Interview: HAMMERFALL

Rencontre avec Joacim Cans (chant) et Pontus Norgren (guitare) (HAMMERFALL). Propos recueillis à Paris, le 6 septembre 2016

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Metal-Eyes : Selon vous, Hammerfall en 2016, c’est quoi ?

Joacim : Ouh… Je pense que nous sommes en réalité plus forts que jamais. (r)Evolution était une vrai claque, même pour nous, et revenir avec autant de…hargne, tant d’énergie. Nous avons conservé cette énergie et l’avons retranscrite sur ce nouvel album, et je crois que c’est ce que nous sommes. C’est ici et maintenant. Nous sommes une bande de jeunes hommes en pleine forme, voilà ce que nous sommes.

Pontus : Pour moi, c’est pareil. Nous avons trouvé une recette pour conserver cette énergie. Comme l’a dit Joacim, après le break, nous avons trouvé ce rythme, et cette formule, pour renforcer cette énergie, éviter de retomber dans les vieilles habitudes, et ce genre de choses. Faire un pas en avant.

Metal-Eyes : Ce break était donc nécessaire pour la survie de Hammerfall ?

Joacim : Plus qu’on ne pourrait jamais l’imaginer…

Metal-Eyes : Dans deux ans, Hammerfall célèbrera son quart de siècle, Joacim, tu fais partie du groupe depuis maintenant 20 ans. Pouvais-tu imaginer toujours faire partie de Hammerfall il y a 20 ans ?

Joacim : Non… En fait, ce n’est pas évident… J’essaie de vivre une année à la fois. Quand nous avons publié le second album (Legacy of kings en 1998) je me suis rendu compte que quelque chose de spécial se passait. J’ai pris, dès lors, les choses un album à la fois. Je ne pense pas qu’on s’attendait à être à ce niveau, en tout cas. Que Hammerfall soit toujours présent, oui, mais continuer de tourner à travers le monde, pour des gens qui nous aiment vraiment… Nous avons su nous distinguer, faire évoluer ce genre, c’est ce que nous sommes. Je suis toujours aussi fier d’être présent après 20 ans !

Metal-Eyes : Dans quel sens vous distinguez vous?

Joacim : Nous faisons la musique que les gens veulent entendre. Notre dernière tournée est celle qui a rencontré le plus de succès. Aujourd’hui, il y a déjà beaucoup de places vendues pour notre tournée à venir… Les gens ont envie de vois Hammerfall.

Metal-Eyes : A ce sujet, il n’y a pas de date prévue en France. J’imagine que d’autres concerts vont être ajoutés ?

En choeur : Oui !

Joacim : Le Stade de France n’était pas libre… (rires) On veut garder un certain niveau, et ce n’est pas toujours facile. On a une grosse production, un camion… Et dans certaines salles, on ne peut rien utiliser. C’est très frustrant, tant pour nous que pour les fans. Il vaut mieux qu’ils se déplacent, pas trop loin, parfois. On cherche une salle de bonne taille à Paris. Il reste une date libre sur le planning, pour Paris.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous les deux, l’évolution de Hammerfall entre (r)Evolution et Built to last ? Le break fut nécessaire, vous êtes revenus avec énergie, cependant, il y a une évolution entre ces albums.

Joacim : C’est comme un bon champagne (rires)! Nous avons mûri pendant deux ans, maintenant nous sommes devenus vintage (rires des deux) !

Metal-Eyes : Bon, au revoir alors!

Joacim : Non, sérieusement…Je pense que… C’est difficile à décrire. On vieilli et plus on vieilli, mieux on sait ce que l’on souhaite faire et obtenir. Je pense que nous avons simplement développé… La formule que nous avions développée sur (r)Evolution, nous l’avons reprise et poussée plus loin. Disons à tous les niveaux : la composition, les différents producteurs impliqué… Qui fait quoi, à quel moment, qui s’occupe de la batterie, de la guitare, du chant ? Qui s’occupe du mixage ? Et, aussi, le fait que nous ayons changé de label nous a donné une nouvelle énergie. Nous avons besoin d’un label qui croit que Hammerfall est encore un groupe d’avenir. La différence principale, c’est qu’aujourd’hui nous savons ce que nous voulons faire pour le reste de nos vies en tant que musiciens.

Metal-Eyes : Au sein de Hammerfall ? J’imagine que cette « recette » dont vous parlez ne serait pas utilisée au sein d’un autre projet.

Joacim : Au sein de Hamerfall, oui. Hammerfall, c’est Hammerfall. Oskar a formé ce groupe en 1993, je suis arrivé en 1996 et nous avons en quelques sortes tout redémarré. Nous l’avons fait parce que nous adorons le heavy metal. On nous demande souvent « pourquoi ne jouez-vous pas la musique que le public veut entendre ? » Eh bien, parce que nous jouons la musique que nous aimons. A mon avis, c’est ça, cette recette, celle du succès.

Metal-Eyes :Une nouvelle fois, le titre de l’album sonne comme un message, « Hammerfall n’est pas près de disparaitre ».

Joacim : Oui, mais pas que… L’album est constitué de 10 chansons solides, 10 chansons qui ne seront pas oubliées de si tôt. Cet album, je l’espère, est là pour rester, et on s’en souviendra après la disparition du groupe. Hammerfall a pour principe de se battre pour le metal et rien d’autre. Cela aussi est fait pour durer. Ça fait 20 ans que ça dure.

Metal-Eyes : Comme je vous l’ai dit avant de débuter cette interview, je n’ai pas encore eu le temps de vraiment écouter Built to last. Que pouvez-vous me dire pour me convaincre de l’acheter ?

Joacim : Dans ce cas, normalement, tu sais ce qu’est Hammerfall. Mais si tu n’as jamais écouté le groupe auparavant, alors, voici : il s’agit de pur heavy metal, avec des mélodies, de l’émotion. Si tu veux des chansons accrocheuse, des mélodies entraînantes, de solos de guitares bien exécutés, du gros son, alors tu devrais écouter Hammerfall. Nous sommes un de ces groupes qui étaient présents au milieu des années 90 pour ouvrir les portes à une nouvelle vague de… à la « nouvelle vague de la nouvelle vague du heavy metal » pour ainsi dire !

Pontus : Hammerfall a toujours fait la même chose, a publié son premier album taillé dans le roc, et ce fut comme une déclaration : du metal avec des mélodies.

Metal-Eyes : Il y a en effet des chansons qui sont taillées pour la scène et écrites pour faire participer le public.

Joacim : Oui, le premier single qui sort en septembre, Hammer high, est selon moi un titre très efficace. Quand le public écoutera cette batterie au début puis la mélodie, les fans vont devenir dingues !

Metal-Eyes : Si vous ne deviez retenir qu’un titre de ce nouvel album pour décrire ce qu’est Hammerfall aujourd’hui, quel serait-il?

Joacim : Encore une question difficile… Nous avons publié cette lyric video il y a quelques semaines, pour Sacred vow. Je pense que ce morceau possède l’énergie, la variété, les chœurs, le chant haut perché, je pense que cela résume plutôt bien ce que nous sommes aujourd’hui.

Metal-Eyes : Pontus, ton avis?

Pontus : Je suis d’accord, parce que cela donne une bonne idée de ce qui arrive. De ce que les fans vont découvrir, bientôt.

Joacim : oui, Sacred vow représente bien le groupe.

Metal-Eyes : PArlons de vos concerts: il y a toujours un spectacle avec Hammerfall, prévoyiez vous quelque chose de spécial ? Pour votre passage au Stade de France ?

Joacim : (rires) Nous devons rester simples… Comme tu l’as dit, nous avons toujours quelque chose de particulier, de théâtral. Quand nous avons commencé à tourner, en tête d’affiche, nous utilisions de la pyrotechnie, ce que personne, à l’époque, ne faisait. Maintenant, tout le monde es’en sert, alors on s’est dit « trouvons autre chose ». Alors, bien sûr, nous défendons un nouvel album, nous allons inclure de nouveaux titres, et c’est une bonne chose pour de nombreuses personnes. Il y a toujours une nouvelle génération de fan qui assiste à nos concerts, des gens qui voient Hammerfall pour la première fois. Nous devons simplement leur montrer ce qu’est Hammerfall : de l’énergie, et nous invitons les fans à participer, à faire partie du spectacle, ce qui est, je pense nécessaire. Car ils nous donnent quelque chose, et nous leur rendons, ça nous booste tous. C’est un échange. Si tu ne comprends pas le concept, sans doute devrais-tu plus participer, t’investir…

Metal-Eyes : Qui dessine vos costumes? Et comment décidez-vous de ce que vous porterez sur scène ?

Joacim : (à Pontus) Comment choisis-tu, toi ?

Pontus : Moi, un string en cuir ! (rires) avec des piques !

Joacim : à l’intérieur !

Pontus : On travaille avec plusieurs designers. Bien sûr, nous avons des idées, chacun de nous ; Je travaille, Joacim aussi, avec un gars de Malmö, en Suède, qui nous aide à finaliser nos idées. A la base, les idées viennent de nous, plus ou moins. Même s’il s’agit de cuir. Nos costumes de scène sont individuels, mais partent d’une idée, plusieurs que l’on met en commun.

Metal-Eyes : Toujours, j’imagine, dans l’esprit visuel de ce qu’est Hammerfall?

Joacim : Oui, nous avons besoin de… On ne pourrait pas monter sur scène n’importe comment.

Metal-Eyes : Vous ne pourriez pas monter sur scène en string…

Joacim : Sous nos pantalons en cuir, oui! On doit trouver ce qui correspond à l’image de Hammerfall. Plus tu vieillis, plus délicat tu deviens… Je ne peux pas ressembler à quelqu’un qui va au carnaval !

Metal-Eyes : Certains l’ont fait…

Joacim : Et beaucoup se sont plantés… Dans le groupe, nous avons des personnalités très différentes. Oskar aime porter du cuir, des chaines et ce genre de choses, et ça marche pour lui. Si je portais ça, j’aurai l’air ridicule, parce que je suis un peu plus… disons bien habillé, version metal.

Metal-Eyes : Conventionnel, donc?

Joacim : Oui, c’est ça.

Metal-Eyes : Hammerfall dispose désormais de 10 albums dans lesquels choisir ses morceaux. Comment décidez-vous de votre setlist ?

Joacim : Autour d’un verre de champagne et de gants de boxe !

Metal-Eyes : Et celui qui gagne…

Joacim : Impose aux autres!

Metal-Eyes : J’imagine que pour votre plaisir, il faut renouveller les chansons, certaines doivent être jouées, parce que le public les attends. Comment choisissez vous les autres ?

Joacim : Parfois, tu dois faire des sacrifices. Pour moi, on se pose la question : allons-nous faire une tournée « greatest hits » ? Chaque tournée est un « greatest hits tour », car nous jouons au moins une chanson de chaque album, ou deux. Evidemment, nous mettons en avant le dernier album, avec deux chansons au début du concert, pour ensuite explorer les morceaux plus anciens, et le concert termine avec cette explosion de hits – si on a des hits…J’aime aussi surprendre le public comme sur la dernière tournée ou nous avons joué This enemy is necessary qui est un de nos gros succès. Elle a été jouée en seconde position, ce qui a fait délirer les gens. Maintenant, avec 10 albums, nous devons retirer quelques chansons, mais on doit rendre les gens contents, nous devons trouver de la satisfaction…

Pontus : et garder assez d’énergie sur l’ensemble du concert.

Joacim : Les gens doivent être surpris.

Metal-Eyes : Techniquement, y a-t-il des chansons que tu ne peux plus interpréter ? Et, pour tous les deux, y a-t-il des chansons que vous voudriez ne plus jouer car vous vous en lassez ?

Joacim : Je ne suis lassé d’aucune chanson. On a joué Hearts of fire tant de fois, mais, à chaque fois que nous la jouons, les fans deviennent dingues. Et cette réaction, ils chantent, dansent, c’est pour ça que nous avons écrit cette chanson. Et nous en sommes fiers !  Bien sûr, il y en a qui sont plus compliquées à interpréter live, comme celles avec un chant très haut. Elles pourraient me faire du mal vocalement, mais…

Metal-Eyes : Tu peux encore toutes les chanter aujourd’hui, donc ?

Joacim : Oui… Peut-être pas Sacred vow, en fait

Metal-Eyes : Pontus, ça fait moins longtemps que tu es dans le groupe, y a-il des chansons, auxquelles tu n’as pas participé, par exemple, que tu voudrais ne plus interpreter?

Pontus : Ca n’a pas d’importance… Je suis arrive dans le groupe en 2009, et, si je regarde les anciens titres… Il y en a tant! Et je ne crois pas que nous ayons tout interprété.

Joacim : Il y a encore des chansons qui n’ont pas été jouées live…

Metal-Eyes : Ca pourrait constituer une belle surprise pour le public…

Joacim : Oui, ça pourrait l’être. On en a parlé récemment, d’ailleurs…

Pontus : Jouer des morceaux que personne ne veut entendre !

Joacim : Exactement (rires) !

Metal-Eyes : Sans doute le public apprécierait-il de les entendre live aussi.

Pontus : Nous pourrions jouer n’importe quelle chanson live, aujourd’hui, sans probleme mais, comme nous l’vons dit, trouver une setlist signifie trouver le bon rythme, le bon équilibre. On ous reprochera toujours de n’avoir pas joué telle chanson, on nous demandera pourquoi telle autre n’a pas été jouée, et c’est normal : nous avons désormais presque… 120 chansons ! Le truc c’est de trouver… Je crois que nous avons surpris le public la dernière fois en jouant un medley, ce que nous n’avions jamais fait avant. Extraire de très bonnes parties de chansons que nous n’aurions pas le temps de jouer en entier…

Joacim : Et là, il s’agissait principalement d’un medley de riffs de guitars, sans chant, et le public, malgré tout, est devenenu dingue.

Pontus : Et ils ont pug outer des chansons impossible à jouer, ells durent 6, 7 minutes et ça bouffe trop  de temps. Il y a des obligations, un timing, et ce genre de choses. On verra ce que nous ferons pour la prochaine tournée. Peut-être ferons  quelque chose de similaire…

Joacim : Au moins, nous devons montrer que nous osons tenter quelque chose de neuf, live. On n’a pas besoin d’ajouter de la pyrotechnie, des explosions de gaz, il y a d’autres moyens d’innover pour un spectacle.

Metal-Eyes : Quand vous n’êtes pas en tournée, comment aimez-vous occupier votre temps?

Joacim :Boire du champagne, beaucoup de champagne! (rires)

Metal-Eyes : Celui-ci est ton champagne, c’est ça? (je désigne sa pinte de bière)

Pontus : (rires) Oui, c’est mon champagne!

Joacim : Un très mauvais champagne…. Je cours beaucoup, j’essaie de courir trois fois par sempaine pour rester en forme. J’ai vu mes amis, à l’age de 45 ans, grossir, vraiment… Avoir des problèmes  cardiaques, de cholestérol… ; J’ai décidé de m’assagir et de prendre soin de moi. Mais : j’adore le champagne et c’est devenu un nouveau hobby.

Metal-Eyes : (à Pontus, toujours en désignant sa bière) Et toi, comme le dissent les Américains, tu pourrais dire “Older, Budweiser”…

Pontus : Excatement, exactement. (rires)

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu faire?

Pontus : Je suis un dingue de technologie, je m’occupe beaucoup de musique: je produis beaucoup, j’ai mon proper studio, je fais beaucoup d’enregistrements live en accompagnant d’autres groupes. Je suis dans le business tout le temps quand je suis  off. Lorsque je suis à la maison, je travaille avec des entreprises spécialisées dans le son…

Metal-Eyes : Une dernière chose: y-a-t-il des endroits dans Paris où vous aimez passer un peu de temps quand vous avez un peu de repos?

