Interview: SUPERSCREAM

Interview SUPERSCREAM. Rencontre avec Phil Vermont (compositeur, guitariste, producteur) et Eric Parriche (chanteur, auteur, scénographe…). Entretien réalisé à Paris, le 29 mai 2019

Metal-Eyes : Revenons un peu en arrière : Superscream avait été très remarqué avec son premier albm, Some strange heavy sound, mais depuis, 6 années se sont écoulées. Que s’est-il passé pendant cette longue période ? En dehors du changement de personnel…

Phil Vermont : Plein de choses… Ce qu’il faut comprendre, et à l’époque, on n’en a pas beaucoup parlé, c’est qu’à la base, Some strange heavy sound c’est un album qui a été conçu avec des side men, et, en gros, c’est moi qui délirait à l’époque sur mon ordinateur. Avec Eric, on travaillait dans un projet qui s’appelait Darjeeling, ça a très bien collé entre nous et on a eu envie de travailler ensemble sur ce projet-là, mais on n’avait pas prévu qu’il y ait une suite. On voulait juste sortir un disque pour se faire plaisir. Après, forcément, il a fallu monter une équipe live, répéter avec cette équipe, écrire de nouveaux morceaux, concevoir un show live… En gros, on n’avait pas du tout anticipé la charge de travail qu’il allait y avoir. Ensuite, on voulait ne pas reproduire les erreurs du premier album, et avoir tout de prêt pour ce nouvel album. Du coup, il y a eu des phases d’expérimentation, d’écriture, de choses comme ça…

Metal-Eyes : Quand tu dis « ne pas reproduire les mêmes erreurs », tu veux dire quoi ? Qu’est-ce qui représente une erreur pour toi ?

Phil Vermont : Je crois qu’il y a 8 morceaux sur Some strange heavy sound. Tout ce que tu entends, c’est tout ce que j’avais comme matière sonore. Sur The engine cries, ce que tu entends, ce sont des morceaux qui ont été sélectionnés dans une masse de morceaux que j’ai écris, ce qui veut dire que, potentiellement, on a de la matière pour enregistrer un album qui ne sortirait pas dans 6 ans. Par exemple ! (rires) Il y a aussi un DVD live qui est en cours, qu’on a enregistré avant  que l’album ne sorte, pour qu’il n’y ait pas trop d’écart entre la sortie de ce DVD et l’album. On a vraiment organisé les choses sur plusieurs années pour voir venir et entretenir l’énergie autour du groupe

Eric Parriche :  On a deux clips aussi qui vont arriver, qui ont été tournés en amont. Ça aussi, ça a demandé du temps. Il y en a un qui dure presque dix minutes, limite court-métrage, pour The engine cries, le morceau titre. Après, je ne verrais pas ça comme une erreur spécialement. Le premier album c’est fait comme ça, là n voulait juste procéder différemment. Maintenant qu’on prend les choses un peu plus au sérieux – ce n’est pas le bon mot – qu’on voudrait tourner, avoir une vraie équipe… Au début, ce n’était qu’un binôme, et c’est vrai que ça aurait pu s’arrêter là, et pour finir, on a décidé de continuer. Différemment.

Metal-Eyes : Vous étiez tous les deux, comme tu le rappelais, avec Darjeeling. Le fait qu’il y ait  eu un vrai impact positif avec Some strange heavy sound a fait que vous ayez décidé de laisser Darjeeling de côté pour vous concentrer sur Superscream ?

Phil Vermont : Darjeeling s’est arrêté avant la sortie de l’album. En fait, les tout premiers morceaux –Metal sickness par exemple – je en savais pas trop pour quoi ça allait être. Ça ne correspondait pas vraiment à Darjeeling. C’est Eric qui, à l’époque, gérait la direction artistique du groupe.

Eric Parriche : Musicalement, ça ne rentrait pas, ça ne fonctionnait pas avec ce que l’on faisait avec Darjeeling.  Pas vraiment metal, les textes étaient en français… du coup, ça engendrait une esthétique complètement différente. J’avais décidé d’arrêter ce projet, Phil avait ces quelques morceaux de côté… Phil, avec Darjeeling, a un peu renoué avec le rock et le metal qu’on ne faisait plus à l’époque et ça lui a donné l’idée de ce nouveau projet. Tu avais tes morceaux, je suis venu et je t’ai dit « allez, je vais te poser quelques lignes de chant, on va délirer un peu… » et c’est parti comme ça. J’ai mis le casque, j’ai improvisé et petit à petit, ça s’est construit dans sa tête.

Phil Vermont : Exactement. Sachant qu’on a procédé différemment pour le deuxième album.

Metal-Eyes : Justement, comment décririez-vous l’évolution entre ces deux albums ? 6 années, c’est pratiquement une vie pour un groupe…

Phil Vermont : Ca a évolué à tous points de vue. Concrètement, l’écriture a évoluée. Je voulais aller vers quelque chose de plus fédérateur, toujours avec ce côté world metal mais avec des chansons qui sont plus « existantes ».  Aujourd’hui, tu peux jouer quasiment tout The engine cries avec une guitare acoustique et Eric qui chante, ce qui n’était pas le cas de Some strange heavy sound On a évolué au niveau de la production qui, à mo sens, est bien plus réussie que sur le premier album. On a aussi procédé différemment pour l’écriture : j’ai pris en charge tout l’aspect musical et les lignes de chant, tandis qu’Eric a écrit tous les textes, à l’exception de deux. Maintenant, avec Eric, on se laisse des dossiers. Par exemple, il a complètement géré l’artwork, dont je suis très fier, il a géré complètement la production de l’album, tandis que j’ai géré la direction artistique et les aspects musicaux. Du coup, quand il tourne quelque chose en vidéo, je fais la musique… Tu vois, on est dans une vraie relation de confiance, encore plus qu’avant, et ça, ça fait avancer les choses.

Metal-Eyes :Il y a aujourd’hui une complémentarité qui s’est forgée avec le temps, donc.

Phil Vermont : Complètement ! Mais c’est vraiment du fait – je lui dis mais il ne le sait pas – c’est vraiment du fait d’Eric. Eric a vraiment vu où ça pêchait de mon côté et s’est simplement placé là pour faire telle chose. Forcément, ça booste l’affaire à 200% parce qu’on est bien plus complémentaires qu’avant.

Metal-Eyes :Tu parlais de la production, et c’est le seul point que j’ai relevé dans ma chronique : pour moi, elle n’est pas assez épaisse, grasse, pour ce type de musique…

Phil Vermont : Alors c’est complètement volontaire de notre part, et pour deux raisons. Déjà, il n’y a qu’un morceau joué à la 7 cordes, là où aujourd’hui, tout le monde joue à la 7 corde ou accordé très très grave pour avoir le son metal actuel. Moi, je ne suis pas hyper friand de ça parce que, du coup, tu as beaucoup de mal à sortir la basse du mix. Ensuite, dans beaucoup de morceaux qu’on fait, il y a des percussions. SI tu veux tout entendre et faire en sorte que tout fonctionne ensemble… Si tu retires les percus, il n’y a plus le truc qu’il faut. Pour que tout soit à sa place, il fallait une prod assez claire et brillante et qui n’aille pas trop dans un sens heavy metal actuel. Ça ne pouvait pas marcher. Avec un  morceau comme Evil cream, ça aurait pu marcher, mais pas avec le reste. Il y a autre chose, aussi : Eric a une très grande tessiture, et il ne faut pas oublier que si les groupes jouet très grave, c’est pour laisser la possibilité au chanteur de ne pas être obligé de monter dans les tours. Eric, lui, peut le faire, donc je n’ai pas de raison de m’accorder en Si.

Metal-Eyes (à Eric) : Tu couvres combien d’octaves ?

Eric Parriche : Euh, je ne sais pas du tout ! Excellente question… Je considère que l’important c’est de  bien chanter dans sa zone de confort, et peu importe la note la plus grave ou la plus aiguë qu’on peut atteindre. Maintenant, je comprends ta remarques sur la prod. Le choix de ne pas utiliser énormément d’effets, c’est vraiment (il s’adresse à Phil) une volonté de ta part. Je n’avais pas d’idée préconçue sur la question…

Phil Vermont : C’est complètement vrai, et c’est un constat sur le temps : les albums trop surproduits vieillissent souvent pas très bien. Tu prend l’album de Rage Against The Machine, Bombtrack : la prod n’est pas très saturée, les guitares sont hyper claires, ce qui fait que l’album traverse le temps. Nous, on a écouté ça dans les années 90, les mômes des années 2000, aussi, et ceux d’aujourd’hui continuent de l’écouter. C’est quelque chose qui peut  être très vrai avec les albums de Led Zeppelin. Alors que le son d’aujourd’hui se démode très vite… J’espère que The engine cries est un album qui vieillira bien et que dans 15 ans, les gens ne se diront pas qu’il a mal vieilli !

Metal-Eyes : On parlait du concept de l’Artwork tout à l’heure. C’est Stan W. Decker qui en est responsable mais, d’après ce que j’ai compris, c’est toi Eric qui a eu le concept en tête ?

Eric Parriche : Au départ, on ne savait pas du tout ce qu’on voulait. On a discuté de ce qu’on voulait mettre, quel type de pochette…

Metal-Eyes : Pour moi, c’est un peu Jules Verne rencontre Dali. Je suis oersuadé qu’il y a cependant beaucoup plus, qu’avez-vous voulu mettre dedans ?

Eric Parriche : Beau compliment… On avait un cahier des charges assez lourdement rempli – comme pour beaucoup de choses… –  et on avait envie que ce soit surréaliste, que ça fasse prog mais qu’il y ait une petite touche… humoristique. On s’est  inspiré de différents artistes. Un qui ressortait s’appelle (piste 13, 11’50 – rechercher nom) Caras Ionote (je crois que ça se prononce comme ça), qui fait des montages photos et d’autres choses. C’est un artiste de l’est. On  a essayé avec lui mais, malgré son talent, ce qu’il a fait ne nous convenait pas…

Phil Vermont : C’est un artiste, en fait, pas un gars spécialisé dans les pochettes, donc, du coup, il n’avait pas forcément le savoir faire d’un graphiste. Ça ne fonctionnait pas…

Eric Parriche :  Ca nous a donné l’impulsion de départ pour travailler avec Stan W. Decker qui a tout de suite compris ce qu’on voulait. On lui avait fait des montages avec nos moyens et avec des exemples de ce qui nous intéressait ou pas. J’avais envie qu’il y ait des remous, qu’il y ait de la matière liquide, aussi pour répondre à l’aspect de la Evil cream qu’on utilise dans cet album, et aussi en live. C’est une matière que j’ai inventée, un peu mystérieuse et dont je ne révèle pas  tous les effets…

Phil Vermont : Il vaut mieux pas, d’ailleurs !

Eric Parriche :  Non, on ne verra les effets en live. Pour révéler un petit truc, j’en consomme au début du concert. Ça a des effets… particuliers. Pendant tout le concert.

Metal-Eyes : Justement : un album, ça se défend sur scène : qu’est-ce qui est prévu ?

Phil Vermont : Le problème qu’on a avec cette question (rires), c’est qu’il y a des choses prévues mais qu’on ne peut pas y répondre ! Il n’y a pas de tournée prévue pour l’instant, mais quelques dates en première partie, mais on ne peut dire qui car rien n’est encore officiel. On va cependant essayer de tourner un maximum pour défendre l’album. On a réussi à mettre toute une équipe en place pour Superscream, mais on n’a pas encore de tourneur. Du coup, on essaye de gérer ça pour déléguer le tout à quelqu’un dont c’est le métier de gérer le booking. En fait, c’est notre politique : déléguer chaque chose à quelqu’un dont c’est le métier pour que ce soit fait le mieux possible. En tout cas, on pourra retrouver sur scène rapidement.

Metal-Eyes : E ce qui concerne  l’album lui-même : il y a beaucoup de choses : du rock, du prog, des influences orientales, metal. Qu’avez-vous voulu mettre dans The engine cries ?

Phil Vermont : Eh bien, tout ça ! Pour la petite histoire, c’est mon métier d’être musicien. ET j’ai  eu la chance de travailler dans plein de trucs différents, mais vraiment. De la bossa nova au metal, et j’avais envie de mettre tout ça dedans. Je suis aussi un amoureux des voyages – dès que je peux, je vais voir ailleurs comment ça se passe – et j’aime bien l’idée du voyage musical. Un album court où tu as envie de rappuyer sur play, qui te permette d’aller dans plein d’ambiances. Je crois que le premier qui m’a donné envie de faire ça, c’est Steve Vai avec un album live pour lequel il avait écrit un morceau par pays où il était allé. J’avais trouvé le concept génial. Après, le concept même de la musique de Superscram est né à Budapest, où j’étais en tournée. J’avais vu un gars qui jouait de l’accordéon avec des grosses guitares metal et j’avais trouvé ça génial. Je n’avais jamais entendu un truc pareil, même si aujourd’hui ça existe. Mais à l’époque, je m’étais dit qu’il y avait énormément de ponts entre les musique et qu’il suffit juste de bricoler un peu pour trouver le truc…

Eric Parriche : Au départ, j’aimais bien ce concept. On s’était d’ailleurs définis comme faisant du world metal et au final, on se rend compte que c’est plus du metal progressif, avec comme spécificités d’utiliser des musiques traditionnelles, etc…  Aussi, ça permet d’utiliser des voix différentes. Je me considère comme un chanteur à tout faire : selon les morceaux, je n’utilise pas forcément la même voix, parfois je chante plus nasal, d’autre plus metal ou plus clair, et ça m’allait bien de m’amuser un peu avec tout ça, de modifier ma voix. C’est ce qui est cool avec Superscream, la possibilité de ne rien se refuser. Parfois, ça engendre quelques complications…

Phil Vermont : Je rebondis là-dessus : « rien se refuser », ce n’est pas tout à fait le cas. Pour que ça marche, on est obligés de se refuser plein de choses. Par contre,  le truc que tu veux emboiter avec l’autre, ça ne marche pas toujours. Il faut le faire avec beaucoup de minutie et baliser le tout. On essaye d’expérimenter beaucoup, et là, on ne se refuse rien. Quand on monte le bazar en vrai, on est obligés de tailler dans le vif.

