites pas aborder aujourd’hui ?

Ayron JONES : je ne crois pas, non. J’ai atteint ce moment de ma vie où je me rends compte que même les gens de mon entourage ne me connaissent pas si bien. Ce disque est vraiment un moyen de m’ouvrir aux autres, pas de me cacher derrière une guitare, de me livrer et de raconter mon histoire. J’ai envie d’être comme un livre ouvert pour les gens… Donner la vraie image de qui je suis.

 

Metal-Eyes : Nous avons tous les deux dit qu’il y a du Michael Jackson dans ta musique et tu sonnes vraiment comme lui sur un morceau comme Take me away (il approuve). Ce que j’ai également noté, sur Supercharged, ton chant et ta guitare sonnent comme un autre chanteur noir : Lenny Kravitz.

Ayron JONES : Oui, oui… C’est marrant que tu dises ça parce que ce n’est pas volontaire. Ce qui est intéressant avec la musique c’est que tu avances dans la vie, et les choses bougent aussi. Un jour, on m’a demandé quel était le premier riff de guitare que j’ai appris. J’ai répondu Fly away, de Lenny Kravitz. Alors oui, Lenny Kravitz a fait partie de ma vie, m’accompagné depuis mon adolescence. J’ai écouté et analysé son travail, jusqu’à maintenant. Franchement, je me mentirais et je mentirais à tout le monde si je disais que Lenny Kravitz n’est pas une influence. Il est sans doute une des plus importantes influences de ma vie !

 

Metal-Eyes : Tu te rends compte que si je cite toutes ces références, c’est dans le seul but de te faire comprendre que j’ai écouté ta musique…

Ayron JONES : Ouais, mec, et je t’en remercie, c’est cool…

 

Metal-Eyes : J’ai dit « écouté », hein, je n’ai pas dit que je l’ai apprécié… (il explose de rire) Et naturellement, avec le décalage horaire, tu prends ton café, et pour moi, c’est l’heure de…

Ayron JONES : Ouais, c’est l’heure d’un whisky !

 

Metal-Eyes : Non, non, j’ai arrêté le whisky… J’y reviendrai mais pas tout de suite.

Ayron JONES : Oh… non, si tu arrêtes ces trucs, il ne faut pas y revenir…

 

Metal-Eyes : Ah, non, rien à voir, c’est juste qu’il faut que je diminue le sucre dans mon sang si je veux éviter le diabète. Un verre de vin, ça ira !

Ayron JONES : Ah, oui, ok…

 

Metal-Eyes : Revenons à ta musique si tu veux bien !

Ayron JONES : Oui, oui, ok !

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de Child of this state pour expliquer ce que tu fais, laquelle serait-ce ?

Ayron JONES : Je pense… Mince, c’est compliqué, ça… Ah, shoot… Je dirai soit Take me away, soit My love remains, une des deux. Je penche plus pour Take me away qui résume en quelques sortes tout ce que j’ai accompli en musique jusqu’à présent. Tous ces éléments qui se mêlent et c’est toujours du rock.

 

Metal-Eyes : OK. Et si tu devais penser à une devise, laquelle serait-ce ?

Ayron JONES : Une devise ? Oh, mec, « ne sois pas un trouduc » (rires), ce serait ça ma devise ! C’est une des choses que j’ai apprises dans la vie : tout le monde dans sa vie a des opportunités. Certains les saisissent, d’autres non. Mais c’est autre chose de maintenir des relations tout en voulant réussir sa vie. La devise que je me suis toujours appliquée c’est d’être gentil, généreux et vrai envers les autres, ceux qui m’accompagnent. Ils sont tes pairs, tes égaux, alors maintenons de bonnes relations, c’est tout…

 

Metal-Eyes : « Ne sois pas un trouduc » peut être une devise personnelle ou plus générale, mais ça s’applique également à la politique (il approuve). Comment analyses-tu le changement entre 2020 et 2021 ? Suis mon regard…

