STEVE’N’SEAGULLS Live à Blois (Chato Do) le 29 nov. 2016

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Direction, ce soir, le Chato Do de Blois pour voir nos fermiers finlandais préférés sur scène. Ce concert affiche – comme tous ceux (sauf 1) de cette tournée française de Steve’N’Seagulls – complet. En arrivant sur place, une surprise m’attend : le groupe joue sur la petite scène, dans un espace pouvant accueillir environ 120 spectateurs. Un choix du management, m’informe Pukki, le contrebassiste, alors que le groupe aurait pu attirer plus de monde. Sans doute pas les quelque 600 de la grande salle, mais quand même. Résultat, il faut jouer des coudes pour pouvoir passer mais ça fait partie du jeu.

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Venu de Tours, Dark Wooden Cell est un trio acoustique. « On a 30’ pour vous faire aimer le hard rock avecdes petites guitares », annonce son chanteur armé d’un ukulélé. Dès lors, c’est parti pour un jeu de piste, une série de devinettes musicales pour connaisseurs. Le hard rock, je connais un peu, mais là, je me pose des questions : en une demi heure, je n’ai reconnu que 3 chansons (Runaway, Welcome to the jungle et Wasted years, respectivement de Bon Jovi, Guns n’Roses et Iron Maiden) mais uniquement grâce aux paroles. Certainement pas la musique qui est tellement déformée qu’il est impossible ou presque de reconnaître le reste. Résultat: un concert pas intéressant.

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La contrebasse à elle seule occupe un bon quart de la minuscule scène. Lorsque Steve’N’Seagulls investit les lieux, il semble difficile de ne pas se bousculer. Pourtant, le manque de place n’empêche pas les musiciens de bouger – comme ils peuvent – et de proposer un set efficace. Même les non connaisseur de ces standards du metal ne peuvent résister longtemps à la bonne humeur communicative de Remmel, aux sourires de Pukki ou aux grimaces et mimiques improbables de Hiltunen. Herman, à chaque fois qu’il est présenté, entend le public scander son nom en roulant le R…

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Malgré une setlist raccourcie, le groupe joue la majeure partie de son dernier album, Brothers in farm, sans doute à un tempo plus élevé, me semble-t-il. C’est joyeusement fun et communicatif, et le public s’emballe et trépigne (difficile ici d’envisager un wall of death ou un circle pit !), toujours sur fond de « Herrrrman ! ». Le chant partagé à 3 est superbe, le son également, les chansons sont judicieusement choisie (les amateurs reconnaîtront aisément trois des géants du genre (AC/DC, avec  » titres, les Guns et Metallica avec 2 morceaux), et chacun peut prendre conscience de l’extraordinaire travail réalisé par ces musiciens accomplis, multi instrumentistes de talent. Il est minuit lorsque le groupe termine un long et sublime Thunderstuck, Seek and destroy conclue ce concert haut en couleurs d’un groupe que l’on souhaite revoir au plus vite, sur de plus grandes scènes ! Superbe soirée, en vérité.

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SAXON live à Paris (le Trianon, le 14 nov 2016)

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Biff Byford l’avait annoncé lors du Download de Paris en juin dernier, Saxon s’arrêterait à Paris pour une date ajoutée à la tournée initiale. Et serait accompagné de Girlschool. A cette affiche, s’est plus récemment ajouté Last in Line, transformant cette soirée en une nouvelle trilogie metallique.

Le site web du Trianon annonçait le début du concert à 20h00. C’est donc tranquillement que je me rends sur place, effectue un changement de métro à Châtelet pour me retrouver obligé de faire demi-tour car une partie de la ligne 4 est fermée pour cause de bagage abandonné. Direction le métro direct le plus proche et un peu de marche à pied. J’arrive au Trianon, la salle n’est pas complète, je retrouve les copains qui me disent du bien de la prestation de Girlschool… Hein? Oui, les portes ont ouvert à 18h30 et les écolières ont joué à 19h pendant 30′. Tout raté! Merde, mais tant pis, on mettra ça sur le dos des concours de circonstances.

Last In Line

Last In Line

Last in Line. Après le retour de Thin Lizzy, certains membres originels de Dio se sont retrouvés formant une sorte de semi tribute band. « Semi » parce que Last in Line propose aussi, au milieu de reprises de Dio, des compos originales et plus personnelles. Tous les regards se braquent sur Vivian Campbell, premier guitariste du maître parti rejoindre Def Leppard. Pouvoir le voir de si près et l’écouter dans les conditions de quasi intimité qu’offre le Trianon est un pur bonheur. Viv’ est accompagné de Phil Soussan à la basse (remplaçant feu Jimmy Bain), Vinny Appice à la batterie. On aurait volontiers retrouvé Claude Schnell aux claviers, ceux-ci sont tenus par Erik Norlander, tandis que le chant est assuré par Andrew Freeman. On les attend sur ce terrain, et Last In Line ne déçoit pas: le groupe démarre avec le classique Stand up and shout, Viv’ et Phil sont en bonne forme, et l’on fini par se concentrer sur le chant. Difficile d’interpréter du Dio sans se confronter à la comparaison. Freeman ne cherche pas à l’imiter, et c’est tant mieux. Il met simplement sa voix puissante et mélodieuse au service de ces chefs d’oeuvre sans jamais en faire trop. Après la méfiance, l’expérience devient plaisir tout au long des Straight through the heart, Holy diver, The last in line ou Rainbow in the dark. Seuls – sans doute car découverts ce soir – Devil in me et Alreday dead, deux morceaux originaux – me séduisent moins, contrairement à Stargazer qui voit Phil Soussan emporter les suffrages du public en s’adressant à lui dans un français presque parfait. Ce titre vient conclure un set hautement sympathique.

