ULI JON ROTH: Tokyo tapes revisited

uli-jon-roth-2016Allemagne, Hard rock (UDR, 2016)

Uli Jon Roth a-t-il jamais réussi à se défaire de son passé avec Scorpions? A le mettre de côté pour se consacrer à sa carrière? On connait les qualités du guitariste qui nous a offert, sous son nom, de magnifiques albums. Mais cette année, il a décidé de célébrer le groupe dont il ne fait plus partie depuis bientôt 40 ans. Ne nous laissons pas arrêter par le titre de ce DVD/double CD publié par UDR. Car Tokyo Tapes revisited – c’est le nom de ce petit bijou, est un voyage dans le passé. Nostalgie? Peut-être. Celle liée à l’un des plus incontournables albums live de tous les temps. Passons. Les titres de ce live ont tous été composés par, entre autres, Roth. Et tous font partie de son histoire. S’il est la vedette incontestée de ce concert – naturellement bien plus éclairé que les autres musiciens (eh, c’est son nom sur l’affiche!) mais pas égocentré pour un rond, Roth, d’une voix douce et bienveillante, s’adresse souvent au public, s’enquérant de savoir qui était là en 78 (pas grand monde!) présentant les morceaux rares, comme ce Crying days jamais joué par Scorpions sur scène… On a autant de plaisir à les (re)découvrir qu’à retrouver les classiques que sont The sails of Charon, Virgin killer, We’ll burn the sky, In trance, Pictured life, parmi d’autres. Les images sont propres, les lumières chaleureuses, le son clair bien que parfois un peu sourd, et les musiciens en forme. On remarquera notamment Nathan James au chant, puissant et à fond dans son personnage,  ainsi que Jamie Little qui descend un travail titanesque à la batterie. Plus la lecture avance, et plus ce produit me séduit, par ses qualités visuelles et musicales autant que par la richesse de cette setlist impeccable. C’est un grand « bravo » qui s’impose.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens : The sails of Charon

ROCK WOLVES: Rock Wolves

rockwolves_2016Hard rock, Allemagne (SPV, 2016)

Il a refait parlé de lui en reprenant les baguettes pour Michael Schencker et son Temple Of Rock. Cette expérience, la tournée aussi, lui a sans doute donné envie de reprendre le chemin des studios. N’en ayant pas encore discuté avec lui, ce ne sont là que des suppositions, mais voilà, Herman Rarebell, le batteur de la plus illustre représentation de Scorpions (avec Francis Bucholz à la basse qu’on a aussi retrouvé avec le Temple Of Rock cité plus haut) dans les années 80 s’est allié avec Michael Voss et Gutze Hinz, respectivement ex-Mad Max à la guitare et au chant et ex-H-Blockx à la basse, au banjo et aux claviers et ils ont, ensemble, monté ce Rock Wolves. Power trio? Super groupe? Avec la promo qu’il y a autour de ce projet on serait en droit de s’attendre à du gros hard rock classieux, non? Dès le titre d’ouverture Rock for the nations, message à lui tout seul, on se demande où on est. La prod est bonne, certes, le son enrobé comme une friandise, mais le fond est, comment dire? Pop, les guitares sont légèrement hard et le chant est… suave. Il rappelle étonnamment – tiens, on en reparle aussi – Dan Reed, mais à un point tel que je me suis demandé s’il n’était pas de la partie! et l’ensemble est rock FM, même pas hard, parfaitement radiophonique avec quelques clins d’oeil aux anciens groupes des musiciens. Même la reprise de What about love, popularisée par Heart lors de son grand retour en 1985, est molle… Pourtant, les compos sont sympas, il y a de la matière, des idées, la production est irréprochable, mais quoi? A mes oreilles, c’est sirupeux et ça fait soupe commerciale sans intérêt. Quelque chose ici est raté, et c’est l’absence de vraies guitares, de chant hargneux sinon rageur, de tempête sonore. Dommage, vraiment.

