SUICIDAL TENDENCIES: World gone mad

suicidal_tendencies-world_gone_madCrossover, USA (Suicidal records, 2016)

Sans jamais avoir été fan, Suicidal Tendencies semble avoir toujours, en tout cas depuis de nombreuses années, voulu m’accompagner. Impossible de passer à côté même si… Alors pensez bien qu’un nouvel album qui arrive est à prendre comme un petit happening. World gone mad fait en plus partie de ces claques qu’on a envie de se reprendre dans la face. Comment cela se fait-il? Qui est ST aujourd’hui? Mike Muir, indéboulonnable, bien sûr, s’est adjoint les services d’un certain Dave Lombardo aux baguettes. Crossover entre la folie de Muir et le thrash de Slayer? Parfaitement compatible! Et que dire du bassiste Ra « Chile » Diaz qui semble tout droit sorti des bermudas de Robert Trujillo (désormais membre à part entière de Metallica, faut-il le rappeler?)? Le résultat est une nouvelle analyse acerbe d’une société qui part en vrille (New degeneration, World gone mad). La fureur du metal cède souvent le pas à la débauche punkisante, Muir se permettant des effets vocaux parfois surprenants. Sans doute cette impression est-elle le fait d’une production minimaliste, qui, au final, colle plutôt bien à l’esprit général de l’album, véritable dénonciation d’un monde parti en vrille. Alors, oui, Mike Muir est le seul membre d’origine encore en place, non, on ne compte plus le nombre de musiciens passés au sein de la formation à géométrie plus que variable, mais la rage, la colère et hargne sont toujours là. Suicidal est en forme, l’album précédent, 13 (2013), marquant le retour après une absence de 13 ans, le laissait déjà entendre. World gone mad vient confirmer ce sentiment et l’on attend désormais de retrouver ST sur scène pour vérifier si la forme physique est à l’identique!

Note: 8/10

Titre que je retiens: World gone mad

Yann ARMELLINO & El BUTCHO: Better way

avec-cd-nab-1616-yann-armellino-el-butcho-better-wayHard rock, France (Note a Bene, 2016)

Ils se sont rencontrés en 2013, lors de la cinquième édition du Paris Metal France Festival. Ils sont restés en contact depuis et ont décidé de nous faire un petit, ensemble. Yann Armellino, un des trop rares guitar heroes français, musicien émérite et fin technicien, auteur de plusieurs albums solo ou accompagné (il s’est déjà associé au chanteur Chris Caron pour l’album Gimme the sound), et El Butcho, la voix de Watcha – son groupe le plus reconnu mais qui fait partie d’un passé révolu – et de Hellektrokuters et du groupe de reprises Showtime, se retrouvent autour d’une commune passion pour le blues et le hard rock catchy et pêchu. Ce petit, il se nomme Better way, est composé de 13 titres (dont deux instrumentaux) qui, tous, nous entraînent sur une route parsemée de riffs accrocheurs, de mélodies efficaces et rentre dedans. Le morceau titre donne le ton: du rock, du blues, un anglais parfaitement maîtrisé, et, surtout, pas de prise de tête. On retrouve tout au long des 11 chansons, une variété musicale et une vraie personnalité d’où transparaissent aussi tous ces artistes qui ont inspiré, influencé nos deux compères: la classe guitaristique d’un Eddie Van Halen et son taping (Hellcome baby) ou le jeu tout aussi technique qu’aérien d’un Joe Satriani (Soldier of rain), le rock direct d’un AC/DC (Desert song) ou le fun et l’esprit glam de toute cette vague hair metal / hard glam US des 80’s (Selfish goAnother day). Il y a même une touche de folie destructrice, une puissance explosive par instants, comme sur Hellcome baby, encore ou, au contraire, un peu plus de douceur sur Inner strives et The train L’album se conclue par deux « indispensables » instrumentaux – qu’auraient pensé les fans de Yann si l’album n’en contenait pas? – Suits revisited et le rugueux Road to the core. S’il y a parfois quelques approximations (volontaires?) Better way est le résultat efficace d’une union artistique qui devrait enchanter les amateurs de rock simple, brut, direct. Une réussite qui, je l’espère, sera reconnue du grand public.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Better way

Interview: RAVENEYE

Entretien avec Oli (chant, guitare), Aron (basse) et Adam (batterie) de RavenEye. Propos recueillis à Paris (La Flèche d’Or) le 3 octobre 2016

C’est au Hellfest que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. RavenEye fait partie de ces jeunes formations inspirées par les 70’s au talent très prometteur. C’est à l’occasion de leur passage à Paris avec ouverture du concert de Zodiac (cf. le live report du concert) que nous avons retrouvé les anglais, détendus et heureux d’être là.

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Metal-Eyes : Comment allez-vous depuis le Hellfest?

Oli : Super bien! Ça a été assez dingue, tout ce qu’il s’est passé… l’album est sorti. On attendait qu’il sorte avec impatience. Il était déjà prêt lors du Hellfest et, en fait, ça a été notre principal sujet de conversation : comment on veut le sortir, quand… Notre sujet principal, même depuis que nous avons pris la route avec Zodiac.

Metal-Eyes : L’album est maintenant sorti. Que m’en diriez-vous pour me convaincre de l’acheter ?

