VOLA: Applause of a distant crowd

Danemark, Prog (Mascot, 2018) – sortie le 12 octobre 2018

Il y a bientôt deux ans, Vola surprenait son petit monde avec la sortie de Inmazes, une réussite qui devait permettre aux Danois de se faire remarquer dans le select univers du rock progressif. Depuis, le groupe est resté assez discret – je ne crois pas que nous l’ayons vu en France – et c’est donc avec plaisir que je découvre ce Applause of a distant crowd, nouvelle galette pleine de jolies pépites. L’approche musicale n’a pas changé: on retrouve ce rock planant, cette voix claire, et ces mélodies aériennes à la fois sobres et d’une technicité de prime abord aisée. Car c’est la grande force de Vola, ne pas offrir un prog trop réfléchi qui ne s’adresse qu’à une élite. Non, les gars veulent séduire le plus grand nombre, et dès We are thin air (marrant de débuter avec ce titre alors que la pochette nous montre une nageuse sous l’eau…) il est clair que ça fonctionne. Ghosts, Alien shivers, Whaler font tout autant mouche grâce à des mélodies envoûtantes. Vertigo, plus « sombre » ou le morceau titre entraînent l’auditeur dans des contrées tout aussi attirantes. Maintenant, il est nécessaire de défendre cet album sur scène devant le plus large public possible si Vola souhaite franchir un nouveau cap.

DIZZY MIZZ LIZZY: Forward in reverse

dizzy-mizz-lizzy-2016Hard Rock, Danemark (Sony/Columbia, 2016)

En nommant son troisième album « avancer en marche arrière » (ou « avancer en reculant », au choix), les Danois de Dizzy Mizz Lizzy nous facilitent le classement: ce disque terminera entre les BO de C’était demain et des trois volets de Retour vers le futur! Trève de plaisanterie (ou des confiseurs, c’est l’époque qui le veut), ce disque est la dernière grosse surprise de l’année 2016. Avant tout, on pourrait même le considérer comme le premier album du trio, qui s’est absenté pendant deux décennies (son précédent album remonte en effet à 1996!). Ou comme le second premier album, mais certainement pas comme un véritable troisième, habituellement considéré comme un tournant décisif dans une carrière musicale. Voilà, c’est écrit… Grandement inspiré du hard rock dit classique – celui des années 70, de Thin Lizzy à Deep Purple, de Led Zeppelin à Steppenwolf, le hard FM US des 80’s, mais aussi une certaine vague grunge 90’s – le trio composé du chanteur guitariste Tim Christenssen (et âme pensante de la formation puisque crédité comme unique auteur des chansons), du bassiste Martin Nielsen et du batteur Soren Friis surprend dès l’intro de ce disque. Phlying pharao est un instrumental qui dit tout de l’esprit du groupe: de belles mélodies, des riffs efficaces, une puissance envoûtante, des tonalités orientales et une production d’époque mais pas datée… Le morceau titre qui suit est entraînant, efficace, et l’on (re)découvre un chanteur à la voix douce et des lignes vocales presque pop qui s’approchent de l’esprit américain du hard FM. un son qui donne simplement envie, à l’amateur du genre, d’aller au bout. Terrified in paradise, Brainless (très nombreux sont-ils, ceux qui peuvent se sentir visés!), la ballade Something so familiar (tu m’étonnes: je ne connais que cet air sans parvenir à remettre un nom dessus!)… Douze titres qui chacun expliquent pourquoi Columbia/Sony music (qui s’occupe, entre autres, d’AC/DC…) parie sur Dizzy Mizz Lizzy, dont on ne pourra seulement que reprocher certaines mélodies trop évidemment piochées ailleurs. Les 70’s sont en vogue – question de génération? – et le trio en est un digne représentant. Si certains airs sont familiers, seule faiblesse de ce disque, l’ensemble est si agréable et vrai qu’on se laisse emporter. Pas de prises de tête, ce disque d’apparence simple, est fait pour animer les soirées entre potes.

