Interview: 7Weeks

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Entretien avec Jérémy Cantin-Gaucher (batterie) Propos recueillis à Paris le 19 octobre 2016

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C’est au Hard Rock Cafe de Paris que les fondateurs de 7Weeks, formation stoner de Limoges qui publie le superbe A farewell to dawn, se sont arrêtés. Jérémy a reçu Metal Eyes pour tout nous dire, et parfois se faire l’écho de nos questions, sur ce nouvel album bientôt chroniqué. Interview express.

Metal-Eyes : Comme c’est la première fois que nous nous rencontrons, peux-tu me raconter l’histoire de 7Weeks qui a déjà quelques albums à son actif?

Jérémy : 7Weeks est un groupe que nous avons formé en 2006. On a vraiment commencé à tourner en 2007, 2008, on a sorti… 3  albums, celui-ci est le quatrième, 2 Ep, on a beaucoup tourné en Europe, en festivals. On a fait pas mal d’affiche, et c’est un groupe de rock, heavy rock.

Metal-Eyes : J’ai pu écouter votre dernier album qui est un disque sombre, sans être oppressant, qui rentre dans la catégorie stoner. Comment, pour quelqu’un qui vous découvre, décrirais-tu 7Weeks ?

Jérémy : Pour quelqu’un qui découvre 7Weeks? Pour faire vite, c’est un mix entre Queens Of The Stone Age, Nine Inch Nails et David Bowie. Pour faire très vite…3 influences assez importantes et diversifiées.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu votre évolution entre les deux derniers albums, Carnivora et A farewell to dawn ?

Jérémy : Que s’est-il passé ? Déjà, ce dernier album, on l’a fait entièrement à deux, avec Julien. D’un point de vue texture, on a poussé un peu plus loin l’utilisation des claviers, on est parti dans une utilisation un peu plus synthétique, contrairement aux claviers de Carnivora qui étaient plus de type Hammond, plus vintage, roots – même s’il y en a un peu dans  le dernier album. L’évolution ? Pour moi, ça suit son cours, en fait. Ce qui était déjà dans Carnivora a été amplifié au niveau des textures et en même temps, ça va droit au but.

Metal-Eyes : Y a-t-il des choses que vous avez préféré retirer parce que ça ne vous correspond plus ?

Jérémy : Des choses qu’on a retirées parce que ça ne nous correspond plus ? Je réfléchis… Il y a des choses sur lesquelles on ne s’est pas limités, en tout cas : au niveau des ambiances, on est partis à fond.. On n’a pas fait… Non, justement, on ne s’est pas limités. Je pense que la musique est encore plus personnelle que sur Carnivora.

Metal-Eyes : Et les paroles aussi, j’ai l’impression…

Jérémy : Et les paroles aussi. Il y a eu un gros travail sur le chant en studio, aussi. Oui, je pense qu’il est encore plus personnel. Ça a toujours augmenté au fur et à mesure des albums. Il y a un album qui est très important aussi, c’est celui du ciné concert, avant Carnivora . Un album très ambiant, qui a ouvert plein de portes, qui a permis l’arrivée des claviers.

Metal-Eyes : Pourquoi avoir enregistré A farewell to dawn à deux ? Et demi, si on compte Francis Caste…

Jérémy : Et il y a Shanka, aussi, François Negret, qui a fait beaucoup de claviers, de programmation, et qui a participé au titre January, A farewell to dawn. Pourquoi on l’a enregistré à deux ? Parce qu’on s’est retrouvés à deux, il y a eu des changements de line-up. Le clavier qui était avec nous depuis 2011 a arrêté en 2015 pour se consacrer à sa famille. Du coup, on s’est vraiment recentrés à deux, puisqu’en plus, on ne tournait plus, chose qui ne nous était pas arrivés depuis 8 ans. On s’est vraiment concentrés, tous les deux, dans le local, à maquetter. On s’est recentrés sur la colonne vertébrale pour cet album.

Metal-Eyes : Pourtant, vous allez de nouveau tourner, avec un nouveau line-up. Qui le compose,d’ailleurs ?

Jérémy : Un nouveau line up qu’on va espérer stable pour la suite. Il y a Gérald à la guitare, et PH à la guitare, aux claviers et backing vocals.

Metal-Eyes : Vous avez decide de travailler avec Francis Caste. Pourquoi ce choix ? En matière de hard rock en France, il devient un incontournable…

Jérémy : Justement, on avait entendu quelques-unes de ses productions, que ce soit sur Hangmans Chair ou Bukowski, Kickback, dans un autre registre. On l’a appelé, on a parlé au téléphone et le courant est vraiment passé. Musicalement, on était sur la même longueur d’ondes. Il s’est avéré que ça s’est confirmé en studio où la collaboration s’est très bien passée, on s’est très bien entendu.

Metal-Eyes : Ce n’était donc pas une collaboration à distance ?

Jérémy : Ah, non, non. On a vraiment passés 10 jours avec lui, puis on est revenus une semaine pour mixer l’album et le finaliser.

Metal-Eyes : 7 semaines, on en parle en ce moment car c’est le début des vacances, c’est le temps recommandé pour les enfants à l’école. Votre nom de groupe, c’est parce que vous êtes profs dans la vraie vie ?

Jérémy (rires) : Ah non, absolument pas… On est musiciens dans la vraie vie !

Metal-Eyes : Pourquoi ce nom de 7Weeks, alors ? Quand on fait des recherches, on tombe sur sur vous soit sur des infos sur la grossesse…

Jérémy : Sur YouTube, on trouve des nanas qui se prennent en photo, ou sur des petits chiens…Pourquoi, 7Weeks ? Déjà tu le vois, ça fait un super logo qui est bien équilibré, et au tout début du groupe, on a hésité entre plusieurs noms : on a failli s’appeler Stone Train… J’aime bien ce côté en relation avec une date, une période, et c’est en même temps intemporel. Cette musique est intemporelle, très influencée par les 90’s et c’est complètement d’actualité. Et j’aime bien le fait d’avoir un chiffre dans le lot… Après, pourquoi on s’appelle comme ça précisément ? Ça fait un petit moment, ce nom-là a fait écho…

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de A farewell to dawn pour expliquer ce qu’est aujourd’hui 7Weeks, ce serait lequel et pourquoi ?

Jérémy : Ce serait lequel et pourquoi… Euh… Bonne question.

Metal-Eyes : Une qui vous distingue… Si tu veux expliquer à quelqu’un qui vous êtes, tu veux convaincre quelqu’un d’écouter votre album, ce serait avec quel titre ?

Jérémy : Un seul titre à mettre en avant ? Disons January, qui va sortir en clip.Les claviers sont très présents, modernes et en avant. C’est quelque chose qu’on n’avait pas développé autant sur les précédents albums, et je trouve les textes et l’ambiance intéressants. Pour moi ça résume bien : heavy, lourd, mid tempo, avec ces ambiances synthétiques… et c’est un morceau que tu peux aussi jouer avec une guitare folk.

Metal-Eyes : Comment vous distinguez-vous par rapport au reste de la scène française actuelle?

Jérémy : Comment on se distingue? Peut-être par le fait qu’on est allés explorer, depuis le Ciné concert où on s’est tout permis, des textures variées. On a plus de morceaux ambiants, des ambiances… Comment dire ? On n’a pas un son 70’s qui est très à la mode en ce moment, on ne l’a jamais eu, jamais cherché à l’avoir… On a un son heavy, qu’on veut moderne, tout en ayant, dans nos compositions, des références à des choses très blues. Ça vient de là, Julien vient de là. Des inspirations d’écritures qui viennent des 70’s mais, du moins on l’espère, qui sont mises en forme avec un son beaucoup plus moderne grâce aux claviers, aux ambiances et la production, qui a été faite avec Francis et que je trouve très moderne.

Metal-Eyes : Quels sont vos projets de tournée ?

Jérémy : On a quelques dates d’ici la fin de l’année, à Nancy, Paris, chez nous à Limoges, mais on se concentre aussi, avec un tourneur sur 2017 qui sera vraiment le gros de la tournée. Début 2017 on annonce un paquet de dates.

 

 

PMFF: Interview Phil ‘Em All

Interview réalisée le 24 octobre 2016.

Les fans de hard rock et de metal français le savent: assister au PMFF est incontournable. En 10 ans, Phil ’em All, le père fondateur du projet, est parvenu à organiser 5 éditions parisiennes et à permettre à certains des plus mythiques groupes disparus de se reformer. Pour la première fois, le PMFF quitte la capitale pour se relocaliser à Ris Orangis et se tiendra sur 3 jours qui réuniront plus de 40 groupes. Phil nous explique tout! Et, une petite info, comme ça, entre nous: l’affiche complète sera dévoilée demain, 1er novembre. Le gars qui fait ressusciter des groupes choisit la fête des morts pour cela!

Phil 'Em All

Phil ‘Em All

Metal Eyes : Commençons par la fin : le PMFF V était annoncé comme étant le dernier. Pourquoi, à l’époque, avais-tu décidé d’arrêter ?

Phil ‘em All : À la fin des 5 premiers PMFF je pensais avoir fait le tour des reformations dignes de ce nom et n’y voyant plus guère dû à ma rétinite pigmentaire qui s’aggravait,  je préférais passer le flambeau…

 Metal Eyes : En dehors du fait que tu célébreras en janvier 2017 tes 50 ans, pour quelle(s) raison(s) remets-tu le PMFF sur les rails?

Phil ‘em All : C’est principalement pour fêter ce demi-siècle et aussi les 35 ans d’ADX ainsi que les 10 ans du PMFF que je reprends la casquette organisation de festival…3 bonnes raisons, n’est-ce pas ?

Sous les demandes régulières des groupes, de mon entourage et d’amis très proches j’ai donc relevé les manches et on a repris les rênes avec l’aide de partenaires et amis fidèles qui m’ont assuré de leurs collaborations pour le bon déroulement des préparatifs !

Metal Eyes : Le festival sera en 2017 délocalisé à Ris Orangis, en banlieue parisienne, dans le nouveau Plan. Pourquoi ce choix plutôt que de rester à Paris ?

Phil ‘em All : La raison en est très simple, sur Paris depuis quelques années on ne peut plus louer une salle pour plusieurs jours sans avoir la possibilité de laisser le matériel installé pendant plusieurs jours !

Les salles louent 2 fois par soir leurs lieux et donc il faut tout démonter et remonter le lendemain durant 3 jours !

Je voulais une salle qui me permette de laisser mon matériel et d’avoir la salle entièrement dédiée au PMFF durant 3 jours !

Seule la nouvelle salle du Plan à Ris-Orangis nous permettait de réaliser cela !

De plus la nouvelle salle du Plan possédait 2 salles exploitables ce qui nous permettait de faire encore plus de choses et d’y mettre encore plus de groupes…

Nous sommes allés visiter la salle et sommes tombés immédiatement en accord avec ce que l’on rêvait d’organiser !!!

 

Metal Eyes : A l’origine, tu avais créé la première édition du Paris Metal France Festival pour, soi-disant, célébrer ton anniversaire. C’est un gros égo, ça, non ?

Phil ‘em All : Je ne pense pas avoir un égo surdimensionné, par contre j’ai des RÊVES et je n’ai pas envie de rêver ma vie, mais plutôt de vivre mes rêves.

Lorsque mon 40ème anniversaire pointait à l’horizon, j’ai juste voulu organiser une GRANDE FÊTE et y inviter le plus d’amis possible et ma passion étant la musique et le métal en particulier, j’ai associé tout cela et mon rêve de gosse secret qui était d’organiser un « truc » pour ce groupe qui m’a pris aux tripes depuis mon adolescence et qui se nomme ADX !!!

Ce rêve a été réalisé, au-delà de mes espérances, en ce 7 janvier 2007 avec l’aide de professionnels et des groupes qui sont aussi des AMIS !

Ce fut un SUPERBE anniversaire qui nous a donné l’envie de recommencer et de prolonger le rêve chaque année.

Metal Eyes : Tu t’es depuis ce premier PMFF fait une spécialité de permettre à certains groupes de se reformer, parmi lesquels Blasphème, Still Square, Attentat Rock, Squealer, Océan, Headline, Shakin’Street, Witches, Dygitals, Der Kaiser, Tears,… Qu’est-ce qui t’a donné cette envie et surtout, quels arguments as-tu pu trouver pour réaliser cet exploit ?

Phil ‘em All : Je crois que les arguments sincères et volontaires du fan de metal français que je suis ont pointé là où il fallait. C’était la bonne période pour le faire et j’ai trouvé des gens qui étaient sur la même longueur d’ondes que moi…

Metal Eyes : Vulcain s’est reformé depuis, mais tu n’as jamais réussi à les inscrire à l’une de tes affiches – bien qu’aient figurés, pas le même jour, le Blackstone de Marc Varez et le Mr Jack de Daniel Puzio. Vulcain sera-t-il présent en 2017 ?

Phil ‘em All : Blackstone et Vulcain ont joué sur le même PMFF (le 3ème) mais pas le même jour… En 2009 Daniel Puzio guitariste chanteur de Vulcain m’avait fait une promesse ! À savoir si je permettais à Mr Jack (sa priorité de l’époque), de jouer au PMFF et si Vulcain venait à se reformer un jour, le groupe jouerait pour le PMFF… Mr Jack était à l’affiche du PMFF III en 2009… Vulcain s’est reformé depuis…

Dans quelques jours nous dévoilerons l’affiche définitive du PMFF VI… vous verrez bien si Vulcain sera ou pas présent !!! En tout état de cause j’ai toujours aimé et soutenu le groupe et quel que soit la décision du groupe je continuerais à les supporter et à les soutenir.

Mon principal désir et celui de nombreux fans, était de revoir le groupe sur scène et là on n’a pas été déçu le groupe est revenu et nous a sorti un bien bel album montrant qu’on pouvait toujours compter sur eux pour balancer de bons riffs bien rock’n’roll !!!

Metal Eyes : Sur quels critères sélectionnes-tu les groupes qui se retrouvent à l’affiche du PMFF?
Phil ‘em All
: Dans un premier temps je sélectionne des groupes français qui pour le plupart sont passés dans le ROCK-FORT Show en interview. Le 2ème critère est un critère de goût personnel et/ou d’affinités, Le 3ème critère est l’absence de prise de tête.
En général ce sont tous des groupes que j’ai au moins vu une fois en concert !!! Pour ceux que je n’aurais pas vu en concert, il faut qu’il y ait un feeling particulier qui passe ou un coup de cœur…

Metal-Eyes : y-a-t-il des groupes que tu estimes ne pas avoir leur place au sein du PMFF, et, si tel est le cas, quelles en sont les raisons?

Phil ‘em All : Oui il y a des groupes qui n’auront JAMAIS leur place sur le PMFF car ils ne sont en accord avec l’ESPRIT PMFF ! Lorsqu’un musicien, artiste ou groupe insulte tout ou partie de l’équipe du PMFF il signe définitivement son exclusion du PMFF ! Je n’ai pas besoin de citer de noms car je n’ai pas envie de leur faire de la publicité et chaque personne qui surfe un peu sur le net saura immanquablement de qui il peut s’agir ! Heureusement ils ne sont pas légion et ne représentent pas non plus un quelconque intérêt !
Les maitres mots du PMFF sont CONVIVIALITE, FRATERNITE, RESPECT !