Oli : Tu aimes la bonne musique ? (Rire général) Si tu veux simplement écouter un album de classic rock, eh bien, il s’agit de trois musiciens qui jouent, sans trop en faire. C’est un disque honnête, avec plein de choses différentes. On voyage beaucoup, il y a beaucoup d’histoires… Je pense que, en tant que groupe, nous devons avoir une identité. Nous n’avons aucune envie d’avoir, sur un même album, 5 chansons qui sonnent comme des hits. Chaque chanson a sa propre identité et c’est un choix. C’est un voyage que tu dois faire du début à la fin. Tu sais, nos albums préférés sont des disques comme SuperNine, des invitations au voyage.

Metal-Eyes : Quelque chose à ajouter?

Aron : Tout ce qu’il a dit…

Adam : Je suis d’accord. Un voyage musical.

Metal-Eyes : Notre rapide rencontre au Hellfest ne nous a pas vraiment permis de beaucoup discuter. Pouvez-vous me dire quelle est votre parcours musical ?Y avait-il de la musique chez vous, vos parents étaient-ils musiciens ?

Oli : Mon père a toujours joué de la guitare lorsque j’étais enfant, mais je n’ai jamais vraiment accroché. Ça me fatigait d’en jouer à l’époque (rires) ! Il fallait toujours rentrer tard des cours… Et j’ai découvert Hendrix, celui qui m’a vraiment  donné envie. J’ai commencé à jouer du Hendrix à 12 ans et depuis… je n’ai jamais arrété de jouer. Je dois vraiment le remercier.

Metal-Eyes : Tu as eu le soutien de tes parents ?

Oli : Oui, totalement, ils m’ont toujours soutenu, ils ont été extraordinaires.

Aron : J’ai commecé assez jeune, à l’école. J’ai débuté avec la trompette, et la basse est venue lorsque j’étais à l’université, où j’étudiais le jazz. J’ai commencé à jouer du rock, ce que j’ai vraiment adoré, et n’ai jamais arrêté depuis… Je n’ai pas vraiment été influencé par ma famille, ça vient plutôt de nulle part, en fait. Il n’y avait pas de musiciens dan sma famille.

Adam : Aucun de mes parents n’est musicien mais ils ont toujours aimé la musique. Ma mère m’a transmis pas mal de ses goûts musicaux, comme Queen, the Faces et des choses du genre . J’ai fgrandi avec ça. Je me suis mis à la batterie vers 13 ans, j’ai pris une paire de baguettes et j’ai commencé à jouer sur mon oreiller et des coussins dans ma chambre. Et depuis les 7 dernières années, j’ai passé mon temps à frapper des trucs…

Metal-Eyes : J’ai pu écouter Nova, votre premier album, et il semble que vous soyez très influencés par le rock des 70’s, mais également par des sonorités plus modernes. Quels groupes avez-vous déversés dans cet album ?

Oli : Je ne sais pas vraiment… Des choses comme Soudgarden, Queens Of The Stone Age, des groupes des années 90. En tant que guitariste, j’aime Zeppelin, Jimi Page, Black Sabbath et cette période, mais je pense que lorsqu’on compose, il faut vraiment trouver comment s’intégrer, est-ce que ça sonne bien, mauvais ? On a écrit 25 chansons, il faut ensuite choisir celles qui s’intégreront le mieux à l’album, ensemble. C’est ce que nous tentons de faire. On ne cherche pas à reproduire qui que ce soit. Ce n’est que 3 musiciens dans une même pièce qui jouent de la musique.

Metal-Eyes : Avez-vous tous trois les mêmes influences, des groupes favoris identiques ?

Aron : Je pense que nous avons les mêmes bases, des groupes « séminaux », des influences communes. Comme l’a dit Oli, la période grunge nous a influencés.

Metal-Eyes : Au début de l’interview, tu parlais, Oli, de « bonne musique ». Comment décidez-vous qu’une chanson est « bonne », en tous cas, suffisamment bonne pour terminer sur l’album?

Aron : Mmh, c’est une question difficile…  Nous travaillons dur, vraiment, nos capacités à composer des chansons. Les riffs doivent être puissants, les chorus aussi. Les mélodies, en tout premier lieu, doivent être super puissantes. Il faut que les gens puissent siffler le chanson. Chacun a une mélodie, un riff préféré. Chaque élément de la chanson, tel que nous les avons travaillés, doit être puissant, et nous y prêtons attention. La chanson passe avant les envie individuelles. Elle passe avant des solos de guitare de 50’, sauf si la chanson l’exige. Tu voulais savoir ce qui fait une bonne chanson ? Tout cela : une mélodie mémorable, de bonnes paroles, une bonne accroche, un bon mix, un bon son. Ça aussi, ça fait l’identité d’un disque. Notre producteur a vraiment travaillé dur pour obtenir son. Il avait une table de 50 pistes et je pense qu’il a dû passer une journée sur chaque chanson rien que pour le mix. Chaque partie de chaque chanson a été réfléchie, et… c’est top, je pense !

Metal-Eyes : Si chacun de vous devais ne retenir qu’une chanson pour définir ce qu’est RavenEye aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Oli (sans hésiter) : Pour moi, Madeleine. Elle a le groove qui définit bien RavenEye dans ses aspects heavy et très rock des origines aussi.  Il y a de bons riffs, et c’est ce que j’aime. La chanson parle d’une relation tumultueuse, verbalement violente, pas physique. Elle traite de mettre un terme à une telle relation : quand tu t’engueules avec ta partenaire, tu peux dire des choses pires que ce que tu avais pu imaginer. Des choses que tu ne dirais jamais à une autre personne que celle que tu aimes. Musicalement et littérairement, elle représente bien ce que nous sommes, des gros riffs, et du groove.