Note: 6/10

Titre que je retiens: The lion is loose

HANSEN & FRIENDS: Three decades in metal

hansen-2016Heavy metal, Allemagne (e.a.r. music, 2016)

Kai Hansen. Monsieur Kai Hansen, responsable de Helloween et Gamma Ray, deux des fleurons du Heavy Metal teutons (auxquels on peu rajouter le plus récent Unisonic), speed, mélodique qui a inspiré tant de musiciens et initié tant de vocations. Le gaillard n’a plus rien à prouver, et c’est sans doute la raison qui le pousse aujourd’hui à tenter l’aventure en « solo ».  Si son nom est mis en avant, il est accompagné de noms d’importance: Alex Dietz, Eike Freese et Daniel Wilding et a invité une pléiade de copains et relations à venir taper le bœuf sur ce XXX – Three decades in metal. On note ainsi la présence d’un Ralf Scheppers (que l’on pourrait confondre, sur Enemies of fun avec Udo Dirckschneider), Dee Snider, Tobias Sammet, Roland Grapow, Hansi Kirsh, Michael Weikath, Michael Kiske… Tout ce petit monde nous offre une dizaine de chansons toutes forgées dans le metal le plus traditionnel qui soit, puissant, efficace, mélodique. Born Free, hommage à la ville de naissance de Kai Hansen, sonne comme un futur hymne et se place comme un message de liberté dans ce monde qui part en vrille. On retrouve d’ailleurs souvent ce constat de l’état du monde (Enemies of fun, Fire and ice, Your world), constat sombre heureusement illuminé par l’éclat de ces douze pépites entraînantes, joyeuses et finalement optimistes. Notons également qu’une des versions de l’album propose un second CD avec les mêmes chansons en version de travail, démo brutes avec Kai au chant. Intéressant, donc, de pouvoir constater l’évolution de ces chansons. Se pourrait-il que tout ce petit monde se retrouve un jour sur scène???

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Born free

ZODIAC, RAVENEYE, et HONEYMOON DISEASE à La Flèche d’Or, le 3 octobre 2016

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Les amoureux de sonorités 7O’s sont servis ce soir, avec la présence de trois formations typées Roots qui se livrent à la Flèche d’or, pour une soirée européenne.

Honeymoon Disease

Honeymoon Disease

Les Suédois de Honeymoon Disease ouvrent le bal à 19h30 et nous livrent une bonne demi-heure durant un set énergique qui évoque autant AC/DC que le boogie chaleureux de Status Quo. La chanteuse/guitariste, Jenna, s’exprime souvent dans un Français plus que correct, présentant le nouveau bassiste du groupe, Cédric, un français, justement, qui accompagne l’autre guitariste, Acid (à la Flying V presque plus grande qu’elle) qui n’hésite pas à venir fendre le public – seulement freinée par un cable bien trop court pour s’écarter de plus d’un mètre de la scène! – et le batteur Jimi une demi heure durant. Un set efficace et une mise en bouche très agréable.

RavenEye

RavenEye

J’avais rencontré Oli (chant et guitare) et Aaron (basse) lors du dernier Hellfest, et ai, ce soir, pu interviewer le groupe au complet (avec, donc, le batteur récemment arrivé, Adam). RavenEye vient de publier son premier album, Nova, et est très en forme au moment de le présenter au public. Pendant près de 45′, le trio assène son hard rock 70’s teinté de relents de ce grunge qui a accompagné les musiciens qui le forment. Olie pose sa guitare, laissant, le temps d’une chanson, Aaron s’occuper de l’aspect « cordes » avec sa seule basse, puis, plus tard, monte sur les épaules d’un Aaron décidément très sollicité afin de faire, eux aussi, une petite escapade dans le public. Même si ce premier album ne reflète pas encore toute la personnalité de RavenEye, les Anglais sont parfaitement à l’aise sur scène.

