DEFICIENCY: Warenta

France, Thrash (Metal East, 2022)

Nous avions pu rencontrer, il y a 5 ans, Deficiency qui présentait alors The dawn of cousciouness, une tatane thrash qui enfonçait le clou de son prédécesseur, The Prodigal son, album très bien reçu. « On a pas mal tourné avec The dawn of cousciousness, jusqu’en 2019, nous explique Laurent Gisonna, chanteur et guitariste du quatuor. On a ensuite pu se concentrer sur la suite. On a pu capitaliser sur les bases de ce que nous avons vécu précédemment et travailler les bases de ce nouvel album, Warenta« . Les Lorrains de Forbach reviennent aujourd’hui avec Warenta, un concept album qui traite de ce monde rude des mines de charbon et de ses extracteurs, les mineurs aux gueules noires des années 40. On peut aisément imaginer que la diffusion récente de la nouvelle version de Germinal, une des chefs d’œuvre d’Emile  Zola, a pu inspirer Laurent Gisonna et sa bande, mais il n’en est rien. « L’histoire qu’on raconte concerne la mine et les mineurs mais ne traite pas d’eux. Ca concerne ces personnes-là parce que c’est la population qui habitait cet endroit et qui a vécu les évènements qu’on relate dans cet album, mais, en l’occurrence, ce n’est pas une histoire sociale qu’on veut raconter. On se détache de cet angle-là. Nous, ce qu’on a voulu raconter, c’est plutôt une histoire locale basée autour de légendes, croyances, superstitions… Il y a un fond de vrai, mais la mine est simplement le cadre, plus que le cœur de l’histoire. » Donc, Deficiency n’est pas encore le nouveau Zola…

Cependant, 5 années se sont écoulées entre les deux derniers albums du groupe, alors, comment Laurent analyse-t-il l’évolution de Deficiency? « Déjà, on a un « nouveau » batteur puisqu’on s’est séparés de Tom en 2018. Bon, il n’est pas si nouveau que ça, Benjamin (Jaksch)… Il n’est pas forcément influencé par les scènes extrêmes, mais il a su se mettre au diapason ». Il frappe fort, pourtant… « Oui, il frappe très très fort, confirme Laurent. Je pense qu’il a une autre sensibilité, il caresse son instrument différemment, il a plus de subtilité dans son jeu que nos batteurs précédents, et je pense que ça s’entend, que ça apporte quelque chose de plus musical dans l’identité sonore du disque. On a su, je pense , garder notre identité, même si la voix y fait beaucoup – j’ai quand même voulu tester des choses nouvelles; On a poussé le curseur un peu plus sur les ambiances, les structures, les côtés symphoniques. Les ingrédients étaient déjà tous réunis mais on les a travaillé de manière à ce que le tout soit plus fluide, qu’il y ait moins d’information et que ce soit plus cohérent. » La réalité c’est que Deficiency reste profondément ancré dans le thrash avec, également, ces breaks, ces moments plus soft éparpillés ici et là qui permettent de respirer, de se poser un peu. Il y a aussi, en effet, la voix de Laurent, qui alterne avec une facilité déconcertante entre rage thrash et grognements death, distingue le groupe de ses concurrents (et néanmoins amis). Comment la travaille-t-il pour alterner avec autant d’aisance. « La travailler, je ne sais pas… C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Peut-être que ça parait plus simple sur cet album, c’est lié à l’expérience, à l’âge qui fait que je peux toucher d’autres sonorités, d’autres fréquences que je n’avais pas l’habitude de chatouiller avant. Je crois avoir su garder mon identité tout en allant chercher de la nouveauté, et c’est un sacré défi! La voix c’est aussi un instrument, et ça se travaille, ça s’entretien de la même manière que la guitare ou la batterie. »

On ne passera pas à côté de l’invité de marque que le groupe « au delà des prières et des danses vaudou qu’on a pu faire quand on l’a abordé » a su convaincre de participer à I am the misfortune herald. « Bjorn « Speed » Strid, au delà de la musique de son groupe qui est dans la même ligné que nous, j’ai toujours apprécié son chant, il m’a beaucoup influencé dans sa manière de passer d’un état à un autre. Il recherche la mélodie, le refrain parfait qui s’ancre dans ton esprit. A mon modeste niveau, j’essaie de reproduire cet esprit. On lui a en fait simplement envoyé un mail, puis le morceau, ça l’a intéressé et _ça s’est fait. Simplement… Il y a aussi cette période de confinement qui fait que certains ont sans doute eu un peu plus de temps pour ce type de collaboration, pour tenter autre chose« . D’accord, mais si le thème de l’album n’avait pas été les mines, le groupe aurait-il invité quelqu’un d’autre que le chanteur de Soilwork, du « travail de la terre »? Il se marre: « Bien vu, mais, non! C’est indépendant de notre volonté. Ca se serait appelé Balais ou Poutre, on l’aurait quand même invité. C’est juste que, artistiquement, on les adore« .

Le groupe a pu enregistrer en studio, mais chacun son tour « On a voulu garder l’authenticité du studio. Le processus a duré quelque mois, mais au final, on est totalement satisfaits du résultat qui sonne moderne et ne vieillira pas avec le temps, je pense. » Justement, comment Laurent définirait-il la musique de Deficiency pour inciter quelqu’un qui ne connait pas son groupe à en écouter plus? « Ouh la! C’est compliqué comme question! Je ne suis pas forcément le plus objectif pour en parler… Mais disons que nous ne nous contentons pas de jouer du thrash pur et dur. On a une base de thrash moderne, mais nous ne nous donnons aucune limite d’exploration. C’est assez ouvert d’esprit, alors si tu es ouvert d’esprit en matière de metal, tu va t’y retrouver« . Il y a, c’est vrai, une belle variété de morceaux sur Warenta. Si Laurent ne devait en retenir qu’un seul pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Deficiency aujourd’hui, lequel serait-ce? « Super dur… (rires) Chaque titre a son identité, si tu prends… » Je l’interromps alors qu’il commence à décrire les différentes chansons et le recentre sur un seul titre… « Je ne peux pas répondre… Bon, allez, je vais me lancer avec The feathers. C’est le morceau qui fait la jonction entre tout ce qu’il y a : des mélodies toujours prenantes, un refrain fort et fédérateur, un esprit un peu progressif et, aussi, les riffs qui vont vite et qui font secouer la tête (rires)« . Il se trouve aussi que c’est le titre le plus long (7’09), celui dans lequel le groupe a pu mettre un peu de tout (il confirme).

Terminons avec le classique de Metal Eyes: quelle pourrait être la devise du groupe? « Ah, elles sont compliquées tes questions, cher MP… « Du metal varié mais du metal quand même« , ça te va? » Oui, parce que Deficiency avec Warenta est définitivement metal. Du thrash qui dépote sans pour autant prendre la tête sauf pour la secouer. Alors inutile de se priver, réservons à Warenta un accueil digne de ce nom, d’autant que les dates commencent à être annoncées. Un groupe à ne pas rater sur scène!

Propos de Laurent Gisonna recueille le 15 mars 2022.

