PSYKOKONDRIAK – Gloomy days

psykokondriak 2016Neo Metal, France (Autoproduction, 2016)

Amateurs de neo metal, de fusion metal/hip-hop, ce premier album de Psykokondriak (ou, pour les plus intimes P3K) est pour vous. Après un premier Ep de 5 titres (Hopital psykotrip en 2012), le groupe lillois a radicalement modifié son line-up et pris la décision de s’exprimer dans la langue de Shakespeare pour ce Gloomy days. Ils font comprendre leurs intentions dès Introducing the body boys, double voix à l’anglais difficilement compréhensible, basse ronflante… Casquettes (sans doute) vissée sur la tête, les six enchaînent les rythmes et les titres au travers des compositions qui rappellent, sans équivoque, les Beastie Boys ainsi que Rage Against The Machine. Ambitieux, Certes, d’autant que le groupe sait allier, comme ses illustres inspirateurs, les sonorités de ces deux univers si souvent opposés. On retiendra ainsi le direct The fine art of terror, l’entraînant Think it up et son refrain typique du genre, ou encore l’étrange Workless dance. guitares et sctratches mélés, chant rappé, rythme, break et différentes ambiances jumpy, l’ensemble fonctionne plutôt bien. en tout cas, les amateurs du genre devraient y trouver leur compte.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: The fine art of terror

SEEK IRONY – Tech n’roll

SEEK IRONY 2016Fusion, Israël/USA (UDR, 2016)

Fondé en Israël par les frères Gov – le chanteur Kfir et son frère batteur Rom – Seek Irony s’oriente rapidement vers une fusion musicale alliant la dureté du hard rock à l’énergie de la musique de  boite de nuit, techno, house, electro. Les frangins décident de quitter leur trop petit pays natal et s’installent aux USA, à Austin, Texas, afin de donner corps à leur ambition, qui se traduit par ce premier album au titre explicite. En effet, Tech n’roll propose un mix de sons rugueux et d’ambiances plus dancefloor. Le chant doux et entraînant, accompagné de riffs puissants et de guitares saturées, est doublé de sonorités et rythmes hypnotiques propres à la house music. Et ça marche, on se laisse séduire par cet esprit qui, tout au long des She, Devil in me, Running towards the end of the world… offrent le meilleur des deux mondes et prouvent, simplement – comme le fait Sidilarsen chez nous – qu’on peut aussi faire danser sur du metal. Si, si, pas que headbanguer! Une jolie découverte proposée par UDR qui, décidément, sort des sentiers battus et cherche la perle rare.

GARY HOEY – Dust & bones

GARY HOEY 2016Blues rock, USA (Provogue, 2016)

Bientôt 60 ans et le guitariste de Boston nous offre son 20ème album. Taillé dans le hard rock bluesy aux forts relents sudistes, ce Dust & bones s’écoute sans lassitude aucune. Si par instants on croirait entendre le charmeur Bryan Adams, c’est surtout ZZ Top qu’on imagine habiter l’esprit de Gary Hoey. A plus d’une reprise les Texans semblent venir hanter ce CD qui transpire cependant d’une honnêteté et d’une personnalité uniques. Les Boxcar blues, Who’s your daddy, back up agaist the wall, ou Blindfaith contiennent tout ce qu’un bon album de blues rock doit offrir: des riffs entraînants, une voix chaleureuse, une soif de vivre… L’homme n’oublie pas d’où il vient et rend un bel hommage à Johnny Winter (Steamroller) et s’offre, avec la ballade Coming home, un duo avec Lita Ford, dont il avait produit Living like a runaway. Bref, si les dernières années l’ont vu discret – ou, plutôt, ont forcé une certaine discrétion – Gary Hoey, avec Dust & bones, revient avec un superbe album qui prend aux tripes et donne irrésistiblement envie de bouger. Une réussite que tout amoureux de belles mélodies et de blues, rock, hard, sudiste… se doit d’honorer comme il se doit.