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Quelques mesures du It’s a long way to the top d’AC/DC, permettent à Saxon de prendre ses positions. D’ailleurs, notons-le, plutôt que de perdre du temps avec une intro longue d’une chanson, les Anglais préfèrent économiser ce temps afin de pouvoir interpréter un titre supplémentaire. Ce soir, comme toujours pourrait-on ajouter, Saxon est en forme. Au lendemain de la date anniversaire des attaques terroristes ayant ensanglanté Paris, et à la veille de ce qui aurait dû être, un an auparavant, avec Motörhead et Girlschool (qui devaient jouer, enfin!, ensemble au Zénith de Paris le 15 novembre 2015), on peut se demander si cette date parisienne est le simple fruit du hasard… Peu importe après tout car assister à un concert de Saxon est toujours la garantie d’une bonne soirée. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, les deux étages du Trianon étant ce soir ouverts pour une salle plus que correctement remplie. Démarrant comme souvent avec le morceau titre de son dernier album, Battering ram, Biff et sa bande enquillent avec du lourd  et du rare, comme ce Solid ball of rock, chanson issue du mésestimé album éponyme qui semble retrouver grace aux oreilles du public. Une première bonne surprise qui ne sera pas la seule puisque après le speedé Chasing the bullet, Saxon redonne vie à Stand up and be counted, plus joué depuis fort longtemps, à The eagle has landed pas systématique, ainsi qu’à Requiem (we will remember) en hommage, naturellement, à Lemmy mais aussi aux victimes du Bataclan (ce titre absent de la setlist initiale remplace ce soir Killing ground) Si SONY DSCles classiques sont évidemment de la partie (Heavy metal thunder, Strong arm of the law, 20.000 feet, And the bands played on, Denim and leather, Wheels of steel, Crusader,747 (strangers in the night), Princess of the night), le dernier né est également à l’honneur avec 3 extraits dont Queen of hearts présenté comme « The red queen » et sur lequel sont utilisés quelques samples.  Si la mise en lumière des premiers titres est décevante pour les photographes, la suite du concert est plus intéressante et lumineuse. Rien à dire toutefois au sujet du son, puissant et limpide à la fois, malgré quelques difficultés rencontrée par Paul Quinn au début de Sacrifice. On ne peut que regretter que la vraie surprise n’ai pas pu être offerte au public; malade, Fast Eddie Clarke, le premier guitariste de Motörhead, n’a pu monter sur scène pour y interpréter Ace of spades… Reste que, ce soir, une nouvelle fois, nous avons eu un Saxon impérial, majestueux et irréprochable d’énergie. Les jeunes formations peuvent en prendre de la graine!

TARJA live au Casino de Paris (le 9 novembre 2016)

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Deux jours après avoir redécouvert cette belle salle qu’est le Casino de Paris – et pour un style à l’opposé de celui de Tarja (cf le report d’Amon Amarth), de nouvelles surprises attendent le public. Il avait été annoncé que les portes ouvraient à 18h30 pour un début de concert à 20h00. Qui ouvre? Aucune idée, mais je ne me suis pas particulièrement renseigné non plus. C’est donc, tranquillement, que j’arrive à la salle un peu après 19h00 pour découvrir le public dehors devant les rideaux toujours baissés. Ben… à quelle heure ils ouvrent? ers 19h30, le rideau se lève enfin, et, place en main, je me rends, avec les amis photographes vers les portes où un ouvreur nous demande d’attendre. Ce soir, le concert est assis, et placé. Pas complet, d’ailleurs. On nous rappelle gentiment que « les ouvreurs ne sont payés qu’au pourboire », phrase qu’on entendra plus que régulièrement. Mais quid pour les photos que nous devons faire? Depuis les sièges, éventuellement dans les allées mais sans gêner le public. OK, on se débrouillera. La sensation d’un concert de rock assis est étrange, d’autant avec un public bigarré – du couple sexagénaire de cadres au metalleux de base, tatoué, veste à patches et bière à la main, c’est un univers de contraste.

The Shiver

The Shiver

20h00, les lumières s’éteignent, des sons électroniques envahissent la salle. Un intro étrange qui cède la place à un groupe de rock qui est direct et énergique. The Shiver est un quatuor italien (semble-t-il) menée par Faith, chanteuse, occasionnelle guitariste et claviériste. Le groupe bénéficie de lights généreux et d’un son équilibré, et séduit rapidement le public. Le set d’une demi heure se termine comme il avait commencé, avec des sonorités électro, avant que les musiciens ne viennent saluer le public en lançant quelques T-shirts, baguettes et médiators. Sympa, d’autant que ce soir, sans explication, il n’y a aucun stand de merchandising.

SinHeresy

SinHeresy

Quinze minutes plus tard, la scène changée, floquée de chaque côté du logo du groupe, SinHeresy déboule. Etonnant de voir deux chanteurs littéralement opposés en tout sauf vocalement: une chanteuse, Cecillia Petrini, tout en finesse et un chanteur, Stefano Sain, une boule énorme. La surprise du clash physique passée, c’est la musique qui parle. Le groupe italien (encore? Oui) propose un heavy metal symphonique qui met largement en avant les voix puissantes et complémentaires de ses deux chanteurs, . Les autres musiciens occupent parfaitement un devant de scène en changeant de place, offrant des duos, présentant, tous, une belle complicité. Cecillia s’adresse au public avec quelques mots de français mais fait surtout souvent part de sa joie et s’enthousiasme facilement, comme après ce titre acoustique (aucune idée de la setlist, pardon) quand elle lance un « I’m happy! » le sourire jusqu’au oreilles. Sinheresy constitue ce soir une belle découverte qui donne envie d’en connaitre plus sur ce groupe prometteur. A suivre, donc.

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Le public, toujours assis, accueille la maîtresse de cérémonie, qui, toute de noir vêtue, arrive après ses musiciens et ouvre son concert avec No bitter end. Comme à son habitude, Tarja sait, par sa gestuelle et l’expression de son regard, faire comprendre très rapidement au public à quelle point elle est touchée, heureuse d’être là, émue. Et le public lui donne raison, même s’il reste poliment assis! Il y a un peu de changement, toutefois à noter, principalement dans la disposition scénique puisque Max Lilja, le violoncelliste est désormais placé au centre de la scène, sans siège ce qui le rend plus mobile et visible. L’espace qu’il occupait précédement est quand à lui occupé par la claviériste Ckristian Kretshmarr. Tous deux, ainsi que l’inusable Alex Scholpp à la guitare, sont les plus fidèles lieutenants de Tarja. Car, oui, l’immense batteur Mike Terrana a quitté le navire et le bassiste est également nouveau. Huit titres extraits de son dernier album, The shadowself, sont proposés ce soir, c’est dire la confiance qu’a la belle en ce dernier album (No bitter end, Demons in you, The living end, Calling from the wild, Love to hate, Undertaker, Too many et Innocence), faisant la part belle au précédent opus également (500 letters, Lucid dreamer, Victim of ritual et d’autres sous forme de medley). Soit 11 titres plus deux medleys – dont un composé de 4 titres de Nightwish –  sur un total de

15 chansons interprétées. Reste 2 morceaux de ses autres albums. La mise en lumières est parfaite, le son, excellent sans être trop fort – agréable d’assister à un concert sans bouchons d’oreilles parfois… – et la complicité avec le public forte. Tarja aime lui parler, expliquer, comme pour introduire Calling from the wild, une chanson « pour notre

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mère nature qui ne va pas bien. Je peux faire quelque chose pour l’aider, nous pouvons tous faire quelque chose pour l’aider ». Calling… se termine par un long final instrumental, brutal qui permet à la chanteuse d’aller se changer une première fois. Elle conserve son rythme de 3 tenues par concert, et ce soir (trois tenues sombres), en robe, parviendra, en sautant sur Victim of ritual, à casser un talon pour finir pieds nus. Le temps d’installer le set acoustique, Tarja remercie Paris de l’accueillir depuis 20 ans. Puis, après Too many, les musiciens quittent la scène l’un après l’autre avant de revenir l’espace d’un rappel de trois chansons qui, enfin, voit se lever le public. L’ambiance devient, enfin, celle d’un vrai concert de rock. Une nouvelle fois, Tarja a offert un beau concert, chaleureux et réussi.