 

 

Interview: AFTER US

Un premier Ep sorti il y a quelques mois – Breaking the dark – a quelque peu exposé After Us auprès d’un public ignorant tout de ce groupe issus de… Ben justement, After Us débarque de nulle part ou presque, qui sont-ils? François, l’un des guitaristes du groupe nous raconte l’histoire de la formation: « Nous, on est un bébé Covid (rires)! Ce qu’il s’est passé, l’ancien guitariste qui nous a quittés depuis et Céline  jouaient dans un groupe de reprises mais ils en ont eu un peu marre. J’avais déjà joué avec Céline et elle m’a contacté pour parler de son nouveau projet qu’elle envisageait avec ses guitaristes pour qu’on fasse un truc ensemble. Dans la foulée, on a recruté Jean Philippe, notre batteur en décembre 2019. Juste avant la pandémie… On n’a pas fait beaucoup de répètes… On a ensuite, pendant la pandémie, recruté notre bassiste, Guilhem. On l’a interviewé via Zoom (rires)! Et dernièrement on a été rejoints par Lionel, le nouveau guitariste. » D’accord, mais d’où viennent-ils tous? « On a tous été dans des groupes avant. Quand j’étais jeune, j’étais intermittent du spectacle, je faisait des bals, je donnais des cours, je faisais des sessions d’enregistrements, JP a fait pleins de groupes très différents, Céline a commencé à chanté dans des chorales dès l’âge de 11 ans, Lionel a fait des groupes de reprises de hard rock des années 80, Guilhem a fait partie d’un groupe en région lyonnaise. On a tous de l’expérience sur scène, certains n’en avaient pas en studio, en revanche. Ils ont pu découvrir ça avec l’Ep. Et on a tous des influences très variées, de la pop au punk, en passant par Motörhead, Adèle ou Rihanna. Moi, je suis passé de Capitaine Flame à AC/DC!«  »

La pandémie a ainsi facilité la formation du groupe, semble-t-il… « En fait, on vient tous d’univers différents et le Covid nous a simplement prouvé qu’on était tous motivés. D’autres ont lâché l’affaire, nous, ça nous a donné des méthodes de travail qu’on conserve aujourd’hui encore. Je pense même que ça a renforcé la cohésion du groupe. On s’entend tous super bien, même si ça fait bateau de dire ça. »

Un nouveau groupe qui compose d’entrée de jeu, que recherchait-il? « On voulait composer des chanson puissante avec de vraies mélodies, du pop énergique. De vraies chansons! » Justement, comment François définirait-il la musique de After Us? « C’est du gros rock mélodique avec des influences pop, électro et metal. On se considère comme des chansonniers, on veut raconter des histoires à travers nos chansons, que les gens tapent du pied. Ce qu’on espère, c’est qu’une fois entendue, notre chanson reste dans la tête toute la journée. Le trait d’union, c’est Céline: on pense tous qu’elle a une voix exeptionnelle et un sens de la mélodie imparable. On est tous au service de la chanson, et au service de sa voix aussi. » Concernant le process de composition, le groupe reste assez démocratique. « Les idées originales peuvent venir d’un texte de Céline, d’une idée de mélodie, d’un riff ou d’une progression harmonique. On a beaucoup travaillé par ordinateur, échangé des fichiers. Notre méthode de travail, c’est de pratiquer nos instruments chez nous, de composer chez nous. On s’échange nos idées et quand on se retrouve en studio, on donne les couleurs définitives aux morceaux. Ce ne sont que des chansons d’After Us, on se crédite tous les cinq, sauf pour les textes qui sont de Céline. Elle raconte des choses très personnelles. Get out, c’ets une chanson sur une séparation, Home again parle du plaisir de rentrer chez soi et voir ses gamins. »

S’il y a, comme l’explique François, deux aspects dans les paroles – colère et plaisir – une forme de dualité se retrouve un peu partout dans le groupe: la pochette avec cette double tête (un visage surmonté d’un crane, vie et mort – il approuve), deux couleurs dominantes (noir et rouge) et musicalement de la pop et de l’énervé. « Je suis d’accord à 1000%! La dualité, c’est le bon terme, oui. On veut faire de la musique positive: une chanson comme City lights est mélancolique et pourtant, elle se termine sur une note d’espoir. Home again est hyper positive dès le début. On veut vraiment traviller sur cette image positive. La vie d’un groupe, ce n’est aussi facile aujourd’hui. Ce n’est pas que prendre nos instruments et monter sur scène. » Des projets dans ce sens? « Oui, bien sûr. On a deux objectifs: le premier, enregistrer notre album à la fin de l’année, et aussi de faire des scènes de 45, 50′. On a une quinzaine de morceaux de prêts qui nous serviront. »

Breaking the dark est sorti fin 2019, il y a déjà quelques mois. Un peu de recul permet à François de faire le point sur l’accueil reçu par l’Ep: « On a eu des super retours! On était un peu angoissés à l’idée de proposer un univers musical aussi varié. On est sûrs de ce qu’on fait, mais on n’a jamais été sûrs de la réception de ce disque. Il y a beaucoup de gens qui adorent et ça fait chaud au cœur. On a même des retours de l’étranger, de Finlande, de Suède! Et quand les gens te disent que ça ne sonne pas du tout comme un groupe français, ça fait plaisir. On est super fiers, en fait ! A la base, on est tous amateurs, mais on essaie de faire les choses le plus professionnellement possible. »

Bien qu’il n’y ait sur ce premeir essai que 4 titres, lequel François présenterait-il à quelqu’un qui ne connait pas le groupe pour expliquer ce que fait After Us? « Ouh là! (rires) City lights, parce qu’il y a des grosses guitares, il y a une atmosphère, de l’émotion, et c’est un morceau qui reste dans la tête. »

 

Propos de François recueillis au téléphone le 11 mars

Interview: EXCEPT ONE

 

Après avoir exploré le très violent nouvel album de Except One, Metal Eyes a pu tranquillement échanger avec Naty, le batteur du groupe parisien formé dans les années 2010 par la « chanteuse » Estelle et Junior, l’un des deux guitaristes. Naty a rejoint la formation au moment du second Ep et a donc pu enregistrer le deux albums, Fallen en 2018 et Broken, le nouveau brûlot de 2022. Il définit Except One comme « un groupe de Death mélodique et metalcore qui a tourné avec des groupes comme Dagoba ou Jinger. On avait une tournée prévue juste avant le Covid, mais voilà… Le dernier album, Broken, a été composé à moitié avant la pandémie et l’autre moitié pendant le confinement« .

