MAGNUM: Lost on the road to eternity

Hard rock, Royaume-Uni (SPV, 2017)

Si le titre de ce nouvel album de Magnum se veut prémonitoire, son contenu pourrait bien transformer ce rêve en réalité. De bout en bout, en effet, ce Lost on the road to eternity, enthousiasme, entraine ou/et émerveille l’auditeur. Les mélodies sont simplement toutes d’une simplicité et d’une efficacité à nulle autre pareille, avec des airs immédiats, des mélodies et des refrains qu’on s’amuse à siffloter en choeur sans prendre le temps de se demander ce qu’il se passe. La légèreté de l’ensemble confirme tout le talent de ce groupe qui, tout en restant fidèle à ses origines, taille de véritables hits en puissance. C’est que depuis sa création en 1972, Magnum en a vu et vécu des choses… De Preachers and cream – très réaliste – à King of the wold – très optimiste et positif – chacune des 11 chansons de ce disque fait mouche. A une époque où la violence est à chaque coin de rue, Lost on the road to eternity choisit le chemin de la bienveillance, tant dans ses constructions musicales que dans ses propos. Une totale réussite qui s’adresse à tous les amateurs de belles mélodies.
A noter : SPV propose une version de l’album agrémentée d’un CD bonus contenant 4 titres live enregistrés en 2017. Certes, c’est court mais en attendant un nouveau live intégral, on s’en contentera!

AVATAR: Avatar country

Heavy metal, Suède (Sony music, 2018)

Depuis quelques albums, Avatar réussit à se diversifier, ne pas se répéter ou tomber dans le piège de la formule. Et si le groupe sait se faire remarquer pour ses prestations scéniques hautes en couleurs, prestations fédératrices s’il en est, il lui reste à franchir le cap de la réalisation de l’album qui fera craquer le grand public. Avatar country pourrait bien être celui-là, plus joyeux qu’un Feathers and flesh sombre. Construit autour de l’histoire d’un roi – chaque chanson et instrumental contient le mot « king » – l’album explore divers horizons, très mélodiques ou plus brutaux. Le chant de Johannes Eckerstöm est plus varié que jamais et le gaillard excelle dans les vocaux  clairs autant que cette rage qui anime sa folie. Les guitares de Jonas « Kungen » – qui tient ici le rôle du roi (cf interview) – et de Tim Öhrström illuminent l’ensemble des chansons, également très variées. Du très heavy metal Legend of the king – véritable introduction après le chant glorificateur Glory to our king – au final instrumental  (les deux parties de Silent songs of the king), en passant par le folklorique The king welcomes you ou le délirant The kings speaks, tout est éblouissant, entraînant, voire fascinant. Même s’il est très « culte de la personnalité », c’est avant tout un disque d’autodérision et de critique acerbe du pouvoir en place. Avatar frappe fort et Avatar country me donne ma première grosse claque de l’année.

ANVIL: Pounding the pavement

Heavy metal, Canada (SPV, 2018)

Si Anvil a connu, au cours des années 80, un joli début de gloire pour mieux sombrer dans un injuste oubli, il fait aujourd’hui, depuis le film qui lui a été consacré, partie des éternels challengers. Sans aucun doute le capricieux succès restant à la porte a-t-il inspiré le titre de ce nouvel album. Car Anvil ne lâche rien et continue de battre le pavé (Pounding the pavement, en anglais, et accessoirement le titre de son nouvel album) en rongeant son frein. L’envie est toujours présente, et cela s’entend dès Bitch in the box, un heavy carré et entraînant à la mélodie mémorisable. La voix de Lips est puissante et rugueuse et sied parfaitement. Anvil s’amuse par la suite avec les rythmes proposant ici du speed (Ego), de la lente oppression (Smash your face, pas totalement convainquant), un instrumental efficace (Pounding the pavement, qui m’évoque Accept), du rock n roll débridé à la Motörhead (Rock that shit, le bien nommé), du heavy pur jus, mais toujours teinté de mélodies variées et puissantes. Pounding the pavement est un album qui sent le plaisir de jouer, et parfaitement adapté pour les concerts. Espérons seulement qu’Anvil puisse, sans morceau immédiat, trouver un public plus large, ce qu’il mérite vraiment.

BLACK LABEL SOCIETY: Grimmest hits

Hard rock, USA (Spinefarm, 2018)

Ce n’est pas parce qu’apparaît le mot « hits » que Grimmest hits, nouvel album du Black Label Society de Zakk Wylde est un best of… Non,non, non… Rien à voir! Il s’agit bel et bien du successeur de Catacombs of the black Vatican paru en 2014. Et là encore, les amateurs de BLS seront simplement comblés, sans pour autant, reconnaissons-le, être surpris. Car les 12 morceaux de ce disque sont le reflet de ce que Zakk fait de mieux: de jolies et puissantes mélodies, de gros riffs de guitares et la ballade qui va bien. C’est carré, chanté avec cette voix profonde et grave qui est typique au guitariste. Grimmest hits se révèle rapidement être un de ces albums profondément honnêtes qu’on a beaucoup de plaisir à écouter, même si on ne retient pas tout spontanément. Pas de révolution, mais un vrai bon moment que nous offre, une nouvelle fois, Black Label Society – qui sera de passage au Bataclan de Paris le 8 mars, et au Bikini de Toulouse le lendemain, 9 mars. Rendez-vous est pris avec l’un des plus sympathique guitaristes bourru comme un ours de sa génération.