C’est un Trianon quelque peu vide qui accueille ce soir Duff McKagan. La faute sans doute à un manque de communication dont le résultat est une salle correctement remplie mais sans plus. Le second balcon est d’ailleurs fermé ce soir. Mais le public présent a bien fait de venir car, au delà de célébrer le dernier album solo du bassiste de Guns n’ Roses, il découvre un groupe plus que prometteur.
JAMES AND THE COLD GUN
James and the Cold Gun (hasard du nom pour qui ouvre pour le bassiste des Guns?) est chargé de chauffer le public. On découvre un groupe rock direct, simple et sans fioriture, visiblement heureux d’être là. Très à l’aise, le chanteur communique beaucoup avec le public, l’informant qu’il s’agit ce soir de la toute première halte française du groupe originaire du Pays de Galles, encourageant la petite foule à hurler pour Duff McKagan…
JAMES AND THE COLD GUN
Pendant une demi heure, les deux James – Joseph et Biss, mais lequel chante reste un mystère… – et leur comparses délivrent un set carré et efficace à un public réceptif. Une bonne dose d’humour et d’autodérision (le chanteur parle de son français – « certains étaient ici pour le soundcheck? J’ai tenté quelques mots de français mais je me suis complètement planté! » – et préfère tendre le micro à son batteur avant de conclure avec une nouvelle salve d’encouragement pour la tête d’affiche. Une bien jolie découverte, en somme.
JAMES AND THE COLD GUN
C’est avec une dizaine de minutes d’avance que Duff McKagan et sa troupe investissent la scène du Trianon. Costume trois pièces, caché derrière ses lunettes de soleil, armé d’une guitare acoustique, Duff nous propose ce soir un concert qui se divise en deux parties distinctes: une soft et folk l’autre, plus courte, plus foncièrement rock.
DUFF McKAGAN
Le concert débute sous le signe de la tendresse aux accents country (Forgiveness) et folk dylanien (Chip away, This is the song). Le gunner fait honneur à son dernier album solo en date (Lighthouse) avec pas moins de 10 titres interprétés mais n’oublie pas Tenderness (5 extraits).
DUFF McKAGAN
Duff est, lui aussi, en forme et de bonne humeur. Il tombe les lunettes après I saw God on 10th street avant d’expliquer au public que « My français is pretty bad » et remarque que, ce soir, il y a de très nombreux jeunes dans le public. Et sans crier gare, voici qu’un tout jeune garçon monte sur scène sous le regard étonné du chanteur… qui fini par présenter Auguste au public.
DUFF McKAGAN
Le concert alterne ensuite entre titres plus rock (la reprise des Stooges, I wanna be your dog) et folk et, après I just don’t know, est interpellé par quelqu’un qui, du balcon, lui demande un médiator… que le chanteur lui envoie à 2 reprises… en ratant son coup. Des instants simples et funs qui caractérise ce concert familial et jovial. Au moment de changer de guitare, il explique oublier les mots des chansons, précisant que « ceux qui chantent avec moi doivent se poser des questions« … avant de demander le prénom de tel ou tel jeune qu’il repère dans le public. « Emilie? Oh, Emily in Paris! Je ne regarde jamais cette série, en plus, pourquoi je dis ça?«
DUFF McKAGAN
« Ce soir, c’est une soirée particulière puisque Lighthouse est sorti il y a tout juste un an! Je ne le savais pas jusqu’il y a 25 minutes. » Oui, tu parles, mais tu sais aussi séduire le public et le mettre dans ta poche. Il fait ensuite une déclaration d’amour à son épouse avant de s’emparer d’une guitare électrique qui marque un tournant plus rock de la soirée.
DUFF McKAGAN
Just another shakedown remue le public qui saute avec l’incontournable I fought the law rendu incontournable par The Clash et You’re crazy, seul – et judicieuse – reprise de GNR avant un retour au calme qui voit Duff, enfin, tomber la veste.
DUFF McKAGAN
Lighthouse annonce l’approche de la fin du concert, et le gaillard parvient à continuer de captiver le public par son attitude simple, bienveillante et chaleureuse. Public qu’il invite à reprendre une partie du refrain, des « shine » émouvants à l’envi. On se délecte naturellement de la reprise de Heroes de David Bowie, un chanteur souvent évoqué par le le timbre de Duff ce soir, avant que Don’t look behind you ne vienne, comme sur de nombreuse dates précédentes, clore le concert.
DUFF McKAGAN
Clore? Est-ce l’accueil du public ou l’anniversaire de la sortie de l’album qui incite Duff McKagan et ses musiciens à revenir sur scène le temps d’un Falling down? Peu importe, le groupe nous gratifie d’un rappel venant mettre un terme définitif à cette superbe soirée, douce, tendre et simple. des concerts comme on n’en vit que trop peu.
DUFF McKAGAN
Merci à Olivier Garnier et Live Nation d’avoir rendu ce report possible.
Mine de rien, depuis quelques années, Blackberry Smoke développe une véritable histoire d’amour avec Paris. A une exception près, à chacun de leurs passages, les Américains investissent – et remplissent – une salle plus grande: Nouveau Casino, Alhambra, Trabendo, Maroquinerie, Cabaret Savage, Bataclan et aujourd’hui l’Olympia… Tout ça en dix ans à peine. On ne peut qu’admirer cette ascension qui, si elle n’est pas fulgurante, stabilise le BS dans le paysage musical des Français amateurs de rock.
Bones Owens, Paris, Olympia, le 28 septembre 2024
Ce soir, contrairement à ce qu’annonce l’affiche, c’est Bones Owens qui a, en lieu et place de The Steel Woods, la charge d’ouvrir et de chauffer la salle. Pendant 45′, le trio propose un rock teinté de cette chaleur sudiste, à la fois rassurante et moite. Il n’y a guère de fioriture ici, et le public dont une grande partie semblé découvrir Bones Owens, le fait savoir en clamant sa satisfaction.
Bones Owens @Paris,L’Olympia
Avec son look improbable, le chanteur guitariste, sorte d’anguille dandy dégingandée, semble concentré mais parvient rapidement à séduire la foule en développant un réel capital sympathie. La communication est aisée, le gaillard clamant sa satisfaction de jouer dans une salle salle aussi mythique que cet Olympia qui a vu tant de grands passer.
Bones Owens @Paris,L’Olympia
Sous ses faux airs de rock sudiste, Bones Owens propose un rock également teinté de country, de blue grass et sonne même parfois comme un Rival Sons en version plus roots. Le résultat est simplement vivant et entrainant comme on aime.
Bones Owens @Paris,L’Olympia
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia
C’est à 21h15 que la salle est de nouveau plongée dans le noir. Heureusement, car la foule s’impatiente depuis un bon quart d’heure. Blackberry Smoke investit donc cette scène déjà tout à sa cause acquise, Charlie Starr arrivant en dernier dans une veste verte à fleurs d’un goût que certains pourraient qualifier de… oui, « douteux ». Ses sourires semblent indiquer qu’il le sait et n’en a cure lorsque le groupe attaque Workin’ for a workin’ man. Et le plancher de l’Olympia se transforme une nouvelle fois en trampoline tant le public saute.
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia
Si Starr est sautillant et de très bonne humeur, hormis Paul Jackson également très heureux d’être là, les autres musiciens du groupe semblent rester cantonnés dans leur espace, ne bougeant que peu. C’est d’autant plus dommage que ce sera le cas tout au long du concert. Mais là encore le dicton résume très bien les choses: let the music do the talking. Et la force des Georgiens est de ne jamais proposer deux fois d’affilée la même setlist.
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia
Le set de ce soir est principalement axé autour du dernier album, Be right here et de l’autre incontournable, The Whippoorwill, chacun se voyant représenté par 5 titres. Etonnamment, avec un seul extrait, You hear Georgia, le précédent album, est presque relégué aux oubliettes…
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia
Pendant que le public se dandine au fil des titres, on admire le gigantesque backdrop – un superbe paillon qui évoque Le silence des agneaux – dont les couleurs varient au gré des éclairages. Charlie Starr a tombé la veste depuis longtemps et s’adresse régulièrement au public, évoquant souvenirs et anecdotes.
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia
Les classiques défilent à belle allure, et même si on peu regretter certaines absences jouer sur d’autres concerts (comme Six ways til sunday) on ne peut que vibrer à l’écoute des Pretty little lie, Rock n roll again, Let it burn ou autre One horse town tout autant qu’applaudir la venue de Spencer Jackson sur le dernier rappel (Pearls) avant que le groupe ne quitte définitivement la scène sur le traditionnel Ain’t much left of me.
Blackberry Smoke @Paris,L’Olympia
Ce soir, c’est un public ravi qui quitte l’Olympia, et, même si on peut regretter le manque de dynamisme des musiciens, oui, la musique a parlé. Un grand concert qui vient réchauffer l’atmosphère.
Merci à AEG Presents France d’avoir rendu ce live report possible.
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
C’est dans le cadre de la mini tournée itinérante Triple Metal Storm (vraiment mini avec une date la veille à Paris!) qu’Asylum Pyre fait enfin halte à Orléans. Quel autre lieu que le très convivial Dropkick Bar pour accueillir des formations toujours prometteuses? Si l’affiche de ce soir est alléchante – sont également au programme les locaux de Chaos Rules et Parallel Minds – des obligations m’empêcheront d’assister à l’intégralité du concert. Alors, égoïstement, heureusement que Asylum Pyre passe en premier…
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
Après une rapide interview – compliquée (avec les balances en bas, pas forcément évident que je puisse tout retranscrire) – je reviens place du Châtelet pour le concert mais tourne tant pour trouver une place que je rate le premier titre, l’intro Lullaby for the clairvoyants suivi de One day (les deux morceaux d’ouverture de leur précédent album, N°4). Si les gens ont décidé de sortir ce soir, on circule assez facilement dans la salle investie par un peu moins de 100 personnes et le groupe est visiblement en forme.
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
Tellement, d’ailleurs, que rapidement la petite foule se met à trépigner et danser. Si le second guitariste, Pierre Emmanuel Pélisson, est absent, il est remplacé avec brio par Clément Botz, chanteur et guitariste au sein de Attractive Chaos. Il se donne tant qu’on le croirait membre permanent d’AP.
