THE ANGRY CATS: Outmonster the monster

the-angry-cats-2016Rock, Europe (Autoproduction, 2016)

The Angry Cats, un avatar du jeu avec des oiseaux? En tout cas, les cochons voleurs d’œufs sont ici remplacés par un chien. Voila. Maintenant que vous connaissez l’étendue de ma culture en matière de jeux, entrons dans le vrai sujet: The Angry Cats est un groupe européen (ses membres sont Français, Suédois et Hollandais) formé en 2010 par le guitariste chanteur Fred Alpi, le bassiste Tom Decaestecker et le batteur Chris Gianorsi. Le trio explore diverses facettes du rock, celles avec lesquelles il a grandi. Ce premier album, Outmonster the monster, reflète autant les influences rock basique que d’autres plus sombre ou piochées dans la new wave, et m’évoque par instants les Français de No Man’s Land. Le chant, grave et profond, ajoute à une certaine lourdeur oppressive qui se dégage de l’ensemble. « Fun » parfois, en tout cas d’apparence (A piece of steak, inspiré d’une nouvelle de Jack London), lent et lourd à d’autres moments (Outmonster the monster), l’énergie presque punk est toujours présente. Les 11 titres (plus une intro) explorent différent thèmes, la production est sobre, le livret complet pour un résultat général assez réussi. Certains morceaux ne sont pas à écouter si l’on a un coup de blues (Information, lent, lent et lourd et qui monte en puissance). Une jolie découverte qu’on espère voir se transformer. reste une question: qu’a-t-il de si « monstrueux », ce chien???

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: A piece of steak

Site web: www.theangrycats.com

DIVE YOUR HEAD: Le prix du sang

dive your head 2016Metal, France (Autoproduction, 2016)

Qu’on se le dise (en tout cas, pour ceux qui ne connaissent pas mes goûts): j’aime pas quand ça gueule. J’aime les chanteurs. Pas les hurleurs. Pas ceux qui passent leur vie à faire des vocalises, non, ceux qui chantent. Alors je reste quelque peu mitigé avec Le prix du sang, premier album des Français de Dive Your Head (euh… ça signifie quoi « plonge ta tête???) Le groupe, formé en 2012, s’oriente dans une veine neo metal revendicative. Et son vocaliste, Luca, décide de jouer sur les deux tableaux, chant clair (et agréable à mes oreilles) et cris d’une rage non contenue. Musicalement, rien à dire, pour ceux qui apprécient ce style: les gars savent où ils vont, et y vont avec envie. Littérairement, les textes sont réfléchis et foutrement actuels (Avaritia, IRA) ou partent dans des délires d’amateur de jeux vidéo (l’histoire du gaming revisitée et un autre regard posé sur le monde avec Inviola). Donc, oui, il y a beaucoup à découvrir sur cette carte de visite ensanglantée, et l’énergie vocale s’explique aussi par la colère des propos. J’aime pas ça, mais je le comprends. Et d’autres y trouvent leur compte aussi.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Avaritia

BLACKRAIN: Released

blackrain 2016Hard rock, France (UDR, 2016)

