AVATAR: Avatar country

Heavy metal, Suède (Sony music, 2018)

Depuis quelques albums, Avatar réussit à se diversifier, ne pas se répéter ou tomber dans le piège de la formule. Et si le groupe sait se faire remarquer pour ses prestations scéniques hautes en couleurs, prestations fédératrices s’il en est, il lui reste à franchir le cap de la réalisation de l’album qui fera craquer le grand public. Avatar country pourrait bien être celui-là, plus joyeux qu’un Feathers and flesh sombre. Construit autour de l’histoire d’un roi – chaque chanson et instrumental contient le mot « king » – l’album explore divers horizons, très mélodiques ou plus brutaux. Le chant de Johannes Eckerstöm est plus varié que jamais et le gaillard excelle dans les vocaux  clairs autant que cette rage qui anime sa folie. Les guitares de Jonas « Kungen » – qui tient ici le rôle du roi (cf interview) – et de Tim Öhrström illuminent l’ensemble des chansons, également très variées. Du très heavy metal Legend of the king – véritable introduction après le chant glorificateur Glory to our king – au final instrumental  (les deux parties de Silent songs of the king), en passant par le folklorique The king welcomes you ou le délirant The kings speaks, tout est éblouissant, entraînant, voire fascinant. Même s’il est très « culte de la personnalité », c’est avant tout un disque d’autodérision et de critique acerbe du pouvoir en place. Avatar frappe fort et Avatar country me donne ma première grosse claque de l’année.

ANVIL: Pounding the pavement

Heavy metal, Canada (SPV, 2018)

Si Anvil a connu, au cours des années 80, un joli début de gloire pour mieux sombrer dans un injuste oubli, il fait aujourd’hui, depuis le film qui lui a été consacré, partie des éternels challengers. Sans aucun doute le capricieux succès restant à la porte a-t-il inspiré le titre de ce nouvel album. Car Anvil ne lâche rien et continue de battre le pavé (Pounding the pavement, en anglais, et accessoirement le titre de son nouvel album) en rongeant son frein. L’envie est toujours présente, et cela s’entend dès Bitch in the box, un heavy carré et entraînant à la mélodie mémorisable. La voix de Lips est puissante et rugueuse et sied parfaitement. Anvil s’amuse par la suite avec les rythmes proposant ici du speed (Ego), de la lente oppression (Smash your face, pas totalement convainquant), un instrumental efficace (Pounding the pavement, qui m’évoque Accept), du rock n roll débridé à la Motörhead (Rock that shit, le bien nommé), du heavy pur jus, mais toujours teinté de mélodies variées et puissantes. Pounding the pavement est un album qui sent le plaisir de jouer, et parfaitement adapté pour les concerts. Espérons seulement qu’Anvil puisse, sans morceau immédiat, trouver un public plus large, ce qu’il mérite vraiment.

Interview: HOGJAW

Interview HOGJAW : rencontre avec JB (chant, guitare) et Elvis (basse). Entretien mené le 14 novembre 2017 chez Gibson France, Paris.

 

metal-eyes: Pour ne rien vous cacher, je viens de découvrir Hogjaw avec l’album à venir, Way down younder. Il s’agit de votre 6ème album déjà, mais quelle est votre situation en France ?

Elvis: On a joué quelques fois en France, au moins une fois sur chaque tournée. On nous connait un peu par endroits. Nous sommes un groupe de rock qui joue fort. On est principalement connus pour faire partie de la scène rock sudiste, grâce au magazine Dixie qui nous a consacré un article en 2008, et ça a servi notre réputation.

JB: Ca c’était au début, oui… Depuis, il y a des fans en France que nous avons appris à connaitre, directement ou via Facebook, les réseaux sociaux. Ils nous ont beaucoup soutenus au fil des ans et certains nous ont conviés à venir jouer ici, en France.

Elvis: On a joué au Festi Rock festival, qui ne regroupait que des groupes de rock sudiste.

metal-eyes: Comment décririez-vous l’évolution de Hogjaw entre Rise to the mountains, votre album précédent, et Way down yonder, qui parait début 2018 ?

JB: Chacun de ces disques  été fait avec Jimmy Dows. On a travaillé en tant qu’équipe avec lui, à mettre les choses en place. Maintenant, je pense que le principal avec Way down yonder est que nous testons plus de choses vocalement, et nous avons « tenté » de maintenir les guitares autant que possible du point de vue de leur puissance pour faire de la place au travail sur le chant. Sur certains des morceaux…

Elvis: Je n’y avais pas pensé comme ça, c’est intéressant…

JB: Je pense que c’est une progression naturelle, comme on dit. On souhaite vraiment explorer les capacités vocales…

Elvis: C’est la première fois qu’il y a 3 chanteurs lead sur un de nos albums. Ça apporte de la variété, qui n’était pas là avant. Jimmy a un style qu’il n’y avait pas sur les albums précédents, et les morceaux qu’il a écrits apportent, beaucoup de gens nous le disent, une touche différente.

