HEADCHARGER live à Orléans (Dropkick bar, le 8 mai 2025 – avec Yeti)

Week end du 8 mai oblige, le centre ville est quelque peu bloqué par les défilés et commémorations. Alors il faut tourner en espérant trouver une place… et une fois cela fait, longer les barrières jusqu’à pouvoir les franchir afin de traverser et rejoindre l’antre Dropkick où Headcharger doit se produire ce soir.

Heureusement, il fait beau, et, une fois arrivé sur place, l’ambiance est tout aussi chaleureuse. Le temps que Yeti, groupe orléanais qui joue ce soir les chauffeurs de salle, termine ses balance, je retrouve Romain Neveu, bassiste et membre fondateur de Headcharger, pour une interview des plus sympathiques – à suivre.

Yeti @Dropkick Orléans

Initialement annoncé à 21h30, Yeti investit la scène avec… une demi-heure d’avance. Le trio propose un rock varié qui se rapproche par instants d’un hard rock virulent. Pas bien grave, le public ayant déjà investit la petite salle. C’est donc devant une grosse poignée de spectateurs que le trio se démène.

Yeti @Dropkick Orléans

Ce n’est pas la première fois que Yeti joue au Dropkick et le groupe a visiblement quelques fidèles. Pendant pas loin de 45′, la bande chauffe salle et public comme il se doit au son d’une bonne quinzaines de titres qui piochent dans le rock, le grunge et le metal. Darken, The maze (qui n’ont, respectivement rien à voir ni avec le groupe ni avec le dernier album de Trank), Strong man ou encore un Yeti song repris par le public, le groupe fait le job. Un bien beau début de soirée, en somme.

Yeti @Dropkick Orléans
Headcharger @Dropkick Orléans

Changement de plateau, dernières balances… Le public revient tranquillement pour accueillir un Headcharger très en forme. Autant j’avais trouvé le groupe distant lors de leur dernier passage au Hellfest en 2022 – un certain Snakepit ne facilitant sans doute pas les choses – autant on sent ce soir les 5 au taquet. Si Sébastien Pierre (chant) et Romain Neveu (basse) sont les deux piliers fondateurs et immuables du combo, ils savent pouvoir compter sur le soutien des deux David (Rocha et Valléeà aux guitares et d’Antoine Cadot à la batterie.

Headcharger @Dropkick Orléans

Pendant un peu plus d’une heure, la vaste discographie des Caennais est passée en revue, du plus récent Sway (Insane, Wake up and run, Against the storm) aux plus ancien Watch the sun (Up to you) ou l’éponyme Headcharger (Falling asleep in masses). Le public est pris à la gorge dès le début, Sébastien et les siens ne relâchant la pression qu’en fin de set.

Headcharger @Dropkick Orléans

Pendant un peu plus d’une heure, le quintette offre un set puissant à un public plus que réceptif. Quand bien même la moyenne d’âge est élevée, ce dernier est le véritable sixième homme de la soirée, dansant, pogotant, se bousculant (se faisant bousculer, aussi) et répondant aux diverses demande d’un Sébastien très en voix.

Headcharger @Dropkick Orléans

Là le public s’accroupi pour mieux sauter, là, il se met à danser langoureusement ou encore furieusement sur You wanna dance qui vient clore de manière explosive ce concert plus que chaleureux, simple, enragé et efficace.

Headcharger @Dropkick Orléans

Malgré l’heure tardive, dès la fin du concert, c’est une jolie foule qui se masse devant le stand de merch attendant impatiemment l’arrivée des héros du jour. Headcharger a démontré ce soir être toujours habité et avoir besoin de cette proximité avec le public qui fait les grands souvenirs. Une très belle soirée comme on peut très souvent en vivre dans nos petites salles de province!

Headcharger @Dropkick Orléans

CRICK FEST 4: Stratagème et King Crown live (Cléry Saint André, le 5 avril 2024, avec B3nzin et Prisma)

C’est une vraie bonne soirée à laquelle les quelques 200 personnes présentes ont assisté, ce samedi 5 avril à l’Espace Loire de Cléry Saint André. L’association Crick For Zik organisait en effet la quatrième édition du Crick Fest qui avait fait salle comble l’an dernier avec la présence de Sortilège en tête d’affiche. Moins connus bien que largement aussi expérimentés par leurs formations d’avant (Nightmare et Galderia, les (faux) Grenoblois de King Crown, groupe fondé par les frères Jo et David Amore, a été invité à reprendre le flambeau. Si les ventes ont eu un peu de mal à décoller, le public présent a pu et su profiter pleinement de la chaleur des 4 groupes présents ce soir.

Les célébrations commencent cependant backstage puisque KingCrown s’y voit remettre par Mister Khermit himself le Metal Award du meilleur album heavy prog et de la plus belle pochette d’album. Une belle mise en bouche pour le groupe, n’est-il pas?

Remise du Metal Award à KingCrown
B3nzin @Crick Fest 4

Arrivé tôt sur place pour pouvoir interviewer Stratagème et King Cown (entretiens à suivre), je trouve une équipe de bénévoles par monts et par vaux: il n’y a plus d’électricité dans les loges, les prises de courant, réfrigérateurs et chauffe-plats ne fonctionnent plus. Rallonges, recherches de panne (et du téléphone du responsable d’astreinte de la salle…), les équipes en charge vivent un bon moment de stress avant de découvrir, enfin, la cause et de pouvoir tout remettre en fonction.

Les locaux de B3nzin, trio rock bien énervé originaire de Jargeau (on n’y fait pas que des andouillettes!), sont prévus à 19h00 mais accusent un léger retard, la soirée étant introduite par le maitre de cérémonie et organisateur, Christophe Dannacker – par ailleurs guitariste de Prisma, qui nous confirme, déjà, la tenue d’une 5ème édition, le 4 avril 2026, avec, en tête d’affiche, un groupe étranger. Une date déjà enregistrée même sans connaitre les participants qui n’ont, pour l’heure, pas encore signé leur contrat.

B3nzin @Crick Fest 4

B3nzin ne se prend pas la tête et propose avec une plus que chaleureuse simplicité un rock énervé aux guitares qui évoquent AC/DC, aux mélodies bluesy empreintes de Led Zeppelin avec une personnalité propre, pop et rock, qui entraine le public dans son sillage. La bonne humeur est de mise, les gimmicks aussi. Bruno, le chanteur guitariste, grande asperge, joue de sa taille pour prendre des poses et occuper l’espace et la scène autant que possible. Séducteur, ses mots sont clairement destinés à séduire les filles de l’assistance – sans pour autant oublier les amateurs de rock de tous styles.

B3nzin @Crick Fest 4

Ses acolytes suivent clairement le patron, Gigi, le bassiste concentré évoluant sereinement sur les planches armé de son impressionnant instrument soutenu efficacement par le batteur, Clément. Pendant environ 45′, le groupe nous délivre un set carré et précis doublé d’un esprit bon enfant. Une très belle mise en jambes et, sans aucun doute possible, un groupe à revoir.