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
Au-delà d’être en forme, le groupe est totalement complice, et l’on sent que la bonne humeur règne à tous les étages. Même quand un incident vient couper l’alimentation de je ne sais quel appareil de Johan (Cadot, guitare et chant), Oxy Hart (AKA Ombeline Duprat, la chanteuse) vient le taquiner en attendant que le jus revienne.
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
La setlist est quant à elle entièrement axée sur les deux derniers albums en date (N°4, donc, et Call me inhuman, deux indispensables du genre). Les titres enjoués ne cèdent la place qu’à des morceaux de bravoure et hymnes que le public reprend avec cœur et en choeur. les Lady Ivy, There I could die, Fighters côtoient les zombiesques Cemetery road ou les imparables Sex, drugs and scars et Virtual guns qui vient clore un concert d’un peu plus de 45′ dans une superbe ambiance, une partie du public venant même chanter au micro d’Ombeline.
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
Asylum Pyre fait incontestablement partie de ces groupes à qui il ne manque qu’un coup de pouce du sort pour exploser. Pro, festif et joyeux, ce concert a montré une formation au meilleur de sa forme. Un très beau début de soirée que je dois malheureusement interrompre ici, mais un groupe à revoir d’urgence!
Asylum Pyre au Dropkick bar (Orléans), le 27 septembre 2024
« Le monde a changé… » Les mots qui introduisent le premier volet du Seigneur des anneaux sont ici adaptés. Parce le Hellfest, aussi, a changé et change. D’année en année, le plus grand festival français de musiques extrêmes poursuit sa transformation et le monstre mue et évolue. Les changements sur le site, s’ils se font moins notables sont pour autant tout aussi remarquables. pour le plaisir des yeux et des oreilles, Metal-Eyes a sillonné le site de long en large, de fond en comble. En 4 jours, ce sont plus de 80 km parcourus, une paire de baskets HS, quelques 36 concerts couverts – avec, pour je crois la première fois depuis longtemps, toutes les scènes visitées, avec notamment un record pour la Warzone – trois saisons vécues en l’espace de ces 4 journées, des averses de dingue mais pas assez longues cependant pour que le site ne se transforme en terrain boueux. Et surtout, des rencontres, des retrouvailles, des découvertes à gogo. Un Hellfest intense et usant, mais c’est aussi ça! Comme il est impossible de tout relater ici, je vous invite à m’accompagner dans mes humbles souvenirs de ce dernier week-end en enfer!
The Sanctuary by night
Commençons cependant, comme il se doit, par les sources d’insatisfaction… Bien que l’orga ait annoncé une fréquentations de 240.000 festivaliers, on a bien souvent l’impression de côtoyer plus de 70.000 personnes par jour. Il n’y a pas qu’à simplement rajouter les invités, les médias ou les bénévoles, mais bien, semble-t-il, du public. En plus de ça, le journal régional s’en fera le relais, entre les files d’attentes pour aller se soulager la vessie – le Hellfest avait déjà bien travaillé le sujet, mais cette année, force est de constater, les longues files d’attentes en témoignent, qu’il y a eu un cruel manque de WC – et le fait de ne plus se voir proposer de « petits » formats de boissons – on oublie les 25cl au profit unique des pintes – une relation de cause à effet? – joue sans doute en ce sens. On notera également une sorte d’aspect plus « touristique » de la population. Certains pouvaient, à tort, reprocher, il y a quelques années au Hellfest d’être une sorte de Disneyland metal, on ne peut que constater qu’aujourd’hui on s’en rapproche de plus en plus, même dans un esprit post apocalyptique. Même si l’arrivée annoncée de la Gardienne des ténèbres, gigantesque création des machines de Nantes attire les regards, on ne peut que constater – déplorer diraient certains – le côté too much du Hellfest cuvée 2024, d’autant plus avec les annonces faites par Ben Barbaud à la fin du week end – Muse ou Coldplay pourraient y avoir leur place. Que le Hellfest soit plus populaire est une bonne chose, mais on a parfois l’impression que l’esprit originel de défenseur des musiques extrêmes a cédé le pas au profit du dieu marketing et/ou capital. Le Hellfest est devenu une marque commerciale à part entière, soit, mais lorsqu’elle se décline autant – pas un supermarché qui ne propose des dizaines de produits dérivés, principalement des boissons, de la bière au whisky, mais également des jeux, des aromates épicés… – on peut se demander où est passé l’esprit aventurier des débuts. La rançon du succès passe sans doute également par là.
Parmis les satisfactions, il y a ce constat que, enfin, Altar et MS1 ne jouent pas en même temps, ce qui permet une meilleure écoute. Logiquement, l’alternance se fait en respectant un rythme MS1/Temple et MS2/Altar tant que cela est possible, à savoir en journée. Egalement, les nombreux points d’eau sont facilement accessibles et permettent donc de s’hydrater comme il le faut.
Lemmy veille. Toujours.
Il n’empêche, la machine Hellfest propose une affiche variée qui, même si elle m’emballe moins cette année, a de quoi séduire tous les publics amateurs de musiques amplifiées, du plus mainstream au plus spécialiste .
Jeudi 27 juin
Le Hellfest commence désormais tranquillement le le jeudi après midi. Les portes ouvrant vers 14h, je fais tranquillement la route depuis Orléans pour trouver place au parking et récupérer sans pression mon accréditation. Le temps de dire un rapide bonjour aux quelques copains déjà présents, je file assister au premier concerts. Un coup d’oeil au Sanctuaire, l’espace merch officiel du Hellfest m’incite à ne pas prendre place dans le queue – il y en a déjà pour trois heures d’attente, alors qu’on circule très facilement du côté des espaces merch des artistes. Bien que The Sanctuary soit une superbe initiative, il semble nécessaire de repenser cet antre afin de fluidifier la circulation du public et faciliter ses achats. Sans doute peut-on imaginer un second temple?
Maintenant, les concerts. Sur la Mainstage 1, on a pu se défouler avec Slaughter To Prevail qui a démonté le public témoin d’exactions sans pareil. Quoique… Kerry King et sa troupe ont expliqué à l’ensemble du public n’en avoir rien à faire d’une retraite et revient aux affaires avec force conviction. Brutal et direct, le show de « l’ex »-Slayer a mis tout le monde d’accord. C’est peu dire que le gang ait mis le feu tant la pyro était de mise. Impressionnant retour!
Kerry King @HELLFEST 2024
Megadeth a aussi su se placer en maître incontesté du thrash classieux, mais, ayant vu la nouvelle formation de maître Dave Mustaine une semaine à peine plus tôt, j’ai préféré aller assister à un autre concert (ce que je ferai également pour Extreme et Tom Morello pour les mêmes raisons).
Du côté des tentes, malgré un propos musical explosif, j’ai trouvé Immolation très concentré et attentif à son sujet. Seuls quelques instants se sont révélés plus fulgurants pour un concert que d’aucuns pourraient qualifier de sobre.
Immolation @ HELLFEST 2024
Ce ne fut pas le cas des Mexicains de Brujeria qui, visiblement très attendus, ont donné une prestation des plus explosives d’un death grind aux relents simplement brutaux.
Brujeria @HELLFEST 2024
Il en est allé de même avec les très attendus Japonais de Crystal Lake qui ont proposé leur metalcore à un public des plus denses venu en nombre envahir la warzone. Circle pits et slams de rigueur ont émaillé ce concert haut en couleurs.
Crystal Lake @HELLFEST 2024
J’ai, cette année, quelque peu déserté la Mainstage 2. Une programmation attirante sur d’autres scènes explique en partie cette désaffection, mais un « détail » m’a quelque peu convaincu de m’en éloigner: désormais, la scène se situe à plus de 3m de hauteur et y faire des photos s’avère peu intéressant. Des bustes, des instruments coupés, une distance et un éloignement peu propice au plaisir de l’image. J’ai ainsi renoncé à assister aux concerts de Savage Lands – pourtant à découvrir – de Steel Panther – on sait à quoi s’attendre – Rhapsody Of Fire, malmsteen, Accept, Bruce Dickinson, Saxon, Frank Carter ou encore Corey Taylor. Mais les concerts auxquels j’ai pu assister, sinon photographier, valaient le détour.
A commencer par Landmvrks qui, même si je ne suis pas sensible à la musique, a simplement tout démonté et retourné le public avec une prestation explosive de bout en bout. C’est simple: la sécu a vraiment commencé à travailler avec Landmvrks qui a vu une nuée de crowd surfers se diriger vers la scène.
Landmvrks @HELLFEST 2024
Dropckick Murphys ne fut pas en reste, le rock punkisant et festif des Américains étant naturellement taillé pour la scène. Impossible de résister à cette folle envie de guincher! Même Al Barr, le chanteur a le regard ébahi en voyant un spectateur surfer sur la foule dans son fauteuil roulant. Déjà au contact du public, le chanteur tout souriant va le saluer et lui taper la pogne. ce n’est que le début d’un concert festif et explosif, celui qui clôt en beauté cette première journée.
Vendredi 28 juin
Le vendredi débutera sous Altar avec une première claque infligée par Karma Zero. Le public est déjà présent, et se prend lui aussi un bon coup derrière la tête.
Karma Zero @HELLFEST 2024
Je file sur MS1 retrouver les Français de 7Weeks qui donnent une jolie prestation devant un public encore épars – bon… quelques milliers de personnes à 11h du mat, on est souvent preneur. Axant son court set sur ses derniers morceaux, le trio séduit comme il se doit.
7Weeks @HELLFEST 2024
A coté, sur Main 2, ce sont les Espagnols d’Ankor qui délivre un set aussi enjoué que puissant. Le groupe mixte, qui existe depuis le début des années 2000, fait une belle impression et remporte incontestablement de nombreux suffrages.
Angkor @HELLFEST 2024
Je me laisse ensuite tenter par les Japonaises de LoveBites – et me surprends à penser que, depuis deux jours, je n’ai sans doute, et tant mieux, jamais vu autant de femmes sur les scènes du Hellfest. Toute de blanc habillées, les jeunes femmes présentent cette grande, très grande différence d’avec leurs consœurs de Baby Metal (passées la veille sur MS2) de vraiment jouer de leurs instruments. Une belle découverte visuelle sinon musicalement mémorable. Ce sera – malheureusement ou pas – ma dernière MS 1 du jour.