Aron :  Pour moi, ce serait Out of the rain. Je pense qu’elle a de nombreuses parties qui illustre bien ce que nous cherchons, des riffs, des chorus, ce fond qui dit à ceux qui ont douté d enous, qui se moquaient de nous « eh, regardez nous ! Nous somems là, debout, et on botte des culs ! » Il y a des ponts, des breaks  assez différents. Oui : Out of the rain.

Adam : Je pense que Hate correspond bien. Je suis arrive alors que l’album était déjà enregistré, mais cje pense que ce titre est une bonne representation de l’évolution du groupe. C’est plus direct, heavy rock, et il y a un riff monstrueux. Live, ça le fait vraiment !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous jouerez ce titre ce soir, j’imagine?

Adam : Euh… Peut-être…

Metal-Eyes : Oui, “peut-être » !

Oli : On n’a pas encore vraiment décidé de la setlist.

Metal-Eyes : Il y a sur Nova des chansons d’amour, d’autre sur l’amitié, d’autres un peu plus sexy… Vos paroles semblent traiter principalement des relations humaines. Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez pas aborder au sein deRavenEye ?

Oli : Non, il n’y a pas d’interdits. Au bout du compte, les paroles sont inspirées, dictées par la musique. Quand tu fermes les yeux et que tu te laisses emporter par la musique, tu sens où elle veut t’emmener, ce que tu devrais écrire. On ne s’est pas demandé si on devait inclure de la politique ou pas… Une chanson traitait de politique mais elle n’avait pas sa place sur l’album. Les chansons parlent d’amour, de haine, de mort… Toutes ces émotions extrêmes, et c’est ce qui a guidé cet album. Maintenant, le prochain sera peut-être une gigantesque déclaration politique, ou totalement instrumental… Je pense que ce qui est sympa quand on écrit à partir d’expériences personnelles, en tant que groupe, c’est qu’il y a une connexion, ça parle aux gens.  Chacun peut s’y référer… Par exemple, Inside parle de ta propre violence intérieure, comment elle te limite, et ton combat personnel pour ne pas écouter ces voix intérieures. C’est une bataille de tous les jours, chacun à sa manière. Pour nous, c’est plus profond que de simplement dir e »va te faire foutre ! » (rires).

 

Metal-Eyes : Vous avez été signés par Frontiers records. Qui a approché qui ?

Aron : C’est eux, je crois, qui nous ont contactés il y a… un an environ. Au début , ça ne nous a pas intéréssé car on était à fond DIY – Do It Yourself – communiquer avec nos fans, vendre notre musique par nos propres moyens, les shows ou les disque par internet. C’est si facile de nos jours. Initialement, nous avons dsicuté mais nous étions réticents à perdre notre indépendence. Mais ils se sont accrochés, nous ont relancés et on été parfaitement clair sur le fait que nous pouvions continuer de faire les choses nous mêmes. Nous n’avons pas de tour manager, pas de crew, on fait tout nous-mêmes. Ils n’ont même pas eu un avis musical, tout ce que nous avons fait c’est leur fournir la musique, tout un album, et ils se chargent de le vendre, le mettre sur le marché. Notre relation semble être – est – la relation parfaite.

Metal-Eyes : Le nom du groupe, RavenEye,  me fait penser à Game of thrones (ils rient). Y a-t-il un lien entre votre nom et le roman, la série télé ?

Oli : Jon Snow est ma plus grande inspiration ! Non ! (rires) Sérieusement, j’ai grandi dans cet univers, enfant, j’étais obsédé par les oiseaux, les corbeaux surtout, des oiseaux très intelligents. C’est fascinant de les regarder ,  les observer. Mais on ne se compare pas , on n’est pas des gens super intelligents (rires) ! Le nom est venu comme ça… Je m’amusait à chercher des noms de groupes, et j’ai dit à mes amis « j’appellerai mon groupe RavenEye ». « C’est ça, bien sur ! »… Et nous voici.

 

Metal-Eyes : Les groupe a tourné avec des artistes comme Slash, Deep Purple, vous avez joué en Europe, en festivals…. Jusqu’à ce jour qu’elle a été votre meilleure expérience ?

Aron : Ouh… On a eut de superbes expériences et d’autres terribles. Une affreuse : nous avons conduit 40 heures d’affilée, d’Angleterre jusqu’en Roumanie pour notre second concert avec Slash. Au cours de cette semaine, nous sommes presque tombés en panne d’essence en haut d’une montagne roumaine. Si tu vas chercher  sur Facebook, il faut pas mal remonter, tu nous verra, en haut de la montagne, au point mort, le moteur éteint, en train de descendre en roues libres afin de pouvoir arriver jusqu’à une station essence ! On faisait dans nos frocs !

Oli : pour moi, la meilleure expérience a été le  Download anglais. J’ai grandi en regardant ce festival à la télé , et pour moi, c’est simplement un festival extra. Alors y jouer, sur une scène gigantesque, avec un immense public…. J’en parle autour de moi et, d’un coup, ça me frappe, on a fait le Download. On est passé du statut de groupe inconnu , il y a deux ans, nous étions inconnus, et là, on touche des centaines de personnes, milliers… On s’est vraiment défoncés pour arriver là où on est aujourd’hui. Toutes nos expériences ont été super : Slash, incroyable… Si tout devait merder aujourd’hui, on a déjà ça, ce qui me rend très, très heureux.