Eric Parriche : Le kazoo, on n’a pas encore réussi à le caser…

Metal-Eyes : Le triangle ?

Phil Vermont : Le triangle, Je crois qu’il y en a déjà !

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de ce disque pour expliquer ce qu’est Superscream aujourd’hui, ce serait lequel ?

Phil Vermont sans hésiter): The engine cries. C’est marrant d’ailleurs que tu nous pose cette question parce qu’on vient de faire un clip et on voulait vraiment que le premier morceau qui soit « clippé » soit représentatif de notre univers. Je le trouve représentatif parce que, déjà, il met en lumière tous les musiciens du groupe – et j’aime bien cette idée. Il y a la dimension world metal – c’est un morceau assez lourd, un refrain heavy, tu as tout le développement instrumental sur la deuxième partie – et, c’est un peu le bonus, tu as une fin qui reste en suspend, tu ne sais pas ce qu’il va se passer après.

Eric Parriche : Après ce n’est pas évident de décider d’un seul morceau représentatif. On a des morceaux tellement différents…

Phil Vermont : Mais il y a deux lignes directrices dans Superscream : le côté world metal dont on a déjà beaucoup parlé, et les morceaux de fans. Un titre comme Evil cream rentre dans les standards du prog, par exemple. L’idée de Superscream, c’est de développer les deux en même temps, de sorte que l’auditeur puisse trouver ses repères, qu’il connait déjà et qui nous ont fait tripper – et le feront tripper aussi, on espère – et cette dimension un peu plus expérimentale. On essaie de réunir le deux. En fait (il rit) la bonne question à nous poser ça aurait été « quels sont les deux morceaux ? »

Eric Parriche :

Metal-Eyes : Donc tu es en train de me dire que ma question n’est pas bonne…

Phil Vermont : Non, on, elle est très bien ! Mais pour Superscream, il en faut deux…

Metal-Eyes : Tu sais que la définition de « choisir » c’est « renoncer à » ?

Phil Vermont : Oui, mais, ça, j’ai du mal !

Eric Parriche : Beaucoup de mal…

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous considérez Superscream comme un grouoe à part entière ? Une entité ?

Phil Vermont : De ce point de vue, oui, clairement. Si tu viens nous voir en live, tu verras qu’on et branchés sur la même longueur d’ondes, qu’on travaille vraiment comme un groupe. Même pour tout le reste. On parlait tout à l’heure de nos rôles respectifs, Stéphane lui s’occupe de l’internet… On a tous plusieurs casquettes, tout le monde met les mains dans le camboui pour faire fonctionner le groue. Ensuite, là où certains ont des véléités pour composer ensemble, nous préférons déléguer. « Ca, tu sais bien faire, alors fais le ». On cherche à utiliser les capacités de chacun à son meilleur niveau et fédérer autour de ces projets. Et ça fonctionne plutôt bien.

Eric Parriche : Au début ce n’était pas une équipe fixe. Maintenant, on est ensemble depuis 4 ans, c’est quelque chose qui se précise.

Metal-Eyes : Alors quelle pourrait être la devisede Superscream aujorud’hui ?

Eric Parriche : Vers l’infini et au dela, non ? (rires) On nous l’a pas faite encore celle-là… (A Phil) C’est toi le leader, vas-y !

Metal-Eyes : Comment il se défausse !

Phil Vermont : Oui, ça me plait bien, le côté on est prêts à partir à la conquête du monde ! Il y en a plein qui pourrait convenir.  J’aimerai bien quelque chose qui aille vers les autres. Je voudrais bien développer un concept d’ouverture, en fait. Pas de fermeture que tu peux trouver chez certains metalleux qui ne se voient pas faire autre chose que ce qu’ils font. Très bien, mais nous, on veut aller vers les autres…

Metal-Eyes : Comme tu le disais tout à l’heure construire des ponts. Pas des murs…

Phil Vermont : Tout à fait. Et l’air de rien, on commence pas mal à se mordre la queu au niveau musical. On n’a jamais eu autant de productions et, paradoxalement, jamais autant qui se ressemblent. Et, à mon avis, la seule manière d’aller au-delà de ça, c’est de mélanger les genres. Haken, par exemple, ils ont plus loin, ils essaient d’amener le truc ailleurs que tous les clones de Dream Theater. Notre devise irait plutôt dans le sens de l’ouverture.

 

Interview: HYPERDUMP

Entretien HYPERDUMP. Rencontre avec Holyv (guitare) et Gaël (batterie). Propos recueillis à Paris le 16 mai 2017

 

Metal-Eyes : Comme vous avez déjà dû le faire 15 fois aujourd’hui, pouvez-vous me raconter l’histoire du groupe, comment vous vous êtes formés, d’où vous venez…

Holyv : Tout commence en 2007. A l’époque, Julien, Sylvain, à la basse, et moi-même voulions faire un nouveau groupe. A cette époque, on jouait dans un groupe de heavy metal, et on est tous fans de Devin Townsend, Strapping Young Lad… et on a voulu monter un projet qui s’en rapprochait et c’est comme ça qu’est né Hyperdump. On a sorti une première démo en 2007 qui n’a pas été vraiment commercialisée – c’était plus pour trouver notre style – et notre premier album en 2012. Fred nous a rejoint à peu près à cette période, à la seconde guitare. Un an après on a sorti un Ep qui s’appelle Saint Critism. Gaël nous a rejoints en 2015 et là, on sort notre nouvel album, The weak man.

Metal-Eyes : Qui fait référence à un célèbre jeu télévisé ?

Holyv : Euh… Non, pourquoi ?

Metal-Eyes : Le maillon faible ?

Holyv : Ah, oui (rires) ! Ça aurait pu c’est vrai, mais non ! C’est un concept album, d’après une histoire inventée par Julien, plutôt style SF, fantastique, inspirée par des auteurs comme Lovecraft. Visuellement, ça s’apparente plutôt aux années 30, 40. Grosso modo, c’est l’histoire d’un homme, le héros, qui est en prison, et il y a des démons et créatures maléfiques. Il se réveille mais ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé. Les morceaux qui suivent racontent ce qui s’est passé – en gros, que son frère a fomenté une révolution pour le faire sortir de cette prison – et le personnage principal va vouloir, à son tour, prendre la tête de la révolution pour se venger de la mort de son frère. A la fin il y a une révélation finale qu’on ne dévoilera pas ici.

Metal-Eyes : Quels sont les invités sur cet album, justement ?

Holyv : Entre autre, Blaze Bailey, ancien chanteur d’Iron Maiden, Guillaume Bideau, ancien chanteur de Mnemic, Scars et One Way Mirror, Arno Strobl de Carnival In Coal, Marc Bazil, le chanteur de DGM, groupe de prog italien… Et on a aussi des proches : l’ancien prof de chant de Julien, Kamel, un ami qui a aussi participé aux textes…

Metal-Eyes : J’imagine que vous avez ravaillé à distance pour la réalisation de cet album, ou vous avez réuni tout le monde ?

Holyv : Non, on a beaucoup travaillé à distance. On a envoyé une maquette, le chanteur a enregistré ses voix qu’on a intégré au mix…

Metal-Eyes : La technologie moderne le permet facilement. Quelles sont vos influences principales ?

Holyv : On a des influences très variées dans le groupe : Julien, par exemple, n’écoute pas de metal, moi, ça va de Dream Theater à Behemoth…

Gaël : Moi, Gojira, Slipknot…

Metal-Eyes : Je n’ai eu le temps d’écouter votre album qu’une fois. C’est donc l’occasion pour vous de me le vendre : qu’est-ce qui fait que je vais aller l’acheter dès sa sortie ?

Holyv : On pourrait dire que c’est un album de metal varié, rentre dedans, pêchu et mélodique. C’est un concept album mais pas dans l’esprit chiant de la chose, avec des morceaux qui durent 20’. Nous, on voulait que ça puisse s’écouter d’une traite, chaque chanson indépendamment. C’est assez accessible.

Metal-Eyes : Comment qualifierais-tu votre style ?

Holyv : On n’aime pas les étiquettes, mais metal moderne s’en rapproche pas mal. Après s’il faut vraiment coller une étiquette, ce serait prog, pourquoi pas…

Gaël : Avant d’entre dans le groupe, on en avait parlé. J’écoutais leur premier album sur lequel certains riffs me font penser à du Slipknot…

Metal-Eyes : … Ce qui n’est pas tout à fait progressif !

Gaël : Non, non, en effet.

Metal-Eyes : Votre éducation musicale, maintenant : comment s’est-elle faite ? Venez-vous d’un milieu musical, avez-vous pris des cours, y avait-il beaucoup de musique à la maison ?

Holyv : Je ne viens pas du tout d’un milieu musical. Je n’écoutais pas de musique, je n’envisageais pas de jouer de la guitare, et un jour, j’ai découvert Metallica à la radio et je me suis dit « je veux faire ça ! » C’était un morceau du Black album, mais je ne sais plus lequel. J’ai acheté une première guitare classique qui coutait trois fois rien, et quand mes parents ont vu que je m’y intéressais vraiment, ils m’ont acheté ma première guitare électrique et je m’y suis mis à fond. J’écoutais Malmsteen, Dream Theater…J’ai toujours appris tout seul et je ne me suis jamais arrêté.

Metal-Eyes : Et toi, Gaël ?

Gaël : Pareil : personne n’écoutait de musique. C’est un de mes amis qui m’a fait découvrir Slipknot au tout début. Avant j’étais plus branché rap américain, et j’ai eu un déclic, j’ai changé de bord ! C’est le batteur de Slipknot, Joey Jordisson, qui m’a donné envie de devenir batteur. Et je n’ai jamais arrêté non plus. J’ai pris des cours pendant un an, mais l’école a fermé. J’ai continué, en autodidacte, et maintenant, c’est une drogue. A l’automne prochain, je rentre au Music Academy International, pour un programme de 35 heures de batterie, une année de batterie, en gros.

Metal-Eyes : Tu es rentré quand dans Hyperdump ?

Gaël : Il y a deux ans maintenant…

Metal-Eyes : Donc on peut dire que vous avez trouvé un certain équilibre, que le groupe est une entité. Alors, en tant qu’entité, quelle pourrait être votre devise ?

Holyv : On ne se fixe aucune limite. « Pas de limite ». Ça peut s’entendre dans l’album, parfois certains passages sonnent oriental ou jazzy… A partir du moment où c’est cohérent, où ça sert le propos de l’album, on ne se demande pas si c’est metal, si ça rentre ou pas… Si ça nous plait, on garde, c’est tout !

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de The weak man pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Hyperdump, ce serait quel titre ?

Holyv : History, sans doute, parce qu’il y a un peu tout. Il y a le refrain un peu mélodique, le riff est pêchu – du coup, ça ferait un peu penser à Slipknot. Ça représente bien les différentes facettes du groupe.

Gaël : Moi, ce serait le dernier titre, Circling down the drain, parce qu’elle est pêchue, certains riffs t’entraînent vraiment, et restent vraiment dans le crane

Metal-Eyes : Une dernière chose : un disque ça se défend aussi sur scène, alors quels sont vos projets ?

Holyv : Pour le moment, on n’a donné qu’une date, mais en juin il y a le Black Pearl fest, dans l’Oise. On est en train de monter un projet dont le but est de faire une tournée en septembre. On contacte les assos, on démarche, et on voudrait que ce soit vraiment abouti sur scène. On voudrait coller au visuel su disque, on aura les vêtement et tout ça… On est en train de préparer quelque chose pour tourner en septembre.

Metal-Eyes : Donc il y a le concept musical et le visuel que vous développez…

Holyv : ça va même au-delà puisque Julien, qui fait du dessin et de la BD, va commencer, à partir de juin, à poster le concept, les personnages….

Metal-Eyes : Et sur scène, il y aurait aussi des invités ?

Holyv : Pff… On adorerait pouvoir les faire venir. Kamel serait partant pour venir chanter, les autres, on verra s’ils sont disponibles, autrement, on a les samples. C’est quelque chose de très important pour nous, on sera en concert avec les samples, c’est sûr.