Metal Eyes : Peut-on s’attendre à de nouvelles reformations sur cette nouvelle affiche ?

Phil ‘em All : Pour cette nouvelle édition du PMFF la priorité n’est pas la reformation de groupe mais prendre et faire prendre du plaisir au plus grand nombre, groupes et spectateurs mais également tous les bénévoles et partenaires du PMFF ! Je peux juste vous dire qu’il y aura des SURPRISES dont on raffole !!! Mon leitmotiv étant de ne pas attendre que les gens ne soient plus là pour faire les choses, on essaie de les rassembler et de donner une réalité à nos rêves les plus secrets…

Attendez-vous juste à de beaux moments de retrouvailles et d’émotions…

 

Metal Eyes : 3 jours, plus de 40 groupes, n’est-ce pas un peu risqué comme pari ?

Phil ‘em All : Chaque pari représente toujours un risque, mais si on ne risque rien on n’obtient rien… Le seul risque que je prends est un risque financier !

On sait dès aujourd’hui qu’il sera encore plus difficile de rentrer dans nos frais que pour les éditions précédentes car le contexte et les frais engagés sont totalement différents !!!

 

Metal Eyes : Le PMFF V était également réparti sur 3 jours, avec une thématique quotidienne (Extrême le vendredi, hard rock le samedi et Metal le dimanche). Vas-tu garder ce format pour ce nouveau PMFF ou les styles seront-ils mélangés ?
Phil ‘em All
: Oui on peut dire ça même si avec le nombre de groupes présents il a fallu trouver de la place et donc peut-être un peu plus mélanger les genres ! Il y aura de tout en fait du rock alternatif au métal le plus extrême en passant par le heavy metal et quelques surprises !
Metal Eyes : Chaque groupe du PMFF V avait, si mes souvenirs sont bons, la même durée de jeu. Sera-ce encore le cas sur le PMFF VI ?
Phil ‘em All
: Non cette fois-ci il a fallu faire des choix pour que tout le monde tienne sur l’affiche plus de 40 groupes ca voudrait dire 40 heures de musique non-stop si tous les groupes avaient le même temps de jeu 🙂 🙂 🙂 Cela représente également un coût en heures supplémentaires pour les services de sécurité que nous ne pouvions pas financer !
Il y a 2 scènes ce qui nous permet pendant les changements de plateaux d’alterner d’une scène à l’autre…
Le groupes joueront entre 20 minutes et 50 minutes par set de jeu ! Les groupes du Club jouent entre 20 et 35 minutes, les groupes de la grande scène joueront de 30 à 50 minutes… C’était la condition pour faire jouer et participer un maximum de groupes et d’artistes ! TOUS ont accepté le deal !
Au départ on était partis pour faire jouer 50 groupes pour souffler 50 bougies, mais on s’est vite rendu compte qu’on ne pourrait pas financer les frais que cela représenterait !
Plus de 40 groupes c’est INEDIT pour le PMFF et je ne pense pas qu’on puisse faire mieux 🙂 🙂 🙂

 

Metal Eyes : Pour terminer, quelles sont les surprises auxquelles le public peut s’attendre ?

Phil ‘em All : La réponse est dans ta question !!! Si je dévoile tout aujourd’hui, ce ne sera plus une surprise !!! Ce PMFF VI ne ressemblera pas aux précédents et nous mettons TOUT en œuvre pour qu’il soit INOUBLIABLE pour tout le monde !

Soyez présents et vous comprendrez ce que je veux dire!

 

 

 

Interview: Yann ARMELLINO et El BUTCHO

Entretien avec El Butcho (chant) et Yann Armellino (guitare). Propos recueillis à Paris le 3 octobre 2016

Better way, leur premier album commun, à peine en bacs, Yann Armellino et El Butcho se  sont prêtés au jeu des questions réponses pour tout nous expliquer de la naissance de ce projet commun. Ambiance légère, sans pression.

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El Butcho : Oh, I gotta a problem with my translator. Hi, I’m Butcho

Metal-Eyes : Hi, nice to meet you. I know you speak French…

El Butcho :  Yeah, oun peutit peuh… (rires)

Metal-Eyes : Je suis donc avec El Butcho et Yann Armellino qui viennent de sortir leur album Better way. Sur le papier, même si le hard rock, le metal vous réunit, l’association Yann Armellino / El Butcho n’est pas une évidence. Qu’est-ce qui vous a réuni ?

El Butcho : … L’amour du hard rock, en fait. Je pense qu’on a tous grandi dans cet univers hard rock des années 80, de Van Halen à Satriani, AC/DC, etc… On s’est aperçus qu’on avait les mêmes goûts, et, c’est comme tout le monde : dès que tu as des affinités avec quelqu’un, tu commences à parler. Yann a proposé ce nouveau projet et j’ai dit « pourquoi pas ? »

Metal-Eyes : Donc l’idée vient de toi ?

Yann Armellino : Oui, tout à fait. On s’était revus  il y a deux ans au Paris Metal France Festival au Divan du Monde et c’est là qu’on en a reparlé. On s’est trouvé plein de points communs et l’idée a germé comme ça. Je l’ai recontacté 6 mois, 1 an après et je lui ai proposé de tenter un truc, je lui ai envoyé deux trois idées. Et ça s’est fait assez rapidement (à Butcho) je crois que dès le lendemain tu m’as envoyé quelque chose.

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé, justement ? La technologie moderne permet  de travailler à distance, ou alors vous vous êtes retrouvés régulièrement ?

El Butcho : On a travaillé à distance, oui. Mais c’était vachement régulier. Il écoutait, me disait « oui, c’est bon, ça c’est moins cool, on apporte telle modification… » On vit avec notre temps.

Yann Armellino : Oui, voilà! On s’est retrouvés quelques fois, mais chacun faisait son propre enregistrement suite à nos échanges, et à l’arrivée ion avait un truc qui nous convenanit à tous les deux.

Metal-Eyes : Et le résultat, c’est Better way. Vous vous êtes quand même au moins retrouvés pour la photo de couverture.

El Butcho : Oui. Non, non ! C’est un montage ! (rires)

Metal-Eyes : Vous avez signé avec Note a Bene qui est un label au sein duquel on trouve pas mal de styles différents, Elmer Food Beat, Soan, Jesus Volt… Il y a plein de styles de musiques différents également, du rap au hard rock. Pourquoi ce label plutôt qu’un autre label plus spécialisé dans le rock ou les musiques à guitares ?

Yann Armellino : On a découvert ce label grâce à nos potes de Jesus Volt qui m’ont présenté François et Bérangère du label. Je leur ai parlé du projet et, tout de suite, ils ont été intéressés, sans même avoir écouté.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les a intéressés ?

Yann Armellino : Déjà, notre pedigree à tous les deux: ils se sont dit qu’il y a un truc à faire. Que ce soit Butcho et ses différents projets, ou moi, par rapport au DVD pédagogique que j’ai fait, mes albums… Sur le papier, déjà, ça leur parlait bien. Ça s’est fait naturellement, en fait.

Metal-Eyes : Il n’y a pas un risque de vous retrouver sur un label qui ne s’y connaisse pas suffisamment  bien en hard rock pour vous promouvoir comme vous l’entendez ?

El Butcho : Je trouve justement qu’un label qui a très peu de groupes dans ce style va mieux le travailler car il y a moins la concurrence des autres. Dans un gros label spécialisé dans le rock et le metal, on serait noyé parmi tous les autres groupes. On s’occuperait de nous 15 jours, 1 mois, et encore, rien que pour la sortie de l’album. Je préfère un label plus généraliste et qui se concentre sur nous plutôt que d’être noyés.

Yann Armellino : Tout à fait, et d’autre part, Note a Bene étant distribué par Wagram, à l’arrivée on a quand même un des plus gros distributeurs indépendant qui va mettre nos disques sur le marché. Ils nous ont trouvé, notamment, un partenariat avec Cultura, donc il y a pas mal de choses qui se passent. Le 14 octobre, l’album sera dans les bacs partout, et, a priori, il y a une mise en place très correcte. Tu parlais de la promotion, mais ce n’est pas le label. C’est Replica, et nous, parce que nous sommes très actifs sur les réseaux sociaux. A l’arrivée, la promo, quelque soit le label, c’est Replica, Roger, Olivier, des gens qui connaissent vraiment ce domaine et ont toutes les antennes.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Better way : comment le décrirez-vous de telle sorte que je file l’acheter dès sa sortie ?

El Butcho (à Yann, avec un large sourire) : à toi…

Yann Armellino : C’est du classic rock, hard rock avec une pointe de blues, qu’il y at oujours dans mes prods, pour les gens qui aiment le hard rock, au sens large, mais le vrai, bon hard rock. Un peu old school, dans le bon sens du terme. Je me retrouve totalement dans ce disque parce que je le trouve assez authentique dans la façon dont il est construit. Que ce siot Butcho ou moi-même, on n’en est  pas à notre premier coup d’essai, on a fait pas mal de chose. Si on a décidé de faire ça, c’est pour nous faire plaisir, et faire plaisir aux gens, partager…

El Butcho : C’est ça le plus important, le partage. Et il faut que ce soit sincère.

Yann Armellino : Je pense que le plaisir qu’on a pris, à l’enregistrer ou avec le mastering qu’on a fait ensemble  c’est la dernière étape, c’est ce que tu mets sur disque  – on s’est vraiment dit “on tient un truc chouette”. En tout cas, moi, j’étais totalement satisfait du résultat et c’est l’essentiel. Je n’ai pas de bémol, ce qui est assez rare.

Metal-Eyes : C’est assez rare, mais en même temps, c’est plutôt bon signe, non ? Si vous êtes satisfaits, ça signifie que le public devrait accrocher aussi…

El Butcho : Après, on ne demande pas à tout le monde d’aimer, évidemment. Tout le monde ne peut pas aimer…

Yann Armellino : Mais il y a un retour du classic rock à guitares, et là, il y a du jeu. Je pense que cet album peut trouver un bon écho auprès des amateurs, on n’est pas complètement isolés.

Metal-Eyes : Si, l’un et l’autre, vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Better way pour expliquer ce qu’est votre association aujourd’hui, ce serait quel titre ?

Yann Armellino : Ouh, là, c’est difficile…. Parce que chaque titre représente quelque chose.

El Butcho : C’est bizarre, je ne pourrais pas les répondre. Si tu (Yann) dit un morceau avec du chant, ta fan base va dire « oh, non, Yann, c’est des instrumentaux », et inversement, si je choisis un morceau instrumental, on va me dire qu’il n’y a pas de chant dessus…. C’est très difficile…. Un album, je le prends comme si c’était un seul titre divisé en 13 morceaux. Notre style, c’est tout ça mélangé. C’est pour ça qu’on fait un album, sinon, on ne ferait que des singles. C’est très difficile de répondre à cette question…

Metal-Eyes : Vous avez quand même une préférence pour un titre ?

El Butcho : Non. C’est comme des enfants, tu ne peux pas avoir de préférence…

Yann Armellino : A part les deux instrumentaux, un clin d’œil à ma fan base – et si je n’en mets pas, ça va pas bien se passer ! (rires)… A la limite, vraiment, le dernier qu’on a composé, Soldiers of rain, où il y a Jacques de Jesus Volt en invité. Mais parce que c’est le dernier, celui qui a donné la touche finale aux  compos. (A Butcho) Tu te souviens du premier titre ?

El Butcho : Je ne sais plus… ah je sais plus quel est le premier morceau qu’on a fait…

Metal-Eyes : Butcho, une question pour toi: Showtime, Hellectrokutters… Tu as plein d’autres projets. Sont-ils encore d’actualité ?

El Butcho : Bien sûr. Showtime, c’est le groupe de reprise, c’est vraiment  le fun. Comme je le dis chaque fois en concert, on est comme des DJ, sauf qu’on joue en vrai les morceaux qu’on , que tout le monde kiffe. Si les gens viennent voir Showtime c’est qu’ils savent très bien que c’est du hard rock des années 80, Judas Priest, Malmsteen, Winger, Dokken… Tous les gros hits. Du coup, c’est vraiment fun. Avec Hellectrokuters, on vient de terminer le deuxième album qui ne devrait pas tarder à sortir. Mais peut-être pas en France…

Metal-Eyes : Pourquoi ?

El Butcho : Parce que pour l’instant, on n’a pas trouvé de maison de disques en France. Ça va être une maison de disque allemande, en fait qui va gérer l’Europe, dont la France. Et les Etats-Unis.

Metal-Eyes : Yann, si je me souviens bien, ton dernier album solo, Revisited, remonte à 2010. Y a-t-il autre chose de prévu en solo de ton côté ?

Yann Armellino : Non, pas pour l’instant. Je n’ai pas envie de refaire un album instrumental, maintenant, après Better way. Mais je te dis ça aujourd’hui, peut-être que dans 6 mois l y aura du changement…. Je me laisse un peu porter. J’ai vraiment envie d’amener ce projet le plus loin possible.

Metal-Eyes : On a récemment appris le retour du Paris Metal France Festival dont on parlait au début. Aucun nom n’a été révélé pour l’instant. Peut-on imaginer vous retroouver sur scène à l’occasion du PMFF VI ?

Yann Armellino : On peut, peut-être, oui… (NdMPa a été confirmé depuis)

Metal-Eyes : Une dernière chose, pour toi Butcho : Phil ‘Em All, on le sait, s’était fait une spécialité de donner envie à certains groupes de se reformer. Peut-on, à l’occasion de ce PMFF, qui va durer 3 jours, espérer un retour de Watcha sur scène ?

El Butcho : Ah, non, pas du tout! Alors pas du tout jamais ! Watcha fait partie du passé, c’est les années 2000 et ça s’arrête là. Les gens qui sont venus nous voir à l’époque, tant mieux pour eux, c’était vraiment cool, mais là, je suis passé autre chose. Le chanteur de Watcha n’existe plus, c’est une nouvelle personne. Non, pas de reformation, même pour n’importe quelle somme. Ça fait partie du passé.

Metal-Eyes : Revenons à vous: en dehors du PMFF, il y a des concerts  prévus?

Yann Armellino : Il va déjà y avoir des showcases acoustiques, dans pas mal de Cultura, le 27 octobre, il y aura au Feelgood des Halles une soirée sur invitation, c’est quelque chose qu’on n’a jamais fait pour une sortie d’album. Ça se perd un peu, et c’est dommage : pouvoir réunir les médias, pouvoir remercier les gens de nous suivre depuis quelques années

El Butcho : Et les medias de nous soutenir, car sans eux, on ne parlerait pas de nous.

Yann Armellino : Aussi, et ce sera open bar, avec un showcase de 40’, avec deux guitares, Butcho, et mon frangin à la percussion. On va écouter l’album, passer un bon moment ensemble. Après, il y aura des choses plus concrètes, électrifiées. Tu sais, on a la chance d’évoluer dans le milieu du hard rock en France. On n’a pas les gros médias, mais on a plein de médias comme le tien. Je dis souvent que vous êtes un peu comme l’armée des ombres, vous faites des trucs, sur internet on trouve toujours quelque chose, vous essayez vraiment de nous aider à exister et c’est vachement important. Tous les styles de musiques n’ont pas cce style de médias pour les soutenir, et vous êtes vraiment actifs. Chapeau, les mecs.