AMON AMARTH live au Casino de Paris (le 7 novembre 2016)

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Après un Jomsviking particulièrement remarquable et deux prestations festivalières (Download Paris et Hellfest) en juin dernier, il devenait urgent de pouvoir retrouver les vikings d’Amon Amarth sur scène en salle. Le 7 novembre, rendez-vous est pris au Casino de Paris, salle dans laquelle je n’avais pas remis les pieds depuis, si mes souvenirs sont bons, 1986 avec Twisted Sister. Velours rouge, lustres et jolies lumières, le lieu dénote quelque peu avec le public présent, c’est évident. Metal et belles salles font pourtant souvent bon ménage. Seuls hics – auquel il faudra remédier: aucun lieu n’a été prévu pour les fumeurs qui se retrouvent parqués à l’intérieur. Toute sortie est définitive… Ensuite, il n’y a qu’un seul bar qui est rapidement saturé et, surtout, qui se retrouve, avant même que la tête d’affiche ne monte sur scène, dans l’impossibilité de servir ne serait-ce qu’une bière! Les stocks de canettes sont épuisés ! Jamais vu ça depuis 40 ans de concert! Passons.

Grand Magus

Grand Magus

L’affiche de ce soir est attirante (environ 1500 fans se sont donnés rendez-vous) puisque, tout d’abord, sont invités à ouvrir les Suédois de Grand Magus. Le trio bénéficie de peu d’espace scénique – la batterie est collé en devant de scène, forçant chacun des protagonistes à demeurer dans son pré carré – mais s’en tire cependant avec les honneurs à plus d’un titre. D’abord, le trio propose un heavy metal traditionnel, entraînant, chantant bien que parfois teinté d’influences doom. Janne Christoffersson (chant et guitare) est en voix et se charge d’augmenter le capital sympathie acquis auprès du public en s’adressant toujours à lui avec le sourire et très souvent en français. Sword Songs, le dernier album en date paru en 2016, n’est pas particulièrement mis en avant – un seul titre en est extrait – plus du fait du peu de temps dont dispose Grand Magus qu’à cause de l’album lui même. Les 7 titres joués ce soir reflète cependant l’ensemble de la carrière d’un groupe qu’on aimerait voir bientôt plus haut sur l’affiche. En tout cas, l’amuse-gueule met en appétit!

Testament

Testament

On pourrait penser la même chose de Testament qui suit. Les Américains connaissent bien la France mais n’y jouent pas assez en tête d’affiche. Tant pis, on se contente de ce que l’on a, car à chaque fois, les thrashers d’Oakland mettent le feu. Ce soir, personne n’échappe à la règle. Avec un album de la trempe de Brotherhood of the snake, ce serait d’ailleurs dommage… D’ailleurs, la sécu est rapidement débordée, tant et si bien que le responsable décide de faire sortir les photographes après deux chansons seulement au lieu des 3 habituellement accordées. Car dès l’arrivée sur scène de Chuck Billy et les siens, dès que démarre Brotherhood of the snake, ça slame dans tous les sens. Difficile de ne pas se méfier de ce qui arrive au dessus de nos têtes! L’espace de dix morceaux – dont on regrettera l’absence de Pratcice what you preach, classique parmi les classiques (on ne peut contenter tout le monde en 50′) – malgré des lumières pas toujours optimisées, Testament s’est une nouvelle fois donné à fond, explosant tout sur son passage. Sur Into the pit, Chuck Billy demande au public un circle pit. Exécution, malgré l’étroitesse de la fosse! Un belle bonne grosse claque. Qui donne soif, mais… la queue devant le bar décourage et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a déjà plus une goutte de bière!

AMON AMARTH

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Avant que la salle ne soit replongée dans le noir, LA question consiste à savoir quel sera le support de la batterie? Drakar? Dragon? Non, il serait étonnant de pouvoir ne faire tenir que l’un de ces monstres vus l’été passé sur scène… Le décor et dévoilé, et c’est un gigantesque casque qui fait office de promontoire et de chemin de ronde dont les orifices diffusent une lumière aux couleurs variantes. Le concert sera de plus animé de diverses manières, dont de nombreux – une demi douzaine au bas mots – backdrops. Le décor est certes important dans la scénographie d’un groupe comme Amon Amarth, cela ne se fait toutefois pas au détriment d’une setlist de qualité ou du spectacle proposé au public. Le son, d’abord est énorme, les lumières splendides. Ensuite, il semble évident que le groupe est fier de son dernier album puisque ce sont 6 extraits qui sont ce soir proposés au public (dans l’ordre d’interprétation: First kill, The way of the vikings, At dawn’s first light, On a sea of blood, On thousand burning 

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arrows et Raise your horns en premier rappel) soit plus de la moitié de Jomsviking. Enfin, tout au long du show, des vikings interviennent, illustrant certains titres: combat d’hommes en cotes de mailles sur The way of the vikings, deux archers sur One thousand burning arrows, une représentation de Loki, le maléfique demi frère du dieu Thor, sur Fatherof the wolf et, pour terminer, un gigantesque serpent de mer (gonflable) sur le dernier rappel, Twilight of the thunder god. plein les oreilles, plein les yeux, Amon Amarth est de plus en plaine forme. Johann Hegg très en voix est royalement soutenu par Olavi Mikkoonen, Johan Söderberg et Ted Lundström (respectivement aux guitares et à la basse) qui, tous 4, investissent chaque recoin de la scène, utilisent le chemin de ronde en allant saluer régulièrement Tobbias Gustafsson au dessus de sa batterie, haranguant la foule en (plus que) délire qui donne aux 4 gars de la sécu le tournis à force de surfer sur le public. Show impeccable, public à fond, ambiance du feux des dieux nordiques, Odin et les siens peuvent être fiers et satisfaits. Un concert impeccable!