La pandémie a naturellement dû impacter la réalisation de ce second album, mais dans quelle mesure le groupe ayant commencé à le composer avant? « Le Covid a donné quelque chose de positif, c’est qu’on a eu du temps. On n’avait pas de concert, ce qui nous a donné plus de temps pour composer, se poser, travailler d’un point de vue technique aussi. Il a influencé les paroles également, on était dans une période incertaine… Ce qui donne ce nouvel album, Broken »

La voix d’Estelle n’a quant à elle rien de cassé (il rit). Au delà de cette furie vocale, comment Naty définirait-il la musique du groupe à quelqu’un qui ne connait pas Except One? « Si on parle en termes techniques, je dirais que c’est du death old school mélangé à du death moderne et du deathcore, arrivé plus tard, et du metalcore. On a tous des influences différentes dans le groupe…  Du black, du thrash, du hardcore, et le mélange de tout ça donne Broken, et ça peut parler à tout le monde… Il y a de tout, mais pas du metal symphonique. » Chacun apporte ses idées, c’est un travail commun qui donne ce résultat?  » C’est plus sur des riffs de guitare. Tim compose les bases, apporte ses riffs et ensuite, on étoffe et le morceau se compose. On va modifier certaines parties, mais c’est plutôt la base d’une personne consolidées par tous. »

La prod est puissante, le son est gras et laisse de la place à chaque instrument. « On a travaillé avec un directeur artistique, on a enregistré chez lui. On a travaillé différemment de Fallen où on avait pas cet apport d’un directeur artistique. On lui a dit ce qu’on voulait et on a pu trouver des compromis« . L’album a été enregistré d’une autre manière, alors comment Naty analyse-t-il l’évolution du groupe entre fallen et Broken? « Il y a une évolution technique, on a vraiment mis l’accent dessus. On voulait garder la puissance de Fallen mais on a mis plus d’ambiances aussi, d’où l’apport de samples qu’on ne trouvait pas avant. Ca donne une ambiance plus sombre et plus aérienne par moment, ça met en évidences les breakdowns. On est parti sur quelque chose de plus sombre et de plus techniques. » Ouais, plus »aérien » si on veut, mais alors chargé de nuages sombres, lourds et menaçants…

Si Naty devait ne me présenter qu’un seul des dix titres de ce nouvel album qui soit le plus représentatif de ce qu’est aujourd’hui Except One, il « pense que ce serait In nomine, le plus représentatif de l’album, celui qui a fait l’objet d’un clip. Il y a un riff d’enfer, un breakdown au milieu, la voix guttural mais aussi du chant clair sur un bridge. » In nomine évoque la religion, alors le groupe a-t-il des sujets de prédilection? « Pas forcément, on parle de choses qui nous touchent. Ca peut être la dépression, des choses plus émotionnelles, certains morceaux comme Seeds of revolt ou Blood of the underdog traitent plus de colère de la civilisation, des sociétés. Il peut aussi y avoir des choses plus personnelles comme le rejet parental sur Still alive… En revanche, on évite de parler de thèmes politiques. Ca n’a pas sa place dans ce qu’on fait et on n’a pas la prétention de maitriser suffisamment ce sujet pour en parler. Mais il n’y a pas vraiment d’interdits...  »

Terminons avec la devise du groupe, étonnante: « Ah, une devise? On en avait une avant, qui colle un peu moins aujourd’hui, mais bon: « des fleurs, des oiseaux, des bébés, le tout dans un mixeur »… Je dirais qu’on pourrait ajouter aujourd’hui une touche un peu plus sombre, un peu moins thrash. »

Propos recueillis par téléphone le 14 février 2022.

BEYOND THE STYX: Sentence

France, Hardcore (WTF records, 2022)

Rater (accidentellement, c’est évident) une interview peut avoir ceci de bon: un recalage à domicile dans un contexte moins carré: l’interview devient alors discussion et la demi-heure originellement planifiée peut s’étendre à l’envi. Echanger avec Émile Duputié, le chanteur des Tourangeaux de Beyond The Styx, au sujet de Sentence, le troisième album du groupe est riche de plaisir. Seulement, même si l’ami Covid est passé par là, Stiigma, le précédent album du groupe, est sorti il y a 4 ans. Qu’a fait le groupe depuis? « On a tourné pendant deux ans pour soutenir Stiigma, et une troisième année, pas prévue à la base, a été planifiée. Stiigma a bien fonctionné, a eu une très bonne réception de la part des programmateurs et du public. On était censés continuer de tourner et composer l’album en 2019 et 2020. Mais il y a eu deux évènements majeurs qui nous ont freinés. A l’été 2019 on avait déjà une démo et on a été signés par WTF records, album qu’on devait à l’origine sortir au premier trimestre 2021. Mais Victor, notre guitariste lead, a fait le choix, pour des raisons personnelles, d’arrêter toute aventure de groupe. On a dû renouveler les troupes, on a casté plusieurs guitaristes et on a fini par trouver Arnaud début 2020. Il avait quasiment fini de maitriser notre set, on a fait deux dates avec lui, et paf! On se retrouve en mars, complètement arrêtés. une date en deux ans, c’est très peu… On dispose de notre local de répétition, ce qui nous a beaucoup facilité la tâche. Mais dès lors que les déplacements se sont limités aux départements, c’est devenu compliqué. Entre Angers, Tours et Paris… »

Sentence a été enregistré à Blois « avec Christian Donaldson  qui, lui, vient même d’un autre pays, du Canada. Ca a été très compliqué pour lui de venir, mais ça a pu se faire et on a commencé mi juillet 2021. On a enregistré en 2 semaines. ce n’était pas la première fois qu’on enregistrait, ce qui a rendu les choses plus faciles, pour nous, pour notre ingé son. » C’est la première fois que le groupe enregistre avec Arnaud. Qu’a-t-il apporté au groupe? « On ne l’a pas recruté uniquement pour ses qualités musicales…. Qui dit groupe dit aussi vie sociale. Arnaud, on le connaissait un peu à côté et tourner, enregistrer, vivre ensemble, c’est aussi une expérience humaine. On savait qu’humainement c’est quelqu’un de simple, drôle et il respecte ses engagements. »

Naturellement, un groupe évolue entre deux albums. Comment Émile analyse-t-il celle de Beyond The Styx entre Stiigma et Sentence ? « Je dirais que Sentence est un brin plus… « incisif » que Stiigma, si c’est possible. C’est le genre de pavé dans une mare qui éclabousse vraiment ». D’évidence, le groupe à la rage au ventre et exprime sa colère avec une virulence non feinte. Dix titres brutaux, qui allient hardcore pus jus, punk et thrash à un chant hurlé et agressif, difficilement compréhensible sans le livret. D’ailleurs, « Christian, lui, semblait comprendre ce que je hurlais et il voulait corriger mon accent. Il trouvait que certaines phrases, certains mots ne collaient pas rythmiquement. Je pense qu’on a gagné en puissance, qu’on a gagné de ce point de vue: une puissance clairement affirmée et prononcée. » Ce qui surprend, c’est d’entendre un hurleur aussi agressif que lui parler d’une voix douce, calme, posée et bienveillante et presque fluette. Comment travaille-t-il sa voix? « Je pense que ma douce voix, je ne la travaille pas, sauf dans ma vie professionnelle puisque je suis éducateur. Ce qui nous oblige à savoir, un peu comme au théâtre, à savoir jouer sur les intonations. Ce n’est pas en parlant fort qu’on obtient grand chose de quelqu’un… Ma voix plus saturée, je l’ai travaillée, même si je ne dispose pas à mon sens d’une technique folle. Je peux juste parler en termes d’intonations de voix, mais pas plus. Je chante avec mes tripes. Ce n’est pas le fait d’avoir fait un stage de chant saturé avec David Ferond qui a révolutionné ma façon de canter si ce n’est deux choses: l’échauffement et l’hygiène de vie, deux choses importantes pour pouvoir tenir une voix. Il m’a aussi fait comprendre l’importance du diaphragme, un instrument magique. » Émile envisage-t-il un jour, comme d’autres le font, d’alterner avec du chant clair? « Non, pas du tout! Inenvisageable, en tout cas pas avec moi au chant. Si un jour ça se fait, ce sera invité, mais pas moi. J’ai peu de certitudes, mais celle là, c’en est une. »

