Interview: Yann ARMELLINO et El BUTCHO

Entretien avec El Butcho (chant) et Yann Armellino (guitare). Propos recueillis à Paris le 3 octobre 2016

Better way, leur premier album commun, à peine en bacs, Yann Armellino et El Butcho se  sont prêtés au jeu des questions réponses pour tout nous expliquer de la naissance de ce projet commun. Ambiance légère, sans pression.

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El Butcho : Oh, I gotta a problem with my translator. Hi, I’m Butcho

Metal-Eyes : Hi, nice to meet you. I know you speak French…

El Butcho :  Yeah, oun peutit peuh… (rires)

Metal-Eyes : Je suis donc avec El Butcho et Yann Armellino qui viennent de sortir leur album Better way. Sur le papier, même si le hard rock, le metal vous réunit, l’association Yann Armellino / El Butcho n’est pas une évidence. Qu’est-ce qui vous a réuni ?

El Butcho : … L’amour du hard rock, en fait. Je pense qu’on a tous grandi dans cet univers hard rock des années 80, de Van Halen à Satriani, AC/DC, etc… On s’est aperçus qu’on avait les mêmes goûts, et, c’est comme tout le monde : dès que tu as des affinités avec quelqu’un, tu commences à parler. Yann a proposé ce nouveau projet et j’ai dit « pourquoi pas ? »

Metal-Eyes : Donc l’idée vient de toi ?

Yann Armellino : Oui, tout à fait. On s’était revus  il y a deux ans au Paris Metal France Festival au Divan du Monde et c’est là qu’on en a reparlé. On s’est trouvé plein de points communs et l’idée a germé comme ça. Je l’ai recontacté 6 mois, 1 an après et je lui ai proposé de tenter un truc, je lui ai envoyé deux trois idées. Et ça s’est fait assez rapidement (à Butcho) je crois que dès le lendemain tu m’as envoyé quelque chose.

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé, justement ? La technologie moderne permet  de travailler à distance, ou alors vous vous êtes retrouvés régulièrement ?

El Butcho : On a travaillé à distance, oui. Mais c’était vachement régulier. Il écoutait, me disait « oui, c’est bon, ça c’est moins cool, on apporte telle modification… » On vit avec notre temps.

Yann Armellino : Oui, voilà! On s’est retrouvés quelques fois, mais chacun faisait son propre enregistrement suite à nos échanges, et à l’arrivée ion avait un truc qui nous convenanit à tous les deux.

Metal-Eyes : Et le résultat, c’est Better way. Vous vous êtes quand même au moins retrouvés pour la photo de couverture.

El Butcho : Oui. Non, non ! C’est un montage ! (rires)

Metal-Eyes : Vous avez signé avec Note a Bene qui est un label au sein duquel on trouve pas mal de styles différents, Elmer Food Beat, Soan, Jesus Volt… Il y a plein de styles de musiques différents également, du rap au hard rock. Pourquoi ce label plutôt qu’un autre label plus spécialisé dans le rock ou les musiques à guitares ?

Yann Armellino : On a découvert ce label grâce à nos potes de Jesus Volt qui m’ont présenté François et Bérangère du label. Je leur ai parlé du projet et, tout de suite, ils ont été intéressés, sans même avoir écouté.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les a intéressés ?

Yann Armellino : Déjà, notre pedigree à tous les deux: ils se sont dit qu’il y a un truc à faire. Que ce soit Butcho et ses différents projets, ou moi, par rapport au DVD pédagogique que j’ai fait, mes albums… Sur le papier, déjà, ça leur parlait bien. Ça s’est fait naturellement, en fait.

Metal-Eyes : Il n’y a pas un risque de vous retrouver sur un label qui ne s’y connaisse pas suffisamment  bien en hard rock pour vous promouvoir comme vous l’entendez ?

El Butcho : Je trouve justement qu’un label qui a très peu de groupes dans ce style va mieux le travailler car il y a moins la concurrence des autres. Dans un gros label spécialisé dans le rock et le metal, on serait noyé parmi tous les autres groupes. On s’occuperait de nous 15 jours, 1 mois, et encore, rien que pour la sortie de l’album. Je préfère un label plus généraliste et qui se concentre sur nous plutôt que d’être noyés.

Yann Armellino : Tout à fait, et d’autre part, Note a Bene étant distribué par Wagram, à l’arrivée on a quand même un des plus gros distributeurs indépendant qui va mettre nos disques sur le marché. Ils nous ont trouvé, notamment, un partenariat avec Cultura, donc il y a pas mal de choses qui se passent. Le 14 octobre, l’album sera dans les bacs partout, et, a priori, il y a une mise en place très correcte. Tu parlais de la promotion, mais ce n’est pas le label. C’est Replica, et nous, parce que nous sommes très actifs sur les réseaux sociaux. A l’arrivée, la promo, quelque soit le label, c’est Replica, Roger, Olivier, des gens qui connaissent vraiment ce domaine et ont toutes les antennes.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Better way : comment le décrirez-vous de telle sorte que je file l’acheter dès sa sortie ?

El Butcho (à Yann, avec un large sourire) : à toi…

Yann Armellino : C’est du classic rock, hard rock avec une pointe de blues, qu’il y at oujours dans mes prods, pour les gens qui aiment le hard rock, au sens large, mais le vrai, bon hard rock. Un peu old school, dans le bon sens du terme. Je me retrouve totalement dans ce disque parce que je le trouve assez authentique dans la façon dont il est construit. Que ce siot Butcho ou moi-même, on n’en est  pas à notre premier coup d’essai, on a fait pas mal de chose. Si on a décidé de faire ça, c’est pour nous faire plaisir, et faire plaisir aux gens, partager…

El Butcho : C’est ça le plus important, le partage. Et il faut que ce soit sincère.