Metal-Eyes : Mais il y a encore beaucoup de travail, vous n’allez pas arrêter votre carrière au bout de deux ans… Quels sont vos projets, justement ?

Oli : On fini cvette tournée le 8 novembre, avons un break de 10 jours avant de débuter une grosse tournée anglaise, en tête d’affiche, pour présenter notre album. Ensuite, il y a quelques dates en Espagne, en décembre, et l’année prochaine, fin janvier, nous retournons aux USA, et février-mars on attaque l’Europe. On doit aller toucher du monde, le plus possible, partout !

 

 

SIDILARSEN et Severny Flot Live (Paris, le Divan du Monde, le 11 octobre 2016)

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Commençons par le désagréable: on va les remplir quand, ces salles de concerts? A peine plus de 250 personnes présentes au concert de Sidilarsen à Paris, c’est presque un scandale. Ce groupe mériterait amplement de jouer sur de scènes plus grandes, un Trabendo au minimum, un Elysée Montmartre, un Trianon, un Bataclan, aussi. Bougez-vous, ou alors, ne venez pas, demain, vous plaindre qu’il ne se passe plus rien à Paris!
SONY DSCDonc, peu de spectateurs se présentent pour assister au concert des moscovites de Severny Flot. Le quatuor s’installe tranquillement sur scène, et dégaine rapidement un metal couillu et varié. Le quatuor puise son inspiration dans de nombreux styles, et déménage bien grâce à un guitariste soliste impressionnant (et un claviériste d’une « discrétion » telle qu’il en est invisible…) Les influences slaves sont, évidemment, au rendez-vous, tout autant que du thrash, du punk ou du metal plus fin. Si on tape du pied, j’ai rapidement l’impression que Severny Flot a plein d’idées mais ne parvient pas à les exploiter à fond. Souvent, le milieu des chansons se fait lassant, navigant entre deux eaux… Hormis cela et quelques problèmes de guitare, le set est efficace, le chanteur remerciant le public en français, anglais, espagnol ou allemand… et se termine par deux titres carrément punk/thrash.

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SONY DSCSidilarsen subit un retard de 15′ à cause de difficultés lors du changement de plateaux. Mais dès l’arrivée sur scène des Toulousains, c’est la guerre! Le public pogote et saute en tous sens. deux écrans encadrent la batterie et seront utilisé efficacement tout au long du concert. Didou, atteint d’une bonne crève, arrive encapuchonné dans un sweat shirt qui cache son visage le temps des premiers morceaux, au cours desquels il saute et s’offre même une session de stage diving. Viber, qui partage le chant en plus de tenir la guitare, accompagné de Berben (guitare), Fryzzer (basse) et Sam (batterie) donnent également tout ce qu’un groupe de rock devrait donner à son public: de l’énergie, de la rage, de la sueur. Sidi convie même Poun, un des vocaliste de Black Bomb A, à venir partager le chant quelques instants sur Walls of shame avantSONY DSC d’organiser un (mini) wall of death afin de « casser ce mur de la honte ». Suit un solo de batterie aux accents électro comme les aime Sidi, qui n’hésite jamais à se faire aussi rugueux que dance. Tiens, justement, c’est Dancefloor bastards, leur dernier album, qui est à l’honneur. Le public est invité à chanter sur le morceau éponyme et (au moins) six morceaux sont extraits (Spread it, Dancefloor bastards, Guerres à vendre, Walls of shame, Méditerrannée damnée, 1976) de ce dernier et
superbe disque. Trop tôt arrive le rappel. Le public reprend à l’unisson le chorus de Des milliards. Les musiciens posent tour à tour leurs instruments, laissant le public terminer ce concert: « Nous sommes des milliards contre une élite / Impossible qu’ils nous évitent » alors que des visages défilent par milliers, milliards, sur les écrans. Impressionnant, tout simplement. Un superbe concert, malheureusement desservi par un public trop peu nombreux.

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NEW MODEL ARMY: Winter

nma-2016Rock, Angleterre (e.a.r. music, 2016)

New Model Army fait partie de ces formations à la carrière accidentée, ces formations portées au firmament par un public aussi passionné que parfois, souvent, infidèle. Formé en 1980 par Justin Sullivan (chant et guitare), New Model Army a rapidement été comparé à la scène punk, mais un punk mourant désigné aujourd’hui comme post-punk. Sa musique a également été assimilée à la vague new wave / gothique. Between dog and wolf, paru en 2013 a remis NMA sur les rails de la reconnaissance. Ce nouvel album, Winter (paru au mois d’août!) porte quant à lui bien son nom: l’album débute avec un Beginning oppressant et continue sur des sentiers sombres et froids. Oui, l’esprit gothique est présent, dépressif parfois, et, personnellement, ne parvient pas à me séduire. Les titres qui suivent confirment ce sentiment d’oppression, de gêne, voire de mal-être. Cependant, mon esprit vise le contraire, l’ envie de sentir le côté festif d’un album, la célébration de la vie. En ce sens, Winter atteint certainement un de ses objectifs puisqu’il ne me laisse pas indifférent. Au point que je décroche avant la fin. D’autres y trouveront leur compte…

Note: 7/10

Titre que je retiens: euh…

HANSEN & FRIENDS: Three decades in metal

hansen-2016Heavy metal, Allemagne (e.a.r. music, 2016)