Metal-Eyes : Mais nous sommes aussi là grâce à vous…

El Butcho : C’est un échange, il y a une émulation. C’est vous et le public qui nous faites vivre.

 

Interview: RAVENEYE

Entretien avec Oli (chant, guitare), Aron (basse) et Adam (batterie) de RavenEye. Propos recueillis à Paris (La Flèche d’Or) le 3 octobre 2016

C’est au Hellfest que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. RavenEye fait partie de ces jeunes formations inspirées par les 70’s au talent très prometteur. C’est à l’occasion de leur passage à Paris avec ouverture du concert de Zodiac (cf. le live report du concert) que nous avons retrouvé les anglais, détendus et heureux d’être là.

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Metal-Eyes : Comment allez-vous depuis le Hellfest?

Oli : Super bien! Ça a été assez dingue, tout ce qu’il s’est passé… l’album est sorti. On attendait qu’il sorte avec impatience. Il était déjà prêt lors du Hellfest et, en fait, ça a été notre principal sujet de conversation : comment on veut le sortir, quand… Notre sujet principal, même depuis que nous avons pris la route avec Zodiac.

Metal-Eyes : L’album est maintenant sorti. Que m’en diriez-vous pour me convaincre de l’acheter ?

Oli : Tu aimes la bonne musique ? (Rire général) Si tu veux simplement écouter un album de classic rock, eh bien, il s’agit de trois musiciens qui jouent, sans trop en faire. C’est un disque honnête, avec plein de choses différentes. On voyage beaucoup, il y a beaucoup d’histoires… Je pense que, en tant que groupe, nous devons avoir une identité. Nous n’avons aucune envie d’avoir, sur un même album, 5 chansons qui sonnent comme des hits. Chaque chanson a sa propre identité et c’est un choix. C’est un voyage que tu dois faire du début à la fin. Tu sais, nos albums préférés sont des disques comme SuperNine, des invitations au voyage.

Metal-Eyes : Quelque chose à ajouter?

Aron : Tout ce qu’il a dit…

Adam : Je suis d’accord. Un voyage musical.

Metal-Eyes : Notre rapide rencontre au Hellfest ne nous a pas vraiment permis de beaucoup discuter. Pouvez-vous me dire quelle est votre parcours musical ?Y avait-il de la musique chez vous, vos parents étaient-ils musiciens ?

Oli : Mon père a toujours joué de la guitare lorsque j’étais enfant, mais je n’ai jamais vraiment accroché. Ça me fatigait d’en jouer à l’époque (rires) ! Il fallait toujours rentrer tard des cours… Et j’ai découvert Hendrix, celui qui m’a vraiment  donné envie. J’ai commencé à jouer du Hendrix à 12 ans et depuis… je n’ai jamais arrété de jouer. Je dois vraiment le remercier.

Metal-Eyes : Tu as eu le soutien de tes parents ?

Oli : Oui, totalement, ils m’ont toujours soutenu, ils ont été extraordinaires.

Aron : J’ai commecé assez jeune, à l’école. J’ai débuté avec la trompette, et la basse est venue lorsque j’étais à l’université, où j’étudiais le jazz. J’ai commencé à jouer du rock, ce que j’ai vraiment adoré, et n’ai jamais arrêté depuis… Je n’ai pas vraiment été influencé par ma famille, ça vient plutôt de nulle part, en fait. Il n’y avait pas de musiciens dan sma famille.

Adam : Aucun de mes parents n’est musicien mais ils ont toujours aimé la musique. Ma mère m’a transmis pas mal de ses goûts musicaux, comme Queen, the Faces et des choses du genre . J’ai fgrandi avec ça. Je me suis mis à la batterie vers 13 ans, j’ai pris une paire de baguettes et j’ai commencé à jouer sur mon oreiller et des coussins dans ma chambre. Et depuis les 7 dernières années, j’ai passé mon temps à frapper des trucs…

Metal-Eyes : J’ai pu écouter Nova, votre premier album, et il semble que vous soyez très influencés par le rock des 70’s, mais également par des sonorités plus modernes. Quels groupes avez-vous déversés dans cet album ?

Oli : Je ne sais pas vraiment… Des choses comme Soudgarden, Queens Of The Stone Age, des groupes des années 90. En tant que guitariste, j’aime Zeppelin, Jimi Page, Black Sabbath et cette période, mais je pense que lorsqu’on compose, il faut vraiment trouver comment s’intégrer, est-ce que ça sonne bien, mauvais ? On a écrit 25 chansons, il faut ensuite choisir celles qui s’intégreront le mieux à l’album, ensemble. C’est ce que nous tentons de faire. On ne cherche pas à reproduire qui que ce soit. Ce n’est que 3 musiciens dans une même pièce qui jouent de la musique.

Metal-Eyes : Avez-vous tous trois les mêmes influences, des groupes favoris identiques ?

Aron : Je pense que nous avons les mêmes bases, des groupes « séminaux », des influences communes. Comme l’a dit Oli, la période grunge nous a influencés.

Metal-Eyes : Au début de l’interview, tu parlais, Oli, de « bonne musique ». Comment décidez-vous qu’une chanson est « bonne », en tous cas, suffisamment bonne pour terminer sur l’album?

Aron : Mmh, c’est une question difficile…  Nous travaillons dur, vraiment, nos capacités à composer des chansons. Les riffs doivent être puissants, les chorus aussi. Les mélodies, en tout premier lieu, doivent être super puissantes. Il faut que les gens puissent siffler le chanson. Chacun a une mélodie, un riff préféré. Chaque élément de la chanson, tel que nous les avons travaillés, doit être puissant, et nous y prêtons attention. La chanson passe avant les envie individuelles. Elle passe avant des solos de guitare de 50’, sauf si la chanson l’exige. Tu voulais savoir ce qui fait une bonne chanson ? Tout cela : une mélodie mémorable, de bonnes paroles, une bonne accroche, un bon mix, un bon son. Ça aussi, ça fait l’identité d’un disque. Notre producteur a vraiment travaillé dur pour obtenir son. Il avait une table de 50 pistes et je pense qu’il a dû passer une journée sur chaque chanson rien que pour le mix. Chaque partie de chaque chanson a été réfléchie, et… c’est top, je pense !

Metal-Eyes : Si chacun de vous devais ne retenir qu’une chanson pour définir ce qu’est RavenEye aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Oli (sans hésiter) : Pour moi, Madeleine. Elle a le groove qui définit bien RavenEye dans ses aspects heavy et très rock des origines aussi.  Il y a de bons riffs, et c’est ce que j’aime. La chanson parle d’une relation tumultueuse, verbalement violente, pas physique. Elle traite de mettre un terme à une telle relation : quand tu t’engueules avec ta partenaire, tu peux dire des choses pires que ce que tu avais pu imaginer. Des choses que tu ne dirais jamais à une autre personne que celle que tu aimes. Musicalement et littérairement, elle représente bien ce que nous sommes, des gros riffs, et du groove.

Aron :  Pour moi, ce serait Out of the rain. Je pense qu’elle a de nombreuses parties qui illustre bien ce que nous cherchons, des riffs, des chorus, ce fond qui dit à ceux qui ont douté d enous, qui se moquaient de nous « eh, regardez nous ! Nous somems là, debout, et on botte des culs ! » Il y a des ponts, des breaks  assez différents. Oui : Out of the rain.

Adam : Je pense que Hate correspond bien. Je suis arrive alors que l’album était déjà enregistré, mais cje pense que ce titre est une bonne representation de l’évolution du groupe. C’est plus direct, heavy rock, et il y a un riff monstrueux. Live, ça le fait vraiment !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous jouerez ce titre ce soir, j’imagine?

Adam : Euh… Peut-être…

Metal-Eyes : Oui, “peut-être » !

Oli : On n’a pas encore vraiment décidé de la setlist.

Metal-Eyes : Il y a sur Nova des chansons d’amour, d’autre sur l’amitié, d’autres un peu plus sexy… Vos paroles semblent traiter principalement des relations humaines. Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez pas aborder au sein deRavenEye ?

Oli : Non, il n’y a pas d’interdits. Au bout du compte, les paroles sont inspirées, dictées par la musique. Quand tu fermes les yeux et que tu te laisses emporter par la musique, tu sens où elle veut t’emmener, ce que tu devrais écrire. On ne s’est pas demandé si on devait inclure de la politique ou pas… Une chanson traitait de politique mais elle n’avait pas sa place sur l’album. Les chansons parlent d’amour, de haine, de mort… Toutes ces émotions extrêmes, et c’est ce qui a guidé cet album. Maintenant, le prochain sera peut-être une gigantesque déclaration politique, ou totalement instrumental… Je pense que ce qui est sympa quand on écrit à partir d’expériences personnelles, en tant que groupe, c’est qu’il y a une connexion, ça parle aux gens.  Chacun peut s’y référer… Par exemple, Inside parle de ta propre violence intérieure, comment elle te limite, et ton combat personnel pour ne pas écouter ces voix intérieures. C’est une bataille de tous les jours, chacun à sa manière. Pour nous, c’est plus profond que de simplement dir e »va te faire foutre ! » (rires).

 

Metal-Eyes : Vous avez été signés par Frontiers records. Qui a approché qui ?

Aron : C’est eux, je crois, qui nous ont contactés il y a… un an environ. Au début , ça ne nous a pas intéréssé car on était à fond DIY – Do It Yourself – communiquer avec nos fans, vendre notre musique par nos propres moyens, les shows ou les disque par internet. C’est si facile de nos jours. Initialement, nous avons dsicuté mais nous étions réticents à perdre notre indépendence. Mais ils se sont accrochés, nous ont relancés et on été parfaitement clair sur le fait que nous pouvions continuer de faire les choses nous mêmes. Nous n’avons pas de tour manager, pas de crew, on fait tout nous-mêmes. Ils n’ont même pas eu un avis musical, tout ce que nous avons fait c’est leur fournir la musique, tout un album, et ils se chargent de le vendre, le mettre sur le marché. Notre relation semble être – est – la relation parfaite.

Metal-Eyes : Le nom du groupe, RavenEye,  me fait penser à Game of thrones (ils rient). Y a-t-il un lien entre votre nom et le roman, la série télé ?

Oli : Jon Snow est ma plus grande inspiration ! Non ! (rires) Sérieusement, j’ai grandi dans cet univers, enfant, j’étais obsédé par les oiseaux, les corbeaux surtout, des oiseaux très intelligents. C’est fascinant de les regarder ,  les observer. Mais on ne se compare pas , on n’est pas des gens super intelligents (rires) ! Le nom est venu comme ça… Je m’amusait à chercher des noms de groupes, et j’ai dit à mes amis « j’appellerai mon groupe RavenEye ». « C’est ça, bien sur ! »… Et nous voici.

 

Metal-Eyes : Les groupe a tourné avec des artistes comme Slash, Deep Purple, vous avez joué en Europe, en festivals…. Jusqu’à ce jour qu’elle a été votre meilleure expérience ?

Aron : Ouh… On a eut de superbes expériences et d’autres terribles. Une affreuse : nous avons conduit 40 heures d’affilée, d’Angleterre jusqu’en Roumanie pour notre second concert avec Slash. Au cours de cette semaine, nous sommes presque tombés en panne d’essence en haut d’une montagne roumaine. Si tu vas chercher  sur Facebook, il faut pas mal remonter, tu nous verra, en haut de la montagne, au point mort, le moteur éteint, en train de descendre en roues libres afin de pouvoir arriver jusqu’à une station essence ! On faisait dans nos frocs !

Oli : pour moi, la meilleure expérience a été le  Download anglais. J’ai grandi en regardant ce festival à la télé , et pour moi, c’est simplement un festival extra. Alors y jouer, sur une scène gigantesque, avec un immense public…. J’en parle autour de moi et, d’un coup, ça me frappe, on a fait le Download. On est passé du statut de groupe inconnu , il y a deux ans, nous étions inconnus, et là, on touche des centaines de personnes, milliers… On s’est vraiment défoncés pour arriver là où on est aujourd’hui. Toutes nos expériences ont été super : Slash, incroyable… Si tout devait merder aujourd’hui, on a déjà ça, ce qui me rend très, très heureux.

Metal-Eyes : Mais il y a encore beaucoup de travail, vous n’allez pas arrêter votre carrière au bout de deux ans… Quels sont vos projets, justement ?

Oli : On fini cvette tournée le 8 novembre, avons un break de 10 jours avant de débuter une grosse tournée anglaise, en tête d’affiche, pour présenter notre album. Ensuite, il y a quelques dates en Espagne, en décembre, et l’année prochaine, fin janvier, nous retournons aux USA, et février-mars on attaque l’Europe. On doit aller toucher du monde, le plus possible, partout !

 

 

Interview: SONIC SYNDICATE

Rencontre avec Nathan Biggs (chant) (SONIC SYNDICATE). Propos recueillis à Paris, le 27 septembre 2016

Quel changement chez Sonic Syndicate! Karin, la bassiste partie, le groupe se fait moins death et rugueux et plus catchy, poppy. Lien de cause à effet ou évolution naturelle, nouvelles aspirations? Nathan nous dit tout au sujet de ce nouvel album.

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Metal-Eyes : Comment vas-tu Nathan ?

Nathan : Assez bien, malgré une journée très chargée. Je me suis levé ce matin à 4 heures pour me rendre à l’aéroport et venir à Paris, depuis Stockholm, et je me rends demain à Londres pour vous parler de notre nouvel album !

Metal-Eyes : Nous allons en parler, mais revenons un peu en arrière : en 2014, Son ic Syndicate a publié un album éponyme, ce qui pouvait laisser croire à une sorte de renaissance du groupe. A quel point avez-vous changés pendant cette période. 

Nathan : Oui, 2014 est l’année de cet album qui porte le nom du groupe. C’était une sorte d’hommage à notre passé. Une célébration des racines du groupe, celles d’où nous venons, ce metal suédois… Ca incluait beaucoup de choses, Soilwork, In Flames, Dark Tranquillity… ce son de Göteborg, d’où nous venons. Nous savions que le groupe ne suivrait pas toujours cette voie, et nous avons voulu boucler la boucle dans ce genre musical. Simplement pour prouver que nous y sommes toujours liés, que nous faisons toujours partie de cette scène. C’était une manière d’honorer cette période, tandis que ce nouvel album regarde dans une autre direction, regarde l’avenir dans les yeux.

Metal-Eyes : Confessions est donc votre nouvel album, le 6ème depuis 2005. Le groupe a connu quelques changements, le plus récent étant le départ de Karine, votre bassiste, en 2015. Qu’est-ce qui, selon toi, pourrait aider Sonic Syndicate à stabiliser son line-up ?

Nathan : Ce nouvel album résume bien où en est le groupe aujourd’hui : un nouveau point de départ. Un nouveau label, un nouvel album. On est vraiment dans le présent. Karin était un membre très important du groupe, mais sur la dernière tournée, nous avons accueilli un nouveau frère d’armes, Michael, à la basse, et désormais, c’est nous trois, Robin, Michael et moi. Nous avons trouvé une nouvelle stabilité dans la mesure où nous sommes tous trois à 110% impliqués. Je n’ai jamais ressenti une telle cohésion, une telle éthique de travail au sein du groupe avant. Robin et moi avons été inséparables depuis que je suis arrivé dans le groupe en 2009. Nous avons cette relation particulière et, bien que nous ayons eu de grands moments de complicité avec les membres des line-ups précédents, Michael est sur la même longueur d’onde que nous, et ça, c’est génial.