JB: Ce n’est que l’évolution du groupe au fil du temps. Pourquoi le nier ?

metal-eyes: Certains groupes s’en sortent très bien en faisant toujours la même chose…

JB: Oui.. On fait plus ou moins la même musique, mais on tente des choses. On cherche à rester nous-même, rester intègres par rapport à nos valeurs, mais en cherchant un peu de nouveauté. Donc, il faut tester les capacités du groupe.

metal-eyes: L’album propose une variété de thèmes et de tempi. Qu’avez-vous mis dedans ? En dehors de ces nouveautés vocales, dont vous venez de parler.

JB: Je ne sais pas s’il y a une formule pour l’expliquer, mais notre musique est née de jams. Tout dépend de l’esprit général lorsqu’on a commencé à écrire. Telle chanson est un peu plus sombre, telle autre plus rapide, plus lente… Je ne dirais pas que nous avons planifié ce que nous souhaitions composer, nous terminons avec ce que nous avons ! Le temps qu’il faut pour composer, arranger, et c’est fait !

Elvis: On ne commence presque jamais avec une personne qui écrit une chanson et demande au reste d’entre nous de jouer dessus. Tout commence par une idée, puis une autre vient s’y greffer… JB écrit la plupart des textes, j’en écris certains, le batteur, Kowalski, aussi et tout cela contribue à l’ensemble. Kowalski a une très bonne approche et n’hésite pas à nous dire de couper tel partie en deux, de virer ça ou de travailler ça…

JB: En ce qui concerne les guitares, c’est nous, guitaristes qui trouvons des riffs cool, et le batteur nous dit « cool, essayons ça ! » C’est vraiment un effort de groupe, collectif, on ne peut pas dire que c’est principalement le travail de l’un ou l’autre. Ca ne fonctionnerait pas…

metal-eyes: Si vous estimez qu’une idée est bonne, tout le monde travaille dessus.

JB: Exact. Ça a fonctionné depuis nos débuts et c’est une chose que nous ne changerons jamais.

metal-eyes: Parlons de quelques chansons : To hell with the rest débute en sonnant comme du ZZ Top des années 80. (JB rit et acquiesce). Quelle importance a ce groupe dans la vie de Hogjaw ?

JB: ZZ Top ? Une très grosse influence, je dirais. On cherche à choper ce truc qui les distinguait à la fin des 70’s, début 80’s. Cette chanson de Hogjaw débute avec ce type de riff et c’était incontestablement volontaire ! On adore simplement le groove qui en ressort. Il y a peu de groupes qui osent jouer de vrais riffs à la guitare, aujourd’hui. Il y en a, mais pas autant que dans les années 80.

Elvis: Et c’était une décision consciente et commune de chercher des tonalités passées, des 80’s, fin 70’s.

metal-eyes: Et comment avez-vous atteint ce son ? En enregistrant sur du vieux matériel analogique ou plutôt moderne ?

JB: La technologie est moderne, mais nous avons utilisé de vieux amplis et une approche de l’enregistrement « à l’ancienne ».

Elvis: oins de gains, ce qui permet à plus de sons de passer…

JB: ET pas de post production. On cherche à trouver la bonne tonalité, et quand on la trouve, on fonce. Pas d’égalisation à mort, on appuie sur le bouton et ça roule !

Elvis: Les guitares ressortent vraiment bien sur le CD.

metal-eyes: C’est quoi, le North Carolina way ? Je suis originaire de cet Etat, alors, expliquez moi !

JB: C’est une longue histoire que je vais raccourcir : cette chanson parle d’un de nos bons amis qui vit en Caroline du Nord. Il s’appelle, on l’appelle, Uncle Buck, de son vrai nom Scott Howard. Aux débuts du groupe, en 2009/2010, on a organisé une tournée, nous-mêmes. Il nous a dit « allez, venez jouer ici, je vais m’occuper de vous ! » On ne connaissait pas le gars, on ne l’avait jamais rencontré et il nous a traités comme si on faisait partie de la famille. Depuis cette toute première rencontre, il nous traite comme sa famille. On retourne chez lui pour jouer…

metal-eyes: Elvis: Tous les ans, ou une année sur deux, il nous fait venir en Caroline du Nord poru jouer. Et entre ces moments, c’est lui qui vient en Arizona pour nous rendre visite. On a passé des vacances ensemble, on a assisté à des concerts ensemble, on l’a emmené avec nous en tournée en 2015 pendant un mois… Il partageait notre van…

JB: En gros, c’est tout le respect qu’on doit à cet homme, tant il a fait pour nous. C’est une ode à la vie, au rock’n’roll way of life, la vie simple près d’un lac, comme la sienne…

Elvis: Un lac qui s’appelle High rock lake.

JB: Tout ça a été inspiré par sa vie, son mode de vie. Qui est exactement notre façon de vivre en Arizona. Trouver quelqu’un comme ça, dans le monde de la musique, c’est assez spécial.

metal-eyes: Et ça correspond à ce que vous mettez en avant sur votre site, cet esprit familial, une bande de pote qui font les choses comme on les fait en famille.

