CORPORAL PUNISHEMENT: Inverted demise

France, Death metal (M&O, 2025)

Depuis sa formation à Toulouse en 2019, Corporal Punishement propose un death metal speedé, direct et, cependant, empli de nuances. Rien ne sert de tabasser sauvagement, le groupe l’a bien compris. La période de crise sanitaire lui permet de peaufiner son sujet, de stabiliser son line up en 2021 et, après un Ep, The new plague, le groupe revient aujourd’hui armé de ce Inverted demise explosif. Les 11 titres évoquent tour à tour Death ou Morbid Angel, et, si la rythmique (Fabien Wheeler, membre fondateur, et François Bresson, respectivement à la basse et à la batterie) pilonne sévèrement, si le chant d’Alexandre Fischer, également fondateur, est rugueux comme l’impose le genre, Corporal Punishement sais mettre le pied sur le frein pour offrir quelques instants de respiration bienvenus. Ce n’est que pour mieux repartir avec des guitares qui charcutent (toutes deux tenues par Kevin Carrière et Félix Desfrances) . Brutal de bout en bout, ce premier album nous présente un groupe plein de promesses. A suivre, donc.

OBSYDIAN: Xplorating fate

France, Rock alternatif (M&O, 2025)

Ils sont trois. Trois qui veulent simplement se faire plaisir en proposant un rock énervé aux frontières du metal, du grunge et du punk. Au travers des 9 titres de Xplorating fate, son premier album, ObsYdian développe un univers énergique mais assez classique. Les guitares enragées accompagnent un chant (dans un anglais malheureusement difficilement compréhensible) mélancolique et quelque peu torturé. Si Nirvana n’est jamais très loin, ObsYdian dit s’adresser « aux esseulés, aux angoissés, aux écorchés vifs (…) qui cherchent réconfort et combativité« … Ceux qui, comme moi, ne se retrouvent pas dans ces catégories passeront sans doute un bon moment mais au final risquent de ne pas retenir grand chose… La musique d’ObsYdian, si elle n’est ni sombre ni angoissante, déploie cependant une réelle énergie qui mérite de prendre toute son ampleur sur scène.

AFTER US ALL: Rebirthed

France, Metal (M&O, 2025)

Impossible, dès les premières mesures de 6 feet under de ne pas penser à Evanescence. Entre le rock entrainant, le chant féminin plein de douceur, tout évoque, à un autre niveau, le groupe d’Amy Lee. Pourtant, tout au long de Rebirthed, son premier album, After Us All s’en détache par ses approches différemment pop. Si les guitares sont toujours aussi rageuses qu’enjouées, si le chant est entraînant, si les mélodies lorgnent du côté suave et soft pop, les Français parviennent à créer un univers acidulé et amer à la fois. Cette amertume, c’est un phrasé anglais agréable mais une difficulté à comprendre les paroles, une voix douce et haut perchée sur fond de guitares et de rythmes enjoués. Seulement, voilà: l’éternelle question: si je passe un très agréable moment, à la fin, je retiens quoi? De jolies mélodies, certes, un ensemble pas désagréable, mais que me reste-t-il en tête? De l’envie, du savoir faire, oui, il y en a. Oui, mais… Comme l’ont si souvent écrit mes enseignants: « peut mieux faire, doit persévérer ».

KARVANE: Thousand yard stare

France, Rap metal (M&O, 2025)

Après avoir publié un premier album en 2020 (Trahison), traversé, comme nous tous, une période de crise sanitaire, vécu quelques difficultés internes, Karvane revient avec un Thousand yard stare qui permet à Diego de quitter la batterie (il y est remplacé par Didier) pour prendre le rôle de chanteur, la basse étant quant à elle tenue par l’autre fondateur, Cristobal. Si ce nouvel album débute sous des airs de rap énervé et metallique, le trio propose une musique plus vaste au fil des titres. Bon, ok, le chant est retouché mais au delà de ce flow rap que je n’ai jamais su apprécier (Dans ta gueule, No man’s land, N°1…) et de cette boite à rythme trop évidente (partout), il y a de l’énergie brute. Les riffs saturés et la basse groovy font mouche. Seulement, ben… il faut apprécier le rap pour vraiment apprécier Karvane. Bien fait mais pas mon truc.

BÏUR: Plus vite et plus fort

France, Rock (M&O, 2025)

Entre pop et punk, metal et rock alternatif, les Lillois de Bïur ne semblent nullement avoir d’autre prétention que de se faire plaisir en mélangeant les genres. Il y a autant d’irrévérence dans ce Plus vite et plus fort (qui démarre tranquillou pour mieux monter en puissance) que d’esprit rebelle. Sans jamais chercher à révolutionner le genre, Bïur parvient (presque) à faire passer la langue de bois pour de la poésie. Un chant mélancolique (on a parfois l’impression d’entendre Polnareff dans son Lettre à France) ou torturé à la Kemar (No One Is Innocent) accompagne des guitares simples, souvent volubiles et parfois aériennes. S’il est difficile de mettre une étiquette de genre musical, on passe un bon moment. Plus vite et plus fort mélange avec un certain bonheur des genres à priori opposés, et pourtant, ça fonctionne plutôt bien. Fun et irrévérencieux comme il faut.