 

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Zodiac

Cette dernière est rapidement débarrassée de la batterie des premières parties, laissant plus de place aux maîtres de cérémonie, Zodiac. A 21h30, les Allemands investissent les lieux sur une intro à la Terminator. Puis démarrent sur les chapeaux de roues avec un Rebirth by fire à deux voix rentre dedans. Cinq ou six morceaux durant, les gars rentrent dans le lard, Staphen Gall s’entrainant, dès que possible et de manière fort sympathique, au français qu’il maîtrise plus que bien. Animal, Free, Ain’t coming back… cèdent la place à Blue jean blues, une reprise de ZZ Top, un… blues qui ralentit le tempo permettant à chacun de souffler un peu. Horror visison, plus roots et rageur suit avant que Zodiac ne freine de nouveau avec une autre reprise: Cortez the killer, originellement écrite par Neil Young. Cette ballade qui monte en puissance offre aussi quelques longueurs, mais c’est bien le seul faux pas de ce concert qui repart de plus belle avec le très rock Diamond shoes, sur lequel deux couple se mettent à danser un rock endiablé. Le quatuor dépoussière ensuite Upon the stone, un titre de son premier album, avant de faire le grand écart et conclure avec le morceau éponyme de son dernier album, Grain of soul, dont pas moins de 6 titres auront été présentés ce soir. Enfin, après un long rappel (Coming home), Zodiac salue ce public  venu trop peu nombreux. Encore une fois, les absents ont eu tort car non seulement l’affiche valait le détour, mais en plus, découverte pour moi ce soir, la Flèche d’Or est une salle très agréable.

 

 

SODOM: Decision day

sodom_decisiondayThrash, Allemagne (SPV, 2016)

Lors de notre rencontre au Hellfest 2015, je demandais au bassiste chanteur si « Tom continuait de déchirer les anges ». Une question naturellement en rapport avec son nom de scène. Quelle que fut alors sa réponse importe peu: Decision day vient le confirmer en 11 déflagrations, 11 morceaux d’un thrash sans concession, au chant de souffrance, proche du black. Le genre à, oui, choper un ange et lui arracher les ailes sans procès ni pitié. Troisième album avec la même formation (Bernemann à la guitare depuis bien tôt 20 ans et Makka à la batterie depuis 2010), Sodom confirme, à la force de riffs affûtés et tranchants comme un scalpel, être en pleine forme. In war and pieces (2010) et plus encore Epitome of torture (2013) rouvraient la voie de ce géant allemand du thrash après quelques années de doute du public, bien que les productions précédentes fussent pourtant de haute volée. Ici, malgré quelques moments de pause, ou, plus exactement de calme relatif,  on retrouve ce qui fait l’essence de Sodom: des lignes mélodiques efficaces sur fond de rythmes endiablés et chant hargneux traitant d’histoire: Caligula, pas besoin de dire de quoi traite ce titre, Decision Day, qui parle du débarquement, Belligerence, plus politique, tout comme Blood lions... La forme est là, tout autant que le fond, tant musical, d’ailleurs, que le produit fini lui-même: SPV s’efforce de proposer des CD au design poussé, ses récentes sorties (Vardis, Vicious Rumors, Running Wild parmi d’autres) comportant toutes, en plus du cd, un livret richement illustré ainsi qu’un poster. Ce qui importe, cependant, reste le contenu musical, et Sodom, avec son lot de décibels savamment organisés et arrangés pour secouer les neurones, nous apporte entière satisfaction. Son thrash old school est parfaitement d’actualité.

Note: 8/10

Titre que je retiens: Sacred warpath

RUNNING WILD : Rapid foray

running wild 2016Heavy Metal, Allemagne (SPV, 2016)

