Interview: STOLEN MEMORIES

Interview STOLEN MEMORIES : rencontre avec Baptiste Brun (guitares) et Antoine Brun (batterie). Entretien mené le 02 octobre 2017 au Hard Rock Cafe Paris

 

Stolen Memories

A l’occasion de la sortie de son nouvel album, (Paradox, sorti le 27 octobre et chroniqué ici-même), Metal Eyes est allé rencontrer les frères Brun, moelle épinière du groupe lyonnais qui nous dévoilent presque tout sur la conception de ce troisième album.

metal-eyes: Stolen Memories a été formé à Lyon en 2007, vous publiez aujourd’hui Paradox, votre troisième album, ce qui fait un album trous les 3-4 ans… Ce n’est pas très rapide comme rythme si vous voulez sortir du lot. Comment vous expliquez ça ?

Baptiste: C’est vrai… On est un peu fainéants (rires) ! Non, en fait, au départ on voulait enchainer les disques mais on a eu pas mal de soucis de label entre le premier et le deuxième album, ensuite, on a eu des soucis de line-up, ce qui nous a pas mal retardés. Et au bout d’un moment, à la suite de tout ça, on a décidé de faire un petit break. On a mis le projet en stand-by, on ne savait pas si on allait réattaquer, dans 6 mois, un an, 5 ans… Ce n’était plus du tout notre priorité, et finalement, ça nous a vite manqué, et c’est reparti de plus belle. Depuis, on ne s’arrête plus !

metal-eyes: Vous êtes justement passés de 5 musiciens dans le groupe à 3. Que s’est-il passé ?

Baptiste: Dès le départ, on n’a toujours été que 3 véritablement impliqués dans le groupe : nous deux, les frangins, et Najib, le chanteur. On avait déjà joué ensemble quelques années auparavant. Entre les 2 premiers albums, on s’est séparés de notre claviériste qui avait intégré le groupe juste avant l’enregistrement. Il n’avait de toute façon pas composé, il a seulement réarrangé ces parties. Sur scène, bien qu’on ai un clavier, on utilisait déjà des samples. On s’est dit que de toute façon, on pouvait simplement jouer avec des samples. Ça ne changeait pas grand-chose pour nous, vu que c’est moi qui composais cette partie, qui les enregistrait sur album… On a décidé d’adapter ça pour la scène. Sur le dernier, on n’est que 3 parque, avant l’enregistrement, on n’avait pas trouvé de bassiste qui nous correspondait. Je me suis occupé de la basse, ensuite, on a cherché quelqu’un pour les concerts.

metal-eyes: C’était donc le côté pratique ?

Antoine: Oui, parce qu’on avait envie de l’enregistrer cet album. On ne va pas se mettre des freins sous prétexte qu’on n’est 3 au lieu de 4, au contraire !

Baptiste: On avait vraiment besoin d’un bassiste pour les concerts, pas pour l’album. Là on a retrouvé quelqu’un qui, en plus, est très bien, qu’on a intégré au groupe rapidement et qui, je l’espère va rester. On verra bien !

metal-eyes: Si vous deviez décrire votre musique pour quelqu’un qui ne vous connait pas, qu’en direz-vous ?

Antoine: Il y a quand même une base metal non négligeable. C’est, à la base, le style qui nous a réunis, en plus du prog. On a des influences assez thrash par moment – on est des gros fans de Megadeth depuis qu’n est gamins, Testament, ce genre de thrash « sophistiqué » dirons-nous – et il y a des éléments progressifs qui se sont ajoutés. Baptiste avait fait un album solo, qui était une sorte de démo pour le groupe, la base de ce qu’on allait faire. Dans l’esprit d’un groupe. Et on a appelé Najib pour ça. C’est un metal prog assez accessible. On a voulu en faire quelque chose d’efficace.

metal-eyes: Accessible, oui, tout en ayant beaucoup de couleurs musicales. Un morceaux n’est pas linéaire. Si on parle de jazz, vous êtes d’accord pour dire que ça rentre un peu dans votre musique ?

Antoine: On peut dire, oui, du free jazz…

Baptiste: Moi, je parlerai plus de fusion que de jazz. Mais oui, il y a des passages sans doute orienté un peu jazz. Ça vient de ce qu’on écoute, on a beaucoup d’influences, on écoute beaucoup de musiques différentes, d’artistes différents, et forcément ça se ressent dans les compos e t l’interprétation.

Antoine: Influences diverses et variées, il n’y a pas que du prog…

metal-eyes: Si vous deviez maintenant décrire l’évolution de Stolen Memories entre les deux derniers albums – en dehors du changement de line-up, du passage de 5 à 3 – qu’en diriez-vous ?

Antoine: Il y avait vraiment une volonté de rendre notre son plus actuel : l’ajout de cordes à la guitare pour la rendre un peu plus lourde, dans les graves, avec quelques rythmiques un peu typées djent, un courant actuellement populaire dans le metal, tout en restant sur nos bases progressives. L’album est accessible à un plus large public. Même s’il est plus prog que celui d’avant, on a essayé de faire en sorte d’avoir une partie « chanson » importante : que le chant soit l’l’élément clé du disque. Il y a de bons refrains qui restent en tête, la mélodie qui prime sur la technique, ce qui n’était pas forcément le cas avant.

metal-eyes: Je ne suis pas forcément d’accord avec le fait que les refrains restent facilement en tête : il faut écouter plusieurs fois l’album pour vraiment s’en imprégner…

Antoine: Oui, ça reste du prog, donc, forcément… Quand je dis « restent en tête », c’est pas des refrains de pop, 3 mots qui sont tournés en boucle. Je ne veux pas négliger la pop, c’est ce qui fait la force de ce style-là : le côté très facile et entêtant.

Baptiste: Malgré tout, pour du metal progressif, ça reste accessible

metal-eyes: Visuellement aussi, je note que vous avez évolué : Blind conséquences a une pochette très sombre, et celle-ci propose plus de couleur. Il y a une volonté de repartir vers la lumière ?

Baptiste: oui, et il y a une volonté d’avoir une pochette, comme l’album, plus ambitieuse, avec plus de classe… C’est pour ça qu’on a fait appel à un pro du genre.

Antoine: On a fait appel à Stan W. Decker pour le graphisme et c’est pas du tout le même style que Blind consequences

metal-eyes: ce n’est d’ailleurs pas non plus son style de dessin habituel…

Baptiste: C’est vrai, c’est d’ailleurs ce que les gens ont dit quand il a posté la pochette sur son site. Tant mieux !

Antoine: Parce qu’au final, ça veut dire que ça marche bien, il a vraiment des possibilités.

metal-eyes: Que me diriez-vous pour me convaincre d’acheter Paradox?

Baptiste: Déjà, si tu veux écouter un album avec une bonne production, actuelle, un son moderne où persiste une certaine recherché dans les arrangements, que tu aimes le metal un poil sophistiqué mais avant tout mélodique… tu peux aller l’acheter sans soucis.

Antoine:

metal-eyes: Il y a une force supplémentaire, c’est la maitrise plus que correcte de l’anglais.

Antoine: ça, tout le mérite revient Najib, du coup il n’est pas là pour en parler… (rires) Faut dire qu’il chante depuis un paquet d’années, il maitrise bien cette langue, déjà, même si écrire des textes et parler c’est différent. Je lui ai donné quelques coups de main sur un ou deux textes, mais c’est lui qui a le plus gros du mérite. Et il a un bon accent, mais après tout, on reste Français… C’est dur d’avoir du recul.

metal-eyes: Je pars du principe que si un groupe chante en anglais, c’est pour viser le marché étranger, et ce n’est pas faisable avec un accent franchouillard trop prononcé.

Antoine: Totalement, il faut faire des efforts, et il en a fait, toujours. Et il s’améliore avec le temps.

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical?

Baptiste: Oh, ça remonte… Je dirais Queen…

Antoine: Oui, Queen. En fait, notre père écoutait ça à donf’ et il nous l’a inculqué… Moi, qui suis plus jeune, ça m’a bien marqué quand j’étais petit. Peut-être plus l’album Innuendo, c’était plus la fin… Mais, oui, tout Queen.

Baptiste: Tout Queen, mais c’est vrai, peut-être un peu plus les derniers albums, qui restent plus modernes.

metal-eyes: Et quel musicien ou groupe vous a fait dire « c’est ce que je veux faire plus tard » ?

Antoine: pour la batterie, c’est Nick Menza, de Megadeth. Il m’a vraiment donné ce déclic pour la batterie. Il a apporté ce groove que Megadeth n’avait pas avant… À partir de Rust in peace, il y a eu ce truc en plus…

Baptiste: Moi, il y a plein de guitaristes, mais je dirais peut-être Eddie Van Halen. Je me suis mis à la guitare petit à petit, et c’est devenu une passion. Il y a toujours le musiciens qui te fait dire « oui, j’ai envie de m’y mettre mais j’ai envie de savoir maitriser mon instrument ». Quand j’ai entendu ses solos, j’ai pris une claque. Je ne savais même pas qu’on pouvait jouer de la guitare comme ça ! ça a bouleversé mes codes, je me suis dit tout est à refaire…

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de Paradox pour expliquer ce qu’est Stolen Memories aujourd’hui, ce serait lequel?

Baptiste: Celui qu’on a choisi pour le clip…

Antoine: le morceau Exile, c’était une évidence pour nous! On voulait faire un clip, la phase suivante de l’album. On y pensait déjà en faisant l’album, et ensuite, c’est celel qui s’est vraiment démarquée. Elle résume bien ce que l’on fait aujourd’hui, elle a aussi un bon format single.

Baptiste: Puissante, mélodique, ambiance… et efficace

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Stolen memories ?

Baptiste: Euh… « Patience et persévérance »

Antoine: Oui, restons passionnés, et patients.

Baptiste: On a les pieds sur terre, et on sait très bien qu’on ne s’en sort pas comme ça dans la musique. C’est un vieux rêve, on y croit quand même, donc on continue, à faire de la musique, essayer de proposer des albums de mieux en mieux, en étant patients parce qu’on sait qu’à chaque fois on doit évoluer, tout comme on peut exploser. Mais ça, c’est l’avenir qui le dira, le public qui choisit. Mais avant tout, on fait ça pour nous.

metal-eyes: Quelle est la meilleure question qui vous ai été posée aujourd’hui? Celle que vous avez préférée, qui vous a surpris ?

Antoine: C’est chaud…

Baptiste: Je m’en rappelle plus…

metal-eyes: C’est sympa pour ceux qui sont passés avant moi !

Baptiste: Il y en a eu un paquet..

Antoine: Il y a eu, forcément, un paquet de questions similaires, des bizarres aussi…

metal-eyes: Une bizarre, oui!

Antoine: la plus bizarre? (Au journaliste en question) : J’ai toujours pas compris donc, si tu lis ça, écris moi : on m’a dit « Si tu dois partir en mission avec 5 personnages fictifs, lequel tu choisis ? » j’ai choisi Jar-Jar Binks. Ne me demande pas pourquoi c’est sorti… Improbable. Il y avait Gollum et je sais plus qui, j’ai choisi Jar-Jar : il a l’air marrant, c’était mon critère ! (rires)

Baptiste: Et moi… Je pense que c’est « vous avez appelé l’album Paradox parce que c’est le fait qu’un groupe comme vous, passionné, qui persévère, soit encore obligé de travailler aujourd’hui ? » Et le mec a vraiment mis le doigt dessus. Ce n’est pas que pour ça, mais c’est un peu l’histoire du groupe : le paradoxe c’est qu’on adore ce qu’on fait mais on galère quand même.

metal-eyes: Qu’avez-vous prévu comme concerts pour défenre cet album ?

Baptiste: On commence avec une première date, le 24 novembre, à Décines-Charpieux, du côté de Lyon, ensuite, c’est en cours de bouclage. On attend des réponses…

Antoine: C’est la suite, on n’est pas que musiciens de studio, on veut aussi se frotter à la scène.

metal-eyes: Un dernière chose : vous avez choisi votre nom comment ? Pour que les initiales fassent « SM » ?

Antoine: Non, c’est une pure coïncidence !