Metal-Eyes a vu le jour au moment de la sortie du dernier album de BlackRain, ce qui explique pourquoi il n’a pas été chroniqué plus tôt. Pourtant, au regard (à l’écoute, plutôt) de ce nouvel opus, il n’est que justice de réparer cet « oubli », d’autant que nos glammers frenchies viennent de confirmer leur potentiel lors du récent Download festival à Paris. Released, donc? Paru en mai dernier et une nouvelle fois produit par Jack Douglas, ce disque est le premier depuis la séparation des Savoyards d’avec leur management. Le résultat est net: Released porte bien son nom, et se présente, sinon comme celui de la libération, comme l’album de la renaissance. BlackRain se retrouve, se reconstruit et teste de nouvelles choses, va explorer la musique sans se poser de limites pour nous offrir un condensé de ce qu’il est vraiment: un groupe de rock, direct et enjoué. Qui, au passage, règle quelques comptes (même si le chant anglais de Swan n’est pas toujours compréhensible, on retient cependant « Im back from the dead (…) it’s amazing to survive » sur Back in towwn, « Mind control, no more no more! » sur Mind control ou encore « I do as I please, I do what I want, I say what I want, That’s the way it goes and I like it, I’m not a puppet on a string » sur Puppet on a string). Bref, BlackRain enterre ce qui ressemble à une période douloureuse pour mieux repartir et propose une palette musicale variée, toujours rock. On retrouve ainsi un étrange mariage de mélodie mid tempo avec fond de double grosse caisse sur Killing me, des ambiances de cirque sur Eat you alive, un tube potentiel, soft, entraînant, au refrain imparable avec Run tiger runReleased fait partie de ces disques qui proposent tout ce qui transforme un album de rock en un excellent album tout court: des mélodies mémorisables, des alliances sonores parfois improbables et convaincantes, un ou deux hits en puissance, l’ensemble très bien mis en son par un maître du genre nommé plus haut. BlackRain grandit et est aujourd’hui un groupe mature qui, on l’espère, rencontrera bientôt le succès qu’il mérite . Released, oui, reborn aussi!

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Run tiger run

BERSERKERS – Lock & load

Berserkers-Lock-Load 2016Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

Rien ne semble pouvoir venir à bout de la passion qui anime les Bordelais de Berserkers… Julius (chant et basse) et sa bande (Arthur Orsini, Léo Calzetta et Valentin Sarthou respectivement à la guitare, batterie et aux claviers) nous reviennent avec une troisième offrande toujours fortement inspirée par le gros et gras hard rock fin 70’s/début 80’s. Dès Outlaw, le programme est clair: ce Lock & load nous propose une collection de 9 nouvelles chansons efficaces, qui évoquent autant Deep Purple que AC/DC ou Motörhead. Dédié à la mémoire de (entre autres) Lemmy, cela n’a rien de surprenant, me direz-vous, de même qu’il semble logique que ce Hangöverhead rende hommage au grand Monsieur. L’ensemble est consistant, direct, entraînant et sans concession. Berserkers respire l’amour de la vie, du rock et du metal, et reste persuadé de l’esprit salvateur de l’ensemble (Rock will save the world: on a envie de vous croire!), et l’on n’attend plus qu’une chose désormais: que les 4 décident enfin de tourner pour vraiment sortir de l’anonymat. Tourneurs: à vos contrats!

Note: 8/10

Titre que je retiens: It’s up to you

Photo de la semaine: WILD DAWN

WILD DAWN

Le 8 novembre 2014, Wild Dawn assure la tête d’affiche d’un concert qu’il donne à domicile. Ni Queue Ni Tête, groupe français de pop, de « chansons à textes », très poétique et « populaire » version « titi parisien », ouvre de manière très sympathique et fun, et Tomia m’indiffère. Mais Wild Dawn s’est, à chaque fois que je les ai vus, donné à fond.C’est d’autant plus le cas ce soir que les gars aux chemises à carreaux jouent à domicile, face à leur public. L’ambiance est chaude, les esprits à l’amusement. Romain, alors qu’il effectue son incontournable tour de piste lors de son solo, est happé par un gars qui le porte sur ses épaules, tel un Angus Young des temps jadis, et le raccompagne tranquillement sur scène. De retour sur scène, à genoux, c’est un joyeux bordel que l’on ressent sur ce cliché:  le guitariste, à genoux, est heureux. Un fan s’est déchaussé et lui a collé ses pompes qu’il a coincées là où il l’a pu! Egalement, Romain s’est blessé l’auriculaire et son sang tache le blanc immaculé de sa Gibson SG. Peu importe, la gaillard s’éclate, et c’est bien là le principal. Comme c’est souvent le cas dans les salles de quartier, l’éclairage était limité. J’ai donc poussé la sensibilité à 1600 ISO, ouvert à F/5 et la vitesse s’est ajustée à 1/40 de seconde.