Des guitares rapides, un esprit typique du metal 80’s, des chansons joyeuses et une voix éraillé, typique de Rock’n’Rolf… Pas de doute, les pirates allemands de Running Wild sont de retour et ont décidé d’un passage en force, d’une attaque surprise avant de rentrer au port. Depuis son retour aux affaires en 2011, l’un des plus anciens groupe allemands tourne avec un line-up scénique stable – autour de Rolf on trouve un second guitariste, Peter Jordan, et la section rythmique composée du bassiste Peter Pilch et du batteur Matthias Liebetruth – mais, malgré ce troisième album depuis 2011 (et le 16ème en studio), bien qu’il n’y ait pas de groupe véritable, sans doute une faiblesse pour Rolf. Le capitaine est seul maître à bord. Voire même préfère-t-il être seul à bord. Si le quatuor aujourd’hui se connait parfaitement, et collabore toutefois en studio, il n’empêche: avec Rapid Foray, Running Wild n’invente rien et se fait simplement plaisir en proposant des compositions pleines de vie, d’entrain, de bonne humeur. Si les deux premières salves sont rapides et déterminées (Black skies, red flag et Warmongers), la suite est souvent joyeuse et, surtout, festive. Ainsi, le plus direct Stick to your guns garanti sa dose de headbanging cadencé, tandis que Rapid Foary, The blood in you ou Black Bart, pour ne citer que ceux-là, nous entraînent dans le sillage de joyeux pirates venus se battre en rigolant. On se croirait presque, parfois, au royaume du happy metal à la Freedom Call! Mais Running Wild a sa propre personnalité et s’en sort très bien. Au milieu, l’instrumental In the depths of the sea (Nautilus), nous permet de naviguer et d’affronter la mer dans tous ses états: oppressante, lourde, calme, tempétueuse ou déchaînée. tandis que The last of the Mohicans vient conclure – en 11 minutes – ce nouvel opus. Puissant et bien produit, Rapid foray souffre cependant d’une difficulté majeure: il n’y a rien de très novateur, peu de prise de risques. Bien que sans surprise, et classique, Rapid foray est un album enjoué, entraînant et frais qui se laisse écouter facilement et sans modération. Gardez le cap moussaillons!

Note: 8/10

Titre que je retiens : Black Bart

Interview: KISSIN’ DYNAMITE

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Rencontre avec Hannes Braun (chant) et Andy Schnitzer (batterie) de Kissin’ Dynamite. Propos recueillis à Paris, le  1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Megalomania est sorti il y a moins de deux ans et vous revoici avec un nouvel album. D’où proviennent cette énergie et cette créativité ?

Hannes : La créativité peut provenir de partout… Tu es comme une antenne, tu écoutes attentivement, observes attentivement ce qu’il se passe et tu n’as pas besoin d’être trop réceptif à ce qui t’entoure tellement il se passe de choses, politiquement, les médias sociaux… On peut parler de mégalomanie. Tout ça se retrouve sur Generation goodbye en matière d’e thèmes et d’idées. Il n’a jamais été question de réaliser un concept album, bien que ça y ressemble. Il y a eu comme un fil rouge qui nous a traversés, et nous sommes très fiers du résultat qui est très organique. Pour la première fois , nous avons tout fait nous-mêmes, de la composition à la pochette, la production…

Andy : Je crois que si tu as le contrôle de ce que tu fais, si tu aimes ce que tu fais, ça te donne l’énergie, et tu paux encore mieux travailler. Si tu n’es pas satisfait de ce qu’il se passe, parce que quelqu’un a pris le contrôle, cette énergie disparait. Mais nous sommes vraiment contents du résultat.

Metal-Eyes : Comment décrirez-vous votre évolution depuis Megalomania, qui était déjà très bien accueilli ?

Hannes : Tout d’abord, Megalomania était très important à nos yeux parce qu’il nous a vraiment permis de comprendre nos limites en ce qui concerne ce que nous pouvons mélanger entre nos influences 80’s, d’où nous venons, et la musique moderne avec laquelle nous vivons. C’était un cheminement naturel. Pour trouver la balance, le juste équilibre, tu dois parfois pencher plus à droite, d’autres fois, plus à gauche jusqu’à trouver cet équilibre. Pour nous, je pense que cet équilibre est Generation goodbye, parce qu’il y a moins de sonorités électroniques. Il y en a encore, si tu écoutes Hastag your life ou  She came she saw, il y a des parties industrielles, mais plus aussi agressives, elles sont plus en arrière plan. La construction est plus organique…

Andy : Ca fait partie des morceaux, mais vraiment en fond, en soutien des chansons.