Joacim : On n’a jamais de pause quand on vient à Paris, malheureusement. J’aime marcher dans Paris, flaner, c’est une ville faite pour marcher. A chaque fois que je veux aller aux catacombes, c’est fermé ! Mais c’est un lieu que je veux vraiment visiter. J’aime marcher le long de la Seine, observer, c’est… superbe.

Pontus : Oui, Paris est une ville faite pour la marche, c’est vrai. On a vu Montmartre, mais n’avons jamais visité…

Joacim : Ah, si, j’adore les terrasses d’angles de Paris, c’est genial!

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les rend si particulières?

Joacim : Parce que ça n’existe pas en Suède! Tous les bars, petits restaurants avec ces terrasses en angles, ou même, ces tables intérieures qui te permettent d’observer deux côtés… On n’a pas ça en Suède. C’est limité, « non, non, non … »

Metal-Eyes : Merci à tous les deux. Avez-vous une dernière chose à dire pour nos lecteurs ?

Joacim : J’espère que vous aimerez le nouvel album. Dans le cas contraire…. « Shit happens ! » (rires). Non, comme je l’ai dit, nous sommes encore jeunes d’esprits et…

Pontus : … avons la chance de pouvoir continuer de faire ce que nous faisons.

Joacim : Mais jamais sans les fans !

Interview: KISSIN’ DYNAMITE

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Rencontre avec Hannes Braun (chant) et Andy Schnitzer (batterie) de Kissin’ Dynamite. Propos recueillis à Paris, le  1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Megalomania est sorti il y a moins de deux ans et vous revoici avec un nouvel album. D’où proviennent cette énergie et cette créativité ?

Hannes : La créativité peut provenir de partout… Tu es comme une antenne, tu écoutes attentivement, observes attentivement ce qu’il se passe et tu n’as pas besoin d’être trop réceptif à ce qui t’entoure tellement il se passe de choses, politiquement, les médias sociaux… On peut parler de mégalomanie. Tout ça se retrouve sur Generation goodbye en matière d’e thèmes et d’idées. Il n’a jamais été question de réaliser un concept album, bien que ça y ressemble. Il y a eu comme un fil rouge qui nous a traversés, et nous sommes très fiers du résultat qui est très organique. Pour la première fois , nous avons tout fait nous-mêmes, de la composition à la pochette, la production…

Andy : Je crois que si tu as le contrôle de ce que tu fais, si tu aimes ce que tu fais, ça te donne l’énergie, et tu paux encore mieux travailler. Si tu n’es pas satisfait de ce qu’il se passe, parce que quelqu’un a pris le contrôle, cette énergie disparait. Mais nous sommes vraiment contents du résultat.

Metal-Eyes : Comment décrirez-vous votre évolution depuis Megalomania, qui était déjà très bien accueilli ?

Hannes : Tout d’abord, Megalomania était très important à nos yeux parce qu’il nous a vraiment permis de comprendre nos limites en ce qui concerne ce que nous pouvons mélanger entre nos influences 80’s, d’où nous venons, et la musique moderne avec laquelle nous vivons. C’était un cheminement naturel. Pour trouver la balance, le juste équilibre, tu dois parfois pencher plus à droite, d’autres fois, plus à gauche jusqu’à trouver cet équilibre. Pour nous, je pense que cet équilibre est Generation goodbye, parce qu’il y a moins de sonorités électroniques. Il y en a encore, si tu écoutes Hastag your life ou  She came she saw, il y a des parties industrielles, mais plus aussi agressives, elles sont plus en arrière plan. La construction est plus organique…

Andy : Ca fait partie des morceaux, mais vraiment en fond, en soutien des chansons.

Metal-Eyes : Vous êtes revenus à quelque chose d’un peu plus rock’n’roll basique ?

Hannes : On peut dire ça, oui. Mais sans renier ce que nous avons fait avec Megalomania. Megalomania a été très important pour nous, Nous avons soudain joué dans des salles 5 fois plus grandes qu’avant, nous avons eu de plus nombreux fans… Certains de nos fans les plus anciens ont dit qu’ils ne pouvaient pas accepter ça, les plus conservateurs, et ça arrive. Mais ce qui est important à nos yeux est que nous ne cherchons jamais à satisfaire les attentes des fans. Si nous faisions cela, nous enregistrerions toujours le même album ! Les fans ne sont pas si ouverts que ça, ils veulent que leurs groupes préférés, ceux qu’ils aiment le plus, restent les mêmes, toujours –

Metal-Eyes : Il y a AC/DC pour ça !

Andy : Oui, mais AC/DC est comme ils sont. Nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, mais nous ne pouvons en dire autant de notre passé, il y a 4 ans à peine.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle généralement « évolution ».

Hannes : Oui. Tu sais, on a une image, ce que j’appelle notre « boussole interne », ce qui te montre toujours la bonne direction. Il suffit d’observer, de sentir ce que cette boussole t’indique. Nous écrivons toujours nos chansons en tenant compte de ce que notre boussole nous indique pour combler au mieux NOS désirs. Le pire qui puisse arriver, c’est d’écrire une chanson pour les fans, chanson que nous n’aimons pas vraiment et que nous imaginons puisse leur plaire. Mais si tu n’aimes pas profondément ce que tu fais, tu peux être 100% certain que les gens ressentirons la même chose.

Andy : Tu ne peux pas toujours tout aimer, mais tu ne peux pas satisfaire tout le monde

Hannes : Tu peux seulement être juste envers toi-même. Si tu célèbres totalement ce que tu fais, si tu es à 200% dedans – et c’est mon cas, j’écoute en permanence notre CD dans la voiture, ce qui est bon signe, car si je n’en étais pas fier, je me cacherai – c’est ce qui peut t’arriver de mieux. Si tu aimes vraiment ce que tu fais, tu peux être certains qu’il y aura des gens pour l’apprécier aussi !

Metal-Eyes : Quelle est la signification du titre, Generation goodbye?

Andy : Cela reflète juste notre époque et notre génération… C’est devenu un sujet important à nos yeux, comme une ligne rouge pour cet album, qui au final traite du même thème. Notre génération, dispose de tant de possibilités aujourd’hui, en matière de médias, réseaux sociaux, streaming – en un clic, tu peux écouter des millions de chansons – Youtube, les avions, la mondialisation… Tout est possible, mais nous pensons que c’est trop pour nos cerveaux. Les gens ne sont pas plus heureux, mais ils sont plus nerveux, stressés, car ils voient toutes ces possibilités et pensent « mince, j’ai peut-être raté quelque chose… » Tu vois ce gars sur cette plage et tu te dis que cette plage est mieux que celle que tu as choisie…

Hannes : L’herbe est toujours plus verte chez le voisin…

Andy : Ce n’est pas bon, si cette technologie te rend nerveux… Nous rappelons simplement aux gens, avec cet album, ce qu’est la vie, Carpe diem, prenez votre temps, vivez le moment présent, on ne peut se trouver à deux endroits en même temps. Faites ce que vous faites à fond et ne cherchez pas à gagner de l’argent, de la célébrité, du pouvoir sur tout… C’est inutile, aveugle et stupide ! Dites simplement bonjour à la vie.

Metal-Eyes : Hannes, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, tu me disais que, généralement, on vous demandait si vous pensiez pouvoir faire mieux pour votre prochain album. J’inverserai donc la question en te demandant si tu es à 100% certain que Generation goodbye est meilleur que Megalomania ?

Hannes : oui, oui, sans l’ombre d’un doute, et voici pourquoi: Generation goodbye ne perd pas cet esprit accrocheur, cette énergie qui définit Kissin’ Dynamite. Il y a de grosses mélodies qui rentrent dedans, que lles gens chantent… Nous avons travaillé comme toujours, mais le feeling qui émane de ces chansons est tellement plus vrai, sincère que nous avons vraiment le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’important.

Andy : Nous voulons diffuser un message avec cet album, c’est volontaire. Avec les disques précédents aussi, mais c’était vraiment un objectif cette fois-ci, ce qui est cool pour un artiste, je pense.

Hannes : Et je ne pense pas qu’on puisse faire de la musique sans message. Je suis radical, oui. La musique est un art, et l’art devrait toujours porter un message. Nous avons composé des chansons avec un message dans le passé, mais pas aussi poussé, profond. Je pense qu’un message doit être transmis, pas simplement « quelque chose que le monde doit savoir » pas une simple pensée. Nous ne sommes bien sûr pas les seuls, et je crois que ce qui se passe dans le monde n’est pas équilibré, et il y a beaucoup de personnes qui le disent. Nous le faisons avec notre propre langage, celui de Kissin’ Dynamite.

Andy : Pour moi, le message n’est pas simplement compose des paroles, mais aussi par notre musique. Quand Hannes m’envoie ses idées musicales, il y a comme une vibration et je sais quel type de paroles je dois écrire pour coller à l’esprit.

Hannes : Andy et moi avons souvent des conversations philosophiques, ce que nous adorons. ET nous sommes tous deux à 100% convaincu que quoi que tu fasses dans ta vie sera meilleur si c’est sincère, authentique et si ça vient de manière organique, sans pression ou stress. Il faut sentir cette magie qui te fait avancer, qui fait glisser les choses naturellement. C’est pourquoi je crois vraiment que Generation goodbye est l’album le plus accrocheur et authentique, celui qui sera retenu de tout notre travail.

Metal-Eyes : Si vous deviez choisir, chacun, une chanson de Generation goodbye pour décrire ce qu’est aujourd’hui Kissin’ Dynamite, laquelle serait-ce?

Hannes : Ouh, c’est un décision difficile! Choisir un seul titre ? Tu sais, c’est comme une photo pleine de détails… Kissin’ Dynamite est toujours un groupe d’entertainement et notre message n’est pas négatif, nous ne disons pas que le monde est en feu que tout va mal, ne sortez plus jamais de votre chambre ! Nous sommes là pour dire aux gens que le monde actuel n’est pas équilibré mais que l’on peut s’en sortir, et nous sommes là pour leur montrer. En tout cas, avec nos moyens. Tout commence avec l’humain. Le monde ne brûle pas, il se fait brûler par les hommes. Je choisirais Generation goodbye, je ne sais pas pour toi, Andy ?

Andy : Oui, je choisirai le même morceau, pour ce que tu viens de dire, mais aussi parce que cet album est composé de ballades et de titres plus rentre-dedans et que Generation goodbye est un bon mix des deux. J’aime cette chanson, c’est une de mes préférées, car elle a cet esprit doux amer.

Hannes : Elle traite du fait, ce que nous vivons tous, de quitter ce que tu connais, et ce n’est pas facile de quitter ce qui n’a jamais changé, qui est devenu une habitude. Ça, c’est le côté amer, tandis que la douceur, c’est se dire que nous pouvons réaliser de nouvelles choses, meilleures, si l’on regarde ce qu’il y a au-delà de l’horizon, des villes, des murs. Avoir l’espoir de pouvoir commencer quelque chose de neuf, d’avoir le courage de ne pas accepter ce qui est tel que c’est. C’est un sujet totalement rock’n’roll. Ne pas accepter ce que tu es, ce qui est, si tu as le sentiment qu’il y a quelque chose de mieux.

Metal-Eyes : Vous êtes actuellement en voyage promo, et c’est le première fois pour toi, Andy. Trouvez-vous le temps de visiter les villes où vous vous arrêtez ?

Hannes : Non (rires) ! Mais nous sommes déjà venus 5 ou 6 fois à Paris, et nous avons pu voir la superbe tour Eiffel. Hier, nous allions en voiture à notre hôtel et nous avons pu apercevoir, rapidement l’Arc de Triomphe, style « oh, l’Arc de Triomphe… trop tard ! »  Mais malheureusement, nous ne faisons pas de tourisme… MAIS : nous allons au restaurant et mangeons fabuleusement bien !

Andy : Et on s’installe aux terrasse et regardons les femmes passer.

Hannes : Nous sommes toujours épatés par la beauté de femmes françaises ! Il y a tant de jambes !

Andy : Des jambes jusqu’au ciel…

Metal-Eyes : Bien que le temps ne soit pas le meilleur pour ça.

Hannes : Que se passe-t-il par beau temps ???

Metal-Eyes : Les tenues se raccourcissent! Kissin’ Dynamite est le titre d’une chanson d’AC/DC. Que pensez-vous des derniers événements dans la vie du groupe ?

Andy : J’ai toujours été un grand fan d’AC/DC et, d’un côté, ce qui s’est passé l’an dernier est dingue, et Generation goodbye aborde aussi ce thème, nos héros les plus anciens qui disparaissent… J’ai vraiment aimé le chant d’Axl qui m’a vraiment scotché, mais d’un autre côté, je suis triste parce qu’il n’y a plus Brian Johnson qui distille la joie de vivre. Il a toujours le sourire, je crois qu’il a toujours pris son pied avec AC/DC. Je crois qu’Axl est un bon musiciens, un bon chanteur, mais il n’est pas aussi heureux. Ce n’est pas ainsi que devrait être AC/DC.

Hannes : Je crois que tous les débats qu’il y a eu sur internet et les réseaux sociaux étaient inutiles, car qui sommes nous pour juger d’une décision que prend un groupe comme AC/DC? Nous sommes les fans, et, naturellement, les fans aiment leurs repères. Mais nous n’avons aucun droit de juger une décision. Nous pouvons la critiquer, oui, mais j’ai lu tant de choses « ils devraient arrêter plutôt que de monter sur scène avec ce gars ! »… En fait, j’ai été beaucoup plus attristé par la situation de Brian, qui m’a toujours semblé vivre pour le rock, être terre à terre, et il a un vrai problème de santé. On doit toujours prendre sérieusement ces soucis de santé. Jai été heureux il y a quelques semaines lorsque j’ai appris qu’il avait trouvé un spécialiste qui pourrait l’aider et qu’il pourrait revenir sur scène. J’espère qu’AC/DC le laissera revenir. Je suis jeune, et je n’ai jamais eu le sentiment que Brian Johnson était le « nouveau » chanteur d’AC/DC. Il a tété leur chanteur pendant 40 ans, il est LE chanteur d’AC/DC ! Je ne dis rien de mauvais au sujet d’Axl Rose qui a prouvé qu’il pouvait le faire…

Andy : Et je suis simplement content d’avoir pu voir AC/DC à plusieurs reprises, et si j’ai des enfants et des petits enfants, je pourrais leur raconter !

Interview: EPICA

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Rencontre avec Mark Jansen (Guitare) et Simone Simons (chant) (EPICA). Propos recueillis à Paris, le 1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Nous n’allons pas revenir sur l’histoire d’Epica, simplement, je souhaite savoir ce qu’est Epica en 2016 ?

Mark : Pfou! Epica en 2016? C’est toujours un groupe de 6 personnes, comme nous l’étions à nos débuts, mais nous sommes aujourd’hui plus une « unité ». Quand je nous compare à notre passé, aujourd’hui, nous avons littéralement 5 compositeurs. 5 personnes qui contribuent, c’est plus un travail d’équipe que ça ne l’a jamais été. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’être effrayé si l’un d’entre nous est en manque d’inspiration : il y a 4 autres compositeurs.

Metal-Eyes : C’est un point de vue intéressant…

Mark : oui, mais souvent, dans un groupe, il y a un ou deux compositeurs, et tout repose sur eux. Pour notre nouvel album, tout le monde a contribué, c’est un effort collectif.

