BURNING DEAD: Fear and devastation

France, Heavy Thrash (M&O, 2022) – sortie le 25 février 2022

Fear & devastation, c’est le titre du premier album des Frenchies de Burning Dead qui avait annoncé « avec grand plaisir » sur son site « devoir retarder la sortie » de ce, Fear & devastation, premier album au 25 février. Etre heureux de voir la sortie de son bébé repoussée, mais quelle en est la cause? Une signature avec le label M&O ouvrant de fait plus de portes qu’une sortie indépendante. Cela valait-il le coup d’attendre?  Clairement, oui. Doté de 10 titres d’une puissance explosive, démarrant avec Fear et se concluant avec Devastation (original, mais, oui, il y a bien 8 autre morceaux entre ces deux là!), le groupe propose un heavy metal carré et burné doublé d’accents thrash d’une redoutable efficacité. Alternant entre chant clair et rage guerrière, les Fear, Their coming, Eternal war, Army of darkness se révèlent d’une grande efficacité. Si certaines références semblent évidentes (Maiden période Powersalve sur Their coming ou The warrior, Exodus ou Nuclear Assault dans les explosions thrash brutales), Burning Dead sait aussi se faire plus soft comme sur She, pause bienvenue au milieu de cette déferlante de fureur contenue. Les guitares qui cisaillent à tout va et la rythmique efficace enrobent un ensemble varié et puissant. Burning Dead saura incontestablement séduire les amateurs de gros riffs et de mélodies bien plus explosives que simplement et gratuitement brutales.

BEYOND THE STYX: Sentence

France, Hardcore (WTF records, 2022)

Rater (accidentellement, c’est évident) une interview peut avoir ceci de bon: un recalage à domicile dans un contexte moins carré: l’interview devient alors discussion et la demi-heure originellement planifiée peut s’étendre à l’envi. Echanger avec Émile Duputié, le chanteur des Tourangeaux de Beyond The Styx, au sujet de Sentence, le troisième album du groupe est riche de plaisir. Seulement, même si l’ami Covid est passé par là, Stiigma, le précédent album du groupe, est sorti il y a 4 ans. Qu’a fait le groupe depuis? « On a tourné pendant deux ans pour soutenir Stiigma, et une troisième année, pas prévue à la base, a été planifiée. Stiigma a bien fonctionné, a eu une très bonne réception de la part des programmateurs et du public. On était censés continuer de tourner et composer l’album en 2019 et 2020. Mais il y a eu deux évènements majeurs qui nous ont freinés. A l’été 2019 on avait déjà une démo et on a été signés par WTF records, album qu’on devait à l’origine sortir au premier trimestre 2021. Mais Victor, notre guitariste lead, a fait le choix, pour des raisons personnelles, d’arrêter toute aventure de groupe. On a dû renouveler les troupes, on a casté plusieurs guitaristes et on a fini par trouver Arnaud début 2020. Il avait quasiment fini de maitriser notre set, on a fait deux dates avec lui, et paf! On se retrouve en mars, complètement arrêtés. une date en deux ans, c’est très peu… On dispose de notre local de répétition, ce qui nous a beaucoup facilité la tâche. Mais dès lors que les déplacements se sont limités aux départements, c’est devenu compliqué. Entre Angers, Tours et Paris… »

Sentence a été enregistré à Blois « avec Christian Donaldson  qui, lui, vient même d’un autre pays, du Canada. Ca a été très compliqué pour lui de venir, mais ça a pu se faire et on a commencé mi juillet 2021. On a enregistré en 2 semaines. ce n’était pas la première fois qu’on enregistrait, ce qui a rendu les choses plus faciles, pour nous, pour notre ingé son. » C’est la première fois que le groupe enregistre avec Arnaud. Qu’a-t-il apporté au groupe? « On ne l’a pas recruté uniquement pour ses qualités musicales…. Qui dit groupe dit aussi vie sociale. Arnaud, on le connaissait un peu à côté et tourner, enregistrer, vivre ensemble, c’est aussi une expérience humaine. On savait qu’humainement c’est quelqu’un de simple, drôle et il respecte ses engagements. »