 

SIDILARSEN et Severny Flot Live (Paris, le Divan du Monde, le 11 octobre 2016)

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Commençons par le désagréable: on va les remplir quand, ces salles de concerts? A peine plus de 250 personnes présentes au concert de Sidilarsen à Paris, c’est presque un scandale. Ce groupe mériterait amplement de jouer sur de scènes plus grandes, un Trabendo au minimum, un Elysée Montmartre, un Trianon, un Bataclan, aussi. Bougez-vous, ou alors, ne venez pas, demain, vous plaindre qu’il ne se passe plus rien à Paris!
SONY DSCDonc, peu de spectateurs se présentent pour assister au concert des moscovites de Severny Flot. Le quatuor s’installe tranquillement sur scène, et dégaine rapidement un metal couillu et varié. Le quatuor puise son inspiration dans de nombreux styles, et déménage bien grâce à un guitariste soliste impressionnant (et un claviériste d’une « discrétion » telle qu’il en est invisible…) Les influences slaves sont, évidemment, au rendez-vous, tout autant que du thrash, du punk ou du metal plus fin. Si on tape du pied, j’ai rapidement l’impression que Severny Flot a plein d’idées mais ne parvient pas à les exploiter à fond. Souvent, le milieu des chansons se fait lassant, navigant entre deux eaux… Hormis cela et quelques problèmes de guitare, le set est efficace, le chanteur remerciant le public en français, anglais, espagnol ou allemand… et se termine par deux titres carrément punk/thrash.

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SONY DSCSidilarsen subit un retard de 15′ à cause de difficultés lors du changement de plateaux. Mais dès l’arrivée sur scène des Toulousains, c’est la guerre! Le public pogote et saute en tous sens. deux écrans encadrent la batterie et seront utilisé efficacement tout au long du concert. Didou, atteint d’une bonne crève, arrive encapuchonné dans un sweat shirt qui cache son visage le temps des premiers morceaux, au cours desquels il saute et s’offre même une session de stage diving. Viber, qui partage le chant en plus de tenir la guitare, accompagné de Berben (guitare), Fryzzer (basse) et Sam (batterie) donnent également tout ce qu’un groupe de rock devrait donner à son public: de l’énergie, de la rage, de la sueur. Sidi convie même Poun, un des vocaliste de Black Bomb A, à venir partager le chant quelques instants sur Walls of shame avantSONY DSC d’organiser un (mini) wall of death afin de « casser ce mur de la honte ». Suit un solo de batterie aux accents électro comme les aime Sidi, qui n’hésite jamais à se faire aussi rugueux que dance. Tiens, justement, c’est Dancefloor bastards, leur dernier album, qui est à l’honneur. Le public est invité à chanter sur le morceau éponyme et (au moins) six morceaux sont extraits (Spread it, Dancefloor bastards, Guerres à vendre, Walls of shame, Méditerrannée damnée, 1976) de ce dernier et
superbe disque. Trop tôt arrive le rappel. Le public reprend à l’unisson le chorus de Des milliards. Les musiciens posent tour à tour leurs instruments, laissant le public terminer ce concert: « Nous sommes des milliards contre une élite / Impossible qu’ils nous évitent » alors que des visages défilent par milliers, milliards, sur les écrans. Impressionnant, tout simplement. Un superbe concert, malheureusement desservi par un public trop peu nombreux.

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ZODIAC, RAVENEYE, et HONEYMOON DISEASE à La Flèche d’Or, le 3 octobre 2016

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Les amoureux de sonorités 7O’s sont servis ce soir, avec la présence de trois formations typées Roots qui se livrent à la Flèche d’or, pour une soirée européenne.

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Les Suédois de Honeymoon Disease ouvrent le bal à 19h30 et nous livrent une bonne demi-heure durant un set énergique qui évoque autant AC/DC que le boogie chaleureux de Status Quo. La chanteuse/guitariste, Jenna, s’exprime souvent dans un Français plus que correct, présentant le nouveau bassiste du groupe, Cédric, un français, justement, qui accompagne l’autre guitariste, Acid (à la Flying V presque plus grande qu’elle) qui n’hésite pas à venir fendre le public – seulement freinée par un cable bien trop court pour s’écarter de plus d’un mètre de la scène! – et le batteur Jimi une demi heure durant. Un set efficace et une mise en bouche très agréable.

RavenEye

RavenEye

J’avais rencontré Oli (chant et guitare) et Aaron (basse) lors du dernier Hellfest, et ai, ce soir, pu interviewer le groupe au complet (avec, donc, le batteur récemment arrivé, Adam). RavenEye vient de publier son premier album, Nova, et est très en forme au moment de le présenter au public. Pendant près de 45′, le trio assène son hard rock 70’s teinté de relents de ce grunge qui a accompagné les musiciens qui le forment. Olie pose sa guitare, laissant, le temps d’une chanson, Aaron s’occuper de l’aspect « cordes » avec sa seule basse, puis, plus tard, monte sur les épaules d’un Aaron décidément très sollicité afin de faire, eux aussi, une petite escapade dans le public. Même si ce premier album ne reflète pas encore toute la personnalité de RavenEye, les Anglais sont parfaitement à l’aise sur scène.

 

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Zodiac

Cette dernière est rapidement débarrassée de la batterie des premières parties, laissant plus de place aux maîtres de cérémonie, Zodiac. A 21h30, les Allemands investissent les lieux sur une intro à la Terminator. Puis démarrent sur les chapeaux de roues avec un Rebirth by fire à deux voix rentre dedans. Cinq ou six morceaux durant, les gars rentrent dans le lard, Staphen Gall s’entrainant, dès que possible et de manière fort sympathique, au français qu’il maîtrise plus que bien. Animal, Free, Ain’t coming back… cèdent la place à Blue jean blues, une reprise de ZZ Top, un… blues qui ralentit le tempo permettant à chacun de souffler un peu. Horror visison, plus roots et rageur suit avant que Zodiac ne freine de nouveau avec une autre reprise: Cortez the killer, originellement écrite par Neil Young. Cette ballade qui monte en puissance offre aussi quelques longueurs, mais c’est bien le seul faux pas de ce concert qui repart de plus belle avec le très rock Diamond shoes, sur lequel deux couple se mettent à danser un rock endiablé. Le quatuor dépoussière ensuite Upon the stone, un titre de son premier album, avant de faire le grand écart et conclure avec le morceau éponyme de son dernier album, Grain of soul, dont pas moins de 6 titres auront été présentés ce soir. Enfin, après un long rappel (Coming home), Zodiac salue ce public  venu trop peu nombreux. Encore une fois, les absents ont eu tort car non seulement l’affiche valait le détour, mais en plus, découverte pour moi ce soir, la Flèche d’Or est une salle très agréable.

 

 

MYRATH au Divan du Monde de Paris, le 23 juin 2016

 

C’est dans un Divan du Monde transformé en palais tunisien décoré de murs de stuc que Myrath a choisi de nous convier ce soir. Juste après les Download et Hellfest, on aurait pu se demander si le public répondrait présent. Pour cette première date parisienne en tête d’affiche, le combo franco-tunisien fait salle comble. On joue à guichets fermés, et c’est tant mieux! Prometteur, aussi.