Metal-Eyes : Vous êtes revenus à quelque chose d’un peu plus rock’n’roll basique ?

Hannes : On peut dire ça, oui. Mais sans renier ce que nous avons fait avec Megalomania. Megalomania a été très important pour nous, Nous avons soudain joué dans des salles 5 fois plus grandes qu’avant, nous avons eu de plus nombreux fans… Certains de nos fans les plus anciens ont dit qu’ils ne pouvaient pas accepter ça, les plus conservateurs, et ça arrive. Mais ce qui est important à nos yeux est que nous ne cherchons jamais à satisfaire les attentes des fans. Si nous faisions cela, nous enregistrerions toujours le même album ! Les fans ne sont pas si ouverts que ça, ils veulent que leurs groupes préférés, ceux qu’ils aiment le plus, restent les mêmes, toujours –

Metal-Eyes : Il y a AC/DC pour ça !

Andy : Oui, mais AC/DC est comme ils sont. Nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, mais nous ne pouvons en dire autant de notre passé, il y a 4 ans à peine.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle généralement « évolution ».

Hannes : Oui. Tu sais, on a une image, ce que j’appelle notre « boussole interne », ce qui te montre toujours la bonne direction. Il suffit d’observer, de sentir ce que cette boussole t’indique. Nous écrivons toujours nos chansons en tenant compte de ce que notre boussole nous indique pour combler au mieux NOS désirs. Le pire qui puisse arriver, c’est d’écrire une chanson pour les fans, chanson que nous n’aimons pas vraiment et que nous imaginons puisse leur plaire. Mais si tu n’aimes pas profondément ce que tu fais, tu peux être 100% certain que les gens ressentirons la même chose.

Andy : Tu ne peux pas toujours tout aimer, mais tu ne peux pas satisfaire tout le monde

Hannes : Tu peux seulement être juste envers toi-même. Si tu célèbres totalement ce que tu fais, si tu es à 200% dedans – et c’est mon cas, j’écoute en permanence notre CD dans la voiture, ce qui est bon signe, car si je n’en étais pas fier, je me cacherai – c’est ce qui peut t’arriver de mieux. Si tu aimes vraiment ce que tu fais, tu peux être certains qu’il y aura des gens pour l’apprécier aussi !

Metal-Eyes : Quelle est la signification du titre, Generation goodbye?

Andy : Cela reflète juste notre époque et notre génération… C’est devenu un sujet important à nos yeux, comme une ligne rouge pour cet album, qui au final traite du même thème. Notre génération, dispose de tant de possibilités aujourd’hui, en matière de médias, réseaux sociaux, streaming – en un clic, tu peux écouter des millions de chansons – Youtube, les avions, la mondialisation… Tout est possible, mais nous pensons que c’est trop pour nos cerveaux. Les gens ne sont pas plus heureux, mais ils sont plus nerveux, stressés, car ils voient toutes ces possibilités et pensent « mince, j’ai peut-être raté quelque chose… » Tu vois ce gars sur cette plage et tu te dis que cette plage est mieux que celle que tu as choisie…

Hannes : L’herbe est toujours plus verte chez le voisin…

Andy : Ce n’est pas bon, si cette technologie te rend nerveux… Nous rappelons simplement aux gens, avec cet album, ce qu’est la vie, Carpe diem, prenez votre temps, vivez le moment présent, on ne peut se trouver à deux endroits en même temps. Faites ce que vous faites à fond et ne cherchez pas à gagner de l’argent, de la célébrité, du pouvoir sur tout… C’est inutile, aveugle et stupide ! Dites simplement bonjour à la vie.

Metal-Eyes : Hannes, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, tu me disais que, généralement, on vous demandait si vous pensiez pouvoir faire mieux pour votre prochain album. J’inverserai donc la question en te demandant si tu es à 100% certain que Generation goodbye est meilleur que Megalomania ?

