ANVIL live à Paris! Le Trabendo, 25 février 2018 (avec Trance)

Voir un Zénith en petite configuration, on en a l’habitude, mais que le Trabendo, club de 700 places, décide de faire de même??? Sans doute le fait que la France entière soit en vacances – certains sont rentrés la veille, d’autres viennent de rejoindre les stations de sport d’hiver – explique-t-il qu’environs 300 personnes soient venues acclamer des miraculés. Trance, les Allemands à l’origine de Break out et Power infusion au début des 80’s, récemment reformés et Anvil qui donne ce soir son premier concert parisiens en… 4 décennies de carrière. 40 ans et pas un seul passage dans la capitale, chacun des concerts ayant dû, pour une raison ou une autre, être annulés. Et, pour l’avoir interviewé juste avant, je peux vous dire que Lips est loin de se décourager malgré la faible affluence. On a même l’impression que c’est le contraire tant le gaillard est remonté comme un ressort!

Trance, accompagné au chant du jeune Nick Hollman, bénéficie d’une demi-heure pour convaincre. Sans surprise, si le public, principalement des quinquas voire plus agés, est également familier avec le groupe formé en 1977 puisque Trance concurrençait directement Scorpions sur le terrain du heavy rock. Séparés puis revenus sous le nom de TranceMission au début des années 2000, Trance réapparaît récemment sous son nom d’origine et semble décidé à reconquérir son public, à qui il propose d’ailleurs un nouvel album, The loser strikes back. La voix puissante et haut perchée de Nickfait son effet, sa jeunesse dynamise la prestation – comme lorsqu’il décide de sauter sur les enceintes pour dominer, prudemment!, le public. Les anciens, Tommy Klein et Markus Berger donnent ce qu’ils peuvent, et l’apport d’Eddie St James, au look glam à souhait, est remarquable. Même si les Heavy metal queen, Break the chains et Looser sont interprétés à la perfection, je ne peux m’empêcher de trouver un sacré coup de vieux à ces compos qui marquèrent mon adolescence… Un prestation sympathique néanmoins, et suffisamment rare pour en profiter à fond.

A 20h30, la tête d’affiche Anvil ne se fait pas prier, d’autant que Lips a fini ses réglages sous les encouragements du public. Les lumières à peines éteintes, Rob Reiner s’installe derrière ses futs et lance la machine. Christ, dernier bassiste en date, se pose face au public tandis que Lips fait une rapide apparition sur la scène, le temps d’annoncer que « ça fait 40 putain d’années qu’on veut jouer ici! 40 ans et à chaque fois, nos concerts ont été annulés!  Pas ce soir! », scène qu’il quitte aussitôt pour réapparaître, quelques instants plus tard, au milieu du public. Phiphi s’en souviendra longtemps de ces minutes passées juste à côté du Canadien qui lance le set avec un March of the crabs qui donne le tempo de la soirée !

La suite mélange avec bonheur morceaux vintage  – à commencer par l’incontournable 666 -et titres plus récents (Doing what I want, This is 13, Bitch in the box…)souvenirs et humour, parmi lesquels Lips évoque ses soirées passées avec Lemmy, et l’imite, lors de la tournée Another perfect tour. Un long discours, mais fun, comme les grimaces dont ne sont avares ni Christ – il a vraiment la gueule de l’emploi, mais se révèle un bassiste exemplaire – ni Lips, jamais dernier à rigoler, même si tout est fait avec le plus grand soin.

Le solo de Free as the wind a l’air si facile et pourtant… Après On fire, Lips a une pensée hommage au producteur Chris Tsangarides, récemment disparu et qui avait notamment travaillé sur Metal on metal ou This is thirteen avant de revenir aux affaire et d’offrir un nouveau joli solo sur Mothra, solo effectué à l’aide – on le savait pourtant, je l’avais oublié, ce coup là! – à l’aide d’un vibromasseur! Les yeux pétillant de Lips en disent long sur son plaisir… Puis il se souvient d’Enfer magazine, souvenir qui ne rajeunit personne, avant d’attaquer Bitch in the box avant que Robb Reiner ne soit enfin mis à l’honneur avec son solo d’une incroyable efficacité sur Sweetie thing. Comme si ce dernier n’avait pas assez donné de double pédale, Anvil livre un Ego – qui parle de ceux qui ont une trop grande impressions d’eux mêmes – dantesque avant un Die for a lie sans doute moins percutant.

Incontournable du répertoire des Canadiens, Metal on metal voit le public mis à contribution version G.O, et sonne les rappels. Robb reste planqué derrière sa batterie et martèle un bord de tom, et Anvil nous propose deux dernières cartouches, Running et un version remaniée de Born to be wild. Pour son dépucelage parisien, et malgré une faible affluence, Anvil aura tout donné deux pleines heures durant. Une soirée mémorable qu’on espère voir rééditée bientôt!

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce live report possible.

ACCEPT live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 1er février 2018)

On vit une époque formidable… La forme qu’affichent les anciens, les groupes à la carrière multi décennale est simplement bluffante. Je n’ai presque jamais été déçu par un concert d’Iron Maiden, Saxon ou Accept. Alors ces derniers de retour à Paris, dans un Elysée Montmartre qui célébrait en début de décennie leur résurrection, avec le chanteur Mark Tornillo en lieu et place de « l’indispensable » Udo Dirkschneider, eh ben… 9a ne se rate pas. J’arrive tôt à l’Elysée afin d’interviewer Night Demon, trio US qui ouvre ce soir pour les Germano Américains. Jarvis, le bassiste chanteur, a malheureusement la voix quelque peu enrouée, ce qui se ressentira sur la seconde moitié du set.