Kai Hansen. Monsieur Kai Hansen, responsable de Helloween et Gamma Ray, deux des fleurons du Heavy Metal teutons (auxquels on peu rajouter le plus récent Unisonic), speed, mélodique qui a inspiré tant de musiciens et initié tant de vocations. Le gaillard n’a plus rien à prouver, et c’est sans doute la raison qui le pousse aujourd’hui à tenter l’aventure en « solo ».  Si son nom est mis en avant, il est accompagné de noms d’importance: Alex Dietz, Eike Freese et Daniel Wilding et a invité une pléiade de copains et relations à venir taper le bœuf sur ce XXX – Three decades in metal. On note ainsi la présence d’un Ralf Scheppers (que l’on pourrait confondre, sur Enemies of fun avec Udo Dirckschneider), Dee Snider, Tobias Sammet, Roland Grapow, Hansi Kirsh, Michael Weikath, Michael Kiske… Tout ce petit monde nous offre une dizaine de chansons toutes forgées dans le metal le plus traditionnel qui soit, puissant, efficace, mélodique. Born Free, hommage à la ville de naissance de Kai Hansen, sonne comme un futur hymne et se place comme un message de liberté dans ce monde qui part en vrille. On retrouve d’ailleurs souvent ce constat de l’état du monde (Enemies of fun, Fire and ice, Your world), constat sombre heureusement illuminé par l’éclat de ces douze pépites entraînantes, joyeuses et finalement optimistes. Notons également qu’une des versions de l’album propose un second CD avec les mêmes chansons en version de travail, démo brutes avec Kai au chant. Intéressant, donc, de pouvoir constater l’évolution de ces chansons. Se pourrait-il que tout ce petit monde se retrouve un jour sur scène???

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Born free

THE ANGRY CATS: Outmonster the monster

the-angry-cats-2016Rock, Europe (Autoproduction, 2016)

The Angry Cats, un avatar du jeu avec des oiseaux? En tout cas, les cochons voleurs d’œufs sont ici remplacés par un chien. Voila. Maintenant que vous connaissez l’étendue de ma culture en matière de jeux, entrons dans le vrai sujet: The Angry Cats est un groupe européen (ses membres sont Français, Suédois et Hollandais) formé en 2010 par le guitariste chanteur Fred Alpi, le bassiste Tom Decaestecker et le batteur Chris Gianorsi. Le trio explore diverses facettes du rock, celles avec lesquelles il a grandi. Ce premier album, Outmonster the monster, reflète autant les influences rock basique que d’autres plus sombre ou piochées dans la new wave, et m’évoque par instants les Français de No Man’s Land. Le chant, grave et profond, ajoute à une certaine lourdeur oppressive qui se dégage de l’ensemble. « Fun » parfois, en tout cas d’apparence (A piece of steak, inspiré d’une nouvelle de Jack London), lent et lourd à d’autres moments (Outmonster the monster), l’énergie presque punk est toujours présente. Les 11 titres (plus une intro) explorent différent thèmes, la production est sobre, le livret complet pour un résultat général assez réussi. Certains morceaux ne sont pas à écouter si l’on a un coup de blues (Information, lent, lent et lourd et qui monte en puissance). Une jolie découverte qu’on espère voir se transformer. reste une question: qu’a-t-il de si « monstrueux », ce chien???

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: A piece of steak

Site web: www.theangrycats.com

Interview: SONIC SYNDICATE

Rencontre avec Nathan Biggs (chant) (SONIC SYNDICATE). Propos recueillis à Paris, le 27 septembre 2016

Quel changement chez Sonic Syndicate! Karin, la bassiste partie, le groupe se fait moins death et rugueux et plus catchy, poppy. Lien de cause à effet ou évolution naturelle, nouvelles aspirations? Nathan nous dit tout au sujet de ce nouvel album.

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Metal-Eyes : Comment vas-tu Nathan ?

Nathan : Assez bien, malgré une journée très chargée. Je me suis levé ce matin à 4 heures pour me rendre à l’aéroport et venir à Paris, depuis Stockholm, et je me rends demain à Londres pour vous parler de notre nouvel album !

Metal-Eyes : Nous allons en parler, mais revenons un peu en arrière : en 2014, Son ic Syndicate a publié un album éponyme, ce qui pouvait laisser croire à une sorte de renaissance du groupe. A quel point avez-vous changés pendant cette période. 

Nathan : Oui, 2014 est l’année de cet album qui porte le nom du groupe. C’était une sorte d’hommage à notre passé. Une célébration des racines du groupe, celles d’où nous venons, ce metal suédois… Ca incluait beaucoup de choses, Soilwork, In Flames, Dark Tranquillity… ce son de Göteborg, d’où nous venons. Nous savions que le groupe ne suivrait pas toujours cette voie, et nous avons voulu boucler la boucle dans ce genre musical. Simplement pour prouver que nous y sommes toujours liés, que nous faisons toujours partie de cette scène. C’était une manière d’honorer cette période, tandis que ce nouvel album regarde dans une autre direction, regarde l’avenir dans les yeux.

Metal-Eyes : Confessions est donc votre nouvel album, le 6ème depuis 2005. Le groupe a connu quelques changements, le plus récent étant le départ de Karine, votre bassiste, en 2015. Qu’est-ce qui, selon toi, pourrait aider Sonic Syndicate à stabiliser son line-up ?

