Photo de la semaine: EXISTANCE

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Julian, c’est bien le fils de son père: un musicien passionné et talentueux. Mais faisant partie de ces gens dont le destin ne parvient pas à les faire sortir de l’ombre. Fils de papa et pas « fils à papa », hein, vous faites la différence? Julian Izard est le fondateur d’Existance, et perpétue la tradition d’un Heavy Metal de haute volée, largement inspiré des 80’s, Iron Maiden,Judas Priest et Saxon en tête. Et scéniquement, ça dépote grave aussi, comme le quatuor en apportait la preuve en ce 8 janvier 2012, au Divan du Monde à Paris, lors du PMFF IV. Mon Sony poussé à 3200 ISO (souvent, cette salle n’offre pas de bonnes conditions d’éclairage pour le simple « 3 chansons sans flash »), ce cliché à été pris à 1/125 de secondes avec une ouverture à F/5. J’aime la chaleur du brun/jaune ambiant ainsi que la concentration du jeune guitariste chanteur, malgré le visage flou) que l’on retrouvera début janvier au PMFF VI à Ris Orangis, entre le 6 et le 8 janvier 2017 pour soutenir son second album.

Ah, au fait, vous avez trouvé qui est son père? Didier Izard, premier chanteur de H-Bomb.

SNAP BORDER: Alternative current box

snap-border-2016Metal, France (Autoproduction, 2016)

Parfois, il y a des surprises « qu’elles sont bonnes », comme c’est le cas avec cette découverte de Snap Border. Formé à Nancy, les Lorrains ratissent large. La puissance est, sur ce premier album, Alternative current box, mêlée à des mélodies efficaces, rentre dedans et entraînantes tout au long de ces 13 chansons dont je ne regrette qu’une chose: un anglais peu compréhensible. Ceci mis à part, le chant de Franck Poinsot, grave et profond, vient de la gorge, et s’il est rugueux à souhaits, n’est ni guttural ni hurlé.  Les guitares de Olivier Siedlecky et Eddy Bouvot peuvent être légères et devenir de véritables machines de guerre, saillantes, tranchantes, toujours complémentaires comme la paire Downing/Tipton ou Murray/Smith (besoin de revoir vos classiques???) et lorgnent parfois du côté de Slash, première période. On est loin d’une saturation maximale, et bien plus proche d’une alternance de sonorités qui, finalement, ne cherche pas à se faire plus démonstrative que d’aller droit au but. La section rythmique – Adam Tognazzolo à la basse et Christophe Szczyrk (ça doit se prononcer « cirque ») savent construire des structures solides autour desquelles tout peut s’arranger. Si les trois premiers morceaux expliquent « qui nous sommes » (Regrets, Unusual gifts et le très enjoué Get away), Ghost lève un peu le pied avant une reprise de vitesse avec le speedé Sparkles in the dark. Le morceau titre est un instrumental et on trouve les premiers et rares growls sur Woman and children. Mary sells et Slide, très rock, ne peuvent laisser indifférent, et Snap Border s’offre un répit pour guitare et voix – qui évoque Tracy Chapmann – sur le très doux Social network (malgré deux énervements), avant de nous proposer une petite explosion sonore, On the road et Draw the borders , plus léger, qui  viennent conclure ce disque que je place volontiers parmi les découvertes 2016. Varié, rock, simplement rock, ce Alternative current box pose un regard ouvert sur notre univers musical en en explorant diverses facettes. Au fait: heureusement qu’on continue à avoir de bonnes surprises, non?

Note: 8,5/10

Titre que je retiens; On the road

SIDILARSEN et Severny Flot Live (Paris, le Divan du Monde, le 11 octobre 2016)