Metal-Eyes : Cela signifie que, même s’il est le dernier membre du groupe originel, Robin n’a pas toute la charge de travail sur ses épaules, toute la responsabilité musicale, il s’agit vraiment d’un travail collectif à trois ?

Nathan : Oui. A vrai dire, depuis que je travaille avec Robin, nous avons toujours été comme une équipe. Pour tout ce que nous avons écrit. Ce nouvel album sonne vraiment comme une création de nous tous.

Metal-Eyes : J’ai pu écouter une partie de Confessions. Sonic Syndicate est généralement présenté comme un groupe de metalcore, or je n’ai rien écouté qui se rapproche du « core ».

Nathan : Non, tu sais nous avons toujours été assez autonomes malgré nos racines. Il y a toujours eu des éléments plus mainstream, catchy, d’autres plus foncièrement rock. L’album éponyme était plus un retour aux sources. Mais nous avons déjç fait cela, nous connaissons tous les aspects de ce genre musique, metalcore, comme les gens aiment appeler ça, ou death mélodique, d’où nous venons. Nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons fait, mais pour rester créatifs et toujours être… amoureux de la musique, nous avons voulu,Robin et moi, ainsi que Michael aujourd’hui, trouver de nouveaux défis en tant que musiciens, et rester vrais envers nous-mêmes. Nous écoutons toujours plein de styles différents, du metal, de la house, du hip-hop, du rap, du rock… Notre palette musicale est si variée. Je pense que si nous restions sur ce chemin « metalcore » nous n’apporterions rien de neuf. Il y a plein de groupes dans ce domaine, et je pense que c’est un genre qui commence à se répéter. Il n’y a rien de vraiment neuf dans le style, il commence à se répéter. Or, pour pouvoir avancer en musique, si tu veux en faire ta carrière, tu dois aimer la musique et trouver de nouveaux défis, les relever. Autrement, tu te retrouves avec un certain confort, à avancer sur le même chemin et tu commences à te répéter. En cela, je pense que, si tu es dans cet esprit-là, jamais tu ne pourras ressortir ton meilleur album, tu rendras simplement hommage à ce que tu as déjà fait. Sans doute auras-tu quelques hits en chemin, ou ton son deviendra simplement plus actuel, mais on a déjà fait ça. Aujourd’hui, nous voulons simplement repousser nos limites en tant que groupe, voir jusqu’où nous pouvons aller tout en restant honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes.

Metal-Eyes : Il ne s’agit donc pas d’enterrer votre passé – comme tu l’as dit, Sonic Syndicate est un hommage à votre histoire – simplement vous explorer en restant intègres. Et votre public, comment va-t-il réagir face à ce changement radical d’après toi ?

Nathan : Nous savons qu’il va y avoir des divisions… Tu sais, la communauté metal peut être très dure… Les fans ultimes… Si tu es fan de death, ce sera à vie… Certaines personnes sont dans cet esprit  et mon message à leur encontre est « profitez des anciens albums de Sonic Syndicate et si vous pouvez trouver dans ce nouvel album quelque chose que vous appréciez, tant mieux, on cherche simplement à écrire de bonnes chansons. » Mais, nous, nous grandissons. Nous avons commencé avec in Flammes, Pantera, Slayer, comme n’importe quel autre metalhead. La musique évolue, aujourd’hui. Les gens écoutent tant de choses différentes et sont influencés par un tel nombre de groupes… Je pense qu’il s’agit avant tout de comprendre notre manière d’écouter et de consommer la musique. Nous ne sommes que des fans de musique qui faisons de la musique. Nous ne sommes pas différent de n’importe quel auditeur de musique, nous créons simplement notre truc en utilisant ce qui nous influence. Et faisons ce que nous aimons. Dans les faits, j’ai parlé à des fans de Sonic Syndicate, ils évoluent aussi. Avant, tu économisais et tu te rendais chez ton disquaire pour acheter un album que tu passais en boucle, avec tes potes. Aujourd’hui, tu es chez toi, on t’envoie un lien, tu écoutes, puis tu t’interresse aux artistes similaires proposés par la plate-forme… Et au final, tu t’écartes de plus en plus de ce que fait le groupe originel. Le neuvième morceau que tu vas écouter ne seras pas ton préféré, mais sans doute vas-tu te dire « j’aime vraiment cette chanson ». Et avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves avec un playlist de genres complètement diversifié. C’est ce que nous faisons : être un groupe moderne qui diversifie ses horizons. Il y a de la place pour ça dans l’industrie musicale aujourd’hui.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle être ouvert d’esprit, je pense. Comment décrirais-tu ce nouvel album à ceux qui découvrent Sonic Syndicate avec Confessions ?

Nathan : C’est un album très mélodique. Nous avons cherché à écrire de bonnes chansons de rock. Au départ, nous sommes un groupe de metal et il y aura toujours de traces de cela, dans nos chansons ou dans nos performances scéniques. En gros c’est de la musique moderne pour les amateurs de musique moderne qui aime le rock et le metal.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retrenir qu’un seul morceau de Confessions pour illustrer ce qu’est Sonic Syndicate aujourd’hui, ce serait lequel ?

Nathan : Je dirais That’s why we really start a war, le premier single qui donne le ton de l’album mais aussi qui a un sens plus profond que le reste de l’album. L’album traite d’honnêteté vis-à-vis de soi, de nos carrières, de faire ce qui te plait. Mais, nous avons découvert que la vie est courte et qu’il est primordial de faire ce que tu aimes. Comme je l’ai dit plus tôt, nous trouvons tous un certain confort à marcher le long du même chemin. Cela peut être moi, dans la musique, ou toi, dans ton travail quotidien, tu ne vis pas ta vie à fond, tu n’es qu’un passager de cette vie. Parfois, tu peux te rendre compte que tu ne fais pas exactement ce que tu veux faire. Il faut avoir une sorte de révélation pour pouvoir  sortir du moule , être heureux et prendre les rennes pour aller où tu veux te rendre. Autrement, ce sont les autres qui prennent le volant pour toi. That’s why we really start a war, c’est nous, dans nos guerres interieure et exterieure, simplement en tenatnt de faire ce que nous rend heureux. Ce message s’adresse à n’importe qui, pas satisfait : la vie ne fait que passer devant nous, si vous voulez  changer, la seule personne qui le puisse est vous-mêems, à la condition de commencer cette guerre.

Metal-Eyes : Vous allez tourner avec Amaranthe en France. Comment avez-vous monté cette affiche commune ?

Nathan : Nous les avons simplement contactés… Nous sommes amis, à Helsinki nous trainions ensemble backstage, nous avons joué sur quelque festivals ensemble en Suède, et nous nous sommes découverts des points communs: notre cursus “metal”, par exemple, et chacun ose faire son propre truc. Eux écrivent des chansons très catchy, dansantes, appelles ça comme tu veux… Je ne pense pas que les étiquettes aident l’auditeur… Et nous faisons pareil, ce que nous voulons, et nous savons que nos fan-bases aiment explorer différents types de musique. Les fans d’Amaranthe ne vont pas écouter seulement du Slayer, ils s’intéressent aussi à Katy Perry, Brintney Spears, mais aussi Soilwork, Mnemic… C’est pareil pour les notres, et je pense que ça va être un super package pour les spectateurs.

Metal-Eyes : Quels sont vos projets à l’issue de cette tournée ?

Nathan : La tournée va durer jusqu’à Noël, nous prendrons un break, et j’espère pouvoir passer du temps en famille en Angleterre, et ensuite, on a déjà des dates prévues pour 2017 : une petite tournée en Finlande, les festivals d’été commencent à arriver aussi… Notre label a un bon réseau de distribution – Sony gain – et ils nous poussent vraiment à nous investir aux USA. J’étais à Los Angeles il y a quelques semaines, et nous voulons vraiment tenter d’y percer. C’est un de nos gros objectifs.

Metal-Eyes : Une dernière chose, puisque nous parlons de lieux que vous souhaitez connaitre : y a-t-il des endroits où tu voudrais vraiment pouvoir te produire, ou simplement visiter ?

Nathan : Tu peux facilement voir où les gens écoutent notre musique, via Facebook, par exemple. On a des contact au Mexique, en Amérique du Sud, et tout le monde dans le groupe voudrait vraiment aller en Amérique du Sud et voir comment ça se passe là-bas. J’adore aller dans des endroits différents, les fans sont différents partout, en France, en Allemagne… Nous n’étions jamais allés en Chine, et nous y étions le mois dernier. Une belel expérience. La première fois que nous sommes allés en Russie, ça a été une vraie claque. Oui, l’Amérique du Sud serait vraiment bien !

 

Interview: STEVE ‘N’ SEAGULLS

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Rencontre avec Remmel (chant, mandoline, guitare acoustique, balalaïka) et Pukki (contrebasse, basse, chant) (STENE’N’SEAGULLS). Propos recueillis à Paris, le 20 septembre 2016

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Ils jouent sur les ambiances, reprennent des classiques du Metal sur 4 décennies, s’amusent d’un rien. Même leur nom est un clin d’oeil à un des plus grands acteurs de tous les temps (euh, j’exagère peut-être, là, non? Beaucoup!) Deux des principaux acteurs de Steve’N’Seagulls étant à Paris pour promouvoir leur dernier album, Metal Eyes se devait d’être sur place. Interview décontractée avec nos fermiers finlandais préférés.

Rencontre avec Remmel (chant, mandoline, guitare acoustique, balalaïka) et Pukki (contrebasse, basse, chant) (STENE’N’SEAGULLS). Propos recueillis à Paris, le 20 septembre 2016

 

Metal-Eyes : C’est notre première rencontre alors commençons par la question traditionnelle : comment avez-vous monté Steve’n’Seagulls ?

Remmel : J’ai rejoint le groupe il y a 3 ans, mais il a été formé en 2010. C’était une sorte de projet annexe et (à Pukki) vous deviez donner, quoi ? 20 concerts ?

Pukki : Environ, oui. C’était une sorte de « tournée conceptuelle » : on jouait dans une chaine de restaurants chez nous, en Finlande. Ils nous ont demandé de jouer chez eux, et nous avons dû jouer dans… Tous les restaurants de cette chaine ! On s’est vraiment amusés à le faire.

Metal-Eyes : Aviez-vous déjà élaboré le concept de Steve’n’Seagulls ou ce groupe était-il complètement différent ?

Pukki : C’était les bases du concept, mais différemment : c’était bien plus mainstream que ce que nous sommes devenus. On travaillait sur des musiques de westerns, et il y avait des guitares électriques et ce genre de choses. Avec le temps, on a développé des idées, petit à petit, et lorsqu’il (Remmel) est arrivé, nous avons décidé qu’il était sans doute temps de modifier tout le concept, de nous orienter vers du bluegrass et nous concentrer sur cet aspect. À l’époque, ce n’était encore qu’un projet annexe, et ça n’a débuté qu’à l’été 2014. C’est à cette époque que nous avons tourné les vidéos de The  Trooper et Thunderstuck. C’est là que tout a commencé pour nous.

Metal-Eyes : Oui, avec quelques centaines de vues (ces videos ont été visionnées plusieurs millions de fois)

Pukki : Oui (rires)

Metal-Eyes : Comment avez-vous décidé de ce concept, de vous débarrasser des guitares électriques et vous orienter vers le bluegrass, la country et ce  genre de musiques?

Remmel : Ca s’est fait assez naturellement. Il y avait déjà une basse acoustique, une mandoline, un accordéon. On a décidé de nous en tenir aux instruments acoustiques et voir jusqu’où nous pouvions aller, avec ce type d’instruments.

Pukki : En plus, nous travaillions à cette époque sur des vidéos qui, au départ, n’étaient destinées qu’à la promotion, afin de démarcher les agents. Nous avons opté pour une instrumentation acoustique uniquement pour l’enregistrement. C’est plus intime, il n’y a rien d’électrique, plus de guitare, plus de claviers sur ces vidéos. Elles sont 100% naturelles.

Metal-Eyes : Quel est votre parcours musical, votre formation ?

Remmel : En ce qui me concerne, ma formation est assez légère : un peu de guitare classique, quelques cours de guitare quand j’étais adolescent. Je me suis intéressé à la musique assez jeune, à travers les disques de mon père, de sa guitare. Avec mon premier groupe, quand j’avais 13 ans, on jouait du heavy metal,  ce genre de chose. J’étais vraiment un metalhead à 13, 14, 15 ans… Ensuite, j’ai commencé à chanter, en réalité, accidentellement : mes amis sont venus me demander si je voulais chanter dans un groupe, une histoire banale. Plus tard, je me suis installé dans une petite ville au centre de la Finlande, et je me suis mis à la basse, un peu de batterie, mais au final, c’est la guitare qui s’est imposée. Ce qui semblait le plus être mon instrument.

Pukki : C’est à peu près pareil pour moi : je fouillais dans les disques de ma mère, j’ai pris des cours de piano entre 7 et 9 ans, mais je n’ai pas accroché. Je me suis mis à la basse et ensuite, ça a été groupe sur groupe, et encore des groupes. J’ai commencé à avoir une éducation musicale plus formelle en devenant musicien professionnel. J’ai étudié dans le même conservatoire que notre joueur de banjo et notre batteur, nous étions dans la même classe. J’ai changé assez facilement, vers 22 ans, assez tardivement si l’on considère que les musiciens classiques débutent leur formation très jeunes… J’ai une formation, mais ce n’est que sur papier.

Metal-Eyes : Selon vous, qu’est-ce qui fait que la Finlande donne aussi facilement naissance à des groupes comme le votre ou Apocalyptica qui reprennent de standards et les transforment en quelque chose de totalement différent ?

Pukki : J’adorerai pouvoir te dire que notre passé et principalement marqué par l’amélioration de hits de merde. Mais en Finlande, après les guerres, il n’y avait que peu de compositeurs, il n’y avait pas de grosse industrie musicale. Les compositeurs créaient surtout des tangos et ce genre de choses…

Metal-Eyes : ça  revient à ma question suivante : serait-il possible que la Finlande n’ait pas de créateurs suffisamment doués pour composer des titres originaux ? (NdMP : pas très cool, dans la mesure où il y a quand même des formations originales qui se sont bien démarquées, ne serait-ce que Nightwish, mais ils ne semblent pas avoir relevé la provocation…)

Pukki : (rires) Ca pourrait être ça ! En réalité, je compose avec mon autre projet , mais c’est quelque chose qui ne pourrait jamais aller aussi loin que Steve’n’Seagulls, c’est plus classique. Je ne sais pas en fait, sans doute cet amour pour le metal, une musique avec laquelle nous avons grandi.

Metal-Eyes : Votre album s’intitule Brothers in farms, et je suis surpris de ne pas y trouver une reprise du Brothers in arms de Dire Straits. Quelle en est la raison ?

Pukki : Il n’y a pas de raison réelle. Ou plutôt, si, il y en a une, mais elle ne serait pas valable…

Metal-Eyes : J’imagine que vous pensez déjà à composer un album original ?