 

 

Interview: BARE TEETH

Entretien BARE TEETH. Rencontre avec Titouan (guitare). Propos recueillis à Paris le 11 mai 2017

Metal Eyes vous a présenté il y a peu de temps le premier album des Français de Bare Teeth, First the town, then the world. Nous sommes logiquement allés à la rencontre des jeunes musiciens pour en savoir un peu plus sur cette ambition justifiée.

Metal-Eyes : Je découvre le groupe avec votre album, First the town, the the world, donc commençons de manière classiqeu : peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Titouan : Tout à commence il y a deux ans et demi, quand je suis arrive à Lille. J’avais vu une annonce de quelqu’un qui cherchait à former un groupe. C’était Greg, notre chanteur dont la formation précédente s’est arrétée d’un coup. Il avait encore pas mal de compos qu’il souhaitait pouvoir exploiter, et l’idée était, sur la base de compos déjà existantes, de les réarranger afin d’en faire quelque chose. Je suis arrivé, il y avait déjà ces compos – il y avait un autre bassiste à cette époque qui est parti l’an dernier,  on a trouvé depuis Tom. Et Jérôme nous a aussi rejoints à la batterie, après plusieurs changements, là aussi – et c’est comme ça qu’on a commencé à travailler sur ces compo. Chacun a amené sa patte, et on a aussi commencé à composer tous ensemble. Et cet Ep sort maintenant dans une semaine, le 19 mai.

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences principales?

Titouan : On a tous une base commune, le punk des années 90 qui nous a réunis pour ce projet de groupe.

Metal-Eyes : C’est un peu vaste comme style, quells groups plus particulièrement?

Titouan : plutot le skate punk, No FX, Propagandy et les grands un peu clichés, Sum 41, Blink 182 qu’on écoutait quand on était ados… Une musique qui nous parlait et qu’on aime faire… bad Religion, The Offspring, arrangé à notre style. J’avais commencé le metal, quand j’étais jeune, avec le hardcore, et, curieusement, le hip hop.

Metal-Eyes : Pourquoi “curieusement”?

Titouan : C’est peut-etre pas ce qui se resent à l’écoute de ce qu’on fait…

Metal-Eyes : On voit cependant pas mal de groups qui mélangent les genre et le résultat est probant… Quelle a été ton education musicale? Y avait-il beaucoup de musique à la maison, as-tu pris des cours?

Titouan : C’est marrant: en fait, mon père m’a fait écouter du rock quand j’étais tout petit. Il m’a fait écouter Hendrix quand j’avais 4 ans, il aimait tout le rock vintage des années 60, 70. Mais bon, jouer de la musique ? J’y comprenais rien, j’aimais bien en écouter m’ai-je n’avais jamais envisagé d’en jouer. J’étais nul en éducation musicale (rires). Et un jour, à l’aube de l’entrée au lycée, avec deux de mes meilleurs amis on s’est dit « allez, on achète tous un instrument et on essaie de faire quelque chose ! »On a chopé deux guitares et une basse, on a fait un groupe, on est parti de zéro et c’était absolument atroce au départ ! Mais on a appris à jouer ensemble, on s’est soutenus les uns, les autres et voilà où on en est aujourd’hui.

Metal-Eyes : Donc c’est plus une auto motivation, autodidacte par la motivation des autres…

Titouan : Tout à fait. J’ai pu prendre plus tard des cours pour consolider certaines choses, pour comprendre te aller un peu plus loin dans la musique – des gammes de guitares et des trucs comme ça – mais au final, je ne saurai pas lire une partition.

Metal-Eyes : Sur le disque, vous êtes mentionnés, Greg, Tom et toi à la guitare et la basse et au chant. Vous vous êtes partagé le chant ?

Titouan : Pour cet Ep, Greg est chanteur principal. Il n’y a pas, à ma connaissance, de partie où Tom et moi chantons seuls. On fait les chœurs, mais à l’avenir, on envisage d’avoir une répartition plus égale des voix.

Metal-Eyes : Vos dents, elles sont longues comment, pour appeler ainsi votre disuqe : « d’abord la ville, ensuite le monde » ?

Titouan : Moi, j’ai des petites dents mais aussi des ambitions ! C’est un peu le délire de l’album. Même si on joue dans des bars maintenant, on n’envisage pas forcément des stades dans 5 ans, mais un bar à l’autre bout du monde, pourquoi pas ?

Metal-Eyes : C’est quoi « l’autre bout du monde » ?

Titouan : Le Japon, ça peut être sympa… On a potentiellement des contacts pour y jouer, donc on va creuser.

Metal-Eyes : Qu’avez-vous mis dans ce Ep qui, pour moi, est plus proche d’un album – 7 titres et 1 bonus…

Titouan : Il est vrai… On a mis toutes nos compos qu’on pense être abouties. On a d’autres compos en ce moments mais pas terminées, donc on préfère celles dont on est sûrs, et ça fait un petit format abordable. Peut-être que ça nous permettra de sortir à nouveau quelque chose biebntôt plutôt que de devoir attendre longtemps. Le but était de sortir un peu plus qu’un Ep, pas forcément un album, qui ait du bon contenu, dans un format beau et abordable.

Metal-Eyes : En tant que groupe, il y a une certaine unité j’imagine. Quelle pourrait être la devise de Bare Teeth ?

Titouan : Ah, c’est une excellente question ! C’est la première fois qu’on me la pose ! Quelle pourriat être notre devise ??? Ca va pas être sérieux du tout (il réfléchit longuement)

Metal-Eyes : On y reviendra après, alors ! En attendant, une question qui fâche : c’est quoi ce machin (je lui tends le livret du CD) : 4 pages, il n’y a même pas vos photos, un gars comme moi, même avec mes lunettes, j’ai du mal à lire tellement c’est petit…

Titouan (un peu gêné) : C’était pratique. Ce n’est pas la première fois que je vois ça, un livret avec uniquement les paroles, et si les gens veulent voir nos tronches, ils peuvent venir en concert !

Metal-Eyes : C’est pas faux, ou alors aller sur votre site sur lequel il n’y a rien ! J’y suis allé tout à l’heure, et ça m’a sorti une « erreur 500 »…

Titouan : Ah oui ? Le facebook fonctionne, lui, mais c’est bien de me le signaler, on va y remédier. Je vais le signaler à notre chef informaticien. La plupart de notre activité se passe cependant sur Facebook.

Metal-Eyes : Tu parlais à l’instant de concerts. Un groupe de rock, un disque, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets en la matière ?

Titouan : On a déjà donné pas mal de concerts dans notre région. On a un show en juin et une tournée – 6 jours sur 7 – au Royaume Uni. On va parcourir du sud au nord, et on revient en Belgique en juillet. Après, on a tous des indisponibilités pendant la période estivale – on va lever le pied. On revient en septembre dans la région lilloise et en Belgique, et on prévoit une tournée plus conséquente à partir de novembre. Qui devrait concerner l’Europe en général.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de First the town then the world pour expliquer ce qu’est Bare Teeth à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Titouan : Le plus simple, ce serait Parted ways. D’abord parce que c’ets celui qui vient de sortir en clip, et aussi parce que c’est celui qui est le plus représentatif de ce style punk des années 90 : des rythmes rapides, beaucoup de voix, d’harmonies vocales. Il me semble que c’est celui qui représente le mieux notre entité du moment.

Metal-Eyes : Revenons à votre devise : as-tu pu y réfléchir ?

Titouan : J’en ai presqu’une… Non, c’est ridicule ! (Il réfléchit de nouveau) Ce serait une devise de tournée, un truc débile : « des bières, des bifis et Mozinor! ». On adore ses parodies sur internet !

 

Interview: DRAGONFORCE

Entretien DragonForce. Rencontre avec Frédéric Leclercq (basse). Propos recueillis à Paris le 4 avril 2017

Metal-Eyes : Revenons un peu en arrière, au mois de juin dernier. Si je me souviens bien, tu fêtais ton anniversaire lors du passage de DragonForce au Hellfest et tu as invité le public à venir boire des bières avec toi. Tu as fini dans quel état ?

Frédéric Leclercq : En fait, je ne suis pas ressorti… On a juste fait une séance de dédicaces, les gens m’apportaient des bières, j’avais déjà commencé avec d’autres choses dans les loges et je n’étais pas super clair. En fait, pendant trois jours, on n’a pas été très clairs avec ma copine. Et on est reparti, on a continué… C’est un peu traditionnel : on fête ça là bas, et ensuite on continue sur Paris. Là, on est allés au resto, on s’est fait, je crois, une raclette…

Metal-Eyes : En plein été, pas mal !

Frédéric Leclercq : Ah, j’avais envie d’une raclette, c’est mon anniversaire, je fais ce que je veux ! C’était bien lourd, bien comme il faut. Je ne suis jamais très clair quand je suis au Hellfest !

Metal-Eyes : Parlons de votre album. Je n’ai pas encore écouté une seule note de ce  disque…

Frédéric Leclercq : C’est dommage…

Metal-Eyes : C’est dommage, mais ça va venir. En revanche, ça va te donner l’occcasion de jouer le VRP pour DragonForce et de m’expliquer ce qui fait qu’en sortant d’ici, dès la sortie de l’album j’irai l’acheter.

Frédéric Leclercq : Alors, pourquoi ? Pourquoi vas-tu l’acheter ? Euh… C’est pas évident, je ne vais pas te forcer la main…

Metal-Eyes : Donne moi envie, c’est tout !

Frédéric Leclercq : ouais… il est bien, j’ai tout composé ! J’ai composé les ¾ de l’album. Il y a 11 morceaux sur la version normale, et j’en ai composé 8 et 1 en partenariat avec Sam. Du coup, j’ai un peu cassé le moule de DragonForce, là où avant c’était tout le temps des morceaux rapides de A à Z. J’ai fait un peu ce que je voulais et comme je ne suis pas fan de power metal à la base, je suis plus allé chercher dans le metal traditionnel, le thrash ou le death, et du coup, avec la personnalité forte des autres musiciens, ça reste du DragonForce. C’est ce qui est bien : on a réussi à faire quelque chose d’homogène, sans que ça parte dans tout les sens. C’est homogène, tout en étant plus varié qu’avant, et honnête au niveau la démarche. Je me suis fait plaisir, aussi, avec telle partie qui me rappelle Fear of the dark, telle autre m’évoque un morceau d’Annihilator… J’ai écrit un long morceau, Edge of the world, qui est pour moi une sorte de condensé, comme Seventh Son, ou des morceaux de Cradle ou My Dying Bride… J’ai réussi à amené ça au sein du groupe. Ce morceau commence et se termine par une intro et une outro acoustique, un peu comme l’album Seventh son. Je suis allé chercher dans mes premiers amours du style, du metal pour remettre ça dans un album avec la production actuelle et les musiciens de DragonForce. Je pense que le résultat est vraiment bien donc achète le s’il te plait ! (rires)

Metal-Eyes : Il s’est écoulé trois ans entre vos deux derniers albums, un peu plus que d’habitude. Tu viens de donner une partie de l’explication – une nouvelle façon de composer – mais y a-t-il eu autre chose, un coup de flemme, un manque d’inspiration ?

Frédéric Leclercq : Non, non. On est partis en tournée assez longtemps pour l’autre album, on a sorti le best-of…

Metal-Eyes : … et le live.

Frédéric Leclercq : Et le live. Tout ça dure assez longtemps. Tu tournes, tu rajoutes des concerts, il faut trouver le temps que le producteur soit disponible, aussi, ce n’est pas que nous. Après il y a tout un processus de promo qui doit se mettre en place avant la sortie de l’album… En ce qui me concerne, l’inspiration est venue assez facilement, même si c’était à une période où j’étais assez occupé puisque j’ai mon autre groupe, Sinsaenum, je tourne avec Loudblast en ce moment, ensuite il y a un tribute à Massacra, je travaille sur un autre album de Sinsaenum… J’ai plein de musique en tête, mais là, il nous fallait simplement un peu de temps entre Maximum overload et Reaching into infinty, qui a été composé en 2015, enregistré en 2016 et qui sort là, en 2017. On a été plutôt vite, en fait.

Metal-Eyes : L’évolution dont tu parlais et dont tu es en grande partie responsable a été, j’imagine, sujet de discussions avec les autres membres du groupe, mais comment ça a été accepté par votre label ?

Frédéric Leclercq : Ils n’ont aucun regard sur la musique. On n’a jamais eu de remarque d’un label ou d’un autre concernant nos choix artistiques, et c’est établi dès le départ : « on fait notre musique, foutez-nous la paix et occupez vous de votre métier ! » On a notre propre maison de disque et on travaille en licence avec Metal Blade aux Etats-unis, E.a.r. music en Europe, et ils ont tous apprécié l’album précédent sur lequel j’avais commencé à tout co-composer avec Sam. On commençait déjà à prendre la direction actuelle. Maximum overload a reçu un excellent accueil public et critique, du coup ils étaient content et je crois qu’ils le sont encore. Je n’ai pas discuté avec eux des morceaux, ils ne m’ont pas dit s’ils aiment ou pas… Mais ça ne m’intéresse pas trop de savoir ce qu’ils en pensent. Eux, ils faut qu’ils fassent leur travail de presse, qu’ils défendent l’album… Leur boulot c’est ça, même s’ils n’aiment pas. Ce n’est pas à eux de nous dire qu’on aurait dû faire ça différemment. Je leur poserais la question quand même.