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Commençons par le désagréable: on va les remplir quand, ces salles de concerts? A peine plus de 250 personnes présentes au concert de Sidilarsen à Paris, c’est presque un scandale. Ce groupe mériterait amplement de jouer sur de scènes plus grandes, un Trabendo au minimum, un Elysée Montmartre, un Trianon, un Bataclan, aussi. Bougez-vous, ou alors, ne venez pas, demain, vous plaindre qu’il ne se passe plus rien à Paris!
SONY DSCDonc, peu de spectateurs se présentent pour assister au concert des moscovites de Severny Flot. Le quatuor s’installe tranquillement sur scène, et dégaine rapidement un metal couillu et varié. Le quatuor puise son inspiration dans de nombreux styles, et déménage bien grâce à un guitariste soliste impressionnant (et un claviériste d’une « discrétion » telle qu’il en est invisible…) Les influences slaves sont, évidemment, au rendez-vous, tout autant que du thrash, du punk ou du metal plus fin. Si on tape du pied, j’ai rapidement l’impression que Severny Flot a plein d’idées mais ne parvient pas à les exploiter à fond. Souvent, le milieu des chansons se fait lassant, navigant entre deux eaux… Hormis cela et quelques problèmes de guitare, le set est efficace, le chanteur remerciant le public en français, anglais, espagnol ou allemand… et se termine par deux titres carrément punk/thrash.

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SONY DSCSidilarsen subit un retard de 15′ à cause de difficultés lors du changement de plateaux. Mais dès l’arrivée sur scène des Toulousains, c’est la guerre! Le public pogote et saute en tous sens. deux écrans encadrent la batterie et seront utilisé efficacement tout au long du concert. Didou, atteint d’une bonne crève, arrive encapuchonné dans un sweat shirt qui cache son visage le temps des premiers morceaux, au cours desquels il saute et s’offre même une session de stage diving. Viber, qui partage le chant en plus de tenir la guitare, accompagné de Berben (guitare), Fryzzer (basse) et Sam (batterie) donnent également tout ce qu’un groupe de rock devrait donner à son public: de l’énergie, de la rage, de la sueur. Sidi convie même Poun, un des vocaliste de Black Bomb A, à venir partager le chant quelques instants sur Walls of shame avantSONY DSC d’organiser un (mini) wall of death afin de « casser ce mur de la honte ». Suit un solo de batterie aux accents électro comme les aime Sidi, qui n’hésite jamais à se faire aussi rugueux que dance. Tiens, justement, c’est Dancefloor bastards, leur dernier album, qui est à l’honneur. Le public est invité à chanter sur le morceau éponyme et (au moins) six morceaux sont extraits (Spread it, Dancefloor bastards, Guerres à vendre, Walls of shame, Méditerrannée damnée, 1976) de ce dernier et
superbe disque. Trop tôt arrive le rappel. Le public reprend à l’unisson le chorus de Des milliards. Les musiciens posent tour à tour leurs instruments, laissant le public terminer ce concert: « Nous sommes des milliards contre une élite / Impossible qu’ils nous évitent » alors que des visages défilent par milliers, milliards, sur les écrans. Impressionnant, tout simplement. Un superbe concert, malheureusement desservi par un public trop peu nombreux.

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PARIS METAL FRANCE FESTIVAL, le retour !

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Ils sont bien tous pareils! Status Quo, Scorpions, Judas Priest… et maintenant Phil ‘Em All… Tous avaient annoncé « la der des ders », une retraite méritée, et chacun est revenu sur sa promesse. Phil ‘Em All comme les autres. Pff! Aucune parole…

Le fondateur du PMFF avait annoncé à corps à cris que l’édition de 2013, la cinquième, best of des éditions précédentes, sur 3 jours, serait la dernière. Nous, dans l’ombre, on ne pleurait pas. On se gaussait. Nous savions. Respections cette décision car nous savions que cet engagement ne serait pas tenu. Et kicékavairaizon? Il a retourné sa veste. Et c’est tant mieux pour nous.

Phil ‘Em All avait organisé le premier PMFF à la locomotive le 7 janvier 2007 histoire, modeste qu’il est, de fêter son anniversaire – 40 ans, à l’époque – avec des copains. Pour l’occasion, ADX, tête d’affiche, voyait revenir Betov et le groupe redevenait un des plus sérieux acteurs français. Puis, année après année, Phil s’est fait une spécialité de convaincre certains groupes des années 80 de se reformer. L’argument: vos enfants pourront vous voir jouer live. Et ça a marché: Still Square (anciennement Square), Blasphème, Demon Eyes, Squealer, Der Kaiser, Shakin’ Street, Attentat Rock, tous ont répondu à l’appel. Même Dum Dum Bullet, Stocks et Ocean, malheureuses reformations de la seule édition annulée, furent remis au devant dela scène.