ATLAS ASHES: New world

Suisse, Death mélodique (2525, M&O)

Atlas Ahes a vu le jour en Suisse au sortir de la crise sanitaire, en 2022. Il faut peu de temps au groupe pour proposer un premier Ep (Dead end, en 2023) avant de s’atteler à la composition de son premier album. New world parait au début de l’année 2025 et propose un death metal mélodique, qui se rapproche même parfois d’ambiances progressives. Si Arch Enemy est une référence évidente le chant enragé de Chloé Eigenman y est pour beaucoup – impossible de ne pas faire le lien avec l’autre géant de la scène nordique qu’est Amon Amarth. Les nombreuses touches de heavy metal vintage (on parle ici des classiques inspirations que sont Priest ou Maiden) et quelques structures à la Dream Thater apportent cette touche mélodique nécessaire pour pallier à la simple brutalité du death metal. Les guitares de Nicolas Gendreau et Nathan Storni offrent de réels bons moments, entrainants à souhait et parfaitement soutenus par une rythmique déterminée et rentre dedans (la batterie de Yann Baumberger et la basse du dernier arrivé, Lorick). Si on ne pourra que reprocher à New world de ne pas offrir de titre immédiatement mémorisable, on se doit de relever l’excellence des compositions mises en valeur par une production riche et généreuse. Un très beau début plus que prometteur.

DEATH STRUCTURE: Le déni

France, Death technique (M&O, 2025)

Alors en pleine crise sanitaire, les Français de Death Structure publiaient en 2021 Paroxysm, leur premier album présentant un death metal plus technique que simplement brutal. Ils reviennent aujourd’hui avec Le déni pour confirmer les envies de vaincre du combo. Avec un tel patronyme, inutile de s’attendre à beaucoup de finesse. Et pourtant… Si je ne suis toujours pas du tout sensible à la rage vocale du genre, certains passages, comme sur Made for nothing, tendent vers un peu plus de « tendresse » avec un chant de presque crooner, grave et suave à la fois. A d’autres moments, Death Structure flirte avec des structures progressives et se rapproche par instants également d’un metal plus aérien – un air alourdi par mère nature, c’est évident. Même si le combo fonce avec une rythmique qui martèle des tempi aussi écrasants qu’une série de bombardements en règles, certains moments laissent entrevoir une éclaircie et une lueur de « douceur ». C’est direct mais plus varié qu’on ne le croirait de prime abord.

I.S.I.8: The convolution anchor

France, stoner/électro (M&O, 2025)

Formé en 2021 à Clermont-Ferrand, I.S.I.8 déboule avec The convolution anchor, un premier album qui mélange l’électro indus de Nine Inch Nails ou Rammstein à un esprit plus rock déjanté et alternatif. Si la voix grave et profonde fait le job, l’accent anglais est, à quelques rares exceptions près, à chier (et je reste poli…) et gâche le résultat final. Les riffs sont quant à eux entrainants et donnent envie, malgré une production parfois trop faible pour le genre, de taper du pied et de secouer la tête. Il y a chez les Clermontois de la volonté et de l’envie, mais il semble urgent de travailler cet accent pour pouvoir espérer séduire les pays anglophones. Car musicalement, il y a de la matière à travailler. Allez, comme je l’ai si souvent lu: « peut mieux faire, doit persévérer »

https://youtu.be/twTVN8Cl3KE

2SISTERS: She loves monsters

France, Punk (M&O2025I)

Vite fait, bien fait… L’adage colle parfaitement à 2Sisters, groupe de heavy rock aux fortes influences punk formé en 2009 dont le nouvel album, She loves monsters va enflammer les planches des dance floors. Il y a dans cette nouvelle galette une forme d’urgence, le groupe allant à l’essentiel – à une exception, aucun titre ne dépasse les 2’30 – et d’irrévérence punk. Cependant, She loves monsters transpire de cet amour de la vie insouciante et du fun avec des accents très 60’s tout en revendiquant un esprit franc du collier, brut et irrévérencieux qu’on retrouvait dans le rock anglais de la fin des années 70. A l’évidence, Motörhead – sa version la plus dangereuse (Lemmy, Fast Eddie, Animal Taylor) – Iggy Pop ou les Sex Pistols font partie des références de 2Sisters qui sait parfaitement mélanger mélodies rentre dedans à une forme de rockabilly ultra entrainant et dansant. Un must imparable et irrésistible! L’album de ce début d’année et sans doute un de ceux de 2025.

PVRS

Belgique, Doom (M&O, 2024)

C’est en 2023 que Pvrs trouve ses racines en Belgique. Le duo enregistre rapidement son premier album qui, bien que paru au mois de février 2024, n’est promu, en France tout du moins, qu’à partir de novembre dernier. Étonnant… mais passons directement au sujet qui nous intéresse ici. Proposant une musique aussi lourde que mélancolique que l’on qualifie volontiers, et par facilité, de doom, Pvrs joue sur divers terrains sonores, offrant à l’auditeur un étrange et attirant voyage initiatique. Si le groupe cite volontiers Sleep Token, Life Of Agony ou encore Deftones parmi ses influences, on ne pourra que penser également à la sombre mélancolie de Paradise Lost ou à la lourdeur envoûtante de Mastodon. Le chant, triste, hurle sa douleur et sa peine sur fond de rythmes aussi pachydermiques parfois que légers et insouciants à d’autres moments. La guitare propose des riffs obsessionnels qui évoquent aussi bien Black Sabbath qu’une forme de new/cold wave. En huit morceaux, souvent longs sans jamais être lassants, Pvrs nous offre la promesse d’un groupe à suivre qui aurait toute sa place sous une certaine Temple… A suivre de près.