Yann Armellino : Je pense que le plaisir qu’on a pris, à l’enregistrer ou avec le mastering qu’on a fait ensemble  c’est la dernière étape, c’est ce que tu mets sur disque  – on s’est vraiment dit “on tient un truc chouette”. En tout cas, moi, j’étais totalement satisfait du résultat et c’est l’essentiel. Je n’ai pas de bémol, ce qui est assez rare.

Metal-Eyes : C’est assez rare, mais en même temps, c’est plutôt bon signe, non ? Si vous êtes satisfaits, ça signifie que le public devrait accrocher aussi…

El Butcho : Après, on ne demande pas à tout le monde d’aimer, évidemment. Tout le monde ne peut pas aimer…

Yann Armellino : Mais il y a un retour du classic rock à guitares, et là, il y a du jeu. Je pense que cet album peut trouver un bon écho auprès des amateurs, on n’est pas complètement isolés.

Metal-Eyes : Si, l’un et l’autre, vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Better way pour expliquer ce qu’est votre association aujourd’hui, ce serait quel titre ?

Yann Armellino : Ouh, là, c’est difficile…. Parce que chaque titre représente quelque chose.

El Butcho : C’est bizarre, je ne pourrais pas les répondre. Si tu (Yann) dit un morceau avec du chant, ta fan base va dire « oh, non, Yann, c’est des instrumentaux », et inversement, si je choisis un morceau instrumental, on va me dire qu’il n’y a pas de chant dessus…. C’est très difficile…. Un album, je le prends comme si c’était un seul titre divisé en 13 morceaux. Notre style, c’est tout ça mélangé. C’est pour ça qu’on fait un album, sinon, on ne ferait que des singles. C’est très difficile de répondre à cette question…

Metal-Eyes : Vous avez quand même une préférence pour un titre ?

El Butcho : Non. C’est comme des enfants, tu ne peux pas avoir de préférence…

Yann Armellino : A part les deux instrumentaux, un clin d’œil à ma fan base – et si je n’en mets pas, ça va pas bien se passer ! (rires)… A la limite, vraiment, le dernier qu’on a composé, Soldiers of rain, où il y a Jacques de Jesus Volt en invité. Mais parce que c’est le dernier, celui qui a donné la touche finale aux  compos. (A Butcho) Tu te souviens du premier titre ?

El Butcho : Je ne sais plus… ah je sais plus quel est le premier morceau qu’on a fait…

Metal-Eyes : Butcho, une question pour toi: Showtime, Hellectrokutters… Tu as plein d’autres projets. Sont-ils encore d’actualité ?

El Butcho : Bien sûr. Showtime, c’est le groupe de reprise, c’est vraiment  le fun. Comme je le dis chaque fois en concert, on est comme des DJ, sauf qu’on joue en vrai les morceaux qu’on , que tout le monde kiffe. Si les gens viennent voir Showtime c’est qu’ils savent très bien que c’est du hard rock des années 80, Judas Priest, Malmsteen, Winger, Dokken… Tous les gros hits. Du coup, c’est vraiment fun. Avec Hellectrokuters, on vient de terminer le deuxième album qui ne devrait pas tarder à sortir. Mais peut-être pas en France…

Metal-Eyes : Pourquoi ?

El Butcho : Parce que pour l’instant, on n’a pas trouvé de maison de disques en France. Ça va être une maison de disque allemande, en fait qui va gérer l’Europe, dont la France. Et les Etats-Unis.

Metal-Eyes : Yann, si je me souviens bien, ton dernier album solo, Revisited, remonte à 2010. Y a-t-il autre chose de prévu en solo de ton côté ?

Yann Armellino : Non, pas pour l’instant. Je n’ai pas envie de refaire un album instrumental, maintenant, après Better way. Mais je te dis ça aujourd’hui, peut-être que dans 6 mois l y aura du changement…. Je me laisse un peu porter. J’ai vraiment envie d’amener ce projet le plus loin possible.

Metal-Eyes : On a récemment appris le retour du Paris Metal France Festival dont on parlait au début. Aucun nom n’a été révélé pour l’instant. Peut-on imaginer vous retroouver sur scène à l’occasion du PMFF VI ?

Yann Armellino : On peut, peut-être, oui… (NdMPa a été confirmé depuis)

Metal-Eyes : Une dernière chose, pour toi Butcho : Phil ‘Em All, on le sait, s’était fait une spécialité de donner envie à certains groupes de se reformer. Peut-on, à l’occasion de ce PMFF, qui va durer 3 jours, espérer un retour de Watcha sur scène ?

El Butcho : Ah, non, pas du tout! Alors pas du tout jamais ! Watcha fait partie du passé, c’est les années 2000 et ça s’arrête là. Les gens qui sont venus nous voir à l’époque, tant mieux pour eux, c’était vraiment cool, mais là, je suis passé autre chose. Le chanteur de Watcha n’existe plus, c’est une nouvelle personne. Non, pas de reformation, même pour n’importe quelle somme. Ça fait partie du passé.

Metal-Eyes : Revenons à vous: en dehors du PMFF, il y a des concerts  prévus?