Love Bites @HELLFEST 2024
Je dois déserter le site et ne reviens que pour le set de Lofofora. Comme à son habitude, Reuno est enragé et, en ce week end électoral, n’hésite pas – le contraire eut été surprenant – à lancer messages et consignes. Mais, voilà que la scène est investie par deux femen, mini jupes et seins à l’air, armées de fumigènes et d’une banderole, scandant de longues minutes durant que « l’enfer c’est vous, nous c’est MeToo« . Une intervention planifiée qui casse le rythme du concert des Français, tous s’étant retirés de scène laissant les filles faire leur show – peu convainquant selon moi.
Lofofora @HELLFEST 2024
Lofofora @HELLFEST 2024
Les interviews commencent et je reviens sous Temple pour découvrir les Allemands de Kanonenfieber, formation spécialisée dans la première guerre mondiale dont les musiciens sont en uniforme et masqués. Un décor de tranchées, de barbelés et un canon qui tonne ajoutent un intérêt visuel au death/black du groupe visiblement attendu.
Kanonenfieber @HELLFEST 2024
Je zappe volontairement Steel Panther dont le show ne réserve guère de surprise sauf pour ceux qui découvrent le groupe live. Je leur préfère Satyricon qui remet aussi les pendules à l’heure sous Temple. On ne rigole pas à cette heure de la journée!
Satyricon @HELLFEST 2024
Après avoir couvert leur concert à Orléans, je ne pouvais rater le show de Shaka Ponk. Certains disent que Frah et sa bande n’ont rien à faire au Hellfest, Shaka leur démontre le contraire! La foule qui se masse devant la MS2 prouve bien l’intérêt public que suscite le groupe! Dommage seulement qu’il faille être sur liste pour les shooter… Je décide de m’apporcher de la scène et se frayer un chemin se fait en jouant des coudes. Une foule remonte dans l’autre sens, mais, arrivé devant les barrières, je comprends pourquoi: les crowd-surfers n’arrêtent pas d’arriver par vagues entières, donnant un sacré boulot à la sécu, cette foule quittant les lieux le sourire aux lèvres. Comme toujours, le chanteur saute dans le public, se faisant porter par lui – on notera le final pour lequel deux cubes l’un sur l’autre lui servent de plongeoir sous les yeux ébahi d’un agent de sécurité qui semble se dire « nannn… il ne va pas faire ça?!? » – tandis que sa complice Sam va le narguer avec ses gentilles provocs. Sans conteste une des meilleures performances du week-end!
Le temps de remonter le courant, Machine Head est déjà sur scène devant un public tout acquis à sa cause. Visiblement, Flynn met le feu et retourne MS1, mais je n’assiste au concert que de loin… Dommage, Machine Head semblant plus qu’en excellente forme.
Samedi 29 juin
J’aime aller voir les groupes que je vais rencontrer… Même s’il y a parfois des ratés, je me lève tôt pour aller voir Darken. Las, le groupe ouvre la journée du samedi sous la pluie ce qui a sans doute calmé les (h)ardeurs de certains festivaliers. En plus, la tête d’affiche de ce soir a installé un gigantesque demi cercle… Metallica veut se rapprocher de son public mais impose une grosse distance aux autres groupes… Darken ne se laisse pour autant pas démonter et donne un set thrash et direct.
Darken @HELLFEST 2024
Mon regard est attiré par un duo qui, sous Temple, semble attirer les regard et attise ma curiosité. La journée s’annonce folk aujourd’hui et je découvre Eihwar aux tonalités nordiques et à la musique simplement envoutante. Les Français séduisent et marquent quelques points avec une prestation élégante.
Eihwar @HELLFEST 2024
Direction la Warzone pour aller soutenir The Dead Krazukies, là encore en belle forme. On sent les basques à l’aise et visiblement ils n’ont qu’une chose en tête: des circle pits et des wall of death, jeux auxquels le public se prête volontier dans la bonne humeur. Ce genre de punk là est fait pour mettre le feu à cette scène, et le pari est gagné.
The Dead Krazukies @HELLFEST 2024
Les Néo-Zélandais d’Alien Weaponry ont déjà fait connaissance avec le HF en 2022 et ne s’en laissent pas compter. Débutant leur set avec leur traditionnel Haka, ils ne se laissent pas impressionner par la-dite scène et investissent à loisir l’espace de Metallica pour aller chercher le public.
Alien Weaponry @HELLFEST 2024
Matthieu, transfuge de Skald, a monté son propre projet pagan viking avec son épouse, Christine. Le duo se partage le chant au coeur de Hrafngrimr (ça se prononce Raven Grimer, facile, non?), un groupe dont l’originalité, outre les instruments « sur mesure » est de comporter en son sein deux danseuses dont la gestuelle illustre chacun des titres et des musiciens provenant de divers groupes, dont Mus d’Arkan. Les chansons, justement, aériennes et légères, entraine l’auditeur dans ces univers nordiques. Encore une formation plus que séduisante évoluant dans un univers décidément très en vogue.
Hrafngrimr @HELLFEST 2024
C’est avec plaisir que je retrouve Anvil, pile au bon moment, Lips nous offrant son légendaire solo de guitare avec godemichet. Le trio est en forme et délivre un set fun et apprécié du public qui semble apprécier les facéties du bassiste édenté Chris Robertson.
Anvil @HELLFEST 2024
Enfin! Oui enfin! pourrais-je dire. Car Black Stone Cherry reste un de rares groupes que je n’ai pas encore eu l’occasion d’acclamer sur une des scènes du Hellfest. Mené par Chris Robertson au chant et à la guitare, le groupe est lui aussi en forme et profite du soleil pour délivrer un set qui résume bien sa carrière. Steve Jewell, qui remplace Jon Lawhorn à la basse depuis son départ, a trouvé ses marques et s’est parfaitement intégré au groupe. Toujours aussi explosif, Ben Wells saute comme un cabris, arpentant la scène de long en large tandis que le batteur John Fred Young s’agite derrière ses fûts, bien éloigné du public. Un set un peu trop court, mais ce sont aussi là les règles d’un festival. Vivement un retour en salle!
Black Stone Cherry @HELLFEST 2024
Ce samedi est la journée la plus chargée en matière d’interviews. Une fois les premières faites, je préfère retourner vers la Warzone pour découvrir, enfin, le cultissime Didier Wampas Psycho Attacks. Une chemise de touriste exotique sur le dos, le gaillard propose un set fun et n’hésite pas non plus à se faire porter par le public aux anges. Rien de très sérieux dans sa musique, le groupe propose un set simplement fun et quelque peu irrévérencieux.
Didier Wampas Psycho Attacks @HELLFEST 2024
Je découvre ensuite, sur cette même scène et sous la pluie qui revient, Nekromantix, groupe au look piqué à Marlon Brando ou James Dean, proposant un rock vintage énergique joué avec une contrebasse forgée dans un cercueil par des musiciens peu sérieux (le batteur qui vient se poser devant la scène pour se laquer la banane…) maitrisant cependant leur sujet.
Nekromantix @HELLFEST 2024
Malgré la pluie qui se fait dense, la file de photographes et la foule qui prend place devant la Valley indiquent que Mr. Bungle est attendu. Si Mike Patton est attendu comme jamais, la troupe compte également en ses rangs de fines gâchettes: Scott Ian et Trey Spruance aux guitares, Trevor Dunn à la basse et Dave Lombardoo à la batterie pour un cocktail musical déjanté et envoutant. On ne s’y trompe pas, et la pluie n’empêche ni le public de rester, ni le groupe de s’éclater.
Mr Bungle @HELLFEST 2024
Je rentre de la Valley pour aller me protéger dans un espace VIP ultra blindé – l’espace presse a fermé ses portes comme tous les jours à 22h précises – y découvrir l’ami Erwan affalé qui a raté le groupe qu’il attendait pourtant avec l’impatience d’un gamin excité, et, comme de nombreux autres, patiente le temps que la météo se calme. Dans quelques minutes, Metallica sera sur scène et la foule commence a déserter le VIP pour aller braver les éléments. Oui, il est temps d’aller rendre hommage aux patrons, mais il s’avère rapidement compliqué de se faufiler assez près pour pouvoir vraiment voir ce concert. Alors j’écoute. De loin, et je regarde un peu ces écrans partagés qui ne laissent guère voir grand chose. Creeping death ouvre le concert avec détermination, et la suite est prometteuse. Mais quel intérêt de regarder des écrans? Je décide alors de quitter les lieux alors que les Horsemen annoncent leur désormais traditionnelle reprise: ce soir, il s’agit de… L’aventurier (Bob Morane) d’Indochine, groupe que je n’ai jamais aimé mais je ne peux que m’incliner devant le fait accompli: Metallica parvient sans peine, malgré une interprétation foireuse, à faire chanter en chœur 60.000 spectateurs, et ça, c’est fun. Las, la fatigue de la journée l’emporte et je rentre me coucher, renonçant à regret au concert de Saxon…
Dimanche 30 juin
Dimanche, dernier jour… Je commence la journée avec Sang Froid dont l’album proche de la new wave m’avait séduit et que je dois rencontrer un peu plus tard dans la journée. Un concert étonnant qui permet aux musiciens d’échapper à leur quotidien plus violent (certains viennent de Regarde Les Hommes Tomber).
Sang Froid @HELLFEST 2024
Direction MS2 pour assister à un concert étrange… Rapidement, je me demande ce que Hotwax fait là, ne parvenant pas à saisir l’intérêt de leur présence à Clisson. Un esprit à la L7, des clins d’œil au punk féminin? J’ai sans doute raté quelque chose et je n’accroche pas.
Hot Wax @HELLFEST 2024
C’est donc sans regrets que je retourne sous les tentes, cette fois sous Altar, pour voir Deficiency, groupe que je suis depuis quelques temps mais que je n’ai pas encore vu live. Le moins qu’on puisse dire est que les Français connaissent également leur affaire et dépotent autant que possible.
Destinity @HELLFEST 2024
Après avoir erré sous les tentes, je me dirige vers MS pour voir les foldingotes de Nova Twins qui, avec leur funk groovy et metallique, et leur look un peu moins improbable qu’on aurait pu s’y attendre, séduisent la petite foule présente. Amy Love et Georgia South emportent tout sur leur passage dont de nombreux suffrages publics. En cinq ans – elles se sont déjà produites ici même en 2019 – les « jumelles » ont évolué pour le mieux et le prouvent aujourd’hui encore.