JB: C’est comme ça que ça devrait toujours être.

metal-eyes: Dark horse est un titre plus lent, Presque doom…

JB (il rit): En effet, oui! Il y a ce feeling… Tu le décrivais bien, tout à l’heure, Elvis…

Elvis: On ne fait pas que jouer du rock sudiste, c’est une ligne directrice, ok. Quelqu’un nous demandais quel genre de groupe nous sommes. Eh bien, nous ne sommes pas un groupe de rap, ni de stoner, nous sommes un groupe de rock sudiste. Seulement, nous jouons différentes choses : du heavy rock, du rock, de la country, du country rock… Et parfois notre côté metal ressort, comme c’est el cas sur Dark horse. C’est une chanson qui a ce feeling qui me fait penser à un vieux morceau d’AC/DC : tempo plus lent, thème plus sombre…

metal-eyes: AC/DC qui aurait rencontré Black Sabbath…

JB: oui, Black Sabbath, bien sûr!

Elvis: On l’a laissé s’exprimer sur ce titre, et JB a ensuite écrit les paroles, qui sont sombres et collent à la musique. Dès le départ, on savait que ce titre devait se retrouver sur l’album, parce qu’il est vraiment différent. Certains de nos fans vont adorer ce morceaux, d’autres risquent de le zapper quand ce sera son tour… Mais je crois qu’un bon nombre de nos fans vont l’adore, parce que, comme nous, ils aiment aussi des choses plus heavy. Et on le met sur notre album si on le souhaite !

metal-eyes: On vit toujours dans des pays libres !

JB: Oh oui, on vit dans des pays libres, et la musique devrait aller partout.

metal-eyes: Redemption est, par son titre, très biblique et la religion a une place très importante dans le sud des USA. Quelle est la place de la religion dans votre musique ?

JB: Je ne dirais pas que la religion a une part importante. Nous sommes spirituels, mais pas vraiment religieux, pas dans un sens organisé, en tout cas.

Elvis: Cette chanson parle plus de la rédemption individuelle de chacun.

JB: Elle parle de ce que nous cherchons tous, individuellement. C’est comme… comment dire ? Comment je pourrais me repentir, de quoi ? Et comment le ferait Elvis, ou toi. Nous l’avons plus abordé comme une expérience, voir ce que nous pouvions en faire

Elvis: Avec 3 chanteurs dans la même chanson…

JB: Oui, et les paroles qui traitent de rédemption, de ce que ça signifie pour nous. Elle n’est pas censée avoir de connotation religieuse. Mais nous ne sommes pas du tout un groupe religieux. Spirituel, oui, pas religieux. Nous avons tous des passés différents, j’étais catholique, baptiste comme mon père, j’ai grandi avec, et j’ai choisi en grandissant de ne pas suivre ces préceptes. Je crois en ce en quoi je crois, et c’est tout. Aucun de nous ne veut imposer quoi que ce soit aux autres. Ça te concerne, c’est personnel.

metal-eyes: Un autre sujet : Brown water traite du whisky.

JB: Absolument !

metal-eyes: Et tu en bois en ce moment. Je ne connais pas de whisky d’Arizona, alors êtes-vous plus Jack du Tennessee, Jim du Kentucky ou un autre ?

JB: Je préfère jack du Tennessee. Je suis né en Caroline du Nord, mais j’ai vécu pas mal de temps dans le Tennessee. Nous sommes des rats de l’air force, nos parents en faisaient partie et j’ai pas mal bougé. Le whisky nous a suivis… On a plusieurs chansons à ce sujet, plutôt le côté festif.

Elvis: Dans le rock sudiste, le whisky est une constante… regarde combine de chanson lui a consacré Lynyrd Skynyrd!

JB: Quelle que soit la manière d’en parler, ça me va! Attention, je ne prône pas la consommation d’alcool, simplement le fun.

Elvis: On l’appelait « eau de vie » avant ! Et c’est exactement ce que c’est, la vie.

metal-eyes: Vous parlez beaucoup de vie, de plusieurs manières. Talk about fishing, qui clôt l’album, est une pure chanson country.

Elvis: Chaque album a une chanson qui n’a que pour but de s’amuser.

JB: On s’enregistre, et on l’offre en bonus, sit u veux.

Elvis: En général, on les enregistre en dehors du studio.

metal-eyes: il y a une raison à ça?

Elvis: oui, parce que nous l’avions fait sur le premier album avec une chanson qui s’appelle Cheap whisky, que nous avions enregistrée après.

JB: Sur un vieux magnéto 4 pistes!

Elvis: Et on a continué de proposer, comme un projet en totale autonomie, sans producteur, rien que pour nous, le fun.

JB: Et cette chanson a été faite chez un ami, avec plein d’instruments. J’ai appris un peu de banjo pour l’occasion, c’est simplement fun.

metal-eyes: ça l’est, et ça dit en filigrane, « voilà, l’album se termine ». Quel a été, pour chacun de vous, le premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui vous a fait dire « voilà ce que je veux faire » ?