Cette nouvelle aventure s’étalera sur 3 jours, les 6, 7 et 8 janvier 2017 et on ne sait pas encore combien de groupes y participeront. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que le PMFF se délocalise pour se resituer à Ris Orangis au nouveau Plan, qui a lui même déménagé. Cette opération permet à la salle d’augmenter sa capacité d’accueil en passant de 400 personnes à presque 900, là où le Divan du Monde, qui a accueilli les PMFF IV (2012) et V (2013), ne pouvait recevoir que 500 personne – si le balcon est ouvert au public. La salle, qui disposera de deux scènes, se trouve juste à côté d’un restaurant et deux buvettes seront à disposition.

Les noms commencent à tomber, et cette affiche est prometteuse. On retrouve les anciens, ceux qui ont déjà été programmé une fois (Thrashback, Witches, Existance, Conscience, Hürlement, Misanthrope et Ocean), un qui n’a pu jouer pour cause d’annulation (Mystery Blue), et une ribambelle de nouveaux noms, des plus prestigieux et attendus (Lonewolf, Yorblind, Désillusion, Face To Face, Yann Armellino & El Butcho – bien qu’à l’affiche du PMFF V avec d’autres projets, Gang) aux moins connus (MF Crew, Boisson Divine, Idensity, The Morganatics, Tentation, Freaky Time, One Last Shot) en passant par de formations prometteuses (Pat O’May, Furies, Asylum Pyre).

24 noms et ce n’est pas fini. En tout cas, ce n’est pas assez pour satisfaire Phil. On peut légitimement imaginer que, ayant été à l’affiche de chacune des éditions précédentes, ADX sera de la partie. Reste les surprises: quelle(s) reformation(s) Phil nous prépare-t-il? Sortilège? H-Bomb? High Power? Fisc? Présence?Quel(s) gros coup(s), quelles surprises, quelles têtes d’affiche? Phil aura-t-il enfin réussi à faire obtenir son Graal – faire  jouer Vulcain? Patience, ça vient! Et il ne fait aucun doute qu’il y en aura pour tous les goûts .

Vous trouverez régulièrement des infos sur la page du PMFF ainsi qu’ici même, chez Metal Eyes, partenaire officiel du PMFF. Les pass 3 jours sopnt dès à présent disponibles au tarif de 65€ (+1€ de frais d’envoi pour la France) – en ligne uniquement: http://pmff.bigcartel.com/. Notez dès à présent que les 100 premiers acheteurs de pass 3 jours se verront offrir des goodies, dont un CD live d’ADX inédit et un T shirt. Les pass 1 jour suivent!

 

A suivre…

Interview: SONIC SYNDICATE

Rencontre avec Nathan Biggs (chant) (SONIC SYNDICATE). Propos recueillis à Paris, le 27 septembre 2016

Quel changement chez Sonic Syndicate! Karin, la bassiste partie, le groupe se fait moins death et rugueux et plus catchy, poppy. Lien de cause à effet ou évolution naturelle, nouvelles aspirations? Nathan nous dit tout au sujet de ce nouvel album.

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Metal-Eyes : Comment vas-tu Nathan ?

Nathan : Assez bien, malgré une journée très chargée. Je me suis levé ce matin à 4 heures pour me rendre à l’aéroport et venir à Paris, depuis Stockholm, et je me rends demain à Londres pour vous parler de notre nouvel album !

Metal-Eyes : Nous allons en parler, mais revenons un peu en arrière : en 2014, Son ic Syndicate a publié un album éponyme, ce qui pouvait laisser croire à une sorte de renaissance du groupe. A quel point avez-vous changés pendant cette période. 

Nathan : Oui, 2014 est l’année de cet album qui porte le nom du groupe. C’était une sorte d’hommage à notre passé. Une célébration des racines du groupe, celles d’où nous venons, ce metal suédois… Ca incluait beaucoup de choses, Soilwork, In Flames, Dark Tranquillity… ce son de Göteborg, d’où nous venons. Nous savions que le groupe ne suivrait pas toujours cette voie, et nous avons voulu boucler la boucle dans ce genre musical. Simplement pour prouver que nous y sommes toujours liés, que nous faisons toujours partie de cette scène. C’était une manière d’honorer cette période, tandis que ce nouvel album regarde dans une autre direction, regarde l’avenir dans les yeux.