Yann Armellino : Il va déjà y avoir des showcases acoustiques, dans pas mal de Cultura, le 27 octobre, il y aura au Feelgood des Halles une soirée sur invitation, c’est quelque chose qu’on n’a jamais fait pour une sortie d’album. Ça se perd un peu, et c’est dommage : pouvoir réunir les médias, pouvoir remercier les gens de nous suivre depuis quelques années

El Butcho : Et les medias de nous soutenir, car sans eux, on ne parlerait pas de nous.

Yann Armellino : Aussi, et ce sera open bar, avec un showcase de 40’, avec deux guitares, Butcho, et mon frangin à la percussion. On va écouter l’album, passer un bon moment ensemble. Après, il y aura des choses plus concrètes, électrifiées. Tu sais, on a la chance d’évoluer dans le milieu du hard rock en France. On n’a pas les gros médias, mais on a plein de médias comme le tien. Je dis souvent que vous êtes un peu comme l’armée des ombres, vous faites des trucs, sur internet on trouve toujours quelque chose, vous essayez vraiment de nous aider à exister et c’est vachement important. Tous les styles de musiques n’ont pas cce style de médias pour les soutenir, et vous êtes vraiment actifs. Chapeau, les mecs.

Metal-Eyes : Mais nous sommes aussi là grâce à vous…

El Butcho : C’est un échange, il y a une émulation. C’est vous et le public qui nous faites vivre.

 

DOG N’ STYLE: Pub’s calling

dog-n-style-2016Hard rock, France (Dooweet, 2016)

Une belle bagnole plantée dans un désert rocheux, quatre gars l’air énervé qui en sortent. Des grosses guitares un peu sleaze, un chant déterminé… Ca ressemblerait à un groupe américain de la scène de L.A. qu’on en serait guère surpris. Et, ça, en France on aime! Dog n’ Style en est la preuve en son et décibels. Ca rocke, ça bastonne, ça groove pied au plancher, sans chercher à faire autre chose que du gros metal qui tâche. C’est direct et entraînant, avec quelques accents plus modernes (les lignes de chant de Pretty fly, par exemple). Les guitares peuvent être aussi joyeuses que percutantes, (I did something bad – qui rappelle même Vai ou Satriani dans certains passages de guitare). Hanoi Rocks, Mötley Crüe, Dokken, s’ils ne sont pas loin, ne sont pas les seules influences. On pense, naturellement, à la simplicité rock’n’rollesque d’un Motörhead, à la débauche d’un Twisted Sister… L’esprit US est partout présent, le chant rauque pue la bière, le whisky frelaté et les relents de clopes, c’est vulgaire, je m’en foutiste et… ça fait du bien. C’est un mode de vie rock’n’roll et gueulard que prône Dog n’ Style. Rock on!

Note: 8/10

Titre que je retiens: Never trust an asshole

Yann ARMELLINO & El BUTCHO: Better way

avec-cd-nab-1616-yann-armellino-el-butcho-better-wayHard rock, France (Note a Bene, 2016)

Ils se sont rencontrés en 2013, lors de la cinquième édition du Paris Metal France Festival. Ils sont restés en contact depuis et ont décidé de nous faire un petit, ensemble. Yann Armellino, un des trop rares guitar heroes français, musicien émérite et fin technicien, auteur de plusieurs albums solo ou accompagné (il s’est déjà associé au chanteur Chris Caron pour l’album Gimme the sound), et El Butcho, la voix de Watcha – son groupe le plus reconnu mais qui fait partie d’un passé révolu – et de Hellektrokuters et du groupe de reprises Showtime, se retrouvent autour d’une commune passion pour le blues et le hard rock catchy et pêchu. Ce petit, il se nomme Better way, est composé de 13 titres (dont deux instrumentaux) qui, tous, nous entraînent sur une route parsemée de riffs accrocheurs, de mélodies efficaces et rentre dedans. Le morceau titre donne le ton: du rock, du blues, un anglais parfaitement maîtrisé, et, surtout, pas de prise de tête. On retrouve tout au long des 11 chansons, une variété musicale et une vraie personnalité d’où transparaissent aussi tous ces artistes qui ont inspiré, influencé nos deux compères: la classe guitaristique d’un Eddie Van Halen et son taping (Hellcome baby) ou le jeu tout aussi technique qu’aérien d’un Joe Satriani (Soldier of rain), le rock direct d’un AC/DC (Desert song) ou le fun et l’esprit glam de toute cette vague hair metal / hard glam US des 80’s (Selfish goAnother day). Il y a même une touche de folie destructrice, une puissance explosive par instants, comme sur Hellcome baby, encore ou, au contraire, un peu plus de douceur sur Inner strives et The train L’album se conclue par deux « indispensables » instrumentaux – qu’auraient pensé les fans de Yann si l’album n’en contenait pas? – Suits revisited et le rugueux Road to the core. S’il y a parfois quelques approximations (volontaires?) Better way est le résultat efficace d’une union artistique qui devrait enchanter les amateurs de rock simple, brut, direct. Une réussite qui, je l’espère, sera reconnue du grand public.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Better way

Interview: RAVENEYE

Entretien avec Oli (chant, guitare), Aron (basse) et Adam (batterie) de RavenEye. Propos recueillis à Paris (La Flèche d’Or) le 3 octobre 2016

C’est au Hellfest que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. RavenEye fait partie de ces jeunes formations inspirées par les 70’s au talent très prometteur. C’est à l’occasion de leur passage à Paris avec ouverture du concert de Zodiac (cf. le live report du concert) que nous avons retrouvé les anglais, détendus et heureux d’être là.

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Metal-Eyes : Comment allez-vous depuis le Hellfest?