JB: C’est une super question…

Elvis: Pour moi, c’était Kiss: j’étais gamin, et j’ai vu Kiss à la télé. Mes parents et mes grands-parents ont détesté. Je ne le savais pas à l’époque… C’était en 76, lors d’une émission spéciale halloween et ils ont joué God of thunder et Detroit rock city. J’ai dit « voilà, c’est ce que je veux faire, quoi qu’il arrive ». j’ai acheté les disques de Kiss, les figurines ; les lunch boxes… Tout. Ma sœur et mon oncle étaient musiciens, ils jouaient tout le temps de la musique et me donnaient des disques de Pink Floyd, Led Zepelin, les Doobie Brothers. J’écoutais tout, mais le premier qui m’a vraiment marqué, c’est Kiss. Je voulais faire ce que ces gars faisaient.

JB: Étrangement, moi ce serait plus Hank Jr. Étrangement parce que c’est de la country. Mais là où j’ai grandi, c’est ce que nous écoutions. Mon père était un grand fan et il y avait toujours de la musique. Quand tu es jeune, tu ne fais pas le tri, tu écoutes ce que tes parents écoutent. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à jouer de la guitare que je me suis plus intéressé à ce que faisaient les autres, dans les 80’s. Ensuite, il y a eu AC/DC, et là, le choc… C’est devenu de plus en plus heavy, Iron Maiden et autres.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Hogjaw aujourd’hui ?

Elvis: La devise? Intéressant…

JB: On ne nous l’a pas encore posée, celle-là, c’est bien. Garde quelques armes secrètes, c’est bien !

Elvis: Ce n’est pas vraiment une devise, mais on dit souvent « get some ! » C’est le titre d’une de nos chansons qui dit « fonce, et fais les choses »

JB: Aujourd’hui… « Fais ce que tu veux ! » On a eu des devises en tournée, du style « ne le fais pas » ou « pourquoi le faire si ce n’est pas fun ». Le diable est dans les détails, alors positivons.

metal-eyes: Si vous deviez ne retenir qu’un titre de Way down yonder pour décrire ce qu’est Hogjaw aujourd’hui, ce serait laquelle ? (ils réfléchissent tous deux quelques instants)

Elvis: Je choisirai Way down yonder

JB: Moi aussi, juste parce qu’il y a tout dedans.

Elvis: Oui, elle est puissante, il y a différents passages, elle raconte une histoire…

JB: On y a mis un peu tout ce qu’il y a sur ce disque, c’est pour ça qu’on l’a choisie comme titre, aussi.

metal-eyes: Comme je découvre le groupe : Hogjaw m’évoque le sort que voulait faire subir Mason à  Hannibal Lecter. Y a-t-il un lien ou le nom du groupe n’a rien à voir,

JB: Aucun rapport, mais c’est intéressant. Hogjaw est un vieux terme du sud qui a deux significations : un, c’est une façon de dire que quelqu’un mange trop, sans penser aux autres. Deux, c’est vivre avec excès : manger, boire, se marier, vivre, le tout avec excès.

metal-eyes: Une toute dernière chose : Quelle a été la meilleure question, la plus surprenante, que l’on vous ait posée aujourd’hui ?

JB: Aujourd’hui ? La devise, mon gars ! Pas forcément la meilleure mais la plus intéressante. Ça nous change et nous force à réfléchir un peu…

Elvis: Oui, je le rejoins…On va peut être adopter cette devise.

IRON MAIDEN: L’antre de la bête

Biographie, Chris Welch  (Editions Hunning et Munning, 2017)

Chris Welch écrit comme il respire… Ce journaliste anglais est un enfant du rock comme il en reste peu. Né en 1941, il était ado au moment de la naissance de ce courant musical et en a suivi les évolutions à travers le temps. Devenu journaliste, il travaille pour l’incontournable Melody maker et collabore à divers magazines, à différents postes dont celui d’éditeur du Metal Hammer anglais, tout en collaborant à d’autres magazines de référence, du jazz au metal.

Il se distingue également par se capacité à  raconter l’histoires de nombreux groupes. Il rédige ainsi les biographies de David Bowie, Led Zeppelin, Peter Grant (manager des dits Led Zep), Black Sabbath, Cream, Genesis, Pink Floyd, Hendrix, The Who, Def Leppard… Ce n’est là que le sommet de l’iceberg tant la liste de ses ouvrages est longue.

L’antre de la bête se penche sur le cas Iron Maiden d’une manière qui se veut originale. En allant droit à l’essentiel, Welch réussit à résumer la carrière de la bande à Steve Harris en à peine 62 pages! C’est dire s’il résume une carrière quarantenaire et des exploits devenus légendaires. Mais commencer – il s’agit là sans doute de la responsabilité de l’éditeur qui eut mieux fait de vérifier avant de publier – par confondre Bruce Dickinson (en photo) et Dennis Wilcock ou Dennis Stratton et son remplaçant Adrian Smith (p 8 et 9), il faut le faire. Est-ce un signe pour la suite? Pas forcément même si une formation aussi légendaire mérite un traitement plus fouillé et profond.