Losque le power trio – une configuration qui évoque le line-up de Raven ou Motörhead (un bassiste chanteur, un guitariste et un batteur) – monte sur scène, le public ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Night Demon est simplement habité de l’esprit de la NWOBHM et cela transpire tant dans sa musique qu’on sait que les amateurs du genre, nombreux ce soir, vont apprécier. Le groupe explore ses deux albums, faisiant une belle place à son petit dernier, Darkness remains, récemment réédité en format « expanded ». Les influences sont évidentes et l’on s’amuse de ce jeu de piste qui nous renvoit dans une époque qui continue d’en faire réver beaucoup. Maiden estde la partie (Maiden hell, facile), mais également Diamond Head ou, moins évident, Thin Lizzy dans les aspects les plus bluesy du combo. Le riff de Run for your life évoque ouvertement le Waisted de Def Leppard , période Pete Willis (sur son premier et superbe album, que le groupe a trop tendance à oublier, On through the night). Malheureusement, la voix de Jarvis commence à souffrir, et son chant devinet très limité… Un extrait de quelques mesures d’Overkill, en hommage à Fast Eddie récemment disparu, un final avec la venue d’une faucheuse qui rappelle quelques mascottes (Iron Maiden, Grave Digger ou Megadeth), et Night Demon s’en retourne backstage laissant un public ravi. Quelques couacs, mais un set efficace quinous a fait découvrir un groupe plus que sympathique.

Après une intrigante mais remarquée première partie de Sabaton l’an dernier, Peter Baltes et Wolf Hoffmann réinvestissent les planches avec bonheur. Accept fait en effet partie de ces groupes qui maîtrisent tant leur sujet qu’on sait ne pas pouvoir être décus par leur prestation. Même Mark Tornillo, habituellement silencieux entre deux chansons, est bavard ce soir. Les petits nouveaux ( le discret Uwe Lulis et le plus expansif Christopher Williams, respectivement guitariste et batteur) arrivés en 2015 sont parfaitement intégrés. On sent ce line-up particulièrement confiant et très enjoué: la complicité entre les musiciens fait plaisir à voir.

Sans surprise, Accept sort l’artillerie lourde dès le départ avec un décor militaire (à quand le retour des treillis? Non, je blague…), des fumigènes en pagaille et des lights irréprochables (enfin le retour des poursuites dans une salle moyenne!). En alternant titres speed et morceaux heavy, en piochant dans quelques raretés (Objection overruled est une belle surprise, notamment complété de ce duel entre les deux anciens – Wolf et Peter), en jouant avec un public tout acquis à sa cause, Accept prouve une nouvelle fois l’excellence de son professionnalisme. Il n’y a rien à redire, sauf ce petit écart qu’est l’interprétation en solo que fait maitre Wolf du Bolero de Ravel… Ce même Wolf Hoffmann ravi d’exhiber une collection de guitares toutes plus flashy les unes que les autres – on est au royaume des paillettes bleues et rouges! – est, comme à son habitude, le maitre des lieux.

Cependant, avec 5 titres d’affilée issus du dernier album (The rise of choas, Koolaid, No regrets, Analog man et The final journey), même si le groupe est là pour le défendre  (dont il aura présenté 6 titres sur 10), c’est peut-être beaucoup pour ceux qui ne connaissent pas The rise of chaos. Heureusement, c’est du lourd, et Accept a tout loisir de se concentrer sur ses classiques attendus (au hasard? Princess of the dawn, Balls to the wall, Restless and wild, Fast as a shark) ou ses morceaux les plus récents (Stalingrad, Shadow soldiers, Teutonic terror, Pandemic…), faisant la par belle à la période dorée que le groupe vit depuis son retour avec Tornillo.

Deux heures durant Accept séduit un public ravi avant que Mark ne lance un « Thank you Paris, we’ll see you at Hellfest ». Oui, Messieurs, le rendez-vous est noté et hors de question de rater ce rendez-vous avec l’un des derniers monstres sacrés du metal allemand!

DIRKSCHNEIDER live à Paris (La Machine du Moulin Rouge, le 13 décembre 2017)

Avec son projet Back to the roots qui propose de revenir « une dernière fois » sur les meilleures chansons qu’il a pu écrire en compagnie d ‘Accept, Udo Dirkschneider retrouve avec bonheur de nombreuses scènes mondiales. Paris en fait partie, et c’est un vrai plaisir que de pouvoir réécouter ces classiques parmi les classiques interprétés par leur chanteur originel, accompagné de ses compagnons d’UDO.

Rendez-vous est donc pris à la Machine du Moulin Rouge – l’ex-locomotive – pour une affiche 100% heavy metal vintage puisque le maître de cérémonie à convié les Anglais de Raven à venir ouvrir. Rares en France, une telle opportunité devrait attirer du monde, mais… Ce ne sont qu’environ 400 personnes qui se présentent, assez pour créer une bonne ambiance, trop peu au regard des artistes présents.

Raven déploie, comme d’habitude pour qui les a vu auparavant, une extraordinaire énergie. Et que l’on soit ou non fan de ce metal si particulier, du chant hallucinant de John Gallagher, surtout, on ne peut que reconnaître que le trio pête la forme; un détail, cependant, et pas des moindres: le batteur a changé. Malheureusement victime d’une crise cardiaque, Joe Hasselvander a dû jeter l’éponge. La tournée a tout de même pu être assurée grâce à la participation, des deux côtés de l’Atlantique, de différents batteurs venus spontanément donner un coup – de très nombreux coups – de baguettes. Raven a beau ne plus attirer autant qu’avant, son statut reste intact auprès des musiciens.

Le public présent dans la fosse ce soir ne peut qu’être épaté par l’énergie développé sur scène par les frangins Gallagher. John est toujours équipé de son micro mobile, lui permettant d’envahir, avec son frère la scène et d’aller voir le public partout. Sa voix est toujours aussi puissante et son chant hallucinant. Et cette collection de basses a de quoi impressionner! Mark, quant à lui, est parfaitement remis de l’accident qui, en 2001, a failli lui coûter ses jambes. Sans toutefois sauter comme un cabris, il se démène, courant dans tous les sens, grimaçant à l’envi tout en délivrant des parties de guitares d’une redoutable efficacité. La setlist, courte, propose des classiques tels que All for one, Hell patrol, ou Rock until you drop. Le groupe nous propose même une rareté qui n’aurait pu être jouée à certaines époques sans risquer de s’attirer les foudres. Mais « this is a fucked up world with fucked up politics », et Hung, drawn and quatered est parfaitement approprié.