Metal-Eyes : Tu disais avoir composé la majeure partie des morceaux…

Frédéric Leclercq : Et Sam a composé le reste, oui.

Metal-Eyes : Quel est le rôle des autres dans la conception de l’album ?

Frédéric Leclercq : Au niveau de la musique, je compose tout de A à Z puisque je joue de divers instruments. En enregistrement, je joue aussi la guitare rythmique parce que je sais ce que je veux et que ça va prendre plus de temps… La batterie, je la programme, pour le clavier, j’ai quelques idées, mais chacun apporte sa touche. Pour les solo, pareil, j’ai des idées mais… je note « solo, là » et démerdes-toi ! Pour les paroles, j’ai quelques idées et on les peaufine avec Marc, le chanteur ; on commence toujours par la musique, j’ai les bases, définies le plus près possible du résultat final, et chacun apporte sa touche.  Quand il s’agit de musique, j’aime quand c’est travaillé. Mais il ne faut pas être buté non plus, c’est pour ça que c’est bien de travailler avec un producteur : c’est lui qui te dit quand on coupe, quand ça passe pas. Edge of the world, qui dure 11’, était plus long à la base, et notre producteur nous a fait comprendre que cette partie n’apportait rien, n’avait pas lieu d’être. J’accepte aussi la critique quand elle est constructive.

Metal-Eyes : Tu parlais de ce que tu a ajouté à cet album, un peu moins de vitesse pour de la vitesse, plus de mélodie, mais comment, en dehors de ça, comment décrirais-tu l’évolution entre vos deux derniers albums ?

Frédéric Leclercq : Entre Maximum overload et Reaching into infinity ? C’est un peu ça, un passage à mes influences et celles de Sam, un peu dans une écriture à 4 mains – ou à 2 mains – 2 personnes qui co-écrivent. L’évolution est surtout dans le fait que j’ai eu quartier libre. Ça reste du DragonForce à l’ancienne, mais avec encore plus d’éléments nouveaux. L’ancien apparait sporadiquement, principalement dans les morceaux que Sam à composés, du coup, c’est rafraichissant, parce que là où c’était tout le temps comme ça, maintenant, il n’y en a que deux, de ces titres rapides.

Metal-Eyes : Donc DragonForce est un groupe qui continue d’évoluer même s’il reste dans un certain carcan que l’on reconnait.

Frédéric Leclercq : Oui, on reconnait bien. Mais je pense qu’il est important de tester de nouvelles choses et d’explorer de nouveaux horizons. Pour nous, parce que c’est important de se faire plaisir, même si on reviendra peut-être à ce que l’on faisait avant… Des morceaux rapides de 5’, on l’a fait sur tous les albums, on n’a plus rien à prouver aux gens à ce sujet. C’est plus intéressant pour nous d’apporter du prog, du death… Et le chant a évolué aussi. Avant, Marc chantait, mais n’interprétait pas forcément. Tu sais, à la Dickinson sur 22 Accacia avenue, quand il chante « madness, sadness », il le vit, et je voulais que Marc interprète vraiment. Avant, ce n’était pas possible tellement c’était rapide. Ça ferait schizo… (rires) Il n’y avait pas la place pour ça. Maintenant, on a ralentit le tempo sur certains morceaux, et le faire vivre les paroles, ou le faire chanter un peu plus thrash, ou encore une partie totalement death. Sa palette de voix s’est vraiment ouverte, et je pense que pour les fans c’est une bonne surprise. Tu vois, là je te le vends bien l’album (rires) !

Metal-Eyes : Justement, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de Reaching into infinity pour expliquer ce qu’est DragonForce aujourd’hui, quell serait-il?

Frédéric Leclercq (il réfléchit longuement): Le réduire au long morceau qui est atypique, ce serait prendre un risqué, parce qu’on n’est pas que ça… Peut-être, c’est un morceau qui me tient à cœur… C’est pas évident… Peut être Curse of darkness, mais ça montre un seul côté du groupe. Je pourrais t’en citer plusieurs, mais un seul, c’est difficile, parce qu’ils ont chacun leurs particularités, quelque chose qu’on avait déjà développé sur l’album précédent. Des côtés très mélodiques qu’on avait développé pour le Japon, Astral empire c’est bien, j’y ai mis un passage à la Annihilator (avec l’accent) – maintenant je vais tout faire avec l’accent (rires) – mais ça ne se résume pas qu’à ça… Je pourrais te citer un des morceaux de Sam, mais il n’y en a plus tellement des comme ça. Par contre, les morceaux que j’ai composés, c’est pas évident de n’en sortir qu’un seul.

Metal-Eyes : Quel est le plus surprenant comportement de fan dont tu ais été témoin à ton encontre ou à celle du groupe ?

Frédéric Leclercq : Il y a une fille qui avait raconté que le chanteur l’avait violée. Elle nous envoyait des lettres, puis, après, des emails, et elle était clairement timbrée, le chanteur ne lui avait rien fait mais elle était persuadée de ça. C’était aux Etats-Unis, elle nous envoyait des lettres. On arrivait aux salles de concerts et on nous disait « tenez, vous avez une lettre de XXX ». On était un peu surpris, on se demandait ce qu’elle avait mis dedans. Après, on n’en a plus entendu parler mais on a su qu’elle était dans un asile en Angleterre, soi-disant, et elle disait « sortez-moi de là ! Je n’ai accès à mes emails que… ils m’ont tout pris, mon argent, je suis bloquée là… » C’était flippant. Je n’y pense plus trop maintenant, mais à l’époque, je me souviens qu’on se demandait si on avait eu des nouvelle de, comment elle s’appelait ? Nadia ! On jouait et on repérait quelqu’un dans le public « putain, t’as vu, on dirait que c’est elle ! » Donc, ça c’était assez bizarre. Bizarre et pas rassurant pour le coup. A part ça, le reste du temps, les gens sont gentils, il y en a qui veulent qu’on leur signe leur cul ou leurs couilles, c’est déjà arrivé, pas à moi, en règle générale, c’est Sam qui signe des trucs comme ça. Il demande, je crois. Des gens qui se marient sur scène, mais ça a déjà été fait avec d’autres groupes, donc c’est pas très original. Des Japonaises qui te suivent partout en ville, qui restent derrière toi. Je me souviens, il y a quelques années, deux Japonaises, des fans, m’ont demandé si elles pouvaient venir avec moi. Oui. Mais je pensais qu’elles allaient m’accompagner, à côté, être avec moi et me montrer. Je connais bien Tokyo mais pas si bien, avec des Japonais, c’est toujours plus intéressant. Mais elles restaient 3m derrière. Je m’arrêtais, je me retournais et elles s’arrêtaient. Jacadi, tu vois (rires). C’est bizarre, mais c’est le Japon.

Metal-Eyes : Et qunad ils te reconnaissent dans la rue, ils te disent quoi ?

Frédéric Leclercq : C’est toujours la même chose : ils veulent discuter un peu, que je signe un truc. Il y en a qui me lancent des bonbons, d’autres qui veulent faire une blague. Des fois c’est drôle, d’autres fois, c’est pas drôle… Si, une fois, il y en a un, c’était pas un fan, c’est un pote qui me l’a présenté, « voilà, c’est Fred de DragonForce… Ah ouais, DragonForce, j’aime pas, c’est de la merde ce que tu fais ». Ce jour là, c’est pas passé, alors qu’en général, je suis quelqu’un de calme. Je lui demandé « tu fais quoi comme métier ? » Il était, je sais plus, contrôleur des impots ou un truc comme ça. Je lui ai dit « tu vois, je vais pas te dire que ton métier c’est de la merde alors que c’est vraiment ce que je pense. Mais c’est vraiment impoli, ce que tu fais, on ne se connait pas, tu te pointe et tu te permets de critiquer quelque chose alors que ça ne m’interesse pas avec ta petite vie… » j’étais vraiment en colère, au point que le mec s’est excusé. Après on a bu des coups mais ce qui m’énerve c’est que les gens viennent te voir parce que ce que tu fais est d’ordre public et ils se permettent de t’insulter. Jamais je n’irais voir un barman, par exemple, et lui dire « bonjour, juste pour vous dire que votre métier il est vraiment à chier ! ». J’avais trouvé ça très con.

Metal-Eyes : Une dernière chose : quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui ? A part savoir ce que tu veux pour le déjeuner…

Frédéric Leclercq : Aujourd’hui ? Ah, c’est Christian Lamet qui m’a demandé ce que je ferai si je devais faire une compilation de reprises. Parce qu’il sait que j’écoute beaucoup de chanson française. Ça m’a permis de m’évader du metal et de parler d’Alain Chanfort, et d’autres. Même si je fais beaucoup de metal, finalement, quand je rentre chez moi, j’aime écouter d’autres choses. J’ai toujours ma base, bien sûr, et ce qui se fait aujourd’hui ne m’intéresse absolument pas. Je trouve que la scène actuelle est une resucée de tout ce qui se faisait avant, et j’ai vraiment plaisir à écouter du Chanfort. Les gens s’arrêtent à Manureva, mais il a fait au débt des années 80 une paire d’albums vraiment bien et j’écoute ça pour varier les plaisirs. J’aime pouvoir parler de ça, et j’aimerais que le metalleux ne soient pas fermés comme beaucoup de gens que je connais encore et qui sont comme ça. Surtout les jeunes, ça change un peu en grandissant. Les gens qui vont au 70.000 tons of metal, la croisière metal, c’est du metal tout le temps. Pour eux c’est génial parce qu’ils ne font ça que3 jours dans l’année, mais pour moi, c’est tous les jours. Je pète un plomb, donc je m’évade. Voilà c’est le mot de la fin : écoutez Alain Chanfort !

 

Interview: ALCATRAZZ FESTIVAL fête ses 10 ans!

Entretien ALCATRAZ FESTIVAL. Rencontre avec Filip, co-fondateur du festival. Propos recueillis à Paris le 24 mars 2017

En août prochain, le festival belge Alcatraz célébrera son 10ème anniversaire. L’occasion pour Filip, un de ses fondateurs, de revenir sur l’histoire du festival situé à Courtrai, à 15’ à peine de Lille.

 

Metal-Eyes : Filip, tu es l’un des fondateurs du festival Alcatraz qui célèbre cette année son dixième anniversaire. Tout d’abord, quels sont tes principaux souvenir de ces dix années écoulées ?

Filip : La réponse de la part des groupes, je pense… Nous les avons toujours accueillis de la meilleure manière et ils parlent entre eux. Et ils reviennent. Ils adorent ce festival. Il y a quelques groupes qui ont joué au festival deux, trois ou même quatre fois, et ils sont toujours heureux de revenir.

Metal-Eyes : Quels sont tes souvenirs de la toute première édition?

Filip : La toute première? C’était très dur, vraiment! Commencer est toujours difficile… Nous avons investit un peu d’argent, mais c’était merdique, parce qu’il y avait environ 1000 spectateurs, pour 6 ou 7 groupes, en intérieur. Pas les plus gros groupes, mais nous avons tenté le coup. Avant, nous avions organisé quelques shows dans des clubs, et avec l’argent que nous avions, nous avons organisé ce festival. C’est parti d’une idée, nous avons tenté le coup et, après tout, ça fonctionne. Ça n’a pas été facile, mais on s’en est sortis. Après quelques années, encore plus difficiles financièrement. Organiser un festival exige d’avoir un budget. Il y a bien plus que le fait de s’occuper des groupes. On y est arrivés, et on a ensuite décidé d’organiser le festival en extérieur et c’était une bonne décision. La première année, nous avons doublé notre audience. Nous avons reçu une offre de Nightwish qui ne voulait pas jouer en salle. C’est ce qui nous a poussés à chercher un espace extérieur, que nous avons trouvé, grâce à mon collègue Matthias qui connait pas mal de gens. On l’a fait, point !

Metal-Eyes : Pendant ces dix années, quelles sont les difficultés principales que vous avez dû affronter et comment vous en êtes vous tirés ?

Filip : Il y a de grosses différences en salle et en extérieur. Par exemple, en salle, tu dispose d’installations, sanitaires et autres. En extérieur, tu dois tout apporter sur le terrain. Ce que nous avons fait. Ce qui est difficile, aussi, c’est de convaincre le public de revenir chaque année, au festival. C’est pourquoi nous cherchons à renouveler chaque année quelques choses. C’est encore le cas cette année, pour la 10ème édition.

Metal-Eyes : Alors que nous réserve cette édition, qu’y aura-t-il de particulier pour le public et pour les groupes ?