Heureusement, l’ouvrage est richement illustré de photos moins connues du grand public. Et ça, c’est bien. Surtout, ce livre renferme des enveloppes comportant des reproductions qui attireront nombre de fans: le tour program de Judas Priest résumant l’histoire des deux formations, des affiches, flyers, pass de différentes tournées. Une vingtaine de documents qui, malheureusement, ne s’avèrent pas forcément aussi passionnants qu’ils auraient pu l’être. Y en a t-il assez? Non, loin de là, même si l’on a – cocorico – plaisir à retrouver cette affiche de la tournée allemande de The beast on the road à laquelle participait Trust… Mais, en général, sont-ce là des objets qui peuvent vraiment faire rêver le fan? D’autres, plus « légendaires », auraient sans doute plus facilement atteint ce résultat.

Alors, naturellement, les fans ultimes fonceront compléter leur collection (si ce n’est déjà fait) et les plus jeunes, ceux découvrant Iron Maiden, auront largement de quoi satisfaire leur curiosité avec ce livre gentiment initiatique. Les autres, qu’ils soient fan de la première heure ou amateur éclairé, rongeront un peu leur frein. Un sympathique livre « gadget », mais pas forcément un ouvrage indispensable.

BLACK LABEL SOCIETY: Grimmest hits

Hard rock, USA (Spinefarm, 2018)

Ce n’est pas parce qu’apparaît le mot « hits » que Grimmest hits, nouvel album du Black Label Society de Zakk Wylde est un best of… Non,non, non… Rien à voir! Il s’agit bel et bien du successeur de Catacombs of the black Vatican paru en 2014. Et là encore, les amateurs de BLS seront simplement comblés, sans pour autant, reconnaissons-le, être surpris. Car les 12 morceaux de ce disque sont le reflet de ce que Zakk fait de mieux: de jolies et puissantes mélodies, de gros riffs de guitares et la ballade qui va bien. C’est carré, chanté avec cette voix profonde et grave qui est typique au guitariste. Grimmest hits se révèle rapidement être un de ces albums profondément honnêtes qu’on a beaucoup de plaisir à écouter, même si on ne retient pas tout spontanément. Pas de révolution, mais un vrai bon moment que nous offre, une nouvelle fois, Black Label Society – qui sera de passage au Bataclan de Paris le 8 mars, et au Bikini de Toulouse le lendemain, 9 mars. Rendez-vous est pris avec l’un des plus sympathique guitaristes bourru comme un ours de sa génération.

HELLZEIMER: Not my wars

Thrash, France (Autoptoduction, 2017)

Voici une surprise à la fois agréable et rugueuse. Hellzeimer, formé dans la région nantaise en 2009, pioche son inspiration musicale dans le gros heavy mélodique des années 80, avec quelques escapades du côté du neo thrash brutal des 90’s et du death mélodique. C’est franc du collier, direct et sans concession. Les riffs de plombs alimentent une rythmique hypnotique qui entraine l’auditeur dans les méandres de ce Not my wars. Alors, OK, le vocaliste hurle sa rage, mais on n’est à des années lumières d’un quelconque death metal. A plus d’une reprise cet album me surprend et me fait taper du pied. Les 9 titres filent à vive allure, et honorent chacun le titre de ce disque. Du morceau titre – une intro qui évoque presque Queensrÿche – au final Between, pas une seconde de répit n’est offerte. Douceur, finesse, passez votre chemin! Il n’est guère d’espace pour autre chose que la virulence et le speed ici. Amateurs de sensations fortes, vous savez ce qu’il vous reste à faire: soutenir autant que possible ce premier album au message clair.

Livre: AC/DC Tours de France 1976-2014 : Les bonus

Recueil de documents, France (Editions Point Barre, 2017)

Quel fan d’AC/DC n’a pas dans ses rayonnages la bible ultime qu’est AC/DC Tours de France concoctée de longues années durant par Phil Lageat (rédac’ chef de la bible mensuelle en France qu’est Rock Hard), Baptiste Brelet et mis en images et en pages par Vanessa Girth, également responsable de la mise en pages du sus mentionné mensuel? Le travail alors accompli fut logiquement salué par tous, à commencer par les membres du groupes eux-mêmes. Alors quand certains témoins, après la parution de ce premier pavé décident de se faire connaitre, lorsque de nouveaux documents sont confiés au trio, lorsque la fatigue de 7 années de travail cède le pas à la passion et l’envie de pousser plus loin, que se passe-t-il? On prend les mêmes, on remet le couvert et on relance la machine. Et on offre AC/DC Tours de France 1976-2014: Les Bonus

Ce second volume commence fort, avec la promesse d’un troisième volet… Ben oui, c’est logique: des choses se sont passées depuis 2014, de la séparation d’avec Brian Johnson à la disparition de Malcolm Young en passant par une tournée avec le sulfureux Axl Rose, autant de sujets attendus pour un ultime chapitre.