Avant de terminer avec le dingue Crash bang wallop – un des morceaux qui valu à la musique de Raven le surnom d’Athletic rock – un mini medley est proposé avec un extrait du It’s a long way to the top (if you wanna rock n roll) dédié à Malcolm Young. La vie n’a pas été tous les jours facile avec Raven, et c’est bien dommage, car, malgré le poids des ans qui se fait visible, le groupe est toujours aussi pêchu.

Après une intro tribale, les musiciens de Dirkschneider entrent sur scène sur The beast inside. Le chanteur, lui, soigne son entrée. Sa voix rauque résonne et, lorsqu’enfin, il apparait, le public est aux anges. Le chanteur se pose devant la scène, agrippé à son micro, et recule régulièrement lors des aprties instrumentales, mettant en avant ses musiciens. Ces derniers se connaissent parfaitement puisque ce sont ceux qui l’accompagnent déjà au sein de UDO dont de vastes tentures annoncent le retour en 2018.

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Rapidement, un constat s’impose: Udo Dirkschneider s’est empâté, et il a du mal a se mouvoir. s’il n’a jamais été particulièrement mobile sur scène du temps d’Accept, ce soir, il bouge à peine. Certes, il vient faire l’accolade à ses gars, mais tranquillement. Eux, en revanche, semblent s’éclater comme des gamins (qu’ils sont, d’ailleurs) et profitent pleinement de chaque instant.

C’est donc la setlist qui vaut le détour. Bien sûr, il n’est pas possible de faire l’impasse sur les indispensables classiques que sont London leatherboys, Princess of the dawn, Breaker, Fast as a shark ou Metal Heart. Et bien que l’on puisse s’attendre à d’autres classiques, Dirkschneider préfère jouer la carte de la surprise avec de vraies raretés, celles qu’on a oublies, ou presque. Quel plaisir en réalité d’écouter Bulletproof, Slaves to metal, Another second to be, Protectors of terror, Stone evil ou XTC! Bien qu’ayant moins marqué l’histoire d’Accept, ces morceaux se révèlent simplement très efficaces. Udo a dû se faire plaisir en réexplorant son passé, en le redécouvrant, même, et propose là matière à un troisième volet de son projet Back to the roots – qui pourrait même se nommer Farewell accepted.

Le groupe est, de son côté parfaitement en place, aidé par un light show impeccable. Si les attaques frontales à 4 rapellent évidemment Accept, chacun dispose de son espace partagé, du soutien d’Udo et de son moment, ses moments d’expression en solo. L’histoire d’un groupe qui revisite celle d’un autre groupe, en somme.

Bien sûr, on aurait apprécié – plus que ça, même, Starlight, Burning, Restless and wild, Flesh rockin man, Up to the limit, Head over heels et/ou Loosers and winners et d’autres encore, mais ça ferait un show de 4 heures! Alors à ceux que j’ai entendu râler au bar disant qu’il s’agissait « d’une setlist de merde », je répond que non! C’est le concept même de cette tournée Back to the roots – A farewall to Accept   que de sortir de vieux titres d’Accept rarement ou jamais joués. Et le groupe s’est parfaitement approprié ce répertoire pas évident. Udo Dirkschneider aurait facilement pu capitaliser sur les classiques, il a préféré choisir le risque, et rien que pour ça, il mérite le respect.

 

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce report possible

ROYAL REPUBLIC live à Paris (le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage)

 

Le Cabaret Sauvage affiche ce soir complet pour le second passage parisien des Suédois de Royal Republic. Et ce n’est que justice tant le quatuor met le feu à chacun de ses concerts.

En ouverture, Aaron Buchanan and The Cult Classics est un groupe anglais qui donne dans un rock puissant et tendu. Le chanteur, Aaron, est une pile électrique qui cherche à chauffer le public. Si, musicalement, il n’y a guère de nouveauté, le gaillard et son bassiste atteignent aisément cet objectif. Mais les deux guitariste, dont miss Buchanan – sa sœur, je crois, visage planqué sous un chapeau – restent assez statiques… Dommage, d’autant plus lorsque, en fin de set, le chanteur annonce – pas démago – que Paris est le meilleur public et qu’il demande à ce même public de s’approcher pour tenter quelque chose de jamais encore fait: Aaron, tel Frank Carter (il en a le look, pas encore les tatouages) marche sur le public qui tend les bras pour le porter… Rouler-bouler, retour sur scène, le gaillard s’est bien débrouillé, son groupe a offert une sympathique prestation amuse-gueule. Mais, honnêtement, avec ce qui arrive ensuite…

 

Les lumières s’éteignent alors que résonnent les premiers accords de When I see you dance with another. Royal Republic sur scène, c’est la garantie d’une ambiance du feu de diou. Sapés comme des princes, Adam et sa bande jouent face à un public déchaîné. Au point que les barrières crash, vraisemblablement non scellées, avancent, forçant un agent de sécu à les repousser. Seul… Pendant une heure trente, le groupe évolue sous de superbes lumières (comme quoi, même au Cabaret Sauvage c’est possible!) et toujours plein d’humour.

En introduisant Make love not war – je vous fait grâce de la fin du titre – Adam annonce avoir besoin d’un homme, français. « Quelqu’un qui s’appelle Gaston. Tu t’appelles Gaston? Toi? Non plus… » expliquant ce qu’est un Weekend man: « c’est ce qui te donne la force, plutôt que de boire une bière… d’en boire deux! Ce qui te fais aller au lit à 10h plutôt qu’à 9h »…  Il dédouane son groupe prétendant qu’aucun autre groupe n’écrit aussi lentement que RR. « Mais certaines chansons viennent naturellement. Celle-ci, par exemple, c’est moi qui l’ai écrite… Elle parle de… moi » et c’est parti pour un People say I’m over the top explosif.