Nova Twins @HELLFEST 2024
Je file ensuite sous Altar où Karras remplace au pied levé Caliban. Comme me le dit un collègue photographe, à défaut de shooter Yann avec Mass Hysteria, on peut le photographier avec Karras, on fait donc du « Mass Karras »! Ce n’est pas le genre de la maison et le trio défonce tout pendant les 45′ qui lui sont allouées, entrainant avec lui un public aux anges.
Karras @HELLFEST 2024
Nous étions quelques uns à attendre avec impatience le passage des soeurs Wilson à Clisson… Et quelques uns à regretter que Heart annule sa venue. Alors, OK, Blues Pills est une valeur sure mais ne saurait remplacer les Américaines. Pourtant, comme toujours, les Suédois, menés par la toujours énergique Elin Larson, proposent un heavy rock groovy à souhaits qui, là encore, emporte le public dans un tourbillons dansant, sous le soleil qui plus est!
Blues Pills @HELLFEST 2024
Il reste quelques interviews à faire, et la journée avance… Je prend enfin le temps d’aller faire un tour au Metal market pour y discuter de nouveau avec Saad Jones, l’écrivain m’annonçant s’attaquer enfin à son quatrième roman. Un peu de lecture pour 2025? Espérons le. Je fini par quelques emplettes et file ensuite shooter ce qui sera mon dernier groupe de cette édition: Rival Sons, là encore très attendu par le public. Si les regards se portent comme toujours sur Jay Buchanan, chanteur aux pieds nus à la voix d’or, et son complice guitariste Scott Holiday, c’est un groupe tout sauf rival qui joue ce soir. Si certains ont fait part de leur étonnement quant au choix de faire jouer Rival Sons sur la Valley, les Américains assurent cependant ici une tête d’affiche remarquable. Auraient-ils cependant fait aussi bien sur une Main Stage? Pas sûr, alors prenons ici ce qu’il y a de bon, et de meilleur à prendre.
Rival Sons @HELLFEST 2024
Alors que je me dirige tranquillement vers la sortie, je saisi quelques instants de Foo Fighters . Pas assez cependant pour me faire une idée, suffisamment toutefois pour sentir le groupe délivrer un set propre et directement rock. Mais il est temps pour moi de reprendre la route. Alors que je chemine en direction de la voiture, je repasse dans mon esprit les instants forts de cette édition 2024 et les points à améliorer… Si l’ambiance générale a changé, pas forcément en mieux, j’ai pu passer beaucoup plus de temps avec les copains du monde entier – France, Espagne, Australie, Angleterre… – que d’habitude et faire de belles rencontres. Mais une fois encore, les kilomètres parcourus sont usant, et la dernière journée s’est avérée plus difficile que les années précédentes. Mais, là aussi, le Hellfest, c’est aussi ça. Alors que les places de l’édition 2025 sont déjà parties, attendons maintenant les premières annonces pour la prochaine édition qui se tiendra du 19 au 22 juin 2025 – et dont l’ensemble des pass 4 jours ont, en ce 9 juillet, trouvé preneurs en moins de… 90′. Le Hellfest aligne décidément record sur record!
Cette troisième journée promet d’être aussi passionnante que diversifiée avec 4 groupes d’horizons variés mais de nationalités plus restreintes puisque nous avons trois groupes américains (Ayron Jones, Tom Morello et Alice Cooper) et un seul anglais (Judas Priest).
Ayron Jones @HEAVY WEEK END
Décidément très en vue et très présent en nos contrées, c’est un Ayron Jones concentré qui a l’honneur de lancer la journée. Bob Lovelace, son bassiste est quant à lui, et comme à son habitude, une véritable pile électrique qui va chercher le public tandis que le guitariste Matthew Jaquette (absent lors du concert à l’Elysée Montmartre en octobre dernier) use de ses charmes et de son sourire pour séduire le public, malheureusement encore peu présent en ce milieu d’après midi.
Ayron Jones @HEAVY WEEK END
Ayron Jones a choisi d’aller à l’essentiel en concentrant son set sur les principaux morceaux de ses deux derniers albums en date, favorisant même Child of the state dont il présente pas moins de 5 extraits (Boys from the pugget sound, Emily, Supercharged, Mercy et Take me away), les trois autres morceaux (On two feet I satnd, Otherside – et sa partie reprise de Smells like teen spirit de Nirvana – et Blood in the water) provenant quant à eux du plus récent Child of the state.
Ayron Jones @HEAVY WEEK END
A force de fréquenter l’Hexagone, Ayron se plie au jeu de l’apprentissage de la langue, et, après On two feet I stand, s’adresse au public en Français: « Comment ça va? Ca va bien? » suffisant pour être acclamé avant de présenter ses compagnons de scène.
Ayron Jones @HEAVY WEEK END
Si une bonne partie du public semble découvrir la formation, elle semble également réceptive à sa musique, savant mélange de rock, de blues et de soul, qui puise autant chez Lenny Kravitz que Jimi Hendrix en passant par Prince ou Michael Jackson. Oui, il y en a pour tous les goûts et Ayron Jones se retire avec le sentiment du devoir accompli.
Ayron Jones @HEAVY WEEK END
Tom Morello @HEAVY WEEK END
Tom Morello prend la suite devant un public plus dense. Arrivant sur scène le poing levé, le guitariste engagé attaque son instrument sans pitié. L’attitude de l’Américain, comme à son habitude, mélange sérieux, engagement et rage.
Tom Morello @HEAVY WEEK END
On admirera tout au long de son set les immenses portraits projetés en fond de scène mais les spectateurs peuvent également se demander qui sont ces personnages, principalement africains ou afro-américains, et quel message Morello veut transmettre. Sans doute l’a-t-il verbalisé pendant son concert, et si tel est le cas, je ne l’ai pas entendu…
Tom Morello @HEAVY WEEK END
Pendant une heure, le quatuor délivre certains de ses titres les plus emblématiques que ce soit avec RATM, Audioslave, des reprises, ou encore sous son nom. Soldier in the army of love, Vigilante nocturno côtoient ainsi les classiques que sont Killing in the name, les medleys Bombtrack/Know your enemy… ou encore The ghost of Tom Joad et Power to the people. Le public est conquis et l’on ne peut que regretter un temps de jeu trop court… Tom Morello remercie ensuite Ayron Jones d’avoir ouvert et fait part de son honneur de partager la scène avec Alice Cooper et Judas Priest, « deux de mes groupes préférés de tous temps » et cède la place pour la suite.
Tom Morello @HEAVY WEEK END
Alice Cooper @HEAVY WEEK END
On attaque avec l’un des gros morceaux de la soirée. Alice Cooper joue ce soir pour la toute première fois de sa carrière à Nancy et réserve la surprise du décor, un gigantesque voile noir cachant la scène aux yeux du public. Puis, deux êtres masqués font sonner leurs cloches avant de s’emparer chacun d’un des cotés du voile, le faisant tomber. Une gigantesque une de journal apparaît, annonçant qu’Alice Cooper est banni de France, mais le héros sanguinaire apparait enfin.
Alice Cooper @HEAVY WEEK END
Le show est lancé et, si la setlist reste sans surprise, si le spectacle regorge des effets désormais classiques, le show et la mise en place des chacun des musiciens sont simplement impeccables et dantesques. Chacun des musiciens connait naturellement son rôle sur le bout des doigts, proposant une mise en scène énorme, qui emporte tous les suffrages.
Alice Cooper @HEAVY WEEK END
Là encore, les classiques – No more Mr. nice guy, I’m eighteen, Billion dollar babies, Welcome to my nightmare, Elected, Poison, Hey stupid!… – sont de sortie mais Alice nous réserve quelques surprises, se faisant notamment accompagner par son boa sur Snakebite.
Alice Cooper @HEAVY WEEK END
Les artifices classiques sont toujours d’une redoutable efficacité: le paparazzo trop insistant qui fini par se faire planter par Alice, l’infirmière assassinée, la femme SM prise à son propre jeu fouettée par Alice qui, un meurtre de trop, fini par être décapité sur la place publique avant de revenir, le monstre de Frankenstein… Le public est tellement aux anges que, contrairement aux soirs précédents, et profitant de l’absence d’un agent de sécu, un puis deux puis une dizaine de spectateurs décident de rejoindre la fosse. De l’autre côté, certains se voient empêchés ce même accès mais l’agent présent voit déferler des dizaines de spectateurs qui envahissent la fosse. Le pauvre bougre, dépassé par les évènements, semble lancer un appel au secours à l’orga qui fini par demander qu’on fasse sauter les chainettes…
Alice Cooper @HEAVY WEEK END
Retour au concert où tous les ingrédients attendus sont présents permettant à ce concert de remporter tous les suffrages. Sans aucun doute le meilleur concert de ce week end, à ce stade en tout cas!
Judas Priest @HEAVY WEEK END
Car il reste maintenant la tête d’affiche. Judas Priest est, depuis quelques temps, dans une forme remarquable comme les Anglo-américains l’ont encore démontré à Paris. Alors que le fort à propos War Pigs de Black Sabbath résonne (« generals gathering their masses… ») le public se masse devant la scène. Même si le spectacle prévu est identique à ceux de Lyon et de Paris – le groupe réuni devant le kit de batterie avant d’investir la scène.
Judas Priest @HEAVY WEEK END
Là encore, on n’a pas de surprise, la setlist présentant cependant quelques différences avec celle proposée à Paris en avril dernier. Ainsi, ce soir, Judas Priest a retiré Lightning strikes, Love bites, Saints in hell ou encore Crown of thorns les remplaçant par Riding on the wind, Sinner et Invicible shield. Cependant, les classiques sont fort heureusement au rendez-vous, le public reprenant avec force Breaking the law, Turbo lover Electric eye ou Living after midnight.
Judas Priest @HEAVY WEEK END
Rob Halford est dans une remarquable forme, tant vocale que physique, arpentant plus la scène que tournant tel un lion en cage, Richie Faulkner et Andy Sneap occupent chaque espace de la scène et ian Hill tabasse son espace comme jamais. Seul Scott Travis, malgré sa remarquable frappe, est un peu moins enthousiaste surtout lorsqu’il s’agit, comme c’est son rôle depuis longtemps, de demander au public s’il veut encore une chanson. C’est un faiblard « Nancy, what do you wanna hear? » qui est lancé avant de démarrer un Painkiller annonciateur de la fin du show.