Metal-Eyes : En 2014, The quantum enigma avait été  présenté comme le résultat d’un travail collectif. Comment décrirais-tu la réalisation de The holographic principle en comparaison?

Mark : Plus encore que pour The quantum enigma, nous avons travaillé en tant que groupe. Nous sommes encore plus entrés dans les détails, les vrais instruments… Nous avons autant que possible évité les samples, les cuivres, les instruments à vent sont tous joués par des humains, et je pense que tu peux entendre la différence. L’enregistrement a aussi été assez intense car nous avions également des concerts à donner… Il y a des avantages et des inconvénients… Quand tu sors du studio pour jouer, tu te rafraichis les idées, mais d’un autre côté, c’est fatigant… Il nous faut trouver le juste équilibre entre les deux.

Metal-Eyes : Comment expliques-tu cette évolution dans l’investissement de chacun? Est-ce simplement dû au fait que le groupe se sent plus uni que jamasi ?

Mark : oui, mais c’est aussi une question d’opportunité. Je pourrais très bien ne pas autoriser les autres musiciens à composer, de nombreux groupes fonctionnent ainsi, mais d’une part les gens deviennent insatisfaits et ne sont plus motivés à faire partie du groupe, et, d’autre part, tu passes potentiellement à côté d’un très grand nombre de bonnes chansons. Alors, nous fonctionnons ainsi, ce qui motive tout le monde, chacun a envie de s’impliquer et nous avons une grande connexion avec l’album. Et on peut retenir les meilleures idées de chacun, n’avoir que le meilleur du meilleur ! Quand tu n’as qu’un gars qui écrit 13 titres, il y a toujours une récurrence.

Metal-Eyes : Comment comparerais-tu ce nouveau disque à The quantum enigma ?

Mark : Nous avons fait un pas en avant. Musicalement et littérairement. Comme je te l’ai dis, nous avons plus de vrais instruments, et nous avons donné plus de place aux guitares parce que nous pensons que ça rafraichit le son. Et il y a plein de choses intéressantes sur ce disque. C’est toujours plaisant de pouvoir écouter ce que tu joues. A chaque fois que tu veux mettre quelque chose en avant, c’est au détriment d’autre chose. Et il y a tant de pistes qui se conjuguent que tu ne peux pas tout distinguer d’un coup. Il faut toujours chercher le bon équilibre afin de ne pas léser tel ou tel effet…

Metal-Eyes : Ce qui signifie que si j’écoute l’album avec mon casque ou le tien, sur ma chaine ou une autre, j’entendrais des choses différentes à chaque fois ?

Mark : exactement, parce que tout ce matériel est différents, que le mix s’est fait avec tel matériel dont les réglages sont différents. Si tu écoutes ça  avec ces écouteurs bon marché de téléphone, tu perdras beaucoup.

Metal-Eyes : Parfois, tu peux découvrir des choses que tu n’avais pas entendues avant…

Mark : Oui, ça peut arriver aussi (rires). Certaines fréquences sont absentes, probablement, mais je suggère de ne pas les utiliser. Préférez une bonne chaine et un bon casque, c’est toujours préférable ! Notre album en profitera toujours !

Metal-Eyes : Une chose qui nécessite une explication est le titre de ce nouvel album: qu’est-ce que ce « principe holographique » ?

Mark : C’est une théorie dans la physique quantique qui traite du principe, très intéressant, que le monde entier pourrait être un hologramme. Cela me passionne vraiment, et nous sommes partis de cette théorie, prise au sérieux aujourd’hui par de nombreux scientifiques, même si ça parait étrange. Mais ça pourrait être vrai, et nous l’avons placé dans un concept, comme la réalité virtuelle, tu sais, tu mets un masque et tu te retrouves, avec d’autres, dans un monde virtuel. Tout le monde n’a pas encore testé ce principe, mais, un jour ou l’autre, tu revêtiras ce masque et tu pourras te trouver dans un monde comme celui-ci sans pouvoir faire la différence entre fiction et réalité. Te voilà allongé sur la plage, par exemple… Tout semble réel, et tu peux penser : « si tout semble réel, sans doute suis-je vraiment dans une réalité virtuelle ? Peut-être ne s’agit-il que d’une couche d’une réalité plus éloignée ». Les scientifiques étudient  la possibilité que ce soit réel, et possible. Ce qui nous effraierait sans doute, car cela remettrait en cause toutes nos certitudes. Mais d’un autre côté, c’est très excitant.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une chanson de The holographic principle pour decrier ce qu’est Epica aujourd’hui, quelle serait-elle ? Et c’est un album dont les chansons vont de 2’ à 11’, il y a une grande variété…

Mark : Oui, et c’est très difficile de choisir un morceau, mais je choisirais le morceau titre, qui résume bien l’ensemble. Tout ce que nous représentons, se que nous sommes se trouve dans ce morceau.

(Simone nous rejoint à ce moment)

Simone : Bonjour, ravie de te rencontrer…

Metal-Eyes : Je suis ravi aussi ! Nous parlions de votre album, et je te pose donc la même question : quelle chansons choisirais-tu pour décrire ce qu’est Epica aujourd’hui ?

Simone : Je pense que c’est la même : The holographic principle, mélangée avec Universal deat squad. The holographic principle contient le son traditionnel d’Epica, mêlé aux nouveaux riffs de guitare, un résumé de l’ensemble de l’album, dans un esprit très cinématographique.

Metal-Eyes : Epica est aussi un groupe de scène. Vous avez joué à Paris à de nombreuses reprises, mais vous allez vous produire pour la première fois au Zénith, qui est quatre fois plus grand que la plus grande salle où vous ayez joué à Paris. Qu’est-ce qui vous a poussés à vouloir évoluer à ce point ?

Mark : La démence ! (rires)

Simone : oui ! Je crois que nous avons, à Paris, évolué à chacun de nos passages. La famille française grandit rapidement et avec cet album nous avons voulu faire un pas de plus. Nous avons besoin, d’un point de vue scénique, production, de plus d’espace afin d’atteindre cet objectif. Les fans peuvent venir avec leur famille au complet car nous disposons maintenant de suffisamment de place pour accueillir tout le monde.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que le spectacle sera plus gros que jamais ?

Simone : oui.

Metal-Eyes : Y aura-t-il des éléments de surprise que vous pouvez révéler ou pas encore ?

Simone : Nous avons un nouveau prototype d’éclairages, qui ne sont pas encore sur le marché mais que nous avons déjà utilisé pour les sessions photos et vidéo et qui s’intègre parfaitement dans le thème du principe holographique.

Metal-Eyes : Comment s’est montée cette affiche commune avec Powerwolf ? Car il s’agit de deux univers musicaux totalement différents. Ne craignez-vous pas que les fans de Powerwolf quittent la salle après leur concert ?

Mark : Nous avons décidé de cette affiche parce que Powerwolf est gros dans des pays où nous sommes moins importants, et, inversement, nous sommes gros dans certains pays, comme la France, où Powerwolf est encore relativement méconnu. Il y a toujours le risque que les gens partent avant la tête d’affiche. Parfois c’est nous, d’autre, Powerwolf. Dans l’ensemble, nous aurons le public le plus important, mais il y aura malgré tout de nombreux fans de chaque groupe qui regarderont les autres, et c’est pour cetet raison que nous avons choisi cette combinaison. S’il y a deux groupes similaires, il y a le même type de public, or nous voulions vraiment réaliser un pont afin de jouer dans des salles plus importantes. C’est ce qui rend possible le fait de jouer au Zénith, ce qui n’était auparavant qu’un rêve irréaliste.

Metal-Eyes : Comment décidez-vous quelles nouvelles chansons seront incluses à la setlist ?S’agit-il d’une réflexion du groupe, y a-t-il certaines chansons que vous êtes persuadés devoir jouer, d’autres qui n’ont pas leur place…

Mark : Certaines chansons, comme Universal death squad… Je n’imagine pas ne pas les jouer ! Il y a en effet certains titres que tu sais devoir inclure et d’autres dont nous parlons. Nous testons chacune, toutes seront jouées, j’en suis sûr. Certaines passeront très bien, nous les garderons, d’autres ne nous apporterons pas la satisfaction que nous recherchons. Alors nous ne gardons que les meilleures chansons pour le concert.

Simone : Et elles doivent aussi trouver leur place aux côtés des chansons plus anciennes. Sur un concert de deux heures, il faut que la « courbe d’attention » soit juste. Parfois, nous interprétons deux titres qui sont connectés avant de parler au public, puis passons à autre chose. La connexion doit fonctionner. Nous avons nos morceaux préférés – et chaque membre du groupe à ses chansons préférées aussi, donc nous devons en parler – nous demandons aussi à nos fans ce qu’ils souhaitent entendre et combinons au mieux l’ensemble.

Metal-Eyes : Lorsque vous venez à Paris, pour un concert ou de la promo, y a-t-il un endroit où vous aimez vous rendre ?

Mark : Oui ! Le Sacré-Cœur. J’y vais à chaque fois, et aujourd’hui, nous sommes vraiment à côté. Lorsque nous sommes arrivés hier soir, je m’y suis rendu, j’ai admiré la vue, je suis entré dans l’église, j’ai pris un verre à une terrasse … J’adore cet endroit !

Simone : J’aime aussi me promener dans ce secteur, du côté de l’Elysée Montmartre où nous avons joué plusieurs fois.

Metal-Eyes : Qui rouvre à la fin de l’année…

Simone : oui, et c’est une excellente nouvelle. J’étais vraiment attristée lorsque j’ai appris qu’il avait été détruit par un incendie. J’aime aussi le Louvre où je suis allée deux fois… Je suis aussi venue à Paris en touriste, pas seulement pour le travail. J’y ai des amis, et j’adore la cuisine française. J’aime les douceurs culinaires, et je fais ma pâtisserie moi-même…

Metal-Eyes : Je prévois d’aller avec mon épouse aux Pays-bas où nous ne sommes jamais allés. Où devrions nous aller, que devrions nous aller voir et ou devrions nous dîner ?

Mark : Ça dépend de ce que vous aimez: plutôt ville ou campagne ?

Metal-Eyes : Peu importe, nous sommes curieux de tout!

Mark : Tout? Alors il y a une très belle région pour la nature, dans l’Est de la Hollande. Mais je te conseille Maastricht qui est la « perle du sud ». C’est une très belle ville, surtout si tu y vas en été. Tu peux très bien y manger, si tu es gourmet, tu dois te laisser tenter par la Burgunian Dutch kitchen de Maastricht. C’est une ville très mignone, avec une ambiance très sympa. Amsterdam, tout le monde y va…

Simone : Si tu aimes les musées, il faut aller voir le Plura Dutch musea (NdMP : je crois…) qui est fabuleux. Amsterdam est culturellement internationale, mais nous avons également une vraie culture locale. Il y a partout des maisons typiques, dans tous les centre-ville, tu trouveras ces maisons hautes et rapprochées. Je dirais qu’Amstredam et Maastricht sont incontournables. Aussi, je pense que Zealand est intéressante… il y a beaucoup à voir§ et dans le sud, d’où nous sommes tous originaires, il y a plus de relief. Et il y a la frontière des trois pays : Pays-Bas, Belgique et Allemagne.

Mark : Si tu aimes le vélo, il y a de bons circuits, cyclables et pédestres… Très beau et sympa.

Simone : Et si tu aimes les parcs à thèmes, tu peux aller au Efteling, pas trop américanisé, il est resté très hollandais. Ça a commencé comme une forêt féerique, et ils l’ont agrandi régulièrement.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour tout ces conseils, je vous en reparlerais la prochaine fois que nous nous rencontrons !

 

Interview: SABATON

Rencontre avec Joakim BRODEN (chant). Propos recueillis à 23 juin 2016, à Paris

Sabaton 230616

Metal-Eyes : Merci de recevoir Metal Eyes. Avant de commencer, et je suis certain qu’on t’a déjà demandé cela à plusieurs reprises, tu dois me donner tes impressions concernant votre dernier concert parisien ;

Joakim : Oh, le premier mot qui me vienne à l’esprit est « mouillé ». Très très mouillé ! Mais je dois sincèrement remercier toutes les personnes qui étaient présentes, je ne sais pas s’il n’y avait que des Français ou pas, mais j’étais vraiment impressionné. Juste avant notre show, l’enfer s’est déchaîné, comme on dit. Il pleuvait tant… On a joué en tête d’affiche au Sweeden rock la veille, un gros événement, pour nous, la tête d’affiche du samedi, là où, d’habitude, on trouve Aerosmith et Kiss, tu vois ? C’était un jour particulier: il y avait une grève. Les  pilotes d’Air France et de SAS étaient en grève, nos vols sont annulés. Alors nous voilà, on dort 2 heures et demie, prenons un vol pour Copenhague, puis Francfort, où notre avion est retardé parce qu’il y avait 150 supporters irlandais qui hurlaient. On arrive à Paris… Je crois que nous sommes arrivés sur le site du festival deux heures avant le show. Le vent commence à emporter le Backdrop, la pluie se met à tomber… Dingue. Je suis monté sur scène, on nous a demandé de repousser le matériel pour qu’il ne soit pas abîmé, ce que nous avons refusé. En festival, le public est déjà si éloigné… deux micros sont morts, un moniteur, à cause de la pluie, le micro de Thobbes a dû être changé 3 fois, mais je m’en foutais… Honnêtement, je ne peux que dire que même dans les pires des circonstances, le public du Download a été bien meilleur que celui du Sweeden rock alors qu’il faisait un temps radieux. Merci, vraiment. Je pensais que ce concert serait désastreux et en réalité, c’est un de ces moments dont je me souviendrais très longtemps !

Metal-Eyes : Moi aussi. J’étais avec les photographes et nous n’avons pas tenu plus d’une chanson ! On est tous allé mettre notre matériel à l’abri. Et revenus pour voir le concert quand même ! Parlons de votre album, The last stand. Il s’agit de votre neuvième album studio qui sortira le 16 août. C’est le second album, avec Heroes, avec ce line-up. Est-ce que les membres les plus récents du groupe ont pris une part plus importante dans la composition de ce disque ?

Joakim : Oui, je pense même que c’est la première fois, dans l’histoire de Sabaton, que tous les membres ont été impliqués, d’une manière ou d’une autre. Musicalement ou textuellement, ce qui me plait. Sur Heroes, Thobbe a composé une chanson avec moi, et j’en ai fait une autre avec Hannes. Pour The last stand, tout le monde a participé, même si Pär et moi avons écrit la plupart des textes. Nous sommes les geeks de l’histoire, je crois (rires).

Metal-Eyes : Ça, on le sait ! Sur Heroes, vous traitiez principalement de personnages inconnus qui ont été héroïques. De quoi parlez-vous cette fois ?

Joakim : C’est un album différent… Normalement, nous traitons des guerres contemporaines. Sauf pour Carolus Rex, bien sûr, qui traitait de l’empire suédois. Là, nous avons diversifié les choses, musicalement et dans les paroles. Nous avons composé sur les spartes, 400 ans avant Jésus Christ. Puis nous nous rendons en Asie, en Afrique pour terminer en Afghanistan, avec la guerre entre les soviétiques et les Afghans, en 1988. Nous avons bougé d’un point de vue géographique et temporel. Nous avons trouvé intéressant le fait que ce qui relie ces gens, c’est la dernière bataille. Rien de neuf, en réalité, les choses ne font que se répéter. Les gens me demandent souvent ce que je pense du monde actuel. Rien n’a vraiment changé, n’est-ce pas ? on a l’impression que c’est nouveau et spécial parce que nous vivons cette époque, mais en réalité, je ne crois pas. La seule chose que l’on puisse apprendre de l’Histoire, c’est que l’être humain n’apprend rien de l’Histoire.