Remmel : Non, pas vraiment. Déjà, nous allons soutenir celui-ci en tournant un an environ, ensuite, nous verrons pour le prochain album, nous verrons si nous pouvons composer des morceaux assez bons pour les y inclure. Mais on n’a pas envie de précipiter les choses. Nous continuerons de faire ce qui nous semble naturel, et voir ce qu’il en résultera. Ce sera toujours une compilation de bonnes chansons, comme pour celui-ci, tout semble s’imbriquer parfaitement.

Metal-Eyes : Comment sélectionnez-vous les chansons qui figurent sur l’album, ou sur vos setlists ? Il y a une jolie variété sur l’album, entre le hard rock et le heavy classiques et des choses plus modernes, thrash…

Pukki : Pour l’album, nous voulions cette variété, pas seulement les morceaux les plus durs. À l’avenir, nous élargirons sans doute nos horizons, mais l’esprit est là : des chansons que nous apprécions. Je pense que tous les morceaux que nous avons enregistrés pour des démos et envoyés aux producteurs et aux labels se retrouvent sur l’album.

Remmel : Ce qui ne signifie pas que nous n’avons rien écarté. Nous avons surtout mis de côté des titres qui n’étaient que des ébauches, de titres originaux ou de reprises, des démos sans arrangements, brutes, ce qui nous permet d’avoir une petite réserve.

Metal-Eyes : A un moment, pourtant, vous avez dû décider que Aces High, Burn et le reste se retrouveraient sur l’album.

Remmel : Je pense en fait que ces morceaux fonctionnent bien. Le process est généralement identique : nous remarquerons assez rapidement que ceci ne nous correspond pas, que nous nous forçons, nous allons dans la mauvaise direction. Pour ces chansons, l’idée de base nous est apparue assez rapidement.

Pukki : Généralement, ce que nous faisons, c’est choisir un morceau, nous réunir, et enregistrer nos répétitions. 9a devient assez évident, très tôt, de quelles chansons survivront, ou quelles sont celles que nous oublions, ou mettons de côté temporairement. Toutes celles-ci, je crois, ont été enregistrées en répétitions. Instinctivement, on a su que ça fonctionnait.

Metal-Eyes : Certains d’entre vous ont-ils des envies particulières , « je voudrais bien faire ça » ?

Pukki : C’est exactement ça.

Metal-Eyes : Donc, vous la travaillez et constatez le résultat.

Remmel : Oui, c’est plus : « tiens, je pense à ça, qu’en dis-tu ? – Oui, essayons ». Si ça fonctionne, on garde.

Metal-Eyes : Les chansons de Brothers in farms sont des standards du metal. Comment comptez-vous fidéliser votre public fan de metal à l’avenir ? La première fois, c’est une surprise, mais la seconde, la troisième fois, ce n’est plus le cas…

Remmel : Je pense que pour cela, nous devons tourner le plus possible. La scène est ce qui nous correspond le plus…

Pukki : Oui, en effet. Les albums sont bons, les vidéos aussi, mais donner des concerts, c’est ce qui fait de ce groupe ce que nous sommes.

Remmel : Nous avons des exigences importantes dans ce groupe, en ce qui concerne ce que nous laissons filtrer comme info. Je pense que si nous continuons de faire ce qui nous est naturel, ça fonctionnera.

Pukki : Je le pense aussi, mais tu as raison  sur la part de surprise qui peut disparaitre. Mais elle a déjà, d’une certaine manière, disparue.

Metal-Eyes : Les gens continuent de vous découvrir…

Pukki : Oui, c’est certain, surtout dans quelques pays.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de surprises et de concerts : Rob Halford monte sur scène, comme vous le savez, sur une moto pour Hell bent for leather. Pensez-vous reprendre ce titre et monter sur scène sur un tracteur ?

Remmel : S’il y a un tracteur disponible, oui (rires)

Pukki : Et si la scène est assez grande… Un tracteur est bien plus lourd qu’une moto (rires). Nous sommes montés avec une tondeuse, cependant, en Finlande. En Slovénie, on est arrivés sur un tracteur…

Metal-Eyes : Dons ce n’est pas idiot, ça pourrait se faire en fonction de la scène ?

Pukki : Oui, parfois…

Metal-Eyes : Y a-t-il des chansons que vous envisagez déjà de retravailler à l’avenir ?

Pukki : oui, mais nous ne pouvons rien dire… Il pourrait y avoir une chanson de Judas Priest, puisque nous évoquons Rob Halford.

Remmel : Nous devrons, à un moment, faire du Judas Priest… Nous avons des idées, et avons déjà des esquisses de morceaux originaux. Nous essayons de travailler le plus possible, même si nous sommes sur les routes la majeure partie du temps.

Metal-Eyes : Et y a-t-il des chansons que vous savez, au contraire, ne pourraient entrer dans le concept ? Vous avez essayé, mais à ce stade, elles ne fonctionnent pas ?

Remmel : oui, il y en a… Kiss parait très difficile. Ça ne fonctionne tout simplement pas…

Pukki : Ca semble difficile de les faire sonner comme notre truc.

Remmel : Sans doute parce qu’aucun de nous ne s’est vraiment investit dans Kiss avant. On n’aime pas Kiss en particulier… Nous nous sommes penchés sur Paname, de Van Halen et ça n’a pas marché… (à Pukki) Je crois que nous devrions nous repencher dessus.

Pukki : Oui, je pense qu’elle nécessite un peu plus de travail.

Metal-Eyes : Vous allez bientôt tourner en France, une grosse tournée de 12 dates. Devons-nous attendre en France des choses particulières ?

Pukki : En France? Il pourrait y avoir, à un certain niveau, quelque chose de particulier, mais il est encore un peu tôt pour en parler.

Metal-Eyes : Vous travaillez toujours dessus?

Remmel : Oui, mais nous pouvons promettre beaucoup d’énergie et des choses… trop rapides pour nos doigts (rires)!

Metal-Eyes : Justement, y a-t-il des chansons trop rapides, trop techniques pour vos doigts ?

Remmel : Certaines donnent parfois cette impression !

Metal-Eyes : Quelle a été la chanson la plus compliquée à travailler?

Remmel : Out in the fields (Gary Moore et Phil Lynott) a été assez compliquée. Très dure pour les poignets.

Pukki : Oui, et ça semble avoir été le cas pour tous les instruments à cordes! Ultra rapide.

Remmel : Il y a certaines parties de Sad but true (Metallica) assez complexes, surtout pour la mandoline.

Pukki : Pour les deux mandolines, oui. Ça a été assez facile pour moi car c’est une basse basique…

Metal-Eyes : Quelle chanson de Brothers in farms  conseilleriez-vous à quelqu’un qui veut découvrir le groupe et qui,selon vous, représente le mieux ce qu’est Steve’n’Seagulls ?

Pukki : Oh, c’est difficile!

Remmel : Si on veut donner l’idée d’un groupe qui utilise de nombreux instrument, ce serait You could be mine, pour le côté mélodique… Symphony of destruction… Je placerai You could be mine, parce qu’il y a beaucoup d’énergie, de nombreux instruments… Oui, ce serait un bel exemple.

Pukki : De l’accordéon… Je te rejoins !

Metal-Eyes : Merci beaucoup à tous les deux. Profitez bien de cette tournée promo et surtout, profitez bien de la tournée qui arrive.

Pukki : Ce sera le cas ! Merci à toi.

 

 

Interview: HAMMERFALL

Rencontre avec Joacim Cans (chant) et Pontus Norgren (guitare) (HAMMERFALL). Propos recueillis à Paris, le 6 septembre 2016

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Metal-Eyes : Selon vous, Hammerfall en 2016, c’est quoi ?

Joacim : Ouh… Je pense que nous sommes en réalité plus forts que jamais. (r)Evolution était une vrai claque, même pour nous, et revenir avec autant de…hargne, tant d’énergie. Nous avons conservé cette énergie et l’avons retranscrite sur ce nouvel album, et je crois que c’est ce que nous sommes. C’est ici et maintenant. Nous sommes une bande de jeunes hommes en pleine forme, voilà ce que nous sommes.

Pontus : Pour moi, c’est pareil. Nous avons trouvé une recette pour conserver cette énergie. Comme l’a dit Joacim, après le break, nous avons trouvé ce rythme, et cette formule, pour renforcer cette énergie, éviter de retomber dans les vieilles habitudes, et ce genre de choses. Faire un pas en avant.

Metal-Eyes : Ce break était donc nécessaire pour la survie de Hammerfall ?

Joacim : Plus qu’on ne pourrait jamais l’imaginer…

Metal-Eyes : Dans deux ans, Hammerfall célèbrera son quart de siècle, Joacim, tu fais partie du groupe depuis maintenant 20 ans. Pouvais-tu imaginer toujours faire partie de Hammerfall il y a 20 ans ?

Joacim : Non… En fait, ce n’est pas évident… J’essaie de vivre une année à la fois. Quand nous avons publié le second album (Legacy of kings en 1998) je me suis rendu compte que quelque chose de spécial se passait. J’ai pris, dès lors, les choses un album à la fois. Je ne pense pas qu’on s’attendait à être à ce niveau, en tout cas. Que Hammerfall soit toujours présent, oui, mais continuer de tourner à travers le monde, pour des gens qui nous aiment vraiment… Nous avons su nous distinguer, faire évoluer ce genre, c’est ce que nous sommes. Je suis toujours aussi fier d’être présent après 20 ans !

Metal-Eyes : Dans quel sens vous distinguez vous?

Joacim : Nous faisons la musique que les gens veulent entendre. Notre dernière tournée est celle qui a rencontré le plus de succès. Aujourd’hui, il y a déjà beaucoup de places vendues pour notre tournée à venir… Les gens ont envie de vois Hammerfall.

Metal-Eyes : A ce sujet, il n’y a pas de date prévue en France. J’imagine que d’autres concerts vont être ajoutés ?

En choeur : Oui !

Joacim : Le Stade de France n’était pas libre… (rires) On veut garder un certain niveau, et ce n’est pas toujours facile. On a une grosse production, un camion… Et dans certaines salles, on ne peut rien utiliser. C’est très frustrant, tant pour nous que pour les fans. Il vaut mieux qu’ils se déplacent, pas trop loin, parfois. On cherche une salle de bonne taille à Paris. Il reste une date libre sur le planning, pour Paris.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous les deux, l’évolution de Hammerfall entre (r)Evolution et Built to last ? Le break fut nécessaire, vous êtes revenus avec énergie, cependant, il y a une évolution entre ces albums.

Joacim : C’est comme un bon champagne (rires)! Nous avons mûri pendant deux ans, maintenant nous sommes devenus vintage (rires des deux) !

Metal-Eyes : Bon, au revoir alors!

Joacim : Non, sérieusement…Je pense que… C’est difficile à décrire. On vieilli et plus on vieilli, mieux on sait ce que l’on souhaite faire et obtenir. Je pense que nous avons simplement développé… La formule que nous avions développée sur (r)Evolution, nous l’avons reprise et poussée plus loin. Disons à tous les niveaux : la composition, les différents producteurs impliqué… Qui fait quoi, à quel moment, qui s’occupe de la batterie, de la guitare, du chant ? Qui s’occupe du mixage ? Et, aussi, le fait que nous ayons changé de label nous a donné une nouvelle énergie. Nous avons besoin d’un label qui croit que Hammerfall est encore un groupe d’avenir. La différence principale, c’est qu’aujourd’hui nous savons ce que nous voulons faire pour le reste de nos vies en tant que musiciens.

Metal-Eyes : Au sein de Hammerfall ? J’imagine que cette « recette » dont vous parlez ne serait pas utilisée au sein d’un autre projet.

Joacim : Au sein de Hamerfall, oui. Hammerfall, c’est Hammerfall. Oskar a formé ce groupe en 1993, je suis arrivé en 1996 et nous avons en quelques sortes tout redémarré. Nous l’avons fait parce que nous adorons le heavy metal. On nous demande souvent « pourquoi ne jouez-vous pas la musique que le public veut entendre ? » Eh bien, parce que nous jouons la musique que nous aimons. A mon avis, c’est ça, cette recette, celle du succès.

Metal-Eyes :Une nouvelle fois, le titre de l’album sonne comme un message, « Hammerfall n’est pas près de disparaitre ».

Joacim : Oui, mais pas que… L’album est constitué de 10 chansons solides, 10 chansons qui ne seront pas oubliées de si tôt. Cet album, je l’espère, est là pour rester, et on s’en souviendra après la disparition du groupe. Hammerfall a pour principe de se battre pour le metal et rien d’autre. Cela aussi est fait pour durer. Ça fait 20 ans que ça dure.

Metal-Eyes : Comme je vous l’ai dit avant de débuter cette interview, je n’ai pas encore eu le temps de vraiment écouter Built to last. Que pouvez-vous me dire pour me convaincre de l’acheter ?

Joacim : Dans ce cas, normalement, tu sais ce qu’est Hammerfall. Mais si tu n’as jamais écouté le groupe auparavant, alors, voici : il s’agit de pur heavy metal, avec des mélodies, de l’émotion. Si tu veux des chansons accrocheuse, des mélodies entraînantes, de solos de guitares bien exécutés, du gros son, alors tu devrais écouter Hammerfall. Nous sommes un de ces groupes qui étaient présents au milieu des années 90 pour ouvrir les portes à une nouvelle vague de… à la « nouvelle vague de la nouvelle vague du heavy metal » pour ainsi dire !

Pontus : Hammerfall a toujours fait la même chose, a publié son premier album taillé dans le roc, et ce fut comme une déclaration : du metal avec des mélodies.

Metal-Eyes : Il y a en effet des chansons qui sont taillées pour la scène et écrites pour faire participer le public.

Joacim : Oui, le premier single qui sort en septembre, Hammer high, est selon moi un titre très efficace. Quand le public écoutera cette batterie au début puis la mélodie, les fans vont devenir dingues !

Metal-Eyes : Si vous ne deviez retenir qu’un titre de ce nouvel album pour décrire ce qu’est Hammerfall aujourd’hui, quel serait-il?

Joacim : Encore une question difficile… Nous avons publié cette lyric video il y a quelques semaines, pour Sacred vow. Je pense que ce morceau possède l’énergie, la variété, les chœurs, le chant haut perché, je pense que cela résume plutôt bien ce que nous sommes aujourd’hui.

Metal-Eyes : Pontus, ton avis?

Pontus : Je suis d’accord, parce que cela donne une bonne idée de ce qui arrive. De ce que les fans vont découvrir, bientôt.

Joacim : oui, Sacred vow représente bien le groupe.

Metal-Eyes : PArlons de vos concerts: il y a toujours un spectacle avec Hammerfall, prévoyiez vous quelque chose de spécial ? Pour votre passage au Stade de France ?

Joacim : (rires) Nous devons rester simples… Comme tu l’as dit, nous avons toujours quelque chose de particulier, de théâtral. Quand nous avons commencé à tourner, en tête d’affiche, nous utilisions de la pyrotechnie, ce que personne, à l’époque, ne faisait. Maintenant, tout le monde es’en sert, alors on s’est dit « trouvons autre chose ». Alors, bien sûr, nous défendons un nouvel album, nous allons inclure de nouveaux titres, et c’est une bonne chose pour de nombreuses personnes. Il y a toujours une nouvelle génération de fan qui assiste à nos concerts, des gens qui voient Hammerfall pour la première fois. Nous devons simplement leur montrer ce qu’est Hammerfall : de l’énergie, et nous invitons les fans à participer, à faire partie du spectacle, ce qui est, je pense nécessaire. Car ils nous donnent quelque chose, et nous leur rendons, ça nous booste tous. C’est un échange. Si tu ne comprends pas le concept, sans doute devrais-tu plus participer, t’investir…

Metal-Eyes : Qui dessine vos costumes? Et comment décidez-vous de ce que vous porterez sur scène ?