Naturellement, un groupe évolue entre deux albums. Comment Émile analyse-t-il celle de Beyond The Styx entre Stiigma et Sentence ? « Je dirais que Sentence est un brin plus… « incisif » que Stiigma, si c’est possible. C’est le genre de pavé dans une mare qui éclabousse vraiment ». D’évidence, le groupe à la rage au ventre et exprime sa colère avec une virulence non feinte. Dix titres brutaux, qui allient hardcore pus jus, punk et thrash à un chant hurlé et agressif, difficilement compréhensible sans le livret. D’ailleurs, « Christian, lui, semblait comprendre ce que je hurlais et il voulait corriger mon accent. Il trouvait que certaines phrases, certains mots ne collaient pas rythmiquement. Je pense qu’on a gagné en puissance, qu’on a gagné de ce point de vue: une puissance clairement affirmée et prononcée. » Ce qui surprend, c’est d’entendre un hurleur aussi agressif que lui parler d’une voix douce, calme, posée et bienveillante et presque fluette. Comment travaille-t-il sa voix? « Je pense que ma douce voix, je ne la travaille pas, sauf dans ma vie professionnelle puisque je suis éducateur. Ce qui nous oblige à savoir, un peu comme au théâtre, à savoir jouer sur les intonations. Ce n’est pas en parlant fort qu’on obtient grand chose de quelqu’un… Ma voix plus saturée, je l’ai travaillée, même si je ne dispose pas à mon sens d’une technique folle. Je peux juste parler en termes d’intonations de voix, mais pas plus. Je chante avec mes tripes. Ce n’est pas le fait d’avoir fait un stage de chant saturé avec David Ferond qui a révolutionné ma façon de canter si ce n’est deux choses: l’échauffement et l’hygiène de vie, deux choses importantes pour pouvoir tenir une voix. Il m’a aussi fait comprendre l’importance du diaphragme, un instrument magique. » Émile envisage-t-il un jour, comme d’autres le font, d’alterner avec du chant clair? « Non, pas du tout! Inenvisageable, en tout cas pas avec moi au chant. Si un jour ça se fait, ce sera invité, mais pas moi. J’ai peu de certitudes, mais celle là, c’en est une. »

La lecture de certains titres peut également évoquer certaines choses: Self hatred, par exemple, est-il un titres autobiographique? « Waow! j’aime bien ces questions inhabituelles! Peut-être en partie… Une partie de moi, oui, en bon Gémeau que je suis. J’ai toujours du mal à me distancer du genre humain dont on a été séparé depuis 2 ans. Quand je parle de la haine de soi, c’est la haine de sa propre espèce. On a parfois l’impression d’être entourés de personnes plus monstrueuses les unes que les autres alors que nous sommes censés être l’espèce ultime, dotée de conscience. De quoi? Je m’interroge… J’ai l’impression qu’on est une espèce de plus en plus auto centrée, et ça m’agace au plus haut point! » Les thèmes abordés font sur cet album référence à l’humanité et au pouvoir, aussi. Émile reconnait volontiers, comme nombre d’autres, avoir mal vécu la période de confinement, en bon citadin vivant en appartement. « Collateral fait référence aussi au pouvoir que nous avons tous. On est tellement écrasés par la technologie, par le quotidien… d’une certaine manière, on a l’impression que nous ne sommes que juste bons à être dans notre quotidien sans pouvoir en sortir… On nous parle du monde d’après mais il reste encore à construire. »

Collateral est un des titres qui a fait l’objet d’une video, démarrant en partie d’air soft version jeu de guerre (OK, c’est pareil) pour terminer sous forme de jeu vidéo tourné en automne. « Non, ça a été tourné en forêt de Chinon en plein hiver. On l’a fait le 1er janvier. » Overload montre une tête d’ampoule bouffeuse de pizzas. « oui, oui… Le thème, c’est un peu ce que j’ai eu l’impression de traverser pendant le confinement: cette impossibilité de projection dans l’espace et dans le temps. On est conscient qu’il y a un mur qu’on ne pourra pas franchir. Ca aborde le thème du burn out avec tout ce qu’on a pu nous imposer, à tort ou à raison parce qu’il y a aussi de la raison dans ce confinement. »