Note: 9/10

Titre que je retiens: Born to love you

BUDDERSIDE

budderside 2016USA, Rock (UDR, 2016)

Après s’être fait le domaine/refuge des légendes en accueillant en son sein des formations telles que Motörhead, Saxon, Girlschool, Annihilator… UDR se fait découvreur de talents. Après le superbe Buffalo Summer, voici que nous est livrée une palette de nouveautés issues de presque nulle part tel ce Budderside, véritable surprise revigorante. Que ces gars se prennent au sérieux ou pas importe peu. Il y a de la vie dans leur hard folklorique et déjanté. Attention: « folklorique » n’est pas forcément dans l’esprit d’un Korpiklaani ou Orphaned Land, non, ici, il s’agit plus de faire ressortir plein de sonorités différentes et tenter un mariage « au mieux » entre des univers parfois (souvent?) a priori incompatibles. On retrouve ainsi un chant et des tonalités moyen orientales (Genocide), du Ska (Ska bra et le très Blues Brothers version speedée Pain, l’indéfinissable X-girlfriend), de l’electro (Open relationship)… Ça groove, ça bouge, c’est joyeux et optimiste, parfois nostalgique comme ce Clear blue sky, et bienvenu. mais d’où ça vient? De Los Angeles, Budderside étant né de la volonté de Patrick Stone qui a traîné ses guêtres du côté des Velvet Revolver, Adler’s Appetite ou autre Quiet Riot. Autant de bonnes écoles, qui permettent au gaillard aujourd’hui de donner vie à son projet en y injectant toute sa folie visionnaire. Pas franchement hard, encore moins metal, Budderside propose un premier album varié, rock et simplement ouvert.

Note: 8/10

Titre que je retiens: X-girlfriend

GLORY HOLE – First experience

GLORY-HOLE---FIRST-EXPERIENCE-SD-COVERHard rock, France/Angleterre (EpAutoproduction, 2016)

Glory Hole est un groupe franco anglais. Et, avant tout, pour ceux qui souhaitent faire une recherche sur internet, un avertissement: tapez Glory Hole band… Car ce groupe semble, par son nom et certains des titres de ce premier Ep, inspiré par le groupe que l’Amérique entière voudrait censurer, le groupe interdit aux moins de 18 ans, Steel Panther. Mais là s’arrête la comparaison, car chacun des 5 titres de ce Ep propose une facette dofférente, étonante, rentre-dedans… dce dont est capable ce groupe. On navigue entre un esprit neo-metal – Lost, sa basse ronflante et sa voix alternant entre rap et chant rock – hard rock plus traditionnel et direct (Love) ou orienté 70’s (le très évocateur Anaconda’s sister)ou le fringant Kill your classmate. Alors, non, Glory Hole n’a guère en commun, musicalement parlant, avec Steel Panther, et en proposant de nous laisser découvrir plusieurs facettes, le groupe nous montre aussi son ouverture d’esprit. Ou son hésitation à suivre un chemin plutôt qu’un autre. C’est sympathique, plutôt bien fait, le chant est puissant et parfaitement compréhensible et l’ensemble donne envie d’en connaitre plus. Mais de quelle manière Glory Hole compte-t-il se démarquer? Wait and see!

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Anaconda’s sister

THE APOCALYPSE BLUES REVIEW

THE ABR 2016Hard blues, USA (Provogue, 2016)

Passer d’une furiosité comme Godsmack à un groupe 100% blues – ce qu’est The Apocalyse Blues Review – c’est le pari que relève Shanon Larkin, batteur de son état en co-fondant ce groupe avec d’autres pointures que sont  son coéquipier le guitariste Tony Rombola, le chanteur Ray Cerborne, et le bassiste Brian Carpenter. Les références à ce qui fait le blues sont nombreuses, qu’il s’agisse de clins d’œil à Robert Johnson et le diable (Evil is as evil does, Devil plays a Strat, Crossed over…), au blues même ou simplement aux plaisirs de la vie. Les chansons défilent de la plus agréable des manières, se laissant écouter avec facilité et bonheur. En ne cherchant jamais la démonstration, The Apocalypse Blues Review va à l’essentiel, entraînant l’auditeur dans un sillage lumineux. Un bel effort, une belle réussite, même, que nous propose Provogue, qui ressemble de plus en plus à l’antenne blues du label Mascot. Tant mieux, car au delà de se faire présent partout, ce sont des sorties de qualités qui nous sont proposées.