La lecture de certains titres peut également évoquer certaines choses: Self hatred, par exemple, est-il un titres autobiographique? « Waow! j’aime bien ces questions inhabituelles! Peut-être en partie… Une partie de moi, oui, en bon Gémeau que je suis. J’ai toujours du mal à me distancer du genre humain dont on a été séparé depuis 2 ans. Quand je parle de la haine de soi, c’est la haine de sa propre espèce. On a parfois l’impression d’être entourés de personnes plus monstrueuses les unes que les autres alors que nous sommes censés être l’espèce ultime, dotée de conscience. De quoi? Je m’interroge… J’ai l’impression qu’on est une espèce de plus en plus auto centrée, et ça m’agace au plus haut point! » Les thèmes abordés font sur cet album référence à l’humanité et au pouvoir, aussi. Émile reconnait volontiers, comme nombre d’autres, avoir mal vécu la période de confinement, en bon citadin vivant en appartement. « Collateral fait référence aussi au pouvoir que nous avons tous. On est tellement écrasés par la technologie, par le quotidien… d’une certaine manière, on a l’impression que nous ne sommes que juste bons à être dans notre quotidien sans pouvoir en sortir… On nous parle du monde d’après mais il reste encore à construire. »

Collateral est un des titres qui a fait l’objet d’une video, démarrant en partie d’air soft version jeu de guerre (OK, c’est pareil) pour terminer sous forme de jeu vidéo tourné en automne. « Non, ça a été tourné en forêt de Chinon en plein hiver. On l’a fait le 1er janvier. » Overload montre une tête d’ampoule bouffeuse de pizzas. « oui, oui… Le thème, c’est un peu ce que j’ai eu l’impression de traverser pendant le confinement: cette impossibilité de projection dans l’espace et dans le temps. On est conscient qu’il y a un mur qu’on ne pourra pas franchir. Ca aborde le thème du burn out avec tout ce qu’on a pu nous imposer, à tort ou à raison parce qu’il y a aussi de la raison dans ce confinement. »

Tous ces éléments, les nuages, la puissance, l’impuissance, on les retrouve sur la pochette. Avec ce personnage qui porte le numéro 7 sur son maillot. une signification particulière? « Ah! Tu es le second à m’en faire part, mais le premier en interview…  Ammo, le graphiste, est parti du numéro 80 que je porte sur un maillot de la NFL. D’ailleurs, dans Collateral, un joueur porte le maillot avec le numéro 8, chiffre qui peut renvoyer à l’infini. » Cette notion de pouvoir, on la retrouve partout sur la pochette, de l’ado à l’immeuble  prêt à tomber sur le Cerbère… « Là, pour le coup, tu es le premier à m’en parler. C’est bien, ça me fait voir des codes que je ne voyais pas au départ! »

Si le vocaliste devait ne faire écouter qu’un titre de Sentence pour définir ce qu’est aujourd’hui Beyond the Styx, ce serait lequel? « Je m’arrêterais au choix du groupe, je pense. Pas forcément ma préférée mais DC est représentative avec l’aspect metal, hardcore, un tempo assez contrasté. Si on aime pas celui-là, il y a peu de chance qu’on aille plus loin! »

Terminons avec ce classique de Metal-Eyes: quelle pourrait être la devise de Beyond The Styx? « On en a déjà une, c’est une devise que j’ai écrit en anglais: No more borders, cross the river. Plus de frontières, traversez la rivière. Ca rime aussi en français, je m’en rends compte juste là en traduisant (il rit). Brisons un maximum ces frontières qui peuvent nous distancier les uns des autres. »

Brutal et intègre, Sentence est sans aucun doute un album à découvrir en live. Amateurs de hardcore et de thrash, lancez-vous!

Entretien téléphonique mené le 11 février avec Émile Duputié (voix)

SEVEN EYED CROW: Icarus

France, Rock (Ep autoproduit, 2022)

Pour sa troisième publication, SevenEyedCrow revient avec Icarus, un Ep 5 titres taillés dans un rock progressif aux influences diverses. Le groupe, comme nous le rappelle Aurélien Boileau, guitariste et producteur du groupe, regroupe des musiciens d’horizons divers de la scène metal bordelaise qui voulaient « faire une musique assez groovy, puisant dans divers styles… C’était assez difficile de trouver des gens prêts à jouer ces styles, il y avait des gens qui voulaient jouer soit du jazz soit du gros metal très violent. Mais peu de gens prêts à passer d’une musique extrême à un genre plus léger. On a mis du temps à se trouver, mais une fois trouvés, l’affaire a bien démarré. » un premier Ep parait en 2015 (Dark ways to the sun) suivi d’un album en 2018 (Organised chaos). Changement de line up oblige, le groupe ne peut défendre cet album sur scène mais trouve le nouveau bassiste, Yohann « qui nous permet de repartir du bon pied« . Et pourquoi avoir choisi le format Ep? « On n’était pas partis avec cette idée, mais le travail s’est fait assez vite sur ces 5 morceaux et rapidement il y a eu la crise sanitaire, les isolements, les gens malades, les difficultés à se réunir. On a commencé à travailler à distance et autant on n’a pas eu de difficultés à travailler sur des titres existants autant travailler sur de nouveaux titres… Ca nous apparaissait très difficile. On s’est dit qu’au moins, ces 5 morceaux sont là, on les sort, en espérant que le temps qu’ils arrivent la crise soit terminée… » Ceci n’empêche que cet Ep permet de faire parler du groupe plutôt que de rester dans l’ombre. L’ombre sombre comme un corbeau, alors pourquoi Corbeau à 7 yeux?  » C’est venu dans un délire… Un soir où on avait bien bu, tous (rires)! Le corbeau avec ces sept yeux, ça lui permet de regarder dans tous les sens. Il se trouve qu’un ami graphiste était avec nous – il s’est occupé de tout le graphisme du groupe – nous a sorti un dessin à ce moment là qu’on a trouvé superbe, et c’est resté« . Les thèmes abordés sont généralement dystopique, interrogeant sur l’avenir, la société. Seul  To my old man sort de cet esprit, le titre étant un hommage au père du chanteur, récemment décédé. Musicalement, SevenEyedCrow se distingue par un rock groovy teinté de jazz, alternant rythmes enlevés et ambiances plus feutrées, soft et imprégnées de jazz ou de cet esprit Pink floydien des anciens jours. Mais comment Aurélien définirait-il la musique de son groupe à quelqu’un qui ne le connait pas, et s’il devait ne faire écouter qu’un titre pour convaincre l’ignorant d’écouter le reste, lequel choisirait-il? « Je lui dirai déjà que c’est du rock. Avant tout on fait du rock avec un gros background de rock progressif et de metal, mais aussi de jazz et de funk. On est tous issus de cette scène fusion – FFF, Red Hot Chili Peppers… Ca ne me parait pas inconcevable de citer Pink Floyd et Korn dans une même phrase. Peut-être qu’on propose du progressif, mais ce n’est qu’une des cordes de notre arc« . Et le titre à me faire écouter? « Je dirai Weird boy, parce que tout le monde est à sa place. Il y a une basse très présente, Yohann avait trouvé sa place et l’idée de base vient de lui. Je trouve que c’est un titre où chacun de nous apporte quelque chose. Il est très mélodique et très puissant. Je trouve que c’est Weird boy qui traduit le mieux le SevenEyedCrow actuel« . Si j’ai, à titre personnel, du mal avec le chant – mais chacun se fera son idée – la variété des styles fusionné au sein de cet ep fait de SevenEyedCrow un groupe original et explorateur. Icarus est une belle carte de visite pour tout amateur de genres variés.