Tous ces éléments, les nuages, la puissance, l’impuissance, on les retrouve sur la pochette. Avec ce personnage qui porte le numéro 7 sur son maillot. une signification particulière? « Ah! Tu es le second à m’en faire part, mais le premier en interview…  Ammo, le graphiste, est parti du numéro 80 que je porte sur un maillot de la NFL. D’ailleurs, dans Collateral, un joueur porte le maillot avec le numéro 8, chiffre qui peut renvoyer à l’infini. » Cette notion de pouvoir, on la retrouve partout sur la pochette, de l’ado à l’immeuble  prêt à tomber sur le Cerbère… « Là, pour le coup, tu es le premier à m’en parler. C’est bien, ça me fait voir des codes que je ne voyais pas au départ! »

Si le vocaliste devait ne faire écouter qu’un titre de Sentence pour définir ce qu’est aujourd’hui Beyond the Styx, ce serait lequel? « Je m’arrêterais au choix du groupe, je pense. Pas forcément ma préférée mais DC est représentative avec l’aspect metal, hardcore, un tempo assez contrasté. Si on aime pas celui-là, il y a peu de chance qu’on aille plus loin! »

Terminons avec ce classique de Metal-Eyes: quelle pourrait être la devise de Beyond The Styx? « On en a déjà une, c’est une devise que j’ai écrit en anglais: No more borders, cross the river. Plus de frontières, traversez la rivière. Ca rime aussi en français, je m’en rends compte juste là en traduisant (il rit). Brisons un maximum ces frontières qui peuvent nous distancier les uns des autres. »

Brutal et intègre, Sentence est sans aucun doute un album à découvrir en live. Amateurs de hardcore et de thrash, lancez-vous!

Entretien téléphonique mené le 11 février avec Émile Duputié (voix)

SEVEN EYED CROW: Icarus

France, Rock (Ep autoproduit, 2022)

Pour sa troisième publication, SevenEyedCrow revient avec Icarus, un Ep 5 titres taillés dans un rock progressif aux influences diverses. Le groupe, comme nous le rappelle Aurélien Boileau, guitariste et producteur du groupe, regroupe des musiciens d’horizons divers de la scène metal bordelaise qui voulaient « faire une musique assez groovy, puisant dans divers styles… C’était assez difficile de trouver des gens prêts à jouer ces styles, il y avait des gens qui voulaient jouer soit du jazz soit du gros metal très violent. Mais peu de gens prêts à passer d’une musique extrême à un genre plus léger. On a mis du temps à se trouver, mais une fois trouvés, l’affaire a bien démarré. » un premier Ep parait en 2015 (Dark ways to the sun) suivi d’un album en 2018 (Organised chaos). Changement de line up oblige, le groupe ne peut défendre cet album sur scène mais trouve le nouveau bassiste, Yohann « qui nous permet de repartir du bon pied« . Et pourquoi avoir choisi le format Ep? « On n’était pas partis avec cette idée, mais le travail s’est fait assez vite sur ces 5 morceaux et rapidement il y a eu la crise sanitaire, les isolements, les gens malades, les difficultés à se réunir. On a commencé à travailler à distance et autant on n’a pas eu de difficultés à travailler sur des titres existants autant travailler sur de nouveaux titres… Ca nous apparaissait très difficile. On s’est dit qu’au moins, ces 5 morceaux sont là, on les sort, en espérant que le temps qu’ils arrivent la crise soit terminée… » Ceci n’empêche que cet Ep permet de faire parler du groupe plutôt que de rester dans l’ombre. L’ombre sombre comme un corbeau, alors pourquoi Corbeau à 7 yeux?  » C’est venu dans un délire… Un soir où on avait bien bu, tous (rires)! Le corbeau avec ces sept yeux, ça lui permet de regarder dans tous les sens. Il se trouve qu’un ami graphiste était avec nous – il s’est occupé de tout le graphisme du groupe – nous a sorti un dessin à ce moment là qu’on a trouvé superbe, et c’est resté« . Les thèmes abordés sont généralement dystopique, interrogeant sur l’avenir, la société. Seul  To my old man sort de cet esprit, le titre étant un hommage au père du chanteur, récemment décédé. Musicalement, SevenEyedCrow se distingue par un rock groovy teinté de jazz, alternant rythmes enlevés et ambiances plus feutrées, soft et imprégnées de jazz ou de cet esprit Pink floydien des anciens jours. Mais comment Aurélien définirait-il la musique de son groupe à quelqu’un qui ne le connait pas, et s’il devait ne faire écouter qu’un titre pour convaincre l’ignorant d’écouter le reste, lequel choisirait-il? « Je lui dirai déjà que c’est du rock. Avant tout on fait du rock avec un gros background de rock progressif et de metal, mais aussi de jazz et de funk. On est tous issus de cette scène fusion – FFF, Red Hot Chili Peppers… Ca ne me parait pas inconcevable de citer Pink Floyd et Korn dans une même phrase. Peut-être qu’on propose du progressif, mais ce n’est qu’une des cordes de notre arc« . Et le titre à me faire écouter? « Je dirai Weird boy, parce que tout le monde est à sa place. Il y a une basse très présente, Yohann avait trouvé sa place et l’idée de base vient de lui. Je trouve que c’est un titre où chacun de nous apporte quelque chose. Il est très mélodique et très puissant. Je trouve que c’est Weird boy qui traduit le mieux le SevenEyedCrow actuel« . Si j’ai, à titre personnel, du mal avec le chant – mais chacun se fera son idée – la variété des styles fusionné au sein de cet ep fait de SevenEyedCrow un groupe original et explorateur. Icarus est une belle carte de visite pour tout amateur de genres variés.

