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Difficile choix qu’un concert parisien en ce 15 octobre, entre Larkin Poe à l’Olympia, Pain et Ensiferum à la Machine du Moulin Rouge et Soen à l’Elsée Montmartre… Ce sera Soen, d’autant plus que je découvre tardivement que les Suédois sont accompagnés sur cette tournée par Molybaron – que j’avais malheureusement ratés au Hellfest 2022 – et les Italiens de Terra que je découvre aujourd’hui.
Avec un tel choix, il n’est guère étonnant que l’Elysée Montmartre n’affiche pas complet ce soir -d’autant plus que, au delà des concerts, un certain quart de finale attire du monde… Et pourtant, l’affiche est aussi prometteuse que variée.

A 19h15, Terra investit la scène. Au centre, la batterie est entourée de deux toms devant lesquels son disposés des micros. Une intro atmosphérique accompagnent chacun des musicien qui se met en place puis le groupe attaque avec une intro frappée. Les peaux, rien que les peaux, donnent le ton: un univers tribal. Puis retentissent guitares et basse.

Le batteur est également le chanteur du groupe. Son chant m’évoque parfois Peter Gabriel mais il est parfois – souvent – presque faux. Dommage parce que la musique cherche l’originalité avec l’apport de flutes, djembé qui viennent compléter les autres percussions.

Terra propose donc une musique écolo, tribale avec quelques fulgurances heavy. Avant de conclure, le chanteur, tout sourire, lance un « Give me a scream for Molybaron! » que lui donne volontiers le public, suivi d’un « Give me a scream for Soen! » qui reçoit un écho plus grand encore. Le set se termine au rythme des percussions tribales qui reçoivent une ovation du public.

Quelques minutes suffisent pour changer le plateau. Molybaron semble ce soir très attendu par un public impatient. D’autant que, ce soir, le public parisien va faire connaissance avec Florian Soum qui remplace le démissionnaire Steve André qui avait pourtant participé aux tous débuts du groupe. Les plus assidus des fans savent déjà ce dont est capable Florian qui a enregistré Something ominious, le dernier album en date de Molybaron. Mais que donne-t-il scéniquement?

C’est simple… Dès son arrivée sur les planches, Molybaron prend le public à la gorge. Le nouveau venu s’impose avec force, allant chercher le public, le dominant du haut des plateformes en devant de scène. Gary Kelly, chanteur guitariste fondateur du groupe, est très en voix. Et il en veut. Et la rythmique n’est pas en reste: Sébastien de Saint-Angel fait ronfler sa basse et affiche une complicité de tous les instants avec Florian tandis que, derrière ses fûts, Camille Greneron martèle comme un diable avec une précision redoutable.

Le groupe est à l’unisson, Gary communiquant aisément avec le public, dans un français très limité au début précisant qu’il a atteint les limite de sa maitrise du français… Dommage pour quelqu’un qui réside dans le pays de Voltaire, mais le public le suit. Après Breakdown, par exemple, il précise « qu’il s’agit du 19ème concert de la tournée. Notre boulot principal, c’est de chauffer cette scène pour le mythique Soen. Est-ce que vous êtes chauds? Voici Lucifer! »

Le concert se termine avec Vampires, titre après lequel Gary remercie « Terra ainsi que les gars au son et aux lights », et Incognito, titre qui ne convient pas au stand de merch du groupe, les musiciens passant tout le concert de Soen à signer disques et CD et se faire prendre en photo avec les fans. Superbe concert d’un groupe qui doit franchir un nouveau cap!

La batterie de Martin Lopez est installée côté jardin – à gauche de la scène vue du public, donc – une estrade de l’autre côté avec de discrets claviers. Soen arrive sous une ovation du public et attaque son set avec Sincere. incontestablement, la scène de L’Élysée Montmartre convient mieux aux Suédois que celle de la Maroquinerie où le groupe est passé en septembre 2022. Ce soir, les musiciens sont à leur aise et offre un concert exemplaire de bout en bout.

Si Molybaron fut brut de décoffrage, Soen propose un concert d’une élégance et d’un raffinement sans pareil. Deux termes sans doute étonnants pour un groupe de metal mais qui sont particulièrement adapté sce soir. Joel Ekelhöf est vêtu d’une veste de smoking, se déplace avec douceur et tranquillité, tout en allant chercher le public, toujours avec sourire et bienveillance.