Oli : Super bien! Ça a été assez dingue, tout ce qu’il s’est passé… l’album est sorti. On attendait qu’il sorte avec impatience. Il était déjà prêt lors du Hellfest et, en fait, ça a été notre principal sujet de conversation : comment on veut le sortir, quand… Notre sujet principal, même depuis que nous avons pris la route avec Zodiac.

Metal-Eyes : L’album est maintenant sorti. Que m’en diriez-vous pour me convaincre de l’acheter ?

Oli : Tu aimes la bonne musique ? (Rire général) Si tu veux simplement écouter un album de classic rock, eh bien, il s’agit de trois musiciens qui jouent, sans trop en faire. C’est un disque honnête, avec plein de choses différentes. On voyage beaucoup, il y a beaucoup d’histoires… Je pense que, en tant que groupe, nous devons avoir une identité. Nous n’avons aucune envie d’avoir, sur un même album, 5 chansons qui sonnent comme des hits. Chaque chanson a sa propre identité et c’est un choix. C’est un voyage que tu dois faire du début à la fin. Tu sais, nos albums préférés sont des disques comme SuperNine, des invitations au voyage.

Metal-Eyes : Quelque chose à ajouter?

Aron : Tout ce qu’il a dit…

Adam : Je suis d’accord. Un voyage musical.

Metal-Eyes : Notre rapide rencontre au Hellfest ne nous a pas vraiment permis de beaucoup discuter. Pouvez-vous me dire quelle est votre parcours musical ?Y avait-il de la musique chez vous, vos parents étaient-ils musiciens ?

Oli : Mon père a toujours joué de la guitare lorsque j’étais enfant, mais je n’ai jamais vraiment accroché. Ça me fatigait d’en jouer à l’époque (rires) ! Il fallait toujours rentrer tard des cours… Et j’ai découvert Hendrix, celui qui m’a vraiment  donné envie. J’ai commencé à jouer du Hendrix à 12 ans et depuis… je n’ai jamais arrété de jouer. Je dois vraiment le remercier.

Metal-Eyes : Tu as eu le soutien de tes parents ?

Oli : Oui, totalement, ils m’ont toujours soutenu, ils ont été extraordinaires.

Aron : J’ai commecé assez jeune, à l’école. J’ai débuté avec la trompette, et la basse est venue lorsque j’étais à l’université, où j’étudiais le jazz. J’ai commencé à jouer du rock, ce que j’ai vraiment adoré, et n’ai jamais arrêté depuis… Je n’ai pas vraiment été influencé par ma famille, ça vient plutôt de nulle part, en fait. Il n’y avait pas de musiciens dan sma famille.

Adam : Aucun de mes parents n’est musicien mais ils ont toujours aimé la musique. Ma mère m’a transmis pas mal de ses goûts musicaux, comme Queen, the Faces et des choses du genre . J’ai fgrandi avec ça. Je me suis mis à la batterie vers 13 ans, j’ai pris une paire de baguettes et j’ai commencé à jouer sur mon oreiller et des coussins dans ma chambre. Et depuis les 7 dernières années, j’ai passé mon temps à frapper des trucs…

Metal-Eyes : J’ai pu écouter Nova, votre premier album, et il semble que vous soyez très influencés par le rock des 70’s, mais également par des sonorités plus modernes. Quels groupes avez-vous déversés dans cet album ?

Oli : Je ne sais pas vraiment… Des choses comme Soudgarden, Queens Of The Stone Age, des groupes des années 90. En tant que guitariste, j’aime Zeppelin, Jimi Page, Black Sabbath et cette période, mais je pense que lorsqu’on compose, il faut vraiment trouver comment s’intégrer, est-ce que ça sonne bien, mauvais ? On a écrit 25 chansons, il faut ensuite choisir celles qui s’intégreront le mieux à l’album, ensemble. C’est ce que nous tentons de faire. On ne cherche pas à reproduire qui que ce soit. Ce n’est que 3 musiciens dans une même pièce qui jouent de la musique.

Metal-Eyes : Avez-vous tous trois les mêmes influences, des groupes favoris identiques ?

Aron : Je pense que nous avons les mêmes bases, des groupes « séminaux », des influences communes. Comme l’a dit Oli, la période grunge nous a influencés.

Metal-Eyes : Au début de l’interview, tu parlais, Oli, de « bonne musique ». Comment décidez-vous qu’une chanson est « bonne », en tous cas, suffisamment bonne pour terminer sur l’album?

Aron : Mmh, c’est une question difficile…  Nous travaillons dur, vraiment, nos capacités à composer des chansons. Les riffs doivent être puissants, les chorus aussi. Les mélodies, en tout premier lieu, doivent être super puissantes. Il faut que les gens puissent siffler le chanson. Chacun a une mélodie, un riff préféré. Chaque élément de la chanson, tel que nous les avons travaillés, doit être puissant, et nous y prêtons attention. La chanson passe avant les envie individuelles. Elle passe avant des solos de guitare de 50’, sauf si la chanson l’exige. Tu voulais savoir ce qui fait une bonne chanson ? Tout cela : une mélodie mémorable, de bonnes paroles, une bonne accroche, un bon mix, un bon son. Ça aussi, ça fait l’identité d’un disque. Notre producteur a vraiment travaillé dur pour obtenir son. Il avait une table de 50 pistes et je pense qu’il a dû passer une journée sur chaque chanson rien que pour le mix. Chaque partie de chaque chanson a été réfléchie, et… c’est top, je pense !