Metal-Eyes : Au-delà des textes, comment décrirais-tu l’évolution musicale de Sabaton?

Joakim : Notre musique incorpore plus de variations que d’habitude. Rien de dingue, mais il y a certaines choses qui se démarquent. Par exemple, nous avons inclus de la cornemuse, de l’orgue Hammond, une rencontre entre Sabaton et Deep Purple, quelque chose comme ça… Et nous jouons un titre en majeur, pas en mineur, ce que nous n’avions jamais fait avant. Il y a un morceau sur lequel les chœurs sont plus grands que jamais, un autre sur lequel les guitares sont… « anonymes », elles disparaissent et réapparaissent, il n’y a pas de batterie sur ce titre. Ce que l’on croit être une batterie est en réalité une mitrailleuse de 50 mm, la caisse claire est un pistolet de 9 mm, et la charleston, une baïonnette… Cette chanson traite de la première guerre mondiale. Il y a quelques petits trucs à découvrir. Les gens qui ont écouté l’album le décrivent comme un grand 8 : il y a des chansons qui sont typiques de Sabaton, mais tu ne sais pas quand elles arrivent. J’espère que ça maintiendra l’intérêt de l’auditeur.

Metal-Eyes : J’imagine qu’il y a une volonté de vous renouveler. Cependant, dirais-tu que les nouveaux membres de Sabaton ont contribué à ce renouveau ?

Joakim : en partie, oui. Je pense que c’est valable pour nous tous. Quand nous avons fait Heroes, il nous fallait nous prouver, ainsi qu’à notre public, que Sabaton était toujours Sabaton. Nous nous sommes forcé à rester dans un certain schéma, pas dans le mauvais sens, naturellement. Heroes a démontré que nous sommes nous-même. Maintenant, nous avons aussi pu nous libérer. Musicalement, j’entends que Hennes est plus libre en tant que batteur, qu’il peut développer son identité, son style, pareil à la guitare. On reconnait facilement Thobbe, qui a une approche plus bluesy, plus rock, tandis que Chris a cette technique explosive. Ils peuvent donc se libérer, et s’épanouir en tant que musiciens, et ne pas être seulement se limiter à un format Sabaton.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The last stand pour décrire ce qu’est Sabaton aujourd’hui, ce serait laquelle ?

Joakim : Oh, oh… question piège !

Metal-Eyes : J’en ai quelques-unes…

Joakim : C’est bien, je n’ai pas à répondre aux mêmes questions tout le temps, merci ! Sabaton aujourd’hui ???Peut-être Winged hussards, parce que tu peux entendre des éléments typiques de Sabaton ainsi que de nouvelles choses, qui nous font grandir. Il y a 5 mélodies différentes qui s’entremêlent, et tout ça se marie parfaitement. Chris joue un super solo de guitare, on y développe de nouvelles techniques, des choses que nous n’aurions pu faire sans les nouveaux membres.

Metal-Eyes : Vous allez tourner début 2017, avec Accept en première partie. Comment avez-vous monté cette affiche ?

Joakim : Ils nous ont accueillis sur leur tournée américaine en 2011. Nous avons eu la chance d’ouvrir pour eux – je pense qu’en Amérique, nous continuerions d’ouvrir pour Accept. Et nous avons toujours parlé de retourner ensemble. D’un point de vue personnel, j’adore ces gars, et musicalement, il n’y pas beaucoup de groupes de cette époque – Iron Maiden, Scorpions – qui continuent de proposer de bons albums. C’est dommage que les gens ne veuillent pas écouter les derniers Scorpions, d’ailleurs. Mais il y a peu de groupes de cette période qui continuent d’offrir de la bonne musique et de bons shows. Je crois que c’est cool de tourner avec Accept. Ça fait drôle de se dire qu’ils font la première partie du groupe qui a ouvert pour eux. Intellectuellement, je comprends la raison. En Europe, nous sommes gros en termes de ventes. Émotionnellement, c’est plus compliqué à accepter parce que j’ai grandi avec Balls to the wall et Metal heart. Mais je pense que tout le monde en sortira gagnant, car ils donnent de bons concerts. Ça va nous mettre la pression et nous devrons travailler plus encore. Tout le monde sera gagnant. Nous allons devenir meilleur, eux aussi et le public sera gâté.

Metal-Eyes : Votre tournée s’intitule The last tour, mais j’imagine que c’est lié au titre de l’album et que vous ne prenez pas votre retraite…

Joakim : Non, pas du tout, même s’il y a un côté blague avec ce Last tour : si nous voulons avoir la plus longue tournée d’adieu, autant commencer maintenant ! Status Quo a fait sa tournée d’adieux en 1984…

Metal-Eyes :J’y ai assisté. Et je les ai revus un certain nombre de fois après ça…

Joakim : Alors si nous voulons remporter le titre de plus longue tournée d’adieux, c’est maintenant. Si on se projette dans 34 ans, non… Je ne crois pas qu’on tiendra aussi longtemps. Ils vont gagner ! Mais on peut se projeter dans 20 ans et se dire qu’on aura tenu deux décennies !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à l’Olympia. Tu connais déjà les lieux ?

Joakim : Oui, de réputation, je n’y suis jamais allé. J’aime ces endroits qui ont une histoire, tous ces groupes qui y ont joué. C’est toujours sympa de jouer dans ces salles. Il en reste quelques-unes , à Stockholm il a cette salle avec une photo de Jimi Hendrix, en France, il semble qu’il en reste quelques-unes, en Angleterre aussi, du côté de Cambridge…Mais il n’en reste pas tant que ça.

Metal-Eyes : Lorsque tu viens à Paris, y a t-il un endroit où tu aimes te rendre avant ou après un concert ?

Joakim : En fait, il y a plusieurs endroits que j’aimerai visiter. Mais je n’ai pas eu le temps de le faire. Nous venons pour le travail, on fait des interviews, on monte dans un taxi… Je me souviens de la première fois que nous sommes venus. Le problème, quand tu débute, c’est que tu bois tant que tu ne te souviens plus de ce que tu as vu…C’est étrange, je suis allé à Londres une dizaine de fois, sans rien voir… j’ai vu la tour Eiffel à Paris, quand j’étais plus jeune, en vacances avec mes parents. Mais je n’ai toujours pas visité Notre-Dame, le Louvre, le musée des Invalides… C’est un des endroits que je veux vraiment visiter. J’imagine qu’il doit y avoir des choses intéressantes de l’époque napoléonienne que tu ne peux voir ailleurs. Des musées militaires, tu peux me croire, nous en avons visité beaucoup ! Mais j’adorerai visiter celui des Invalides. Je pense revenir, à titre privé, dans le courant de l’année prochaine, avec mon épouse qui n’est jamais venue ici. Je n’aime pas la circulation dans cette ville, c’est une vraie merde ! De la bonne nourriture et du bon vin, oui. Mais je viendrai quand nous n’aurons pas de concerts, pas de promo, et pouvoir simplement en profiter !

 

HELLTERVIEWS – Spécial interviews@hellfest 2016 / part 2

Comme promis, Metal-Eyes vous propose la seconde vague d’interviews faites lors de la dernière édition du #Hellfest. Retrouvez aujourd’hui une sélection internationale: Loudness, Delain, The Melvins et RavenEye!

Metal-eyes remercie pour l’organisation de ces interviews Elodie Jouault et Charles Provost (HimMedia) et Roger Wessier (Replica promotion) 

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Entretien avec Minoru Niihara, chanteur de Loudness. Propos recueillis au Hellfest le 19 juin 2016

LOUDNESS 180616

Metal-Eyes : Loudness est un des dinosaures japonnais du metal encore en activité. Où se situe le groupe sur le marché aujourd’hui ?

Minoru : Oh! C’est une question difficile ! Nous sommes loin d’être numéro 1 au Japon, c’est incontestable. D’autres groupes vendent des millions de disques. Mais nous nous débrouillons plutôt bien sur la scène metal japonaise

Metal-Eyes : Et vous continuez d’avoir un certain succès aux USA, aussi…

Minoru : On ne vend pas beaucoup de disques, mais les gens continuent de venir nous voir en concert.

Metal-Eyes : Quels sont tes souvenirs de votre première et unique concert à Paris, je crois en 1986, en ouverture de Saxon ?  

Minoru : Je me souviens que j’étais… bourré ! (rires) J’étais un gamin stupide, je ne savais pas ce que je devais faire, comment préserver ma voix. Je buvais tout le temps, j’étais vraiment stupide ! Mais j’ai passé du bon temps, j’ai rencontré plein de gens sympa !

Metal-Eyes : J’y étais.

Minoru : Tu y étais ? Oh, alors je suis vraiment désolé ! (rires)

Metal-Eyes : Avais-tu conscience qu’à cette époque beaucoup de gens venaient plus voir Loudness que Saxon ?

Minoru : Vraiment ? Waow ! (rires)

Metal-Eyes : The sun will rise again est votre dernier album en date. Il a été enregistré en 2014. Sa pochette rappelle bien sûr celle de Thunder in the east, l’un de vos plus grands succès.  Le disque est difficile à trouver, en France et en Europe. C’est dû au fait que vous soyez sur un petit label local…

Minoru : Tu sais, c’est si difficile de trouver un contrat international. Nous voulons que nos disques soient distribués partout, mais c’est vraiment difficile de trouver un bon deal. C’est pour ça que nous préférons une distribution locale, aujourd’hui.

Metal-Eyes : Vous prévoyez quand même une distribution plus large ?

Minoru : On y travaille, oui. L’année prochaine, j’espère. On y travaille !

Metal-Eyes : En 2001, Loudness a fêter son 20ème anniversaire. C’était assez particulier puisque tous les membres originels du groupe étaient présents, et vous avez rencontré un grand succès. Que peux-tu nous dire de cet anniversaire qui n’avait pas été partagé en Europe ?

Minoru : Tu sais quoi? Nous étions séparés depuis 10 ans, et je n’avais pas parlé à Akira durant cette période. En 2001, il m’a appelé pour qu’on se réunisse et que nous puissions célébrer cet anniversaire. Nous étions ensemble jusqu’en 1989, nous avons grandi… Que dire… En 1989, ils m’ont viré. J’étais si triste, il m’a fallu là ans pour m’en remettre. On s’est revus, Akira et moi en 2000, et c’était si bon de se retrouver ! On s’est ensuite retrouvé en studio, on a joué ensemble, plein de vieux matériel et je pensais que ça sonnait vraiment bien, que l’on pouvait faire quelque chose. Mais quoi ? Nous quatre, nous sommes réunis pour je ne sais quelle raison, le destin, ou quelque chose comme ça, tu comprends ?

Metal-Eyes : Mais c’était le bon moment.

Minoru : Oui, et nous approchions du 20ème anniversaire du groupe, nous devions faire quelque chose. Un groupe qui existe encore après 20 ans se doit de célébrer cet évenement, et pour moi, le timing était parfait pour nous réunir.

Metal-Eyes : Et vous avez renoué avec le succès, ce qui est important pour le groupe.

Minoru : oui, totalement, c’est très important.

Metal-Eyes : Comment vous êtes-vous retrouvés à l’affiche du Hellfest aujourd’hui ?

Minoru : Au Hellfest ? Notre agent s’est vraiment démenée pour nous trouver cette date, et nous voici ! Elle, notre agent en Europe, travaille vraiment très dur pour nous.

Metal-Eyes : Et le public semblait vous attendre aussi !

Minoru : Oui ! Le public avait l’air d’apprécier, il chantait avec nous… J’ai rencontré des gens qui m’ont fait des compliments, remercié… C’était vraiment bien, tu sais. J’en avais la chair de poule !

Metal-Eyes :Alors quelles sont tes impressions après ce premier concert en France depuis 30 ans ?

Minoru : Je me susi senti… J’étais comme désolé de vous avoir fait attendre aussi longtemps. Mais j’étais si comptent de voir que des gens nous attendaient encore ! Un gars est venu me voir pour me saluer et m’a dit avoir attendu 30 ans de nous voir sur scène. Il était au concert de Paris, quand nous avions ouvert pour Saxon. Et aujourd’hui, il a pu nous voir ! Et j’espère que nous pourrons revenir bientôt !

Metal-Eyes : Je l’espère aussi. Justement, que faudrait-il pour que Loudness puisse de nouveau conquérir le monde ?

Minoru : Je ne sais pas… Tant que vous êtes là, tant que les gens sont présents pour écouter notre musique, pour venir assister à nos concerts, nous serons là, nous jouerons pour vous ! C’est tout, ce n’est pas pour l’argent…

Metal-Eyes : Mais ça aide,  et aujourd’hui, c’est aussi une question de distribution, de marketing, d’image…

Minoru : Tout est important, mais l’argent… Si tu ne veux pas écouter notre musique, on n’y peut rien. Autrement, nous continuerons de jouer !

Metal-Eyes : Parlons de ton chant : y a-t-il des chansons que tu ne peux plus, techniquement chanter ?

Minoru : Techniquement ? Ah, je vois, je vieillis, c’est ça ? Bon, alors c’est vrai que je ne peux plus atteindre certaines notes très hautes, mais je ne peux pas dire aux autres que je ne peux interpréter cette chanson s’ils veulent la jouer ! On s’adapte, tu voix !

Metal-Eyes :Il y a aujourd’hui des groupes japonais comme One Ok Rock ou Baby Metal qui rencontre un succès au niveau international. Penses-tu que leur succès peut aider un groupe comme Loudness à renouer avec le public international ?

Minoru : Je ne crois pas. Je ne connais pas trop ces groupes, mais il n’y a pas vraiment de connection entre nous. Ce qu’ils font n’a rien de commun avec nous. Peut-être que les gens peuvent se dire « oh, les Japonais savent aussi jouer du rock ! Alors écoutons des groupes japonais… tiens, voyons, Loudness, c’est comment ? », mais à part ça, je n’en sais rien ! on verra dans 5 ans où ils se trouvent !

Metal-Eyes : On verra, effectivement. D’ici là, merci pour cette courte interview, et j’espère que nous pourrons bientôt vous revoir sur scène en France.

Minoru : J’espère aussi ! Merci beaucoup au public français d’être là ! « Merci » (en français dans le texte)

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Rencontre avec Charlotte (chant), et Timo (guitare) – Delain. Propos recueillis au Hellfest, le  17 juin 2016

DELAIN 170616

Malgré un passage matinal, Delain est très en forme pour rencontrer Metal Eyes. Interview spontanée dans une ambiance bon-enfant.

Metal-Eyes : Quelles sont vos premières impressions de votre concert d’aujourd’hui au Hellfest ?

Charlotte : Eh bien, une fois que nous avons trouvé l’entrée backstage (rires) tout a été! Nous avons déjà joué une fois au Hellfest, et j’adore l’ambiance du site : c’est très artistique, beaucoup d’art métallique, j’aime vraiment ça. Et l’ambiance backstage et super. Le public a été à fond, aussi !

Metal-Eyes : Et quelles sont tes impressions?

Timo : Horrible (rires)! Non, c’est très cool, j’aime l’ambiance, et j’aime aussi l’organisation au niveau des scènes, tu peux tout voir sans avoir à parcourir des kilomètres… Je n’ai en fait pas vu le site de jour, car on vient de se réveiller.

Metal-Eyes : N’est-ce pas un peu frustrant pour un groupe comme Delain de jouer aussi tôt dans la journée ?

Charlotte : Oui.