 

Entretien téléphonique avec Aurélien (guitare) effectué le 28 janvier 2022

SAXON: Carpe diem

Heavy metal, Angleterre (Silver lining, 2022)

Même avec la pandémie, Biff Byford ne semble pas savoir ce que c’est que de rester inactif… Un album de reprises avec Saxon (Inspirations en 2020) histoire d’occuper le temps, un autre avec son fils Seb (Red brick city sous le nom de groupe Heavy Water en 2021) et maintenant voici que déboule Carpe diem, le nouvel effort collectif desdits Saxon. Clairement, Biff et sa bande – inchangée depuis maintenant 2007 et le retour de Nigel Gloker pour The inner sanctum – ont les crocs. Si Paul Graham (éternel guitariste du groupe) expliquait il y a quelques temps à Metal Eyes (cf l’interview de mars 2021) que le nouvel album studio de Saxon sortirait lorsque le groupe pourrait reprendre la route, la durée prolongée de la crise sanitaire semble en avoir décidé autrement, poussant les Anglais à publier ce bien nommé Carpe diem maintenant. « Vis l’instant présent »… oui, pas d’autre choix possible. Illustré par Paul Raymond Gregory (responsable de nombreux visuels du groupe depuis les années 80 – Crusader, Rock the nations, The inner sanctum, Into the labyrinth…), et une nouvelle fois produit par Andy Sneap, ce disque propose dix nouveaux brulots forgés dans le plus pur et traditionnel metal made in chez Saxon. Toujours aussi puissants et mélodiques, ces nouveaux titres démontrent une nouvelle fois, dès l’explosif morceau titre – superbe entrée en matière qui met les pendules à l’heure – que les anciens n’ont rien à prouver et qu’en se faisant simplement plaisir, ils parviennent à offrir à leurs fans du renouveau tout en restant eux mêmes. La paire de bretteurs composée de Paul Quinn et Doug Scarrat fait montre d’une complicité sans équivalent, le duo restant malheureusement bien trop sous estimé. Le chant de Biff est comme un bon vin, puissant et gouleyant, la frappe de Nigel Glocker ferme et plus solide que jamais soutenant le travail solide et puissant d’un Nibbs Carter comme les autres au top de sa forme. . Rapides, enlevés ou heavy, la ligne directrice reste toujours celle de la mélodie catchy et entrainante. Impossible de résister au morceau titre, de ne pas chanter en chœur le refrain de Age of steam, de ne pas headbanger sur Supernova ou de vibre sur The pilgramage (qui tel un Crusader en son temps  risque de voir les portes de certains pays se fermer plutôt que d’accueillir le groupe…) Si Lady in gray est sans aucun doute le morceau le plus faible ou le moins marquant du lot, l’ensemble est toujours aussi redoutable et nous montre un Saxon fier, qui garde crânement la tête haute. Moderne tout en proposant quelques références à son glorieux passé, Saxon nous offre rien de moins qu’une de ses meilleures productions de ces dernières années. Vétéran de la NWOBHM, Saxon est avant tout, aujourd’hui, le gardien du temple d’un genre qui se bonifie en vieillissant. Reste à savoir quand le groupe pourra retrouver le chemin des concerts… La bonne nouvelle c’est que Saxon a pu lancer son Seize the day tour à domicile et que, en France, les concerts debout sont de nouveau autorisés sans jauge. A suivre!

