Rencontre avec Elyes (Myrath), propos recueillis 23 juin au Divan du Monde de Paris

Biographie « unofficial and unauthorized » de Jerry Ewing (éditions Sevenoaks, 2015)
Alors que Cliff Williams vient d’annoncer son départ du légendaire groupe australien – dont il ne reste plus aucun membre original, Angus Young ayant été recruté par son frère – voici un ouvrage paru l’an dernier qui pourra intéresser les fans.
Résumer l’histoire d’un groupe quarantenaire en moins de 100 pages? C’est le défi que relève Jerry Ewing, auteur d’origine australienne dont la famille a émigré en Angleterre, grâce à nombre de documents inédits ou rares. Alternant entre l’ histoire de chaque album et des musiciens passés et actuels, l’auteur pose un regard original sur le parcours d’un des plus grands groupes de rock (toutes catégories et époques confondues) de tous les temps. Richement illustré de documents d’époque, cet ouvrage, s’il s’adresse principalement aux collectionneurs et fans acharnés, vise à initier le plus jeune public au travers d’histoires uniques qui ont forgé la légende d’AC/DC.
Quatre décennies bien séparées composent cette nouvelle édition (précédemment publiée en 2012 sous le titre de Treasures of AC/DC), au-delà d’une histoire connue de tous, le lecteur s’émerveillera des reproductions de collectors, disques, pubs, affiches et autres communiqués de presse et articles consacrés à la formation australienne. On déplore simplement que cette édition de 2015 ne propose pas une ligne sur Rock or bust, pourtant paru l’année précédente et mentionné dans la discographie proposée en fin d’ouvrage.
96 pages, des dizaines de documents… Cette biographie non officielle ne s’adresse qu’aux lecteurs anglophones (ou ceux qui préfèrent les images…) Pas forcément un must, mais un regard de fan pour des fans.
C’est dans un Divan du Monde transformé en palais tunisien décoré de murs de stuc que Myrath a choisi de nous convier ce soir. Juste après les Download et Hellfest, on aurait pu se demander si le public répondrait présent. Pour cette première date parisienne en tête d’affiche, le combo franco-tunisien fait salle comble. On joue à guichets fermés, et c’est tant mieux! Prometteur, aussi.
Personne ne sait qui est prévu en ouverture. Qantice, groupe de prog hexagonale qui a déjà enregistré deux albums – The cosmoscenery et The pantonauts – a été retenu pour chauffer le public. Les connaisseurs le savent: ce groupe évolue dans un hard rock progressif qui se distingue par la mise en avant des violons qui apportent une tonalité toute particulière à sa musique. Mais ce soir, à l’étroit, ce qui marque d’emblée c’est le look du guitariste, Tony, tout de blanc vêtu, portant des bottes de motard lui donnant des airs de cosmonaute. Sans conteste mis en avant, il égrène ses notes soutenu par son chanteur David Akesson. ça passe, aisément, sauf la trop longue ballade. Le groupe ne peut s’exprimer autant qu’il le souhaite mais marque quelques points ce soir.

QANTICE
Toutefois, si le public s’est déplacé, c’est bien pour Myrath. Plutôt que de foncer dans le tas, les Tunisiens donnent le La dès l’introduction de ce concert dispensée par une violoniste et une danseuse orientale. Puis, sans un temps morts (presque, nous y reviendrons), Zaher Zorgatti et sa bande débarquent sur une scène évoquant leur Tunisie natale. Naturellement, Legacy, le dernier et superbe album est mis en avant, tout autant que son prédécesseur, Tales from the sand,et les gars se détendent rapidement. Quelle bonne idée d’écarter ton pied de micro, Zaher! Joli, mais encombrant. Si Malek Ben Arbia, le guitariste, est appliqué, Zaher est de plus en plus détendu. « On vous a apporté le soleil de Tunisie. Mais même pour nous, il fait très chaud! » Oui, il fait chaud, le thermomètre affiche facilement 30° (incroyable, non?) Au point que Zaher change régulièrement de tenue et que Morgan, le batteur, se voit dans l’obligation après une heure de concert de quitter son poste sans explication aucune. Besoin urgent? Ras-le-bol? Kevin Codefert vient enfin annoncer le pourquoi: il fait simplement trop chaud, et le batteur a besoin de se réoxygéner. Malek nous propose une petite démonstration de guitare, pour combler ces longues minutes. Mais au delà de cet incident bien involontaire, ce que l’on retiendra de cette soirée est le soin que Myrath apporte à sa mise en scène: au delà du décors, ce sont les interventions des danseuses orientales dont le rôle illumine la musique, les lights travaillées et la chaleur et le naturel de chacun des musiciens. Pour une première tête d’affiche, Myrath a fait très fort. Une première à confirmer avec plus de dates et un retour – discographique et scénique – rapide. Ne nous faites pas attendre 4 années supplémentaires, svp, et venez nous voir en dehors de Paris.