Metal-Eyes : Qui en a décidé ainsi?

Charlotte : Je n’en sais rien, mais si je trouve cette personne, je la forcerai à m’apporter 10 litres de café, c’est une certitude ! (rires)

Metal-Eyes : Charlotte, tu as annoncé sur scène qu’un nouvel album arrivait cet automne. Que peux-tu nous en dire ?  

Charlotte : L’album s’appelle Moonbathers, il est précédé d’un Ep. On vient de finaliser l’artwork qui est vraiment superbe.

Metal-Eyes : Et musicalement ? Vends-moi ce disque !

Charlotte : Il est fantastique, tu n’écouteras rien de mieux (rires). Non, sérieusement, si tu as aimé notre album précédent, tu sais que nous aimons les grandes orchestrations, et nous avons conservé cet esprit. Nous avons reçu de nombreux commentaires de nos fans, et nous y avons prêté attention. Ce qui nous a permis de mieux avancer. Une des choses que j’aime vraiment de ce disque, c’est qu’il est varié. Il y a des choses très dures, d’autres rapides… On va dans des directions variées dans le respect de l’esprit Delain. Certains amateurs de notre dernier album seront sans aucun doute positivement surpris par certains titres.

Metal-Eyes : Il y a donc une belle variété de musiques, rythmes et styles ?

Charlotte : Absolument.

Metal-Eyes : Une nouvelle tournée est également prévue, j’imagine ?

Charlotte : Elle commence en octobre et se déroulera principalement en novembre avec un passage en France.

Metal-Eyes : Puisque nous sommes en festival, vous souvenez-vous du premier festival auquel vous ayez joué ?

Charlotte : Le premier festival ? (A Timo) Tu te souviens de ton premier festival ? Je me souviens de notre premier concert, oui, qui était lors d’une journée du fan club de Within Temptation… Je crois que nous avons fait le Grasspop… Ensuite il y a eu des festival hollandais… oh, ça pourrait être le Liberation festival, en Hollande, en mai 2007. C’était un gros festival, avec je ne sais pas combien de milliers de spectateurs, mais vraiment beaucoup… On y a rejoué ensuite, je crois, mais c’était un bon début, assurément !

Metal-Eyes : Quel est l’endroit le plus étrange où vous ayez joué en festival ?

Charlotte : Récemment, nous avons joué dans un camion retapé et réarrangé, pour un gig acoustique, c’était marrant. Et nous avons joué dans une piscine hantée !

Timo : Oui ! C’était étrange !

Charlotte : En réalité, ce n’était pas un festival, c’était un concert avec Nightwish, aux USA. C’était dans un grand bâtiment avec une piscine située en dessous. Il y a  une sorte de top 10 des lieux hantés, et celui là figure dans cette liste. De nombreuses personnes affirment y avoir vu des fantômes, plain de gens.

Timo : Mon âme y est d’ailleurs restée (rires)

Metal-Eyes : Et vous, vous avez vu des fantômes ?

Charlotte : Non…

Metal-Eyes : Avez-vous ressenti des vibrations différentes, étranges, pendant ce concert ?

Charlotte : Non… Non, mais, je peux comprendre : l’acoustique y est vraiment bizarre, ce qui peut donner l’impression de se retrouver dans un film pour ados…

Timo : Un film américain d’épouvante pour ados…

Charlotte : On a fait du yoga dans la piscine !

Metal-Eyes : Quelle  relation entretenez-vous avec le public français?

Charlotte : Dès le départ, ça a été particulier. On a toujours eu un public enthousiaste. J’ai toujours eu mes petits trucs avec le public entre deux chansons, et je me souviens qu’à Paris, quand nous avons commencé, j’était obligée de patienter trois, quatre minutes pour que le public se calme ! Et c’était génial comme sentiment !

Metal-Eyes : Une dernière chose à dire aux lecteurs de Metal Eyes, en fançais peut-être ?

Charlotte : (en français) Merci pour le..

Timo : … support…

Charlotte : … et l’amour… l’argent (rire)

Timo : “Merci pour l’argent”???

Charlotte : Oui ! (en anglais) mais je ne peux pas mieux faire !

Metal-Eyes : Alors, merci et on vous retrouve en novembre sur scène.

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Rencontre avec Dale (chant, batterie), Buzz (guitare, chant) et Steve (basse, chant) – The Melvins. Propos recueillis au Hellfest, le 17 juin  2016

THE MELVINS 170616

Une interview express avec un mythique trio ne se refuse pas… Si la réputation scénique de The Melvins les présente comme assez déjantés, au calme, quelques heures avant de monter sur scène,  c’est plutôt froids et distants que se révèlent les musiciens sans doute fatigués par une intensive tournée. Ou lassés d’enquiller des interviews de 10 petites et trop courtes minutes…

 

Metal-Eyes : Quelles sont les nouvelles de The Melvins qui passent pour la seconde fois au Hellfest ?

Dale : Eh bien nous venons de sortir un nouvel album qui s’appelle Basses loaded, nous tournons depuis quelques semaines en Europe après avoir organisé une grosse tournée américaine, et une fois cette tournée terminée, nous allons sans doute enregistrer un nouvel album et tout recommencer l’année prochaine.

Metal-Eyes : Que pouvez vous me dire pour me vendre ce nouvel album?

Dale : Il est vraiment bon, il est hip, cool et les kids l’adorent.

Metal-Eyes : D’accord… Rien de plus? Qu’est-ce qui le différencie du reste de votre discographie ?

Dale : Il n’a pas un, ni deux, ni trios, mais six bassistes qui jouent dessus, moi inclus, d’où son titre, Basses loaded, il y a Stu McDonald, Chris Novocelic, Chuck Makers…

Metal-Eyes : Mais ça reste du pur Melvins, rock, grungy et direct ?

Dale : Oui, du pur rock n roll avec un peu de jazz pour la pêche.

Metal-Eyes : Vous montez sur scène dans quelques heures, prévoyez-vous quelque chose de special pour le public ce soir?

Dale : Nous prévoyons de faire s’écrouler la tente!

Metal-Eyes : Lorsque vous êtes en tournée, y a-t-il des choses que vous souhaitez faire, que vous projetez de visiter?

Buzz : Tu sais, quand tu es en tournée, que tu donnes des concerts, tu n’as pas beaucoup de temps pour toi.

Dale : On est vraiment là pour jouer, on n’est pas en vacances.

Metal-Eyes : Vous ne prenez pas le temps, ici, de vous promener dans les vignobles, d’aller goûter des vins locaux ?

Buzz : Un truc que tu ne veux pas c’est me voir saoul! (rires)

Dale : On est déjà venu plein de fois, alors on a déjà vu pas mal de choses. Steve, lui, sort, il aime faire du skate.

Steve : Je ne suis pas aussi familier qu’eux, c’est mapremière tournée avec The Melvins.

Metal-Eyes : Quelles sont tes impressions sur cette première tournée avec le groupe ?

Steve : C’est très dense, et consistant, très solide. On sait à quoi s’attendre au quotidien.

Metal-Eyes : Sans surprises ?

Steve : Non, pas vraiment. On sort d’une tournée US, et je suis maintenat dans le tempo, je comprends bien leur mode de fonctionnement, et c’est sympa.

Metal-Eyes : A ce sujet, comment compareriez-vous le public américain et le public européen ?

Dale : Ben, quand on est sur scène, ça n’a pas vraiment d’importance. On que un peu partout, et en dehors de comprendre ou pas ce que je peux dire…

Metal-Eyes : Le public français a pourtant cette réputation de savoir faire comprendre aux artistes quand il n’apprécie pas…

Dale : Heureusement, ça ne s’est pas produit ! Il y a toujours des gens pour se plaindre de quelque chose…

Metal-Eyes : Surtout en France, pays de râleurs !

Buzz : Les Allemands se plaignent plus que les Français. Crois moi ! Ce sont les plus grands râleurs européens !

Metal-Eyes : Quel est le plus gros festival auquel vous ayez joué avec les Melvins?

Dale : Bonne question… Je ne sais plus… La dernière fois que nous avons joué ici, j’ai été surprise par le nombre de personnes présentes, je ne pouvais voir la fin du public… On a joué à de gros festivals, mais parfois assez tôt, donc le public était moindre.

Metal-Eyes : Y a-t-il une situation que vous souhaiteriez pouvoir changer, revenir en arrière pour éviter quelque chose que vous regrettez d’avoir fait sur scène ?

Dale : Non. Je ne pense à rien de particulier…

Buzz : De toute façon, je ne voudrais pas en parler…

Metal-Eyes : Alors y-a-til une chose que vous avez faite dans votre carrière que vous souhaitez que vos enfant ne fasse jamais ?

Dale : Ah, ah! Sans doute beaucoup de chose… Lui n’a pas d’enfant donc, il ne compte pas… Steve, oui…

Steve : Qu’ils ne testent jamais la poussière d’ange, pour commencer.

Dale : Et qu’ils se protègent les oreilles ! Oui, qu’ils mettent des bouchons de protection, toujours, s’ils veulent profiter de la musique.

 

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Rencontre avec Raveneye, Aron (basse) et Olie (guitare). Propos recueillis à 19 juin 2016 au Hellfest

RAVENEYE 190616

Metal-Eyes : Raveneye est un jeune groupe, pouvez-vous nous raconter l’histoire du groupe ?

Olie : Oui, Raveneye s’est formé il y a deux ans. J’ai commencé par apprendre à jouer du Hendrix, et je me suis intéressé au blues rapidement ensuite, suis devenu artiste solo. Je n’ai pas tout de suite écrit de la musique heavy, mais je me suis construit autour de la scène rock, suis devenu indé, sans demander l’aide de quiconque. J’ai monté mon équipe en mai 2014, et c’est assez dingue depuis.

Metal-Eyes : Dingue, en quel sens?

Olie : En fait, nous avions besoin d’un produit pour pouvoir nous présenter et jouer localement, en Angleterre, on a enregistré le Ep, et plutôt que de vouloir foncer en festival, on a réfléchi, on a préféré voir petit pour grandir. Tu sais, on fait tout nous-mêmes, on conduit, on booke nos concerts… On adore ça, mais c’est du travail.

Aron : D’un autre côté, on a enregistré ce Ep pour donner des concerts et en 2 ans à peine, nous voici au Hellfest, au Download, on ouvre pour Sllash, The Darkness, Deep Purple… Tous ces groupes géants. Cette folie a été la tempête qui nous fait tourner.

Metal-Eyes : Donc aujourd’hui, votre public est là, et attend de vous voir jouer ?

Olie: Absolument ! Nous sommes un groupe de scène, il faut vivre nos concerts, c’est intense.

Aron : On donne tout sur scène. C’est là que je me sens le mieux. Mets-moi sur une scène, et je me donne à fond. Même si je suis le plus réservé dans ce groupe.

Metal-Eyes : Il me semble que tu te sentes bien au pied de la scène également

Aron  (il explose de rire) : Tu sais, en festival, le public semble si loin, comment se sentir plus proche ?

Olie : C’est un peu comme si nous étions dans mon salon : c’est un très grand salon, à l’extérieur.

Metal-Eyes : Pourquoi n’as-tu pas cherché à aller dans le public ?

Olie : J’ai eu quelques problèmes avec la sécurité avant. En Pologne, à Moscou…

Metal-Eyes : Vous êtes des rockers ?

Aron (il rit) : Ils l’ont récupéré !

Olie : En Pologne, j’ai essayé et le gars de la sécu m’a chopé et m’a fait comprendre que non, ça sûrement pas ! Pas si je veux m’en sortir ! Parfois tu te dis « prends le risques », d’autres fois, c’est non !

Aron : On a donné un concert à Zurich il y a peu de temps, et la sécu m’a aidé, un agent m’a pris sur ses épaules et on est allé à l’autre bout de la salle. Ça peut être sympa aussi. On le fait parfois, c’est sympa.

Metal-Eyes : Quelles sont vos premières impressions de ce Hellfest ?

Olie : C’est incroyable… C’est étrange, parce que ce n’est jamais pareil : tu joues, tu fais ce que tu as à faire, et ce qui doit arriver arrive. Mais on s’est baladé sur le site, et c’est génial : tout le monde aime être ici, les gens sont heureux. Merde, on est dimanche et les gens sont encore à fond alors qu’ils devraient être crevés !

Aron : Le temps est génial, en plus ! On est arrivé d’Espagne hier, et il pleuvait des cordes. Ici, il fait beau !

Metal-Eyes : Quels sont vos plans concernant un album ? Vous avez déjà publié un Ep, il est temps de passer à un véritable album.

Olie : Oui, je suis d’accord ! Nous en avons enregistré un, signé par Frontiers, qui a contactés, ce qui fait plaisir. C’est eux qui sont venus à nous, nous ont dit vouloir travailler avec nous, et c’est agréable, ils ont un extraordinaire catalogue… nous avons enregistré en juin, sommes restés en studio pendant un moi, et l’album est prêt. Il sortira fin septembre sur Frontiers. C’est ce que nous voulions. Un Ep, c’est comme un avant-goût de ce que nous aimons, tandis qu’un album, c’est nous, ce que nous sommes. C’est définitif. Si vous l’aimez, tant mieux, sinon…

Aron : … Allez vous faire foutre (rires) !

Metal-Eyes : Que pouvez-vous nous en dire ?

Olie : il est plus heavy, c’est une progression heavy de l’Ep. Le chant est plus puissant, et l’album développe de gros riffs, une grosse énergie… Les paroles aussi, elles reflètent plus ce que nous avons vécu ces deux dernières années. Nous avons pris en compte les gens qui nous entourent, notre vécu en commun, et avons vraiment fait attention à ce que nos paroles reflètent ce que nous voulons dire. Il n’y a rien de vraiment profond, et si tu y vois quelque chose, soit, mais ne cherche pas à trop comprendre. On n’est pas dans ce trip-là. On n’est pas sérieux sur scène, alors…

Aron : Les soli de guitare, les riffs sont au top, la batterie donne un rythme super, et le chant d’Olie est excellent aussi…

Metal-Eyes : Vous allez tourner ?

Olie : Oui, dès que l’album sortira, nous partirons en tournée avec Zodiac, en Allemagne, en France. Je crois que nous allons donner 16 concerts d’affilée ! puissant, ce sera une nouvelle expérience.

Aron : Et nous allons tourner en Angleterre juste après, donc en début d’année prochaine, janvier/février.

Olie : Ensuite, nous repartons aux USA, puis allons en Amérique du sud, ce que nous n’avons pas fait, dont le Wicked festival où nous tiendrons la tête d’affiche d’une des scènes. Et nous allons jouer à Sao Paolo, Rio, Buenos Aires…

Metal-Eyes : Voici un planning bien chargé pour un jeune groupe. C’est assez prometteur ! Merci pour ces quelques instants, et j’espère vous revoir bientôt à Paris.

Olie : Oui, très prometteur. Merci à toi d’avoir pris le temps de nous rencontrer et à bientôt !

Spécial interviews DOWNLOAD Paris: SAXON, BLACKRAIN et ARCANE ROOTS

L’été s’achève, nous allons petit à petit reprendre le chemin du travail, laissant derrière nous une première édition parisienne du Download festival. Metal-Eyes était sur place, et en a profité pour rencontrer quelques artistes: Max de BlackRain, Tim de Saxon et Arcane Roots au complet pour une interview découverte.