Baptiste: En fait (il se racle la gorge)… C’est juste un loupé, ça. Ça n’a pas été calculé du tout et c’est pour ça qu’on ne fera jamais un logo avec le S et le M qui ressortent. C’est pas possible ! (rires)

 

 

 

Interview: DREAMCATCHER

Interview DREAMCATCHER : rencontre avec Chris (chant) et Geoffroy (guitare). Entretien mené le 26 septembre 2017 au Dr Feelgood des Halles

Tous ceux qui le connaissent le savent: Chris, le chanteur et fondateur de Dreamcatcher est un des plus gros fans d’Iron Maiden. Alors il n’est guère surprenant de le voir débarquer au Dr Feelgood vêtu d’un T-Shirt West Ham United. Ceux qui ne comprennent pas peuvent aller lire n’importe quelle bio consacrée à Steve Harris. Mais le gaillard n’est pas là pour parler de Maiden (quoique… Lancez le sur le sujet pour voir) mais pour présenter, avec son guitariste Geoffroy, son nouvel album, chroniqué ici même la semaine prochaine. Bavard, le Chris? Beuh non… Faut simplement savoir l’arrêter parfois!

Dreamcatcher

metal-eyes: Alors, tout d’abord, Chris… la remarque s’adresse à toi : Dreamcatcher a été formé en 2001,, vous avez publié un premier Ep en 2007, le premier album est sorti 5 ans plus tard, en 2012, et aujourd’hui, en 2017, arrive Blood on the snow. On ne peut pas dire que tu sois un foudre de travail…

Chris: Euh… je ne suis pas un foudre de travail… Disons qu’en fait, je suis peut-être quelqu’un qui est difficile à vivre. Depuis 2001, il y a eu beaucoup de changements de line-up, pour plusieurs raisons. D’abord, il y a un aspect économique : la scène metal, en France… au mieux, on est des semi-pro, mais la plupart, on est des amateurs. On est des artisans… C’est-à-dire qu’on a tous des boulots à côté, des vies de famille. Même si ce projet de Dreamcatcher me tient à cœur, ça fait 17 ans que ça existe, ben… Il y a plein de contingences autour, et ce n’est pas évident. C’est un groupe qui aime bien faire les choses, et on préfère, c’est facile à dire, la qualité à la quantité. On aime bien prendre notre temps et que ce soit bien fait.

metal-eyes: Toi qui est l’unique membre survivant des débuts, comment décrirais-tu l’évolution de Dreamcatcher entre Emerging from the shadows et Blood on the snow ?

Chris: La grosse différence entre les deux albums, c’est que Emerging from the shadows était déjà écrit quand il a été enregistré. Les membres qui m’ont rejoint on dû se l’approprier pour ensuite l’enregistrer.

Geoffroy: Il n’y a pas eu un travail de composition de groupe à proprement parler. Le line-up s’est recréé en 2008, et je suis le seul de cette époque. Tous les morceaux étaient déjà écrits, et, oui, il a fallu qu’on se les réapproprie avec notre style. C’est ce qui a amené à faire l’album : on avait déjà des colorations pour ces morceaux, qu’on a affinées avec nos influences personnelles. Tandis que ce nouvel album, on ne part plus avec des morceaux existants, il s’agit d’un véritable travail de composition de groupe.

Chris: On est parti d’une feuille blanche. Même si les gars avec lesquels je joue sont dans Dreamcatcher depuis un moment, ils ont mis leur style, leur patte et ont créé Dreamcatcher tel qu’il est aujourd’hui, ils n’avaient jamais écrit. Ce n’est plus la même façon de travailler… Il faut prendre en compte les influences, les avis de tout le monde et apprendre à travailler et composer avec d’autres…

Geoffroy: Sans perdre l’âme du groupe. Le son qui avait été fait doit évoluer.

metal-eyes: On est dans un monde de consensus et de compromis, donc…

Geoffroy: Exactement.

Chris: Ce qui est surtout intéressant, c’est qu’on a tous grandi ensemble. Et qu’à un moment donné on a arrêté de jouer, et on laissé de côté les batailles d’égo. Dans le groupe, il y a effectivement quelques forts tempéraments, mais on a décidé de mettre nos compétences, notre sensibilité artistique au service de la musique. Il n’est pas question de faire un solo, une ligne de chant, un cri simplement pour épater la galerie, ou pour la performance, l’idée étant, effectivement d’être dans le compromis, sans que ce soit du compromis : c’est un échange, on se nourrit des influences de l’autre pour créer quelque chose. La grosse différence, je la ressens comme ça, c’est le son que je trouve plus costaud. Globalement, l’album est sans doute plus sombre que le précédent, les textes sont plus travaillés, et l’album est plus thrash. Faire matcher les deux, ça correspondait à cet esprit progressif.

metal-eyes: Parlons justement des textes : d’où vient votre inspiration ? Es-tu le seul à les écrire ou, là aussi, c’est un travail de groupe ?

Geoffroy: Musicalement, c’est un travail collectif. Les textes c’est Chris.

metal-eyes: Alors ils viennent d’où ces textes : l’album commence et termine en parlant d’indiens, il y a du fantastique…

Chris: On s’auto inspire… C’est-à-dire que c’est la musique, les ambiances de Dreamcatcher qui peuvent parfois m’amener à écrire certains morceaux, et d’autres fois, c’est l’inverse, parce qu’ils savent les thèmes que j’aborde qu’ensemble…

Geoffroy:  Il y a des composantes musicales qui vont être en rapport, en tout cas l’image qu’on en a, avec des thèmes. Par exemple, The werewolf, on connait la thématique même si on ne sait pas ce qu’il a écrit. Donc on va commencer à composer. On a voulu ce morceau un peu progressif, c’est ce qu’il m’inspirait, et Chris a écrit tout un texte et quand on a

Chris: Ce qui m’inspire pour écrire ? C’est l’idée de raconter des histoires, comme pouvait le faire, je ne sais pas… Peut-être Iron Maiden…

metal-eyes: Tiens ? Chris qui parle d’Iron Maiden ?

Chris: Ou Phil Lynott avec Thin Lizzy, aussi… Ensuite, tu ne te refais pas, tu parles des choses qui t’intéressent, qui te passionnent… ça fait des années que je suis passionné par la culture amérindienne, d’où le nom du groupe, Dreamcatcher, et un jour je me suis regardé dans la glace et je me suis dit : « Chris, tu es un imposteur. Parce que tu appelles ton groupe Dreamcatcher, que ça fait des années qu’il existe et que tu n’as jamais eu le courage de prendre une plume et d’écrire un texte sur les amérindiens ». Et un jour, j’ai passé le cap, et le premier morceau qui est arrivé, c’est Blood on the snow, qui parle du massacre de Wounded knee.

metal-eyes: Thème qu’avait aussi abordé Satan Jokers, d’ailleurs ?

Chris: Oui, sauf qu’eux, ils parlent de Wounded Knee 73, c’est-à-dire le réveil de la conscience amérindienne qui correspond à toute cette montée du réveil de toutes les minorités : les black panthers, et autres… Wounded Knee 73 est très symbolique parce que les gens ont occupé la place où s’est déroulé le massacre de 1890. Il y a deux autres morceaux qui sont en relation avec les Amérindiens : Mother Earth, qui a une dimension plus écologique. On y dit que la terre ne nous appartient pas, qu’il faut la respecter sinon, un jour, elle nous le fera payer.

metal-eyes: Ce qu’elle est en train de faire…

Chris: C’est malheureusement un sujet d’actualité, oui. Quand on l’a écrit, il y avait aussi ce projet d’oléoduc… Et il y a aussi le morceau Dreamcatcher qui fait aussi référence à ce peuple et à la difficulté pour un Amérindien de s’adapter à la vie moderne tout en restant attaché à ses racines. S’agit-il d’un concept album ? Je ne sais pas, même avec 3 titres qui parlent des Amérindiens… Il y aussi 3 autres titres qui font référence à un autre de mes intérêts : les films fantastiques des années 50, 60, les films de la Hammer. The werewolf, Curse of the vampires et Dark is my soul. Ce morceau, Dark is my soul, est également inspiré par les choses qui m’intéressent et me passionnent, et dans ce cas, c’est la série Supernatural qui est une série avec des chasseurs de monstres, l’apocalypse, le combat entre le bien et le mal…

metal-eyes: Sur ce titre, il y a des guitares trépidantes qui m’ont particulièrement marqué. Je me suis dit « houla ! Là, il y a quelque chose ! ». Là, pas ailleurs, hein… (Rire général)

Geoffroy: Le reste est merdique… (rires) L’idée, avec cette thématiques de monstres en général, qui sortait complètement de la thématique des Amérindiens, on voulait avoir quelque chose qui soit musicalement cohérent avec l’ambiance du thème, et on a eu l’idée de faire de ces 3 morceaux un triptyque, et que la composition soit axée sur  cette notion, de passer d’un morceau à l’autre comme si c’était une seule et même pièce.

Chris: C’est pour cette raison qu’on s’accorde deux petites pauses avec deux titres qui sont moins « d’un seul bloc ». Il ne s’agit pas d’un concept album, mais toutes ces chansons ont un lien entre elles : le sang.

metal-eyes: Que pourriez vous me dire pour me convaincre de foncer acheter l’album dès sa parution ?

Geoffroy: Si tu as apprécié le premier album, tu vas adorer celui-ci. Je sais, ça fait tras cliché mais tout le travail a été beaucoup plus réfléchi, la production est meilleure, on a un ingé son qui a fait un boulot extraordinaire… On a vraiment le son qu’on espérait avoir, on n’a pas les erreurs d’un premier album… Aujourd’hui, on a un produit qui est beaucoup plus abouti, une musique qui nous parle beaucoup plus…

Chris: Et on a la prétention d’avoir quelque chose d’un peu différent : on est sur du heavy, sur du thrash, avec un chant clair, ce qui n’est pas forcément le cas d’autres groupes de ce style, et on a cette touche progressive qui est, je pense qu’on peut le dire, caractéristique du style Dreamcatcher

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical, et quel a été l’artiste ou le groupe qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire »

Geoffroy (Discrètement): Allez : 3… 2… 1…

Chris: Iron Maiden, en 1980… Je dirais même que Steve Harris est la personne qui m’a donné envie de faire de la musique, qui m’a inspiré…

metal-eyes: Attends, explique-moi : Steve Harris, bassiste, est celui qui t’a donné envie de chanter ???

Chris: Non, pas forcément (rires). Non, c’est plus sa volonté : c’est un type qui ne lâche jamais, qui maintient le cap. Avec le premier album, je me suis dit « cette musique, c’est moi, c’est mon groupe ». Il n’y avait rien autour qui aurait pu me détourner de ce style.

Geoffroy: Moi, ça a été Iron Maiden, aussi, mais le morceau Fear of the dark qui a été une grosse claque à un moment où je ne connaissais pas le metal. « C’est quoi ce son, non, ça, c’est un accident ! » UN copain m’a fait écouter ça, m’a rété l’album et j’ai trouvé ça démentiel. Du coup, j’ai foncé chez le disquaire du coin et j’ai acheté tout ce que je pouvais du groupe. Après, j’ai tellement écouté ça… Je voulais comprendre comment ces gars pouvaient obtenir un son pareil… Je suis devenu un énorme fan de Dave Murray, je suis devenu passionné de guitare grâce à ça. Je fais un peu de lutherie et je me suis fabriqué la guitare avec laquelle je joue dans Dreamcatcher, qui est une réplique de celle de Dave Murray.

metal-eyes: Maintenant, si vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Blood on the snow pour définir ce qu’est Dreamcatcher aujourd’hui, ce serait lequel ?

Chris: Je pense que ce serait Blood on the snow. Parce qu’il y a tout : l’ambiance, la référence aux amérindiens, l’aspect épique, heavy, thrash aussi, qu’on avait déjà mais qui est plus affirmé. C’est pas par hasard que l’album porte ce titre, et qu’il ouvre l’album…

Geoffroy: Je partage complètement cet avis, même si Dreamcatcher a aussi ces ambiances qu’on recherchait. En plus, en tant que guitariste, je suis forcément très mégalo, et Blood on the snow… Il n’y a pas de solo dessus… Forcément, je dois te parler d’un morceau avec un solo.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Dreamcatcher ?