Joacim : (à Pontus) Comment choisis-tu, toi ?

Pontus : Moi, un string en cuir ! (rires) avec des piques !

Joacim : à l’intérieur !

Pontus : On travaille avec plusieurs designers. Bien sûr, nous avons des idées, chacun de nous ; Je travaille, Joacim aussi, avec un gars de Malmö, en Suède, qui nous aide à finaliser nos idées. A la base, les idées viennent de nous, plus ou moins. Même s’il s’agit de cuir. Nos costumes de scène sont individuels, mais partent d’une idée, plusieurs que l’on met en commun.

Metal-Eyes : Toujours, j’imagine, dans l’esprit visuel de ce qu’est Hammerfall?

Joacim : Oui, nous avons besoin de… On ne pourrait pas monter sur scène n’importe comment.

Metal-Eyes : Vous ne pourriez pas monter sur scène en string…

Joacim : Sous nos pantalons en cuir, oui! On doit trouver ce qui correspond à l’image de Hammerfall. Plus tu vieillis, plus délicat tu deviens… Je ne peux pas ressembler à quelqu’un qui va au carnaval !

Metal-Eyes : Certains l’ont fait…

Joacim : Et beaucoup se sont plantés… Dans le groupe, nous avons des personnalités très différentes. Oskar aime porter du cuir, des chaines et ce genre de choses, et ça marche pour lui. Si je portais ça, j’aurai l’air ridicule, parce que je suis un peu plus… disons bien habillé, version metal.

Metal-Eyes : Conventionnel, donc?

Joacim : Oui, c’est ça.

Metal-Eyes : Hammerfall dispose désormais de 10 albums dans lesquels choisir ses morceaux. Comment décidez-vous de votre setlist ?

Joacim : Autour d’un verre de champagne et de gants de boxe !

Metal-Eyes : Et celui qui gagne…

Joacim : Impose aux autres!

Metal-Eyes : J’imagine que pour votre plaisir, il faut renouveller les chansons, certaines doivent être jouées, parce que le public les attends. Comment choisissez vous les autres ?

Joacim : Parfois, tu dois faire des sacrifices. Pour moi, on se pose la question : allons-nous faire une tournée « greatest hits » ? Chaque tournée est un « greatest hits tour », car nous jouons au moins une chanson de chaque album, ou deux. Evidemment, nous mettons en avant le dernier album, avec deux chansons au début du concert, pour ensuite explorer les morceaux plus anciens, et le concert termine avec cette explosion de hits – si on a des hits…J’aime aussi surprendre le public comme sur la dernière tournée ou nous avons joué This enemy is necessary qui est un de nos gros succès. Elle a été jouée en seconde position, ce qui a fait délirer les gens. Maintenant, avec 10 albums, nous devons retirer quelques chansons, mais on doit rendre les gens contents, nous devons trouver de la satisfaction…

Pontus : et garder assez d’énergie sur l’ensemble du concert.

Joacim : Les gens doivent être surpris.

Metal-Eyes : Techniquement, y a-t-il des chansons que tu ne peux plus interpréter ? Et, pour tous les deux, y a-t-il des chansons que vous voudriez ne plus jouer car vous vous en lassez ?

Joacim : Je ne suis lassé d’aucune chanson. On a joué Hearts of fire tant de fois, mais, à chaque fois que nous la jouons, les fans deviennent dingues. Et cette réaction, ils chantent, dansent, c’est pour ça que nous avons écrit cette chanson. Et nous en sommes fiers !  Bien sûr, il y en a qui sont plus compliquées à interpréter live, comme celles avec un chant très haut. Elles pourraient me faire du mal vocalement, mais…

Metal-Eyes : Tu peux encore toutes les chanter aujourd’hui, donc ?

Joacim : Oui… Peut-être pas Sacred vow, en fait

Metal-Eyes : Pontus, ça fait moins longtemps que tu es dans le groupe, y a-il des chansons, auxquelles tu n’as pas participé, par exemple, que tu voudrais ne plus interpreter?

Pontus : Ca n’a pas d’importance… Je suis arrive dans le groupe en 2009, et, si je regarde les anciens titres… Il y en a tant! Et je ne crois pas que nous ayons tout interprété.

Joacim : Il y a encore des chansons qui n’ont pas été jouées live…

Metal-Eyes : Ca pourrait constituer une belle surprise pour le public…

Joacim : Oui, ça pourrait l’être. On en a parlé récemment, d’ailleurs…

Pontus : Jouer des morceaux que personne ne veut entendre !

Joacim : Exactement (rires) !

Metal-Eyes : Sans doute le public apprécierait-il de les entendre live aussi.

Pontus : Nous pourrions jouer n’importe quelle chanson live, aujourd’hui, sans probleme mais, comme nous l’vons dit, trouver une setlist signifie trouver le bon rythme, le bon équilibre. On ous reprochera toujours de n’avoir pas joué telle chanson, on nous demandera pourquoi telle autre n’a pas été jouée, et c’est normal : nous avons désormais presque… 120 chansons ! Le truc c’est de trouver… Je crois que nous avons surpris le public la dernière fois en jouant un medley, ce que nous n’avions jamais fait avant. Extraire de très bonnes parties de chansons que nous n’aurions pas le temps de jouer en entier…

Joacim : Et là, il s’agissait principalement d’un medley de riffs de guitars, sans chant, et le public, malgré tout, est devenenu dingue.

Pontus : Et ils ont pug outer des chansons impossible à jouer, ells durent 6, 7 minutes et ça bouffe trop  de temps. Il y a des obligations, un timing, et ce genre de choses. On verra ce que nous ferons pour la prochaine tournée. Peut-être ferons  quelque chose de similaire…

Joacim : Au moins, nous devons montrer que nous osons tenter quelque chose de neuf, live. On n’a pas besoin d’ajouter de la pyrotechnie, des explosions de gaz, il y a d’autres moyens d’innover pour un spectacle.

Metal-Eyes : Quand vous n’êtes pas en tournée, comment aimez-vous occupier votre temps?

Joacim :Boire du champagne, beaucoup de champagne! (rires)

Metal-Eyes : Celui-ci est ton champagne, c’est ça? (je désigne sa pinte de bière)

Pontus : (rires) Oui, c’est mon champagne!

Joacim : Un très mauvais champagne…. Je cours beaucoup, j’essaie de courir trois fois par sempaine pour rester en forme. J’ai vu mes amis, à l’age de 45 ans, grossir, vraiment… Avoir des problèmes  cardiaques, de cholestérol… ; J’ai décidé de m’assagir et de prendre soin de moi. Mais : j’adore le champagne et c’est devenu un nouveau hobby.

Metal-Eyes : (à Pontus, toujours en désignant sa bière) Et toi, comme le dissent les Américains, tu pourrais dire “Older, Budweiser”…

Pontus : Excatement, exactement. (rires)

Metal-Eyes : Qu’aimes-tu faire?

Pontus : Je suis un dingue de technologie, je m’occupe beaucoup de musique: je produis beaucoup, j’ai mon proper studio, je fais beaucoup d’enregistrements live en accompagnant d’autres groupes. Je suis dans le business tout le temps quand je suis  off. Lorsque je suis à la maison, je travaille avec des entreprises spécialisées dans le son…

Metal-Eyes : Une dernière chose: y-a-t-il des endroits dans Paris où vous aimez passer un peu de temps quand vous avez un peu de repos?

Joacim : On n’a jamais de pause quand on vient à Paris, malheureusement. J’aime marcher dans Paris, flaner, c’est une ville faite pour marcher. A chaque fois que je veux aller aux catacombes, c’est fermé ! Mais c’est un lieu que je veux vraiment visiter. J’aime marcher le long de la Seine, observer, c’est… superbe.

Pontus : Oui, Paris est une ville faite pour la marche, c’est vrai. On a vu Montmartre, mais n’avons jamais visité…

Joacim : Ah, si, j’adore les terrasses d’angles de Paris, c’est genial!

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les rend si particulières?

Joacim : Parce que ça n’existe pas en Suède! Tous les bars, petits restaurants avec ces terrasses en angles, ou même, ces tables intérieures qui te permettent d’observer deux côtés… On n’a pas ça en Suède. C’est limité, « non, non, non … »

Metal-Eyes : Merci à tous les deux. Avez-vous une dernière chose à dire pour nos lecteurs ?

Joacim : J’espère que vous aimerez le nouvel album. Dans le cas contraire…. « Shit happens ! » (rires). Non, comme je l’ai dit, nous sommes encore jeunes d’esprits et…

Pontus : … avons la chance de pouvoir continuer de faire ce que nous faisons.

Joacim : Mais jamais sans les fans !

Interview: KISSIN’ DYNAMITE

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Rencontre avec Hannes Braun (chant) et Andy Schnitzer (batterie) de Kissin’ Dynamite. Propos recueillis à Paris, le  1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Megalomania est sorti il y a moins de deux ans et vous revoici avec un nouvel album. D’où proviennent cette énergie et cette créativité ?

Hannes : La créativité peut provenir de partout… Tu es comme une antenne, tu écoutes attentivement, observes attentivement ce qu’il se passe et tu n’as pas besoin d’être trop réceptif à ce qui t’entoure tellement il se passe de choses, politiquement, les médias sociaux… On peut parler de mégalomanie. Tout ça se retrouve sur Generation goodbye en matière d’e thèmes et d’idées. Il n’a jamais été question de réaliser un concept album, bien que ça y ressemble. Il y a eu comme un fil rouge qui nous a traversés, et nous sommes très fiers du résultat qui est très organique. Pour la première fois , nous avons tout fait nous-mêmes, de la composition à la pochette, la production…

Andy : Je crois que si tu as le contrôle de ce que tu fais, si tu aimes ce que tu fais, ça te donne l’énergie, et tu paux encore mieux travailler. Si tu n’es pas satisfait de ce qu’il se passe, parce que quelqu’un a pris le contrôle, cette énergie disparait. Mais nous sommes vraiment contents du résultat.

Metal-Eyes : Comment décrirez-vous votre évolution depuis Megalomania, qui était déjà très bien accueilli ?

Hannes : Tout d’abord, Megalomania était très important à nos yeux parce qu’il nous a vraiment permis de comprendre nos limites en ce qui concerne ce que nous pouvons mélanger entre nos influences 80’s, d’où nous venons, et la musique moderne avec laquelle nous vivons. C’était un cheminement naturel. Pour trouver la balance, le juste équilibre, tu dois parfois pencher plus à droite, d’autres fois, plus à gauche jusqu’à trouver cet équilibre. Pour nous, je pense que cet équilibre est Generation goodbye, parce qu’il y a moins de sonorités électroniques. Il y en a encore, si tu écoutes Hastag your life ou  She came she saw, il y a des parties industrielles, mais plus aussi agressives, elles sont plus en arrière plan. La construction est plus organique…

Andy : Ca fait partie des morceaux, mais vraiment en fond, en soutien des chansons.

Metal-Eyes : Vous êtes revenus à quelque chose d’un peu plus rock’n’roll basique ?

Hannes : On peut dire ça, oui. Mais sans renier ce que nous avons fait avec Megalomania. Megalomania a été très important pour nous, Nous avons soudain joué dans des salles 5 fois plus grandes qu’avant, nous avons eu de plus nombreux fans… Certains de nos fans les plus anciens ont dit qu’ils ne pouvaient pas accepter ça, les plus conservateurs, et ça arrive. Mais ce qui est important à nos yeux est que nous ne cherchons jamais à satisfaire les attentes des fans. Si nous faisions cela, nous enregistrerions toujours le même album ! Les fans ne sont pas si ouverts que ça, ils veulent que leurs groupes préférés, ceux qu’ils aiment le plus, restent les mêmes, toujours –

Metal-Eyes : Il y a AC/DC pour ça !

Andy : Oui, mais AC/DC est comme ils sont. Nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui, mais nous ne pouvons en dire autant de notre passé, il y a 4 ans à peine.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle généralement « évolution ».

Hannes : Oui. Tu sais, on a une image, ce que j’appelle notre « boussole interne », ce qui te montre toujours la bonne direction. Il suffit d’observer, de sentir ce que cette boussole t’indique. Nous écrivons toujours nos chansons en tenant compte de ce que notre boussole nous indique pour combler au mieux NOS désirs. Le pire qui puisse arriver, c’est d’écrire une chanson pour les fans, chanson que nous n’aimons pas vraiment et que nous imaginons puisse leur plaire. Mais si tu n’aimes pas profondément ce que tu fais, tu peux être 100% certain que les gens ressentirons la même chose.

Andy : Tu ne peux pas toujours tout aimer, mais tu ne peux pas satisfaire tout le monde

Hannes : Tu peux seulement être juste envers toi-même. Si tu célèbres totalement ce que tu fais, si tu es à 200% dedans – et c’est mon cas, j’écoute en permanence notre CD dans la voiture, ce qui est bon signe, car si je n’en étais pas fier, je me cacherai – c’est ce qui peut t’arriver de mieux. Si tu aimes vraiment ce que tu fais, tu peux être certains qu’il y aura des gens pour l’apprécier aussi !

Metal-Eyes : Quelle est la signification du titre, Generation goodbye?

Andy : Cela reflète juste notre époque et notre génération… C’est devenu un sujet important à nos yeux, comme une ligne rouge pour cet album, qui au final traite du même thème. Notre génération, dispose de tant de possibilités aujourd’hui, en matière de médias, réseaux sociaux, streaming – en un clic, tu peux écouter des millions de chansons – Youtube, les avions, la mondialisation… Tout est possible, mais nous pensons que c’est trop pour nos cerveaux. Les gens ne sont pas plus heureux, mais ils sont plus nerveux, stressés, car ils voient toutes ces possibilités et pensent « mince, j’ai peut-être raté quelque chose… » Tu vois ce gars sur cette plage et tu te dis que cette plage est mieux que celle que tu as choisie…

Hannes : L’herbe est toujours plus verte chez le voisin…

Andy : Ce n’est pas bon, si cette technologie te rend nerveux… Nous rappelons simplement aux gens, avec cet album, ce qu’est la vie, Carpe diem, prenez votre temps, vivez le moment présent, on ne peut se trouver à deux endroits en même temps. Faites ce que vous faites à fond et ne cherchez pas à gagner de l’argent, de la célébrité, du pouvoir sur tout… C’est inutile, aveugle et stupide ! Dites simplement bonjour à la vie.

Metal-Eyes : Hannes, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, tu me disais que, généralement, on vous demandait si vous pensiez pouvoir faire mieux pour votre prochain album. J’inverserai donc la question en te demandant si tu es à 100% certain que Generation goodbye est meilleur que Megalomania ?