Ayron JONES : Mince… Tu as des questions profondes, j’aime ça, mec ! Je ne vois pas tant de changement pour le moment. J’ai vu des petits pas, mais rien de vraiment palpable pour le moment, pas d’un point de vue politique, en tout cas. J’attends, nous attendons tous de voir un vrai changement…

 

Metal-Eyes : Mais ça ne fait que 5 mois que Biden est en poste…

Ayron JONES : Oui, c’est vrai, c’est vrai, il reste du temps. L’histoire de George Floyd… Le flic qui l’a tué vient de perdre le procès, mais il pourrait échapper à la prison. Et il pourrait faire appel, le système est ainsi fait. Même s’il y a des progrès pour condamner ces personnes qui commettent des crimes contre l’humanité (Note : ce n’est pas tout à fiat la définition officielle, mais je vois ce qu’il veut dire), il leur est impossible de vraiment décrocher, changer. Cet officier de police et ceux qui pensent comme lui vont continuer de commettre ces actes. J’apprécie les avancées, mais il reste tant à faire…

 

Metal-Eyes : De notre point de vue, ici en France, ce n’est pas que la police qui doit changer, c’est la population toute entière qui doit apprendre à voir les choses différemment.

Ayron JONES : Oui, absolument. Je suis entièrement d’accord.

 

Metal-Eyes : Il y a également une ballade sur cet album, My love remains. Pour qui ton amour demeure-il ?

Ayron JONES : Pour qui ? Mec, tu me poses de ces questions ! J’adore ça… Je ne sais pas si beaucoup de gens se rendent compte à quel point ton enfance détermine les relations que tu peux avoir ensuite. Que ce soit avec toi-même, avec tes parents, tes amis… Que se passe-t-il pour quelqu’un qui n’a pas eu de parents, qui n’a pas reçu de repères parentaux ? My love remains traite de ça, de la tristesse que j’ai ressentie de n’avoir pas reçu cet amour, cette relation qui m’a manquée. Cette chanson parle de cet amour que j’ai pour ma mère, pour mon père, qui sont des personnes que je n’ai jamais vraiment connues. Je continue de m’accrocher à cet amour même si je ne sais pas trop quoi en faire…

 

Metal-Eyes : Et c’est une réponse profonde et intense également…

Ayron JONES : Merci, mec !

 

Metal-Eyes : Culturellement, quelle est la situation actuellement aux USA ?

Ayron JONES : Culturellement ? Ça va, ça vient… Certains endroits commencent à rouvrir, mais pas partout. Les Etats-Unis, c’est un pays qui est vraiment divisé en 4 : nord, sud, est et ouest… Les Etats du sud de la guerre de sécession, ceux du nord de cette même période, et ils continuent plus ou moins d’agir de la même manière politiquement. En gros, les Etats du sud se dresseront contre toute mesure : ils ont déjà tout réouvert, « on s’en fout de vos consignes » … la côte ouest est plus raisonnable et respectueuse des règles pendant la pandémie… Bref, il y a de tout partout ! Mais je pense que les choses vont redevenir normales : les cinémas commencent à accueillir des groupes de personnes sur réservation… On va s’en sortir, à un moment ou un autre…

 

Metal-Eyes : Tu as des concerts prévus ?

Ayron JONES : Oui, j’ai quelques dates prévues en juin, une tournée en automne… Les choses se planifient petit à petit.

 

Metal-Eyes : Tu as déjà joué à l’étranger ?

Ayron JONES : Non, je n’ai pas joué à l’étranger. J’ai joué au frisbee à l’étranger, mais pas de musique (rires), mais j’en ai envie. J’en ai rêvé toute ma vie, principalement en Angleterre, en Europe, là où Jimi Hendrix a joué, Eric Clapton… J’ai toujours voulu jouer en Europe et voir la réaction des gens là-bas.

 

Metal-Eyes : L’album sort le 21 mai. Que dirais-tu aux gens, à part « je te collerai mon poing dans la figure » (rires) pour les convaincre d’aller acheter ton album ?