Mais en attendant, on se délecte de ces photos, rares et nombreuses, de ces témoignages inespérés d’anciens collaborateurs, de ces coupures de presse et de tous ces documents inédits et de cette incroyable aventure que fut le concert « fantôme » de 1991… Vous aviez cru que Lageat et sa bande avaient tout récolté? Vous serez les premiers surpris! S’il y a moins de textes et de témoignages, cependant tout aussi riches que précédemment, les 304 pages n’en restent pas moins bourrées de ces documents qui nous font encore et toujours rêver: photos inédites, places de concerts, pass divers, tout ou presque y est. Une seule chose m’étonne, c’est l’absence de photos de Marc Villalonga qui doit pourtant en avoir encore quelques unes dans ses archives…

Vous avez aimé le premier volume? Alors vous êtes sans aucun doute déjà en possession de ces Bonus. Vous avez raté le premier? Foncez sur celui-ci sans hésiter. En attendant la conclusion à cette oeuvre ultime d’une légende ultime du rock. Bravo à vous 3!

Cet ouvrage a fait l’objet d’une édition limitée, dédicacée, avec fourreau et 3 lithographie. Il en reste peut-être quelques exemplaire à commander sur le site www.acdclelivre.fr

Interview: AVATAR

Interview AVATAR : rencontre avec Jonas « Kungen » (guitares). Entretien mené le 11 décembre 2017 au siège de Sony music France, Paris.

 

Être convié à une audience royale ne se refuse pas. D’autant moins lorsque la tête couronnée en question se nomme Jonas « Kungen » Jalsby, guitariste et fondateur d’Avatar, dont le prochain album, Avatar country risque fort de marque durablement l’année 2018. On ne s’adresse pas à un roi comme à n’importe qui d’autre, alors, une fois n’est pas coutume, prenons le ton adéquat et respectueux qui sied.

metal-eyes: Avant de commencer, dois-je t’appeler Votre Majesté, Votre grandeur ou tout simpelment Jonas ?

Sa Majesté Kungen: Mmmhhh… « Votre Majesté » ou « Votre Grandeur » me semble approprié.

metal-eyes: Très bien… Avatar semble avoir trouvé sa vitesse de croisière en publiant un album tous les deux ans. Est-ce une volonté de votre Majesté ou une envie commune du groupe ?

Sa Majesté Kungen: Selon moi, c’est un assez bon rythme car lorsque vous préparez un album, vous plongez tant en vous-même que, lorsque l’enregistrement est terminé, c’est toujours agréable d’avoir un peu de répit, de faire un break pour se vider l’esprit avant de se remettre au travail.

metal-eyes: Et de remonter sur scène également j’imagine.

Sa Majesté Kungen: Bien sûr.

metal-eyes: Comment votre Grandeur décrirait-elle l’évolution d’Avatar entre Feathers and flesh et Avatar country ?

Sa Majesté Kungen: Eh bien, Feathers and flesh est un album très sombre et très sérieux. Ce nouvel album est sérieux aussi, mais il a une touche plus joyeuse. Il est un peu plus entrainant.

metal-eyes: Avatar country mélange joyeusement rugosité, cris, chant clair, du groove, des riffs hypnotiques… J’ai entendu des touches de Joe satriani ou ian Gillan… Qu’avez-vous mis dans ce disque, votre Majesté ?   

Sa Majesté Kungen: Merci… Nous avons mis beaucoup de choses. Lorsque mes ministres et moi nous asseyons pour composer, nous mélangeons toutes nos influences. En ce qui me concerne, il y a beaucoup d’Iron Maiden et du death metal extrême. C’est de là que proviennent les aspects techniques. Ensuite, Tim écoute beaucoup D.A.D qui a beaucoup d’influences country. Tim a beaucoup écouté Van Halen, également, et Ed Van Halen l’a beaucoup influencé pour ses solos. De mon côté, j’ai beaucoup emprunté à Zakk Wylde, dans sa manière de tirer mes cordes, de les attaquer. Ce sont des moments, évidemment… un autre guitariste que j’écoute beaucoup s’appelle Guthrie Govan. C’est un fabuleux  guitariste écossais.

metal-eyes: Et comment travaillez-vous, concrètement ? Est-ce que chacun arrive avec des bout des chansons, des riffs, des idées et vous mélangez le tout pour voir ce qui en ressort ou y at-t-il une direction générale sur laquelle vous travaillez tous ?

Sa Majesté Kungen: D’abord, chacun enregistre toutes les idées qui lui passe par la tête. Ensuite, nous écoutons ensemble et sélectionnons les meilleures parties. Certaines peuvent être plus proche d’une chanson, et Johannes peut alors travailler ses textes

metal-eyes: La musique précède donc les paroles ?

Sa Majesté Kungen: Oui. Lorsque Johannes compose, il peut lui arriver d’écrire d’abord les lignes de chant s’il a une idée de texte, mais normalement c’est d’abord la musique, et nous assemblons les pièces du puzzle.

metal-eyes: Avatar country est un puzzle très épique et cinématographique…

Sa Majesté Kungen: Merci.

metal-eyes: L’labum est très visuel. Pensez-vous que ce visuel peut vivre sans la musique, ou, inversement, que la musique d’Avatar country puisse vivre sans son pendant visuel ?