Hannes : oui, oui, sans l’ombre d’un doute, et voici pourquoi: Generation goodbye ne perd pas cet esprit accrocheur, cette énergie qui définit Kissin’ Dynamite. Il y a de grosses mélodies qui rentrent dedans, que lles gens chantent… Nous avons travaillé comme toujours, mais le feeling qui émane de ces chansons est tellement plus vrai, sincère que nous avons vraiment le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’important.

Andy : Nous voulons diffuser un message avec cet album, c’est volontaire. Avec les disques précédents aussi, mais c’était vraiment un objectif cette fois-ci, ce qui est cool pour un artiste, je pense.

Hannes : Et je ne pense pas qu’on puisse faire de la musique sans message. Je suis radical, oui. La musique est un art, et l’art devrait toujours porter un message. Nous avons composé des chansons avec un message dans le passé, mais pas aussi poussé, profond. Je pense qu’un message doit être transmis, pas simplement « quelque chose que le monde doit savoir » pas une simple pensée. Nous ne sommes bien sûr pas les seuls, et je crois que ce qui se passe dans le monde n’est pas équilibré, et il y a beaucoup de personnes qui le disent. Nous le faisons avec notre propre langage, celui de Kissin’ Dynamite.

Andy : Pour moi, le message n’est pas simplement compose des paroles, mais aussi par notre musique. Quand Hannes m’envoie ses idées musicales, il y a comme une vibration et je sais quel type de paroles je dois écrire pour coller à l’esprit.

Hannes : Andy et moi avons souvent des conversations philosophiques, ce que nous adorons. ET nous sommes tous deux à 100% convaincu que quoi que tu fasses dans ta vie sera meilleur si c’est sincère, authentique et si ça vient de manière organique, sans pression ou stress. Il faut sentir cette magie qui te fait avancer, qui fait glisser les choses naturellement. C’est pourquoi je crois vraiment que Generation goodbye est l’album le plus accrocheur et authentique, celui qui sera retenu de tout notre travail.

Metal-Eyes : Si vous deviez choisir, chacun, une chanson de Generation goodbye pour décrire ce qu’est aujourd’hui Kissin’ Dynamite, laquelle serait-ce?

Hannes : Ouh, c’est un décision difficile! Choisir un seul titre ? Tu sais, c’est comme une photo pleine de détails… Kissin’ Dynamite est toujours un groupe d’entertainement et notre message n’est pas négatif, nous ne disons pas que le monde est en feu que tout va mal, ne sortez plus jamais de votre chambre ! Nous sommes là pour dire aux gens que le monde actuel n’est pas équilibré mais que l’on peut s’en sortir, et nous sommes là pour leur montrer. En tout cas, avec nos moyens. Tout commence avec l’humain. Le monde ne brûle pas, il se fait brûler par les hommes. Je choisirais Generation goodbye, je ne sais pas pour toi, Andy ?

Andy : Oui, je choisirai le même morceau, pour ce que tu viens de dire, mais aussi parce que cet album est composé de ballades et de titres plus rentre-dedans et que Generation goodbye est un bon mix des deux. J’aime cette chanson, c’est une de mes préférées, car elle a cet esprit doux amer.

Hannes : Elle traite du fait, ce que nous vivons tous, de quitter ce que tu connais, et ce n’est pas facile de quitter ce qui n’a jamais changé, qui est devenu une habitude. Ça, c’est le côté amer, tandis que la douceur, c’est se dire que nous pouvons réaliser de nouvelles choses, meilleures, si l’on regarde ce qu’il y a au-delà de l’horizon, des villes, des murs. Avoir l’espoir de pouvoir commencer quelque chose de neuf, d’avoir le courage de ne pas accepter ce qui est tel que c’est. C’est un sujet totalement rock’n’roll. Ne pas accepter ce que tu es, ce qui est, si tu as le sentiment qu’il y a quelque chose de mieux.

Metal-Eyes : Vous êtes actuellement en voyage promo, et c’est le première fois pour toi, Andy. Trouvez-vous le temps de visiter les villes où vous vous arrêtez ?

Hannes : Non (rires) ! Mais nous sommes déjà venus 5 ou 6 fois à Paris, et nous avons pu voir la superbe tour Eiffel. Hier, nous allions en voiture à notre hôtel et nous avons pu apercevoir, rapidement l’Arc de Triomphe, style « oh, l’Arc de Triomphe… trop tard ! »  Mais malheureusement, nous ne faisons pas de tourisme… MAIS : nous allons au restaurant et mangeons fabuleusement bien !

Andy : Et on s’installe aux terrasse et regardons les femmes passer.

Hannes : Nous sommes toujours épatés par la beauté de femmes françaises ! Il y a tant de jambes !

Andy : Des jambes jusqu’au ciel…

Metal-Eyes : Bien que le temps ne soit pas le meilleur pour ça.

Hannes : Que se passe-t-il par beau temps ???

Metal-Eyes : Les tenues se raccourcissent! Kissin’ Dynamite est le titre d’une chanson d’AC/DC. Que pensez-vous des derniers événements dans la vie du groupe ?

Andy : J’ai toujours été un grand fan d’AC/DC et, d’un côté, ce qui s’est passé l’an dernier est dingue, et Generation goodbye aborde aussi ce thème, nos héros les plus anciens qui disparaissent… J’ai vraiment aimé le chant d’Axl qui m’a vraiment scotché, mais d’un autre côté, je suis triste parce qu’il n’y a plus Brian Johnson qui distille la joie de vivre. Il a toujours le sourire, je crois qu’il a toujours pris son pied avec AC/DC. Je crois qu’Axl est un bon musiciens, un bon chanteur, mais il n’est pas aussi heureux. Ce n’est pas ainsi que devrait être AC/DC.

Hannes : Je crois que tous les débats qu’il y a eu sur internet et les réseaux sociaux étaient inutiles, car qui sommes nous pour juger d’une décision que prend un groupe comme AC/DC? Nous sommes les fans, et, naturellement, les fans aiment leurs repères. Mais nous n’avons aucun droit de juger une décision. Nous pouvons la critiquer, oui, mais j’ai lu tant de choses « ils devraient arrêter plutôt que de monter sur scène avec ce gars ! »… En fait, j’ai été beaucoup plus attristé par la situation de Brian, qui m’a toujours semblé vivre pour le rock, être terre à terre, et il a un vrai problème de santé. On doit toujours prendre sérieusement ces soucis de santé. Jai été heureux il y a quelques semaines lorsque j’ai appris qu’il avait trouvé un spécialiste qui pourrait l’aider et qu’il pourrait revenir sur scène. J’espère qu’AC/DC le laissera revenir. Je suis jeune, et je n’ai jamais eu le sentiment que Brian Johnson était le « nouveau » chanteur d’AC/DC. Il a tété leur chanteur pendant 40 ans, il est LE chanteur d’AC/DC ! Je ne dis rien de mauvais au sujet d’Axl Rose qui a prouvé qu’il pouvait le faire…

Andy : Et je suis simplement content d’avoir pu voir AC/DC à plusieurs reprises, et si j’ai des enfants et des petits enfants, je pourrais leur raconter !

Interview: EPICA

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Rencontre avec Mark Jansen (Guitare) et Simone Simons (chant) (EPICA). Propos recueillis à Paris, le 1er juillet 2016

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Metal-Eyes : Nous n’allons pas revenir sur l’histoire d’Epica, simplement, je souhaite savoir ce qu’est Epica en 2016 ?

Mark : Pfou! Epica en 2016? C’est toujours un groupe de 6 personnes, comme nous l’étions à nos débuts, mais nous sommes aujourd’hui plus une « unité ». Quand je nous compare à notre passé, aujourd’hui, nous avons littéralement 5 compositeurs. 5 personnes qui contribuent, c’est plus un travail d’équipe que ça ne l’a jamais été. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’être effrayé si l’un d’entre nous est en manque d’inspiration : il y a 4 autres compositeurs.

Metal-Eyes : C’est un point de vue intéressant…

Mark : oui, mais souvent, dans un groupe, il y a un ou deux compositeurs, et tout repose sur eux. Pour notre nouvel album, tout le monde a contribué, c’est un effort collectif.

Metal-Eyes : En 2014, The quantum enigma avait été  présenté comme le résultat d’un travail collectif. Comment décrirais-tu la réalisation de The holographic principle en comparaison?

Mark : Plus encore que pour The quantum enigma, nous avons travaillé en tant que groupe. Nous sommes encore plus entrés dans les détails, les vrais instruments… Nous avons autant que possible évité les samples, les cuivres, les instruments à vent sont tous joués par des humains, et je pense que tu peux entendre la différence. L’enregistrement a aussi été assez intense car nous avions également des concerts à donner… Il y a des avantages et des inconvénients… Quand tu sors du studio pour jouer, tu te rafraichis les idées, mais d’un autre côté, c’est fatigant… Il nous faut trouver le juste équilibre entre les deux.

Metal-Eyes : Comment expliques-tu cette évolution dans l’investissement de chacun? Est-ce simplement dû au fait que le groupe se sent plus uni que jamasi ?

Mark : oui, mais c’est aussi une question d’opportunité. Je pourrais très bien ne pas autoriser les autres musiciens à composer, de nombreux groupes fonctionnent ainsi, mais d’une part les gens deviennent insatisfaits et ne sont plus motivés à faire partie du groupe, et, d’autre part, tu passes potentiellement à côté d’un très grand nombre de bonnes chansons. Alors, nous fonctionnons ainsi, ce qui motive tout le monde, chacun a envie de s’impliquer et nous avons une grande connexion avec l’album. Et on peut retenir les meilleures idées de chacun, n’avoir que le meilleur du meilleur ! Quand tu n’as qu’un gars qui écrit 13 titres, il y a toujours une récurrence.

Metal-Eyes : Comment comparerais-tu ce nouveau disque à The quantum enigma ?

Mark : Nous avons fait un pas en avant. Musicalement et littérairement. Comme je te l’ai dis, nous avons plus de vrais instruments, et nous avons donné plus de place aux guitares parce que nous pensons que ça rafraichit le son. Et il y a plein de choses intéressantes sur ce disque. C’est toujours plaisant de pouvoir écouter ce que tu joues. A chaque fois que tu veux mettre quelque chose en avant, c’est au détriment d’autre chose. Et il y a tant de pistes qui se conjuguent que tu ne peux pas tout distinguer d’un coup. Il faut toujours chercher le bon équilibre afin de ne pas léser tel ou tel effet…

Metal-Eyes : Ce qui signifie que si j’écoute l’album avec mon casque ou le tien, sur ma chaine ou une autre, j’entendrais des choses différentes à chaque fois ?

Mark : exactement, parce que tout ce matériel est différents, que le mix s’est fait avec tel matériel dont les réglages sont différents. Si tu écoutes ça  avec ces écouteurs bon marché de téléphone, tu perdras beaucoup.

Metal-Eyes : Parfois, tu peux découvrir des choses que tu n’avais pas entendues avant…

Mark : Oui, ça peut arriver aussi (rires). Certaines fréquences sont absentes, probablement, mais je suggère de ne pas les utiliser. Préférez une bonne chaine et un bon casque, c’est toujours préférable ! Notre album en profitera toujours !

Metal-Eyes : Une chose qui nécessite une explication est le titre de ce nouvel album: qu’est-ce que ce « principe holographique » ?

Mark : C’est une théorie dans la physique quantique qui traite du principe, très intéressant, que le monde entier pourrait être un hologramme. Cela me passionne vraiment, et nous sommes partis de cette théorie, prise au sérieux aujourd’hui par de nombreux scientifiques, même si ça parait étrange. Mais ça pourrait être vrai, et nous l’avons placé dans un concept, comme la réalité virtuelle, tu sais, tu mets un masque et tu te retrouves, avec d’autres, dans un monde virtuel. Tout le monde n’a pas encore testé ce principe, mais, un jour ou l’autre, tu revêtiras ce masque et tu pourras te trouver dans un monde comme celui-ci sans pouvoir faire la différence entre fiction et réalité. Te voilà allongé sur la plage, par exemple… Tout semble réel, et tu peux penser : « si tout semble réel, sans doute suis-je vraiment dans une réalité virtuelle ? Peut-être ne s’agit-il que d’une couche d’une réalité plus éloignée ». Les scientifiques étudient  la possibilité que ce soit réel, et possible. Ce qui nous effraierait sans doute, car cela remettrait en cause toutes nos certitudes. Mais d’un autre côté, c’est très excitant.

Metal-Eyes : Si tu devais choisir une chanson de The holographic principle pour decrier ce qu’est Epica aujourd’hui, quelle serait-elle ? Et c’est un album dont les chansons vont de 2’ à 11’, il y a une grande variété…

Mark : Oui, et c’est très difficile de choisir un morceau, mais je choisirais le morceau titre, qui résume bien l’ensemble. Tout ce que nous représentons, se que nous sommes se trouve dans ce morceau.

(Simone nous rejoint à ce moment)

Simone : Bonjour, ravie de te rencontrer…

Metal-Eyes : Je suis ravi aussi ! Nous parlions de votre album, et je te pose donc la même question : quelle chansons choisirais-tu pour décrire ce qu’est Epica aujourd’hui ?

Simone : Je pense que c’est la même : The holographic principle, mélangée avec Universal deat squad. The holographic principle contient le son traditionnel d’Epica, mêlé aux nouveaux riffs de guitare, un résumé de l’ensemble de l’album, dans un esprit très cinématographique.

Metal-Eyes : Epica est aussi un groupe de scène. Vous avez joué à Paris à de nombreuses reprises, mais vous allez vous produire pour la première fois au Zénith, qui est quatre fois plus grand que la plus grande salle où vous ayez joué à Paris. Qu’est-ce qui vous a poussés à vouloir évoluer à ce point ?

Mark : La démence ! (rires)

Simone : oui ! Je crois que nous avons, à Paris, évolué à chacun de nos passages. La famille française grandit rapidement et avec cet album nous avons voulu faire un pas de plus. Nous avons besoin, d’un point de vue scénique, production, de plus d’espace afin d’atteindre cet objectif. Les fans peuvent venir avec leur famille au complet car nous disposons maintenant de suffisamment de place pour accueillir tout le monde.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que le spectacle sera plus gros que jamais ?

Simone : oui.

Metal-Eyes : Y aura-t-il des éléments de surprise que vous pouvez révéler ou pas encore ?

Simone : Nous avons un nouveau prototype d’éclairages, qui ne sont pas encore sur le marché mais que nous avons déjà utilisé pour les sessions photos et vidéo et qui s’intègre parfaitement dans le thème du principe holographique.

Metal-Eyes : Comment s’est montée cette affiche commune avec Powerwolf ? Car il s’agit de deux univers musicaux totalement différents. Ne craignez-vous pas que les fans de Powerwolf quittent la salle après leur concert ?

Mark : Nous avons décidé de cette affiche parce que Powerwolf est gros dans des pays où nous sommes moins importants, et, inversement, nous sommes gros dans certains pays, comme la France, où Powerwolf est encore relativement méconnu. Il y a toujours le risque que les gens partent avant la tête d’affiche. Parfois c’est nous, d’autre, Powerwolf. Dans l’ensemble, nous aurons le public le plus important, mais il y aura malgré tout de nombreux fans de chaque groupe qui regarderont les autres, et c’est pour cetet raison que nous avons choisi cette combinaison. S’il y a deux groupes similaires, il y a le même type de public, or nous voulions vraiment réaliser un pont afin de jouer dans des salles plus importantes. C’est ce qui rend possible le fait de jouer au Zénith, ce qui n’était auparavant qu’un rêve irréaliste.