B3nzin @Crick Fest 4
Prisma @Crick Fest 4

Prisma, c’est l’habitué des lieux… Normal, Chris étant l’organisateur du Crick Fest, il en profite pour faire jouer son groupe. Pendant un peu moins d’une heure, le quintette – qui a vu son ex-claviériste venir à la rescousse pour cette date, le nouveau membre étant indisponible – nous offre un classic hard rock qui séduit et met tout le monde d’accord.

Prisma @Crick Fest 4

Si la setlist se voit écourtée d’un titre (Way of life passe à la trappe sans doute pour rattraper un peu le retard – raté…), Prisma nous offre ce soir deux nouveautés, Stay strong qui ouvre le bal et Masters of game, deux titres nous dévoilant une facette beaucoup plus dure et heavy, une orientation souhaitée par le quintette. On sent, tout au long de leur prestation, les cinq en parfaite harmonie et, comme tout le monde ce soir, heureux d’être là. B3nzin a chauffé la salle, Prisma maintient la température avant de la voir monter d’un autre cran. En attendant, allez les retrouver/découvrir à Paris avec Heartline. Ce sera le samedi 17 mai, au Backstage By The Mill.

Prisma @Crick Fest 4
Stratagème @Crick Fest 4

Les plus anciens d’entre nous se rappellent sans doute de Stratagème, groupe fondé en… 1970 qui a connu plusieurs incarnations avant de disparaitre pour mieux revenir au début des années 2010. Un premier album sous le nom seul de Stratagème (l’histoire complète sera à retrouver sous peu dans l’interview) parait en 2013, et quelques modifications de line-up nous font retrouver le groupe totalement modifié avec un nouvel Ep sous le bras, Endless journey. Et là, papy Gégé (Gérard Motté, bassiste et seul membre fondateur) s’est entouré de fines gâchettes.

Stratagème @Crick Fest 4

Butcho Vukovic, tout d’abord. Le toujours aussi sympathique chanteur prend toujours son pied sur scène. Il ne déroge pas à la règle, sautant, dansant et emportant le public avec lui, communiquant toujours avec simplicité et bienveillance. Il fait même part de son plaisir, et, ce qui est habituellement perçu comme démago pour séduire le public semble ce soir vrai, dit que c’est le meilleur concert que ce line up a donné jusque là. Le partage, échange et plaisir, une recette qui fonctionne à tous les coups!

Stratagème @Crick Fest 4

Cependant, Stratagème aujourd’hui, c’est aussi une paire de guitaristes parfaitement hors du commun, Sébastien Hérault et Marc de Lajoncquière. Et lorsque le talent se double de complicité, le résultat est explosif. Une petite démonstration met tout le monde d’accord: un Eruption (Van Halen) parfaitement exécuté par Sébastien que Maître Eddie n’aurait pas reniée. Ajoutons à cela quelques reprises qui font mouche (Panama (Van Halen), Rebel yell (Billy Idol) et une autre à venir) et mettent tout le monde d’accord, dont la bande de keupons qui pogotent et s’amusent tout au long de la soirée.

Stratagème @Crick Fest 4

Les titres originaux sont évidemment de la partie et Butcho se montre au top de sa forme, vocale et humaine – ah, ce Butcho qui demande au public s’il y a des amateurs de death metal et incite ses compagnons à tenter le coup! Ah, la réaction timide de Patrick Cazu derrière ses fûts et celle de Gégé qui proteste avec un « non, ça, c’est pas Stratagème! Pas du tout! » après un growl du vocaliste qui rappelle son passé punk avant de découvrir le hard rock avec Bon Jovi et de changer de chapelle.

Stratagème @Crick Fest 4

Le concert se termine aussi chaleureusement qu’il avait commencé avec une reprise de Celebration (Kool and the Gang) dans une version rock et électrisée reprise par un public conquis et aux anges. Oui, la température a quelque peu grimpé et la suite est tout aussi prometteuse.

Stratagème @Crick Fest 4
King Crown @Crick Fest 4

Après une interview quelque peu… remuante suivie d’une rapide session photos en tenue de scène, King Crown se voit introduire par Christophe. Les cinq investissent donc les lieux et, dès Magic stone, prennent le public à la gorge pour ne jamais relâcher la pression.

King Crown @Crick Fest 4

Les frères Amore ont vraiment fait le bon choix en s’entourant d’une équipe tout aussi jeune qu’expérimentée. LE résultat, c’est un concert explosif et jovial (cet échange entre Jo et un membre du public qui l’interpèle avec un « allez, tonton, oui c’est toi, tonton! » qui fait bien marrer le chanteur) de bout en bout.

King Crown @Crick Fest 4

Là encore, la communication avec le public est aisée et, même si l’horaire a poussé ceux venus en famille à aller coucher les petits, chaleureuse. On sent les musiciens parfaitement en phase – les guitaristes sont les meilleurs amis du monde, c’est clair. Pendant une heure trente, King Crown sape et met tout les présents d’accord. Et après le rappel, la fête continue!

King Crown @Crick Fest 4

L’énergie débordante se transforme à la fin du set en une invasion justifiée du stand de merch. Achats, photos, autographes, tout y passe pour mettre un terme à cette superbe soirée. On vous l’a dit? On remet ça l’an prochain, le 4 avril 2026, avec un groupe étranger en tête d’affiche. Qui? On le saura plus tard.

King Crown @Crick Fest 4
King Crown @Crick Fest 4

Merci à Christophe Dannacker et toute l’équipe de l’asso Crick For Zik, aux bénévoles et aux équipes de sécu de rendre ce genre de soirée possible.

QUEENSRYCHE live à Paris (Le Trianon, le 17 février 2025, avec Night Demon)

Ce soir, étonnamment, c’est un Trianon en petite configuration qui accueille l’une des formations qui a fait une partie de l’histoire du Heavy Metal américain. Queensrÿche sillonne cette année les routes pour célébrer ses tout débuts en proposant des concerts axés, hors rappels, sur ses deux premiers méfaits discographiques, l’Ep autonommé et l’album The Warning. Ne sont-ce donc que les nostalgiques d’une époque révolue qui ont fait le déplacement? En aurait-il été (ou en sera-t-il) autrement si la tournée avait été centrée sur les deux albums phares du groupe, Operation: Mindcrime et Empire? Le second balcon fermé permet cependant à la salle de sembler suffisamment pleine malgré un pit photo inhabituellement large.

NIGHT DEMON, Le Trianon, Paris

Nous avions pu découvrir la première partie il y a maintenant à peine plus de 5 ans dans la salle voisine de l’Élysée Montmartre. Night Demon ouvrait alors pour une autre légende, les Allemands d’Accept, et avait fait forte impression. Ce soir, le trio américain dispose de 45 minutes pendant lesquelles il assène au public, très réceptif, son heavy metal traditionnel et varié.

NIGHT DEMON, Le Trianon, Paris

Traditionnel car on reconnait aisément l’influence de la vague NWOBHM ainsi que celle américaine du heavy/thrash naissant. Varié aussi car Night Demon sait jouer sur les tempi et propose des ambiances différentes au public. Dans sa manière de chanter, Jarvis Leatherby, bassiste fondateur du groupe, m’évoque par instants Pete Franklin (Chariot, Deeds) et sa complicité avec Armand John Lizzy (guitare) rappelle – leurs Flying V y sont pour beaucoup – la folie douce des frères Gallagher (John et Mark, ceux de Raven, pas les autres…) Une folie qu’on aurait souhaité plus intense et constante, le set souffrant malheureusement de quelques longueurs.