Nathan : Ce nouvel album résume bien où en est le groupe aujourd’hui : un nouveau point de départ. Un nouveau label, un nouvel album. On est vraiment dans le présent. Karin était un membre très important du groupe, mais sur la dernière tournée, nous avons accueilli un nouveau frère d’armes, Michael, à la basse, et désormais, c’est nous trois, Robin, Michael et moi. Nous avons trouvé une nouvelle stabilité dans la mesure où nous sommes tous trois à 110% impliqués. Je n’ai jamais ressenti une telle cohésion, une telle éthique de travail au sein du groupe avant. Robin et moi avons été inséparables depuis que je suis arrivé dans le groupe en 2009. Nous avons cette relation particulière et, bien que nous ayons eu de grands moments de complicité avec les membres des line-ups précédents, Michael est sur la même longueur d’onde que nous, et ça, c’est génial.

Metal-Eyes : Cela signifie que, même s’il est le dernier membre du groupe originel, Robin n’a pas toute la charge de travail sur ses épaules, toute la responsabilité musicale, il s’agit vraiment d’un travail collectif à trois ?

Nathan : Oui. A vrai dire, depuis que je travaille avec Robin, nous avons toujours été comme une équipe. Pour tout ce que nous avons écrit. Ce nouvel album sonne vraiment comme une création de nous tous.

Metal-Eyes : J’ai pu écouter une partie de Confessions. Sonic Syndicate est généralement présenté comme un groupe de metalcore, or je n’ai rien écouté qui se rapproche du « core ».

Nathan : Non, tu sais nous avons toujours été assez autonomes malgré nos racines. Il y a toujours eu des éléments plus mainstream, catchy, d’autres plus foncièrement rock. L’album éponyme était plus un retour aux sources. Mais nous avons déjç fait cela, nous connaissons tous les aspects de ce genre musique, metalcore, comme les gens aiment appeler ça, ou death mélodique, d’où nous venons. Nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons fait, mais pour rester créatifs et toujours être… amoureux de la musique, nous avons voulu,Robin et moi, ainsi que Michael aujourd’hui, trouver de nouveaux défis en tant que musiciens, et rester vrais envers nous-mêmes. Nous écoutons toujours plein de styles différents, du metal, de la house, du hip-hop, du rap, du rock… Notre palette musicale est si variée. Je pense que si nous restions sur ce chemin « metalcore » nous n’apporterions rien de neuf. Il y a plein de groupes dans ce domaine, et je pense que c’est un genre qui commence à se répéter. Il n’y a rien de vraiment neuf dans le style, il commence à se répéter. Or, pour pouvoir avancer en musique, si tu veux en faire ta carrière, tu dois aimer la musique et trouver de nouveaux défis, les relever. Autrement, tu te retrouves avec un certain confort, à avancer sur le même chemin et tu commences à te répéter. En cela, je pense que, si tu es dans cet esprit-là, jamais tu ne pourras ressortir ton meilleur album, tu rendras simplement hommage à ce que tu as déjà fait. Sans doute auras-tu quelques hits en chemin, ou ton son deviendra simplement plus actuel, mais on a déjà fait ça. Aujourd’hui, nous voulons simplement repousser nos limites en tant que groupe, voir jusqu’où nous pouvons aller tout en restant honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes.

Metal-Eyes : Il ne s’agit donc pas d’enterrer votre passé – comme tu l’as dit, Sonic Syndicate est un hommage à votre histoire – simplement vous explorer en restant intègres. Et votre public, comment va-t-il réagir face à ce changement radical d’après toi ?

Nathan : Nous savons qu’il va y avoir des divisions… Tu sais, la communauté metal peut être très dure… Les fans ultimes… Si tu es fan de death, ce sera à vie… Certaines personnes sont dans cet esprit  et mon message à leur encontre est « profitez des anciens albums de Sonic Syndicate et si vous pouvez trouver dans ce nouvel album quelque chose que vous appréciez, tant mieux, on cherche simplement à écrire de bonnes chansons. » Mais, nous, nous grandissons. Nous avons commencé avec in Flammes, Pantera, Slayer, comme n’importe quel autre metalhead. La musique évolue, aujourd’hui. Les gens écoutent tant de choses différentes et sont influencés par un tel nombre de groupes… Je pense qu’il s’agit avant tout de comprendre notre manière d’écouter et de consommer la musique. Nous ne sommes que des fans de musique qui faisons de la musique. Nous ne sommes pas différent de n’importe quel auditeur de musique, nous créons simplement notre truc en utilisant ce qui nous influence. Et faisons ce que nous aimons. Dans les faits, j’ai parlé à des fans de Sonic Syndicate, ils évoluent aussi. Avant, tu économisais et tu te rendais chez ton disquaire pour acheter un album que tu passais en boucle, avec tes potes. Aujourd’hui, tu es chez toi, on t’envoie un lien, tu écoutes, puis tu t’interresse aux artistes similaires proposés par la plate-forme… Et au final, tu t’écartes de plus en plus de ce que fait le groupe originel. Le neuvième morceau que tu vas écouter ne seras pas ton préféré, mais sans doute vas-tu te dire « j’aime vraiment cette chanson ». Et avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves avec un playlist de genres complètement diversifié. C’est ce que nous faisons : être un groupe moderne qui diversifie ses horizons. Il y a de la place pour ça dans l’industrie musicale aujourd’hui.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle être ouvert d’esprit, je pense. Comment décrirais-tu ce nouvel album à ceux qui découvrent Sonic Syndicate avec Confessions ?