 

Entretien téléphonique avec Aurélien (guitare) effectué le 28 janvier 2022

HOPES OF FREEDOM : Light, fire and iron

France, Metal épique (2021)

Nous avions rencontré les Rouennais de Hopes of Freedom en avril 2016 pour parler de leur second album, Burning Skyfall. Il aura fallu pas moins de 5 ans au groupe pour proposer une suite, Light, fire and iron, parue en fin d’année dernière. Pour un jeune groupe, 5 ans, c’est une éternité. le chanteur guitariste Lucas s’en explique: « Le covid a rajouté presque une année, mais on est toujours un peu long… Il y avait déjà presque 4 ans entre nos deux premiers albums. Pourquoi? Je ne pourrais même pas te l’expliquer… Il y a beaucoup de choses dans ces morceaux et il nous faut du temps en préparation, en répétition. L’album devait en réalité sortir en 2020, puis en 2021 et ensuite on s’est dit qu’on arrêtait de repousser… » Un groupe évolue aussi avec le temps. Pour le coup « il y a eu deux changements de line up: Thibault a été remplacé à la guitare par Charles – qui a enregistré l’album – puis a été lui-même remplacé par Grégoire Maille qui est guitariste dans un groupe de folk mais très fan de power. Il arrive à un moment qui nous donne une belle bouffée d’air frais« . Du temps a passé alors comment le groupe analyse-t-il son évolution entre ce nouvel album, Light, fire & iron et son prédécesseur? Loris estime que ce nouvel album « est un condensé des deux premiers: il contient les riffs joyeux du premier et la puissance et le côté plus rentre-dedans du second ». Lucas confirme: « On s’est vraiment posé la question de comment conclure cette trilogie. Le but était de garder certains thèmes mais en allant plus loin. On a 9 choriste cette fois au lieu de 4, 3 invités au lieu de 2… Il y a eu beaucoup de débrouille, on a réussi à convaincre pas mal de personnes de participer« . Clément également abonde en ce sens ajoutant que « dans les orchestrations, il y a plus de choses qu’on ne trouvait pas avant ou qui n’avait pas forcément leur place« . En effet, on retrouve sur ce nouvel album les ingrédients qui font Hopes Of Freedom: un esprit heroic fantasy, du power metal enjoué mais avec plus de luminosité. Là encore, Lucas confirme avoir eu « envie de plus de lumière, même si quelques morceaux pouvaient être assez sombres. Mais on a eu envie de revenir à quelque chose de plus léger, dansant, fun« . Il s’agit donc de la fin d’une trilogie. La suite est-elle déjà envisagée? Pas encore, selon Loris qui pose la question « est-ce qu’on va continuer dans cette voie là? Aucune idée… Pour le moment, on fait vivre ce nouvel album et on va le défendre sur scène« . Au delà des évolutions musicales, le groupe a également visuellement changé. Si Lucas est désormais très chevelu et barbu, vestimentairement « on a travaillé avec une costumière qui nous a fait des costumes sur mesure. Si on avait eu mes moyens, on aurait pu faire des décors mais pas encore. » Car oui, la musique de HOF est très visuelle, l’auditeur pouvant aisément créer un univers cinématographique avec cette bande son. Mais HOF n’a pas encore les moyens financiers ou logistique de pouvoir s’offrir des décors de scène. Pour s’en convaincre, « il suffit de l’écouter sur les plateformes. Spotify, Deezer… L’écouter, c’est l’adopter!« . Lucas continue en précisant que « on a vraiment le côté power metal qui va chercher le côté mélodique avec des sonorités folk entrainantes. On a rajouté toute une imagerie celtique avec de la cornemuse et d’autres choses. Pour nous, ce sont deux univers qui se marient très bien. On voit cet album comme la BO de n’importe quel jeu de rôles, bouquin ou film de cet univers« . Pas faux, j’ai même parfois l’impression d’écouter un groupe qui a su rester, dans le bon sens du terme, naïf, garder son esprit d’enfant dans cette musique joyeuse. Mais cette fois, contrairement au démarrage bucolique et léger de Burning Skyfall, ce nouvel album va droit au but avec une prise à la gorge dès les premières salves de Lost humanity. Une batterie qui tabasse, une rythmique enlevée avant un retour à des temps plus calmes. Quel titre serait selon chacun le plus représentatif de ce qu’est aujourd’hui Hopes Of Freedom? Lucas n’a aucune hésitation: « pour moi, ce serait Light, fire & iron. C’est le morceau le plus long, 15′. un morceau long permet de prendre le temps de raconter des choses, d’expliquer tout. Il y a aussi des rappels aux autres albums. » Pour Clément, « ce serait le premier morceaux, Lost humanity. J’aime bien ce principe de mettre le CD et que ça rentre dans la tête directement. » Joris, lui, opte pour « The heroes line. C’est un morceau joyeux, qui reprend un peu la formule de The call, avec les aspects folks, orchestrations… » Hopes Of Freedom nous propose donc un album riche, enjoué et complet qui s’adresse à un public plus large que les simples fans de Powerwolf ou Freedom Call. 10 titres qui viennent conclurent une trilogie lumineuse et efficace. Alors, avec un espacement de 4 puis 5 ans… rendez-vous en 2027 pour la suite?

Entretien Skype avec Loris (basse), Lucas (chant et guitare) et Clément (batterie), le 21 janvier 2022

Interview: TRANK

Ils ont osé! Après à peine un (superbe) premier album, ben… vous savez quoi? Les quatre Trank, ils (oh, facile le jeu de mots pourri, mais j’assume!) ressortent The ropes en une version dite Monolith composée de l’album original pour ceux qui l’auraientt raté et d’un second sur lequel on trouve des remixes version généralement électro (mais pas que) de certains titre dudit premier effort. Même si Metal Eyes est revenu sur cette édition (chro ici), une question se pose: pourquoi aussi tôt? Il fallait en découvrir le pourquoi et le comment, ainsi que le comment du pourquoi , chose qui se fit avec Johann, le batteur le 20 décembre dernier qui nous explique que « l’idée de faire une version deluxe, on l’avait dès le départ, avant la sortie de l’album. On se disait que de moins en moins de gens achètent des albums physique alors tant qu’à faire, offrons leur quelque chose qui soit le plus riche possible, une version un peu plus élaborée (…) Pour le CD bonus, on avait plusieurs options, dont faire des versions acoustiques des morceaux. Et, ne fait, assez rapidement après la sortie de l’album, on a été contactés par des producteurs électro nous disant avoir entendu tel titre et vouloir en faire un remix. On dit quoi par rapport à ça? Bien évidemment, on a dit Oui! Au final, 4 producteurs extérieurs ont retravaillé les morceaux et quand on a entendu le résultat, ça nous a beaucoup plu, ça donnait une relecture différentes des versions originales et ça marchait très bien. On s’est dit qu’on n’allait pas refaire un album entier de remixes faits par d’autres – déjà il faut les trouver les autres, et jusque là, c’est les autres qui sont venus jusqu’à nous et ça nous allait bien – donc on s’est dit qu’on pouvait s’y mettre. Michel, notre chanteur, est un énorme fan de tout ce qui est claviers, électronique, etc. Il s’est mis aux manettes, et on a commencé à travailler en se disant qu’un jour, ce serait pas mal de faire une version comme ça de ce titre. Si ça marche, on garde, sinon, on passe à autre chose. En tout cas, ça n’était pas un calcul, ça s’est fait naturellement. Quand on nous a proposé de faire des remixes, chose à laquelle on ne s’attendait pas du tout, on a trouvé l’approche intéressante. La plupart des gens qui nous écoute a une culture musicale très variée, et ça nous va très bien de ne pas être catalogués dans une case restrictive, on s’est dit qu’on pouvait pousser le curseur plus loin. »