Metal-Eyes : Confessions est donc votre nouvel album, le 6ème depuis 2005. Le groupe a connu quelques changements, le plus récent étant le départ de Karine, votre bassiste, en 2015. Qu’est-ce qui, selon toi, pourrait aider Sonic Syndicate à stabiliser son line-up ?

Nathan : Ce nouvel album résume bien où en est le groupe aujourd’hui : un nouveau point de départ. Un nouveau label, un nouvel album. On est vraiment dans le présent. Karin était un membre très important du groupe, mais sur la dernière tournée, nous avons accueilli un nouveau frère d’armes, Michael, à la basse, et désormais, c’est nous trois, Robin, Michael et moi. Nous avons trouvé une nouvelle stabilité dans la mesure où nous sommes tous trois à 110% impliqués. Je n’ai jamais ressenti une telle cohésion, une telle éthique de travail au sein du groupe avant. Robin et moi avons été inséparables depuis que je suis arrivé dans le groupe en 2009. Nous avons cette relation particulière et, bien que nous ayons eu de grands moments de complicité avec les membres des line-ups précédents, Michael est sur la même longueur d’onde que nous, et ça, c’est génial.

Metal-Eyes : Cela signifie que, même s’il est le dernier membre du groupe originel, Robin n’a pas toute la charge de travail sur ses épaules, toute la responsabilité musicale, il s’agit vraiment d’un travail collectif à trois ?

Nathan : Oui. A vrai dire, depuis que je travaille avec Robin, nous avons toujours été comme une équipe. Pour tout ce que nous avons écrit. Ce nouvel album sonne vraiment comme une création de nous tous.

Metal-Eyes : J’ai pu écouter une partie de Confessions. Sonic Syndicate est généralement présenté comme un groupe de metalcore, or je n’ai rien écouté qui se rapproche du « core ».

Nathan : Non, tu sais nous avons toujours été assez autonomes malgré nos racines. Il y a toujours eu des éléments plus mainstream, catchy, d’autres plus foncièrement rock. L’album éponyme était plus un retour aux sources. Mais nous avons déjç fait cela, nous connaissons tous les aspects de ce genre musique, metalcore, comme les gens aiment appeler ça, ou death mélodique, d’où nous venons. Nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons fait, mais pour rester créatifs et toujours être… amoureux de la musique, nous avons voulu,Robin et moi, ainsi que Michael aujourd’hui, trouver de nouveaux défis en tant que musiciens, et rester vrais envers nous-mêmes. Nous écoutons toujours plein de styles différents, du metal, de la house, du hip-hop, du rap, du rock… Notre palette musicale est si variée. Je pense que si nous restions sur ce chemin « metalcore » nous n’apporterions rien de neuf. Il y a plein de groupes dans ce domaine, et je pense que c’est un genre qui commence à se répéter. Il n’y a rien de vraiment neuf dans le style, il commence à se répéter. Or, pour pouvoir avancer en musique, si tu veux en faire ta carrière, tu dois aimer la musique et trouver de nouveaux défis, les relever. Autrement, tu te retrouves avec un certain confort, à avancer sur le même chemin et tu commences à te répéter. En cela, je pense que, si tu es dans cet esprit-là, jamais tu ne pourras ressortir ton meilleur album, tu rendras simplement hommage à ce que tu as déjà fait. Sans doute auras-tu quelques hits en chemin, ou ton son deviendra simplement plus actuel, mais on a déjà fait ça. Aujourd’hui, nous voulons simplement repousser nos limites en tant que groupe, voir jusqu’où nous pouvons aller tout en restant honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes.

Metal-Eyes : Il ne s’agit donc pas d’enterrer votre passé – comme tu l’as dit, Sonic Syndicate est un hommage à votre histoire – simplement vous explorer en restant intègres. Et votre public, comment va-t-il réagir face à ce changement radical d’après toi ?