Filip : Il y aura plein de surprises, de décors sur le terrain pour le public, on aura des feux d’artifices. Nous aurons également notre seconde scène, ce qui est nouveau cette année, ainsi qu’une nouvelle tente où les gens pourrons se retrouver après le festival, boire un verre, ne pas avoir à rentrer directement après les derniers groupes. Il y aura le Marquee, avec plein de nouveauté, du black, du death, du stoner, ce que nous ne faisions pas avant. On n’en avait pas eu l’opportunité avant… Si tu dois placer un groupe stoner sur une scène principale en plein jour, ça ne peut pas fonctionner…Il faut créer une atmosphère. Là on va décorer une tente, créer une atmosphère qui sera cool, j’espère.

Metal-Eyes : Je ne suis pas encore allé au festival Alcatraz,

Filip : Pas encore ? Hou… honte à toi ! (rires)

Metal-Eyes : Que me dirais-tu pour me convaincre de prendre ma voiture et lme rendre au festival ?

Filip : Tu devrais tenter le coup, il y a plein de visuels et de groupe sympa. C’est un festival à taille humaine, ce n’est pas gigantesque, pas comme d’autres que j’adore. Tout est à portée de main…Ce n’est pas un mega festival.

Metal-Eyes : Quelle est la capacité maximale de l’Alcatraz ?

Filip : On peut accueillir jusqu’à 50.000 personnes par jour. On n’en attend cependant que 10.000 cette année. Pour l’affiche que nous avons, 10.000 / jour c’est faisable. Notre objectif est de devenir un festival de moyenne envergure, et accueillir 15.000 personnes par jour, ce qui devrait être réalisable dans les quelques années à venir.

Metal-Eyes : Comment sélectionnez-vous les groupes qui sont à l’affiche du festival Alcatraz ? Il y a eu de gros noms, d’autres plus obscurs, mais qu’est-ce qui vous fait décider de choisir tel ou tel groupe ?

Filip : En fait, ça dépend des offres que nous recevons. Quels groupes sont en tournée à cette période ? Ce n’est pas nous qui les contactons pour leur demander de venir, ce fut le cas au début, mais plus maintenant. Aujourd’hui, ce sont les agents qui nous contactent et nous disent avoir tels groupes en tournée à cette période « est-ce qu’on peut avoir une place à l’affiche ? » C’est faisables avec certains, pas avec d’autres, techniquement et financièrement… On n’est pas Grasspop, donc certains cachets sont hors budget ! Ils ont Rammstein cette année, nous n’en avons pas les moyens !

Metal-Eyes : Vous devez négocier, financièrement, avec certains groups pour réduire leur cachet?

Filip : Parfois, oui, c’est nécessaire. En règle générale, quand un groupe nous contacte, on leur demande de nous faire une offre, on voit ce que l’on peut faire, et ensuite on en parle. Soit les groupes peuvent le faire pour tel cachet, avec tels et tels besoins, soit ils ne le peuvent pas. C’est une négociation, mais en règle générale, ça fonctionne. Si un groupe veut jouer à l’Alcatraz, il doit être raisonnable. Mais c’est valable dans les deux sens.

Metal-Eyes : Je suis certain que tu connais le Hellfest (il confirme). Le festival communique beaucoup autour des quantités de bières écoulées en trois jours. Combien cela représente-t-il à l’Alcatraz ?

Filip : L’an dernier, il y a eu 38.000 litres de bière écoulés. On travaille avec des citernes de milliers de litres de bière et nous avons dû en commander plus que prévu !

Metal-Eyes : Quels sont les groupes que tu es vraiment fier d’avoir fait jouer à l’Alcatraz ?

Filip : L’un d’eux est Twisted Sister qui a donné son dernier concert européen l’an dernier. Ils avaient déjà joué à l’Alcatraz avant, on se connait, mais j’étais fier d’avoir ce dernier concert ; Le groupe aussi, on a organisé une fête avec un gros gâteau, ils ont adoré ! Saxon aussi, qui reste un de mes favoris, j’en suis fan depuis longtemps, ils ont déjà joué en 2009 et je suis content de les accueillir de nouveau. Ils sont encore excellents sur scène. Death Angel, aussi, ils sont un peu de la famille. Je crois que c’est leur quatrième participation…

Metal-Eyes : Une dernière chose : pourquoi avoir choisi le nom d’Alcatraz pour le festival ?

Filip : C’est une longue histoire : au début, j’avais un club à Gent. Je l’ai complètement rénové, y a i fait ajouter une scène, j’ai organisé plein de concerts avec des groupes locaux en tournée. On avait une capacité de 250 personnes, assez petit mais toujours complet quand il y avait des concerts, et ce club s’appelait Alcatraz. J’ai conservé le nom, nous avons organisé les « concerts Alcatraz » avant de tenter le festival. Le reste, c’est de l’histoire !

Metal-Eyes : Une dernière chose à ajouter pour les lecteurs français qui hésiteraient à venir ?

Filip : J’espère vraiment voir plus de spectateurs de France. Il y en a mais plus sera mieux, ils ne le regretteront pas !

 

Interview: PYOGENESIS

Entretien Pyogenesis. Rencontre avec Flo Schwarz (chant, guitare). Propos recueillis à Paris le 28 mars 2017

 

Paru fin février 2017, A kingdom to disappear, le nouvel album des Allemands de Pyogenesis  le second volet d’une trilogie traitant de l’ère industrielle. Un appel à se replonger dans nos cours d’histoire que nous raconte Flo Schwarz, son chanteur, guitariste, compositeur et capitaine qui revient aussi sur les motifs d’une bien longue absence.

 

Metal-Eyes : Que se passe-t-il, Flo ? Il vous a fallu 13 ans entre A century in the curse of time et votre album précédent, mais seulement deux ans séparent A century et A kingdom to disappear, votre dernier né ?

Flo Schwarz : En fait, il ne s’est écoulé que 18 mois entre ces 2 disques… En 2002, j’ai créé une entreprise parce que je ne savais pas si Pyogenesis me nourrirait toute ma vie. Alors j’ai fondé Hamburg records qui est une entreprise de management de groupes. Nous avons ces connaissances du management grâce à toutes les erreurs que j’ai pu commettre avec mon groupe dans le passé, et je sais ce qu’il faut éviter avec d’autres groupes. Au début, ça m’a demandé beaucoup de temps – je faisais tout tout seul. Et l’entreprise a grossi, j’ai eu assez d’employés ce qui me permet de retrouver un peu d’activité avec Pyogenesis. Avec Pyogensis, j’ai gagné assez pour fonder Hamburg records, et aujourd’hui, Hamburg records me donne assez d’autonomie financière pour relancer Pyogenesis. Les deux avancent main dans la main.

Metal-Eyes : Une relation gagnant-gagnant, donc. Ce qui explique, j’imagine en partie, les divers changements de line-up…

Flo Schwarz : Il y a encore un ancien membre, et deux nouveaux,  oui. Notre guitariste, Peter, a changé de sexe, il est aujourd’hui Sophie, et quand nous avons commencé à envisager la reformation nous en avons parlé et elle nous a dit que ça ne convenait pas à sa nouvelle vie.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre A century in the curse of time et A kingdom to disappear ?

Flo Schwarz : Je ne crois pas qu’ils soient si différents. Il s’agit d’une trilogie, A kingdom en est la seconde partie. Tu sais, pour moi, un disque doit… Au fil du temps, j’ai écrit des morceaux qui ne sont pas sur un disque. Aujourd’hui, il me semble plus important que toutes les chansons aillent ensemble, qu’elles soient organisée, je cherche à avoir une dramaturgie théâtrale – une intro, de la tension, un relâchement – et c’est ce que nous avons fait avec ce disque. A la fin de la trilogie, je veux que les trois disques puissent être écoutés d’affilée. Bien sûr, ce n’est pas une copie du précédent même s’ils vont ensemble d’un point de vue de l’esprit musical, de la production… Mais ce ne sont pas les mêmes chansons.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que le prochain album est prévu pour fin 2018 ?

Flo Schwarz : Je ne sais pas… (rires)

Metal-Eyes : Qu’as-tu mis dans ce disque? Qu’est-ce qui t’a inspiré, musicalement ?

Flo Schwarz : J’ai un studio, chez moi, et ma passion, c’est la musique. C’est un hobby de m’asseoir, de jouer de la guitare et de composer. Quand je joue, j’enregistre ce que je compose, tout. Alors le processus d’enregistrement correspond au processus d’écriture. On ne se dit pas « on a besoin d’un titre comme ci, d’une chanson comme ça, comment peut-on faire ça ? » Non, on s’installe, on va dans différentes directions et à la fin, on obtient certains sons communs, qui vont bien ensemble. C’est comme ça que nous travaillons notre musique ensemble.

Metal-Eyes : Certains groupes que tu écoutes, des livres que tu lis t’ont-ils inspirés ?  

Flo Schwarz : Des livres, oui, bien sûr, pour les paroles. Elles n’ont pas seulement été inspirées, en fait. On traite du changement de société qui a eu lieu au XIX° siècle, et ce dont je parle est vraiment arrivé. Le livre d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, est devenu une chanson, I have seen my soul. Ce fut une première approche dans la littérature d’horreur. Sur l’album précédent, je me suis inspiré d’un auteur français, Jules Vernes, 20.000 lieux sous les mers qui a été la première approche de la science fiction. Il l’a inventée, au XIX° siècle et aujourd’hui, la science fiction envahit le cinéma et la télé !

Metal-Eyes : Serais-tu d’accord pour dire que le logo a suivi l’évolution musicale du groupe ? Selon moi, et je ne connais pas toute l’histoire de Pyogenesis, votre musique est devenue… Pas plus calme, mais moins agressive musicalement que ce qu’elle n’était, bien qu’elle le reste toujours, et votre logo est devenu également plus « facile à lire ».

Flo Schwarz : Oui (il rit)… Je vois une analogie, mais… tu as sans doute raison, mais ce n’était pas volontaire. Je vois ce que tu eux dire… Il faudra que j’y pense plus, peut-être… Tu sais, au final, notre premier logo était une sorte de crachat, et nous étions à cette époque vraiment inspirés par d’autres groupes de ce style. Je crois que le logo devrait te permettre d’imaginer à quel type de musique tu as affaire. Je crois aussi qu’aujourd’hui, un logo doit être lisible (rires). Il doit être simple, reconnaissable…

Metal-Eyes : Bien qu’il s’agisse aujourd’hui d’une trilogie basée sur l’évolution de la société, y a-t-il des thèmes que tu refuses d’aborder avec Pyogenesis, et d’autres, au contraire dont tu souhaites toujours traiter.

Flo Schwarz : Un thème serait la politique. Nous traitons de politique, mais à travaers l’histoire, les faits. La politique actuelle n’a pas sa place, bien sûr dans la trilogie, mais en plus, je ne pense pas que ce soit un sujet ppour un groupe comme Pyogenesis. Dans Pyogenesis, on doit raconter quelque chose aux gens, leur raconter l’histoire, leur rappeler d’où ils viennent. En Allemagne, il y avait Helmut Khol, qui était chancelier à la fin des années 80 et qui était ami avec François Mitterrand. Il disait que si on ne connait pas le passé, on ne peut comprendre le présent et on ne pourra pas orienter le futur. Et c’est si vrai. Avec une phrase, il a rendu un concept si compréhensible. Un exemple : le conflit entre Israël et la Palestine : si tu ne connais pas l’histoire de ces territoires, tu ne peux pas comprendre ce qu’il se passe – quand je parle du passé, c’est 2.000 ans en arrière. C’est important d’expliquer ces choses à des amateurs de musique, par les faits. C’est un bon moyen de parler de notre histoire à tous.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de A kingdom to disappear pour expliquer ce qu’est Pyogenesis aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pour quelle raison ?

Flo Schwarz (Il réfléchit longuement) : Ce serait soit Every man for himself and God against all ou I have seen my soul, ou encore Blaze, my northern flame. Toutes trois ont fait l’objet d’un clip (rires)! Elles incluent tout ce qui fait ce que nous sommes: elles sont heavy, mélodique, mélancoliques, et elles ont un aspect plus dur, comme de courts passages de blast beats – pas parce qu’il faut qu’on joue vite et fort, simplement utilisés comme un effet.

Metal-Eyes : L’une de ces trois chansons, alors…

Flo Schwarz : Prends les toutes les trois ! Prend tout l’album ! (rires)

Metal-Eyes : Une dernière chose, quelle a été la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui?

Flo Schwarz : Tu n’as pas une autre question avant, que je puisse ensuite te dire que c’est celle là,

Metal-Eyes : Alors, si: j’imagine que vous allez défendre cet album sur scène. Quels sont vos projets de tournée ?

Flo Schwarz : On tourne en ce moment en Suisse, Italie et en Autriche. Ensuite on va aller jouer au Full metal cruise, ce festival sur un paquebot – oh, que je suis impatient d’y être ! C’est dingue – et ensuite, on a quelques festivals d’été mais je ne sais pas encore lesquels sont confirmés. On n’a pas envie de donner 120 concerts par an comme on le faisait avant le break. Moins de concert, mais on continue de s’amuser.

Metal-Eyes : Alors, quelle est la meilleure question qu’on t’a posée aujourd’hui ?

Flo Schwarz : Celle que tu viens de me poser ! (rires). Vraiment, et personne d’autre ne demande ça ! Des questions inhabituelles, j’aime, ça.