Ayron JONES : Ah, mec, c’est une question difficile ! J’en sais rien… « fume-ça et va acheter mon album » ! (rires)

 

Metal-Eyes : Et si je ne fume pas ?

Ayron JONES : Et si tu ne fumes pas (rires) ? Ok, alors… Que dirai-je ? Qu’avec la pandémie, il y a de nouvelles personnes qui sont en train de créer de nouveaux sons, et je suis l’une d’elles : nouveau son, nouveau mode de vie, et cet album en est l’introduction. Alors, donnez lui une chance et allez l’écouter !

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter, Ayron ?

Ayron JONES : Rien de particulier, j’espère que les gens en France vont prendre le temps d’écouter et de découvrir ma musique, et j’espère vraiment venir jouer pour vous dès que possible et que nous puissions tous nous rencontrer. Merci pour cet échange, et… profites de ton verre de vin !

SERJ TANKIAN: Elasticity

USA, Rock Alternatif/Progressif (Alchemy/BMG, 2021)

Impossible d’évoquer Serj Tankian sans aborder le sujet System Of A Down? Tentons quand même… Après avoir quasiment enterré SOAD malgré une tentative de retour en live, le chanteur revient en solo avec Elasticity, un Ep de 5 titres qui n’auraient pas totalement dénotés sur un album de vous savez qui. D’ailleurs, ces morceaux, moins hard et plus rock, étaient à l’origine destinés à figurer sur un nouvel album de System. Le destin en a décidé autrement. Si le gaillard se fait plus rock, il reste bien allumé. Son chant navigue entre gravité et délire vocal et fait mouche à tout instant. Allant de rock symphonique en ballade, le chanteur laisse libre court à son imagination et sa folie qu’on aime tant. Certains pourront se plaindre qu’un Ep est trop court. Ils n’ont pas tort, loin de là. Mais ce n’est que le prélude à ce que Tankian nous promet pour 2021: deux albums, rien que ça! N’empêche que non, définitivement, il n’est pas possible de ne pas évoquer le chanteur sans mentionner son(ex) groupe…

Interview: TETRARCH

Interview TETRARCH : entretien avec Josh (chant, guitare). Propos recueillis par Zoom le 26 mars 2021

 

Metal-Eyes : Josh, Tetrarch m’est inconnu alors, pour commencer de manière originale, peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Josh : Absolument ! Diamond, notre guitariste, et moi nous sommes rencontrés en 5ème, à l’âge de 12 ou 13 ans. On a grandi en écoutant le même genre de musique, on a découvert de la musique plus heavy ensemble. Nous fréquentions une école privée de taille moyenne à Atlanta, et elle a découvert que nous jammions avec un copains batteur. Elle a voulu nous rejoindre, et elle s’est emparée d’une guitare. Bêtement, j’ai dit à mon ami que je ne voulais pas d’une fille dans le groupe… Elle était bien sûr dévastée par mon choix et mon pote m’a convaincu de l’écouter. A peine a-t-elle joué une note que je savais que je voulais jouer avec elle : il y avait la bonne alchimie, le bon feeling, beaucoup de fun… Nous avons commencé sous le nom de Tetrarch, au lycée. Elle et moi n’avons fait partie que d’un groupe, celui-ci, et on a tout fait : jouer dans les clubs d’Atlanta, dormir chez les gens à même le sol, organisé nos propres tournées…

 

Metal-Eyes : Tetrach a vu le jour quand ?

Josh : Je crois que nous avons donné notre premier concert sous ce nom en 2007…

 

Metal-Eyes : Donc il y a presque 15 ans. Unstable est votre second album, exact ?

Josh : Oui. Freak était le premier, nous avons publié quelques Ep et ce genre de choses avant mais Freak est notre vrai premier, sorti en 2017, et Unstable sortira le 30 avril.