Quel regard les musiciens de Trank ont-ils porté sur la création de ces nouvelles versions? « Les gens sont venus à nous nous disant être intéressés par tel morceau. On a eu une ou deux discussions avec eux pour avoir une idée de ce qu’ils voulaient en faire, une idée vague. Mais chacun a fait à sa sauce. Les 4 qui nous ont proposés des remixes, à chaque fois, la première version, on leur a dit qu’on adore. C’est plutôt bon signe. » Ok, c’est bien beau, mais y a-t-il eu des morceaux que Trank ait refusé parce que ça ne le fait pas? » Non, en revanche il y a un remix, la première version qui nous a été proposée on lui a dit qu’il pouvait aller encore plus loin, s’écarter encore plus de l’original. Au final, si la musique fonctionne, peu importe si ça ressemble à notre musique d’origine. Si ça marche, ça marche! »

En effet, certains remixes sont totalement exploratoires, mais l’ensemble reste surprenant. « C’était le but du jeu… Si c’est pour faire une version où on change deux trucs, ça ne sert pas à grand chose. Que ce soit nous ou des producteurs externes, on a pris les pistes de base et on est repartis de zéro en nous demandant comment on pouvait retravailler le son, les ambiances. C’était un travail intéressant. L’électro, il n’y a pas beaucoup de guitares, ou de batterie, il y a du rythme et c’est souvent « basique » – et je dis ça dans le bon sens du terme. Une fois que tu enlèves ça, il reste quoi? Comment garder l’intérêt de l’auditeur afin qu’il ne se dise pas « j’aurai bien aimé un peu plus de ça » mais qu’il prenne le morceau tel quel. » Force est de constater que le projet est une réussit. Quiconque a craqué pour l’album original se penchera sur les nouvelles versions et devrait se laisser emporter par ces versions électro et revisitées.

Chacun remarquera que seuls certains titres sont remixés, certains deux ou trois fois. « Les titres finalisés sont sur l’album, d’autres ne sont pas terminés parce qu’on pensait que ce nouveau traitement n’était pas assez bon pour finir sur l’album. Mais on travaille comme ça sur les albums dits classiques. On ne va pas composer 50 chansons, les enregistrer pour n’en garder que 15 sur album. L’écrémage se fait au fur et à mesure. Il y a certains morceaux qui sont toujours dans les tiroirs depuis 3,4 ou 5 ans. Il y en a certains, il y a une idée intéressante mais on n’a toujours pas trouvé le truc. On les met de côté, on les réessaye plus tard. Pour les remixes, comme pour les originales, si au départ il y a un peu de prise de tête pour se demander ce qui marche c’est probablement que, au départ, l’idée n’est pas bonne….Les bons morceaux, chez nous, se composent assez vite. Je ne dit pas que c’est facile, simplement que ça nous inspire tous les 4. »

On ne pourra que remarquer que, au-delà des chansons, c’est tout le visuel qui a subit un lifting. La pochette passe du blanc au noir, comme un effet de négatif. Apparaissent même quelques signes « cabalistiques » qui ne sont pas sans évoquer Led Zep. Levons le mystère sur la signification de ces symboles: « Les deux design sont l’œuvre d’Alban Verneret, notre directeur créatif qui travaille avec nous depuis 4 ans, qui nous a fait 5 clips. Il avait créé ces 12 icones, une par chanson, mais elles étaient un peu cachées dans le livret de la version originale. De façon assez discrète. On s’est dit, pour la version Monolith, que ce serait sympa de les voir plus. J’aime l’idée de pouvoir (il sourit) créer un alphabet pour Trank… Vous avez 12 symboles qui, aujourd’hui, représentent l’univers de Trank. Il y en aura d’autres par la suite – en tout cas, des chansons, c’est sûr, des symboles, on ne sait pas, mais l’idée nous plait bien« . Lorsque je lui suggère l’idée de remplacer les titres des chansons de leurs setlists par ces symboles, ce qui serait sympa pour ceux qui les photographient au début des concerts, Johann se marre. « C’est une très bonne idée, je n’y avais pas pensé… « Ils parlent quoi comme langue ces gens »… »

Un remix qui puisse être représentatif de ce Trank version remix, un titre qui convaincrait un non amateur d’électro de se plonger dans ces versions? « C’est une question difficile… Je dirai Shining. J’ai un faible pour cette version. D’une part parce que c’est Michel, notre chanteur, qui l’a faite à peu près du sol au plafond, et aussi parce qu’il y a un côté assez électro mais pas agressif comme on peut parfois l’avoir dans l’électro. Un truc sur lequel on peut sautiller mais pas forcément quelque chose qu’on doit écouter à 4h du mat’ en rave party avec 18 grammes dans le sang! Je vais même me permettre une entrave à ta règle: le dernier morceau, Refugee, qui lui aussi a été fait par Michel, pour les gens qui n’aiment pas l’électro, c’est une version assez orientale. Au départ, Refugee, c’est des samples de gens qui communiquent par radio des années 70, les boat people, au même type de communication en 2015 avec les migrants. 40 nas d’intervalles et les mêmes discussions. Je trouve qu’avoir ajouté ces arrangements orientaux, avec des instruments africains, nord africains, ça donne une couleur supplémentaire, et j’aime beaucoup celle-là. »

Question finale désormais habituelle, quelle devise Johann peut-il imaginer pour Trank? « Alors… La devise que nous avons, qu’on utilise avant de monter sur scène, c’est une devise des samouraïs qui disaient « on n’a rien à perdre, on est déjà morts ». Je sais que c’est un peu morbide, mais ça me convient parfaitement. On est déjà là alors on y va à fond! » Je le rassure en lui rappelant que lors de notre précédente rencontre (oui, une interview en vrai, ça remonte…) c’est déjà ce que Michel avait dit. Ces gars sont fidèles à eux mêmes, même si « on reçoit pas mal de demandes d’interview par mail, souvent d’Angleterre. Parfois, il y a des questions qui se répètent et, souvent, c’est Michel qui y répond. Je vois, au fil du temps, qu’il prend de plus en plus de liberté avec la réponse et maintenant, ça me fait bien rire. » Fidèles à eux-mêmes et fun, Trank est vraiment un groupe à suivre de très très prêt. Vivement la scène! Johann confirme en ajoutant « qu’il y a des nouveaux morceaux déjà prêts, pas encore un album, mais on avance. 2022 devrait, si tout va bien, être une année plutôt sympa. »