Remerciements spéciaux à Myriam Astruc, Marie-Caroline Graton, Olivier Garnier et Elodie Jouault

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Rencontre avec Max (BlackRain). Propos recueillis au Download festival de Paris le 10 juin  2016

BLACKRAIN 100616

C’est dans des conditions compliquées que BlackRain reçoit les journalistes : à quelques encablures de la mainstage, il est compliqué de s’entendre, d’autant plus lorsque le DJ de l’espace VIP balance la sauce à fond. A force de ne pas nous entendre et de crier plutôt que de parler, cette interview fut forcément écourtée… Drôle d’endroit pour une rencontre.

 

Metal-Eyes : Revenons un peu sur le passé récent de BlackRain qui a vu sa vie quelque peu bousculée après votre séparation d’avec votre ancien management. Qui s’occupe de vous aujourd’hui, et quels changements ressentez-vous dans le management ?

Max : Aujourd’hui, c’est Olivier Garnier qui s’occupe du management. Mais tout les aspects techniques et artistique, c’est nous qui gérons de A à Z. Il n’y a plus personne qui gère quoi que ce soit en matière de musique ou de direction artistique, on fait tout nous-mêmes. Après notre séparation avec Dany, on a dû réinvestir, payer de notre poche pour racheter tout le matos, et pour l’instant, on est tout seuls, techniquement. Olivier gère le reste, dont notre présence ici aujourd’hui au Download.

Metal-Eyes : Quels retours avez-vous depuis la sortie de Released il y a quelques mois ?

Max : L’album est sorti le 25 mars dernier et on a que des retours hyper positifs. Il y a plein de choses qui se passent qu’on n’avait pas eu avant : on a été pas mal relayés dans beaucoup de pays étrangers, ce qu’on voulait faire depuis longtemps, on a eu de super bonnes critiques en Angleterre, en Scandinavie, en Espagne, en Italie, on a aussi été relayés sur pas mal de webzines américains, et c’est la première fois, et on a aussi eu quelques interviews sur des  médias américains. On a commencé à planter des graines à l’étranger et j’espère qu’on va pouvoir concrétiser ça cet automne en tournant à l’étranger.

Metal-Eyes : Vous avez pris en main la direction artistique de BlackRain. Comme cela s’est-il concrétisé sur la création de Released ?

Max : Il faut savoir que, pour Released, on avait commence à composer bien avant de casser avec Dany, facilement un an et demi avant. Donc les compositions, c’est Swan qui a toujours tout composé. Des chansons comme Killing Me, avec la double pédale, auraient, je pense, été écartées. Mais nous, ça nous tenait à cœur, avoir des choses un peu plus rentre dedans. On a toujours été très libres, c’est plutôt à la fin que chacun tirait un peu de son côté.

Metal-Eyes : Donc aujourd’hui vous faites partie de ces groupe totalement autonomies et déchargés du choix d’autrui ?

Max : Exactement. On a décidé de faire et garder ce que l’on veut. (la sono côté VIP se met à hurler) Là c’est génial parce qu’on a les deux scènes en même temps !

Metal-Eyes : C’est fabuleux, oui… Selon toi, quelle est la chanson de Released qui représente le mieux BlackRain aujourd’hui?

Max : Je ne sais pas… J’ai un gros coup de cœur pour Run tiger run parce que le refrain est génial le couplet est fabuleux, et je n’arrive pas à savoir à quel groupe cette chanson pourrait me faire penser. Souvent on dit que cette chanson fait penser à ça, mais là, non…

Metal-Eyes : D’après ce que j’ai compris, Swan vit aujourd’hui en Suède. Qu’est-ce qui a motivé ce choix et comment vous organisez-vous pour travailler ?

Max : On a jamais été attire par la vie parisienne. Nous, on est des mecs de la montagne, et vivre à Paris, ça a été un peu dur et tout ce qui est balade dans les rues, tatouage et piercing, c’est pas trop top top… On n’a jamais été trop bien à Paris. Swan se sentait bien en Suède, il s’y est installé et maintenant, on se retrouve. On a répété pendant une semaine, et les choses se font tranquillement.

Metal-Eyes : Une dernière chose: est-ce que vous ressentez encore aujourd’hui les effets de votre passage au télé crochet la France a un incroyable talent, et si oui, dans quel sens ?

Max : Franchement, c’est un truc de fous! Même après 4 ans, on nous en parle : « je t’ai vu à la télé, je sais plus où » ! Ce qui est sympa, c’est qu’on a pu parler à un public pas du tout initié à la musique metal. Ça c’est vraiment cool. En plus, on leur dit « Incroyable talent » et les gens nous écoutent.

Metal-Eyes : C’est donc un argument marketing?

Max : ah, oui, un très gros argument marketing! D’un ppoint de vue expérience personnelle, c’était génial de pouvoir jouer dans ces conditions. Je fais un aparté, mais la chanson Death by stereo dénonce totalement là où on était, la musique de mauvaise qualité à la radio, la pop de merde, la RnB de merde, les trucs qu’on essaie de nous faire gober. Personne ne s’en est rendu compte, mais on est allé chanter en direct un truc dans lequel on disait « la télé et la radio c’est de la grosse merde ! » Arriver à faire ça à une heure de grand public sur une grande chaine !

Metal-Eyes : Alors qu’au départ, on voulait que vous interprétiez une reprise…

Max : Exactement, au départ ils voulaient qu’on joue des reprise de AC/DC et Guns, ce qu’on a fait au premier casting. On a joué deux reprise, plus une troisième, à nous, Blast me up. Et les gars on fait « elles sont vraiment géniales ces chansons, c’est quoi la troisième ? – Ben, c’est notre groupe. – Bon ben vous pouvez faire vos morceaux alors ! » Cool…

Metal-Eyes : Max, merci pour cette interview express (à ce moment, le calme revient)

Max : Elle se termine bien, on va pouvoir recommencer (rires)

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Rencontre avec Tim « Nibbs » Carter (basse – Saxon). Entretien avec. Propos recueillis à Paris, Download festival, le 11 juin  2016

SAXON 110616 2

Metal-Eyes : La dernière fois que nous sommes rencontrés c’était il y a deux ans environ, au Bataclan…

Nibbs : Que tu dis… (rires)

Metal-Eyes : J’ai des enregistrements pour le prouver… Cependant nous avions évoqué le risque que prenait Saxon en sortant autant de nouveautés dans des temps rapprochés. Il semble que depuis les choses aient ralenti, il n’y a eu qu’une grosse réédition de 9 albums en vinyle. Que s’est-il passé ?

Nibbs : Tu veux parler de quelle période? Celle de Battering Ram ? Alors, oui… Nous avons publié cet album en octobre 2015, et, normalement, nous aurions dû partir en tournée dans la foulée. Des concerts en hiver, 5 à 6 semaines en Europe, puis ailleurs, en Europe, en Amérique, Amérique du Sud, en Extrême Orient… Mais nous avons reçu une offre pour tourner avec Motörhead alors que nous étions toujours en train de travailler sur l’album. Ce qui nous a été proposé était de participer à la tournée nord américaine en octobre 2015, ce que nous avons fait. C’était déjà une période difficile pour Lemmy – je crois qu’il avait une infection pulmonaire – et… nous avons dû annuler quelques concerts sur cette période. Nous sommes rentrés et avons terminé l’enregistrement de Battering Ram que nous avons publié en octobre. Nous aurions dû partir en tournée pour le soutenir mais Motörhead nous a proposé de les accompagner de nouveau, en Europe. C’était tellement fun de tourner avec eux que nous avons accepté. Nous devions jouer au Zénith à Paris, mais… le grand méchant loup s’est débrouillé pour que ce concert soit annulé… Nous nous sommes retrouvés à Dusseldorf, Saarbrücken, jusqu’à Berlin. Ce fut le dernier concert de Lemmy… Nous avons passé de bons moments avec Motörhead, sur ces dernières dates. Parce que Lemmy est parti à ce moment-là, nous ne pouvions pas continuer cette tournée européenne comme prévu. Nous devions reprendre la route de janvier à février 2016, mais cette tournée de 5 semaines a été annulée. Nous nous sommes demandé ce que nous allions faire. La première chose que Biff m’ai dite a été de nous remettre à écrire. « Composons de nouveau, travaillons déjà notre prochain album ». Il faut un certain temps pour mettre en place une tournée de Saxon, on ne peut pas se dire que demain nous partons en tournée. Alors, par la force des choses, nous avions trois mois devant nous avant nos prochaines dates. C’était au mois de janvier. Nous avons continué de composer pendant trois mois avant de nous retrouver pour comparer nos idées, nos compos et voir si cela fonctionnait en tant que groupe. Au mois de mai, nous avons donné un concert avec Doro Pesch, en Suède, mais j’envoyais déjà mes idées à Biff. Chaque semaine, 3 ou 4 idées, bing, bing, bing… Je lui en envoyais tout le temps. J’écris tout le temps, la batterie, la guitare, la basse… C’est si facile aujourd’hui. Quand je cours, j’enregistre mes idées de riff sur mo téléphone, et quand je rentre, j’y rajoute un tempo, rajoute de la batterie, ou une guitare puis une basse et envois le tout à Biff. La semaine dernière, je suis allé le rejoindre, Nigel nous a aussi rejoints et nous avons maintenant de sérieuses bases.

Metal-Eyes : Ce qui signifie qu’un nouvel album pourrait nous arriver d’ici 6 à 8 mois ?

Nibbs : on n’a pas besoin de se poser un deadline. Nous avons déjà de supers idées pour un futur projet. Quel qu’il puisse être.

Metal-Eyes : Concernant votre participation aujourd’hui : il s’agit de la première édition du Download à Paris…

Nibbs : Vraiment ?

Metal-Eyes : Oui. Saxon a publié plus de 20 albums studio, je ne sais combien d’enregistrements live, de compilations, le groupe a été tête d’affiche de nombreuses tournées et de festivals. Aujourd’hui, vous avez joué avant Baby Metal, qui n’a que 2 albums à son actif. N’est-ce pas un peu frustrant pour un groupe de votre envergure de jouer aussi tôt ?

Nibbs : On est passé à 16h, ce qui me va. N’importe quel créneau avant 15 heures serait frustrant, mais 16 heures, ça me va. Surtout si on joue une heure. Tu sais, j’ai assisté à des festivals, et si tu t’éclates, tu bois un peu trop, en général, tu n’es pas vraiment réveillé avant 15 heures.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que tu étais bourré hier ?

Nibbs : Voyons… Je ne m’en souviens pas (rires) ! Non, nous avons travaillé hier matin en Angleterre et sommes venus à Paris, gare du Nord, avant de prendre le bus… J’ai bu deux bières hier soir, non, tout va bien !

Metal-Eyes : Ma question portait surtout sur le fait de jouer avant Baby Metal qui a un certain succès mais pas la même histoire que Saxon.

Nibbs : Il y a un peu de frustration, mais sur mon échelle, elle est infime. Si tu es dans ce business aussi longtemps que nous, je sais comment ça fonctionne. Si un groupe est au top à certain moment, il faut lui donner sa chance. Si un groupe come Baby Metal connait un début de succès, il faut le laisser naviguer sur cette vague. Pas de problème pour nous. Dans un certains sens, c’est un privilège de jouer sur la même scène, on ne sait jamais : ils pourrairraient être la prochaine grosse sensation. Les temps changent, les gens s’adaptent et ont besoin de nouveauté. Je suis sorti il y a quelques minutes, ce n’est pas vraiment mon truc. Je pouvais entendre la musique, voir la scène, les écrans, et ça m’a suffit, je suis revenu afin d’être à l’heure pour notre interview !

Metal-Eyes : Merci ! Sur scène, Biff a répondu à ma question suivante qui était de savoir si, en mémoire de Lemmy et de la date annulée à Paris, Saxon allait organiser une tournée avec Girlschool. Vous serez ensemble à Paris le 14 novembre prochain. Seront-elles avec vous sur les autres dates de la tournée ?

Nibbs : Je crois que oui… Elles seront avec nous sur toutes les dates, je crois, ce qui signifie que nous seront complètement dingues avant la fin de la tournée !

Metal-Eyes : A ce sujet, ne crains-tu pas de te casser la nuque un de ces jours à force de headbanguer comme tu le fais ?

Nibbs : Oui, c’est dangereux, je ne recommande pas de le faire… C’est le genre de chose que j’adore faire quand j’écoute ma musique préférée, et, en toute vraisemblance, tu as envie de le faire sur scène lorsque tu te retrouves devant tant de gens. C’est un risque professionnel. Mais c’est bon de le faire. Cependant, d’ici 10 ans, ma tête pourrait me dire « stop ! qu’as-tu fais »… Mais bon, n’y pensons pas aujourd’hui ! Appelles moi dans 10 ans (rires)

Metal-Eyes : As-tu une dernière chose à ajouter pour le public français ?

Nibbs : Je suis si content d’être de retour en France. Cette dernière année a été perturbée, maintenant, nous pouvons nous retrouver dans votre pays pour jouer de nouveau du rock !

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Rencontre avec Andrew (chant, Guitare), Adam (basse), Jack (batterie) – Arcane Roots. Propos recueillis au Download Paris, le 11 juin 2016.

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Metal-Eyes : Arcane Roots s’est formé au Royaume Uni en 2007, a enregistré jusqu’à présent deux albums, mais c’est tout ce que je sais. Alors commençons avec une question traditionnelle : quelle est l’histoire du groupe ?

Andrew : Nous avons vraiment commencé à la fac, l’ancien batteur et moi avons…

Adam : En fait Andrew a commencé…

Andrew : Non, je suis le membre original… Le seul membre original…

Adam : Un tiers du groupe. 33% (rires)

Andrew : Donc on s’est rencontrés à l’université et nous avions envie, en gros, de satisfaire nos envies musicales. Nous avions le sentiment que nous pouvions apporter quelque chose, il n’y avait rien que nous n’avions envie d’écouter. Alors nous nous sommes entrainés, puis Adam nous a rejoints en 2009, Daryl est parti il y a environ un an et Jack a intégré le groupe. Nous avons rapidement trouvé nos marques, on a joué ensemble pendant un an, et nous voici prêts à enregistrer un nouvel album. Nous avons donné pas mal de concerts, tourné avec nos groupes préférés – Muse, Twin Atlantic… Nous avons eu la chance de pouvoir le faire et d’acquérir de nouveaux fans. Maintenant, j’ai le sentiment que nous nous sommes vraiment appropriés ce travail, ce que nous avons créé en tant que groupe. Nous avons pu explorer, comme sur chaque disque en fait, explorer ce qui nous intéresse. Tout ce que nous faisons est légitime, nous en avons envie. Cette fois, nous allons encore plus loin. Nous sommes à peine arrivés de Toronto, ce matin, où nous avons réalisé notre nouveau disque avec Dave Shifman. Je pense qu’il sortira début 2017, il ne manque que le mixage.

Metal-Eyes : Je connais mal le groupe, mais on cite souvent Nirvana et Alice In Chains parmi vos influences. Quelles sont vos autres références musicales ?

Andrew : Au-delà de l’évident, ce sont des amis, des groupes comme Muse, qui de façon assez ironique, ont une plus grande influence depuis que nous avons joué avec eux. On commence à plus respecter les musiciens pour leur athlétisme  que pour l’album qu’ils ont enregistré. Ces dernières années, je citerai Blake, Nine Inch Nails, Radiohead… Plein de choses nous ont influencés, nous n’avons jamais eu peur d’introduire de choses nouvelles

Metal-Eyes : Vous aimez donc prendre des risques et surprendre votre auditoire ?

Andrew : Oui, Je pense que c’est humain… Personne n’aime écouter… sauf peut-être les fans de Metallica… Bref, je pense que c’est humain d’écouter différentes choses, et on aime jouer de la musique poppy, Keith Jarrett, le jazz, le rock…

Metal-Eyes : Tous ces groupes qui vous influencent, comment travaillez-vous pour les mixer?