Nathan : Nous savons qu’il va y avoir des divisions… Tu sais, la communauté metal peut être très dure… Les fans ultimes… Si tu es fan de death, ce sera à vie… Certaines personnes sont dans cet esprit  et mon message à leur encontre est « profitez des anciens albums de Sonic Syndicate et si vous pouvez trouver dans ce nouvel album quelque chose que vous appréciez, tant mieux, on cherche simplement à écrire de bonnes chansons. » Mais, nous, nous grandissons. Nous avons commencé avec in Flammes, Pantera, Slayer, comme n’importe quel autre metalhead. La musique évolue, aujourd’hui. Les gens écoutent tant de choses différentes et sont influencés par un tel nombre de groupes… Je pense qu’il s’agit avant tout de comprendre notre manière d’écouter et de consommer la musique. Nous ne sommes que des fans de musique qui faisons de la musique. Nous ne sommes pas différent de n’importe quel auditeur de musique, nous créons simplement notre truc en utilisant ce qui nous influence. Et faisons ce que nous aimons. Dans les faits, j’ai parlé à des fans de Sonic Syndicate, ils évoluent aussi. Avant, tu économisais et tu te rendais chez ton disquaire pour acheter un album que tu passais en boucle, avec tes potes. Aujourd’hui, tu es chez toi, on t’envoie un lien, tu écoutes, puis tu t’interresse aux artistes similaires proposés par la plate-forme… Et au final, tu t’écartes de plus en plus de ce que fait le groupe originel. Le neuvième morceau que tu vas écouter ne seras pas ton préféré, mais sans doute vas-tu te dire « j’aime vraiment cette chanson ». Et avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves avec un playlist de genres complètement diversifié. C’est ce que nous faisons : être un groupe moderne qui diversifie ses horizons. Il y a de la place pour ça dans l’industrie musicale aujourd’hui.

Metal-Eyes : C’est ce qu’on appelle être ouvert d’esprit, je pense. Comment décrirais-tu ce nouvel album à ceux qui découvrent Sonic Syndicate avec Confessions ?

Nathan : C’est un album très mélodique. Nous avons cherché à écrire de bonnes chansons de rock. Au départ, nous sommes un groupe de metal et il y aura toujours de traces de cela, dans nos chansons ou dans nos performances scéniques. En gros c’est de la musique moderne pour les amateurs de musique moderne qui aime le rock et le metal.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retrenir qu’un seul morceau de Confessions pour illustrer ce qu’est Sonic Syndicate aujourd’hui, ce serait lequel ?

Nathan : Je dirais That’s why we really start a war, le premier single qui donne le ton de l’album mais aussi qui a un sens plus profond que le reste de l’album. L’album traite d’honnêteté vis-à-vis de soi, de nos carrières, de faire ce qui te plait. Mais, nous avons découvert que la vie est courte et qu’il est primordial de faire ce que tu aimes. Comme je l’ai dit plus tôt, nous trouvons tous un certain confort à marcher le long du même chemin. Cela peut être moi, dans la musique, ou toi, dans ton travail quotidien, tu ne vis pas ta vie à fond, tu n’es qu’un passager de cette vie. Parfois, tu peux te rendre compte que tu ne fais pas exactement ce que tu veux faire. Il faut avoir une sorte de révélation pour pouvoir  sortir du moule , être heureux et prendre les rennes pour aller où tu veux te rendre. Autrement, ce sont les autres qui prennent le volant pour toi. That’s why we really start a war, c’est nous, dans nos guerres interieure et exterieure, simplement en tenatnt de faire ce que nous rend heureux. Ce message s’adresse à n’importe qui, pas satisfait : la vie ne fait que passer devant nous, si vous voulez  changer, la seule personne qui le puisse est vous-mêems, à la condition de commencer cette guerre.

Metal-Eyes : Vous allez tourner avec Amaranthe en France. Comment avez-vous monté cette affiche commune ?