Personne ne sait qui est prévu en ouverture. Qantice, groupe de prog hexagonale qui a déjà enregistré deux albums – The cosmoscenery et The pantonauts – a été retenu pour chauffer le public. Les connaisseurs le savent: ce groupe évolue dans un hard rock progressif qui se distingue par la mise en avant des violons qui apportent une tonalité toute particulière à sa musique. Mais ce soir, à l’étroit, ce qui marque d’emblée c’est le look du guitariste, Tony, tout de blanc vêtu, portant des bottes de motard lui donnant des airs de cosmonaute. Sans conteste mis en avant, il égrène ses notes soutenu par son chanteur David Akesson. ça passe, aisément, sauf la trop longue ballade. Le groupe ne peut s’exprimer autant qu’il le souhaite mais marque quelques points ce soir.

QANTICE

QANTICE

Toutefois, si le public s’est déplacé, c’est bien pour Myrath. Plutôt que de foncer dans le tas, les Tunisiens donnent le La dès l’introduction de ce concert dispensée par une violoniste et une danseuse orientale. Puis, sans un temps morts (presque, nous y reviendrons), Zaher Zorgatti et sa bande débarquent sur une scène évoquant leur Tunisie natale. Naturellement, Legacy, le dernier et superbe album est mis en avant, tout autant que son prédécesseur, Tales from the sand,et les gars se détendent rapidement. Quelle bonne idée d’écarter ton pied de micro, Zaher! Joli, mais encombrant. Si Malek Ben Arbia, le guitariste, est appliqué, Zaher est de plus en plus détendu. « On vous a apporté le soleil de Tunisie. Mais même pour nous, il fait très chaud! » Oui, il fait chaud, le thermomètre affiche facilement 30° (incroyable, non?) Au point que  Zaher change régulièrement de tenue et que Morgan, le batteur, se voit dans l’obligation après une heure de concert de quitter son poste sans explication aucune. Besoin urgent? Ras-le-bol? Kevin Codefert vient enfin annoncer le pourquoi: il fait simplement trop chaud, et le batteur a besoin de se réoxygéner. Malek nous propose une petite démonstration de guitare, pour combler ces longues minutes. Mais au delà de cet incident bien involontaire, ce que l’on retiendra de cette soirée est le soin que Myrath apporte à sa mise en scène: au delà du décors, ce sont les interventions des danseuses orientales dont le rôle illumine la musique, les lights travaillées et la chaleur et le naturel de chacun des musiciens. Pour une première tête d’affiche, Myrath a fait très fort. Une première à confirmer avec plus de dates et un retour – discographique et scénique – rapide. Ne nous faites pas attendre 4 années supplémentaires, svp, et venez nous voir en dehors de Paris.

MYRATH

MYRATH

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HELLFEST 2016: Back from hell (Clisson les 17,18 et 19 juin 2016)

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Ouf, on l’a échappé belle… En ce lundi 20 juin, le retour du Hellfest – à la météo bien plus clémente qu’annoncée  malgré un vent froid, très froid, en soirée, c’est sous une pluie battante et irrégulière que je rentre à Orléans. Mais n’allons pas trop vite, revenons sur trois jours de fête du metal et commençons par le commencement.

Jeudi 16 après midi, me voici reparti pour une nouvelle aventure clissonnaise. Je dois avouer que lorsque l’affiche fut révélée, j’ai fait la fine bouche. Puis, au fur et à mesure que les infos tombaient, que j’organisais mon planning perso, les créneaux disponibles pour me poser un peu fondaient comme neige au soleil.  En tout cas les vendredi et dimanche, et, au final, ma moue s’est transformée en sourire de satisfaction: oui, c’est encore une superbe et riche affiche que nous propose le Hellfest pour sa onzième édition, intitulée Bloody Hell. Mais une inquiétude vient gâcher ce plaisir: la météo, de nouveau capricieuse et qui a quelque peu perturbé les festivités parisiennes une semaine plus tôt. Le trajet jusqu’en Bretagne est aujourd’hui régulièrement entrecoupé de gros épisodes pluvieux mais j’arrive sans encombre ni  embouteillage au parking que j’appelle « des vignes ». De nombreux véhicules, camping-cars et tentes sont déjà présents et installés.

Une fois mon bracelet récupéré, je me dirige vers le Metal Corner pour changer et charger mes cartes Cashless. Un peu d’attente, et c’est parti pour une première prise de température du site, dont la rue donnant accès à la cathédrale a été repensée, et présente un premier hommage à Lemmy. Puis je fais un tour à l’extreme market où, comme d’habitude, je ne cherche rien de particulier et, donc, risque fort de trouver quelque chose, et m’en retourne tranquillement vers mes pénates faire connaissance avec mes voisins avant de prendre un peu de repos. Place maintenant au Hellfest.

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VENDREDI 17 JUIN 2016

SONY DSCBloody Hell, c’est parti. Trois journées de fête du metal sous toutes ses formes. Car c’est bien ce qui rend le Hellfest particulier, tant pour les festivaliers que pour les musiciens: tout le monde trouve sa place, tous les styles sont représentés. Cette année, si la fête bat son plein, je relève un point de frustration et de déception: les grosses, énormes difficultés que les photographes accrédités rencontrons pour accéder aux deux Main Stages. Plus a journée avance, plus, naturellement, le public se fait dense et plus il est difficile et, surtout, désagréable de se frayer un passage, devant même subir les insultes des festivaliers pour qui ces bousculades n’ont rien de plaisant non plus. Ainsi, nous sommes plusieurs à partir de 16h à faire l’impasse sur tel groupe pour patienter – en discutant, piquant un roupillon, ou rigolant – afin de pouvoir shooter tel autre groupe. Ainsi, donc, cette difficulté de circulation (que l’organisation n’a, semble-t-il, guère envie de changer) nous force à faire l’impasse sur un certain nombre de groupes. Notons tout d’abord que le site a pensé à améliorer un point clé: l’accès à la Warzone. Loin du goulot d’étranglement de l’an dernier, l’accès est large, facile. Une statue à l’effigie de Lemmy domine la zone réaménagée en une sorte de camp de prisonniers ou punks et coreux de tout genre se réunissent dans un esprit toujours bon enfant. Hormis ce gros chantier, la déco reste plus ou moins identique, sauf pour l’apport de The Descent, un traversée en tyrolienne qui passe devant les mainstages et du côté VIP/Espace média où quelques nouveautés sont apportées. On peut comprendre que certains comparent le site du Hellfest à un Disneyland du metal,simpelment, c’est l’esprit de ce festival qui met en avant le travail de certains artistes qu’on ne pourrait voir ailleurs. Au moins, le site se renouvelle d’année en année.AMBIANCE 17-Marc-Patrick-Gatling

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Witches

Witches

Reste que, ce Bloody Hell, d’un point de vue artistique, tient toutes ses promesses.  Hellfest 2016, ce sont bien sûr des concerts. En nombre, et peu m’ont déçu.  Vendredi matin, après être allé retrouver The Shrine, trio américain de heavy 70’s, largement influencé par Black Sabbath (écoutez The Vulture et vous comprendrez) que j’ai découvert une semaine plus tôt et qui termine aujourd’hui son set avec Waiting for the war, une reprise interprétée par Sagy (?), sorte d’Iggy Pop à la française « que vous connaissez tous! ». Euh, non, pas moi… Entre temps, , j’opte pour une douce fin de réveil avec les Français de Witches. Direction la Altar pour un décrassage auditif en règle. Les quatre sont en forme, ce que j’avais déjà constaté lors de l’Ultim Fest deux semaines plus tôt mais aujourd’hui, une petite demi-heure n’est sans doute pas suffisante pour convaincre, d’autant que le public n’est pas encore massif.