Metal-Eyes : Si chacun de vous devais ne retenir qu’une chanson pour définir ce qu’est RavenEye aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Oli (sans hésiter) : Pour moi, Madeleine. Elle a le groove qui définit bien RavenEye dans ses aspects heavy et très rock des origines aussi.  Il y a de bons riffs, et c’est ce que j’aime. La chanson parle d’une relation tumultueuse, verbalement violente, pas physique. Elle traite de mettre un terme à une telle relation : quand tu t’engueules avec ta partenaire, tu peux dire des choses pires que ce que tu avais pu imaginer. Des choses que tu ne dirais jamais à une autre personne que celle que tu aimes. Musicalement et littérairement, elle représente bien ce que nous sommes, des gros riffs, et du groove.

Aron :  Pour moi, ce serait Out of the rain. Je pense qu’elle a de nombreuses parties qui illustre bien ce que nous cherchons, des riffs, des chorus, ce fond qui dit à ceux qui ont douté d enous, qui se moquaient de nous « eh, regardez nous ! Nous somems là, debout, et on botte des culs ! » Il y a des ponts, des breaks  assez différents. Oui : Out of the rain.

Adam : Je pense que Hate correspond bien. Je suis arrive alors que l’album était déjà enregistré, mais cje pense que ce titre est une bonne representation de l’évolution du groupe. C’est plus direct, heavy rock, et il y a un riff monstrueux. Live, ça le fait vraiment !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous jouerez ce titre ce soir, j’imagine?

Adam : Euh… Peut-être…

Metal-Eyes : Oui, “peut-être » !

Oli : On n’a pas encore vraiment décidé de la setlist.

Metal-Eyes : Il y a sur Nova des chansons d’amour, d’autre sur l’amitié, d’autres un peu plus sexy… Vos paroles semblent traiter principalement des relations humaines. Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez pas aborder au sein deRavenEye ?

Oli : Non, il n’y a pas d’interdits. Au bout du compte, les paroles sont inspirées, dictées par la musique. Quand tu fermes les yeux et que tu te laisses emporter par la musique, tu sens où elle veut t’emmener, ce que tu devrais écrire. On ne s’est pas demandé si on devait inclure de la politique ou pas… Une chanson traitait de politique mais elle n’avait pas sa place sur l’album. Les chansons parlent d’amour, de haine, de mort… Toutes ces émotions extrêmes, et c’est ce qui a guidé cet album. Maintenant, le prochain sera peut-être une gigantesque déclaration politique, ou totalement instrumental… Je pense que ce qui est sympa quand on écrit à partir d’expériences personnelles, en tant que groupe, c’est qu’il y a une connexion, ça parle aux gens.  Chacun peut s’y référer… Par exemple, Inside parle de ta propre violence intérieure, comment elle te limite, et ton combat personnel pour ne pas écouter ces voix intérieures. C’est une bataille de tous les jours, chacun à sa manière. Pour nous, c’est plus profond que de simplement dir e »va te faire foutre ! » (rires).

 

Metal-Eyes : Vous avez été signés par Frontiers records. Qui a approché qui ?

Aron : C’est eux, je crois, qui nous ont contactés il y a… un an environ. Au début , ça ne nous a pas intéréssé car on était à fond DIY – Do It Yourself – communiquer avec nos fans, vendre notre musique par nos propres moyens, les shows ou les disque par internet. C’est si facile de nos jours. Initialement, nous avons dsicuté mais nous étions réticents à perdre notre indépendence. Mais ils se sont accrochés, nous ont relancés et on été parfaitement clair sur le fait que nous pouvions continuer de faire les choses nous mêmes. Nous n’avons pas de tour manager, pas de crew, on fait tout nous-mêmes. Ils n’ont même pas eu un avis musical, tout ce que nous avons fait c’est leur fournir la musique, tout un album, et ils se chargent de le vendre, le mettre sur le marché. Notre relation semble être – est – la relation parfaite.

Metal-Eyes : Le nom du groupe, RavenEye,  me fait penser à Game of thrones (ils rient). Y a-t-il un lien entre votre nom et le roman, la série télé ?

Oli : Jon Snow est ma plus grande inspiration ! Non ! (rires) Sérieusement, j’ai grandi dans cet univers, enfant, j’étais obsédé par les oiseaux, les corbeaux surtout, des oiseaux très intelligents. C’est fascinant de les regarder ,  les observer. Mais on ne se compare pas , on n’est pas des gens super intelligents (rires) ! Le nom est venu comme ça… Je m’amusait à chercher des noms de groupes, et j’ai dit à mes amis « j’appellerai mon groupe RavenEye ». « C’est ça, bien sur ! »… Et nous voici.

 

Metal-Eyes : Les groupe a tourné avec des artistes comme Slash, Deep Purple, vous avez joué en Europe, en festivals…. Jusqu’à ce jour qu’elle a été votre meilleure expérience ?

Aron : Ouh… On a eut de superbes expériences et d’autres terribles. Une affreuse : nous avons conduit 40 heures d’affilée, d’Angleterre jusqu’en Roumanie pour notre second concert avec Slash. Au cours de cette semaine, nous sommes presque tombés en panne d’essence en haut d’une montagne roumaine. Si tu vas chercher  sur Facebook, il faut pas mal remonter, tu nous verra, en haut de la montagne, au point mort, le moteur éteint, en train de descendre en roues libres afin de pouvoir arriver jusqu’à une station essence ! On faisait dans nos frocs !