MYRATH

MYRATH
Lancé comme un outil pour promouvoir, illustrer et mettre en musique The heroin diaries, l’autobiographie de Nikki Sixx, bassiste de feu Mötley Crüe, Sixx:A.M. est aujourd’hui un groupe à part entière. A peine le Final Tour des enfants terribles de L.A. terminé, DJ Ashba également libéré de ses obligations, que le groupe se remet au travail et nous offre aujourd’hui ce premier volet d’un Prayers for the damned qui promet de lancer le groupe sur de bons rails. Et pas de coke, svp, ceux de la voie du succès. James Michael est vocalement au top, et le son qu’il concocte à l’ensemble qu’il produit est plus que séduisant. Totalement moderne, gras et généreux, chaque titre enrobe l’auditeur d’une couverture rassurante et chaleureuse. Rise, qui ouvre cet album, est promis au titre de hit et de futur incontournable scénique. Sixx:A.M. maîtrise parfaitement l’art de la composition, chaque titre étant calibré pour un séduire un public hétéroclite. A la fois rock et pop, le groupe explore des univers variés, évoquant parfois l’esprit de Five Finger Death Punch, mais parvient à développer son propre univers sonore. La power ballad Better Man, le plus jumpy Can’t stop, l’ambitieux et queenesque When we were gods, les titres se suivent sans se ressembler. C’est cette variété qui fait la force de Prayers, qui en fait un album riche et complet. Alors, non, il ne plaira pas aux amateurs de brutalité, mais il trouvera sa place auprès des amateurs de hard rock varié, carré, typé US metal actuel. En plus, ceux qui ont vu la prestation des gars au Hellfest pourront confirmer qu’il s’agit aussi, surtout, d’un grand groupe de scène. Oui, la voie du succès s’ouvre à vous. On attend le Vol.2 avec impatience.
Note: 8,5/10
Titre que je retiens: Prayers for the damned
La force tranquille d’un vieux briscard de la route… J’ai vu Deep Purple pour la première fois lors après sa reformation en 1985 dans un POPB archi comble, au lendemain de deux journées d’un France Festival en demi teinte. Mais je n’avais pas eu l’opportunité de les voir accompagnés de Steve Morse. Ce soir du 13 novembre 2012, alors que Deep Purple se produit une énième fois en France, c’est chose faite. Lire la suite
Rock/Hard rock, USA (Entertainement One, 2016)
Ace Frehley reste scotché dans le passé? Ce Origins Vol.1 (ainsi que la photo intérieure du livret) pourrait en tout cas le laisser croire… L’éternel Space man de Kiss n’a jamais réussi à vraiment revenir sur le devant de la scène ni à se faire complètement oublier. Résultat: à chaque fois qu’il propose une nouvelle galette, on espère le voir retrouver un vrai public. Qui n’est pas loin, sa prestation l’an dernier au Hellfest le prouve bien. Lire la suite
Rencontre avec Jonny Williams (guitare). Entretien réalisé à Paris le 21 avril 2016.
Le cadre feutré du siège de Gibson France est décidément un lieu des plus agréables pour mener une interview. Mais imaginez un guitariste passionné au milieu de tant de joyaux, ses mains sont toujours occupées. Entre deux sessions photos, Buffalo Summer a reçu Metal Eyes pour parler de son nouvel album, le plus que chaleureux Second sun.
Suède, Hard Rock (Rodeostar records, 2016)
Le groove de Royal Republic, les chœurs d’AC/DC le chant hargneux de Crucified Barbara, des guitares joyeuses et quelque peu sleaze, du blues et du Blues Brothers sous acides… Vous voyez le tableau? C’est un album pêchu et joyeux que nous proposent – tiens, pas étonnant d’ailleurs qu’ils viennent de là – Lire la suite
Venus du pays de Galles, les Britanniques de Buffalo Summer nous proposent aujourd’hui leur second album. Ils bénéficient d’un soutien de poids puisque c’est UDR qui a décidé de les accueillir. Si ce n’est pas le signe d’une grande confiance dans le potentiel du quatuor, ça… Le label a le nez fin, et se projette désormais au-delà du simple slogan « the home of legends » qui le motive. Les Gallois se retrouvent donc au milieu d’une écurie composée de monstres tels que Saxon, Motörhead, Danko Jones et autres Annihilator. A l’écoute des 12 titres de ce nouvel album, il y a en effet de quoi être séduit: Lire la suite
Fusion, France (Verycords, 2016)
C’est sympa, parfois, de découvrir un groupe dont on a entendu parler sans jamais avoir eu l’occasion d’en écouter le travail. Les Toulousains de Sidilarsen font partie de ceux-là et la surprise est d’autant plus appréciable avec Dancefloor bastards, leur nouvel album que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Ce disque porte parfaitement bien son titre, mélangeant le rock brut, franc et direct à des sonorités plus électro. Mais surtout, au delà d’une musique d’apparence racoleuse, alternant entre « musique de boite de nuit » et rock indé, grunge et hard, les textes sont à mettre en avant. Sidilarsen y parle de la vie, mais également de ses horreurs, la guerre, la violence que l’être « humain » répend à travers la planète. Et ce Méditerranée damnée qui montre du doigt ce navire de mort pour âmes en quête d’un sanctuaire, cette exploitation de la misère de ceux que l’on préfère appeler « migrants » qu’humains en détresse… Spread it, Frapper la terre, Guerres à vendre… sont autant de dénonciations de la bêtise de notre espèce que Dancefloor bastards, Go fast, Sois mon rêve sont des odes à la vie. Entre engagement et amusement, sur des rythmes souvent joyeux et festifs, Sidilarsen nous offre un album particulièrement efficace.