Note: 9/10

Titre que je retiens: The devil in me

GOATFATHER – Hipster fister

goatfather 2016Hard Rock, France (Autoproduction, 2016)

« Goatfather, c’est un peu la rencontre du lait de chèvre, de l’huile de moteur et du bourbon de contrebande dans un shaker rouillé ». Franchement, ami, quand tu lis ça, t’as envie de boire ce « breuvage »?  Bon, ok, t’as rien d’autre, t’es dans le désert depuis trop longtemps et on te tend le machin. Tu gouttes, et… tu finis le gobelet, la gourde, la bouteille. Tout y passe. Car, oui, Goatfather, c’est du bon. Celui qui sent l’éducation des 70′, du rock gras, les relents de whiskey frelaté et de cendre froide. Stoned Jesus ne s’y est d’ailleurs pas trompé, Mars Red Sky non plus, en invitant nos loustics à ouvrir pour eux. Formé en 2014 , Goatfather officie dans un registre stoner efficace, direct et sans fioritures. Les 8 titres de ce premier album, Hipster fister, nous entraînent dans des contrées sonores à la fois familières, séduisante et intrigantes. Les références sont sans doute évidentes, mais voici un groupe qui officie avec coeur. alors les Thirty three (seconds to hell), A road paved with corpses, devil inside ou The devil made me smoke his bong se laissent écouter avec un plaisir non feint. La scène maintenant?

Note: 8/10

Titre que je retiens: As the crow cries

HIGHER THAN – Purgatory airlines

HIGHER THAN 2016Heavy metal, France (Autoproduction, 2016)

Bienvenue à bord! Le message suave de l’hôtesse qui nous accueille à bord de cet avion qui nous « emportera plus haut qu’un avion puisse voler » est une invitation à rester à bord de cet appareil des lignes aériennes du purgatoire.  Et dès l’intro du premier morceau, Broken tales, le message est clair: c’est un voyage dans le passé que nous effectuons. Avec des guitares hurlantes et un chanteur qui donne tout, histoire de nous faire comprendre « oh, les gars, j’ai du coffre, et de la puissance! » on se retrouve en pleine vague sleaze américaine fin 80’s début 90’s. Hard rock pré-grunge, quoi! Ça, c’était le décollage et ça balance et ça groove à tous les niveaux. Puis Higher than atteint son altitude et sa vitesse de croisière: on est séduit par cette énergie dont jamais le groupe ne semble se défaire tout en cherchant à ne pas se répéter. Miss Minded reflète autant cette énergie que ce feeling d’époque tandis que le morceau éponyme se démarque par son groove entraînant. Mais… Si chaque titre se laisse plaisamment écouter, l’ensemble souffre de ce côté déjà entendu (R.I.S.K Taker illustre parfaitement cela). Certes, Higher than ne prétend pas inventer la machine à courber les bananes et s’éclate à faire ce qu’il aime, mais on a envie, vraiment envie, de chanter un ou plusieurs titres en boucle et s’énerver pour que ces satanées mélodies sortent de la tête. Mais, encore, on n’y arrive pas. Les riffs sont puissants et efficaces mais pas obsédants. Higher Than nous offre un beau premier album et doit « simplement » (rien de si difficile, finalement) trouver sa propre identité. Les bases sont là, reste à les consolider.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Purgatory Airlines

VOLBEAT – Seal the deal & let’s boogie

VOLBEAT 2016Hard rock, Danemark  (Vertigo, 2016)