Oli : pour moi, la meilleure expérience a été le  Download anglais. J’ai grandi en regardant ce festival à la télé , et pour moi, c’est simplement un festival extra. Alors y jouer, sur une scène gigantesque, avec un immense public…. J’en parle autour de moi et, d’un coup, ça me frappe, on a fait le Download. On est passé du statut de groupe inconnu , il y a deux ans, nous étions inconnus, et là, on touche des centaines de personnes, milliers… On s’est vraiment défoncés pour arriver là où on est aujourd’hui. Toutes nos expériences ont été super : Slash, incroyable… Si tout devait merder aujourd’hui, on a déjà ça, ce qui me rend très, très heureux.

Metal-Eyes : Mais il y a encore beaucoup de travail, vous n’allez pas arrêter votre carrière au bout de deux ans… Quels sont vos projets, justement ?

Oli : On fini cvette tournée le 8 novembre, avons un break de 10 jours avant de débuter une grosse tournée anglaise, en tête d’affiche, pour présenter notre album. Ensuite, il y a quelques dates en Espagne, en décembre, et l’année prochaine, fin janvier, nous retournons aux USA, et février-mars on attaque l’Europe. On doit aller toucher du monde, le plus possible, partout !

 

 

SIDILARSEN et Severny Flot Live (Paris, le Divan du Monde, le 11 octobre 2016)

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Commençons par le désagréable: on va les remplir quand, ces salles de concerts? A peine plus de 250 personnes présentes au concert de Sidilarsen à Paris, c’est presque un scandale. Ce groupe mériterait amplement de jouer sur de scènes plus grandes, un Trabendo au minimum, un Elysée Montmartre, un Trianon, un Bataclan, aussi. Bougez-vous, ou alors, ne venez pas, demain, vous plaindre qu’il ne se passe plus rien à Paris!
SONY DSCDonc, peu de spectateurs se présentent pour assister au concert des moscovites de Severny Flot. Le quatuor s’installe tranquillement sur scène, et dégaine rapidement un metal couillu et varié. Le quatuor puise son inspiration dans de nombreux styles, et déménage bien grâce à un guitariste soliste impressionnant (et un claviériste d’une « discrétion » telle qu’il en est invisible…) Les influences slaves sont, évidemment, au rendez-vous, tout autant que du thrash, du punk ou du metal plus fin. Si on tape du pied, j’ai rapidement l’impression que Severny Flot a plein d’idées mais ne parvient pas à les exploiter à fond. Souvent, le milieu des chansons se fait lassant, navigant entre deux eaux… Hormis cela et quelques problèmes de guitare, le set est efficace, le chanteur remerciant le public en français, anglais, espagnol ou allemand… et se termine par deux titres carrément punk/thrash.

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SONY DSCSidilarsen subit un retard de 15′ à cause de difficultés lors du changement de plateaux. Mais dès l’arrivée sur scène des Toulousains, c’est la guerre! Le public pogote et saute en tous sens. deux écrans encadrent la batterie et seront utilisé efficacement tout au long du concert. Didou, atteint d’une bonne crève, arrive encapuchonné dans un sweat shirt qui cache son visage le temps des premiers morceaux, au cours desquels il saute et s’offre même une session de stage diving. Viber, qui partage le chant en plus de tenir la guitare, accompagné de Berben (guitare), Fryzzer (basse) et Sam (batterie) donnent également tout ce qu’un groupe de rock devrait donner à son public: de l’énergie, de la rage, de la sueur. Sidi convie même Poun, un des vocaliste de Black Bomb A, à venir partager le chant quelques instants sur Walls of shame avantSONY DSC d’organiser un (mini) wall of death afin de « casser ce mur de la honte ». Suit un solo de batterie aux accents électro comme les aime Sidi, qui n’hésite jamais à se faire aussi rugueux que dance. Tiens, justement, c’est Dancefloor bastards, leur dernier album, qui est à l’honneur. Le public est invité à chanter sur le morceau éponyme et (au moins) six morceaux sont extraits (Spread it, Dancefloor bastards, Guerres à vendre, Walls of shame, Méditerrannée damnée, 1976) de ce dernier et
superbe disque. Trop tôt arrive le rappel. Le public reprend à l’unisson le chorus de Des milliards. Les musiciens posent tour à tour leurs instruments, laissant le public terminer ce concert: « Nous sommes des milliards contre une élite / Impossible qu’ils nous évitent » alors que des visages défilent par milliers, milliards, sur les écrans. Impressionnant, tout simplement. Un superbe concert, malheureusement desservi par un public trop peu nombreux.

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TWISTED SISTER: Metal meltdown

twisted-sister-2016Hard rock, USA (loud & proud, 2016)