Le groupe se fend d’une superbe version acoustique de Addictive, pile dans l’esprit de la soirée: variée, dansante, lumineuse – les éclairs qui entourent la batterie sont du plus bel effet – et surprenante car très crooner et dans l’esprit de Noël. Autre moment fort, alors que Jonas m’avouait en interview (que vous découvrirez la semaine prochaine) que le concert de la veille au Koko de Londres l’avait vu vivre sa pire expérience, il se retrouve plongé dans la même situation: Per lui tend ses baguettes, forçant le bassiste à s’asseoir sur le tabouret, s’empare d’une guitare tandis qu’Adam se saisit de la basse sur je ne sais plus quel titre… Bon, tant pis! C’est significatif de l’état d’esprit du quatuor qui puise on ne sait où cette énergie communicative.

Adam évoque ce moment, vers minuit, lorsque tes doigts ressentent ce besoin de heavy metal… Le public hurle son approbation et le chanteur offre le choix entre Iron Maiden et Metallica. La veille, à Londres, RR a interprété un extrait de Fear of the dark, ce soir, la clameur publique impose les horsemen. Va pour un rapide et efficace Battery, suivi du plus que fédérateur Roxanne de Police avant de conclure avec le méga funky rock Full steam spacemachine sur lequel le public continue de danser.

 

Bien sûr, ce n’est pas fini, Royal Republic revenant pour un gigantesque rappel de 5 (cinq!) titres dont une reprise de X qui sonne comme un message puisqu’il s’agit de I don’t wanna go out. Ben nous non plus, et on en reprendrait bien une dose! Baby vient pourtant mettre un terme à cette soirée simplement gigantesque, cette fête comme on en souhaite plus. Ça, c’est un concert de rock, dans les règles! Quelle soirée, mais quelle soirée!

STEVE’N’SEAGULLS live à Paris (Le Cabaret Sauvage, le 23 novembre 2017)

Très peu de monde attend à l’entrée du Cabaret Sauvage ce soir à 18h. Bon, il est un peu tôt mais moins de 50 personnes, ce n’est guère rassurant quand même… Pourtant, la salle finira bien remplie, sinon bondée comme on a pu la voir. Heureusement, car les amateurs de metal et de bonne humeur le savent: les reprises version country énervé de standards du metal par Steve’n’Seagulls font toujours du bien.

Mr Yéyé a pour mission de chauffer la salle, encore vide à 19h30. N’ayant aucune info concernant ce groupe, la surprise sera d’autant meilleure dès les premières notes. Mr Yéyé n’a rien à voir avec les 60’s… Il s’agit d’un quatuor qui mélange allègrement rock, punk, chanson populaire , reggae, le tout avec une extraordinaire énergie scénique. Se prenant parfois pour un GO d’un club de vacances, le chanteur au look de clodo altermondialiste échappé de la ZAD de ND des Landes fait bouger le public dès que possible. Les 4 revêtent un T-Shirt rouge, dont 3 sont flanqués d’une étoile noire. Celui du chanteur, barbu, est, quant à lui, floqué des mots « femme à barbe »… Bonne humeur garantie sur final Wall of death sur Mr Le Clown! Tout un programme et une jolie découverte à revoir.

Les amateurs du groupe de tête d’affiche le savent: Steve’n’Seagulls passe à la moulinette country certains grands standards du metal, du rock et du hard rock. AC/DC, Iron Maiden, Metallica, Led Zeppelin, ils sont nombreux à avoir cet honneur. Sans nouvel album à présenter, il n’est guère étonnant d’avoir une setlist quasi identique à celle du dernier passage français. Mais ce soir, ce sont 3 titres de moins (pas de Wishmaster, ni de Out in the fields, et pas de morceau original, Fill up the tank, de mémoire).

Comme l’an dernier, la troupe est joyeuse, et le chant est partagé principalement entre Remmel et Herman, de nouveau héros de la soirée. Puikkonen se fend d’un joli et rapide solo de batterie sur Aces High et partage également le chant sur The Pretender.

La surprise du soir, c’est cette attendue reprise d’Antisocial, chanté, en français s’il vous plait, par Pukki, le contrebassiste qui profite de l’espace pour se promener avec son imposant instrument. La bonne humeur est de mise, le public réceptif comme il se doit. D’autant plus lorsque Remmel dédie You shock me all night long, l’un des trois morceaux d’AC/DC, à la mémoire de Malcolm Young.

La suite nous plonge dans les 70’s avec Black dog, puis dans les 90’s via November rain. Remmel propose ensuite un morceau de 1983, acoustique et idéal pour un moshpit. Enter Seek and destroy avec un pont rappelant Enter sandman et un final anarchique. Si ça commence à sentir la fin de concert, il reste encore un Thunderstuck d’une effroyable efficacité.

Le groupe quitte la scène quelques instants pour entamer un rappel composé d’un seul morceau, l’indispensable Born to be wild. Si la soirée a été dans l’ensemble d’excellente facture et très joyeuse, et si le plaisir d’écouter ces reprises est toujours réel, la prestation de ce soir pourrait montrer les limites de Steve n Seagulls. Mêmes costumes, mêmeschansons, même prestation: si la formation ne se renouvelle pas, si elle ne parvient pas à surprendre son public pour le renouveler, et malgré la bonne humeur dégagée, on est en droit de se demander combien de temps elle pourra durer. Les limites sont des barrières qu’il faut repousser, alors, Messieurs…

 

Merci à Veyshow et Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

Pumpkins United: HELLOWEEN live à Paris (Zénith Paris la Villette, le 15 novembre 2017)

Les fans le savent et attendaient cet événement depuis longtemps: le retour de Michael Kiske, le second chanteur mais celui qui a vu la carrière du groupe décoller, et de Kai Hansen, premier chanteur guitariste, dans la famille Helloween. Mieux encore, les deux ex ne prennent la place de personne puisqu’ils viennent compléter le line up composé depuis des lustres par Andi Deris (chant), Mickael Weikath et Sascha Gerstner (guitares), Markus Grosskopf (basse) et Dani Löble (batterie) pour un spectacle à 7 visages. On le sait depuis quelques temps, les chanteurs alterneront entre duo/trio et parties individuelles, pour le plus grand bonheur de tous.