PSYKOKONDRIAK – Gloomy days

psykokondriak 2016Neo Metal, France (Autoproduction, 2016)

Amateurs de neo metal, de fusion metal/hip-hop, ce premier album de Psykokondriak (ou, pour les plus intimes P3K) est pour vous. Après un premier Ep de 5 titres (Hopital psykotrip en 2012), le groupe lillois a radicalement modifié son line-up et pris la décision de s’exprimer dans la langue de Shakespeare pour ce Gloomy days. Ils font comprendre leurs intentions dès Introducing the body boys, double voix à l’anglais difficilement compréhensible, basse ronflante… Casquettes (sans doute) vissée sur la tête, les six enchaînent les rythmes et les titres au travers des compositions qui rappellent, sans équivoque, les Beastie Boys ainsi que Rage Against The Machine. Ambitieux, Certes, d’autant que le groupe sait allier, comme ses illustres inspirateurs, les sonorités de ces deux univers si souvent opposés. On retiendra ainsi le direct The fine art of terror, l’entraînant Think it up et son refrain typique du genre, ou encore l’étrange Workless dance. guitares et sctratches mélés, chant rappé, rythme, break et différentes ambiances jumpy, l’ensemble fonctionne plutôt bien. en tout cas, les amateurs du genre devraient y trouver leur compte.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: The fine art of terror

GLORY HOLE – First experience

GLORY-HOLE---FIRST-EXPERIENCE-SD-COVERHard rock, France/Angleterre (EpAutoproduction, 2016)

Glory Hole est un groupe franco anglais. Et, avant tout, pour ceux qui souhaitent faire une recherche sur internet, un avertissement: tapez Glory Hole band… Car ce groupe semble, par son nom et certains des titres de ce premier Ep, inspiré par le groupe que l’Amérique entière voudrait censurer, le groupe interdit aux moins de 18 ans, Steel Panther. Mais là s’arrête la comparaison, car chacun des 5 titres de ce Ep propose une facette dofférente, étonante, rentre-dedans… dce dont est capable ce groupe. On navigue entre un esprit neo-metal – Lost, sa basse ronflante et sa voix alternant entre rap et chant rock – hard rock plus traditionnel et direct (Love) ou orienté 70’s (le très évocateur Anaconda’s sister)ou le fringant Kill your classmate. Alors, non, Glory Hole n’a guère en commun, musicalement parlant, avec Steel Panther, et en proposant de nous laisser découvrir plusieurs facettes, le groupe nous montre aussi son ouverture d’esprit. Ou son hésitation à suivre un chemin plutôt qu’un autre. C’est sympathique, plutôt bien fait, le chant est puissant et parfaitement compréhensible et l’ensemble donne envie d’en connaitre plus. Mais de quelle manière Glory Hole compte-t-il se démarquer? Wait and see!

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Anaconda’s sister

GOATFATHER – Hipster fister

goatfather 2016Hard Rock, France (Autoproduction, 2016)

« Goatfather, c’est un peu la rencontre du lait de chèvre, de l’huile de moteur et du bourbon de contrebande dans un shaker rouillé ». Franchement, ami, quand tu lis ça, t’as envie de boire ce « breuvage »?  Bon, ok, t’as rien d’autre, t’es dans le désert depuis trop longtemps et on te tend le machin. Tu gouttes, et… tu finis le gobelet, la gourde, la bouteille. Tout y passe. Car, oui, Goatfather, c’est du bon. Celui qui sent l’éducation des 70′, du rock gras, les relents de whiskey frelaté et de cendre froide. Stoned Jesus ne s’y est d’ailleurs pas trompé, Mars Red Sky non plus, en invitant nos loustics à ouvrir pour eux. Formé en 2014 , Goatfather officie dans un registre stoner efficace, direct et sans fioritures. Les 8 titres de ce premier album, Hipster fister, nous entraînent dans des contrées sonores à la fois familières, séduisante et intrigantes. Les références sont sans doute évidentes, mais voici un groupe qui officie avec coeur. alors les Thirty three (seconds to hell), A road paved with corpses, devil inside ou The devil made me smoke his bong se laissent écouter avec un plaisir non feint. La scène maintenant?