Nathan : C’est un album très mélodique. Nous avons cherché à écrire de bonnes chansons de rock. Au départ, nous sommes un groupe de metal et il y aura toujours de traces de cela, dans nos chansons ou dans nos performances scéniques. En gros c’est de la musique moderne pour les amateurs de musique moderne qui aime le rock et le metal.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retrenir qu’un seul morceau de Confessions pour illustrer ce qu’est Sonic Syndicate aujourd’hui, ce serait lequel ?

Nathan : Je dirais That’s why we really start a war, le premier single qui donne le ton de l’album mais aussi qui a un sens plus profond que le reste de l’album. L’album traite d’honnêteté vis-à-vis de soi, de nos carrières, de faire ce qui te plait. Mais, nous avons découvert que la vie est courte et qu’il est primordial de faire ce que tu aimes. Comme je l’ai dit plus tôt, nous trouvons tous un certain confort à marcher le long du même chemin. Cela peut être moi, dans la musique, ou toi, dans ton travail quotidien, tu ne vis pas ta vie à fond, tu n’es qu’un passager de cette vie. Parfois, tu peux te rendre compte que tu ne fais pas exactement ce que tu veux faire. Il faut avoir une sorte de révélation pour pouvoir  sortir du moule , être heureux et prendre les rennes pour aller où tu veux te rendre. Autrement, ce sont les autres qui prennent le volant pour toi. That’s why we really start a war, c’est nous, dans nos guerres interieure et exterieure, simplement en tenatnt de faire ce que nous rend heureux. Ce message s’adresse à n’importe qui, pas satisfait : la vie ne fait que passer devant nous, si vous voulez  changer, la seule personne qui le puisse est vous-mêems, à la condition de commencer cette guerre.

Metal-Eyes : Vous allez tourner avec Amaranthe en France. Comment avez-vous monté cette affiche commune ?

Nathan : Nous les avons simplement contactés… Nous sommes amis, à Helsinki nous trainions ensemble backstage, nous avons joué sur quelque festivals ensemble en Suède, et nous nous sommes découverts des points communs: notre cursus “metal”, par exemple, et chacun ose faire son propre truc. Eux écrivent des chansons très catchy, dansantes, appelles ça comme tu veux… Je ne pense pas que les étiquettes aident l’auditeur… Et nous faisons pareil, ce que nous voulons, et nous savons que nos fan-bases aiment explorer différents types de musique. Les fans d’Amaranthe ne vont pas écouter seulement du Slayer, ils s’intéressent aussi à Katy Perry, Brintney Spears, mais aussi Soilwork, Mnemic… C’est pareil pour les notres, et je pense que ça va être un super package pour les spectateurs.

Metal-Eyes : Quels sont vos projets à l’issue de cette tournée ?

Nathan : La tournée va durer jusqu’à Noël, nous prendrons un break, et j’espère pouvoir passer du temps en famille en Angleterre, et ensuite, on a déjà des dates prévues pour 2017 : une petite tournée en Finlande, les festivals d’été commencent à arriver aussi… Notre label a un bon réseau de distribution – Sony gain – et ils nous poussent vraiment à nous investir aux USA. J’étais à Los Angeles il y a quelques semaines, et nous voulons vraiment tenter d’y percer. C’est un de nos gros objectifs.

Metal-Eyes : Une dernière chose, puisque nous parlons de lieux que vous souhaitez connaitre : y a-t-il des endroits où tu voudrais vraiment pouvoir te produire, ou simplement visiter ?

Nathan : Tu peux facilement voir où les gens écoutent notre musique, via Facebook, par exemple. On a des contact au Mexique, en Amérique du Sud, et tout le monde dans le groupe voudrait vraiment aller en Amérique du Sud et voir comment ça se passe là-bas. J’adore aller dans des endroits différents, les fans sont différents partout, en France, en Allemagne… Nous n’étions jamais allés en Chine, et nous y étions le mois dernier. Une belel expérience. La première fois que nous sommes allés en Russie, ça a été une vraie claque. Oui, l’Amérique du Sud serait vraiment bien !

 

TWISTED SISTER: Metal meltdown

twisted-sister-2016Hard rock, USA (loud & proud, 2016)