Andrew : Avec cet album, c’est principalement moi, mes influences électroniques – je n’ai pas écouté beaucoup de rock. Pour Jack et Adam, c’était quelque chose d’assez neuf, le fait que j’introduise ces sons. Je désirai pousser plus loin le côté piano et synthétiseurs. Mais, ce qui nous a toujours poussé à continuer, c’est que nous adorons jouer ensemble et écrire de la musique ensemble. Dès qu’on évoque une nouvelle idée, ces deux là vont travailler autour. La beauté de la chose, c’est que je ne m’attendais pas à ce résultat. On prend des petits bouts des meilleurs petits bouts et on a un résultat qu’on n’attendait pas. C’est comme ça qu’on obtient quelque chose d’original, de différent.

Metal-Eyes : Vous composez tous les trois?

Andrew : Oui.

Adam : Andrew est le principal responsable des mélodies vocales, il est le… protagoniste. Mais, oui, nous participons tous. Jack est très orienté mélodies, il les imagine facilement.

Andrew : Les lignes vocales, c’est en effet moi, mais je dois les chanter, alors. Dans l’ensemble, le travail se fait à trois. Nous trois, car nous voulons trouver cette pêche liée à l’arrivée d’un nouveau membre. Et il est plus jeune que nous. Alors il est frais ! ça a été un vrai plaisir d’enregistrer avec lui. Il chante très bien, et c’est très agréable de pouvoir se reposer aussi sur lui.

Metal-Eyes : Dans la mesure où tu es nouveau dans le groupe, as-tu eu une approche, un regard différent quant à la manière de faire du groupe?

Jack : Non, mais ce qui est intéressant, c’est que ça fait une bonne année que je joue avec ces gars sur scène. Avant de sauter sur l’enregistrement d’un nouveau disque, nous jouions ensemble, étions « les meilleurs potes » depuis un an et nous n’avons pas eu besoin de nous forcer pour ce disque, nous forcer à nous impliquer. Nous nous réunissons, dans une pièce, et Andrew nous présente ce qu’il a, je place ce que je pense être juste… C’est la même chose avec Adam.

Metal-Eyes : Cette année passée ensemble à jouer sur scène vous a permis de vous découvrir et vous connaitre, et orienter votre vision dans la même direction.

Jack : oui, ça nous permet de mieux connaitre nos envies, nos réactions. Adam, par exemple, préfère les choses plus heavy, Andrew sera plus… au piano…

Metal-Eyes : Pensez-vous que la variété de vos influences est ce qui distingue Arcane Roots de la majeure partie des groupes actuels?

Andrew : J’ai le sentiment que c’est plus… la manière dont c’est traité qui nous distingue. De nombreux groupes ont de nombreuses influences. Nous n’avons pas peur de les afficher… Pour ce nouveau disque, nous n’avons rien laissé sortir, nous avons envie de prendre du plaisir avec la surprise des gens lorsqu’ils vont découvrir que nous pouvons jouer des choses à l’opposé de ce à quoi nous les avons habitués. Pour moi, c’est vraiment excitant. Nous restons humains, nous mélangeons nos influences et sommes impatients de le présenter. Le rock, le metal, la pop ne disparaitront pas, parce que c’est ce qui fait ce que nous sommes, c’est ce que nous jouons live. Il y a des chansons sur cet album où je ne joue d’aucune guitare, ce que nous n’avons pas fait depuis… 10 ans ! J’espère que ça va le faire, car nous sommes aussi honnêtes que lorsque nous sommes sur scène. La raison pour laquelle nous enregistrons tel ou tel titre reste l’envie de la jouer sur scène. Elles peuvent être fun, il peut y avoir de rythmes rapides, mais live, ça ne le fait pas. Aujourd’hui, les choses sont plus compliquées, on cherche à savoir comment on va reproduire ce son sur scène. C’est devenu difficile parce que la chanson est composée de différentes parties, de divers instruments. On enregistre un album comme si on allait se séparer !

Metal-Eyes : D’un autre côté, si vous vous séparez, ça peut signifier des tensions entre-vous, d’où un album de rage…

Andrew : Non, on est les meilleurs amis du monde !

Metal-Eyes : Alors pourquoi vous sépareriez-vous ?

Andrew : Oh, les raisons sont nombreuses aujourd’hui ! Si ce groupe devait se sépare, ce ne serait pas parce que nous ne sommes plus amis, mais parce qu’on ne nous paye plus assez ! (rires) La chose qui nous motive est notre amitié, et le plaisir de jouer ensemble. Même si je leur ai présenté des choses inhabituelles, et des idées vraiment très novatrices, nous en avons tous parlé, et sommes très fiers d’avoir abouti à ces nouveautés. Mais si nous devions nous séparer, ce serait parce que nous n’avançons plus. Nous voulons évoluer, et la musique est vraiment ce qui nous motive.

Metal-Eyes : Vous venez de quitter la scène 3 du Download, quelles sont vos premières impressions de ce concert ?

Adam : Il y a ce truc avec les festivals européens, ils sont tellement plus amicaux, agréables, le catering est top… Quand on joue en Angleterre, en Europe, on est plus relax, on fait plus attention à nous, et le Download Paris n’y fait pas exception.

Andrew : La France et Paris nous ont toujours bien accueillis. Et ça me fait toujours drôle de voir que les gens, après avoir écouté notre musique, viennent nous voir. La dernière fois, on n’a pu jouer qu’à Paris, logistiquement c’était compliqué d’aller ailleurs.. Mais nous voulons vraiment revenir et honorer notre public. J’aime la passion des Français, entre la folie espagnole et italienne !

HELLTERVIEWS – Spécial Interviews @Hellfest 2016

Au delà des concerts, le Hellfest est aussi un club de rencontres et le lieu révé pour faire, même rapidement, connaissance avec des artistes qui y donnent, ou non, un concert. Cette première vague de « Hellterviews » vous propose de retrouver les joyeux drilles d’Audrey Horne ainsi que les Frenchies de Mass Hysteria, Sidilarsen et Nightmare. A vous!

 

AUDREY HORNE

Rencontre avec Toschie (voc) et Isdal (gtr). Propos recueillis au Hellfest le 17 juin 2016

Audrey Horne

Metal-Eyes : Quelles sont vos premières impressions après ce concert matinal au Hellfest ?

Toschie : C’était fun… Il y avait du monde. D’habitude, quand tu joues aussi tôt à un festival, tu te demandes s’il va y avoir des gens ou pas, mais il y avait du monde. Le public a eut l’air d’aimer, nous avons aimé… C’était une bonne journée.

Isdal : Vous vous levez tôt, en France !

Metal-Eyes : Oui, et le premier concert a lieu à 10h30 ici.

Isdal : Je sais ! En Norvège, personne ne viendrait aussi tôt

Toschie : Si tu organises un festival en Norvège, à 10h30, il n’y aura personne. Peut-être qu’à 20h le public viendra.

Metal-Eyes : N’est-ce pas un peu frustrant pour une formation comme Audrey Horne d’être programmée aussi tôt ?

Isdal : Bien sûr, on préfèrerait jouer plus tard, mais c’est un festival important. Mais on a une place assez bonne : on joue sur une des main stages, les gens sont là, devant.

Toschie : Si tu joues tard, les gens risquent de ne pas s’en souvenir… « Tu as vu Audrey Horne ? Euh… Je sais plus, j’étais bourré ! » Mais ceux qui viennent le matin, oui ! « Je m’en souviens, yep ! C’était bien ! »

Metal-Eyes : Quelles sont les nouvelles du groupes ?

Isdal : Nous terminons la tournée de Pure heavy, qui est sorti il y a bientôt 2 ans. On fait quelques festivals, puis on retourne en Norvège pour quelques concerts, et on se remet au travail. On a les nouvelles compositions. Voilà les plans : finir la tournée et enregistrer un nouvel album.

Toschie : Quelqu’un doit s’attaquer aux lignes de chant, c’est ça ? On a une cinquantaine d’idées de nouvelles chansons. Comme une sorte de compte bancaire pour les nouvelles chansons, et on y puise tout. On y place tout : il a une idée de riff, on le joue et on garde. 20 seconde de musique, qu’on place dans notre banque d’idée. On e s’assied pas pour écrire une chanson de A à Z, on prend les idées, on voit ce qui marche, et ce sur quoi on peut travailler un peu plus, ou pas. On procède ainsi tout au long de l’année, et pendant l’été, au début de l’automne, on se concentre sur ces idées. On devrait avoir suffisamment de chansons pour enregistrer l’année prochaine.

Isdal : En gros, on écrit beaucoup, des riffs, des idées, et il (Toschie) peut nous dire « non, je ne peux pas chanter là-dessus. Ecris autre chose », alors on écrit autre chose. Encore…

Metal-Eyes : Quand vous tournez, en dehors des shows en tête d’affiche, comment décidez-vous de la setlist ?

Isdal : On se bat jusqu’à ce que l’un gagne !

Toschie : Oui. Et quand on n’a que 30 minutes, on sélectionne : celle-ci est rapide, celle-là est une ballade, donc on la vire. On n’a qu’une demi-heure, et un set comme aujourd’hui, beaucoup de gens ne connaissent pas le groupe. Il faut que ça soit punchy, percutant. Et bien sûr, nous devons prendre du plaisir, aussi ; Quelles chansons voulons-nous vraiment jouer ? J’aimerai vraiment faire celles-ci. Ok, jouons-les, alors.

Metal-Eyes : Vous vous souvenez du premier festival où Audrey Horne à joué ?

Toschie : C’était un petit festival, en Norvège. Mais

Metal-Eyes : Le plus gros festival auquel vous ayez participé ?

Toschie : Je dirais le Hellfest et le Grasspop, en Hollande. On a joué en ouverture d’AC/DC, mais ce n’est pas un festival.

Metal-Eyes : Quel est l’endroit le plus étrange où vous vous soyez produits ?

Isdal : Il y en a plein en Norvège…

Toschie : Oui, mais tu te souviens cette salle à Manchester, je crois ? Il n’y avait pas de scène, ce n’était pas une salle. Il y avait ces portraits d’horreur… Un peu flippant, et certainement étrange.

Metal-Eyes : Merci pour cette interview vraiment express et j’espère que votre prochain album sera aussi bon que Pure Heavy!

Toschie : Merci, nous aussi, on l’espère (rires)

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MASS HYSTERIA

Rencontre avec Yann (Mass Hysteria), propos recueillis le 18 juin 2016 à Clisson (Hellfest)

Metal-Eyes : L’actualité de Mass Hysteria c’est une grosse tournée des festivals, vous étiez la semaine dernière au Download, hier au Hellfest. Il y a quelques concerts à la rentrée également, ainsi que la sortie d’un nouveau CD/DVD live. Dans quelles circonstances ce disque a-t-il été enregistré ?

Yann : On l’a fait sur notre date au Trianon. Il n’était pas du tout prévu qu’on l’enregistre, et quelqu’un nous l’a proposé, et le résultat est super bien.

Metal-Eyes :J’imagine qu’en plus du concert, ce DVD propose quelques bonus ?

Yann : Il n’y a pas grand-chose, en fait. A ce concert-là, on a joué tout l’album, Matière noire, en entier. Et il y a un petit reportage sur ce qu’il s’est passé l’après midi.

Metal-Eyes : Parlons un peu de la scène: hier vous avez voulu faire le plus grand Wall of death que le Hellfest ait connu. Mais un peu avant, vous êtes descendus, Mouss et toi, dans le public, ce que vous ne faites pas tout le temps.

Yann : C’est quelque chose qu’on a mis en place il y a quelques années et qu’on fait quand on trouve l’événement assez fort. C’est excitant de faire ça.

Metal-Eyes : Et ce Wall of death, vous êtes satisfaits du résultat ?

Yann : Oui, je n’ai pas encore vu d’images, mais on voulait un peut marquer le truc. Ca avait l’air assez cool. Celui de Dagoba était assez fort.

Metal-Eyes : Mass Hysteria est un groupe très engage. Comment faites vous pour entretenir cette rage qui vous anime ?

Yann : C’est la passion, après, ça vient naturellement. C’est une telle chance d’avoir Mass Hysteria qu’on n’a pas envie que ça s’arrête. Du coup, on ne se pose pas la question, on avance. Tant que les gens seront là.

Metal-Eyes : Mais d’un point de vue engagement politique, j’imagine qu’avec l’actualité que nous vivons en France, la loi El Komri, les attentats de l’an dernier, tout ça participle. Mais y a-t-il d’autres choses dans lesquelles vous puisez votre énergie ?

Yann : Mouss, il écrit des choses, il fait des bilans, et il essaie de dire aux gens de ne pas se laisser emmerder par tous ces soucis. Ce qui nous motive, c’est de dire aux gens de rester positifs. Tu peux rester positif, si tu éteins ta télé, passer du bon temps avec ta famille, aller à des expos, les cultiver, faire des choses. Si tu passes ta vie à regarder BFMTV, tu déprimes. Evidemment, il y a plein de choses qui vont mal, mais il faut voir autre chose aussi.

Metal-Eyes : Revenons à votre label, Verycords : j’ai l’impression qu’ils veulent tabler sur des produits CD/DVD. N’est-ce pas un peu risqué pour des groupes de faire ça étant dopnné l’état actuel du marché du disque ou est-ce, au contraire, un moyen de lutter contre cette morosité.

Yann : On fait pas attention à ça, parce qu’en effet, le marché du disque est catastrophique. C’est plus histoire de faire plaisir aux gens qui nous écoutent. Ce CD/DVD, on sait qu’on n’en vendra pas beaucoup, mais on sait que ça plaira aux gens qui étaient à ce concert. C’est des souvenirs qu’on aime bien garder, et quand on a la possibilité de les enregistrer, ça reste gravé. Un Olympia ou un Trianon sont des moments assez forts pour nous qu’on est fiers de pouvoir sortir en DVD et montrer aux gens.

Metal-Eyes : Revenons un peu en arrière, à des événements qui nous ont tous marqués, les attentats du mois de novembre 2015. Mass Hysteria a été parmi les premiers groupes à réagir, à vouloir continuer de faire du bruit. Est-ce que ça a impacté votre approche de faire de la musique ? Est-ce que ça a eu une influence sur votre manière de composer, ‘écrire vos chansons ?

Yann : Pas à ce niveau-là, non. On avait écrit un morceau avant qui s’appelle l’Enfer des dieux et qui parle exactement de ça. Le 13 novembre, c’était le jour du premier concert de notre tournée. On é tait dans le sud, et le lendemain on jouait à Toulouse. Quand on est arrivés au Bikini, le patron nous a demandé si on voulait jouer ou pas et nous a dit qu’il nous suivait, qu’on joue ou pas. On l’a fait, et je pense qu’on a eu raison parce que les gens en avait besoin. Quand on a joué L’enfer des dieux c’était assez fort, c’était un concert assez spécial.

Metal-Eyes : La semaine dernière vous avez joué à la première édition parisienne du Download. Quelles sont tes impressions au sujet de ce festival ?

Yann : J’ai été très agréablement surpris, je pensais que d’organiser ça une semaine avant le Hellfest c’était très risqué, en termes d’affluence. Mais il y avait beaucoup de monde, du coup on a été super bien accueillis, et le concert s’est très bien passé.

Metal-Eyes : Le lendemain, Reuno de Lofofora a fait une remarque quand il s’est rendu compte qu’il jouait en face des tours de la Défense. Vous y avez pensé ?