A la première écoute, aux premières lignes de chant de The devil’s bleeding crown ou de Marie Laveau, on a l’impression d’entendre The Offspring, Sum 41 ou autres groupes de cette générations « punk US » des années 90. La voix de Michael Pulsen n’est sans doute pas étrangère à ce sentiment. Bon, et? On arrête là, et on passe à autre chose? Non, évidemment. Parce qu’à la seconde, puis à la troisième écoute, et les suivantes, ce Seal the deal & let’s boogie se révèle à plus d’un égard simplement irrésistible. D’abord, les mélodies sont taillées pour séduire. Elles entrent dans la tête pour n’en pas sortir. Ensuite, parce que les guitares de Michael Poulsen et de Rob Caggiano – qu’il faudrait enfin considérer non plus comme « ex-Anthrax » mais bien comme membre à temps plein de Volbeat – offrent une multitude de moments originaux, réfléchis pour l’efficacité et la discrétion. Parce que, aussi, les invités apportent une touche particulière aux titres interprétés (le chant danois de Johan Olsen sur For Evigt, qui ressemble à un hommage, la folie douce et contrôlée de Danko Jones sur Black Rose ou ces chœurs sur Goodbye forever), et que Volbeat se risque à explorer des sonorités orientales sur The gates of Babylon ou nous propose deux reprises réussies ( Rebound et Battleship chains). parce que, enfin, ce disque regorge de ces sonorités et rythmes empruntés au rock des années 60, celui qui faisait danser et bouger. Et que ça fonctionne encore.  Seul Mary Jane Kelly me semble moins efficace, mais un titre sur treize, ce n’est rien. Le reste, malgré certains airs de reprises qui n’en sont pas (Black Rose ou The gates of Babylon n’ont rien de commun  avec Thin Lizzy ou Whitesnake) est entraînant et donne envie de chanter. Seal the deal & let’sboogie est un de ces albums qui donne la pêche.

Note: 8/10

Titre que je retiens: The gates of Babylon

SIXX:A.M – Prayers for the damned Vol. 1

SIXX AM 2016Lancé comme un outil pour promouvoir, illustrer et mettre en musique The heroin diaries, l’autobiographie de Nikki Sixx, bassiste de feu Mötley Crüe, Sixx:A.M. est aujourd’hui un groupe à part entière. A peine le Final Tour des enfants terribles de L.A. terminé, DJ Ashba également libéré de ses obligations, que le groupe se remet au travail et nous offre aujourd’hui ce premier volet d’un Prayers for the damned qui promet de lancer le groupe sur de bons rails. Et pas de coke, svp, ceux de la voie du succès. James Michael est vocalement au top, et le son qu’il concocte à l’ensemble qu’il produit est plus que séduisant. Totalement moderne, gras et généreux, chaque titre enrobe l’auditeur d’une couverture rassurante et chaleureuse. Rise, qui ouvre cet album, est promis au titre de hit et de futur incontournable scénique. Sixx:A.M. maîtrise parfaitement l’art de la composition, chaque titre étant calibré pour un séduire un public hétéroclite. A la fois rock et pop, le groupe explore des univers variés, évoquant parfois l’esprit de Five Finger Death Punch, mais parvient à développer son propre univers sonore. La power ballad Better Man, le plus jumpy Can’t stop, l’ambitieux et queenesque When we were gods, les titres se suivent sans se ressembler. C’est cette variété qui fait la force de Prayers, qui en fait un album riche et complet. Alors, non, il ne plaira pas aux amateurs de brutalité, mais il trouvera sa place auprès des amateurs de hard rock varié, carré, typé US metal actuel. En plus, ceux qui ont vu la prestation des gars au Hellfest pourront confirmer qu’il s’agit aussi, surtout, d’un grand groupe de scène. Oui, la voie du succès s’ouvre à vous. On attend le Vol.2 avec impatience.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Prayers for the damned