Personne ne sait encore s’il une première partie est prévue. En arrivant sur place, le public découvre un Zénith en petite configuration, et un gigantesque backdrop célébrant cette réunion. Le concert n’est pas complet mais il y a suffisamment de monde pour que la soirée soit chaude. le temps passe, et il est clair que Helloween sera seul ce soir. Pas plus mal avec un concert annoncé de près de 3 heures… Plongée dans le noir à 20h, la salle résonne d’une ovation publique et des premières notes de Halloween. Séparés par la batterie, les deux chanteurs ne tardent pas à utilisée l’avancée de scène, accompagnés de Kai Hansen, où, sans surprise, ils reçoivent une ovation explosive. Les enfants prodigues sont de retour, et la famille se réunit rapidement autour, affichant – ce qui sera une constante – une complicité retrouvée. Les photographes ne savent plus où donner de la tête tant il y a de monde sur scène… Ces mêmes photographes vivent même une petite galère, les consignes données aux agents de sécu changeant d’un agent à l’autre: « vous pouvez rester », « non, la sortie, c’est ici… Ah, ben, en fait, vous pouvez rentrer avec vos pass photos, mais de l’autre côté » « Non, ici, sans billet, vous n’entrez pas… » Bon, les gars, vous avez le choix: gradins ou fosse? » Ce petit intermède nous fait rater 3 chansons, mais, allez, ça fait partie des gentilles galères. Merci, Fabienne de nous avoir fait, finalement, entrer!

 

Les 7 sur scène donnent rapidement l’impression non seulement d’avoir, en vrai pros qu’ils sont, trouvé leur marques, mais aucun des musiciens ne cherchent à s’imposer. L’esprit de groupe, ce soir, a éjecté royalement égos et conflits d’intérêts. Tous affichent une belle complicité et une réelle joie d’être là.

En fond de scène, un écran diffuse des animations de circonstances, citrouilles, Dr Stein et autres créatures, dont le duo de citrouilles déconnantes Seth et Doc qui animent les divers intermèdes du set. Nombreux, d’ailleurs, ces intermèdes cassent un peu le rythme mais avec un show aussi long, les musiciens ont sans doute besoin de souffler et de récupérer au calme.

L’un des moments forts arrive rapidement, Kai Hansen se posant devant son micro pour interpréter, en compagnie de ses anciens compères, 3 titres des débuts de Helloween. Autant dire que le public est aux anges avec ce triptyque composé de Starlight, Ride the sky et Judas (encore un titre d’actualité tellement nos politicards puent à travers le monde), suivis de Heavy metal (is the law). Un grand moment salué comme il le mérite !

Le décor est à la fois sobre (une citrouille découpée et des marches de part et d’autres de la batterie), tandis que les lumières sont remarquables et parfaitement réfléchies pour mettre en valeur tous les musiciens à tour de rôle – ni trop ni trop peu – et chaque chanson bénéficie d’un traitement spécifique. Le moment calme voit Sasha Gerstner accompagner, seul, Deris et Kiske sur les ballades Forever and one et A tale that wasn’t right avant que les hostilités ne reprennent avec le très enjoué et optimiste I can qui précède un superbe solo de batterie. Dani Löble frappe ses fûts quelques minutes avant que l’écran ne projette les images d’une main glissant une VHS dans un magnétoscope. Su la tranche est inscrit « Ingo drum solo ». Ingo Schwichtenberg est, lui aussi, à l’honneur ce soir grâce à ces images d’archives qui deviennent le prétexte d’une bataille de batterie entre Ingo et Dani. Beau, impressionnant et, surtout, émouvant.

Why ? est sujet à un petit moment de flottement lorsque Kai Hansen s’approche de Michael Kiske, vraisemblablement pour lui dire qu’il chante un ton trop bas, ce qui fait rire le chanteur qui se reprend vite avant le retour de Deris pour un Soul survivor d’enfer. C’est le seul titre, d’ailleurs, qui voit ces 2 mots (Soul et Survivor, pour ceux qui ne suivent pas…) projetés en fond de scène…

Juste après Power, Andi Deris se fend d’un petit speach avant d’introduire How many tears chanté à 3 voix. Sur les côtés de la scène, je remarque les secouristes qui s’affairent, tentant apparemment d’extraire un slammer mal tombé. Il y en a peu, ce soir, et les agents de sécurité sont gênes par la disposition de la scène…Les choses semblent bien se terminer. Reste que How many tears ressemble à s’y méprendre à un final. Mais non, c’est trop tôt… Pourtant, non, Helloween quitte la scène et revient pour un premier rappel.

C’est Kiske qui s’y colle pour un Eagle fly free bienvenu, suivi d’une joli « accusation » : « ce morceau dure 15’… C’est Michael Weikath qui en est coupable » introduisant l’intégrale de Keeper of the seven keys. Un vrai grand moment de concert durant lequel le chant est partagé judicieusement. Et c’est fini… Jusqu’au retour du susmentionné Weiki qui se fend d’un joli solo et, ce qui n’apparaît pas sur les concert précédent, un bel extrait de Blue suede shoes. Enfin, final dantesque, Future world est explosif, autant que le public sur I want out, message à peine nécessaire après près de 3 heures d’un show qui se conclue avec des cotillons et confettis.

Ce soir, Helloween était au mieux de sa forme. Dommage que le public ne fut pas plus nombreux, mais c’est ainsi. Les présents ont passé rien moins qu’une des meilleurs soirées de l’année. Ni plus, ni moins. Superbe !

 

Merci à GDP, Olivier Garnie, Fabienne et Roger Wessier d’avoir rendu ce report possible.

TRUST live à Paris: le Bataclan, 8 octobre 2017

Pour son troisième concert de la série depuis longtemps annoncée de 5, Trust investit le Bataclan. La devanture annonce Trouble en première partie. Nom sympathique, voire prometteur qui, instantanément, m’évoque Deep Purple…

Un peu avant 19h30, Trust et son équipe montent sur scène. Bernie demande, simplement et sobrement au public encore peu nombreux de prendre la main de son voisin. « Nous allons faire une minute de silence à la mémoire de ceux qui sont tombés ici ».  Une minute naturellement respectée, puis applaudie. Sur un des retours, une bougie blanche est d’ailleurs allumée, et le restera tout au long du concert.