Chris: (longue réfléxion…) Pfui…. Je ne m’y attendais pas à celle là !

metal-eyes: Alors là, tout d’un coup, il ne s’attendait pas à une question et il est beaucoup moins bavard, le gars… C’est un peu le but des interviews aussi… Pour vous laisser le temps d’y réfléchir, ceci : quelle a été la meilleure question qu’on vous a posée aujourd’hui, la plus surprenante, la plus marquante ?

Geoffroy: La question précédente… (rires) Sauf que je n’ai toujours pas la réponse !

Chris: C’est des clichés, mais j’ai vraiment l’impression qu’on est honnêtes dans notre démarche….

metal-eyes: Donc il n’y a pas eu de question qui se démarque ?

Chris: Qui se démarque ? Euh, non, j’essayais de répondre à l’autre question !

metal-eyes: Faut suivre !

Chris:  Un truc qui nous a interpellé et fait plaisir ? Déjà, celles des gens qui ont pris le temps d’écouter l’album et qui ont compris qu’il se passe quelque chose. Si, une que personne ne nous a posée : quelqu’un a comparé cet album à un disque de Black Sabbath. C’est quelque chose qui nous a interpelés parce que…

Geoffroy: C’est pas quelque chose qu’on aurait pensé comme ça, et ça amène à réfléchir…

metal-eyes: Allez, la devise : ce serait quoi ?

Geoffroy: On a essayé d’être vrais, d’être nous-mêmes. Alors « Soyez vrais, restez vous-mêmes ».

Chris: Quand je pense à tout ce que nous avons traversé depuis la création du groupe, de Dreamcrasher… de Dreamcatcher, pardon…

metal-eyes: Oh, le lapsus ! (rire général)

Chris: Dreamcatcher… Ma devise serait : « ce qui ne te tue pas te rend plus fort »

metal-eyes: Merci pour cette interview, et je vous souhaite bonne chance avec ce nouvel album!

 

Interview: JD SIMO

Interview SIMO : rencontre avec JD Simo (guitare et chant). Entretien mené le 25 septembre 2017 chez Gibson France

Simo

Il y a des personnes comme ça qu’on a plaisir à revoir. JD Simo en fait partie, et Metal Eyes a profité de l’occasion de la sortie du nouvel album de Simo, son groupe, et de sa présence à Paris pour faire parler le géant blond, sorte de gros nounours passionné par son art, son job, et la vie en général. Interview cool et zen…

metal-eyes: JD, pour commencer, nous devons parler de ce repère unique dans la carrière de Simo qui a eu lieu le 3 avril 2016 (il se met à rire). Ça t’évoque quoi ?

JD Simo: Je me souviens beaucoup d’excitation, parce qu’il s’agissait de notre première vraie tournée européenne. Une longue tournée de 6 semaines, je crois. La première date était à Paris, la salle était pleine, ce qui était super. Et, malheureusement, vers la fin du concert, mon genou m’a lâché et… Je ne m’étais jamais blessé avant, c’était assez chaotique.

metal-eyes: Surtout sur une petite scène…

JD Simo: Oui, et ça a vraiment été difficile de me faire sortir de là. Ensuite, il a fallu une heure pour arriver à l’hôpital. Je me souviens avoir eu très mal, avoir été blindé d’antidouleurs… J’ai l’impression que ce fut un gâchis de bons médicaments, car ça ne m’a pas vraiment soulagé ! (rires) Mais je suis sorti le lendemain, on a continué la tournée. Je n’ai pas pu marcher pendant des mois, mais…

metal-eyes: Que penses-tu de l’hospitalité des hôpitaux français ?

JD Simo: Ils se sont vraiment bien occupés de moi. Mon entrée et la sortie ont été assez rapides. Ils ont bien pris soin de moi, vraiment.

metal-eyes: Ce même jour, avant, le concert, nous avons discuté de plusieurs choses parmi lesquelles un peu de politique. A cette époque, tu avais placé quelques espoirs en un des candidats, mais depuis, le peuple américain a envoyé Donald Trump à la Maison Blanche. Quelle est ton opinion au sujet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe actuellement ?

JD Simo: … C’est un monde de dingues dans lequel nous vivons… En ce qui concerne mon propre pays, ce fut assez choquant. C’est vraiment déchirant de voir à quel point mes concitoyens sont divisés, vraiment. Je pense qu’à la base, l’être humain recherche la même chose : la paix. SI nous pouvons aller au-delà de certaines choses, nous pourrions être en paix. Je trouve ça vraiment frustrant, humainement. Je crois vraiment que nous voulons tous la même chose. Notre intelligence – ou notre manque d’intelligence – brouille les pistes, trouble l’eau. C’est une époque frustrante. J’ai regardé vos élections, ici, en France et, ce qui s’est passé en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni… C’est sans aucun doute la période la plus difficile que j’ai vécue.

metal-eyes: Parrlons un peu de musique. Simo va bientôt publier Rise and shine, le troisième album du groupe. De ce que j’ai pu en écouter, l’ensemble reste très orienté 70’s, avec quelques touches psychédéliques, du rock. Qu’avez-vous mis dans ce disque qui arrive assez rapidement après votre dernier, Let love show the way.

JD Simo: L’an dernier, on était assez cramés par ce que nous avons vécu. On est parti environ 300 jours, et ça, c’et une expérience assez traumatisante, très difficile à décrire à moins de l’avoir vécue. Nous avons ensuite voulu développer, explorer différentes directions sans savoir ce que ça signifie. Personnellement, j’ai traversé divers problèmes personnels, que je suis parvenu à résoudre. Cela m’a également ouvert l’esprit, créativement, parce qu’il y a beaucoup de choses que je n’avais pas voulu affronter, et les affronter a affecté la manière dont je fais les choses. Il y aura toujours certaines influences dans notre musique, mais également l’introduction de choses que je n’aurais pas envisagé inclure à notre musique. Il y a du hip-hop, des sons expérimentaux… D’autres passages assez cinématographiques, liés à ma passion du cinéma. Il y a la rencontre avec les moyens modernes d’enregistrement.. Nous avons passé des mois entiers à mixer ce disque. Il y a beaucoup de détails dans cet album. Après le mix initial, nous avons tenté de retirer certaines choses afin qu’elles ne détournent pas l’attention. Il y a beaucoup d’attention apporté à chaque morceau. En fait, tout réside dans notre approche : notre album précédent a été enregistré en 2 jours. Nous avons pris 4 mois pour celui-ci. Le premier mois, nous l’avons consacré à travailler les chansons que j’avais composées. Nous avons bossé ensemble 8à 9 heures par jour. Cherché les arrangements, faire, refaire… En février, nous sommes entrés en studio où nous sommes restés un mois. On a enregistré un morceau à la fois, 5,6 ou 7 heures. Pour chaque chanson, nous installions le studio différemment parce que nous avions une idée très précise de ce que nous voulions. Nous avons beaucoup expérimenté. Certaines prises étaient très rapides, d’autres … Il y a une chanson qui a nécessité environ 30 prises, parce que nous cherchions un feeling particulier. Nous avons finalement trouvé ce que nous cherchions. Je me suis ensuite attaqué au chant, nous avons fait les overdubs titre par titre, qu’il nous faille une journée complète ou deux. Puis, on annule tout pour tout reprendre à 0 sur la chanson suivante…  

metal-eyes: L’évolution principale réside donc en ceci que vous avez travaillé beaucoup plus dur sur les chansons.

JD Simo: Et sur la composition aussi. C’est un processus épuisant.

metal-eyes: Quelle chanson de Rise and shine représente le mieux ce qu’est Simo aujourd’hui, si tu devais n’en retenir qu’une seule ?

JD Simo: Oh dieu… (il réfléchit longuement) Je crois que je retiendrais… I want love, je pense. Elle est au milieu du disque, et, oui, c’est une ballade, mais elle possède ces aspects différents : il y des parties tendres et d’autres plus directes, et ces harmonies vocales comme une partie de ping pong. C’est simplement quelque chose que nous ne pensions pas pouvoir réaliser il y a à peine un an. C’est venu d’où c’est venu, et c’est un morceau, celui-ci plus particulièrement, dont je suis vraiment fier. Tout l’album, chaque chanson a une signification particulière. Ce morceau là, je ne pensais pas pouvoir chanter de la sorte, faire ce que nous avons réalisé…

metal-eyes: Justement, en remontant dans ton histoire, quel a été ton premier choc musical ?

JD Simo: Ca peut signifier beaucoup de choses… Mon premier choc musical ? C’était Elvis Presley… Voir Elvis Presley à la télé, c’était choquant…

metal-eyes: Dans quel sens ?

JD Simo: J’avais 3 ou 4 ans, donc je n’avais pas été témoin de grand-chose, de tout ce cirque… Son aspect, la réaction des gens, le son… Je n’avais jamais rien vu de tel avant. Ca devait être à l’occasion d’un anniversaire de son décès, et la télé diffusait cette émission spéciale. C’était puissant, ça l’est encore

 metal-eyes: C’est lui qui t’a donné envie de devenir musicien ?

JD Simo: Absolument, oui, cette émission et Elvis.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Simo ?

JD Simo: … « Expérimentation »

metal-eyes: Un seul mot, simple et qui prendra tout son sens à l’écoute de votre nouvel album. Tu parlais de votre précédente tournée, épuisante. Quels sont vos projets de concerts pour défendre Rise and shine ?

JD Simo: Nous entamons la tournée européenne demain (donc le 26 septembre) à Londres, et resterons ici environ 3 semaines. Ensuite, nous rentrerons aux USA et prendrons quelques jours de repos avant d’entamer une tournée US. Ce qui nous mènera jusqu’à la fin de l’année. Ensuite, je pars en tourné seul, sans le groupe, avec un autre guitariste, avec qui nous ferons une tournée acoustique aux USA. C’est une nouvelle chose que je vais essayer, parceque j’aime le blue grass, le folk… Donc c’est une nouvelle expérience dans un environnement différent. Ensuite, Simo continuera sa tournée US avant de revenir en Europe, vers le mois de mars 2018. France, Espagne, Italie, Scandinavie…

metal-eyes: Avec des scènes plus grandes et pas d’accident cette fois

JD Simo: J’espère, oui ! (rires)

metal-eyes: Comment occupes-tu ton temps en dehors de tes activités avec Simo ?

JD Simo: Simo me prend la majeure partie de mon temps. J’aime lire, écouter de la musique, regarder des films.

metal-eyes: Quel genre de livres lis-tu ?

JD Simo: Principalement des livres d’histoire ou de nature. Je ne lis pas beaucoup de fiction, je ne sais pas pourquoi, mais je n’accroche pas. J’aime l’histoire, la seconde guerre mondiale, la guerre de sécession… Je suis fasciné par le XXème siècle, cette période de 1900 à nos jours où il s’est passé tant de choses… Mais j’aime aussi des choses un peu barrées, théorie du complot et ce genre de choses, le surnaturel, la métaphysique… Les extra terrestres et leur possible existence… UN mix de différentes choses en réalité.

metal-eyes: Quand tu viens en Europe, qui a une très riche histoire, trouves-tu le temps de visiter les villes ou des musées ?

JD Simo: Oui, parfois. J’ai fais un tri, principalement ici, à Paris. Je n’ai pas eu beaucoup de temps, mais je me suis assuré d’aller visiter le Louvres. J’ai eu un jour de repos complet et j’en ai vu… 3% seulement, comme beaucoup d’autres ! Ma femme était avec moi, ce qui était sympa. Elle nous a accompagnés sur la dernière tournée, nous avons flâné à Paris, sommes allés à Notre Dame… nous avons passé notre temps à sauter dans les transports et aller à droite et à gauche… EN général, en Europe, je tente de visiter, mais c’est difficile de s’éloigner du groupe. Certaines personnes s’en foutent, et sont simplement heureuses de retrouver leur chambre d’hôtel, ça dépend de chacun. En ce qui me concerne, j’adore visiter. Et c’est pareil aux Etats-Unis. Il y a des endroits que j’ai adoré visiter, d’autant plus s’il y a un lien avec la musique. On habite le Sud, tu sais, et il y a encore tous ces vestiges de ce qui s’est passé. La plupart des gens qui vivent dans ces endroits s’en foutent royalement… « Vous vous rendez compte que James Brown a enregistré tous ces disques dans ce bâtiment abandonné là-bas ? – Ah oui ? Vraiment ? » Laisse tomber ! (rires)

metal-eyes: Quelle a été la meilleure question qui t’ai été posée aujourd’hui ? ou la plus étonnante, surprenante ?