Judas Priest @HEAVY WEEK END
Sans surprise, The Hellion/Electric eye est le premier titre du rappel et Faulkner nous gratifie même, sur Hell bent for leather et l’arrivée à moto de Halford d’un solo inattendu à ce stade du concert, avant que Judas Priest ne conclue la soirée avec le classique parmi les classiques Living after midnight.
Judas Priest @HEAVY WEEK END
Ce soir encore, Judas Priest a récolté tous les suffrages et mis tout le monde d’accord. Le groupe en a encore sous le pied et on espère bien pouvoir les retrouver encore une fois dans cette même forme.
Judas Priest @HEAVY WEEK END
Au moment de partir – et de clore ce report – un rapide bilan s’impose: le Heavy week end, malgré une trop faible fréquentation, a tenu toutes ces promesse: un lieu idéal, une capacité qui reste largement humaine pour un festival, un rythme permettant de voir l’intégralité des concerts… Les deux seuls points qu’il faudra revoir l’an prochain sont les tarifs des places en fosse qui, cette année, ont certainement freiné les envies d’une partie du public qui a préféré s’abstenir – et une beaucoup plus importante capacité en… WC, à répartir tout autour du site, sans doute, ce qui permettra, espérons-le, d’éviter que le public ne se rue pour se soulager à la fin des concerts, dans des files interminables, préférant se soulager le long de toutes les barrières possibles… Pour le reste, on ne peut que remercier et féliciter toutes les équipes présentes, GDP, sécurité, accueil, commerces… pour une organisation sans faille.
Judas Priest @HEAVY WEEK END
On attend maintenant avec impatience de connaitre les dates de l’édition 2025 ainsi que l’affiche. Les noms déjà retenus seraient du lourd… Comptez sur Metal Eyes pour se faire le relais de ces prochaines informations!
Merci à Anne-Lyse Rieu et Nicolas le Bouedec (GDP), Olivier Garnier (Replica promotion) et Sabrina Cohen Aiello (Verygroup) d’avoir rendu ce report possible
Après une très belle première journée, nous profitons de la matinée et du début d’après midi pour flâner et déjeuner à Nancy avant de revenir sur les lieux du crime: le Zénith de Nancy. L’affiche du jour est plus dense puisqu’elle compte un groupe de plus, soit un total de 4 concerts dont nous allons pleinement profiter. Une journée variée puisque, contrairement aux autres jours qui proposent chacun 2 groupes américains, elle accueille quatre nationalités différentes. une jolie variété d’influences culturelles en somme.
Sortilège @HEAVY WEEK END
Décidément très en vue, les Français de Sortilège – qui ont récemment ouvert pour Scorpions et Deep Purple – ouvrent le bal. A peine installé derrière son kit, Clément Rouxel toise la petite foule pour la harranguer tandis que la paire de bretteurs Bruno Ramos/Olivier Spitzer s’installe avec concentration et que le toujours souriant bassiste Sébastien Bonnet arrive tranquillement.
Sortilège @HEAVY WEEK END
Le heavy metal chanté dans la langue de Molière attire naturellement les connaisseurs, d’autres découvrant ce groupe à la puissance de feu sans pareil. Le public massé devant la scène connait les textes sur le bout de la langue et il ne faut guère de temps à Zouille pour être soutenu par les fans. Le chanteur a aujourd’hui délaissé sa chemise à jabot à laquelle il a préféré un simple T-shirt, ce qui ne change rien à l’attaque puissante que le groupe propose avec un Amazone rapidement suivi d’un Phenix d’actualité.
Sortilège @HEAVY WEEK END
La production récente de Sortilège a su démontrer que le groupe, cette version du groupe, a encore des chose à dire, et les titres extraits de ses deux derniers albums se fondent à merveille parmi les classiques. Le public reprend en chœur et avec cœur les hymnes que sont Chasse le dragon ou Poséidon, réservant le même accueil à un sublime Délire d’un fou (poliment introduit par ces mots de Zouille: « sans faire de politique, vous ne trouvez pas qu’on est gouvernés par des fous? Il faudrait les enfermer et nous mettre à leur place, non? »).
Sortilège @HEAVY WEEK END
Las, Sortilège termine son set sous la pluie qui revient mais pas assez pour faire fuir les fidèles. Concluant son concert avec la triplette D’ailleurs, Vampire (Zouille va sucer le sang de Bruno Ramos pour l’occasion – et sans doute reprendre des forces), le chanteur, accompagné du public, met un terme au concert avec son habituelle version a capella introduisant l’intemporel Sortilège. Une mise en bouche des plus savoureuses pour entamer la journée!
Sortilège @HEAVY WEEK END
Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Combien de personnes se sont-elles déplacées pour venir célébrer le retour en terres françaises des Danois de Pretty Maids? En tout cas, il y a du beau monde dans le public – on croise Sortilège au complet, ou encore Peter Scheithauer, guitariste fondateur de Last Temptation, Zaza Bathory, batteuse de Furies et d’autres encore. Les fans se massent au devant de la scène et acclament les musiciens qui arrivent tranquillement sur les planches l’un après l’autre avant d’ovationner Ken Hammer puis Ronnie Atkins qui se pointe en dernier. Le groupe attaque dans la foulée avec Mother of all lies et met tout le monde d’accord. Les 5 sont en grande forme et en veulent vraiment.
Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Pandemonium, issu de l’album du même nom entraine la petite foule dans un tourbillon mélodique enjoué avant de voir Chris Laney quitter son poste derrière les claviers pour s’emparer d’une guitare et rejoindre la troupe qui entame le furieux classique Back to back, repris en coeur par le public.
Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Autre classique fédérateur, Red hot and heavy recueille tous les suffrages. Ronnie Atkins va toujours chercher le public et s’adresse régulièrement à lui. A l’issue du titre, il exprime même son bonheur d’être enfin de retour en France: « C’est si bon d’être de retour en France, je crois que ça fait 6 ans que nous ne sommes pas venus! » En effet, le dernier passage dans l’hexagone remonte au mois de mars 2018 avec seulement 2 dates…
Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Le soleil brille enfin à l’ouest, éblouissant une partie du public qui acclame pourtant la jolie ballade Please don’t leave me, reprise de John Sykes, titre qui termine avec une forêt de bras levés. Puis les affaires sérieuses reprennent avec Little drops of heaven suivi d’un Love game, premier extrait du légendaire Future world,titre mélodique à souhaits.
Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Alors que retentissent les premières notes de l’incontournable Future world, une fan quitte son siège pour se précipiter vers la fosse, se glissant sous les chaines séparant les deux mondes et se voit arrêtée par un agent qui l’empêche, malgré ses supplique de passer et la renvoie à son siège. J’imagine la frustration lorsque, plus tard, lesdites chaines seront enlevées, laissant la foule envahir la fosse. Reste que, sans surprise, Pretty Maids remporte tous les suffrages. Une superbe prestation en somme, de bout en bout.
Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Megadeth @HEAVY WEEK END
On l’a lu un peu partout: Megadeth est en forme. La fosse désormais bien rempli s’apprête donc à recevoir une claque et se prépare à acclamer les classiques incontournable de la bande à Mustaine. « Bring out your dead! » résonne annonçant le morceau d’ouverture du dernier album, The sick, the dying… and the dead!. Récemment arrivé dans le groupe, Teemu Mäntysaari est concentré et va se révéler une plus que très fine gâchette.
Megadeth @HEAVY WEEK END
Mustaine, tout de noir vêtu (avec, détail perturbant pour le regard des photographes, un bouton de chemise non attaché) est effectivement très en forme et nous offre une collection de titres certes sans surprise mais tellement efficace qu’ils écrasent tout sur leur passage.
Megadeth @HEAVY WEEK END
James Lomenzo se déchaine sur sa basse tandis que Dick Verbeuren inflige à sa batterie une frappe d’une puissance et d’une précision exemplaire tout au long des Angry again, Hangar 18 ou autres Sweating bullets, morceaux que le public reprend à tue-tête. Et enfin, les choses sérieuses débutent avec un, puis deux, puis trois crowd surfers qui viennent réveiller les agents de sécurité. une fois la machine lancée, difficile pour le public de s’arrêter même si le rythme est ici moins intensif qu’ailleurs.
Megadeth @HEAVY WEEK END
Megadeth continue sur sa lancée avec l’incontournable A tout le monde, dont Dave fait naturellement et sans avoir besoin d’insister chanter le refrain au public, avant un Tornado of souls exemplaire avant We’ll be back, le second et dernier extrait du dernier album. Simple, direct et efficace…
Megadeth @HEAVY WEEK END
L’orchestre symphonique retentit, annonçant évidemment Symphony of destruction annonciateur d’un concert qui touche à son terme, et, comme très souvent, suivi de Peace sells. La foule est dense et reprend chaque parole comme un seule homme, sachant que le concert va se terminer (trop) rapidement. En effet, Mustaine et sa bande quitte la scène une fois ce commerce de la paix terminé.
Megadeth @HEAVY WEEK END
Ce n’est évidemment que pour mieux venir achever ce superbe set avec Mechanix – nous ne ferons pas l’affront de rappeler l’histoire de ce titre… – et un dantesque Holy wars… the punishment due qui met tout le monde d’accord. Oui, Megadeth est – très – en forme et Dave Mustaine heureux de retrouver son public. Superbe concert!
Megadeth @HEAVY WEEK END
Deep Purple @HEAVY WEEK END
Bien que Deep Purple ait une relation plus que privilégiée avec la France depuis de nombreuses années, ce n’est, paradoxalement, que la troisième fois que le groupe donne un concert à Nancy, le dernier remontant à… 2007. Autant dire que les absents ont tort. Et si j’ai pu avoir quelques doutes quant au dynamisme du groupe – les derniers concerts auxquels j’ai assisté m’ont donné à voir un groupe fatigué prorposant un set ennuyeux – le Deep Purple 2024 se montre en grande forme. Sans doute est-ce-là l’effet de l’arrivée de Simon McBride il y a maintenant 2 ans qui apporte un regain de jeunesse?
Deep Purple @HEAVY WEEK END
En tout cas, les classiques sont; ce soir encore, de sortie. Deep Purple entame son concert avec les classiques Highway star, Hard lovin man et Into the fire, titre sur lesquels Ian Gillan donne autant de voix que possible, même si, depuis de nombreuses années, il ne peut pousser aussi haut que dans ses jeunes années. On note également avec satisfaction que le chanteur quitte moins la scène que ces derniers temps, se positionnant, pendant les parties instrumentales, entre la batterie de Ian Paice et les claviers de Don Airey.