 

FIREMASTER CONVENTION 2022 – « Chapter 3: Cultures that made us » – Châteauroux (36)

Une première édition en février 2020 passée juste avant le confinement (qui fut le théâtre de ce que l’on sait avoir été le dernier concert de Vulcain), une seconde édition menée en distanciel cause Covid en 2021… Alors que l’espoir d’un retour à une vie un peu plus normale revient, les responsables de la Firemaster Convention de Châteauroux annoncent avec un esprit optimiste la programmation des 3 journées de la nouvelle édition.

Celle-ci se tiendra – ouf, souvenirs frileux de février 2020 – du 29 avril au 1er mai prochain, toujours au hall des expositions de Châteauroux. Intitulée « Chapter 3: the cultures that made us » cette convention réunira pendant 3 journées musiciens, conférenciers, exposants, fans et autres autour de concerts, d’ateliers, de tables rondes et autre masterclass.

Chaque journée est divisée en 2: un premier accès de 10h à 18h30, un accès soirée. Naturellement, seuls les détenteurs de pass « Day & night » auront accès aux concerts du soir, chaque formule étant proposée à des tarifs très raisonnables (cf. billetterie)

A cheval entre festival et tables rondes, la programmation est alléchante. Les concerts? Prévoyez (toujours sous réserves, naturellement), la venue de Trust, Phil Campbell and the Bastard Sons, The Exploited, Sidilarsen, Titan, Amon Sethis, Venom Inc., Karras, Betraying The Martyrs et bien d’autres. il y en aura pour tous les goûts!

Les débats et tables rondes porteront eux sur la thématique annoncée: la culture metal, ses influences, l’imaginaire des festivals. Il y aura même des projections de film (Lords of chaos – version intégrale interdite au moins de 18 ans – et le cultissime Metal hurlant), et l’on retrouvera également avec plaisir les commerçants du metal market qui abritera disquaires et artisants divers.

Rendez-vous donc dès le 29 avril à 10h au 1, avenue Daniel Bernardet – 36000 Châteauroux.

Retrouvez toutes les info sur le site de la convention: FIREMASTER CONVENTION 3

EXCEPT ONE: Broken

France, Death/Black metal (Autoproduction, 2022)

Amis de la poésie, bonjour. Janvier n’est pas encore échu, il est donc encore temps d’accompagner cette nouvelle chronique de nos vœux les meilleurs, vous souhaitant une année 2022 chaleureuse et douce. Tout le contraire de ce que nous promettent les Français d’Except One avec leur nouvel album, le très brutal Broken. Les ambiances sombres cachent une forêt d’explosions et de règlements de comptes en bonne et due forme. Mais attention, sous cette apparente brutalité gratuite se cachent d’autres choses. Le groupe travaille incontestablement ses mélodies autour de nombreux changements de rythmes, passant d’une sombre lenteur à une lourdeur et une vélocité sans pareils. Jouant sur les thèmes imposés par certains titres (In nomine et ses chants de monastère, Silent scream qui est tout le contraire de silencieux, Still alive qui nous rassure en presque fin de parcours…) le groupe fait preuve d’une parfaite maitrise musicale, et parvient à faire en sorte que les pied frappent le sol tel des marteaux piqueurs cadencés. Estelle hurle à s’en décrocher les poumons et les amateurs du genre sauront apprécier. Quatre ans après Fallen, Broken vient brutalement rappeler que Except One est bien vivant. Ni tombé, ni cassé.