JD Simo: Aujourd’hui ? Par toi ?

metal-eyes: Aujourd’hui, de ce matin jusqu’à maintenant…

JD Simo: Ma préférée… Quelqu’un m’a fait remarqué plus tôt que la dernière fois que nous nous avions parlé, je faisais de nombreuses références à Dieu, de différentes manières. « Oh, mon Dieu » « Jesus »…

metal-eyes: Tu ne l’as fais qu’une fois avec moi…

JD Simo: Ben voilà… (rires) On en a plaisanté et ils m’ont fait remarquer qu’au cours de notre discussion d’aujourd’hui, je n’y avais pas fais référence. Je leur ai répondu que, depuis la dernière fois, je ne suis pas la même personne. Je suis plus… ouvert en ce qui concerne ce sujet. J’ai grandi à Chicago, au sein d’une famille italienne et catholique, je suis allé au catéchisme, j’ai fait ma première communion et tout… Maintenant, je vis dans le sud des Etats-Unis où aller à l’église le dimanche fait partie intégrante de la culture américaine, blanche ou noire. Maintenant, j’ai voyagé et vu beaucoup d’autres endroits. Et cet élément, celui de l’inconnu, qu’on peut appeler Dieu ou autrement, certains s’y réfèrent de manière très terre à terre ou scientifique, d’autres de façon mystique. D’autres voit cela comme une honte, et d’autres choisissent de ne pas croire, tout simplement. Les faits, point. Mais au final, c’est la même chose pour tout le monde, tout dépend de notre interprétation. Ça dépend de notre culture. Nous avons tous, je crois, envie de comprendre l’incompréhensible et, en vérité, on ne peut pas comprendre. J’ai apprécié cette question, et le fait de pouvoir en parler parce que ce n’est pas forcément de cette manière que j’aurais répondu à un autre moment.

metal-eyes: Merci beaucoup, JD, je te reverrais en mars, sur scène pour un concert complet.

JD Simo: Avec plaisir, super ! ça m’a fait plaisir de te revoir mon pote !

 

 

INTERVIEW: BULLRUN

Interview BULLRUN : rencontre avec Gaël (guitare), Mark (batterie) et Rémy (chant et basse). Entretien effectué le 22septembre 2017 au Hard Rock Cafe Paris

 

Bullrun

metal-eyes: Commençons par la question traditionnelle : racontez-nous brièvement l’histoire de Bullrun…

Rémy: L’histoire de Bullrun commence en 2011. Mark et moi sortions d’une autre formation, on rencontre Gaël, et on savait qu’on allait partir sur la base d’un trio. Dès 2011, on passe une année à composer, essayer de trouver notre style avant de monter sur scène.

metal-eyes: Dans votre bio, il est précisé que vous avez commencé à sévir à Orléans. Pourquoi Orléans ?

Mark: On est issu du 77, et tout ce qui se passe en matière de musique a lieu au dessus de Melun. Et on est quasiment à la même distance d’Orléans et de Melun. On a eu, d’abord, plus d’accroches, naturellement, sur Orléans. On a commencé par faire les scènes de la rue de Bourgogne, on a fait l’Infrared qui n’existe plus aujourd’hui…

metal-eyes: Qui a été remplacé par le Blue Devil’s

Mark: Exactement. Et c’est là qu’on s’est naturellement mêlé à la scène locale alors qu’on avait moins d’accroche dans le 77. Ce qui est moins le cas maintenant puisqu’on cherche plus de date sur Paris et dans le 77. Mais à l’époque, c’est à Orléans que ça s’est fait naturellement.

metal-eyes: Vous avez publié un premier album en 2014. Que s’est-il passé pendant les 3 années qui séparent ce premier disque de Dark amber (Chroniqué ici)?

Rémy: En 2014, c’était un album éponyme qu’on a fait parce qu’on cherchait surtout à avoir quelque chose à donner à la fin des concerts. C’était plus un moyen de promotion qu’on a tiré qu’à quelques exemplaires. Aujourd’hui, ça ne reflète plus ce que l’on fait, et c’est pour ça qu’on ne le propose plus. 9a nous a aussi servi à nous trouver, musicalement parlant, voir nos compos de l’extérieur. A partir de ça, un an après, on a commencé à recomposer des titres, vers 2016, et on s’est attaqué au chantier Dark Amber, pour lequel on avait 14 titres en maquette. De ces 14 pré-maquettes, on a rencontré Simérys et Jelly, et on a épuré, épuré, on s’est mis à choisir la crème de la crème qu’on a mis sur Dark amber en studio dernière.

metal-eyes: Alors comment définiriez-vous l’évolution de Bullrun entre ces deux disques ?Mark: Un plus gros travail sur les compositions, sur le son, grâce aussi à Simérys et Jelly. Je pense que nos compos sont plus homogènes, plus brutales, plus efficaces… Plus droit au but que ce qu’on faisait quelques années auparavant.

Gaël: Avant on se cherchait. Maintenant, on se connait mieux, en termes d’influences, qui vont un peu dans tous les sens… Moi, je suis très metal, Rémy aussi, très années 80, Mark avec Scorpions, machin… On arrive à s’entendre et à créer une sorte de gloubiboulga et assembler tout ça. Moi qui écoute du death, le mariage peut-être un peu compliqué au début…

Mark: L’alchimie est bien meilleure maintenant et ça se ressent sur Dark amber, parce qu’on se connait.

metal-eyes: Vous avez choisi, pour Dark amber le format Ep. Pour quelle raison ? Je précise tout de suite que j’ai déjà entendu des groupes dire « ça nous permet d’enregister plus souvent et donc de proposer plus souvent quelque chose, d’être médiatiquement présent ». Finalement, on se rend compte que ce n’est pas souvent le cas…Gaël: Avant tout, le support CD est un outil promotionnel. Bullrun , avant Dark amber, n’existait pas vraiment – on travaillait à côté. Comme l’a fit Mark, on a préféré épurer pour privilégier la qualité à la quantité. Quand on écoutait les 14 titres, il y en avait 6 qui ressortaient plus. On s’est demandé s’il ne serait pas judicieux de les embellir plus que les autres et les mettre en avant. Ne serait-ce que pour commencer à avoir un nom et savoir si ça plait. D’ailleurs, les 8 autres sont passés à la benne, parce qu’on veut passer à autre chose.

metal-eyes: Quand je l’ai écouté, j’ai ressenti beaucoup d’influences de grands noms du metal : Metallica, Motörhead parmi d’autres. Qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Rémy: Il y a peut être un peu de Offspring sur les passages un peu plus chantants, pas mal d’influence des années 80, comme Maiden, par exemple, avec beaucoup de mélodie et d’harmonie. Burn a quelque chose de très Maiden, un côté épique.

Gaël: Il y a un peu de Volbeat, aussi, si tu connais. On aime beaucoup les influences qui viennent de l’ancien rock’n’roll, comme Elvis Presley, Jerry Lee Lewis et notre préféré, Johnny Cash.

Mark: Volbeat nous a surtout influencés par la démarche : amener une musique qui date un peu, avec un son vraiment actuel. On pense se reconnaitre dans cette démarche, en incluant des sons divers, les premiers Metallica, surtout, du Motörhead avec le son actuel, avec la batterie presque metal…

metal-eyes: Scéniquement, Bullrun ça donne quoi ?

Mark: Ca donne qu’on est 3 et qu’il faut qu’on paraissent 5…

Gaël: Disons que certaines scènes sont grandes, et qu’on de la place pour bouger, c’est chouette. On veut que ce soit punchy, un peu poing dans la gueule du public. Pour que ce soit punchy, il faut que ce soit actif, il faut beaucoup bouger et aller vers le public.

Rémy: Et aller vers le public, ne pas se concentrer sur sa setlist, même si extrêmement important et qu’on fait tout pour. Mais on est surtout là pour jouer pour les gens. On est juste là pour eux. Dickinson disait un truc qui est très vrai « moi, je joue pour le mec qui est au fond de la salle, celui qui m’apperçoit en tout petit ». C’est ce qu’on essaie de faire en concert.

metal-eyes: C’est bien dans les petites salles alors…

Rémy: Oui (rire général)

Gaël: Les petites salles, il y a le côté chaleureux, justement.

metal-eyes: Que me diriez vous, tous les trois, pour me convaincre de filer acheter votre disque dès la fin de cette interview ?

Gaël (sur un ton langoureux) : Une expérience inoubliable…

Mark: Viens juste nous voir en concert une fois, je pense que tu fonceras…

metal-eyes: Quel a été votre premier choc musical ?

Gaël: Master of puppets, Metallica. J’avais 13 ans

Mark: Blackout, de Scorpions…

Rémy: Surement l’album live, S&M de Metallica, aussi…

metal-eyes: Donc, en dehors de toi, Rémy, que des albums d’avant votre naissance….

Mark: Oui, c’est souvent les albums de nos parents qu’on écoutait à l’époque

metal-eyes: Donc la musique faisait partie de votre environnement familial ?

Gaël: Moi, non… J’ai découvert la musique avec le côté un peu plus mainstream, MTV, Marilyn Manson et ces trucs là. A l’époque il n’y avait pas encore internet. A l’époque, je trouvais ça cool à écouter, donc j’en écoutais beaucoup. Et un jour mon père me dit « tu connais ça ? » en me sortant un album de Black Sabbath, Paranoid, que j’ai suriné jusqu’à la mort. Il a ensuite continué à m’apporter des albums qu’il écoutait plus jeune, Sepultura et Master of puppets. Et c’est quand j’ai entendu l’intro de Battery que j’ai vraiment craqué…  Je ne sais pas comment l’expliquer, mais c’est ce qui m’a vraiment donné envie de faire de la guitare…

Mark: Mon père jouait de la guitare, mais il ne m’a pas initié à l’instrument. Il m’a laissé faire, pensant que si je voulais tester, j’irai. Pendant 6 mois, je lui ai répété que je voulais une batterie et un jour il m’a dit « OK, ça fait 6 mois que tu me serines avec ça » et il a craqué. Le déclencheur, c’était ce best of qu’il m’a enregistré sur cassette, Scorpions. La cassette était défoncée au milieu, mais j’écoutais Blackout tous les soirs. Ça rentre en toi…

Rémy: C’est à peu près pareil : il n’y a pas de musiciens dans la famille, mais beaucoup de musique, tout le temps.

Gaël: Et puis tu écoutes les mecs jouer, tu as 13 ans, tu ne vois même pas leurs têtes, tu les imagines, juste… T’as envie de faire pareil ! Quand on a eu internet, même si on avait deux images par minute, on pouvait enfin mettre un visage sur les musiciens que j’écoutais, et j’ai su pourquoi je voulais faire de la musique.

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de Dark amber pour définir ce qu’est Bullrun aujourd’hui, ce serait lequel et pourquoi ?

Mark: Moi, ce serait Dark amber, beaucoup à cause du refrain qui est très chantant et les chœurs qui inspirent le concert, qui crée l’ambiance. Si les gens devaient n’écouter qu’un titre, j’aimerai qu’ils se fassent une idée avec Dark amber

Rémy: Je dirais Dark amber, aussi. C’est un bon échantillon…

metal-eyes: Vous êtes frangins tous les deux ? C’est pas possible ! (rire général)

Gaël: J’ai rien à voir avec ces mecs là…

Rémy: C’est un bon échantillon qui définit bien l’album.

Gaël: Je vais être le mouton noir du groupe

Mark: C’est bien, c’est ton rôle !

Gaël : T’as vu ma gueule de toute façon ? J’ai beaucoup d’affection pour Burn, qui me rappelle beaucoup les années 70, avec des inspirations à la Kiss, sur God of thunder. Mais c’est vrai que si je devais représenter typiquement l’album, je choisirais, pour le coup, aussi Dark amber parce qu’elle typiquement ce qu’on veut représenter : elle est rapide, efficace et sans compromis.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Bullrun ?

Gaël: Euh… Toujours plus.

Rémy: Old school avec un gros son.

Mark: Brut épuré sans compromis.

metal-eyes: Pour terminer : quelle est la meilleure question qu’on vous ait posée aujourd’hui ? Ou la plus surprenante…

Mark: La thématique des paroles ?