NIGHT DEMON, Le Trianon, Paris

Malgré cela, le concert reste carré, et les artifices efficaces – les jets de fumée qui enveloppent les musiciens font toujours effet! – même si on rigole un peu à l’approche de leur mascotte qui vient triquer avec le public sur le titre Night Demon. Une mascotte qui semble très hésitante et maladroite… On regrette seulement le peu de communication avec le public. Ce n’est qu’à la fin du set que Jarvis interpelle la foule, faisant part de son étonnement face à ce pit photo ridiculement large « et il n’y a même pas un agent de sécu devant! Vous voulez venir, approchez, allez! » mais personne n’ose franchir les barrières. Un concert sympathique sans toutefois être mémorable.

NIGHT DEMON, Le Trianon, Paris
QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

Les fans présents le savent: ce soir, Queensrÿche célèbre ses deux premières productions discographiques, plus que quadra avec son Ep paru en 1983 et un premier album, The Warning, paru l’année suivante. Pas de surprises donc en ce qui concerne la setlist, les 4 et 9 titres originaux étant interprétés dans le même ordre.

QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

Si du groupe d’origine il ne reste que Michael Wilton (guitare) et Eddie Jackson (basse), les fans ont depuis longtemps fait connaissance avec Todd La Torre, vocaliste plus que digne remplaçant de Geoff Tate qui semble être destiné à ne jamais revenir dans le giron du Rÿche… N’empêche, lorsque la salle se retrouve plongée dans le noir, la petite foule accueille avec enthousiasme ses héros du soir.

QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

Concentrés, les gars de Seattle enchaine avec un plaisir réel et concentré les 4 morceaux du légendaire Ep avant de, déjà, tous quitter la scène. Bientôt, une sirène retentit annonçant, sous des lumières vertes et jaunes, le lancement de Warning et du reste de l’album. Là encore, Todd La Torre semble peu enclin à communiquer avec le public, exception faite d’un timide « thank you » et d’un discret « All right« .

QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

Ce n’est qu’après NM156, dont le batteur achève l’interprétation à la John Bonham (comprenez « en martelant ses cymbales de ses poings ») que le chanteur prend enfin un peu de temps pour s’adresser au public, rappelant que cela fait 5 ans que le groupe n’a pas joué à Paris (en 2019, les Américains n’ont dû se contenter que d’un Petit Bain… mais c’était après une absence de 15 ans!) demandant au public combien de personnes n’avaient pas encore vu Queensrÿche (une grande majorité), remerciant Night Demon et expliquant le concept de cette tournée.

QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

« Ceux qui connaissent l’album savent donc quel est le prochain titre… » Take hold of the flame annonce ainsi l’entame du dernier tiers du concert qui souffre d’une légère baisse de rythme. Certains morceaux ont forcément moins marqué le temps et passent un peu plus difficilement mais c’est sans compter sur un rappel aux petits oignons.

QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

Les plus curieux avaient pu jeter un oeil sur la setlist des soirées précédents, que ce soir Queesrÿche a quelque peu modifiée. Pensez donc, un bonheur que de pouvoir écouter Walk in the shadows (Rage for order, 1986), Jet city woman et Empire (Empire, 1990) et Eyes of a stranger (Operation: Mindcrime, 1988), et le public ne s’y trompe pas. Queensrÿche, s’il s’est montré professionnel et concentré, a offert un concert comme on en souhaite encore beaucoup. Une très belle soirée!

QUEENSRYCHE, Le Trianon, Paris

Merci à Olivier Garnier (Replica promotion) et Live Nation France d’avoir rendu ce report possible.

ROBERT JON & THE WRECK live à Paris (le Trabendo, 16 novembre 2024)

J’avais pris un tel pied lors de leur concert de l’an dernier dans une grange réaménagée à Talcy (41), que je ne pouvais rater le passage de Robert Jon &The Wreck au Trabendo (malgré la présence au Zénith voisin d’un autre groupe que j’adore…) La file s’allonge sur le chemin qui mène à la petite salle et visiblement, il y aura du monde.

Fat Jeff

La mise en jambe est assurée par un certain Fat Jeff, un One man blues band. Le gaillard s’installe sur un tabouret, attrape sa guitare et pose le pied sur la pédale de sa grosse caisse. Ainsi préparé, il entame une jolie demi-heure de ce blues chaleureux et intemporel.

Le public, qui semble découvrir Fat Jeff, est attentif et séduit par cette voix rocailleuse et l’entrain du musicien qui, en fin de set, se lève, permettant enfin au public le plus éloigné de voir un peu plus que sa tête! Une bien jolie découverte. Il semble heureux d’être-là, d’autant plus qu’il s’agit de sa première prestation à Paris. Alors ouvrir pour Robert Jon le motive d’autant plus. Après son set, il ne manquera d’ailleurs pas une miette de celui des Américains…

Fatt Jeff

La foule est dense lorsque Robert Jon & The Wreck arrive sur scène. Dès les premières mesures de Hold on, le ton est donné. Le blues rock teinté sudiste fait mouche, et Henry James prend rapidement le public à la gorge avec un premier solo. Si Robert Jon est en voix, il ne se risque pas à l’exercice du solo qu’il laisse volontiers à son complice de 6 cordes.

Robert Jon & The Wreck

Chacun est à sa place sur cette scène pas très grande – Andrew Espantaman est tout au fond derrière sa batterie, Jake Abernathie, désormais parfaitement intégré, tranquillement assis derrière ses claviers, soutenu par le bassiste aux éternelles lunettes noires, Warren Murrel – et transforme chaque chanson en un moment de partage généreux.

Robert Jon & The Wreck

Croisement naturel (spirituellement, s’entend!) entre Jimi Hendrix, Richie Blackmore et Uli Jon Roth, Henry James ne cesse d’épater par ses interventions plus brillantes et lumineuses les unes que les autres. Un jour viendra où son talent explosera vraiment, mais pour l’heure, contentons nous de nous pâmer en écoutant chacune de ses notes, irréprochablement jouées.

Robert Jon & The Wreck

Si Red moon rising, le dernier album, est naturellement à la fête avec 5 extraits (Hold on, Rager, le morceau titre, Life between the lines et Ballad of a broken heated man), Glory bound et Last light on the highway sont également représentés avec 3 morceaux chacun, tandis que Ride into the light et le premier album autonommé le sont avec une chanson chacun.

Robert Jon & The Wreck

Si on les apprécie sur album, on se rend vite compte que le Blame it on the whiskey, Bring me back home again ou Oh Miss Carolina et Do you remember – ces deux derniers venant presque clore le concert – sont d’une redoutable efficacité sur scène. Le groupe ne laisse d’ailleurs pas un instant de répit au public avec qui la communication est fréquente et aisée, Robert Jon toujours plaqué sous son Stetson souriant et chaleureux.