Sa Majesté Kungen: J’espère que la musique survivra à l’image. Cependant, cela ajoute énormément, c’est certains ! Ce serait beaucoup plus facile pour nous de mionter sur scène et de jouer sans nos costumes.

metal-eyes: j’imagine que pour cette nouvelle tournée Avatar a créé un nouveau spectacle. Qu’a suggéré votre Majesté à vos ministres ?

Sa Majesté Kungen: C’est en cours… Nous allons répéter et je suis certain d’imaginer ce qu’ils pourront faire de mieux.

metal-eyes: La statue du roi fera-t-elle partie du décor ?

Sa Majesté Kungen: Je n’en suis pas certain, ce sera compliqué de la faire venir. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle fera partie du spectacle.

metal-eyes: Avatar country est un album conceptuel : il raconte l’histoire d’un roi, sa vie et sa mort, comment vous est venue cette idée.

Sa Majesté Kungen: En l’occurrence, j’ai toujours été un Roi.

metal-eyes: Certes, mais vous n’êtes pas encore décédé…

Sa Majesté Kungen: Vrai. En réalité, la façon dont fonctionnent mes réincarnation fait que je n’ai aucun souvenir de mes vies passées. Je ne peux parler de mes successeurs, mais Avatar country traite de ce qui fait un Roi, naturellement. Ce qui l’officialise au yeux du monde, ce qui informe les gens de son existence afin qu’ils luii soient fidèles.

metal-eyes: Et nous y arrivons, car lorsqu’on voit le public qui vient vous voir, souvent en festival, qui hurle « Avatar ! Avatar », on en est persuadé.

Sa Majesté Kungen: C’est très bien. Éducation culturelle.

metal-eyes: une nouvelle tournée est annoncée. Vous allez passer par 6 villes Françaises, dont des endroits moins souvent visités, comme Cognac. Mais étonnamment, vous ne passerez pas à Reims, ville de couronnement des rois… Pourquoi votre management n’a-t-il pas organisé cette étape ?

Sa Majesté Kungen: Je dirais que c’est parce que notre management est américain. Et ils ne connaissent ni la géographie ni l’histoire de l’Europe…

metal-eyes: Vous ne les reverrez pas à cause de cela ?

Sa Majesté Kungen: Non… Tout le monde peut faire une erreur. Il faudra simplement la corriger pour la prochaine fois.

metal-eyes: Si votre majesté devait de retenir qu’une chanson d’Avatar country pour expliquer, à quelqu’un qui ne vous connait pas encore, ce qu’est Avatar aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Sa Majesté Kungen: C’est une question difficile… Vraiment difficile, car les chansons sont toutes différentes. Par exemple, Legend of the king est un morceau épique de 8’, comme un vieil anthem du metal ; The king wants you est plus dur, direct… King after king pourrait se rapprocher de choses que nous faisions avant… La construction des riffs, l’assemblage des parties de cette chanson. Je dirai King after king

metal-eyes: King after king qui clot presque l’album puisqu’il précède deux morceaux instrumentaux.

Sa Majesté Kungen: Absolument.

metal-eyes: A ce sujet, je souhaitais poser une question à votre Majesté : avez-vous pris un bain ce matin, et était-il tiède comme vous aimez ?

Sa Majesté Kungen: J’ai bien peur que je n’en ai pas eu le temps.

metal-eyes: Cela fait partie de votre discours, très humoristique, d’ailleurs…

Sa Majesté Kungen: merci. J’ai pris une bonne douche hier. Cela devra suffire pour aujourd’hui…

metal-eyes: Et qu’en est-il de vos soucis de digestion ?

Sa Majesté Kungen (il rit) : Tout va bien, aujourd’hui.

metal-eyes: Revenons à la tournée : qu’y aura-t-il de neuf, de différent ?

Sa Majesté Kungen: D’abord les costumes. Nous montons une toute nouvelle production, nous faisins fabriquer une scène différente de celle que nous utilisons depuis deux ans. C’est très excitant pour nous tous…

metal-eyes: tout est déjà prêt ?

Sa Majesté Kungen: Elle est prête, mais pas terminée. Nous allons aux USA le 3 janvier pour répéter, et il faut qu’elle soit prête à ce moment-là.

metal-eyes: Vous étiez d’ailleurs récemment aux Etats-Unis, en tournée. Quelle est aujourd’hui votre position là-bas ?

Sa Majesté Kungen: Nous sommes revenus il y a environ un mois. Je crois qu’il s’agit de notre premier marché, as par choix, mais parce que les gens nous apprécient là-bas. Ce qui nous offre la possibilité d’y retourner. C’est un rêve aussi de voir que l’Europe se rattrape.

metal-eyes: Il y a 4 ans, John Alfredsson, votre batteur, me disait qu’Avatar ne vivait pas encore de sa musiqe. Au regard de votre planning très chargé, avez-vous le temsp de faire autre chose aujourd’hui que de vous consacrer au groupe ?