 

 

 

Interview: LIV SIN

Entretien Liv Sin. Rencontre avec Liv JAGRELL (chant). Propos recueillis à Paris le 17 mars 2017

 

Fraîchement arrivée de Londres, Liv Jagrell, chanteuse de feu Sister Sin, vient défendre son nouveau projet, Liv Sin. C’est à Paris que nous la retrouvons autour d’un café et il ne faut pas la forcer à parler tant elle a de choses à dire. Aussi charmante que bavarde…

Metal-Eyes : Avant de parler de ton album, je voudrais revenir un peu en arrière afin que tu nous expliques les raisons qui t’ont poussée à mettre un terme à Sister Sin et celles qui t’on motivées à revenir avec Liv Sin

Liv : Nous avons splittés parce que nous étions épuisés par les tournées. Certains plus que d’autres… Le batteur et moi, nous étions constamment en tournée avec Sister Sin. Pendant pratiquement 10 ans. En 2015, nous avons tourné avec UDO en Europe, sommes allés au Mayhem festival en Amérique. Lorsque nous sommes revenus de ce festival, nous étions tous épuisés, mais, deux d’entre nous, le guitariste et le bassiste n’avaient plus envie de repartir en tournée. Tu ne peux pas forcer les gens à reprendre la route. Après deux semaines à la maison, j’ai besoin de repartir, mais eux nous ont fait comprendre que non « je ne veux plus partir ». C’est la raison pour laquelle nous avons splitté, car au final il y avait moi, et David, le batteur qui étions partant. Trouver deux nouveaux membres, qui s’intègreront parfaitement au groupe demande beaucoup d’énergie… Et ça ne ressemblerait pas à Sister Sin s’il n’y avait que nous deux.

Metal-Eyes : il semblait plus logique à tes yeux de splitter et de te lancer avec Liv Sin ?

Liv : Oui, car au départ, David et moi avons été pris par surprise. On croyait que ça durerait toujours. Les deux autres avaient sans doute déjà en tête cette décision mais ils ne nous ont rien dit avant d’en avoir vraiment marre. Au départ, je ne savais pas trop quoi faire… j’étais perdue pendant quelques mois. Sister Sin était toute ma vie, j’avais monté ce groupe, y ai mis ma personnalité en tant que chanteuse et quand tu perds ça, c’est comme… « que fais-je maintenant, qui suis-je ? » J’ai été instable pendant un certain temps et ne savais pas… Bien sûr, je voulais jouer de la musique mais je ne savais pas par où commencer. A zéro ? Avais-je l’énergie de reprendre à zéro ? Où trouver un label ?

Metal-Eyes : Et des musiciens…

Liv : Et des musiciens ! Il m’a fallu quelques mois de réflexion avant de décider si je voulais vraiment le faire, et comment le faire. J’avais déjà en tête quelques musiciens. Le batteur, qui est mon petit ami et nous avait déjà dépannés au sein de Sister Sin, quand David a eu un enfant, il ne pouvait plus tourner autant. Je savais que ce batteur (Per Bjelovuk) serait le bon. Je lui ai dit : « ok, je lance un nouveau projet, tu en seras le batteur et tu ne peux pas dire non ! » (rires). J’ai un peu d’autorité (rires). C’était sympa parce que nous avons pu prendre le temps de nous asseoir, d’en parler et nous avons une vision commune du projet. C’est là que ça a commencé, mais je devais écrire et composer des chansons, trouver les musiciens… Plein de choses, mais j’avais mon manager, de Sister Sin, qui continue de travailler avec moi car il croit aussi qu’il y a encore des choses à faire. J’ai essayé d’écrire les chansons moi-même – je joue un peu de guitare mais je ne suis pas très bonne – j’ai donc attrapé ma guitare et commencé à composer. ça faisait, quoi ? 15 ans que je n’avais pas composé, mais rien à foutre ! Allons-y ! Je me suis vite rendue compte que les riffs que j’avais en tête ne trouvaient pas leur chemin avec mes doigts, ni avec mes capacités à jouer… Je devais donc trouver quelqu’un qui comprenne les idées que j’avais en tête et qui puisse le retranscrire à la guitare. L’un de mes amis connaissait un bon guitariste, qui avait joué dans des groupes punk, rock mais rien de très metal, ce qui m’a fait hésiter. Mais je lui ai demandé s’il était intéressé à l’idée de m’aider à écrire, mais ai insisté sur le fait que ça devait être metal. Donc je l’ai renvoyé chez lui et il devait écouter tous ces vieux trucs qui ont fait le metal… De là, il est arrivé avec le riff de Let me out qui est le premier single. Et c’est ce que j’avais en tête ! J’ai donc compris qu’il serais le bon guitariste pour ce poste. J’avais déjà les trois membres principaux, ceux qui ont composé l’album. Juste avant d’entrer en studio, j’ai pensé à la possibilité d’intégrer un guitariste solo – Patrick Ankermark est très bon avec les riffs, en lead – mais j’avais besoin de quelqu’un plus orienté mélodie, Arch Enemy et ce genre de choses que j’avais en tête. Juste avant d’entrer en studio, j’ai pensé à ce gars que j e suivais sur Instagram – il me suivait aussi sur Instagram, je crois que c’est parce qu’il était fan de Sister Sin – et je l’ai contacté. Je regardais ses solos, et il est vraiment bon shredder. Je lui ai demandé s’il était partant, prêt à entrer en studio et il a immédiatement répondu oui. J’avais donc mes deux guitaristes. L’un d’eux s’est chargé de la basse en studio puisque je n’en avais pas encore trouvé. L’album a donc été enregistré par nous 4, et c’est ensuite que nous avons recherché un bassiste. Quand le single est sorti, on devait faire une vidéo, des sessions photos, et il fallait un groupe ! On a demandé ci et là, et en Suède, Hardcore Superstar nous a dit connaitre un bassiste. « Eh, notre roadie est bassiste ! » Nous leur avons donc piqué leur bassiste (rires). Je lkeur en suis très reconnaissante.

Metal-Eyes : Comment expliquerais-tu aux fans de Sister Sin les différences entre Sister Sin et Liv Sin ? Il y a toujours ta personnalité, mais quels sont les grands changements ?

Liv : C’est définitivement plus metal : Liv Sin est plus rapide, plus agressif… Je crois qu’avec Sister Sin il y avait plus d’influences rock n ‘roll et punk, tandis que maintenant, c’est plus proche du black metal et du thrash… Je ne pense pas qu’il reste beaucoup de rock. Nous avons été plus influencés par les groupes modernes, naturellement, comme Arch Enemy, Amon Amarth, des groupes de la fin des 90’s.

Metal-Eyes : Schnmier (Destruction) est invité sur Killing ourselves to live. As-tu invite d’autres musiciens?

Liv : Oui, il y a Jussi, le batteur de The 69 Eyes sur Immortal Sin, qui est une reprise, la seule de l’album, un titre de Fight, le groupe de Rob Halford quand il n’était pas dans Judas Priest (NdMP : ce morceau figure sur War of words, le premier album de Fight, en 1993). Ce sera notre prochain single. J’aime collaborer avec d’autres, on apprend beaucoup !

Metal-Eyes : De ce que j’ai pu écouter de l’album, il semble qu’une personne soit une grande influence dans ton chant, c’est Doro. Est-ce le cas ?

Liv : Oui, bien sûr ! Mais il n’y a pas qu’elle.

Metal-Eyes : Qu’as-tu mis d’autre dans ce disque, alors ?

Liv : Robert Halford ! C’est une grosse influence. Quand nous étions en studio  avec mon producteur, Stfan Kaufaman, ancient batteur d’Accept, le theme pour l’enregistrement des voix était que je devais chanter et sonner comme Rob Halford. Comment Robert Halford chanterait-il cette ligne, Dans les cris, il fallait que je pense : « Halford… Halford… comment s’y prendrait-il ? » Mon chant est plus influencé par lui que par Doro, en fait. Mais j’adore Doro, vraiment !

Metal-Eyes : Ils jouent tous deux le même type de musique, du metal pur jus… Maintenant, que peux tu me dire pour me convaincre de foncer acheter ton premier album ?

Liv : Ah, ah! (Rires) C’est une très bonne question, je ne sais pas comment tu t’y prends… Pour moi, j’aime le vinyle, j’aime accrocher mes disques sur les murs, chez moi. Tu le trouveras donc en Vinyle qui est beau.

Metal-Eyes : Mais musicalement ?

Liv : Il est très orienté guitares, avec beaucoup de riffs « à l’ancienne », avec du chant et pas des hurlements. J’adore ce genre de musique, le black metal, le death, mais je voulais mettre plus de mélodie dans le chant. Je ne suis pas une hurleuse, donc…

Metal-Eyes : Si tu voulais hurler, growler, tu ne citerais pas Rob Halford…

Liv : Non, en effet. Il ne hurle pas, lui.

Metal-Eyes : Donc c’est un album qui s’adresse vraiment aux fans de metal, celui des guiatres et du chant. Si tu devais ne retenir qu’une chanson de cet album pour que je comprenne ce qu’est Liv Sin…

Liv : Ce serait la première, The fall. Elle est directe, il n’y a pas de chichi, ça fonce, ça hurle au départ et c’est du pur metal. Si tu écoutes cette chanson et que tu es en colère, ça défoule !

Metal-Eyes : Et si tu n’es pas en colère mais que tu as besoin d’énergie…

Liv : Exactement, tu en trouveras!

Metal-Eyes : Tu es une musicienne de scène, comme tu l’as rappelé. Quels sont vos projets de tournée pour promouvoir l’album ?

Liv : L’album sortant maintenant, il est un peu tard pour une tournée printanière. On partira donc en automne…

Metal-Eyes : Entre le printemps et l’automne, il y a quand même l’été. Vous prévoyez des festivals ?

Liv : Oui, principalement en Scandinavie et en République Tchèque. J’aurais espéré un peu plus de choses en Europe, mais ce n’est pas maintenant. Mais j’ai demandé à mon agent et à notre manager de nous prévoir le plus longtemps possible en Europe car nous devons vraiment soutenir ce disque. On doit sortir et rencontrer les fans le plus possible.

 

Interview: DEFICIENCY

Entretien DEFICIENCY. Rencontre avec Laurent (chant, guitare), Sébastien (guitare) et Vianney (basse). Propos recueillis à Paris le 11 avril 2017

 

 

Metal-Eyes : Quatre années séparent vos deux derniers albums, The dawn of counsciousness qui vient de sortir et The prodigal child paru en 2013. Que s’est-il passé depuis 2013 ?

Laurent : Beaucoup de choses… The prodigal child, comme tu viens de le dire, est sorti en 2013, ça a été un peu l’album tremplin pour nous afin de nous faire un peu plus connaitre en dehors de notre région. Il nous a vraiment donné la possibilité de tourner un peu plus intensément à notre niveau, en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg, en Espagne, en Allemagne… Que du bonheur, sur ces deux trois années de tournées avec des dates mémorables pour le groupe.

Metal-Eyes : Comme, par exemple ?

Vianney : Première partie de Machine Head, à la Laiterie, à Strasbourg, la première date de leur tournée…

Laurent : Première partie de Testament, le Motocultor.

Jérôme : Testament, aussi. En plus, sur cette date, il y avait Evile, qui est un groupe, jeune, il s ont notre âge, mais c’est un groupe anglais de thrash que j’adore.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous, l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums ?

Vianney : Ben… déjà, il y a eu des changements de line-up puisque notre ancien batteur, Anthony Thomas, a décidé de changer de vie – il est parti s’installer en Nouvelle Zélande avec sa copine pour faire un road trip. Ensuite, notre style de musique est sensiblement resté le même. On a tous un peu évolué au niveau de nos compos, de ce qu’n écoute, aussi, et ce qu’on inclut à notre musique. Mais je pense qu’on a gardé les mêmes bases que sur le précédent album, avec des structures un peu moins compliquées et des mélodies un peu plus accrocheuses. Et catchy.

Laurent : Je rejoins ce que dit Vianney. Après, on a aussi évolué dans nos vie perso, ce qui joue aussi, indirectement, sur la préparation d’un album, le temps qu’on y consacre et la manière dont on voit les choses aujourd’hui. C’est un tout, il n’y a pas que la musique.

Jérôme : Il y a l’expérience de la scène, aussi. Avant The prodigal child et après, il y a une grosse différence.

Vianney : Des connaissances par rapport au milieu. Comme le dit Laurent, c’est un tout, il y a beaucoup de facteurs qui forment un ensemble et qui véhiculent le groupe de telle ou telle façon.

Metal-Eyes : Après avoir écouté The dawn of cousciousness, ce que j’entends est un mélange de thrash traditionnel et d’influences plus extrêmes. Etes-vous d’accord avec ça et qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Vianney: Oui, je pense que nous sommes d’accord avec ça: on part d’une base thrash old school, c’esr de là que partent nos influences. Pour ma part, je suis venu au metal en écoutant Slayer, Metallica, etc. Mais on n’est pas fermés sur un seul style. Je suis assez ouvert dans ce que j’écoute, et je pense que mes collègues partagent cet avis. On est assez éclectiques. Que ce soit dans ou hors metal. Il peut y a voir du death, du djent…

Laurent : Du progressif, du hardcore,du metal symphonique, et je pense que ça se ressent dans ce qu’on fait.