Deep Purple @HEAVY WEEK END
Il profite cependant du solo de Simon pour se reposer, laissant le « jeune » guitariste impressionner le public par sa dextérité et sa précision. Vraiment, il n’a rien à envier à ses prédécesseurs! Le groupe le rejoint pour continuer avec Uncommon man que Gillan dédie à son frère Jon Lord et, regardant le ciel, lui dit simplement « We love you, Jon ».
Deep Purple @HEAVY WEEK END
Soutenu par l’animation visuelle projetée sur les écrans de fond de scène, Airey propose une longue introduction de Lazy, titre suivi du premier extrait de =1, dernier album du pourpre profond, en évoquant ses séjours en Hongrie et fait mine de franchir une porte en guise de présentation de Portable door, suivi d’un Anya de retour dans les setlist depuis deux petites années.
Deep Purple @HEAVY WEEK END
C’est maintenant au tour de Don Airey de proposer son solo aux claviers. S’il n’a pas l’aura de Lord, il offre un cocktail inspiré de sa carrière – on reconnaitra facilement des clins d’œil à sa période avec Ozzy – de ses influences classiques et pop, avec une version enjouée de En passant par la Lorraine de circonstance avant de continuer avec la seconde nouveauté, Bleeding obvious.
Deep Purple @HEAVY WEEK END
Alors que certaines familles commencent à quitter tranquillement le site, Deep Purple annonce la presque fin du concert en interprétant les incontournables Space truckin’ et Smoke on the water de manière magistrale, bien que l’on sente quelques défaillances vocales de Gillan. Ce morceau terminé, la foule part plus rapidement, manquant ainsi le rappel.
Deep Purple @HEAVY WEEK END
Pourquoi commencer avec Green onions, reprise de Booker T que DP avait mise de côté depuis 2014, va savoir… N’empêche, on se délecte du final composé de Hush et d’un Black night dont on ne saurais se passer. Ce soir, Deep Purple, qui a largement dépassé le demi siècle de carrière, s’est montré en bonne forme, proposant une setlist certes classique mais y incluant quelques titres plus rares. Et ça, c’est toujours bon.
Le Heavy Week End… Une affiche de rêve que nous propose Gérard Drouot Productions une semaine avant le grand pèlerinage annuel des métalleux de l’autre coté de la France. Un festival qui se veut plus soft, et bien moins éreintant puisqu’on nous promet que le Zénith de Nancy n’aura qu’une seule scène, permettant ainsi au public de pouvoir profiter pleinement de chacun des 11 concerts de ce week end.
Contrairement à nombre de Zéniths de France, celui de Nancy présente la particularité d’être modulable. Ainsi, en retournant la scène, une ouverture à son arrière permet d’accueillir, en configuration mixte (gradins et fosse) environ 15.000 personnes dans un véritable écrin de verdure. Le Heavy Week End se veut ainsi un festival à taille humaine. Las, a peine trois semaines avant le coup d’envoi, de nombreuses places restent libres. La conjonction prix du billet – un peu cher, 111€ le jour en fosse – et le Hellfest la semaine suivante a sans doute freiné les potentiels festivaliers. Résultat, GDP annonce, le 10 juin, un nouveau tarif exceptionnel en fosse de… seulement 21€ par jour, ce ci « pour fêter l’été ». Une réduction de 80% qui vise, naturellement, à la remplir, cette fosse, mais un nouveau tarif qui pourrait aussi, on peut aisément l’imaginer, faire bondir ceux qui ont acheté leur(s) place(s) au prix fort. Sera-ce suffisant pour attirer plus de monde et éviter que les géants du métal ne jouent face à un parterre vide? La promotion disparait cependant rapidement, une opération éclair qui n’a sans doute pas assez duré.
Après une longue route sous une pluie battante – la météo annonce cependant des accalmies- c’est le soleil qui accueille notre arrivée à Nancy. Le temps de poser mes affaires, et me voici parti en direction du Zénith. La route est limitée à une voie, ce qui rend la circulation dense mais également fluide. L’accès aux parkings est aisé.
The Last Internationale @HEAVY WEEK END
J’ai le plaisir de retrouver bon nombre de copains d’un peu partout, dont certains que je n’ai pas vus depuis des lustres. L’ambiance générale est détendue tant au niveau du public que chez les autres intervenants – ou presque. Mais c’est sous un ciel grisonnant, devant un parterre dégarni et des gradins encore peu remplis que les New Yorkais de The Last Internationale investissent la scène. Nous avions pu découvrir le groupe lors de son passage au Hellfest en 2022 et la prestation avait emballé le public. Las, ce groupe fondé par la chanteuse Delila Paz et le guitariste Edgey Pires il y a maintenant plus de 15 ans va avoir le plu sgrand mal à dynamiser un public épars et peu réactif malgré les remarques qu’égrène Delila (faisant référence à Tom Morello qui dit que « ça n’a pas besoin d’être bruyant pour être heavy » ajoutant « mais ce serait bien que vous fassiez plus de bruit quand même » ou encore « c’est le festival le plus calme que je connaisse »…) Même quand Delila évoque Nina Simone, la gigantesque chanteuse de jazz américaine, elle ne reçoit que quelques retours polis… Et pourtant, la brune chanteuse possède une voix suave et puissante…
The Last Internationale @HEAVY WEEK END
Pas encourageant comme attitude, mais il en faut plus pour décourager le groupe qui affiche son humeur du moment – un drapeau palestinien sur le côté de la scène et la peau de grosse caisse flanquée d’un Cease fire en lettres capitales. Pour terminer le concert, Delila se saisit de la basse tandis que son bassiste s’installe aux claviers pour une fin simplement rock et énergique. Une mise en bouche sympathique maisun public pas encore très chaud.
The Last Internationale @HEAVY WEEK END
Extreme @HEAVY WEEK END
On passe à la vitese supérieure avec Extreme, que je n’ai pas vu depuis des lustres. Comme une première fois en somme. Et le message est clair à peine Gary Cherone monte-t-il sur scène: on va avoir droit à du show tant le chanteur se tord tel un Gary latex! Clairement, on change de registre et le festival monte en puissance devant un public plus dense sinon imposant.
Extreme @HEAVY WEEK END
Le fond de scène est explicite: l’illustration de la pochette du mythique Pornograffitti indique que le groupe souhaite mettre en avant son album le plus connu. Et ça démarre avec la triplette It(‘s a) monster et Decadence dance suivi de Kid ego issu du premier album des Américains.
Extreme @HEAVY WEEK END
Nuno Bettencourt est aussi bavard que démonstratif – sans frime aucune – alignant ses riffs et soli avec une diabolique précision, Pat Badger (basse) s’appliquant sous son Stettson tandis que, plus discret, Kevin Figueiredo martèle ses futs tenant la structure.
Extreme @HEAVY WEEK END
Le public n’a d’yeux pourtant que pour la paire Cherone/Bettencourt qui se donnent comme de beaux diables, ne laissant aucun instant de répit au public (sauf un moment moins intense sur , avec qui les deux communiquent beaucoup. Après Hole hearted, Nuno annonce que voici son « moment préféré du concert: je vais pouvoir m’asseoir! Et quand tu arrives à 58 ans, s’asseoir c’est aussi bon qu’un orgasme! » Il attaque alors un impressionnant solo à l’issue duquel il est rejoint par Gary Cherone qui annonce avec gravité: « je sais que c’est sensé être un concert heavy, mais le monde a aussi besoin d’amour » pour entamer More than words que le public connait par cœur. Les téléphone se lèvent pour immortaliser l’instant et, devant moi, j’aperçois Matthieu Drouot qui filme aussi, se tournant pour capter tout le public mais… Je crois apercevoir un regard interpellé. Rapidement, l’organisation décide de faire tomber le barriérage invitant le public assis à investir la fosse, ce qu’il ne se fait pas répéter.
Extreme @HEAVY WEEK END
Cherone rappelle au public qu’ils sont en mode « festival », avec un show écourté, souhaitant cependant pouvoir revenir rapidement avec un show complet. Extreme termine son show avec l’incontournable Get the funk out et un extrait du tout récent Rise. Voila la machine Heavy week end lancée, et la suite promet d’aêtre tout aussi belle.
Extreme @HEAVY WEEK END
Scorpions @HEAVY WEEK END
Ceux qui ont pu voir Scorpions ces dernières années savent que le groupe est en forme. Les Allemands sont de retour pour célébrer les quarantième anniversaire de Love at first sting, alors on sait déjà qu’on va avoir droit à une setlist de rêves.
Scorpions @HEAVY WEEK END
Un nuage de fumée envahi l’espace scénique, pendant que les premières mesures de Coming home ne se fassent entendre alors que la scène est encore vide. Dans la fumée, côté cour, apparait un Klaus Meine hésitant, qui a du mal a marcher. Il rejoint le centre de la scène avant que ne déboulent avec énergie ses compères.
Scorpions @HEAVY WEEK END
Après Gas in the tank, seul extrait du dernier album, Rock beleiver, Scorpions nous assène une collections de hits et de raretés (dont Crossfire, interprété pour la première fois sur toutes les dates de cette tournée ou The same thrill jamais interprété depuis 1984!).
Scorpions @HEAVY WEEK END
Les lumières sont au top, les illustrations qui animent l’écran de fond de scène superbes, et les instrumentistes sont vraiment en forme, Rudolf Schenker et Matthias Jabs investissant généreusement l’avant scène.
Scorpions @HEAVY WEEK END
Seul Klaus, s’il est en voix, confirme avoir pris un coup de vieux. S’agrippant au pied de micro, il se déplace lentement et, lorsqu’il s’adresse au public la voix chevrotante, il semble avoir besoin du soutien de son pied de micro, ne balançant plus – heureusement! – des baguettes par forêts entières.
Scorpions @HEAVY WEEK END
La foule compacte – on remarque ce soir que même les gradins sont désormais bien fournis, bien qu’on circule aisément – est toutefois à fond derrière ses héros légendaires acclamant aussi bien les classiques que sont Make it real, The zoo, Bad boys running wild que les attendues ballades Delicate dance, Send me an angel ou la nouvelle version de l’incontournable Wind of change dont le premier couplet a été modifié, ne parlant plus de la Moscova pour dénoncer l’agression russe envers l’Ukraine.