Note: 8/10

Titre que je retiens: As the crow cries

HIGHER THAN – Purgatory airlines

HIGHER THAN 2016Heavy metal, France (Autoproduction, 2016)

Bienvenue à bord! Le message suave de l’hôtesse qui nous accueille à bord de cet avion qui nous « emportera plus haut qu’un avion puisse voler » est une invitation à rester à bord de cet appareil des lignes aériennes du purgatoire.  Et dès l’intro du premier morceau, Broken tales, le message est clair: c’est un voyage dans le passé que nous effectuons. Avec des guitares hurlantes et un chanteur qui donne tout, histoire de nous faire comprendre « oh, les gars, j’ai du coffre, et de la puissance! » on se retrouve en pleine vague sleaze américaine fin 80’s début 90’s. Hard rock pré-grunge, quoi! Ça, c’était le décollage et ça balance et ça groove à tous les niveaux. Puis Higher than atteint son altitude et sa vitesse de croisière: on est séduit par cette énergie dont jamais le groupe ne semble se défaire tout en cherchant à ne pas se répéter. Miss Minded reflète autant cette énergie que ce feeling d’époque tandis que le morceau éponyme se démarque par son groove entraînant. Mais… Si chaque titre se laisse plaisamment écouter, l’ensemble souffre de ce côté déjà entendu (R.I.S.K Taker illustre parfaitement cela). Certes, Higher than ne prétend pas inventer la machine à courber les bananes et s’éclate à faire ce qu’il aime, mais on a envie, vraiment envie, de chanter un ou plusieurs titres en boucle et s’énerver pour que ces satanées mélodies sortent de la tête. Mais, encore, on n’y arrive pas. Les riffs sont puissants et efficaces mais pas obsédants. Higher Than nous offre un beau premier album et doit « simplement » (rien de si difficile, finalement) trouver sa propre identité. Les bases sont là, reste à les consolider.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Purgatory Airlines

THE RANDOM MONSTERS – We pretend it’s allright

THE_RANDOM_MONSTERS_2016Prog, France (Klonosphère, 2016)

3 titres. C’est ce que nous propose The Random Monsters sur ce Ep en guise d’amuse-bouche. Ou de mise en appétit. Car les 20 minutes que dure We pretend it’s allright filent à toute vitesse. On en redemande, on en veut plus, on devient, rapidement, gourmand, voire gourmet. Les monstres aléatoires, groupe hexagonal formé en 2011 et auteur d’un mini album paru en 2012,  parviennent à capter l’attention dès l’instrumental Mason’s moment (une référence à Hannibal Lecter?), un premier morceaux lent, lourd, qui monte en puissance, propose des guitares saturées sur rythme oppressant. Un peu à la manière d’un Smoke on the water, les instruments se succèdent créant une ambiance sonore de plus en plus hypnotique. Le break de mi-parcours est tout aussi intriguant, inquiétant malgré les ambiances aériennes, forestières ou aquatiques qui illumine l’ensemble. The winding way ensuite se distingue par le chant, torturé. Le titre, le plus court des trois, est quant à lui tout aussi ambiancé que son prédécesseur, tandis que le second instrumental, Father, démarre de manière légère et envoûtante, avec une guitare fantomatique, avant un retour d’énergie vers la 7ème minute. Vous l’aurez compris: The Random Monsters nous offre un disque aux ambiances variées et travaillées, et nous entraîne dans un univers particulier qu’on a envie de mieux connaitre.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Father