Metal-Eyes : Et vous avez réussi à mélanger toutes ces influences sur ce nouvel album ?

Laurent : Franchement ? Je trouve que le résultat de toutes nos influences transparait au gré des morceaux.

Jérôme : Et c’est naturel pour nous, on ne se force pas à faire comme ci ou ça. On écoute des choses qui nous influencent sans qu’on y pense. C’est inconscient.

Metal-Eyes : Alors, comment avez-vous abordé la conception de ce nouvel album ?

Laurent : de manière assez classique, comme pour les précédents : c’est-à-dire que l’essentiel du travail se fait en amont, avant les répètes. J’apporte souvent le gros des squelettes des morceaux, et ensuite on les bosse ensemble. Pendant les répètes, chacun apporte sa pierre à l’édifice, et  on finalise les morceaux ensemble. Chacun participe, même si c’est parfois peu parce que j’arrive avec de grosses structures de morceau, mais chacun participe aux arrangements, aux idées qui s’imbrique les unes dans les autres pour avoir un résultat dense et, je pense cohérent. En tout cas, cohérent par rapport à ce qu’on cherche.

Metal-Eyes : Donc c’est toi, Laurent qui arrive avec les idées de base, mais il y a un fonctionnement démocratique dans le groupe ?

Laurent : Est-ce qu’on peut parler de démocratie ? pour moi, le groupe n’est pas une entité politique, c’est juste qu’on est quatre dans le groupe et chacun a son mot à dire. Ils n’hésiteront pas à dire que mon riff est dégueulasse, que ça, ça n’a pas sa place là…

Metal-Eyes : Et c’est pour ça que tu les mets dehors après?

Laurent : non, non (rire général).

Metal-Eyes : Au niveau scénique, que prévoyez-vous maintenant? Vous avez pas mal tourné pour The prodigal child, vous remettez ça pour The dawn of cousciousness ? 

Vianney : On a déjà fait la release party le 1er avril, donc samedi dernier, on a encore 2 dates, les 7 et 8 en Alsace, on en a deux autres qui arrivent dans le Sud, le 21 et 22 avril…

Metal-Eyes : Pardon: par rapport à l’Alsace, le sud, c’est vaste…

Vianney : Oui (rires), Sud Est! J’y venais : Marseille, enfin, Miramas, juste à côté, et Fréjus. On jouera également au Lions Metal Fest près de Lyon, à  Montagny, où seront, parmi d’autres, en tête d’affiche, Onslaught et Darkhain, deux groupes qu’on affectionne particulièrement. Ça nous fait très plaisir de fouler les planches avec eux. Il y a encore quelques dates prévues pour l’été et un rythme un peu plus soutenu pour la rentrée en septembre.

Metal-Eyes : Si chacun d’entre vous ne devait retenir qu’un titre de The dawn of counsciousness pour expliquer ce qu’est Deficiency aujourd’hui, lequel serait-ce?

Vianney : Je dirais Newborns awakening, celui qu’on a utilisé pour le clip, dans la mesure où c’est un morceau assez rentre dedans et qui représente bien Deficiency ; on sent vraiment la patte de notre groupe. Autrement, un autre morceau qui me tient à cœur, c’est Another fail to come, qui est aussi assez représentatif de ce qu’on fait.

Laurent : The post knowledge day, l’avant dernier morceau… Je trouve que c’est un des morceaux les plus aboutis de l’album, avec son intro symphonique, les passages thrash, super mélodiques, des refrains accrocheurs… pour moi, c’est un des meilleurs titres du groupe, avec Newborn’s awakening.

Jérôme : Newborn’s awakening, pour moi, c’est le titre qui nous représente le mieux. Thrash, direct, et en ouverture d’album…

Metal-Eyes : C’est peut-être pour ça qu’il est en ouverture de l’album…

Laurent : Oui, d’entrée on annonce la couleur!

Metal-Eyes : A part lorsqu’on a pris votre commande aujourd’hui pour le déjeuner, quelle a été la meilleure question qu’on vous ai posée depuis ce matin?

Vianney (Rires) : Quelle sauce? (Rire général)

Laurent : Ah, j’en ai une pas mal, je en sais plus qui c’était… Mais c’était “si tu devais partir  sur une ile déserte avec tout un tas de nom genre le lapin d’Alice au pays des merveilles et Jar-Jar Binks ? ”, j’ai choisi Jar-Jar Binks. On risque de bien se fendre la gueule.

Vianney : je ne sais pas, j’ai pas eu de question farfelue pendant les interviews…

Metal-Eyes : Celle qui t’a le plus marqué alors?

Vianney : C’est un peu difficile… Je ne sais plus comment elle était formulée, mais… demande à Jérôme, ça va revenir…

Jérôme : Pas une question, c’était une sorte de portarait chinois, un peu différent et plus personnel.

Metal-Eyes : Ca t’est revenue, Vianney?

Vianney : Non, mais une autre m’est revenue: on nous demandait trois termes à chacun pour décrire le groupe. C’était assez difficile et les réponses de chacun étaient assez intéressantes, en fait.

 

interview: ROYAL THUNDER

Entretien Royal Thunder. Rencontre avec Josh Weaver (guitare). Propos recueillis à Paris le 22 février 2017

C’est dans le cadre feutré d’un hôtel parisien, qui naguère servit de studio lors de certaines session photo pour un magazine de charme français (les plus perspicaces auront deviné lequel…) que Josh Weaver, guitariste et fondateur de Royal Thunder est venu présenter Wick, nouvel album des Américains.

 

Royal Thunder 220217

Metal-Eyes : Tout d’abord, il s’agit de notre première rencontre, et je découvre Royal Thunder. Je sais que vous avez déjà sorti 4 albums, mais guère plus. Peux-tu raconter l’histoire du groupe ?

Josh Weaver : Oui, bien sûr. Le groupe a débuté sous la forme d’un trio instrumental. J’ai joué dans des groupes plus heavy, extrêmes, et j’en ai eu assez, j’avais envie de faire quelque chose de différent. Donc nous avons commencé, avec mon frère et mon meilleur ami, ce projet instrumental, vers 2004/2005. J’ai écrit différentes choses, ce qui sortait, sans chercher à composer dans un genre ou un autre. J’ai simplement laissé sortir ce qui venait. Puis les gens sont venus nous voir et j’ai réalisé que je voulais sérieusement continuer dans cette voie. Je me suis donc mis à la recherche du line up « correct », ce qui a pris un peu de temps mais j’y suis arrivé. Et depuis, c’est notre histoire. Il y a eu quelques changement entre le Ep et CVI, et ensuite.

Metal-Eyes : Votre biographie te cite ainsi : « Wick est différent, mais c’est toujours nous ». en quoi est-ce un album différent ?

Josh Weaver: On a évolué. Nous sommes devenus des musiciens différents, grâce au tournées et au voyages, et jouer live nous a permis d’avoir plus confiance en nous. Tu sais, nous avons vécu un peu plus sur cette Terre et acquis un peu plus d’expérience, et cela se erssent certainement dans notre musique.

Metal-Eyes : Mlny déclare aussi que Wick « a été le plus dur à faire ». Qu’est-ce qui a rendu les choses si difficiles ?

Josh Weaver : Je crois que chaque album est difficile à réaliser. On dit ça, oui, mais on y tient tant… Quand il s’agit de musique, nous ne faisons aucun compromis, nous y mettons notre sang, notre sueur et nos larmes, alors… Comme toujours, tu sais, si tu fais quelque chose qui te tient à cœur, qui va porter ton nom pour le reste de tes jours, ça va être un combat, difficile. Parfois, il faut repousser les limites, mais à la fin, ce que tu en tires est géant. Nous avons travaillé très dur sur ce disque, ça  a parfois été difficile, mais nous sommes très satisfaits du résultat. Travailler durement paye et nous ne pourrions célébrer quelque chose si ce n’était exactement ce que nous voulions.

Metal-Eyes : Donc ce disque est à l’image de ce que vous souhaitiez ?

Josh Weaver : Oui.

Metal-Eyes : Qu’avez-vous mis dans cet album ? Je l’ai écouté et j’entends beaucoup d’influences rock 60’s, de la country, un peu de psyché et du Black Sabbath toute époque confondue. Quelles sont vos influences ?

Josh Weaver : On en a beaucoup… On ne parle jamais vraiment de ce qu’on veut, en général, nous nous installons dans une pièce et commençons à jouer. Nous n’avons jamais cherché à sonner comme quiconque. A part Evan, qui est plus jeune que nous, Nous avons tous grandi dans les années 80 et 90, qui nous ont influencés. C’était une période très créative, vraiment un grand moment pour la musique. Et grandir à cette époque où la musique était si créative et unique, j’ai eu la chance de pouvoir en être témoin. Je ne crois pas que l’époque actuelle soit aussi créative.

Metal-Eyes : Il y a un grand retour au son des années 70, aujourd’hui…

Josh Weaver : Oui, exactement. Il y a beaucoup de choses avec ces deux décennies, et oui, je crois qu’elles influencent beaucoup la musique aujourd’hui. On aime tous les types de musiques, tu sais. En général, j’arrive avec la structure de base d’une chanson, je la joue pour tout le monde et, ensuite, chacun ajoute sa touche. Je ne dis pas qui doit jouer quoi. Chacun compose et écrit ses parties, ce qui apporte un super mélange de sons… Quand tu as 3 ou 4 personnes qui ajoutent leurs parties… Chacun se respecte, on n’a même pas besoin d’en parler. C’est si génial de découvrir le résultat ensemble. Même si tu as une idée et que tu commences à écrire en studio, tu commences à jammer et chacun apporte son truc… c’est vraiment un processus particulier, un super sentiment.

Metal-Eyes : Comment expliquerais-tu l’évolution du groupe entre vos deux derniers albums, Crooked doors et Wick ?

Josh Weaver : Encore une fois, le fait de jouer live nous a vraiment permis de découvrir ce que nous voulons en tant que musiciens. Je trouve que nos chansons – et nous n’y avons pas du tout songé – sont plus courtes, elles respirent mieux, elles sont plus ouvertes et vastes que sur Crooked doors. Au lieu d’écrire une chanson de 8’, on prend quelques idées et on fait une chanson de 4’. On a le même résultat sans avoir besoin d’autant de temps pour le faire.

Metal-Eyes : Vous allez droit au but…

Josh Weaver : Exactement, tout en sachant exactement comment atteindre notre objectif. Ça aussi, c’est le résultat de plus d’expérience, jouer live… Tu peux t’exercer autant que tu veux dans ta chambre, jouer live est si différent.

Metal-Eyes : Pour ceux qui vont découvrir Royal Thunder, comment décrirais-tu votre nouvel album ?

Josh Weaver : Je dirais que c’est sans d’aucun doute un album de rock alternatif… C’est une sorte de bande originale de la vie : il y a des passages durs, d’autres doux. Quand j’écris, que nous écrivons, il y a un tableau entier que nous voulons peindre, et il y a toute une histoire derrière cet album. Et une histoire derrière chaque chanson.

Metal-Eyes : Bbien que ce soit un  tout, si tu devais ne retenir qu’une chanson pour décrire à quelqu’un qui vous découvre ce qu’est Royal Thunder, quelle chanson retiendrais-tu ?

Josh Weaver : (Il réfléchit longuement) Elle est difficile celle-là…

Metal-Eyes : J’aime bien la poser…

Josh Weaver (rires): Je ne sais pas, je dirais peut-être April showers qui représente bien l’album. Le premier titre du disque est sans conteste un morceau assez représentatif du reste. Lun ou l’autre, Burning trees ou April showers

Metal-Eyes : Parlons de la pochette: qui en est l’auteur?

Josh Weaver : Nous avons travaillé avec un artiste avec qui nous avons communiqué à différentes reprises. Nous lui avons envoyé des idées tirées de pochettes qu’on adore et lui avons demandé de s’en inspirer. On avait déjà des compositions, Mlny lui a envoyé quelque textes, avec des explications… Tu sais, l’idée de Wick, la mèche qui ‘nest pas allumée, tu tiens une flamme dans une main, la mèche dans l’autre qui ‘n’attend que d’être allumée. Je crois qu’avec toutes ces indications, nous avons pu obtenir une illustration qui corresponde bien à ce que nous voulions et représente bien l’album, également.

Metal-Eyes : De quoi traitent les paroles? De prime abord, j’entends beaucoup de sentiments et d’amour dans les textes. Sur des chansons comme Tied, We slipped ou encore plans…

Josh Weaver : Elle (Mlny) écrit les textes et nous lui accordons toute notre confiance en tant qu’auteure. En réalité, on ne s’intéresse pas au contenu. Elle a expliqué avoir envisagé cet album du point de vue de l’auditeur, afin que chacun puisse avoir sa propre interprétation, en fonction de sa vie, de son vécu.