 

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a pris autant de temps entre ces deux albums ? 4 ans, pour un jeune groupe, c’est quand même assez long…

Josh : Oui… Une fois que nous avons terminé l’enregistrement de Freak… Ça a été un peu comme notre point de départ, passer du statut de groupe local à celui de groupe connu à travers le pays, et chercher à attirer l’attention des Européens. Alors nous avons beaucoup tourné, pendant environ deux ans à donner le plus de concerts possibles, jouer en festivals et faire vivre cet album autant que possible. Nous aurions pu sortir Unstable il y a un an, mais la pandémie en a visiblement décidé autrement. Elle est arrivée juste après la fin de l’enregistrement. Il nous a fallu pas loin d’un an et demi pour pouvoir enfin le sortir et espérer pouvoir reprendre la route.

 

Metal-Eyes : Vous allez pouvoir retourner ?

Josh : Il semblerait que oui, en tout cas aux USA. Ça devrait pouvoir se faire dans le courant de l’été, à l’automne. On ne sait pas à quoi ça va ressembler, un nombre de spectateurs limité, le respect des distanciations sociales, que les personnes soient vaccinées… mais nous devrions pouvoir retourner vers une sorte de normalité petit à petit…

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu la musique de Tetrarch à quelqu’un qui ne vous connais pas ?

Josh : Je dirai que notre musique est très accessible, nous sommes un groupe de hard rock/metal. Les amateurs de musique très heavy trouveront de quoi les satisfaire, mais nous ne sommes pas trop heavy, et les fans de mélodies trouveront de quoi les accrocher aussi. Nous sommes une sorte de pont entre les groupes des années 2000, Limp Bizkit, Slipknot, Korn…

 

Metal-Eyes : Tiens donc, Korn… Tu portes quoi comme T-shirt, justement ?

Josh (rires) : oui, mon t-shirt et ma casquette, c’est Korn. Très confortable !

 

Metal-Eyes : Que me dirais-tu pour me convaincre de courir acheter Unstable à sa sortie ?

Josh : Je crois que cet album est très diversifié, qu’il propose les parties les plus fortes et puissante de ce qu’est Tetrarch. Il y a des chansons très heavy et d’autres très accrocheuses. Les gens qui ont écouté nos premiers singles peuvent penser savoir à quoi s’attendre mais seront soufflées par la variété des titres.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’une chanson de l’album pour décrire ce qu’est le groupe aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Josh : Je pense que I’m not right regroupe tous les éléments qui font le groupe.

 

Metal-Eyes : Vous êtes présentés comme le futur groupe méga star. Comment devrais-je me sentir de parler à une future rock star ?

Josh (il sourit) : On s’en fout, juste comme on se parle là ! J’ai simplement plaisir à faire ces interviews. Depuis que nous avons débuté, nous voulons devenir le plus gros groupe de hard/metal dans le monde. Ce rêve n’a jamais cessé, et nous l’entretiendrons jusqu’à ce que nous puissions atteindre cet objectif.

 

Metal-Eyes : Rêvre de devenir le « next big thing » du rock signifie aussi rêver de mettre sur pied un gros show, comme Kiss, Iron Maiden, Metallica, Slipknot (il approuve). A quoi devons-nous nous attendre live, lorsque nous aurons la possibilité de vous voir sur scène ?

Josh : Vous verrez un vrai groupe, authentique, qui se donne à fond. Nous sommes des musiciens et des entertainers, nous allons chercher le public, on le chope par les burnes. Nous voulons avoir cette connexion avec le public, l’amener avec nous dans notre monde.

 

Metal-Eyes : Comment as-tu occupé ton temps pendant cette période de pandémie et d’isolement ? Peux-tu conseiller la lecture d’un livre, par exemple ?

Josh : Comment je me suis occupé ? J’ai beaucoup joué au golf…

 

Metal-Eyes : Avec Alice Cooper ?

Josh : J’adorerai jouer avec lui, il en fait beaucoup ! J’ai beaucoup joué au golf, ce qui permet de prendre l’air tout en maintenant certaines distances, et rester stable psychologiquement…

 

Metal-Eyes : Pas unstable !