Nathan : Nous les avons simplement contactés… Nous sommes amis, à Helsinki nous trainions ensemble backstage, nous avons joué sur quelque festivals ensemble en Suède, et nous nous sommes découverts des points communs: notre cursus “metal”, par exemple, et chacun ose faire son propre truc. Eux écrivent des chansons très catchy, dansantes, appelles ça comme tu veux… Je ne pense pas que les étiquettes aident l’auditeur… Et nous faisons pareil, ce que nous voulons, et nous savons que nos fan-bases aiment explorer différents types de musique. Les fans d’Amaranthe ne vont pas écouter seulement du Slayer, ils s’intéressent aussi à Katy Perry, Brintney Spears, mais aussi Soilwork, Mnemic… C’est pareil pour les notres, et je pense que ça va être un super package pour les spectateurs.

Metal-Eyes : Quels sont vos projets à l’issue de cette tournée ?

Nathan : La tournée va durer jusqu’à Noël, nous prendrons un break, et j’espère pouvoir passer du temps en famille en Angleterre, et ensuite, on a déjà des dates prévues pour 2017 : une petite tournée en Finlande, les festivals d’été commencent à arriver aussi… Notre label a un bon réseau de distribution – Sony gain – et ils nous poussent vraiment à nous investir aux USA. J’étais à Los Angeles il y a quelques semaines, et nous voulons vraiment tenter d’y percer. C’est un de nos gros objectifs.

Metal-Eyes : Une dernière chose, puisque nous parlons de lieux que vous souhaitez connaitre : y a-t-il des endroits où tu voudrais vraiment pouvoir te produire, ou simplement visiter ?

Nathan : Tu peux facilement voir où les gens écoutent notre musique, via Facebook, par exemple. On a des contact au Mexique, en Amérique du Sud, et tout le monde dans le groupe voudrait vraiment aller en Amérique du Sud et voir comment ça se passe là-bas. J’adore aller dans des endroits différents, les fans sont différents partout, en France, en Allemagne… Nous n’étions jamais allés en Chine, et nous y étions le mois dernier. Une belel expérience. La première fois que nous sommes allés en Russie, ça a été une vraie claque. Oui, l’Amérique du Sud serait vraiment bien !

 

Photo de la semaine: CAVALERA CONSPIRACY

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Je n’ai rencontré Max Cavalera pour la première fois qu’au Hellfest 2015 pour une interview fleuve de 5 minutes (oui, cinq!), une heure avant que le gaillard, adorable, ne monte sur scène avec son frère et leur Cavalera Conspiracy, une des projets de Max parallèle à Soulfly. Sans jamais avoir été un grand fan de Sepultura, trop rugueux pour moi, je ne pouvais passer à côté de cette opportunité de pouvoir shooter ce géant de petite taille. Les tons verts évoquent cette nature qui lui est chère – à moi aussi! – et, pour ceux qui se posent la question, il suffit de constater que, oui,Max continue de ne jouer que sur 4 cordes! Ce cliché à été réalisé à 400 ISO, à la vitesse de 1/500 de secondes pour une ouverture de F/6,3. J’ai utilisé un objectif Sony 55-200 mm au plus près, donc 200 mm.

BARB WIRE DOLLS: Desperate

Barb-Wire-Dolls-2016Metal/Punk (?), Grèce (UDR, 2016)

Barb Wire Dolls, un nom qui vous est sans doute déjà familier? Le groupe formé en Grèce vient de publier son 3ème album, Desperate, après Fuck the pussies en 2011 et Slit en 2012. Il aura donc fallu 4 années à Isis Queen et sa troupe, repérés par Mr Lemmy himself, pour nous offrir cet album paru chez UDR qui, décidément, a décidé de se diversifier. Personnellement, je ne sais pas si c’est la meilleure politique commerciale, mais cela, l’avenir nous le dira. Revenons au sujet principal: ce Desperate nous présente des aspects grungy , Isis adoptant un chant punkisant, hargneux, qui se veut quelque peu irrespectueux. Le look des musiciens est à l’identique. Jusque là, BWD n’invente rien. Musicalement… non plus, l’ensemble manque de pêche, reste dans une veine pop rock ou gentiment punk. Si Drown est une ouverture joliment entraînante, la suite évoque ici Police (Surreal), un sombre Nirvana (Desperate, ça tombe bien!). C’est sympathique, mais… il faut attendre Darby crash, qui suit une ballade 1000 fois entendue (I will sail), pour qu’enfin les choses commencent à bouger sérieusement avec ce titre ouvertement punk. Dommage, c’est le 8ième… Quelque chose cloche, car, dans le fond, les guitares sont bien présentes et cherchent à tout ravager, et le groupe veut marquer. Mais, quoi? C’est sans doute la faute à une production qui rend cet album quelque peu trop « radio friendly ». Dans l’ensemble, ce Desperate se laisse donc écouter aisément sans toutefois être vraiment marquant. Sans être un faux pas du label, c’est un pari qui me semble sans grand intérêt.