Scorpions @HEAVY WEEK END
Après The same thrill, Mikkey Dee nous assène un monstrueux solo de batterie d’une bonne dizaine de minutes qui, bien que totalement intégré à Scorpions, évoque, par le biais du juke box projeté, son glorieux passé avec Motörhead avant que Rudolf ne redéboule armé de sa guitare à fumée pour un Blackout (seul extrait de l’album éponyme) suivi de Big city nights, doublette annonciatrice de l’approche de la fin du concert.
Scorpions @HEAVY WEEK END
Etonnamment, le pubic commence à quitter les lieux lorsque le groupe quitte la scène avant de revenir pour un – court – rappel. Ben oui, il manque un titre quand même… Scorpions revient pour le très attendu et incontournable Still loving you qui voit, comme toujours, les couples s’enlacer, avant une superbe interprétation de l’explosif Rock you like a hurricane venant conclure un superbe concert. Nos héros vieillissants ont encore des choses à dire, alors profitons en.
Scorpions @HEAVY WEEK END
Au final, malgré une faible fréquentation globale – le public a miraculeusement grossi pour le concert de Scorpions – cette première journée a rempli toutes ses promesses. Celles d’un festival convivial, à taille humaine et permettant surtout, c’est bien le principal, de pouvoir assister à l’ensemble des concerts dans leur intégralité. Vivement demain!
Merci à Anne-Lyse Rieu et Nicolas Le Bouedec (Gérard Drout Productions) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.
Un mois de mai maussade, une météo peu clémente… Fort heureusement, les « spécialistes » annoncent un léger mieux pour ce 25 mai, première des deux journées du Rock in Rebrech, 13ème du nom qui, une fois encore, accueille quelques jolies voitures. Contrairement à l’an passé, il n’y a pour cette nouvelle édition que des groupes français. Trois groupes sont attendus sur la scène principale, et pas des moindres puisque nous découvrirons les Orléanais de La Jarry qui seront suivis des Princesses Leya et des Toulousains de retour aux affaires, Sidilarsen.
Deux changements de taille sont à noter par rapport à l’édition 2023: No Mad Musik, l’asso organisatrice, a décidé de ne plus faire appel à des food trucks et se charge de toute la boisson et la nourriture. Bonne pioche, la queue ne disparaissant presque pas. Egalement, afin de distraire le public toute la soirée, un camion scène a été ajouté face à la scène principale pour recevoir, entre chaque groupe, les copains de PrimsA qui offrent ainsi une permanence musicale très orienté hard rock 80’s.
Si les préventes ne sont pas mirobolantes, la soirée attirera finalement un public dense – on parle de près de 1.200 entrées – et familial – de nombreux spectateurs sont venus en famille initier les plus petits aux joies de la musique live.
Las… Le temps vire encore au gris et de grosses gouttes de pluie se mettent à tomber… fort heureusement le temps d’un petit quart d’heure à peine. Pas suffisamment longtemps cependant – heureusement ! – pour transformer le terrain en patinoire boueuse.
PRISMA @ ROCK IN REBRECH 13
PrismA, que nous avions découvert live lors du récent CrickFest, est aujourd’hui présent pour animer les changements de plateaux de la scène principale. Démarrant avec un problème technique – la pluie a fait son oeuvre – il faut réinitialiser les claviers dont aucun son ne sort. Mais une fois partis, le groupe nous propose, au cours de ses 3 interventions, un beau panel de son savoir faire qu’on retrouve sur ses récentes productions, dont le plus qu’enjoué album Way of life. Ce sont en tout une bonne quinzaine de morceaux que PrismA nous offre ce soir, avec quelques inquiétudes pour les cordes vocales de Philippe Sanfilippo, le chanteur, visiblement transi de froid… Reste que le hard rock très 80’s proposé par le groupe reçoit un accueil chaleureux d’un public à la fête.
PRISMA @ ROCK IN REBRECH 13
LA JARRY @ ROCK IN REBRECH 13
Les locaux de la soirée investissent la scène pour une bonne heure de ce rock hard ultra vitaminé et festif. Si j’ai entendu parler de La Jarry, jamais je ne me suis penché sur les compos du groupe que je découvre ce soir. Clairement, je suis emballé par ce que j’entends et vois. Les quatre se donnent à fond, entrainant le public (gentiment interpelé dès le second titre par un « ça va les alcooliques? ») avec lui.
LA JARRY @ ROCK IN REBRECH 13
La Jarry propose un rock aux fortes intonations punkisantes et aux textes engagés (J’habite en France, On n’a pas le choix). Benoit Pourtau a le contact très facile avec le public, l’invitant à se rapprocher de la scène (« Allez, venez plus près les bourges! ») ou le faisant participer à plusieurs reprises (Babylone, On n’a pas le choix) et fait même monter qui le souhaite sur scène pour l’accompagner sur J’sais pas danser.
LA JARRY @ ROCK IN REBRECH 13
Un premier concert festif qui met en appétit et qui se termine avec l’annonce du lancement d’une longue tournée de presqu’un an. On vous souhaite de vous éclater, Messieurs, et de vous retrouver bientôt on stage!
LA JARRY @ ROCK IN REBRECH 13
PRISMA @ ROCK IN REBRECH 13
Après un changement de plateau – toujours animé, nous l’avons dit, par PrismA, et qui voit l’espace buvette/restauration ne pas désemplir – les « quatre petites princesses » comme ils se surnomment eux même (cf. l’interview à venir) envahissent l’espace scénique. Princesses Leya attire un public familial et de tous âges – il y a même des bébés heureusement casqués – qui se masse devant la scène. Avec le groupe musico-théâtral humoristique, on sait qu’on va passer un bon moment, mais cette foule, est-ce le nom du groupe, le côté décalé des sketches, la présence de l’humoriste Dédo ou simplement la musique qui la fait se masser devant la scène?
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
Quoiqu’il en soit, la bande est en forme et balance la sauce dès Analphabet. Puis, rapidement, le groupe entre dans le vif de sa pièce: le public ne comprend rien, ça énerve Dédo qui s’engueule avec le guitariste chevelu Antoine Schoumsky qui, lui, cherche à temporiser et, dans un accès de colère, le chanteur finit par lui arracher sa perruque. Ambiance… Bon, en même temps, on a le public qu’on mérite, hein! Même celui de Sèvre Babylone surtout en reprenant le hit intemporel et universel de Lorie, C’est le week end…
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
Puis le groupese trouve secoué, propulsé dans une faille spatiale, et se retrouve dans un monde nappé de rouge. Une voix sort d’outre monde, celle de… Satan? « Non, ça c’est mon nom de scène. Je m’appelle Philippe« . Le diable Philippe charge les Princesses Leya d’aller remétalliser le monde et les envoie dans différents univers parallèles. Le scénario est posé, devenant ainsi prétexte à dérouler le show.
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
Nos heros parviennent à lutter contre et convertir les Kangourous garou, organisent une orgie géante ou chacun Baise tout seul, luttent contre une forme de Boulime cannibale et parviennent même à convertir tout le public aux joie d’un wall of death – quoique, en prononçant ces mots, certains s’éloignent de la zone de clash – qui se transforme en un joyeux pogo.
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
Toujours plein d’humour, le groupe se dispute sur l’écologie, s’invente des noms de scènes – AbbaCDC, Pateratp – s’adresse régulièrement au public embarqué dans cette folle aventure avec le groupe, public surnommé « l’équipage »
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
Univers après univers, les Princesses Leya réussissent leur mission, mais il reste cependant à remonter à la source, celle du Big bang. Pour ce faire, Dédo doit surfer sur le public qui le porte aux confins de l’espace et le ramène, sain et sauf, mission accomplie, au point de départ. Oui, mission accomplie! Philippe est content, et en plus, c’est son anniversaire. En guise de cadeau, il veut une interprétation de Boys boys boys de Sabrina, hit intemporel et intergalactique qui devient Balls balls balls… avant que tous, groupe et équipage, ne soient renvoyés dans le monde « normal » remétallisé. Princesse Leya nous a offert un vrai bon moment de détente, et même si certains trouve qu’il y a trop de « blabla », c’est bien une comédie musicale et pas un concert auquel nous avons eu droit. Un moment d’évasion intersidéral.
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
PRINCESSES LEYA @ ROCK IN REBRECH 13
La nuit est tombée, les familles commencent à rentrer, d’autant plus que Sidilarsenest prévu de monter sur scène à… 23h30. Autant dire que je crains de voir le public déserter plus tôt que souhaité les lieux avec l’humidité qui s’installe. Cependant, hormis les enfants pour qui l’heure du dodo est venue, il reste du monde pour accueillir les Toulousains dont la scène est en train d’être mise en place, tandis que, à l’opposée, une longue file attend patiemment de pouvoir se procurer le merch des Princesses et que PrimsA continue d’animer cette inter session avant de remercier le public venu nombreux.
PRISMA @ ROCK IN REBRECH 13
SIDILARSEN @ ROCK IN REBRECH 13
Sidilarsen s’est fait rare depuis 2019, mais la sortie de son nouvel album, Que la lumière soit, justifie sa venue ce soir. Les dates commencent à s’afficher en nombre et la bande à Didou et Vyber espère bien pouvoir défendre longtemps ce disque déjà remarqué, en tout cas, être sur les routes jusqu’en 2025.
SIDILARSEN @ ROCK IN REBRECH 13
A l’image de la pochette de son album, le groupe tout entier se réunit, en cercle, au milieu de la scène baignée de rouge. Puis les hostilités commencent avec la nouveauté Intox, suivie des désormais classiques Retourner la France et Guerres à vendre qui, déjà retournent le public.
SIDILARSEN @ ROCK IN REBRECH 13
On remarque que la scène est sobrement décorée, les écrans qu’utilisait le groupe sur les côtés ont disparu au profit de simples estrades de chaque côté du kit de batterie. Une batterie tenue et frappée par Marvyn, le dernier arrivé qui, malgré son jeune âge et son petit gabarit cogne comme un diable et comme s’il avait toujours été là.
SIDILARSEN @ ROCK IN REBRECH 13
Malheureusement, est-ce par choix ou par contrainte, Sidilarsen joue presque en permanence à contre jour. Très peu éclairé en façade, c’est souvent un jeu d’ombre chinoise auquel le public a droit, malgré des lumières contrastées, vives et variées. Mais les 5 se donnent entièrement, allant chercher le public qui, en grande partie, connait déjà les nouveaux morceaux présentés ce soir (Adelphité, Du sang sur les fleurs, On revient sur Terre et Luminaria) et reprend avec entrain les plus anciens morceaux.