Je file ensuite, sous un soleil radieux, rejoindre la Main stage 1 et à quelques exceptions près, je resterais là aujourd’hui (la plupart du festival, en fait), le programme m’attirant plus qu’ailleurs. Je profite donc d’un temps un peu plus calme que nous propose Delain. Calme mais très enjoué, le groupe, qui occupe parfaitement la scène, est mené par une Charlotte qui s’adresse en français au public, séduit par une prestation trop courte et trop matinale. Delain nous promet toutefois un nouvel album pour la fin de l’été ainsi qu’une tournée à suivre.

Delain

Delain

Première déception du festival, pour des questions logistique et de sécurité, le set de Tremonti est annulé. Il semble que le groupe ait eu des difficultés à rejoindre le site, et, finalement, son set se voit recalé sous je en sais quelle tente plus tard dans la journée. Je passe donc au Hard Rock’n’roll de Nashville Pussy. Blaine Cartwright, chanteur et guitariste, annonce tout de go: « We are Nashville Pussy, and the party starts now! », Ruyter Suys, au T-shirt soigneusement découpé, fait le show, et la nouvelle bassiste, Bunny Buitrago, passe légèrement inaperçue au milieu de ce show simplement rock.

Nashville Pussy

Nashville Pussy

Tandis que je suis en interview avec Delain, j’entends Le Bal Des Enragés qui propose une set très metal, avec notamment une reprise de Ace of spades, Killing in the name et Antisocial et ne voit que la fin du set, animé, entre autres, par un Stéphane Buriez impérial. Naturellement, le groupe rend hommage à son cher Schultz disparu il y a peu.  Je reviens cependant pour découvrir un Halestorm au hard rock bluesy et racé généreusement offert par une Lzzy Hale à la voix rauque. Cependant, le solo de batterie est-il vraiment une nécessité lorqu’on bénéficie de moins d’une heure de jeu?

Mass Hysteria investit la Main 2 rapidement après. Déjà,sur facebook, circule la consigne de ne pas rater le neuvième titre, sur lequel Mouss et sa bande envisagent le plus grand Wall of death de l’histoire du Hellfest. Forcément, ça attire les curieux, d’autant que Mouss et Yann ont déjà chauffé le public en venant faire un tour en son sein réclamant un gigantesque circle pit autour d’eux. L’épreuve est difficile, et il faut quelques instants à Mouss pour reprendre son souffle (« eh, on n’a plus 20 ans! ») avant d’attaquer Une somme de détails.

Mass Hysteria

Mass Hysteria

Après cette chaude prestation, le soleil décide de venir saluer Anthrax qui offre une prestation similaire à celle d’une semaine plus tôt. Pas de surprise ici, le set est rodé et efficace, le public est massif, mais on est en droit d’attendre un peu mieux de la part des New Yorkais. Je refile ensuite en direction de la Main 2 où Turbonegro nous invite au royaume du mauvais goût et de l’approximation vestimentaire. Ici, rien de sérieux, etc’est bien ce qui fait le charme de cette formation à part. La vulgarité élevée au rang d’art, il fallait oser, peu s’y risquent, encore moins avec le savoir faire de Turbonegro dont les Turbojugend ne ratent pas une seconde.

Turbonegro

Turbonegro

Une petite escapade du côté de Altar me permet de voir pour la première fois Sacred Reich, un des éternels espoir de la scène thrash US. Ca commence tendrement pour finir en explosion sonore sur fond d’embrassades. Car dans ce monde de brutes, le chanteur fini par demander à chacun de se tourner vers son voisin pour lui offrir la douceur d’un câlin. Comme à la messe, et cette fête de l’enfer devient un havre de paix. Moment d’émotion tandis que pas très loin, The Melvins nous souhaite la bienvenue à sa façon (« Welcome to this concentration camp you call Hellfest! ») et nous propose un concert baigné de lumières rouges omniprésentes. Je n’ai jamais vraiment compris ce groupe,et ressort dubitatif pour retrouver une pluie qui tombe dru.

Sacred Reich

Sacred Reich

The Melvins

The Melvins

Après une petite pause me permettant de récupérer mon fils qui vient de passer sa dernière épreuve de bac, je file voir Bobby Blitz et son Overkill explosif. Rotten to the core, Feel the fire ou Fuck you font toujours le même effet, celui d’un poing reçu en plein ventre qui te coupe le souffle.

Overkill

Overkill

Puis vient le gros morceau: Rammstein. On ne circule plus sur le site tant la foule est dense au moment où commence le décompte de la dernière minute. Y a-t-il seulement encore du monde près des autres scènes? Un tel groupe propose un spectacle réglé au millimètre près, et c’est sans surprise que l’on retrouve les mêmes artifices qu’une semaine plus tôt. Et tout reste aussi intense et efficace, malgré un froid prenant. Les lights, la pyrotechnie, les artifices, les mimiques, et, surtout, la setlist… Tout fait mouche et vient compléter une première journée riche.

Reste, pour conclure, un Offspring à la setlist imparable, certes, mais que je trouve peu convainquant sur scène. Les punks US n’ont plus rien de dangereux, et je ne reste pas jusqu’au bout. Une collation chaude, et hop, au dodo. Retour demain.

SAMEDI 18 JUIN 

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Cette seconde journée est la moins chargée. Peu de groupes m’attirent vraiment et j’en profite pour effectuer quelques interviews. Lorsque j’arrive, c’est pour voir Loudness. Les Japonais ne se sont produits qu’une seule fois en france, à Paris, au milieu des années 80 en première partie de Saxon. Alors cette venue hellfestive prend la forme d’un happening et attire une belle foule. Le hard rock est typé 80, les guitares évoquant Eddie Van Halen et autres cadors du genre. Une belle réussite.

Loudness

Loudness

Voir The voice of rock se produire en matinée est injuste. Lunettes de soleil calées sur le nez, basse ronflante bien accrochée, Glenn Hughes fait son entrée au son d’une valkyrie conquérante et nous offre une flopée de classiques dont un superbe Mistreated. Le bassiste chanteur mérite toujours son surnom.