Rémy: Oui, la thématique des paroles, c’était assez intéressant. Il y avait aussi où on se voit dans quelques années, et « qu’est-ce qu’il y aura sur prochain Ep », et c’est vrai que c’est intéressant parce qu’on fait la promo de celui-ci mais on est déjà en train d’écrire le prochain…

metal-eyes: Et ça prend du temps…

Gaël: Surtout quand on écrit 14 titres pour n’en garder que 6… Epurer, comme disait Mark. La question la plus intéressante ? Pour l’instant, le panel a été assez riche, j’ai été assez surpris. Mais c’est toujours difficile de retenir une chanson plus qu’une autre, en tout cas, pour ma part.

Rémy: La thématique, j’aime bien, parce que tu peux toujours y voir plein de sens en fonction de la personne qui pose la question ou qui a lu les paroles. C’est toujours intéressant à évoquer.

 

Interview: KLOGR

Interview KLOGR : rencontre avec Rusty. Entretien effectué le 20 septembre 2017 au Hard Rock Cafe de Paris

 

Klogr

metal-eyes: A l’origine, Klogr était présenté comme un groupe de neo metal. Cependant, l’écoute de Keystone me fait plus penser à du prog. Quel est ton point de vue?

Rusty: C’est très difficile de définir la musique que tu joues… C’est comme si quelqu’un devait dire si tu es un bel homme ou pas. J’aime la musique du grunge au prog, du metal au classic rock. Je pense que toutes ces influences se retrouvent dans notre musique. Peut-être y a-t-il des aspects plus progressifs, d’autre plus alternatifs. Le terme de neo metal n’est sans doute pas assez… large. Si, par “neo metal” tu entends Korn, Limp Bizkit et ce genre de groupes, alors, oui, mais je n’entends pas plus de neo metal que ça dans notre musique.

metal-eyes: Alors comment décrirais-tu l’évolution de votre musique entre les deux derniers albums?

Rusty: Nous avons grandi! Parce que nous avons changé de line-up il y a trois ans. Pietro, notre guitariste, nous a rejoints et tout notre équilibre s’en est trouvé modifié. J’ai, enfin, trouvé un vrai partenaire, nous partageons beaucoup. Avant, je voulais partager certaines choses avec les autres, mais, parfois, il n’y avait pas de réelle connexion. Il y avait un guide, moi, et les autres membres suivaient mes idées. Dans le cas présent, Pietro et moi nous battons pour une idée. Nous avons deux caractères forts et nous voulons créer une troisième idée qui est un mélange de nos idées.

metal-eyes: Une combinaison de visions, donc.

Rusty: Oui, et c’est ce que j’aime. La musique est un partage, de la création à la scène. Aujourd’hui, j’ai un vrai partenaire.

metal-eyes: Que me dirais-tu afin de me convaincre de filer acheter Keystone en sortant d’ici?

Rusty (avec un sourire): C’est le meilleur album de 2017… (rires) Non, je pense que c’est un disque que tu dois écouter de bout en bout. Ce n’est pas juste un disque avec 5 singles et 5 morceaux de remplissage. Nous avons cherché à mettre toute notre vision dans ce disque. A chaque fois que je réécoute un titre, je peux ressentir de nouveau ce qu’il se passait en studio… Pendant l’enregistrement et l’écriture du disque. Et quand je les interprète sur scène, je ressens également tout. Je crois que c’est un disque dans lequel il faut se plonger pour ressentir cela.

metal-eyes: Vous n’avez pas beaucoup tourné en France. Quels sont vos plans de tournée pour soutenir ce CD?

Rusty: Laisse-moi de raconter une histoire : un de nos premiers managers était Français. Il s’appelle Marc Fazio…

metal-eyes: Je crois que tu vas le voir dans quelques instants… Il gère United Rock Nations aujourd’hui.

Rusty: Oui, c’est Marc ! Nous avons fait deux petites tournées dans des clubs en France. Le plus gros show que nous ayons donné en France a eu lieu il y a 3 ans à Paris, avec Prong. Nous avons donné 23 concerts en Europe avec eux. Maintenant, nous serons en tournée en novembre avec The Rasmus, avec qui il y aura 10 concerts en Europe, dont 1 à Paris, le 18 novembre.

metal-eyes: Klogr est un groupe italien. Comment vous situez-vous sur la scène italienne et quels autres groupes me conseillerais-tu d’écouter ?

Rusty: Sans aucun doute, le groupe italien le plus connu : Lacuna Coil, dont la réputation est internationale. Je connais beaucoup d’autres groupes en Italie, mais c’est difficile de parler de la « scène italienne ». Nous sommes assez individualistes, chacun fait son boulot… Guizmet est un de ceux que je préfère, un petit groupe avec deux albums – je ne sais pas s’ils les ont sortis en Europe – mais je les aime, musicalement et humainement. Extrema, un groupe extrême qui joue un peu partout en Europe… Il y en a beaucoup, et c’est difficile de choisir. Je ne connais pas beaucoup de groupes italiens qui cherchent à sortir d’Italie.

metal-eyes: Comment occupes-tu ton temps entre deux albums ou tournées ?

Rusty: J’ai de la chance, parce que j’ai mon propre studio, Zeta Factory. Il y a un studio, une salle de répétition, une école de musique, et je vis juste au dessus. C’est très facile pour moi.

metal-eyes: Donc, la musique est ta vie. Quel a été ton premier choc musical ?

Rusty: 1991, les Monsters of Rock avec Metallica et AC/DC. J’y étais, j’avais 14 ans et à ce moment je me suis dit « voilà ce que je veux faire de ma vie ! » C’est Metallica surtout, car je n’ai pas vu tout le show d’AC/DC. J’étais avec mon frère qui avait un rendez-vous avec une nana, donc il m’a dit « on y va… Tu auras tout le temps d’écouter AC/DC plus tard ! »

metal-eyes: Si tu devais ne retenir qu’un titre de Keystone pour définir ce qu’est Klogr aujourd’hui, lequel serait-ce ?

Rusty:  Ce n’est sans doute pas la chanson la plus facile d’accès, mais je pense à Pride before the fall, qui est la connexion entre l’ancienne vision de notre musique et l’actuelle. Ce n’est pas une chanson catchy, il y a plusieurs ambiances, et les paroles sont, pour moi, la description parfaite de ce que nous voulons offrir au public avec ce disque. Nous ne vivons pas une période facile, la planète est en danger, et ça n’a rien d’une blague. Ça se passe maintenant, alors levez-vous et agissez, maintenant. J’ai vraiment peur de ce que nous réserve l’avenir…

metal-eyes: Quel serait la devise du groupe, selon toi ?

Rusty: (il réfléchit longuement) Euh… question suivante ? C’est difficile… Je ne sais pas…

metal-eyes: On y reviendra alors. Je pense que tu vas apprécier la suivante qui sera la dernière : quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui ? Ou la plus surprenante.

Rusty: (il réfléchit encore) Je ne sais pas ! La plus étrange ? « Pourquoi as-tu choisi Keystone comme titre de l’album ? » Hey ! C’est clairement décrit dans le livret ! Parfois tu rencontres des gens qui ont simplement jeté un œil à l’album, et qui doivent faire cette interview parce qu’elle a été planifiée… Mais ils ne cherchent pas à comprendre pourquoi nous sommes là, ce que nous voulons partager avec autrui. C’est comme si j’allais au ciné sans savoir quel type de film je vais voir !

metal-eyes: Justement, quel genre de cinéma aimes-tu ?

Rusty: Je suis un peu divisé… J’aime beaucoup l’heroic fantasy et j’aime aussi beaucoup, vraiment, les documentaires, quand la réalité rejoint la scène et l’écran. J’aime aussi les films d’action, mais c’est souvent un cirque identique. J’aime sortir de la vraie vie.

metal-eyes: Tu lis, aussi ? Et si oui, que lis-tu en ce moment ?

Rusty: Oui, je lis. Je viens de terminer. C’est une sorte de biographie de Paul Watson qui est le capitaine de Sea Shepard. C’est très réaliste : il explique nombre d’actions menées par son organisation. Tu as l’impression de voir un film d’espionnage, mais c’est la réalité. Ce n’est pas 007, c’est la réalité. Je le sais parce que je connais beaucoup de membres de son équipage et j’ai vu des photos de ces actions. C’est simplement extraordinaire !

metal-eyes: Ce qui signifie que tu te préoccupes vraiment de l’avenir de notre planète et que tu en es très proche.

Rusty: Absolument !

metal-eyes: Revenons à ma question de tout à l’heure, tu as dû avoir le temps d’y réfléchir : quelle pourrait être la devise de Klogr ?

Rusty: La devise… la raison pour laquelle on fait ça… Bon : ce n’est pas une « mission », ce serait trop. Il me faut plus de mots pour l’expliquer : pour moi, peut-être pas pour les autres membres du groupe, la musique est une promesse. J’ai fait cette promesse il y a 20 quand j’ai perdu mon frère, je lui ai promis que je serais un bon musicien, pas célèbre, simplement bon. Je veux faire mon boulot aussi bien que possible et je veux partager un message avec les gens : faire quelque chose aussi bien que l’on peut.

metal-eyes: La devise serait donc « la musique est une promesse »

Rusty:  Oui, ou si tu préfères : « la musique est MA promesse »

metal-eyes: Merci beaucoup, profite de ton séjour à Paris même si je sais que tu ne pourras pas voir grand-chose…

Rusty: Tu sais, j’ai passé du temps à Paris il y a quelques années… J’adore conduire la nuit, sans trafic. Je loue une voiture et je peux aller de la Tour Eiffel au Louvres en 10’ à peine. J’adore cette ville. Bon, les embouteillages des grandes villes ce n’est pas mon truc, mais la nuit, c’est sympa. Merci à toi, et viens nous voir le 18 novembre !

 

FESTIVAL INTERCEPTOR : Rencontre avec l’orga

Pour la première fois, la ville de Bordeaux va accueillir le nouveau festival Interceptor. Du 6 au 8 octobre, ce sont donc trois jours de rage et de fureur qu’on nous promet. Avec une affiche globalement orientée metal extreme – mais pas que – le festival se déroulera en deux lieux distincts: le Rockschool Barbey, incontournable salle d’une capacité de 700 personnes et, à quelques pas, le Void, qui peut accueillir 200 spectateurs. un peu de marche et d’air frais dont nous avons voulu nous entretenir avec les organisateurs. Nous avons donc rencontré Matt, maître du Rockschool Barbey et de sa programmation.

Vous l’aurez remarqué, l’Interceptor se commence un jeudi. Pourquoi ce choix? « On avait plusieurs solutions. Mais on a pensé qu’en faisant ce festival vendre à dimanche, le public pourrait avoir une barre pour reprendre le boulot le lundi. En commençant le jeudi, ceux qui viennent peuvent prendre deux ou trois jours de congés et reprendre le travail tranquillement le lundi ». Sur que vu sous cet angle, c’est plus jouable, surtout à cette période.  D’autant plus si l’on pense à l’hébergement ddes efstivaliers non locaux. « On a envisagé de demander à faire un camping en centre ville, mais ce n’est pas jouable. Alors on a recensé les différents hôtels, auberge de jeunesse… » D’accord, mais c’est situé où par rapport aux salles? « L’auberge de jeunesse – d’une capacité de plus de 150 lits – est juste à côté, on n’a qu’à ouvrir la porte et on est au Rockschool Barbey »

Un festival, cependant, c’est une affiche. Et l’on peut se demander – je ne me gêne pas pour poser la question à Matt – si, entre le nom retenu pour cette petite fête et le visuels qui évoquent Mad Max, on peut s’attendre à une déco post apocalyptique… « on n’a rien prévu pour cette année, mais les groupes qui viennent sont déjà dans cette mouvance ». Alors, justement, comment on réuni une telle affiche, principalement orientée metal extrême mais à laquelle sont associés des formations plus « soft », comme Swans ou Angel Witch? « On a commencé par contacter des groupes et d’autres nous ont demandé directement quand ils ont entendu parler de ce festival ». Cette affiche extrême rappelle quelque peu les premiers pas du Fury Fest, ancêtre du Hellfest. Interce^ptor a-t-il pour ambition de grandir comme le festival clissonnais? « Non, pour le moiment on va voir ce que ça donne, mais il y a de la place pour tout le monde. Et ce n’est pas parce qu’un festival a une marque plus extrême qu’on ne peux pas se lancer sur ce créneau ».