Hannes : oui, oui, sans l’ombre d’un doute, et voici pourquoi: Generation goodbye ne perd pas cet esprit accrocheur, cette énergie qui définit Kissin’ Dynamite. Il y a de grosses mélodies qui rentrent dedans, que lles gens chantent… Nous avons travaillé comme toujours, mais le feeling qui émane de ces chansons est tellement plus vrai, sincère que nous avons vraiment le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’important.

Andy : Nous voulons diffuser un message avec cet album, c’est volontaire. Avec les disques précédents aussi, mais c’était vraiment un objectif cette fois-ci, ce qui est cool pour un artiste, je pense.

Hannes : Et je ne pense pas qu’on puisse faire de la musique sans message. Je suis radical, oui. La musique est un art, et l’art devrait toujours porter un message. Nous avons composé des chansons avec un message dans le passé, mais pas aussi poussé, profond. Je pense qu’un message doit être transmis, pas simplement « quelque chose que le monde doit savoir » pas une simple pensée. Nous ne sommes bien sûr pas les seuls, et je crois que ce qui se passe dans le monde n’est pas équilibré, et il y a beaucoup de personnes qui le disent. Nous le faisons avec notre propre langage, celui de Kissin’ Dynamite.

Andy : Pour moi, le message n’est pas simplement compose des paroles, mais aussi par notre musique. Quand Hannes m’envoie ses idées musicales, il y a comme une vibration et je sais quel type de paroles je dois écrire pour coller à l’esprit.

Hannes : Andy et moi avons souvent des conversations philosophiques, ce que nous adorons. ET nous sommes tous deux à 100% convaincu que quoi que tu fasses dans ta vie sera meilleur si c’est sincère, authentique et si ça vient de manière organique, sans pression ou stress. Il faut sentir cette magie qui te fait avancer, qui fait glisser les choses naturellement. C’est pourquoi je crois vraiment que Generation goodbye est l’album le plus accrocheur et authentique, celui qui sera retenu de tout notre travail.

Metal-Eyes : Si vous deviez choisir, chacun, une chanson de Generation goodbye pour décrire ce qu’est aujourd’hui Kissin’ Dynamite, laquelle serait-ce?

Hannes : Ouh, c’est un décision difficile! Choisir un seul titre ? Tu sais, c’est comme une photo pleine de détails… Kissin’ Dynamite est toujours un groupe d’entertainement et notre message n’est pas négatif, nous ne disons pas que le monde est en feu que tout va mal, ne sortez plus jamais de votre chambre ! Nous sommes là pour dire aux gens que le monde actuel n’est pas équilibré mais que l’on peut s’en sortir, et nous sommes là pour leur montrer. En tout cas, avec nos moyens. Tout commence avec l’humain. Le monde ne brûle pas, il se fait brûler par les hommes. Je choisirais Generation goodbye, je ne sais pas pour toi, Andy ?

Andy : Oui, je choisirai le même morceau, pour ce que tu viens de dire, mais aussi parce que cet album est composé de ballades et de titres plus rentre-dedans et que Generation goodbye est un bon mix des deux. J’aime cette chanson, c’est une de mes préférées, car elle a cet esprit doux amer.

Hannes : Elle traite du fait, ce que nous vivons tous, de quitter ce que tu connais, et ce n’est pas facile de quitter ce qui n’a jamais changé, qui est devenu une habitude. Ça, c’est le côté amer, tandis que la douceur, c’est se dire que nous pouvons réaliser de nouvelles choses, meilleures, si l’on regarde ce qu’il y a au-delà de l’horizon, des villes, des murs. Avoir l’espoir de pouvoir commencer quelque chose de neuf, d’avoir le courage de ne pas accepter ce qui est tel que c’est. C’est un sujet totalement rock’n’roll. Ne pas accepter ce que tu es, ce qui est, si tu as le sentiment qu’il y a quelque chose de mieux.