Glenn Hugues

Glenn Hugues

Je rate ensuite une bonne partie du set de Foreigner pour cause d’interview avec Loudness.  Je n’avais pas prévu d’assister à la prestation de Sick Of It All, mais les gaillards foutent un joyeux bordel, rendant même hommage à Twisted Sister.

Dans sa veste argentée, aussi brillante que le surfer d’argent, Joe Satriani vient donner une nouvelle leçon de guitare. Impeccable et appliqué, le guitar hero dispense ses morceaux les plus connus. Et si l’on peut se lasser de ce style qui s’adresse souvent plus à des musiciens qu’au grand public, on ne peut qu’être admiratif devant ce géant de la six cordes.

Joe SATRIANI

Joe SATRIANI

Sur la Mainstage 2, Disturbed surprend avec une reprise de The sound of silence et invite les trois membres fondateurs de SIXX: A.M.  à les rejoindre le temps d’un Shout at the devil repris par une foule enthousiaste. Et comme ça fonctionne, pourquoi se priver? Baba O Riley, popularisé par la série Les Experts Manathan, interprétée avec, en guest Glenn Hugues, avant une troisième reprise, Killing in the name (de Rage Against The Machine) qu’on entendra plus d’une fois ce week end. Une presta forte, des invités de marque, Disturded a su séduire.

Visiblement attendu, Within Temptation investi les lieux. Grosse scène, plateforme en hauteur, lights  et backdrop impeccable, le set est efficace et Sharon del Aden très en voix. Sans surprise, mais pour le plaisir de tous, elle s’offre un duo en compagnie de Tarja (qui passe le lendemain) sur Paradise (what about us). Décidément, les invitations aujourd’hui sont nombreuses, et c’est pas fini! Sharon est heureuse d’être là, partageant son admiration pour ce site à part.

Within Temptation

Within Temptation

Bring Me The Horizon connait un retard d’une quinzaine de minutes. Dès son arrivée pourtant, le vocaliste demande au public de se séparer pour un nouveau Wall Of Death. Brutal, criard, je ne trouve que peu d’intérêt à cette formation qui, d’ailleurs, n’attire que peu de photographes, qui préfèrent attendre la venue de Twisted Sister. Le public le sait: c’est la dernière tournée de Dee Snider et sa bande. Le blond chanteur est en forme et il mène son groupe à la baguette. bien que court, ce set couvre 40 ans de carrière, une vraie, pas comme, il n’a jamais eu la langue dans sa poche, ces « stars » de télé crochets. The Price est dédié à AJ Pero, qui, si Twisted avait dû choisir un autre batteur, ne voyait que Mike Portnoy pour le remplacer. Et Dee de continuer: « demain, c’est dimanche! Vous allez à la messe? Non c’est le Hellfest, vous êtes à la messe de Twisted Sister! » Après avoir fait chanter le public sur I wanna rock, plutôt qu’un rappel, le groupe invite Phil Campbell pour un Shoot ’em down et un Born to raise hell d’anthologie avant d’annoncer « nos adieux au Hellfest » avec SMF. Voilà. Twisted Sister vient de donner son ultime concert en France. Comme un clin d’œil à Motörhead, ce dernier show s’est tenu au Hellfest.

TWISTED SISTER

TWISTED SISTER

Quelques instants plus tard, c’est le feu d’artifices. On nous promet quelque chose de spécial, de particulier. Se pourrait-il que ce soit plus impressionnant encore que celui du dixième anniversaire? Court, dense, et de nouveau intense, le bouquet final en impose, tirant des ah! et des oh! du public. Et ce cadeau se termine avec deux « Lemmy » gravés en lettres de poudre qui scintillent brièvement dans les cieux. Puis, sur la mainstage 1, Phil Campbell s’adresse de longues minutes au public. Emu et émouvant. Un moment rare que seul le Hellfest semble pouvoir nous offrir.

Korn, qui clôt cette journée, ce n’est pas trop mon truc. Les ayants vus ici même l’an dernier et à Paris il y a une semaine, je décide de chercher à comprendre ce que mon fils trouve de si génial à Dark Funeral. Un peu de Black pour finir une belle journée, pourquoi pas? Seulement, décidément, je n’y pige rien… En plus, les musiciens me semblent trop statiques. Maintenant, le public semble enchanté, et c’est bien là le principal.

Dark funeral

Dark funeral

 

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DIMANCHE 19 JUIN 2016

Allez, hop, debout! C’est reparti pour une troisième journée, et celle-ci est prévue chargée. Avec en ligne de mire nos salutations à Black Sabbath qui dit donner son dernier concert français ce soir. Que de départs, dis donc! Ayant chroniqué le premier Ep de Raveneye, je décide d’aller voir ce que les gaillards donnent live. Et le trio se bouge, séduit un public encore épars. Le guitariste/chanteur s’offre même une rapide escapade dans la fosse sans oser aller dans le public. Il m’expliquera plus tard ne pas avoir osé car il s’est déjà fait remonter les bretelles par la sécu de certains pays. Une belle entrée en matière pour une journée qui s’annonce prometteuse.

Raveneye

Raveneye

Direction ensuite MS2 où Nightmare donne son premier concert avec Magali, sa nouvelle chanteuse. Force est de constater que la remplaçante de Jo Amore en a sous le capot et se donne à fond. « Il y a des Belges parmi vous? » Étonnante question d’un groupe grenoblois au public clissonnais, sauf que la demoiselle est, justement, Belge. Elle se rattrape et le public suit. Bon choix, bonne pioche et espérons que l’avenir sourit bellement à Nightmare

Nightmare

Nightmare

Je file pour une rapide interview avec Raveneye et revient pour le thrash punkisant de Municipal Waste. Ah, ah, ces gars sont décidément irrespectueux de tout, et lorsqu’ils annoncent au public qu’il leur reste 3 chansons à jouer, je regarde ma montre et me dit qu’elles seront très courtes. Mais non… Le second titre déborde sur leur horaire, et lorsque le chanteur annonce le dernier morceau, Municipal Waste se voit coupé de tout son, un organisateur faisant signe que non, définitivement non. Ils quittent la scène furieux, mais le Hellfest est réglé comme du papier à musique.

Enter donc, dans la foulée les Israéliens de Orphaned Land. « Shalom Hellfest », et c’est parti pour 40′ d’un hard folk enjoué et pacifique. « On s’en fout des politiciens, je vois un drapeau d’Israël et un autre du Liban. C’est ça qu’on souhaite » sont en gros les propos du chanteur. Il a raison, mais n’entrons pas ici dans un débat stérile. Laissons nous simplement emporter par ce moment de paix, festif et joyeux.