Josh (rires) : Oui, ne pas devenir Unstable, ouais !

 

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Une fois que la situation sera débloquée, en dehors des USA, où pensez-vous tourner ?

Josh : Partout et dans le plus de lieux possible ! Nous sommes très heureux à l’idée de pouvoir enfin venir en Europe, et nous sommes soutenus par le label Napalm Records qui est super efficace en Europe.

 

Metal-Eyes : Y a-t-il un endroit où tu rêverais de jouer ? Un rêve de gosse ?

Josh : Franchement ? Un lieu où je ne suis jamais allé et qui m’attire vraiment, c’est la France. Je connais plein de gens ici qui’ m’en disent énormément de bien, que c’est un très beau pays.

 

Metal-Eyes : Peux-tu imaginer une devise pour le groupe ?

Josh : Je dirais… « Keep pushing », tout simplement. Parce que ces deux mots, c’est ce que nous avons toujours fait, sans laisser qui ou quoi que ce soit nous arrêter, depuis que nous sommes petits. Nous avons toujours fait en sorte de contrôler les choses, même les négatives, en les utilisant pour encore mieux avancer. Nous évitons toujours de laisser les choses difficiles nous plomber le moral parce que, ensuite, il y a du positif. Même si c’est parfois compliqué.

 

Metal-Eyes : Avec qui avez-vous déjà tourné ?

Josh : On a tourné avec Devil Driver, 36 Crazyfists, Katy Hill, Butcher babies, on a joué dans d’énormes festivals aux USA, avec des têtes d’affiche comme Guns’n’roses, Def Leppard, Korn… On a pu donner de très gros shows, et on a envie de remettre ça ! Autant que possible…

 

EVANESCENCE: The bitter truth

USA, Rock (Columbia, 2021)

Si l’on fait exception de Synthetis et ses réinterprétations de ses propres titres paru en 2017, le dernier album d’Evanescence remonte à 2011. 10 ans, quand même… Autant dire que les attentes des fans peuvent être grandes, tout comme la frustration de voir la tournée en co-headlining avec Within Temptation une nouvelle fois repoussée. Attention, pas annulée, mais bien repoussée. En attendant, le groupe de Little Rock nous propose avec The bitter truth une nouvelle fournée de mélodies imparables. Oui, mais… Rapidement, il semble que le groupe soit en mode « pilotage automatique ». La voix reconnaissable d’Amy Lee ne surprend plus, et les mélodies, si elles sont variées, ne parviennent pas à vraiment étonner ou retenir l’attention. Si l’écoute des Broken pieces shine ou de The game is over – deux morceaux assez sombres – ou des plus engagés Use my voice, Blind belief ou encore de Better without you se fait sans effort, à la question J’en retiens quoi de cet album?  la réponse est Joker... Oh, certes, il n’y a rien à vraiment jeter ici mais… Quand on intitule son oeuvre L’amère vérité, il faut aussi savoir l’accepter, cette vérité… Nul doute que ces morceaux puissent prendre une autre dimension en live, mais ne nous mentons pas: on aurait souhaité du plus prenant pour un album que le public attend depuis 10 ans…

SMITH/KOTZEN

Hard rock, Angleterre/USA (BMG, 2021)