Interview: BALLS OUT

On s’est bien amusés avec les deux Ep entrecoupés du premier album des Frenchies de Balls Out. Du rock sérieux sans jamais se prendre au sérieux, une musique brute, directe et sans fioriture qui valait bien quelques échanges avec le guitariste du groupe, Yann. Balls Out « est né des  cendres d’un groupe que j’avais avec Pat, le chanteur. Le groupe s’appelait Outrages. On a fait ensuite des choses chacun de notre côté et en 2015 on s’est dit que ce serait sympa de refaire quelque chose ensemble. On a rencontré Sonny, notre autre guitariste qui nous a amené Pierre, le batteur, deux amis d’enfance. On a fait une première répète tous ensemble ça  fonctionné et Balls Out est né comme ça« . Rien de plus simple, finalement… Le groupe se retrouve autour d’un hard rock simple et fédérateur. On entend du AC/DC, du Motörhead, mais quelles sont les influences de chacun? « Tous les 4, on a les mêmes influences, chacun avec ses madeleines de Proust. Pat est un fan  des Beatles, Pierre aime plein de choses qui vont de Jeff Buckley à Kiss, Sonny est plutôt branché Black Sabbath, Zakk Wylde, moi je suis plus hard rock basique traditionnel. On arrange tout ça à notre sauce et ça donne Balls Out. En fait, on fait ce qu’on aime, et on aime ce qu’on fait« .

Le résultat, c’est un premier Ep bientôt suivi d’un album à la pochette déjantée. Avec ce Let me in (I know someone inside), on a découvert un groupe fun et sans prétention. Quels en ont été les retours? « On a eu des retours très positifs, la presse l’a aimé, ce qui nous a vachement motivé pour donner encore plus, ça nous a boosté pour faire ça. »

Le dernier Ep du groupe, Get dirty vol. 1 vient de sortir et il est bien sous titré « Vol. 1 », ce qui laisse penser qu’il y aura une suite. C’est aussi la seconde fois que le groupe sort un Ep. Pour quelle raison choisir ce format? « On voulait revenir à ce format parce que ça va nous permettre de continuer à bosser sur une trilogie, de proposer quelque chose régulièrement et faire en sorte qu’on parle de Balls Out sur une période relativement longue et de bosser, de se retrouver en studio. J’aime beaucoup le studio, c’est là que naissent les idées de dernière minute. On trouvait bien de faire une trilogie avec une ligne complémentaire, d’autant plus qu’on est dans une période assez compliquée en ce qui concerne les concerts. Comme on ne sait pas trop où on va, ça nous permet de nous mettre à fond dedans. Continuer à ne pas faire de musique comme ça a été le cas ces deux dernières années, ce n’est plus possible. » Un des quatre titres, Get dirty (wild and nasty), est chanté en duo avec Rusty Brown, le chanteur des Australien d’Electric Mary. Comment est née cette collaboration? « On a joué avec Electric Mary en 2019 au Grillen à Colmar, le courant (NdMP: Oh, le jeu de mot avec le nom du groupe!) est tout de suite passé, surtout entre Pat et Rusty. on est resté en contact. On avait envie d’avoir un guest sur un titre et on lui a demandé. Et ça s’est fait comme ça. Ca tombait bien parce qu’à ce moment-là, il était en studio« .

Comment le groupe compose-t-il? Est-ce un travail collaboratif où chacun apporte des idées ou est-ce l’un des membres qui propose? « Non, c’est u  travail vraiment collaboratif même si c’est Pat qui se charge des paroles. C’est son boulot. Pour la musique, c’est nous 4, même si c’est nous, les guitaristes qui apportons les idées de riffs, mais on finalise à 4. Parfois, on arrive en répète avec une idée et on se rend compte que ‘est de la merde tout comme on peu gratter un truc et se dire que ça ferait un bon morceau, et on bosse dessus tous les 4. Chacun a son avis, on ne veut pas d’un seul qui gère tout. Chacun donne son avis. Même le batteur, on est sympa! » (rires).

Justement, quel titre Yann me ferait-il écouter pour me convaincre de découvrir Balls Out? « Je dirais Big load, parce qu’il y a un peu de tout dedans. Des breaks de batterie, des solo de guitares et un bon rif sur un accord de La qu’on adore. Je le trouve assez représentatif de notre esprit. Et puis Big load – je ne vais pas vous le traduire… Il y a plein de sous entendus dans ce morceau et ça entretient le fait qu’on s’éclate sans se prendre au sérieux. Une musique qui fait bouger la tête quand on l’écoute. »

Il s’agit d’une trilogie, le groupe voulant travailler sur la durée. La suite est-elle déjà composée? « Le 2, oui, le 3 est en démo. On ne veut pas répéter la même chose sur les 3 volumes, mais les suivants devraient sortir l’année prochaine. On va bientôt entrer en studio pour le volume . On aimerait bien avoir des invités, il faut voir si c’est faisable et si les gens sont OK pour participer. »

Lorsque je rappelle à Yann que d’autres groupes ont voulu tabler sur le format Ep pour travailler sur la durée et que le résultat s’est soldé par « on n’a pas fini » (je pense notamment à Skid Row dont on attend toujours, depuis 2014, le dernier volet de United world rebellion, ou encore aux copains de feu Wild Dawn qui prévoyaient la même chose depuis leur Bloody Jane’s Shore), sa réponse est hésitante: « Ne parlons pas de malheur, nous ne sommes pas – heureusement ou malheureusement, je ne sais pas – Skid Row. Mais il n’y aura pas de souci là-dessus, il n’y a pas de raison, tout va bien. Et on ne sait pas trop où on va au niveau des concerts. Donc on en profite pour travailler. On n’a donné qu’une date de concert, le 24 mai à Lyon en première partie de Nashville Pussy au Rock and Eat. On croise les doigts pour que d’autres se rajoutent. »

Terminons avec l’incontournable question copyrightée Metal-Eyes: quelle pourrait être la devise de Balls Out? « La devise du groupe? Sortons nos couilles les gars et montrons que nous aussi on en a! » Déception pour moi qui pensais que Yann me dirais ce qu’il y a au dos de cet Ep « We gonna rock forever, we gonna roll or never »… « Ca rejoint un peu ça, quand même. Ce sont les paroles de El guapo gonzo qui rejoignent un peu ça » veut-il me rassurer.

En attendant que les concerts reprennent, guettons les dates de concerts et régalons nous de ce premier volume de   pour une belle déflagration de rock’n’roll pur jus!

Entretien effectué via Skype le 0 décembre 2022.