Orphaned Land

Orphaned Land

J’en ai déjà entendu parler, et je découvre aujourd’hui Vintage Trouble. Un mélange de Blues Brothers et de James Brown, une sauce rock meets funk qui prend immédiatement. Alors oui, cent fois oui, ce groupe m »rite d’être connu et reconnu. Une musique intemporelle offerte avec toute leur âme par des musiciens qui se donnent à fond. Ça groove, ce’est rck, c’est soul, et c’est émouvant lorsque le chanteur rend un bel, très bel hommage aux victimes des attaques d’Orlando et de Paris, ainsi qu’à toutes celles qu’il y a eu entre ces deux attaques ignobles. Vintage Trouble est mon coup de cœur de ce Hellfest 2016.

Vintage Trouble

Vintage Trouble

Je file ensuite jeter un œil à Dragonforce qui s’éclate sur scène. On le sait, le groupe international se vante d’être le plus rapide du monde mais ne confond jamais vitesse et précipitation. Tous prennent du bon temps, Frédéric Leclercq, le français du lot, est bavard s’amuse avec l’un des guitariste autant qu’avec le public à qui il rappelle que c’est aujourd’hui son anniversaire et qu’il faut lui offrir des bières. Bon enfant, la prestation n’en oublie pas pour autant le côté technique et pro des grands.

Dragonforce

Dragonforce

Ce week end aura vu passer la fine fleur de la rage et de la colère made in chez nous. Après Mass, c’est au tour de No One Is Innocent de venir hurler sa colère, la libérer. Ceux qui ont écouté ou vu Barricades Live, le dernier album du groupe, ne sont guère surpris de retrouver, bien qu’écourtée, une setlist quasi identique. Salvatrice, cette prestation explosive l’est assurément.

No One Is innocent

No One Is innocent

Je rejoint les photographes qui ne veulent pas rater Tarja, qui se présente sur scène toute de noir vêtue. Pas besoin d’être de fins observateurs pour remarquer un line-up à moitié remanié: plus de Mike Terrana à la batterie, seuls demeurent son guitariste et son violoncelliste. Un nouvel album arrive et une nouvelle tournée est promise par la belle qui ne se lasse pas de haranguer la foule toute à sa cause acquise.

Tarja

Tarja

La galère commence, et les photographes se mettent à faire le pied de grue. Je laisse passer Gojira qui propose le même set qu’une semaine plus tôt. Alors je patiente, prends mes aises  (je m’endors presque même, en tout cas pique du nez) en attendant que passe le temps. Puis me décide: après Blind Guardian, je ne refais plus la queue quand bien même j’eu souhaité en shooter quelques uns. Je profite donc, après un Blind Guardian qui ne me convainc guère (trop carré, sans doute, mais je ne suis pas assez fan non plus), de retrouver mon fils au milieu d’une foule de plus en plus dense.

Blind Guardian

Blind Guardian

La suite est vue de loin: Megadeth, impeccable, malgré, une nouvelle fois, un set identique à celui de Paris. Les classiques restent intemporels et je m’en délecte tout autant. Amon Amarth, propose aussi le même spectacle qu’à Longchamp. Et donc m’impressionne moins. Je trouve même les vikings moins convaincants qu’une semaine plus tôt. Sans doute l’effet de surprise n’est-il plus là. En revanche, Slayer, RAS. On sait à quoi s’attendre et le mur du son proposé en guise de claque fait toujours autant de bien. Enfin, la grand messe, ou son hors d’oeuvre, plutôt. Ghost propose ce soir un spectacle repensé par rapport à celui de Paris. Et la petite ville de Clisson peu glousser d’effroi ou hurler au scandale. Car ce soir, ce sont des nonnes qui viennent distribuer des capotes (noires, naturellement) au public, un Papa Emeritus 3 qui a retrouvé sa voix et qui dispense la « bonne » parole, et de chœurs d’enfants qui envahissent la scène. Tout est là pour faire de ce spectacle un des plus marquants – côté main stages – de ce Hellfest 2016.

Cependant, la grand messe a lieu maintenant: Black Sabbath vient faire ses adieux à la France. The end, pour Ozzy Osbourne, Tony Iommi et Geezer Butler. Démarrant avec le doomesque Black Sabbath, les Anglais délivrent un set simple, sans réelle surprise. Les classiques sont naturellement de mise, et Ozzy, toujours frappé, cherche à faire se lever les mains. Tony et Geezer, quant à eux, semblent simplement être là. Présents. ils jouent, sans extravagance. Chacun sa place. Heureusement, Ozzy est égal à lui même. Peut être même en fait-il un peu trop, souhaite-t-il trop que le public frappe des mains toutes les deux minutes…. Au final, ce sont de triste adieux que l’on nous propose. Et puis, franchement, pourquoi proposer un aussi long solo de batterie? S’il s’agissait de Bill Ward, soit, mais, malgré toutes ses qualités et tout son talent, Tommy Clufetos n’est pas un membre originel. Le mettre ainsi en avant permet sans doute aux autres de reprendre leur souffle… Alors oui, on a plaisir à écouter, chanter, une dernière fois Fairies wear boots, Iron Man, Paranoid, Children of the grave et halluciner sur Into the void, Snowblind, Dirty Women. Pour moi, cependant, malgré une setlist irréprochable, Black Sabbath fait bien de prendre sa retraite.

Scotché là depuis des heures pour ces adieux, la faim nous tiraille et nous en ratons ensuite King Diamond. Dommage. Le Hellfest se termine ainsi, avec en guise de souvenirs des décors revus et améliorés, des duos en veux-tu en voilà, des groupes au top. Et un agacement lié à une trop longue attente. L’année prochaine, on verra ce que ça donne. D’ici là, Bloody Hell, ça va saigner!

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Merci à Hellfest production, Roger Wessier, Olivier Garnier et les équipe du point médias, Elodie Jouault, Charles Provost, les gars de la sécu qui jamais ne se défont de leur bonne humeur!

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DOWNLOAD FESTIVAL PARIS du 10 au 12 juin 2016, hippodrome de Longchamp

Pour cette première édition hexagonale, l’incontournable festival anglais a choisi l’hippodrome de Longchamp pour y accueillir, l’espace de trois jours et sur trois scènes, une quarantaines de groupes d’horizons divers. Et pas des moindres, le festival invitant Iron Maiden et Rammstein pour attirer du monde. Avec une capacité d’accueil frôlant les 60.000 spectateurs/jour, le Download Lire la suite

ULTIM FEST 2 (Furies,Malemort, Witches et ADX) live- Paris, le 28 mai 2016

Initialement prévu le 14 novembre 2015, ce mini festival fut reporté à cause des attentats sanglants de la veille. Plutôt que d’annuler simplement, l’organisation a préféré chercher une nouvelle date, même tardive, pour marquer le coup.  C’est donc de nouveau au Glazart que rendez-vous est fixé, cette fois avec une affiche quelque peu différente puisque Witches et Malemort viennent rejoindre Furies et ADX.

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