OK, mais une inquiétude me taraude. Rien qu’en  2017, on a vu le PMFF – réussite artistique mais catastrophe financière – un Fall Of Summer pas complet et un Ragnarock qui fait scandale. Matt n’a pas peur d’y laisser des plumes? « En fait, non, car ce festival s’inscrit dans la programmation générale du Rockschool Barbey. Si on se plante cette année, il y a le reste de la programmation pour équilibrer, même si on ne peut être sûrs de rien ».

Quand on organise un festival, il y a forcément des groupes qu’on tient absolument à voir. Quel groupe Matt est-il vraiment heureux d’avoir à l’affiche? Si on ne l’arrête pas, il les cite tous… Alors, je reformule: quel groupe ne ratera-t-il sous aucun prétexte? « Je me suis arrangé pour que tout ce qui doit être fait le soit comme il faut. Je vais tout éteindre, le portable, le talkie et me poser devant la scène et en profiter »

Vous aussi, non? Avec des pass 3 jours à 60 €, pourquoi hésiter?

Tous les renseignements sont dispos sur www.interceptorfest.com

INTERVIEW: SMASH HIT COMBO

Entretien SMASH HIT COMBO. Rencontre avec Brice (batterie) Propos recueillis à Paris le 10 juillet 2017

Metal-Eyes : Brice, c’est notre première rencontre, je découvre Smash Hit Combo avec ce disque ; Ce que je sais du groupe c’est vous êtes Alsacien, que le groupe s’est formé en 2004, et vous sortez votre 4ème album.

Brice : Jusque-là, tout va bien !

Metal-Eyes : OK. Alors, quels ont été les moments marquants de la carrière du groupe ?

Brice : on va commencer par raconteur que la création du groupe, c’est un peu un accident. On a commencé en 2004, mais Smash Hit Combo, tel qu’il est aujourd’hui, a commencé en 2007. Au début, on faisait du hardcore, death core, rien de vraiment très original…  Il n’y avait pas de rap. On partageait notre local avec Paul, notre chanteur, qui rappait à côté. De temps en temps, il passait nous voir et il posait son chant rap sur notre metal. Un jour ion lui a proposé de faire une chanson avec nous, en mélangeant son rap avec notre death core. On a fait une chanson, on l’a enregistrée et nos potes nous ont dit que c’était notre meilleur titre. On s’est rendu compte qu’on avait quelque chose de plus original à faire… À l’époque, c’était un genre un peu oublié, le neo metal… On s’est lancés dans l’aventure, on a un peu affiné le style au fil des ans pour devenir un peu plus proche du djent, neo metal.

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses, des événements qui vous ont marqués plus particulièrement ?

Brice : A partir du premier album, on a commencé à sortir des clips, à diffuser des vidéos. On habite un tout petit bled au fond de l’Alsace et, à l’époque, on demandait beaucoup d’aide aux labels, etc. Quand tu es un jeune groupe, tu essaies toujours de faire ce qu’on te dit, « va trouver un label, va trouver un booker, va trouver des gens qui vont bosser pour toi… »  et on s’est rendu compte que, la plupart du temps, si tu fais les choses toi-même, tu t’en sors aussi bien. On a commencé à bosser sur une com’ video, on a utilisé les réseaux sociaux, on a eu beaucoup de vues sur YouTube grâce à ça, et on a été contactés par des pays étrangers. Pour nous, c’était assez fou, en tant que Français, qu’on nous propose d’aller tourner dans des pays comme la Russie, le Canada. Au départ, pour nous, Smash Hit Combo n’était pas destiné à faire ce genre de carrière. Mais à partir de ce moment-là, on a commencé à se structurer, à vraiment bosser pour faire les choses bien. Donc, je dirais que c’est ça, les premiers voyages à l’étranger qui nous ont ouvert l’esprit.

Metal-Eyes : Quel a été ton premier choc musical ?

Brice : oh, j’en ai eu beaucoup… Le premier groupe qui m’a vraiment… Je pense que c’est quand j’ai écouté Eyeless de Slipknot. J’ai mon pote qui passait chez moi et qui m’a dit « tiens, il faut que je te fasse écouter ça ! » Je lui ai dit, après, « mec, ce CD… tu repars pas avec tant que je l’ai pas gravé ! » (rires). Je pense que c’est Slipknot, mon plus gros choc musical.

Metal-Eyes : Et l’artiste, le groupe ou l’album qui t’a fait dire “c’est ce que j’ai envie de faire”, c’est quoi?

Brice : Pff… C’est difficile… C’est venu progressivement, je ne peux pas dire que j’ai eu un déclic… Mudvayne a été super important. Le premier album de Mudvayne, ou le premier album de Limp Bizkit, aussi qui est vraiment le style qui m’a fait comprendre que le rap et le metal peuvent se marier. Rage Against The Machine, aussi, tous ces groupes qui ont osé mélanger des choses…

Metal-Eyes : Tu me parlais de vos premiers voyages en Russie, au Canada, et depuis vos débuts, vous avez aussi tourné avec de grosses pointures. On pense à Gojira, à Black Bomb A, vous avez été produits par Stéphane Buriez… Comment ça s’est fait, tout ça ? Travailler avec Bubu ?

Brice : En fait, on avait des amis qui faisaient partie d’un groupe, X-Vision, qui avaient travaillé avec Buriez. On avait écouté le disque, et on avait été scotchés par la prod. C’est à l’époque où commençait à se dire que si on voulait avancer, il fallait qu’on bosse avec des pros. À l’époque, et aujourd’hui encore, pour nous, Buriez était un des plus grand producteurs, il a produit de super groupes. On s’était dit on va tenter le tout pour le tout, mettre de l’argent de côté, et au lieu de faire notre truc dans notre coin, on va bosser avec des gens qui connaissent le boulot.

Metal-Eyes : Et ça a répondu à vos attentes ?

Brice : Carrément, oui ! Il nous a cadrés… Quand tu es jeune, t’es un peu fou fou, tu veux mettre ça et ça, et lui nous disait d’enlever ça, « mettez plus de ça, soyez plus concis, plus simpels… » Donc oui, il y a un vrai travail de prod qui a été fait.

Metal-Eyes : Et Gojira, comment vous avez été amenés à ouvrir pour eux ?

Brice : Gojira ? C’était déjà très impressionnant… Tu joues avec Gojira, quoi ! Et forcément, quand tu es jeune musicien, ça te met la pression, c’est pas comme si tu jouais au bar du coin, tu peux pas faire les mêmes conneries, tu sais que la salle va être remplie, de connaisseurs, de musiciens… Ce sont des dates qui sont importantes. Je me souviens, quand Gojira a commencé, j’ai pris une petite chaise, je me suis mis derrière Mario et j’ai passé mon concert à… J’ai pas bougé ! J’ai eu mon petit concert de Gojira perso, mon petit concert de Mario pour moi, en tant que batteur… Super ! On a pu les rencontrer, discuter avec eux – ce sont des gens adorables. Une super expérience, évidemment !

Metal-Eyes : Comment vous avez été retenus ?

Brice : Tout simplement, en fait : ils jouaient près de chez nous et on a demandé à la prog si on pouvait jouer avec eux, et ils ont accepté, tout simplement. Coup de bol, on y est allés au culot, c’est tout !

Metal-Eyes : Une des spécialités de Smash Hit Combo est que vous êtes tous passionnés de jeux vidéo, dont vous parlez beaucoup, et pas forcément des meilleurs aspects. Les titres des trois premiers albums font clairement référence à cet univers. Mais quelle est la signification de L33T ? On doit vous le demander souvent…

Brice : Oui, souvent… En fait, ça peut se dire « Leet », aussi. Ça vient de « leet speak », qui est un langage des années 90 qu’utilisaient les informaticiens pour communiquer entre eux. En fait, ils remplaçaient toutes lettres par des chiffres, ce qui rendait les messages plus difficiles à lire. C’est une espèce de code de hackers. Ce que l’on voulait dire ? On utilise des références de jeux vidéo, de mangas, et beaucoup de gens nous disent que, la première fois qu’on écoute nos disques, si on ne connait pas toutes les références, si on n’a pas joué à tel jeu, on ne comprend pas toujours les textes. C’est une manière de dire que c’est une musique un peu « pour l’élite », ceux qui comprennent cet univers…

Metal-Eyes : pour les geeks

Brice : Oui, voilà, pour les geeks.

Metal-Eyes : Tiens, on va reprendre le morceau de Trust: “les geeks sont entrés sans prévenir”…

Brice (Rires): Voilà! C’est une façon de s’adresser aux gens qui sont comme nous, de cet univers, et aussi une dédicace aux années 90, qui sont des années importantes.

Metal-Eyes : Tu vas me dire que je suis un peu con, mais ça vient aussi des années 90 : l’illustration évoque la 3D, alors j’ai mis une paire de lunettes 3D mais ça reste plat…

Brice (rires) : non, c’est juste des effets qu’on a rajouté pour donner un effet 3D.

Metal-Eyes : Et il y en a d’autres qui ont essayé ?

Brice : Euh, non, tu es le premier!

Metal-Eyes : La prochaine fois, il faudra ajouter les lunettes, alors…

Brice : mais tu sais quoi? C’est carrément une bonne idée, je n’y avais pas pensé… ça ne doit pas couter beaucoup plus cher en plus…

Metal-Eyes : Il s’agit d’un double album, ou plutôt d’un album simple, mais en version anglaise et en version française. Le message il est clair : il y a une approche du marché international. Votre objectif, c’est quoi ?

Brice : Oui… et non. On avait pour projet de faire un album en anglais depuis longtemps, mais le problème est que notre rappeur, Paul, est français français. Quand tu veux rapper en anglais alors que tu es Français, c’est très compliqué. Déjà, il y a le problème de l’accent – tu me diras, ça se travaille – mais après il faut avoir le vocabulaire, le flow… L’anglais a une musicalité qui est différente dans le rap, elle est beaucoup plus chantée. On a essayé de faire de l’anglais avec Paul, mais on s’est très vite rendu compte que ça n’allait pas fonctionner, si on voulait avoir un rendu crédible. Ça ne nous a pas plu. On a laissé tomber le projet, et on fait un featuring avec None Like Joshua sur l’album précédent, qui est un rappeur d’Atlanta. On s’est rendu compte qu’il avait les mêmes affinités que nous : c’est un geek, il fait beaucoup de vidéos sur internet et ne parle quasiment que de jeux vidéo, et c’est naturellement qu’on a commencé à bosser ensemble et le projet de l’album anglais est re-né de ses cendres. À partir de là, on s’est dit « pourquoi pas faire deux choses différentes, plutôt qu’une au rabais avec uniquement Paul au chant ? Nous, on l’a repéré, Josh, parce que c’est quelqu’un qui est capable de faire du rap sur du Meshugah, par exemple… Il est batteur, il adore le metal et il utilise le rap de manière assez spéciale, avec des structures complexes… Il est très musicien

Metal-Eyes : Alors, justement : comment décrirais tu la musique de Smash Hit Combo pour quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Brice : pour nous, c’est du rap metal, du neo metal… On pourrait dire que c’est du rap metal 2.0, c’est-à-dire que c’est du neo boosté aux hormones. Une mise à jour de ce que pourrait être le rap metal aujourd’hui. Il y a beaucoup de gens qui, après avoir écouté l’album, nous ont dit que c’est du Linkin Park 2.0, ce que Linkin Park aurait pu faire si… On va pas en discuter… Mais beaucoup de gens nous ont dit qu’ils auraient aimé que cet album soit le prochain Linkin Park au lieu de ce qu’ils ont sorti…

Metal-Eyes :Ben c’est dommage, c’est le votre ! pour moi, et je ne suis pas spécialiste de ce genre de metal,  mais il est violent, épyleptique, syncopé. J’entends des influences Rage Against The Machine et des rythmiques à la Five Finger Death Punch (il approuve). Vous avez mis quoi d’autre dans cet album ?

Brice : Comme références musicales ? Il y a un peu de Meshuggah, mine de rien, saupoudré avec finesse de prog djent, évidemment du Limp Bizkit… Du Slipknot, aussi ! Animal As Leaders aussi, si tu connais…

Metal-Eyes : Le nom me dit quelque chose… Le trio, sans basse, qui est passé cette année au Hellfest !