A 19h30, Trouble monte sur scène. Deux femmes aux basse et guitares, un gars, aux claviers. Et non… Le trio n’a rien de commun avec la légende mentionnée plus haut. Le groupe bruxellois nous propose un set new/cold wave, électro étrange mais poliment accueilli. La chanteuse communique aisément avec le public, et se met parfois à danser sans que l’on ne comprenne vraiment sur quel rythme…. Un truc dans sa tête qui fait effet, mais qui ne me touche pas du tout. A part le final de Revolution, son dernier morceau, Trouble n’est pas dangereux, et n’est pas mon truc. Passons.

Certains critiquent ce que Trust est devenu sur la base d’une prestation en demi teinte, sans superbe, au Hellfest, et d’un récent live quelque peu bousculé sur les réseaux sociaux… C’est la troisième fois que je vois Trust cette année et laissez moi simplement écrire ceci: si Trust n’est certes plus le grand groupe destructeur et dangereux qu’il fut naguère, celui des années 80, il a le mérite de ne pas proposer deux fois le même show, setlist mise à part. A Blois, Bernie était plus rappeur que rocker, enragé et engagé. Au Hellfest, étrangement réservé, sans doute parce que le show était enregistré et le temps limité. Ce soir, il est enjoué, dynamique et simplement en grande forme même si le vocaliste est plus… « raisonnable » dans sa relation avec le public, multi-générationnel mais surtout composé de sexagénaires venus saluer le mythe. Un détail me tracasse tout de même: là où, dans les années 80, Trust avait pour décor de scène un bulldozer, « symbole d’une jeunesse qui refuse vos magouilles politiques », le décor est aujourd’hui composés de chiens en peluche et d’une lampe de salon… Trust serait-il devenu un groupe pantouflard? C’était la blague que je ne pouvais rater, car, non, la tournée interminable et la pêche des frères ennemis Nono et Bernie tendent à prouver le contraire.

Mélangeant classiques (Préfabriqués, Au nom de la race, Marche ou crève, Fatalité et un plus que bienvenu Comme un damné ainsi que Certitude… solitude et l’indispensable Antisocial) à des titres plus récents (La mort rôde, Le temps efface tout) ou ceux que nous découvrirons sur le futur album (dont la sortie est désormais prévue – pourquoi? L’album est prêt – début 2018) et qui semblent prometteur d’un Trust très en forme. Il y a certes L’archange, presque un classique, qui ouvre chaque concert de ce Au nom de la rage tour, mais également le très groovy Démocrassie, ou un Exterminateur introduit par un joli discours de Bernie: « une chose est sure: nous sommes passés du stade de prédateurs à celui d’exterminateur. Ce morceau est dédié à tous les électeurs de Macron ». Euh, Bernie… Tu aurais préféré qu’on vote pour Marine? Ah, sans doute faisais-tu référence au premier tour !

En dehors de cela, il n’y a guère de saillie, Bernie est moins tranchant, moins vindicatifs que lors du concert de Blois, par exemple. L’humour est de rigueur, Bernie chariant son groupe lors de la présentation des musiciens: David Jacob, bassiste a pieds nus: « c’est ça, les bassistes, ça s’achète des instruments mais ça ne peux plus s’habiller », Christian Dupuy, le batteur: « on a adopté un enfant » (Nono avait parlé, à Blois, d’adoption de bébé), et Nono n’échappe pas à la règle, tout de blanc vêtu… La forme est là, cependant, et je ne formule qu’un regret: au regard de ce qui fut joué les deux jours précédents, la setlist ne bouge que peu. Deux-trois titres diffèrent alors que Trust aurait pu, comme l’a fait ADX lors du PMFF a chacun de ses 3 concerts en janvier dernier, proposer un tracklisting différent. D’autant plus pour ceux des fans ayant acheté les pass 5 jours proposés… On aurait bien voulu entendre des morceaux différents du reste de la tournée. L’élite est régulièrement joué, mais quid de Bosser 8 heures, Dialogue de sourds, Mr Comédie, Les sectes, Le mitard,  Paris, I shall return (plutôt que Surveille ton look). Et quid du tant décrié 4ème album? Par compromission, Idéal, Varsovie, Purgatoire? Ce disque ne mérite pas d’être oublié, mais bien redécouvert tant il recèle de pépites… Dommage, l’occasion aurait été vraiment belle d’enregistrer ces 5 concerts pour en faire un vrai document historique, complémentaire du Live Hellfest récent.

N’empêche, cela semble un choix de plus en plus judicieux que celui de faire le pari de salles de taille moyenne. La proximité avec le public est réelle, Bernie fustigeant ce soir ceux au balcon qui restent assis. « Et vous, là haut, levez vous! On est tous debout ici, c’est un concert de rock! » Trust est sans doute le groupe français qui aura, en 2017, joué – Hellfest mis à part – devant le plus grand nombre de spectateurs. Et personne ne semble pouvoir les concurrencer sur le nombre de salles visitées. Trust est en forme et ça fait plaisir à voir. Vivement le prochain album – et une autre tournée?

Ah, dernière chose: Bernie fut prompt à Blois – et sans doute ailleurs – à demander au public de regarder le concert avec ses yeux plutôt qu’à travers un téléphone. Ce soir, rien. Lassé de se répéter, le gaillard? ça ne rate pourtant pas, l’effet Antisocial, c’est ça :

La prochaine fois, tu veux rester tranquille avec tes fans, Trust? Commence avec Antisocial, ensuite on sera entre nous!

Merci à Sabrina et Veryshow d’avoir rendu ce report possible.