Metal-Eyes : Vous avez joué deux fois en France, la première fois en octobre 2013 et ensuite au Hellfest en juin 2014, quelques mois plus tard. Ce n’est pas vraiment assez pour pouvoir vous faire connaitre ici. Pensez-vous tourner de manière plus intensive afin d’asseoir votre réputation ?

Josh Weaver : Absolument, oui. Nous prévoyons de revenir cette année et organiser une tournée cet automne, d’autant plus avec la sortie de l’album. C’est vraiment très important. Une tournée commence en avril aux USA, donc l’Europe sera pour après.

Metal-Eyes : Comment considères-tu votre situation aux USA et en Europe ?

Josh Weaver : On fait notre truc, et nous frayons un chemin album après album. Nous avons une équipe que nous avons construite et qui nous soutiens, ce qui explique aussi que nous soyons ici, face aux médias. Nous ne sommes pas venus en Europe aussi souvent que nous le souhaiterions, et c’est important pour nous autant que pour le label de vous rencontrer, nous présenter et rappeler que nous existons. Maintenant, nous attendons la tournée. Aux USA, on grandi aussi, on tourne et grimpons les marches une à la fois.

Metal-Eyes : Une dernière chose : en tant qu’Américain, quelle est ton opinion concernant ce qui se passe chez-vous en ce moment, votre nouveau président et sa façon d’agir ?

Josh Weaver : Nous en parlons mais ne nous impliquons pas. La seule chose que je dirais, c’est que ce qui est dommage, c’est que les gens s’emportent tant à tel ou tel sujet, qu’ils transforment leur vision des Américains, ou, plus simplement, des gens. On se rend compte à quel point la politique peut corrompre les relations entre les gens. Nous, on emmerde la politique, ce qui nous intéresse, c’est de jouer du rock, de nous rassembler et communier autour de la musique. Nous ne sommes que des êtres humains, alors aimons nous, c’est tout. Les gens veulent tellement se focaliser sur l’aspect négatif des choses… Vivez, simplement et aimez la vie ! Écoutez de la musique et amusez-vous !

Metal-Eyes : Eh bien ce sera le mot de la fin ! Bonne chance avec votre album en tout cas !

Josh Weaver : Merci vraiment pour ton temps et à bientôt !

Interview: INGLORIOUS

Entretien Inglorious. Rencontre avec Colin Parkinson (basse). Propos recueillis à Paris le 14 mars 2017

Inglorious 140317

 

Metal-Eyes : Inglorious a été formé en 2014 au Royaume Uni, vous avez publié deux albums, en 2016 et celui qui arrive en 2017. C’est tout ce que je sais à votre sujet. Puisque c’est notre première rencontre, peux-tu me raconter l’histoire d’Inglorious

Colin Parkinson : Nathan (James, chant) travaillait avec une équipe de compositeurs et un producteur. Il a écrit un superbe album de rock progressif, très épique, et il avait besoin d’un groupe pour l’enregistrer. Andreas (Eriksson, guitare), qui est de nouveau dans le groupe, travaillait auparavant avec Nathan. Andreas lui a dit que son cousin, Colin – moi – était bassiste, et son pote Philip (Beaver, batterie) joue de la batterie. Je vivais à Copenhague, j’ai sauté dans l’avion pour l’audition et Inglorious est ainsi né. L’album n’a pas été remarqué, et le résultat n’a pas été à la hauteur de ce que souhaitait Nathan. On a écrit d’autres chansons, pour le premier album, les avons enregistrées, avons tourné tout l’an passé et… nous voici de retour.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu votre musique à quelqu’un qui, comme moi, découvre votre musique ?

Colin Parkinson : Pff… C’est, je dirais, du rock mélodique classique, avec une approche très moderne. Nous sommes très influencés par des groupes comme Deep Purple, Whitesnake, ce rock anglais bluesy… Nous enregistrons live, ce qui donne cette touche classique. Et je rajouterais  que les gens qui viennent en concert obtiennent ce qu’ils sont venus chercher.

Metal-Eyes : Quelle a été ton éducation musicale ? Y avait-il beaucoup de musique chez toi ?

Colin Parkinson : Oui, oui ! Mon père était bassiste – je suis bassiste de la cinquième génération dans ma famille ! J’ai grandi entouré de musique, celle de la Motown, du blues du côté de mon père – il jouait dans n groupe de blues, typé Chicago blues, Johnny Winter, Muddy Waters et ce genre de choses… J’ai rencontré Phil, le batteur, quand nous avions 13 ans. On a monté un groupe qui  a été signé, nous étions très jeunes ! Quelques années plus tard, on a fait un autre groupe, qui a aussi été signé mais qui n’a pas marché. Et me voici ! En tant que musicien, j’ai fait de nombreuses sessions, dans le pop music.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui t’a fait choisir la basse, le fait que ce soit déjà dans la famille ?

Colin Parkinson : Non, en fait, mon père l’a mise de côté pendant plusieurs années. Je ne savais même pas qu’il en jouait vraiment… Il a fait de la déco un jour, à tiré l’armoire et elle était là, dans un coin. Je l’ai attrapée, j’ai joué un peu Another one bites the dust (Queen) et je suis tombé amoureux de l’instrument. Mon père m’a montré quelques petits trucs, mais j’ai vraiment appris à l’oreille, principalement.

Metal-Eyes : De quoi parlent vos chansons ? Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez ^pas aborder, par exemple ?

Colin Parkinson : Oh… C’est plus une question pour Nathan, qui écrit toutes les paroles. En gros, il observe beaucoup, il raconte des choses qui lui sont arrivées… Il y a une chanson sur le nouvel album, Far away,  qui parle de son grand-père qui, malheureusement, est très malade. Ce n’est pas une ballade mais une chanson vraiment très puissante. Des expériences personnelles, principalement…

Metal-Eyes : Et y a-t-il des choses que le groupe, toi inclus, ne souhaite pas aborder ?

Colin Parkinson : Sans doute la politique. Ça ne rimerait à rien de vouloir faire des plans à la Bono… On aime distraire les gens, écrire des chansons auxquelles les gens peuvent s’identifier.

Metal-Eyes : Quels groupes ont été tes principales influences ?

Colin Parkinson : En ce qui me concerne, j’adore Aerosmith, Mr Big, Bon Jovi, Whitesnake, j’adore les guitares de Steve Vai dans Whitesnake… Il y a aussi King’s X, un des groupes les plus sous-estimés. Les classiques comme The Who ou The Beatles, naturellement !

Metal-Eyes :Et quels sont tes bassistes préférés ?

Colin Parkinson : Il y en a quelques-uns, mais dans le rock, je dirais avant tout Billy Sheehan, de Mr Big, qui est extraordinaire. On a ouvert pour eux, c’était superbe !

Metal-Eyes : À ce sujet, vous allez inaugurer le Hellfest l’été prochain. D’abord, comment se prépare-t-on pour un tel événement ?

Colin Parkinson : Nous répétons pendant une semaine complète. Nous ne sommes pas de ces groupes qui se retrouvent toutes les semaines pour répéter, on est très intenses, on se donne à fond. On bloque une semaine et on fait tout durant cette semaine. Ça semble être le mieux pour nous : on compose, on répète… Parfois, quand tu n’a pas de date limite, tu peux t’égarer… En gros, on répètera une semaine avant de partir sur les festivals, en Espagne, le Hellfest, le Copenhell, le Grasspop…

Metal-Eyes :À quoi pouvons-nous nous attendre à un show comme le Hellfest ?

Colin Parkinson : Beaucoup d’énergie ! Sans frime, du gros jeu aussi : on a joué dans tant de formations différentes qu’on sait exactement quoi faire live. On adore, et on ne peut rien faire sans le public. Ensuite, il y a une tournée prévue vers octobre. L’album doit sortir en juin, juillet, je crois que le mois d’août sera assez calme, donc on reprendra vers septembre ou octobre. En Europe, au Royaume Uni.

Metal-Eyes : Dans des lieux plus petits, naturellement.

Colin Parkinson : oui, un peu plus petit en Europe qu’en Angleterre, mais on a bien tournée en support l’an dernier et je pense qu’on peut jouer dans des salles de 100/200 places. Ce que j’adore, je m’y sens plus à l’aise.

Metal-Eyes : un an seulement sépare vos deux albums, ce qui, aujourd’hui, est assez uinhabituel, les groupes prenant deux ou trois ans pour travailler. J’imagine qu’il y a une volonté d’imposer Inglorious sur le marché.

Colin Parkinson : oui, mais on veut srtir le plus de choses possibles. Nous sommes des compositeurs assez prolifiques… J’écris beaucoup, Nathan écrit ses mélodies très vites aussi et on souhaite en sortir le plus possible pour nos fans. Comme ça, on peut continuer de tourner, avoir un plus grand choix dans notre catalogue. Et c’est un esprit un peu old school aussi : à l’époque, les groupes sortaient un album par an, parfois plus… Mais nous sommes très objectifs sur ce que l’on sort. Il y a eu environ 25 chansons écrites pour chacun des disques…

Metal-Eyes : Donc votre nouvel album n’est pas constitué de vos anciennes compos, celles écrites avant le premier CD ?

Colin Parkinson : non… Il y a une chanson, No good for you, qui était destinée au premier album mais nous n’avons pas réussi à vraiment en capturer l’essence. On a changé la tonalité, l’avons rendue plus agressive pour qu’elle trouve place sur le second disque.

Metal-Eyes : Alors, comme il s’agit de nouveau matériel, comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums?

Colin Parkinson : Maintenant, nous avons Andreas qui compose aussi, ce qui n’était pas le cas pour le premier album puisqu’il est arrivé deux semaines avant l’enregistrement. Maintenant, il arrive avec ses idées, il est très « Nashville blues » et ce genre de choses. Je pense qu’une partie de notre évolution vient de là. Mais nous avons aussi mûri en tant que compositeurs, nous savons quel son nous voulons. Tout était neuf sur le premier album… Notre marché aussi et on adore écrire et jouer, donc les choses viennent assez facilement. Mais aussi monter sur scène, voir ce qui fonctionne ou pas, ce que les radios diffusent… Nous sommes conscients de ça mais n’écrivons pas pour ça. Nous écrivons ce que nous aimons.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de cet album pour expliquer ce qu’est Inglorious, quelle serait-elle?

Colin Parkinson : (il réfléchit) Je pense que chacun de nous répondrait différemment… Sans doute Read all about it, peut être parce que j’ai composé la base de ce titre… J’aime… Elle est simplement entraînante, chantante, la voix de Nathan est puissante. Et elle est agressive, aussi, c’est une chanson agressive et mélodique, et c’est ce que nous sommes en réalité. Agressive, mélodique et… groovy. Un peu comme Deep Purple, que j’adore, qui a ce groove extraordinaire.

Metal-Eyes : Quand tu n’es pas en train de jouer, comment occupes-tu ton temps? Quels sont tes hobbies ?

Colin Parkinson : J’adore aller à la salle de sport et m’entretenir – même si ça n’en a pas l’air aujourd’hui (NdMP : il porte un T shirt élimé et troué, un peu crado…), j’adore aussi me promener dans la nature, méditer et ce genre de choses, ce qui m’aide à garder l’esprit clair quand les choses sont un peu dingues. Pour le reste, gagner de l’argent et payer mes factures…

Metal-Eyes : Comme nous tous, mais ce n’est pas un hobby !

Colin Parkinson : Oui, c’est vrai (rires)! Jouer au foot, au cricket, voir des amis…

Metal-Eyes : Quand vous êtes en promo comme aujourd’hui, parvenez-vous à visiter les lieux où vous vous trouvez?

Colin Parkinson : On essaye. Aujourd’hui, par exemple, notre planning est booké de 14h30 à 20h30. Ensuite, nous essaieront de sortir et prendre un verre ou deux, un peu de vin et un bon diner – Mmh, j’adore la nourriture parisienne ! – une barquette de frites…

Metal-Eyes : Revenons quelques instants à votre album : comment avez-vous décroché ce deal avec Frontiers ?

Colin Parkinson : C’est grace à notre management. Ils ont contacté les gens de Frontiers qui sont venus assister à notre showcase – ce qu’ils ne font habituellement pas mais ils voulaient vraiment nous signer. Ils nous ont proposé un deal après notre soundcheck. On a dit oui. Ils sont si passionnés ! Serafino, Mario deux des gars de Frontiers, croient tant en nous…Tu sais, ebaucoup de labels ont un gigantesque rooster, mais eux s’impliquent vraiment auprès de groupes avec lesquels ils travaillent. Ils ont été incroyables.

Metal-Eyes : Une dernière chose : la couverture de l’album, même si elle est totalement différente dans la composition et les couleurs, me rappelle celle du premier album de Thunder, Back street symphony…

Colin Parkinson : Oui, d’autres m’en ont fait la remarque ! Mais ça n’avait rien d’intentionnel. On a travaillé avec un gars qui s’appelle Paul Tippett, qui s’occupe de nos jaquettes. Pour tout dire, je ne suis pas un fan de Thunder, et je n’y ai pas fait attention. Mais j’adore cette couverture.

Metal-Eyes : Merci beaucoup… Je vous verrais au Hellfest, et en attendant, bonne chance avec cet album !

Colin Parkinson : Cool, merci beaucoup