Brice : Exactement ! Je ne sais pas s’ils y étaient mais c’est incroyable ce qu’ils font.

Metal-Eyes : Si vous aviez une devise, ce serait quoi ?

Brice : … (il rit) : “Jamais j’admets d’être game over” ! On dit ça dans le texte… Et c’est un peu notre leit motiv, ne jamais laisser partir notre âme d’enfant. Tous nos textes parlent un peu de ça, ne pas laisser tomber. On reste de grands enfants ; Alors, c’est sûr, on ne joue plus 15 heures par jour à la console, mais je pense qu’il faut garder l’espèce d’émerveillement de la jeunesse, l’innocence et la bêtise de la jeunesse ! Essayer de rester de grands enfants ;

Metal-Eyes : Et sur scène, ça donne quoi, cette innocence? À quoi doit-on s’attendre quand on vient vous voir ?

Brice : El live, on essaie de laisser au gens un souvenir… Il faut qu’ils aient envie de revenir. Comme je te disais, on vient d’un petit bled, et le seul moyen de faire notre promo, c’était de faire des concerts. Donc on essaie d’être le plus chaotique possible, épileptique, comme sur le CD.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de L33T pour définir ce que vous êtes ce serait lequel ?

Brice : C’est difficile, parce qu’il y a deux versions… Allez, je peux t’en donner un de chaque ! Pour la version anglaise, ce serait Evil within, et pour la française… Arkam asylum. Parce que, même si tu ne connais pas les jeux, l’ambiance explique tout, les problèmes qu’on peut avoir dans sa tête… Les jeux vidéo expriment aussi, souvent, des choses plus personnelles.

Metal-Eyes : Il y a une tournée prévuie ?

Brice : oui : là, on part au Québec, et ensuite, on fera la première partie de la fin de la tournée d’adieux de The Arrs, il y a une quinzaine de dates, dont celle du 11 novembre au Trabendo. Après, retour en Russie, au Japon…

 

INTERVIEW: WHISKEY MYERS

Entretien WHISKEY MYERS. Rencontre avec Gary Brown (basse). Propos recueillis à Paris le 31 mai 2017

C’est quelques instants avant de monter sur scène que Gary Brown, le bassiste de Whiskey Myers, a accueilli Metal Eyes pour une interview quasi improvisée.

Metal-Eyes : Aujourd’hui, c’est le dernier jour de la tournée européenne de Whiskey Myers. Comment était cette tournée ?

Gary Brown : Bien, bien, de bons publics, une belle participation, oui, plutôt bien, jusqu’à présent….

Metal-Eyes : prêts à rentrer à la maison?

Gary Brown : Oui, ça vient. C’est une envie qui commence à se faire sentir. On a donné, je crois, 12 concerts en 15 jours, ce qui est plutôt bien.

Metal-Eyes : je viens de découvrir Whiskey Myers avec Mud, son dernier album. Peux-tu me dire ce qu’est ce groupe ?

Gary Brown : Simplement ce que nous sommes, ce que nous savons faire; On a grandi dans le Sud, au Texas, à la champagne… C’est un groupe qui dit “reste fidèle à ce que tu es, n’oublies pas tes racines…”

Metal-Eyes : C’est le son de votre musique qui, si je puis dire, dégage les odeurs du Sud…

Gary Brown : Ca sent chez nous, oui…

Metal-Eyes : Si je te dis “redneck”, ça évoque quoi, pour toi?

Gary Brown : Je ne sais pas… Ça me fait penser à ce personnage de la série Les rois du Texas…

Metal-Eyes : Sur Mud, on sent beaucoup de choses: la vie, de la religion, aussi. Qu’avez-vous mis d’autre dans ce disque ?

Gary Brown : Ce genre de choses, ce qui dit qui nous sommes… On pourrait traiter un peu de politique, mais c’est pas notre truc. On préfère parler de ce qu’on a appris en grandissant au Texas, ces choses qui nous ont forgés, fait de nous ce que nous sommes. Être fidèles à nous mêem.

Metal-Eyes : Alors, qu’êtes-vous donc?

Gary Brown : oh, des gens du Sud, mec, tu vois. On a grandi à la campagne, on devait apprendre à faire les choses par nous-mêmes, pêcher, chasser… respecter les autres, et tes origines, ceux qui t’ont élevés. Je crois que cela a construit une bonne partie de ce disque.

Metal-Eyes : En effet. Au sujet de ce disque, qui sont les choristes?

Gary Brown : il n’y en a qu’une, elle s’appelle Christine Rodgers. C’est une superbe chanteuse de Nashville. Elle est fantastique. Elle a aussi chanté sur Early mornig shakes, je ne sais plus quels titres, mais elle y est.

Metal-Eyes : C’est la première fois que vous allez jouer à Paris avec Whiskey Myers. Quattendez-vous du concert de ce soir,

Gary Brown : J’espère vivre ce que nous avons vécus sur cette tournée : on a joué en Allemagne et en Pologne pour la première fois, et j’espère toucher les gens. C’est complet, il va faire chaud, et énergique. J’espère simplement que les fans vont apprécier la musique.

Metal-Eyes : doit-on s’attendre à quelque chose de spécial ce soir ? Je m’explique : WASP avait pour habitude de balancer de la viande dans le public, Stryper, c’était des Bibles. Vous pensez jeter de la boue (Mud) au public ?

Gary Brown (rires): Non, non, on ne veut pas qu’ils nous jettent quoi que ce soit, alors on ne jettera rien ! Si, des médiators, mais rien de plus…

Metal-Eyes : vous vous appelez Whiskey Myers : quel est ton Whiskey préféré ?

Gary Brown : Je ne bois plus depuis maintenant 3 ans… Mais quand je buvais, j’aimais beaucoup el Crown Royal, du Canada.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre disque : comme nous l’avons dit, Mud est plein de vie, de cette musique du Sud, avec du banjo, de beaux chœurs… Très rock, roots et heavy. Quelle était votre intention musicale avec ce disque ? Avez-vous voulu modifier ce que vous avez fait jusque-là?

Gary Brown : Non, pas vraiment. Je ne crois pas qu’on ai jamais envisagé d’entrer en studio et de tout changer. On évolue, il y a de nouveaux membres qui apportent leurs idées. Notre producteur, Dave, nous aide sur certains points, certaines décisions, comme quels instruments inclure, comment mieux construire les chansons pour qu’elles collent au son, comment permettre à chaque partie de soutenir les autres, ce qui fait une chanson. Je crois qu’en tant que groupe, nous avons appris à le faire de mieux en mieux, avons grandi. Bien sûr, nous disposons aujourd’hui, avec les nouveaux outils, de plus de moyens pour créer de nouveaux sons. C’est sans doute ce qui différencie ce disque des précédents.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Mud pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Whiskey Myers, ce serait laquelle ?

Gary Brown : C’est une excellente question!  (Il réfléchit) Sans doute Mud, ou On the river… Cette dernière parle d’un homme qui a fait une promesse et se bat pour l’honorer, et survivre à une époque où c’était très dur. Mud a aussi du feeling, et parle de cette fidélité à ce que tu es, ce qui a fait de toi ce que tu es. Je crois que ces choses valent le coup qu’on se batte, qu’on les garde dans notre cœur.

Metal-Eyes : Et si nous parlions un peu de votre président?

Gary Brown (rires): J’ai pas grand-chose à dire à son sujet…

Metal-Eyes : Une toute dernière chose, alors : quelle pourrait être la devise de Whiskey Myers ?

Gary Brown (il rit) : hum… Ne sois pas une lavette. Sois fort et bas toi pour ce qui vaut le coup.

 

HELLTERVIEW: SKINDRED

Entretien Skindred. Rencontre avec Benji Weeb (chant) et  Dan (basse). Propos recueillis au Hellfest le 18 juin 2017

Skindred

Quelques heures avant que Skindred ne mette le feu au Hellfest, c’est un chanteur et un bassiste déjà au taquet qui répondent à Metal Eyes. Une petite idée de ce qui va se passer en live !

 

Metal-Eyes : Je vous ai découvert l’an dernier au Download, et c’est, je crois, votre seconde venue au Hellfest ?

Dan : On a joué en 2013 ou 2014, oui. On a ouvert sur une des mainstages

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous jouez un peu plus tard. Ça vous fait quoi de revenir au Hellfest ?

Benji Weeb : C’est un honneur! Ce festival est extraordinaire ! Tu sais, on joue dans des festivals à travers le monde et celui-ci est un des meilleurs.

Dan : C’est fabuleux de constater que la France propose aujourd’hui ce festival qui est une vitrine pour le monde. Un outil qui prouve que la France a une scène, une scène rock explosive !

Metal-Eyes : Quelles sont les nouvelles de Skindred ?  

Dan : On fait les festivals cet été, et ensuite on enregistrera un nouvel album qui devrait paraitre en 2018. Tu auras bientôt de nouveaux morceaux à écouter. D’abord, on va jouer au Japon, en Australie, ensuite, on enregistre.

Metal-Eyes : Donc il y aura une nouvelle tournée?

Dan : Nous sommes comme dans une roue de souris: on court et on s’arrête où on veut !

Metal-Eyes : Qu’attendez-vous de ce festival, aujourd’hui?

Benji Weeb : De l’argent!

Metal-Eyes : Et à part l’argent? Non, attends, ne me parle pas de sexe ou autres trucs du genre ?

Benji Weeb : Non, sérieusement: on espère séduire les Français et pouvoir donner des concerts dans des clubs. Et que ces concerts soit complets, à Paris, Nice, Bordeaux ou ailleurs. Nous avons toujours eu un retour extra du public, mais nous espérons pouvoir effectuer une tuornée à guichets fermés ici ! On se fout de savoir qu’il y  ait 300 personnes ou 2000, tant que c’est complet. Donc, ce qu’on attend, c’est que le public se souvienne de Skindred, du concert, qu’ils en parlent à leurs amis et qu’ils viennent aux concerts !

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous la musique de Skindred pour ceux qui ne vous connaissent pas?

Benji Weeb : Un peu de rock et un peu de reggae.

Dan : Et du groove. Une sorte de reggae agressif et de rock grovy.

Metal-Eyes : Quelques questions spéciales Hellfest: lequel des 7 péchés capitaux vous définirait le mieux, individuellement?

Benji Weeb : Tu es prêt? Incorruptible.

Metal-Eyes : Ce n’est pas un des sept péchés capitaix…

Benji Weeb : J’en ai rien à foutre, c’est mes 7 péchés! (rires)

Metal-Eyes : Donc je revois la liste, alors…

Benji Weeb : Oui, tu en fais une nouvelle!

Dan : Euh, l’apathie, c’en est un?

Metal-Eyes : La paresse, oui.

Dan : Non, pas la paresse, mais l’apathie oui!

Benji Weeb : On s’en tape des 7 péchés capitaux, on crée les nôtres !

Metal-Eyes : Pourriez-vous créer de nouvelles vertus cardinales, alors?

Benji Weeb : Tue s très religieux, dis! On n’est pas religieux, nous, on s’en fout ! (rires)

Metal-Eyes : Nous sommes au festival de l’enfer, je te rappelle!

Dan : La mauvaise attitude!

Benji Weeb : Exactement, on botte les culs! On est des vikings !

Metal-Eyes : Tu ressembles à un Viking, en effet!

Benji Weeb : Exactement! Je suis le premier Viking black que tu n’aies jamais rencontré!

Metal-Eyes : Y a-t-il quelque chose que vous regrettez l’un et l’autre d’avoir fait avec Skindred?

Dan : Tu as un papier et un crayon? La liste va être longue ! (rires) Être dans un groupe et jouer de la musique n’est pas traditionnel. Il faut que tu crées ton propre voyage. Ce faisant, tu vas faire des erreurs et en tirer des leçons…

Metal-Eyes : Comme quoi ?

Benji Weeb : Comme enregistrer des putains de morceaux electro ! ça c’était une erreur! (rires)

Dan : Dès que tu laisses quelqu’un s’occuper de tes affaires, comme les affaires créatives, ça se complique. Il s’agit de savoir ce que tu peux lâcher, ou pas. On ne fait pas partie de la scène traditionnelle : on n’est pas un groupe de rock cool, un groupe de metal dans le vent, ou de reggae… Emo, grunge… On ne fait partie de rien, et on a dû tracer notre propre route, sur laquelle il y a eu des détours. Et nous avons dû revenir sur le bon chemin.