Metal-Eyes : Comment décidez-vous quelles nouvelles chansons seront incluses à la setlist ?S’agit-il d’une réflexion du groupe, y a-t-il certaines chansons que vous êtes persuadés devoir jouer, d’autres qui n’ont pas leur place…

Mark : Certaines chansons, comme Universal death squad… Je n’imagine pas ne pas les jouer ! Il y a en effet certains titres que tu sais devoir inclure et d’autres dont nous parlons. Nous testons chacune, toutes seront jouées, j’en suis sûr. Certaines passeront très bien, nous les garderons, d’autres ne nous apporterons pas la satisfaction que nous recherchons. Alors nous ne gardons que les meilleures chansons pour le concert.

Simone : Et elles doivent aussi trouver leur place aux côtés des chansons plus anciennes. Sur un concert de deux heures, il faut que la « courbe d’attention » soit juste. Parfois, nous interprétons deux titres qui sont connectés avant de parler au public, puis passons à autre chose. La connexion doit fonctionner. Nous avons nos morceaux préférés – et chaque membre du groupe à ses chansons préférées aussi, donc nous devons en parler – nous demandons aussi à nos fans ce qu’ils souhaitent entendre et combinons au mieux l’ensemble.

Metal-Eyes : Lorsque vous venez à Paris, pour un concert ou de la promo, y a-t-il un endroit où vous aimez vous rendre ?

Mark : Oui ! Le Sacré-Cœur. J’y vais à chaque fois, et aujourd’hui, nous sommes vraiment à côté. Lorsque nous sommes arrivés hier soir, je m’y suis rendu, j’ai admiré la vue, je suis entré dans l’église, j’ai pris un verre à une terrasse … J’adore cet endroit !

Simone : J’aime aussi me promener dans ce secteur, du côté de l’Elysée Montmartre où nous avons joué plusieurs fois.

Metal-Eyes : Qui rouvre à la fin de l’année…

Simone : oui, et c’est une excellente nouvelle. J’étais vraiment attristée lorsque j’ai appris qu’il avait été détruit par un incendie. J’aime aussi le Louvre où je suis allée deux fois… Je suis aussi venue à Paris en touriste, pas seulement pour le travail. J’y ai des amis, et j’adore la cuisine française. J’aime les douceurs culinaires, et je fais ma pâtisserie moi-même…

Metal-Eyes : Je prévois d’aller avec mon épouse aux Pays-bas où nous ne sommes jamais allés. Où devrions nous aller, que devrions nous aller voir et ou devrions nous dîner ?

Mark : Ça dépend de ce que vous aimez: plutôt ville ou campagne ?

Metal-Eyes : Peu importe, nous sommes curieux de tout!

Mark : Tout? Alors il y a une très belle région pour la nature, dans l’Est de la Hollande. Mais je te conseille Maastricht qui est la « perle du sud ». C’est une très belle ville, surtout si tu y vas en été. Tu peux très bien y manger, si tu es gourmet, tu dois te laisser tenter par la Burgunian Dutch kitchen de Maastricht. C’est une ville très mignone, avec une ambiance très sympa. Amsterdam, tout le monde y va…

Simone : Si tu aimes les musées, il faut aller voir le Plura Dutch musea (NdMP : je crois…) qui est fabuleux. Amsterdam est culturellement internationale, mais nous avons également une vraie culture locale. Il y a partout des maisons typiques, dans tous les centre-ville, tu trouveras ces maisons hautes et rapprochées. Je dirais qu’Amstredam et Maastricht sont incontournables. Aussi, je pense que Zealand est intéressante… il y a beaucoup à voir§ et dans le sud, d’où nous sommes tous originaires, il y a plus de relief. Et il y a la frontière des trois pays : Pays-Bas, Belgique et Allemagne.

Mark : Si tu aimes le vélo, il y a de bons circuits, cyclables et pédestres… Très beau et sympa.

Simone : Et si tu aimes les parcs à thèmes, tu peux aller au Efteling, pas trop américanisé, il est resté très hollandais. Ça a commencé comme une forêt féerique, et ils l’ont agrandi régulièrement.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour tout ces conseils, je vous en reparlerais la prochaine fois que nous nous rencontrons !

 

Interview: SABATON

Rencontre avec Joakim BRODEN (chant). Propos recueillis à 23 juin 2016, à Paris

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Metal-Eyes : Merci de recevoir Metal Eyes. Avant de commencer, et je suis certain qu’on t’a déjà demandé cela à plusieurs reprises, tu dois me donner tes impressions concernant votre dernier concert parisien ;

Joakim : Oh, le premier mot qui me vienne à l’esprit est « mouillé ». Très très mouillé ! Mais je dois sincèrement remercier toutes les personnes qui étaient présentes, je ne sais pas s’il n’y avait que des Français ou pas, mais j’étais vraiment impressionné. Juste avant notre show, l’enfer s’est déchaîné, comme on dit. Il pleuvait tant… On a joué en tête d’affiche au Sweeden rock la veille, un gros événement, pour nous, la tête d’affiche du samedi, là où, d’habitude, on trouve Aerosmith et Kiss, tu vois ? C’était un jour particulier: il y avait une grève. Les  pilotes d’Air France et de SAS étaient en grève, nos vols sont annulés. Alors nous voilà, on dort 2 heures et demie, prenons un vol pour Copenhague, puis Francfort, où notre avion est retardé parce qu’il y avait 150 supporters irlandais qui hurlaient. On arrive à Paris… Je crois que nous sommes arrivés sur le site du festival deux heures avant le show. Le vent commence à emporter le Backdrop, la pluie se met à tomber… Dingue. Je suis monté sur scène, on nous a demandé de repousser le matériel pour qu’il ne soit pas abîmé, ce que nous avons refusé. En festival, le public est déjà si éloigné… deux micros sont morts, un moniteur, à cause de la pluie, le micro de Thobbes a dû être changé 3 fois, mais je m’en foutais… Honnêtement, je ne peux que dire que même dans les pires des circonstances, le public du Download a été bien meilleur que celui du Sweeden rock alors qu’il faisait un temps radieux. Merci, vraiment. Je pensais que ce concert serait désastreux et en réalité, c’est un de ces moments dont je me souviendrais très longtemps !

Metal-Eyes : Moi aussi. J’étais avec les photographes et nous n’avons pas tenu plus d’une chanson ! On est tous allé mettre notre matériel à l’abri. Et revenus pour voir le concert quand même ! Parlons de votre album, The last stand. Il s’agit de votre neuvième album studio qui sortira le 16 août. C’est le second album, avec Heroes, avec ce line-up. Est-ce que les membres les plus récents du groupe ont pris une part plus importante dans la composition de ce disque ?

Joakim : Oui, je pense même que c’est la première fois, dans l’histoire de Sabaton, que tous les membres ont été impliqués, d’une manière ou d’une autre. Musicalement ou textuellement, ce qui me plait. Sur Heroes, Thobbe a composé une chanson avec moi, et j’en ai fait une autre avec Hannes. Pour The last stand, tout le monde a participé, même si Pär et moi avons écrit la plupart des textes. Nous sommes les geeks de l’histoire, je crois (rires).

Metal-Eyes : Ça, on le sait ! Sur Heroes, vous traitiez principalement de personnages inconnus qui ont été héroïques. De quoi parlez-vous cette fois ?

Joakim : C’est un album différent… Normalement, nous traitons des guerres contemporaines. Sauf pour Carolus Rex, bien sûr, qui traitait de l’empire suédois. Là, nous avons diversifié les choses, musicalement et dans les paroles. Nous avons composé sur les spartes, 400 ans avant Jésus Christ. Puis nous nous rendons en Asie, en Afrique pour terminer en Afghanistan, avec la guerre entre les soviétiques et les Afghans, en 1988. Nous avons bougé d’un point de vue géographique et temporel. Nous avons trouvé intéressant le fait que ce qui relie ces gens, c’est la dernière bataille. Rien de neuf, en réalité, les choses ne font que se répéter. Les gens me demandent souvent ce que je pense du monde actuel. Rien n’a vraiment changé, n’est-ce pas ? on a l’impression que c’est nouveau et spécial parce que nous vivons cette époque, mais en réalité, je ne crois pas. La seule chose que l’on puisse apprendre de l’Histoire, c’est que l’être humain n’apprend rien de l’Histoire.

Metal-Eyes : Au-delà des textes, comment décrirais-tu l’évolution musicale de Sabaton?

Joakim : Notre musique incorpore plus de variations que d’habitude. Rien de dingue, mais il y a certaines choses qui se démarquent. Par exemple, nous avons inclus de la cornemuse, de l’orgue Hammond, une rencontre entre Sabaton et Deep Purple, quelque chose comme ça… Et nous jouons un titre en majeur, pas en mineur, ce que nous n’avions jamais fait avant. Il y a un morceau sur lequel les chœurs sont plus grands que jamais, un autre sur lequel les guitares sont… « anonymes », elles disparaissent et réapparaissent, il n’y a pas de batterie sur ce titre. Ce que l’on croit être une batterie est en réalité une mitrailleuse de 50 mm, la caisse claire est un pistolet de 9 mm, et la charleston, une baïonnette… Cette chanson traite de la première guerre mondiale. Il y a quelques petits trucs à découvrir. Les gens qui ont écouté l’album le décrivent comme un grand 8 : il y a des chansons qui sont typiques de Sabaton, mais tu ne sais pas quand elles arrivent. J’espère que ça maintiendra l’intérêt de l’auditeur.

Metal-Eyes : J’imagine qu’il y a une volonté de vous renouveler. Cependant, dirais-tu que les nouveaux membres de Sabaton ont contribué à ce renouveau ?

Joakim : en partie, oui. Je pense que c’est valable pour nous tous. Quand nous avons fait Heroes, il nous fallait nous prouver, ainsi qu’à notre public, que Sabaton était toujours Sabaton. Nous nous sommes forcé à rester dans un certain schéma, pas dans le mauvais sens, naturellement. Heroes a démontré que nous sommes nous-même. Maintenant, nous avons aussi pu nous libérer. Musicalement, j’entends que Hennes est plus libre en tant que batteur, qu’il peut développer son identité, son style, pareil à la guitare. On reconnait facilement Thobbe, qui a une approche plus bluesy, plus rock, tandis que Chris a cette technique explosive. Ils peuvent donc se libérer, et s’épanouir en tant que musiciens, et ne pas être seulement se limiter à un format Sabaton.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de The last stand pour décrire ce qu’est Sabaton aujourd’hui, ce serait laquelle ?

Joakim : Oh, oh… question piège !

Metal-Eyes : J’en ai quelques-unes…

Joakim : C’est bien, je n’ai pas à répondre aux mêmes questions tout le temps, merci ! Sabaton aujourd’hui ???Peut-être Winged hussards, parce que tu peux entendre des éléments typiques de Sabaton ainsi que de nouvelles choses, qui nous font grandir. Il y a 5 mélodies différentes qui s’entremêlent, et tout ça se marie parfaitement. Chris joue un super solo de guitare, on y développe de nouvelles techniques, des choses que nous n’aurions pu faire sans les nouveaux membres.

Metal-Eyes : Vous allez tourner début 2017, avec Accept en première partie. Comment avez-vous monté cette affiche ?

Joakim : Ils nous ont accueillis sur leur tournée américaine en 2011. Nous avons eu la chance d’ouvrir pour eux – je pense qu’en Amérique, nous continuerions d’ouvrir pour Accept. Et nous avons toujours parlé de retourner ensemble. D’un point de vue personnel, j’adore ces gars, et musicalement, il n’y pas beaucoup de groupes de cette époque – Iron Maiden, Scorpions – qui continuent de proposer de bons albums. C’est dommage que les gens ne veuillent pas écouter les derniers Scorpions, d’ailleurs. Mais il y a peu de groupes de cette période qui continuent d’offrir de la bonne musique et de bons shows. Je crois que c’est cool de tourner avec Accept. Ça fait drôle de se dire qu’ils font la première partie du groupe qui a ouvert pour eux. Intellectuellement, je comprends la raison. En Europe, nous sommes gros en termes de ventes. Émotionnellement, c’est plus compliqué à accepter parce que j’ai grandi avec Balls to the wall et Metal heart. Mais je pense que tout le monde en sortira gagnant, car ils donnent de bons concerts. Ça va nous mettre la pression et nous devrons travailler plus encore. Tout le monde sera gagnant. Nous allons devenir meilleur, eux aussi et le public sera gâté.

Metal-Eyes : Votre tournée s’intitule The last tour, mais j’imagine que c’est lié au titre de l’album et que vous ne prenez pas votre retraite…

Joakim : Non, pas du tout, même s’il y a un côté blague avec ce Last tour : si nous voulons avoir la plus longue tournée d’adieu, autant commencer maintenant ! Status Quo a fait sa tournée d’adieux en 1984…

Metal-Eyes :J’y ai assisté. Et je les ai revus un certain nombre de fois après ça…

Joakim : Alors si nous voulons remporter le titre de plus longue tournée d’adieux, c’est maintenant. Si on se projette dans 34 ans, non… Je ne crois pas qu’on tiendra aussi longtemps. Ils vont gagner ! Mais on peut se projeter dans 20 ans et se dire qu’on aura tenu deux décennies !

Metal-Eyes : Vous allez jouer à l’Olympia. Tu connais déjà les lieux ?

Joakim : Oui, de réputation, je n’y suis jamais allé. J’aime ces endroits qui ont une histoire, tous ces groupes qui y ont joué. C’est toujours sympa de jouer dans ces salles. Il en reste quelques-unes , à Stockholm il a cette salle avec une photo de Jimi Hendrix, en France, il semble qu’il en reste quelques-unes, en Angleterre aussi, du côté de Cambridge…Mais il n’en reste pas tant que ça.

Metal-Eyes : Lorsque tu viens à Paris, y a t-il un endroit où tu aimes te rendre avant ou après un concert ?

Joakim : En fait, il y a plusieurs endroits que j’aimerai visiter. Mais je n’ai pas eu le temps de le faire. Nous venons pour le travail, on fait des interviews, on monte dans un taxi… Je me souviens de la première fois que nous sommes venus. Le problème, quand tu débute, c’est que tu bois tant que tu ne te souviens plus de ce que tu as vu…C’est étrange, je suis allé à Londres une dizaine de fois, sans rien voir… j’ai vu la tour Eiffel à Paris, quand j’étais plus jeune, en vacances avec mes parents. Mais je n’ai toujours pas visité Notre-Dame, le Louvre, le musée des Invalides… C’est un des endroits que je veux vraiment visiter. J’imagine qu’il doit y avoir des choses intéressantes de l’époque napoléonienne que tu ne peux voir ailleurs. Des musées militaires, tu peux me croire, nous en avons visité beaucoup ! Mais j’adorerai visiter celui des Invalides. Je pense revenir, à titre privé, dans le courant de l’année prochaine, avec mon épouse qui n’est jamais venue ici. Je n’aime pas la circulation dans cette ville, c’est une vraie merde ! De la bonne nourriture et du bon vin, oui. Mais je viendrai quand nous n’aurons pas de concerts, pas de promo, et pouvoir simplement en profiter !