Il n’a pas à chercher bien loin puisque dès le second morceau, Martyrs, il incite le public à sauter avec lui. Puis la setlist se déroule sans temps mort ni accroc, faisant naturellement la part belle au dernier album en date, ravissant le millier de personnes présentes ce soir.

Non seulement la setlist est elle impeccable, mais également le light show, chaleureux et plein d’effets guerriers ou romantiques. Les chansons sont aussi joliment mises en lumière qu’en son, lui aussi excellent.
Joel communique facilement avec le public et apporte une précision après Unbreakable, nouveau titre déjà dans le coeur des fans qui le reprennent en chœur : « cette chanson vient d’être bannie en Iran. Alors, on sait qu’on fait quelque chose de bien. Liberté pour les femmes! » avant d’enchainer avec Deceiver. Ce n’est pas la seule fois que Joel intervient sur un sujet iranien, d’ailleurs puisqu’il dédie Illusion à Masha Amini, cette jeune étudiante assassinée par la police iranienne pour avoir « mal » porté le voile…

Modesty et Lotus viennent clore cette première partie du concert avant que Soen ne revienne pour le rappel. Ce dernier débute avec Antagonist suivi d’un titre choisi par le public. Le « vote » désigne Lunacy comme vainqueur de la soirée qui se conclue avec le pas si violent Violence.

Si Soen luttait contre la chaleur au Hellfest (cf. interview à venir), le groupe a ce soir, en salle, été exemplaire, simple et direct à la fois. Soen a offert un très beau concert à son public qui quitte l’Élysée Montmartre le sourire aux lèvres. Une très belle soirée, merci!

Merci à Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible
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Si le set tabasse autant qu’il cherche du côté du hip-hop, si les musiciens faire valoir masqués sont en place, et s’il en faut pour tous les goûts, ben… l’ensemble me laisse froid. Tout est si calculé qu’il ne reste pas de place à l’humain… Le public est cependant plus que réceptif aux Baby metal death, Pa pa ya! ou soit disant marrant Gimme chocolate. Le trio termine avec Road to resistance avant de saluer – ah, ces voix stridentes… – le public avec un « Arrreee you reeaaadyyy for Sabaaatoonn? » qui recueille une naturelle et fervente approbation. Les musiciens sont déjà partis, les jeunes filles quittent la scène à la queue leu leu.
















Suède, Heavy metal/Death mélodique (Metal blade, 2022)
Suède, heavy metal (Nuclear Blast, 2022)
On en aura lues des choses sur cet Impera, nouvel album de Ghost… « Déjà vu », « du réchauffé », « Sans doute le moins bon album du groupe »… Ok, soit, oui, mais… Ghost c’est le projet de Tobias Forge qui après avoir viré ses Nameless Ghouls de musiciens fait appel à une nouvelle équipe tout autant masquée. Il est et reste le seul maitre à penser de Ghost et, en tant que tel, sait parfaitement où il veut aller. Il flirte ainsi avec tout type de public, amateur de metal autant que de pop, et surtout, il envisage sa musique autour d’un visuel qui, lui, se renouvelle. Imperia voit disparaitre Cardinal Copia, apparu sur le prequel que fut… Prequelle en 2018. Papa Emeritus IV est définitivement plus moderne dans son look, débarrassé d’artifices et de tenues le gênant dans ses déplacements. Si musicalement Impera ne surprend guère, force est de le reconnaitre, le recette s’avère cependant rapidement efficace, voire addictive. Variant les rythmes et les ambiances, passant d’un rock entrainant à une pop légèrement acidulée ou un heavy plus sombre et inquiétant, Ghost parvient à capter l’auditeur même si, de prime abord, rien ne se retient aussi facilement que certains classiques. Pourtant, les Hunters moon, Spillways, Twenties sont taillés pour faire bouger – et c’est sans nul doute ce qui se passera en ce lundi pascal à l’Acccor Hotel Arena et sur le reste de la tournée de Ghost. Darkness at the heart of my love passe par le cap « inquiétant et oppressant » avant qu’on ne retrouve ces rythmes rock efficaces. Même si l’on n’est guère surpris, Ghost parvient encore à composer des morceaux efficaces, bien que17 les plus anciens fans attendent le retour de cet esprit subversif et metal du groupe. Un album en demi teinte qui prendra sans aucun doute une autre dimension en live.
Hard rock, Suède (Mascot, 2021)
Suède, Progressif (Silver Lining, 2020)