Lorsque cette union sous le nom de Smith/Kotzen a été annoncée, ce fut une vraie surprise. Pensez donc, le guitariste d’Iron Maiden, Adrian Smith, qui va frayer avec l’Américain Richie Kotzen, connu pour ses participations avec Poison, The Winnery Dogs ou encore pour une prolifique discographie solo… Des styles à priori différents mais que les deux guitaristes chanteurs ont sagement contournés pour se concentrer sur d’autres aspects rock et hard rock. Les voix radicalement différentes se complètent, et le duo explore les sonorités très groovy, voire funky (Taking my chances, Some people), plus rock (Running) autant que des ballades bluesy (Scars) qui évoquent même la chaleur d’un Bonamassa. Au delà de la guitare et du chant, ils se partagent même la basse sur la moitié des morceaux, Kotzen se frayant un chemin vers la batterie, notamment sur Taking my chances et Glory road. A ce sujet, comment ne pas évoquer la frappe d’un certain Nicko Mc Brain (sur  le très enjoué et rythmé Solar fire)? La famille n’est jamais bien loin, au point que cet album a même été mixé par Kevin Shirley. Oui, vous savez, celui  a produit la plupart des albums de Maiden depuis le retour de Smith et Dickinson… Là encore, tous s’éloignent radicalement des repères que pourraient être le son de la vierge de fer pour proposer une identité sonore propre. Avec le passif de Shirley, qui a collaboré avec les plus grands et variés des groupes internationaux (The Black Crowes, Rush, Bonamassa, Beth Hart, Black Country Communion, Black Star Riders…), c’est heureux (d’ailleurs, c’est BMG et non Parlophone qui récupère le duo…). Au final, avec ses 9 titres, ce Smith/Kotzen est un plaisir qui mélange avec bonheur un panel d’influences musicales qui a bercé les deux musiciens. Un must de cette première moitié d’année.

PUSCIFER: Existential reckoning

USA, Rock électro et expérimental (BMG, 2020)

Maynard James Keenan n’a de cesse de surprendre. Avec ce nouvel album de Puscifer, le gaillard nous fait entrer dans un univers improbable de sonorités d’un autre temps… Comment prendre cet album proche d’une cold wave des 80’s? Le duo vocal qu’il forme avec Carina Round tout au long des 12 titres de ce Existential reckoning est intriguant, les deux échangeant de telle sorte que l’auditeur est entraîné là où il ne s’attend pas. Les machines utilisées par Mat Mitchell jouent aussi un rôle important dans le résultat final – on dirait les premiers synthétiseurs grand public – quelque peu déstabilisant. L’ensemble est étrange, planant comme si le groupe se trouvait dans une autre dimension, une dimension bizarre, intrigante. Si certains peuvent crier au génie, je ne parviens pas à accrocher, tout simplement. MJK peut bien tout se permettre, et c’est bien son rôle, d’autant plus au travers de ses divers projets, il n’oblige personne à adhérer. Trop complexe pour moi, sans doute…

HOLLYWOOD UNDEAD: New empire Volume 2

Metal, USA (2020)