Robert Jon & The Wreck

Après s’être fait désiré quelques courts instant, RJTW nous offre un seul et unique titre en rappel. Mais quel titre! Un Cold night allongé à l’envi qui se termine sur un duel dantesque, un dialogue fin et racé entre la guitare de Henry et les claviers de Jake qui viennent se taquiner, se répondre et se défier. Un bon quart d’heure de bonheur pour mettre un terme à ce superbe concert. Prochaine étape: le Trianon?

Robert Jon & The Wreck

Merci à Sabrina Cohen-Aiello et Veryshow d’avoir rendu ce report possible.

THE DEAD DAISIES live à Paris (L’Élysée Montmartre, le 11 novembre 2024)

The Dead Daisies continue son ascension et c’est ce soir à l’Élysée Montmartre que le gang protéiforme de David Lowy pose ses flightcases. Il y a cependant un grand absent, puisque Doug Aldrich a dû renoncer à cette tournée européenne pour subir des soins à la suite de la découverte d’un cancer de la gorge, heureusement traitable. C’est donc plein de pensées positives pour son rétablissement que nous assisterons ce soir à une nouvelle formule de TDD puisque Doug a été remplacé au pied levé par son complice au sein de Whitesnake, Reb Beach.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

Voici bien longtemps que je n’ai vu Mike Tramp sur scène. Le Danois revient ce soir en duo pour continuer de donner vie à White Lion. Accompagné de Markus Mann à la seconde guitare, le chanteur se montre toujours aussi jovial et, le temps de 25 petites minutes, nous offre un bond dans son glorieux passé.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

Living on the edge lance les débats et le public, aux âges variés mais principalement composé de jeunes quinquas/sexagénaires, accompagne avec bonheur Mike dans ses réinterprétations de certains classiques du lion blanc.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

Il communique facilement et avec humour, se rappelant de ses venues parisiennes autant avec White Lion que Freak Of Nature ou en solo. Oui, il a encore de la mémoire, comme il le précise. La version de Little fighter – qui traite du sabotage du Rainbow warrior, vaisseau amiral de Greenpeace coulé par les services secrets français – donnerait envie de hurler Free Paul Watson tant le thème est d’actualité…

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

On fini avec les beaux sentiments de Tell me et une version sans doute moins « prise aux tripes » de When the childre cry qui, elle aussi est d’une cruelle et affligeante actualité comme le rappelle le chanteur: « j’ai écrit cette chanson il y a plus de 30 ans. Je ne pensais pas que le monde serait encore un tel sac à merde »… Une version épurée pour une première partie soft. La suite va rebattre les cartes.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris
Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

Avec Beasto Blanco, on change littéralement de registre. Once a Coop, always a Coop pourrait-on même penser puisque le groupe formé en 2012 compte en son sein rien moins que Chuck Garric bassiste de Alice Cooper et ici guitariste et chanteur, et Calico Cooper, la fille de Vincent Furnier, également infirmière SM et tortionaire d’Alice Cooper et ici chanteuse horrifique et sexy. Autant dire que ces deux-là auront été très présents en France en 2024, mais ils viennent pour assurer la promotion de Kinetica, dernier album en date du groupe.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

La voix rocailleuse de Chuck, son sourire sadique, le jeu de scène de Calico, l’esprit musical en général, tout le décorum shock rock évoque l’univers cooperien. Les autres musiciens tiennent la structure de l’ensemble mais force est de reconnaitre qu’en simple tenue de rockeur, les regards sont plus centrés sur les deux vocalistes qui font le show.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

A mi-parcours, d’ailleurs, et sans réelle surprise, Beasto Blanco se frotte à Feed my Frankenstein, rappelant ainsi, s’il en était besoin, certaines origines de ses membres. Le public connait et reprend en choeur le refrain et les « oh, ouhoh » toujours efficace.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

Ce n’est qu’ensuite que Calico s’arme d’une batte cloutée et vien menacer chaque musicien en faisant tourner son instrument, le frappant au sol… Pas vraiment envie de contredire la donzelle à ce moment-là tant elle a l’air d’en vouloir à tout le monde.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

Avant de clore ce show calibré à l’américaine, et dans l’ensemble efficace et plaisant, Chuck invite le public à hurler avec lui une série de « We are Beasto Blanco » fédérateurs; Un set sans réelle surprise, cependant exécuté avec l’efficacité que requiert le genre.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris
The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

The Dead Daisies live, c’est toujours la garantie de passer un bon et chaleureux moment de rock. Ce soir confirme la règle dès l’arrivée sur la nouveauté Light ’em up, extrait de l’album du même nom. Derrière sa tignasse, John Corabi rugit comme un lion, et David Lowy, capitaine du navire, est en pleine forme.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Naturellement, les regards se tournent vers Reb Beach qui, sur le tronçon européen de la tournée, remplace Doug Aldrich. Le choix de l’ex-Winger et ex-Whitesnake semble évident tant le gaillard est à l’aise et donc à sa place au sein du groupe. En même temps, il se retrouve avec son complice de Whitesnake, le bassiste Michael Devin qui, lui aussi et malgré un certaine discrétion, a totalement trouvé sa place dans le groupe même s’il est difficile de faire oublier un certain Mendoza et sa complicité avec Corabi.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Les titres défilent tous aussi efficaces, TDD puisant principalement dans la période Corabi qui, c’est une évidence, Born to fly mis à part, est bien plus taillée pour la scène que les extraits de la période Glenn Hughes (Unspoken, Bustle and flow).

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Tommy Clufetos nous offre un intense solo de batterie qui, malheureusement, nécessite l’intervention de son technicien à 3 reprises! Ce qui ne semble pas perturber le batteur plus que ça qui, debout, frappe ses toms avec énergie et entrain. Le seul hic, à ce stade du concert, est cette désagréable impression qu’un technicien s’est endormi sur la machine à fumée tant la scène et les musiciens sont derrière un voile gris

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Malgré une discographie désormais plus que bien fournie qui permettrait au groupe de ne proposer que ses compostions, The Dead Daisies a toujours aimé les reprises et nous en offre ce soir un beau panel, titres qui sont devenus des incontournables du groupe (on a même eu droit à Bitch, des Rolling Stones en guise de pré-intro).

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Présenté comme telle, Corabi demandant si « c’est OK qu’on joue une autre nouvelle chanson?« , on commence avec le superbe Take a long line de The Angels/Angel City et ses éclairages multicolore dignes de Pink Floyd. Vient ensuite la présentation des musiciens, avec mini reprise en guise d’identité: David Lowy « qui a eu l’idée de monter ce groupe il y a 13 ans » (Dirty deeds done dirt cheap, AC/DC), Tommy Clufetos, « celui qui crève les peaux de batterie, surnommé le Motor City Maniac » (Seven nation army, The White Stripes), Michael Devin « que vous connaissez au sein de Witesnake, avec qui on a vraiment partagé une femme… C’était sa barbe, ma barbe, sa barbe à elle! » (Children of the grave, Black Sabbath)… Puis il annonce: « vous l’avez remarqué, quelqu’un manque » et il nous donne des nouvelles de Doug « qui se porte très bien » avant de présenter son remplaçant, Reb Beach très acclamé (Living after midnight, Judas Priest). C’est ensuite David Lowy qui présente simplement John Corabi sur fond de Join together (The Who).