AIRBOURNE Live à Paris (Olympia, le 10 octobre 2017)

 

Airbourne et la France, c’est vraiment une belle histoire qui dure. En ce 10 octobre, ce n’est qu’en arrivant à l’Olympia que l’on découvre qui est en première partie. Il s’agit de Desecrator, que l’on va bientôt découvrir.

Le dernier passage d’Airbourne à Paris, au Trianon, fin 2016, avait laissé quelques spectateurs sur leur faim. Le groupe des frères O’Keefe jouera-t-il ce soir plus d’1h30? C’est peu probable au regard de ‘énergie dégagée par Joel, mais on peut l’espérer, non? Et y aura-il quelques surprises? La réponse à cette dernière question est « oui », mais pas forcément celles auxquelles ont pourrait s’attendre…

C’est désormais une habitude, juste avant que les lumières ne s’éteignent, une annonce est diffusée dans la salle rappelant l’interdiction de filmer ou photographier le spectacle… Tu parles! Passons. A 20h, Desecrator investit la scène. Le quatuor vient également d’Australie, s’est déjà produit à Paris en 2015 et propose un heavy thrash d’excellente facture. 45′ durant, le groupe prouve connaitre son affaire, scéniquement autant que musicalement.

Étonnamment, les photographes sont absents du pit, et s’impatientent sur le côté de la scène. Caprice de première partie? Ha, ha! non, un raté rattrapé en fin de set, ce qui, finalement, permet de capter des musiciens chauds et transpirant qui, en plus de leur chansons nous offrent de jolies reprises avec Born to be wild (Steppenwolf) et, improvisée en fin de set semble-t-il, Am I evil? (Diamond Head). Une belle prestation et une mise en bouche énergique.

 

Le public est tout acquis à la cause Airbourne et le fait savoir dès le retour des lumières, chantant des Oh oh oh oh! à n’en plus finir. Et lorsque retenti la musique de Terminator 2 et ses lumières rouges balayant la scène, on sait que le gang des frangins O’Keefe arrive. Comme toujours désormais, c’est Ready to rock qui ouvre le feu. Le public saute tant et si bien que le plancher de la salle se transforme en trampoline!

Comme toujours, Joel est au taquet et attire à lui seul tous les regards. Comme toujours, ses comparses se partagent la scène dans une incontestable complicité mais on ne les voit guère. Comme toujours, aussi, la setlist est bourrée de classiques. Mais pas que, puisqu’elle varie au fil des tournées proposant ce soir I’m going to hell for this ou Bottom of the well. Alors oui, on pourra dire que ça fait beaucoup de « comme toujours » mais c’est une réalité: on a vu Airbourne une fois, on sait à quoi s’attendre… C’est sans doute ce manque de spectacle et de surprises qui condamne le groupe à jouer dans des salles de 1500 places… Mais on en profite à fond et Joel, à la voix cassée en fin de concert, sait comment séduire le public.

Une vague de briquets s’allume sur le break de Bottom of the well, un solo bluesy en intro de All for rock n roll, un jet de bières dans le public, non pas en canettes mais en gobelets !, précède le désormais traditionnel gimmick « je m’explose une canette sur la tête »… La fin du show lui donne l’opportunité, sur Raise the flag, de s’emparer du drapeau fait par des fans.  Joel en profite d’ailleurs pour se laisser ensorceler, ne parvenant plus à se saisir de son médiator sur le break de Running wild avant de repartir de plus belle pour un final en beauté. Comme toujours, même si on n’a pas de grosse surprise, Airbourne nous a permis de passer une très belle soirée, pleine de rock et de fun. On attend maintenant la sortir du live promis l’en dernier!

La vraie mauvaise surprise attend le public à la sortie de la salle, barrée par la police: des vols de portables ont eu lieu et tout le monde est fouillé, exception faite de ceux du public sortis par les issues de secours… Un joyeux bordel qui aura, espérons le, permis de mettre la main sur le ou les voleurs. C’est pas pour ça qu’on assiste à un concert…

Merci à Olivier Garnier, Roger Wessier et Live Nation

 

ZZ TOP live à Paris (le Zénith, le 11 juillet 2017)

Tous les deux ans, ZZ Top fait halte à Paris. Et tous les deux ans, c’est la même chose: ceux qui ne sont pas encore en congés viennent joyeusement prendre leur dose de blues rock à la sauce texane. Le Zénith est loin d’afficher complet (ce n’est pas la meilleure période pour les concerts…) et les quelques 3500 spectateurs circulent aisément au sein de ce Zénith en petite configuration. L’ambiance n’es est pas moins chaleureuse.

red Devils

En guise de première partie, ZZ Top a retenu les Red Devils, groupe californien de blues qui a décidé de revenir. Côté marketing, le groupe propose des T-shirts estampilllés « the return of the REd Devils ». il n’est pas aisé de trouver des infos concernant le groupe tant le nom est usité (équipes de foot, de supporters et autres…) mais la formation a sorti quelques albums avant de disparaître au cours des années 90.

red Devils

Ce retour doit donc les remettre sur les rails. Dès les premières notes, on sait à qui on a à faire: les Blues Brothers sont passés par là.  C’est sympa, mais les gaillards peinent à convaincre. Il manque un brin d’énergie et de folie pour que le public reste en nombre, ce qui n’est que moyennement le cas ce soir.

Red Devils

ZZ TOP

Il est 9 heures et le public commence à s’impatienter. Enfin les lumières s’éteignent, Franck Beard prenant place derrière ses fûts, allumant au passage une cigarette. j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça… La batterie ne change pas, comme d’autres choses, d’ailleurs. La scène quant à elle est sobre, sans fioriture autre que les amplis vert placés de part et d’autre de la batterie. Le concert démarre avec le trio Got me under pressure, Waitin’ for the bus et Jesus just left Chicago. C’est marrant, j’ai une nouvelle impression de déjà vu…

ZZ TOP

Allez, commençons par ça: la setlist est à deux ou trois titres près la même que celle de 2013 et 2015. Pire, les morceaux sont joués dans le même ordre ou presque (seules Pincushion et I’m bad, I’m nationwide, puis My head’s in Mississippi et la reprise Catfish blues sont inversées). 16 titres identiques sur 19 morceaux, ZZ Top prend peu de risque. Bon, d’accord, ils ne peuvent faire l’impasse sur nombre de classiques et le public attend les grands hits. Cependant, on peut regretter que les reprises ne changent pas: encore Foxy lady (Jimi Hendrix) et le sus mentionné Catfish blues (Robert Petway), mais on appréciera aussi la reprise de 16 tons (Tennessee Ernie Ford) et Act naturally (Buck Owens) sur lequel Elwood Francis vient jouer de la steel guitar assis sur une caisse, et enfin le Jailhouse rock (Elvis Presley) en guise de second rappel.