Pour ce second volet de New empire – la première partie est parue en début d’année – C’est une Johnny 3 Tears enjoué et en forme – bien que peu familier avec l’outil – qui se connecte en ce 15 décembre à Skype pour s’entretenir avec Metal Eyes et nous parler du petit nouveau des enfants terribles de Hollywood Undead. Premier constat: New empire vol. 2 est beaucoup plus pop que son prédécesseur. Dansant et enjoué de bout en bout, presque du soft punk pour ados… C’est pourtant bien là l’esprit festif des Américains qui ne se sont jamais cantonnés à un seul style. Quelle est la situation sanitaire à Nashville?  » Bien meilleure qu’à LA, les gens portent le masque (note: ce qui pour H.U est plutôt habituel…), je crois que seuls les cinémas ont dû fermer, mais je m’en fous parce que j’en ai rien à battre du cinéma actuel! » La crise sanitaire a-t-elle cependant eu un impact sur la sortie de l’album? « Oh oui! Vol. 2 devait sortir au mois de mars ou avril. Quand le volume 1 est sorti, on était en tournée en Europe. Le show de Paris est le premier que nous ayons annulé. On s’est donc retrouvé à la maison sans trop comprendre ce qu’il se passait… On ne pensait même pas à cet album. Le côté positif, c’est que nous avons pu composer de nouvelles chansons pour Vol. 2. On a retiré  celles qui, selon moi, étaient à chier pour les remplacer par de meilleures. Les labels étaient fermés aussi, ce qui explique que Vol. 2 ne sorte que maintenant« . Johnny confirme que le Vol. 1 est beaucoup plus agressif, tant dans les riffs que dans les textes. « Nous voulions quelque chose de vraiment heavy. Pour Vol. 2, on voulait quelque chose de plus soft et passe partout sans pour autant préméditer quoi que ce soit« . D’ailleurs, pour célébrer cette sortie, H.U donnait une House party le 18 décembre – « ce qu’on faisait quand on était étudiants et qu’on a commencé: jouer dans le salon des potes. Ça me manque un peu, boire 3 litres de bière et foutre le bordel dans le salon et voir les parents en colère! » Quelle évolution Johnny 3 Tears voit-il entre le précédent album, Five, et la doublette New empire? « Il n’y a pas d’évolution pensée. En tant que personnes, nous sommes tous amenés à évoluer, en fonction de tes sentiments, de ce qu’il se passe dans ta vie. Ce qui arrive à chacun d’entre nous se retrouve quelque peu sur l’album. Mais rien n’est prémédité. » La particularité de Hollywood Undead réside, entre autre, sur le grand nombre de chanteurs. Comment le choix de qui chante quoi se fait-il? « Mmhhh… nous avons des voix différentes, une partie du choix se fait en fonction de la tonalité du titre. Je m’occupe de ce qui est plus heavy, Danny est ténor, il s’occupe de ce qui est plus haut… Et puis tu sais, live, on change toujours, on échange nos instruments… Ca dépend vraiment de la chanson et de ce que ressent chacun. On fait en sorte de rester le plus naturel possible sans dire « toi tu fais-ci, moi, ça« … » H.U étant un groupe festif, ce Vol. 2 voit quelques invités de marque, dont Papa Roach avec qui le groupe était en tournée au moment des confinements mondiaux. « La plupart des morceaux avec des invités sont lié au Covid… On ne le fait pas d’habitude, sauf une fois, avec B-Real de Cypress Hill. Mais tous les musiciens qu’on connait étaient comme nous: coincés chez eux. Alors plutôt que de ne rien faire, on s’est tous mis au boulot! Toutes les chansons étaient prêtes, nous avons pu les modifier. D’habitude, c’est compliqué de nous réunir: quand nous enregistrons, d’autres sont sur la route, ou en train d’enregistrer, donc pas disponibles. Ou l’inverse… Mais là, tout le monde était là, avait envie de bosser, ce qui explique qu’il y a autant de monde. On a tous enregistré à la maison. Le seul déplacement que nous ayons fait, c’est pour tourner la vidéo avec Tech-9 qui ne voulait pas bouger. » Quelle chanson de Vol. 2 représente-t-elle le mieux ce qu’est aujourd’hui Hollywood Undead? « Mec, elle est compliquée ta question! Elle est bonne, frangin! Sur Vol. 2? La plus représentative? Je dirai Monsters, parce que je pense que c’est celle qui contient le plus de notre passé, elle explique d’où nous venons, les raisons qui nous ont amenés à faire de la musique« . Ok, et quelle serait la devise de H.U – à part Fuck Covid? « ah, ah! je crois que celle là, c’est la devise de tout le monde en ce moment! Je dirai « Vis l’instant présent ». Je crois que les gens se prennent bien trop au sérieux. Et si tu te prends trop la tête avec ce qui s’est produit il y a 5 ans, ou si tu prévois ce qui peut se passer dans 5 ans, tu perds ton temps« . Hollywood Undead aime la fête et Johnny conclue avec un simple « j’espère qu’on se retrouvera bientôt, qu’on se verra au Hellfest qui est vraiment mon festival préféré« .  Avec la reconnaissance du groupe en France, c’est vraiment tout le mal que nous puissions nous souhaiter!