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Avant d’entamer la dernière partie du concert, TDD nous offre une reprise blues, une version très électrifiée de I’m ready de Muddy Waters pour continuer avec l’incontournable Fortunate son (Creedence Clearwater Revival). On sent la fin du show approcher lorsque Jon Corabi nous invite à voyager. Destination? Une seule possible, Mexico et ses éclairages vert et rouge qui précède Midnight Moses (The Sensational Aex Harvey Band) avant que TDD ne quitte la scène.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Fut une époque où le groupe ne s’encombrait pas de rappel… Mais le passage semble obligatoire, alors les 5 reviennent rapidement pour clore avec le toujours d’actualité Long way to go suivi de Helker skelter (The Beatles). Ce soir, The Dead Daisies a une nouvelle fois su séduire le public par un concert plus que chaleureux (bien que voilé…) Si on ne peut que regretter le manque d’affluence, le public présent ressort comme toujours ravi. Une vraie valeur sure et une vraie bonne soirée aussi.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Merci à Olivier Garnier et Base Productions d’avoir rendu ce live report possible.

THE DIRE STRAITS EXPERIENCE live à Orléans (Zénith, le 7 novembre 2024)

Quoiqu’on en pense ou en dise, quand on veut écouter en live la musique d’artistes ou de groupes qui ont disparu ou simplement décidé de mettre un vrai terme à leur carrière, assister au concert de tribute bands est un palliatif plus qu’appréciable. Parce que quand c’est bien fait, que ça ne dénature pas l’esprit originel du groupe, l’hommage est bien réel. Alors ce soir, direction le Zénith d’Orléans pour aller voir et écouter The Dire Straits Experience. Un Zénith, comme souvent pour ce genre de concert, en petite configuration puisque ce sont environ 2.000 spectateurs qui sont attendus ce soir.

Gaëlle Buswel @Zénith Orléans

En première partie, je découvre, seule en scène, Gaëlle Buswel qui s’empare de sa guitare, s’installe sur son tabouret et, déjà, armée d’un simple et éclatant sourire, harangue le public avec un direct « ça va, Orléans? » Tout au long de son set – bien trop court au final – la jeune femme va démontrer plus que son talent avec des titres folks et reprises rock.

Gaëlle Buswel @Zénith Orléans

Persuadée que le public connait son second titre, elle entame Cryin‘ (Aerosmith) avec sa seule guitare comme amie. Et clairement, elle fait le job. Non seulement musicalement – ils sont, d’habitude 5 sur scène, rappelle-t-elle (NdMP: le bon côté, c’est que ça fait des économies en factures d’hôtels, non?) – mais aussi en matière de relations publiques puisque tout est sujet à séduire les quelques 2.000 spectateurs présents ce soir.

Gaëlle Buswel @Zénith Orléans

Après avoir invitée son amie Aymen (qui a déjà participé, précise-t-elle, à deux tournées de la tête d’affiche) à la rejoindre le temps d’une chanson, une reprise de What’s going on (4 non blondes) Gaëlle Buswel conclu son set avec un exceptionnel gospel après avoir demandé au public, qu’elle va constamment chercher et solliciter, de « faire trembler le Zénith » . Lâchant sa guitare, debout, elle invite le public à taper des mains et chanter alors qu’en contre-temps elle tape du pied sur une peau de batterie donnant ainsi un effet proche d’un certain We will rock you. Exceptionnel moment de partage avant que la jeune femme (qui a notamment ouvert avec son groupe pour ZZ Top a Paris en 2019) ne quitte, trop tôt, la scène. Pour moi, Gaëlle Buswel fut une superbe découverte que j’espère revoir bientôt.

Gaëlle Buswel @Zénith Orléans

Il n’est pas encore 21 heures lorsque le Zénith est replongé dans le noir. The Dire Straits Experience est un projet qui a vu le jour sous l’impulsion de Chris White, saxophoniste – et plus encore – ayant rejoint le groupe de Mark Knopfler en 1986 pour l’album Brothers in arms et a accompagné le Dire Straits originel quelques années durant et souhaite perpétuer l’héritage de ce groupe incontournable ayant cessé ses activités en 1995.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Ce soir, pendant un peu plus de deux heures, The Dire Straits Experience va combler un public autant fin connaisseur que simplement amateur qui attend les hits incontournables. Et là, on est servis, car des incontournables, il y en a, à commencer par Telegraph road qui lance superbement ce concert sobre et efficace tout à la fois avec force éclairs et tonnerre.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

La musique, quand elle est aussi bien interprétée, se suffit à elle même. Il n’y a pas d’artifices ni de décor, seuls les éclairages, superbes, viennent illustrer les chansons. Chris White a, comme il le dira à la fin du concert, trouvé une perle en la personne de Terence Reis qui tient le role de Mark Knopfler. « Jamais je ne pensais pouvoir un jour travailler avec quelqu’un qui ait la moitié du talent de Mark, et l’ai découvert Terence qui m’a prouvé le contraire« . Car, oui, sans pour autant égaler Knopfler, Reis parvient à convaincre par un jeu de guitare et un chant ultra fidèles à l’original.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Si ces deux-là attirent tous les regards et les oreilles, ils sont superbement entourés du second guitariste, Richard Barrett, de deux claviers, John Maul et Michael Bramwell, du discret Yoyo Buys à la basse et du batteur Luke Naimi.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Le public, assis, est sur sa réserve jusqu’à l’arrivée de Walk of life qui voit deux ou trois personnes quitter leur siège pour danser dans les travées. Et retourner s’assoir sagement dès la fin du titre laissant Romeo and Juliet continuer plus tranquillement. Si le public reste attentif sur The man’s too strong, il se réveille sur le final explosif de Private investigations mondialement connu.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

On retrouve un quatuor, tel que le fut Dire Straits à ses débuts, sur Wild west end et le moins connu Lady writer avant que le groupe ne se retrouve une nouvelle fois au complet pour entamer le final du concert avec Ride across the river suivi du très rock 60’s et ultra festif Two young lovers.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Place au tiercé gagnant qui verra ensuite DSE quitter la scène, On every street, Brothers in arms et Sultans of swing qui voient, enfin, une grande partie du public se lever et rejoindre la fosse pour acclamer les héros du soir, présentés un à un par Chris White qui rappelle, non sans humour, que le groupe a récemment donné des concerts en Australie, en Nouvelle Zélande et même à Tahiti, précisant, sourire en coin, que « il faut bien que quelqu’un s’y colle, non? ».