ZZ TOP

Pour le reste, ZZ Top connait parfaitement son affaire, et l’on sait aussi à quoi s’attendre: des pauses, Billy Gibbons et Dusty Hill connaissent par cœur. Se déplacer en glissant sur scène, tranquillement, aussi. Et si Gibbons n’est pas au mieux de sa forme vocalement (il donne parfois l’impression de tirer sur la corde), le son est limpide.

ZZ TOP

En revanche, si la musique opère naturellement – ça reste irrésistible, malgré tout – Gibbons se met le public dans la poche en lui adressant quelques mots de français aussi simples que « Yes, Merci! » ou un « C’est chouette! » après un solo dont il a le secret. Pas super bavard pour autant, mais le public est séduit. Ce qui compte, après tout, c’est d’en prendre plein les oreilles, et de ce côté, si elle ne présente guère de surprise, la setlist est imparable. En somme, ZZ Top nous a prouvé une fois encore qu’un bon concert, c’est avant tout de bonnes chansons interprétées avec coeur et qu’il n’est nul besoin de fioritures pour faire effet. une belle soirée, en somme qui se termine par les habituels La grange et Tush, complété du sus-mentionné Jailhouse rock d’un certain Elvis. On se retrouve dans deux ans?

ZZ TOP

Flogging Molly live à Paris (le Bataclan, 4 juillet 2017) – avec Celkilt

Ce concert de Flogging Molly est quelque peu particulier puisque je n’ai pas encore eu l’opportunité de remettre les pieds au Bataclan depuis sa réouverture. Sensation étrange, mais y retourner pour voir un groupe dont le dernier album s’intitule Life is good a tout du symbole positif, non? Flogging Molly ne nous est pas inconnu puisque le dit album a été chroniqué ici même, et surtout apprécié. Et cette soirée va rapidement se transformer en révélation.

Première partie annoncée tardivement, les français de Celkilt arrivent alors que le Bataclan est encore assez vide. La configuration du groupe est en elle-même intéressante: une violoniste, un barbu amateur de cornemuse et de flûte, un guitariste chanteur, un bassiste et un batteur, tous ayant revêtu un kilt (d’où la question: Quel kilt?… Bon, svp,pas de mauvais jeux de mots avec la prononciation anglaise du patronyme… ). Quelques renseignements pris, il semble que le groupe soit le vainqueur d’un télé-crochet. Cependant, je ne le sais pas au moment où Celkilt se produit devant un public peu nombreux (la salle sera plus que correctement remplie en fin de set), mais un public qui semble bien connaitre. C’est joyeux, le chanteur, jovial, le bassiste, entraînant, et la violoniste, charmante, apportent une belle énergie à ce set. Le viking à la cornemuse en impose, simplement.

En gros, si la case télé crochet peut être un marche pied ou un handicap selon ce qu’en fait le groupe, ce soir, nous avons à faire à une formation professionnelle qui ne met pas cette expérience en avant. Beaucoup de communication, de fun et, côté chanteur, la preuve de la légende des porteurs de kilt… Initialement, la formation devait jouer 30′, mais dépasse largement ce temps de jeu avec un set de 45′. Sans difficulté apparente, et avec beaucoup de plaisir.

Le changement de plateau se fait rapidement, et lorsque les lumières s’éteignent, ce sont quelques 750  personnes qui accueillent Flogging Molly. Les Américains ont une solide fan-base, pas assez importante au vu de ce qui nous attends, cependant. Dès le premier morceau, John L. Sullivan, le ton est donné: rock’n’roll! La guitare du chanteur Dave King fait des siennes, mais peu importe! Un roadie lui en apporte une autre et c’est parti comme si de rien n’était! Et clairement, tous les membres semblent simplement heureux d’être là. Dave King, très bavard, présent bientôt quelques personnes tranquillement placées au balcon à qui il décoche rapidement, avec le sourire, un joli doigt, avant de saluer, de l’autre côté, un monsieur à qui il souhaite dédier la chanson suivante. « Cette chanson s’appelle Selfish man« !

L’ambiance est fun et bon enfant, au point que King balance à plusieurs reprises des canettes de Guiness dans le public. « It’s Guiness time » annonce-t-il, demandant plus de canettes, félicitant un spectateur de ce superbe rattrapage… « Je sais que vous tous, en France, êtes de bons catholiques, comme en Irlande… » annonce avec humour Saints and sinners. King, cependant, semble vouloir complimenter tout le monde, sa merveilleuse épouse, la violoniste Bridget Regan, membre le plus réservé du groupe, et salue régulièrement les Français, qui sont passés par de très dures épreuves. Merci, Monsieur King, mais d’autres peuples aussi ont souffert, de la terreur ou autre. Reste qu’en ce lieu, ça a une résonace particulière, d’autant plus lorsqu’il dédie, sur fond de lumières bleu-blanc-rouge, World alive aux victimes des attentats de Paris de 2015.

Cependant, malgré ces instants plus graves, rien ne semble pouvoir assombrir la joie de vivre qui émane de ce concert! Pas un moment faible, des éclairages et un son au top, une ambiance extra-ordinaire… Une soirée simplement superbe qui fut, pour moi, le meilleur medium pour revenir au Bataclan. Flogging Molly entre dans cette catégorie de groupes que je retournerai voir live dès que possible, et pas seul de préférence. Une expérience à partager!

Merci à Roger Wessier et Live Nation d’avoir rendu ce report possible