BLACK STONE CHERRY : The human condition

Hard rock, USA (Mascot records, 2020)

Si, avec Kentucky (2016) et Familly tree (2020), Black Stone Cherry confirmait revenir à son hard rock teinté d’influences sudiste quelques temps délaissés sur son opus précédent – Magic mountain (2014) – le quatuor le plus stable de l’histoire du rock US cherche, avec The human condition et sa pochette grave – les visages des quatre membres du groupe évoquent pauvreté, misère, vie dans la rue… – à se renouveler tout en conservant son identité sonore. Dès Ringin’ in my head, le groove et le funk font se dandiner l’auditeur. Il faut attendre Push down & turn pour trouver les premières traces de guitares furieuses. Chris Robertson est particulièrement en voix, ses échanges de guitares avec Ben Wells particulièrement efficaces. La rythmique, elle, se réinvente totalement, la basse de Jon Lawhorn cherchant le groove qui tue sans jamais trop en faire, tandis que John Fred Young n’est jamais avare de trouvailles qui interpellent. Black Stone Cherry a toujours proposé des moments rock et d’autres plus tendres comme des hommages (When angels learn to fly), des chansons d’amour (In love with the pain) ou des ballades (If my heart had wings). Avec son riff hypnotique, Live this way est sans doute le titre le plus heavy du lot, avec Don’t bring me down, tandis que Ride sonne très road song avec un riff heavy européen des 80’s. Si Black Stone Cherry sait parfaitement composer des chansons efficaces et qui font mouche, parfois un peu trop typées radio ou gros son rock US, le groupe prend un certain risque en cherchant à se renouveler, et y parvient haut la main. C’est sa force: se réinventer sans trahir son identité, ses racines et ses influences.

TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN: Pressure

Hard rock, USA (SPinefarm, 2020)

Tyler Bryant & The Shakedown a un rythme de publication discographique quasi unique en son genre. Moins de 18 mois après la sortie de Truth and lies, qui m’avait déjà sacrément marqué, les Américains reviennent avec un Pressure tout aussi réussi, varié et efficace en diable. Concocté à domicile en pleine période de lutte contre la pandémie, ce disque voit le groupe confirmer son potentiel et faire un pas de plus vers l’excellence. Les Shakedown s’amusent avec tout ce qui leur plait, du hard rock rageur (Pressure) à la ballade sensible, épurée et émouvante (Like the old me) en passant par le hard rock pur jus (Crazy days), le rock sudiste issus des bayous (Hitchhicker et sa bottleneck). Le combo sait aussi se faire simplement crade et direct (Automatic) ou amoureux de la country (Wildside) ou du blues (Misery). Jamais à court d’idées, le groupe ne laisse pas l’auditeur se lasser. Pressure pourrait-il être le déclencheur – enfin – d’un succès à grande échelle pour TBSD? Voici en tout cas un album, dont on ne jettera rien, qui séduira tous les amateurs de hard rock simple et efficace.

MIKE LEPOND’S SILENT ASSASSINS: Whore of Babylon

USA, Heavy metal (Silver lining, 2020)

Le bassiste de Symphony X nous revient une nouvelle fois avec sont projet Silent Assassins et propose un troisième album plus que rageur. Largement inspiré par des faits et légendes criminels et horrifiques, Mike Lepond écrit avec Whore of Babylon la bande son de ce qui pourrait être un jeu video basé sur le folklore sanglant. La vélocité du propos, la basse rageuse, le chant puissant, la batterie galopante, tout est réuni pour emmener l’auditeur dans un univers musicalement visuel. Mais Silent Assassins ne se veut pas que speed: les influences orientales (le break de Tell tale heart) ou irlandaises (Night of the long knives), la douceur de la flûte et du chant féminin (Sarah Teets, chanteuse de Mind Maze, sur Champion) font de cet album une oeuvre qui interpelle. Seulement, à force de fuser dans tous les sens, de speeder quasi non stop, certains moments peuvent devenir lassant (Ironborn). Difficile au final de rester attentif sur la durée, une pause peut être nécessaire pour mieux digérer cet ensemble toutefois réussi. Si un peu plus de variété rythmique aurait été bienvenue, l’ensemble tient la route, intrigue et donne envie de se plonger dans ces récits qui ont fait l’histoire. Un bel album, en somme.