JaCOB: Metamorphosis

France, Rock (Grey cat records, 2022)

2021 vous a paru une année morose? Alors ce nouvel album de JaCOB va illuminer ce qui reste de 2022! Rien que le nom du groupe – Jaypee & the Cannibal Orgasmic Band!) est une invitation à se plonger dans l’univers pas si déjanté de Jaypee Japar, déjà auteur de 3 albums (On my way en 2015, Sinner en 2016 et Meet me again en 2019) mais qui pour la première fois décide d’un effort de groupe. Le chanteur guitariste s’est ainsi entouré de Fred Brousse (guitare et harmonica), Jean Joly (Basse et contrebasse), Marie Caparros (violoncelle) et Rémi Dulaurier (batterie). Le résultat de cette variété d’instruments? Une ambiance folk western imparable. Si la pochette m’évoque Bergman et son Septième sceau (Igmar, donc, pas Ingrid), le contenu musical interpelle dès Prayer qui nous plonge dans le son des bayous. Une voix grave, profonde, rauque et sombre et des cordes sèches nous entrainent dans l’univers de Déliverance. Non, ce n’est pas une bande originale mais la musique de JaCOB m’inspire ces références cinématographiques tout au long des 10 titres. Il y a du western (I’m coming for you) du West side story (Lonesome bastard) du Tarantino (The loser song) le tout fabriquant un univers hypnotique et irrésistiblement attirant. On pourrait continuer avec des Oh brother ou autres tout au long de cet album, certes. Cinématographiquement, OK, il y a des références, mais musicalement, on a quoi? Du blues gras, du heavy mitonné – oui, j’ose – à la sauce doom, de la country qui dépote… Chacun y trouvera de quoi sa satisfaire. Ce Metamorphosis est une réussite de bout en bout qui mèle rock, blues et folk dans un univers à la fois inquiétant et familier qui donne envie de se lancer dans une chevauchée fantastique. Top!

WELCOME-X: Vol. 2

France, Fusion (Le Triton, 2021)

Ce sera donc un doublé! Welcome-X, avec son premier album, était parvenu à créer un genre indéfinissable, alliant rock, metal, jazz, prog… dans une fusion musicale envoûtante. Avec ce Vol. 2, le groupe explore les mêmes sentiers mais en allant plus loin. Normal: le groupe, puisqu’on peut désormais parler de groupe, se connait mieux et, conséquence logique, fonctionne mieux ensemble. Déjà que le premier essai était une réussite… Alors, oui, le bassiste fondateur Phil Bussonnet reste le principal compositeur et le chanteur fondateur Sam Kün l’unique auteur, mais chacun des musiciens apporte sa touche. Thomas Coeuriot, le second guitariste, signe le morceau de clôture, le brillant instrumental 32GE (si ce n’est déjà fait, allez découvrir la signification de ce titre dans l’interview publié plus tôt). Le reste met en avant la voix unique et variée de Sam qui, de nouveau, alterne entre douceur et rage, puissance et retenue tout au long de ces titres aussi lourds qu’aériens. Welcome-X nous propose ni plus ni moins un des albums les plus envoûtants, originaux, riches et variés de l’année. Impossible de rester de marbre à l’écoute de cette fusion et de ce mélange de genres, mixture alambiqués, certes, mais dont le flot s’écoule aussi aisément qu’une rivière dans son lit – avec parfois ses remous et rapides, cela va sans dire! Il y a de la majesté dans cet ensemble qu’on espère pouvoir partager bientôt sur scène. Superbe de bout en bout, bravo!

HELLFEST 2022: le plus grand festival du monde?

Ça y est, c’est officiel: la rumeur circule depuis quelques jours, Hellfest Production vient de confirmer que le Hellfest 2022 se déroulera sur 2 week-ends! un total de 7 jours de festival entre le vendredi 17 et le dimanche 26 juin avec pour point d’orgue le rêve qui deviendra réalité puisque Metallica envahira Clisson! 7 jours avec 350 groues (dont très peu de doublons)

Bien sûr, certains commençaient à râler disant que Metallica devrait être programmé le premier week end pour remercier tous ceux qui n’ont pas revendu leur billets, mais le HF a trouvé une autre solution: une journée de prévente pour tous ceux encore en possession de leurs achetés en 2019. Cette prévente durera 24 heures et débutera le 6 juillet à 13h. Dès le lendemain, le solde de places sera à disposition du public également à partir de 13 heures.

Délectez-vous de l’affiche, purement monstrueuse, et faisons, ensemble, tout ce qu’il faut pour que ce soit la réalité!

Toutes les infos sur www.hellfest.fr

Un conseil pour les non campeurs: jetez-vous sur les hébergements, déjà rares…