SIDILARSEN @ ROCK IN REBRECH 13
Si chaque album n’est pas ce soir représenté, les God’s got guns, On va tous crever et autres Back to basics voient le public accompagner avec force le groupe très en forme, avant que, là encore de manière classique, Sidilarsen ne ferme le ban avec La morale de la fable et l’incontournable Des milliards. Oui, Sidi est en forme et il ne fait guère de doute qu’on entende beaucoup parler d’eux cette année.
SIDILARSEN @ ROCK IN REBRECH 13
Malgré un temps grisâtre, une humidité presque constante et des horaires assez tardifs – une idée à explorer pour la prochaine édition: démarrer, en cette période encore scolaire, une heure plus tôt, surtout pour vraiment profiter de la tête d’affiche – le public est venu en nombre. Paradoxalement, la journée du 26 mai, gratuite, a attiré beaucoup moins de monde que ce samedi, pourtant payant. C’est rassurant pour l’avenir du Rock In Rebrech’, petit festival de province qui monte et monte tranquillement!
Il y a des dates comme ça, tu sais que tu ne peux pas les rater… Si Sortilège a le vent en poupe depuis sa reformation, le groupe sait devoir continuer d’aller vers son public, où qu’il se trouve. C’est ainsi que, après avoir échangé avec Chris Dannacker, président de l’asso Crick For Zic et instigateur du Crick Fest, les Parisiens, séduits par le propos et le projet artistique, on accepté de venir donner un concert à l’Espace Loire, une salle plus que des fêtes de Cléry St André, commune plus connue pour sa basilique médiévale et pour son son et lumières estival et qui accueille ce soir la troisième édition du Crick Fest.
Située juste à la sortie de la ville, la salle de Loire peut accueillir quelques 350 personnes, dispose d’une vraie scène et d’éclairages dignes des plus grands clubs. Toute une équipe de bénévoles s’affaire à préparer les lieux, loges, merch… pour cette soirée qui s’annonce plus que chaleureuse.
Si les préventes ont permis de compter sur une salle aux 2/3 remplie, c’est finalement un quasi sold out qui sera annoncé en cours de soirée. Oui, il y a des dates à ne pas rater et ce 13 avril en fait clairement partie et le public multi générationnel l’a bien compris.
HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Je découvre ce soir HellXHear, une formation qui propose un hard rock puissant et mélodique. Formé du côté de Blois en 2020, le batteur Manu recrute ses compères afin de proposer des compositions taillées pour la scène. HellXHear déniche une double arme secrète: le guitariste Tim, qui a notamment collaboré à General Lee et High Scream et le chanteur Poy qu’on a pu écouter au sein de Fairyland, Voodoo Smile ou, également High Scream. La formation tient cependant la barre grâce au second guitariste Gulch’ mais a du mal à trouver un bassiste stable…
HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Reste que le heavy proposé par le combo fait mouche, et même si le public n’est pas encore très dense, les présents en profitent totalement. Ces cinq là, c’est clair dès les premiers instants du concert, sont allés à bonne école et vantent ouvertement les 80’s avec un son résolument moderne.
HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Comme d’autres plus tard, Poy n’a de cesse (ou presque) d’exprimer sa fierté d’être là ce soir et de pouvoir jouer avec Sortilège. Le gaillard n’hésite jamais à aller chercher le public et impressionne avec son chant clair qui se révèle aussi puissant qu’il peut monter haut. Heureusement qu’il y a ce contact, car Lolo, concentré comme jamais, reste trop peu mobile, ce qui peut casser quelque peu l’énergie musicale et scénique de la formation…
HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Au delà de compos originales, HellXHear propose deux reprises dont la première ne sera plus jouée par le groupe. « Vous connaissez Squealer? On a l’habitude de jouer des titres de groupes qui ne sont plus là, mais eux, ils se reforment », c’est ainsi que le chanteur présente Suicide girl (extrait de l’album de 1991 This is what the world is all about). Puis, avant de clore le concert, c’est un furieux Youth gone wild, reprise du premier album de Skid Row (qui n’arrive pas à stabiliser son chanteur, soit dit au passage…) qui vient finir de convaincre un public conquis. Le chanteur en profite pour disparaitre tandis que le public scande les « oh, oh ohoh oh, oh » pour se glisser dans la foule, revient sur scène pour un dernier titre explosif. Une belle découverte et une plus que très agréable mise en jambes et en voix en somme !
HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Après un rapide changement de plateau, c’est au tour de PrismA, groupe dans lequel sévit le guitariste Christophe Dannacker, par ailleurs président de l’association Crick For Zik et organisateur de la soirée, d’investir les lieux.
PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Avec PrismA, on retrouve un style quelque peu différent bien que tout aussi pêchu. une seule guitare et des claviers font la différence. Si tout le monde s’applique, le chanteur Philippe Sanfilippo (c’est un critère de fratrie, le chant, les gars?) est très à l’aise et entraine le public avec lui.
PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Dès les premiers titres, Freedom or war et Crazy night, ça groove sec, PrismA semblant décidé à choper le public par la gorge. Les morceaux sont clairement taillés pour la scène, à la fois festifs et entraînants.
PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Sans doute une question de génération ou de perception… il y a aussi des groupes qui, heureusement, semblent soutenir le travail des autorités, forces de l’ordre, sécurité et PrismA l’exprime au travers de Heroes of the night.
PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Puis arrive le temps calme du concert avec la ballade No more tears. malheureusement, avec le titre suivant, le public semble moins réceptif, se fait plus épars, et le concert connait une baisse d’intensité avant que D Day memories ne vienne rebooster l’ensemble.
PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Le final, composé d’une triplette rock énergique qui démarre avec un Rock now sur lequel le public est mis à contribution, redonne la patate avant que Prisma ne cède les planches à la tête d’affiche du soir, à qui un nouvel hommage est rendu par Philippe qui, lui aussi, exprime tout son bonheur de jouer ce soir.
PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Tranquillement mais surement, la salle se rempli. Clairement, le public présent – beaucoup « d’anciens », certes, mais de nombreux jeunes également – attend la venue de la légende Sortilège. Car, malgré les déboires connus de sa reformation, le line-up actuel affiche une forme, tant scénique que créative au top (Apocalypso, le dernier album en date, et son pendant live Coram populo font plus qu’en témoigner).
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Alors qu’Olivier Spitzer, l’un des guitaristes, signale un problème de retour rapidement remplacé, la bande son d’intro annonce le début imminent du concert. Le public se masse devant la scène et hurle son contentement à l’arrivée d’un élégant Zouille, chateur, fondateur du groupe et instigateur de cette version d’un Sortilège qui mérite amplement son succès actuel.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Est-ce le fait de jouer dans une « petite » salle qui donne au groupe tout entier, en plus de son énergie naturelle, ce sentiment d’un contact encore plus facile et relax avec le public? Les enjeux ne sont certes pas les mêmes que lors du concert du Bataclan en octobre dernier ni même que pour le Heavy Week End de Nancy qui arrive au mois de juin.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
En tout cas, le public est à fond, reprenant en chœur Amazone et Phoenix, deux titres après lesquels Zouille commente: « Ok, vous connaissez les paroles par cœur Voyons si c’est pareil avec le dernier album!« . Ben, oui… Il y a des fans qui chantent à l’unisson ces mélodies imparables tant sur les nouveaux titres que les plus anciens – en l’occurrence Le sacre du sorcier et Chasse le dragon.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
La formation actuelle est solide et unie comme jamais, le duo Bruno Ramos et Olivier Spitzer étant complice et parfaitement soutenu par la section rythmique qui tient toute cette architecture composée du bassiste Sébastien Bonnet et du batteur Clément Rouxel.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Les titres de bravoure défilent et c’est un Zouille, dans une resplendissante forme vocale, qui se montre de plus en plus en forme et détendu. Le gaillard fait plus que sourire, il blague (se moquant gentiment des musiciens qui se ressourcent après Toujours plus haut: « Il faut laisser le temps à nos musiciens de s’hydrater… Et pendant ce temps, je brode…« ), se marre bien et danse même semblant se surprendre lui même. « Faut être complètement dérangé pour danser comme ça » lance-t-il fort à propos en guise d’introduction de Délire d’un fou de nouveau chanté par la foule après un magistral et lourd Marchand d’hommes et un inquiétant Vampire.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Sortilège propose ce soir un concert sans aucun temps mort, Zouille et ses comparses tenant le public dans le creux de la main grâce à une bonne humeur communicative, une complicité réelle au sein d’un groupe plus en forme que jamais.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
On approche de la fin du concert, et les deux titres sur lesquels intervient (sur l’album) Stef Buriez sont de sortie – Attila et La marche des centaures – avant que deux classiques n’annoncent les rappels, D’ailleurs et Mourir pour une princesse.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Plutôt que de conclure ce concert haut en couleurs de manière « normale », Zouille interpelle le public: « on pourrait sortir, vous nous rappelez, et on revient, alors on ne va pas sortir… mais vous pouvez nous appeler quand même! » ce que le public ne manque pas de faire à « la grande surprise » du chanteur. Et c’est parti pour le final composé de Civilisations perdues et de l’incontournable hymne Sortilège.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Ce soir, devant une foule compacte – la salle affiche « complet » à une vingtaine de places près – Sortilège a donné un superbe et plus que chaleureux concert, efficace de bout en bout. Inutile de préciser que le public sera gâté sur les quelques dates qui arrivent et qu’il serait dommage de rater ces concerts. Un public heureux qui reste pour rencontrer le groupe qui se présente de longues minutes durant dans la salle allant de stand en stand, s’offrant aux demande de photos et signatures diverses. Une très belle soirée que nous a concocté et offert Crick For Zik dont le président annonce que « c’est sûr, il y aura un 4ème Crick Fest l’an prochain« . Yes!
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024
Merci à l’asso Crick for Zik et son président, Christophe Dannacker, à Veryshow et sabrina Cohen Aiello et Marc du management de Sortilège d’avoir rendu ce report possible et l’interview à suivre.
Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024PrismA @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024HellXHear @Crick fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024Sortilège @Crick Fest 3, Cléry St André (45), 13 avril 2024