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Mais il manque l’indispensable, l’incontournable hit qui fit mondialement exploser Dire Straits au milieu des années 80, qui permit, grâce (dans une moindre mesure, convenons en) à la participation de Sting, et au soutien plus que massif de MTV, à Knopfler et les siens de définitivement faire tomber les USA. Alors, après quelques courtes minutes d’absence, DSE offre Money for nothing avec une bonne part de liberté fun prise sur les paroles, suivi de l’instrumental Going home: theme of the local hero.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Ce soir, The Dire Straits Experience a plus que fait le job. Je l’ai écrit, je réitère: même s’il ne s’agit « que » d’un tribute band, quand on souhaite écouter la musique d’un groupe disparu, qu’on ne pourra jamais voir en concert, des formations comme celles-ci sont un parfait substitut. Ce n’est pas et ne sera jamais l’original, mais en fermant les yeux, on s’y croirait. Alors ne boudons pas notre plaisir et sachons profiter aussi de ces moments de communion que nous offrent des musiciens de haut vol comme a su le faire ce soir The Dire Straits Experience.

The Dire Straits Experience @Zénith, Orléans

Merci à Oona et Gérard Drouot Production d’avoir rendu ce report possible

BLACK STONE CHERRY et AYRON JONES live à Paris (L’Olympia, le 6 novembre 2024)

Ce n’est pas sans une certaine forme de curiosité que j’arrive ce soir à l’Olympia. Voici en effet plusieurs jours que je me demande quelle sera l’ambiance de ce soir, lendemain d’élections présidentielles américaine à hauts risques, entre un Ayron Jones clairement partisan démocrate avec qui il est facile de parler politique, et des Black Stone Cherry originaire du Kentucky, un Etat du Sud clairement républicain avec qui aborder politique le sujet nous fut, il y a quelques années, clairement interdit… Certains diront que la musique n’a rien à voir avec la politique, que le rock reste de l’entertainement, il n’empêche que, si on est ici pour s’amuser, l’Histoire des USA vient de basculer. Alors concentrons nous plutôt sur cet entertainement si cher à tous les Américains, quel que soit leur bord.

Storm Orchestra @Paris,Olympia

Récemment ajouté à cette affiche, le trio parisien de Storm Orchestra a l’honneur de lancer les festivités de ce soir. Malheureusement, c’est devant un parterre encore assez vide que le trio monte sur scène sans une seconde se laisser démotiver. Bien au contraire, pour eux, comme me le dira plus tard Maxime Goudard, le chanteur guitariste, c’est un tel plaisir pour eux que de jouer sur cette scène mythique que leur envie d’impressionner est palpable.

Storm Orchestra @Paris,Olympia

Pas un instant, pas une seconde sans un forme de débauche d’énergie malgré un rock varié, à la fois racé et rentre dedans. Ne disposant que d’une petite vingtaine de minutes, à peine le temps de 5 titres, Storm Orchestra a su séduire le public et continuera son travail rapidement après sa prestation en arpentant couloir et bar de l’Olympia allant à la rencontre de chaque fan qui interpelle les musiciens. Un beau début.

Storm Orchestra @Paris,Olympia
Ayron JONES @Paris,Olympia

C’est toujours aussi nonchalant qu’Ayron Jones arrive sur scène. Le sourire qu’il affiche en dit long sur sa satisfaction d’être ici ce soir. Car en quelques années à peine, depuis 2021, le gaillard et son groupe construise une belle histoire d’amour avec la France et Paris. On commence à ne plus compter les concerts donnés dans l’Hexagone, et rien qu’à Paris, Ayron Jones est passé du New Morning en 2021 à la Cigale (22), l’Elysée Montmartre (23, où Matthew Jacquette, son guitariste, avait été exceptionnellement remplacé par son technicien guitare) avant d’investir, en co-headliner, ce légendaire Olympia.

Ayron JONES @Paris,Olympia

Bob Lovelace, quant à lui, est déjà monté sur ressorts, montrant à qui veux bien comprendre le message son t-shirt annonçant qu’il est grand père. C’est tout frais, apprendrons nous plus tard, frais du jour, même. De son côté, Matthew commence son opération charme en dégainant sourire ravageur sur pose langoureuse. Car oui, les quatre – seul le batteur reste plus discret derrière son kit et ses « shades » – ses lunettes de soleil comme les appellent les Américains – sont heureux et le font savoir tout au long de leur prestation.

Ayron JONES @Paris,Olympia

Les désormais classiques d’Ayron Jones sont naturellement de la partie ce soir. Boys from the pudget sound ouvre le bal, suivi de On two feet I stand et d’un Supercharged explosif. Bob court partout, saute comme un beau diable, et, tout comme le charmeur Matt, vient taquiner Ayron de temps à autres. La complicité entre ces trois là est plus que palpable et, hors micro, Ayron se montre quelque plus exubérant que d’habitude

Ayron JONES @Paris,Olympia

On retrouve au cours du show Emily, Filthy ou encore My America ainsi que quelques titres moins souvent joués, comme The title ou Strawman, deux titres issus de son dernier opus en date, Chronicles of the kid (2023). On nous avait annoncé un set rendant hommage à Jimi Hendrix – le groupe est, comme le légendaire guitariste, originaire de Seattle – et, enfin… arrive Hey Joe, suivi de Fire. Deux petits titres, c’est un peu court comme hommage, mais ils passent franchement le cap avant que Jones ne termine son concert, comme très souvent, avec Mercy et Take me away. Et si le concert se termine (avec quelques minutes d’avance sur ce qui avait été annoncé), le show, lui, est loin d’être terminé. Car…

Ayron JONES @Paris,Olympia

Changement de plateau oblige, la désormais belle foule présente (ok, on a souvent vu l’Olympia plus rempli, on circule sans encombre) se dirige vers le bar et les wc, et continue de croiser les gars de Storm Orchestra qui discutent et serrent des mains. Une petite demi heure plus tard, retour vers le pit photo pour nous retrouver « interdits d’accès » par la sécu… temporairement, car Matt Jaquette revient des coulisses, album et goodies à la main, et, une fois remis ces objets à leur(s) propriétaire(s), décide de serrer toutes les mains qui se tendent (ou pas!), de faire des selfies avec le public, aller et retour. Capital sympathie exponentiel!

Ayron JONES @Paris,Olympia
BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Ce n’est que lorsque sonne Hells bells d’AC/DC qui annonce l’arrivée sur scène de Black Stone Cherry que Matt quitte la fosse (après s’être fait interpeller par une toute jeune spectatrice qu’il prend dans ses bras le temps que papa immortalise l’instant) et que la première vague de photographes est invitée à prendre place. BSC prend le public à la gorge dès le premier titre, l’explosif et fédérateur Me and Mary-Jane. Il ne faut que quelques secondes à Steve Jewell pour démontrer qu’il a désormais parfaitement intégré le groupe et l’on ne peut que constater sa complicité parfaite avec Ben Wells, l’un et l’autre occupant chaque centimètre carré de la scène. Chris Robertson est également très en forme, tant vocalement que physiquement. On sent que la famille est de nouveau réunie.

BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Si la base de la musique des gars du Kentucky est sudiste (le très ZZ Topien Burnin‘ est là pour le rappeler), ils ont depuis deux ou trois albums un propos un peu plus heavy, ce qui permet d’apporter une variété bienvenue tout au long de ce concert dont on constate que non seulement chaque album est visité mais que chaque titre est illustré, dans les éclairages, par un thème différent.

BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Blind man… C’est sans doute le seul moment de cette soirée qui m’ait rappelé mon interrogation d’avant concert car les paroles du refrain (« the darkest times ain’t always at night« ) ont en moi un écho différent. Mais ce n’est pas le propos du jour et, après Nervous, c’est Ben Wells qui prend la parole pour évoquer ses souvenirs de concerts parisiens depuis une vingtaine d’années, le groupe passant de petits clubs (la petite Boule noire, la Maroquinerie, le Cabaret Sauvage) avant de se retrouver ici. Dingue ce que cette salle peut faire effet au musiciens et artistes du monde!

BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Like I roll marque un temps plus calme avant que ne vienne gronder le tonner de l’impressionnant solo de batterie de John Fred Young au cours de Cheaper to drink alone qui voit les autres musiciens s’offrir une pause avant de revenir terminer ce titre sur lequel Robertson démontre quel grand guitariste – et beaucoup trop sous-estimé – il est.

BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Interlude: Pendant ce temps, dans le hall, une foule entoure un Ayron Jones venu, luis aussi, assurer le service après vente… Une horde de ce qu’on pourrait appeler des groupies, accompagner de quelques gars (on ne parlera pas ici de parité!) l’entoure, se colle à lui pour une, deux trois photos, chacune cherchant la place qui lui sera la plus favorable (l’une d’elle pose carrément son menton sur la tête d’Ayron), le chanteur se prêtant avec plaisir à ce jeu. Le temps de saluer Ayron (simplement, hein, pas en mode groupie, on a échangé à plusieurs reprises) et retour en salle

BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Après In my blood et When the pain comes, dernier extrait de leur plus récent album, Screamin’ at the sky, White trash millionnaire annonce l’approche de la fin du concert. Le bouquet final est toujours aussi efficace avec Blame it on the boom boom et Lonely train, chanson qui voit Robertson et Jewell s’échanger leurs instruments. Exit stage left avant de revenir pour un unique rappel, et comme d’habitude c’est Peace is free qui met un terme au concert. Après un Hellfest un peu confus (à cause du snakepit de Metallica), le concert de ce soir nous a simplement montré un groupe en pleine forme et qui sait offrir à son public ce qu’il demande: un moment simplement rock n roll. Top soirée!

BLACK STONE CHERRY @Paris,Olympia

Merci à Olivier Garnier et Gérard Drouot Production d’avoir rendu ce report possible

Duff McKagan live à Paris – Le Trianon, le 20 octobre 2024 (avec James And The Cold Gun)

C’est un Trianon quelque peu vide qui accueille ce soir Duff McKagan. La faute sans doute à un manque de communication dont le résultat est une salle correctement remplie mais sans plus. Le second balcon est d’ailleurs fermé ce soir. Mais le public présent a bien fait de venir car, au delà de célébrer le dernier album solo du bassiste de Guns n’ Roses, il découvre un groupe plus que prometteur.

JAMES AND THE COLD GUN

James and the Cold Gun (hasard du nom pour qui ouvre pour le bassiste des Guns?) est chargé de chauffer le public. On découvre un groupe rock direct, simple et sans fioriture, visiblement heureux d’être là. Très à l’aise, le chanteur communique beaucoup avec le public, l’informant qu’il s’agit ce soir de la toute première halte française du groupe originaire du Pays de Galles, encourageant la petite foule à hurler pour Duff McKagan…

JAMES AND THE COLD GUN

Pendant une demi heure, les deux James – Joseph et Biss, mais lequel chante reste un mystère… – et leur comparses délivrent un set carré et efficace à un public réceptif. Une bonne dose d’humour et d’autodérision (le chanteur parle de son français – « certains étaient ici pour le soundcheck? J’ai tenté quelques mots de français mais je me suis complètement planté! » – et préfère tendre le micro à son batteur avant de conclure avec une nouvelle salve d’encouragement pour la tête d’affiche. Une bien jolie découverte, en somme.

JAMES AND THE COLD GUN

C’est avec une dizaine de minutes d’avance que Duff McKagan et sa troupe investissent la scène du Trianon. Costume trois pièces, caché derrière ses lunettes de soleil, armé d’une guitare acoustique, Duff nous propose ce soir un concert qui se divise en deux parties distinctes: une soft et folk l’autre, plus courte, plus foncièrement rock.

DUFF McKAGAN

Le concert débute sous le signe de la tendresse aux accents country (Forgiveness) et folk dylanien (Chip away, This is the song). Le gunner fait honneur à son dernier album solo en date (Lighthouse) avec pas moins de 10 titres interprétés mais n’oublie pas Tenderness (5 extraits).

DUFF McKAGAN

Duff est, lui aussi, en forme et de bonne humeur. Il tombe les lunettes après I saw God on 10th street avant d’expliquer au public que « My français is pretty bad » et remarque que, ce soir, il y a de très nombreux jeunes dans le public. Et sans crier gare, voici qu’un tout jeune garçon monte sur scène sous le regard étonné du chanteur… qui fini par présenter Auguste au public.

DUFF McKAGAN

Le concert alterne ensuite entre titres plus rock (la reprise des Stooges, I wanna be your dog) et folk et, après I just don’t know, est interpellé par quelqu’un qui, du balcon, lui demande un médiator… que le chanteur lui envoie à 2 reprises… en ratant son coup. Des instants simples et funs qui caractérise ce concert familial et jovial. Au moment de changer de guitare, il explique oublier les mots des chansons, précisant que « ceux qui chantent avec moi doivent se poser des questions« … avant de demander le prénom de tel ou tel jeune qu’il repère dans le public. « Emilie? Oh, Emily in Paris! Je ne regarde jamais cette série, en plus, pourquoi je dis ça?« 

DUFF McKAGAN

« Ce soir, c’est une soirée particulière puisque Lighthouse est sorti il y a tout juste un an! Je ne le savais pas jusqu’il y a 25 minutes. » Oui, tu parles, mais tu sais aussi séduire le public et le mettre dans ta poche. Il fait ensuite une déclaration d’amour à son épouse avant de s’emparer d’une guitare électrique qui marque un tournant plus rock de la soirée.

DUFF McKAGAN

Just another shakedown remue le public qui saute avec l’incontournable I fought the law rendu incontournable par The Clash et You’re crazy, seul – et judicieuse – reprise de GNR avant un retour au calme qui voit Duff, enfin, tomber la veste.

DUFF McKAGAN

Lighthouse annonce l’approche de la fin du concert, et le gaillard parvient à continuer de captiver le public par son attitude simple, bienveillante et chaleureuse. Public qu’il invite à reprendre une partie du refrain, des « shine » émouvants à l’envi. On se délecte naturellement de la reprise de Heroes de David Bowie, un chanteur souvent évoqué par le le timbre de Duff ce soir, avant que Don’t look behind you ne vienne, comme sur de nombreuse dates précédentes, clore le concert.

DUFF McKAGAN

Clore? Est-ce l’accueil du public ou l’anniversaire de la sortie de l’album qui incite Duff McKagan et ses musiciens à revenir sur scène le temps d’un Falling down? Peu importe, le groupe nous gratifie d’un rappel venant mettre un terme définitif à cette superbe soirée, douce, tendre et simple. des concerts comme on n’en vit que trop peu.