Twisted Sister a décidé, après le décès de son batteur, AJ PERO, de faire ses adieux à la scène. 40 ans de carrière, des millions d’albums vendus, des départs, des splits des reformations, mais, toujours, Twisted Sister a fonctionné avec les mêmes membres. AJ disparu, forcément, TS n’a plus lieu d’être. Pourtant, le groupe a tenu à lui rendre un dernier hommage avant de « définitivement » disparaître. Ce Metal Meltdown – un combo CD/DVD/Blu ray – retrace le premier concert donné de cette tournée mondiale hommage au batteur disparu. AJ aurait, selon le groupe, exprimé le souhait qu’en cas de disparition, ce soit Mike Portnoy qui le remplace. Lui seul, et personne d’autre. Dont acte. La tournée, dont un superbe passage au Hellfest, se fait donc avec Portnoy sur le tabouret. Le document a été capté lors du premier concert post Pero au Joint de Las Vegas. Tous les hits et plus encore y passe. Le groue est puissant, le son parfait, la setlist irréprochable. Une palanquée de morceaux imparables que les fans connaissent sur le bout des doigts sont accompagnés de morceaux plus obscurs. We’re not gonan take it, Under the blade, I am I’m me, I wanna rock, Stay hungry… ça vous parle? Bien sûr, en tout cas si vous étiez ados dans les années 80. Imparables, simplement. Le groupe affiche une forme resplendissante, d’autant plus en images. Le DVD montre une formation au top de sa forme dont les scène de concert sont entrecoupées d’interviews et de divers témoignages. Premier constat: Mike Portnoy est partie prenante de tout. Le batteur est sujet de nombreux plans live et partie prenante des interviews. Considéré, semble-t-il comme membre à part entière du groupe. On s’amuse de voir Dee, extraordinanire frontman, s’amuser sur I wanna rock ou de voir cette caricature de bimbo repérée par un cameraman avisé, sur We’re not gonna take it (dont on retiendra aussi le témoignage de Mark Metclaf se souvenant du tournage de cette même video) tout autant qu’on s’émeut de cet hommage à AJ sous la forme d’un solo diffusé en video, tous les membres ayant quitté la scène. Impeccable prestation filmée complétée par un reportage historique de l’histoire de Twisted Sister. Tous les acteurs de la vie du groupe y passent, du recrutement du bassiste Mark « the animal » Mendoza au propriétaire du club Emmett qui s’en fiche que « tout soit détruit tant que les lieux sont blindés » ou qui ne paye les musiciens que s’ils boivent avec lui. La confrontation avec JJ French est superbe. Cette partie du DVD est truffée d’anecdotes, de tensions, de témoignages indispensables à tout fan, dès les débuts du groupe. Une seule chose peut paraitre surprenante: si l’histoire des trois premier albums est relatée, on fait un saut dans le temps entre Stay hungry (et son histoire de la session photo ayant aboutit à la couverture) et la reformation du groupe à l’occasion d’un concert de charité pour les victimes des attaques du 11 septembre 2001. Quid de Come out and play et/ou Love is for suckers? Un superbe document, cependant, à voir absolument. Et à écouter, car on n’entendra plus Twisted Sister en live. Soit disant…

ZODIAC, RAVENEYE, et HONEYMOON DISEASE à La Flèche d’Or, le 3 octobre 2016

zodiac-raveneye-honeymoon-disease-fleche-d-or-paris-20

 

Les amoureux de sonorités 7O’s sont servis ce soir, avec la présence de trois formations typées Roots qui se livrent à la Flèche d’or, pour une soirée européenne.

Honeymoon Disease

Honeymoon Disease

Les Suédois de Honeymoon Disease ouvrent le bal à 19h30 et nous livrent une bonne demi-heure durant un set énergique qui évoque autant AC/DC que le boogie chaleureux de Status Quo. La chanteuse/guitariste, Jenna, s’exprime souvent dans un Français plus que correct, présentant le nouveau bassiste du groupe, Cédric, un français, justement, qui accompagne l’autre guitariste, Acid (à la Flying V presque plus grande qu’elle) qui n’hésite pas à venir fendre le public – seulement freinée par un cable bien trop court pour s’écarter de plus d’un mètre de la scène! – et le batteur Jimi une demi heure durant. Un set efficace et une mise en bouche très agréable.

RavenEye

RavenEye

J’avais rencontré Oli (chant et guitare) et Aaron (basse) lors du dernier Hellfest, et ai, ce soir, pu interviewer le groupe au complet (avec, donc, le batteur récemment arrivé, Adam). RavenEye vient de publier son premier album, Nova, et est très en forme au moment de le présenter au public. Pendant près de 45′, le trio assène son hard rock 70’s teinté de relents de ce grunge qui a accompagné les musiciens qui le forment. Olie pose sa guitare, laissant, le temps d’une chanson, Aaron s’occuper de l’aspect « cordes » avec sa seule basse, puis, plus tard, monte sur les épaules d’un Aaron décidément très sollicité afin de faire, eux aussi, une petite escapade dans le public. Même si ce premier album ne reflète pas encore toute la personnalité de RavenEye, les Anglais sont parfaitement à l’aise sur scène.

 

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Zodiac

Cette dernière est rapidement débarrassée de la batterie des premières parties, laissant plus de place aux maîtres de cérémonie, Zodiac. A 21h30, les Allemands investissent les lieux sur une intro à la Terminator. Puis démarrent sur les chapeaux de roues avec un Rebirth by fire à deux voix rentre dedans. Cinq ou six morceaux durant, les gars rentrent dans le lard, Staphen Gall s’entrainant, dès que possible et de manière fort sympathique, au français qu’il maîtrise plus que bien. Animal, Free, Ain’t coming back… cèdent la place à Blue jean blues, une reprise de ZZ Top, un… blues qui ralentit le tempo permettant à chacun de souffler un peu. Horror visison, plus roots et rageur suit avant que Zodiac ne freine de nouveau avec une autre reprise: Cortez the killer, originellement écrite par Neil Young. Cette ballade qui monte en puissance offre aussi quelques longueurs, mais c’est bien le seul faux pas de ce concert qui repart de plus belle avec le très rock Diamond shoes, sur lequel deux couple se mettent à danser un rock endiablé. Le quatuor dépoussière ensuite Upon the stone, un titre de son premier album, avant de faire le grand écart et conclure avec le morceau éponyme de son dernier album, Grain of soul, dont pas moins de 6 titres auront été présentés ce soir. Enfin, après un long rappel (Coming home), Zodiac salue ce public  venu trop peu nombreux. Encore une fois, les absents ont eu tort car non seulement l’affiche valait le détour, mais en plus, découverte pour moi ce soir, la Flèche d’Or est une salle très agréable.