Note: 8/10

VOLA: Inmazes

vola-2016Metal progressif, Danemark (Mascot, 2016)

Formé au Danemark en 2008, Vola publie son premier album en 2015. Repéré par Mascot records qui leur propose un contrat, Vola voit Inmazes, le susmentionné premier CD, reboosté en 2016 par ce label amoureux de belles et puissantes mélodies. Maintenant, Vola, c’est quoi? Musicalement, les Danois proposent un metal progressif rusé et intrigant. Hanté par l’esprit d’un Pink Floyd dans ses errances les plus planantes, on ne peut s’empêcher de penser bien souvent à Dream Theater sans ses circonvolutions parfois trop intellectualisées (Your mind is a hopeless dreamer), ou naturellement, Rush. Et par ses touches modernes, le groupe invoque aussi, assurément, Rammstein. Vola apporte toutefois sa personnalité, par un chant clair, parfois mélancolique, des guitares saturées et trépidantes, à la fois terriennes et aériennes (The same war, Owls) mais surtout grâce à l’apport de touches plus électro ou brutales. Le groupe cherche à sortir des sentiers battus, à séduire le public le plus large possible en le surprenant parfois, comme c’est le cas avec la très douce et épurée chanson d’amour Emily ou avec l’étonnant Feed the creatures. Une jolie et prometteuse découverte, en somme.

Note: 8/10

Titre que je retiens: Owls

VOLBEAT – Seal the deal & let’s boogie

VOLBEAT 2016Hard rock, Danemark  (Vertigo, 2016)

A la première écoute, aux premières lignes de chant de The devil’s bleeding crown ou de Marie Laveau, on a l’impression d’entendre The Offspring, Sum 41 ou autres groupes de cette générations « punk US » des années 90. La voix de Michael Pulsen n’est sans doute pas étrangère à ce sentiment. Bon, et? On arrête là, et on passe à autre chose? Non, évidemment. Parce qu’à la seconde, puis à la troisième écoute, et les suivantes, ce Seal the deal & let’s boogie se révèle à plus d’un égard simplement irrésistible. D’abord, les mélodies sont taillées pour séduire. Elles entrent dans la tête pour n’en pas sortir. Ensuite, parce que les guitares de Michael Poulsen et de Rob Caggiano – qu’il faudrait enfin considérer non plus comme « ex-Anthrax » mais bien comme membre à temps plein de Volbeat – offrent une multitude de moments originaux, réfléchis pour l’efficacité et la discrétion. Parce que, aussi, les invités apportent une touche particulière aux titres interprétés (le chant danois de Johan Olsen sur For Evigt, qui ressemble à un hommage, la folie douce et contrôlée de Danko Jones sur Black Rose ou ces chœurs sur Goodbye forever), et que Volbeat se risque à explorer des sonorités orientales sur The gates of Babylon ou nous propose deux reprises réussies ( Rebound et Battleship chains). parce que, enfin, ce disque regorge de ces sonorités et rythmes empruntés au rock des années 60, celui qui faisait danser et bouger. Et que ça fonctionne encore.  Seul Mary Jane Kelly me semble moins efficace, mais un titre sur treize, ce n’est rien. Le reste, malgré certains airs de reprises qui n’en sont pas (Black Rose ou The gates of Babylon n’ont rien de commun  avec Thin Lizzy ou Whitesnake) est entraînant et donne envie de chanter. Seal the deal & let’sboogie est un de ces albums qui donne la pêche.

Note: 8/10

Titre que je retiens: The gates of Babylon

HELHORSE – Helhorse

hellhorse 2016Heavy metal, Danemark (Spinefarm records, 2016)

Formé au Danemark en 2011, Helhorse se démarque d’une part par son inhabituel format (un sextet) et son goût pour la mixité musicale. Le groupe, avec ce premier album s’efforce de nous montrer une pamettes de visages aussi charmeurs qu’intrépides. Dès Carry your own – introduit par une basse lourde et hypnotique à laquelle vient se greffer une voix grave qui prononce, lentement, une répétition de « Shame » – Lire la suite