Metal-Eyes : Vous êtes actuellement en voyage promo, et c’est le première fois pour toi, Andy. Trouvez-vous le temps de visiter les villes où vous vous arrêtez ?

Hannes : Non (rires) ! Mais nous sommes déjà venus 5 ou 6 fois à Paris, et nous avons pu voir la superbe tour Eiffel. Hier, nous allions en voiture à notre hôtel et nous avons pu apercevoir, rapidement l’Arc de Triomphe, style « oh, l’Arc de Triomphe… trop tard ! »  Mais malheureusement, nous ne faisons pas de tourisme… MAIS : nous allons au restaurant et mangeons fabuleusement bien !

Andy : Et on s’installe aux terrasse et regardons les femmes passer.

Hannes : Nous sommes toujours épatés par la beauté de femmes françaises ! Il y a tant de jambes !

Andy : Des jambes jusqu’au ciel…

Metal-Eyes : Bien que le temps ne soit pas le meilleur pour ça.

Hannes : Que se passe-t-il par beau temps ???

Metal-Eyes : Les tenues se raccourcissent! Kissin’ Dynamite est le titre d’une chanson d’AC/DC. Que pensez-vous des derniers événements dans la vie du groupe ?

Andy : J’ai toujours été un grand fan d’AC/DC et, d’un côté, ce qui s’est passé l’an dernier est dingue, et Generation goodbye aborde aussi ce thème, nos héros les plus anciens qui disparaissent… J’ai vraiment aimé le chant d’Axl qui m’a vraiment scotché, mais d’un autre côté, je suis triste parce qu’il n’y a plus Brian Johnson qui distille la joie de vivre. Il a toujours le sourire, je crois qu’il a toujours pris son pied avec AC/DC. Je crois qu’Axl est un bon musiciens, un bon chanteur, mais il n’est pas aussi heureux. Ce n’est pas ainsi que devrait être AC/DC.

Hannes : Je crois que tous les débats qu’il y a eu sur internet et les réseaux sociaux étaient inutiles, car qui sommes nous pour juger d’une décision que prend un groupe comme AC/DC? Nous sommes les fans, et, naturellement, les fans aiment leurs repères. Mais nous n’avons aucun droit de juger une décision. Nous pouvons la critiquer, oui, mais j’ai lu tant de choses « ils devraient arrêter plutôt que de monter sur scène avec ce gars ! »… En fait, j’ai été beaucoup plus attristé par la situation de Brian, qui m’a toujours semblé vivre pour le rock, être terre à terre, et il a un vrai problème de santé. On doit toujours prendre sérieusement ces soucis de santé. Jai été heureux il y a quelques semaines lorsque j’ai appris qu’il avait trouvé un spécialiste qui pourrait l’aider et qu’il pourrait revenir sur scène. J’espère qu’AC/DC le laissera revenir. Je suis jeune, et je n’ai jamais eu le sentiment que Brian Johnson était le « nouveau » chanteur d’AC/DC. Il a tété leur chanteur pendant 40 ans, il est LE chanteur d’AC/DC ! Je ne dis rien de mauvais au sujet d’Axl Rose qui a prouvé qu’il pouvait le faire…

Andy : Et je suis simplement content d’avoir pu voir AC/DC à plusieurs reprises, et si j’ai des enfants et des petits enfants, je pourrais leur raconter !

SCORPIONS: Return to forever tour edition

scorpions tour edHard Rock, Allemagne (Sony music, 2016)