Note : 6/10

Titre que je retiens; Darby crash

TARJA: The shadow self

shadow-self-tarja 2016Metal, Finlande (E.a.r music, 2016)

Après un remarquable Colours in the dark et sa couverture flamboyante, Tarja revient avec The shadow self, album au visuel sobre, uniquement composé d’ombres et de lumières. Question: le contenu musical est-il aussi contrasté? Dès la première écoute, une chose semble évidente: Tarja, si l’on reconnait son style aisément, n’aime pas se répéter. Elle apprécie d’entraîner l’auditeur en terrain à la fois familier et partir en explorer d’autres. Innocence, parfait titre pour débuter ses prochains concerts, a des relents pop, la voix de la belle étant mise en lumière par les claviers et des chœurs légers. Le break, divagation pour piano solo, est suivi d’une reprise musicale évoquant une BO de film. Cette impression revient régulièrement (Supremacy, The living end ou Undertaker), mais Tarja sait aussi surprendre et prendre le risque de dérouter, comme avec Demons in you, qui débute avec une guitare très funky avant de devenir grosse et monstrueuse. Le chant plus pop que lyrique rencontre même ici son double démoniaque puisque des growls malsains viennent gêner la pureté du chant de la belle. Cet album est plein de surprises et nombre de titres de The shadowself semblent être le pendant de chansons figurant sur Colours in the dark: Demons in you évoque Victim of ritual, Supremacy rappelle les airs James Bondien de Deliverance, tandis que Diva pourrait être la suite de 500 letters et Falling from the wild a la sauvagerie et la rugosité de Never enough. Chacun de ces titres développe cependant une personnalité qui le rend unique. Tarja se fait aussi personnelle comme sur le très rock No bitter end, véritable appel au pardon (« Il y a une route pour chacun, car tous les cœurs peuvent pardonner ce qui a été fait, un vœu pieux, pour changer ») ou se fait règlement de compte, et c’est une évidence avec Diva (« On peut en rire maintenant, je me moque de poignards brûlants, de ceux qui me maudissent, me façonnent. Les lames se retournent contre vous »). Tarja pourrait se reposer sur ses acquis, sur ce que son public aime, mais non, elle réussit encore à surprendre, étonner et varier les plaisir. On ne peut pas dire que ses albums se suivent et se ressemblent, non, et The shadow self est là pour le démontrer. Un album aboutit, varié qui offre une belle palette musicale. En deux mots: une réussite.

Note: 9/10

Titre que je retiens: No bitter end

MUDDY ESCAPE: Bad drip

muddy escape 2016Metal expérimental, France (Penos records, 2016)

Ouh là! Des allumés qui se sont échappés! D’où, je ne sais pas… C’est quoi cet ovni? Muddy Escape nous propose un Ep 5 titres complètement barré – en tous les cas, c’est ce que laisse croire ce melting pot auditif inclassable qu’est Big brother qui introduit ce disque, seconde offrande des Lyonnais. La suite ne fait que confirmer de sentiment. Lire la suite

LE BAL DES ENRAGES – TriptyK live

le-bal-des-enrages-triptik cd1-2016Punk, Rock, Metal… France (At(h)ome, 2016)

C’est désormais un rendez-vous incontournable que Le Bal Des Enragés nous propose. Tous les 3 ans, la joyeuse troupe composée de musiciens d’horizons variés (Lofofora, Tagada Jones, Parabellum, Loudblast…) se retrouve pour foutre le bordel sur un peu toutes les scènes possible au son de nombre de standards du rock énervé. Lire la suite