Metal-Eyes : C’est ce que tu disais : pas de compromis…

Benji Weeb : Aucun. C’est comme quand nous avons fait ce truc, dub step, on l’a fait à notre manière. Et on excelle dans ce que l’on fait si on le fait à notre manière et ensemble.

Dan : Ton idée des 7 péchés capitaux, c’est un peu ça : si tu relâches ton attention un instant, eh bien, c’est là que les choses arrivent. On vieilli, et on a une meilleure vision des choses. Parfois, c’est douloureux, d’autres fois, c’est compliqué, mais au final, ça nous aide à retrouver le bon chemin.

Metal-Eyes : Merci beaucoup, je vous vois tout à l’heure sur scène !

Benji Weeb : Merci à toi. C’était bien ! Tu sais quoi : tes questions sont bonnes ! Tu poses de bonnes questions, tu provoques de bonnes réponses, j’ai adoré. Maintenant, fous le camp, bordel ! (rires)

Merci à Elodie Jouault et Pauline (Him Media)

 

HELLTERVIEW: THE DEAD DAISIES

Entretien THE DEAD DAISIES. Rencontre avec John Corabi (chant), David Lowy (guitare) et Brian Tichy (batterie) Propos recueillis au Hellfest le 17 juin 2017

The Dead Daisies

C’est en dernière minute ou presque que The Dead Daisies, au départ prévu pour ne donner qu’une conférence de presse, a décidé de rencontrer quelques journalistes sur place au Hellfest, dans une ambiance détendue. Une rencontre improvisée, dans la bonne humeur, avec l’un des groupes les plus chaleureux du moment !

 

Metal-Eyes : C’est votre premier Hellfest, quelles sont vos premières impressions, à chaud après votre concert?

John Corabi : Honnêtement, c’est un super festival. Je me suis baladé, j’ai regardé les décors, les bars, les tentes, la piscine, ici… C’est… C’est putain de génial, c’est vraiment cool. Je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est ma première fois, et j’ai vraiment adoré. On a eu un retour fantastique du public, la scène est superbe… j’ai hâte de revenir !

David Lowy : J’en avais déjà beaucoup entendu parler, mais ça dépasse tout ce que j’avais pu entendre… C’est géant : un super public, des installations superbes… C’est un privilège d’être ici.

Brian Tichy : J’ai pris une claque, mec ! Beaucoup de monde tôt dans la journée, du soleil, les gens sont très rock. J’ai passé un super moment !

Metal-Eyes : Bien ! Vous avez publié il y a quelques semaines Live & louder, qui est votre premier album live. Tout d’abord, merci d’avoir inclus au moins deux chansons enregistrées à Paris. Comment avez-vous choisi les chansons et les lieux qui figurent sur ce disque ?

John Corabi : Nous aurions sans doute pu simplement le faire avec un seul show, mais Doug (Aldrich, guitare) a tout écouté, chaque show, et on s’est dit que ce serait assez sympa de publier quelques chansons de cette ville, d’autres enregistrées ailleurs… Nous avons pris les meilleures versions et avons cherché à représenter l’Europe, et pas seulement une ville. Il y a Paris, Vienne, Londres, une ville en Allemagne aussi. Il y a 4 ou 5 shows sur ce disque. Nous voulions montrer l’énergie entre un groupe qui tire dans tous les sens et le public qui grossit à une vitesse incroyable en ce moment. Je pense que c’est le bon moment pour nous.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de Doug, la première fois que nous nous sommes rencontrés…

John Corabi : Ne parlons pas de Doug, parlons de moi! (rires)

Metal-Eyes : Nous allons parler de chacun d’entre vous… Au départ, donc, The Dead Daisies était présenté comme un groupe à configuration variable, musicalement, en fonction des disponibilités des musiciens. Il semble que Doug ait une place de plus en plus importante aujourd’hui, s’implique de plus en plus et que le line-up se stabilise, devenant ainsi un vrai groupe. Diriez-vous que The Dead Daisies est aujourd’hui un groupe à part entière ?

John Corabi : Honnêtement, c’est David qui devrait te répondre. Mais, de mon point de vue, quand j’ai intégré ce truc, il voulait vraiment fonder un groupe. Il a démarré ce groupe avec un gars qui s’appelle John Stevens, un chanteur incroyable, mais John était avec INXS, David faisait partie de différents groupes populaires en Australie. Je pense que quand ils se sont réunis, ils ont composé quelques chansons, ont utilisé les services de musiciens de sessions en studio et ont décidé, plus tard, de partir en tournée. En gros, ils ont fait les choses à l’envers. D’habitude, tu montes un groupe, tu jammes, tu composes, chacun apprend à connaitre les autres et, ensuite, tu enregistres un disque. En ce sens, il y a eu des souffrances, et la liste s’est allongée. Certains des noms de cette liste sont de très bons amis qui, pour une raison ou une autre, ne pouvait être là. La première tournée que j’ai faite avec le groupe, Brian ne pouvait être là, alors on a fait appel à Tommy Cluefedos, Richard (Fortus) a eu un accident de moto, on a fait appel à  Dave Leslie de Baby animals. Tous sont des potes qui sont venus donner quelques concerts. Mais David voulait un groupe et, aujourd’hui, il l’a ! Il en est très heureux, comme nous tous !

David Lowy : Oui, très. C’est très confortable. Il faut un peu de temps pour former et construire un nouveau groupe, que les choses s’imbriquent els unes aux autres. Je crois que la meilleure manière de décrire tout ça, c’est que nous adorons jouer ensemble, nous sommes très à l’aise. Nous avons composé de bonnes chansons, les avons enregistrées ensemble, tournons ensemble… Il a fallu un peu de temps, mais nous sommes parvenus à forger une équipe soudée. L’ensemble est bien plus agréable que la somme de ses parties, si tu comprends ce que je veux dire.

Metal-Eyes : Comme nous venons de le rappeler, deux chansons, au moins ont été captées à Paris. Quels sont vos souvenirs de ce concert parisien, au Trabendo, fin 2016 ?

John Corabi : C’est marrant, et surtout malheureux, mais nous avons joué deux fois en France, chaque fois quelque temps après une tragédie. Nous avons joué environ 10 jours après le Bataclan, et nous ne savions pas si nous devions jouer ou pas. C’est David qui a pris la décision, genre « on y va ! Merde, on ne laissera personne diminuer notre envie de jouer en France ! A chaque fois, nous avons eu un retour public extraordinaire. Je crois que les gens avaient besoin d’un peu d’amusement et de musique dans leur vie. La première fois, c’était après le Bataclan, la seconde, après les attaques de Nice. Nous avons été très surpris par la réaction du public. J’en ai parlé à notre management. Après notre premier voyage, j’ai reç cette lettre absolument incroyable d’un fan de Paris. Il disait, en gros : « marci beaucoup, vous êtes à mes yeux mes héros, pour venir jouer aussi rapidement après les attaques du Bataclan et jouer pour nous. » Il en avait besoin, et il a continué en m’expliquant qu’il était l’un des otages du Bataclan. Là j’ai pris ma claque, et je lui ai répondu en lui écrivant « Toi, tu es notre héros ! » Je lui ai envoyé plein de choses, des t-shirts, des machins en le remerciant, lui, d’être venu nous voir. Je ne sais pas si j’en aurais été capable. Paris a toujours été super, et il nous fallait représenter Paris sur ce disque.

Brian Tichy : Je me souviens de beaucoup de passion, et le fait que les gens soient ressortis après tous les événements dont a parlé John. Le concert en lui-même ? Paris rock, et nous sommes un groupe de rock, alors …

Metal-Eyes : Puisqu nous sommes au Hellfest, je vous ai préparé quelques questions sur l’enfer et le paradis. Tout d’abord, lequel des 7 péchés capitaux vous représente-t-il le mieux ?

David Lowy : Les 7 péchés capitaux ? Que sont-ils ???

Metal-Eyes : Allez, je savais qu’il faudrait les rappeler : la luxure, l’avarice, la gourmandise, la colère, l’envie, la paresse et l’orgueil.

David Lowy : Check, check, check… Tous!

John Corabi : Moi j’étais plus dans la luxure! Mais les autres aussi!

Metal-Eyes : Mais si vous deviez n’en retenir qu’un seul, ce serait lequel?

David Lowy : Ben, en réalité, comme tu le sais, ce sont les 7 premières chansons de notre prochain album ! Tu as trouvé les titres, c’est bien, bravo !

Brian Tichy : Pour définir le péché le plus correspondant, il faudrait déjà croire au péché.. Je n’ai pas envie de parler de religion aujourd’hui, alors je passe !

John Corabi : Et moi, je reste avec la luxure ! (rires)

Metal-Eyes : Ne parlons pas de religion, d’accord. De quoi va-t-on parler ? De politique ? Vous pensez quoi de votre nouveau président ?

John Corabi : Bon, ben… Euh, tu sais quoi? Parlons de religion ! (rires) Ce thème-là est un peu comme la religion…On oublie, on passe à autre chose !

Metal-Eyes : Y a-t-il une chose que chacun d’entre vous regrette avoir faite, avec The Dead Daisies ?

David Lowy (il rit) : Ce que je regrette ? Tu sais, c’est un voyage que j’ai entamé il y a un bon moment, et j’ai l’honneur que ces gars m’ait rejoint. Un voyage, c’est comme tout : il y a de bons moments, d’autres moins bons, ennuyeux, des joies et des regrets. Mais la meilleure partie de ce voyage, c’est que les fans soient avec nous. Nous voyons les choses ainsi : ce n’est pas nous sur scène, ce sont les fans dans le public, et ils participent, avec nous, à ce voyage de rock’n’roll.

John Corabi : J’ai volontairement retiré tous les rétroviseurs de ma voiture : je ne regarde pas en arrière, je regarde devant.

Brian Tichy : Je n’ai pas de regret ; Si je crois que je peux regretter quelque chose, je ne la fait pas, c’est tout.

John Corabi : Brian est un penseur, il ne fait jamais rien, il réfléchit toujours! Il est sans doute…bah… Il ne regrette rien parce qu’il ne commet pas d’erreurs !

Metal-Eyes : S’il est le penseur du groupe, vous êtes quoi, tous les deux,

John Corabi : Je suis le blagueur. David est le, le…

David Lowy : Je suis le pilote!

John Corabi : Ou Dieu, l’un des deux!

Metal-Eyes : Non, on vient de dire « pas de religion»! Vous aimez reprendre des chansons, si vous deviez ne choisir qu’une chanson à jouer à chaque concert jusqu’à la fin, ce serait laquelle ?

John Corabi : Waow! Je n’en sais rien, il faut que j’y réfléchisse! Il y a tellement de bonnes chansons… J’ai traversé la fin des 60’s et les 70’s, il y a tant de bonnes chansons, c’est impossible de répondre à cette question !

Brian Tichy : Je reprendrais Freebird (Lynyrd Skynyrd)tous les soirs. Si je devais reprendre une seule chanson, je reprendrais la meilleure, c’est tout.

Metal-Eyes : Tu as raison, John, c’est le penseur !

John Corabi : Tu me le demandais, et je peux te dire qu’il ne regrettera pas cette réponse.

Metal-Eyes : Dernière chose, vous allez profiter un peu du Hellfest ?

John Corabi : Honnêtement? On joue demain au Grasspop, alors nous allons terminer avec les medias, grignoter quelque chose et filer à l’aéroport. Nous avons une mission ! On a donné, je crois, 2 concerts en 12 heures…

David Lowy : On a fini de signer les autographes au concert d’hier à 1h du matin, et nous étions sur scène à midi trente aujourd’hui…

Metal-Eyes : Et vous ne refusez jamais les séances dédicaces…

John Corabi : Non !

David Lowy : Comme je l’ai dit, on fait, les fans et nous, le même voyage.

Metal-Eyes : Merci pour tout, et j’espère écouter bientôt un nouvel album…

John Corabi : Nous commençons à enregistrer le 1er novembre prochain, l’album sortira début 2018, et la tournée suivra.

Merci à Roger Wessier d’avoir pensé à Metal-Eyes !