Sa Majesté Kungen: Johannes et Henrik ont encore un travail à coté, mais je ne crois pas qu’ils travaillent autant qu’ils le faisaient. En ce qui me concerne, je consacre tout mon temps hors route à composer, répéter, m’entrainer, faire des choses pour le groupe.

metal-eyes: Ce qui semble naturel car vous avez à vous occuper d’un peuple, et probablement faut-il également le soumettre… pouvons-nous espérer voir votre Majesté et Avatar participer à des festivals en France l’été prochain ?

Sa Majesté Kungen: Je ne peux rien dire pour l’instant car je ne sais pas ce qui est officiel. Nous allons participer à beaucoup de festivals, l’été prochain, en Europe et aux USA. Alors… Peut-être… (Note: les affiches du Hellfest et du Download Paris ayant été dévoilées, il semble qu’Avatar ne sera présent à aucun de ces festivals. Tout peut cependant changer.)

metal-eyes: Je dirais même : probablement. Le show d’Avatar est très visuel, quiconque ayant vu le groupe ne pourra que confirmer, qu’on aime ou pas votre musique. Tout semble prévu ne laissant pas beaucoup de place à l’improvisation. Comment réussir à surprendre un fan qui vous suivrait sur plusieurs dates ?

Sa Majesté Kungen: Eh, bien, telles que sont les choses aujourd’hui, nous ne prévoyons pas tant de choses que cela : nous planifions notre entrée, certaines transitions entre les chansons, et notre sortie. Mais tout le reste est fait au feeling.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise d’Avatar, aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Mmhhh… « Un pour tous ! », me semble bien.

metal-eyes: Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires. Mais vous êtes 5 dans le groupe ! Non, pardon : il y a votre grandeur, et les 3 mousquetaires !

Sa Majesté Kungen  (rires) : exact…

metal-eyes: une dernière chose, pour conclure : quelle a été la question la plus surprenante, étonnante qu’on vous ait posée aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Oh… Maintenant il faut que je me rappelle de tout !

metal-eyes: C’est un bon moyen de vous remémorer la journée !

Sa Majesté Kungen: Oui ! (Il réfléchit) J’ai une mémoire si petite… Vraiment à court terme !

metal-eyes: Ca peut être génant sur scène…

Sa Majesté Kungen: Oui, mais là, c’est dans mon sang, ma moelle… Ah, peut-être la question au sujet de ma constipation… La question la plus surprenant a été de savoir si j’avais pris un bain ce matin !

metal-eyes: Personne d’autre ne l’a posée cette question ? C’est dans The king speaks, pourtant. Ou personne n’a osé vous le demander.

Sa Majesté Kungen: C’est probable…

metal-eyes: Votre Majesté a-t-elle une dernière chose à dire à ses admirateurs français ? 

Sa Majesté Kungen (en français) : Ça roule !

 

SHAÂRGHOT: Break your body

Electro/Indus, France (Autoproduction, 2017)

Si un jour on m’avait dit que je chroniquerai, ici ou ailleurs, un CD d’électro, je ne l’aurai pas cru. Pourtant, ce nouvel Ep des Parisiens de Shaârghot, Break your body, a tout pour faire bouger l’auditeur. Je vous explique même pas l’effet en boite de nuit! Ça castagne sec, c’est hypnotique, agressif et d’une froideur sans pareille. Mention spéciale au plus que bien nommé Kill your god et au morceau titre. L’école Rob Zombie meets Rammstein est plus qu’intégrée, et les 5 titres défilent à une vitesse oppressante et vertigineuse. Alors, oui, on peut ne pas être sensible à l’elecro, mais reconnaissons que, l’anglais de Shaârghot mis à part (encore un avec une patate dans la bouche…), c’est redoutable, même si ça me fatigue rapidement. Cependant, les amateurs de stroboscopes et de syncopes s’y retrouveront plus qu’aisément. De toute façons, ce visuel à la Orange mécanique vous dit tout de l’esprit de ce disque…

SUPERSONIC BLUES MACHINE: Californisoul

Hard blues, USA (Provogue, 2017)

Paru en octobre 2017, Californisoul, le second album des Americains de Supersonic Blues Machine, tourne encore sur ma platine. Clairement inspiré par les grands noms du blues et du rock sudiste, la formation n’hésite cependant jamais à explorer d’autres univers musicaux comme le funk et plus encore la soul. Ce que l’on n’hésitait jamais à faire dans les 70’s, époque où les étiquettes commençaient à apparaître mais avaient moins d’importance. Car, ici, ce qui compte, c’est le groove et le feeling. Californisoul, s’il évoque souvent les Blues Brothers, entraîne l’auditeur de bout en bout. Supesonic Blues Machine se permet même le luxe, sur ce seulement second album, d’avoir non pas un invité de marque mais 5! Si la participation de Steve Lukather, Billy Gibbons, Walter Trout, Robben Ford ou Eric Gales n’est pas un gage de qualité… Les guitares qui craquent, une rythmique simple et directe, une voix enivrante, cet album, plus que séduisant et chaleureux, est une réussite dont on ne se (je ne me) lasse pas.