Interview: Ludovic Egraz (UNITED GUITARS: Vol. 3)

France, Instrumentaux (Mistiroux, 2021)

A peine un an après la parution du second volet de son projet dingue, voici que Ludovic Ergaz réussit l’exploit de réunir de nouveau pléiade de guitaristes venus apporte compos originales et touche singulière au Vol. 3 de United Guitars. Moins d’un an, c’est rapide! « Oui, mais c’est l’objectif qu’on s’était fixés, un album par an. On arrive à tenir la cadence, et c’est vrai que ça demande beaucoup de boulot et d’abnégation, mais voilà, pour l’instant on y arrive« . Pour ce nouveau volet, les musiciens ont-ils pu se réunir à plus que 5 en studio sans pour autant tous y faire la foire ensemble? « Ca a été un entre deux: c’était beaucoup moins contraignant parce qu’on avait pas besoin de mettre des masques tout le temps. On était un peu limité en nombre – pas plus de 10 dans la cabine. C’était gérable. L’essentiel c’est qu’on ait pu enregistré tranquillement« . Toujours produit d’excellente manière avec un son pur et puissant à la fois, ce nouveau volet propose une diversité de genres, du jazz au metal en passant par la world ou le rock. Ludovic et ses participants s’adressent ainsi au plus grand nombre, sans jamais tomber dans le piège de la frime démonstrative. Chacun, amateur de guitare ou guitariste chevronné, peut ainsi y trouver plus que son compte. « A chaque fois, on veut faire monter le niveau, avoir des musiciens de plus en plus pointus dans des styles différents. Il y a des dérivés du funk et de new soul sur deux morceaux. Cet album démontre qu’on peut proposer de la guitare dans divers styles tout en restant ancrés dans l’air du temps. On a surtout cherché à éviter de tomber dans le piège de la démonstration pour super geek de guitare, de virtuosité ou de shred. C’est avant tout une collection de bons morceaux axés autour de la guitare. J’ai même la prétention de croire que même un public non averti et à priori pas intéressé par la guitare pourra apprécier cet album« . La variété des titres – tous des compositions originales encore une fois – et des musiciens – 34 guitaristes, deux bassistes et deux batteurs pour un total de 20 morceaux – fait que United guitars s’adresse à tous public. « On n’est pas intéressés par les reprises… Il y a plein de gens qui font ça très bien sur internet, mais notre ambition c’est d’apporter des compos originales portées par des gens créatifs. » Loin d’être un projet paritaire, Ludovic a tout de même réussi à doubler le nombre de femmes présentes. United Guitars passe ainsi à 2 guitaristes féminines. On avance! Reste qu’il n’a toujours pas réussi à décrocher la participation de Steve Lukather: « On est toujours en pourparlers avec lui, il fait partie des guitaristes qu’on connait bien et qui feront un jour partie du projet, comme George Lynch avec qui on discute. Il faut attendre le bon moment, celui où il ont moins d’activité. C’est ce qui s’est passé l’an dernier avec Doug Aldrich qui avait deux semaines de vacance chez lui. Il avait des travaux chez lui, il était même un peu désœuvré, et il était content de faire United Guitars. » Il y a quand même un certains nombre de nouveaux, dont, justement « George Lynch, une de mes idoles d’enfance, Franck Gambalé, Poppa Chubby, guitaristet de blues américain qui fait essentiellement carrière en France et que je connais depuis très longtemps. Tora Dahle Aagard une guitariste norvégienen qui est un peu la M de son pays, c’était le bon moment de lui demander de participer. C’est vraiment chouette d’avoir ces gens là sur l’album« . La présence d’autant d’étranger pourrait laisser imaginer que United Guitars jouit d’une certaine aura hors de nos frontière, mais non. « Ca reste très confidentiel à l’étranger. Le covid nous a un peu freiné à ce niveau là mais on espère qu’on pourra bientôt distribuer nos albums sur d’autres marchés« . Pour les amateurs de Heavy, sautez sur le titre de Neo Geo Fanatic (ADX) qui « croit beaucoup au projet et nous a toujours suivi ». Le vol. 2 était également sorti en triple vinyle, quid pour celui-ci? « C’est compliqué, principalement à cause de la pénurie de matière première. Les usines ne prennent même plus de commandes pour la fabrication de vinyles! Outre le format CD, ce nouveau volume sera en distribution sur toutes les plateformes« . Une grosse vague promo arrive avec un clip par titre, soit une vingtaine, ce qui « demande un gros investissement, avec en plus la préparation du live. On voudrait bien pouvoir jouer en 2022 ou 2023« , ce qui n’empêchera pas la préparation d’un volume 4. « On se penchera dessus en mai« . Cool, mais surtout, on vous attend sur les routes!

Propos de Ludovic Ergaz recueillis le 30 novembre 2021.

SYNAPSE: Singularities

France, Rock (Autoproduction, 2021)

Un peu de prog aux relents jazz, ça vous tente? C’est le programme que nous promettent les Franciliens de Synapse tout au long de leur album Singularities. Composé de 9 titres, ce premier album fait suite à un Ep sorti en 2019, l’année de l’arrivée de Thomas au chant. Avec Singularities, le quatuor a « voulu quelque chose de plus rock, se rapprochant du metalcore parfois. c’est d’ailleurs pour ça qu’on a fait appel à Pierre Danel de Kadinja » groupe dont le guitariste Pierre « a bien kiffé les morceaux et a apporté le piment nécessaire, même si tout était déjà composé« . L’album se distingue cependant par la variété des tonalités proposées. Allez, en dehors du chant anglais que j’ai franchement du mal à comprendre, Synapse propose un rock léger et aérien. Puisant autant dans le rock progressif de haute volée que dans des tonalités plus pop, les guitares hypnotiques et la rythmique entrainante accompagnent l’auditeur vers des univers à la fois familiers et novateurs. Il règne ici un esprit festif 60’s, là une ambiance plus 80’s, d’autres moments puisant dans le jazz… Synapses – vous savez, ces espaces vides entre les neurones – s’amuse avec ses influences. Roam, par exemple, navigue entre ces univers a priori contradictoires mais pourtant complémentaires. Le groupe voulait « un son actuel, de notre temps. Avant, j’étais dans un groupe qui criait beaucoup plus. Il a fallu que je travaille ma voix pour le chant clair, j’ai voulu apporter beaucoup de timbres différents« . Cette variété va du chant rappé – sur Brand new sky – à des choses plus puissantes, presque hurlées – 3000 ou Rage. On sent la diversités des influences « de Dream Theater au jazz – on aime vraiment beaucoup le jazz. On a vraiment mis tout ce qu’on aime dans ce disque, avec un son moderne« . On pourrait imaginer voir s’installer l’ennui, des groupes comme Dream Theater et le jazz étant souvent considérés comme « intellectualisant » leur musique, mais non, les mélodies sont accrocheuses et donnent envie d’en connaitre plus. « On se définit comme prog, mais on veut des mélodies catchy. Les structures ne sont pas rocambolesque, ça reste assez « droit »: couplet, refrain, ce qui donne un aspect pop. On oublie le côté intellectuel« . Mais si on évite les termes « metal, jazz ou rock » comment Thomas définirait- il la musique de Synapse à quelqu’un qui ne connait pas le groupe?  » Oula! Je lui dirais que c’est éclectique et « écoute, tu vas forcément trouver quelque chose qui te plaira ». c’est tellement varié qu’on ne s’adresse pas qu’à un public. Oui, je lui dirai de choisir une chanson et d’écouter« . Ben, justement, laquelle choisirait-il, lui, pour m’expliquer ce que fait Synapse en quelques minutes? « Brand new sky, c’est la chanson qui définit le mieux le style. Il y a un riff sec, des influences qui sortent de nulle part, il y a du rock, un passage flamenco, du chant rappé, crié, des envolées lyriques, du piano… Il y a tout, c’est le centre de l’album! » Un album prometteur qui, en effet, regorge de styles et d’influences et propose des morceaux attirants et entraînants. Sérieux sans se prendre au sérieux, Thomas conclut avec la devise qu’il imagine pour son groupe: « restez connectés mai pas trop« . On le comprends

 

Les propos de Thomas Valentin (chant) on été recueillis le 25 novembre 2021.