 

 

BLACKFOOT: Southern native

blackfoot-2016Hard rock, USA (Loud & proud, 2016)

 Pour beaucoup, Blackfoot est avant tout le groupe du chanteur guitariste Rickey Medlocke. Accompagné de Charlie Hagrett (guitare), Greg T. Walker (basse) et Jackson Spires (batterie), Rick, comme on l’appelait dans les 80’s, avec ses complices de Blackfoot proposaient un rock sudiste efficace et sans fioriture. Le quatuor a même offert au cours de cette décennie l’indispensable trilogie animalière composée de Strikes, Tomcattin’ et Maurauder, ainsi que l’un des meilleurs albums live de l’époque, Highway song live. Medlocke est ensuite allé rejoindre les rangs de Lynyrd Skynyrd, en conservant les droits du nom de Blackfoot. Et ce que Kiss avait un temps envisagé, Medlocke le réalise aujourd’hui: après quelques années d’absence, Blackfoot revient, réinvestit les studios et propose un nouvel album. Chouette! (non, ce n’est pas la suite de la trilogie mentionnée plus haut!) Mais, oh, surprise!, Blackfoot n’est aujourd’hui composé que de nouvelles têtes: Rickey a décidé de remettre le destin de son groupe entre les mains d’un jeune quatuor composé de Tim Rossi (chant et guitare), Brian Carpenter (basse) Matt Anastasi (batterie) et Rick Krasowski (guitare et chant) qui nous proposent aujourd’hui Southern native. Simplement, ils ne sont pas lâchés dans la nature seuls: Medlocke est partie intégrante de la composition (il cosigne 6 des 10 morceaux) et produit l’album. Il se pose en guide pour le futur et gardien du passé et de l’esprit Blackfoot. On remarque aussi que Al Nalli, producteur du Blackfoot classique, est producteur exécutif; l’ancienne garde veille donc au grain. Tim Rossi s’implique également en nouveau leader en co signant 4  titres plus 1 dont il est entièrement responsable: Diablo loves guitar, instrumental doux placé en dernier. Le résultat est, de prime abord, parfaitement probant: Need my ride met les choses au poing – « on fait du rock, mec! », Southern native, s’oriente plus vers la mélodie sudiste, Everyman piochant dans le blues. Call of a hero, plus intimiste, est un joli clin d’oeil puisque la chanson traite de l’émancipation d’un jeune homme, de son passage à l’age adulte. Whiskey train, Take me home, Satisfied man ou Ohio, une reprise de Neil Young, propose tout autant de variété. C’est sans doute la faiblesse de cet album: Blackfoot semble ne pas encore avoir choisi quelle orientation musicale adopter. Rock, oui, mais plus hard ou plus southern? La première moitié est efficace, la sortie également, mais il y a un léger flottement, une petite lassitude à mi chemin. Reste que la production est moderne, mettant en avant la fraîcheur du jeu des musiciens. Le nouveau Blackfoot semble sur de bons rails, l’héritage de la tribu d’origine en de bonnes mains.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Need my ride

Photo de la semaine: BACKYARD BABIES

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Après 5 ans de séparation, de rechargement des accus, les Suédois de Backyard Babies ont décidé de remettre le couvert, de se retrouver. Et les quatre pondent un album efficace, Four by Four, paru en 2015.  Le quatuor en profite pour sillonner les routes et se retrouvent à l’affiche du Hellfest cette même année. Dregen, déjanté comme jamais, est l’incarnation même du guitariste sleaze qui se permet toutes les excentricités. Vestimentaires, guitaristiques. Bref, tout est dans l’attitude, celle qui attire les regards. Sensibilité réglée à 400 ISO (passe partout), vitesse à 1/160, l’ouverture s’est calée sur F/5,6. J’ai ensuite pu m’entretenir avec son co-équipier et complice, Nicke Borg, chanteur et guitariste en forme et heureux d’être de retour.

JOE BONAMASSA: Blues of desperation

Bonamassa 2016Hard rock, USA (Provogue, 2016)

Oh, ce bonheur d’écouter Blues of deperation! This train, qui ouvre l’album, est une véritable locomotive entraînant dans son sillage les 10 wagons de ce train de rock, de blues, de tripes et de vie. Cette introduction au rythme endiablé est une ouverture sur la suite, plus nuancée, qui nous ramène au pays du blues rock. Pas celui sec et plat, non, celui gras et généreux. Mountain climbing, plus foncièrement rock, est suivi de Drive qui ralentit un peu la cadence, mais le message est clair: ce disque est varié et, surtout, propose un paquet de soli que seul des grands de cet acabit sont capables de nous offrir (ah, ces passages sur No good place for the lonely et Blues of desperation!). Joe Bonamassa nous entraîne donc dans un voyage au(x) pays du blues, de Memphis, Tenessee, aux bayous de Louisiane. Le décor change donc régulièrement, se faisant ici rock (toujours), puisant là dans la soul ou le gospel (la ballade The valley runs low, ainsi que la plupart de choeurs), ou encore dans l’esprit rock des 60’s (You left me nothin but the bill and the blues). Pas un morceau n’est ici plus faible que l’autre, démontrant, s’il en était besoin, que la bonne musique n’a pas d’âge et n’est jamais dépassée quand elle sait rester simple et venir du fond de ses tripes ou de son âme. Ca, Joe l’a bien compris et c’est un grand, très grand disque que nous propose maître Bonamassa. Malgré son titre, ce Blues of deperation est lumineux, ensoleillé et enchanteur.

Note: 9,5/10

Titre que je retiens: This train