Twisted Sister a décidé, après le décès de son batteur, AJ PERO, de faire ses adieux à la scène. 40 ans de carrière, des millions d’albums vendus, des départs, des splits des reformations, mais, toujours, Twisted Sister a fonctionné avec les mêmes membres. AJ disparu, forcément, TS n’a plus lieu d’être. Pourtant, le groupe a tenu à lui rendre un dernier hommage avant de « définitivement » disparaître. Ce Metal Meltdown – un combo CD/DVD/Blu ray – retrace le premier concert donné de cette tournée mondiale hommage au batteur disparu. AJ aurait, selon le groupe, exprimé le souhait qu’en cas de disparition, ce soit Mike Portnoy qui le remplace. Lui seul, et personne d’autre. Dont acte. La tournée, dont un superbe passage au Hellfest, se fait donc avec Portnoy sur le tabouret. Le document a été capté lors du premier concert post Pero au Joint de Las Vegas. Tous les hits et plus encore y passe. Le groue est puissant, le son parfait, la setlist irréprochable. Une palanquée de morceaux imparables que les fans connaissent sur le bout des doigts sont accompagnés de morceaux plus obscurs. We’re not gonan take it, Under the blade, I am I’m me, I wanna rock, Stay hungry… ça vous parle? Bien sûr, en tout cas si vous étiez ados dans les années 80. Imparables, simplement. Le groupe affiche une forme resplendissante, d’autant plus en images. Le DVD montre une formation au top de sa forme dont les scène de concert sont entrecoupées d’interviews et de divers témoignages. Premier constat: Mike Portnoy est partie prenante de tout. Le batteur est sujet de nombreux plans live et partie prenante des interviews. Considéré, semble-t-il comme membre à part entière du groupe. On s’amuse de voir Dee, extraordinanire frontman, s’amuser sur I wanna rock ou de voir cette caricature de bimbo repérée par un cameraman avisé, sur We’re not gonna take it (dont on retiendra aussi le témoignage de Mark Metclaf se souvenant du tournage de cette même video) tout autant qu’on s’émeut de cet hommage à AJ sous la forme d’un solo diffusé en video, tous les membres ayant quitté la scène. Impeccable prestation filmée complétée par un reportage historique de l’histoire de Twisted Sister. Tous les acteurs de la vie du groupe y passent, du recrutement du bassiste Mark « the animal » Mendoza au propriétaire du club Emmett qui s’en fiche que « tout soit détruit tant que les lieux sont blindés » ou qui ne paye les musiciens que s’ils boivent avec lui. La confrontation avec JJ French est superbe. Cette partie du DVD est truffée d’anecdotes, de tensions, de témoignages indispensables à tout fan, dès les débuts du groupe. Une seule chose peut paraitre surprenante: si l’histoire des trois premier albums est relatée, on fait un saut dans le temps entre Stay hungry (et son histoire de la session photo ayant aboutit à la couverture) et la reformation du groupe à l’occasion d’un concert de charité pour les victimes des attaques du 11 septembre 2001. Quid de Come out and play et/ou Love is for suckers? Un superbe document, cependant, à voir absolument. Et à écouter, car on n’entendra plus Twisted Sister en live. Soit disant…

ZODIAC, RAVENEYE, et HONEYMOON DISEASE à La Flèche d’Or, le 3 octobre 2016

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Les amoureux de sonorités 7O’s sont servis ce soir, avec la présence de trois formations typées Roots qui se livrent à la Flèche d’or, pour une soirée européenne.

Honeymoon Disease

Honeymoon Disease

Les Suédois de Honeymoon Disease ouvrent le bal à 19h30 et nous livrent une bonne demi-heure durant un set énergique qui évoque autant AC/DC que le boogie chaleureux de Status Quo. La chanteuse/guitariste, Jenna, s’exprime souvent dans un Français plus que correct, présentant le nouveau bassiste du groupe, Cédric, un français, justement, qui accompagne l’autre guitariste, Acid (à la Flying V presque plus grande qu’elle) qui n’hésite pas à venir fendre le public – seulement freinée par un cable bien trop court pour s’écarter de plus d’un mètre de la scène! – et le batteur Jimi une demi heure durant. Un set efficace et une mise en bouche très agréable.

RavenEye

RavenEye

J’avais rencontré Oli (chant et guitare) et Aaron (basse) lors du dernier Hellfest, et ai, ce soir, pu interviewer le groupe au complet (avec, donc, le batteur récemment arrivé, Adam). RavenEye vient de publier son premier album, Nova, et est très en forme au moment de le présenter au public. Pendant près de 45′, le trio assène son hard rock 70’s teinté de relents de ce grunge qui a accompagné les musiciens qui le forment. Olie pose sa guitare, laissant, le temps d’une chanson, Aaron s’occuper de l’aspect « cordes » avec sa seule basse, puis, plus tard, monte sur les épaules d’un Aaron décidément très sollicité afin de faire, eux aussi, une petite escapade dans le public. Même si ce premier album ne reflète pas encore toute la personnalité de RavenEye, les Anglais sont parfaitement à l’aise sur scène.

 

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Zodiac

Cette dernière est rapidement débarrassée de la batterie des premières parties, laissant plus de place aux maîtres de cérémonie, Zodiac. A 21h30, les Allemands investissent les lieux sur une intro à la Terminator. Puis démarrent sur les chapeaux de roues avec un Rebirth by fire à deux voix rentre dedans. Cinq ou six morceaux durant, les gars rentrent dans le lard, Staphen Gall s’entrainant, dès que possible et de manière fort sympathique, au français qu’il maîtrise plus que bien. Animal, Free, Ain’t coming back… cèdent la place à Blue jean blues, une reprise de ZZ Top, un… blues qui ralentit le tempo permettant à chacun de souffler un peu. Horror visison, plus roots et rageur suit avant que Zodiac ne freine de nouveau avec une autre reprise: Cortez the killer, originellement écrite par Neil Young. Cette ballade qui monte en puissance offre aussi quelques longueurs, mais c’est bien le seul faux pas de ce concert qui repart de plus belle avec le très rock Diamond shoes, sur lequel deux couple se mettent à danser un rock endiablé. Le quatuor dépoussière ensuite Upon the stone, un titre de son premier album, avant de faire le grand écart et conclure avec le morceau éponyme de son dernier album, Grain of soul, dont pas moins de 6 titres auront été présentés ce soir. Enfin, après un long rappel (Coming home), Zodiac salue ce public  venu trop peu nombreux. Encore une fois, les absents ont eu tort car non seulement l’affiche valait le détour, mais en plus, découverte pour moi ce soir, la Flèche d’Or est une salle très agréable.