Yann : Je n’y ai même pas pensé…

Metal-Eyes : Pour terminer, quelles sont tes premières impressions concernant ce nouveau passage au Hellfest ?

Yann : Ca a été super. Tu sais, tu arrives ici, c’est un peu un rendez-vous spécial. On y a déjà joué deux fois, ça s’est super bien passé, et on se dit qu’il faut qu’on soit meilleurs. C’est un festival où je viens même quand on n’y joue pas. Ça fait une dizaine d’années que je viens tous les ans. Les gens étaient super réceptifs. Maintenant, continuez de soutenir les groupes français, d’aller aux concerts – pas tous, mais sortez – et achetez des disques.

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NIGHTMARE

Rencontre avec Nightmare – Yves Campion (basse) et Magali (Chant). Propos recueillis au Hellfest, le 18 juin  2016

Nightmare

Metal-Eyes : Avant que nous n’entrions dans le vif du sujet, je voudrais que nous revenions sur ce quo a motivé le départ des frères Amore.

Yves : Les raisons, c’est à eux qu’il faut les demander. Je n’aime pas trop m’étendre sur le sujet, c’est une longue histoire… Il y a 30 de boulot, ce n’est pas comme si on avait joué ensemble 2 mois. Ce qui est important, c’est le rebond, aujourd’hui. On aurait pu être très mal, mais on a pu rebondir grâce à Magali et trouver une nouvelle énergie.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui a motivé le fait de choisir une chanteuse pour Nightmare, qui a toujours eu un vocaliste masculin ?

Yves : Parce qu’on a une chanteuse qui chante du rock. On n’a rien contre les chanteuses qui chantent dans un registre opéra, Magali, elle, c’est une chanteuse qui chante avec des couilles. On la connaissait déjà, elle avait participé à un titre. Et c’est la meilleure chanteuse, capable de s’imposer dans Nightmare. C’est la numéro 1, autrement, il aurait fallu choisir un mec.

Metal-Eyes : Et toi, Magali, qu’est-ce qui t’a motivée dans ce choix de rejoindre Nightmare?

Magali : Il y a plusieurs choses qui m’ont motivée. D’abord, j’avais déjà travaillé avec eux comme Yves l’a mentionné. Humainement ça s’était bien passé et musicalement, j’avais kiffé. Donc le fait de pouvoir être à plein temps dans ce genre de musique, c’est un peu ce que j’attendais. Je me suis aussi rendue compte que j’aimais beaucoup la musique, et mes chanteurs d’influence, ce sont des hommes. Donc je suis très attirée par du chant puissant, avec du grain, mais pas que ça : j’aime pouvoir moduler aussi. Et dans Nightmare, j’ai cette possibilité. Je m’épanoui dans Nightmare.

Metal-Eyes : Quel est ton parcours, ton cursus musical?

Magali : Au niveau apprentissage ? Autodidacte et très fière. Passée par toutes les erreurs possibles et imaginables, dont les extinctions de voix, mais c’était il y a longtemps et j’ai fini par apprendre plusieurs technique pour pouvoir m’autogérer. Quand on est limité – et on l’est toujours – on ne profite pas pleinement de ce que l’on peu faire. Donc, autodidacte, et je me suis formée au fur et à mesure sur le terrain, et je fais aussi du coaching vocal. En apprenant aux autres à bien faire les choses, j’apprends aussi. C’est un échange.

Metal-Eyes : Vous allez jouer demain au Hellfest, assez tôt. Ce n’est pas un peu frustrant pour un groupe comme Nightmare, qui a une carrière de 30 ans, de jouer aussi tôt ?

Yves : Non. Après, si tu vois le line up des Main stages, après nous, il y a Orphaned land et DragonForce, on est assez bien lotis. Mieux qu’après King Diamond. On est très contents de jouer, et on ne va pas rentrer dans ces considérations.

Metal-Eyes : Que pouvez-vous nous dire de l’album que vous venez d’enregistrer ? Il est prévu pour quand ?

Magali : Il est prévu pour novembre. Je pense qu’il est très cohérent, c’est une suite logique de la série Nightmare, avec une voix différente. Des influences différente aussi. On a travaillé en symbiose en studio, on a beaucoup créé en studio de façon très spontanée, vraiment ensemble. On a balancé des idées et « que le meilleur gagne ». Au final, on sait plus qui a fait quoi parce que tout se tient et on s’en fiche.

Metal-Eyes : En quoi est-ce que l’arrivée de Magali a changé votre manière de composer ?

Yves : Déjà, je ne m’occupe pas des riffs de guitare. Mais la manière qu’elle a d’approcher une chanson, son timbre, sa voix, on était en phase. C’est un peu compliqué d’en parler, mais tu entendras le résultat.

Metal-Eyes : Tu le positionne comment cet album par rapport à l’ensemble de la discographie de Nightmare ?

Magali : Pour moi, il se distingue principalement au niveau des textes. J’y ai mis mon cœur, et je ne pourrais jamais ne pas mettre mon cœur dans les chansons. Je peux interpréter, chanter les anciennes chansons, mais ce n’est pas moi. La différence principale elle est là.

Metal-Eyes : De quoi parlent ces textes ?

Magali : C’est la surprise…

Metal-Eyes : Y-a-t-il des thèmes que tu refuses d’aborder ?

Magali : Oui, des choses dans lesquelles je ne crois pas. Qui me feraient sentir mal ou pas fidèle à moi-même. Des choses qui me mettraient mal à l’aise.

 

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SIDILARSEN

Rencontre avec Didou (chant) – Sidilarsen. Propos recueillis au Hellfest, le 17 juin 2016 2016

Metal-Eyes : ça fait quelques temps que Sidilarsen existe. Où se situe aujourd’hui le groupe sur la scène hexagonale ?

Didou : On se considère avant tout comme un groupe de rock. Mais on appartient à la scène metal parce qu’on a toujours eu un héritage metal. C’est difficile de parler de notre musique parce que c’est un métissage d’indus, d’électro, de metal, de rock… On fait partie de la scène metal française aujourd’hui, mais pour nous, le metal, c’est du rock. On aime bien dire qu’on est un groupe de rock français. Mais de rock dur, qui envoie, quoi !.

Metal-Eyes : Par rapport aux autres groupes, vous vous situez où ? Sidilarsen est encore très underground…

Didou : On reste un groupe indépendant. L’année prochaine, ça fera 20 ans qu’on tourne, on en est au 6ème album. On est au sein de la scène française avec No One Is Innocent, Mass Hysteria, Lofofora. Et on a la chance d’avoir un 6ème album, et ça n’a jamais marché autant, d’être signés chez Verycords qui le label de Mass Hysteria, The Arrs, No One, L’Esprit Du Clan… On est bien reconnu sur cette scène aujourd’hui, même s’il y a quelques médias, les « puristes », qui ont du mal, qui bloquent encore un peu parce qu’on n’arrive pas à mettre Sidilarsen dans une catégorie. Les gens aiment bien ranger dans des genres, sous genres et catégorie.

Metal-Eyes : Puisque tu en parles : vous avez été signés par Verycords qui est un label encore assez récent en France, mais qui bénéficie de la force de distribution de Warner. Comment avez-vous négocié ce contrat avec eux ?

Didou : Ca s’est fait naturellement. Pour nos deux premiers albums, on était signés sur des maisons de disques. On a voulu arrêter ce système, reprendre les rennes, car dans la façon de communiquer, de faire de la promo, on avait des idées, une vision, et on avait besoin de mener le bateau. On l’a faitr pendant plusieurs années, le groupe est devenu plus fort, on a beaucoup tourné – on est forts en live, on a un bon tourneur – et du coup on a eu de nouveau besoin de déléguer. On travaillait trop, avec mon frangin, le batteur. On ne peut pas avoir toutes les casquettes sans arrêt, tu t’épuises, et ça peut être au détriment de la musique. On avait besoin de se recentrer sur l’énergie de ce qu’on fait, de notre musique. De là, on démarché Verycords qui a vu le parcours du groupe, qui avait une assise, qui, sur le terrain, a un vrai écho. On a démarché, comme ferait n’importe quel groupe, et ils ont dit OK.

Metal-Eyes : Vous avez sorti, il y a quelques semaines Dancefloor bastards, qui porte très bien son nom d’après moi. Comment le décrirais-tu en comparaison du reste discographie ?

Didou : On aime bien dire, et penser, que c’est un album qui a été fait dans l’urgence. Mais la bonne urgence. C’est-à-dire que pour cet album, on n’a pas pris de recul : on a composé et on est tout de suite rentrés en studio, et on a mixé dans la foulé, alors qu’en général, avec Sidilarsen, on est soigneux, assez perfectionnistes, on aime bien enregistrer, prendre quinze jours de repos, revenir pour le mixage. Là on l’a réalisé avec Plume, qui avait fait Chatterbox, l’album précédent, qui était très léger, avec du gros son bien propre. Pour Dancefloor bastards, on voulait quelque chose de plus organique, sale, un peu plus vivant, rock n roll. Après, la prod reste soignée parce que Plume, c’est un mec qui aime bien rentrer dans les détail. Mais on n’a pas pris de recul : on a enregistré, tour à tour, chant, batterie, guitare, encore du chant, de la basse… On avait une configuration alterné, ce n’était pas le schéma habituel, l’usine. L’idée était de capter l’énergie de l’instant présent. On a beaucoup gardé les premières prises, les imperfections, pour garder cette énergie. Le public qui nous connait bien nous dit souvent que sur album, on ne retrouve pas l’énergie du live. Je pense qu’elle y est, sur Dancefloor bastards. Maintenant, c’est un album, du studio… J’invite quand même les gens à venir nous voir sur scène.

Metal-Eyes : Quels sont les projets immédiats de Sidilarsen en matière de tourné ? Car cet album, il faut le défendre !

Didou : La tournée démarre cet été avec une dizaine de dates en festival, ensuite, à l’automne, il y a une tournée ne France avec une vingtaine de dates, dont une à Paris, au Divan du Monde, et il y aussi une tournée en Russie, c’est la petite nouveauté. Et en 2017, on va continuer. On va bien le défendre cet album, je pense qu’on est parti pour deux ans.

Metal-Eyes : C’est une vraie tournée ou plutôt ce que j’appelle une tournée « des week ends » ?

Didou : A l’automne, c’est compact, il y a de gros enchainements, oui…

Metal-Eyes : C’est ce qui manque selon moi, en France, où beaucoup de groupes ne jouent que les samedis et dimanches…

Didou : Oui, il a beaucoup de groupes qui ménagent boulot et musique, ce qui est très compliqué. Nous, on est intermittents du spectacle, et on a la chance de pouvoir se consacrer quasi à 100% à Sidilarsen, parfois on fait des plans à côté, comme beaucoup, pour pouvoir faire les heures. Je pense qu’en France, il y a un peu moins cette culture, comparé à d’autres pays. Par exemple, en Allemagne, c’est normal d’organiser un concert un lundi ou un mardi, en France, moins. Ça se fait, mais c’est plus difficile de remplir une salle et il y a aussi les enjeux économiques.

Metal-Eyes : Ne faudrait-il pas voir les choses de l’autre côté, et se dire que c’est le public qui trouve « anormal » de sortir un lundi ou un mardi ?

Didou : Oui, bien sûr, mais le programmateur, le tourneur, il raisonne, il fait des équations… Les locations sont chères, il faut payer les musiciens, donc l’équation c’est : un lundi soir est plus compliqué qu’un vendredi soir. Mais ça se fait quand même : on sera à Paris un mardi, le lendemain, on sera à Limoges, ensuite, Toulouse, Lyon…

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Dancefloorbastards qui serait représentative de ce qu’est le groupe aujourd’hui, tu retiendrais laquelle ?

Didou : Dancefloor bastards. Parce que au niveau du texte, elle est plus légère que le reste de l’album, et elle défini bien Sidilarsen : elle dit « on est resté au Sud sous vos sirènes ». A un moment donné, dans la carrière d’un groupe, on peut se demander s’il vaut mieux s’installer à Paris pour gagner du temps, et en fait, on a une qualité de vie à Toulouse qu’on apprécie beaucoup et qui fait partie de notre identité. On a un son spécifique te sur ce titre il y a cette alchimie entre l’électro, le côté dansant, un peu imparable au niveau de l’efficacité. Cette chanson nous défini bien, dans un an, on fête nos 20 ans, un moment clé de la carrière du groupe, et on a eu envie de redéfinir, de réaffirmer ce que l’on est. Les salopards du dancefloor, ça nous défini bien…

Metal-Eyes : Une des influences de Sidilarsen est Rammstein. Tu as pu les voir, hier ?

Didou : Oui, oui, bien sûr ! C’est vraiment du très bon spectacle, ça me fait plaisir de les voir revenir. Il y aura un album l’année prochaine, je ne sais pas. C’est un groupe que je respecte parce que, elles ne sont pas si nombreuses les têtes d’affiches, à tout réinvestir dans le show, la générosité. Parfois, il y a des groupes qui proposent des gros shows, mais des shows un peu m’as-tu-vu, pas assez pensés. Le show industriel. Eux, c’est démesuré, mais c’est un des plus grands groupe metal au monde. Et ils donnent tout. Quand je vois leurs visages sur scène, c’est un travail énorme, et il faut en prendre conscience.

Metal-Eyes : Là-dessus, même si je ne suis pas entièrement pour, les écrans servent vraiment : on voit toutes les mimiques…

Didou : Oui, dans un concert comme hier, les écrans servent énormément…

Metal-Eyes : un dernier mot pour les lecteurs de Metal Eyes ?

Didou : Je vous invite à être curieux de la scène française. Et j’invite les métalleux à ne jamais se recroqueviller : quand j’ai sombré dans le metal, à 16-17 ans, j’ai écouté des choses différentes. J’aime quand les groupes innovent, j’aime quand ils apportent soit quelque chose de très personnel, soit d’innovant. Alors restez curieux et ouverts. Pendant quelques années, le metal s’est recroquevillé et est resté sur ses acquis. Je pense que ça rassure les gens, que les gens ont besoin, dans une période tellement chaotique, avec l’actualité mondiale, la révolution d’internet, le climat qui part en couilles… les gens ont besoin de se rassurer. Et le metal, ça rassure, ça fait du bien, c’est un exutoire, mais il doit aussi se réinventer régulièrement, se mettre en danger. Sans prétention, nous, on a toujours été en marge, et on essaie d’apporter un son particulier. Certains puristes, ça peut les gêner. Alors, j’invite les gens à venir découvrir les groupes en live. Après, vous pourrez juger, mieux que sur album !

Interview découverte: SYR DARIA

Rencontre avec Michel (guitare). Propos recueillis à Paris, le 6 juin 2016

 

Après avoir découvert le très enjoué Voices, leur dernier album, Syr Daria dans sa totalité est descendu à Paris pour en assurer la promotion. Entre grèves des transports et inondations, nous avons réussi à réaliser une interview version express !

Syr Daria 2 copie

Metal-Eyes : Peux-tu rappeler l’histoire de Syr Daria pour ceux qui vous découvrent avec Voices, votre dernier album ? Lire la suite

Interview: Betov – ADX

Rencontre avec Pascal « Betov » (guitare). Propos recueillis à Paris, le 26 mai 2016

C’est au cœur de Paris,au Dr. Feelgood des Halles, que Betov assure la promotion du nouvel album d’ADX, Non Serviam. Toujours aussi enjoué, ravi du regain de jeunesse lié à l’arrivée de Nicklaus, totalement impliqué dans la création du nouvel opus.

Betov (ADX)

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