On ne va pas revenir sur le contenu de Return to forever, album originellement paru en 2015 et décortiqué par tous les médias de la planète metal. Nous ne reviendrons pas non plus sur le fait que souvent il est préférable de se taire avant d’annoncer sa retraite… Cependant, Scorpions a décidé de faire les choses en grand; Déjà, ce « tour edition » se décline en plusieurs modèles/formats: un cd simple, orné du drapeau français, contenant 19 titres. C’est déjà 7 de plus que sur l’album d’origine, une beau cadeau, en somme. Ensuite, le modèle qui nous intéresse aujourd’hui: cette édition comportant les 19 titres et agrémentée de 2 dvd live: le premier enregistré à New York fin 2015, le second – cocorico! – capté lors de notre Hellfest national en juin 2015. Autant dire que les amoureux des Allemands sont servis. N’est-ce pas un peu beaucoup, cependant? Car aussi efficace puissent-ils être sur scène, la bande de Klaus Meine et Rudolf Schenker est parfaitement rodée. Les concerts sont calibrés et donc ne proposent pas de grandes différences et les setlists sont quasi identique, ainsi que les prestations, au delà d’un concert (NYC) en intérieur, et l’autre (Hellfest) en plein air. Seuls Rock n roll band et Blackout sont remplacés sur le second par Big city nights et Crazy world. On notera quand même l’extraordinaire participation de ce gamin de 12 ou 13 ans qui accompagne Matthias Jabs à la guitare et se lache malgré la pression qu’on l’imagine subir! Les bonus du DVD sont moyennement intéressants, exception faite de ce documentaire « on the road in America », avec plein de témoignages de fans, un Meet and greet sans grand intérêt (surtout si les fans, ce qui est aujourd’hui le cas, payent…), tandis que celui du HF ne présente que peu d’intérêt puisqu’il ne s’agit que d’une interview promo de Return to forever. Oui, on aurait souhaité plus de surprises comme des images backstage, des témoignages de fans ou autres prises lors de ce festival désormais incontournable, mais ne chipotons pas… Au final, l’intérêt réside véritablement en ces concerts, dotés de belles images, dispensés par un groupe loin, très loin de prendre sa retraite. Les fans sont, si l’on prend aussi en compte les rééditions de l’an dernier, sacrément mis à contribution, mais quand on aime…

Note: 8/10

Titre que je retiens: Live at Hellfest 2015 (chauvin, moi?)

Photo de la semaine: HELLOWEEN

Helloween

Paris, 11 janvier 2011. Helloween, une nouvelle fois, investit l’Elysée Montmartre après un Trick Or Treak fun mais sans plus. Quelques semaines plus tôt, j’avais pu interviewer Andi Deris et Sascha Gerstner à Paris, deux es membres non historiques du groupe. Ce soir là,je ne suis pas encore équipé de matériel réflex, et utilise un bridge Pentax  X90. Je réalise qu’il y a deux types de photographes, quel que soit le matériel utilisé: ceux qui shootent à tout va et se retrouvent, fièrement souvent, avec, au bout des fameuses trois chansons, plus de 1000 clichés (pourquoi ne pas faire un film, alors, à 24 images/secondes???) et les autres qui cherchent à comprendre la lumière, cherchent le meilleur angle, etc. Encore néophyte, un peu géné avec mon « petit » matos, je me situe entre les deux. Mes yeux sont partout, et je laisse parler mon instinct de chasseur (d’images):  un oeil dans l’objectif – je ne me suis jamais habitué à utiliser l’écran pour cadrer – l’autre scrutant la scène. J’aime la composition de cette image qui décrit bien le côté toujours jovial des Allemands. Réglé sur 800 ISO, à 1/160, l’ouverture s’est faite à F:3,2, le quasi monochrome vert se chargeant du reste. Un concert qui me laisse d’excellent souvenirs.

HUMAN FORTRESS: Thieves of the night

human fortress 2016Power metal, Allemagne (AFM, 2016)

La recette est certes éculées, mais quand c’est bien fait, bien interprété et bien produit, ça fonctionne. D’autant plus pour Human Fortress, un groupe qui pratique la chose depuis sa création en 1997. Alors, prenez des guitares qui cisaillent des riffs plutôt que d’en tricoter, une batterie qui inflige un rythme à base de double grosse caisse soutenue par une basse impériale, un chant puissant et enlevé, ajoutez à tout cela un nouveau chanteur  au CV long comme le bras Lire la suite