DUFF McKAGAN

Merci à Olivier Garnier et Live Nation d’avoir rendu ce report possible.

BLACKBERRY SMOKE live à Paris – l’Olympia, le 28 septembre 2024 (avec Bones Owens)

Mine de rien, depuis quelques années, Blackberry Smoke développe une véritable histoire d’amour avec Paris. A une exception près, à chacun de leurs passages, les Américains investissent – et remplissent – une salle plus grande: Nouveau Casino, Alhambra, Trabendo, Maroquinerie, Cabaret Savage, Bataclan et aujourd’hui l’Olympia… Tout ça en dix ans à peine. On ne peut qu’admirer cette ascension qui, si elle n’est pas fulgurante, stabilise le BS dans le paysage musical des Français amateurs de rock.

Bones Owens, Paris, Olympia, le 28 septembre 2024

Ce soir, contrairement à ce qu’annonce l’affiche, c’est Bones Owens qui a, en lieu et place de The Steel Woods, la charge d’ouvrir et de chauffer la salle. Pendant 45′, le trio propose un rock teinté de cette chaleur sudiste, à la fois rassurante et moite. Il n’y a guère de fioriture ici, et le public dont une grande partie semblé découvrir Bones Owens, le fait savoir en clamant sa satisfaction.

Bones Owens @Paris,L’Olympia

Avec son look improbable, le chanteur guitariste, sorte d’anguille dandy dégingandée, semble concentré mais parvient rapidement à séduire la foule en développant un réel capital sympathie. La communication est aisée, le gaillard clamant sa satisfaction de jouer dans une salle salle aussi mythique que cet Olympia qui a vu tant de grands passer.

Bones Owens @Paris,L’Olympia

Sous ses faux airs de rock sudiste, Bones Owens propose un rock également teinté de country, de blue grass et sonne même parfois comme un Rival Sons en version plus roots. Le résultat est simplement vivant et entrainant comme on aime.

Bones Owens @Paris,L’Olympia
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia

C’est à 21h15 que la salle est de nouveau plongée dans le noir. Heureusement, car la foule s’impatiente depuis un bon quart d’heure. Blackberry Smoke investit donc cette scène déjà tout à sa cause acquise, Charlie Starr arrivant en dernier dans une veste verte à fleurs d’un goût que certains pourraient qualifier de… oui, « douteux ». Ses sourires semblent indiquer qu’il le sait et n’en a cure lorsque le groupe attaque Workin’ for a workin’ man. Et le plancher de l’Olympia se transforme une nouvelle fois en trampoline tant le public saute.

Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia

Si Starr est sautillant et de très bonne humeur, hormis Paul Jackson également très heureux d’être là, les autres musiciens du groupe semblent rester cantonnés dans leur espace, ne bougeant que peu. C’est d’autant plus dommage que ce sera le cas tout au long du concert. Mais là encore le dicton résume très bien les choses: let the music do the talking. Et la force des Georgiens est de ne jamais proposer deux fois d’affilée la même setlist.

Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia

Le set de ce soir est principalement axé autour du dernier album, Be right here et de l’autre incontournable, The Whippoorwill, chacun se voyant représenté par 5 titres. Etonnamment, avec un seul extrait, You hear Georgia, le précédent album, est presque relégué aux oubliettes…

Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia

Pendant que le public se dandine au fil des titres, on admire le gigantesque backdrop – un superbe paillon qui évoque Le silence des agneaux – dont les couleurs varient au gré des éclairages. Charlie Starr a tombé la veste depuis longtemps et s’adresse régulièrement au public, évoquant souvenirs et anecdotes.

Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia

Les classiques défilent à belle allure, et même si on peu regretter certaines absences jouer sur d’autres concerts (comme Six ways til sunday) on ne peut que vibrer à l’écoute des Pretty little lie, Rock n roll again, Let it burn ou autre One horse town tout autant qu’applaudir la venue de Spencer Jackson sur le dernier rappel (Pearls) avant que le groupe ne quitte définitivement la scène sur le traditionnel Ain’t much left of me.

Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia

Ce soir, c’est un public ravi qui quitte l’Olympia, et, même si on peut regretter le manque de dynamisme des musiciens, oui, la musique a parlé. Un grand concert qui vient réchauffer l’atmosphère.

Merci à AEG Presents France d’avoir rendu ce live report possible.

ASYLUM PYRE live à Orléans (Dropkick bar, le 27 septembre 2024)

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024

C’est dans le cadre de la mini tournée itinérante Triple Metal Storm (vraiment mini avec une date la veille à Paris!) qu’Asylum Pyre fait enfin halte à Orléans. Quel autre lieu que le très convivial Dropkick Bar pour accueillir des formations toujours prometteuses? Si l’affiche de ce soir est alléchante – sont également au programme les locaux de Chaos Rules et Parallel Minds – des obligations m’empêcheront d’assister à l’intégralité du concert. Alors, égoïstement, heureusement que Asylum Pyre passe en premier…

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024

Après une rapide interview – compliquée (avec les balances en bas, pas forcément évident que je puisse tout retranscrire) – je reviens place du Châtelet pour le concert mais tourne tant pour trouver une place que je rate le premier titre, l’intro Lullaby for the clairvoyants suivi de One day (les deux morceaux d’ouverture de leur précédent album, N°4). Si les gens ont décidé de sortir ce soir, on circule assez facilement dans la salle investie par un peu moins de 100 personnes et le groupe est visiblement en forme.

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024

Tellement, d’ailleurs, que rapidement la petite foule se met à trépigner et danser. Si le second guitariste, Pierre Emmanuel Pélisson, est absent, il est remplacé avec brio par Clément Botz, chanteur et guitariste au sein de Attractive Chaos. Il se donne tant qu’on le croirait membre permanent d’AP.

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024

Au-delà d’être en forme, le groupe est totalement complice, et l’on sent que la bonne humeur règne à tous les étages. Même quand un incident vient couper l’alimentation de je ne sais quel appareil de Johan (Cadot, guitare et chant), Oxy Hart (AKA Ombeline Duprat, la chanteuse) vient le taquiner en attendant que le jus revienne.

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024

La setlist est quant à elle entièrement axée sur les deux derniers albums en date (N°4, donc, et Call me inhuman, deux indispensables du genre). Les titres enjoués ne cèdent la place qu’à des morceaux de bravoure et hymnes que le public reprend avec cœur et en choeur. les Lady Ivy, There I could die, Fighters côtoient les zombiesques Cemetery road ou les imparables Sex, drugs and scars et Virtual guns qui vient clore un concert d’un peu plus de 45′ dans une superbe ambiance, une partie du public venant même chanter au micro d’Ombeline.

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024

Asylum Pyre fait incontestablement partie de ces groupes à qui il ne manque qu’un coup de pouce du sort pour exploser. Pro, festif et joyeux, ce concert a montré une formation au meilleur de sa forme. Un très beau début de soirée que je dois malheureusement interrompre ici, mais un groupe à revoir d’urgence!

Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024